{"id":23308,"date":"2026-10-31T01:46:12","date_gmt":"2026-10-31T01:46:12","guid":{"rendered":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/?psych_term=reflexe-masseterin"},"modified":"2026-10-31T01:46:12","modified_gmt":"2026-10-31T01:46:12","slug":"reflexe-masseterin","status":"publish","type":"psych_term","link":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/?psych_term=reflexe-masseterin","title":{"rendered":"R\u00e9flexe mass\u00e9t\u00e9rin : Cl\u00e9 du tronc c\u00e9r\u00e9bral"},"content":{"rendered":"<h2>Le r\u00e9flexe mass\u00e9t\u00e9rin (chin reflex)<\/h2>\n<p>Le r\u00e9flexe mass\u00e9t\u00e9rin, couramment d\u00e9sign\u00e9 sous les appellations de r\u00e9flexe mandibulaire ou r\u00e9flexe mentonnier (et en anglais sous les termes de <em>chin reflex<\/em> ou <em>jaw jerk reflex<\/em>), constitue l&rsquo;un des outils d&rsquo;investigation neurophysiologique et clinique les plus d\u00e9terminants de l&rsquo;examen neurologique cr\u00e2nien. V\u00e9ritable sentinelle de l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 du tronc c\u00e9r\u00e9bral sup\u00e9rieur, cette r\u00e9ponse myotatique monosynaptique permet de sonder avec une pr\u00e9cision remarquable le fonctionnement sensori-moteur du nerf trijumeau ainsi que l&rsquo;\u00e9tat des voies motrices descendantes cortico-nucl\u00e9aires. Son \u00e9valuation, \u00e0 la crois\u00e9e de la s\u00e9miologie clinique, de la neuropsychologie et des neurosciences fondamentales, offre une fen\u00eatre diagnostique inestimable sur les atteintes du motoneurone sup\u00e9rieur, les enc\u00e9phalopathies diffuses et les syndromes pseudo-bulbaires.<\/p>\n<h3>1. D\u00e9finition concise<\/h3>\n<p>Le r\u00e9flexe mass\u00e9t\u00e9rin est un r\u00e9flexe myotatique d&rsquo;\u00e9tirement profond d\u00e9clench\u00e9 par une percussion br\u00e8ve appliqu\u00e9e sur le menton ou sur la mandibule entrouverte, entra\u00eenant une contraction r\u00e9flexe bilat\u00e9rale et imm\u00e9diate des muscles \u00e9l\u00e9vateurs de la m\u00e2choire, principalement le muscle mass\u00e9ter et le muscle temporal. Physiologiquement, cette boucle r\u00e9flexe est presque unique dans l&rsquo;organisme en raison de la localisation atypique de ses corps cellulaires aff\u00e9rents primaires, qui r\u00e9sident directement au sein du syst\u00e8me nerveux central dans le noyau m\u00e9senc\u00e9phalique du trijumeau plut\u00f4t que dans un ganglion sensitif p\u00e9riph\u00e9rique p\u00e9riph\u00e9rique traditionnel.<\/p>\n<p>Chez le sujet adulte sain et d\u00e9tendu, le r\u00e9flexe mass\u00e9t\u00e9rin est classiquement tr\u00e8s discret, diminu\u00e9 ou totalement absent \u00e0 l&rsquo;observation clinique directe sans que cela n&rsquo;ait de port\u00e9e pathologique. En revanche, son exacerbation franche, caract\u00e9ris\u00e9e par une \u00e9l\u00e9vation mandibulaire vive, clonique ou exag\u00e9r\u00e9e, constitue un signe pathognomonique majeur d&rsquo;une l\u00e9sion supranucl\u00e9aire bilat\u00e9rale des voies cortico-bulbaires, situ\u00e9e au-dessus du noyau moteur du trijumeau dans la protub\u00e9rance. Il permet ainsi de discriminer de mani\u00e8re d\u00e9cisive les atteintes bulbaires basses des atteintes pseudobulbaires hautes.<\/p>\n<p>Sur le plan \u00e9lectrophysiologique, le r\u00e9flexe mass\u00e9t\u00e9rin se traduit par un potentiel d&rsquo;action musculaire compos\u00e9 pr\u00e9coce, d\u00e9nomm\u00e9 onde T ou composante myotatique primaire, dont la latence tr\u00e8s courte (environ 6 \u00e0 9 millisecondes) refl\u00e8te la conduction rapide \u00e0 travers un arc r\u00e9flexe monosynaptique hautement my\u00e9linis\u00e9. Cette r\u00e9ponse est imm\u00e9diatement suivie d&rsquo;une p\u00e9riode de silence \u00e9lectromyographique traduisant la r\u00e9gulation inhibitrice cons\u00e9cutive au sein des r\u00e9seaux interneuronaux du tronc c\u00e9r\u00e9bral.<\/p>\n<h3>2. \u00c9tymologie et origines linguistiques<\/h3>\n<p>L&rsquo;expression fran\u00e7aise \u00ab r\u00e9flexe mass\u00e9t\u00e9rin \u00bb puise ses racines anatomiques et linguistiques dans le grec ancien et le latin scientifique. Le terme \u00ab r\u00e9flexe \u00bb provient du latin classique <em>reflexus<\/em>, participe pass\u00e9 du verbe <em>reflectere<\/em>, compos\u00e9 du pr\u00e9fixe <em>re-<\/em> (\u00ab en arri\u00e8re \u00bb, \u00ab de nouveau \u00bb) et de <em>flectere<\/em> (\u00ab courber \u00bb, \u00ab plier \u00bb). Utilis\u00e9 initialement en optique pour d\u00e9signer la r\u00e9flexion de la lumi\u00e8re, le concept a \u00e9t\u00e9 transpos\u00e9 au domaine de la physiologie neuro-motrice au d\u00e9but du XIXe si\u00e8cle pour m\u00e9taphoriser le renvoi automatique d&rsquo;une commande motrice en r\u00e9ponse \u00e0 une stimulation sensorielle incidente sans m\u00e9diation de la volont\u00e9 consciente.<\/p>\n<p>L&rsquo;adjectif \u00ab mass\u00e9t\u00e9rin \u00bb d\u00e9rive directement du substantif \u00ab mass\u00e9ter \u00bb, issu du grec ancien <span lang=\"el\">\u03bc\u03b1\u03c3\u03b7\u03c4\u03ae\u03c1<\/span> (<em>mas\u0113t\u0113r<\/em>), signifiant litt\u00e9ralement \u00ab celui qui m\u00e2che \u00bb ou \u00ab m\u00e2cheur \u00bb, lui-m\u00eame forg\u00e9 \u00e0 partir du verbe <span lang=\"el\">\u03bc\u03b1\u03c3\u03ac\u03bf\u03bc\u03b1\u03b9<\/span> (<em>masaomai<\/em>, \u00ab mastiquer \u00bb ou \u00ab broyer des aliments \u00bb). La litt\u00e9rature m\u00e9dicale francophone a historiquement employ\u00e9 le terme de \u00ab r\u00e9flexe mentonnier \u00bb, d\u00e9riv\u00e9 du latin <em>mentum<\/em> (\u00ab menton \u00bb), calquant directement l&rsquo;expression vernaculaire anglo-saxonne <em>chin reflex<\/em> document\u00e9e d\u00e8s le XIXe si\u00e8cle dans les trait\u00e9s britanniques et am\u00e9ricains de s\u00e9m\u00e9iologie neurologique.<\/p>\n<p>Dans la nomenclature anatomique internationale contemporaine normalis\u00e9e (<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Terminologia_Anatomica\">Terminologia Anatomica<\/a>), le terme privil\u00e9gi\u00e9 est <em>reflexus mandibularis<\/em> ou r\u00e9flexe mandibulaire, ce qui replace le mouvement r\u00e9flexe dans la globalit\u00e9 de l&rsquo;appareil squelettique manducateur articul\u00e9 plut\u00f4t que de restreindre l&rsquo;action au seul muscle mass\u00e9ter superficiel. Cette vari\u00e9t\u00e9 terminologique refl\u00e8te la transition progressive d&rsquo;une description empirique bas\u00e9e sur le point d&rsquo;impact anatomique (le menton) vers une caract\u00e9risation neuro-anatomique fonctionnelle (l&rsquo;appareil neuromusculaire masticateur).<\/p>\n<h3>3. Prononciation et forme grammaticale<\/h3>\n<p>Sur le plan phon\u00e9tique et morphosyntaxique, l&rsquo;expression s&rsquo;\u00e9nonce en fran\u00e7ais standard sous la transcription internationale \/\u0281e.fl\u025bks ma.se.te.\u0281\u025b\u0303\/. Le substantif \u00ab r\u00e9flexe \u00bb est un nom commun masculin singulier, et \u00ab mass\u00e9t\u00e9rin \u00bb est un adjectif qualificatif relationnel masculin singulier qui s&rsquo;accorde en genre et en nombre avec son noyau nominal (on parlera de \u00ab secousses mass\u00e9t\u00e9rines \u00bb au f\u00e9minin pluriel). Dans la pratique discursive m\u00e9dicale, on rencontre fr\u00e9quemment l&rsquo;ellipse nominale masculine \u00ab le mass\u00e9t\u00e9rin \u00bb pour d\u00e9signer le r\u00e9flexe lui-m\u00eame lors de la passation de l&rsquo;examen clinique au lit du patient.<\/p>\n<p>Les variantes lexicales admises et synonymes valid\u00e9s dans la terminologie s\u00e9miologique francophone comprennent :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>R\u00e9flexe mandibulaire :<\/strong> syntagme nominal masculin, tr\u00e8s fr\u00e9quent en neurologie francophone formelle et dans les rapports d&rsquo;explorations fonctionnelles du syst\u00e8me nerveux.<\/li>\n<li><strong>R\u00e9flexe mentonnier :<\/strong> syntagme nominal masculin, traduction litt\u00e9rale directe de l&rsquo;anglais <em>chin reflex<\/em>, davantage usit\u00e9 dans les contextes de r\u00e9\u00e9ducation maxillo-faciale, de kin\u00e9sith\u00e9rapie oro-faciale et de neuropsychiatrie descriptive.<\/li>\n<li><strong>Jaw jerk reflex :<\/strong> formule d&#8217;emprunt direct \u00e0 la litt\u00e9rature biom\u00e9dicale anglo-am\u00e9ricaine, universellement comprise et fr\u00e9quemment employ\u00e9e telle quelle dans les cercles de recherche en neurophysiologie clinique et en publication internationale.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>4. Explication conceptuelle d\u00e9taill\u00e9e<\/h3>\n<p>Pour appr\u00e9hender la profondeur anatomophysiologique du r\u00e9flexe mass\u00e9t\u00e9rin, il convient d&rsquo;analyser minutieusement l&rsquo;arc r\u00e9flexe trig\u00e9mino-trijumel\u00e9 qui le sous-tend. Ce circuit constitue une singularit\u00e9 neuroanatomique sans \u00e9quivalent dans le syst\u00e8me nerveux humain. Lorsque l&rsquo;examinateur percute le menton vers le bas avec un marteau \u00e0 r\u00e9flexes, la mandibule subit un abaissement passif brusque. Ce mouvement \u00e9tire m\u00e9caniquement de fa\u00e7on soudaine et simultan\u00e9e les fuseaux neuromusculaires log\u00e9s au sein des faisceaux charnus des muscles mass\u00e9ters, temporaux et pt\u00e9rygo\u00efdiens m\u00e9diaux.<\/p>\n<p>Les aff\u00e9rences primaires de type Ia issues de ces fuseaux neuromusculaires captent cette variation brutale de longueur et g\u00e9n\u00e8rent des trains de potentiels d&rsquo;action. Contrairement aux r\u00e9flexes ost\u00e9otendineux rachidiens ordinaires (tels que le r\u00e9flexe rotulien ou bicipital) dont les corps cellulaires des neurones sensitifs primaires si\u00e8gent dans les ganglions spinaux rachidiens d\u00e9riv\u00e9s de la cr\u00eate neurale, les fibres aff\u00e9rentes du r\u00e9flexe mass\u00e9t\u00e9rin cheminent le long de la division mandibulaire du nerf trijumeau (<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Nerf_mandibulaire\">nerf trijumeau<\/a>, V3) et ont leurs corps cellulaires localis\u00e9s \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur m\u00eame du n\u00e9vraxe, pr\u00e9cis\u00e9ment dans le noyau m\u00e9senc\u00e9phalique du trijumeau. Ce noyau repr\u00e9sente un v\u00e9ritable fragment de ganglion sensoriel h\u00e9t\u00e9rotopique s\u00e9questr\u00e9 dans le tegmentum du m\u00e9senc\u00e9phale.<\/p>\n<p>Depuis le noyau m\u00e9senc\u00e9phalique, les prolongements axonaux de ces neurones pseudounipolaires \u00e9mettent des collat\u00e9rales centrales descendantes qui gagnent la calotte protub\u00e9rante pour faire synapse excitatrice directement (monosynaptiquement) avec les motoneurones alpha situ\u00e9s dans le noyau moteur du nerf trijumeau (noyau masticateur). Ces motoneurones projettent ensuite leurs axones eff\u00e9rents par la racine motrice du trijumeau via la branche mandibulaire V3 pour innerver les muscles cibles, d\u00e9clenchant leur contraction synchrone imm\u00e9diate et l&rsquo;\u00e9l\u00e9vation corrective de la mandibule qui referme la bouche.<\/p>\n<p>La modulation de cet arc r\u00e9flexe de base d\u00e9pend de contingents descendants supranucl\u00e9aires consid\u00e9rables. Le cortex moteur primaire (aire 4 de Brodmann) et le cortex pr\u00e9moteur envoient des faisceaux cortico-nucl\u00e9aires (ou cortico-bulbaires) bilat\u00e9raux qui descendent \u00e0 travers la couronne rayonnante, le genou de la capsule interne et le p\u00e9doncule c\u00e9r\u00e9bral pour venir r\u00e9guler, moduler et inhiber le noyau moteur du trijumeau ainsi que les interneurones pr\u00e9-moteurs p\u00e9rimasticateurs. En temps normal, cette influence corticale exerce un contr\u00f4le inhibiteur tonique pr\u00e9pond\u00e9rant qui temp\u00e8re vigoureusement la r\u00e9activit\u00e9 de l&rsquo;arc monosynaptique, expliquant pourquoi le r\u00e9flexe mass\u00e9t\u00e9rin est minime, amorti ou cliniquement inapparent chez l&rsquo;adulte sain exempt d&rsquo;atteinte pyramidale.<\/p>\n<h3>5. \u00c9volution historique<\/h3>\n<p>La d\u00e9couverte et la formalisation s\u00e9miologique du r\u00e9flexe mass\u00e9t\u00e9rin s&rsquo;inscrivent dans l&rsquo;\u00e2ge d&rsquo;or de la neurologie clinique de la seconde moiti\u00e9 du XIXe si\u00e8cle, p\u00e9riode marqu\u00e9e par l&rsquo;\u00e9lucidation progressive des r\u00e9flexes ost\u00e9otendineux par des pionniers europ\u00e9ens tels que Wilhelm Erb et Carl Westphal en 1875. Bien que de nombreux cliniciens aient observ\u00e9 des mouvements spasmodiques de la m\u00e2choire lors d&rsquo;\u00e9tats convulsifs ou t\u00e9taniques, c&rsquo;est au neurologue am\u00e9ricain Morris J. Lewis et \u00e0 son coll\u00e8gue William Mitchell que l&rsquo;on doit les premi\u00e8res descriptions m\u00e9thodiques du r\u00e9flexe de percussion mandibulaire au d\u00e9but des ann\u00e9es 1880, rapidement corrobor\u00e9es par les travaux de Charles Loomis Dana aux \u00c9tats-Unis.<\/p>\n<p>En Europe, l&rsquo;illustre neurologue britannique Sir William Gowers int\u00e9gra formellement le <em>jaw jerk<\/em> dans son monumental trait\u00e9 <em>A Manual of Diseases of the Nervous System<\/em> (1886-1888), \u00e9tablissant clairement qu&rsquo;une exag\u00e9ration du r\u00e9flexe mass\u00e9t\u00e9rin accompagnait syst\u00e9matiquement les l\u00e9sions bilat\u00e9rales du faisceau pyramidal au-dessus du pont, et qu&rsquo;il constituait un marqueur d&rsquo;une valeur inestimable pour localiser les l\u00e9sions au niveau c\u00e9phalique sup\u00e9rieur. \u00c0 la m\u00eame \u00e9poque, l&rsquo;\u00e9cole neurologique fran\u00e7aise, sous l&rsquo;\u00e9gide de Jean-Martin Charcot et de ses \u00e9l\u00e8ves \u00e0 l&rsquo;H\u00f4pital de la Salp\u00eatri\u00e8re, \u00e9tudia le r\u00e9flexe mass\u00e9t\u00e9rin dans le cadre des paralysies labio-glosso-laryng\u00e9es et des scl\u00e9roses lat\u00e9rales amyotrophiques naissantes.<\/p>\n<p>Au d\u00e9but du XXe si\u00e8cle, les anatomistes et neurophysiologistes Ramon y Cajal et E. Allen focalis\u00e8rent leurs microscopes sur le tronc c\u00e9r\u00e9bral et mirent en \u00e9vidence la trajectoire singuli\u00e8re du noyau m\u00e9senc\u00e9phalique du trijumeau. La d\u00e9monstration formelle de la nature monosynaptique de cet arc r\u00e9flexe chez les mammif\u00e8res fut apport\u00e9e au milieu du XXe si\u00e8cle gr\u00e2ce aux techniques pionni\u00e8res de micro\u00e9lectrodes et d&rsquo;enregistrement intracellulaire men\u00e9es par des physiologistes tels que Robert Szent\u00e1gothai en 1948, consolidant la filiation directe entre r\u00e9cepteurs fusoriaux et motoneurones masticateurs.<\/p>\n<p>\u00c0 l&rsquo;\u00e8re moderne, le r\u00e9flexe mass\u00e9t\u00e9rin a franchi un palier scientifique fondamental gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;av\u00e8nement de l&rsquo;\u00e9lectromyographie (EMG) de surface, de la stimulation magn\u00e9tique transcr\u00e2nienne (TMS) et des enregistrements de potentiels \u00e9voqu\u00e9s trig\u00e9minaux. Les travaux de chercheurs contemporains en neuro-odontologie et en \u00e9lectrophysiologie clinique ont permis de diss\u00e9quer non seulement la composante myotatique monosynaptique excitatrice, mais \u00e9galement la phase de silence mandibulaire cons\u00e9cutive (<em>exteroceptive silent period<\/em>), transformant ce simple geste au marteau en un biomarqueur \u00e9lectrophysiologique ultrasensible des circuits de la substance r\u00e9ticul\u00e9e du tronc c\u00e9r\u00e9bral et de la motricit\u00e9 c\u00e9phalique.<\/p>\n<h3>6. Fondements th\u00e9oriques et neurophysiologiques<\/h3>\n<p>D&rsquo;un point de vue neurophysiologique int\u00e9gratif, le r\u00e9flexe mass\u00e9t\u00e9rin rel\u00e8ve du contr\u00f4le en boucle ferm\u00e9e de la motricit\u00e9 de posture et d&rsquo;action de l&rsquo;articulation temporo-mandibulaire. Les th\u00e9ories modernes de la proprioception cranio-faciale postulent que ce r\u00e9flexe n&rsquo;est pas un simple archa\u00efsme moteur automatique, mais une composante dynamique essentielle de l&rsquo;adaptation masticatoire et de la protection m\u00e9canique des structures dentaires et parodontales contre les traumatismes par impact violent.<\/p>\n<p>Sur le plan cybern\u00e9tique et biom\u00e9canique, l&rsquo;arc r\u00e9flexe mass\u00e9t\u00e9rin ob\u00e9it au mod\u00e8le du contr\u00f4le par r\u00e9troaction n\u00e9gative (<em>negative feedback control<\/em>). Lorsque le bolus alimentaire offre une r\u00e9sistance soudaine ou au contraire c\u00e8de brutalement lors de l&rsquo;\u00e9crasement dentaire, les fuseaux neuromusculaires d\u00e9tectent la variation de tension et d&rsquo;\u00e9longation, modulant instantan\u00e9ment la d\u00e9charge des motoneurones alpha pour stabiliser la position mandibulaire. En parall\u00e8le, des aff\u00e9rences secondaires issues des m\u00e9canor\u00e9cepteurs du ligament parodontal projettent sur des interneurones inhibiteurs interm\u00e9diaires (noyau supratrig\u00e9minal) pour couper la contraction des muscles \u00e9l\u00e9vateurs, \u00e9vitant ainsi le choc traumatique entre arcades dentaires oppos\u00e9es.<\/p>\n<p>Une dimension fondamentale r\u00e9side dans l&rsquo;asym\u00e9trie fonctionnelle entre les r\u00e9flexes spinaux et les r\u00e9flexes cr\u00e2niens. Alors que les aff\u00e9rences fusoriales spinaux se projettent largement sur plusieurs segments my\u00e9lom\u00e9riques adjacents, l&rsquo;arc trig\u00e9minal pr\u00e9sente une organisation topographique extr\u00eamement compacte, confin\u00e9e au segment m\u00e9senc\u00e9phalo-pontique. De surcro\u00eet, le noyau m\u00e9senc\u00e9phalique contient des neurones interconnect\u00e9s par des jonctions communicantes (<em>gap junctions<\/em> ou synapses \u00e9lectriques) en plus des transmissions chimiques classiques, ce qui conf\u00e8re \u00e0 cette population neuronale une capacit\u00e9 de synchronisation rapide et collective absolument unique lors de stimulations br\u00e8ves.<\/p>\n<p>Sur le versant des voies descendantes, l&rsquo;inhibition cortico-nucl\u00e9aire n&rsquo;est pas isol\u00e9e : elle interagit \u00e9troitement avec les projections s\u00e9rotoninergiques issues du raph\u00e9 m\u00e9dian et les aff\u00e9rences noradr\u00e9nergiques du <em>locus coeruleus<\/em>, ce dernier bordant imm\u00e9diatement le noyau m\u00e9senc\u00e9phalique. Cette proximit\u00e9 anatomique explique pourquoi les \u00e9tats d&rsquo;alerte, de stress aigu, de douleur chronique ou de modulation \u00e9motionnelle intense exercent une influence modulatrice directe sur l&rsquo;excitabilit\u00e9 du r\u00e9flexe mass\u00e9t\u00e9rin, le pla\u00e7ant au carrefour exact de la neurologie sensori-motrice et de la r\u00e9gulation psycho-physiologique centrale.<\/p>\n<h3>7. Composantes cl\u00e9s, types et dimensions<\/h3>\n<p>L&rsquo;exploration du r\u00e9flexe mass\u00e9t\u00e9rin fait intervenir plusieurs axes anatomiques, temporels et physiologiques que l&rsquo;on peut synth\u00e9tiser comme suit :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Aff\u00e9rence sensorielle primaire :<\/strong> assur\u00e9e par les axones my\u00e9linis\u00e9s de gros calibre (fibres Ia et II) issus des fuseaux neuromusculaires mass\u00e9t\u00e9rins et temporaux, transitant par la branche V3 du nerf trijumeau jusqu&rsquo;au noyau m\u00e9senc\u00e9phalique.<\/li>\n<li><strong>Centre d&rsquo;int\u00e9gration m\u00e9senc\u00e9phalo-pontique :<\/strong> compos\u00e9 du corps cellulaire pseudounipolaire du noyau m\u00e9senc\u00e9phalique et de sa synapse directe glutamatergique excitatrice avec le noyau masticateur (noyau moteur du V) situ\u00e9 dans la r\u00e9gion dorso-lat\u00e9rale du tegmentum pontique.<\/li>\n<li><strong>Eff\u00e9rence motrice somatique :<\/strong> motoneurones alpha du noyau moteur du trijumeau dont les axones \u00e9mergent par la racine motrice pour innerver directement le mass\u00e9ter, le temporal et le pt\u00e9rygo\u00efdien m\u00e9dial.<\/li>\n<li><strong>Composante \u00e9lectrophysiologique pr\u00e9coce (onde T \/ onde r\u00e9flexe) :<\/strong> d\u00e9flexion biphasique \u00e0 tr\u00e8s courte latence (6 \u00e0 9 ms chez l&rsquo;adulte sain), proportionnelle au recrutement spatial des unit\u00e9s motrices stimul\u00e9es.<\/li>\n<li><strong>P\u00e9riode de silence cons\u00e9cutive (<em>silent period<\/em>) :<\/strong> interruption transitoire de toute activit\u00e9 \u00e9lectromyographique volontaire pendant 40 \u00e0 70 ms suivant le choc percussif, sous l&rsquo;influence combin\u00e9e de la pause de d\u00e9charge des fuseaux d\u00e9tendus et de l&rsquo;activation des boucles r\u00e9currentes inhibitrices interneuronales (cellules de Renshaw-like et collat\u00e9rales de Golgi).<\/li>\n<li><strong>Gradation clinique s\u00e9miologique :<\/strong> \u00e9valuation standardis\u00e9e allant du r\u00e9flexe aboli ou imperceptible (score 0), diminu\u00e9 mais pr\u00e9sent (1+), physiologique normal (2+), vif sans diffusion (3+), \u00e0 franchement hyperactif avec clonus mandibulaire et ouverture\/fermeture oscillatoire prolong\u00e9e (4+).<\/li>\n<\/ul>\n<h3>8. Exemples et cas illustratifs<\/h3>\n<p>Pour illustrer la port\u00e9e d\u00e9cisionnelle de l&rsquo;examen de ce r\u00e9flexe dans la d\u00e9marche clinique neurologique, consid\u00e9rons les vignettes m\u00e9dicales suivantes :<\/p>\n<p><strong>Cas clinique 1 : Le diagnostic diff\u00e9rentiel de la scl\u00e9rose lat\u00e9rale amyotrophique (SLA)<\/strong><br \/>Un patient \u00e2g\u00e9 de 64 ans consulte pour une faiblesse motrice progressive des membres sup\u00e9rieurs accompagn\u00e9e de fasciculations diffuses de la langue et de troubles de la d\u00e9glutition. L&rsquo;examinateur recherche les r\u00e9flexes ost\u00e9otendineux aux quatre membres, qui apparaissent diffus et tr\u00e8s vifs. Lors de la percussion du menton, le r\u00e9flexe mass\u00e9t\u00e9rin est extr\u00eamement exalt\u00e9, provoquant une fermeture explosive de la m\u00e2choire avec plusieurs secousses cloniques rythmiques. Cette hyperr\u00e9flexie mass\u00e9t\u00e9rine confirme formellement une atteinte pyramidale bilat\u00e9rale au-dessus de la protub\u00e9rance haute, signant l&rsquo;existence d&rsquo;une atteinte du motoneurone sup\u00e9rieur supranucl\u00e9aire (composante pseudobulbaire) et permettant d&rsquo;\u00e9carter une affection myopathique p\u00e9riph\u00e9rique pure ou une maladie localis\u00e9e exclusivement \u00e0 la corne ant\u00e9rieure de la moelle \u00e9pini\u00e8re.<\/p>\n<p><strong>Cas clinique 2 : La hernie discale cervicale compressive versus la my\u00e9lopathie cervicale spondylotique<\/strong><br \/>Une femme de 55 ans pr\u00e9sente une quadripar\u00e9sie spastique avec signe de Babinski bilat\u00e9ral et hyperr\u00e9flexie ost\u00e9otendineuse majeure des membres inf\u00e9rieurs et des membres sup\u00e9rieurs (r\u00e9flexes bicipitaux et rotuliens \u00e0 4+). La question clinique cruciale est de d\u00e9terminer si le processus compressif si\u00e8ge uniquement au niveau de la colonne cervicale (par exemple une my\u00e9lopathie spondylarthrosique cervicale haute) ou s&rsquo;il s&rsquo;inscrit dans un syndrome l\u00e9sionnel intracr\u00e2nien plus \u00e9tendu. L&rsquo;examen du r\u00e9flexe mass\u00e9t\u00e9rin r\u00e9v\u00e8le une r\u00e9ponse totalement physiologique, voire absente (score 1+ ou 0). Cette normalit\u00e9 du r\u00e9flexe mass\u00e9t\u00e9rin d\u00e9montre sans \u00e9quivoque que la voie cortico-nucl\u00e9aire destin\u00e9e aux noyaux cr\u00e2niens n&rsquo;est pas l\u00e9s\u00e9e et que la l\u00e9sion pyramidale se situe strictement au-dessous du tronc c\u00e9r\u00e9bral, confirmant la localisation de la pathologie sous le niveau du foramen magnum dans le rachis cervical.<\/p>\n<p><strong>Cas clinique 3 : Le syndrome pseudo-bulbaire post-vasculaire<\/strong><br \/>Un homme de 72 ans ayant des ant\u00e9c\u00e9dents d&rsquo;infarctus lacunaires multiples des deux h\u00e9misph\u00e8res c\u00e9r\u00e9braux pr\u00e9sente des acc\u00e8s incoercibles de rires et de pleurs spasmodiques (<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Syndrome_pseudobulbaire\">labilit\u00e9 \u00e9motionnelle<\/a>), une voix nasonn\u00e9e, une dysarthrie paralytique et des fausses routes alimentaires. La percussion de son menton d\u00e9clenche un r\u00e9flexe mass\u00e9t\u00e9rin g\u00e9ant avec un claquement dentaire audible \u00e0 distance. Ce r\u00e9sultat, associ\u00e9 au r\u00e9flexe palmo-mentonnier pr\u00e9sent et au signe de Babinski bilat\u00e9ral, assoit irr\u00e9futablement le diagnostic de syndrome pseudo-bulbaire vasculaire par d\u00e9connexion cortico-nucl\u00e9aire bilat\u00e9rale due aux lacunes des capsules internes.<\/p>\n<h3>9. Mesure et \u00e9valuation clinique<\/h3>\n<p>La mise en \u00e9vidence rigoureuse du r\u00e9flexe mass\u00e9t\u00e9rin requiert une m\u00e9thodologie s\u00e9miologique pr\u00e9cise et reproductible, sans laquelle de faux diagnostics d&rsquo;hyperactivit\u00e9 ou d&rsquo;ar\u00e9flexie peuvent survenir en raison de la tension involontaire du patient. Le protocole clinique classique s&rsquo;articule selon les \u00e9tapes suivantes :<\/p>\n<p>Le patient doit \u00eatre assis confortablement dans une posture d\u00e9tendue, les yeux mi-clos ou le regard orient\u00e9 au loin afin de minimiser l&rsquo;appr\u00e9hension. Il lui est express\u00e9ment demand\u00e9 de rel\u00e2cher compl\u00e8tement sa m\u00e2choire, en maintenant la bouche entrouverte d&rsquo;environ un \u00e0 deux centim\u00e8tres, sans forcer et sans serrer les dents. L&rsquo;examinateur place ensuite d\u00e9licatement son index ou son pouce gauche \u00e0 plat horizontalement sur le sillon mentonnier, imm\u00e9diatement sous la l\u00e8vre inf\u00e9rieure. Avec le marteau \u00e0 r\u00e9flexes tenu de la main droite, le praticien applique une percussion br\u00e8ve, s\u00e8che mais dos\u00e9e, sur son propre doigt intercal\u00e9 en direction ant\u00e9ro-post\u00e9rieure et l\u00e9g\u00e8rement descendante.<\/p>\n<p>L&rsquo;interposition du doigt de l&rsquo;examinateur est indispensable pour deux raisons : d&rsquo;une part, elle amortit le choc direct du marteau sur l&rsquo;\u00e9mail ou l&rsquo;os mandibulaire du patient, \u00e9vitant toute douleur qui fausserait la r\u00e9action motrice par un sursaut de retrait volontaire ; d&rsquo;autre part, elle permet au clinicien de percevoir tactilement le vecteur m\u00e9canique appliqu\u00e9 et la micro-secousse de contraction des mass\u00e9ters avant m\u00eame que celle-ci ne soit visible \u00e0 l&rsquo;\u0153il nu.<\/p>\n<p>En laboratoire de neurophysiologie, l&rsquo;investigation quantitative recourt \u00e0 l&rsquo;\u00e9lectromyographie (EMG) combin\u00e9e \u00e0 un marteau \u00e0 r\u00e9flexe instrument\u00e9 comportant un capteur pi\u00e9zo\u00e9lectrique de d\u00e9clenchement (<em>trigger<\/em>). Deux \u00e9lectrodes de surface sont fix\u00e9es au regard du ventre musculaire des deux mass\u00e9ters. L&rsquo;appareil enregistre :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>La latence d&rsquo;apparition (en millisecondes) :<\/strong> temps \u00e9coul\u00e9 entre le choc percussif et le d\u00e9but de l&rsquo;onde de d\u00e9polarisation musculaire (normalement comprise entre 6,5 et 9,5 ms, sym\u00e9trique entre les c\u00f4t\u00e9s droit et gauche).<\/li>\n<li><strong>L&rsquo;amplitude cr\u00eate-\u00e0-cr\u00eate du potentiel \u00e9voqu\u00e9 (en millivolts) :<\/strong> refl\u00e8te le contingent d&rsquo;axones moteurs recrut\u00e9s.<\/li>\n<li><strong>L&rsquo;indice de sym\u00e9trie droite\/gauche :<\/strong> une asym\u00e9trie de latence sup\u00e9rieure \u00e0 1,5 ms ou un rapport d&rsquo;amplitude asym\u00e9trique sup\u00e9rieur \u00e0 2:1 indique formellement une mononeuropathie focale du nerf trijumeau homolat\u00e9ral (l\u00e9sion de la racine motrice ou sensitive dans l&rsquo;angle ponto-c\u00e9r\u00e9belleux).<\/li>\n<\/ul>\n<h3>10. Applications et pertinence pratique<\/h3>\n<p>Le r\u00e9flexe mass\u00e9t\u00e9rin ne constitue pas seulement une curiosit\u00e9 anatomique d&rsquo;examen au lit du malade : il trouve des applications capitales dans un spectre \u00e9tendu de disciplines m\u00e9dicales et chirurgicales :<\/p>\n<p><strong>En neurologie g\u00e9n\u00e9rale et d&rsquo;urgence :<\/strong> Il repr\u00e9sente l&rsquo;\u00e9talon s\u00e9miologique de d\u00e9marcation de la hauteur l\u00e9sionnelle dans les paralysies spastiques. Face \u00e0 un patient comateux ou t\u00e9trapl\u00e9gique, la constatation d&rsquo;un r\u00e9flexe mass\u00e9t\u00e9rin vif permet d&rsquo;affirmer avec certitude que la souffrance c\u00e9r\u00e9brale s&rsquo;\u00e9tend au-dessus de la moiti\u00e9 moyenne de la protub\u00e9rance (m\u00e9senc\u00e9phale, faisceaux pyramidaux capsulaires ou h\u00e9misph\u00e8res), tandis qu&rsquo;un r\u00e9flexe mass\u00e9t\u00e9rin normal ou conserv\u00e9 chez un patient quadripl\u00e9gique oriente d&#8217;embl\u00e9e vers une l\u00e9sion m\u00e9dullaire cervicale haute (traumatisme du rachis, my\u00e9lite aigu\u00eb ou syndrome de compression foraminale).<\/p>\n<p><strong>En neuror\u00e9habilitation et neuropsychiatrie :<\/strong> L&rsquo;exag\u00e9ration du r\u00e9flexe mass\u00e9t\u00e9rin est \u00e9troitement corr\u00e9l\u00e9e \u00e0 la pr\u00e9sence d&rsquo;une labilit\u00e9 \u00e9motionnelle pathologique (syndrome pseudo-bulbaire), fr\u00e9quemment rencontr\u00e9e dans la scl\u00e9rose en plaques, les d\u00e9mences vasculaires, les d\u00e9mences fronto-temporales et les s\u00e9quelles d&rsquo;accidents vasculaires c\u00e9r\u00e9braux h\u00e9misph\u00e9riques bilat\u00e9raux. La reconnaissance de cette hyperr\u00e9flexie fournit aux neuropsychologues et aux cliniciens un ancrage biologique objectif pour diff\u00e9rencier une v\u00e9ritable d\u00e9pression d&rsquo;un d\u00e9sordre de l&rsquo;expression \u00e9motionnelle par d\u00e9connexion supranucl\u00e9aire (rire et pleur spasmodiques), orientant judicieusement la pharmacoth\u00e9rapie vers des agonistes s\u00e9rotoninergiques ou l&rsquo;association dextrom\u00e9thorphane\/quinidine.<\/p>\n<p><strong>En chirurgie maxillo-faciale et odontologie :<\/strong> L&rsquo;\u00e9valuation du r\u00e9flexe mass\u00e9t\u00e9rin et de la p\u00e9riode de silence \u00e9lectromyographique est primordiale dans l&rsquo;\u00e9valuation des douleurs orofaciales chroniques, des <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Trouble_temporo-mandibulaire\">troubles temporo-mandibulaires<\/a> (TTM) et du bruxisme du sommeil. Une perturbation de la phase d&rsquo;inhibition post-r\u00e9flexe t\u00e9moigne souvent d&rsquo;une hyperexcitabilit\u00e9 des boucles trig\u00e9minales centrales favorisant les contractures musculaires et les algies de l&rsquo;appareil manducateur.<\/p>\n<p><strong>En anesth\u00e9siologie et soins critiques :<\/strong> La disparition des composantes du r\u00e9flexe mass\u00e9t\u00e9rin et du r\u00e9flexe corn\u00e9en sert d&rsquo;indicateur clinique de la profondeur de la d\u00e9pression du tronc c\u00e9r\u00e9bral lors de l&rsquo;administration d&rsquo;agents anesth\u00e9siques puissants ou lors de l&rsquo;\u00e9valuation pronostique des enc\u00e9phalopathies anoxiques post-arr\u00eat cardiaque au sein des unit\u00e9s de r\u00e9animation m\u00e9dicale.<\/p>\n<h3>11. Recherche et donn\u00e9es empiriques<\/h3>\n<p>La recherche clinique et translationnelle moderne sur le r\u00e9flexe mass\u00e9t\u00e9rin a apport\u00e9 des \u00e9clairages cruciaux sur les m\u00e9canismes physiopathologiques intimes des affections neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9ratives et neuro-vasculaires. Les donn\u00e9es d&rsquo;\u00e9lectrophysiologie quantifi\u00e9e publi\u00e9es au cours des derni\u00e8res d\u00e9cennies soulignent sa sensibilit\u00e9 diagnostique :<\/p>\n<p>Des \u00e9tudes s\u00e9rielles men\u00e9es chez des cohortes de patients atteints de <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Scl%C3%A9rose_lat%C3%A9rale_amyotrophique\">scl\u00e9rose lat\u00e9rale amyotrophique<\/a> (SLA) ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 qu&rsquo;une latence anormale ou une amplitude d\u00e9mesur\u00e9e du r\u00e9flexe mass\u00e9t\u00e9rin est pr\u00e9sente chez plus de 75 % des formes bulbaires d\u00e8s les stades pr\u00e9coces, souvent avant que la spasticit\u00e9 des membres ne devienne cliniquement \u00e9vidente. Ces travaux d\u00e9montrent que l&rsquo;enregistrement EMG quantitatif de l&rsquo;arc trig\u00e9minal permet de rep\u00e9rer l&rsquo;implication pr\u00e9clinique du motoneurone sup\u00e9rieur cr\u00e2nien, acc\u00e9l\u00e9rant le diagnostic diff\u00e9rentiel avec les neuropathies motrices multifocales p\u00e9riph\u00e9riques.<\/p>\n<p>Dans le domaine de la scl\u00e9rose en plaques (SEP), des investigations ont combin\u00e9 l&rsquo;IRM haute r\u00e9solution du tronc c\u00e9r\u00e9bral avec l&rsquo;\u00e9tude \u00e9lectrophysiologique du r\u00e9flexe mass\u00e9t\u00e9rin. Elles ont mis en \u00e9vidence que les plaques de d\u00e9my\u00e9linisation situ\u00e9es dans le plancher du quatri\u00e8me ventricule et dans la calotte protub\u00e9rante provoquent des asym\u00e9tries de conduction du r\u00e9flexe mass\u00e9t\u00e9rin chez 40 \u00e0 60 % des patients pr\u00e9sentant des sympt\u00f4mes du tronc c\u00e9r\u00e9bral. De plus, la stimulation magn\u00e9tique transcr\u00e2nienne a prouv\u00e9 que le temps de conduction motrice centrale vers le noyau masticateur est consid\u00e9rablement allong\u00e9 chez ces malades, attestant de la d\u00e9synchronisation des influx le long des fibres cortico-nucl\u00e9aires.<\/p>\n<p>Des recherches translationnelles r\u00e9centes portent sur l&rsquo;utilisation du r\u00e9flexe mass\u00e9t\u00e9rin et de son couplage aux r\u00e9flexes de sursaut audio-trijumeaux pour mod\u00e9liser les r\u00e9seaux neuronaux de l&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 et de l&rsquo;hyperacousie. Les sujets souffrant de syndrome de stress post-traumatique (SSPT) ou de troubles anxieux g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9s s\u00e9v\u00e8res d\u00e9montrent une facilitation significative de l&rsquo;amplitude du r\u00e9flexe mass\u00e9t\u00e9rin, fournissant une preuve exp\u00e9rimentale tangible de l&rsquo;hyperexcitabilit\u00e9 du syst\u00e8me r\u00e9ticulo-m\u00e9senc\u00e9phalique sous l&rsquo;influence directe de l&rsquo;amygdale basolat\u00e9rale.<\/p>\n<h3>12. Consid\u00e9rations culturelles et contextuelles<\/h3>\n<p>Bien que le substrat anatomophysiologique du r\u00e9flexe mass\u00e9t\u00e9rin soit invariant parmi l&rsquo;esp\u00e8ce humaine, la perception clinique, le maniement de son \u00e9valuation et la r\u00e9ponse comportementale du patient sont susceptibles de variations contextuelles notables. Dans de nombreuses cultures, l&rsquo;espace facial et la r\u00e9gion p\u00e9ri-orale rel\u00e8vent de la sph\u00e8re de l&rsquo;intimit\u00e9 corporelle stricte. L&rsquo;approche brutale du visage d&rsquo;un patient par un marteau percussif m\u00e9tallique peut g\u00e9n\u00e9rer une tension de d\u00e9fense, un serrement des m\u00e2choires ou un clignement palp\u00e9bral r\u00e9flexe d&rsquo;\u00e9vitement li\u00e9 \u00e0 l&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9, annulant la relaxation pr\u00e9alable indispensable au rel\u00e2chement mass\u00e9t\u00e9rin.<\/p>\n<p>Dans certains contextes de soins transculturels, l&rsquo;exposition des dents ou l&rsquo;injonction d&rsquo;ouvrir la bouche sans explication pr\u00e9alable approfondie peut faire l&rsquo;objet de r\u00e9ticences psychologiques ou de malentendus s\u00e9mantiques. Le clinicien averti doit syst\u00e9matiquement d\u00e9mystifier la proc\u00e9dure en expliquant pos\u00e9ment que le coup ne frappera pas l&rsquo;os directement mais s&rsquo;appliquera sur le pouce du m\u00e9decin, ce qui d\u00e9samorce les r\u00e9actions d&rsquo;alerte neurov\u00e9g\u00e9tatives susceptibles d&rsquo;induire une fausse rigidit\u00e9 musculaire.<\/p>\n<p>Par ailleurs, les variations de morphologie cranio-faciale, notamment les conformations squelettiques de r\u00e9trognathie ou de prognathisme s\u00e9v\u00e8res, ainsi que l&rsquo;\u00e9dentation totale chez les patients g\u00e9riatriques non appareill\u00e9s, modifient la biom\u00e9canique passive de l&rsquo;articulation temporo-mandibulaire. Chez l&rsquo;individu \u00e9dent\u00e9, l&rsquo;absence de calage dentaire occlusal alt\u00e8re la tension r\u00e9siduelle de base des fuseaux neuromusculaires, imposant au clinicien d&rsquo;ajuster soigneusement la position mandibulaire de repos manuellement avant d&rsquo;ass\u00e9ner la percussion diagnostique.<\/p>\n<h3>13. Critiques, controverses et limites<\/h3>\n<p>En d\u00e9pit de son \u00e9l\u00e9gance clinique, l&rsquo;\u00e9valuation manuelle au marteau du r\u00e9flexe mass\u00e9t\u00e9rin soul\u00e8ve d&rsquo;importantes controverses m\u00e9thodologiques et fait face \u00e0 des limites diagnostiques inh\u00e9rentes que tout praticien se doit de conna\u00eetre :<\/p>\n<p>La principale critique repose sur sa faible sensibilit\u00e9 en pr\u00e9sence d&rsquo;un r\u00e9sultat n\u00e9gatif. \u00c9tant donn\u00e9 qu&rsquo;un pourcentage consid\u00e9rable (pouvant atteindre 30 \u00e0 40 %) de la population adulte saine et asymptomatique ne pr\u00e9sente aucun r\u00e9flexe mass\u00e9t\u00e9rin d\u00e9tectable \u00e0 l&rsquo;examen clinique direct au lit, l&rsquo;absence de r\u00e9ponse (ar\u00e9flexie mass\u00e9t\u00e9rine) ne peut en aucun cas \u00eatre formellement interpr\u00e9t\u00e9e comme un signe pathologique certain d&rsquo;atteinte p\u00e9riph\u00e9rique du nerf trijumeau, \u00e0 moins d&rsquo;\u00eatre strictement unilat\u00e9rale ou corrobor\u00e9e par un trac\u00e9 \u00e9lectromyographique d\u00e9montrant un bloc de conduction.<\/p>\n<p>La deuxi\u00e8me limite r\u00e9side dans la variabilit\u00e9 inter-observateur significative li\u00e9e \u00e0 la subjectivit\u00e9 du geste percussif. La force de l&rsquo;impact d\u00e9livr\u00e9, l&rsquo;angle exact de percussion et le degr\u00e9 de rel\u00e2chement volontaire de la mandibule varient consid\u00e9rablement d&rsquo;un praticien \u00e0 l&rsquo;autre. Il n&rsquo;est pas rare qu&rsquo;un patient soit jug\u00e9 hyperr\u00e9flexique par un examinateur novice alors qu&rsquo;il s&rsquo;agissait simplement d&rsquo;une contraction volontaire pr\u00e9cipit\u00e9e provoqu\u00e9e par la surprise du choc.<\/p>\n<p>Enfin, une controverse persiste quant \u00e0 l&rsquo;interpr\u00e9tation d&rsquo;une hyperactivit\u00e9 isol\u00e9e du r\u00e9flexe mass\u00e9t\u00e9rin chez des sujets \u00e2g\u00e9s sans aucun autre signe neurologique d&rsquo;accompagnement. Certains auteurs consid\u00e8rent qu&rsquo;une l\u00e9g\u00e8re exaltation peut s&rsquo;observer physiologiquement dans le cadre du vieillissement c\u00e9r\u00e9bral normal cons\u00e9cutif \u00e0 une atrophie corticale diffuse mod\u00e9r\u00e9e sans pertinence pathologique \u00e9volutive, ce qui met en garde contre les d\u00e9rives de surm\u00e9dicalisation ou de sur\u00e9valuation diagnostique chez les a\u00een\u00e9s.<\/p>\n<h3>14. Termes connexes et distinctions<\/h3>\n<p>Pour assurer une parfaite rigueur nosologique, il importe de distinguer le r\u00e9flexe mass\u00e9t\u00e9rin d&rsquo;autres r\u00e9flexes et entit\u00e9s s\u00e9miologiques de la r\u00e9gion cranio-faciale :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>R\u00e9flexe corn\u00e9en :<\/strong> arc r\u00e9flexe polysynaptique sensitivo-moteur dont l&rsquo;aff\u00e9rence est port\u00e9e par la branche ophtalmique du trijumeau (V1) et l&rsquo;eff\u00e9rence par le nerf facial (VII), provoquant la fermeture de la paupi\u00e8re par le muscle orbiculaire de l&rsquo;\u0153il. Il ne sollicite aucune boucle motrice masticatrice.<\/li>\n<li><strong>R\u00e9flexe de succion :<\/strong> r\u00e9flexe archa\u00efque primitif du nouveau-n\u00e9 d\u00e9clench\u00e9 par l&rsquo;effleurement des l\u00e8vres, impliquant les muscles p\u00e9ri-oraux innerv\u00e9s par le facial (VII). Sa r\u00e9apparition chez l&rsquo;adulte traduit une atteinte frontale diffuse et non une l\u00e9sion cortico-nucl\u00e9aire isol\u00e9e.<\/li>\n<li><strong>R\u00e9flexe palmo-mentonnier (de Marinesco-Radovici) :<\/strong> r\u00e9flexe cutan\u00e9o-cutan\u00e9 caract\u00e9ris\u00e9 par la contraction du muscle de la houppe du menton lors du grattage de l&rsquo;\u00e9minence th\u00e9nar de la paume de la main. C&rsquo;est un signe de lib\u00e9ration frontale et sous-corticale sans lien avec l&rsquo;arc myotatique trig\u00e9minal direct.<\/li>\n<li><strong>R\u00e9flexe stap\u00e9dien :<\/strong> r\u00e9flexe auditif protecteur de l&rsquo;oreille moyenne innerv\u00e9 par le nerf facial (VII) en r\u00e9ponse \u00e0 un son de haute intensit\u00e9, totalement distinct du syst\u00e8me somatique trig\u00e9minal.<\/li>\n<li><strong>Trismus :<\/strong> contraction tonique spastique et involontaire continue des muscles masticateurs emp\u00eachant l&rsquo;ouverture de la bouche (rencontr\u00e9 dans le t\u00e9tanos, les phlegmons amygdaliens ou les intoxications aux neuroleptiques), qui repr\u00e9sente un \u00e9tat tonique permanent et non une r\u00e9ponse dynamique phasique \u00e0 l&rsquo;\u00e9tirement percussif.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>15. Synth\u00e8se et points cl\u00e9s<\/h3>\n<p>Le r\u00e9flexe mass\u00e9t\u00e9rin constitue un pivot fondamental de l&rsquo;examen neurologique moderne, r\u00e9unissant en un seul geste s\u00e9miologique la mise \u00e0 l&rsquo;\u00e9preuve de l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 du tronc c\u00e9r\u00e9bral et la v\u00e9rification des voies motrices descendantes cortico-nucl\u00e9aires. Ses dimensions essentielles se r\u00e9sument dans les pr\u00e9ceptes cardinaux suivants :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Un arc singulier :<\/strong> Il repose sur le nerf trijumeau (V3) en aff\u00e9rence et en eff\u00e9rence, avec un premier neurone sensitif situ\u00e9 de fa\u00e7on unique \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du syst\u00e8me nerveux central dans le noyau m\u00e9senc\u00e9phalique.<\/li>\n<li><strong>Valeur diagnostique de localisation :<\/strong> Normalement discret ou absent chez l&rsquo;adulte sain, son exaltation franche (hyperr\u00e9flexie bilat\u00e9rale) prouve de fa\u00e7on cat\u00e9gorique l&rsquo;existence d&rsquo;une atteinte bilat\u00e9rale de la voie cortico-bulbaire au-dessus de la protub\u00e9rance moyenne.<\/li>\n<li><strong>Cl\u00e9 diff\u00e9rentielle :<\/strong> Il permet de trancher avec une certitude absolue entre une my\u00e9lopathie cervicale pure (o\u00f9 le r\u00e9flexe mass\u00e9t\u00e9rin demeure normal) et une affection neurologique s&rsquo;\u00e9tendant au tronc c\u00e9r\u00e9bral ou aux h\u00e9misph\u00e8res (syndrome pseudo-bulbaire, SLA \u00e0 d\u00e9but bulbaire).<\/li>\n<li><strong>Examen technique rigoureux :<\/strong> La man\u0153uvre requiert imp\u00e9rativement un rel\u00e2chement complet de la m\u00e2choire et l&rsquo;interposition du doigt de l&rsquo;examinateur pour \u00e9viter les faux positifs caus\u00e9s par les sursauts de surprise ou d&rsquo;appr\u00e9hension tactile.<\/li>\n<\/ul>\n<h2>R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<ul>\n<li>Dana, C. L. (1886). The jaw-jerk and its significance in neurological diagnosis. <em>The Medical Record<\/em>, 30, 29-33.<\/li>\n<li>Gowers, W. R. (1888). <em>A Manual of Diseases of the Nervous System<\/em> (Vols. 1-2). P. Blakiston, Son &#038; Co.<\/li>\n<li><span class=\"arabpsy-eq\" dir=\"ltr\">Cruccu, G., &#038; Deuschl, G. (2000). The clinical utility of electrophysiologically assessed human brainstem reflexes. <em>Muscle &#038; Nerve<\/em>, 23(1), 17-43. https:\/\/doi.org\/10.1002\/(SICI)1097-4598(200001)23:1&lt;17::AID-MUS4&gt;3.0.CO;2-E<\/span><\/li>\n<li>Szent\u00e1gothai, J. (1948). Anatomical considerations on the monosynaptic reflex arcs of the brain stem. <em>Journal of Neurophysiology<\/em>, 11(5), 445-454. https:\/\/doi.org\/10.1152\/jn.1948.11.5.445<\/li>\n<li>DeJong, R. N. (2019). <em>DeJong&rsquo;s The Neurologic Examination<\/em> (8th ed., W. W. Campbell &#038; R. J. Barohn, Eds.). Wolters Kluwer.<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le r\u00e9flexe mass\u00e9t\u00e9rin (chin reflex) est un r\u00e9flexe ost\u00e9otendineux myotatique essentiel du nerf trijumeau. D\u00e9couvrez son anatomie, son \u00e9valuation clinique et son int\u00e9r\u00eat dans le diagnostic des atteintes du tronc c\u00e9r\u00e9bral et du motoneurone sup\u00e9rieur.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"template":"","categories":[1045,7005,32340],"tags":[39505,36239,39333,2868,39504,38055,26356],"class_list":["post-23308","psych_term","type-psych_term","status-publish","hentry","category-neurologie","category-neurophysiologie","category-semiologie-clinique","tag-chin-reflex","tag-examen-neurologique","tag-nerf-trijumeau","tag-neurophysiologie","tag-reflexe-masseterin","tag-syndrome-pseudobulbaire","tag-tronc-cerebral"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_term\/23308","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_term"}],"about":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/psych_term"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_term\/23308\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=23308"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=23308"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=23308"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}