{"id":23320,"date":"2026-10-31T02:13:34","date_gmt":"2026-10-31T02:13:34","guid":{"rendered":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/?psych_term=chlorpromazine-cpz-revolution-antipsychotique"},"modified":"2026-10-31T02:13:34","modified_gmt":"2026-10-31T02:13:34","slug":"chlorpromazine-cpz-revolution-antipsychotique","status":"publish","type":"psych_term","link":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/?psych_term=chlorpromazine-cpz-revolution-antipsychotique","title":{"rendered":"Chlorpromazine : La R\u00e9volution Antipsychotique"},"content":{"rendered":"<p>D\u00e9couverte au d\u00e9but des ann\u00e9es 1950, la <strong>chlorpromazine<\/strong> (commun\u00e9ment d\u00e9sign\u00e9e par le sigle <strong>CPZ<\/strong> ou sous le nom commercial historique de <em>Largactil<\/em>) constitue sans conteste l&rsquo;av\u00e8nement fondateur de la psychopharmacologie moderne et de la psychiatrie biologique. En introduisant pour la toute premi\u00e8re fois une th\u00e9rapeutique capable d&rsquo;att\u00e9nuer sp\u00e9cifiquement le d\u00e9lire, les hallucinations et l&rsquo;agitation psychomotrice sans induire de simple narcose ou de coma artificiel, cette mol\u00e9cule a radicalement transform\u00e9 la prise en charge des affections psychiatriques majeures, \u00e0 commencer par la schizophr\u00e9nie et les \u00e9pisodes maniaques aigus. Elle a non seulement ouvert la voie \u00e0 la d\u00e9sinstitutionnalisation asilaire \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle plan\u00e9taire, mais elle a \u00e9galement fourni le mod\u00e8le pharmacologique indispensable \u00e0 l&rsquo;\u00e9laboration de la th\u00e9orie dopaminergique des troubles psychotiques.<\/p>\n<h2>Chlorpromazine (CPZ)<\/h2>\n<h3>1. D\u00e9finition concise<\/h3>\n<p>La <strong>chlorpromazine<\/strong> est un m\u00e9dicament psychotrope appartenant \u00e0 la classe chimique des <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Ph%C3%A9nothiazine\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">ph\u00e9nothiazines<\/a> \u00e0 cha\u00eene aliphatique, historiquement qualifi\u00e9 de \u00ab neuroleptique s\u00e9datif \u00bb et aujourd&rsquo;hui class\u00e9 parmi les <em>antipsychotiques de premi\u00e8re g\u00e9n\u00e9ration<\/em> (ou conventionnels). Sur le plan pharmacodynamique, elle exerce une action antagoniste comp\u00e9titive majeure sur les r\u00e9cepteurs dopaminergiques post-synaptiques de sous-type D2 au sein du syst\u00e8me nerveux central, compl\u00e9t\u00e9e par des effets bloquants notables sur les r\u00e9cepteurs histaminergiques H1, s\u00e9rotoninergiques 5-HT2A, adr\u00e9nergiques alpha-1 et muscariniques M1.<\/p>\n<p>Dans la nomenclature psychiatrique internationale, la chlorpromazine demeure le <strong>standard de r\u00e9f\u00e9rence<\/strong> absolu pour l&rsquo;\u00e9talonnage de l&rsquo;efficacit\u00e9 et de la puissance des agents antipsychotiques, au moyen du concept d&rsquo;\u00ab \u00e9quivalent-chlorpromazine \u00bb. Son spectre th\u00e9rapeutique englobe la r\u00e9duction des sympt\u00f4mes positifs des psychoses chroniques, l&rsquo;apaisement des \u00e9tats d&rsquo;excitation psychomotrice s\u00e9v\u00e8re, ainsi que des indications somatiques r\u00e9fractaires telles que le hoquet incoercible ou les naus\u00e9es incoercibles d&rsquo;origine centrale.<\/p>\n<p>Sur le plan psychopathologique, l&rsquo;administration de chlorpromazine induit un tableau clinique sp\u00e9cifique conceptualis\u00e9 sous le terme de <em>syndrome d&rsquo;ataraxie<\/em> ou d&rsquo;indiff\u00e9rence psychomotrice : le sujet trait\u00e9 conserve ses fonctions intellectuelles \u00e9l\u00e9mentaires et sa vigilance de base, tout en manifestant un d\u00e9sint\u00e9r\u00eat affectif marqu\u00e9 vis-\u00e0-vis des stimulations anxiog\u00e8nes et de ses productions d\u00e9lirantes int\u00e9rieures.<\/p>\n<h3>2. \u00c9tymologie et origine linguistique<\/h3>\n<p>Le terme <em>chlorpromazine<\/em> est une d\u00e9nomination commune internationale (DCI) forg\u00e9e par condensation syst\u00e9matique de segments descriptifs issus de la nomenclature de la chimie organique de synth\u00e8se :<\/p>\n<ul>\n<li>Le pr\u00e9fixe <strong>chlor-<\/strong> renvoie directement \u00e0 la pr\u00e9sence d&rsquo;un atome de chlore substitu\u00e9 en position 2 sur le noyau aromatique h\u00e9t\u00e9rocyclique central.<\/li>\n<li>Le segment m\u00e9dian <strong>-prom-<\/strong> provient d&rsquo;une filiation structurale avec la <em>prom\u00e9thazine<\/em>, un d\u00e9riv\u00e9 antihistaminique ant\u00e9rieur caract\u00e9ris\u00e9 par une cha\u00eene lat\u00e9rale propylique branched ramifi\u00e9e.<\/li>\n<li>Le suffixe <strong>-azine<\/strong> d\u00e9signe conventionnellement la pr\u00e9sence d&rsquo;un noyau ph\u00e9nothiazinique, c&rsquo;est-\u00e0-dire un compos\u00e9 h\u00e9t\u00e9rocyclique tricyclique associant deux noyaux benz\u00e9niques soud\u00e9s \u00e0 un cycle central contenant un atome de soufre et un atome d&rsquo;azote (thion\u00e9 et azot\u00e9).<\/li>\n<\/ul>\n<p>Le nom commercial sous lequel la mol\u00e9cule fut enregistr\u00e9e en France en 1952 par les laboratoires Rh\u00f4ne-Poulenc, <strong>Largactil<\/strong>, constitue un n\u00e9ologisme construit sur les racines latines <em>largus<\/em> (\u00ab vaste \u00bb, \u00ab copieux \u00bb) et <em>actus<\/em> (\u00ab action \u00bb, \u00ab acte \u00bb). Ce nom fut explicitement choisi par les concepteurs du produit pour souligner la multiplicit\u00e9 stup\u00e9fiante de ses actions pharmacologiques (\u00ab large activit\u00e9 \u00bb), qui modulaient simultan\u00e9ment le tonus v\u00e9g\u00e9tatif, le r\u00e9flexe \u00e9m\u00e9tique, la vigilance, la motricit\u00e9 et l&rsquo;activit\u00e9 mentale d\u00e9lirante.<\/p>\n<h3>3. Prononciation et forme grammaticale<\/h3>\n<p>Sur le plan morphosyntaxique, le mot <strong>chlorpromazine<\/strong> est un nom commun f\u00e9minin invariable au pluriel dans la majorit\u00e9 des usages cliniques, bien qu&rsquo;il s&rsquo;accorde r\u00e9guli\u00e8rement selon les r\u00e8gles grammaticales usuelles (<em>des chlorpromazines<\/em> en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 diff\u00e9rents lots ou formes gal\u00e9niques). Son sigle usuel dans la litt\u00e9rature scientifique internationale et francophone est <strong>CPZ<\/strong>, employ\u00e9 comme substantif masculin ou f\u00e9minin par ellipse de \u00ab chlorhydrate de chlorpromazine \u00bb ou de \u00ab mol\u00e9cule de CPZ \u00bb.<\/p>\n<p>La transcription phon\u00e9tique en alphabet phon\u00e9tique international (API) pour le fran\u00e7ais standard est la suivante : <strong>\/kl\u0254\u0281.p\u0281\u0254.ma.zin\/<\/strong>. Les particularit\u00e9s d&rsquo;\u00e9locution reposent sur l&rsquo;attaque occlusive v\u00e9laire sourde [k] issue du digraphe initial \u00ab ch \u00bb, suivie imm\u00e9diatement de la vibrante ou fricative uvulaire [\u0281], excluant toute prononciation chuintante de type [\u0283].<\/p>\n<h3>4. Explication conceptuelle d\u00e9taill\u00e9e<\/h3>\n<p>Pour appr\u00e9hender l&rsquo;impact conceptuel de la chlorpromazine en psychopharmacologie, il convient d&rsquo;analyser la rupture \u00e9pist\u00e9mologique qu&rsquo;elle a introduite au regard des conceptions th\u00e9rapeutiques pr\u00e9valant jusqu&rsquo;au milieu du vingti\u00e8me si\u00e8cle. Avant 1952, la prise en charge m\u00e9dicale des psychoses d\u00e9lirantes reposait principalement sur des m\u00e9thodes s\u00e9datives empiriques, as\u00e9cifiques et traumatiques, telles que les comas insuliniques (cure de Sakel), l&rsquo;\u00e9lectroconvulsivoth\u00e9rapie convulsive bilat\u00e9rale, la malariath\u00e9rapie, la s\u00e9dation massive par barbituriques (cures de sommeil) et la psychochirurgie ablative (lobotomie frontale de Moniz). La chlorpromazine a d\u00e9montr\u00e9 pour la premi\u00e8re fois qu&rsquo;une substance chimique sp\u00e9cifique pouvait cibler pr\u00e9f\u00e9rentiellement la trame ph\u00e9nom\u00e9nologique de la psychose sans alt\u00e9rer de mani\u00e8re l\u00e9tale ou globale le m\u00e9tabolisme c\u00e9r\u00e9bral.<\/p>\n<p>Le m\u00e9canisme neurobiologique central de la chlorpromazine r\u00e9side dans son affinit\u00e9 pour les circuits dopaminergiques c\u00e9r\u00e9braux. En occupant et en bloquant de fa\u00e7on r\u00e9versible les r\u00e9cepteurs dopaminergiques D2 situ\u00e9s sur les \u00e9pines dendritiques des neurones du striatum, du noyau accumbens et du cortex c\u00e9r\u00e9bral, la CPZ neutralise l&rsquo;hyperactivit\u00e9 de la <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Voie_m%C3%A9solimbique\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">voie m\u00e9solimbique<\/a>. Selon la nosologie neurobiologique, c&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment cet emballement de la neurotransmission m\u00e9solimbique qui g\u00e9n\u00e8re l&rsquo;attribution aberrante de saillance aux stimuli sensoriels et cognitifs, processus conduisant \u00e0 la formation des intuitions d\u00e9lirantes, des interpr\u00e9tations pers\u00e9cutives et des hallucinations acoustico-verbales.<\/p>\n<p>Cependant, le profil de la chlorpromazine ne se limite pas \u00e0 la voie dopaminergique m\u00e9solimbique. La mol\u00e9cule bloque \u00e9galement les r\u00e9cepteurs D2 dans la <em>voie nigrostri\u00e9e<\/em>, ce qui engendre des effets iatrog\u00e8nes neurologiques caract\u00e9ristiques : rigidit\u00e9 plastique, tremblement de repos, akin\u00e9sie et akathisie, regroup\u00e9s sous la d\u00e9nomination de <strong>syndrome parkinsonien iatrog\u00e8ne<\/strong> ou syndrome extrapyramidal. Ce parall\u00e9lisme constant entre efficacit\u00e9 th\u00e9rapeutique sur le d\u00e9lire et survenue de signes extrapyramidaux a d&rsquo;ailleurs conduit les cliniciens de l&rsquo;\u00e9poque \u00e0 forger le substantif \u00ab neuroleptique \u00bb, d\u00e9signant une substance qui \u00ab saisit le nerf \u00bb et modifie le tonus moteur.<\/p>\n<p>Parall\u00e8lement, le blocage des r\u00e9cepteurs dopaminergiques tub\u00e9ro-infundibulaires supprime le tonus inhibiteur physiologique exerc\u00e9 par la dopamine sur les cellules lactotropes de l&rsquo;ad\u00e9nohypophyse, provoquant une \u00e9l\u00e9vation s\u00e9rique de la prolactine (hyperprolactin\u00e9mie), responsable de galactorrh\u00e9e, d&rsquo;am\u00e9norrh\u00e9e et de gyn\u00e9comastie. \u00c0 cela s&rsquo;ajoutent des effets s\u00e9datifs puissants induits par le blocage des r\u00e9cepteurs histaminergiques H1 centraux, ainsi qu&rsquo;une instabilit\u00e9 h\u00e9modynamique domin\u00e9e par l&rsquo;hypotension art\u00e9rielle orthostatique cons\u00e9cutive au blocage des r\u00e9cepteurs alpha-1 adr\u00e9nergiques p\u00e9riph\u00e9riques.<\/p>\n<h3>5. D\u00e9veloppement historique<\/h3>\n<p>La d\u00e9couverte de la chlorpromazine repr\u00e9sente l&rsquo;un des arch\u00e9types les plus document\u00e9s de <em>s\u00e9rendipit\u00e9 orient\u00e9e<\/em> dans l&rsquo;histoire de la m\u00e9decine. Son origine remonte aux travaux conduits par l&rsquo;industrie chimique fran\u00e7aise au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. En d\u00e9cembre 1950, le chimiste <strong>Paul Charpentier<\/strong>, directeur de recherches aux laboratoires Rh\u00f4ne-Poulenc, synth\u00e9tise au centre de recherches de Vitry-sur-Seine un nouveau d\u00e9riv\u00e9 de la ph\u00e9nothiazine num\u00e9rot\u00e9 <em>RP 4560<\/em>, \u00e0 la recherche de mol\u00e9cules antihistaminiques plus puissantes et d\u00e9nu\u00e9es de toxicit\u00e9 excessive.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9tape d\u00e9cisive de translation vers la pratique clinique est franchie gr\u00e2ce aux observations d&rsquo;<strong>Henri Laborit<\/strong>, chirurgien militaire et physiologiste de la Marine nationale \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital maritime de Toulon puis au Val-de-Gr\u00e2ce. Laborit s&rsquo;int\u00e9ressait alors \u00e0 la pr\u00e9vention du choc chirurgical et du collapsus post-op\u00e9ratoire, qu&rsquo;il consid\u00e9rait comme des r\u00e9ponses v\u00e9g\u00e9tatives inadapt\u00e9es de l&rsquo;organisme agress\u00e9. Utilisant le RP 4560 au sein de son c\u00e9l\u00e8bre \u00ab cocktail lytique \u00bb pour induire une hibernation artificielle hypothermique, Laborit remarque imm\u00e9diatement que la substance ne provoque pas seulement une stabilisation neurov\u00e9g\u00e9tative, mais qu&rsquo;elle engendre chez les patients chirurgicaux une singuli\u00e8re tranquillit\u00e9 d&rsquo;esprit, une d\u00e9sangoisse totale sans perte de connaissance, qu&rsquo;il qualifie d&rsquo;<em>\u00ab ataraxie \u00bb<\/em> ou de d\u00e9sint\u00e9r\u00eat lucide.<\/p>\n<p>Percevant le potentiel r\u00e9volutionnaire de cette mol\u00e9cule pour le traitement de l&rsquo;agitation mentale, Laborit insiste d\u00e8s l&rsquo;hiver 1951-1952 aupr\u00e8s de ses coll\u00e8gues ali\u00e9nistes pour qu&rsquo;ils exp\u00e9rimentent le produit chez des patients psychiatriques. Apr\u00e8s des tentatives pr\u00e9liminaires mitig\u00e9es men\u00e9es par d&rsquo;autres praticiens utilisant des doses insuffisantes, les professeurs <strong>Jean Delay<\/strong> et <strong>Pierre Deniker<\/strong>, second\u00e9s par l&rsquo;interne Jean-Marie Harl, entreprennent en mai 1952 \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital Sainte-Anne \u00e0 Paris la premi\u00e8re \u00e9valuation clinique rigoureuse et exclusive de la chlorpromazine chez 38 ali\u00e9n\u00e9s pr\u00e9sentant des \u00e9tats psychotiques d&rsquo;une gravit\u00e9 majeure.<\/p>\n<p>Les r\u00e9sultats publi\u00e9s la m\u00eame ann\u00e9e dans les <em>Annales M\u00e9dico-Psychologiques<\/em> provoquent une stup\u00e9faction internationale. Des patients catatoniques fig\u00e9s depuis des mois reprennent contact avec leur entourage ; des malades d\u00e9lirants vocif\u00e9rants et r\u00e9put\u00e9s incurables s&rsquo;apaisent durablement, devenant capables de converser pos\u00e9ment et de s&rsquo;alimenter d&rsquo;eux-m\u00eames. En l&rsquo;espace de trois ans, la chlorpromazine se diffuse sur tous les continents (adopt\u00e9e aux \u00c9tats-Unis d\u00e8s 1954 sous le nom de <em>Thorazine<\/em> par Smith, Kline &amp; French), amor\u00e7ant un bouleversement complet de la structure asilaire et r\u00e9duisant drastiquement le recours aux contentions m\u00e9caniques.<\/p>\n<h3>6. Fondements th\u00e9oriques et pharmacologiques<\/h3>\n<p>L&rsquo;introduction de la chlorpromazine a boulevers\u00e9 la nosologie et l&rsquo;\u00e9pist\u00e9mologie de la psychiatrie en conf\u00e9rant \u00e0 la discipline un substrat neurochimique op\u00e9rable. En 1955, Jean Delay et Pierre Deniker formalisent les fondements th\u00e9oriques de l&rsquo;action th\u00e9rapeutique en proposant une d\u00e9finition novatrice qui deviendra canonique : la classe des <strong>m\u00e9dicaments neuroleptiques<\/strong>. Selon ces auteurs, pour m\u00e9riter cette qualification, une substance doit imp\u00e9rativement satisfaire \u00e0 cinq crit\u00e8res cardinaux :<\/p>\n<ul>\n<li>Cr\u00e9ation d&rsquo;un \u00e9tat d&rsquo;indiff\u00e9rence psychomotrice sp\u00e9ciale (inhibition de l&rsquo;initiative motrice et de la r\u00e9activit\u00e9 \u00e9motionnelle sans effet hypnotique primaire).<\/li>\n<li>Efficacit\u00e9 dans la r\u00e9duction des \u00e9tats d&rsquo;excitation, d&rsquo;agitation et d&rsquo;agressivit\u00e9 pathologiques.<\/li>\n<li>Action r\u00e9ductrice progressive sur les psychoses aigu\u00ebs et chroniques (diminution de l&rsquo;intensit\u00e9 des d\u00e9lires et des hallucinations).<\/li>\n<li>Production de manifestations neurologiques motrices extrapyramidales et v\u00e9g\u00e9tatives (effets de type parkinsonien).<\/li>\n<li>Action sous-corticale pr\u00e9dominante au niveau du dienc\u00e9phale et des noyaux gris centraux.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Sur le plan fondamental, la chlorpromazine a servi d&rsquo;instrument d&rsquo;investigation neuropharmacologique direct aux travaux d&rsquo;<strong>Arvid Carlsson<\/strong> (laur\u00e9at du prix Nobel de physiologie ou m\u00e9decine en 2000). En 1963, Carlsson d\u00e9montre que l&rsquo;administration de chlorpromazine entra\u00eene une accumulation paradoxale de m\u00e9tabolites de la dopamine (acide homovanillique) dans le parenchyme c\u00e9r\u00e9bral. Il en d\u00e9duit avec une pr\u00e9cision remarquable que la mol\u00e9cule ne r\u00e9duit pas la synth\u00e8se de neurotransmetteur, mais bloque sp\u00e9cifiquement les r\u00e9cepteurs post-synaptiques, provoquant par r\u00e9trocontr\u00f4le une surproduction compensatoire pr\u00e9synaptique \u00e9ph\u00e9m\u00e8re. Cette d\u00e9couverte historique scelle l&rsquo;acte de naissance de l&rsquo;<strong>hypoth\u00e8se dopaminergique de la schizophr\u00e9nie<\/strong>, paradigme dominant de la psychiatrie biologique pendant pr\u00e8s d&rsquo;un demi-si\u00e8cle.<\/p>\n<p>D&rsquo;un point de vue structural, la chlorpromazine illustre le concept de \u00ab ligand pl\u00e9iotrope \u00bb ou de mol\u00e9cule pharmacologiquement non s\u00e9lective (\u00ab drogue sale \u00bb dans le jargon biom\u00e9dical anglo-saxon). Sa conformation tridimensionnelle pr\u00e9sente des analogies st\u00e9riques partielles non seulement avec la dopamine, mais aussi avec la noradr\u00e9naline, l&rsquo;histamine et l&rsquo;ac\u00e9tylcholine. Cette promiscuit\u00e9 mol\u00e9culaire explique que son efficacit\u00e9 antipsychotique s&rsquo;accompagne syst\u00e9matiquement d&rsquo;une constellation d&rsquo;effets secondaires multisyst\u00e9miques, incitant la recherche ult\u00e9rieure \u00e0 concevoir des d\u00e9riv\u00e9s plus sp\u00e9cifiques comme l&rsquo;<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Halop%C3%A9ridol\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">halop\u00e9ridol<\/a> dans les butyroph\u00e9nones, puis les antipsychotiques atypiques de seconde g\u00e9n\u00e9ration ciblant pr\u00e9f\u00e9rentiellement le couple s\u00e9rotonine-dopamine.<\/p>\n<h3>7. Composantes cl\u00e9s, types et dimensions<\/h3>\n<p>L&rsquo;analyse pharmacologique, pharmacocin\u00e9tique et dimensionnelle de la chlorpromazine implique l&rsquo;examen de plusieurs param\u00e8tres constitutifs fondamentaux :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Structure chimique mol\u00e9culaire :<\/strong> D\u00e9riv\u00e9 synth\u00e9tique tricyclique r\u00e9pondant \u00e0 la formule brute <em>C17H19ClN2S<\/em> (masse molaire de 318,86 g\/mol). Le squelette est constitu\u00e9 d&rsquo;un h\u00e9t\u00e9rocycle ph\u00e9nothiazinique pourvu d&rsquo;un substituant \u00e9lectroattracteur chlore en position C2 et d&rsquo;une cha\u00eene aliphatique 3-(dim\u00e9thylamino)propyle branch\u00e9e sur l&rsquo;azote central en position N10.<\/li>\n<li><strong>Profil d&rsquo;affinit\u00e9 r\u00e9ceptorielle :<\/strong>\n<ul>\n<li><em>R\u00e9cepteurs D2 et D3 dopaminergiques :<\/em> Antagonisme comp\u00e9titif responsable de l&rsquo;effet antipsychotique (voie m\u00e9solimbique) et des effets ind\u00e9sirables extrapyramidaux (voie nigrostri\u00e9e).<\/li>\n<li><em>R\u00e9cepteurs H1 histaminergiques :<\/em> Antagonisme \u00e0 tr\u00e8s haute affinit\u00e9, expliquant la puissante s\u00e9dation clinique et la prise pond\u00e9rale pr\u00e9coce.<\/li>\n<li><em>R\u00e9cepteurs alpha-1 adr\u00e9nergiques :<\/em> Blocage adr\u00e9nolytique central et p\u00e9riph\u00e9rique, provoquant vasodilatation art\u00e9riolaire et hypotension orthostatique r\u00e9flexe.<\/li>\n<li><em>R\u00e9cepteurs muscariniques M1 et M2 :<\/em> Activit\u00e9 anticholinergique parasympatholytique entra\u00eenant s\u00e9cheresse buccale, mydriase, constipation et r\u00e9tention urinaire, tout en att\u00e9nuant mod\u00e9r\u00e9ment la s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 des sympt\u00f4mes extrapyramidaux aigus.<\/li>\n<li><em>R\u00e9cepteurs 5-HT2A s\u00e9rotoninergiques :<\/em> Affinit\u00e9 mod\u00e9r\u00e9e concourant \u00e0 la modulation de l&rsquo;humeur et du tonus affectif.<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<li><strong>Pharmacocin\u00e9tique et m\u00e9tabolisme :<\/strong>\n<ul>\n<li><em>Absorption et biodisponibilit\u00e9 :<\/em> Absorption digestive rapide mais sujette \u00e0 un m\u00e9tabolisme h\u00e9patique de premier passage consid\u00e9rable, r\u00e9duisant la biodisponibilit\u00e9 orale \u00e0 environ 20-30 %.<\/li>\n<li><em>Liaison aux prot\u00e9ines plasmatiques :<\/em> Tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9e (sup\u00e9rieure \u00e0 90-95 %), principalement \u00e0 l&rsquo;albumine et \u00e0 l&rsquo;alpha-1-glycoprot\u00e9ine acide.<\/li>\n<li><em>Biotransformation h\u00e9patique :<\/em> M\u00e9tabolis\u00e9e de fa\u00e7on extensive par les cytochromes h\u00e9patiques P450, principalement l&rsquo;isoforme <strong>CYP2D6<\/strong>, par sulfoxydation, d\u00e9m\u00e9thylation, hydroxylation aromatique et glucuroconjugaison, g\u00e9n\u00e9rant plus d&rsquo;une centaine de m\u00e9tabolites (dont la 7-hydroxychlorpromazine, dou\u00e9e d&rsquo;activit\u00e9 biologique).<\/li>\n<li><em>\u00c9limination :<\/em> Demi-vie plasmatique terminale comprise entre 16 et 30 heures, permettant une administration mono- ou biquotidienne apr\u00e8s \u00e9quilibration. L&rsquo;excr\u00e9tion est majoritairement urinaire sous forme de m\u00e9tabolites conjugu\u00e9s inactiv\u00e9s.<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<li><strong>Formes pharmaceutiques et pr\u00e9sentations :<\/strong> Disponible historiquement sous forme de comprim\u00e9s pellicul\u00e9s dos\u00e9s \u00e0 25 mg et 100 mg, de solution buvable en gouttes (40 mg\/ml), et de solution injectable intraveineuse ou intramusculaire profonde dos\u00e9e \u00e0 25 mg\/5 ml.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>8. Exemples cliniques et illustrations de cas<\/h3>\n<p>Pour mieux comprendre la mise en \u0153uvre pratique et les effets de la chlorpromazine, examinons trois contextes cliniques arch\u00e9typiques :<\/p>\n<p><strong>Cas clinique 1 : Acc\u00e8s psychotique aigu inaugurale chez un jeune adulte<\/strong><br \/>\nMarc, 23 ans, est admis en urgence psychiatrique sous mesure d&rsquo;hospitalisation sans consentement en raison d&rsquo;un \u00e9tat de prostration anxieuse majeure entrecoup\u00e9 d&rsquo;acc\u00e8s de fureur destructrice. Il affirme depuis deux semaines que ses pens\u00e9es sont intercept\u00e9es par des ondes hertziennes militaires et que ses voisins projettent de l&#8217;empoisonner par le syst\u00e8me de ventilation. L&rsquo;\u00e9valuation montre une dissociation mentale s\u00e9v\u00e8re et des hallucinations auditives imp\u00e9ratives. Une prise en charge associant une surveillance hospitali\u00e8re continue et l&rsquo;instauration de chlorpromazine \u00e0 posologie progressive (d\u00e9but\u00e9e \u00e0 75 mg\/jour puis major\u00e9e \u00e0 300 mg\/jour en trois prises orales) permet, d\u00e8s le quatri\u00e8me jour, l&rsquo;att\u00e9nuation de l&rsquo;angoisse panique et la cessation de l&rsquo;agitation. Au bout de trois semaines, bien qu&rsquo;il conserve une r\u00e9ticence mod\u00e9r\u00e9e, Marc prend de la distance critique avec son d\u00e9lire : les voix s&rsquo;estompent et le v\u00e9cu pers\u00e9cuteur perd son caract\u00e8re tyrannique imm\u00e9diat, lui permettant d&rsquo;entamer une psychoth\u00e9rapie de soutien.<\/p>\n<p><strong>Cas clinique 2 : \u00c9pisode maniaque aigu avec caract\u00e9ristiques psychotiques<\/strong><br \/>\n\u00c9l\u00e9onore, 38 ans, atteinte d&rsquo;un trouble bipolaire de type I, interrompt son traitement r\u00e9gulateur de l&rsquo;humeur. En quelques jours, elle d\u00e9veloppe une logorrh\u00e9e incoercible, une fuite des id\u00e9es, des d\u00e9penses inconsid\u00e9r\u00e9es massives et une insomnie totale sans fatigue ressentie, accompagn\u00e9es de th\u00e8mes m\u00e9galomaniaques mystiques. Devant l&rsquo;agressivit\u00e9 verbale et l&rsquo;\u00e9puisement physique imminent, une prescription conjointe de chlorpromazine par voie intramusculaire initiale (50 mg r\u00e9p\u00e9t\u00e9s sous monitoring tensionnel) permet d&rsquo;induire une s\u00e9dation rapide, brisant l&rsquo;escalade de l&rsquo;hyperactivit\u00e9 psychomotrice sans recourir \u00e0 l&rsquo;anesth\u00e9sie g\u00e9n\u00e9rale, ouvrant la voie \u00e0 la r\u00e9introduction d&rsquo;un thymor\u00e9gulateur normothymique.<\/p>\n<p><strong>Cas clinique 3 : Indication somatique r\u00e9fractaire : hoquet incoercible<\/strong><br \/>\nAntoine, 65 ans, en r\u00e9mission post-op\u00e9ratoire d&rsquo;une chirurgie abdominale lourde, pr\u00e9sente depuis plus de 96 heures des salves de hoquet diaphragmatique continu r\u00e9sistant \u00e0 l&rsquo;ensemble des man\u0153uvres vagales et aux prokin\u00e9tiques usuels. Le patient est \u00e9puis\u00e9 sur le plan ventilatoire, incapable de se nourrir ou de dormir, avec un risque de d\u00e9sunion des sutures pari\u00e9tales. L&rsquo;administration d&rsquo;une dose mod\u00e9r\u00e9e de chlorpromazine (25 mg par voie parent\u00e9rale lente) interrompt le r\u00e9flexe spasmodique diaphragmatique en moins de 45 minutes, en bloquant l&rsquo;arc r\u00e9flexe central situ\u00e9 au niveau des formations r\u00e9ticul\u00e9es du tronc c\u00e9r\u00e9bral.<\/p>\n<h3>9. Mesure, dosage et \u00e9valuation th\u00e9rapeutique<\/h3>\n<p>En pharmacom\u00e9trie clinique, la chlorpromazine n&rsquo;est pas uniquement un agent th\u00e9rapeutique ; elle constitue l&rsquo;<strong>\u00e9talon m\u00e9trologique<\/strong> universel pour la comparaison des antipsychotiques. Le concept d&rsquo;<em>\u00e9quivalent-chlorpromazine (\u00e9q. CPZ)<\/em> a \u00e9t\u00e9 \u00e9tabli pour standardiser les protocoles de recherche et d\u00e9terminer les doses relatives d&rsquo;efficacit\u00e9 th\u00e9rapeutique. Par convention internationale :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>100 mg de chlorpromazine par voie orale<\/strong> \u00e9quivalent approximativement \u00e0 : 2 mg d&rsquo;<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Halop%C3%A9ridol\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">halop\u00e9ridol<\/a>, 2 mg de risp\u00e9ridone, 5 mg d&rsquo;olanzapine, 100 mg de clozapine, ou 7,5 mg d&rsquo;aripiprazole.<\/li>\n<\/ul>\n<p>En pratique clinique, l&rsquo;intervalle th\u00e9rapeutique standard de la chlorpromazine se situe habituellement entre <strong>100 mg et 800 mg par jour<\/strong>, administr\u00e9s par voie orale sous forme fractionn\u00e9e (le soir principalement en raison de l&rsquo;effet s\u00e9datif marqu\u00e9). Dans les \u00e9tats d&rsquo;agitation critique en milieu institutionnel ferm\u00e9, les doses historiques pouvaient exceptionnellement atteindre 1 000 mg\/jour, bien que ces posologies extr\u00eames soient aujourd&rsquo;hui formellement d\u00e9conseill\u00e9es au vu de la toxicit\u00e9 neurologique, m\u00e9tabolique et cardiaque qu&rsquo;elles entra\u00eenent.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9valuation quantitative de l&rsquo;efficacit\u00e9 et de la tol\u00e9rance requiert l&rsquo;utilisation d&rsquo;\u00e9chelles standardis\u00e9es valid\u00e9es en psychopathologie :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>\u00c9valuation de la s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 psychotique :<\/strong> Utilisation de la <em>PANSS<\/em> (Positive and Negative Syndrome Scale) ou de la <em>BPRS<\/em> (Brief Psychiatric Rating Scale) pour suivre l&rsquo;\u00e9volution des sympt\u00f4mes positifs, n\u00e9gatifs et de la d\u00e9sorganisation cognitive.<\/li>\n<li><strong>Surveillance des effets extrapyramidaux aigus :<\/strong> \u00c9chelle de Simpson-Angus (SAS) pour la rigidit\u00e9 et le syndrome parkinsonien, et \u00e9chelle de Barnes (BARS) pour quantifier l&rsquo;akathisie (impatience motrice subjective et objective).<\/li>\n<li><strong>D\u00e9pistage des mouvements anormaux tardifs :<\/strong> \u00c9chelle <em>AIMS<\/em> (Abnormal Involuntary Movement Scale), devant \u00eatre administr\u00e9e au moins deux fois par an lors de tout traitement prolong\u00e9 pour identifier pr\u00e9cocement les dyskin\u00e9sies buccolingomasticatrices irr\u00e9versibles.<\/li>\n<li><strong>Surveillance cardiologique et biologique :<\/strong> R\u00e9alisation imp\u00e9rative d&rsquo;un \u00e9lectrocardiogramme (ECG) basal pour mesurer l&rsquo;<strong>intervalle QTc<\/strong> (risque de torsades de pointes et de mort subite par allongement du temps de repolarisation ventriculaire), compl\u00e9t\u00e9e par un bilan h\u00e9patique r\u00e9gulier et un h\u00e9mogramme (surveillance de rares cas d&rsquo;agranulocytose et de cholestase intrah\u00e9patique).<\/li>\n<\/ul>\n<h3>10. Applications et port\u00e9e pratique<\/h3>\n<p>La polyvalence pharmacologique de la chlorpromazine lui a conf\u00e9r\u00e9 un champ d&rsquo;applications cliniques \u00e9tendu au-del\u00e0 du seul p\u00e9rim\u00e8tre de l&rsquo;ali\u00e9nisme traditionnel :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Schizophr\u00e9nies et troubles schizo-affectifs :<\/strong> Traitement d&rsquo;attaque des pouss\u00e9es d\u00e9lirantes aigu\u00ebs et th\u00e9rapie de maintien pour la pr\u00e9vention des r\u00e9cidives, particuli\u00e8rement indiqu\u00e9e chez les sujets pr\u00e9sentant une forte composante d&rsquo;angoisse d\u00e9lirante et d&rsquo;insomnie rebelle.<\/li>\n<li><strong>Acc\u00e8s maniaques et \u00e9tats mixtes :<\/strong> Contr\u00f4le rapide de l&rsquo;hyperactivit\u00e9 psychomotrice, des conduites agressives et des id\u00e9es d\u00e9lirantes de grandeur en phase aigu\u00eb de trouble bipolaire, en adjonction aux sels de lithium ou aux anticonvulsivants.<\/li>\n<li><strong>\u00c9tats d&rsquo;agitation s\u00e9v\u00e8re aux urgences :<\/strong> S\u00e9dation d&rsquo;urgence des bouff\u00e9es d\u00e9lirantes aigu\u00ebs, des d\u00e9lires toxiques amph\u00e9taminiques ou cannabiques, sous r\u00e9serve de l&rsquo;absence de d\u00e9pression respiratoire ou d&rsquo;intoxication aux d\u00e9presseurs du syst\u00e8me nerveux central.<\/li>\n<li><strong>M\u00e9decine palliative et oncologie :<\/strong> Utilisation \u00e0 posologie faible comme anti\u00e9m\u00e9tique puissant dans les vomissements chimio-induits r\u00e9fractaires aux antagonistes 5-HT3 (s\u00e9trons) et \u00e0 la qu\u00e9tiapine, ainsi que pour apaiser les \u00e9tats d&rsquo;angoisse terminale majeure chez les patients en fin de vie.<\/li>\n<li><strong>Gastro-ent\u00e9rologie et r\u00e9animation :<\/strong> Traitement de r\u00e9f\u00e9rence du hoquet idiopathique ou secondaire incoercible persistant au-del\u00e0 de 48 heures.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>11. Recherche empirique et donn\u00e9es probantes<\/h3>\n<p>La base de donn\u00e9es probantes documentant l&rsquo;efficacit\u00e9 de la chlorpromazine est historiquement l&rsquo;une des plus riches de la m\u00e9decine contemporaine. La d\u00e9monstration formelle de sa sup\u00e9riorit\u00e9 sur le placebo a \u00e9t\u00e9 apport\u00e9e d\u00e8s les ann\u00e9es 1960 par la c\u00e9l\u00e8bre \u00e9tude collaborative multicentrique du <strong>National Institute of Mental Health (NIMH)<\/strong> des \u00c9tats-Unis (Cole et al., 1964). Men\u00e9e en double aveugle sur des centaines de patients hospitalis\u00e9s pour une schizophr\u00e9nie aigu\u00eb, cette recherche a conclu que la chlorpromazine n&rsquo;agissait pas comme un simple agent s\u00e9datif tranquillisant, mais produisait une r\u00e9mission v\u00e9ritable et sp\u00e9cifique de l&rsquo;ensemble des sympt\u00f4mes fondamentaux de la psychose chez plus de 75 % des sujets trait\u00e9s.<\/p>\n<p>Les m\u00e9ta-analyses syst\u00e9matiques contemporaines r\u00e9alis\u00e9es par le groupe <a href=\"https:\/\/www.cochranelibrary.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Cochrane<\/a>, notamment les revues conduites par <strong>Adams, Leucht et leurs collaborateurs (2007, 2014)<\/strong>, confirment la validit\u00e9 de ces observations historiques. Ces analyses exhaustives regroupant plus de 50 essais randomis\u00e9s contr\u00f4l\u00e9s d\u00e9montrent que la chlorpromazine demeure statistiquement sup\u00e9rieure au placebo pour la r\u00e9duction des rechutes psychiatriques \u00e0 court et moyen terme (r\u00e9duction du risque relatif de rechute d&rsquo;environ 40 \u00e0 50 %).<\/p>\n<p>Toutefois, la recherche comparative moderne met \u00e9galement en lumi\u00e8re ses inconv\u00e9nients majeurs au regard des mol\u00e9cules de seconde et troisi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration. Les travaux de Stefan Leucht publi\u00e9s dans <em>The Lancet<\/em> ont \u00e9tabli que si l&rsquo;efficacit\u00e9 brute de la CPZ sur les sympt\u00f4mes positifs est superposable \u00e0 celle des antipsychotiques contemporains, son profil d&rsquo;effets secondaires (s\u00e9dation invalidante, hypotension, syndrome extrapyramidal et prise de poids) entra\u00eene un taux d&rsquo;abandon de traitement substantiellement plus \u00e9lev\u00e9, limitant son acceptabilit\u00e9 \u00e0 long terme dans une optique de r\u00e9habilitation psychosociale.<\/p>\n<h3>12. Consid\u00e9rations socioculturelles et anthropologiques<\/h3>\n<p>L&rsquo;introduction de la chlorpromazine a produit des r\u00e9percussions socioculturelles, institutionnelles et politiques d&rsquo;une envergure colossale au cours de la seconde moiti\u00e9 du vingti\u00e8me si\u00e8cle. Sur le plan organisationnel, elle a \u00e9t\u00e9 le catalyseur direct du vaste mouvement de <strong>d\u00e9sinstitutionnalisation psychiatrique<\/strong> observ\u00e9 en Europe occidentale et en Am\u00e9rique du Nord \u00e0 partir des ann\u00e9es 1960. En r\u00e9duisant drastiquement les comportements auto- et h\u00e9t\u00e9ro-agressifs au sein des salles d&rsquo;asile, elle a permis la d\u00e9molition progressive des structures d&rsquo;enfermement concentrationnaires, favorisant l&rsquo;\u00e9mergence de la psychiatrie de secteur, des dispensaires ambulatoires et de la prise en charge communautaire.<\/p>\n<p>N\u00e9anmoins, cette transformation a suscit\u00e9 des r\u00e9actions sociologiques et philosophiques hautement polaris\u00e9es. Les th\u00e9oriciens du <strong>mouvement de l&rsquo;antipsychiatrie<\/strong>, tels que <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Michel_Foucault\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Michel Foucault<\/a>, Thomas Szasz, David Cooper et Ronald Laing, ont vigoureusement d\u00e9nonc\u00e9 la chlorpromazine comme l&rsquo;instrument d&rsquo;une \u00ab camisole de force chimique \u00bb. Selon cette perspective critique, le m\u00e9dicament ne soignerait pas la souffrance psychique fondamentale, mais servirait principalement \u00e0 neutraliser l&rsquo;expression contestataire et d\u00e9rangeante de la d\u00e9viance sociale pour maintenir l&rsquo;ordre public bourgeois \u00e0 moindre co\u00fbt hospitalier.<\/p>\n<p>Sur le plan transculturel, l&rsquo;utilisation de la chlorpromazine varie consid\u00e9rablement en fonction des contextes socio-\u00e9conomiques et des profils pharmacog\u00e9n\u00e9tiques des populations. L&rsquo;h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 d&rsquo;expression des all\u00e8les du cytochrome CYP2D6 selon les origines biog\u00e9ographiques (pr\u00e9valence plus \u00e9lev\u00e9e de m\u00e9taboliseurs lents ou ultrarapides au sein de certains groupes de population) impose des ajustements posologiques substantiels pour pr\u00e9venir le surdosage toxique ou l&rsquo;\u00e9chec th\u00e9rapeutique. De surcro\u00eet, en raison de son co\u00fbt de fabrication extr\u00eamement modique et de son inscription sur la <a href=\"https:\/\/www.who.int\/fr\/publications\/i\/item\/WHO-MHP-HPS-EML-2023.02\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">liste mod\u00e8le des m\u00e9dicaments essentiels de l&rsquo;Organisation Mondiale de la Sant\u00e9 (OMS)<\/a>, la chlorpromazine demeure fr\u00e9quemment le seul antipsychotique accessible et disponible dans les pays \u00e0 revenu faible ou interm\u00e9diaire, soulignant de profondes disparit\u00e9s mondiales dans l&rsquo;acc\u00e8s aux mol\u00e9cules modernes mieux tol\u00e9r\u00e9es.<\/p>\n<h3>13. Critiques, controverses et limites<\/h3>\n<p>Si la chlorpromazine a transform\u00e9 l&rsquo;histoire de la psychiatrie, son utilisation clinique au long cours s&rsquo;est heurt\u00e9e \u00e0 de s\u00e9v\u00e8res critiques m\u00e9dicales et \u00e9thiques motiv\u00e9es par son profil de toxicit\u00e9 chronique :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Dyskin\u00e9sie tardive :<\/strong> L&rsquo;un des effets secondaires les plus d\u00e9vastateurs et souvent irr\u00e9versibles de la chlorpromazine est la survenue, apr\u00e8s plusieurs mois ou ann\u00e9es d&rsquo;exposition, de mouvements chor\u00e9oath\u00e9tosiques involontaires affectant le visage, les l\u00e8vres, la langue et les extr\u00e9mit\u00e9s axiales. R\u00e9sultant d&rsquo;une hypersensibilit\u00e9 de d\u00e9nervation des r\u00e9cepteurs dopaminergiques striataux, la dyskin\u00e9sie tardive alt\u00e8re consid\u00e9rablement la qualit\u00e9 de vie et la dignit\u00e9 des patients chroniques.<\/li>\n<li><strong>Syndrome malin des neuroleptiques (SMN) :<\/strong> Complication idiosyncrasique rare mais potentiellement mortelle (mortalit\u00e9 historique de 10 \u00e0 20 %), caract\u00e9ris\u00e9e par une rigidit\u00e9 musculaire extr\u00eame dite \u00ab en tuyau de plomb \u00bb, une hyperthermie maligne non expliqu\u00e9e, une instabilit\u00e9 neurov\u00e9g\u00e9tative aigu\u00eb (tachycardie, labilit\u00e9 tensionnelle, sueurs profuses) et une rhabdomyolyse massive avec \u00e9l\u00e9vation des taux de cr\u00e9atine phosphokinase (CPK).<\/li>\n<li><strong>Retentissement m\u00e9tabolique et cardiovasculaire :<\/strong> La mol\u00e9cule favorise une prise de poids notable par stimulation de l&rsquo;app\u00e9tit li\u00e9e au blocage H1, des perturbations lipidiques et glucidiques (syndrome m\u00e9tabolique), ainsi qu&rsquo;un allongement dosod\u00e9pendant du QTc exposant au risque d&rsquo;arythmies ventriculaires l\u00e9tales.<\/li>\n<li><strong>Effets sur la cognition et l&rsquo;affect :<\/strong> Les propri\u00e9t\u00e9s anticholinergiques de la CPZ peuvent aggraver les troubles mn\u00e9siques et attentionnels pr\u00e9existants chez les patients schizophr\u00e8nes. De plus, le tableau d&rsquo;indiff\u00e9rence affective qu&rsquo;elle induit peut mimer ou aggraver les sympt\u00f4mes n\u00e9gatifs d\u00e9ficitaires de la pathologie (apragmatisme, anh\u00e9donie, \u00e9moussement affectif), maintenant le patient dans un \u00e9tat d&rsquo;apathie passive.<\/li>\n<li><strong>D\u00e9clin th\u00e9rapeutique et obsolescence relative :<\/strong> Depuis les ann\u00e9es 1990 et l&rsquo;av\u00e8nement des antipsychotiques de deuxi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration (dits atypiques comme la clozapine, l&rsquo;olanzapine ou l&rsquo;aripiprazole), dot\u00e9s d&rsquo;un risque substantiellement moindre de dyskin\u00e9sie tardive et de sympt\u00f4mes extrapyramidaux aigus, la prescription de la chlorpromazine a connu une r\u00e9gression majeure dans les pays d\u00e9velopp\u00e9s, la rel\u00e9guant au statut de traitement d&rsquo;appoint ou de seconde ligne.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>14. Termes connexes et distinctions nosologiques<\/h3>\n<p>Il importe de clarifier les relations nosologiques et pharmacologiques entre la chlorpromazine et les concepts adjacents du domaine de la sant\u00e9 mentale :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Neuroleptique versus Antipsychotique :<\/strong> Le terme \u00ab neuroleptique \u00bb (cr\u00e9\u00e9 par Delay et Deniker) met l&rsquo;accent sur les manifestations neurologiques motrices associ\u00e9es \u00e0 l&rsquo;efficacit\u00e9 s\u00e9dative et antipsychotique ; il est historiquement attach\u00e9 aux agents de premi\u00e8re g\u00e9n\u00e9ration. Le terme plus moderne \u00ab antipsychotique \u00bb englobe l&rsquo;ensemble des mol\u00e9cules capables de r\u00e9duire les productions psychotiques, ind\u00e9pendamment de leur capacit\u00e9 \u00e0 produire ou non un syndrome extrapyramidal moteur.<\/li>\n<li><strong>Chlorpromazine versus Halop\u00e9ridol :<\/strong> L&rsquo;halop\u00e9ridol est un antipsychotique typique de la famille des butyroph\u00e9nones. Contrairement \u00e0 la chlorpromazine qui est un neuroleptique s\u00e9datif \u00e0 faible puissance unitaire et fort tropisme v\u00e9g\u00e9tatif, l&rsquo;halop\u00e9ridol est un antipsychotique incisif \u00e0 haute puissance unitaire, caract\u00e9ris\u00e9 par un antagonisme dopaminergique D2 tr\u00e8s puissant et pur, entra\u00eenant moins de s\u00e9dation et d&rsquo;hypotension, mais un risque extrapyramidal aigu beaucoup plus marqu\u00e9.<\/li>\n<li><strong>Chlorpromazine versus Prom\u00e9thazine :<\/strong> Bien que chimiquement tr\u00e8s proches (deux d\u00e9riv\u00e9s ph\u00e9nothiaziniques), la prom\u00e9thazine ne poss\u00e8de pas le substituant chlore en C2 et pr\u00e9sente une affinit\u00e9 dopaminergique quasi nulle ; elle agit exclusivement comme un antihistaminique H1 s\u00e9datif et antiallergique, d\u00e9nu\u00e9 de toute efficacit\u00e9 th\u00e9rapeutique sur le d\u00e9lire ou les hallucinations.<\/li>\n<li><strong>\u00c9quivalent-Chlorpromazine :<\/strong> Unit\u00e9 m\u00e9trologique relative utilis\u00e9e en recherche clinique pour exprimer la dose d&rsquo;un quelconque antipsychotique sous une forme standardis\u00e9e correspondant \u00e0 une dose biologiquement et cliniquement comparable de 100 mg de chlorpromazine.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>15. Synth\u00e8se et points cl\u00e9s<\/h3>\n<p>En synth\u00e8se, la chlorpromazine (CPZ) demeure l&rsquo;un des jalons les plus d\u00e9terminants de la m\u00e9decine du vingti\u00e8me si\u00e8cle. Ses dimensions cardinales s&rsquo;articulent autour des \u00e9l\u00e9ments suivants :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Pionni\u00e8re historique :<\/strong> D\u00e9couverte par Rh\u00f4ne-Poulenc, explor\u00e9e par Laborit et introduite en psychiatrie par Delay et Deniker en 1952, elle a inaugur\u00e9 l&rsquo;\u00e8re contemporaine de la psychopharmacologie.<\/li>\n<li><strong>M\u00e9canisme neurochimique fondateur :<\/strong> Son antagonisme des r\u00e9cepteurs dopaminergiques D2 a permis de valider empiriquement l&rsquo;hypoth\u00e8se dopaminergique de la schizophr\u00e9nie et de forger le concept de neuroleptique.<\/li>\n<li><strong>Impact soci\u00e9tal immense :<\/strong> Elle a rendu possible le mouvement mondial de d\u00e9sinstitutionnalisation psychiatrique en lib\u00e9rant des centaines de milliers de patients d&rsquo;un internement asilaire perp\u00e9tuel et de contentions physiques violentes.<\/li>\n<li><strong>\u00c9talon pharmacologique universel :<\/strong> Elle subsiste comme la r\u00e9f\u00e9rence m\u00e9trologique standard (\u00ab \u00e9quivalent-chlorpromazine \u00bb) pour quantifier la puissance des nouvelles classes d&rsquo;antipsychotiques.<\/li>\n<li><strong>Limites et profil de s\u00e9curit\u00e9 :<\/strong> Ses effets secondaires neurologiques moteurs (parkinsonisme, akathisie, dyskin\u00e9sies tardives potentiellement irr\u00e9versibles), cardiaques et neurov\u00e9g\u00e9tatifs justifient son remplacement progressif par les antipsychotiques atypiques de deuxi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration dans la pratique de premi\u00e8re intention contemporaine.<\/li>\n<\/ul>\n<h2>R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<ul>\n<li>Adams, C. E., Awad, G. A., Rathbone, J., Thornley, B., &amp; Soares-Weiser, K. (2014). Chlorpromazine versus placebo for schizophrenia. <em>Cochrane Database of Systematic Reviews<\/em>, (1), CD000284. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1002\/14651858.CD000284.pub3\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">https:\/\/doi.org\/10.1002\/14651858.CD000284.pub3<\/a><\/li>\n<li>Carlsson, A., &amp; Lindqvist, M. (1963). Effect of chlorpromazine or haloperidol on formation of 3-methoxytyramine and normetanephrine in mouse brain. <em>Acta Pharmacologica et Toxicologica<\/em>, 20(2), 140\u2013144. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1111\/j.1600-0773.1963.tb01730.x\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">https:\/\/doi.org\/10.1111\/j.1600-0773.1963.tb01730.x<\/a><\/li>\n<li>Cole, J. O., Goldberg, S. C., &amp; Klerman, G. L. (1964). Phenothiazine treatment in acute schizophrenia. <em>Archives of General Psychiatry<\/em>, 10(3), 246\u2013261. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1001\/archpsyc.1964.01720210028005\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">https:\/\/doi.org\/10.1001\/archpsyc.1964.01720210028005<\/a><\/li>\n<li>Delay, J., Deniker, P., &amp; Harl, J. M. (1952). Utilisation en th\u00e9rapeutique psychiatrique d&rsquo;une ph\u00e9nothiazine d&rsquo;action centrale \u00e9lective (RP 4560). <em>Annales M\u00e9dico-Psychologiques<\/em>, 110(2), 112\u2013117.<\/li>\n<li>Laborit, H., Huguenard, P., &amp; Alluaume, R. (1952). Un nouveau stabilisateur v\u00e9g\u00e9tatif (le 4560 RP). <em>La Presse M\u00e9dicale<\/em>, 60(10), 206\u2013208.<\/li>\n<li>Leucht, S., Cipriani, A., Spineli, L., Mavridis, D., \u00d6rey, D., Richter, F., Samara, M., Barbui, C., Engel, R. R., Geddes, J. R., Kissling, W., Stapf, M. P., Zhu, B., &amp; Davis, J. M. (2013). Comparative efficacy and tolerability of 15 antipsychotic drugs in schizophrenia: A multiple-treatments meta-analysis. <em>The Lancet<\/em>, 382(9896), 951\u2013962. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1016\/S0140-6736(13)60733-3\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">https:\/\/doi.org\/10.1016\/S0140-6736(13)60733-3<\/a><\/li>\n<li>Organisation Mondiale de la Sant\u00e9. (2023). <em>Liste mod\u00e8le OMS des m\u00e9dicaments essentiels (23e liste)<\/em>. OMS. <a href=\"https:\/\/www.who.int\/fr\/publications\/i\/item\/WHO-MHP-HPS-EML-2023.02\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">https:\/\/www.who.int\/fr\/publications\/i\/item\/WHO-MHP-HPS-EML-2023.02<\/a><\/li>\n<li>Shorter, E. (1997). <em>A History of Psychiatry: From the Era of the Asylum to the Age of Prozac<\/em>. John Wiley &amp; Sons.<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D\u00e9couvrez l&rsquo;histoire, la pharmacologie et la port\u00e9e clinique de la chlorpromazine (CPZ, Largactil), premier neuroleptique de l&rsquo;histoire de la psychiatrie.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"template":"","categories":[7555,6890,7375],"tags":[1380,24776,1377,39524,9247,9041,572],"class_list":["post-23320","psych_term","type-psych_term","status-publish","hentry","category-histoire-de-la-psychiatrie","category-psychiatrie-biologique","category-psychopharmacologie","tag-antipsychotiques","tag-chlorpromazine","tag-dopamine","tag-largactil","tag-neuroleptiques","tag-psychopharmacologie","tag-schizophrenie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_term\/23320","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_term"}],"about":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/psych_term"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_term\/23320\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=23320"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=23320"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=23320"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}