{"id":23247,"date":"2026-10-30T23:28:30","date_gmt":"2026-10-30T23:28:30","guid":{"rendered":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/?psych_term=syndrome-chiasmatique"},"modified":"2026-10-30T23:28:30","modified_gmt":"2026-10-30T23:28:30","slug":"syndrome-chiasmatique","status":"publish","type":"psych_term","link":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/?psych_term=syndrome-chiasmatique","title":{"rendered":"Syndrome chiasmatique : Carrefour visuel et c\u00e9r\u00e9bral"},"content":{"rendered":"<p>\u00c0 la crois\u00e9e anatomique des voies visuelles et du syst\u00e8me neuroendocrinien, les alt\u00e9rations structurales de la r\u00e9gion sellaire r\u00e9v\u00e8lent souvent leur pr\u00e9sence par des perturbations perceptives subtiles avant d&rsquo;\u00e9voluer vers des d\u00e9ficits sensoriels invalidants. Le syndrome chiasmatique incarne pr\u00e9cis\u00e9ment ce point de convergence clinique singulier o\u00f9 la s\u00e9miologie visuelle c\u00f4toie la neuroendocrinologie et la neuropsychologie, exigeant une analyse clinique m\u00e9ticuleuse pour pr\u00e9server la fonction visuelle et la qualit\u00e9 de vie du patient.<\/p>\n<h2>Syndrome chiasmatique<\/h2>\n<h3>1. D\u00e9finition concise<\/h3>\n<p>Le <strong>syndrome chiasmatique<\/strong> d\u00e9signe l&rsquo;ensemble des manifestations cliniques, sensorielles, neurologiques et endocriniennes r\u00e9sultant d&rsquo;une alt\u00e9ration structurelle, compressive, isch\u00e9mique, inflammatoire ou infiltrative du <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Chiasma_optique\">chiasma optique<\/a>. Sur le plan s\u00e9miologique classique, il se caract\u00e9rise principalement par une anomalie p\u00e9rim\u00e9trique embl\u00e9matique, l&rsquo;h\u00e9mianopsie bitemporale h\u00e9t\u00e9ronyme, souvent accompagn\u00e9e d&rsquo;une baisse de l&rsquo;acuit\u00e9 visuelle et d&rsquo;une p\u00e2leur papillaire tardive au fond d&rsquo;\u0153il.<\/p>\n<p>Dans une perspective neuropsychologique et neuro-ophtalmique \u00e9largie, ce syndrome ne se limite pas \u00e0 une simple amputation du champ visuel p\u00e9riph\u00e9rique. Il alt\u00e8re l&rsquo;int\u00e9gration spatiale binoculaire, engendre des difficult\u00e9s de lecture, une perte de st\u00e9r\u00e9oscopie dans les zones de chevauchement et un ph\u00e9nom\u00e8ne d\u00e9stabilisant de dissociation sensorielle connu sous le nom de ph\u00e9nom\u00e8ne d&rsquo;h\u00e9mifield slide (ou glissement des h\u00e9michamps). De plus, compte tenu de l&rsquo;\u00e9troite proximit\u00e9 anatomique entre le chiasma et la tige pituitaire ainsi que l&rsquo;axe hypothalamo-hypophysaire, les perturbations visuelles s&rsquo;associent fr\u00e9quemment \u00e0 des d\u00e9r\u00e8glements endocriniens complexes, influen\u00e7ant l&rsquo;humeur, la r\u00e9gulation \u00e9nerg\u00e9tique, la cognition globale et le fonctionnement psychosocial des individus affect\u00e9s.<\/p>\n<h3>2. \u00c9tymologie et origine linguistique<\/h3>\n<p>Le substantif \u00ab chiasma \u00bb d\u00e9rive du grec ancien <em>chiasma<\/em> (\u03c7\u03af\u03b1\u03c3\u03bc\u03b1), qui signifie litt\u00e9ralement \u00ab croisement \u00bb ou \u00ab disposition en forme de croix \u00bb, lui-m\u00eame d\u00e9riv\u00e9 du verbe <em>chiaz\u014d<\/em> (\u03c7\u03b9\u03ac\u03b6\u03c9), signifiant \u00ab marquer d&rsquo;un X \u00bb par r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la vingt-deuxi\u00e8me lettre de l&rsquo;alphabet grec, le khi (\u03a7). Le terme a \u00e9t\u00e9 introduit tr\u00e8s t\u00f4t dans le lexique anatomique classique par Galien de Pergame au IIe si\u00e8cle de notre \u00e8re pour d\u00e9crire l&rsquo;entrecroisement macroscopique observable \u00e0 la base du cerveau ant\u00e9rieur.<\/p>\n<p>L&rsquo;adjectif \u00ab chiasmatique \u00bb constitue un d\u00e9riv\u00e9 savant form\u00e9 par l&rsquo;adjonction du suffixe \u00ab -ique \u00bb, marquant la relation anatomique et fonctionnelle \u00e0 cette structure c\u00e9r\u00e9brale. Le mot \u00ab syndrome \u00bb tire quant \u00e0 lui son origine du grec ancien <em>sundrom\u0113<\/em> (\u03c3\u03c5\u03bd\u03b4\u03c1\u03bf\u03bc\u03ae), associant le pr\u00e9fixe <em>sun-<\/em> (avec, ensemble) et le radical <em>dromos<\/em> (course, cheminement), traduisant litt\u00e9ralement le fait d&rsquo;un ensemble de signes qui cheminent ensemble. La formalisation nosologique de l&rsquo;entit\u00e9 pathologique sous le terme de \u00ab syndrome chiasmatique \u00bb s&rsquo;est op\u00e9r\u00e9e \u00e0 la fin du XIXe si\u00e8cle et au d\u00e9but du XXe si\u00e8cle au sein des \u00e9coles de neurologie et d&rsquo;ophtalmologie d&rsquo;Europe occidentale, sous la plume de pionniers tels que Hermann Wilbrand et Sir William Traquair, formalisant la corr\u00e9lation stricte entre les d\u00e9ficits p\u00e9rim\u00e9triques bitemporaux et la topographie l\u00e9sionnelle sellaire.<\/p>\n<h3>3. Prononciation et forme grammaticale<\/h3>\n<p>En langue fran\u00e7aise, l&rsquo;expression s&rsquo;\u00e9nonce phon\u00e9tiquement sous la forme standard [s\u025b\u0303.d\u0281om \u0283ja.zma.tik] en phon\u00e9tique internationale (API), bien que la prononciation avec une occlusion initiale sourde [s\u025b\u0303.d\u0281om kja.zma.tik] soit parfois observ\u00e9e dans des contextes savants conservateurs en raison de la consonne grecque khi. Le terme constitue un syntagme nominal masculin singulier (au pluriel : <em>syndromes chiasmatiques<\/em>).<\/p>\n<p>Sur le plan morphosyntaxique, il s&#8217;emploie principalement comme substantif \u00e9pith\u00e8te qualifiant un tableau clinique (ex. : \u00ab Le tableau clinique \u00e9voque d&#8217;embl\u00e9e un syndrome chiasmatique \u00bb) ou en compl\u00e9ment d\u00e9terminatif dans la litt\u00e9rature sp\u00e9cialis\u00e9e (\u00ab la s\u00e9miologie du syndrome chiasmatique \u00bb). Dans la litt\u00e9rature m\u00e9dicale anglo-saxonne correspondante, le terme \u00e9quivalent est <em>chiasmal syndrome<\/em>, occasionnellement rencontr\u00e9 sous la forme <em>chiasmatic syndrome<\/em>.<\/p>\n<h3>4. Explication conceptuelle d\u00e9taill\u00e9e<\/h3>\n<p>Pour appr\u00e9hender en profondeur le syndrome chiasmatique, il convient d&rsquo;analyser l&rsquo;architecture fonctionnelle unique du chiasma optique au sein du syst\u00e8me nerveux central. Situ\u00e9 au-dessus de la loge sellaire et de la tente de l&rsquo;hypophyse, le chiasma constitue la zone de s\u00e9gr\u00e9gation r\u00e9tinotopique o\u00f9 les fibres axonales issues des cellules ganglionnaires de la r\u00e9tine nasale de chaque \u0153il subissent une d\u00e9cussation compl\u00e8te pour rejoindre le tractus optique controlat\u00e9ral, tandis que les fibres issues de la r\u00e9tine temporale demeurent non d\u00e9cuss\u00e9es et cheminent dans le tractus optique homolat\u00e9ral. Cette organisation permet aux informations issues de l&rsquo;h\u00e9michamp visuel controlat\u00e9ral de chaque \u0153il de converger vers le m\u00eame h\u00e9misph\u00e8re c\u00e9r\u00e9bral (cortex stri\u00e9 occipital).<\/p>\n<p>Lorsqu&rsquo;un processus expansif ou pathologique exerce une contrainte biom\u00e9canique ou isch\u00e9mique sur cette jonction, le sch\u00e9ma classique de vuln\u00e9rabilit\u00e9 implique une l\u00e9sion pr\u00e9f\u00e9rentielle des fibres nasales m\u00e9dianes d\u00e9cussantes. \u00c9tant donn\u00e9 que la r\u00e9tine nasale re\u00e7oit la lumi\u00e8re provenant de la moiti\u00e9 temporale de l&rsquo;espace visuel externe, l&rsquo;interruption de la conduction nerveuse au centre du chiasma provoque une perte de perception dans les deux h\u00e9michamps temporaux. Cette alt\u00e9ration prend le nom d&rsquo;<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/H%C3%A9mianopsie_bitemporale\">h\u00e9mianopsie bitemporale<\/a>, v\u00e9ritable marqueur cardinal du syndrome chiasmatique.<\/p>\n<p>Cependant, le spectre l\u00e9sionnel est rarement sym\u00e9trique d&#8217;embl\u00e9e. La compression peut d\u00e9buter par le p\u00f4le inf\u00e9rieur du chiasma (situation fr\u00e9quente lors de la croissance ascendante d&rsquo;un macroad\u00e9nome hypophysaire), comprimant en premier lieu les fibres r\u00e9tiniennes inf\u00e9rieures qui se d\u00e9cussent au bord ventral du chiasma. Ce m\u00e9canisme produit initialement une quadranopsie bitemporale sup\u00e9rieure. \u00c0 l&rsquo;inverse, une compression provenant du haut (processus suprasellaire tel qu&rsquo;un m\u00e9ningiome du tubercule de la selle ou un craniopharyngiome) comprimera d&rsquo;abord les fibres dorsales, provoquant une quadranopsie bitemporale inf\u00e9rieure.<\/p>\n<p>En outre, la compression chronique entra\u00eene des alt\u00e9rations microvasculaires focales par occlusion des plexus art\u00e9riels piaux issus du cercle de Willis (art\u00e8re communicante ant\u00e9rieure et branches de la carotide interne), exacerbant la d\u00e9my\u00e9linisation axonale et pr\u00e9cipitant une d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence r\u00e9trograde qui atteindra progressivement la papille optique. Du point de vue neuropsychologique et perceptif, les patients pr\u00e9sentent fr\u00e9quemment des difficult\u00e9s de convergence, une diplopie sans par\u00e9sie oculomotrice attribuable \u00e0 l&rsquo;instabilit\u00e9 de l&rsquo;alignement des demi-champs restants (ph\u00e9nom\u00e8ne d&rsquo;h\u00e9mifield slide), et des erreurs grossi\u00e8res d&rsquo;estimation de la profondeur lors des gestes quotidiens, cr\u00e9ant une anxi\u00e9t\u00e9 fonctionnelle notable et des plaintes cognitives subjectives parfois interpr\u00e9t\u00e9es \u00e0 tort comme des troubles psychosomatiques.<\/p>\n<h3>5. D\u00e9veloppement historique<\/h3>\n<p>La compr\u00e9hension du chiasma optique et de ses pathologies a n\u00e9cessit\u00e9 plusieurs si\u00e8cles d&rsquo;observations anatomiques et cliniques. Bien que Galien ait d\u00e9crit le croisement macroscopique des nerfs optiques au IIe si\u00e8cle, il postulait erron\u00e9ment une fusion des cavit\u00e9s nerveuses permettant aux \u00ab esprits visuels \u00bb de circuler librement d&rsquo;un \u0153il \u00e0 l&rsquo;autre. Il fallut attendre le XVIIe si\u00e8cle et les travaux minutieux de Thomas Willis pour que l&rsquo;architecture structurelle des voies visuelles commence \u00e0 \u00eatre dissoci\u00e9e des sp\u00e9culations pneumatiques de l&rsquo;Antiquit\u00e9.<\/p>\n<p>Au d\u00e9but du XVIIIe si\u00e8cle, Sir Isaac Newton proposa sur des bases purement th\u00e9oriques et g\u00e9om\u00e9triques, dans sa c\u00e9l\u00e8bre <em>Opticks<\/em> (1704), le principe de la semi-d\u00e9cussation des fibres optiques pour expliquer la vision binoculaire unique. Cette hypoth\u00e8se math\u00e9matique fut confirm\u00e9e au XIXe si\u00e8cle par les dissections anatomiques et les \u00e9tudes histologiques conduites notamment par le m\u00e9decin et pathologiste allemand Bernhard von Gudden, qui mit au point des techniques d&rsquo;ablation oculaire n\u00e9onatale chez l&rsquo;animal pour observer la d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence cons\u00e9cutive des bandelettes optiques.<\/p>\n<p>Sur le plan clinique, l&rsquo;av\u00e8nement de la p\u00e9rim\u00e9trie quantitative \u00e0 la fin du XIXe si\u00e8cle sous l&rsquo;impulsion d&rsquo;Albrecht von Graefe, puis de William Traquair, a permis de formaliser l&rsquo;h\u00e9mianopsie bitemporale comme la signature diagnostique irr\u00e9futable de la r\u00e9gion chiasmatique. En 1904, le neuro-ophtalmologiste allemand Hermann Wilbrand d\u00e9crivit le c\u00e9l\u00e8bre \u00ab genou de Wilbrand \u00bb (<em>Wilbrand&rsquo;s knee<\/em>), une boucle que formeraient les fibres nasales inf\u00e9rieures dans le nerf optique controlat\u00e9ral avant de franchir le chiasma, expliquant le scotome jonctionnel (combinaison d&rsquo;une c\u00e9cit\u00e9 unilat\u00e9rale et d&rsquo;un d\u00e9ficit du quadrant temporal sup\u00e9rieur controlat\u00e9ral), bien que la r\u00e9alit\u00e9 anatomique <em>in vivo<\/em> de cette boucle fasse encore l&rsquo;objet de vifs d\u00e9bats modernes.<\/p>\n<p>Au d\u00e9but du XXe si\u00e8cle, le neurochirurgien am\u00e9ricain Harvey Cushing apporta une contribution d\u00e9cisive en consignant de vastes s\u00e9ries cliniques de tumeurs hypophysaires et de m\u00e9ningiomes supra-sellaires. Cushing formalisa la triade symptomatique classique du syndrome chiasmatique comprenant l&rsquo;h\u00e9mianopsie bitemporale, l&rsquo;atrophie optique primaire (caract\u00e9ris\u00e9e par une p\u00e2leur papillaire sans \u0153d\u00e8me initial) et les perturbations m\u00e9tabolico-endocriniennes. La seconde moiti\u00e9 du XXe si\u00e8cle, avec l&rsquo;av\u00e8nement de l&rsquo;angiographie c\u00e9r\u00e9brale, de la tomodensitom\u00e9trie, puis surtout de l&rsquo;imagerie par r\u00e9sonance magn\u00e9tique (IRM) \u00e0 haute r\u00e9solution dans les ann\u00e9es 1980, a r\u00e9volutionn\u00e9 le diagnostic pr\u00e9coce, rel\u00e9guant les formes c\u00e9citantes historiques \u00e0 des pr\u00e9sentations de diagnostic tardif ou n\u00e9glig\u00e9.<\/p>\n<h3>6. Fondements th\u00e9oriques<\/h3>\n<p>Le syndrome chiasmatique s&rsquo;inscrit au carrefour de multiples cadres th\u00e9oriques issus des neurosciences computationnelles, de la neurobiologie cellulaire et de la biom\u00e9canique tissulaire c\u00e9r\u00e9brale. Trois paradigmes th\u00e9oriques majeurs soutiennent la mod\u00e9lisation actuelle du syndrome :<\/p>\n<p>Le premier est le <em>mod\u00e8le de retinotopie computationnelle<\/em>. Ce mod\u00e8le formalise la pr\u00e9servation rigoureuse des coordonn\u00e9es spatiales du champ visuel le long de la voie r\u00e9tino-g\u00e9niculo-stri\u00e9e. Chaque groupe de fibres au sein du chiasma correspond \u00e0 un secteur angulaire pr\u00e9cis de l&rsquo;espace visuel externe. La d\u00e9formation progressive du chiasma ne perturbe pas al\u00e9atoirement l&rsquo;information, mais suit un gradient g\u00e9om\u00e9trique d\u00e9pendant de la distribution spatiale des axones. Les mod\u00e8les biom\u00e9caniques par \u00e9l\u00e9ments finis d\u00e9montrent que les axones centraux d\u00e9cussants subissent une contrainte de cisaillement et de tension radiale significativement plus \u00e9lev\u00e9e que les axones lat\u00e9raux directs non crois\u00e9s lors d&rsquo;une pouss\u00e9e verticale sellaire, ce qui explique la s\u00e9lectivit\u00e9 anatomopathologique bitemporale.<\/p>\n<p>Le deuxi\u00e8me cadre th\u00e9orique repose sur la <em>vuln\u00e9rabilit\u00e9 microvasculaire compartiment\u00e9e<\/em>. L&rsquo;apport sanguin du chiasma optique provient d&rsquo;un r\u00e9seau anastomotique particuli\u00e8rement riche mais constitu\u00e9 de micro-vaisseaux terminaux sans suppl\u00e9ance collat\u00e9rale directe au centre de la structure. Lorsque la pression tumorale interstitielle d\u00e9passe la pression de perfusion capillaire, une isch\u00e9mie relative s&rsquo;installe avant m\u00eame la rupture physique des axones. Cette composante h\u00e9modynamique explique le caract\u00e8re parfois rapidement r\u00e9versible des d\u00e9ficits apr\u00e8s d\u00e9compression chirurgicale urgente : la lev\u00e9e du bloc de conduction microvasculaire permet la repolarisation neuronale imm\u00e9diate, bien avant que des processus de remy\u00e9linisation ou de plasticit\u00e9 structurale n&rsquo;aient le temps d&rsquo;intervenir.<\/p>\n<p>Le troisi\u00e8me fondement concerne la <em>plasticit\u00e9 et la r\u00e9organisation fonctionnelle corticale post-chiasmatique<\/em>. Les recherches contemporaines en imagerie fonctionnelle (IRMf) r\u00e9v\u00e8lent que la privation visuelle bitemporale chronique modifie l&rsquo;architecture fonctionnelle des aires visuelles primaires et secondaires (V1, V2, V3). La perte de congruence binoculaire d\u00e9sactive les colonnes de dominance oculaire binoculaire et r\u00e9organise les r\u00e9seaux attentionnels dorsaux et ventraux. Chez les patients atteints d&rsquo;un syndrome chiasmatique d&rsquo;\u00e9volution lente, le cerveau d\u00e9veloppe des strat\u00e9gies compensatoires de saccades oculaires microscopiques et d&rsquo;adaptation perceptuelle, ce qui explique pourquoi des d\u00e9ficits p\u00e9rim\u00e9triques massifs peuvent demeurer longtemps ignor\u00e9s par les patients eux-m\u00eames jusqu&rsquo;\u00e0 un stade critique.<\/p>\n<h3>7. Composantes cl\u00e9s, types et dimensions<\/h3>\n<p>La caract\u00e9risation s\u00e9miologique d&rsquo;un syndrome chiasmatique repose sur la d\u00e9composition m\u00e9thodique de ses composantes cliniques, anatomopathologiques et topographiques :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Composantes visuelles et ophtalmologiques :<\/strong>\n<ul>\n<li><em>D\u00e9ficit du champ visuel :<\/em> H\u00e9mianopsie bitemporale compl\u00e8te ou incompl\u00e8te, d\u00e9butant classiquement par une quadranopsie bitemporale sup\u00e9rieure (compression par le bas) ou inf\u00e9rieure (compression par le haut).<\/li>\n<li><em>Baisse de l&rsquo;acuit\u00e9 visuelle :<\/em> Fr\u00e9quente lorsque la l\u00e9sion s&rsquo;\u00e9tend vers les extr\u00e9mit\u00e9s ant\u00e9rieures du chiasma, comprimant le nerf optique intra-cr\u00e2nien adjacent.<\/li>\n<li><em>Alt\u00e9rations du fond d&rsquo;\u0153il :<\/em> Au stade initial, la t\u00eate du nerf optique peut para\u00eetre rigoureusement normale. \u00c0 un stade avanc\u00e9, on observe une atrophie optique primaire se traduisant par une p\u00e2leur papillaire en bande (atrophie en n\u0153ud papillon ou <em>bow-tie atrophy<\/em>), r\u00e9sultant de la perte s\u00e9lective des fibres issues de la r\u00e9tine nasale.<\/li>\n<li><em>Ph\u00e9nom\u00e8nes visuels complexes :<\/em> Diplopie binoculaire sans par\u00e9sie oculomotrice, caus\u00e9e par le d\u00e9rapage ou le chevauchement des h\u00e9michamps restants (ph\u00e9nom\u00e8ne d&rsquo;h\u00e9mifield slide), et perte de vision st\u00e9r\u00e9oscopique de pr\u00e9cision.<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<li><strong>Variantes topographiques du syndrome chiasmatique :<\/strong>\n<ul>\n<li><em>Syndrome chiasmatique central (classique) :<\/em> Atteinte dominante du corps m\u00e9dian du chiasma, provoquant l&rsquo;h\u00e9mianopsie bitemporale prototypique.<\/li>\n<li><em>Syndrome chiasmatique ant\u00e9rieur (de la jonction) :<\/em> Scotome jonctionnel de Traquair, combinant un scotome central unilat\u00e9ral du c\u00f4t\u00e9 de la l\u00e9sion et un d\u00e9ficit sup\u00e9ro-temporal controlat\u00e9ral par atteinte des fibres r\u00e9tro-nasales (genou de Wilbrand).<\/li>\n<li><em>Syndrome chiasmatique post\u00e9rieur :<\/em> Atteinte de la transition entre le bord post\u00e9rieur du chiasma et l&rsquo;origine des tractus optiques, induisant une h\u00e9mianopsie homonyme ou un d\u00e9ficit h\u00e9mi-anopique bitemporale asym\u00e9trique avec scotomes paracentraux.<\/li>\n<li><em>Syndrome chiasmatique lat\u00e9ral :<\/em> Rarissime compression de la marge lat\u00e9rale externe du chiasma (ex. : an\u00e9vrisme carotidien intra-caverneux ou ectasique), produisant une h\u00e9mianopsie unilat\u00e9rale nasale ou binasale.<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<li><strong>Composantes \u00e9tiologiques majeures :<\/strong>\n<ul>\n<li><em>Tumeurs hypophysaires :<\/em> En premier lieu, le volumineux <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Ad%C3%A9nome_hypophysaire\">ad\u00e9nome hypophysaire<\/a> non s\u00e9cr\u00e9tant ou s\u00e9cr\u00e9tant (prolactinome, ad\u00e9nome somatotrope).<\/li>\n<li><em>Processus supra- et para-sellaires non ad\u00e9nomateux :<\/em> Le <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Craniopharyngiome\">craniopharyngiome<\/a>, le m\u00e9ningiome de la selle turcique ou du sph\u00e9no\u00efde, et le kyste de la poche de Rathke.<\/li>\n<li><em>Pathologies vasculaires :<\/em> An\u00e9vrismes de l&rsquo;art\u00e8re carotide interne terminale ou de la communicante ant\u00e9rieure, apoplexie pituitaire (urgence neurochirurgicale aigu\u00eb).<\/li>\n<li><em>Pathologies inflammatoires, infectieuses et granulomateuses :<\/em> Scl\u00e9rose en plaques (forme optico-chiasmatique), neuromy\u00e9lite optique (NMO), hypophysite lymphocytaire, sarco\u00efdose c\u00e9r\u00e9brale, tuberculose ou m\u00e9ningites basales.<\/li>\n<li><em>Tumeurs primitives gliales :<\/em> Gliome ou astrocytome chiasmatique, pr\u00e9dominant dans la population p\u00e9diatrique, souvent associ\u00e9 \u00e0 la neurofibromatose de type 1 (maladie de Recklinghausen).<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<li><strong>Composantes syst\u00e9miques et endocriniennes associ\u00e9es :<\/strong>\n<ul>\n<li>Panhypopituitarisme, insuffisance corticotrope, thyr\u00e9otrope ou gonadotrope par compression de la tige pituitaire et de l&rsquo;ad\u00e9nohypophyse.<\/li>\n<li>Hyperprolactin\u00e9mie de d\u00e9connexion (par lev\u00e9e du frein dopaminergique hypothalamique).<\/li>\n<li>Diab\u00e8te insipide central en cas d&rsquo;atteinte de l&rsquo;\u00e9minence m\u00e9diane ou de la neurohypophyse.<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<\/ul>\n<h3>8. Exemples et cas illustratifs<\/h3>\n<p>L&rsquo;observation clinique directe permet de saisir la diversit\u00e9 et l&rsquo;insidiosit\u00e9 de la pr\u00e9sentation du syndrome chiasmatique \u00e0 travers des profils pathologiques distincts :<\/p>\n<p><strong>Cas 1 : L&rsquo;ad\u00e9nome hypophysaire \u00e0 d\u00e9veloppement vertical chez l&rsquo;adulte d&rsquo;\u00e2ge moyen.<\/strong><br \/>Un cadre d&rsquo;entreprise de 48 ans consulte en ophtalmologie apr\u00e8s plusieurs incidents mineurs de conduite automobile, ayant heurt\u00e9 \u00e0 deux reprises des poteaux lat\u00e9raux lors de man\u0153uvres de stationnement, sans jamais les avoir vus venir. Le patient rapporte une fatigue inhabituelle, attribu\u00e9e au surmenage professionnel, et une l\u00e9g\u00e8re baisse de libido. L&rsquo;acuit\u00e9 visuelle centrale est conserv\u00e9e \u00e0 10\/10 aux deux yeux. La p\u00e9rim\u00e9trie automatis\u00e9e de Humphrey r\u00e9v\u00e8le une quadranopsie bitemporale sup\u00e9rieure dense, franchissant \u00e0 peine la ligne m\u00e9diane vers les quadrants inf\u00e9rieurs. L&rsquo;IRM c\u00e9r\u00e9brale confirme la pr\u00e9sence d&rsquo;un macroad\u00e9nome hypophysaire de 25 mm soulevant la tente pituitaire et laminant le chiasma optique au centre. Apr\u00e8s d\u00e9compression chirurgicale par voie endoscopique endonasale transsph\u00e9no\u00efdale, le champ visuel se normalise quasi int\u00e9gralement en l&rsquo;espace de six mois gr\u00e2ce \u00e0 la pr\u00e9servation relative de la microvascularisation piale.<\/p>\n<p><strong>Cas 2 : Le craniopharyngiome de l&rsquo;enfant et de l&rsquo;adolescent.<\/strong><br \/>Une jeune fille de 14 ans est adress\u00e9e en consultation de neurop\u00e9diatrie pour une baisse globale des performances scolaires, des c\u00e9phal\u00e9es matinales intermittentes et un retard staturo-pond\u00e9ral mod\u00e9r\u00e9. La famille a not\u00e9 qu&rsquo;elle tourne constamment la t\u00eate lorsqu&rsquo;on lui pr\u00e9sente des objets sur les c\u00f4t\u00e9s. L&rsquo;examen du fond d&rsquo;\u0153il montre une p\u00e2leur temporale marqu\u00e9e des deux papilles optiques. La p\u00e9rim\u00e9trie manuelle de Goldmann objective une h\u00e9mianopsie bitemporale compl\u00e8te pr\u00e9dominant dans les quadrants inf\u00e9rieurs. L&rsquo;imagerie par r\u00e9sonance magn\u00e9tique r\u00e9v\u00e8le une masse suprasellaire kystique et calcifi\u00e9e typique d&rsquo;un craniopharyngiome, exer\u00e7ant une contrainte directe d&rsquo;arri\u00e8re en avant et de haut en bas sur la face sup\u00e9rieure du chiasma. Ce cas illustre la vuln\u00e9rabilit\u00e9 p\u00e9diatrique o\u00f9 les anomalies neuroendocriniennes (ralentissement de la croissance) devancent souvent la plainte visuelle explicite, l&rsquo;enfant adaptant inconsciemment son comportement moteur aux amputations de son champ visuel.<\/p>\n<p><strong>Cas 3 : L&rsquo;apoplexie pituitaire aigu\u00eb (urgence m\u00e9dicale et neurochirurgicale).<\/strong><br \/>Un homme de 62 ans, sans ant\u00e9c\u00e9dents m\u00e9dicaux connus, est admis aux urgences pour l&rsquo;apparition brutale, en quelques minutes, d&rsquo;une c\u00e9phal\u00e9e explosive r\u00e9tro-orbitaire (\u00ab coup de tonnerre \u00bb), accompagn\u00e9e d&rsquo;un ptosis unilat\u00e9ral et d&rsquo;une d\u00e9gradation visuelle dramatique. L&rsquo;examen au lit du patient r\u00e9v\u00e8le une c\u00e9cit\u00e9 presque compl\u00e8te d&rsquo;un \u0153il et un d\u00e9ficit temporal massif de l&rsquo;\u0153il controlat\u00e9ral. Le scanner et l&rsquo;IRM d&rsquo;urgence mettent en \u00e9vidence une h\u00e9morragie intral\u00e9sionnelle massive au sein d&rsquo;un volumineux macroad\u00e9nome m\u00e9connu, exer\u00e7ant une compression aigu\u00eb et d\u00e9vastatrice sur le chiasma et les structures du sinus caverneux adjacent. L&rsquo;administration imm\u00e9diate d&rsquo;hydrocortisone intraveineuse \u00e0 haute dose coupl\u00e9e \u00e0 une \u00e9vacuation chirurgicale transsph\u00e9no\u00efdale en urgence permet d&rsquo;\u00e9viter l&rsquo;isch\u00e9mie irr\u00e9versible des axones chiasmatiques et une c\u00e9cit\u00e9 bilat\u00e9rale d\u00e9finitive.<\/p>\n<h3>9. Mesure et \u00e9valuation<\/h3>\n<p>L&rsquo;\u00e9valuation rigoureuse du syndrome chiasmatique n\u00e9cessite une synergie d&rsquo;outils quantitatifs issus de l&rsquo;ophtalmologie de pointe, de la neuro-imagerie et de la biologie endocrinienne :<\/p>\n<p>La <em>p\u00e9rim\u00e9trie<\/em> demeure l&rsquo;\u00e9talon-or fonctionnel indispensable. La p\u00e9rim\u00e9trie automatis\u00e9e statique (ex. : protocole Humphrey 24-2 ou 30-2) permet une quantification logarithmique de la sensibilit\u00e9 r\u00e9tinienne fov\u00e9ale et p\u00e9riph\u00e9rique au moyen d&rsquo;indices de d\u00e9viation moyenne (MD) et d&rsquo;\u00e9cart-type de mod\u00e8le (PSD). Elle d\u00e9c\u00e8le avec une extr\u00eame pr\u00e9cision les d\u00e9ficits naissants au niveau des m\u00e9ridiens verticaux, seuil cl\u00e9 o\u00f9 s&rsquo;arr\u00eate strictement le trac\u00e9 de la l\u00e9sion chiasmatique. La p\u00e9rim\u00e9trie dynamique cin\u00e9tique de Goldmann conserve une valeur inestimable pour les d\u00e9ficits tr\u00e8s avanc\u00e9s, les d\u00e9ficits p\u00e9riph\u00e9riques extr\u00eames (au-del\u00e0 de 30 degr\u00e9s) ou chez les patients pr\u00e9sentant des difficult\u00e9s attentionnelles incompatibles avec la fixation statique informatis\u00e9e.<\/p>\n<p>La <em>tomographie par coh\u00e9rence optique (OCT)<\/em> a r\u00e9volutionn\u00e9 l&rsquo;\u00e9valuation structurelle du syndrome. L&rsquo;OCT analyse avec une pr\u00e9cision microm\u00e9trique l&rsquo;\u00e9paisseur de la couche des fibres nerveuses r\u00e9tiniennes p\u00e9ripapillaires (pRNFL) et le complexe des cellules ganglionnaires maculaires (GCC). Dans les compressions chiasmatiques, l&rsquo;amincissement du GCC maculaire nasal et temporal suit un profil hautement pr\u00e9dictif bien avant que la p\u00e2leur papillaire ne soit visible \u00e0 l&rsquo;ophtalmoscope. Plus important encore, l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 r\u00e9siduelle du complexe ganglionnaire mesur\u00e9e par OCT constitue le biomarqueur pronostique le plus robuste de la r\u00e9cup\u00e9ration visuelle potentielle apr\u00e8s lib\u00e9ration chirurgicale : une atrophie ganglionnaire s\u00e9v\u00e8re pr\u00e9op\u00e9ratoire limite consid\u00e9rablement l&rsquo;esp\u00e9rance de restitution fonctionnelle du champ visuel.<\/p>\n<p>L&rsquo;<em>imagerie par r\u00e9sonance magn\u00e9tique (IRM) enc\u00e9phalique et hypophysaire<\/em> constitue l&rsquo;examen \u00e9tiologique et anatomique absolu. R\u00e9alis\u00e9e avec des coupes fines coronales et sagittales pond\u00e9r\u00e9es en T1 sans et avec injection de gadolinium, ainsi qu&rsquo;en s\u00e9quences T2 et FLAIR, elle visualise la morphologie exacte du chiasma, son degr\u00e9 d&rsquo;aplatissement, son \u00e9tirement sur la masse tumorale, et pr\u00e9cise les rapports \u00e9troits avec les carotides intracaverneuses et supraclino\u00efdiennes, le plancher sellaire et le troisi\u00e8me ventricule.<\/p>\n<p>Les <em>potentiels \u00e9voqu\u00e9s visuels (PEV)<\/em>, bien que moins sp\u00e9cifiques que l&rsquo;OCT pour la cartographie spatiale, apportent des donn\u00e9es neurophysiologiques dynamiques sur le temps de conduction axonale (onde P100). Les PEV multifocaux permettent d&rsquo;enregistrer les r\u00e9ponses s\u00e9lectives des secteurs temporaux et nasaux, documentant un allongement de la latence ou une chute d&rsquo;amplitude pr\u00e9dominant sur les r\u00e9ponses des h\u00e9mi-r\u00e9tines nasales.<\/p>\n<p>Enfin, le <em>bilan endocrinien complet<\/em> \u00e9value le retentissement syst\u00e9mique de l&rsquo;atteinte sellaire : dosage plasmatique de prolactine, cortisol libre matinal, ACTH, TSH, T4 libre, IGF-1, LH, FSH, testost\u00e9rone ou estradiol, compl\u00e9t\u00e9 par l&rsquo;ionogramme sanguin et urinaire en cas de suspicion d&rsquo;alt\u00e9ration de l&rsquo;axe de la vasopressine.<\/p>\n<h3>10. Applications et importance pratique<\/h3>\n<p>La d\u00e9tection et la prise en charge d&rsquo;un syndrome chiasmatique s&rsquo;articulent autour de plusieurs enjeux pratiques capitaux qui d\u00e9passent le simple cadre de l&rsquo;examen ophtalmologique de routine :<\/p>\n<p>En <em>pratique clinique multidisciplinaire<\/em>, la reconnaissance pr\u00e9coce du syndrome conditionne directement le pronostic vital et fonctionnel. De nombreux ad\u00e9nomes ou tumeurs de la r\u00e9gion sellaire demeurent silencieux jusqu&rsquo;\u00e0 ce que la contrainte m\u00e9canique exerc\u00e9e sur le chiasma d\u00e9clenche une g\u00eane visuelle. L&rsquo;ophtalmologiste, l&rsquo;optom\u00e9triste ou le m\u00e9decin g\u00e9n\u00e9raliste se trouvent souvent en premi\u00e8re ligne : identifier une h\u00e9mianopsie bitemporale atypique \u00e9vite l&rsquo;errance diagnostique fr\u00e9quente qui voit des patients trait\u00e9s pendant plusieurs mois pour une suppos\u00e9e myopie \u00e9volutive, une cataracte s\u00e9nile d\u00e9butante ou des c\u00e9phal\u00e9es de tension banales.<\/p>\n<p>Dans le domaine de la <em>neurochirurgie et de la neuro-oncologie<\/em>, la s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 du syndrome chiasmatique guide les indications op\u00e9ratoires. La survenue d&rsquo;un d\u00e9ficit du champ visuel imputable \u00e0 une compression chiasmatique constitue une indication chirurgicale formelle de d\u00e9compression, m\u00eame en l&rsquo;absence de tout d\u00e9r\u00e8glement endocrinien majeur. Le choix de la voie d&rsquo;abord (chirurgie mini-invasive endoscopique trans-sph\u00e9no\u00efdale versus craniotomie pt\u00e9rionale ouverte) d\u00e9pend directement de la conformation spatiale du chiasma par rapport \u00e0 la l\u00e9sion, notamment selon que le chiasma est en position normale, ant\u00e9pos\u00e9 (<em>prefixed chiasm<\/em>) ou r\u00e9tropos\u00e9 (<em>postfixed chiasm<\/em>).<\/p>\n<p>En <em>neuropsychologie et r\u00e9adaptation fonctionnelle<\/em>, le syndrome pose des d\u00e9fis consid\u00e9rables. L&rsquo;h\u00e9mianopsie bitemporale ampute les champs visuels lat\u00e9raux, provoquant ce que les patients d\u00e9crivent comme une \u00ab vision en tunnel \u00bb relative mais avec conservation du centre. Les r\u00e9percussions sur la conduite automobile sont absolues (incompatibilit\u00e9 avec la l\u00e9gislation sur le permis de conduire dans la majorit\u00e9 des pays d\u00e9velopp\u00e9s en raison de la perte du champ visuel binoculaire global inf\u00e9rieur aux normes de 120 degr\u00e9s horizontaux). La prise en charge ergonomique, l&rsquo;entra\u00eenement aux saccades exploratoires compensatoires et le soutien psychologique face \u00e0 la perte d&rsquo;autonomie et au retentissement professionnel repr\u00e9sentent des composantes int\u00e9grales de la r\u00e9habilitation.<\/p>\n<h3>11. Recherche et donn\u00e9es empiriques<\/h3>\n<p>La recherche translationnelle contemporaine sur le syndrome chiasmatique s&rsquo;est intensifi\u00e9e autour de plusieurs axes biom\u00e9dicaux majeurs document\u00e9s par les publications index\u00e9es sur les bases de donn\u00e9es biom\u00e9dicales internationales comme <a href=\"https:\/\/pubmed.ncbi.nlm.nih.gov\/\">PubMed<\/a> :<\/p>\n<p>Les \u00e9tudes de cohorte prospectives men\u00e9es par des \u00e9quipes neuro-ophtalmologiques de premier plan (telles que celles de Danesh-Meyer et collaborateurs) ont d\u00e9montr\u00e9 que la r\u00e9cup\u00e9ration visuelle apr\u00e8s ex\u00e9r\u00e8se tumorale suit une dynamique biphasique. Une premi\u00e8re phase de r\u00e9cup\u00e9ration ultrarapide survient dans les premi\u00e8res quarante-huit heures suivant l&rsquo;intervention chirurgicale, attribu\u00e9e \u00e0 la restauration imm\u00e9diate de la perfusion art\u00e9rielle capillaire et \u00e0 la d\u00e9compression m\u00e9canique instantan\u00e9e des axones viables. La seconde phase, plus lente, s&rsquo;\u00e9tale sur douze \u00e0 vingt-quatre mois, reposant sur des ph\u00e9nom\u00e8nes biologiques de remy\u00e9linisation par les oligodendrocytes locaux et sur une neuroplasticit\u00e9 adaptative des r\u00e9seaux corticaux occipitaux.<\/p>\n<p>D&rsquo;autres travaux empiriques fondamentaux ont explor\u00e9 les facteurs pronostiques de cette r\u00e9cup\u00e9ration. L&rsquo;\u00e9quipe de Jacob et collaborateurs a mis en \u00e9vidence, gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;OCT maculaire \u00e0 haute d\u00e9finition, que l&rsquo;\u00e9paisseur du complexe des cellules ganglionnaires constitue un pr\u00e9dicteur statistique infiniment plus fiable du gain p\u00e9rim\u00e9trique post-op\u00e9ratoire que la dur\u00e9e d&rsquo;\u00e9volution subjective des sympt\u00f4mes ou la taille brute de la tumeur \u00e0 l&rsquo;IRM. Lorsque le complexe ganglionnaire conserve une \u00e9paisseur normale ou mod\u00e9r\u00e9ment r\u00e9duite, le taux de r\u00e9cup\u00e9ration fonctionnelle compl\u00e8te du champ visuel d\u00e9passe 85 %, alors qu&rsquo;il chute en dessous de 30 % en pr\u00e9sence d&rsquo;une atrophie axonale avanc\u00e9e pr\u00e9existante.<\/p>\n<p>Les mod\u00e8les animaux de compression chiasmatique ont \u00e9galement mis en lumi\u00e8re le r\u00f4le crucial des astrocytes et de la microglie dans la gen\u00e8se de la cicatrice gliale chiasmatique. La compression chronique induit une r\u00e9activit\u00e9 astrocytaire d\u00e9l\u00e9t\u00e8re qui persiste parfois apr\u00e8s la lib\u00e9ration m\u00e9canique, bloquant la r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration axonale locale par s\u00e9cr\u00e9tion de prot\u00e9oglycanes \u00e0 sulfate de chondro\u00eftine. Ces d\u00e9couvertes ouvrent la voie \u00e0 des th\u00e9rapies neuroprotectrices et anti-inflammatoires adjuvantes destin\u00e9es \u00e0 favoriser la r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration post-d\u00e9compressive.<\/p>\n<h3>12. Consid\u00e9rations culturelles et transculturelles<\/h3>\n<p>La d\u00e9tection, l&rsquo;expression symptomatique et l&rsquo;impact psychosocial du syndrome chiasmatique pr\u00e9sentent des variations contextuelles et g\u00e9ographiques substantielles :<\/p>\n<p>Dans les pays industrialis\u00e9s dot\u00e9s de syst\u00e8mes de sant\u00e9 hautement \u00e9quip\u00e9s, le syndrome chiasmatique est fr\u00e9quemment diagnostiqu\u00e9 \u00e0 un stade infraclinique ou pauci-symptomatique. La disponibilit\u00e9 de l&rsquo;imagerie par r\u00e9sonance magn\u00e9tique conduit \u00e0 la d\u00e9couverte de nombreux micro- et macroad\u00e9nomes sellaires sous forme d&rsquo;incidentalomes lors de bilans pour c\u00e9phal\u00e9es banales ou traumatismes cr\u00e2niens l\u00e9gers, permettant une surveillance ou une intervention pr\u00e9ventive avant toute perte p\u00e9rim\u00e9trique irr\u00e9versible.<\/p>\n<p>\u00c0 l&rsquo;inverse, dans les pays \u00e0 revenu faible ou interm\u00e9diaire o\u00f9 l&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 la neuro-imagerie de haute technologie et \u00e0 la p\u00e9rim\u00e9trie automatis\u00e9e est fragment\u00e9 ou financi\u00e8rement inaccessible, les patients consultent tr\u00e8s majoritairement \u00e0 des stades d&rsquo;atrophie optique terminale. Le motif d&rsquo;admission initial est fr\u00e9quemment une c\u00e9cit\u00e9 bilat\u00e9rale quasi totale ou des complications m\u00e9taboliques vitales secondaires \u00e0 l&rsquo;insuffisance surr\u00e9nalienne aigu\u00eb m\u00e9connue. De plus, les retards culturels d&rsquo;attribution des sympt\u00f4mes \u2014 o\u00f9 les alt\u00e9rations du champ visuel et la baisse de libido sont fr\u00e9quemment consid\u00e9r\u00e9es comme des processus normaux de vieillissement ou des afflictions d&rsquo;ordre mystique \u2014 majorent le d\u00e9lai avant recours aux soins hospitaliers sp\u00e9cialis\u00e9s.<\/p>\n<p>Les r\u00e9percussions socioprofessionnelles s&rsquo;av\u00e8rent \u00e9galement modul\u00e9es par l&rsquo;environnement \u00e9conomique : dans les soci\u00e9t\u00e9s fortement tertiaris\u00e9es centr\u00e9es sur le travail num\u00e9rique, la conduite et la lecture sur \u00e9cran, les d\u00e9ficits m\u00eame discrets des h\u00e9michamps temporaux ou la perte de la st\u00e9r\u00e9oscopie entra\u00eenent une invalidit\u00e9 fonctionnelle imm\u00e9diate. Dans les environnements ruraux ou agricoles, les patients s&rsquo;adaptent parfois pendant plusieurs ann\u00e9es \u00e0 des r\u00e9tr\u00e9cissements concentriques ou bitemporaux massifs en multipliant les mouvements compensatoires de la t\u00eate, sans verbaliser de handicap invalidant jusqu&rsquo;\u00e0 un stade destructif avanc\u00e9.<\/p>\n<h3>13. Critiques, d\u00e9bats et limites<\/h3>\n<p>L&rsquo;histoire de la physiopathologie chiasmatique n&rsquo;est pas exempte de controverses conceptuelles et d&rsquo;incertitudes anatomiques persistantes :<\/p>\n<p>L&rsquo;un des d\u00e9bats anatomiques les plus c\u00e9l\u00e8bres concerne la r\u00e9alit\u00e9 structurelle du <em>genou de Wilbrand<\/em>. D\u00e9crit initialement par Hermann Wilbrand au d\u00e9but du XXe si\u00e8cle \u00e0 partir de coupes histologiques post-mortem de patients \u00e9nucl\u00e9\u00e9s, ce trajet recourb\u00e9 des axones de la r\u00e9tine inf\u00e9ro-nasale dans le nerf optique oppos\u00e9 a \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9 pendant pr\u00e8s d&rsquo;un si\u00e8cle comme le fondement anatomique incontestable du scotome jonctionnel. Or, \u00e0 partir de la fin des ann\u00e9es 1990, des \u00e9tudes anatomiques m\u00e9ticuleuses conduites par Jonathan Horton ont sugg\u00e9r\u00e9 que le genou de Wilbrand pourrait \u00eatre un artefact de fixation post-mortem survenant chez des cerveaux modifi\u00e9s par une \u00e9nucl\u00e9ation ancienne unilat\u00e9rale. Selon Horton, la r\u00e9traction des axones d\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9s cr\u00e9erait un faux repli tissulaire mimant une boucle anatomique. Bien que plusieurs neurochirurgiens rapportent observer ce ph\u00e9nom\u00e8ne en pratique clinique r\u00e9elle, ce d\u00e9bat souligne la complexit\u00e9 extr\u00eame de la micro-cartographie des fibres d\u00e9cussantes chez l&rsquo;\u00eatre humain vivant.<\/p>\n<p>Un autre point de discorde clinique concerne la prise en charge des l\u00e9sions sellaires asymptomatiques comprimant mod\u00e9r\u00e9ment le chiasma sans retentissement p\u00e9rim\u00e9trique mesurable. Certains neurochirurgiens pr\u00e9conisent une d\u00e9compression chirurgicale prophylactique syst\u00e9matique pour \u00e9viter tout risque de d\u00e9t\u00e9rioration soudaine ou d&rsquo;apoplexie pituitaire silencieuse, tandis que d&rsquo;autres \u00e9quipes privil\u00e9gient une abstention th\u00e9rapeutique avec surveillance trimestrielle par p\u00e9rim\u00e9trie de haute r\u00e9solution et OCT maculaire, faisant valoir les risques intrins\u00e8ques de la chirurgie de la loge sellaire (diab\u00e8te insipide iatrog\u00e8ne, fuite de liquide c\u00e9phalorachidien, m\u00e9ningite postop\u00e9ratoire).<\/p>\n<p>Enfin, la limite majeure des \u00e9preuves actuelles r\u00e9side dans l&rsquo;h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 de la p\u00e9rim\u00e9trie fonctionnelle chez les patients \u00e2g\u00e9s ou pr\u00e9sentant un ralentissement cognitif. La subjectivit\u00e9 de la r\u00e9ponse du sujet introduit un taux d&rsquo;art\u00e9facts et de faux positifs non n\u00e9gligeable. Bien que l&rsquo;OCT apporte une quantification structurelle objective, il n&rsquo;\u00e9value pas en temps r\u00e9el l&rsquo;activit\u00e9 fonctionnelle des synapses, laissant subsister un d\u00e9calage potentiel entre l&rsquo;aspect morphologique des fibres et le ressenti visuel global du patient.<\/p>\n<h3>14. Termes connexes et distinctions<\/h3>\n<p>Afin de pr\u00e9venir toute confusion s\u00e9miologique dans la d\u00e9marche diagnostique diff\u00e9rentielle, il est indispensable de distinguer le syndrome chiasmatique de plusieurs entit\u00e9s neurologiques et ophtalmiques affines :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>L\u00e9sions r\u00e9trochiasmatiques (tractus optique, radiations optiques, cortex visuel stri\u00e9) :<\/strong> Se manifestent par une <em>h\u00e9mianopsie homonyme<\/em> (perte du m\u00eame c\u00f4t\u00e9 du champ visuel pour les deux yeux, par exemple droite ou gauche) et non h\u00e9t\u00e9ronyme bitemporale comme dans l&rsquo;atteinte du chiasma.<\/li>\n<li><strong>Neuropathie optique unilat\u00e9rale (l\u00e9sion pr\u00e9chiasmatique) :<\/strong> Entra\u00eene une baisse d&rsquo;acuit\u00e9 visuelle monoculaire associ\u00e9e \u00e0 un scotome central ou c\u00e6co-central et un d\u00e9ficit pupillaire aff\u00e9rent relatif (pupille de Marcus Gunn) sans anomalie du champ visuel temporal de l&rsquo;\u0153il controlat\u00e9ral.<\/li>\n<li><strong>Syndrome de Foster Kennedy :<\/strong> Associe une atrophie optique homolat\u00e9rale par compression directe du nerf optique par une masse de la base du cr\u00e2ne (ex. : m\u00e9ningiome du tiers interne de l&rsquo;aile du sph\u00e9no\u00efde ou du bulbe olfactif) et un \u0153d\u00e8me papillaire controlat\u00e9ral caus\u00e9 par l&rsquo;hypertension intracr\u00e2nienne chronique.<\/li>\n<li><strong>H\u00e9mianopsie binasale :<\/strong> D\u00e9ficit bilat\u00e9ral des champs visuels nasaux, exceptionnellement d&rsquo;origine chiasmatique directe (compression bilat\u00e9rale externe par des calcifications ath\u00e9romateuses des deux siphons carotidiens) ; elle est beaucoup plus souvent due \u00e0 des causes r\u00e9tiniennes ou papillaires bilat\u00e9rales (glaucome bilat\u00e9ral avanc\u00e9, drusen papillaires \u00e9tendus).<\/li>\n<li><strong>H\u00e9mianopsie bitemporale fonctionnelle ou non organique :<\/strong> Alt\u00e9ration tubulaire ou non physiologique du champ visuel sans aucune anomalie \u00e0 l&rsquo;OCT, sans corr\u00e9lation neuroradiologique \u00e0 l&rsquo;IRM et ne respectant pas rigoureusement le m\u00e9ridien vertical lors d&rsquo;\u00e9preuves p\u00e9rim\u00e9triques crois\u00e9es \u00e0 diff\u00e9rentes distances d&rsquo;observation.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>15. R\u00e9sum\u00e9 et points cl\u00e9s<\/h3>\n<p>Le syndrome chiasmatique repr\u00e9sente l&rsquo;un des arch\u00e9types les plus purs de la s\u00e9miologie topographique en neurologie clinique. L&rsquo;essentiel de ses propri\u00e9t\u00e9s diagnostiques et th\u00e9rapeutiques se r\u00e9sume dans les points structurants suivants :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Topographie et s\u00e9miologie princeps :<\/strong> R\u00e9sulte de la l\u00e9sion des fibres nerveuses r\u00e9tiniennes nasales d\u00e9cussantes au sein du chiasma optique, engendrant le tableau classique de l&rsquo;h\u00e9mianopsie bitemporale respectant le m\u00e9ridien vertical.<\/li>\n<li><strong>Principales \u00e9tiologies :<\/strong> Fortement domin\u00e9es par les processus compressifs de la r\u00e9gion sellaire et suprasellaire, au premier rang desquels figurent les macroad\u00e9nomes hypophysaires, suivis des m\u00e9ningiomes sellaires, craniopharyngiomes, an\u00e9vrismes art\u00e9riels et plus rarement les processus infiltratifs ou inflammatoires.<\/li>\n<li><strong>Signes cliniques associ\u00e9s :<\/strong> Baisse unilat\u00e9rale ou bilat\u00e9rale de l&rsquo;acuit\u00e9 visuelle, atrophie optique primaire papillaire d&rsquo;installation tardive, diplopie de glissement d&rsquo;h\u00e9michamps et perturbations de l&rsquo;axe neuroendocrinien hypothalamo-hypophysaire.<\/li>\n<li><strong>Parcours diagnostique :<\/strong> Repose de fa\u00e7on indissociable sur l&rsquo;imagerie par r\u00e9sonance magn\u00e9tique (IRM) \u00e0 haute r\u00e9solution ax\u00e9e sur la r\u00e9gion sellaire, la p\u00e9rim\u00e9trie automatis\u00e9e standardis\u00e9e et la tomographie par coh\u00e9rence optique (OCT) maculaire et p\u00e9ripapillaire.<\/li>\n<li><strong>Pronostic et prise en charge :<\/strong> La chirurgie de d\u00e9compression (notamment endonasale transsph\u00e9no\u00efdale) permet une r\u00e9cup\u00e9ration fonctionnelle visuelle spectaculaire si elle est men\u00e9e avant le stade irr\u00e9versible de l&rsquo;atrophie axonale des cellules ganglionnaires, confirmant l&rsquo;imp\u00e9ratif absolu d&rsquo;un diagnostic pr\u00e9coce.<\/li>\n<\/ul>\n<h2>R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<ul>\n<li>Cushing, H. (1930). The chiasmal syndrome: Of primary optic atrophy and bitemporal field defects in adults with a normal sella turcica. <em>Archives of Ophthalmology<\/em>, 3(5), 505\u2013551. https:\/\/doi.org\/10.1001\/archopht.1930.00810070003001<\/li>\n<li>Danesh-Meyer, H. V., Carroll, S. C., Foroozan, R., Savino, P. J., Fan, J., Jiang, Y., &amp; Stewart, J. M. (2006). Relationship between retinal nerve fiber layer thickness and visual field loss in chiasmal compression. <em>Investigative Ophthalmology &amp; Visual Science<\/em>, 47(9), 3827\u20133833. https:\/\/doi.org\/10.1167\/iovs.06-0044<\/li>\n<li>Horton, J. C. (1997). Wilbrand&rsquo;s knee of the primate optic chiasm is an artefact of monocular enucleation. <em>Transactions of the American Ophthalmological Society<\/em>, 95, 579\u2013609. https:\/\/pubmed.ncbi.nlm.nih.gov\/9440186\/<\/li>\n<li>Jacob, M., Raverot, G., Jouanneau, E., Borson-Chazot, F., Perrin, G., Rabilloud, M., &amp; Vignot, S. (2009). Predicting visual recovery after transsphenoidal surgery for pituitary adenomas: The role of optical coherence tomography. <em>Journal of Neurosurgery<\/em>, 111(2), 226\u2013233. https:\/\/doi.org\/10.3171\/2008.11.JNS08920<\/li>\n<li>Traquair, H. M. (1927). <em>An Introduction to Clinical Perimetry<\/em>. Henry Kimpton.<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le syndrome chiasmatique est une atteinte neurologique et ophtalmique majeure caus\u00e9e par la l\u00e9sion du chiasma optique. Caract\u00e9ris\u00e9 par une h\u00e9mianopsie bitemporale et des troubles neuroendocriniens, son diagnostic repose sur l&rsquo;IRM, la p\u00e9rim\u00e9trie et l&rsquo;OCT pour une prise en charge pr\u00e9coce.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"template":"","categories":[31201,1449,46],"tags":[31513,39397,37028,37307,31199,39396],"class_list":["post-23247","psych_term","type-psych_term","status-publish","hentry","category-neuro-ophtalmologie","category-neurologie-clinique","category-neuropsychologie","tag-adenome-hypophysaire","tag-champs-visuels","tag-chiasma-optique","tag-hemianopsie-bitemporale","tag-neuro-ophtalmologie","tag-syndrome-chiasmatique"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_term\/23247","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_term"}],"about":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/psych_term"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_term\/23247\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=23247"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=23247"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=23247"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}