{"id":23336,"date":"2026-10-31T02:47:12","date_gmt":"2026-10-31T02:47:12","guid":{"rendered":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/?psych_term=cholinergique-definition-neurosciences-psychologie"},"modified":"2026-10-31T02:47:12","modified_gmt":"2026-10-31T02:47:12","slug":"cholinergique-definition-neurosciences-psychologie","status":"publish","type":"psych_term","link":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/?psych_term=cholinergique-definition-neurosciences-psychologie","title":{"rendered":"Cholinergique : M\u00e9moire, attention et \u00e9veil"},"content":{"rendered":"<p>Le syst\u00e8me cholinergique constitue l&rsquo;un des piliers neuromodulateurs les plus fondamentaux du syst\u00e8me nerveux central et p\u00e9riph\u00e9rique, orchestrant des fonctions vitales allant de la contraction musculaire \u00e0 la consolidation mn\u00e9sique. Au croisement des neurosciences fondamentales, de la neuropsychologie et de la psychiatrie biologique, la transmission cholinergique r\u00e9git la plasticit\u00e9 synaptique et la dynamique attentionnelle au sein du cortex c\u00e9r\u00e9bral. Comprendre ses m\u00e9canismes intimes permet de jeter un pont indispensable entre la physiologie cellulaire et la complexit\u00e9 des comportements cognitifs humains.<\/p>\n<h2>Le concept de cholinergique en psychologie et neurosciences<\/h2>\n<h3>1. D\u00e9finition concise<\/h3>\n<p>Le terme <strong>cholinergique<\/strong> qualifie toute structure anatomique, voie neuronale, r\u00e9cepteur membranaire ou mol\u00e9cule pharmacologique dont le fonctionnement, la transmission ou l&rsquo;activation reposent sur l&rsquo;<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Ac%C3%A9tylcholine\">ac\u00e9tylcholine<\/a> (ACh). En neurobiologie et en psychologie physiologique, il d\u00e9signe de fa\u00e7on globale les circuits neuronaux synth\u00e9tisant et lib\u00e9rant ce neurotransmetteur afin de moduler l&rsquo;excitabilit\u00e9 cellulaire \u00e0 travers l&rsquo;organisme.<\/p>\n<p>Dans le syst\u00e8me nerveux central, le syst\u00e8me cholinergique agit principalement comme un r\u00e9seau de neuromodulation diffuse. Plut\u00f4t que de v\u00e9hiculer un signal synaptique point \u00e0 point purement inducteur ou inhibiteur rapide, il ajuste le rapport signal sur bruit des circuits corticaux, modulant ainsi des processus cognitifs complexes tels que l&rsquo;attention s\u00e9lective, le maintien de la vigilance, l&rsquo;encodage mn\u00e9sique et la plasticit\u00e9 neuronale. Dans le syst\u00e8me p\u00e9riph\u00e9rique, il est le m\u00e9diateur exclusif de la jonction neuromusculaire et forme la branche motrice motrice somatique ainsi que la quasi-totalit\u00e9 des eff\u00e9rences du syst\u00e8me parasympathique.<\/p>\n<p>Sur le plan psychopathologique et neuropsychologique, les dysfonctionnements du r\u00e9seau cholinergique sont directement impliqu\u00e9s dans une multitude d&rsquo;affections neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9ratives et psychiatriques. Sa d\u00e9gradation progressive repr\u00e9sente le stigmate biologique majeur des d\u00e9ficits cognitifs observ\u00e9s dans la d\u00e9mence, tandis que son instabilit\u00e9 fonctionnelle participe aux perturbations cognitives de la schizophr\u00e9nie, des troubles de l&rsquo;humeur et du d\u00e9lirium aigu.<\/p>\n<h3>2. \u00c9tymologie et origine linguistique<\/h3>\n<p>D&rsquo;un point de vue linguistique, l&rsquo;adjectif \u00ab cholinergique \u00bb est un n\u00e9ologisme scientifique savant form\u00e9 au XXe si\u00e8cle par la fusion de racines grecques. La premi\u00e8re composante d\u00e9rive du terme grec ancien <em>chole<\/em> (\u03c7\u03bf\u03bb\u03ae), signifiant \u00ab bile \u00bb, substance organique \u00e0 partir de laquelle la choline fut originellement isol\u00e9e au milieu du XIXe si\u00e8cle par le chimiste Adolph Strecker. La seconde composante provient du substantif grec <em>ergon<\/em> (\u1f14\u03c1\u03b3\u03bf\u03bd), qui traduit l&rsquo;action, l&rsquo;ouvrage ou le travail physique.<\/p>\n<p>L&rsquo;adjonction du suffixe adjectival francis\u00e9 \u00ab -ique \u00bb conf\u00e8re au terme le sens litt\u00e9ral de \u00ab qui travaille avec la choline \u00bb ou \u00ab dont l&rsquo;action est m\u00e9di\u00e9e par la choline \u00bb. Le concept a \u00e9t\u00e9 forg\u00e9 pour \u00e9tablir une sym\u00e9trie terminologique rigoureuse avec les syst\u00e8mes \u00ab adr\u00e9nergiques \u00bb (agissant via l&rsquo;adr\u00e9naline et la noradr\u00e9naline), introduits par les pionniers de la pharmacologie neurov\u00e9g\u00e9tative.<\/p>\n<p>Son incorporation formelle dans la taxonomie neurobiologique remonte aux travaux s\u00e9minaux de Sir Henry Hallett Dale dans les ann\u00e9es 1930. Dale a propos\u00e9 de classifier les fibres nerveuses non pas strictement selon leur appartenance anatomique, mais d&rsquo;apr\u00e8s la nature physico-chimique du messager mol\u00e9culaire lib\u00e9r\u00e9 au niveau de leurs terminaisons synaptiques, scellant ainsi l&rsquo;av\u00e8nement officiel des termes \u00ab cholinergique \u00bb et \u00ab adr\u00e9nergique \u00bb dans la litt\u00e9rature m\u00e9dicale internationale.<\/p>\n<h3>3. Prononciation et forme grammaticale<\/h3>\n<p>Sur le plan phon\u00e9tique, le mot se prononce en fran\u00e7ais standard [k\u0254.li.n\u025b\u0281.\u0292ik] (ko-li-n\u00e8r-jik). Le groupe de lettres initial \u00ab ch- \u00bb se prononce par un son occlusif v\u00e9laire sourd [k], rappelant son \u00e9tymon grec, et non par le son fricatif post-alv\u00e9olaire [\u0283] habituel des mots fran\u00e7ais patrimoniaux.<\/p>\n<p>Du point de vue grammatical, \u00ab cholinergique \u00bb est un adjectif qualificatif \u00e9pic\u00e8ne, invariable en genre mais s&rsquo;accordant en nombre (exemples : \u00ab un r\u00e9cepteur cholinergique \u00bb, \u00ab des voies cholinergiques \u00bb). Par m\u00e9tonymie et substantivation fr\u00e9quente dans le discours clinique et pharmacologique, il est couramment employ\u00e9 comme nom masculin (\u00ab un cholinergique \u00bb, \u00ab les cholinergiques \u00bb) pour d\u00e9signer un compos\u00e9 pharmacodynamique agoniste ou une substance stimulant l&rsquo;activit\u00e9 de ce syst\u00e8me.<\/p>\n<p>On rencontre \u00e9galement des formes compos\u00e9es ou d\u00e9risoires compl\u00e9mentaires dans la litt\u00e9rature sp\u00e9cialis\u00e9e, telles que \u00ab anticholinergique \u00bb (d\u00e9signant un antagoniste bloquant ces r\u00e9cepteurs), \u00ab cholinomim\u00e9tique \u00bb (substance reproduisant fid\u00e8lement les effets de l&rsquo;ac\u00e9tylcholine), ou encore \u00ab cholinest\u00e9rasique \u00bb (relatif \u00e0 l&rsquo;enzyme de d\u00e9gradation ac\u00e9tylcholinest\u00e9rase).<\/p>\n<h3>4. Explication conceptuelle d\u00e9taill\u00e9e<\/h3>\n<p>Pour appr\u00e9hender la port\u00e9e du syst\u00e8me cholinergique en psychologie et en neurobiologie, il convient de distinguer son organisation anatomique, sa dynamique synaptique et ses interactions au sein des r\u00e9seaux neuronaux. Au niveau mol\u00e9culaire, le cycle de l&rsquo;ac\u00e9tylcholine s&rsquo;amorce dans le cytoplasme pr\u00e9synaptique o\u00f9 la choline, recapt\u00e9e activement depuis la fente synaptique, est est\u00e9rifi\u00e9e avec l&rsquo;ac\u00e9tyl-coenzyme A sous l&rsquo;action catalytique de la choline ac\u00e9tyltransf\u00e9rase (ChAT). Une fois synth\u00e9tis\u00e9e, l&rsquo;ac\u00e9tylcholine est concentr\u00e9e dans des v\u00e9sicules synaptiques par le transporteur v\u00e9siculaire de l&rsquo;ac\u00e9tylcholine (VAChT).<\/p>\n<p>Lorsqu&rsquo;un potentiel d&rsquo;action d\u00e9polarise la membrane pr\u00e9synaptique, l&rsquo;influx massif d&rsquo;ions calcium d\u00e9clenche l&rsquo;exocytose de l&rsquo;ac\u00e9tylcholine dans la fente synaptique. Contrairement \u00e0 de nombreux autres neurotransmetteurs classiques comme la s\u00e9rotonine, la dopamine ou le glutamate, l&rsquo;ac\u00e9tylcholine n&rsquo;est pas \u00e9limin\u00e9e de l&rsquo;espace synaptique par un m\u00e9canisme direct de recapture pr\u00e9synaptique du neurom\u00e9diateur intact. Elle subit une d\u00e9gradation enzymatique foudroyante et ultrafid\u00e8le assur\u00e9e par l&rsquo;ac\u00e9tylcholinest\u00e9rase (AChE), qui scinde la mol\u00e9cule en ac\u00e9tate et en choline libre, cette derni\u00e8re \u00e9tant ensuite r\u00e9absorb\u00e9e par un transporteur de haute affinit\u00e9 afin de reconstituer les r\u00e9serves v\u00e9siculaires.<\/p>\n<p>Dans l&rsquo;enc\u00e9phale, les neurones cholinergiques s&rsquo;organisent selon deux grandes architectures structurales. D&rsquo;une part, on identifie des populations d&rsquo;interneurones locaux striataux, indispensables \u00e0 la r\u00e9gulation motrice et \u00e0 l&rsquo;\u00e9quilibre fonctionnel avec la transmission dopaminergique au sein des ganglions de la base. D&rsquo;autre part, il existe de vastes ensembles de neurones de projection r\u00e9partis en deux regroupements nucl\u00e9aires principaux : le complexe cholinergique du prosenc\u00e9phale basal (notamment le noyau basal de Meynert, la bandelette diagonale de Broca et le septum m\u00e9dial) et le complexe tegmental ponto-m\u00e9senc\u00e9phalique (regroupant le noyau tegmental p\u00e9donculopontin et le noyau tegmental lat\u00e9rodorsal).<\/p>\n<p>Le complexe du prosenc\u00e9phale basal projette des axones non my\u00e9linis\u00e9s de fa\u00e7on extr\u00eamement diffuse vers l&rsquo;ensemble du n\u00e9ocortex, du syst\u00e8me limbique et de la formation hippocampique. Cette disposition anatomique divergente permet \u00e0 une population restreinte de corps cellulaires cholinergiques de moduler l&rsquo;activit\u00e9 de milliards de neurones cibles, intervenant comme un rh\u00e9ostat global de l&rsquo;\u00e9veil cortical, de la d\u00e9tection de stimuli saillants et de la reconfiguration dynamique des r\u00e9seaux neuronaux au service de la cognition flexible.<\/p>\n<h3>5. \u00c9volution historique<\/h3>\n<p>L&rsquo;histoire de la neurotransmission cholinergique est indissociable de la naissance de la neurobiologie moderne. En 1921, le physiologiste austro-am\u00e9ricain Otto Loewi con\u00e7oit une exp\u00e9rience historique d\u00e9montrant que la communication nerveuse repose sur des m\u00e9diateurs chimiques plut\u00f4t que sur une simple conduction \u00e9lectrique continue. En stimulant le nerf vague d&rsquo;un c\u0153ur de grenouille isol\u00e9 baignant dans une solution saline, puis en transf\u00e9rant ce liquide de perfusion sur un second c\u0153ur d\u00e9nerv\u00e9, Loewi observe le ralentissement imm\u00e9diat de ce dernier. Il baptise initialement ce messager humoral inconnu la <em>Vagusstoff<\/em> (\u00ab substance vagale \u00bb).<\/p>\n<p>Quelques ann\u00e9es plus tard, Henry Hallett Dale et ses collaborateurs identifient formellement cette substance chimique comme \u00e9tant l&rsquo;ac\u00e9tylcholine, mol\u00e9cule synth\u00e9tis\u00e9e artificiellement d\u00e8s 1867 mais dont la pr\u00e9sence endog\u00e8ne chez les mammif\u00e8res n&rsquo;avait pas encore \u00e9t\u00e9 prouv\u00e9e. Dale d\u00e9crit avec une pr\u00e9cision remarquable ses actions biologiques diff\u00e9rentielles, distinguant les r\u00e9ponses rapides bloqu\u00e9es par la tubocurarine des r\u00e9ponses lentes bloqu\u00e9es par l&rsquo;atropine, pr\u00e9figurant la d\u00e9couverte des sous-types de r\u00e9cepteurs. En 1936, Otto Loewi et Henry Dale se voient d\u00e9cerner conjointement le prix Nobel de physiologie ou m\u00e9decine pour leurs contributions pionni\u00e8res \u00e0 la transmission chimique de l&rsquo;influx nerveux.<\/p>\n<p>Durant les ann\u00e9es 1970, l&rsquo;av\u00e8nement des m\u00e9thodes d&rsquo;immunohistochimie et de d\u00e9tection biochimique fine de la choline ac\u00e9tyltransf\u00e9rase permet de cartographier avec exactitude les voies cholinergiques centrales dans le cerveau humain. C&rsquo;est \u00e0 cette \u00e9poque que Peter Davies, David Bowen et leurs \u00e9quipes d\u00e9couvrent une diminution massive et s\u00e9lective des marqueurs cholinergiques dans le cortex et l&rsquo;hippocampe de patients d\u00e9c\u00e9d\u00e9s de la maladie d&rsquo;Alzheimer. Cette d\u00e9couverte majeure conduit \u00e0 l&rsquo;\u00e9laboration de la c\u00e9l\u00e8bre \u00ab hypoth\u00e8se cholinergique \u00bb de la maladie d&rsquo;Alzheimer par David Drachman et ses pairs, postulant que le d\u00e9clin progressif de la m\u00e9moire et des fonctions ex\u00e9cutives d\u00e9coule de l&rsquo;atrophie s\u00e9lective des neurones du noyau basal de Meynert.<\/p>\n<p>Au cours des d\u00e9cennies 1990 et 2000, le clonage mol\u00e9culaire r\u00e9v\u00e8le l&rsquo;h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 structurelle fascinante des r\u00e9cepteurs membranaires, isolant cinq sous-types de r\u00e9cepteurs muscariniques et une vari\u00e9t\u00e9 impressionnante de sous-unit\u00e9s de r\u00e9cepteurs nicotiniques. Dans la p\u00e9riode contemporaine, l&rsquo;utilisation de l&rsquo;optog\u00e9n\u00e9tique, de la microscopie biphotonique et des biocapteurs fluorescents genetically encoded a r\u00e9volutionn\u00e9 cette vision : le syst\u00e8me cholinergique n&rsquo;est plus per\u00e7u comme une simple nappe tonique lente, mais comme un syst\u00e8me capable de signaux phasiques milliseconde par milliseconde r\u00e9gulant l&rsquo;attention s\u00e9lective et les pr\u00e9dictions d&rsquo;erreur d&rsquo;apprentissage.<\/p>\n<h3>6. Fondements th\u00e9oriques<\/h3>\n<p>D&rsquo;un point de vue th\u00e9orique en neurosciences cognitives, l&rsquo;action cholinergique s&rsquo;ins\u00e8re dans les mod\u00e8les computationnels de r\u00e9gulation du gain synaptique et d&rsquo;inf\u00e9rence bay\u00e9sienne pr\u00e9dictive du cerveau. La th\u00e9orie neuromodulatrice de Michael Hasselmo postule que l&rsquo;ac\u00e9tylcholine op\u00e8re une dissociation fonctionnelle fondamentale entre les modes d&rsquo;encodage et de consolidation dans les circuits hippocampiques et corticaux.<\/p>\n<p>Selon ce mod\u00e8le computationnel, des concentrations \u00e9lev\u00e9es d&rsquo;ac\u00e9tylcholine (observ\u00e9es durant l&rsquo;\u00e9veil actif et l&rsquo;exploration attentive) suppriment s\u00e9lectivement la transmission synaptique excitatrice intrins\u00e8que (les connexions r\u00e9currentes collat\u00e9rales CA3-CA3 dans l&rsquo;hippocampe) tout en facilitant les entr\u00e9es aff\u00e9rentes sensorielles directes venant du cortex entorhinal. Cette configuration synaptique maximise l&rsquo;incorporation de nouvelles informations environnementales dans les r\u00e9seaux neuronaux sans interf\u00e9rence des souvenirs pr\u00e9existants, optimisant ainsi l&rsquo;encodage. \u00c0 l&rsquo;inverse, lors du sommeil \u00e0 ondes lentes ou de phases de repos o\u00f9 les niveaux d&rsquo;ac\u00e9tylcholine chutent drastiquement, la lev\u00e9e d&rsquo;inhibition des collat\u00e9rales r\u00e9currentes permet la r\u00e9activation spontan\u00e9e des r\u00e9seaux et le transfert des informations vers le n\u00e9ocortex, sous-tendant la consolidation de la m\u00e9moire \u00e0 long terme.<\/p>\n<p>Une seconde approche th\u00e9orique influente d\u00e9velopp\u00e9e par Angela Yu et Peter Dayan envisage le syst\u00e8me cholinergique comme le messager de \u00ab l&rsquo;incertitude attendue \u00bb (<em>expected uncertainty<\/em>). Dans un environnement complexe, le cerveau doit faire la part entre le bruit statistique pr\u00e9visible et les changements fondamentaux du contexte. Selon cette th\u00e9orie computationnelle, l&rsquo;ac\u00e9tylcholine ajuste le poids accord\u00e9 aux informations sensorielles ascendantes (<em>bottom-up<\/em>) par rapport aux attentes a priori descendantes (<em>top-down<\/em>) v\u00e9hicul\u00e9es par les repr\u00e9sentations corticales internes, \u00e9vitant ainsi un surapprentissage des d\u00e9tails environnementaux aberrants.<\/p>\n<p>Enfin, sur le plan de la psychophysiologie de l&rsquo;attention, le cadre th\u00e9orique propos\u00e9 par Martin Sarter d\u00e9montre que la lib\u00e9ration phasique d&rsquo;ac\u00e9tylcholine dans le cortex pr\u00e9frontal m\u00e9dian agit comme un m\u00e9canisme d\u00e9clencheur r\u00e9tablissant l&rsquo;acc\u00e8s conscient aux stimuli sensoriels lorsque la t\u00e2che exige une allocation accrue de ressources attentionnelles, assurant ainsi la r\u00e9silience cognitive face aux distracteurs ext\u00e9rieurs.<\/p>\n<h3>7. Composantes cl\u00e9s, types et dimensions<\/h3>\n<p>Le syst\u00e8me cholinergique op\u00e8re \u00e0 travers deux grandes familles de r\u00e9cepteurs membranaires, dont les caract\u00e9ristiques biophysiques, la cin\u00e9tique et la localisation fonctionnelle d\u00e9terminent la vari\u00e9t\u00e9 de ses r\u00e9ponses physiologiques :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Les <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/R%C3%A9cepteur_nicotinique\">r\u00e9cepteurs nicotiniques<\/a> (nAChR) :<\/strong> Ce sont des canaux ioniques chimiod\u00e9pendants (r\u00e9cepteurs ionotropes) form\u00e9s par l&rsquo;assemblage pentam\u00e9rique de sous-unit\u00e9s (alpha, b\u00eata, gamma, delta, epsilon). Leur liaison par l&rsquo;ac\u00e9tylcholine d\u00e9clenche une ouverture quasi instantan\u00e9e du pore aqueux, permettant un flux entrant de cations (sodium, calcium) et une d\u00e9polarisation cellulaire rapide. Dans le cerveau, les formes pr\u00e9dominantes sont les r\u00e9cepteurs homopentam\u00e9riques alpha-7 (hautement perm\u00e9ables au calcium) et h\u00e9t\u00e9ropentam\u00e9riques alpha-4-b\u00eata-2. Ils sont situ\u00e9s tant au niveau post-synaptique que pr\u00e9-synaptique, o\u00f9 ils stimulent en retour la lib\u00e9ration d&rsquo;autres neurom\u00e9diateurs comme le glutamate, la dopamine et le GABA.<\/li>\n<li><strong>Les <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/R%C3%A9cepteur_muscarinique\">r\u00e9cepteurs muscariniques<\/a> (mAChR) :<\/strong> Il s&rsquo;agit de r\u00e9cepteurs coupl\u00e9s aux prot\u00e9ines G (r\u00e9cepteurs m\u00e9tabotropes) \u00e0 sept domaines transmembranaires, qui modulent des cascades intracellulaires de seconds messagers avec une cin\u00e9tique plus lente et durable. Ils se subdivisent en cinq sous-types distincts :\n<ul>\n<li><em>Sous-types M1, M3 et M5 :<\/em> Coupl\u00e9s pr\u00e9f\u00e9rentiellement aux prot\u00e9ines Gq\/11, ils activent la phospholipase C (PLC), induisant la synth\u00e8se d&rsquo;inositol trisphosphate (IP3) et de diacylglyc\u00e9rol (DAG), ce qui mobilise le calcium intracellulaire et augmente l&rsquo;excitabilit\u00e9 membranaire globale. Les r\u00e9cepteurs M1 sont hautement enrichis dans l&rsquo;hippocampe et le n\u00e9ocortex, jouant un r\u00f4le cl\u00e9 dans la plasticit\u00e9 synaptique.<\/li>\n<li><em>Sous-types M2 et M4 :<\/em> Coupl\u00e9s aux prot\u00e9ines Gi\/o, ils inhibent l&rsquo;ad\u00e9nylate cyclase, r\u00e9duisant les taux d&rsquo;ad\u00e9nosine monophosphate cyclique (AMPc), et activent des canaux potassiques rectifiants entrants tout en inhibant les canaux calciques voltage-d\u00e9pendants. Ils fonctionnent fr\u00e9quemment comme des autor\u00e9cepteurs pr\u00e9synaptiques limitant la lib\u00e9ration ult\u00e9rieure d&rsquo;ac\u00e9tylcholine par r\u00e9troaction n\u00e9gative.<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<li><strong>Les structures anatomiques aff\u00e9rentes :<\/strong> Regroup\u00e9es sous la d\u00e9nomination de voies Ch1 \u00e0 Ch8, elles incluent le noyau septal m\u00e9dial (Ch1), le noyau vertical de la bandelette de Broca (Ch2), le noyau horizontal de Broca (Ch3), le noyau basal de Meynert (Ch4), le noyau tegmental p\u00e9donculopontin (Ch5), le noyau tegmental lat\u00e9rodorsal (Ch6), le syst\u00e8me interneuronal striatal (Ch7) et le noyau parabig\u00e9minal (Ch8).<\/li>\n<li><strong>Les \u00e9l\u00e9ments enzymatiques de r\u00e9gulation :<\/strong> Comprenant la choline ac\u00e9tyltransf\u00e9rase (responsable de l&rsquo;anabolisme) et l&rsquo;ac\u00e9tylcholinest\u00e9rase ainsi que la butyrylcholinest\u00e9rase (responsables du catabolisme rapide par hydrolyse).<\/li>\n<\/ul>\n<h3>8. Exemples et cas illustratifs<\/h3>\n<p>L&rsquo;illustration la plus \u00e9loquente de l&rsquo;implication du syst\u00e8me cholinergique dans la cognition s&rsquo;observe \u00e0 travers les paradigmes pharmacologiques d&rsquo;amn\u00e9sie induite. L&rsquo;administration chez un volontaire sain d&rsquo;une dose mod\u00e9r\u00e9e de scopolamine, un antagoniste non s\u00e9lectif des r\u00e9cepteurs muscariniques, produit temporairement un tableau cognitif rappelant les premiers stades de la d\u00e9mence : alt\u00e9ration s\u00e9v\u00e8re de l&rsquo;encodage de nouvelles donn\u00e9es verbales ou spatiales, distractibilit\u00e9 majeure et ralentissement psychomoteur, sans alt\u00e9rer pour autant les souvenirs autobiographiques anciens solidement consolid\u00e9s.<\/p>\n<p>Dans le champ clinique de la neurologie, le cas de la <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Maladie_d%27Alzheimer\">maladie d&rsquo;Alzheimer<\/a> offre une d\u00e9monstration poignante de l&rsquo;impact des d\u00e9ficits cholinergiques. Un patient de 72 ans se pr\u00e9sentant initialement pour des oublis r\u00e9p\u00e9t\u00e9s des \u00e9v\u00e9nements r\u00e9cents pr\u00e9sentera, lors de l&rsquo;analyse histologique post-mortem ou en tomographie par \u00e9mission de positons, une atrophie marqu\u00e9e du noyau basal de Meynert et une d\u00e9perdition des terminaisons cholinergiques corticales pouvant d\u00e9passer 70 %. L&rsquo;instauration d&rsquo;un inhibiteur de l&rsquo;ac\u00e9tylcholinest\u00e9rase (comme le don\u00e9p\u00e9zil) chez ce patient permet souvent, durant les premiers mois, d&rsquo;att\u00e9nuer le d\u00e9clin attentionnel et de stabiliser provisoirement ses capacit\u00e9s mn\u00e9siques en prolongeant la biodisponibilit\u00e9 de l&rsquo;ac\u00e9tylcholine restante.<\/p>\n<p>Un autre exemple saisissant provient de la d\u00e9pendance \u00e0 la nicotine. Lors de l&rsquo;inhalation d&rsquo;une bouff\u00e9e de tabac, la nicotine franchit la barri\u00e8re h\u00e9mato-enc\u00e9phalique en quelques secondes et se lie avec une affinit\u00e9 extr\u00eame sur les r\u00e9cepteurs nicotiniques alpha-4-b\u00eata-2 du syst\u00e8me tegmental ventral. Cette stimulation cholinergique directe provoque une lib\u00e9ration abrupte de dopamine dans le noyau accumbens, renfor\u00e7ant le circuit de la r\u00e9compense et expliquant \u00e0 la fois l&rsquo;am\u00e9lioration fugitive de la concentration rapport\u00e9e par les usagers et le potentiel addictif puissant du tabagisme.<\/p>\n<p>Dans le domaine de la m\u00e9decine d&rsquo;urgence, le syndrome anticholinergique aigu (provoqu\u00e9 par le surdosage accidentel en antid\u00e9presseurs tricycliques, neuroleptiques atropiniques ou ingestion de datura) illustre les cons\u00e9quences comportementales d&rsquo;un blocage cholinergique massif : le patient pr\u00e9sente une d\u00e9sorientation spatio-temporelle compl\u00e8te, des hallucinations visuelles vives, un d\u00e9lire agit\u00e9, associ\u00e9s aux signes p\u00e9riph\u00e9riques typiques (\u00ab sec comme un os, rouge comme une betterave, aveugle comme une taupe, fou comme un li\u00e8vre de mars \u00bb dus \u00e0 la paralysie parasympathique).<\/p>\n<h3>9. Mesure et \u00e9valuation<\/h3>\n<p>L&rsquo;\u00e9tude et l&rsquo;\u00e9valuation du syst\u00e8me cholinergique s&rsquo;effectuent \u00e0 de multiples \u00e9chelles, allant des protocoles neurophysiologiques chez l&rsquo;humain vivant jusqu&rsquo;aux dosages mol\u00e9culaires post-mortem :<\/p>\n<p>En imagerie mol\u00e9culaire in vivo, la tomographie par \u00e9mission de positons (TEP) et la tomographie par \u00e9mission monophotonique (TEMP) permettent de visualiser et de quantifier l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 des structures cholinergiques. L&rsquo;utilisation de radiotraceurs sp\u00e9cifiques ciblant le transporteur v\u00e9siculaire de l&rsquo;ac\u00e9tylcholine (comme le [18F]-FEOBV) offre une cartographie d&rsquo;une pr\u00e9cision remarquable de la densit\u00e9 des terminaisons cholinergiques dans le cortex c\u00e9r\u00e9bral. De mani\u00e8re similaire, des radioligands se liant \u00e0 l&rsquo;ac\u00e9tylcholinest\u00e9rase (ex. [11C]-PMP) permettent de mesurer l&rsquo;activit\u00e9 enzymatique r\u00e9gionale en temps r\u00e9el.<\/p>\n<p>En \u00e9lectrophysiologie clinique et cognitive, la stimulation magn\u00e9tique transcr\u00e2nienne (TMS) associ\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9lectroenc\u00e9phalographie (EEG) fournit une mesure non invasive de l&rsquo;activit\u00e9 cholinergique corticale \u00e0 travers le paradigme de l&rsquo;inhibition aff\u00e9rente \u00e0 courte latence (SAI, <em>Short-Latency Afferent Inhibition<\/em>). Dans ce protocole, une stimulation \u00e9lectrique du nerf m\u00e9dian au poignet inhibe l&rsquo;amplitude du potentiel \u00e9voqu\u00e9 moteur g\u00e9n\u00e9r\u00e9 par une impulsion TMS sur le cortex moteur primaire environ 20 millisecondes plus tard. Il est cliniquement prouv\u00e9 que ce ph\u00e9nom\u00e8ne d&rsquo;inhibition d\u00e9pend strictement de l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 des circuits cholinergiques intracorticaux, la scopolamine supprimant cette inhibition tandis que les agonistes la restaurent.<\/p>\n<p>Sur le plan neuropsychologique indirect, on emploie des batteries standardis\u00e9es explorant les fonctions cognitives d\u00e9pendantes de la transmission cholinergique. Ces tests \u00e9valuent sp\u00e9cifiquement l&rsquo;attention soutenue, l&rsquo;attention divis\u00e9e et la m\u00e9moire de travail (ex. le test de performance continue, la t\u00e2che d&rsquo;\u00e9coute dichotique, et les \u00e9preuves de rappel diff\u00e9r\u00e9 associ\u00e9es \u00e0 des interf\u00e9rences distractrices comme dans le test de Grober et Buschke).<\/p>\n<p>En recherche pr\u00e9clinique, la microdialyse c\u00e9r\u00e9brale combin\u00e9e \u00e0 la chromatographie liquide \u00e0 haute performance (HPLC) avec d\u00e9tection \u00e9lectrochimique ou spectrom\u00e9trie de masse permet de mesurer directement les fluctuations d&rsquo;ac\u00e9tylcholine extracellulaire dans l&rsquo;hippocampe ou le cortex d&rsquo;animaux effectuant des t\u00e2ches cognitives complexes. Plus r\u00e9cemment, le d\u00e9veloppement de capteurs fluorescents g\u00e9n\u00e9tiquement encod\u00e9s (tels que les sondes GACh) a permis de capturer la lib\u00e9ration d&rsquo;ac\u00e9tylcholine \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle subseconde par microscopie \u00e0 fluorescence in vivo.<\/p>\n<h3>10. Applications et port\u00e9e pratique<\/h3>\n<p>La compr\u00e9hension du fonctionnement cholinergique poss\u00e8de des implications m\u00e9dicales, pharmacologiques et psychiatriques majeures au quotidien. En th\u00e9rapeutique neurologique, les inhibiteurs r\u00e9versibles de l&rsquo;ac\u00e9tylcholinest\u00e9rase (don\u00e9p\u00e9zil, rivastigmine, galantamine) repr\u00e9sentent le traitement symptomatique de r\u00e9f\u00e9rence de la maladie d&rsquo;Alzheimer au stade l\u00e9ger \u00e0 mod\u00e9r\u00e9. En limitant la d\u00e9gradation enzymatique du neurotransmetteur, ces agents augmentent le temps de r\u00e9sidence de l&rsquo;ac\u00e9tylcholine au contact des r\u00e9cepteurs synaptiques survivants, procurant des b\u00e9n\u00e9fices modestes mais perceptibles sur le fonctionnement ex\u00e9cutif, la communication et l&rsquo;autonomie journali\u00e8re des patients.<\/p>\n<p>Dans le domaine de la d\u00e9mence \u00e0 corps de Lewy, une affection neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9rative caract\u00e9ris\u00e9e par des fluctuations cognitives profondes et des hallucinations visuelles pr\u00e9coces, le d\u00e9ficit cholinergique est souvent plus massif et pr\u00e9coce que dans la maladie d&rsquo;Alzheimer classique. L&rsquo;administration d&rsquo;agents cholinergiques y d\u00e9montre une efficacit\u00e9 remarquable, r\u00e9duisant substantiellement les hallucinations et am\u00e9liorant la stabilit\u00e9 attentionnelle.<\/p>\n<p>En anesth\u00e9siologie et r\u00e9animation, la surveillance des r\u00e9seaux cholinergiques est d\u00e9terminante pour pr\u00e9venir le d\u00e9lirium post-op\u00e9ratoire. De nombreuses mol\u00e9cules administr\u00e9es au cours des chirurgies poss\u00e8dent des propri\u00e9t\u00e9s anticholinergiques occultes. Chez le sujet \u00e2g\u00e9 au parenchyme c\u00e9r\u00e9bral fragilis\u00e9, ce fardeau anticholinergique m\u00e9dicamenteux constitue le principal facteur de d\u00e9compensation confusionnelle aigu\u00eb. Des \u00e9chelles d&rsquo;\u00e9valuation du fardeau anticholinergique (telles que l&rsquo;<em>Anticholinergic Cognitive Burden Scale<\/em>) sont aujourd&rsquo;hui rigoureusement int\u00e9gr\u00e9es en pratique g\u00e9riatrique afin de d\u00e9prescrire les mol\u00e9cules \u00e0 risque.<\/p>\n<p>En psychopathologie et traitement des addictions, la modulation des r\u00e9cepteurs nicotiniques constitue une cible de premier plan. La var\u00e9nicline, un agoniste partiel des r\u00e9cepteurs nicotiniques alpha-4-b\u00eata-2, est employ\u00e9e comme aide au sevrage tabagique : en maintenant un niveau mod\u00e9r\u00e9 de lib\u00e9ration de dopamine dans la voie m\u00e9solimbique, elle r\u00e9duit le syndrome de sevrage et l&rsquo;envie irr\u00e9pressible de fumer tout en bloquant l&rsquo;effet de r\u00e9compense maximal en cas d&rsquo;inhalation de nicotine.<\/p>\n<p>Dans le champ p\u00e9riph\u00e9rique du <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Syst%C3%A8me_nerveux_autonome\">syst\u00e8me nerveux autonome<\/a>, les m\u00e9dicaments cholinergiques ou anticholinergiques traitent des conditions diverses telles que la myasth\u00e9nie grave (via la pyridostigmine), le glaucome, le syndrome du c\u00f4lon irritable, l&rsquo;asthme (via les anticholinergiques inhal\u00e9s comme le tiotropium) ou l&rsquo;hyperactivit\u00e9 v\u00e9sicale.<\/p>\n<h3>11. Recherche et donn\u00e9es empiriques<\/h3>\n<p>Les investigations neurobiologiques contemporaines ont profond\u00e9ment renouvel\u00e9 notre conception du r\u00f4le du syst\u00e8me cholinergique dans l&rsquo;apprentissage et la plasticit\u00e9 c\u00e9r\u00e9brale. Les recherches dirig\u00e9es par Martin Sarter et ses collaborateurs ont \u00e9tabli par amp\u00e9rom\u00e9trie en temps r\u00e9el que les signaux cholinergiques dans le cortex pr\u00e9frontal ne se limitent pas \u00e0 un \u00e9tat d&rsquo;activation sous-jacent lent. Ils surviennent sous la forme de bouff\u00e9es phasiques rapides (appel\u00e9es \u00ab transients \u00bb cholinergiques) synchronis\u00e9es avec la d\u00e9tection consciente d&rsquo;un signal cible, convertissant un stimulus sensoriel non remarqu\u00e9 en une repr\u00e9sentation active guidant l&rsquo;action motrice.<\/p>\n<p>Sur le versant de la m\u00e9moire, les \u00e9tudes pionni\u00e8res de Michael Hasselmo chez le rongeur ont d\u00e9montr\u00e9 que la perfusion exp\u00e9rimentale d&rsquo;agonistes cholinergiques dans les tranches d&rsquo;hippocampe facilite l&rsquo;induction de la potentialisation \u00e0 long terme (LTP) au niveau des synapses entre le cortex entorhinal et le gyrus dent\u00e9, tout en supprimant la transmission le long des fibres r\u00e9currentes de CA3. Des travaux men\u00e9s en imagerie par r\u00e9sonance magn\u00e9tique fonctionnelle (IRMf) chez l&rsquo;humain combin\u00e9s \u00e0 des manipulations pharmacologiques ont confirm\u00e9 ces observations : sous l&rsquo;effet de la physostigmine (un facilitateur cholinergique), l&rsquo;activation hippocampique lors de l&rsquo;encodage visuel est renforc\u00e9e, ce qui pr\u00e9dit de fa\u00e7on statistiquement significative le taux de rappel ult\u00e9rieur.<\/p>\n<p>Une fronti\u00e8re de recherche particuli\u00e8rement dynamique concerne le r\u00f4le de l&rsquo;ac\u00e9tylcholine dans le sommeil paradoxal (REM, <em>Rapid Eye Movement<\/em>). Les travaux de micro-injections c\u00e9r\u00e9brales ont mis en \u00e9vidence que les neurones cholinergiques des noyaux tegmentaux p\u00e9donculopontin et lat\u00e9rodorsal atteignent leur fr\u00e9quence de d\u00e9charge maximale durant l&rsquo;\u00e9tat de veille attentive et le sommeil paradoxal, alors qu&rsquo;ils sont pratiquement silencieux pendant le sommeil lent profond. Cette intense d\u00e9charge cholinergique engendre la d\u00e9synchronisation EEG \u00e0 haute fr\u00e9quence caract\u00e9ristique du sommeil paradoxal et participe \u00e0 la r\u00e9organisation des traces mn\u00e9siques \u00e9motionnelles.<\/p>\n<p>Dans le domaine de la neuro-immunologie, Kevin Tracey a mis au jour la \u00ab voie anti-inflammatoire cholinergique \u00bb. Ses \u00e9tudes ont document\u00e9 qu&rsquo;une sous-population de lymphocytes T producteurs d&rsquo;ac\u00e9tylcholine, relayant les signaux du nerf vague, synth\u00e9tise ce neurotransmetteur au sein de la rate. L&rsquo;ac\u00e9tylcholine s&rsquo;y lie aux r\u00e9cepteurs nicotiniques alpha-7 port\u00e9s par les macrophages r\u00e9sidents, inhibant drastiquement la transcription et la lib\u00e9ration de cytokines pro-inflammatoires syst\u00e9miques comme le TNF-alpha et l&rsquo;interleukine-1 b\u00eata. Cette d\u00e9couverte a ouvert un champ th\u00e9rapeutique in\u00e9dit reliant la stimulation \u00e9lectrique vagale \u00e0 la modulation cholinergique des maladies auto-immunes et inflammatoires chroniques.<\/p>\n<h3>12. Consid\u00e9rations culturelles et contextuelles<\/h3>\n<p>Bien que les propri\u00e9t\u00e9s neurophysiologiques et mol\u00e9culaires du syst\u00e8me cholinergique soient universelles dans l&rsquo;esp\u00e8ce humaine, l&rsquo;exposition contextuelle, culturelle et soci\u00e9tale aux substances agissant sur ce syst\u00e8me varie consid\u00e9rablement selon les r\u00e9gions du globe et les \u00e9poques historiques.<\/p>\n<p>L&rsquo;utilisation de la nicotine, puissant agoniste des r\u00e9cepteurs nicotiniques cholinergiques, est profond\u00e9ment enracin\u00e9e dans l&rsquo;histoire des civilisations am\u00e9rindiennes o\u00f9 le tabac n&rsquo;\u00e9tait pas seulement consomm\u00e9 \u00e0 des fins r\u00e9cr\u00e9atives mais investi d&rsquo;une signification rituelle, chamanique et th\u00e9rapeutique. Le passage du tabagisme rituel \u00e0 la consommation industrielle mondiale a engendr\u00e9 des disparit\u00e9s \u00e9pid\u00e9miologiques massives dans la d\u00e9pendance nicotinique, modifiant durablement le profil d&rsquo;expression des r\u00e9cepteurs cholinergiques c\u00e9r\u00e9braux au sein de larges populations.<\/p>\n<p>D&rsquo;autres pratiques ethnobotaniques impliquent des substances \u00e0 modulation cholinergique directe. En Asie du Sud-Est et dans certaines \u00eeles du Pacifique, la mastication ancestrale de la noix d&rsquo;arec (b\u00e9tel) lib\u00e8re de l&rsquo;ar\u00e9coline, un agoniste naturel des r\u00e9cepteurs muscariniques traversant facilement la barri\u00e8re c\u00e9r\u00e9brale. Les populations consommatrices d\u00e9crivent des effets stimulants sur la vigilance, une r\u00e9duction de l&rsquo;app\u00e9tit et une sensation de bien-\u00eatre, mais cette pratique s&rsquo;accompagne d&rsquo;une d\u00e9pendance pharmacologique marqu\u00e9e et de risques oncologiques buccaux consid\u00e9rables.<\/p>\n<p>De m\u00eame, l&rsquo;usage traditionnel de plantes solanac\u00e9es riches en alcalo\u00efdes anticholinergiques (jusquiame, mandragore, belladone, datura) a travers\u00e9 le folklore europ\u00e9en m\u00e9di\u00e9val et les pratiques magico-religieuses de nombreuses cultures traditionnelles. L&rsquo;induction d&rsquo;hallucinations d\u00e9lirantes et de transes dissociatives par ces plantes r\u00e9sulte directement d&rsquo;une d\u00e9connexion cholinergique corticale aigu\u00eb. \u00c0 l&rsquo;\u00e8re contemporaine, la prise en compte de ces substances psychoactives traditionnelles est indispensable en ethnopharmacologie et en psychiatrie transculturelle lors de l&rsquo;\u00e9valuation clinique de tableaux confusionnels atypiques.<\/p>\n<h3>13. Critiques, controverses et limites<\/h3>\n<p>La place accord\u00e9e au syst\u00e8me cholinergique a suscit\u00e9 d&rsquo;importants d\u00e9bats scientifiques, particuli\u00e8rement autour de la port\u00e9e et des limites de \u00ab l&rsquo;hypoth\u00e8se cholinergique \u00bb de la maladie d&rsquo;Alzheimer. Formul\u00e9e initialement pour transposer au d\u00e9clin mn\u00e9sique le mod\u00e8le du d\u00e9ficit dopaminergique de la maladie de Parkinson, cette th\u00e9orie a suscit\u00e9 d&rsquo;immenses espoirs th\u00e9rapeutiques qui n&rsquo;ont \u00e9t\u00e9 que partiellement concr\u00e9tis\u00e9s.<\/p>\n<p>Les critiques soulignent que bien que le traitement par inhibiteurs de l&rsquo;ac\u00e9tylcholinest\u00e9rase apporte une am\u00e9lioration symptomatique mesurable mais modeste des scores cognitifs, il ne modifie en rien la cin\u00e9tique de neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence sous-jacente ni la cascade pathologique de la prot\u00e9ine b\u00eata-amylo\u00efde et de la prot\u00e9ine tau hyperphosphoryl\u00e9e. Pour de nombreux neurobiologistes, la d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence cholinergique n&rsquo;est pas le primum movens de l&rsquo;affection, mais une cons\u00e9quence collat\u00e9rale destructrice parmi d&rsquo;autres atteintes synaptiques complexes. Focaliser la recherche exclusivement sur la substitution cholinergique a potentiellement retard\u00e9 l&rsquo;exploration d&rsquo;autres voies th\u00e9rapeutiques cibl\u00e9es sur la neuroprotection et la r\u00e9solution de l&rsquo;inflammation c\u00e9r\u00e9brale.<\/p>\n<p>Une seconde controverse d\u00e9coule des effets ind\u00e9sirables neuropsychiatriques des agents cholinomim\u00e9tiques et anticholinergiques. L&rsquo;exposition chronique aux m\u00e9dicaments dot\u00e9s d&rsquo;effets anticholinergiques chez la personne \u00e2g\u00e9e (souvent prescrits pour des motifs b\u00e9nins comme l&rsquo;insomnie, les allergies ou l&rsquo;incontinence) multiplie le risque d&rsquo;atrophie c\u00e9r\u00e9brale et acc\u00e9l\u00e8re la survenue de d\u00e9mences permanentes, cr\u00e9ant une iatrog\u00e9nie longtemps sous-estim\u00e9e par le corps m\u00e9dical.<\/p>\n<p>Enfin, sur le plan computationnel, la dichotomie rigide entre \u00ab transmission rapide de l&rsquo;information \u00bb d\u00e9volue au glutamate\/GABA et \u00ab simple modulation lente \u00bb attribu\u00e9e au syst\u00e8me cholinergique est aujourd&rsquo;hui remise en cause. Les donn\u00e9es r\u00e9centes montrent que la transmission cholinergique peut s&rsquo;effectuer de mani\u00e8re tr\u00e8s focale et ultrafaste par le biais de r\u00e9cepteurs ionotropes locaux, contestant la classification simpliste de l&rsquo;ac\u00e9tylcholine comme un modulateur d&rsquo;ambiance purement diffus.<\/p>\n<h3>14. Termes connexes et distinctions<\/h3>\n<p>Pour \u00e9viter toute confusion terminologique en neurosciences et en clinique, il importe de distinguer le concept de cholinergique d&rsquo;autres notions physiologiques proches :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Anticholinergique :<\/strong> Terme d\u00e9signant tout agent pharmacologique ou toute mol\u00e9cule qui s&rsquo;oppose \u00e0 l&rsquo;action de l&rsquo;ac\u00e9tylcholine en occupant ses r\u00e9cepteurs sp\u00e9cifiques de mani\u00e8re antagoniste (ex. atropine, scopolamine). L&rsquo;anticholinergique inhibe l\u00e0 o\u00f9 l&rsquo;agent cholinergique stimule ou entretient l&rsquo;action.<\/li>\n<li><strong>Adr\u00e9nergique :<\/strong> Syst\u00e8me fonctionnel parall\u00e8le m\u00e9di\u00e9 par l&rsquo;adr\u00e9naline et la noradr\u00e9naline. Bien que le syst\u00e8me adr\u00e9nergique collabore avec le syst\u00e8me cholinergique dans l&rsquo;\u00e9veil cortical, ils s&rsquo;opposent fondamentalement au sein du syst\u00e8me nerveux autonome : l&rsquo;adr\u00e9nergique pilote la r\u00e9ponse d&rsquo;urgence, de lutte ou de fuite (sympathique), tandis que le cholinergique r\u00e9git le repos, la digestion et la r\u00e9cup\u00e9ration (parasympathique).<\/li>\n<li><strong>Cholinomim\u00e9tique :<\/strong> Mol\u00e9cule dont la conformation ou l&rsquo;action biochimique reproduit les effets biologiques de l&rsquo;ac\u00e9tylcholine, soit directement en stimulant les r\u00e9cepteurs (comme la pilocarpine ou la nicotine), soit indirectement en inhibant l&rsquo;ac\u00e9tylcholinest\u00e9rase. Tout cholinomim\u00e9tique rel\u00e8ve du spectre cholinergique.<\/li>\n<li><strong>GABAergique et Glutamatergique :<\/strong> Syst\u00e8mes de neurotransmission assurant respectivement l&rsquo;inhibition et l&rsquo;excitation synaptique point par point majoritaires dans le n\u00e9ocortex. Le syst\u00e8me cholinergique agit non pas comme un vecteur synaptique binaire principal, mais comme un r\u00e9gulateur m\u00e9tabolique ajustant la sensibilit\u00e9 de ces r\u00e9seaux GABAergiques et glutamatergiques.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>15. R\u00e9sum\u00e9 et points cl\u00e9s<\/h3>\n<p>Le syst\u00e8me cholinergique repr\u00e9sente l&rsquo;un des ensembles neuromodulateurs les plus critiques pour la survie biologique et l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 cognitive de l&rsquo;\u00eatre humain. M\u00e9di\u00e9 par l&rsquo;ac\u00e9tylcholine, il innerve l&rsquo;int\u00e9gralit\u00e9 du cortex c\u00e9r\u00e9bral depuis le prosenc\u00e9phale basal et le tronc c\u00e9r\u00e9bral, tout en gouvernant la motricit\u00e9 somatique et les r\u00e9ponses v\u00e9g\u00e9tatives parasympathiques.<\/p>\n<p>Sur le plan cognitif, l&rsquo;action cholinergique conditionne la focalisation de l&rsquo;attention s\u00e9lective, le maintien de l&rsquo;\u00e9veil cortical et la s\u00e9paration optimale des phases d&rsquo;encodage et de consolidation mn\u00e9sique dans l&rsquo;hippocampe. Son fonctionnement s&rsquo;articule autour de deux familles compl\u00e9mentaires de r\u00e9cepteurs : les r\u00e9cepteurs nicotiniques ionotropes \u00e0 r\u00e9ponse d\u00e9polarisante rapide et les r\u00e9cepteurs muscariniques m\u00e9tabotropes \u00e0 cascades de signalisation intracellulaire lentes.<\/p>\n<p>Les alt\u00e9rations de cette machinerie neurochimique sous-tendent les manifestations de pathologies invalidantes comme la maladie d&rsquo;Alzheimer, la d\u00e9mence \u00e0 corps de Lewy ou le d\u00e9lirium iatrog\u00e8ne. Qu&rsquo;il s&rsquo;agisse du d\u00e9veloppement de pro-cognitifs, du sevrage des addictions \u00e0 la nicotine ou de la compr\u00e9hension fondamentale du traitement pr\u00e9dictif de l&rsquo;information par le cerveau, le syst\u00e8me cholinergique demeure au c\u0153ur de la recherche neuroscientifique et clinique contemporaine.<\/p>\n<h2>R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<ul>\n<li>Dale, H. H. (1914). The action of certain esters and ethers of choline, and their relation to muscarine. <em>Journal of Pharmacology and Experimental Therapeutics<\/em>, 6(2), 147\u2013190.<\/li>\n<li>Davies, P., &#038; Maloney, A. J. (1976). Selective loss of central cholinergic neurons in Alzheimer&rsquo;s disease. <em>The Lancet<\/em>, 308(8000), 1403. https:\/\/doi.org\/10.1016\/S0140-6736(76)91936-X<\/li>\n<li>Hasselmo, M. E. (2006). The role of acetylcholine in learning and memory as viewed on the basis of modeled representations of the hippocampus. <em>Neurobiology of Learning and Memory<\/em>, 85(1), 10\u201326. https:\/\/doi.org\/10.1016\/j.nlm.2005.08.006<\/li>\n<li>Loewi, O. (1921). \u00dcber humorale \u00dcbertragbarkeit der Herznervenwirkung. <em>Pfl\u00fcgers Archiv f\u00fcr die gesamte Physiologie des Menschen und der Tiere<\/em>, 189(1), 239\u2013242. https:\/\/doi.org\/10.1007\/BF01738910<\/li>\n<li>Sarter, M., Parikh, V., &#038; Howe, W. M. (2009). Phasic acetylcholine release and the volume transmission hypothesis: Time to move on. <em>Nature Reviews Neuroscience<\/em>, 10(5), 383\u2013390. https:\/\/doi.org\/10.1038\/nrn2635<\/li>\n<li>Tracey, K. J. (2002). The inflammatory reflex. <em>Nature<\/em>, 420(6917), 853\u2013859. https:\/\/doi.org\/10.1038\/nature01321<\/li>\n<li>Yu, A. J., &#038; Dayan, P. (2005). Uncertainty, neuromodulation, and attention. <em>Neuron<\/em>, 46(4), 681\u2013692. https:\/\/doi.org\/10.1016\/j.neuron.2005.04.026<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le syst\u00e8me cholinergique, m\u00e9di\u00e9 par l&rsquo;ac\u00e9tylcholine, orchestre des fonctions cl\u00e9s du syst\u00e8me nerveux central et p\u00e9riph\u00e9rique, r\u00e9gulant l&rsquo;attention, l&rsquo;encodage mn\u00e9sique et la plasticit\u00e9 neuronale.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"template":"","categories":[46,459,7375],"tags":[6360,684,34684,6666,6362,34171,39549],"class_list":["post-23336","psych_term","type-psych_term","status-publish","hentry","category-neuropsychologie","category-neurosciences","category-psychopharmacologie","tag-acetylcholine","tag-alzheimer","tag-cholinergique","tag-memoire","tag-neurotransmission","tag-recepteurs-muscariniques","tag-recepteurs-nicotiniques"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_term\/23336","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_term"}],"about":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/psych_term"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_term\/23336\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=23336"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=23336"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=23336"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}