{"id":23937,"date":"2026-11-01T01:29:55","date_gmt":"2026-11-01T01:29:55","guid":{"rendered":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/?psych_term=sillon-collateral-anatomie-neuropsychologie"},"modified":"2026-11-01T01:29:55","modified_gmt":"2026-11-01T01:29:55","slug":"sillon-collateral-anatomie-neuropsychologie","status":"publish","type":"psych_term","link":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/?psych_term=sillon-collateral-anatomie-neuropsychologie","title":{"rendered":"Sillon collat\u00e9ral : Anatomie et cognition"},"content":{"rendered":"<p>Le sillon collat\u00e9ral constitue l&rsquo;une des d\u00e9limitations anatomiques et fonctionnelles les plus d\u00e9terminantes de la surface ventrale du t\u00e9lenc\u00e9phale humain. Situ\u00e9 \u00e0 la crois\u00e9e des circuits visuels ventraux d\u00e9di\u00e9s \u00e0 l&rsquo;identification s\u00e9mantique des objets et des r\u00e9seaux limbiques sous-tendant la m\u00e9moire \u00e9pisodique, ce rep\u00e8re morphologique profond oriente l&rsquo;organisation microstructurale du cortex temporal inf\u00e9rieur. L&rsquo;exploration fine de sa trajectoire permet d&rsquo;\u00e9lucider la transition complexe entre la perception sensorielle de haut niveau et l&rsquo;int\u00e9gration mn\u00e9sique d\u00e9clarative.<\/p>\n<h2>Sillon collat\u00e9ral<\/h2>\n<h3>1. D\u00e9finition concise<\/h3>\n<p>Le <strong>sillon collat\u00e9ral<\/strong> (en latin <em>sulcus collateralis<\/em>) est un sillon profond et constant situ\u00e9 sur la face inf\u00e9rieure ou temporo-occipitale (tentorielle) de chaque h\u00e9misph\u00e8re c\u00e9r\u00e9bral. Il s\u00e9pare m\u00e9dialement le <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Cortex_rhinal\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">gyrus parahippocampique<\/a> et le gyrus lingual du gyrus fusiforme (ou gyrus temporo-occipital lat\u00e9ral) situ\u00e9 lat\u00e9ralement. Sur le plan fonctionnel, il abrite et c\u00f4toie des aires corticales hautement sp\u00e9cialis\u00e9es, notamment le cortex p\u00e9rirhinal dans sa portion ant\u00e9rieure et les aires d&rsquo;int\u00e9gration visuelle de haut niveau dans sa portion post\u00e9rieure.<\/p>\n<p>Dans le domaine des neurosciences cognitives et de la neuropsychologie clinique, le sillon collat\u00e9ral est reconnu comme un rep\u00e8re macroscopique indispensable pour localiser les structures du lobe temporal m\u00e9dial impliqu\u00e9es dans la m\u00e9moire de reconnaissance, la m\u00e9moire spatiale et le traitement s\u00e9mantique. Sa profondeur et sa variabilit\u00e9 morphologique en font \u00e9galement un marqueur critique dans l&rsquo;\u00e9valuation de l&rsquo;atrophie corticale au cours du vieillissement normal et des processus pathologiques neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9ratifs.<\/p>\n<h3>2. \u00c9tymologie et origines linguistiques<\/h3>\n<p>Le substantif \u00ab sillon \u00bb provient du bas latin <em>selio<\/em>, issu lui-m\u00eame d&rsquo;un radical gaulois <em>*selgo-<\/em> signifiant la trace laiss\u00e9e dans la terre par le soc de la charrue. Dans le lexique anatomique moderne, il traduit le latin <em>sulcus<\/em>, qui d\u00e9signe une rainure, un pli d&rsquo;invagination ou une scissure s\u00e9parant les circonvolutions (ou gyri) de l&rsquo;\u00e9corce c\u00e9r\u00e9brale. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te \u00ab collat\u00e9ral \u00bb d\u00e9rive du latin m\u00e9di\u00e9val <em>collateralis<\/em>, compos\u00e9 du pr\u00e9fixe <em>con-<\/em> (\u00ab avec, ensemble \u00bb) et du radical <em>latus, lateris<\/em> (\u00ab c\u00f4t\u00e9, flanc \u00bb), signifiant litt\u00e9ralement \u00ab qui se situe le long du c\u00f4t\u00e9 \u00bb ou \u00ab qui marche parall\u00e8lement \u00bb.<\/p>\n<p>Cette appellation a \u00e9t\u00e9 historiquement attribu\u00e9e par les anatomistes du XIXe si\u00e8cle pour souligner la disposition de cette fissure, qui longe de mani\u00e8re remarquablement parall\u00e8le l&rsquo;axe du ventricule lat\u00e9ral et la scissure calcarine le long de la face basale de l&rsquo;enc\u00e9phale. Introduit formellement dans la nomenclature par des pr\u00e9curseurs tels que Thomas Henry Huxley et standardis\u00e9 ult\u00e9rieurement dans la <em>Nomina Anatomica<\/em> puis dans la <em>Terminologia Anatomica<\/em> internationale sous le nom de <em>sulcus collateralis<\/em>, ce terme a conserv\u00e9 sa pleine validit\u00e9 \u00e0 travers l&rsquo;\u00e9volution de la neuroanatomie compar\u00e9e et de l&rsquo;imagerie contemporaine.<\/p>\n<h3>3. Prononciation et forme grammaticale<\/h3>\n<p>Sur le plan morphosyntaxique, l&rsquo;expression \u00ab sillon collat\u00e9ral \u00bb est une locution nominale masculine singuli\u00e8re. Son pluriel r\u00e9gulier est \u00ab sillons collat\u00e9raux \u00bb. L&rsquo;adjectif \u00ab collat\u00e9ral \u00bb s&rsquo;accorde en genre et en nombre avec le nom qu&rsquo;il qualifie (au f\u00e9minin : \u00ab voie collat\u00e9rale \u00bb, \u00ab inhibition collat\u00e9rale \u00bb).<\/p>\n<p>La prononciation phon\u00e9tique en fran\u00e7ais standard s&rsquo;\u00e9tablit selon l&rsquo;Alphabet Phon\u00e9tique International (API) comme suit : \/si.j\u0254\u0303 k\u0254.la.te.\u0281al\/. Le terme s&#8217;emploie principalement comme syntagme nominal autonome dans les descriptions anatomiques, ou au sein de compl\u00e9ments d\u00e9terminatifs tels que \u00ab la berge m\u00e9diale du sillon collat\u00e9ral \u00bb ou \u00ab la profondeur du sulcus collateralis \u00bb.<\/p>\n<h3>4. Explication conceptuelle d\u00e9taill\u00e9e<\/h3>\n<p>Le sillon collat\u00e9ral repr\u00e9sente l&rsquo;un des plissements primaires les plus constants du cortex c\u00e9r\u00e9bral ventral, apparaissant pr\u00e9cocement lors de la gyrification f\u0153tale. Anatomiquement, il s&rsquo;\u00e9tend de la r\u00e9gion post\u00e9rieure du p\u00f4le temporal jusqu&rsquo;aux abords imm\u00e9diats du p\u00f4le occipital, formant un sillon particuli\u00e8rement profond qui soul\u00e8ve le plancher de la corne temporale et de la corne occipitale du ventricule lat\u00e9ral, g\u00e9n\u00e9rant ainsi le relief ventriculaire nomm\u00e9 <em>eminentia collateralis<\/em> (\u00e9minence collat\u00e9rale). Cette disposition t\u00e9moigne de l&rsquo;ampleur m\u00e9canique de cette invagination dans la morphogen\u00e8se de la face inf\u00e9rieure du cerveau.<\/p>\n<p>Le trajet du sillon collat\u00e9ral s&rsquo;articule classiquement en plusieurs segments aux implications cytoarchitectoniques distinctes. Dans son segment ant\u00e9rieur, il est fr\u00e9quemment en continuit\u00e9 fonctionnelle, voire anatomique, avec le sillon rhinal (<em>sulcus rhinalis<\/em>). \u00c0 ce niveau, la berge m\u00e9diale et le fond du sillon accueillent des portions substantielles du cortex p\u00e9rirhinal (aires de Brodmann 35 et 36), une zone charni\u00e8re qui fait le pont entre le n\u00e9ocortex d&rsquo;association visuelle unimodale et polysensorielle et le cortex entorhinal (aire de Brodmann 28). Plus en arri\u00e8re, le sillon longe m\u00e9dialement le gyrus parahippocampique, h\u00e9bergeant les subdivisions post\u00e9rieures du cortex parahippocampique (aires TF et TH de von Economo), puis borde le gyrus lingual dans la sph\u00e8re ventrale occipitale.<\/p>\n<p>Lat\u00e9ralement, le sillon collat\u00e9ral constitue la fronti\u00e8re interne continue du gyrus fusiforme (ou gyrus occipitotemporal lat\u00e9ral). Ce gyrus abrite des modules computationnels de premier plan pour la cognition visuelle de haut niveau, incluant l&rsquo;aire fusiforme des visages (FFA) et la zone de la forme visuelle des mots (VWFA). De ce fait, les berges du sillon collat\u00e9ral d\u00e9limitent pr\u00e9cis\u00e9ment le carrefour morphologique o\u00f9 convergent les flux d&rsquo;informations perceptives complexes ascendants issus de la voie visuelle ventrale (dite voie du \u00ab quoi \u00bb) et les r\u00e9seaux cortico-sous-corticaux de la m\u00e9moire et de l&rsquo;\u00e9motion.<\/p>\n<p>L&rsquo;organisation architecturale des berges du sillon collat\u00e9ral illustre une transition graduelle entre diff\u00e9rents types de cortex. On y observe le passage progressif de l&rsquo;isocortex \u00e0 six couches bien diff\u00e9renci\u00e9es (pr\u00e9sent sur le gyrus fusiforme) vers le p\u00e9ri-allocortex m\u00e9socortical (cortex p\u00e9rirhinal) caract\u00e9ris\u00e9 par une couche IV amincie ou discontinue et une couche V pro\u00e9minente, pour aboutir \u00e0 l&rsquo;allocortex de la formation hippocampique. Cette transition cytoarchitectonique conf\u00e8re au sillon collat\u00e9ral un r\u00f4le de pivot dans les mod\u00e9lisations th\u00e9oriques du gradient cortical unissant perception sensorielle et m\u00e9moire d\u00e9clarative.<\/p>\n<h3>5. \u00c9volution historique et d\u00e9couvertes<\/h3>\n<p>L&rsquo;identification et la cartographie du sillon collat\u00e9ral sont intimement li\u00e9es aux progr\u00e8s de la neuroanatomie descriptive europ\u00e9enne du XIXe si\u00e8cle. Les premi\u00e8res descriptions pr\u00e9cises de la face inf\u00e9rieure des h\u00e9misph\u00e8res sont attribu\u00e9es aux travaux de ma\u00eetres de l&rsquo;anatomie tels que Friedrich Arnold et Louis Pierre Gratiolet. Ce dernier, en \u00e9tudiant la disposition des circonvolutions chez les primates humains et non humains, a soulign\u00e9 la constance remarquable des plissements ventraux par rapport \u00e0 la grande variabilit\u00e9 des gyri de la convexit\u00e9 lat\u00e9rale.<\/p>\n<p>C&rsquo;est toutefois le biologiste et comparatiste britannique Thomas Henry Huxley qui a codifi\u00e9 l&rsquo;usage du terme \u00ab collateral sulcus \u00bb dans les ann\u00e9es 1860, en \u00e9tudiant la relation intime entre l&rsquo;invagination externe de ce sillon et la saillie interne de l&rsquo;\u00e9minence collat\u00e9rale dans la cavit\u00e9 ventriculaire, un sujet au c\u0153ur des vives controverses de l&rsquo;\u00e9poque sur l&rsquo;anatomie c\u00e9r\u00e9brale des grands singes et de l&rsquo;Homme. \u00c0 la fin du XIXe si\u00e8cle et au d\u00e9but du XXe si\u00e8cle, les cartographies cytoarchitectoniques novatrices de Korbinian Brodmann (1909), ainsi que celles de Constantin von Economo et Georg N. Koskinas (1925), ont permis de d\u00e9montrer que le fond et les berges du sillon collat\u00e9ral ne formaient pas une unit\u00e9 histologique homog\u00e8ne, mais abritaient des fronti\u00e8res rigoureuses s\u00e9parant les aires 35, 36, 37 et 19.<\/p>\n<p>Durant la seconde moiti\u00e9 du XXe si\u00e8cle, l&rsquo;av\u00e8nement de la neuropsychologie moderne, catalys\u00e9 par les observations s\u00e9minales de Brenda Milner et William Scoville sur le patient H.M., a propuls\u00e9 le lobe temporal m\u00e9dial au centre des th\u00e9ories de la m\u00e9moire. Il est apparu que les l\u00e9sions affectant les structures situ\u00e9es le long du sillon collat\u00e9ral, en particulier le cortex rhinal et parahippocampique, engendraient des d\u00e9ficits mn\u00e9siques distincts de ceux provoqu\u00e9s par l&rsquo;atteinte isol\u00e9e de l&rsquo;<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Hippocampe_(cerveau)\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">hippocampe<\/a>. Enfin, l&rsquo;introduction de l&rsquo;imagerie par r\u00e9sonance magn\u00e9tique (IRM) \u00e0 haute r\u00e9solution dans les ann\u00e9es 1990 et 2000 a permis de quantifier la volum\u00e9trie de ce sillon chez le sujet vivant, inaugurant l&rsquo;\u00e8re contemporaine de la neuroanatomie computationnelle.<\/p>\n<h3>6. Fondements th\u00e9oriques et neurofonctionnels<\/h3>\n<p>Sur le plan des neurosciences cognitives, le sillon collat\u00e9ral s&rsquo;inscrit au sein de plusieurs cadres th\u00e9oriques majeurs r\u00e9gissant le traitement de l&rsquo;information et la structure hi\u00e9rarchique de l&rsquo;enc\u00e9phale. Le mod\u00e8le le plus influent est celui du double syst\u00e8me mn\u00e9sique temporal m\u00e9dial, qui postule une s\u00e9gr\u00e9gation fonctionnelle rigoureuse le long de l&rsquo;axe parahippocampique ventral. Au sein de ce mod\u00e8le, la r\u00e9gion ant\u00e9rieure du sillon collat\u00e9ral, h\u00e9bergeant le cortex p\u00e9rirhinal, sous-tend la m\u00e9moire de familiarit\u00e9 et le codage unifi\u00e9 des caract\u00e9ristiques des objets (perception d&rsquo;items), tandis que sa portion post\u00e9rieure, associ\u00e9e au cortex parahippocampique m\u00e9dial, est d\u00e9di\u00e9e au codage du contexte spatial et environnemental.<\/p>\n<p>Une seconde perspective th\u00e9orique majeure repose sur l&rsquo;hypoth\u00e8se de la continuit\u00e9 perception-m\u00e9moire (<em>Perceptual-Mnemonic Continuum<\/em>) d\u00e9velopp\u00e9e par des th\u00e9oriciens tels que Murray, Bussey et Saksida. Selon cette approche, le cortex p\u00e9rirhinal nich\u00e9 dans le sillon collat\u00e9ral ne doit pas \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme un simple module mn\u00e9sique \u00e9tanche, mais plut\u00f4t comme l&rsquo;apex hi\u00e9rarchique de la voie visuelle ventrale. Ce mod\u00e8le d\u00e9montre que les repr\u00e9sentations neuronales au sein du sillon collat\u00e9ral r\u00e9solvent les ambigu\u00eft\u00e9s perceptives complexes lorsque les objets partagent de nombreuses caract\u00e9ristiques \u00e9l\u00e9mentaires intriqu\u00e9es, liant ainsi indissolublement l&rsquo;analyse visuelle fine et la r\u00e9tention mn\u00e9sique.<\/p>\n<p>Enfin, dans le cadre de la th\u00e9orie des r\u00e9seaux \u00e0 large \u00e9chelle, le sillon collat\u00e9ral constitue une zone de transition critique entre deux grands circuits c\u00e9r\u00e9braux concurrents : le r\u00e9seau du mode par d\u00e9faut (<em>Default Mode Network<\/em>), qui int\u00e8gre les signaux mn\u00e9siques \u00e9pisodiques et autobiographiques de la berge m\u00e9diale, et le syst\u00e8me d&rsquo;identification visuelle ventral, orient\u00e9 vers le traitement en temps r\u00e9el des stimuli du monde ext\u00e9rieur situ\u00e9 sur sa berge lat\u00e9rale.<\/p>\n<h3>7. Composantes cl\u00e9s, morphologie et dimensions<\/h3>\n<p>La caract\u00e9risation anatomique du sillon collat\u00e9ral repose sur l&rsquo;identification de subdivisions segmentaires, d&#8217;embranchements secondaires et de rapports de contigu\u00eft\u00e9 topographique constants :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Segment ant\u00e9rieur (rostral) et sillon rhinal :<\/strong> Cette portion ant\u00e9rieure borde l&rsquo;uncus et le cortex entorhinal. Chez une proportion significative d&rsquo;individus, elle s&rsquo;anastomose directement avec le sillon rhinal pour former une scissure continue, tandis que chez d&rsquo;autres, elle est interrompue par un pli de passage superficiel ou profond nomm\u00e9 pli temporo-rhinal.<\/li>\n<li><strong>Segment moyen :<\/strong> Il longe lat\u00e9ralement le corps du <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Lobe_temporal\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">gyrus parahippocampique<\/a>. C&rsquo;est \u00e0 ce niveau que la profondeur du sillon est g\u00e9n\u00e9ralement maximale, atteignant fr\u00e9quemment entre 15 et 25 millim\u00e8tres, et que son fond s&rsquo;insinue vers la corne temporale ventriculaire.<\/li>\n<li><strong>Segment post\u00e9rieur (caudal) :<\/strong> Il se prolonge vers l&rsquo;arri\u00e8re en longeant le gyrus lingual. Il peut se terminer sous forme de branche bifurqu\u00e9e, se poursuivre jusqu&rsquo;au voisinage de la scissure calcarine ou rejoindre le sillon occipitotemporal m\u00e9dial.<\/li>\n<li><strong>Berge m\u00e9diale :<\/strong> Zone cytoarchitectonique abritant successivement d&rsquo;avant en arri\u00e8re l&rsquo;aire 35 de Brodmann (cortex p\u00e9rirhinal m\u00e9dial), le subiculum adjacent, puis les aires parahippocampiques TF\/TH et le cortex lingual ventral.<\/li>\n<li><strong>Berge lat\u00e9rale :<\/strong> Zone correspondant \u00e0 l&rsquo;aire 36 de Brodmann dans sa portion ant\u00e9rieure et au cortex fusiforme (aire 37) sur toute son extension moyenne et post\u00e9rieure, abritant des populations neuronales sp\u00e9cialis\u00e9es dans la cat\u00e9gorisation s\u00e9mantique visuelle.<\/li>\n<li><strong>Sulcus collateralis accessorius :<\/strong> Une duplication parall\u00e8le ou un rameau accessoire externe observ\u00e9 chez pr\u00e8s d&rsquo;un tiers des individus, introduisant des d\u00e9fis m\u00e9thodologiques lors du parcellage automatis\u00e9 en imagerie structurelle.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>8. Exemples et cas cliniques illustratifs<\/h3>\n<p>L&rsquo;utilit\u00e9 clinique du rep\u00e9rage anatomique du sillon collat\u00e9ral se r\u00e9v\u00e8le de mani\u00e8re \u00e9clatante dans plusieurs tableaux neurologiques et neuropsychologiques majeurs. L&rsquo;un des exemples les plus embl\u00e9matiques concerne l&rsquo;agnosie visuelle des objets et l&rsquo;agnosie s\u00e9mantique. Les patients pr\u00e9sentant des l\u00e9sions vasculaires isch\u00e9miques circonscrites dans le territoire des branches post\u00e9rieures de l&rsquo;art\u00e8re c\u00e9r\u00e9brale post\u00e9rieure, englobant la berge lat\u00e9rale et le fond du sillon collat\u00e9ral ant\u00e9rieur, manifestent souvent une incapacit\u00e9 profonde \u00e0 identifier des objets complexes ou \u00e0 int\u00e9grer leurs attributs distinctifs, tout en conservant une vision \u00e9l\u00e9mentaire pr\u00e9serv\u00e9e.<\/p>\n<p>Un autre cas d&rsquo;\u00e9cole est illustr\u00e9 par l&rsquo;\u00e9pilepsie temporale m\u00e9diale pharmacor\u00e9sistante avec scl\u00e9rose m\u00e9siotemporale. Dans cette pathologie, la zone \u00e9pileptog\u00e8ne primaire prend fr\u00e9quemment naissance dans l&rsquo;hippocampe et le cortex entorhinal, mais la zone de propagation rapide s&rsquo;\u00e9tend imm\u00e9diatement au cortex p\u00e9rirhinal via la berge m\u00e9diale du sillon collat\u00e9ral. Lors des r\u00e9sections chirurgicales (amygdalo-hippocampectomie s\u00e9lective), le sillon collat\u00e9ral sert de fronti\u00e8re de s\u00e9curit\u00e9 anatomique : le neurochirurgien utilise le fond du sillon collat\u00e9ral comme limite lat\u00e9rale de r\u00e9section pour pr\u00e9server le gyrus fusiforme et \u00e9viter l&rsquo;apparition d&rsquo;un d\u00e9ficit d&rsquo;identification visuelle ou d&rsquo;une prosopagnosie postop\u00e9ratoire.<\/p>\n<p>Dans le domaine des syndromes amn\u00e9siques focaux, des infarctus localis\u00e9s touchant exclusivement la profondeur du sillon collat\u00e9ral bilat\u00e9ral conduisent \u00e0 une dissociation neuropsychologique remarquable : les patients pr\u00e9sentent un effondrement dramatique du sentiment de familiarit\u00e9 lors des t\u00e2ches de reconnaissance visuelle (\u00e9valu\u00e9 par des paradigmes de type \u00ab Savoir\/Se souvenir \u00bb), tandis que leur capacit\u00e9 de rappel libre spatial peut rester relativement pr\u00e9serv\u00e9e si le cortex parahippocampique post\u00e9rieur et l&rsquo;hippocampe dorsal sont \u00e9pargn\u00e9s.<\/p>\n<h3>9. Mesure, neuroimagerie et \u00e9valuation<\/h3>\n<p>La quantification de l&rsquo;anatomie et de l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 du sillon collat\u00e9ral repose aujourd&rsquo;hui sur un ensemble sophistiqu\u00e9 d&rsquo;outils de neuroimagerie quantitative et d&rsquo;analyses morphom\u00e9triques tridimensionnelles :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>IRM structurelle haute r\u00e9solution pond\u00e9r\u00e9e en T1 et T2 :<\/strong> L&rsquo;acquisition d&rsquo;images isotropiques infra-millim\u00e9triques (souvent \u00e0 des champs magn\u00e9tiques de 3 Teslas ou 7 Teslas) perpendiculaires au grand axe de l&rsquo;hippocampe permet de distinguer sans ambigu\u00eft\u00e9 les berges m\u00e9diale et lat\u00e9rale du sillon et de visualiser l&rsquo;amincissement cortical localis\u00e9.<\/li>\n<li><strong>Morphom\u00e9trie bas\u00e9e sur le voxel (VBM) et analyse bas\u00e9e sur la surface (SBA) :<\/strong> Des suites logicielles standardis\u00e9es telles que FreeSurfer, SPM ou BrainVisa permettent d&rsquo;extraire des indices objectifs tels que la profondeur sulcale, le degr\u00e9 de courbure, l&rsquo;\u00e9paisseur corticale locale et le volume de mati\u00e8re grise tapissant le sillon.<\/li>\n<li><strong>Imagerie par tenseur de diffusion (DTI) et tractographie :<\/strong> Ces techniques visualisent les faisceaux de substance blanche longeant ou traversant les abords du sillon collat\u00e9ral, en particulier le faisceau longitudinal inf\u00e9rieur et le faisceau uncin\u00e9, apportant des donn\u00e9es structurales sur la connectivit\u00e9 anatomique.<\/li>\n<li><strong>Protocoles de parcellage manuel standardis\u00e9s :<\/strong> En raison de la forte variabilit\u00e9 anatomique individuelle, des protocoles consensuels d&rsquo;experts (tels que ceux du consortium de segmentation unifi\u00e9e de l&rsquo;hippocampe et des aires parahippocampiques) fournissent des crit\u00e8res op\u00e9rationnels stricts pour d\u00e9limiter le d\u00e9but, l&rsquo;interruption ou le d\u00e9doublement du sillon.<\/li>\n<li><strong>\u00c9valuations neuropsychologiques coupl\u00e9es :<\/strong> Les anomalies structurelles du sillon collat\u00e9ral sont corr\u00e9l\u00e9es cliniquement \u00e0 des scores obtenus lors de batteries de reconnaissance mn\u00e9sique (ex. : test de r\u00e9tention visuelle de Benton, \u00e9preuve de reconnaissance de visages de Warrington ou t\u00e2che de reconnaissance de paires d&rsquo;items).<\/li>\n<\/ul>\n<h3>10. Applications cliniques et port\u00e9e pratique<\/h3>\n<p>En neurologie et en psychiatrie de l&rsquo;adulte \u00e2g\u00e9, le sillon collat\u00e9ral repr\u00e9sente l&rsquo;un des biomarqueurs morphologiques les plus pr\u00e9coces de la <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Maladie_d%27Alzheimer\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">maladie d&rsquo;Alzheimer<\/a>. Les \u00e9tudes neuropathologiques fond\u00e9es sur la stadification de Braak ont d\u00e9montr\u00e9 que les d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescences neurofibrillaires tau initiales se d\u00e9posent sp\u00e9cifiquement dans la r\u00e9gion transentorhinale, localis\u00e9e pr\u00e9cis\u00e9ment sur la berge m\u00e9diale du sillon rhinal et du segment ant\u00e9rieur du sillon collat\u00e9ral (stades I et II de Braak). L&rsquo;amincissement cortical focalis\u00e9 \u00e0 ce niveau, mesurable sur des IRM volum\u00e9triques, constitue un pr\u00e9dicteur robuste de la conversion d&rsquo;un d\u00e9ficit cognitif l\u00e9ger (MCI) vers une d\u00e9mence av\u00e9r\u00e9e, souvent des ann\u00e9es avant que l&rsquo;hippocampe proprement dit ne montre une atrophie massive.<\/p>\n<p>Dans le diagnostic diff\u00e9rentiel des d\u00e9mences lobaires frontotemporales (DLFT), singuli\u00e8rement dans la variante s\u00e9mantique de l&rsquo;aphasie primaire progressive (d\u00e9mence s\u00e9mantique), l&rsquo;atrophie d\u00e9bute de fa\u00e7on asym\u00e9trique dans le p\u00f4le temporal ant\u00e9rieur et progresse de mani\u00e8re prononc\u00e9e le long du sillon collat\u00e9ral et du gyrus fusiforme de l&rsquo;h\u00e9misph\u00e8re dominant (g\u00e9n\u00e9ralement gauche). Cette fonte corticale sous-tend la perte progressive et irr\u00e9versible des concepts et de la signification des mots.<\/p>\n<p>Par ailleurs, en neurochirurgie oncologique, le sillon collat\u00e9ral offre un couloir d&rsquo;acc\u00e8s anatomique essentiel pour les abords sous-temporaux et trans-sulcaux des tumeurs gliales profondes et des cavernomes du ventricule lat\u00e9ral basal. L&rsquo;identification rigoureuse du sillon permet au chirurgien de minimiser les tractions sur les structures c\u00e9r\u00e9brales fonctionnelles et de pr\u00e9server les radiations optiques de Gratiolet qui croisent dorsalement la cavit\u00e9 ventriculaire.<\/p>\n<h3>11. Recherche empirique et preuves scientifiques<\/h3>\n<p>La recherche contemporaine consacr\u00e9e au sillon collat\u00e9ral mobilise \u00e0 la fois l&rsquo;imagerie par r\u00e9sonance magn\u00e9tique fonctionnelle (IRMf) \u00e0 ultra-haut champ et les enregistrements \u00e9lectrophysiologiques invasifs chez l&rsquo;humain. Une \u00e9tude fondatrice men\u00e9e par Insausti et al. (1998) a pos\u00e9 les bases histologiques du d\u00e9coupage de cette r\u00e9gion en d\u00e9montrant que la berge m\u00e9diale du sillon collat\u00e9ral ant\u00e9rieur constitue la d\u00e9marcation la plus constante du cortex p\u00e9rirhinal chez l&rsquo;Homme, malgr\u00e9 une importante h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 interindividuelle dans la longueur totale du sillon.<\/p>\n<p>Sur le versant fonctionnel, les travaux en IRMf men\u00e9s par des \u00e9quipes de neurosciences cognitives (telles que celles de Devlin et al., ou Tyler et al.) ont mis en \u00e9vidence que les neurones situ\u00e9s le long de la berge lat\u00e9rale du sillon collat\u00e9ral r\u00e9pondent pr\u00e9f\u00e9rentiellement aux stimuli visuels caract\u00e9ris\u00e9s par une forte densit\u00e9 de traits partag\u00e9s (par exemple, distinguer un animal d&rsquo;un autre au sein d&rsquo;une m\u00eame cat\u00e9gorie biologique). Ces d\u00e9couvertes confirment empiriquement que le sillon collat\u00e9ral sert d&rsquo;\u00e9tage d&rsquo;int\u00e9gration int\u00e9grative fine des objets complexes.<\/p>\n<p>De plus, des recherches longitudinales men\u00e9es par Jack et al. dans le cadre de l&rsquo;Alzheimer&rsquo;s Disease Neuroimaging Initiative (ADNI) ont \u00e9tabli que les mesures longitudinales de la profondeur et de l&rsquo;\u00e9paisseur corticale du sillon collat\u00e9ral affichent un taux de d\u00e9clin annuel fortement corr\u00e9l\u00e9 aux niveaux de biomarqueurs dans le liquide c\u00e9phalorachidien (LCR) et par tomographie par \u00e9mission de positons (TEP-Tau). Chez le primate non humain, des travaux neurophysiologiques par \u00e9lectrodes multiples ont en outre prouv\u00e9 que les neurones bordant ce sillon manifestent des propri\u00e9t\u00e9s remarquables d&rsquo;adaptation synaptique et de plasticit\u00e9 \u00e0 long terme, indispensables \u00e0 la m\u00e9moire de familiarit\u00e9 rapide.<\/p>\n<h3>12. Consid\u00e9rations ontog\u00e9niques, phylog\u00e9niques et variabilit\u00e9<\/h3>\n<p>L&rsquo;ontogen\u00e8se du sillon collat\u00e9ral est pr\u00e9coce et tr\u00e8s stable au cours du d\u00e9veloppement intra-ut\u00e9rin. Il s&rsquo;individualise d\u00e8s la 18e \u00e0 la 22e semaine de gestation sous forme d&rsquo;une d\u00e9pression superficielle qui s&rsquo;approfondit rapidement au d\u00e9but du troisi\u00e8me trimestre sous l&rsquo;effet des contraintes m\u00e9caniques de l&rsquo;expansion du manteau n\u00e9ocortical. Cette apparition pr\u00e9coce classe le sillon collat\u00e9ral parmi les sillons c\u00e9r\u00e9braux primaires, pr\u00e9sentant par cons\u00e9quent un degr\u00e9 de d\u00e9termination g\u00e9n\u00e9tique plus \u00e9lev\u00e9 que les sillons tertiaires de la convexit\u00e9.<\/p>\n<p>Sur le plan phylog\u00e9nique, un homologue fonctionnel et structural du sillon collat\u00e9ral est observ\u00e9 chez tous les primates simiens, bien que son \u00e9tendue longitudinale et son niveau de ramification soient nettement moins complexes chez les l\u00e9muriens et les singes du Nouveau Monde que chez les grands singes homino\u00efdes. L&rsquo;\u00e9volution de ce sillon chez l&rsquo;humain refl\u00e8te l&rsquo;expansion spectaculaire du gyrus fusiforme et du cortex associatif visuo-temporal n\u00e9cessaire aux comp\u00e9tences cognitives avanc\u00e9es telles que la reconnaissance fine des visages et l&rsquo;alphab\u00e9tisation (traitement de la forme orthographique des mots).<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 sa nature de sillon primaire, la variabilit\u00e9 interindividuelle de sa morphologie est notoire. On distingue classiquement trois configurations anatomiques majeures :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Type continu :<\/strong> Le sillon se pr\u00e9sente comme une rainure unique, ininterrompue, s&rsquo;\u00e9tendant du p\u00f4le temporal jusqu&rsquo;\u00e0 la r\u00e9gion occipitale sans pli de passage interm\u00e9diaire (environ 40 % des individus).<\/li>\n<li><strong>Type interrompu :<\/strong> Le sillon est sectionn\u00e9 en deux ou trois segments distincts par des ponts de mati\u00e8re grise (plis de passage transversaux), g\u00e9n\u00e9ralement situ\u00e9s \u00e0 la jonction temporo-occipitale (environ 45 % des cas).<\/li>\n<li><strong>Type bifurqu\u00e9 ou dupliqu\u00e9 :<\/strong> Le segment caudal se divise en deux branches divergentes, ou coexiste avec un sillon accessoire externe (environ 15 % des cas).<\/li>\n<\/ul>\n<p>Il existe par ailleurs des asym\u00e9tries h\u00e9misph\u00e9riques subtiles mais constantes, le sillon collat\u00e9ral gauche \u00e9tant souvent plus rectiligne et plus long que son homologue droit, une observation fr\u00e9quemment mise en relation avec la lat\u00e9ralisation h\u00e9misph\u00e9rique des r\u00e9seaux s\u00e9mantiques et de lecture.<\/p>\n<h3>13. Controverses, d\u00e9bats et limites m\u00e9thodologiques<\/h3>\n<p>La d\u00e9limitation et la nomenclature entourant le sillon collat\u00e9ral demeurent au c\u0153ur de nombreux d\u00e9bats m\u00e9thodologiques au sein de la communaut\u00e9 neuroanatomique internationale. La controverse la plus persistante concerne la fronti\u00e8re pr\u00e9cise entre le <em>sulcus collateralis<\/em> et le <em>sulcus rhinalis<\/em>. Dans la litt\u00e9rature neurobiologique anglo-saxonne, ces termes sont parfois employ\u00e9s de fa\u00e7on interchangeable pour d\u00e9signer le segment le plus ant\u00e9rieur, alors que l&rsquo;\u00e9cole anatomique classique r\u00e9serve l&rsquo;appellation de sillon rhinal \u00e0 une formation strictement rostrale marquant la limite lat\u00e9rale du pal\u00e9ocortex. L&rsquo;absence d&rsquo;un consensus universel engendre des discordances notables dans la d\u00e9limitation des volumes d&rsquo;int\u00e9r\u00eat dans les \u00e9tudes d&rsquo;IRM fonctionnelle et morphom\u00e9trique.<\/p>\n<p>Un second point de friction m\u00e9thodologique r\u00e9side dans la variabilit\u00e9 de la position de la fronti\u00e8re cytoarchitectonique entre le cortex p\u00e9rirhinal et le cortex fusiforme. Bien que la plupart des investigateurs s&rsquo;accordent pour situer la transition au fond ou sur la berge lat\u00e9rale du sillon collat\u00e9ral, des \u00e9tudes de cartographie post-mortem sur de larges cohortes (notamment les travaux de Ding et Van Hoesen) ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que cette fronti\u00e8re histologique peut osciller de plusieurs millim\u00e8tres le long de la berge selon les individus. Il est donc impossible de postuler une correspondance parfaite \u00e0 100 % entre rep\u00e8res macroscopiques sulcaux visibles en imagerie clinique et fronti\u00e8res microstructurales sous-jacentes.<\/p>\n<p>Enfin, une limite technique majeure concerne la pr\u00e9cision des algorithmes de recalage et de parcellage automatis\u00e9 en imagerie par r\u00e9sonance magn\u00e9tique. Dans les cerveaux \u00e2g\u00e9s ou atteints de processus neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9ratifs, l&rsquo;\u00e9largissement sulcal caus\u00e9 par la perte de substance grise et le contact \u00e9troit des berges oppos\u00e9es (probl\u00e8me d&rsquo;effet de volume partiel) conduisent fr\u00e9quemment \u00e0 des segmentations erron\u00e9es dans les pipelines informatiques standards, n\u00e9cessitant imp\u00e9rativement une inspection et une correction manuelles par des neuroanatomistes exp\u00e9riment\u00e9s.<\/p>\n<h3>14. Termes associ\u00e9s et distinctions diff\u00e9rentielles<\/h3>\n<p>La ma\u00eetrise de la neuroanatomie de la base de l&rsquo;enc\u00e9phale requiert d&rsquo;op\u00e9rer des distinctions nettes entre le sillon collat\u00e9ral et les structures avoisinantes :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Sillon rhinal (Sulcus rhinalis) :<\/strong> Situ\u00e9 \u00e0 l&rsquo;extr\u00e9mit\u00e9 ant\u00e9rieure du sillon collat\u00e9ral, il borde m\u00e9dialement la partie la plus ant\u00e9rieure du cortex entorhinal et l&rsquo;uncus. Il s&rsquo;en distingue par sa morphologie plus courte, son origine phylog\u00e9nique plus primitive et son interruption fr\u00e9quente par rapport au sillon collat\u00e9ral principal.<\/li>\n<li><strong>Gyrus parahippocampique :<\/strong> Circonvolution corticale situ\u00e9e m\u00e9dialement par rapport au sillon collat\u00e9ral. Alors que le sillon est une concavit\u00e9 profonde d&rsquo;invagination, le gyrus est une convexit\u00e9 de tissu c\u00e9r\u00e9bral h\u00e9bergeant le cortex entorhinal et parahippocampique.<\/li>\n<li><strong>Gyrus fusiforme (Gyrus occipitotemporal lat\u00e9ral) :<\/strong> Situ\u00e9 imm\u00e9diatement sur le versant lat\u00e9ral du sillon collat\u00e9ral. Il constitue l&rsquo;\u00e9l\u00e9ment convexe limitrophe oppos\u00e9 au gyrus parahippocampique.<\/li>\n<li><strong>Sillon occipitotemporal (Sulcus occipitotemporalis) :<\/strong> Sillon situ\u00e9 lat\u00e9ralement par rapport au gyrus fusiforme, le s\u00e9parant du gyrus temporal inf\u00e9rieur. Il chemine de mani\u00e8re grossi\u00e8rement parall\u00e8le au sillon collat\u00e9ral mais occupe une position plus lat\u00e9rale sur la face inf\u00e9rieure de l&rsquo;h\u00e9misph\u00e8re.<\/li>\n<li><strong>Scissure calcarine :<\/strong> Sillon primaire situ\u00e9 sur la face m\u00e9diale du lobe occipital, abritant le cortex visuel primaire. Bien que son extr\u00e9mit\u00e9 ant\u00e9rieure se rapproche du segment caudal du sillon collat\u00e9ral, elle s&rsquo;en distingue par son orientation plus horizontale et son implication dans le traitement visuel r\u00e9tinotopique \u00e9l\u00e9mentaire.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>15. Synth\u00e8se et points cl\u00e9s \u00e0 retenir<\/h3>\n<p>Le sillon collat\u00e9ral est l&rsquo;un des carrefours morphologiques et fonctionnels les plus remarquables du cerveau humain. Sillon primaire profond de la face tentorielle des h\u00e9misph\u00e8res, il assure la scission anatomique fondamentale entre le gyrus parahippocampique et lingual en dedans, et le gyrus fusiforme en dehors.<\/p>\n<p>Au-del\u00e0 de sa stricte d\u00e9finition anatomique, il constitue la cl\u00e9 de vo\u00fbte de l&rsquo;interface perception-m\u00e9moire : ses berges abritent le cortex p\u00e9rirhinal et parahippocampique, essentiels \u00e0 la m\u00e9moire de reconnaissance, au codage de la familiarit\u00e9 et \u00e0 l&rsquo;analyse s\u00e9mantique fine des objets visuels. En clinique, l&rsquo;analyse m\u00e9ticuleuse de son \u00e9paisseur et de sa morphologie offre une fen\u00eatre privil\u00e9gi\u00e9e sur les stades ultra-pr\u00e9coces de la maladie d&rsquo;Alzheimer, guide la r\u00e9section chirurgicale des foyers d&rsquo;\u00e9pilepsie temporale et permet de comprendre les dissociations neuropsychologiques des syndromes agnosiques et amn\u00e9siques.<\/p>\n<h2>R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<ul>\n<li>Brodmann, K. (1909). <em>Vergleichende Lokalisationslehre der Grosshirnrinde in ihren Prinzipien dargestellt auf Grund des Zellenbaues<\/em>. Johann Ambrosius Barth.<\/li>\n<li>Bussey, T. J., &amp; Saksida, L. M. (2007). Memory, perception, and the ventral stream. <em>Cognitive, Affective, &amp; Behavioral Neuroscience<\/em>, 7(3), 161\u2013168. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.3758\/CABN.7.3.161\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">https:\/\/doi.org\/10.3758\/CABN.7.3.161<\/a><\/li>\n<li>Ding, S. L., &amp; Van Hoesen, G. W. (2010). Borders, extent, and topography of human perirhinal and entorhinal cortices: An MRI-based study. <em>Journal of Comparative Neurology<\/em>, 518(12), 2262\u20132284. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1002\/cne.22331\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">https:\/\/doi.org\/10.1002\/cne.22331<\/a><\/li>\n<li>Insausti, R., Juottonen, K., Soininen, H., Insausti, A. M., Partanen, K., Vainio, P., Laakso, M. P., &amp; Pitk\u00e4nen, A. (1998). MR volumetric analysis of the human entorhinal, perirhinal, and temporopolar cortices. <em>AJNR. American Journal of Neuroradiology<\/em>, 19(4), 659\u2013671.<\/li>\n<li>von Economo, C., &amp; Koskinas, G. N. (1925). <em>Die Cytoarchitektonik der Hirnrinde des erwachsenen Menschen<\/em>. Julius Springer.<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le sillon collat\u00e9ral est un sillon majeur de la face inf\u00e9rieure du cerveau s\u00e9parant le gyrus parahippocampique du gyrus fusiforme. 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