1. Résumé / Abstract
Les Échelles de paraphilies issues du schéma d’examen des préférences érotiques de Kurt Freund (initialement désignées sous le nom de Questionnaire III ou Q-III, puis formalisées sous l’appellation d’Erotic Preferences Examination Scheme [EPES] par Ray Blanchard) constituent un ensemble fondamental d’instruments d’auto-évaluation psychométrique développé au sein du Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH, anciennement Clarke Institute of Psychiatry) à Toronto. Conçues à l’origine par le psychiatre et sexologue tchécoslovaque Kurt Freund dès son exil au Canada en 1968, ces échelles ont été affinées entre 1971 et 1974, avec des adjonctions substantielles réalisées en 1980 en collaboration avec Ray Blanchard. L’EPES a été spécifiquement élaboré pour évaluer les intérêts, fantasmes et comportements sexuels atypiques chez les hommes, principalement dans des contextes de psychiatrie médico-légale et d’expertise clinique d’auteurs d’infractions à caractère sexuel.
L’instrument explore les principales catégories nosologiques des déviances érotiques répertoriées dans le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM), notamment la pédophilie, l’hébéphilie, l’exhibitionnisme, le voyeurisme, le frotteurisme, le fétichisme, le travestisme fétichiste, le sadisme et le masochisme sexuel, ainsi que les troubles du comportement d’approche ou de séduction (courtship disorders). Construit sur le principe méthodologique strict de la validité apparente (face validity), l’outil assume une transparence totale quant aux construits investigués. En raison de la tendance marquée des populations judiciarisées à la dissimulation, plusieurs sous-échelles ont été explicitement désignées comme des mesures d’aveu ou d’admission (notamment les échelles Pedo Admitter et Hebe Admitter), reflétant une variance partagée entre la présence réelle de la paraphilie et la propension du sujet à la divulguer. Administrées de manière modulaire selon les tableaux cliniques individuels, les échelles présentent des coefficients de cohérence interne (alpha de Cronbach) généralement élevés, bien que les procédures d’administration sélective aient historiquement empêché la réalisation d’une analyse factorielle confirmatoire globale sur l’ensemble de la batterie.
2. Mots-clés / Keywords
Paraphilies, Kurt Freund, Ray Blanchard, Évaluation psychologique, Pédophilie, Hébéphilie, Troubles de la séduction, Pléthysmographie pénienne, Validité apparente, Auto-évaluation, Psychiatrie légale, Comportement sexuel masculin
3. Auteurs / Authors
Kurt Freund, MD, DSc (1914–1996)
Psychiatre, sexologue et chercheur clinicien d’origine tchécoslovaque. Pionnier mondial de l’évaluation physiologique de l’excitation sexuelle par pléthysmographie pénienne (phallométrie) à Prague, puis chercheur émérite et chef de section au Clarke Institute of Psychiatry (actuellement Centre for Addiction and Mental Health – CAMH) à Toronto, Ontario, Canada.
Ray Blanchard, PhD
Psychologue clinicien et chercheur en sexologie. Ancien chef des services de sexologie clinique au Clarke Institute of Psychiatry / CAMH. Professeur émérite au département de psychiatrie de l’Université de Toronto, Toronto, Ontario, Canada.
Courriel académique institutionnel : [email protected]
4. Objectif / Purpose
L’objectif premier du système EPES de Kurt Freund est de fournir une évaluation structurée, standardisée et multidimensionnelle des intérêts érotiques déviants et non déviants chez l’homme adulte. Dans la seconde moitié du XXe siècle, la pratique de l’expertise psychiatrique et sexologique était confrontée à un vide méthodologique majeur : l’absence d’outils d’auto-évaluation rigoureusement rédigés pour inventorier les préférences paraphiliques de façon systématique, comparable et exploitable sur le plan informatique. L’élaboration des échelles de paraphilies de l’EPES visait à combler cette lacune en opérationnalisant les critères cliniques qui devinrent subséquemment ceux du DSM de l’American Psychiatric Association.
Sur le plan clinique, ces échelles ont été conçues pour servir de guide structuré lors de l’anamnèse sexologique approfondie. Freund considérait que l’examen des déviances érotiques ne pouvait reposer uniquement sur les aveux spontanés du patient, fréquemment biaisés par la honte, la culpabilité ou des stratégies délibérées d’évitement juridique. En soumettant le patient à un inventaire exhaustif d’items formulés sans ambiguïté, le clinicien disposait d’un support objectif pour orienter l’entretien, clarifier les réponses équivoques et identifier les domaines nécessitant une exploration psychophysiologique complémentaire (notamment via la phallométrie). L’échelle visait également à distinguer les dimensions affectives des dimensions strictement pulsionnelles, en intégrant notamment des questions relatives au sentiment amoureux et à l’attachement émotionnel envers des partenaires atypiques (par exemple dans le cas de l’attirance pour les enfants ou les adolescents pubères).
Sur le plan de la recherche, l’EPES a constitué le socle de la base de données informatisée du Clarke Institute à partir de 1974. Il a permis de documenter les profils d’intérêts sexuels de milliers de consultants et d’auteurs d’infractions sexuelles, offrant aux chercheurs un matériau empirique standardisé pour analyser les comorbidités paraphiliques, tester la validité des modèles théoriques de l’anomalie de l’attirance pour l’âge (chronophilies) et explorer les associations entre préférences paraphiliques et antécédents développementaux ou relationnels.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit psychologique fondamental mesuré par ces échelles est la préférence érotique paraphilique, appréhendée à travers l’intensité, la fréquence et l’exclusivité des pulsions, fantasmes et comportements dirigés vers des stimuli sexuels non conventionnels. Contrairement aux théories envisageant les paraphilies comme de simples comportements impulsifs ou accidentels, l’approche de Freund postule que la préférence érotique constitue une structure motivationnelle profonde, relativement stable au cours de la vie adulte, façonnant le répertoire imaginaire et comportemental de l’individu.
Le dispositif s’articule autour de plusieurs dimensions et sous-échelles spécifiques :
- Préférences érotiques liées à l’âge (Chronophilies) :
- Échelle d’aveu de pédophilie (Pedo Admitter Scale) : Mesure l’attirance érotique envers les enfants prépubères (garçons et/ou filles). Elle explore non seulement le désir physique et l’excitation génitale associés aux corps enfantins, mais également la dimension de tendresse, d’attachement affectif et d’idéalisation amoureuse envers les enfants.
- Échelle d’aveu d’hébéphilie (Hebe Admitter Scale) : Évalue l’intérêt préférentiel ou exclusif pour les adolescents pubères (approximativement âgés de 11 à 14 ans). Freund a été l’un des premiers chercheurs à insister sur la distinction phénoménologique et empirique rigoureuse entre l’attirance pour les enfants prépubères et celle ciblant les adolescents au début de la puberté.
- Troubles du comportement de séduction / d’approche (Courtship Disorders) :
- Voyeurisme : Évalue la tendance répétée à observer à leur insu des personnes nues, en train de se déshabiller ou engagées dans des activités sexuelles, comme source primaire ou privilégiée d’excitation érotique.
- Exhibitionnisme : Mesure la propension à exposer ses organes génitaux à des personnes non consentantes ou prises au dépourvu, souvent associée à un besoin d’observer une réaction de surprise ou de terreur.
- Toucheurisme et Frotteurisme : Investigue le besoin irrépressible de toucher ou de frotter ses organes génitaux contre le corps d’une personne non consentante dans des lieux publics ou bondés.
- Scatologie téléphonique : Analyse la pratique d’appels téléphoniques anonymes à contenu obscène afin de susciter l’effroi ou le désarroi chez la victime tout en recherchant une excitation sexuelle.
- Viol préférentiel (Preferential Rape) : Évalue le désir et la fantaisie érotique centrés sur la contrainte physique violente, l’assujettissement non consenti et l’agression sexuelle par rapport à des interactions sexuelles consenties.
- Anomalies de la cible ou du stimulus érotique :
- Fétichisme : Mesure l’utilisation exclusive ou préférentielle d’objets inanimés (chaussures, sous-vêtements, tissus en caoutchouc ou en cuir) pour atteindre l’excitation érotique et l’orgasme.
- Travestisme fétichiste : Évalue le port de vêtements féminins par un homme hétérosexuel dans le but d’éprouver une excitation sexuelle génitale intense, distingué ultérieurement de l’autogynephylie par Ray Blanchard.
- Sadisme et Masochisme érotique : Analyse la recherche délibérée de la souffrance physique ou psychologique, de l’humiliation ou des sévices, soit infligés à un partenaire (sadisme), soit subis par le sujet lui-même (masochisme), comme condition nécessaire ou facilitatrice du plaisir sexuel.
Chaque sous-échelle est conçue pour isoler le construit spécifique tout en capturant ses manifestations affectives, cognitives (fantasmes récurrents lors de la masturbation) et comportementales manifestes (antécédents d’actes accomplis).
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le cadre théorique qui sous-tend les échelles de paraphilies de l’EPES repose sur l’intégration novatrice opérée par Kurt Freund entre l’éthologie humaine, la psychiatrie biologique et le modèle séquentiel du comportement reproducteur. Freund s’est distancié des conceptions psychanalytiques traditionnelles dominantes au milieu du XXe siècle, qui considéraient les paraphilies comme des mécanismes de défense névrotiques contre l’angoisse de castration ou des régressions psychosexuelles infantiles réversibles.
Au cœur de l’architecture conceptuelle de Freund figure sa théorie unifiée des troubles de la séduction (courtship disorders). S’inspirant des travaux des éthologistes tels que Nikolaas Tinbergen et Konrad Lorenz sur les schémas d’action fixes et les séquences d’accouplement chez les animaux, Freund a postulé que le comportement d’approche hétérosexuel humain normal chez l’homme s’articule en quatre phases coordonnées et chronologiques :
- La localisation et l’identification visuelle ou auditive d’une partenaire potentielle ;
- La communication prétactile (regards mutuels, sourires, séduction verbale) ;
- Le contact tactile non génital et les caresses préliminaires (enlacements, baisers) ;
- L’union génitale et le coït complet.
Selon Freund, plusieurs paraphilies ne constituent pas des perversions isolées et incohérentes, mais représentent des distorsions ou des arrêts pathologiques à des étapes distinctes de cette séquence comportementale programmée biologiquement. Ainsi, le voyeurisme correspond à une hypertrophie pathologique de la première phase (l’observation unilatérale remplaçant la recherche de contact mutuel) ; l’exhibitionnisme et la scatologie téléphonique représentent une distorsion de la seconde phase (court-circuitage de la communication prétactile normale par une provocation brutale et sans réciprocité) ; le toucheurisme et le frotteurisme résultent d’une fixation à la troisième phase tactile sans consentement ; et le viol préférentiel incarne une désinhibition totale de la phase coïtale dissociée de toute exigence d’assentiment ou de ritualisation affiliative.
Parallèlement, la théorie de Freund sur l’orientation par l’âge s’appuie sur le concept de calibrage des déclencheurs érotiques innés. Freund soutenait que la maturation pubertaire normale calibre les mécanismes d’excitation cérébraux pour répondre préférentiellement aux marqueurs morphologiques de maturité sexuelle adulte (gynéphilie ou androphilie). La pédophilie et l’hébéphilie résultent, dans son modèle, d’un défaut ou d’une altération de ce processus de calibrage neurodéveloppemental, faisant converger l’éveil sexuel vers des indices morphologiques pédiatriques ou immatures.
7. Validité / Validity
La validité des échelles de l’EPES présente des caractéristiques méthodologiques singulières qui découlent directement des choix épistémologiques de Freund et de son contexte de pratique clinique :
- Validité apparente (Face Validity) : Freund a délibérément privilégié une validité apparente maximale. Aucun item projectif, dissimulé ou indirect n’a été inséré. Les questions interrogent directement le comportement ou le fantasme visé. Si cette approche garantit une excellente clarté conceptuelle, elle expose intrinsèquement l’instrument aux biais de désirabilité sociale et à la dissimulation intentionnelle. C’est précisément pour cette raison que Freund a qualifié ses échelles d’« échelles d’admission » (admitter scales), reconnaissant que le score reflète un construit combiné : la présence du trait paraphilique pondérée par la disposition du patient à l’admettre.
- Validité convergente et concordance avec la phallométrie : La force majeure de l’approche du laboratoire de Freund réside dans la confrontation systématique des résultats de l’EPES avec les réponses psychophysiologiques objectives enregistrées par pléthysmographie pénienne. Dans une multitude d’études conduites au Clarke Institute, les scores élevés aux échelles d’aveu de pédophilie et d’hébéphilie ont montré une concordance statistiquement significative avec des augmentations volumétriques péniennes lors de la présentation d’images ou de descriptions auditives d’enfants et d’adolescents. Toutefois, ces mêmes études ont mis en lumière une asymétrie classique : si les scores élevés au questionnaire confirment presque invariablement la paraphilie mesurée en phallométrie, des scores bas ou nuls à l’EPES n’excluent nullement la déviance, de nombreux sujets dissimulant verbalement leurs penchants tout en réagissant physiologiquement aux stimuli tests.
- Validité différentielle et discriminante : Les échelles permettent de différencier avec une bonne sensibilité les sous-groupes d’auteurs d’infractions sexuelles. Par exemple, les sujets condamnés pour atteintes sexuelles intrafamiliales (inceste) présentent généralement des scores d’admission pédophilique significativement plus faibles que les auteurs d’agressions extrafamiliales récidivantes, chez qui les préférences érotiques pédophiliques s’expriment de manière plus généralisée et compulsive. De même, les échelles relatives aux troubles de la séduction distinguent nettement les agresseurs de contact physique des exhibitionnistes purs.
8. Fidélité / Reliability
Les propriétés de fidélité des échelles de l’EPES ont été examinées au fil des années sur les cohortes cliniques du Clarke Institute / CAMH. La méthode prépondérante d’évaluation de la fidélité a été le calcul des coefficients de cohérence interne :
- Cohérence interne (Alpha de Cronbach) : Les différentes sous-échelles de paraphilies affichent des coefficients alpha compris de manière générale entre 0,78 et 0,92. Cette homogénéité interne remarquable est en partie favorisée par le caractère quasi monosymptomatique de certaines paraphilies, conduisant à une certaine redondance voulue dans la formulation des items. Les échelles Pedo Admitter et Hebe Admitter présentent des valeurs de cohérence interne particulièrement élevées (α > 0,85), reflétant une convergence robuste entre les questions portant sur les fantasmes masturbatoires, les pulsions diurnes et les investissements affectifs.
- Stabilité temporelle (Test-Retest) : Bien que les protocoles de test-retest classiques soient difficiles à standardiser en milieu médico-légal en raison des fluctuations de la situation juridique des sujets (condamnation, mise en liberté, injonction thérapeutique), les évaluations répétées à plusieurs mois d’intervalle chez des patients non judiciarisés consultant volontairement ont démontré une remarquable stabilité des profils de réponse (coefficients de corrélation intraclasse généralement supérieurs à 0,80 pour les dimensions fétichistes et sadomasochistes).
- Influence des conditions d’administration : La fidélité des scores est hautement dépendante de l’alliance diagnostique. Lorsque Freund ou ses assistants passaient en revue les questions avec le patient pour lever les incompréhensions, la fidélité des réponses s’accroissait substantiellement par rapport à une passation solitaire sans accompagnement clinique.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
L’histoire de l’analyse factorielle de l’EPES est indissociable de sa modalité d’administration modulaire, documentée de manière approfondie par Ray Blanchard :
Dans la routine clinique de Kurt Freund, l’ensemble du questionnaire n’était jamais administré de façon uniforme à tous les consultants. Pour des raisons cliniques et éthiques évidentes, Freund segmentait l’instrument en sections thématiques indépendantes. Un patient consultant pour un exhibitionnisme sans autre plainte ne recevait pas la section sur le fétichisme ni celle sur la pédophilie, afin de ne pas heurter ou indigner inutilement le sujet. Inversement, certaines sections étaient appariées en raison de leurs comorbidités empiriques connues (par exemple, administration conjointe du fétichisme et du sadomasochisme).
Cette procédure d’assignation contingente a créé une matrice de données incomplète au niveau transversal : aucun échantillon représentatif large n’a rempli simultanément l’intégralité des sections de paraphilies. En conséquence :
- Absence d’analyse factorielle globale (Omnibus Factor Analysis) : Il a été structurellement impossible de conduire une vaste analyse factorielle exploratoire ou confirmatoire embrassant l’intégralité des paraphilies pour dégager une structure factorielle de second ordre unifiée.
- Analyses factorielles sectorielles : Des analyses factorielles isolées ont été menées sur des sections spécifiques. L’analyse des sections consacrées aux courtship disorders a révélé une solution multifactorielle cohérente, isolant distinctement un facteur d’observation illicite (voyeurisme), un facteur d’exhibition et d’intrusion prétactile, et un facteur de coercition physique (viol préférentiel). De même, les analyses factorielles conduites sur les items d’attirance par l’âge ont régulièrement validé la dissociation empirique entre un facteur de pédophilie (ciblant l’enfance prépubère) et un facteur d’hébéphilie (ciblant le stade pubertaire initial), démontrant que ces deux entités ne se résument pas à un construit unidimensionnel d’attirance envers les mineurs.
- Poids des items et saturation : Les analyses ont confirmé des saturations factorielles très fortes (> 0,60) pour les items portant sur le contenu du matériel masturbatoire exclusif, confirmant que le fantasme masturbatoire constitue l’indicateur le plus pur de la préférence paraphilique sous-jacente.
10. Instrument de mesure / Instrument
Les caractéristiques formelles de l’instrument se structurent comme suit :
- Type d’instrument : Questionnaire d’auto-évaluation structuré (Self-report questionnaire) administré sous format papier-crayon ou assisté par un clinicien.
- Population cible : Hommes adultes (patients psychiatriques médico-légaux, auteurs d’infractions sexuelles, hommes consultant volontairement pour des déviances érotiques ou des questionnements identitaires). Aucune version féminine équivalente n’a été élaborée par Freund.
- Format des réponses : Échelles de choix multiples avec options ordonnées (généralement en 3 à 5 points de fréquence, d’intensité ou d’accord), assorties de pondérations différentielles (scoring weights) préétablies pour chaque option de réponse.
- Méthode de cotation : Chaque réponse est affectée d’une valeur numérique pondérée (indiquée entre parenthèses dans les barèmes de recherche). Les points sont sommés pour obtenir un score brut par sous-échelle paraphilique.
- Absence de seuils décisionnels universels (Cut-off scores) : Conformément aux précisions de Ray Blanchard, Freund n’a jamais établi de notes de coupure rigides pour catégoriser de façon dichotomique un patient comme « paraphilique » ou « non paraphilique ». Les scores totaux étaient exploités à des fins d’analyse continue en recherche. En clinique individuelle, le diagnostic reposait sur une triangulation herméneutique intégrant les réponses qualitatives aux items critiques de l’EPES, l’historique médico-légal officiel et les tracés phallométriques.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année d’origine : Première formalisation documentée en langue anglaise le 15 octobre 1971. Version standardisée majeure achevée entre le 3 et le 9 avril 1974 (Questionnaire III / Q-III). Adjonctions substantielles relatives aux courtship disorders et au travestisme le 17 juillet 1980 et au cours des années subséquentes.
- Droits d’auteur et statut juridique : Selon les déclarations expresses du Dr Ray Blanchard (successeur intellectuel et collaborateur de Freund au CAMH), ces échelles n’ont jamais fait l’objet d’un dépôt de marque ou d’un copyright commercial restrictif. Elles appartiennent au domaine académique ouvert.
- Tarifs d’utilisation : Gratuit. Les cliniciens et chercheurs sont expressément autorisés à utiliser ces échelles, à les citer ou à les adapter pour leurs propres protocoles d’investigation sans redevance financière.
- Accès aux sources : Le matériel textuel exhaustif, les pondérations de cotation et les données psychométriques historiques associées ont été documentés et rendus accessibles aux chercheurs via les compléments académiques d’ouvrages spécialisés de référence (notamment via Routledge / Taylor & Francis).
12. Références / References
- Blanchard, R. (2011). Paraphilia scales from Kurt Freund’s Erotic Preferences Examination Scheme. In R. Blanchard (Ed.), Assessment and treatment of sexual offenders. Routledge. https://www.routledge.com/9780415801751
- Freund, K. (1963). A laboratory method for diagnosing predominance of homo- or hetero-erotic interest in the male. Behaviour Research and Therapy, 1(1), 85–93. https://doi.org/10.1016/0005-7967(63)90013-0
- Freund, K. (1967). Diagnosing heterosexual pedophilia by means of a test for sexual interest. Behaviour Research and Therapy, 5(3), 209–228. https://doi.org/10.1016/0005-7967(67)90036-3
- Freund, K., & Blanchard, R. (1989). Phallometric diagnosis of pedophilia. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 57(1), 100–105. https://doi.org/10.1037/0022-006X.57.1.100
- Freund, K., Scher, H., & Hucker, S. (1983). The courtship disorders: A unified theory of voyeurism, exhibitionism, and touchurism. Archives of Sexual Behavior, 12(5), 369–379. https://doi.org/10.1007/BF01542186
- Freund, K., & Watson, R. J. (1991). Assessment of the sensitivity and specificity of a phallometric test for pedophilia. Behaviour Research and Therapy, 29(6), 543–550. https://doi.org/10.1016/0005-7967(91)90003-8