Mesure globale de l’équité et mesure multitraits de l’équité : mesurer l’équité dans les relations intimes

Découvrez la Mesure globale et la Mesure multitraits de l’équité (MTME) développées par Elaine Hatfield et Danielle Young : évaluation psychométrique de la justice et de l’équilibre au sein des relations amoureuses et conjugales.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 18, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 18, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé / Abstract

La Mesure globale de l’équité (Global Measure of Equity) et la Mesure multitraits de l’équité (Multi-Trait Measure of Equity [MTME]), conçues par Jane Traupmann, Robert Peterson, Mary Utne et Elaine Hatfield (1981) puis révisées et synthétisées par Danielle M. Young et Elaine Hatfield, constituent deux des instruments psychométriques les plus influents dans l’étude de la justice distributive et de l’équilibre des échanges au sein des relations amoureuses, conjugales et dyadiques. Fondées sur les postulats de la théorie de l’équité formulée dans le domaine de la psychologie sociale par Elaine Walster (Hatfield), G. William Walster et Ellen Berscheid (1978), ces échelles mesurent le degré auquel les partenaires perçoivent que le ratio de leurs contributions (inputs) par rapport à leurs rétributions (outcomes) est équivalent à celui de leur partenaire.

La Mesure globale évalue cette perception à l’aide d’un item synthétique unique reposant sur une échelle de type Likert en 7 points (variant de -3 à +3), classifiant les individus comme sous-bénéficiaires (underbenefited), traités équitablement (equitably treated) ou sur-bénéficiaires (overbenefited). La Mesure multitraits (MTME) opérationnalise ce construit à travers 25 domaines fondamentaux de la vie de couple, répartis en quatre grandes dimensions : les Préoccupations personnelles (Personal Concerns), les Préoccupations affectives (Emotional Concerns), les Préoccupations de la vie quotidienne (Day-to-Day Concerns) et les Opportunités acquises ou perdues (Opportunities Gained and Lost). Chaque item peut être évalué tant sur le plan du ratio d’équité perçu que sur celui de son importance subjective (échelle en 8 points).

Sur le plan psychométrique, la MTME présente une excellente consistance interne, avec des coefficients alpha de Cronbach rapportés de 0,87 pour l’échelle globale des contributions (inputs) et de 0,90 pour celle des rétributions (outcomes). Les indices de validité convergente et prédictive démontrent des corrélations substantielles avec la satisfaction maritale, la stabilité du couple, l’intimité sexuelle, ainsi qu’une corrélation négative marquée avec la détresse psychologique, la culpabilité et l’infidélité extraconjugale. Ces échelles demeurent indispensables en psychologie clinique de couple, en thérapie conjugale et en recherche fondamentale sur les relations interpersonnelles.

2. Mots-clés / Keywords

Équité relationnelle, théorie de l’équité, relations intimes, satisfaction conjugale, psychométrie, justice distributive, dynamique de couple, rétributions et contributions, sous-bénéfice, sur-bénéfice, investissement relationnel, fidélité maritale.

3. Auteurs / Authors

Les versions fondamentales et contemporaines de la Mesure globale de l’équité et de la Mesure multitraits de l’équité ont été développées et standardisées par les chercheurs suivants :

  • Danielle M. Young : Département de psychologie, University of Hawaii at Manoa, Honolulu, Hawaï, États-Unis. Spécialiste des dynamiques relationnelles, de l’équité perçue et de la psychologie sociale des relations de couple.
  • Elaine Hatfield, Ph.D. : Professeure émérite de psychologie à l’Université d’Hawaï. Pionnière mondiale de la recherche psychologique sur l’attirance interpersonnelle, la passion amoureuse, la contagion émotionnelle et la théorie de l’équité. Ancienne présidente de la Society for the Scientific Study of Sexuality (SSSS). Courriel institutionnel : [email protected].
  • Jane Traupmann Pillemer, Ph.D. : Chercheure en psychologie clinique et sociale, co-autrice initiale du développement de la Multi-Trait Measure of Equity (1981) à l’Université de Wisconsin-Madison.
  • Robert S. Peterson & Mary K. Utne : Chercheurs associés aux premières études de validation psychométrique de la MTME à l’Université de Wisconsin-Madison.

4. Objectif / Purpose

L’objectif central de la Mesure globale de l’équité et de la Mesure multitraits de l’équité est de quantifier objectivement et rigoureusement la perception subjective de justice et de réciprocité au sein des relations amoureuses et conjugales. Alors que les théories classiques de l’échange social (comme celles de Thibaut et Kelley ou de George Homans) se concentraient principalement sur la maximisation unilatérale des récompenses, la théorie de l’équité développée par Hatfield et ses collègues pose qu’un individu n’évalue pas seulement ce qu’il retire d’une relation, mais jauge systématiquement ce gain par rapport à ce qu’il y investit, en miroir direct de ce que son partenaire donne et reçoit.

Dans les contextes de recherche fondamentale, ces outils permettent d’analyser les mécanismes sous-jacents à l’engagement, à la communication dyadique, à la résolution de conflits et à la longévité relationnelle. Sur le plan de la psychologie évolutionniste contemporaine (Baumeister & Vohs, 2004), la mesure de l’équité éclaire la régulation du « marché des rencontres » (dating marketplace), dans lequel les partenaires négocient implicitement la valeur perçue de leurs ressources matérielles, affectives, génétiques et sociales. L’instrument permet ainsi de vérifier si les disparités dans les apports initiaux (comme le statut socioéconomique ou l’attractivité physique) sont compensées par d’autres bénéfices au fil de l’évolution de la relation.

Dans la pratique clinique et la thérapie conjugale, la Mesure globale et la MTME remplissent des fonctions diagnostiques majeures :

  • Cartographie fine des rancœurs et des asymétries : La MTME permet aux thérapeutes de repérer avec exactitude les 25 domaines de la vie quotidienne où s’enracine le sentiment d’injustice. Une personne peut se sentir sur-bénéficiaire dans le domaine financier, mais profondément sous-bénéficiaire sur le plan du soutien affectif ou du partage des tâches domestiques.
  • Évaluation du risque de rupture et d’infidélité : Les études empiriques confirment de longue date que les partenaires sous-bénéficiaires expriment de la rancœur, de la colère et un désinvestissement progressif, tandis que les partenaires sur-bénéficiaires manifestent souvent un malaise teinté de culpabilité. L’iniquité persistante constitue un prédicteur direct d’infidélité extraconjugale et de dissolution de l’union (Hatfield, Rapson, & Aumer-Ryan, 2007).
  • Prise en compte de la pondération subjective : En permettant d’associer à chaque item une note d’importance subjective de 1 à 8, l’échelle permet de dissocier les déséquilibres triviaux de ceux qui sapent directement le socle de l’intimité dyadique.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit mesuré est l’équité perçue dans les relations intimes. Selon la définition formelle formulée par Walster (1975) et Hatfield et al. (1978), une relation est considérée comme équitable par un participant lorsque le ratio de ses rétributions nettes par rapport à ses contributions correspond exactement au ratio équivalent calculé pour son partenaire :

(OA – IA) / (|IA|kA) = (OB – IB) / (|IB|kB)

Dans ce modèle mathématique, I représente les contributions (inputs), O représente les résultats ou rétributions obtenus (outcomes), et k est un facteur d’échelle assurant la cohérence de la formule en présence de valeurs négatives. Dans la pratique psychométrique courante, plutôt que d’exiger des participants qu’ils calculent manuellement des équations complexes, la MTME évalue ce phénomène à travers quatre dimensions factorielles distinctes et 25 sous-domaines empiriques :

1. Préoccupations personnelles (Personal Concerns)

Cette dimension évalue les caractéristiques intrinsèques, le capital personnel et les compétences sociales que chaque membre apporte dans l’interaction dyadique. Elle comprend :

  • L’aisance sociale (Social Grace) : Capacité à être chaleureux, amical et détendu dans des situations sociales.
  • L’intellect (Intelligence) : Niveau de culture, vivacité d’esprit, réflexion et accès à l’information.
  • L’attractivité physique (Physical Attractiveness) : Beauté physique et charme naturel.
  • Le soin de l’apparence physique et de la santé (Concern for Physical Appearance and Health) : Entretien corporel, propreté, hygiène de vie, tenue vestimentaire et pratique de l’activité physique.

2. Préoccupations affectives (Emotional Concerns)

Ce volet examine la qualité de l’engagement émotionnel, la sécurité de l’attachement et la réciprocité de la tendresse. Il englobe les domaines suivants :

  • L’attachement et l’amour (Liking and Love) : Sentiment d’affection mutuelle sincère et démonstrations verbales et comportementales de l’amour.
  • La compréhension et la sollicitude (Understanding and Concern) : Empathie, sensibilité aux besoins psychologiques et écoute attentive de l’autre.
  • L’acceptation et la flexibilité des rôles (Acceptance and Role Flexibility) : Autorisation accordée au partenaire d’adopter des postures variées (vulnérable, protecteur, leader ou dépendant) sans jugement dépréciateur.
  • L’appréciation (Expressions of Appreciation) : Reconnaissance ouverte des contributions et de la présence du partenaire, évitant de le tenir pour acquis.
  • L’affection physique et la sexualité (Physical Affection and Sex) : Chaleur tactile (câlins, baisers), épanouissement sexuel mutuel et respect absolu de la fidélité conjugale convenue.
  • La sécurité, la liberté et l’avenir : Engagement à long terme, respect de l’indépendance personnelle (carrière, temps libre en solo) et co-construction de projets futurs partagés.

3. Préoccupations de la vie quotidienne (Day-to-Day Concerns)

Cette dimension opérationnalise la dimension pratique, organisationnelle et matérielle de l’existence partagée :

  • La logistique domestique (Day-to-Day Maintenance) : Investissement concret dans les tâches ménagères, les courses, la préparation des repas et l’entretien des biens communs.
  • Les finances (Finances) : Apport monétaire, gestion du budget commun et sécurité financière.
  • La convivialité quotidienne et la sociabilité (Sociability) : Humeur égale, sens de l’humour, bonne compagnie pour les loisirs, qualité de la conversation quotidienne et bonne intégration auprès de la belle-famille et des amis.
  • La prise de décision et la mémoire émotionnelle : Prise en charge partagée des décisions lourdes du foyer et attention portée aux dates commémoratives (anniversaires, fêtes de couple).

4. Opportunités acquises et perdues (Opportunities Gained and Lost)

Cette sous-échelle aborde les coûts d’opportunité inhérents à l’engagement monogame ou marital :

  • Opportunités acquises (Opportunities Gained) : Accès à des jalons vitaux (fonder une famille, devenir parent/grand-parent, reconnaissance sociale du statut de couple, soutien dans la vieillesse).
  • Opportunités sacrifiées (Opportunities Forgone) : Renoncement à d’autres partenaires amoureux potentiels, compromis sur la liberté géographique, choix de carrière délaissés au nom du couple.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le socle théorique de ces mesures s’ancre dans la théorie générale de l’équité formulée par Elaine Walster, G. William Walster et Ellen Berscheid dans leur monographie séminale de 1978 (Equity: Theory and Research). La théorie de l’équité s’est développée comme une extension de la théorie de l’échange social de George Homans et de John Thibaut et Harold Kelley, tout en intégrant des postulats dérivés de la théorie de la dissonance cognitive de Leon Festinger et des théories de la justice organisationnelle de J. Stacy Adams (1965).

La théorie repose sur quatre propositions centrales adaptées à l’intimité dyadique :

  1. Proposition I : Les individus cherchent naturellement à maximiser leurs récompenses (outcomes) et à minimiser leurs coûts au sein de leurs relations.
  2. Proposition II : Les groupes, sociétés et dyades développent des systèmes normatifs promouvant une répartition équitable des ressources partagées et punissent les comportements perçus comme inéquitables ou exploiteurs.
  3. Proposition III : Lorsque des individus se trouvent engagés dans des relations perçues comme inéquitables, ils ressentent une détresse psychologique. Cette détresse est proportionnelle à l’ampleur du déséquilibre : le partenaire sous-bénéficiaire ressent principalement de la colère, de la frustration, un sentiment d’exploitation et de l’abattement ; le partenaire sur-bénéficiaire éprouve fréquemment de la culpabilité, de la honte, de la gêne ou une anxiété quant à la pérennité du lien.
  4. Proposition IV : Les individus soumis à cette détresse psychologique sont motivés à restaurer l’équité. Cette restauration peut intervenir au niveau comportemental réel (en augmentant ou réduisant ses contributions, ou en incitant l’autre à modifier les siennes) ou au niveau psychologique (distorsion cognitive, réévaluation idéalisée des contributions du conjoint ou dévalorisation de ses propres investissements).

Traupmann, Peterson, Utne et Hatfield (1981) ont enrichi ce corpus en démontrant que l’équité ne s’applique pas exclusivement aux transactions économiques ou de travail, mais s’avère un prédicteur direct du bien-être amoureux à tous les âges de la vie (Pillemer, Hatfield, & Sprecher, 2008). Les perspectives récentes en économie comportementale et en psychologie évolutionniste (Baumeister & Vohs, 2004) réaffirment que les couples fonctionnels établissent un équilibre homéostatique implicite où les monnaies d’échange (ressources matérielles, soutien psychoaffectif, sexualité, fidélité) s’équilibrent réciproquement.

7. Validité / Validity

Les propriétés psychométriques de la Mesure globale et de la MTME ont été validées au cours de quatre décennies d’études observationnelles, longitudinales et expérimentales :

Validité de construit et convergente

La validité convergente de la Mesure globale de l’équité est solidement établie par ses corrélations statistiquement significatives avec d’autres échelles d’équité et de justice relationnelle. Les recherches menées par Susan Sprecher (1986, 1988) indiquent que la Mesure globale d’Hatfield est positivement corrélée avec la Sprecher Global Equity Measure (coefficients oscillant entre r = 0,45 et r = 0,52, p < 0,001). Dans une vaste étude longitudinale sur des couples hétérosexuels en phase de séduction et d’union, Sprecher (2001) a mis en évidence des corrélations allant de r = 0,43 à r = 0,73 entre la Mesure globale et des indices multidimensionnels élargis.

Validité prédictive et critères relationnels

La validité prédictive des deux mesures s’illustre par leur capacité à anticiper une multitude d’issues relationnelles critiques (Hatfield, Rapson, & Aumer-Ryan, 2007) :

  • Satisfaction et détresse conjugale : Les partenaires catégorisés comme « traités équitablement » rapportent des niveaux de satisfaction, de sécurité affective et de bonheur marital significativement supérieurs à ceux des partenaires sous-bénéficiaires ou sur-bénéficiaires. L’iniquité est corrélée de manière linéaire avec des scores élevés sur les échelles d’anxiété, de colère et de dépression (Sprecher, 1986).
  • Stabilité et pérennité du couple : Les études prospectives révèlent que les relations amoureuses perçues comme équitables sont nettement plus stables au fil du temps, résistent mieux aux crises et ont une probabilité beaucoup plus élevée d’aboutir au mariage ou à un engagement durable que les unions asymétriques (Canary & Stafford, 1992 ; Sprecher, 2001).
  • Fidélité et sexualité : Les individus évoluant dans des unions équitables font état d’une vie sexuelle plus intense, plus épanouissante et mutuellement valorisante. Inversement, les participants se percevant comme chroniquement sous-bénéficiaires présentent un taux de passage à l’acte extraconjugal significativement plus élevé, la transgression servant de mécanisme compensatoire pour rétablir une équité défaillante (Hatfield et al., 2007).
  • Effets à long terme chez les seniors : Pillemer, Hatfield et Sprecher (2008) ont prouvé que chez les femmes âgées après plusieurs décennies de vie conjugale, la perception d’équité demeure l’un des déterminants les plus puissants du bien-être psychologique global et de l’adaptation au vieillissement.

8. Fidélité / Reliability

Les investigations psychométriques conduites sur la Mesure multitraits de l’équité (MTME) démontrent une fiabilité interne très satisfaisante. Dans leur étude fondatrice, Traupmann, Peterson, Utne et Hatfield (1981) ont administré l’outil à des échantillons de couples mariés et en concubinage, calculant la consistance interne via le coefficient alpha de Cronbach :

  • Pour l’échelle totale évaluant les contributions apportées par les partenaires (Total Inputs Scale), le coefficient alpha de Cronbach est de α = 0,87.
  • Pour l’échelle totale évaluant les rétributions et bénéfices reçus (Total Outputs Scale), le coefficient alpha de Cronbach atteint α = 0,90.

Concernant la Mesure globale de l’équité, bien qu’il s’agisse d’un indicateur reposant sur un item synthétique unique — ce qui exclut le calcul classique d’une consistance interne de type Cronbach —, les recherches démontrent une fidélité test-retest substantielle lors d’administrations répétées à court terme (intervalles de deux à quatre semaines), avec des coefficients de corrélation intraclasse couramment supérieurs à r = 0,78 (Canary & Stafford, 1992 ; Traupmann, 1978). L’outil a fait preuve d’une robustesse psychométrique remarquable dans une grande variété de populations : couples d’étudiants, jeunes fiancés, couples mariés avec enfants, couples de même sexe et aînés retraités.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Le développement de la Mesure multitraits par Traupmann et al. (1981) s’est appuyé sur des analyses factorielles exploratoires (AFE) visant à isoler les domaines fondamentaux dans lesquels les conjoints négocient l’équilibre de leur vie commune. À partir d’une réserve initiale de plus de 80 descripteurs de contributions et de gains relationnels, les analyses ont dégagé quatre composantes majeures expliquant une part prépondérante de la variance totale des échanges dyadiques :

  • Facteur 1 : Préoccupations affectives et soutien émotionnel (regroupant l’amour, l’estime, la sexualité, la compréhension, la fidélité et le respect de l’indépendance de l’autre). Ce facteur extrait la proportion la plus élevée de variance, confirmant que les transactions socio-affectives sont au cœur du calcul de l’équité dans les couples modernes. Les saturations factorielles des items clés (comme l’amour exprimé ou la compréhension des besoins) dépassent régulièrement 0,65.
  • Facteur 2 : Tâches quotidiennes et gestion matérielle (englobant les tâches ménagères, les finances et la logistique du ménage). Ce facteur isole la composante instrumentale de l’équité, où les saturations des items liés aux corvées domestiques et à la gestion du budget commun varient de 0,55 à 0,78.
  • Facteur 3 : Attributs personnels et sociabilité (incluant l’intelligence, la grâce sociale, l’attractivité corporelle et l’humeur au quotidien). Les saturations factorielles confirment que les partenaires considèrent les atouts intrinsèques d’un individu comme des apports concrets à l’alliance conjugale.
  • Facteur 4 : Opportunités acquises et sacrifices consentis (regroupant le statut social conféré par le couple contre les opportunités de carrière ou les liaisons amoureuses sacrifiées).

Des analyses factorielles confirmatoires ultérieures (notamment celles de Sprecher, 2001) ont corroboré ce modèle à quatre facteurs de premier ordre tout en validant l’existence d’un facteur général d’équité perçue de second ordre, justifiant ainsi le calcul d’un Indice Total d’Équité par sommation ou moyennage des 25 domaines.

10. Instrument de mesure / Instrument

Les deux instruments se caractérisent par une ergonomie rigoureuse et une souplesse d’utilisation :

  • Type de test : Auto-questionnaire psychométrique standardisé (évaluation de la justice relationnelle perçue).
  • Format d’administration : Papier-crayon, passation informatisée ou administration assistée par entretien. Passation individuelle ou en couple (avec consigne absolue de réponse indépendante sans concertation).
  • Nombre d’items :
    • Mesure globale de l’équité : 1 item unique d’évaluation globale.
    • Mesure multitraits de l’équité (MTME) : 25 items thématiques couvrant 4 grandes dimensions. Chaque item peut être complété par une échelle facultative de pondération subjective de l’importance (25 items d’importance).
  • Temps de passation :
    • Mesure globale : environ 1 minute.
    • MTME standard : environ 10 à 15 minutes.
    • MTME avec pondération par l’importance : 25 à 30 minutes.
  • Format de réponse (Échelle d’équité) : Échelle de type Likert bipolaire en 7 points :
    • +3 = I am getting a much better deal than my partner (Je fais une bien meilleure affaire que mon partenaire)
    • +2 = I am getting a somewhat better deal (Je fais une assez meilleure affaire)
    • +1 = I am getting a slightly better deal (Je fais une légèrement meilleure affaire)
    • 0 = We are both getting an equally good, or bad, deal (Nous faisons tous deux une affaire également bonne, ou mauvaise)
    • -1 = My partner is getting a slightly better deal (Mon partenaire fait une légèrement meilleure affaire)
    • -2 = My partner is getting a somewhat better deal (Mon partenaire fait une assez meilleure affaire)
    • -3 = My partner is getting a much better deal than I am (Mon partenaire fait une bien meilleure affaire que moi)
  • Format de réponse pour la pondération d’importance (facultatif) : Échelle en 8 points (1 = Extremely Unimportant à 8 = Extremely Important).
  • Cotation et calcul des scores :
    • Mesure globale : Le score brut direct (-3 à +3) sert à catégoriser le participant : scores positifs (> 0) = sur-bénéficiaire ; score nul (0) = équitable ; scores négatifs (< 0) = sous-bénéficiaire.
    • MTME – Indice Total d’Équité : Somme arithmétique des scores des 25 items divisée par 25. Les scores peuvent également être analysés sous forme de variable continue ou être pondérés en multipliant la note d’équité par la note d’importance attribuée à chaque domaine.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

Année de développement : 1975 (formulation mathématique princeps par Walster) ; 1981 (standardisation psychométrique initiale par Traupmann, Peterson, Utne et Hatfield) ; actualisations continues par Young et Hatfield.

Statut légal et droits d’utilisation : La Mesure globale de l’équité et la Mesure multitraits de l’équité font partie du domaine public académique à des fins de recherche scientifique pure et d’enseignement non commercial. Les auteurs ont expressément mis ces outils à la disposition des chercheurs et cliniciens afin de promouvoir l’étude empirique des relations interpersonnelles. Toute utilisation commerciale intégrée à des logiciels payants d’évaluation ou à des programmes de coaching payants requiert l’accord formel préalable d’Elaine Hatfield.

Frais et coûts : Gratuit pour les chercheurs, les universitaires, les étudiants et les professionnels de la santé mentale dans le cadre de leurs protocoles cliniques ou scientifiques.

12. Références / References

Les références bibliographiques suivantes constituent le fondement théorique et psychométrique des instruments :

  • Adams, J. S. (1965). Inequity in social exchange. In L. Berkowitz (Ed.), Advances in Experimental Social Psychology (Vol. 2, pp. 267–299). Academic Press. https://doi.org/10.1016/S0065-2601(08)60108-2
  • Baumeister, R. F., & Vohs, K. D. (2004). Sexual economics: Sex as female resource for social exchange in heterosexual interactions. Personality and Social Psychology Review, 8(4), 339–363. https://doi.org/10.1207/s15327957pspr0804_2
  • Canary, D. J., & Stafford, L. (1992). Relational maintenance strategies and equity in marriage. Communication Monographs, 59(3), 243–267. https://doi.org/10.1080/03637759209376268
  • Hatfield, E., Rapson, R. L., & Aumer-Ryan, K. (2007). Equity theory: Social justice in love relationships. Recent developments. In M. A. Fall (Ed.), Social Justice Research. Springer. https://doi.org/10.1007/s11211-008-0080-3
  • Hatfield, E., Walster, G. W., & Berscheid, E. (1978). Equity: Theory and research. Allyn & Bacon.
  • Pillemer, J., Hatfield, E., & Sprecher, S. (2008). The importance of fairness and equity for the marital satisfaction of older women. Journal of Women & Aging, 20(3-4), 215–230. https://doi.org/10.1080/08952840801984643
  • Sprecher, S. (1986). The relation between inequity and emotions in close relationships. Social Psychology Quarterly, 49(4), 309–321. https://doi.org/10.2307/2786770
  • Sprecher, S. (1988). Investment model, equity, and social support determinants of relationship commitment. Social Psychology Quarterly, 51(4), 318–328. https://doi.org/10.2307/2786759
  • Sprecher, S. (2001). Equity and social exchange in dating couples: Associations with satisfaction, commitment, and stability. Journal of Marriage and Family, 63(3), 599–613. https://doi.org/10.1111/j.1741-3737.2001.00599.x
  • Traupmann, J. (1978). Equity in intimate relations: An interview of marriage (Publication No. 7902431) [Doctoral dissertation, University of Wisconsin-Madison]. ProQuest Dissertations Publishing.
  • Traupmann, J., Peterson, R., Utne, M., & Hatfield, E. (1981). Measuring equity in intimate relations. Applied Psychological Measurement, 5(4), 467–480. https://doi.org/10.1177/014662168100500404
  • Walster, G. W. (1975). The Walster et al. (1973) equity formula: A correction. Representative Research in Social Psychology, 6, 65–67.

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
1

Social Grace: Some people are sociable, friendly, relaxed in social settings. Others are not.
2

Intellect
3

Intelligence: Some people are intelligent and informed.
4

Appearance
5

Physical Attractiveness: Some people are physically attractive.
6

Concern for Physical Appearance and Health: Some people take care of their physical appearance and conditioning, through attention to such things as their clothing, cleanliness, exercise, and good eating habits.
7

Emotional Concerns
8

Liking and Loving
9

Liking: Some people like their partners and show it. Others do not.
10

Love: Some people feel and express love for their partners.
11

Understanding and Concern
12

Understanding and Concern: Some people know their partner’s personal concerns and emotional needs and respond to them.
13

Acceptance
14

Accepting and Encouraging Role Flexibility: Some people let their partners try out different roles occasionally, for example letting their partner be a “baby” sometimes, a “mother,” a colleague or a friend, an aggressive as well as a passive lover, and so on.
15

Appreciation
16

Expressions of Appreciation: Some people openly show appreciation for their partner’s contributions to the relationship—they don’t take their partner for granted.
17

Physical Affection
18

Showing Affection: Some people are openly affectionate—touching, hugging, kissing.
19

Sex
20

Sexual Pleasure: Some people participate in the sexual aspect of a relationship, working to make it mutually satisfying and fulfilling.
21

Sexual Fidelity: Some people live up to (are “faithful” to) their agreements about extramarital relations.
22

Security/Freedom
23

Commitment: Some people commit themselves to their partners and to the future of their relationship together.
24

Respecting Partner’s Need to be a Free and Independent Person: Some people allow their partners to develop as an individual in the way that they choose: for example, they allow their partners freedom to go to school or not; to work at the kind of job or career they like; to pursue outside interests; to do things by themselves or with friends; to simply be alone sometimes.
25

Plans and Goals for the Future
26

Plans and Goals for the Future: Some people plan for and dream about their future together.
27

Day-to-Day Concerns
28

Day-to-Day Maintenance
29

Day-to-Day Maintenance: Some people contribute time and effort to household responsibilities such as grocery shopping, making dinner, cleaning, and car maintenance. Others do not.
30

Finances
31

Finances: Some people contribute income to the couple’s “joint account.”
32

Sociability
33

Easy to Live With: Some people are easy to live with on a day-to-day basis; that is, they have a sense of humor, aren’t too moody, don’t get drunk too often, and so on.
34

Companionship: Some people are good companions, who suggest interesting activities for both of them to do together, as well as going along with their partner’s ideas about what they might do for fun.
35

Conversation: Some people tell partners about their day’s events and what’s on their mind . . . and are also interested in hearing about their partner’s concerns and daily activities.
36

Fitting in: Some people are compatible with their partner’s friends and relatives; they like the friends and relatives, and the friends and relatives like them.
37

Decision-Making
38

Decision-Making: Some people take their fair share of the responsibility for making and carrying out decisions that affect both partners.
39

Remembering Special Occasions
40

Remembering Special Occasions: Some people are thoughtful about sentimental things, such as remembering birthdays, your anniversary, and other special occasions.
41

Opportunities Gained and Lost
42

Opportunities Gained
43

Chance to be Dating or Married: Dating and marriage give many people the opportunity to partake of the many life experiences that depend upon dating or being married, for example the chance to become a parent and even a grandparent, the chance to be included in “married couple” social events, and, finally, having someone to count on in old age.
44

Opportunities Forgone
45

Opportunities Forgone: Dating and marriage necessarily require people to give up certain opportunities . . . in order to be in this relationship. The opportunities could have been other possible mates, a career, travel, etc.
★

Rate This Scale

5.0 / 5 • 1 vote

Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 18). Mesure globale de l’équité et mesure multitraits de l’équité : mesurer l’équité dans les relations intimes. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=mesure-globale-et-multitraits-de-lequite-relations-intimes
Looti, Mohammed. “Mesure globale de l’équité et mesure multitraits de l’équité : mesurer l’équité dans les relations intimes.” Base de données de psychologie en français, 18 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=mesure-globale-et-multitraits-de-lequite-relations-intimes.
Looti, Mohammed. “Mesure globale de l’équité et mesure multitraits de l’équité : mesurer l’équité dans les relations intimes.” Base de données de psychologie en français. octobre 18, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=mesure-globale-et-multitraits-de-lequite-relations-intimes.