{"id":24502,"date":"2026-11-06T23:44:28","date_gmt":"2026-11-06T23:44:28","guid":{"rendered":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/?psych_term=apraxie-oculomotrice-congenitale"},"modified":"2026-11-06T23:44:28","modified_gmt":"2026-11-06T23:44:28","slug":"apraxie-oculomotrice-congenitale","status":"publish","type":"psych_term","link":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/?psych_term=apraxie-oculomotrice-congenitale","title":{"rendered":"Apraxie oculomotrice : Le d\u00e9fi du regard volontaire"},"content":{"rendered":"<p>L&rsquo;exploration visuelle de notre environnement repose sur une chor\u00e9graphie neuromotrice d&rsquo;une extr\u00eame pr\u00e9cision, capable d&rsquo;orienter instantan\u00e9ment les globes oculaires vers une cible d&rsquo;int\u00e9r\u00eat afin de projeter son image sur la fov\u00e9a. Chez certains enfants, cette machinerie neuro-oculomotrice pr\u00e9sente une anomalie fonctionnelle spectaculaire d\u00e8s les premiers mois de la vie : l&rsquo;incapacit\u00e9 s\u00e9lective et involontaire d&rsquo;initier des saccades oculaires horizontales sur commande ou vers un stimulus visuel nouveau. Ce trouble neurod\u00e9veloppemental fascinant et complexe, d\u00e9sign\u00e9 sous le terme d&rsquo;apraxie oculomotrice cong\u00e9nitale, contraint le sujet \u00e0 recourir \u00e0 des mouvements compensateurs brusques de la t\u00eate pour contraindre son regard \u00e0 se d\u00e9placer.<\/p>\n<h2>Apraxie oculomotrice cong\u00e9nitale<\/h2>\n<h3>1. D\u00e9finition concise<\/h3>\n<p>L&rsquo;<strong>apraxie oculomotrice cong\u00e9nitale<\/strong> (COMA, pour <em>Congenital Ocular Motor Apraxia<\/em>), historiquement appel\u00e9e <strong>syndrome de Cogan de type II<\/strong>, est un trouble neurologique rare du d\u00e9veloppement moteur caract\u00e9ris\u00e9 par l&rsquo;incapacit\u00e9 ou la grande difficult\u00e9 \u00e0 d\u00e9clencher des <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Saccade_oculaire\">saccades oculaires<\/a> horizontales volontaires ou r\u00e9flexes visuels rapides, en l&rsquo;absence de toute paralysie musculaire extrins\u00e8que p\u00e9riph\u00e9rique.<\/p>\n<p>Dans ce tableau clinique, les voies motrices finales (nerfs oculomoteurs et muscles stri\u00e9s de l&rsquo;\u0153il) demeurent intactes, et les mouvements de poursuite oculaire lente ou d&rsquo;\u00e9l\u00e9vation verticale sont g\u00e9n\u00e9ralement pr\u00e9serv\u00e9s \u00e0 la naissance. Pour compenser ce d\u00e9ficit d&rsquo;initiation saccadique et r\u00e9orienter leur axe visuel vers une cible lat\u00e9rale, les nourrissons et les jeunes enfants d\u00e9veloppent une strat\u00e9gie motrice adaptative caract\u00e9ristique : une projection c\u00e9phalique brusque et exag\u00e9r\u00e9e (<em>head thrust<\/em>), coupl\u00e9e \u00e0 l&rsquo;action du <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/R%C3%A9flexe_vestibulo-oculaire\">r\u00e9flexe vestibulo-oculaire<\/a>, permettant d&rsquo;ancrer temporairement la fov\u00e9a avant de r\u00e9aligner la t\u00eate.<\/p>\n<p>Bien que traditionnellement appr\u00e9hend\u00e9e comme une entit\u00e9 clinique isol\u00e9e et idiopathique d&rsquo;\u00e9volution b\u00e9nigne au fil de l&rsquo;enfance, l&rsquo;apraxie oculomotrice cong\u00e9nitale est aujourd&rsquo;hui reconnue par la neurop\u00e9diatrie moderne comme un sympt\u00f4me cardinal, souvent r\u00e9v\u00e9lateur de malformations c\u00e9r\u00e9belleuses sous-jacentes, d&rsquo;anomalies de la jonction ponto-m\u00e9senc\u00e9phalique ou d&rsquo;affections neurog\u00e9n\u00e9tiques complexes telles que les ciliopathies primaires.<\/p>\n<h3>2. \u00c9tymologie et origine linguistique<\/h3>\n<p>Le terme \u00ab apraxie \u00bb est issu du grec ancien <em>apraxia<\/em> (\u1f00\u03c0\u03c1\u03b1\u03be\u03af\u03b1), signifiant litt\u00e9ralement \u00ab inaction \u00bb, \u00ab impossibilit\u00e9 d&rsquo;agir \u00bb ou \u00ab passivit\u00e9 \u00bb, lui-m\u00eame compos\u00e9 du pr\u00e9fixe privatif <em>a-<\/em> (\u1f00-, sans ou absence de) et du radical <em>praxis<\/em> (\u03c0\u03c1\u1fb6\u03be\u03b9\u03c2, action, ex\u00e9cution, acte intentionnel). En neuropsychologie et en neurologie classique, le concept d&rsquo;<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Apraxie\">apraxie<\/a> qualifie traditionnellement la perte de la capacit\u00e9 \u00e0 accomplir un geste finalis\u00e9 ou s\u00e9quentiel en d\u00e9pit de fonctions motrices, sensorielles et de compr\u00e9hension \u00e9l\u00e9mentaires pr\u00e9serv\u00e9es.<\/p>\n<p>L&rsquo;adjectif \u00ab oculomoteur \u00bb d\u00e9rive de la contraction de deux racines latines : <em>oculus<\/em> (l&rsquo;\u0153il) et <em>motor<\/em> (celui qui met en mouvement, d\u00e9riv\u00e9 du verbe <em>movere<\/em>). Il d\u00e9signe sp\u00e9cifiquement l&rsquo;ensemble des syst\u00e8mes neuronaux, nucl\u00e9aires et musculo-apon\u00e9vrotiques concourant \u00e0 la cin\u00e9tique oculaire. L&rsquo;adjectif \u00ab cong\u00e9nital \u00bb provient du latin <em>congenitus<\/em> (n\u00e9 avec), forg\u00e9 \u00e0 partir de <em>cum<\/em> (avec) et <em>genitus<\/em> (engendr\u00e9, n\u00e9), attestant de l&rsquo;apparition pr\u00e9coce de la symptomatologie d\u00e8s la p\u00e9riode p\u00e9rinatale ou les premi\u00e8res phases de la maturation motrice.<\/p>\n<p>L&rsquo;appellation \u00ab syndrome de Cogan \u00bb rend hommage \u00e0 l&rsquo;ophtalmologiste am\u00e9ricain David Glendenning Cogan (1908\u20131993), figure tut\u00e9laire de la neuro-ophtalmologie au Massachusetts Eye and Ear Infirmary de Boston. En 1952, Cogan documenta pour la premi\u00e8re fois cette entit\u00e9 chez de jeunes enfants, lui conf\u00e9rant le nom d&rsquo;apraxie oculomotrice pour souligner le contraste frappant entre l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 de l&rsquo;appareil effecteur p\u00e9riph\u00e9rique et la faillite exclusive de la commande motrice volontaire centrale.<\/p>\n<h3>3. Prononciation et forme grammaticale<\/h3>\n<p>Sur le plan phon\u00e9tique, l&rsquo;expression se transcrit en alphabet phon\u00e9tique international (API) de la fa\u00e7on suivante : \/a.p\u0281ak.si \u0254.ky.l\u0254.m\u0254.t\u0281is k\u0254\u0303.\u0292e.ni.tal\/. En fran\u00e7ais courant des sciences de la sant\u00e9, le terme se prononce de mani\u00e8re fluide, le \u00ab x \u00bb d&rsquo;apraxie se r\u00e9alisant par le groupe de consonnes [ks].<\/p>\n<p>Grammaticalement, \u00ab apraxie \u00bb est un nom commun f\u00e9minin singulier. \u00ab Oculomotrice \u00bb et \u00ab cong\u00e9nitale \u00bb sont des adjectifs qualificatifs f\u00e9minins s&rsquo;accordant directement avec le substantif h\u00f4te. Au pluriel, la locution devient \u00ab apraxies oculomotrices cong\u00e9nitales \u00bb (\/a.p\u0281ak.si \u0254.ky.l\u0254.m\u0254.t\u0281is k\u0254\u0303.\u0292e.ni.tal\/).<\/p>\n<p>Dans la litt\u00e9rature scientifique, on rencontre diverses variantes synonymiques et abr\u00e9viations reconnues : \u00ab apraxie oculo-motrice de Cogan \u00bb, \u00ab syndrome de Cogan de type II \u00bb (pour le distinguer du syndrome de Cogan de type I, qui est une affection inflammatoire associant k\u00e9ratite interstitielle et d\u00e9ficits audio-vestibulaires), ou encore le sigle anglophone internationalis\u00e9 \u00ab COMA \u00bb (<em>Congenital Ocular Motor Apraxia<\/em>). En langue fran\u00e7aise, les orthographes \u00ab oculomotrice \u00bb (en un seul mot soud\u00e9) et \u00ab oculo-motrice \u00bb (avec trait d&rsquo;union) coexistent, bien que la graphie unifi\u00e9e pr\u00e9domine dans les nomenclatures m\u00e9dicales contemporaines.<\/p>\n<h3>4. Explication conceptuelle d\u00e9taill\u00e9e<\/h3>\n<p>L&rsquo;exploration active d&rsquo;une sc\u00e8ne visuelle exige une synchronisation parfaite entre deux m\u00e9canismes distincts : l&rsquo;orientation du regard via des saccades ultrarapides et le maintien de la fov\u00e9ation sur une cible d&rsquo;int\u00e9r\u00eat via les mouvements de poursuite lente et les r\u00e9flexes d&rsquo;ancrage. Chez l&rsquo;individu sain, lorsqu&rsquo;une stimulation p\u00e9riph\u00e9rique appara\u00eet dans le champ visuel horizontal, le cortex visuel, le champ oculomoteur frontal (FEF, <em>Frontal Eye Field<\/em>) et le colliculus sup\u00e9rieur d\u00e9chargent en cascade pour envoyer un signal vers le tronc c\u00e9r\u00e9bral. Ce signal recrute la formation r\u00e9ticul\u00e9e pontique param\u00e9diane (PPRF), qui active \u00e0 son tour le noyau abducens (VI) homolat\u00e9ral et, via le faisceau longitudinal m\u00e9dial, le noyau oculomoteur (III) controlat\u00e9ral, d\u00e9clenchant une rotation coordonn\u00e9e des deux globes oculaires en moins de cinquante millisecondes.<\/p>\n<p>Dans l&rsquo;apraxie oculomotrice cong\u00e9nitale, cette voie descendante d&rsquo;initiation volontaire et r\u00e9flexe des saccades rapides horizontales est d\u00e9faillante ou anatomiquement d\u00e9sorganis\u00e9e. L&rsquo;enfant est incapable d&rsquo;engager consciemment une acc\u00e9l\u00e9ration saccadique vers la gauche ou vers la droite. En revanche, le r\u00e9flexe vestibulo-oculaire (RVO), r\u00e9gi par les canaux semi-circulaires de l&rsquo;oreille interne et les noyaux vestibulaires du tronc c\u00e9r\u00e9bral, demeure op\u00e9rationnel, voire hyperactif en regard de la perte de contr\u00f4le modulateur c\u00e9r\u00e9belleux ou cortical. Le m\u00e9canisme fondamental de compensation d\u00e9velopp\u00e9 par l&rsquo;enfant s&rsquo;articule ainsi autour d&rsquo;une boucle biom\u00e9canique singuli\u00e8re :<\/p>\n<p>D\u00e9sireux de porter son attention sur un objet situ\u00e9 sur son flanc droit, l&rsquo;enfant effectue une impulsion violente et saccad\u00e9e de la t\u00eate vers la droite. Sous l&rsquo;effet imm\u00e9diat de l&rsquo;activation du r\u00e9flexe vestibulo-oculaire, les globes oculaires subissent une d\u00e9rive r\u00e9flexe de sens oppos\u00e9, c&rsquo;est-\u00e0-dire vers l&rsquo;extr\u00eame commissure palp\u00e9brale gauche (l&rsquo;\u0153il est litt\u00e9ralement \u00ab coll\u00e9 \u00bb en but\u00e9e oppos\u00e9e au mouvement c\u00e9phalique). L&rsquo;enfant continue sa rotation de t\u00eate au-del\u00e0 de la position de la cible (ph\u00e9nom\u00e8ne de d\u00e9passement ou <em>overshoot<\/em>) jusqu&rsquo;\u00e0 ce que, par ce jeu de contrecoup m\u00e9canique et vestibulaire, la pupille arrive face \u00e0 l&rsquo;objet. Une fois la cible capt\u00e9e par la r\u00e9tine centrale, la fixation s&rsquo;enclenche, et l&rsquo;enfant r\u00e9ajuste lentement sa t\u00eate dans l&rsquo;axe de la cible tandis que ses yeux glissent progressivement vers le centre de l&rsquo;orbite pour maintenir le contact visuel.<\/p>\n<p>Ce processus biom\u00e9canique s&rsquo;accompagne tr\u00e8s fr\u00e9quemment de spasmes de clignement des paupi\u00e8res au moment du mouvement de projection de la t\u00eate. Ces clignements bilat\u00e9raux ont une fonction neurophysiologique pr\u00e9cise : ils contribuent \u00e0 d\u00e9sinhiber les neurones de pause du tronc c\u00e9r\u00e9bral ou \u00e0 interrompre temporairement la fixation fov\u00e9ale pr\u00e9existante, facilitant le d\u00e9crochage visuel et le glissement des yeux dans les orbites. Au repos ou lors de la poursuite d&rsquo;une cible se d\u00e9pla\u00e7ant \u00e0 vitesse tr\u00e8s mod\u00e9r\u00e9e, la coordination motrice peut para\u00eetre paradoxalement normale, trompant fr\u00e9quemment les cliniciens non avertis qui n&rsquo;observent pas d&rsquo;anomalie structurelle macroscopique lors d&rsquo;un examen passif.<\/p>\n<p>Les limites s\u00e9miologiques de ce trouble sont capitales : l&rsquo;apraxie oculo-motrice de type Cogan n&rsquo;affecte, par d\u00e9finition princeps, que le plan horizontal. Les mouvements saccadiques verticaux (vers le haut et le bas), m\u00e9di\u00e9s par la formation r\u00e9ticul\u00e9e m\u00e9senc\u00e9phalique (noyau interstitiel rostral du faisceau longitudinal m\u00e9dial ou riMLF), sont rigoureusement intacts lors des formes classiques typiques. Toute atteinte concomitante pr\u00e9coce de la verticalit\u00e9 doit imm\u00e9diatement faire suspecter une enc\u00e9phalopathie m\u00e9tabolique (notamment la maladie de Niemann-Pick de type C) ou des l\u00e9sions supranucl\u00e9aires diffuses.<\/p>\n<h3>5. D\u00e9veloppement historique<\/h3>\n<p>La premi\u00e8re formalisation m\u00e9dicale document\u00e9e remonte \u00e0 l&rsquo;automne 1952, lorsque le docteur David G. Cogan publia dans l&rsquo;<em>American Journal of Ophthalmology<\/em> une s\u00e9rie fondatrice de quatre cas p\u00e9diatriques observant ce tableau insolite. Cogan y d\u00e9crivait des nourrissons qui, semblant initialement non-voyants ou atteints de c\u00e9cit\u00e9 corticale en raison de leur fixit\u00e9 du regard et de leur absence de r\u00e9action aux stimuli lat\u00e9raux, d\u00e9veloppaient spontan\u00e9ment entre l&rsquo;\u00e2ge de quatre et huit mois de violentes secousses de la t\u00eate lorsqu&rsquo;ils cherchaient \u00e0 suivre des objets attrayants. Cogan isola brillamment l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 de la motilit\u00e9 oculaire r\u00e9flexe, remarquant que les yeux bougeaient parfaitement lors des rotations passives du corps de l&rsquo;enfant dans l&rsquo;espace (preuve de la pr\u00e9servation du syst\u00e8me vestibulo-oculaire).<\/p>\n<p>Au cours des d\u00e9cennies 1960 et 1970, le trouble fut longtemps appr\u00e9hend\u00e9 comme un simple retard isol\u00e9 de la my\u00e9linisation des faisceaux cortico-tectaux ou fronto-pontins. Plusieurs auteurs \u00e9minents, dont David Zee et Robert Daroff, approfondirent la caract\u00e9risation \u00e9lectro-oculographique de ces enfants. Ils mirent en \u00e9vidence l&rsquo;absence totale de saccades horizontales rapides et objectiv\u00e8rent la cin\u00e9matique des mouvements c\u00e9phaliques compensateurs, d\u00e9montrant que le ph\u00e9nom\u00e8ne n&rsquo;\u00e9tait pas un tic ni une manifestation d&rsquo;\u00e9pilepsie motrice, mais un mod\u00e8le d&rsquo;adaptation fonctionnelle \u00e9l\u00e9gant du syst\u00e8me nerveux central face \u00e0 une d\u00e9connexion centrale.<\/p>\n<p>Le tournant du XXIe si\u00e8cle, catalys\u00e9 par l&rsquo;av\u00e8nement de l&rsquo;imagerie par r\u00e9sonance magn\u00e9tique (IRM) \u00e0 haute r\u00e9solution spatiale et le s\u00e9quen\u00e7age g\u00e9nomique de nouvelle g\u00e9n\u00e9ration (NGS), a profond\u00e9ment boulevers\u00e9 le statut nosologique de l&rsquo;apraxie de Cogan. D\u00e8s la fin des ann\u00e9es 1990 et le d\u00e9but des ann\u00e9es 2000, des \u00e9quipes de neurop\u00e9diatrie et de g\u00e9n\u00e9tique m\u00e9dicale (notamment celles de Boltshauser, Steinlin, puis Schr\u00f6der et Brockmann) ont d\u00e9montr\u00e9 que de nombreux patients historiquement \u00e9tiquet\u00e9s comme porteurs d&rsquo;une apraxie idiopathique b\u00e9nigne pr\u00e9sentaient en r\u00e9alit\u00e9 des anomalies subtiles du vermis c\u00e9r\u00e9belleux ou des malformations de la fosse post\u00e9rieure.<\/p>\n<p>La d\u00e9couverte d&rsquo;anomalies morphologiques caract\u00e9ristiques \u00e0 l&rsquo;IRM, au premier rang desquelles le signe de la \u00ab dent molaire \u00bb (<em>molar tooth sign<\/em>), a permis de relier l&rsquo;apraxie oculomotrice cong\u00e9nitale au vaste spectre du <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Syndrome_de_Joubert\">syndrome de Joubert<\/a> et aux ciliopathies associ\u00e9es. Ainsi, en l&rsquo;espace de sept d\u00e9cennies, la recherche est pass\u00e9e de la description d&rsquo;une curiosit\u00e9 ophtalmologique b\u00e9nigne \u00e0 l&rsquo;identification d&rsquo;un biomarqueur clinique fondamental de d\u00e9sordres g\u00e9n\u00e9tiques du neurod\u00e9veloppement et du cil primaire.<\/p>\n<h3>6. Fondements th\u00e9oriques et neurobiologiques<\/h3>\n<p>Sur le plan neuroanatomique, la gen\u00e8se d&rsquo;une saccade horizontale d\u00e9pend d&rsquo;un r\u00e9seau intriqu\u00e9 reliant le n\u00e9ocortex, les noyaux gris centraux, le tronc c\u00e9r\u00e9bral et le cervelet. Les aires corticales impliqu\u00e9es incluent les champs oculomoteurs frontaux (FEF), les champs oculomoteurs suppl\u00e9mentaires (SEF) et le cortex pari\u00e9tal post\u00e9rieur (aire intrapari\u00e9tale lat\u00e9rale), qui transmettent leurs eff\u00e9rences descendantes vers le colliculus sup\u00e9rieur et directement vers la formation r\u00e9ticul\u00e9e pontique param\u00e9diane (PPRF). La PPRF abrite les neurones \u00e0 d\u00e9charge phasique (\u00ab burst neurons \u00bb) qui d\u00e9livrent la bouff\u00e9e synaptique haute fr\u00e9quence requise pour vaincre les forces visqueuses de l&rsquo;orbite et g\u00e9n\u00e9rer le d\u00e9placement rapide de l&rsquo;\u0153il.<\/p>\n<p>Deux hypoth\u00e8ses physiopathologiques majeures ont \u00e9t\u00e9 formul\u00e9es pour rendre compte de l&rsquo;apraxie cong\u00e9nitale :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Le dysfonctionnement du d\u00e9clencheur pontique :<\/strong> Cette hypoth\u00e8se soutient qu&rsquo;une dysg\u00e9n\u00e9sie ou une anomalie de maturation des cellules r\u00e9ticulaires de la PPRF ou des cellules omnipausiques (situ\u00e9es dans le raph\u00e9 m\u00e9dian du pont) emp\u00eache la lev\u00e9e d&rsquo;inhibition physiologique n\u00e9cessaire \u00e0 l&rsquo;activation des saccades. Les neurones omnipausiques d\u00e9chargent continuellement pour stabiliser la fixation ; chez les patients atteints de COMA, le signal inhibiteur qui ordonne normalement le silence de ces cellules lors de la commande saccadique ferait d\u00e9faut. Le clignement palp\u00e9bral et la secousse c\u00e9phalique agiraient comme un court-circuit r\u00e9flexe capable d&rsquo;\u00e9teindre m\u00e9caniquement ou proprioceptivement ces neurones de pause.<\/li>\n<li><strong>La d\u00e9sorganisation vermienne et c\u00e9r\u00e9belleuse :<\/strong> Le vermis post\u00e9rieur c\u00e9r\u00e9belleux (folium, vermis oculomoteur constitu\u00e9 des lobules VI et VII) et le noyau du toit (noyau fastigial) sont responsables du calibrage temporel, de la pr\u00e9cision m\u00e9trique et de la facilitation d&rsquo;amor\u00e7age des saccades. Une hypoplasie vermienne ou une alt\u00e9ration de la d\u00e9cussation des p\u00e9doncules c\u00e9r\u00e9belleux sup\u00e9rieurs d\u00e9truit l&rsquo;horloge c\u00e9r\u00e9belleuse r\u00e9gulant le pont. Cette th\u00e9orie est corrobor\u00e9e par l&rsquo;observation clinique selon laquelle une immense majorit\u00e9 d&rsquo;enfants pr\u00e9sentant une apraxie oculomotrice cong\u00e9nitale manifestent \u00e9galement une hypotonie axiale transitoire, des maladresses de motricit\u00e9 globale et une l\u00e9g\u00e8re ataxie cin\u00e9tique dans la petite enfance.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Au niveau mol\u00e9culaire, les fondements biologiques s&rsquo;ancrent dans la biologie du cil primaire. Le cil primaire agit comme une antenne cellulaire m\u00e9canosensible et ch\u00e9mosensible indispensable \u00e0 la signalisation Sonic Hedgehog (Shh) et Wnt durant l&#8217;embryogen\u00e8se c\u00e9r\u00e9brale. La perturbation des prot\u00e9ines ciliaires compromet le guidage axonal des voies de projection du tronc c\u00e9r\u00e9bral et l&rsquo;organisation architecturale des h\u00e9misph\u00e8res c\u00e9r\u00e9belleux, alt\u00e9rant de mani\u00e8re permanente l&rsquo;interconnexion entre les circuits vestibulaires et oculomoteurs.<\/p>\n<h3>7. Composantes cl\u00e9s, types et dimensions<\/h3>\n<p>L&rsquo;analyse s\u00e9miologique rigoureuse permet de d\u00e9composer l&rsquo;apraxie oculomotrice cong\u00e9nitale selon des dimensions motrices, chronologiques et \u00e9tiopathog\u00e9niques bien individualis\u00e9es :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>D\u00e9ficit s\u00e9lectif d&rsquo;initiation saccadique horizontale :<\/strong> Impossibilit\u00e9 d&rsquo;\u00e9mettre des mouvements oculaires rapides conjugu\u00e9s sur ordre ou vers une cible lat\u00e9rale, alors que l&rsquo;amplitude du regard peut s&rsquo;av\u00e9rer compl\u00e8te lors d&rsquo;une rotation lente ou sous stimulation labyrinthique.<\/li>\n<li><strong>Projection c\u00e9phalique compensatrice (<em>head thrust<\/em>) :<\/strong> Mouvement balistique brusque du cou en hyperextension-rotation vers la cible choisie, d\u00e9passant souvent de 15 \u00e0 30 degr\u00e9s l&rsquo;alignement requis, suivi d&rsquo;une phase de recentrage c\u00e9phalique lent d\u00e8s que la fixation oculaire est verrouill\u00e9e.<\/li>\n<li><strong>Ph\u00e9nom\u00e8ne d&rsquo;inhibition palp\u00e9brale associ\u00e9e :<\/strong> Clignements d&rsquo;yeux \u00e9nergiques et synchrones (ou fermeture transitoire des paupi\u00e8res) initi\u00e9s au tout d\u00e9but du mouvement c\u00e9phalique, favorisant la suppression de l&rsquo;inhibition saccadique centrale.<\/li>\n<li><strong>Pr\u00e9servation du r\u00e9flexe vestibulo-oculaire (RVO) :<\/strong> R\u00e9action oculogyre de d\u00e9rive oppos\u00e9e intacte, d\u00e9montrant l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 fonctionnelle des faisceaux reliant les labyrinthes post\u00e9rieurs aux noyaux des nerfs cr\u00e2niens III, IV et VI.<\/li>\n<li><strong>Formes idiopathiques pures (COMA isol\u00e9e) :<\/strong> Formes sans anomalie neuroradiologique d\u00e9celable \u00e0 l&rsquo;IRM haute r\u00e9solution, caract\u00e9ris\u00e9es par un d\u00e9veloppement cognitif globalement pr\u00e9serv\u00e9 et une att\u00e9nuation spontan\u00e9e progressive des secousses c\u00e9phaliques au cours de la deuxi\u00e8me d\u00e9cennie de vie.<\/li>\n<li><strong>Formes syndromiques et ciliopathiques :<\/strong> Apraxies int\u00e9gr\u00e9es dans des tableaux plurimalformatifs incluant le <a href=\"https:\/\/www.orpha.net\/fr\/disease\/detail\/1125\">syndrome de Joubert<\/a>, le syndrome de Senior-L\u00f8ken, le syndrome de COACH ou la n\u00e9phronophtise juvenile (mutations <em>NPHP1<\/em>, <em>TMEM67<\/em>, <em>KIAA0586<\/em>, <em>CC2D2A<\/em>, <em>MKS1<\/em>, <em>SUFU<\/em>).<\/li>\n<li><strong>Formes neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9ratives associ\u00e9es :<\/strong> Ataxies avec apraxie oculomotrice de type 1 et 2 (AOA1 li\u00e9e au g\u00e8ne <em>APTX<\/em>, AOA2 li\u00e9e au g\u00e8ne <em>SETX<\/em>), ou ataxie-t\u00e9langiectasie (<em>ATM<\/em>), qui se distinguent toutefois de la forme de Cogan par une apparition plus tardive au cours de l&rsquo;enfance et une d\u00e9gradation motrice progressive.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>8. Exemples et cas illustratifs<\/h3>\n<p>Pour illustrer la r\u00e9alit\u00e9 clinique de ce trouble, consid\u00e9rons deux vignettes p\u00e9diatriques prototypiques rencontr\u00e9es en centre de r\u00e9f\u00e9rence des maladies rares neuro-ophtalmologiques :<\/p>\n<p><strong>Cas clinique 1 : Apraxie oculomotrice isol\u00e9e avec adaptation d\u00e9veloppementale<\/strong><br \/>\nLucas, \u00e2g\u00e9 de 9 mois, est adress\u00e9 en consultation de neurop\u00e9diatrie par son m\u00e9decin g\u00e9n\u00e9raliste en raison d&rsquo;une suspicion d&rsquo;amblyopie s\u00e9v\u00e8re ou de troubles visuels centraux. Ses parents signalent que le nourrisson \u00ab ne regarde jamais ce qu&rsquo;on lui montre sur les c\u00f4t\u00e9s \u00bb et semble fixer le vide. Vers l&rsquo;\u00e2ge de 6 mois, d\u00e8s qu&rsquo;il a acquis un bon maintien de la t\u00eate assis, Lucas a commenc\u00e9 \u00e0 jeter sa t\u00eate vigoureusement sur le c\u00f4t\u00e9 chaque fois qu&rsquo;un jouet sonore retentit \u00e0 sa p\u00e9riph\u00e9rie, clignant simultan\u00e9ment des yeux. L&rsquo;examen ophtalmologique sous lampe \u00e0 fente et l&rsquo;examen du fond d&rsquo;\u0153il sont strictement normaux. Les mouvements oculaires verticaux spontan\u00e9s sont parfaits. L&rsquo;\u00e9preuve du tambour optocin\u00e9tique horizontal n&rsquo;entra\u00eene pas les saccades de rappel usuelles. Une IRM c\u00e9r\u00e9brale c\u00e9r\u00e9belleuse 3T ne r\u00e9v\u00e8le aucune malformation morphologique. \u00c0 l&rsquo;\u00e2ge de 6 ans, Lucas a appris \u00e0 compenser son trouble : il effectue de discrets mouvements de la t\u00eate lors de la lecture et b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;am\u00e9nagements pour le suivi des lignes \u00e9crites. Son intelligence est normale et ses mouvements c\u00e9phaliques se sont adoucis au fil de la maturation.<\/p>\n<p><strong>Cas clinique 2 : Apraxie r\u00e9v\u00e9latrice d&rsquo;une ciliopathie complexe (Syndrome de Joubert)<\/strong><br \/>\nIn\u00e8s, \u00e2g\u00e9e de 4 mois, pr\u00e9sente une hypotonie axiale notable et des \u00e9pisodes intermittents de polypn\u00e9e n\u00e9onatale inexpliqu\u00e9e. D\u00e8s l&rsquo;apparition de l&rsquo;int\u00e9r\u00eat visuel pour l&rsquo;environnement, l&rsquo;\u00e9quipe soignante note l&rsquo;absence de saccades spontan\u00e9es d&rsquo;exploration et des secousses c\u00e9phaliques d\u00e9sorganis\u00e9es d\u00e8s l&rsquo;\u00e2ge de 7 mois. L&rsquo;IRM c\u00e9r\u00e9brale p\u00e9diatrique met imm\u00e9diatement en \u00e9vidence une hypoplasie profonde du vermis c\u00e9r\u00e9belleux et un \u00e9paississement horizontalis\u00e9 des p\u00e9doncules c\u00e9r\u00e9belleux sup\u00e9rieurs, formant le signe pathognomonique de la \u00ab dent molaire \u00bb. Le s\u00e9quen\u00e7age g\u00e9n\u00e9tique confirme la pr\u00e9sence de mutations bi-all\u00e9liques du g\u00e8ne <em>TMEM67<\/em>. Ce diagnostic pr\u00e9coce oriente imm\u00e9diatement le suivi p\u00e9diatrique vers une surveillance \u00e9chographique r\u00e9nale et h\u00e9patique semestrielle, permettant d&rsquo;anticiper les complications de fibrose h\u00e9patique et de n\u00e9phronophtise, tout en initiant une prise en charge pr\u00e9coce en psychomotricit\u00e9 et en orthoptie.<\/p>\n<h3>9. \u00c9valuation et diagnostic clinique<\/h3>\n<p>Le diagnostic de l&rsquo;apraxie oculomotrice cong\u00e9nitale est avant tout clinique, mais il requiert une rigueur s\u00e9miologique exemplaire pour exclure les faux positifs et guider un bilan \u00e9tiologique exhaustif. L&rsquo;observation directe du nourrisson par un clinicien exp\u00e9riment\u00e9 s&rsquo;av\u00e8re la cl\u00e9 de vo\u00fbte de la d\u00e9marche :<\/p>\n<p>L&rsquo;examen neurologique au cabinet repose sur la stimulation de la motricit\u00e9 oculaire selon trois modalit\u00e9s distinctes :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Test des saccades volontaires et r\u00e9flexes visuels :<\/strong> Le m\u00e9decin attire l&rsquo;attention de l&rsquo;enfant au centre avec une lumi\u00e8re ou un son, puis introduit un stimulus visuel attractif \u00e0 45\u00b0 dans la p\u00e9riph\u00e9rie lat\u00e9rale. Le clinicien mesure le temps de latence de d\u00e9clenchement du regard, l&rsquo;absence de d\u00e9placement oculaire initial et la survenue imm\u00e9diate de la projection brutale de la t\u00eate.<\/li>\n<li><strong>\u00c9preuve du fauteuil rotatoire ou \u00e9preuve oculo-c\u00e9phalique manuelle :<\/strong> L&rsquo;examinateur tient l&rsquo;enfant sur ses genoux et effectue une rotation globale et rapide du corps. Sous l&rsquo;effet du r\u00e9flexe vestibulo-oculaire normal, les yeux d\u00e9vient en sens inverse de la rotation jusqu&rsquo;au canthus lat\u00e9ral. L&rsquo;absence de saccade rapide de recentrage (phase rapide du nystagmus physiologique) confirme l&rsquo;apraxie d&rsquo;initiation.<\/li>\n<li><strong>Examen du nystagmus optocin\u00e9tique (NOC) :<\/strong> En faisant d\u00e9filer un ruban ray\u00e9 horizontalement devant l&rsquo;enfant, on constate que la phase lente de poursuite est pr\u00e9sente (les yeux suivent la bande), mais que la phase rapide de rappel saccadique est totalement absente ou rudimentaire, les yeux restant entra\u00een\u00e9s en d\u00e9viation lat\u00e9rale maximale.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Une fois le d\u00e9ficit oculomoteur caract\u00e9ris\u00e9, le bilan paraclinique fondamental comprend imp\u00e9rativement une IRM c\u00e9r\u00e9brale enc\u00e9phalique et de la fosse post\u00e9rieure haute r\u00e9solution, avec des coupes sagittales et axiales fines passant par le tronc c\u00e9r\u00e9bral et le m\u00e9senc\u00e9phale, \u00e0 la recherche m\u00e9ticuleuse d&rsquo;une hypoplasie vermienne, d&rsquo;une ag\u00e9n\u00e9sie du corps calleux ou du fameux signe de la dent molaire. Ce bilan d&rsquo;imagerie doit \u00eatre compl\u00e9t\u00e9 par une consultation de g\u00e9n\u00e9tique m\u00e9dicale (panel de g\u00e8nes de ciliopathies et d&rsquo;ataxies pr\u00e9coces) et un bilan visc\u00e9ral de base (\u00e9chographie r\u00e9nale pour exclure une n\u00e9phronophtise, bilan h\u00e9patique complet).<\/p>\n<h3>10. Applications et pertinence clinique et \u00e9ducative<\/h3>\n<p>La pr\u00e9sence d&rsquo;une apraxie oculomotrice cong\u00e9nitale engendre des r\u00e9percussions substantielles sur le d\u00e9veloppement neuro-visuel, sensorimoteur et psycho-\u00e9ducatif de l&rsquo;enfant en pleine croissance. Comprendre ces enjeux permet d&rsquo;instaurer des strat\u00e9gies d&rsquo;accompagnement multidisciplinaires hautement individualis\u00e9es :<\/p>\n<p>Sur le plan du d\u00e9veloppement moteur global, les enfants porteurs de COMA pr\u00e9sentent presque invariablement un retard d&rsquo;acquisition des jalons moteurs fondamentaux (tenue de t\u00eate assise, marche autonome souvent acquise entre 18 et 30 mois). Ce d\u00e9calage ne d\u00e9coule pas uniquement d&rsquo;une hypotonie musculaire centrale fr\u00e9quemment associ\u00e9e, mais de l&rsquo;ins\u00e9curit\u00e9 visuelle majeure engendr\u00e9e par l&rsquo;incapacit\u00e9 d&rsquo;anticiper visuellement le plan d&rsquo;appui lors des transferts de poids. La r\u00e9\u00e9ducation en kin\u00e9sith\u00e9rapie motrice et en psychomotricit\u00e9 vise \u00e0 renforcer l&rsquo;int\u00e9gration proprioceptive et la stabilit\u00e9 du tronc pour compenser le d\u00e9ficit d&rsquo;ancrage oculaire rapide.<\/p>\n<p>Dans la sph\u00e8re des apprentissages scolaires et cognitifs, l&rsquo;apprentissage de la lecture constitue un d\u00e9fi colossal. La lecture occidentale lin\u00e9aire n\u00e9cessite une succession rapide de micromouvements saccadiques horizontaux de gauche \u00e0 droite, entrecoup\u00e9s de fixations fov\u00e9ales de 200 \u00e0 250 millisecondes, puis d&rsquo;une grande saccade de r\u00e9gression pour aborder la ligne suivante. Pour un enfant contraint de bouger sa t\u00eate \u00e0 chaque fixation, la lecture engendre une fatigue neuromusculaire et visuelle \u00e9puisante, se traduisant souvent par des erreurs d&rsquo;omission de mots, des sauts de ligne intempestifs et une lenteur consid\u00e9rable, fr\u00e9quemment m\u00e9connue et confondue \u00e0 tort avec une dyslexie d\u00e9veloppementale ou un d\u00e9ficit intellectuel.<\/p>\n<p>Les am\u00e9nagements p\u00e9dagogiques et orthoptiques sp\u00e9cialis\u00e9s jouent ici un r\u00f4le d\u00e9terminant :<\/p>\n<ul>\n<li>Utilisation de guides de lecture lin\u00e9aires (fen\u00eatres de lecture d\u00e9coup\u00e9es dans un carton opaque ou caches plastifi\u00e9s color\u00e9s).<\/li>\n<li>Agrandissement de la taille des polices de caract\u00e8res et espacement \u00e9largi des interlignes pour limiter les interf\u00e9rences visuelles de contigu\u00eft\u00e9.<\/li>\n<li>Pr\u00e9sentation de textes avec un d\u00e9filement vertical plut\u00f4t qu&rsquo;horizontal, exploitant l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 fonctionnelle parfaite des mouvements oculaires verticaux chez ces \u00e9l\u00e8ves.<\/li>\n<li>Recours pr\u00e9coce aux supports num\u00e9riques, aux enregistrements audio et aux logiciels d&rsquo;agrandissement dynamique pour soulager la charge visuo-attentionnelle.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>11. Recherche empirique et donn\u00e9es probantes<\/h3>\n<p>La litt\u00e9rature scientifique internationale des vingt derni\u00e8res ann\u00e9es s&rsquo;est massivement consacr\u00e9e au d\u00e9membrement \u00e9tiologique de cohortes d&rsquo;apraxie oculo-motrice. Les \u00e9tudes observationnelles longitudinales ont apport\u00e9 des clarifications d\u00e9cisives concernant l&rsquo;h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 g\u00e9n\u00e9tique de ce signe clinique :<\/p>\n<p>Une \u00e9tude princeps men\u00e9e par le consortium neurop\u00e9diatrique europ\u00e9en dirig\u00e9 par Boltshauser, Steinlin et leurs collaborateurs a suivi de vastes cohortes d&rsquo;enfants diagnostiqu\u00e9s avec une apraxie de type Cogan sur plus de trois d\u00e9cennies. Les donn\u00e9es ont d\u00e9montr\u00e9 que dans plus de 70 % des cas o\u00f9 le diagnostic initial d&rsquo;apraxie cong\u00e9nitale idiopathique avait \u00e9t\u00e9 pos\u00e9 dans les ann\u00e9es 1980, la r\u00e9\u00e9valuation neuro-radiologique contemporaine permettait de requalifier l&rsquo;affection en un syndrome g\u00e9n\u00e9tique pr\u00e9cis, tr\u00e8s majoritairement li\u00e9 au spectre de Joubert ou \u00e0 des dysg\u00e9n\u00e9sies c\u00e9r\u00e9belleuses focales.<\/p>\n<p>Plus r\u00e9cemment, les travaux de Schr\u00f6der et al. (publi\u00e9s en 2023 dans l&rsquo;<em>Orphanet Journal of Rare Diseases<\/em>) ont explor\u00e9 le profil mol\u00e9culaire d&rsquo;une cohorte de r\u00e9f\u00e9rence de patients initialement class\u00e9s comme porteurs d&rsquo;une apraxie de Cogan. Gr\u00e2ce aux techniques modernes de s\u00e9quen\u00e7age d&rsquo;exome entier (WES) et \u00e0 des panels multiall\u00e9liques, les chercheurs ont r\u00e9ussi \u00e0 identifier des mutations causales chez 81 % des sujets examin\u00e9s. Neuf g\u00e8nes distincts ont \u00e9t\u00e9 formellement impliqu\u00e9s, incluant principalement <em>KIAA0586<\/em>, <em>NPHP1<\/em>, <em>CC2D2A<\/em>, <em>MKS1<\/em>, <em>TMEM67<\/em> et <em>SUFU<\/em>, ce dernier d\u00e9finissant une nouvelle variante att\u00e9nu\u00e9e de syndrome ciliopathique. Cette publication a \u00e9galement identifi\u00e9 des mutations dans <em>LAMA1<\/em> (syndrome de Poretti-Boltshauser) et <em>TUBA1A<\/em> (tubulinopathie c\u00e9r\u00e9brale), confirmant d\u00e9finitivement que l&rsquo;apraxie de Cogan doit \u00eatre investigu\u00e9e non pas comme une maladie univoque, mais comme la manifestation s\u00e9miologique d&rsquo;une perturbation globale des r\u00e9seaux de la fosse c\u00e9r\u00e9brale post\u00e9rieure.<\/p>\n<p>Parall\u00e8lement, la recherche translationnelle en \u00e9lectro-oculographie haute fr\u00e9quence a prouv\u00e9 que m\u00eame les enfants pr\u00e9sentant une am\u00e9lioration fonctionnelle spectaculaire \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge adulte (ne n\u00e9cessitant plus de mouvements perceptibles de la t\u00eate pour lire ou regarder) conservent des d\u00e9ficits infimes mais mesurables : temps de r\u00e9action saccadique allong\u00e9, hypom\u00e9trie subtile et recours inconscient \u00e0 des microsecousses vestibulaires combin\u00e9es.<\/p>\n<h3>12. Consid\u00e9rations culturelles et contextuelles<\/h3>\n<p>L&rsquo;expression et le retentissement d&rsquo;une anomalie oculomotrice cong\u00e9nitale s&rsquo;inscrivent dans une trame sociale, culturelle et linguistique dont les cons\u00e9quences cliniques ne sauraient \u00eatre sous-estim\u00e9es :<\/p>\n<p>D&rsquo;un point de vue linguistique et cognitif, l&rsquo;impact fonctionnel du trouble est tributaire du syst\u00e8me d&rsquo;\u00e9criture de la communaut\u00e9 d&rsquo;origine. Les syst\u00e8mes d&rsquo;\u00e9criture alphab\u00e9tiques occidentaux (fran\u00e7ais, anglais, espagnol) exigent une exploration saccadique gauche-droite strictement horizontale. \u00c0 l&rsquo;inverse, certaines \u00e9critures traditionnelles d&rsquo;Asie orientale (comme le japonais ou le chinois sous forme verticale traditionnelle <em>tategaki<\/em>) organisent le flux textuel de haut en bas en colonnes. Des observations cliniques comparatives soulignent que les enfants atteints d&rsquo;apraxie oculomotrice horizontale scolaris\u00e9s dans des langues \u00e0 lecture verticale rencontrent moins de d\u00e9tresse d&rsquo;apprentissage initial de la lecture, dans la mesure o\u00f9 leur axe saccadique vertical est biologiquement pr\u00e9serv\u00e9.<\/p>\n<p>Sur le plan soci\u00e9tal et familial, les mouvements saccad\u00e9s violents de la t\u00eate ex\u00e9cut\u00e9s par le nourrisson suscitent souvent une profonde angoisse parentale dans de nombreuses cultures, o\u00f9 ils sont fr\u00e9quemment confondus avec des crises d&rsquo;\u00e9pilepsie myoclonique, des st\u00e9r\u00e9otypies autistiques ou des manifestations psychiatriques. Dans les pays \u00e0 syst\u00e8me de sant\u00e9 moins \u00e9quip\u00e9 en IRM p\u00e9diatrique ou en neuro-ophtalmologues, l&rsquo;errance diagnostique peut persister pendant de longues ann\u00e9es, privant les enfants d&rsquo;une surveillance biologique r\u00e9nale ou h\u00e9patique pourtant vitale en cas de ciliopathie sous-jacente.<\/p>\n<h3>13. Critiques, controverses et limites diagnostiques<\/h3>\n<p>Le statut nosologique de l&rsquo;apraxie oculomotrice cong\u00e9nitale de Cogan fait l&rsquo;objet de vives controverses au sein de la communaut\u00e9 neuroscientifique internationale. Plusieurs d\u00e9bats \u00e9pist\u00e9mologiques et cliniques m\u00e9ritent d&rsquo;\u00eatre mis en lumi\u00e8re :<\/p>\n<p>La premi\u00e8re controverse concerne la l\u00e9gitimit\u00e9 m\u00eame du vocable \u00ab apraxie \u00bb. En neuropsychologie classique, l&rsquo;apraxie d\u00e9finit la perte acquise de la programmation d&rsquo;un geste volontaire complexe chez un sujet poss\u00e9dant des structures d&rsquo;ex\u00e9cution motrice int\u00e8gres (comme dans l&rsquo;apraxie id\u00e9atoire ou id\u00e9omotrice). Or, dans la COMA, la l\u00e9sion int\u00e9resse des r\u00e9seaux sous-corticaux, c\u00e9r\u00e9belleux ou du tronc c\u00e9r\u00e9bral indispensables \u00e0 la gen\u00e8se du mouvement \u00e9l\u00e9mentaire lui-m\u00eame, et le d\u00e9ficit est pr\u00e9sent d\u00e8s l&rsquo;\u00e9mergence motrice initiale (absence d&rsquo;acquis ant\u00e9rieur). Certains auteurs plaident donc pour abandonner le terme d&rsquo;apraxie au profit de termes plus rigoureusement descriptifs tels que \u00ab d\u00e9ficit d&rsquo;initiation saccadique cong\u00e9nital \u00bb (<em>congenital saccadic initiation failure<\/em> ou SIF).<\/p>\n<p>Une seconde limite concerne le dogme de la \u00ab b\u00e9nignit\u00e9 spontan\u00e9e \u00bb. Historiquement, l&rsquo;apraxie de Cogan \u00e9tait pr\u00e9sent\u00e9e aux familles comme une affection b\u00e9nigne appel\u00e9e \u00e0 r\u00e9gresser totalement avant la fin de l&rsquo;adolescence. Aujourd&rsquo;hui, les neurop\u00e9diatres consid\u00e8rent cette all\u00e9gation comme potentiellement dangereuse. Si la propulsion c\u00e9phalique visible a effectivement tendance \u00e0 s&rsquo;att\u00e9nuer avec l&rsquo;\u00e2ge (gr\u00e2ce \u00e0 la maturation c\u00e9r\u00e9brale et \u00e0 des strat\u00e9gies d&rsquo;optimisation motrice), le substrat \u00e9tiologique peut masquer des maladies g\u00e9n\u00e9tiques \u00e9volutives graves (insuffisance r\u00e9nale terminale par n\u00e9phronophtise, fibrose h\u00e9patique progressive, ataxie neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9rative tardive). D\u00e9clarer une apraxie cong\u00e9nitale comme \u00ab idiopathique et b\u00e9nigne \u00bb sans un suivi m\u00e9dical prolong\u00e9 et un bilan g\u00e9n\u00e9tique mol\u00e9culaire exhaustif constitue d\u00e9sormais un \u00e9cueil diagnostique majeur.<\/p>\n<h3>14. Termes connexes et distinctions diagnostiques<\/h3>\n<p>Le diagnostic diff\u00e9rentiel de l&rsquo;apraxie oculomotrice cong\u00e9nitale est riche et impose de discriminer avec soin plusieurs entit\u00e9s neuro-ophtalmologiques :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Syndrome de Joubert :<\/strong> Affection autosomique r\u00e9cessive caract\u00e9ris\u00e9e par le signe de la dent molaire \u00e0 l&rsquo;IRM, une hypotonie, une ataxie et une dyspn\u00e9e n\u00e9onatale \u00e9pisodique. L&rsquo;apraxie oculomotrice y est un signe fr\u00e9quent, mais s&rsquo;inscrit dans un tableau syndromique plus vaste.<\/li>\n<li><strong>Ataxie avec apraxie oculomotrice de type 1 (AOA1) :<\/strong> Maladie neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9rative autosomique r\u00e9cessive caus\u00e9e par des mutations du g\u00e8ne <em>APTX<\/em> (aprataxine). Elle se distingue par une apparition plus tardive (vers l&rsquo;\u00e2ge de 2 \u00e0 10 ans), une ataxie c\u00e9r\u00e9belleuse progressive, une hypoalbumin\u00e9mie et une neuropathie p\u00e9riph\u00e9rique axonale s\u00e9v\u00e8re.<\/li>\n<li><strong>Ataxie avec apraxie oculomotrice de type 2 (AOA2) :<\/strong> Trouble r\u00e9cessif li\u00e9 au g\u00e8ne <em>SETX<\/em> (s\u00e9nataxine), se manifestant g\u00e9n\u00e9ralement \u00e0 l&rsquo;adolescence (entre 10 et 20 ans) avec ataxie progressive, taux \u00e9lev\u00e9 d&rsquo;alpha-f\u0153toprot\u00e9ine s\u00e9rique et neuropathie motrice.<\/li>\n<li><strong>Ataxie-t\u00e9langiectasie (syndrome de Louis-Bar) :<\/strong> Caus\u00e9e par des mutations du g\u00e8ne <em>ATM<\/em>, associant d\u00e9ficit immunitaire, t\u00e9langiectasies oculaires et cutan\u00e9es, hypersensibilit\u00e9 aux radiations ionisantes, pr\u00e9disposition aux cancers et apraxie oculomotrice d&rsquo;apparition progressive au cours de l&rsquo;enfance.<\/li>\n<li><strong>Paralysie bilat\u00e9rale du sixi\u00e8me nerf cr\u00e2nien (abducens) :<\/strong> D\u00e9ficit moteur p\u00e9riph\u00e9rique dans lequel les yeux ne peuvent accomplir aucune abduction horizontale, ni volontaire, ni sous r\u00e9flexe vestibulo-oculaire (la rotation de la t\u00eate ne mobilise pas les yeux vers l&rsquo;ext\u00e9rieur), \u00e0 l&rsquo;inverse direct de l&rsquo;apraxie de Cogan o\u00f9 le RVO est conserv\u00e9.<\/li>\n<li><strong>Syndrome de B\u00e1lint p\u00e9diatrique :<\/strong> Comprend une apraxie optique (ou ataxie optique), une apraxie du regard d&rsquo;origine pari\u00e9to-occipitale bilat\u00e9rale et une simultagnosie. L&rsquo;atteinte touche l&rsquo;orientation spatiale globale du regard dans tous les axes (horizontal et vertical) et d\u00e9coule de l\u00e9sions corticales bilat\u00e9rales acquises ou malformatives.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>15. Synth\u00e8se et points cl\u00e9s \u00e0 retenir<\/h3>\n<p>L&rsquo;apraxie oculomotrice cong\u00e9nitale de type Cogan repr\u00e9sente un mod\u00e8le neurophysiologique exceptionnel des m\u00e9canismes d&rsquo;adaptation motrice du cerveau de l&rsquo;enfant. Les \u00e9l\u00e9ments fondamentaux \u00e0 m\u00e9moriser pour la pratique clinique et la compr\u00e9hension scientifique incluent :<\/p>\n<ul>\n<li>Le trouble se caract\u00e9rise par une incapacit\u00e9 s\u00e9lective d&rsquo;initier des saccades oculaires horizontales volontaires ou r\u00e9flexes, tandis que les mouvements verticaux et le r\u00e9flexe vestibulo-oculaire sont parfaitement conserv\u00e9s.<\/li>\n<li>La projection brusque de la t\u00eate (<em>head thrust<\/em>), souvent associ\u00e9e \u00e0 des clignements palp\u00e9braux, est une man\u0153uvre de compensation biom\u00e9canique exploitant le r\u00e9flexe vestibulo-oculaire pour orienter la fov\u00e9a vers la cible visuelle lat\u00e9rale.<\/li>\n<li>Elle ne doit plus \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme une simple pathologie isol\u00e9e b\u00e9nigne du d\u00e9veloppement, mais comme un signe clinique d&rsquo;appel imposant une IRM c\u00e9r\u00e9brale fine de la fosse post\u00e9rieure et un bilan g\u00e9n\u00e9tique \u00e0 la recherche d&rsquo;une ciliopathie (syndrome de Joubert, n\u00e9phronophtise).<\/li>\n<li>Le retentissement sur les apprentissages scolaires, notamment sur l&rsquo;apprentissage de la lecture, requiert des am\u00e9nagements visuels et p\u00e9dagogiques pr\u00e9coces (lignes a\u00e9r\u00e9es, guidage visuel, exploitation de la verticalit\u00e9).<\/li>\n<li>Le pronostic moteur oculomoteur direct s&rsquo;am\u00e9liore g\u00e9n\u00e9ralement avec l&rsquo;\u00e2ge par att\u00e9nuation progressive de l&rsquo;amplitude des secousses de la t\u00eate, bien qu&rsquo;un contr\u00f4le r\u00e9gulier des fonctions r\u00e9nales et h\u00e9patiques demeure imp\u00e9ratif en pr\u00e9sence d&rsquo;anomalies g\u00e9n\u00e9tiques sous-jacentes.<\/li>\n<\/ul>\n<h2>R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<ul>\n<li>Cogan, D. G. (1952). A type of congenital ocular motor apraxia presenting jerky head movements. <em>American Journal of Ophthalmology<\/em>, 35(6), 769\u2013772. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1016\/0002-9394(52)90259-7\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">https:\/\/doi.org\/10.1016\/0002-9394(52)90259-7<\/a><\/li>\n<li>Schr\u00f6der, S., Yigit, G., Li, Y., Altm\u00fcller, J., B\u00fcttel, H. M., Fiedler, B., Kretzschmar, C., N\u00fcrnberg, P., Seeger, J., Serpieri, V., Valente, E. M., Wollnik, B., Boltshauser, E., &#038; Brockmann, K. (2023). The genetic spectrum of congenital ocular motor apraxia type Cogan: An observational study, continued. <em>Orphanet Journal of Rare Diseases<\/em>, 18(1), Article 101. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1186\/s13023-023-02706-5\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">https:\/\/doi.org\/10.1186\/s13023-023-02706-5<\/a><\/li>\n<li>Steinlin, M., Thun-Hohenstein, L., &#038; Boltshauser, E. (1992). Congenital ocular motor apraxia: Presentation, developmental problems and differential diagnosis. <em>Klinische Monatsbl\u00e4tter f\u00fcr Augenheilkunde<\/em>, 200(5), 416\u2013421. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1055\/s-2008-1045763\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">https:\/\/doi.org\/10.1055\/s-2008-1045763<\/a><\/li>\n<li>Zee, D. S., Yee, R. D., &#038; Singer, H. S. (1977). Congenital ocular motor apraxia. <em>Brain<\/em>, 100(3), 581\u2013599. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1093\/brain\/100.3.581\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">https:\/\/doi.org\/10.1093\/brain\/100.3.581<\/a><\/li>\n<li>Betz, R., Rensing, C., Otto, E., Mincheva, A., Zehnder, D., Lichter, P., &#038; Hildebrandt, F. (2000). Children with ocular motor apraxia type Cogan carry deletions in the gene (NPHP1) for juvenile nephronophthisis. <em>The Journal of Pediatrics<\/em>, 136(6), 828\u2013831. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1067\/mpd.2000.106227\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">https:\/\/doi.org\/10.1067\/mpd.2000.106227<\/a><\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;apraxie oculomotrice cong\u00e9nitale (syndrome de Cogan de type II) est un trouble neurod\u00e9veloppemental rare marqu\u00e9 par l&rsquo;impossibilit\u00e9 d&rsquo;initier des saccades oculaires horizontales volontaires, compens\u00e9e par des secousses caract\u00e9ristiques de la t\u00eate.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"template":"","categories":[30821,46],"tags":[41447,4326,41449,30829,40310,41448,21719],"class_list":["post-24502","psych_term","type-psych_term","status-publish","hentry","category-neuropediatrie","category-neuropsychologie","tag-apraxie-oculomotrice","tag-mouvements-oculaires","tag-neuropediatrie","tag-saccades-oculaires","tag-syndrome-de-cogan","tag-syndrome-de-joubert","tag-troubles-neurodeveloppementaux"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_term\/24502","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_term"}],"about":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/psych_term"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_term\/24502\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=24502"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=24502"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=24502"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}