{"id":23282,"date":"2026-10-31T00:48:29","date_gmt":"2026-10-31T00:48:29","guid":{"rendered":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/?psych_term=epilepsie-absence-enfant"},"modified":"2026-10-31T00:48:29","modified_gmt":"2026-10-31T00:48:29","slug":"epilepsie-absence-enfant","status":"publish","type":"psych_term","link":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/?psych_term=epilepsie-absence-enfant","title":{"rendered":"\u00c9pilepsie-absence : Les silences de l&rsquo;enfance"},"content":{"rendered":"<p>Caract\u00e9ris\u00e9e par une rupture br\u00e8ve mais brutale de la continuit\u00e9 de l&rsquo;exp\u00e9rience consciente, l&rsquo;\u00e9pilepsie-absence de l&rsquo;enfant constitue un paradigme clinique fascinant \u00e0 la crois\u00e9e de la neurop\u00e9diatrie, des neurosciences cognitives et de la psychopathologie d\u00e9veloppementale. Longtemps d\u00e9sign\u00e9e sous l&rsquo;appellation historique de \u00ab petit mal \u00bb, cette affection ne se r\u00e9sume pas \u00e0 une simple anomalie paroxystique du trac\u00e9 \u00e9lectroenc\u00e9phalographique ; elle alt\u00e8re intimement la dynamique attentionnelle, l&rsquo;apprentissage scolaire et les interactions psychosociales de l&rsquo;enfant en plein d\u00e9veloppement. Comprendre la complexit\u00e9 de cette pathologie exige d&rsquo;explorer avec rigueur ses soubassements neurophysiologiques, ses manifestations s\u00e9miologiques subtiles ainsi que ses retentissements neuropsychologiques \u00e0 court et \u00e0 long terme.<\/p>\n<h2>\u00c9pilepsie-absence de l&rsquo;enfant<\/h2>\n<h3>1. D\u00e9finition concise<\/h3>\n<p>L&rsquo;<strong>\u00e9pilepsie-absence de l&rsquo;enfant<\/strong> (EAE) est un syndrome d&rsquo;\u00e9pilepsie g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e idiopathique (ou g\u00e9n\u00e9tique) d&rsquo;apparition p\u00e9diatrique, survenant typiquement entre l&rsquo;\u00e2ge de 4 et 10 ans chez des enfants pr\u00e9sentant par ailleurs un d\u00e9veloppement neurologique pr\u00e9alable normal. Elle se caract\u00e9rise cliniquement par la r\u00e9p\u00e9tition pluriquotidienne d&rsquo;absences dites \u00ab typiques \u00bb, d\u00e9finies par une suspension soudaine, br\u00e8ve et compl\u00e8te de la conscience et de l&rsquo;activit\u00e9 en cours, durant en moyenne 5 \u00e0 15 secondes, sans chute ni perte du tonus postural, avec une reprise imm\u00e9diate de la vigilance sans confusion post-critique r\u00e9siduelle.<\/p>\n<p>Sur le plan \u00e9lectrophysiologique, ce syndrome se manifeste de mani\u00e8re pathognomonique par des d\u00e9charges critiques bilat\u00e9rales, synchrones et sym\u00e9triques de <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/%C3%89lectroenc%C3%A9phalographie\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">pointes-ondes \u00e0 3 Hz<\/a> (cycles par seconde) survenant sur un rythme de fond par ailleurs parfaitement pr\u00e9serv\u00e9. Bien que traditionnellement consid\u00e9r\u00e9e comme une \u00e9pilepsie \u00ab b\u00e9nigne \u00bb en raison d&rsquo;un taux de r\u00e9mission spontan\u00e9e \u00e9lev\u00e9 \u00e0 l&rsquo;adolescence et d&rsquo;une excellente r\u00e9ponse aux anti\u00e9pileptiques sp\u00e9cifiques, la recherche neuropsychologique contemporaine d\u00e9montre que l&rsquo;affection s&rsquo;accompagne fr\u00e9quemment de d\u00e9ficits cognitifs subtils mais invalidants, notamment dans les domaines de l&rsquo;attention soutenue, de la m\u00e9moire de travail et des fonctions ex\u00e9cutives.<\/p>\n<h3>2. \u00c9tymologie et origine linguistique<\/h3>\n<p>Le mot \u00ab \u00e9pilepsie \u00bb puise ses origines directes dans le grec ancien <em>epil\u00eapsia<\/em> (\u1f10\u03c0\u03b9\u03bb\u03b7\u03c8\u03af\u03b1), substantif d\u00e9riv\u00e9 du verbe <em>epilambanein<\/em> (\u1f10\u03c0\u03b9\u03bb\u03b1\u03bc\u03b2\u03ac\u03bd\u03b5\u03b9\u03bd), compos\u00e9 du pr\u00e9fixe <em>epi-<\/em> (\u00ab sur \u00bb) et du verbe <em>lambanein<\/em> (\u00ab saisir \u00bb, \u00ab s&#8217;emparer de \u00bb). \u00c9tymologiquement, le terme connote l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;une force ext\u00e9rieure invisible qui subjugue, terrasse ou s&#8217;empare soudainement de l&rsquo;individu, refl\u00e9tant les conceptions magico-religieuses de l&rsquo;Antiquit\u00e9 o\u00f9 la crise \u00e9tait per\u00e7ue comme une possession divine ou d\u00e9moniaque.<\/p>\n<p>Le qualificatif \u00ab absence \u00bb provient du latin <em>absentia<\/em>, d\u00e9riv\u00e9 du participe pr\u00e9sent <em>absens<\/em> du verbe <em>abesse<\/em> (\u00ab \u00eatre \u00e9loign\u00e9 \u00bb, \u00ab faire d\u00e9faut \u00bb). Dans la s\u00e9miologie neuropsychiatrique francophone, le terme a \u00e9t\u00e9 introduit pour d\u00e9crire m\u00e9taphoriquement l&rsquo;\u00e9clipse temporaire de l&rsquo;esprit, l&rsquo;enfant demeurant physiquement pr\u00e9sent mais psychiquement et cognitivement indisponible au monde ext\u00e9rieur. Historiquement, le m\u00e9decin fran\u00e7ais Louis-Florentin Calmeil a formalis\u00e9 en 1824 l&rsquo;expression \u00ab absence \u00e9pileptique \u00bb pour distinguer ces crises incompl\u00e8tes des convulsions g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9es tonico-cloniques alors regroup\u00e9es sous le vocable de \u00ab grand mal \u00bb.<\/p>\n<h3>3. Prononciation et forme grammaticale<\/h3>\n<p>Sur le plan phon\u00e9tique, l&rsquo;expression se transcrit en alphabet phon\u00e9tique international sous la forme : <strong>\/e.pi.l\u025bp.si ap.s\u0251\u0303s d\u0259 l\u0251\u0303.f\u0251\u0303\/<\/strong>. L&rsquo;\u00e9lision et l&rsquo;encha\u00eenement phon\u00e9tique lient fluidement la consonne occlusive bilabiale sourde \/p\/ \u00e0 la fricative \/s\/, avec une assimilation de sonorit\u00e9 partielle dans \u00ab absence \u00bb o\u00f9 le \u00ab b \u00bb se prononce couramment \/p\/ devant le \u00ab s \u00bb (\/ap.s\u0251\u0303s\/).<\/p>\n<p>Du point de vue grammatical, \u00ab \u00e9pilepsie-absence de l&rsquo;enfant \u00bb est une locution nominale complexe f\u00e9minine singuli\u00e8re. Dans les \u00e9crits cliniques francophones, elle s&rsquo;abr\u00e8ge fr\u00e9quemment sous l&rsquo;acronyme EAE (ou CAE, pour son \u00e9quivalent anglophone <em>Childhood Absence Epilepsy<\/em>). L&rsquo;\u00e9l\u00e9ment \u00ab \u00e9pilepsie-absence \u00bb s&#8217;emploie \u00e9galement au pluriel sous la forme \u00ab \u00e9pilepsies-absences \u00bb, bien que l&rsquo;usage clinique singulier pr\u00e9domine pour d\u00e9signer le syndrome global identifi\u00e9 au sein des classifications de la <a href=\"https:\/\/www.ilae.org\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Ligue Internationale contre l&rsquo;\u00c9pilepsie (ILAE)<\/a>.<\/p>\n<h3>4. Explication conceptuelle d\u00e9taill\u00e9e<\/h3>\n<p>L&rsquo;\u00e9pilepsie-absence de l&rsquo;enfant ne repr\u00e9sente pas une simple d\u00e9connexion transitoire du monde ext\u00e9rieur ; elle correspond \u00e0 une d\u00e9sorganisation paroxystique aigu\u00eb des r\u00e9seaux oscillatoires reliant le cortex c\u00e9r\u00e9bral et les noyaux sous-corticaux. Contrairement aux crises motrices convulsives o\u00f9 l&rsquo;activit\u00e9 motrice anormale domine le tableau clinique, l&rsquo;absence est avant tout une pathologie de la vigilance et de l&rsquo;int\u00e9gration consciente. Durant la crise, la conscience d&rsquo;acc\u00e8s \u2014 c&rsquo;est-\u00e0-dire la capacit\u00e9 du sujet \u00e0 rapporter verbalement ou comportementalement une information per\u00e7ue \u2014 est totalement interrompue. L&rsquo;enfant s&rsquo;immobilise au milieu d&rsquo;un geste, interrompt sa parole en plein mot, et son regard devient fixe, atone et inexpressif, orient\u00e9 droit devant lui ou l\u00e9g\u00e8rement dirig\u00e9 vers le haut.<\/p>\n<p>La temporalit\u00e9 de l&rsquo;acc\u00e8s critique constitue un crit\u00e8re diagnostique fondamental. L&rsquo;absence typique d\u00e9bute de fa\u00e7on abrupte, sans prodrome subjectif ni aura sensorielle, et s&rsquo;ach\u00e8ve tout aussi brusquement. D\u00e8s l&rsquo;extinction de la d\u00e9charge \u00e9lectroenc\u00e9phalographique critique, l&rsquo;enfant reprend son discours ou son activit\u00e9 exactement l\u00e0 o\u00f9 il l&rsquo;avait interrompue, sans manifester la moindre conscience de la rupture temporelle qui vient de se produire. Une question pos\u00e9e au tout d\u00e9but de la crise restera ignor\u00e9e, mais une question pos\u00e9e une fraction de seconde apr\u00e8s l&rsquo;arr\u00eat de la crise obtiendra une r\u00e9ponse imm\u00e9diate et pertinente. Cette absence d&rsquo;amn\u00e9sie globale post-critique et cette r\u00e9activit\u00e9 instantan\u00e9e r\u00e9affirment l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 fondamentale des fonctions sup\u00e9rieures en dehors des \u00e9pisodes.<\/p>\n<p>Sur le plan ph\u00e9nom\u00e9nologique, l&rsquo;acc\u00e8s peut \u00eatre d&rsquo;une puret\u00e9 s\u00e9miologique absolue (absence simple), ou s&rsquo;accompagner d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments moteurs mineurs (absence complexe). Ces ph\u00e9nom\u00e8nes accessoires incluent de discr\u00e8tes myoclonies palp\u00e9brales (battements de paupi\u00e8res r\u00e9guliers synchrones \u00e0 la fr\u00e9quence de 3 Hz), des mouvements d&rsquo;automatisme gestuel ou buccofaciomasticatoire (m\u00e2chonnements, d\u00e9glutitions, frottements des mains) et, plus rarement, des manifestations neurov\u00e9g\u00e9tatives comme une p\u00e2leur soudaine, une mydriase bilat\u00e9rale ou une discr\u00e8te incontinence urinaire lorsque l&rsquo;acc\u00e8s se prolonge anormalement. Ces composantes motrices, lorsqu&rsquo;elles existent, ne doivent jamais \u00eatre confondues avec des mouvements focaux \u00e9l\u00e9mentaires ou des crises toniques, sous peine d&rsquo;\u00e9garer le clinicien vers des syndromes \u00e9pileptiques de pronostic radicalement diff\u00e9rent.<\/p>\n<p>La fr\u00e9quence des crises constitue une autre particularit\u00e9 saisissante de ce trouble. Dans les formes non trait\u00e9es, les enfants peuvent pr\u00e9senter des dizaines, voire plusieurs centaines d&rsquo;absences au cours d&rsquo;une seule journ\u00e9e (ph\u00e9nom\u00e8ne historiquement qualifi\u00e9 de \u00ab pycnolepsie \u00bb). Cette r\u00e9p\u00e9tition incessante fragmente le flux de traitement de l&rsquo;information cognitive, cr\u00e9ant des micro-interrupteurs attentionnels tout au long de la journ\u00e9e scolaire. L&rsquo;enfant rate ainsi des syllabes, des consignes ou des fractions d&rsquo;explications math\u00e9matiques, ce qui engendre des difficult\u00e9s d&rsquo;apprentissage massives en d\u00e9pit d&rsquo;un quotient intellectuel parfaitement normal.<\/p>\n<h3>5. D\u00e9veloppement historique<\/h3>\n<p>La conceptualisation de l&rsquo;\u00e9pilepsie-absence a franchi plusieurs \u00e9tapes majeures depuis les premi\u00e8res observations m\u00e9dicales du dix-huiti\u00e8me si\u00e8cle. C&rsquo;est au m\u00e9decin suisse Samuel-Auguste Tissot que l&rsquo;on attribue traditionnellement, en 1770, la premi\u00e8re description clinique rigoureuse d&rsquo;une absence typique. Dans son trait\u00e9 consacr\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9pilepsie, il relate le cas d&rsquo;une fillette qui pr\u00e9sentait de courts \u00ab acc\u00e8s d&rsquo;assoupissement \u00bb sans convulsion, durant lesquels elle interrompait son activit\u00e9 sans chuter, avant de revenir \u00e0 elle sans garder le souvenir de l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement.<\/p>\n<p>Au dix-neuvi\u00e8me si\u00e8cle, les ali\u00e9nistes fran\u00e7ais ont formalis\u00e9 la nosographie de l&rsquo;affection. Jean-\u00c9tienne Esquirol, puis surtout Louis-Florentin Calmeil en 1824, ont propos\u00e9 la d\u00e9nomination de \u00ab petit mal \u00bb pour regrouper les manifestations \u00e9pileptiques att\u00e9nu\u00e9es, non convulsives. En 1906, les psychiatres allemands Willy Sauer et Alfred Friedmann ont d\u00e9crit sous le nom de \u00ab pyknolepsie \u00bb (du grec <em>pyknos<\/em>, signifiant \u00ab serr\u00e9 \u00bb, \u00ab dense \u00bb) une forme particuli\u00e8re d&rsquo;\u00e9pilepsie infantile caract\u00e9ris\u00e9e par des crises d&rsquo;absence survenant en rafales extr\u00eamement rapproch\u00e9es, avec un pronostic spontan\u00e9ment favorable \u00e0 la pubert\u00e9.<\/p>\n<p>Le tournant fondamental dans la compr\u00e9hension de l&rsquo;affection s&rsquo;est produit au milieu des ann\u00e9es 1930 gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;av\u00e8nement de l&rsquo;\u00e9lectroenc\u00e9phalographie humaine d\u00e9velopp\u00e9e par Hans Berger. En 1935, Frederic Gibbs, Hallowell Davis et William Lennox publient leur article historique d\u00e9montrant que les crises du petit mal correspondent de mani\u00e8re univoque \u00e0 une d\u00e9charge rythmique g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e de pointes-ondes \u00e0 3 cycles par seconde. Cette d\u00e9couverte princeps a non seulement apport\u00e9 le premier biomarqueur instrumental objectif de la crise, mais a \u00e9galement inaugur\u00e9 l&rsquo;\u00e8re moderne de l&rsquo;\u00e9pileptologie \u00e9lectro-clinique.<\/p>\n<p>Au cours de la seconde moiti\u00e9 du vingti\u00e8me si\u00e8cle, les travaux de Wilder Penfield et Herbert Jasper \u00e0 l&rsquo;Institut neurologique de Montr\u00e9al ont conduit \u00e0 formuler l&rsquo;hypoth\u00e8se d&rsquo;un \u00ab syst\u00e8me centrenc\u00e9phalique \u00bb. Selon cette th\u00e9orie, les d\u00e9charges d&rsquo;absences trouveraient leur origine dans des structures sous-corticales m\u00e9dianes, notamment les noyaux thalamiques intralaminaires, capables d&rsquo;engager simultan\u00e9ment les deux h\u00e9misph\u00e8res c\u00e9r\u00e9braux. Bien que cette th\u00e9orie sous-corticale exclusive ait \u00e9t\u00e9 substantiellement r\u00e9vis\u00e9e par les mod\u00e8les cortico-thalamiques contemporains, elle a permis de jeter les bases th\u00e9oriques de la classification internationale des syndromes \u00e9pileptiques adopt\u00e9e par la Ligue Internationale contre l&rsquo;\u00c9pilepsie d\u00e8s 1989 et actualis\u00e9e en 2017 et 2022.<\/p>\n<h3>6. Fondements th\u00e9oriques et neurobiologiques<\/h3>\n<p>La physiopathologie de l&rsquo;\u00e9pilepsie-absence de l&rsquo;enfant repose sur l&rsquo;hypersynchronisation d&rsquo;une boucle neuronale hautement interconnect\u00e9e : la <strong>boucle cortico-thalamo-corticale<\/strong>. Ce r\u00e9seau neural assure normalement la gen\u00e8se des rythmes physiologiques de l&rsquo;\u00e9tat de veille et du sommeil lent, notamment les fuseaux de sommeil (<em>sleep spindles<\/em>). Dans l&rsquo;\u00e9pilepsie-absence, une d\u00e9r\u00e9gulation de l&rsquo;\u00e9quilibre entre l&rsquo;excitation glutamatergique et l&rsquo;inhibition gabaergique au sein de ce circuit entra\u00eene la transformation de ces oscillations physiologiques en d\u00e9charges paroxystiques de pointes-ondes hautement synchrones.<\/p>\n<p>Au niveau cellulaire, le c\u0153ur du m\u00e9canisme \u00e9lectrog\u00e9nique r\u00e9side dans les propri\u00e9t\u00e9s intrins\u00e8ques des neurones du noyau r\u00e9ticulaire thalamique (NRT) et des neurones thalamocorticaux. Les canaux calciques de type T d\u00e9pendants du bas voltage (notamment le sous-type CaV3.2 cod\u00e9 par le g\u00e8ne <em>CACNA1H<\/em>) jouent un r\u00f4le d\u00e9terminant. L&rsquo;activation soutenue de ces canaux engendre des bouff\u00e9es de potentiels d&rsquo;action \u00e0 basse cadence (<em>bursting<\/em>). Lorsque ces d\u00e9charges thalamiques atteignent les neurones pyramidaux du cortex c\u00e9r\u00e9bral (particuli\u00e8rement au sein des couches corticales profondes V et VI), elles d\u00e9clenchent une lib\u00e9ration massive de glutamate. En retour, les projections corticothalamiques descendantes recrutent les interneurones inhibiteurs du NRT, activant les r\u00e9cepteurs ionotropes GABA-A et m\u00e9tabotropes GABA-B, ce qui hyperpolarise les neurones thalamocorticaux et pr\u00e9pare les canaux calciques de type T \u00e0 un nouveau cycle de d\u00e9charge rythmique.<\/p>\n<p>D&rsquo;un point de vue cognitif et th\u00e9orique, la rupture de conscience observ\u00e9e lors d&rsquo;une absence fournit un mod\u00e8le unique pour \u00e9tudier les th\u00e9ories neuroscientifiques de la conscience. Selon la th\u00e9orie de l&rsquo;espace de travail neuronal global (<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Espace_de_travail_global\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Global Neuronal Workspace Theory<\/a>) d\u00e9velopp\u00e9e par Stanislas Dehaene et Jean-Pierre Changeux, l&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 la conscience exige une synchronisation flexible, distribu\u00e9e et \u00e0 large \u00e9chelle entre les aires corticales fronto-pari\u00e9tales associatives. Lors de l&rsquo;absence \u00e9pileptique, la d\u00e9charge hypersynchrone \u00e0 3 Hz envahit brutalement l&rsquo;ensemble du cortex et sature les capacit\u00e9s de traitement de cet espace de travail global. Le syst\u00e8me c\u00e9r\u00e9bral est litt\u00e9ralement \u00ab pris en otage \u00bb par un rythme rigide et st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9 qui interdit la diff\u00e9renciation informationnelle requise pour la pens\u00e9e consciente.<\/p>\n<p>Sur le plan g\u00e9n\u00e9tique, l&rsquo;EAE est consid\u00e9r\u00e9e comme une pathologie \u00e0 transmission complexe, polyg\u00e9nique et oligog\u00e9nique, avec une h\u00e9ritabilit\u00e9 estim\u00e9e \u00e0 plus de 70 % dans les \u00e9tudes de jumeaux. De multiples mutations touchant des g\u00e8nes codant pour des canaux ioniques ont \u00e9t\u00e9 mises en \u00e9vidence, notamment les sous-unit\u00e9s des r\u00e9cepteurs GABA-A (<em>GABRA1<\/em>, <em>GABRG2<\/em>) et les canaux calciques (<em>CACNA1A<\/em>, <em>CACNA1H<\/em>). Plus r\u00e9cemment, des mutations du g\u00e8ne <em>SLC2A1<\/em>, codant pour le transporteur c\u00e9r\u00e9bral du glucose GLUT-1, ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9es chez des enfants pr\u00e9sentant un tableau d&rsquo;EAE \u00e0 d\u00e9but pr\u00e9coce, confirmant qu&rsquo;une anomalie du m\u00e9tabolisme \u00e9nerg\u00e9tique c\u00e9r\u00e9bral peut \u00e9galement sous-tendre ce dysfonctionnement cortico-thalamique paroxystique.<\/p>\n<h3>7. Composantes cl\u00e9s, sous-types et dimensions<\/h3>\n<p>L&rsquo;analyse s\u00e9miologique fine et les crit\u00e8res diagnostiques de l&rsquo;ILAE permettent de d\u00e9composer l&rsquo;\u00e9pilepsie-absence en plusieurs composantes et sous-entit\u00e9s nosologiques rigoureusement individualis\u00e9es :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Absences typiques simples :<\/strong> Suspension br\u00e8ve, isol\u00e9e et pure de la conscience. L&rsquo;enfant interrompt son activit\u00e9, reste immobile avec les yeux fixes, sans manifestation motrice significative, et reprend son cours instantan\u00e9ment \u00e0 l&rsquo;arr\u00eat du trac\u00e9 critique.<\/li>\n<li><strong>Absences typiques complexes (ou avec composantes accessoires) :<\/strong>\n<ul>\n<li><em>Avec composante clonique :<\/em> Caract\u00e9ris\u00e9e par de fines secousses r\u00e9guli\u00e8res des paupi\u00e8res, des sourcils ou des coins des l\u00e8vres \u00e0 un rythme oscillant autour de 3 battements par seconde.<\/li>\n<li><em>Avec composante hypotonique ou atonique :<\/em> Chute mod\u00e9r\u00e9e de la t\u00eate vers l&rsquo;avant, affaissement discret des \u00e9paules ou l\u00e2chage de l&rsquo;objet tenu en main sans \u00e9croulement complet du corps.<\/li>\n<li><em>Avec composante hypertonique :<\/em> \u00c9bauche d&rsquo;extension de la nuque vers l&rsquo;arri\u00e8re, r\u00e9tropulsion oculaire marqu\u00e9e ou raidissement discret du tronc.<\/li>\n<li><em>Avec automatismes :<\/em> Persistance de comportements semi-intentionnels d\u00e9contextualis\u00e9s durant la crise (mouvements de d\u00e9glutition, l\u00e9chage des l\u00e8vres, triturage des v\u00eatements, d\u00e9ambulation erratique).<\/li>\n<li><em>Avec manifestations autonomiques ou v\u00e9g\u00e9tatives :<\/em> Pr\u00e9sence d&rsquo;une p\u00e2leur cutan\u00e9e, d&rsquo;une rougeur du visage, d&rsquo;une tachycardie transitoire ou d&rsquo;une dilatation pupillaire bilat\u00e9rale.<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<li><strong>Absences atypiques :<\/strong> Diff\u00e9rentes des absences typiques par leur d\u00e9but et leur fin plus progressifs, une alt\u00e9ration de la conscience souvent moins nette ou au contraire plus profonde, une hypotonie plus marqu\u00e9e et un corr\u00e9lat \u00e9lectroenc\u00e9phalographique montrant des pointes-ondes lentes (< 2,5 Hz), asym\u00e9triques et irr\u00e9guli\u00e8res. Ces absences surviennent quasi exclusivement dans le cadre d'enc\u00e9phalopathies \u00e9pileptiques et d\u00e9veloppementales s\u00e9v\u00e8res (telles que le syndrome de Lennox-Gastaut).<\/li>\n<li><strong>Sous-types nosologiques selon l&rsquo;\u00e2ge d&rsquo;apparition :<\/strong>\n<ul>\n<li><em>\u00c9pilepsie-absence de l&rsquo;enfant (EAE proprement dite) :<\/em> Pic de d\u00e9but entre 5 et 7 ans, nette pr\u00e9dominance f\u00e9minine (environ 60-70 %), absences pluriquotidiennes massives (pycnoleptiques), sans crises convulsives associ\u00e9es au moment du diagnostic.<\/li>\n<li><em>\u00c9pilepsie-absence juv\u00e9nile (EAJ) :<\/em> D\u00e9but plus tardif \u00e0 la pubert\u00e9 (entre 10 et 17 ans), absences moins fr\u00e9quentes mais plus longues, associ\u00e9es quasi syst\u00e9matiquement \u00e0 des crises g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9es tonico-cloniques (CGTC), engageant un traitement m\u00e9dicamenteux au long cours.<\/li>\n<li><em>\u00c9pilepsie-absence myoclonique :<\/em> Syndrome distinct caract\u00e9ris\u00e9 par des secousses myocloniques rythmiques et violentes des membres sup\u00e9rieurs associ\u00e9es \u00e0 une d\u00e9charge de pointes-ondes \u00e0 3 Hz, souvent r\u00e9fractaire aux th\u00e9rapies standards.<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<\/ul>\n<h3>8. Exemples et vignettes cliniques<\/h3>\n<p><strong>Cas clinique 1 : L\u00e9a, 6 ans et demi, scolaris\u00e9e en cours pr\u00e9paratoire (CP).<\/strong><br \/>\nL\u00e9a est orient\u00e9e en consultation de p\u00e9dopsychiatrie et de neurop\u00e9diatrie \u00e0 l&rsquo;initiative de son institutrice. Cette derni\u00e8re a remarqu\u00e9 que L\u00e9a \u00ab d\u00e9croche \u00bb constamment en classe. Pendant la lecture, la fillette s&rsquo;arr\u00eate brusquement de parler, le regard perdu dans le vide, les yeux dirig\u00e9s vers le plafond, ne r\u00e9pondant \u00e0 aucun appel de son pr\u00e9nom ni \u00e0 un l\u00e9ger contact sur l&rsquo;\u00e9paule. Apr\u00e8s environ 8 \u00e0 10 secondes, L\u00e9a cligne des paupi\u00e8res et tente de reprendre la phrase, sans s&rsquo;\u00eatre rendu compte de l&rsquo;interruption, mais en ayant saut\u00e9 plusieurs mots ou la ligne enti\u00e8re. Ses parents avaient not\u00e9 \u00e0 la maison qu&rsquo;elle renversait parfois son bol de lait le matin sans explication rationnelle. En consultation, le praticien invite L\u00e9a \u00e0 souffler vigoureusement sur un moulinet en papier pour tester l&rsquo;<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Hyperventilation\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">hyperventilation<\/a>. D\u00e8s la deuxi\u00e8me minute, L\u00e9a s&rsquo;arr\u00eate net, la bouche ouverte, le moulinet immobile dans sa main, pendant 12 secondes, avec de discrets tremblements des paupi\u00e8res \u00e0 3 Hz. L&rsquo;enregistrement EEG confirme instantan\u00e9ment la survenue d&rsquo;un paroxysme de pointes-ondes g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9es bilat\u00e9rales, synchrones et sym\u00e9triques \u00e0 3 Hz, confirmant sans ambigu\u00eft\u00e9 une \u00e9pilepsie-absence de l&rsquo;enfant.<\/p>\n<p><strong>Cas clinique 2 : Maxime, 8 ans, suspicion initiale de TDAH.<\/strong><br \/>\nMaxime consulte pour une d\u00e9gradation scolaire progressive et des troubles attentionnels s\u00e9v\u00e8res \u00e9voluant depuis six mois. Son comportement en classe est d\u00e9crit comme r\u00eaveur, d\u00e9sorganis\u00e9 et distrait. Le bilan psychologique initial suspecte un trouble du d\u00e9ficit de l&rsquo;attention avec ou sans hyperactivit\u00e9 (TDAH) \u00e0 pr\u00e9dominance inattentive. Cependant, le psychologue clinicien note lors du testing cognitif de brusques ruptures de contact au cours desquelles le gar\u00e7on suspend sa r\u00e9ponse \u00e0 une \u00e9preuve de r\u00e9tention mn\u00e9sique pendant 5 secondes, semblant fig\u00e9, avant de reprendre avec une pers\u00e9v\u00e9ration inappropri\u00e9e. L&rsquo;anamn\u00e8se pouss\u00e9e aupr\u00e8s des parents r\u00e9v\u00e8le une cinquantaine de ces micro-suspensions par jour. L&rsquo;EEG ambulatoire de 24 heures montre plus de 120 d\u00e9charges de pointes-ondes typiques quotidiennes, dont plus de la moiti\u00e9 \u00e9taient cliniquement inapparentes pour les adultes environnants mais interrompaient le flux cognitif. L&rsquo;introduction d&rsquo;\u00e9thosuximide permet une r\u00e9mission compl\u00e8te des anomalies \u00e9lectro-cliniques en trois semaines, s&rsquo;accompagnant d&rsquo;une normalisation spectaculaire des scores attentionnels et des r\u00e9sultats scolaires.<\/p>\n<h3>9. Mesure, \u00e9valuation et diagnostic<\/h3>\n<p>Le diagnostic positif d&rsquo;\u00e9pilepsie-absence de l&rsquo;enfant repose sur un tr\u00e9pied m\u00e9thodologique rigoureux combinant anamn\u00e8se s\u00e9miologique d\u00e9taill\u00e9e, \u00e9preuve de provocation clinique et enregistrement \u00e9lectroenc\u00e9phalographique standardis\u00e9.<\/p>\n<p>L&rsquo;<strong>\u00e9preuve d&rsquo;hyperventilation<\/strong> (polypn\u00e9e volontaire et ample durant 3 \u00e0 5 minutes) constitue l&rsquo;\u00e9preuve de stimulation par excellence. En r\u00e9duisant la pression partielle art\u00e9rielle en dioxyde de carbone (hypocapnie), l&rsquo;hyperventilation induit une vasoconstriction c\u00e9r\u00e9brale qui modifie l&rsquo;excitabilit\u00e9 des r\u00e9seaux cortico-thalamiques et d\u00e9clenche une crise d&rsquo;absence typique chez plus de 90 % des enfants non trait\u00e9s. Ce test simple, non invasif et r\u00e9alisable au chevet de l&rsquo;enfant ou lors de la consultation clinique, constitue l&rsquo;outil diagnostique de d\u00e9pistage le plus puissant.<\/p>\n<p>L&rsquo;<strong>\u00e9lectroenc\u00e9phalogramme (EEG)<\/strong> demeure l&rsquo;examen paraclinique \u00e9talon-or (<em>gold standard<\/em>). Le trac\u00e9 inter-critique se singularise par la normalit\u00e9 absolue du rythme de fond pour l&rsquo;\u00e2ge de l&rsquo;enfant, sans ralentissement diffus ni foyers l\u00e9sionnels. Les anomalies critiques consistent en des bouff\u00e9es g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9es de complexes pointe-onde, de survenue et d&rsquo;arr\u00eat brusques, occupant l&rsquo;ensemble des d\u00e9rivations avec une pr\u00e9dominance d&rsquo;amplitude sur les r\u00e9gions fronto-centrales. La fr\u00e9quence initiale de la d\u00e9charge est classiquement de 3 \u00e0 3,5 Hz, pouvant ralentir l\u00e9g\u00e8rement \u00e0 2,5 Hz en toute fin de crise avant l&rsquo;extinction totale. La stimulation lumineuse intermittente (SLI) peut \u00e9galement sensibiliser le trac\u00e9, bien que la photosensibilit\u00e9 soit moins fr\u00e9quente que dans l&rsquo;\u00e9pilepsie myoclonique juv\u00e9nile.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9valuation neuropsychologique standardis\u00e9e est aujourd&rsquo;hui imp\u00e9rative d\u00e8s le diagnostic. Elle mobilise des batteries d&rsquo;\u00e9valuation cognitive valid\u00e9es :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>\u00c9chelles d&rsquo;efficience globale :<\/strong> WISC-V (Wechsler Intelligence Scale for Children) pour documenter la pr\u00e9servation de l&rsquo;intelligence g\u00e9n\u00e9rale et quantifier une \u00e9ventuelle dissociation entre les indices de compr\u00e9hension verbale et de vitesse de traitement de l&rsquo;information.<\/li>\n<li><strong>Batteries attentionnelles et ex\u00e9cutives :<\/strong> Test d&rsquo;\u00e9valuation de l&rsquo;attention chez l&rsquo;enfant (TEA-Ch), \u00e9preuves de performance continue (CPT de Conners) et inventaires BRIEF (Behavior Rating Inventory of Executive Function) remplis par les parents et enseignants afin d&rsquo;objectiver le profil des fluctuations attentionnelles et des fonctions ex\u00e9cutives au quotidien.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>10. Applications cliniques et retentissement neuropsychologique<\/h3>\n<p>Sur le versant th\u00e9rapeutique, le traitement m\u00e9dical de l&rsquo;\u00e9pilepsie-absence est \u00e9minemment pharmacologique et pr\u00e9sente des sp\u00e9cificit\u00e9s majeures qu&rsquo;aucun clinicien ne saurait ignorer. La mol\u00e9cule de premier choix absolu est l&rsquo;<strong>\u00e9thosuximide<\/strong>, un bloquant s\u00e9lectif des canaux calciques thalamiques de type T. L&rsquo;\u00e9thosuximide d\u00e9montre une efficacit\u00e9 clinique remarquable pour \u00e9radiquer les absences tout en pr\u00e9sentant un profil de tol\u00e9rance cognitive sup\u00e9rieur \u00e0 celui de ses alternatives.<\/p>\n<p>L&rsquo;<strong>acide valpro\u00efque<\/strong> constitue une alternative de premier plan d&rsquo;efficacit\u00e9 \u00e9quivalente sur le contr\u00f4le des crises, mais il est assorti d&rsquo;un risque accru d&rsquo;effets secondaires m\u00e9taboliques (prise de poids), h\u00e9patotoxiques, et d&rsquo;un risque t\u00e9ratog\u00e8ne majeur interdisant son recours chez les jeunes filles en \u00e2ge de procr\u00e9er sans protocole de pr\u00e9vention draconien. La <strong>lamotrigine<\/strong> repr\u00e9sente le traitement de deuxi\u00e8me intention, bien que son taux d&rsquo;efficacit\u00e9 globale sur le contr\u00f4le complet des absences soit statistiquement inf\u00e9rieur \u00e0 celui de l&rsquo;\u00e9thosuximide.<\/p>\n<p>Une vigilance m\u00e9dicale absolue s&rsquo;impose quant aux contre-indications m\u00e9dicamenteuses : les anti\u00e9pileptiques bloqueurs des canaux sodiques (carbamaz\u00e9pine, oxcarbaz\u00e9pine, ph\u00e9nyto\u00efne) ainsi que certains agents pro-gabaergiques sp\u00e9cifiques (vigabatrine, tiagabine) aggravent de mani\u00e8re dramatique et paradoxale les d\u00e9charges de pointes-ondes et peuvent pr\u00e9cipiter l&rsquo;enfant dans un \u00e9tat de mal d&rsquo;absence r\u00e9fractaire.<\/p>\n<p>Au-del\u00e0 du contr\u00f4le strict des crises, la prise en charge neuropsychologique et p\u00e9dagogique rev\u00eat une importance capitale. Malgr\u00e9 l&rsquo;\u00e9radication apparente des absences motrices, un tiers des enfants trait\u00e9s conserve des d\u00e9ficits subtils de l&rsquo;attention soutenue et s\u00e9lective. Ces difficult\u00e9s justifient des am\u00e9nagements scolaires individualis\u00e9s : attribution de temps suppl\u00e9mentaire lors des examens, segmentation des consignes complexes, placement de l&rsquo;\u00e9l\u00e8ve au premier rang pr\u00e8s de l&rsquo;enseignant pour maximiser le contact visuel, et soutien psycho\u00e9ducatif pour pr\u00e9venir les sentiments de d\u00e9valorisation, de stigmatisation et d&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 de performance g\u00e9n\u00e9r\u00e9s par la maladie.<\/p>\n<h3>11. Recherche empirique et donn\u00e9es scientifiques<\/h3>\n<p>L&rsquo;\u00e9tude multicentrique contr\u00f4l\u00e9e randomis\u00e9e en double aveugle men\u00e9e par Tracy Glauser et ses collaborateurs, publi\u00e9e en 2010 dans le prestigieux <em>New England Journal of Medicine<\/em>, demeure \u00e0 ce jour l&rsquo;\u00e9tude empirique de r\u00e9f\u00e9rence mondiale dans le traitement de l&rsquo;EAE. Incluant 453 enfants atteints d&rsquo;\u00e9pilepsie-absence de l&rsquo;enfant confirm\u00e9e, cet essai comparatif a \u00e9valu\u00e9 l&rsquo;efficacit\u00e9 et la tol\u00e9rance de l&rsquo;\u00e9thosuximide, de l&rsquo;acide valpro\u00efque et de la lamotrigine. Les r\u00e9sultats ont d\u00e9montr\u00e9 une sup\u00e9riorit\u00e9 \u00e9clatante de l&rsquo;\u00e9thosuximide et de l&rsquo;acide valpro\u00efque sur la lamotrigine en termes de taux de libert\u00e9 de crises \u00e0 16 semaines (53 % pour l&rsquo;\u00e9thosuximide, 58 % pour le valproate, contre seulement 29 % pour la lamotrigine). De mani\u00e8re d\u00e9terminante, l&rsquo;\u00e9thosuximide a montr\u00e9 une incidence significativement moindre d&rsquo;effets ind\u00e9sirables neuropsychologiques (troubles de l&rsquo;attention, labilit\u00e9 \u00e9motionnelle) compar\u00e9 \u00e0 l&rsquo;acide valpro\u00efque, consacrant l&rsquo;\u00e9thosuximide comme le standard th\u00e9rapeutique international de premi\u00e8re ligne.<\/p>\n<p>Sur le plan de l&rsquo;imagerie fonctionnelle coupl\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9lectroenc\u00e9phalographie (EEG-IRMf), les travaux pionniers de Jean Gotman, Rod Archer et de leurs \u00e9quipes ont \u00e9lucid\u00e9 les modifications de l&rsquo;oxyg\u00e9nation c\u00e9r\u00e9brale (signal BOLD) contemporaines des pointes-ondes \u00e0 3 Hz. Ces recherches ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que la d\u00e9charge d&rsquo;absence ne constitue pas une simple activation synchrone uniforme, mais provoque une d\u00e9sactivation m\u00e9tabolique pr\u00e9coce et intense au sein du <strong>r\u00e9seau du mode par d\u00e9faut<\/strong> (<em>Default Mode Network<\/em>, DMN), englobant le cortex cingulaire post\u00e9rieur et le pr\u00e9cun\u00e9us. Cette inhibition brutale du DMN expliquerait directement l&rsquo;effondrement imm\u00e9diat de l&rsquo;exp\u00e9rience subjective et de la conscience de soi durant les secondes o\u00f9 s\u00e9vit l&rsquo;absence \u00e9pileptique.<\/p>\n<p>De vastes \u00e9tudes longitudinales de cohortes men\u00e9es sur plusieurs d\u00e9cennies (notamment les travaux de Camfield &#038; Camfield au Canada) ont quantifi\u00e9 avec pr\u00e9cision le devenir de ces enfants \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge adulte. Ces donn\u00e9es indiquent qu&rsquo;environ 70 \u00e0 80 % des enfants atteints d&rsquo;EAE typique obtiennent une r\u00e9mission compl\u00e8te et d\u00e9finitive de leur maladie sous traitement, permettant un sevrage m\u00e9dicamenteux progressif apr\u00e8s deux \u00e0 trois ans sans crise. Toutefois, environ 10 \u00e0 15 % des patients \u00e9voluent secondairement vers une \u00e9pilepsie g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e avec crises convulsives \u00e0 l&rsquo;adolescence, et un sous-groupe minoritaire conserve des difficult\u00e9s d&rsquo;insertion professionnelle et sociale, corr\u00e9l\u00e9es non pas \u00e0 la persistance des crises motrices, mais \u00e0 la s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 des comorbidit\u00e9s cognitives et attentionnelles pr\u00e9coces non prises en charge.<\/p>\n<h3>12. Consid\u00e9rations socioculturelles et d\u00e9veloppementales<\/h3>\n<p>L&rsquo;expression et l&rsquo;interpr\u00e9tation des sympt\u00f4mes de l&rsquo;\u00e9pilepsie-absence varient largement selon le milieu familial, scolaire et culturel. En raison de son caract\u00e8re \u00e9minemment non violent, d\u00e9pourvu de convulsions tonico-cloniques impressionnantes, l&rsquo;absence est souvent mal comprise par l&rsquo;entourage. Dans de nombreuses cultures occidentales, les \u00e9pisodes sont fr\u00e9quemment \u00e9tiquet\u00e9s \u00e0 tort comme de la r\u00eaverie diurne, de la paresse, de la d\u00e9sob\u00e9issance passive ou un manque d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 de motivation scolaire, entra\u00eenant un retard diagnostique moyen de six \u00e0 douze mois entre l&rsquo;apparition des premi\u00e8res absences et la consultation m\u00e9dicale sp\u00e9cialis\u00e9e.<\/p>\n<p>Dans certains contextes socioculturels traditionnels, la survenue de regards fixes intermittents ou de pauses comportementales inexpliqu\u00e9es peut faire l&rsquo;objet de rationalisations m\u00e9taphysiques ou mystiques. Ces ruptures de contact ont pu \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9es comme des manifestations d&rsquo;une communication avec un monde spirituel invisible ou, au contraire, comme le stigmate honteux d&rsquo;une tare neurologique ou h\u00e9r\u00e9ditaire. Cette stigmatisation culturelle conduit souvent les familles \u00e0 dissimuler les sympt\u00f4mes, privant l&rsquo;enfant d&rsquo;une pharmacoth\u00e9rapie efficace susceptible de restaurer son plein potentiel cognitif.<\/p>\n<p>Sur le plan du d\u00e9veloppement affectif, la maladie frappe l&rsquo;enfant \u00e0 une p\u00e9riode charni\u00e8re de son autonomisation sociale et de ses premiers apprentissages formels (l&rsquo;entr\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole \u00e9l\u00e9mentaire). Les reproches r\u00e9p\u00e9t\u00e9s des \u00e9ducateurs qui pensent que l&rsquo;enfant \u00ab fait expr\u00e8s de ne pas \u00e9couter \u00bb peuvent induire une baisse pr\u00e9coce et marqu\u00e9e de l&rsquo;estime de soi, un retrait social ou des conduites d&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 scolaire. Informer les enseignants sur la r\u00e9alit\u00e9 biologique involontaire de ces ruptures de contact constitue donc un volet th\u00e9rapeutique aussi d\u00e9terminant que la prescription m\u00e9dicamenteuse.<\/p>\n<h3>13. D\u00e9bats cliniques, controverses et limites diagnostiques<\/h3>\n<p>L&rsquo;un des d\u00e9bats contemporains les plus intenses en neurop\u00e9diatrie porte sur la remise en cause du concept traditionnel de <strong>\u00ab b\u00e9nignit\u00e9 \u00bb<\/strong> de l&rsquo;\u00e9pilepsie-absence. Si le pronostic vital n&rsquo;est jamais engag\u00e9 et que le risque de d\u00e9t\u00e9rioration neurologique globale est inexistant, qualifier l&rsquo;EAE d&rsquo;affection \u00ab b\u00e9nigne \u00bb est consid\u00e9r\u00e9 par de nombreux cliniciens et associations de patients comme un euph\u00e9misme pr\u00e9judiciable. Les \u00e9tudes de suivi fin d\u00e9montrent que jusqu&rsquo;\u00e0 30 % des enfants d\u00e9veloppent des comorbidit\u00e9s psychiatriques secondaires, notamment des troubles d\u00e9pressifs, des troubles anxieux et des difficult\u00e9s de r\u00e9gulation \u00e9motionnelle, directement induits par l&rsquo;impact chronique des micro-fractures de la conscience sur le sentiment de continuit\u00e9 du soi.<\/p>\n<p>Une controverse persistante concerne l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 cognitive r\u00e9siduelle des patients parvenus \u00e0 r\u00e9mission compl\u00e8te. Alors que la doctrine classique affirmait qu&rsquo;une fois les d\u00e9charges EEG \u00e9teintes, les fonctions cognitives se restauraient int\u00e9gralement, des travaux neuropsychologiques r\u00e9cents mettent en \u00e9vidence des d\u00e9ficits ex\u00e9cutifs persistant \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge adulte chez un sous-groupe d&rsquo;anciens patients pycnoleptiques. Certains auteurs \u00e9mettent l&rsquo;hypoth\u00e8se que la survenue r\u00e9p\u00e9t\u00e9e de milliers de d\u00e9charges hypersynchrones durant les fen\u00eatres critiques du neurod\u00e9veloppement p\u00e9diatrique pourrait alt\u00e9rer de mani\u00e8re permanente le micro-c\u00e2blage des r\u00e9seaux pr\u00e9frontaux associatifs.<\/p>\n<p>Enfin, le diagnostic diff\u00e9rentiel entre les micro-absences sans traduction motrice visible et les simples fluctuations attentionnelles du <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Trouble_du_d%C3%A9ficit_de_l%27attention_avec_ou_sans_hyperactivit%C3%A9\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">TDAH<\/a> soul\u00e8ve d&rsquo;incessants dilemmes diagnostiques. Cette difficult\u00e9 est exacerb\u00e9e par le fait que l&rsquo;association comorbide d&rsquo;un TDAH authentique et d&rsquo;une EAE est document\u00e9e chez pr\u00e8s de 20 % des patients. La prescription intempestive de psychostimulants (m\u00e9thylph\u00e9nidate) chez un enfant dont l&rsquo;instabilit\u00e9 attentionnelle rel\u00e8ve en r\u00e9alit\u00e9 d&rsquo;absences \u00e9pileptiques non diagnostiqu\u00e9es expose au risque th\u00e9orique de baisse du seuil \u00e9pileptog\u00e8ne ou, \u00e0 tout le moins, \u00e0 une inefficacit\u00e9 th\u00e9rapeutique flagrante tant que les d\u00e9charges cortico-thalamiques ne sont pas \u00e9teintes par un traitement adapt\u00e9.<\/p>\n<h3>14. Termes apparent\u00e9s et diagnostics diff\u00e9rentiels<\/h3>\n<p>Pour \u00e9viter toute confusion terminologique et nosologique, il convient de distinguer avec pr\u00e9cision l&rsquo;\u00e9pilepsie-absence de l&rsquo;enfant d&rsquo;une s\u00e9rie de concepts connexes et d&rsquo;entit\u00e9s diff\u00e9rentielles :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Petit mal (terme historique obsol\u00e8te) :<\/strong> Ancienne d\u00e9nomination globale incluant non seulement les absences typiques, mais aussi diverses formes de crises mineures sans chute. Ce terme doit \u00eatre abandonn\u00e9 au profit de la classification syndromique moderne de l&rsquo;ILAE.<\/li>\n<li><strong>R\u00eaverie diurne physiologique (daydreaming) :<\/strong> Ph\u00e9nom\u00e8ne comportemental normal o\u00f9 l&rsquo;enfant est distrait et plong\u00e9 dans ses pens\u00e9es. Contrairement \u00e0 l&rsquo;absence \u00e9pileptique, la r\u00eaverie diurne est interrompue instantan\u00e9ment par une stimulation auditive ou tactile vigoureuse (l&rsquo;adulte qui appelle son pr\u00e9nom ou lui touche l&rsquo;\u00e9paule), ne s&rsquo;accompagne d&rsquo;aucune myoclonie palp\u00e9brale et ne g\u00e9n\u00e8re aucune anomalie sur l&rsquo;EEG.<\/li>\n<li><strong>Trouble du d\u00e9ficit de l&rsquo;attention avec ou sans hyperactivit\u00e9 (TDAH) :<\/strong> Trouble neurod\u00e9veloppemental chronique de l&rsquo;inattention et de l&rsquo;impulsivit\u00e9. Dans le TDAH, le trac\u00e9 \u00e9lectroenc\u00e9phalographique est rigoureusement normal, les d\u00e9crochages attentionnels n&rsquo;ont pas de d\u00e9but et de fin st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9s \u00e0 la seconde pr\u00e8s, et l&rsquo;\u00e9preuve d&rsquo;hyperventilation ne d\u00e9clenche aucun paroxysme critique.<\/li>\n<li><strong>Crises focales avec alt\u00e9ration de la conscience (anciennement crises partielles complexes) :<\/strong> Origines temporales ou frontales. Ces crises durent g\u00e9n\u00e9ralement plus longtemps (30 secondes \u00e0 2 minutes), s&rsquo;accompagnent souvent d&rsquo;une aura initiale rapport\u00e9e par l&rsquo;enfant, d&rsquo;automatismes gestuels plus complexes et unilat\u00e9raux, et sont suivies de fa\u00e7on quasi constante d&rsquo;une phase de confusion mentale post-critique, avec un foyer EEG focalis\u00e9 asym\u00e9trique.<\/li>\n<li><strong>\u00c9pilepsie-absence juv\u00e9nile (EAJ) :<\/strong> D\u00e9but plus tardif (entre 10 et 17 ans), absences beaucoup moins fr\u00e9quentes au cours d&rsquo;une journ\u00e9e mais de dur\u00e9e plus variable, association tr\u00e8s fr\u00e9quente \u00e0 des crises g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9es convulsives bilat\u00e9rales tonico-cloniques, et pronostic de r\u00e9mission spontan\u00e9e beaucoup plus r\u00e9serv\u00e9 que dans la forme de l&rsquo;enfance.<\/li>\n<li><strong>Crises non \u00e9pileptiques psychog\u00e8nes (CNEP) :<\/strong> Manifestations somatoformes ou dissociatives sans corr\u00e9lat \u00e9lectrophysiologique paroxystique. Elles sont exceptionnelles sous forme de micro-absences chez le jeune enfant et r\u00e9pondent \u00e0 des facteurs d\u00e9clenchants psycho-\u00e9motionnels sp\u00e9cifiques.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>15. Synth\u00e8se et points cl\u00e9s \u00e0 retenir<\/h3>\n<ul>\n<li><strong>D\u00e9finition \u00e9lectro-clinique :<\/strong> L&rsquo;\u00e9pilepsie-absence de l&rsquo;enfant est une \u00e9pilepsie g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e idiopathique\/g\u00e9n\u00e9tique survenant entre 4 et 10 ans, caract\u00e9ris\u00e9e par des suspensions brutales et compl\u00e8tes de la conscience (5 \u00e0 15 secondes) associ\u00e9es \u00e0 des d\u00e9charges critiques bilat\u00e9rales et synchrones de pointes-ondes \u00e0 3 Hz sur l&rsquo;EEG.<\/li>\n<li><strong>Pathophysiologie :<\/strong> R\u00e9sulte d&rsquo;une hypersynchronisation paroxystique au sein de la boucle cortico-thalamo-corticale impliquant les canaux calciques d\u00e9pendants du bas voltage (type T).<\/li>\n<li><strong>S\u00e9miologie :<\/strong> D\u00e9but et fin instantan\u00e9s sans confusion post-critique r\u00e9siduelle. Les crises peuvent \u00eatre pluriquotidiennes (jusqu&rsquo;\u00e0 une centaine par jour), provoquant un retentissement scolaire direct souvent attribu\u00e9 \u00e0 tort \u00e0 un simple manque de concentration ou \u00e0 un TDAH.<\/li>\n<li><strong>Provocation et diagnostic :<\/strong> L&rsquo;\u00e9preuve d&rsquo;hyperventilation de 3 minutes d\u00e9clenche l&rsquo;absence typique chez l&rsquo;immense majorit\u00e9 des enfants non trait\u00e9s. L&rsquo;EEG confirme le diagnostic de fa\u00e7on pathognomonique.<\/li>\n<li><strong>Prise en charge m\u00e9dicamenteuse :<\/strong> L&rsquo;\u00e9thosuximide est la th\u00e9rapie pharmacologique de premi\u00e8re intention en raison de son efficacit\u00e9 optimale et de sa tol\u00e9rance neuropsychologique sup\u00e9rieure. L&rsquo;acide valpro\u00efque est une alternative de choix chez le gar\u00e7on. Les bloqueurs des canaux sodiques (ex. carbamaz\u00e9pine) sont formellement contre-indiqu\u00e9s sous peine d&rsquo;aggraver les crises.<\/li>\n<li><strong>Pronostic et prise en charge globale :<\/strong> R\u00e9mission compl\u00e8te dans plus de 70 \u00e0 80 % des cas avant la fin de l&rsquo;adolescence. Toutefois, l&rsquo;\u00e9valuation et le soutien neuropsychologique pr\u00e9coce sont indispensables pour d\u00e9pister et compenser les fragilit\u00e9s attentionnelles et ex\u00e9cutives associ\u00e9es.<\/li>\n<\/ul>\n<h2>R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<ul>\n<li>Calmeil, L.-F. (1824). <em>De l&rsquo;\u00e9pilepsie : trait\u00e9e relativement \u00e0 ses causes, \u00e0 ses formes, et \u00e0 son traitement<\/em>. Th\u00e8se de m\u00e9decine de Paris, Didot.<\/li>\n<li>Camfield, C. S., &#038; Camfield, P. R. (2005). Management and long-term outcome of absence epilepsy. <em>Child and Adolescent Psychiatric Clinics of North America<\/em>, 14(4), 703\u2013717. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1016\/j.chc.2005.05.006\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">https:\/\/doi.org\/10.1016\/j.chc.2005.05.006<\/a><\/li>\n<li>Dehaene, S., &#038; Changeux, J.-P. (2011). Experimental and theoretical approaches to conscious processing. <em>Neuron<\/em>, 70(2), 200\u2013227. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1016\/j.neuron.2011.03.018\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">https:\/\/doi.org\/10.1016\/j.neuron.2011.03.018<\/a><\/li>\n<li>Gibbs, F. A., Davis, H., &#038; Lennox, W. G. (1935). The electro-encephalogram in epilepsy and in conditions of impaired consciousness. <em>Archives of Neurology and Psychiatry<\/em>, 34(6), 1133\u20131148. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1001\/archneurpsyc.1935.02250240002001\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">https:\/\/doi.org\/10.1001\/archneurpsyc.1935.02250240002001<\/a><\/li>\n<li>Glauser, T. A., Cnaan, A., Shinnar, S., Hirtz, D. G., Miranda, D., Murphy, D. V., &#038; Childhood Absence Epilepsy Study Group. (2010). Ethosuximide, valproic acid, and lamotrigine in childhood absence epilepsy. <em>The New England Journal of Medicine<\/em>, 362(9), 790\u2013799. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1056\/NEJMoa0902014\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">https:\/\/doi.org\/10.1056\/NEJMoa0902014<\/a><\/li>\n<li>Scheffer, I. E., Berkovic, S., Capovilla, G., Connolly, M. B., French, J., Guilhoto, L., Hirsch, E., Jain, S., Mathern, G. W., Mosh\u00e9, S. L., Nordli, D. R., Perucca, E., Tomson, T., Wiebe, S., Zhang, Y.-H., &#038; Zuberi, S. M. (2017). ILAE classification of the epilepsies: Position paper of the ILAE Commission for Classification and Terminology. <em>Epilepsia<\/em>, 58(4), 512\u2013521. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1111\/epi.13709\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">https:\/\/doi.org\/10.1111\/epi.13709<\/a><\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;\u00e9pilepsie-absence de l&rsquo;enfant est un syndrome \u00e9pileptique p\u00e9diatrique caract\u00e9ris\u00e9 par des suspensions r\u00e9p\u00e9t\u00e9es de la conscience associ\u00e9es \u00e0 des pointes-ondes \u00e0 3 Hz.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"template":"","categories":[36030,46,31498],"tags":[30956,30952,39460,22290,30955,39461],"class_list":["post-23282","psych_term","type-psych_term","status-publish","hentry","category-neurologie-pediatrique","category-neuropsychologie","category-troubles-neurodeveloppementaux","tag-electroencephalogramme","tag-epilepsie-absence","tag-neurologie-pediatrique","tag-neuropsychologie-infantile","tag-petit-mal","tag-rupture-de-contact"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_term\/23282","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_term"}],"about":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/psych_term"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_term\/23282\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=23282"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=23282"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=23282"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}