Questionnaire du modèle d’échange interpersonnel de la satisfaction sexuelle

Analyse psychométrique détaillée du Questionnaire du modèle d’échange interpersonnel de la satisfaction sexuelle (IEMSS) de Lawrance et Byers : cadre théorique de l’échange social, fidélité, validité et structure d’évaluation.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 17, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 17, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

Le Questionnaire du modèle d’échange interpersonnel de la satisfaction sexuelle (Interpersonal Exchange Model of Sexual Satisfaction Questionnaire, IEMSS) est un instrument psychométrique standardisé conçu pour opérationnaliser et évaluer empiriquement les composantes du modèle théorique homonyme développé par Kelli-An Lawrance et E. Sandra Byers (1995). Cet outil multidimensionnel a été élaboré pour pallier les insuffisances méthodologiques récurrentes dans la recherche en sexologie et en psychologie des relations de couple, telles que le recours à des mesures à item unique dépourvues d’indices de fidélité ou la contamination des échelles par des prédicteurs comportementaux (notamment la fréquence des rapports sexuels). L’IEMSS conceptualise la satisfaction sexuelle comme le produit dynamique de quatre composantes interconnectées : l’équilibre subjectif entre les récompenses et les coûts sexuels (REW – CST), la comparaison de cet équilibre aux attentes préalables ou niveaux de comparaison (CLREW – CLCST), l’égalité perçue des échanges entre partenaires (EQREW et EQCST), ainsi que l’influence modératrice de la satisfaction relationnelle globale non sexuelle.

L’architecture globale de la batterie d’évaluation comprend trois échelles autorapportées principales complétées par une liste de contrôle comportementale : la Global Measure of Sexual Satisfaction (GMSEX, 5 items différentiels sémantiques en 7 points), la Global Measure of Relationship Satisfaction (GMREL, 5 items différentiels sémantiques en 7 points), le Questionnaire des échanges (6 items évaluant les niveaux absolus, comparatifs et d’égalité sur des échelles de type Likert en 9 points), et la Rewards/Costs Checklist (RCC, 58 items comportementaux spécifiques administrés deux fois de manière contrebalancée). Les études psychométriques mettent en évidence une consistance interne exceptionnelle (coefficients alpha de Cronbach oscillant entre 0,90 et 0,96 pour la GMSEX, et entre 0,91 et 0,96 pour la GMREL) ainsi qu’une remarquable stabilité temporelle test-retest (r = 0,84 à deux semaines et 0,73 à 18 mois pour la GMSEX). Les indices de validité convergente et prédictive confirment que les composantes du modèle prédisent de manière robuste et unique la satisfaction sexuelle à travers des régressions hiérarchiques, tant dans les populations hétérosexuelles que chez les minorités sexuelles.

2. Mots-clés / Keywords

Satisfaction sexuelle, Théorie de l’échange social, Psychométrie, Relations de couple, Récompenses sexuelles, Coûts sexuels, Égalité dyadique, Intimité, Évaluation sexologique, Fonctionnement relationnel.

3. Auteurs / Authors

Le modèle conceptuel et le questionnaire IEMSS ont été conçus et développés par une équipe d’universitaires et de chercheuses canadiennes spécialisées en sexologie clinique et en psychologie sociale :

  • Kelli-An Lawrance, Ph.D. : Professeure au Département des sciences de la santé communautaire, Université Brock (Brock University), St. Catharines, Ontario, Canada. Ses travaux pionniers portent sur les dynamiques relationnelles intimes, les comportements de santé sexuelle et la psychométrie appliquée à la santé des jeunes adultes.
  • E. Sandra Byers, Ph.D., L.Psych. : Professeure émérite et directrice honoraire du Centre de recherche en études sexuelles (Muriel McQueen Fergusson Centre), Département de psychologie, Université du Nouveau-Brunswick (University of New Brunswick), Fredericton, Nouveau-Brunswick, Canada. Autorité internationale en psychologie sexuelle, ses recherches couvrent la communication sexuelle, la satisfaction au sein des couples à long terme et le bien-être des minorités sexuelles.
  • Jacqueline N. Cohen, Ph.D. : Docteure en psychologie clinique, chercheuse associée à l’Université du Nouveau-Brunswick et psychologue au Service correctionnel du Canada (Correctional Service of Canada). Elle a contribué de manière déterminante à l’extension et à la validation transculturelle et minoritaire de la liste de contrôle des coûts et récompenses (RCC).

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental du Questionnaire du modèle d’échange interpersonnel de la satisfaction sexuelle (IEMSS) est de fournir une évaluation diagnostique et scientifique rigoureuse des mécanismes sous-jacents à l’évaluation subjective qu’un individu porte sur sa vie sexuelle dyadique. Historiquement, le champ de l’évaluation sexologique a été entravé par d’importants biais conceptuels. De nombreuses échelles évaluaient la satisfaction sexuelle par le biais d’un seul item générique (par exemple : « Êtes-vous satisfait de votre vie sexuelle ? »), ignorant ainsi l’erreur de mesure inhérente aux scores composites réduits. D’autres instruments combinaient artificiellement des mesures de bien-être subjectif avec des indices comportementaux concrets, comme la fréquence coïtale ou la présence d’orgasmes simultanés. Or, la littérature contemporaine a démontré qu’une fréquence sexuelle élevée ne garantit nullement une satisfaction optimale, tout comme une faible fréquence n’induit pas systématiquement une détresse dyadique. L’IEMSS a donc été conçu pour séparer strictement le construit subjectif de satisfaction sexuelle des variables comportementales et contextuelles susceptibles d’agir comme prédicteurs ou médiateurs.

Sur le plan clinique, l’IEMSS constitue un outil diagnostique et thérapeutique de premier ordre en thérapie de couple et en sexothérapie. Il permet au clinicien de cartographier avec une extrême précision l’origine du mécontentement ou du déséquilibre dyadique. En dissociant les récompenses (ce qui procure du plaisir et de la valorisation) des coûts (ce qui génère de l’anxiété, de la douleur, de l’effort excessif ou de la frustration), l’instrument permet d’identifier si l’insatisfaction découle d’un déficit d’expériences gratifiantes, d’une prépondérance d’éléments aversifs, d’un décalage majeur entre les idéaux de l’individu et sa réalité présente, ou encore d’une perception aiguë d’iniquité distributive au sein du couple (par exemple, le sentiment qu’un partenaire s’investit ou jouit disproportionnellement plus que l’autre). L’IEMSS aide ainsi à guider les interventions comportementales et cognitives vers des cibles thérapeutiques concrètes, telles que l’amélioration de la communication érotique, l’atténuation des coûts spécifiques (douleur, inconfort émotionnel, contrainte perçue) et le rééquilibrage de l’engagement réciproque.

Dans le domaine de la recherche empirique, l’IEMSS a été expressément validé pour répondre aux exigences méthodologiques de la modélisation en équations structurelles et des régressions hiérarchiques dyadiques. Il s’applique à une diversité de configurations relationnelles, incluant les relations hétérosexuelles stables, les couples cohabitants ou mariés, ainsi que les couples issus des minorités sexuelles (femmes lesbiennes et hommes gais), pour lesquels les listes de contrôle comportementales ont été spécifiquement adaptées afin de transcender l’hétéronormativité des outils psychométriques classiques.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique opérationnalisé par l’IEMSS est la satisfaction sexuelle, définie au niveau global comme une réponse affective positive issue de l’évaluation subjective de l’ensemble des aspects caractérisant la relation sexuelle avec un partenaire donné. Loin d’être un état statique ou unidimensionnel, cette satisfaction est appréhendée comme un jugement cognitif et affectif complexe découlant d’un système d’échange interpersonnel structuré en quatre composantes fondamentales :

1. L’équilibre absolu des récompenses et des coûts sexuels (REW – CST)

Cette dimension quantifie le différentiel direct entre les gratifications obtenues et les éléments déplaisants encourus dans la sphère érotique :

  • Les récompenses sexuelles (REW) : Englobent toute expérience, sensation corporelle, interaction ou état affectif vécu comme plaisant, enrichissant, gratifiant ou valorisant. Cela inclut le plaisir physique, la tendresse partagée, l’orgasme, le renforcement de l’estime de soi érotique, ou encore l’atteinte d’une profonde proximité émotionnelle.
  • Les coûts sexuels (CST) : Représentent les stimuli ou interactions exigeant un effort perçu comme indu, provoquant de la douleur physique, de la tension psychologique, de l’ennui, de l’anxiété de performance ou des conflits interpersonnels (par exemple, accepter un rapport sans désir, subir des sensations d’inconfort ou ressentir un manque d’intimité émotionnelle post-coïtale).

Le score composite (REW – CST) varie de -8 à +8 et reflète le bilan hédonique brut de la relation sexuelle.

2. La comparaison aux attentes ou niveaux de comparaison (CLREW – CLCST)

Fondée sur le concept de Comparison Level (Thibaut & Kelley, 1959), cette dimension postule qu’un individu n’évalue pas ses échanges sexuels dans un vide absolu, mais en référence à un standard normatif interne : ce qu’il estime « devoir » recevoir légitimement ou ce qu’il a anticipé en fonction de ses relations passées ou de normes socioculturelles intériorisées. Elle mesure dans quelle mesure le niveau réel de récompenses surpasse ou déçoit les attentes préalables (CLREW), et dans quelle mesure les coûts réels excèdent ou sont inférieurs aux coûts jugés tolérables ou attendus (CLCST). Le score combiné (CLREW – CLCST) indique si le bilan érotique global surpasse ou sous-performe le seuil de référence psychologique de l’individu.

3. L’égalité et l’équité perçues des échanges (EQREW et EQCST)

Cette composante opérationnalise la justice distributive au sein du couple en évaluant si le ratio d’échanges est perçu comme réciproque ou asymétrique. Un individu peut ressentir une insatisfaction aiguë non pas en raison d’un manque de récompenses en soi, mais parce qu’il perçoit que son partenaire bénéficie de gratifications disproportionnellement supérieures (sous-bénéfice) ou n’assume aucun des coûts relationnels nécessaires à la rencontre sexuelle. Le modèle code l’égalité parfaite (récompenses et coûts égaux entre partenaires) comme le niveau d’équité optimal, toute déviation vers un sous-bénéfice ou un sur-bénéfice représentant une distorsion susceptible d’éroder la satisfaction globale.

4. La satisfaction relationnelle globale (GMREL)

Le modèle reconnaît explicitement que la sexualité humaine ne fonctionne pas en vase clos : la satisfaction sexuelle est profondément imbriquée dans le climat affectif et non sexuel du couple. Une évaluation positive globale du lien amoureux (confiance, soutien, affection générale) agit comme un socle modérateur essentiel favorisant une interprétation bienveillante des échanges corporels.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le socle théorique de l’IEMSS repose sur l’intégration féconde de la théorie de l’échange social (notamment les formulations séminales de John Thibaut et Harold Kelley, 1959, et de George Homans, 1961) et de la théorie de l’équité développée par Elaine Walster (Hatfield), G. William Walster et Ellen Berscheid (1978), appliquées pour la première fois de manière systématique au domaine de l’intimité sexuelle par Kelli-An Lawrance et E. Sandra Byers en 1995.

Selon la théorie de l’échange social, les relations interpersonnelles fonctionnent comme des systèmes transactionnels continus dans lesquels les acteurs cherchent à maximiser leurs gratifications psychologiques et physiques tout en minimisant leurs débours énergétiques, temporels et émotionnels. L’innovation majeure de Lawrance et Byers a consisté à postuler que la sexualité de couple répond à cette même logique économique et comportementale, sans pour autant réduire l’amour à un simple calcul utilitariste froid. Dans ce cadre, la satisfaction sexuelle dépend d’une chaîne de jugements séquentiels et hiérarchisés :

  1. L’individu fait l’expérience d’événements comportementaux concrets (répertoriés dans la liste RCC), catégorisés subjectivement comme des gratifications ou des fardeaux.
  2. Ces expériences sont agrégées pour former le solde global de l’interaction (REW – CST).
  3. Ce solde est filtré à travers les lunettes cognitives du niveau de comparaison (CL) : une issue intrinsèquement positive peut néanmoins induire une insatisfaction si elle demeure en deçà d’attentes élevées ou de représentations fantasmatiques préétablies.
  4. Simultanément, l’individu confronte son sort à celui de son partenaire : l’équité dyadique perçue garantit que ni l’exploitation ni la culpabilité du sur-privilège ne viennent altérer la qualité de l’expérience intime.
  5. Enfin, le contexte relationnel non sexuel (évalué via la GMREL) sert de prisme d’ancrage : un climat dyadique conflictuel augmente la saillance cognitive des coûts sexuels, tandis qu’une forte harmonie affective atténue le poids des désagréments corporels épisodiques.

De plus, le modèle incorpore une dimension temporelle essentielle mise en lumière par Byers et MacNeil (2006) : la satisfaction sexuelle n’est pas le simple reflet d’un rapport sexuel ponctuel, mais une fonction cumulative de l’historique des échanges sexuels au fil du temps. Les évaluations répétées de ces dynamiques transactionnelles permettent de capturer la stabilité et les fluctuations de l’attachement érotique à travers les transitions de vie dyadiques.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique du Questionnaire IEMSS a fait l’objet de multiples investigations empiriques rigoureuses, confirmant l’excellence de ses qualités métrologiques à travers divers échantillons cliniques et communautaires :

Validité de construit et convergente

Dans l’étude princeps menée par Lawrance et Byers (1992, 1995) auprès d’étudiants universitaires et d’adultes engagés dans des relations hétérosexuelles stables, la validité convergente de la GMSEX a été solidement établie par une corrélation hautement significative de r = -0,65 (p < 0,001) avec l’Index of Sexual Satisfaction (ISS ; Hudson et al., 1981), sachant qu’un score élevé à l’ISS reflète une discorde sexuelle plus prononcée. De manière analogue, la validité convergente de la GMREL a été confirmée par une forte corrélation positive avec l’Échelle d’ajustement dyadique (Dyadic Adjustment Scale, DAS ; Spanier, 1976), affichant un coefficient de r = 0,69 (p < 0,001).

Concernant le Questionnaire des échanges, les analyses corrélationnelles ont révélé que des niveaux plus élevés de récompenses sexuelles (REW) étaient fortement corrélés négativement avec l’incongruence mesurée par l’ISS (r = -0,66, p < 0,001) et positivement associés à une mesure globale de satisfaction sexuelle à item unique (r = 0,64, p < 0,001). Inversement, le niveau de coûts perçus (CST) montrait une association positive significative avec les scores de détresse de l’ISS (r = 0,30, p < 0,01).

Validité prédictive et modélisation hiérarchique

Conformément aux prédictions théoriques du modèle, la validité incrémentielle de l’IEMSS a été vérifiée au moyen d’analyses de régression hiérarchique :

  • À la première étape, l’introduction de la satisfaction relationnelle non sexuelle (GMREL) explique une proportion substantielle mais partielle de la variance de la satisfaction sexuelle (GMSEX).
  • À la seconde étape, l’inclusion simultanée des quatre composantes de l’échange (l’équilibre REW – CST, la comparaison aux attentes CLREW – CLCST, ainsi que les indices d’égalité EQREW et EQCST) apporte un accroissement statistiquement hautement significatif du coefficient de détermination (R²), chaque composante démontrant une contribution unique et prédictive au score de GMSEX (Byers & MacNeil, 2006 ; Lawrance & Byers, 1995).

Validité concourante et écologique

Des travaux ultérieurs ont corroboré que des scores élevés sur les sous-échelles de l’IEMSS sont systématiquement associés à des marqueurs validés de santé relationnelle et sexuelle, incluant une meilleure communication sexuelle dyadique (MacNeil & Byers, 2009), une estime de soi sexuelle accrue, une prévalence plus forte de cognitions érotiques positives (Renaud & Byers, 2001), et une plus grande orientation communautaire (Peck, Shaffer, & Williamson, 2004). Enfin, les travaux de Cohen, Byers et Walsh (2008) ont étendu la validité de l’IEMSS aux populations d’hommes gais et de femmes lesbiennes, attestant de la robustesse interculturelle et contextuelle du modèle.

8. Fidélité / Reliability

L’IEMSS présente des propriétés de fidélité exceptionnelles, documentées par des évaluations rigoureuses de la consistance interne et de la stabilité temporelle sur des intervalles courts et prolongés :

Consistance interne

Les échelles différentielles sémantiques GMSEX et GMREL démontrent une homogénéité interne remarquable dans l’ensemble des études publiées, quel que soit l’échantillon considéré (couples mariés, cohabitants hétérosexuels, couples de même sexe ou populations internationales) :

  • GMSEX : Les coefficients alpha de Cronbach se situent systématiquement entre 0,90 et 0,96 (Lawrance & Byers, 1995 ; Peck et al., 2004 ; Renaud, Byers, & Pan, 1997 ; Cohen, 2008).
  • GMREL : Les coefficients alpha varient de 0,91 à 0,96, attestant d’une excellente cohérence du construit de satisfaction relationnelle générale.

Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)

Les recherches longitudinales menées par Lawrance et Byers (1995) ainsi que par Byers et MacNeil (2006) ont examiné la stabilité des scores à travers différents horizons temporels :

  • Pour la GMSEX, les coefficients de corrélation test-retest sont de r = 0,84 à 2 semaines d’intervalle, r = 0,78 à 3 mois, et se maintiennent à r = 0,73 à 18 mois d’intervalle.
  • Pour la GMREL, les coefficients atteignent r = 0,81 à 2 semaines, r = 0,70 à 3 mois, et r = 0,61 à 18 mois.
  • Concernant les dimensions dynamiques de l’échange (REW, CST, CLREW, CLCST, REW – CST et CLREW – CLCST), les coefficients test-retest se révèlent, conformément aux prévisions théoriques relatives à des états transactionnels fluctuants, modérés : ils s’échelonnent entre 0,43 et 0,67 à 3 mois, et entre 0,25 et 0,56 à 18 mois, traduisant fidèlement les ajustements adaptatifs de la vie sexuelle du couple au long cours.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La validité structurelle de l’IEMSS a été investiguée par le biais d’analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC), venant étayer la séparation empirique et conceptuelle des différents instruments composant la batterie :

Structure unifactorielle de la GMSEX et de la GMREL

Les analyses factorielles exploratoires conduites sur les 5 items de la GMSEX (Good-Bad, Pleasant-Unpleasant, Positive-Negative, Satisfying-Unsatisfying, Valuable-Worthless) révèlent de manière invariable une structure strictement unidimensionnelle. L’unique facteur extrait explique généralement plus de 75 % à 85 % de la variance totale des scores, l’ensemble des saturations factorielles dépassant le seuil rigoureux de 0,80 pour chacun des items. Une architecture similaire est observée pour la GMREL, confirmant que chaque échelle capte un jugement affectif global homogène, exempt de sous-dimensions parasites.

Différenciation factorielle des composantes de l’échange

Lors des analyses factorielles menées sur le Questionnaire des échanges et la liste RCC, les modélisations confirment la bi-dimensionnalité nette distinguant les récompenses des coûts. Loin de représenter les deux polarités opposées d’un même continuum bipolaire linéaire, les gratifications sexuelles et les coûts sexuels se chargent sur deux facteurs orthogonaux ou faiblement corrélés. Cette indépendance factorielle valide l’une des hypothèses maîtresses du modèle : la présence simultanée de récompenses intenses et de coûts substantiels est fréquente dans les interactions intimes (par exemple, un plaisir orgasmique élevé accompagné d’un sentiment d’inconfort physique ou d’une anxiété communicationnelle). Les modèles d’équations structurelles (SEM) corroborent l’ajustement optimal des données au modèle théorique quadripartite de l’IEMSS, avec des indices d’adéquation robustes (CFI > 0,95, RMSEA < 0,06).

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Type d’évaluation : Batterie psychométrique autorapportée (auto-questionnaire papier-crayon ou informatisé) comprenant trois échelles quantitatives et une liste de contrôle descriptive.
  • Format d’administration : Individuel, auto-administré dans des conditions garantissant la stricte confidentialité des réponses.
  • Temps de passation : Environ 10 minutes pour l’ensemble des trois échelles principales (GMSEX, GMREL, Questionnaire des échanges), complétées de 10 minutes supplémentaires pour la liste RCC (passation complète en 20 minutes environ).
  • Architecture et composition des sous-échelles :
    • Global Measure of Sexual Satisfaction (GMSEX) : 5 items présentés sous forme de différentiel sémantique bipolaire en 7 points (ex. Bon/Mauvais, Agréable/Désagréable, Positif/Négatif, Satisfaisant/Insatisfaisant, De valeur/Sans valeur). Score total de 5 à 35.
    • Global Measure of Relationship Satisfaction (GMREL) : 5 items identiques à la GMSEX mais évaluant la relation générale non sexuelle. Score total de 5 à 35.
    • Questionnaire des échanges : 6 items métriques structurés sur des échelles de type Likert en 9 points : 2 items pour les niveaux absolus de récompenses et de coûts (notés de 1 à 9), 2 items pour la comparaison aux attentes préalables (notés de 1 à 9), et 2 items pour l’évaluation de l’égalité dyadique relative.
    • Rewards/Costs Checklist (RCC) : 58 items comportementaux spécifiques présentés deux fois de manière contrebalancée (sélection dichotomique : Récompense vs Non-récompense, puis Coût vs Non-coût).
  • Directives de cotation (Scoring) :
    • Scores globaux (GMSEX et GMREL) : Sommation directe des 5 items après alignement des polarités (score élevé = satisfaction plus élevée).
    • Bilan d’échange absolu : Calcul de la différence entre le score de récompense et le score de coût : REW − CST (écart possible de -8 à +8).
    • Bilan de comparaison aux attentes : Calcul de la différence entre la comparaison des récompenses et la comparaison des coûts : CLREW − CLCST (écart possible de -8 à +8).
    • Scores d’égalité perçue (EQREW et EQCST) : Recodage des items d’égalité de façon à assigner la note maximale de 4 au point médian (égalité parfaite entre partenaires) et la note minimale de 0 aux deux extrémités (My rewards/costs are much higher OU Partner’s rewards/costs are much higher). Un score plus élevé indique une égalité supérieure.
    • Liste RCC : Somme arithmétique totale des récompenses cochées et somme totale des coûts cochés, fournissant un profil d’analyse qualitative et quantitative détaillée.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication initiale : 1995 (formalisation complète dans Personal Relationships par Kelli-An Lawrance et E. Sandra Byers ; travaux préparatoires en 1992).
  • Droits d’auteur : Droits académiques détenus par les autrices originales et la Société internationale pour l’étude des relations personnelles (International Society for the Study of Personal Relationships / Wiley-Blackwell).
  • Tarifs et conditions d’accès : L’utilisation du questionnaire IEMSS est libre de droits (gratuite) à des fins de recherche scientifique non commerciale et d’enseignement universitaire, sous réserve de citer scrupuleusement les publications sources originales de Lawrance et Byers. Pour des applications commerciales, des adaptations informatisées privées ou des usages en milieu d’entreprise, une autorisation formelle préalable doit être sollicitée auprès des dépositaires des droits.

12. Références / References

  • Byers, E. S., & MacNeil, S. (2006). Further validation of the Interpersonal Exchange Model of Sexual Satisfaction. Journal of Sex & Marital Therapy, 32(1), 53–69. https://doi.org/10.1080/00926230500230263
  • Cohen, J. N. (2008). Minority stress, resilience, and sexual functioning in sexual-minority women (Thèse de doctorat inédite). University of New Brunswick, Fredericton, Canada.
  • Cohen, J. N., Byers, E. S., & Walsh, L. P. (2008). Factors influencing the sexual relationships of lesbians and gay men. International Journal of Sexual Health, 20(3), 162–246. https://doi.org/10.1080/19317610802240177
  • Homans, G. C. (1961). Social behavior: Its elementary forms. Harcourt, Brace & World.
  • Hudson, W. W., Harrison, D. F., & Crosscup, P. C. (1981). A short-form scale to measure sexual discord in dyadic relationships. The Journal of Sex Research, 17(2), 157–174. https://doi.org/10.1080/00224498109551110
  • Lawrance, K., & Byers, E. S. (1992). Development of the Interpersonal Exchange Model of Sexual Satisfaction in long-term relationships. Canadian Journal of Human Sexuality, 1(3), 123–128.
  • Lawrance, K., & Byers, E. S. (1995). Sexual satisfaction in long-term heterosexual relationships: The Interpersonal Exchange Model of Sexual Satisfaction. Personal Relationships, 2(4), 267–285. https://doi.org/10.1111/j.1475-6811.1995.tb00092.x
  • MacNeil, S., & Byers, E. S. (2009). Role of sexual self-disclosure in the sexual satisfaction of long-term heterosexual couples. The Journal of Sex Research, 46(1), 1–12. https://doi.org/10.1080/00224490802398399
  • Peck, S. R., Shaffer, D. R., & Williamson, G. M. (2004). Sexual satisfaction and relationship satisfaction in dating couples: The contributions of relationship communality and favorability of sexual exchanges. Journal of Psychology & Human Sexuality, 16(4), 17–37. https://doi.org/10.1300/J056v16n04_02
  • Renaud, C. A., & Byers, E. S. (2001). Positive and negative sexual cognitions: Subjective experience and relationships to sexual adjustment. The Journal of Sex Research, 38(3), 252–262. https://doi.org/10.1080/00224490109552094
  • Renaud, C., Byers, E. S., & Pan, S. (1997). Sexual and relationship satisfaction in mainland China. The Journal of Sex Research, 34(4), 339–410. https://doi.org/10.1080/00224499709551907
  • Spanier, G. B. (1976). Measuring dyadic adjustment: New scales for assessing the quality of marriage and similar dyads. Journal of Marriage and the Family, 38(1), 15–28. https://doi.org/10.2307/350547
  • Thibaut, J. W., & Kelley, H. H. (1959). The social psychology of groups. John Wiley & Sons.
  • Walster, E., Walster, G. W., & Berscheid, E. (1978). Equity: Theory and research. Allyn and Bacon.

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
  1. Think about the rewards that you have received in your sexual relationship with your partner within the past three months. How reward- ing is your sexual relationship with your partner?
  2. D
  3. D
  4. D
  5. D
  6. D
  7. D
  8. D
  9. Not at all Rewarding
  10. Extremely Rewarding
  11. Most people have a general expectation about how rewarding their sexual relationship “should be.” Compared to this general expectation, they may feel that their sexual relationship is more rewarding, less rewarding, or as rewarding as it “should be.”
  12. Based on your own expectation about how rewarding your sexual relationship with your partner “should be,” how does your level of rewards compare to that expectation?
  13. D
  14. D
  15. D
  16. D
  17. D
  18. D
  19. D
  20. Much Less
  21. Much More
  22. Rewarding in
  23. Rewarding in
  24. Comparison
  25. Comparison
  26. How does the level of rewards that you get from your sexual relationship with your partner compare to the level of rewards that your partner gets from the relationship?
  27. D
  28. D
  29. D
  30. D
  31. D
  32. D
  33. D
  34. My Rewards
  35. Partner’s
  36. Are Much
  37. Rewards Are
  38. Higher
  39. Much Higher
  40. Think about the costs that you have incurred in your sexual relationship with your partner within the past three months. How costly is your sexual relationship with your partner?
  41. D
  42. D
  43. D
  44. D
  45. D
  46. D
  47. D
  48. Not at all Costly
  49.  Extremely Costly
  50. Most people have a general expectation about how costly their sexual relationship “should be.” Compared to this general expectation, they may feel that their sexual relationship is more costly, less costly, or as costly as it “should be.” Based on your own expectation about how costly your sexual relationship with your partner “should be,” how does your level of costs compare to that expectation?
  51. D
  52. D
  53. D
  54. D
  55. D
  56. D
  57. D
  58. Much Less
  59. Much More
  60. Costly in
  61. Costly in
  62. Comparison
  63. Comparison
  64. How does the level of costs that you incur in your sexual relationship with your partner compare to the level of costs that your partner gets from the relationship?
  65. D
  66. D
  67. D
  68. D
  69. D
  70. D
  71. D
  72. My Costs
  73. Partner’s
  74. Are Much
  75. Costs Are
  76. Higher
  77. Much Higher
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Looti, M. (2026, octobre 17). Questionnaire du modèle d’échange interpersonnel de la satisfaction sexuelle. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=questionnaire-modele-echange-interpersonnel-satisfaction-sexuelle-iemss
Looti, Mohammed. “Questionnaire du modèle d’échange interpersonnel de la satisfaction sexuelle.” Base de données de psychologie en français, 17 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=questionnaire-modele-echange-interpersonnel-satisfaction-sexuelle-iemss.
Looti, Mohammed. “Questionnaire du modèle d’échange interpersonnel de la satisfaction sexuelle.” Base de données de psychologie en français. octobre 17, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=questionnaire-modele-echange-interpersonnel-satisfaction-sexuelle-iemss.