{"id":24022,"date":"2026-11-01T04:36:11","date_gmt":"2026-11-01T04:36:11","guid":{"rendered":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/?psych_term=coma-vigile-definition-neuropsychologie"},"modified":"2026-11-01T04:36:11","modified_gmt":"2026-11-01T04:36:11","slug":"coma-vigile-definition-neuropsychologie","status":"publish","type":"psych_term","link":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/?psych_term=coma-vigile-definition-neuropsychologie","title":{"rendered":"Coma vigile : Aux fronti\u00e8res de la conscience"},"content":{"rendered":"<p>Carrefour fascinant et tragique entre les neurosciences cliniques, la neuropsychologie et la philosophie de l&rsquo;esprit, les alt\u00e9rations s\u00e9v\u00e8res de la conscience constituent un d\u00e9fi diagnostique et humain sans \u00e9quivalent. Parmi ces tableaux complexes, le <strong>coma vigile<\/strong> incarne la rupture la plus saisissante entre l&rsquo;apparence physique de l&rsquo;\u00e9veil et l&rsquo;absence apparente de vie mentale consciente communicable. D\u00e9cortiquer cette entit\u00e9 clinique permet de lever le voile sur les m\u00e9canismes fondamentaux qui soutiennent l&rsquo;exp\u00e9rience subjective chez l&rsquo;\u00eatre humain.<\/p>\n<h2>Coma vigile<\/h2>\n<h3>1. D\u00e9finition concise<\/h3>\n<p>Le <strong>coma vigile<\/strong> d\u00e9signe un \u00e9tat clinique neurologique caract\u00e9ris\u00e9 par une dissociation pathologique profonde entre la pr\u00e9servation de l&rsquo;\u00e9veil cortical ou comportemental (marqu\u00e9 par l&rsquo;ouverture spontan\u00e9e des yeux et des cycles veille-sommeil) et l&rsquo;abolition totale ou quasi-totale de la conscience de soi et de l&rsquo;environnement ext\u00e9rieur. Dans la nosologie neurologique francophone classique, le terme renvoie \u00e9galement au premier stade de coma (\u00ab coma de stade I \u00bb ou obnubilation stuporeuse r\u00e9active), mais dans son acception internationale et neuropsychologique majeure, il est synonyme du concept de <em>Wachkoma<\/em>, d&rsquo;<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/%C3%89tat_v%C3%A9g%C3%A9tatif\">\u00e9tat v\u00e9g\u00e9tatif<\/a> ou, selon la terminologie contemporaine consensuelle, de <strong>syndrome d&rsquo;\u00e9veil non-r\u00e9pondant<\/strong> (<em>Unresponsive Wakefulness Syndrome<\/em>).<\/p>\n<p>Dans cet \u00e9tat, le patient pr\u00e9sente une posture corporelle et des automatismes v\u00e9g\u00e9tatifs qui simulent une vigilance active : les yeux s&rsquo;ouvrent, des clignements r\u00e9flexes surviennent et la respiration spontan\u00e9e ainsi que la thermor\u00e9gulation sont maintenues par les structures sous-corticales et le tronc c\u00e9r\u00e9bral. Toutefois, aucune activit\u00e9 motrice volontaire, orient\u00e9e vers un but ou reproductible en r\u00e9ponse \u00e0 des consignes verbales ou visuelles, ne peut \u00eatre mise en \u00e9vidence lors des \u00e9valuations cliniques standardis\u00e9es. Le sujet est \u00e9veill\u00e9 sans manifester les signes comportementaux attestant qu&rsquo;il est conscient.<\/p>\n<p>Sur le plan neuropsychologique, le coma vigile met en exergue l&rsquo;existence de deux composantes distinctes au sein du construit global de la conscience : d&rsquo;une part le niveau d&rsquo;\u00e9veil (<em>arousal<\/em> ou vigilance), r\u00e9gul\u00e9 par les structures r\u00e9ticulaires ascendantes sous-corticales, et d&rsquo;autre part le contenu conscient (<em>awareness<\/em>), produit par la connectivit\u00e9 fonctionnelle complexe des r\u00e9seaux fronto-pari\u00e9taux corticaux et thalamo-corticaux.<\/p>\n<h3>2. \u00c9tymologie et origines linguistiques<\/h3>\n<p>L&rsquo;expression \u00ab coma vigile \u00bb est issue de la juxtaposition de deux racines issues du grec et du latin. Le mot \u00ab coma \u00bb provient du grec ancien <em>k\u00f4ma<\/em> (\u03ba\u1ff6\u03bc\u03b1), signifiant \u00ab sommeil profond \u00bb, \u00ab torpeur l\u00e9thargique \u00bb ou \u00ab assoupissement morbide \u00bb, lui-m\u00eame apparent\u00e9 au verbe <em>koima\u00f4<\/em> (endormir). Ce mot s&rsquo;est historiquement implant\u00e9 dans le vocabulaire m\u00e9dical pour d\u00e9signer une perte de conscience pathologique prolong\u00e9e et ar\u00e9active.<\/p>\n<p>L&rsquo;adjectif \u00ab vigile \u00bb d\u00e9rive directement du latin <em>vigil<\/em>, qui signifie \u00ab attentif \u00bb, \u00ab \u00e9veill\u00e9 \u00bb, \u00ab vigilant \u00bb ou \u00ab qui monte la garde \u00bb, d\u00e9riv\u00e9 du verbe latin <em>vigere<\/em> (\u00eatre vigoureux, vif, actif). Litt\u00e9ralement, le \u00ab coma vigile \u00bb forme une alliance de mots contradictoire, un oxymore clinique signifiant un \u00ab sommeil profond tout en \u00e9tant \u00e9veill\u00e9 \u00bb.<\/p>\n<p>La terminologie a p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 le champ m\u00e9dical d\u00e8s le XVIIIe si\u00e8cle, notamment sous la plume du m\u00e9decin et nosologiste Fran\u00e7ois Boissier de Sauvages de la Croix dans sa <em>Nosologia Methodica<\/em> (1763), o\u00f9 il d\u00e9signait sous le terme latin de <em>coma vigil<\/em> ou <em>typhomania<\/em> une forme d&rsquo;h\u00e9b\u00e9tude stuporeuse accompagn\u00e9e d&rsquo;yeux ouverts observ\u00e9e au cours de la fi\u00e8vre typho\u00efde s\u00e9v\u00e8re. Au cours du XXe si\u00e8cle, le terme a \u00e9t\u00e9 r\u00e9investi en Europe pour traduire la notion de <em>Wachkoma<\/em> th\u00e9oris\u00e9e dans l&rsquo;espace germanophone, avant d&rsquo;\u00eatre r\u00e9articul\u00e9 par les travaux fondateurs de Fred Plum et Bryan Jennett au sein du champ de la r\u00e9animation neuro-traumatologique moderne.<\/p>\n<h3>3. Prononciation et forme grammaticale<\/h3>\n<p>En fran\u00e7ais, \u00ab coma vigile \u00bb est un groupe nominal masculin singulier (au pluriel : \u00ab comas vigiles \u00bb). La prononciation phon\u00e9tique en alphabet phon\u00e9tique international (API) est \/k\u0254.ma vi.\u0292il\/. Dans la litt\u00e9rature m\u00e9dicale, on rencontre indiff\u00e9remment l&rsquo;orthographe latinis\u00e9e d&rsquo;origine \u00ab coma vigil \u00bb (emprunt\u00e9e \u00e0 l&rsquo;anglais ou au latin classique) et la francisation conforme aux r\u00e8gles lexicales \u00ab coma vigile \u00bb.<\/p>\n<p>Sur le plan syntaxique, le substantif s&#8217;emploie principalement comme compl\u00e9ment d&rsquo;objet direct ou syntagme pr\u00e9positionnel (\u00ab un patient en \u00e9tat de coma vigile \u00bb, \u00ab \u00e9voluer vers un coma vigile \u00bb). Dans les classifications nosographiques fran\u00e7aises des ann\u00e9es 1960 et 1970 (notamment les \u00e9chelles de Mollaret et Goulon), il servait \u00e9galement d&rsquo;attribut qualificatif pour d\u00e9signer le \u00ab coma vigile de stade I \u00bb, traduisant une d\u00e9pression incompl\u00e8te de la r\u00e9activit\u00e9 psychomotrice.<\/p>\n<h3>4. Explication conceptuelle d\u00e9taill\u00e9e<\/h3>\n<p>Pour appr\u00e9hender le coma vigile dans toute sa complexit\u00e9, il est indispensable de dissocier la ph\u00e9nom\u00e9nologie de la conscience en ses composantes neurobiologiques fondamentales. La conscience humaine ne forme pas un bloc monolithique ; elle requiert la convergence synchrone de deux processus neurologiques cardinaux : la vigilance (l&rsquo;\u00e9veil comportemental et physiologique) et l&rsquo;int\u00e9gration perceptive ou conscience subjective (la capacit\u00e9 \u00e0 \u00e9prouver des \u00e9motions, penser, conceptualiser son environnement et soi-m\u00eame). Dans le coma vigile, ces deux axes se d\u00e9couplent radicalement.<\/p>\n<p>D&rsquo;un c\u00f4t\u00e9, le maintien des structures du tronc c\u00e9r\u00e9bral et de l&rsquo;hypothalamus assure la p\u00e9rennit\u00e9 des cycles circadiens. Les patients en coma vigile pr\u00e9sentent des phases d&rsquo;ouverture des paupi\u00e8res alternant avec des p\u00e9riodes d&rsquo;occlusion palp\u00e9brale mimant le sommeil naturel. Les fonctions neuro-v\u00e9g\u00e9tatives de survie \u2014 telles que l&rsquo;activit\u00e9 cardiaque intrins\u00e8que, la respiration autonome sans ventilation m\u00e9canique, la r\u00e9gulation tensionnelle et la d\u00e9glutition salivaire r\u00e9flexe \u2014 sont pr\u00e9serv\u00e9es. Cette int\u00e9grit\u00e9 biologique superficielle conf\u00e8re au patient une apparence d&rsquo;\u00e9veil qui trompe fr\u00e9quemment les observateurs non avertis et suscite chez les proches une profonde confusion affective.<\/p>\n<p>D&rsquo;un autre c\u00f4t\u00e9, le cortex c\u00e9r\u00e9bral, et tout particuli\u00e8rement les aires associatives fronto-pari\u00e9tales et le r\u00e9seau du mode par d\u00e9faut (<em>Default Mode Network<\/em>), est d\u00e9connect\u00e9, dysfonctionnel ou structurellement an\u00e9anti. En cons\u00e9quence, les regards ne s&rsquo;accrochent pas \u00e0 une cible visuelle, les mouvements oculaires sont dits \u00ab erratiques \u00bb ou dysconjugu\u00e9s, et les postures motrices ne r\u00e9pondent \u00e0 aucune commande volitionnelle. Lorsque des r\u00e9actions corporelles surviennent (grima\u00e7age, retrait d&rsquo;un membre face \u00e0 un stimulus algique, g\u00e9missements non articul\u00e9s), elles correspondent \u00e0 des d\u00e9charges st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9es sous-corticales et spinothalamiques r\u00e9flexes d\u00e9nu\u00e9es de traitement cognitif conscient.<\/p>\n<p>Le p\u00e9rim\u00e8tre du coma vigile exclut donc aussi bien le coma ar\u00e9actif aigu (dans lequel les yeux demeurent clos en permanence et o\u00f9 l&rsquo;\u00e9veil est absent) que l&rsquo;\u00e9tat de conscience minimale (au sein duquel apparaissent des \u00eelots fluctuants mais v\u00e9rifiables d&rsquo;interaction intentionnelle avec l&rsquo;entourage). Il se distingue \u00e9galement de mani\u00e8re nette de l&rsquo;akin\u00e9sie pure ou du syndrome d&rsquo;enfermement, o\u00f9 la conscience corticale demeure intacte malgr\u00e9 l&rsquo;impossibilit\u00e9 d&rsquo;\u00e9mettre une motricit\u00e9 expressive.<\/p>\n<h3>5. \u00c9volution et d\u00e9veloppement historique<\/h3>\n<p>La trajectoire historique du coma vigile est indissociable des avanc\u00e9es techniques de la m\u00e9decine de r\u00e9animation. Avant les ann\u00e9es 1950, les patients victimes d&rsquo;une isch\u00e9mie c\u00e9r\u00e9brale anoxique massive ou d&rsquo;un traumatisme cr\u00e2nien destructeur d\u00e9c\u00e9daient rapidement d&rsquo;arr\u00eat respiratoire ou cardiovasculaire. L&rsquo;invention de la ventilation artificielle \u00e0 pression positive, les perfusions liquidiennes par voies centrales et la ma\u00eetrise des d\u00e9sordres h\u00e9modynamiques ont permis de maintenir en vie des organismes dont le cerveau subissait des ravages cortico-sous-corticaux jusqu&rsquo;alors incompatibles avec la survie biologique.<\/p>\n<p>D\u00e8s le XVIIIe si\u00e8cle, Boissier de Sauvages de la Croix d\u00e9crivait le <em>coma vigil<\/em> comme une forme morbide d&rsquo;h\u00e9b\u00e9tude f\u00e9brile. Mais c&rsquo;est le psychiatre allemand <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Ernst_Kretschmer\">Ernst Kretschmer<\/a> qui, en 1940, pose les premiers jalons de la clinique moderne sous l&rsquo;appellation de \u00ab syndrome apallique \u00bb (<em>das apallische Syndrom<\/em>), postulant la destruction ou la mise hors service fonctionnelle du pallium (l&rsquo;\u00e9corce c\u00e9r\u00e9brale) avec persistance des noyaux gris centraux et du tronc c\u00e9r\u00e9bral. Parall\u00e8lement, en 1941, le neurochirurgien Hugh Cairns forge le concept de \u00ab mutisme akin\u00e9tique \u00bb pour d\u00e9peindre une apathie motrice et verbale totale avec vigilance apparente cons\u00e9cutive \u00e0 des l\u00e9sions dienc\u00e9phaliques et frontales m\u00e9siales.<\/p>\n<p>En 1967, le neurologue autrichien Franz Gerstenbrand publie une monographie fondamentale sur le <em>Wachkoma<\/em> (\u00ab coma \u00e9veill\u00e9 \u00bb), d\u00e9crivant avec rigueur les phases d&rsquo;installation, de plateau et de r\u00e9cup\u00e9ration \u00e9ventuelle de ce syndrome post-traumatique. Quelques ann\u00e9es plus tard, en 1972, l&rsquo;\u00c9cossais Bryan Jennett et l&rsquo;Am\u00e9ricain Fred Plum publient dans <em>The Lancet<\/em> un article s\u00e9minal introduisant le terme de \u00ab persistent vegetative state \u00bb (\u00e9tat v\u00e9g\u00e9tatif persistant). Ils empruntent le terme \u00ab v\u00e9g\u00e9tatif \u00bb \u00e0 la distinction aristot\u00e9licienne et bichatienne entre vie animale (relationnelle, sensitive et volontaire) et vie v\u00e9g\u00e9tative (fonctions autonomes de nutrition, circulation et respiration).<\/p>\n<p>Au d\u00e9but du XXIe si\u00e8cle, sous l&rsquo;impulsion du Coma Science Group dirig\u00e9 par Steven Laureys \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 de Li\u00e8ge et de l&rsquo;<em>European Task Force on Disorders of Consciousness<\/em>, les scientifiques ont propos\u00e9 d&rsquo;abandonner l&rsquo;appellation d&rsquo;\u00e9tat v\u00e9g\u00e9tatif, jug\u00e9e d\u00e9shumanisante par les associations de familles et trop r\u00e9ductrice sur le plan scientifique, pour adopter le terme neutre et descriptif de <strong>syndrome d&rsquo;\u00e9veil non-r\u00e9pondant<\/strong> (<em>Unresponsive Wakefulness Syndrome<\/em>, UWS, 2010), qui est aujourd&rsquo;hui le terme m\u00e9dical de r\u00e9f\u00e9rence englobant l&rsquo;ancienne notion de coma vigile.<\/p>\n<h3>6. Fondements th\u00e9oriques et neurobiologiques<\/h3>\n<p>L&rsquo;explication neurobiologique du coma vigile repose sur la neuro-anatomie fonctionnelle des syst\u00e8mes de r\u00e9gulation de la vigilance et des r\u00e9seaux distribu\u00e9s de la conscience. La vigilance d\u00e9pend du fonctionnement de la formation r\u00e9ticul\u00e9e activatrice ascendante (FRAA), un r\u00e9seau de neurones situ\u00e9 dans le tronc c\u00e9r\u00e9bral (pont et m\u00e9senc\u00e9phale) qui projette des axones cholinergiques, noradr\u00e9nergiques, dopaminergiques et s\u00e9rotoninergiques vers les noyaux intralaminaires du thalamus et l&rsquo;hypothalamus post\u00e9rieur. Dans le coma vigile, ces voies ascendantes ou leurs relais sous-corticaux sont intacts ou se sont reconnect\u00e9s apr\u00e8s une agression aigu\u00eb, ce qui r\u00e9tablit l&rsquo;ouverture oculaire et les biorythmes veille-sommeil.<\/p>\n<p>En revanche, la conscience ph\u00e9nom\u00e9nologique requiert l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 et la synchronisation \u00e0 haute fr\u00e9quence (dans les bandes gamma) de deux r\u00e9seaux corticaux fronto-temporo-pari\u00e9taux bilat\u00e9raux hautement interconnect\u00e9s :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Le r\u00e9seau extrins\u00e8que ou de l&rsquo;attention dorsolat\u00e9rale :<\/strong> comprenant le cortex pr\u00e9frontal dorsolat\u00e9ral et le cortex pari\u00e9tal post\u00e9rieur, indispensable au traitement des informations sensorielles externes et \u00e0 l&rsquo;interaction finalis\u00e9e avec le monde physique.<\/li>\n<li><strong>Le r\u00e9seau intrins\u00e8que ou r\u00e9seau du mode par d\u00e9faut :<\/strong> englobant le pr\u00e9cun\u00e9us, le cortex cingulaire post\u00e9rieur et le cortex pr\u00e9frontal m\u00e9dian, essentiel \u00e0 la pens\u00e9e autor\u00e9f\u00e9rentielle, \u00e0 la conscience de soi et \u00e0 la m\u00e9moire autobiographique.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Dans le coma vigile, ces deux r\u00e9seaux sont profond\u00e9ment d\u00e9connect\u00e9s l&rsquo;un de l&rsquo;autre et d\u00e9coupl\u00e9s du thalamus. La th\u00e9orie de l&rsquo;espace de travail neuronal global (<em>Global Neuronal Workspace Theory<\/em>), d\u00e9velopp\u00e9e par Stanislas Dehaene, Jean-Pierre Changeux et Lionel Naccache, postule que la perception consciente \u00e9merge lorsqu&rsquo;une information sensorielle est amplifi\u00e9e et partag\u00e9e entre de multiples processeurs corticaux sp\u00e9cialis\u00e9s via des connexions axionales longue distance \u00e0 r\u00e9troaction r\u00e9entrante. Dans le coma vigile, les l\u00e9sions neuronales axonales diffuses ou les n\u00e9croses corticales \u00e9tendues interrompent cette r\u00e9verb\u00e9ration globale : bien que des stimuli auditifs ou sensoriels simples puissent d\u00e9clencher une r\u00e9ponse \u00e9lectrophysiologique locale dans les cortex primaires, le signal avorte avant d&rsquo;atteindre l&#8217;embrasement ignitionnel n\u00e9cessaire \u00e0 l&rsquo;acc\u00e8s conscient.<\/p>\n<p>De m\u00eame, selon la th\u00e9orie de l&rsquo;information int\u00e9gr\u00e9e (<em>Integrated Information Theory<\/em>, IIT) formul\u00e9e par Giulio Tononi, la conscience est proportionnelle \u00e0 la capacit\u00e9 d&rsquo;un syst\u00e8me \u00e0 int\u00e9grer une vaste quantit\u00e9 d&rsquo;informations diff\u00e9renci\u00e9es au sein d&rsquo;un complexe unifi\u00e9 (mesur\u00e9e par la m\u00e9trique math\u00e9matique <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"Phi\">$Phi$<\/span>). Dans le coma vigile, la modularit\u00e9 corticale se fragmente : les aires c\u00e9r\u00e9brales se comportent comme des \u00eeles isol\u00e9es d\u00e9pourvues d&rsquo;int\u00e9gration syst\u00e9mique, ce qui fait s&rsquo;effondrer le niveau d&rsquo;information int\u00e9gr\u00e9e en dessous du seuil n\u00e9cessaire \u00e0 l&rsquo;exp\u00e9rience consciente.<\/p>\n<h3>7. Composantes cl\u00e9s, sous-types et dimensions<\/h3>\n<p>Le coma vigile s&rsquo;articule autour de plusieurs dimensions s\u00e9miologiques et \u00e9volutives pr\u00e9cises que la clinique s\u00e9pare rigoureusement :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>L&rsquo;ouverture spontan\u00e9e des yeux :<\/strong> composante fondamentale de l&rsquo;\u00e9tat vigile, survenant sans n\u00e9cessiter d&rsquo;injonction verbale ou de stimulation corporelle, marquant la rupture clinique avec le coma classique.<\/li>\n<li><strong>L&rsquo;absence d&rsquo;action motrice volontaire :<\/strong> aucun mouvement de pr\u00e9hension, de poursuite du regard ni imitation gestuelle ne peut \u00eatre suscit\u00e9 de mani\u00e8re reproductible ; seuls des r\u00e9flexes de retrait archa\u00efques ou une hypertonie spastique pyramidale\/d\u00e9cortiqu\u00e9e sont constat\u00e9s.<\/li>\n<li><strong>La pr\u00e9servation des automatismes v\u00e9g\u00e9tatifs :<\/strong> r\u00e9gulation h\u00e9modynamique autonome, rythme respiratoire spontan\u00e9 efficace sans suppl\u00e9ance m\u00e9canique, r\u00e9flexes pupillaires, corn\u00e9ens et photomoteurs g\u00e9n\u00e9ralement conserv\u00e9s.<\/li>\n<li><strong>La dimension temporelle (Aigu\u00eb, Chronique, D\u00e9finitive) :<\/strong>\n<ul>\n<li><em>Stade aigu :<\/em> p\u00e9riode initiale d&rsquo;\u00e9mergence hors du coma dans les premi\u00e8res semaines cons\u00e9cutives \u00e0 l&rsquo;accident c\u00e9r\u00e9bral.<\/li>\n<li><em>\u00c9tat v\u00e9g\u00e9tatif persistant \/ chronique :<\/em> \u00e9tat prolong\u00e9 au-del\u00e0 d&rsquo;un mois apr\u00e8s l&rsquo;agression initiale sans signe d&rsquo;am\u00e9lioration relationnelle.<\/li>\n<li><em>\u00c9tat v\u00e9g\u00e9tatif permanent \/ irr\u00e9versible :<\/em> d\u00e9signation m\u00e9dico-pronostique port\u00e9e lorsque l&rsquo;absence de r\u00e9cup\u00e9ration est consid\u00e9r\u00e9e comme irr\u00e9versible (conventionnellement fix\u00e9 \u00e0 3 mois apr\u00e8s une anoxie c\u00e9r\u00e9brale et \u00e0 12 mois apr\u00e8s un traumatisme cr\u00e2nien ferm\u00e9).<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<li><strong>La dissociation fonctionnelle et m\u00e9tabolique :<\/strong> hypom\u00e9tabolisme glucidique cortical global (r\u00e9duction de plus de 40 \u00e0 50 % de la consommation de glucose mesur\u00e9e au TEP-scan), contrastant avec le m\u00e9tabolisme pr\u00e9serv\u00e9 ou mod\u00e9r\u00e9ment alt\u00e9r\u00e9 des noyaux du tronc c\u00e9r\u00e9bral.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>8. Exemples cliniques et cas illustratifs<\/h3>\n<p>Pour mieux cerner la r\u00e9alit\u00e9 clinique du coma vigile, deux tableaux arch\u00e9typiques m\u00e9ritent d&rsquo;\u00eatre analys\u00e9s en d\u00e9tail :<\/p>\n<p><strong>Cas 1 : L&rsquo;enc\u00e9phalopathie anoxique post-arr\u00eat cardiaque.<\/strong> Un homme de 48 ans subit un arr\u00eat cardiorespiratoire inopin\u00e9 par fibrillation ventriculaire \u00e0 son domicile. Les man\u0153uvres de r\u00e9animation sp\u00e9cialis\u00e9es permettent la reprise d&rsquo;une activit\u00e9 cardiaque spontan\u00e9e apr\u00e8s 22 minutes d&rsquo;anoxie relative. Transf\u00e9r\u00e9 en unit\u00e9 de soins intensifs, il demeure en coma ar\u00e9actif sous s\u00e9dation pendant cinq jours. \u00c0 l&rsquo;arr\u00eat des s\u00e9datifs, le patient ne se r\u00e9veille pas imm\u00e9diatement. Au bout de deux semaines, une \u00e9volution se produit : le patient ouvre spontan\u00e9ment les paupi\u00e8res pendant la journ\u00e9e, cligne des yeux en r\u00e9ponse \u00e0 une menace tactile vive, et b\u00e2ille. Cependant, lorsqu&rsquo;on l&rsquo;appelle par son pr\u00e9nom ou qu&rsquo;un miroir est d\u00e9plac\u00e9 devant son champ visuel, son regard reste fixe, inexpressif, flottant vers l&rsquo;infini, sans la moindre poursuite oculaire. Les stimulations nociceptives provoquent un repli st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9 bilat\u00e9ral en triple flexion sans localisation motrice de la source douloureuse. Le diagnostic pos\u00e9 est celui d&rsquo;un coma vigile (syndrome d&rsquo;\u00e9veil non-r\u00e9pondant) d&rsquo;origine anoxique, secondaire \u00e0 une n\u00e9crose laminaire corticale diffuse confirm\u00e9e par l&rsquo;IRM c\u00e9r\u00e9brale.<\/p>\n<p><strong>Cas 2 : Les s\u00e9quelles de traumatisme cr\u00e2nien avec l\u00e9sions axonales diffuses.<\/strong> Une jeune femme de 22 ans est victime d&rsquo;un accident de la circulation \u00e0 haute cin\u00e9tique provoquant une violente d\u00e9c\u00e9l\u00e9ration rotationnelle c\u00e9phalique. \u00c0 l&rsquo;admission, son score de Glasgow est de 3. Apr\u00e8s plusieurs semaines d&rsquo;hospitalisation et la r\u00e9sorption de l&rsquo;\u0153d\u00e8me intracr\u00e2nien, la patiente est transf\u00e9r\u00e9e en unit\u00e9 de neuro-r\u00e9\u00e9ducation sp\u00e9cialis\u00e9e. Elle pr\u00e9sente des cycles jour-nuit bien diff\u00e9renci\u00e9s : elle dort la nuit et conserve les yeux ouverts tout au long de la matin\u00e9e. Elle mastique parfois de mani\u00e8re spasmodique et pousse des r\u00e2les laryng\u00e9s gutturaux \u00e0 heures irr\u00e9guli\u00e8res. Face \u00e0 sa famille, aucune r\u00e9action affective orient\u00e9e, aucun sourire intentionnel ni aucun signe de reconnaissance ne sont d\u00e9tectables. L&rsquo;\u00e9valuation neuropsychologique r\u00e9p\u00e9t\u00e9e par l&rsquo;\u00e9chelle CRS-R ne montre aucun comportement d\u00e9passant le stade des activit\u00e9s purement r\u00e9flexes du tronc c\u00e9r\u00e9bral et de la moelle \u00e9pini\u00e8re.<\/p>\n<h3>9. \u00c9valuation clinique et outils de mesure<\/h3>\n<p>L&rsquo;\u00e9valuation d&rsquo;un patient suspect de coma vigile repr\u00e9sente l&rsquo;une des d\u00e9marches les plus rigoureuses et exigeantes de la pratique neuropsychologique et neurologique contemporaine. L&rsquo;examen standard de la conscience au lit du malade au moyen de l&rsquo;<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/%C3%89chelle_de_Glasgow\">\u00e9chelle de Glasgow<\/a> (GCS), con\u00e7ue originellement pour le tri neurotraumatologique d&rsquo;urgence, s&rsquo;av\u00e8re totalement inadapt\u00e9e pour distinguer finement le coma vigile de l&rsquo;\u00e9tat de conscience minimale.<\/p>\n<p><span class=\"arabpsy-eq\" dir=\"ltr\">L&rsquo;outil clinique de r\u00e9f\u00e9rence absolue au niveau international est l&rsquo;<strong>\u00c9chelle de r\u00e9cup\u00e9ration du coma r\u00e9vis\u00e9e<\/strong> (<em>Coma Recovery Scale-Revised<\/em>, CRS-R), \u00e9labor\u00e9e par Joseph Giacino et ses collaborateurs. Structur\u00e9e en 23 items hi\u00e9rarchis\u00e9s r\u00e9partis en 6 sous-\u00e9chelles (auditive, visuelle, motrice, oromotrice, communication et vigilance), la CRS-R traque l&rsquo;\u00e9mergence des comportements intentionnels les plus infimes. Le signe clinique cardinal qui permet d&rsquo;exclure le coma vigile au profit d&rsquo;un \u00e9tat de conscience minimale est l&rsquo;apparition d&rsquo;une fixation visuelle soutenue (&gt; 2 secondes) ou d&rsquo;une poursuite oculaire continue suivant le d\u00e9placement d&rsquo;un miroir ou d&rsquo;une cible humaine<\/span>.<\/p>\n<p>Outre la s\u00e9miologie clinique comportementale, les technologies paracliniques de pointe jouent un r\u00f4le d\u00e9terminant pour fiabiliser le diagnostic :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>L&rsquo;\u00e9lectroenc\u00e9phalographie (EEG) \u00e0 haute densit\u00e9 et potentiels \u00e9voqu\u00e9s cognitifs :<\/strong> recherche de la pr\u00e9sence de potentiels cognitifs tardifs comme l&rsquo;onde P300 ou la n\u00e9gativit\u00e9 de discordance (<em>Mismatch Negativity<\/em>), t\u00e9moignant de la persistance d&rsquo;un traitement complexe de l&rsquo;information auditive.<\/li>\n<li><strong>La tomographie par \u00e9mission de positons au fluorod\u00e9soxyglucose (TEP-FDG) :<\/strong> elle quantifie le m\u00e9tabolisme c\u00e9r\u00e9bral r\u00e9gional. Un hypom\u00e9tabolisme profond et sym\u00e9trique des lobes frontaux et pari\u00e9taux confirme le coma vigile, tandis que la pr\u00e9servation partielle du r\u00e9seau fronto-pari\u00e9tal sugg\u00e8re une conscience r\u00e9siduelle inapparente.<\/li>\n<li><strong>L&rsquo;IRM fonctionnelle d&rsquo;activation et de repos (IRMf) :<\/strong> elle \u00e9value la connectivit\u00e9 fonctionnelle du r\u00e9seau du mode par d\u00e9faut et teste, par des paradigmes d&rsquo;imagerie motrice volontaire (comme demander au patient d&rsquo;imaginer jouer au tennis ou naviguer dans sa maison), l&rsquo;existence d&rsquo;une dissociation cognitive-motrice.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>10. Applications et port\u00e9e pratique<\/h3>\n<p>La caract\u00e9risation pr\u00e9cise du coma vigile a des r\u00e9percussions directes et massives dans le domaine m\u00e9dical, th\u00e9rapeutique, m\u00e9dico-l\u00e9gal et \u00e9thique. Sur le plan de la prise en charge th\u00e9rapeutique au quotidien, ces patients requi\u00e8rent des soins de nursing intensifs visant \u00e0 pr\u00e9venir les complications du d\u00e9cubitus prolong\u00e9 : pr\u00e9vention des escarres par mobilisations posturales r\u00e9guli\u00e8res, kin\u00e9sith\u00e9rapie motrice passive quotidienne pour limiter les r\u00e9tractions tendineuses et les attitudes spastiques vicieuses, nutrition ent\u00e9rale par gastrostomie percutan\u00e9e et soins de trach\u00e9otomie.<\/p>\n<p>Sur le plan de la r\u00e9habilitation neuropsychologique, des approches de <strong>stimulation multisensorielle contr\u00f4l\u00e9e<\/strong> (visuelle, auditive, olfactive, proprioceptive) sont mises en \u0153uvre pour solliciter la neuroplasticit\u00e9 c\u00e9r\u00e9brale. Des protocoles de neuromodulation non invasive, \u00e0 l&rsquo;instar de la stimulation transcr\u00e2nienne \u00e0 courant continu (tDCS) appliqu\u00e9e sur le cortex pr\u00e9frontal dorsolat\u00e9ral, ou invasive via la stimulation c\u00e9r\u00e9brale profonde (DBS) des noyaux intralaminaires du thalamus, font l&rsquo;objet de travaux sp\u00e9cialis\u00e9s pour tenter d&rsquo;induire une reconnexion fonctionnelle cortico-thalamique.<\/p>\n<p>Sur le plan m\u00e9dico-l\u00e9gal et bio\u00e9thique, la qualification de coma vigile chronique ou permanent soul\u00e8ve la d\u00e9licate question des directives anticip\u00e9es, de la d\u00e9signation de la personne de confiance et des d\u00e9cisions relatives \u00e0 l&rsquo;arr\u00eat ou \u00e0 la limitation des th\u00e9rapeutiques actives (notamment l&rsquo;arr\u00eat de la nutrition et de l&rsquo;hydratation artificielles dans le cadre des lois sur la fin de vie, telle la loi Claeys-Leonetti en France).<\/p>\n<h3>11. Recherche scientifique et preuves empiriques<\/h3>\n<p>La recherche sur les troubles de la conscience a connu un saut \u00e9pist\u00e9mologique majeur au cours des deux derni\u00e8res d\u00e9cennies, remettant en cause certaines certitudes cliniques \u00e9tablies. Une \u00e9tude princeps men\u00e9e par Adrian Owen et son \u00e9quipe, publi\u00e9e dans <em>Science<\/em> en 2006, a constitu\u00e9 un tournant : une patiente diagnostiqu\u00e9e en \u00e9tat v\u00e9g\u00e9tatif (coma vigile) selon les crit\u00e8res cliniques internationaux a \u00e9t\u00e9 soumise \u00e0 une IRM fonctionnelle. Lorsqu&rsquo;il lui a \u00e9t\u00e9 demand\u00e9 d&rsquo;imaginer jouer au tennis ou de se d\u00e9placer de pi\u00e8ce en pi\u00e8ce dans son domicile, l&rsquo;IRMf a mis en \u00e9vidence des activations robustes et sp\u00e9cifiques respectivement dans l&rsquo;aire motrice suppl\u00e9mentaire et le r\u00e9seau parahippocampique, superposables \u00e0 celles d&rsquo;individus t\u00e9moins sains conscients.<\/p>\n<p>Ce travail fondamental, corrobor\u00e9 ult\u00e9rieurement par les \u00e9quipes de Steven Laureys au Coma Science Group du CHU de Li\u00e8ge et de Nicholas Schiff au Weill Cornell Medical College, a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 le ph\u00e9nom\u00e8ne de <strong>dissociation cognitivo-motrice<\/strong> (ou \u00ab conscience cach\u00e9e \u00bb). Selon les m\u00e9ta-analyses contemporaines, environ 15 \u00e0 20 % des patients diagnostiqu\u00e9s cliniquement en coma vigile \/ \u00e9tat v\u00e9g\u00e9tatif conservent en r\u00e9alit\u00e9 une activit\u00e9 c\u00e9r\u00e9brale modulable \u00e0 la commande lorsqu&rsquo;ils sont test\u00e9s par IRMf ou EEG quantitatif dynamique, d\u00e9montrant une pr\u00e9servation de la conscience impossible \u00e0 ext\u00e9rioriser par la motricit\u00e9 corporelle.<\/p>\n<p>Un autre pan de la recherche contemporaine s&rsquo;articule autour de l&rsquo;<strong>indice de complexit\u00e9 perturbationnelle<\/strong> (<em>Perturbational Complexity Index<\/em>, PCI), d\u00e9velopp\u00e9 par Marcello Massimini et son \u00e9quipe. En associant la stimulation magn\u00e9tique transcr\u00e2nienne (TMS) \u00e0 l&rsquo;\u00e9lectroenc\u00e9phalographie simultan\u00e9e, les chercheurs envoient une impulsion magn\u00e9tique br\u00e8ve sur le cortex et mesurent l&rsquo;\u00e9cho \u00e9lectrique produit dans l&rsquo;ensemble du cerveau. Chez les patients en coma vigile, l&rsquo;onde g\u00e9n\u00e9r\u00e9e est soit purement locale (manque d&rsquo;int\u00e9gration), soit st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9e et uniforme (manque de diff\u00e9renciation), fournissant un score PCI tr\u00e8s faible (<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"&lt; 0.31\">$&lt; 0.31$<\/span>), marquant l&rsquo;absence d&rsquo;information int\u00e9gr\u00e9e dans le syst\u00e8me thalamo-cortical.<\/p>\n<h3>12. Consid\u00e9rations socioculturelles et transculturelles<\/h3>\n<p>La perception du coma vigile varie de mani\u00e8re significative selon les cultures, les religions et les cadres juridiques \u00e0 travers le monde. Dans les soci\u00e9t\u00e9s occidentales hautement s\u00e9cularis\u00e9es, o\u00f9 l&rsquo;autonomie individuelle, la rationalit\u00e9, l&rsquo;expression communicative et la dignit\u00e9 de la personne sont fortement index\u00e9es sur les capacit\u00e9s cognitives relationnelles, le maintien en vie ind\u00e9fini d&rsquo;un individu en \u00e9tat d&rsquo;\u00e9veil non-r\u00e9pondant sans espoir d&rsquo;am\u00e9lioration est fr\u00e9quemment per\u00e7u comme une obstination d\u00e9raisonnable ou une atteinte \u00e0 la dignit\u00e9 de la vie humaine.<\/p>\n<p>\u00c0 l&rsquo;inverse, dans d&rsquo;autres traditions philosophiques, culturelles ou spirituelles, la vie biologique brute est sacralis\u00e9e. Dans plusieurs pays d&rsquo;Asie, en Am\u00e9rique latine ou au sein de contextes influenc\u00e9s par les trois grands monoth\u00e9ismes (juda\u00efsme orthodoxe, islam, catholicisme conservateur), le souffle vital et le battement cardiaque autonome constituent les marqueurs intangibles de l&rsquo;existence de la personne humaine. L&rsquo;arr\u00eat de l&rsquo;hydratation ou de l&rsquo;alimentation ent\u00e9rale peut y \u00eatre assimil\u00e9 d&rsquo;un point de vue religieux et \u00e9thique \u00e0 un homicide par omission, conf\u00e9rant au coma vigile le statut de condition de d\u00e9pendance extr\u00eame n\u00e9cessitant un d\u00e9vouement inconditionnel de la collectivit\u00e9 et des aidants.<\/p>\n<p>Ces divergences culturelles entra\u00eenent une variabilit\u00e9 spectaculaire dans la pr\u00e9valence des patients maintenus au long cours en \u00e9tat de coma vigile au sein des structures sp\u00e9cialis\u00e9es ou au domicile familial, ainsi que de profondes disparit\u00e9s dans les d\u00e9cisions judiciaires statuant sur le devenir de ces personnes.<\/p>\n<h3>13. Critiques, controverses et limites<\/h3>\n<p>L&rsquo;utilisation de la notion de coma vigile s&rsquo;accompagne d&rsquo;importantes controverses nosologiques et pratiques :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>L&rsquo;ambigu\u00eft\u00e9 terminologique historique :<\/strong> l&rsquo;usage du mot \u00ab vigile \u00bb accol\u00e9 \u00e0 \u00ab coma \u00bb g\u00e9n\u00e8re une incertitude nosographique majeure. Pour les r\u00e9animateurs historiques, le terme d\u00e9signait le stade 1 d&rsquo;obnubilation ; pour les neuro-r\u00e9\u00e9ducateurs, il s&rsquo;agissait du syndrome apallique post-comateux. Cette polys\u00e9mie a nourri des d\u00e9cennies d&rsquo;incompr\u00e9hensions entre praticiens, conduisant la Soci\u00e9t\u00e9 europ\u00e9enne de neurologie \u00e0 privil\u00e9gier l&rsquo;appellation d&rsquo;UWS.<\/li>\n<li><strong>Le taux alarmant d&rsquo;erreurs diagnostiques :<\/strong> de multiples \u00e9tudes \u00e9pid\u00e9miologiques prospectives (notamment men\u00e9es par Schnakers et al., 2009) ont document\u00e9 qu&rsquo;environ 40 % des patients \u00e9tiquet\u00e9s comme \u00e9tant en coma vigile ou \u00e9tat v\u00e9g\u00e9tatif se trouvent en r\u00e9alit\u00e9 en \u00e9tat de conscience minimale lorsqu&rsquo;ils sont \u00e9valu\u00e9s de fa\u00e7on standardis\u00e9e au moyen de la CRS-R. Des signes subtils de conscience visuelle ou motrice passent inaper\u00e7us lors des examens m\u00e9dicaux exp\u00e9ditifs.<\/li>\n<li><strong>L&rsquo;illusion de conscience chez les proches :<\/strong> les clignements r\u00e9flexes, les sourires automatiques sous-corticaux et les mouvements oculaires non fixateurs sont tr\u00e8s souvent interpr\u00e9t\u00e9s par la famille comme des signaux intentionnels de reconnaissance affective. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne de par\u00e9idolie \u00e9motionnelle complique l&rsquo;acceptation de la r\u00e9alit\u00e9 pronostique et alimente des tensions douloureuses avec les \u00e9quipes soignantes.<\/li>\n<li><strong>Le statut ontologique du patient :<\/strong> le coma vigile suscite un d\u00e9bat philosophique intense : l&rsquo;absence d&rsquo;acc\u00e8s conscient v\u00e9rifiable d\u00e9truit-elle la subjectivit\u00e9 de l&rsquo;individu ? Les avanc\u00e9es r\u00e9v\u00e9lant la dissociation cognitivo-motrice obligent le corps m\u00e9dical \u00e0 une prudence d\u00e9ontologique absolue avant de d\u00e9cr\u00e9ter l&rsquo;absence totale et d\u00e9finitive de vie mentale chez un \u00eatre humain.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>14. Termes connexes et distinctions nosologiques<\/h3>\n<p>Pour \u00e9viter toute confusion diagnostique, il convient de distinguer avec pr\u00e9cision le coma vigile de plusieurs autres entit\u00e9s de la s\u00e9miologie neurologique :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Le coma classique :<\/strong> le patient a les yeux continuellement ferm\u00e9s, ne pr\u00e9sente aucun cycle veille-sommeil et n&rsquo;est pas r\u00e9veillable, m\u00eame par des stimuli douloureux vigoureux. Le coma est une phase aigu\u00eb qui d\u00e9passe rarement 2 \u00e0 4 semaines, \u00e9voluant soit vers la mort c\u00e9r\u00e9brale, soit vers l&rsquo;\u00e9veil (ou vers le coma vigile).<\/li>\n<li><strong>L&rsquo;<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/%C3%89tat_de_conscience_minimale\">\u00e9tat de conscience minimale<\/a> (ECM \/ MCS) :<\/strong> \u00e0 la diff\u00e9rence du coma vigile o\u00f9 les r\u00e9actions ne sont que r\u00e9flexes, le patient en ECM pr\u00e9sente des signes cognitifs ou \u00e9motionnels reproductibles, bien que fluctuants (poursuite visuelle d&rsquo;une cible, ex\u00e9cution simple de consignes, vocalisations intentionnelles adapt\u00e9es).<\/li>\n<li><strong>Le <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Syndrome_d%27enfermement\">syndrome d&rsquo;enfermement<\/a> (<em>Locked-in syndrome<\/em>) :<\/strong> le patient dispose d&rsquo;une conscience vigile et d&rsquo;une lucidit\u00e9 corticale parfaitement pr\u00e9serv\u00e9es, mais souffre d&rsquo;une t\u00e9trapl\u00e9gie compl\u00e8te et d&rsquo;une paralysie anarthrique des nerfs cr\u00e2niens inf\u00e9rieurs due \u00e0 une l\u00e9sion ventrale du pont (habituellement par occlusion du tronc basilaire). La communication volitionnelle demeure possible uniquement par les mouvements verticaux des yeux et le clignement palp\u00e9bral.<\/li>\n<li><strong>Le <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Mutisme_akin%C3%A9tique\">mutisme akin\u00e9tique<\/a> :<\/strong> trouble s\u00e9v\u00e8re de l&rsquo;initiation motrice et verbale (aboulie extr\u00eame) li\u00e9 \u00e0 des atteintes bilat\u00e9rales du gyrus cingulaire ant\u00e9rieur ou des boucles striato-frontales. Le patient est \u00e9veill\u00e9 et poss\u00e8de une conscience pr\u00e9serv\u00e9e, mais ne produit aucun geste volontaire par d\u00e9faut massif de motivation endog\u00e8ne.<\/li>\n<li><strong>La mort c\u00e9r\u00e9brale :<\/strong> destruction irr\u00e9versible de l&rsquo;ensemble des structures c\u00e9r\u00e9brales, incluant le cortex et la totalit\u00e9 du tronc c\u00e9r\u00e9bral. Il n&rsquo;existe plus aucune fonction v\u00e9g\u00e9tative spontan\u00e9e, l&rsquo;apn\u00e9e est absolue et l&rsquo;EEG est plat (trac\u00e9 nul).<\/li>\n<\/ul>\n<h3>15. Synth\u00e8se et points cl\u00e9s \u00e0 retenir<\/h3>\n<p>Le coma vigile constitue l&rsquo;un des ph\u00e9nom\u00e8nes les plus troublants de la m\u00e9decine moderne, illustrant concr\u00e8tement la scission biologique entre l&rsquo;\u00e9veil physique et la conscience mentale. Retenir ses principes fondamentaux est essentiel :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Dissociation clinique centrale :<\/strong> persistance de l&rsquo;ouverture des paupi\u00e8res, des cycles veille-sommeil et de l&rsquo;autonomie cardiorespiratoire, conjointe \u00e0 l&rsquo;absence de conscience de soi et d&rsquo;interaction volontaire avec l&rsquo;environnement.<\/li>\n<li><strong>\u00c9tiologie majeure :<\/strong> s\u00e9quelles graves d&rsquo;un arr\u00eat cardiorespiratoire (anoxie c\u00e9r\u00e9brale globale), de traumatismes cr\u00e2nio-c\u00e9r\u00e9braux violents avec l\u00e9sions axonales diffuses, ou d&rsquo;accidents vasculaires c\u00e9r\u00e9braux massifs.<\/li>\n<li><strong>Terminologie moderne :<\/strong> aujourd&rsquo;hui assimil\u00e9 sur le plan nosologique international au <strong>syndrome d&rsquo;\u00e9veil non-r\u00e9pondant<\/strong> (<em>Unresponsive Wakefulness Syndrome<\/em>, UWS) ou \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat v\u00e9g\u00e9tatif.<\/li>\n<li><strong>Imp\u00e9ratif d&rsquo;\u00e9valuation :<\/strong> n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;utiliser des \u00e9chelles comportementales sensibles comme la CRS-R et des biomarqueurs paracliniques (TEP-FDG, IRMf, PCI) pour d\u00e9celer d&rsquo;\u00e9ventuels \u00e9tats de conscience minimale ou de dissociation cognitivo-motrice.<\/li>\n<li><strong>Gravit\u00e9 pronostique :<\/strong> si une r\u00e9cup\u00e9ration partielle reste possible dans les premiers mois, la persistance de l&rsquo;\u00e9tat au-del\u00e0 d&rsquo;un an post-traumatique ou de trois mois post-anoxique rend les perspectives de restauration de l&rsquo;autonomie relationnelle quasi-nulles.<\/li>\n<\/ul>\n<h2>R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<ul>\n<li>Boissier de Sauvages de la Croix, F. (1763). <em>Nosologia methodica sistens morborum classes, genera et species<\/em>. Fratres de Tournes.<\/li>\n<li>Cairns, H., Oldfield, R. C., Pennybacker, J. B., &amp; Whitteridge, D. (1941). Akinetic mutism with an epidermoid cyst of the 3rd ventricle. <em>Brain<\/em>, 64(4), 273\u2013290. <a href=\"https:\/\/academic.oup.com\/brain\/article-abstract\/64\/4\/273\/280977\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">https:\/\/doi.org\/10.1093\/brain\/64.4.273<\/a><\/li>\n<li>Dehaene, S., &amp; Changeux, J. P. (2011). Experimental and theoretical approaches to conscious processing. <em>Neuron<\/em>, 70(2), 200\u2013227. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1016\/j.neuron.2011.03.018\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">https:\/\/doi.org\/10.1016\/j.neuron.2011.03.018<\/a><\/li>\n<li>Giacino, J. T., Kalmar, K., &amp; Whyte, J. (2004). The JFK Coma Recovery Scale-Revised: Measurement characteristics and diagnostic utility. <em>Archives of Physical Medicine and Rehabilitation<\/em>, 85(12), 2020\u20132029. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1016\/j.apmr.2004.02.033\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">https:\/\/doi.org\/10.1016\/j.apmr.2004.02.033<\/a><\/li>\n<li>Jennett, B., &amp; Plum, F. (1972). Persistent vegetative state after brain damage: A syndrome in search of a name. <em>The Lancet<\/em>, 299(7753), 734\u2013737. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1016\/S0140-6736(72)90242-5\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">https:\/\/doi.org\/10.1016\/S0140-6736(72)90242-5<\/a><\/li>\n<li>Kretschmer, E. (1940). Das apallische Syndrom. <em>Zeitschrift f\u00fcr die gesamte Neurologie und Psychiatrie<\/em>, 169(1), 576\u2013579. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1007\/BF02871384\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">https:\/\/doi.org\/10.1007\/BF02871384<\/a><\/li>\n<li>Laureys, S., Celesia, G. G., Cohadon, F., Lavrijsen, J., Le\u00f3n-Carri\u00f3n, J., Sannita, W. G., Sazbon, L., Schmutzhard, E., von Wild, K. R., Zeman, A., &amp; Dolce, G. (2010). Unresponsive wakefulness syndrome: A new name for the vegetative state or apallic syndrome. <em>BMC Medicine<\/em>, 8(1), Article 68. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1186\/1741-7015-8-68\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">https:\/\/doi.org\/10.1186\/1741-7015-8-68<\/a><\/li>\n<li>Massimini, M., Ferrarelli, F., Huber, R., Esser, S. K., Singh, H., &amp; Tononi, G. (2005). Breakdown of cortical effective connectivity during sleep. <em>Science<\/em>, 309(5744), 2228\u20132232. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1126\/science.1117256\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">https:\/\/doi.org\/10.1126\/science.1117256<\/a><\/li>\n<li>Owen, A. M., Coleman, M. R., Boly, M., Davis, M. H., Laureys, S., &amp; Pickard, J. D. (2006). Detecting awareness in the vegetative state. <em>Science<\/em>, 313(5792), 1402\u20131402. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1126\/science.1130197\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">https:\/\/doi.org\/10.1126\/science.1130197<\/a><\/li>\n<li>Schnakers, C., Vanhaudenhuyse, A., Giacino, J., Ventura, M., Boly, M., Majerus, S., Moonen, G., &amp; Laureys, S. (2009). Diagnostic accuracy of the vegetative and minimally conscious state: Clinical consensus versus standardized neurobehavioral assessment. <em>BMC Neurology<\/em>, 9(1), Article 35. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1186\/1471-2377-9-35\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">https:\/\/doi.org\/10.1186\/1471-2377-9-35<\/a><\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le coma vigile est un \u00e9tat neurologique caract\u00e9ris\u00e9 par une dissociation entre l&rsquo;\u00e9veil et l&rsquo;absence de conscience, connu aujourd&rsquo;hui comme syndrome d&rsquo;\u00e9veil non-r\u00e9pondant.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"template":"","categories":[1045,46,459],"tags":[7548,40716,40720,40717,173,40718,40719],"class_list":["post-24022","psych_term","type-psych_term","status-publish","hentry","category-neurologie","category-neuropsychologie","category-neurosciences","tag-bioethique","tag-coma-vigile","tag-echelle-crs-r","tag-etat-vegetatif","tag-neuropsychologie","tag-syndrome-deveil-non-repondant","tag-troubles-de-la-conscience"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_term\/24022","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_term"}],"about":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/psych_term"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_term\/24022\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=24022"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=24022"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=24022"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}