{"id":22920,"date":"2026-10-28T04:45:15","date_gmt":"2026-10-28T04:45:15","guid":{"rendered":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/?psych_term=degenerescence-cortico-basale-ganglionnaire-dcbg"},"modified":"2026-10-28T04:45:15","modified_gmt":"2026-10-28T04:45:15","slug":"degenerescence-cortico-basale-ganglionnaire-dcbg","status":"publish","type":"psych_term","link":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/?psych_term=degenerescence-cortico-basale-ganglionnaire-dcbg","title":{"rendered":"DCBG : Aux fronti\u00e8res du geste et de l&rsquo;esprit"},"content":{"rendered":"<p>La d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence cortico-basale ganglionnaire repr\u00e9sente l&rsquo;un des d\u00e9fis cliniques et nosologiques les plus redoutables de la neurologie cognitive contemporaine. \u00c0 la crois\u00e9e des syndromes parkinsoniens atypiques et des d\u00e9mences lobaires fronto-temporales, cette affection d\u00e9mant\u00e8le de mani\u00e8re asym\u00e9trique la programmation motrice, le sch\u00e9ma corporel et l&rsquo;autonomie cognitive du patient.<\/p>\n<h2>D\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence cortico-basale ganglionnaire (DCBG)<\/h2>\n<h3>1. D\u00e9finition concise<\/h3>\n<p>La d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence cortico-basale ganglionnaire (DCBG), ou d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence cortico-basale (DCB), est une pathologie neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9rative progressive rare caract\u00e9ris\u00e9e sur le plan neuropathologique par une tauopathie 4R avec accumulation de prot\u00e9ines tau anormalement hyperphosphoryl\u00e9es au sein du cortex c\u00e9r\u00e9bral et des ganglions de la base. Cliniquement, elle associe de fa\u00e7on marqu\u00e9e et asym\u00e9trique des signes d&rsquo;atteinte corticale, tels qu&rsquo;une apraxie id\u00e9omotrice, un d\u00e9ficit sensitif cortical ou le ph\u00e9nom\u00e8ne du membre \u00e9tranger, et des sympt\u00f4mes extrapyramidaux r\u00e9fractaires \u00e0 la l\u00e9vodopa, incluant rigidit\u00e9, akin\u00e9sie, dystonie et myoclonies r\u00e9flexes.<\/p>\n<p>Sur le plan neuropsychologique, la DCBG se distingue par une alt\u00e9ration pr\u00e9coce des fonctions ex\u00e9cutives, des troubles de la planification motrice complexe et des d\u00e9ficits visuo-spatiaux majeurs. Alors que le terme neuropathologique d\u00e9signe formellement la signature tissulaire (astrocytes en plaques et inclusions tau dans les neurones et la glie), le profil clinique est d\u00e9sormais r\u00e9pertori\u00e9 sous le concept plus g\u00e9n\u00e9rique de syndrome cortico-basal (CBS), car d&rsquo;autres \u00e9tiologies neuropathologiques peuvent pr\u00e9senter un tableau analogue.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9volution de la maladie conduit inexorablement \u00e0 une perte d&rsquo;autonomie s\u00e9v\u00e8re dans les activit\u00e9s quotidiennes, g\u00e9n\u00e9ralement en l&rsquo;espace de quelques ann\u00e9es apr\u00e8s l&rsquo;apparition insidieuse des premiers sympt\u00f4mes d&rsquo;unilat\u00e9ralit\u00e9 motrice et gestuelle.<\/p>\n<h3>2. \u00c9tymologie et origine linguistique<\/h3>\n<p>L&rsquo;acronyme anglophone CBGD provient de la locution <em>Corticobasal Ganglionic Degeneration<\/em>, souvent simplifi\u00e9e en <em>Corticobasal Degeneration<\/em> (CBD). En fran\u00e7ais, l&rsquo;expression \u00ab d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence cortico-basale ganglionnaire \u00bb puise ses racines dans le grec ancien et le latin anatomique classique.<\/p>\n<p>Le pr\u00e9fixe \u00ab cortico- \u00bb provient du latin <em>cortex<\/em>, signifiant \u00e9corce ou enveloppe superficielle, d\u00e9signant ici le cortex c\u00e9r\u00e9bral (en particulier les r\u00e9gions pari\u00e9tales et pr\u00e9frontales). Le qualificatif \u00ab basal \u00bb et le substantif \u00ab ganglionnaire \u00bb renvoient au grec <em>ganglion<\/em> (\u03b3\u03ac\u03b3\u03b3\u03bb\u03b9\u03bf\u03bd, tumeur sous la peau ou n\u0153ud de tissus), d\u00e9signant dans la tradition neuroanatomique les noyaux gris centraux, \u00e9galement appel\u00e9s ganglions de la base. Le vocable \u00ab d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence \u00bb d\u00e9rive du latin <em>degenerare<\/em>, signifiant d\u00e9choir de sa race ou perdre ses qualit\u00e9s originelles, employ\u00e9 en m\u00e9decine d\u00e8s le XIXe si\u00e8cle pour formaliser la d\u00e9t\u00e9rioration structurale irr\u00e9versible des cellules nerveuses.<\/p>\n<p>Le terme a \u00e9t\u00e9 consacr\u00e9 dans la litt\u00e9rature internationale pour synth\u00e9tiser l&rsquo;atteinte anatomique simultan\u00e9e et conjointe de l&rsquo;\u00e9corce c\u00e9r\u00e9brale et des structures nucl\u00e9aires sous-corticales profondes.<\/p>\n<h3>3. Prononciation et forme grammaticale<\/h3>\n<p>En langue fran\u00e7aise, l&rsquo;expression se prononce phon\u00e9tiquement \/de.\u0292e.ne.\u0281a.sj\u0254\u0303 k\u0254\u0281.ti.ko.ba.zal \u0261\u0251\u0303.\u0261li.\u0254.n\u025b\u0281\/. Lorsqu&rsquo;il est fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la d\u00e9nomination formelle fran\u00e7aise, on emploie les sigles DCBG ou DCB (prononc\u00e9s lettre par lettre : \/de.se.be.\u0292e\/ ou \/de.se.be\/), tandis que la forme anglophone d&rsquo;origine CBGD est \u00e9galement rencontr\u00e9e dans les publications de recherche.<\/p>\n<p>Sur le plan grammatical, le terme est un syntagme nominal f\u00e9minin singulier : \u00ab la d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence cortico-basale \u00bb. L&rsquo;adjectif compos\u00e9 s&rsquo;orthographie g\u00e9n\u00e9ralement avec un trait d&rsquo;union (\u00ab cortico-basale \u00bb), bien que la graphie unifi\u00e9e sans trait d&rsquo;union (\u00ab corticobasale \u00bb) soit \u00e9galement accept\u00e9e dans la nomenclature m\u00e9dicale r\u00e9cente. L&rsquo;expression employ\u00e9e comme modificateur d&rsquo;un syndrome reste invariable au genre masculin : \u00ab le syndrome cortico-basal \u00bb (SCB).<\/p>\n<h3>4. Explication conceptuelle d\u00e9taill\u00e9e<\/h3>\n<p>La DCBG s&rsquo;inscrit au carrefour de la neurologie du mouvement et de la neuropsychologie clinique. Son essence r\u00e9side dans la rupture des boucles cortico-sous-corticales charg\u00e9es de la transformation de l&rsquo;intention motrice en acte sensorimoteur finalis\u00e9. Alors que les pathologies parkinsoniennes typiques r\u00e9sultent principalement d&rsquo;une perte d\u00e9g\u00e9n\u00e9rative dopaminergique au sein de la substance noire unie aux r\u00e9gions striatales, la DCBG d\u00e9ploie une l\u00e9sion combin\u00e9e qui \u00e9rode parall\u00e8lement le cortex pari\u00e9tal post\u00e9rieur, les aires frontales motrices suppl\u00e9mentaires, le striatum et le pallidum.<\/p>\n<p>Cette double topographie engendre une dissociation clinique singuli\u00e8re : la d\u00e9faillance de l&rsquo;ex\u00e9cution m\u00e9canique d&rsquo;un membre s&rsquo;entrem\u00eale \u00e0 une oblit\u00e9ration de la repr\u00e9sentation mentale de l&rsquo;acte lui-m\u00eame. L&rsquo;apraxie observ\u00e9e dans la DCBG n&rsquo;est pas un simple d\u00e9faut de force ou de dext\u00e9rit\u00e9 : le patient conserve une force musculaire quantitativement normale, mais perd l&rsquo;acc\u00e8s aux formules kin\u00e9tiques apprises n\u00e9cessaires \u00e0 l&rsquo;usage d&rsquo;outils, \u00e0 l&rsquo;imitation de postures ou \u00e0 la r\u00e9alisation de gestes symboliques familiers.<\/p>\n<p>L&rsquo;asym\u00e9trie est une signature cardinale du concept : l&rsquo;atteinte d\u00e9bute et pr\u00e9domine presque toujours de fa\u00e7on unilat\u00e9rale au niveau d&rsquo;un membre sup\u00e9rieur avant de s&rsquo;\u00e9tendre lentement \u00e0 l&rsquo;h\u00e9micorps ipsilat\u00e9ral puis controlat\u00e9ral. Cette asym\u00e9trie refl\u00e8te l&rsquo;atrophie focale de l&rsquo;h\u00e9misph\u00e8re c\u00e9r\u00e9bral controlat\u00e9ral, visible aux examens d&rsquo;imagerie structurelle et fonctionnelle.<\/p>\n<p>Sur le versant sensoriel et cognitif, la perte des comp\u00e9tences corticales pari\u00e9tales entra\u00eene une ast\u00e9r\u00e9ognosie (incapacit\u00e9 \u00e0 reconna\u00eetre un objet par le toucher en l&rsquo;absence de vision) et une agraphesth\u00e9sie, alors m\u00eame que la sensibilit\u00e9 \u00e9l\u00e9mentaire reste pr\u00e9serv\u00e9e. L&rsquo;exp\u00e9rience subjective de la propri\u00e9t\u00e9 de ses propres membres s&rsquo;en trouve alt\u00e9r\u00e9e, culminant dans des ph\u00e9nom\u00e8nes de l\u00e9vitation spontan\u00e9e ou d&rsquo;opposition motrice incontr\u00f4l\u00e9e.<\/p>\n<h3>5. D\u00e9veloppement historique<\/h3>\n<p>La premi\u00e8re d\u00e9marcation nosologique de cette maladie remonte \u00e0 1967 et 1968, sous la plume des m\u00e9decins am\u00e9ricains <a href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Corticobasal_degeneration\">John G. Rebeiz, E. P. Richardson Jr. et Raymond D. Adams<\/a>. Ils documentent initialement trois cas d&rsquo;individus d&rsquo;\u00e2ge m\u00fbr pr\u00e9sentant une akin\u00e9sie asym\u00e9trique, une raideur, une apraxie s\u00e9v\u00e8re et des mouvements involontaires d\u00e9crits comme une dystonie progressive. L&rsquo;\u00e9tude post-mortem r\u00e9v\u00e8le une atrophie asym\u00e9trique du cortex fronto-pari\u00e9tal et de la substance noire, avec pr\u00e9sence de neurones ballonn\u00e9s achromatiques, appel\u00e9s neurones de Pick ou neurones ballonn\u00e9s cortico-basaux.<\/p>\n<p>Dans les d\u00e9cennies suivantes, notamment gr\u00e2ce aux travaux de David Marsden et de son \u00e9quipe \u00e0 Londres dans les ann\u00e9es 1980 et 1990, le concept gagne en pr\u00e9cision clinique. Les descriptions du \u00ab membre fant\u00f4me \u00bb ou du ph\u00e9nom\u00e8ne de la \u00ab main \u00e9trang\u00e8re \u00bb (<em>alien hand<\/em>) deviennent embl\u00e9matiques de la maladie, tandis que l&rsquo;on d\u00e9couvre l&rsquo;absence quasi constante de r\u00e9ponse b\u00e9n\u00e9fique aux traitements dopaminergiques standard du syndrome parkinsonien.<\/p>\n<p>Un tournant fondamental intervient \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1990 et au d\u00e9but des ann\u00e9es 2000 avec l&rsquo;essor de l&rsquo;immuno-histochimie moderne. Les chercheurs identifient que les agr\u00e9gats intraneuronaux et intragl\u3061\u3087\u3046iques sont compos\u00e9s d&rsquo;isoformes \u00e0 quatre r\u00e9p\u00e9titions (4R) de la prot\u00e9ine tau, inscrivant sans ambigu\u00eft\u00e9 la pathologie dans la famille des <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Tauopathie\">tauopathies<\/a> primitives aux c\u00f4t\u00e9s de la paralysie supranucl\u00e9aire progressive (PSP).<\/p>\n<p>Enfin, en 2013, le consortium international d&rsquo;Armstrong et de ses collaborateurs formalise de nouveaux crit\u00e8res diagnostiques consensuels, \u00e9tablissant une distinction formelle entre le substrat pathologique av\u00e9r\u00e9 (la DCB) et les diff\u00e9rents ph\u00e9notypes cliniques, dont le syndrome cortico-basal (CBS).<\/p>\n<h3>6. Fondements th\u00e9oriques<\/h3>\n<p>Le mod\u00e8le neurobiologique et th\u00e9orique de la DCBG repose sur le concept de neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence prot\u00e9inopathique \u00e0 propagation trans-synaptique. Le m\u00e9canisme central implique la phosphorylation anormale et le repliement d\u00e9fectueux de la prot\u00e9ine tau associ\u00e9e aux microtubules, cod\u00e9e par le g\u00e8ne <em>MAPT<\/em> sur le chromosome 17q21. Dans la DCBG, un d\u00e9s\u00e9quilibre de l&rsquo;\u00e9pissage alternatif favorise l&rsquo;incorporation de l&rsquo;exon 10, g\u00e9n\u00e9rant un exc\u00e8s d&rsquo;isoformes 4R qui s&rsquo;auto-agr\u00e8gent en filaments h\u00e9lico\u00efdaux et droits.<\/p>\n<p>Ces agr\u00e9gats toxiques entra\u00eene la d\u00e9stabilisation du cytosquelette d&rsquo;actine et de tubuline, bloquant le transport axonal ant\u00e9rograde et r\u00e9trograde. Les cons\u00e9quences cytologiques directes sont la formation d&rsquo;astrocytes en plaques (l\u00e9sion hautement sp\u00e9cifique de la DCB), d&rsquo;inclusions oligodendrogliales (plaques filamenteuses enroul\u00e9es) et de neurones ballonn\u00e9s d\u00e9montrant une immunor\u00e9activit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u03b1B-cristalline.<\/p>\n<p>Sur le plan neuropsychologique des mod\u00e8les de contr\u00f4le de l&rsquo;action motrice, la th\u00e9orie de Liepmann et les mod\u00e8les r\u00e9cents d&rsquo;int\u00e9gration sensorimotrice expliquent les d\u00e9ficits par une interruption des connexions fronto-pari\u00e9tales. L&rsquo;acte moteur harmonieux requiert l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 de l&rsquo;encodage spatial pari\u00e9tal (le \u00ab o\u00f9 \u00bb et le \u00ab comment \u00bb de l&rsquo;action), de la s\u00e9lection pr\u00e9motrice et de la modulation inhibitrice exerc\u00e9e par les noyaux gris centraux. Lorsque ce circuit asym\u00e9triquement alt\u00e9r\u00e9 s&rsquo;effondre, l&rsquo;intention motrice se d\u00e9synchronise du sch\u00e9ma corporel, g\u00e9n\u00e9rant une apraxie et des ph\u00e9nom\u00e8nes d&rsquo;automatisme moteur d\u00e9sinhib\u00e9.<\/p>\n<h3>7. Composantes, types et dimensions<\/h3>\n<p>La taxonomie clinique moderne issue des crit\u00e8res d&rsquo;Armstrong (2013) d\u00e9compose la pathologie selon plusieurs dimensions nosologiques et ph\u00e9notypiques :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Syndrome cortico-basal classique (CBS) :<\/strong> Ph\u00e9notype le plus embl\u00e9matique, caract\u00e9ris\u00e9 par une pr\u00e9sentation motrice et cognitive asym\u00e9trique comprenant rigidit\u00e9 extrapyramidale, dystonie focale d&rsquo;un membre, apraxie id\u00e9omotrice et membre \u00e9tranger.<\/li>\n<li><strong>Ph\u00e9notype de paralysie supranucl\u00e9aire progressive (PSP-like) :<\/strong> Pr\u00e9sentation domin\u00e9e par une instabilit\u00e9 posturale axiale pr\u00e9coce avec chutes r\u00e9p\u00e9t\u00e9es et paralysie du regard vertical vers le bas.<\/li>\n<li><strong>Ph\u00e9notype fronto-ex\u00e9cutif \/ comportemental :<\/strong> D\u00e9mence fronto-temporale avec apathie marqu\u00e9e, d\u00e9sinhibition sociale, perte de l&#8217;empathie et troubles s\u00e9v\u00e8res de la flexibilit\u00e9 mentale sans signes moteurs initiaux pr\u00e9dominants.<\/li>\n<li><strong>Ph\u00e9notype aphasique non fluent \/ agrammatique (naPPA) :<\/strong> Troubles du langage pr\u00e9dominants avec agrammatisme, apraxie de la parole (anarthrie), h\u00e9sitations et lenteur d&rsquo;\u00e9locution.<\/li>\n<li><strong>Signes corticaux majeurs :<\/strong> Apraxie gestuelle (id\u00e9omotrice, m\u00e9locin\u00e9tique), d\u00e9ficit sensitif cortical (extinction sensitive, perte du sens de position, ast\u00e9r\u00e9ognosie) et ph\u00e9nom\u00e8ne de la main \u00e9trang\u00e8re.<\/li>\n<li><strong>Signes sous-corticaux et moteurs :<\/strong> Syndrome parkinsonien asym\u00e9trique akin\u00e9to-rigide dopa-r\u00e9sistant, myoclonies focales induites par le stimulus ou le geste, dystonie de posture d&rsquo;un membre (posture dystonique de la main en flexion ou du pied en \u00e9quin).<\/li>\n<\/ul>\n<h3>8. Exemples et cas illustratifs<\/h3>\n<p><strong>Cas clinique 1 : Le membre rebelle.<\/strong> Un cadre bancaire de 63 ans consulte pour une maladresse croissante de la main gauche apparue depuis douze mois. Il rapporte que sa main \u00ab ne lui ob\u00e9it plus \u00bb lorsqu&rsquo;il souhaite boutonner sa chemise ou utiliser des ciseaux. En consultation, lorsqu&rsquo;on lui demande de faire le salut militaire ou d&rsquo;imiter le geste de planter un clou avec la main gauche, il produit des mouvements d\u00e9structur\u00e9s et inappropri\u00e9s, alors qu&rsquo;il d\u00e9crit parfaitement l&rsquo;action \u00e0 accomplir (apraxie id\u00e9omotrice). Au repos, sa main gauche tend \u00e0 l\u00e9viter spontan\u00e9ment et \u00e0 s&rsquo;accrocher aux v\u00eatements sans son consentement volontaire (<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Syndrome_de_la_main_%C3%A9trang%C3%A8re\">ph\u00e9nom\u00e8ne du membre \u00e9tranger<\/a>). L&rsquo;examen montre une rigidit\u00e9 plastique s\u00e9v\u00e8re du membre sup\u00e9rieur gauche et une myoclonie vive d\u00e9clench\u00e9e par un tapotement d\u00e9licat de la pulpe digitale.<\/p>\n<p><strong>Cas clinique 2 : L&rsquo;atteinte primaire du langage \u00e9voluant vers le syndrome moteur.<\/strong> Une enseignante de 58 ans d\u00e9veloppe un discours h\u00e9sitant, laborieux et d\u00e9pourvu de constructions syntaxiques complexes. L&rsquo;\u00e9valuation orthophonique r\u00e9v\u00e8le une apraxie de la parole marqu\u00e9e avec dissociation automatico-volontaire. Deux ans plus tard, appara\u00eet une dystonie du pied droit suivie d&rsquo;une perte d&rsquo;habilet\u00e9 de l&rsquo;h\u00e9micorps droit. L&rsquo;IRM montre une atrophie asym\u00e9trique p\u00e9ri-sylvienne et pari\u00e9tale gauche. Le profil correspond \u00e0 une aphasie primaire progressive non fluente compliqu\u00e9e secondairement d&rsquo;un syndrome cortico-basal, confirmant la convergence anatomopathologique tau 4R.<\/p>\n<h3>9. Mesure et \u00e9valuation<\/h3>\n<p>Le diagnostic de la DCBG demeure avant tout clinique et d&rsquo;exclusion du vivant du patient, s&rsquo;appuyant sur une s\u00e9rie d&rsquo;explorations compl\u00e9mentaires standardis\u00e9es :<\/p>\n<p><strong>Bilan neuropsychologique :<\/strong> Il comporte l&rsquo;\u00e9valuation pr\u00e9cise des diff\u00e9rents types d&rsquo;apraxies \u00e0 l&rsquo;aide de batteries sp\u00e9cialis\u00e9es (gestes r\u00e9flexifs, transitifs avec objet r\u00e9el, intransitifs et gestes sans signification). L&rsquo;\u00e9tude des fonctions ex\u00e9cutives explore la flexibilit\u00e9 cognitive (Trail Making Test), l&rsquo;inhibition (test de Stroop) et les capacit\u00e9s d&rsquo;\u00e9laboration strat\u00e9gique. L&rsquo;examen du traitement visuo-spatial (test des lignes de Benton, figures enchev\u00eatr\u00e9es) met en \u00e9vidence une n\u00e9gligence spatiale unilat\u00e9rale ou une d\u00e9sorientation constructive.<\/p>\n<p><strong>Neuro-imagerie morphologique et m\u00e9tabolique :<\/strong> L&rsquo;imagerie par r\u00e9sonance magn\u00e9tique (IRM) c\u00e9r\u00e9brale met en \u00e9vidence une atrophie corticale focalis\u00e9e et asym\u00e9trique, touchant de fa\u00e7on \u00e9lective le cortex pari\u00e9tal post\u00e9rieur et la r\u00e9gion frontale sup\u00e9rieure du c\u00f4t\u00e9 oppos\u00e9 au membre le plus s\u00e9v\u00e8rement atteint. La tomographie par \u00e9mission de positons au 18F-fluorod\u00e9soxyglucose (TEP-FDG) r\u00e9v\u00e8le un hypom\u00e9tabolisme asym\u00e9trique marqu\u00e9 dans ces m\u00e9mes r\u00e9gions corticales, \u00e9tendu au thalamus et au striatum homolat\u00e9raux.<\/p>\n<p><strong>Biomarqueurs liquidiens :<\/strong> Le dosage des prot\u00e9ines tau totale, phospho-tau (p-tau181) et du peptide amylo\u00efde A\u03b242 dans le liquide c\u00e9phalo-rachidien permet de diff\u00e9rencier une pathologie de type <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Maladie_d%27Alzheimer\">maladie d&rsquo;Alzheimer<\/a> sous-jacente (qui peut mimer cliniquement un syndrome cortico-basal) d&rsquo;une v\u00e9ritable tauopathie non-Alzheimer o\u00f9 le ratio A\u03b242\/p-tau demeure normal.<\/p>\n<h3>10. Applications et port\u00e9e pratique<\/h3>\n<p>La compr\u00e9hension de la DCBG poss\u00e8de des r\u00e9percussions cliniques majeures pour l&rsquo;\u00e9quipe pluridisciplinaire :<\/p>\n<p>En pratique m\u00e9dicale, l&rsquo;identification rapide du caract\u00e8re atypique du parkinsonisme \u00e9vite des escalades th\u00e9rapeutiques dopaminergiques inutiles et d\u00e9l\u00e9t\u00e8res, sources de confusions ou d&rsquo;effets ind\u00e9sirables digestifs. Le recours pr\u00e9coce aux injections focales de toxine botulique peut soulager la contracture dystonique douloureuse d&rsquo;un membre sup\u00e9rieur recroquevill\u00e9, pr\u00e9venant les l\u00e9sions de mac\u00e9ration cutan\u00e9e dans le creux de la paume.<\/p>\n<p>En ergoth\u00e9rapie et neuropsychologie de r\u00e9habilitation, la prise en charge s&rsquo;adapte sp\u00e9cifiquement \u00e0 l&rsquo;apraxie et au membre \u00e9tranger. Contrairement \u00e0 une h\u00e9mipl\u00e9gie classique o\u00f9 l&rsquo;on stimule la motricit\u00e9 du membre l\u00e9s\u00e9, les th\u00e9rapeutes enseignent ici des strat\u00e9gies compensatrices unilat\u00e9rales avec le membre pr\u00e9serv\u00e9, tout en s\u00e9curisant le membre perturbateur (par exemple, en occupant la main \u00e9trang\u00e8re avec un objet tactile passif pour \u00e9viter des gestes parasites involontaires).<\/p>\n<p>Sur le plan de l&rsquo;\u00e9thique clinique et de l&rsquo;accompagnement des aidants, la mise en mots de ces sympt\u00f4mes d\u00e9routants est cruciale. Les familles interpr\u00e8tent fr\u00e9quemment les comportements de la main \u00e9trang\u00e8re ou l&rsquo;apraxie comme un manque de volont\u00e9, une n\u00e9gligence d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e ou un trouble purement psychiatrique. L&rsquo;\u00e9ducation th\u00e9rapeutique clarifie la nature organique du d\u00e9ficit et pr\u00e9pare les directives anticip\u00e9es relatives \u00e0 la dysphagie et aux d\u00e9ficits posturaux ult\u00e9rieurs.<\/p>\n<h3>11. Recherche et donn\u00e9es empiriques<\/h3>\n<p>Les investigations contemporaines s&rsquo;articulent autour de plusieurs axes biomol\u00e9culaires et neuro-imageries avanc\u00e9s :<\/p>\n<p>Les \u00e9tudes autopsiques de cohortes cliniques r\u00e9alis\u00e9es par Dickson et ses coll\u00e8gues de la Mayo Clinic ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 un paradoxe diagnostique frappant : seulement un tiers \u00e0 la moiti\u00e9 des patients ayant re\u00e7u un diagnostic clinique de syndrome cortico-basal pr\u00e9sentent effectivement une histologie de DCB \u00e0 l&rsquo;autopsie. Les autres patients pr\u00e9sentent une <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Paralysie_supranucl%C3%A9aire_progressive\">paralysie supranucl\u00e9aire progressive<\/a>, une maladie d&rsquo;Alzheimer atypique ou une d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence lobaire fronto-temporale associ\u00e9e \u00e0 la prot\u00e9ine TDP-43.<\/p>\n<p>En imagerie mol\u00e9culaire, le d\u00e9veloppement de ligands TEP sp\u00e9cifiques des prot\u00e9ines tau repr\u00e9sente un domaine en pleine \u00e9bullition scientifique. Bien que les premi\u00e8res g\u00e9n\u00e9rations de traceurs pr\u00e9sentaient une liaison pr\u00e9f\u00e9rentielle pour les isoformes mixtes (3R\/4R) caract\u00e9ristiques d&rsquo;Alzheimer, les nouveaux traceurs en cours d&rsquo;\u00e9valuation clinique visent sp\u00e9cifiquement les conformations 4R de la DCB et de la PSP, promettant un diagnostic diff\u00e9rentiel <em>in vivo<\/em> pr\u00e9coce.<\/p>\n<p>Les essais th\u00e9rapeutiques se tournent r\u00e9solument vers l&rsquo;immunoth\u00e9rapie passive ciblant la prot\u00e9ine tau et les oligonucl\u00e9otides antisens destin\u00e9s \u00e0 freiner l&rsquo;expression du transcrit <em>MAPT<\/em>. Des \u00e9quipes de recherche travaillent \u00e9galement sur les inhibiteurs de kinases pour stopper l&rsquo;hyperphosphorylation de la prot\u00e9ine tau et bloquer sa propagation d&rsquo;un neurone \u00e0 l&rsquo;autre.<\/p>\n<h3>12. Consid\u00e9rations culturelles et contextuelles<\/h3>\n<p>L&rsquo;expression et le retentissement des sympt\u00f4mes de la DCBG sont influenc\u00e9s par l&rsquo;environnement socioculturel et linguistique des individus :<\/p>\n<p>L&rsquo;apraxie s&rsquo;exprime \u00e0 travers les pratiques gestuelles signifiantes d&rsquo;une culture donn\u00e9e. Les gestes \u00e9valu\u00e9s doivent imp\u00e9rativement tenir compte du r\u00e9pertoire symbolique du patient (par exemple, signer d&rsquo;une croix dans les cultures chr\u00e9tiennes, r\u00e9aliser un geste de salut sp\u00e9cifique, ou manipuler des ustensiles d&rsquo;alimentation culturels comme des baguettes plut\u00f4t qu&rsquo;un couteau et une fourchette). L&rsquo;incapacit\u00e9 \u00e0 manier ces objets hautement ancr\u00e9s culturellement repr\u00e9sente souvent le premier signe d&rsquo;alarme signal\u00e9 par les proches.<\/p>\n<p>Sur le plan du langage, lorsque la DCBG se pr\u00e9sente sous la forme d&rsquo;une aphasie primaire non fluente, la d\u00e9gradation syntaxique ne s&rsquo;observe pas de fa\u00e7on identique selon les langues parl\u00e9es. Dans les langues \u00e0 flexion complexe ou dans les langues tonales, l&rsquo;apraxie de la parole et l&rsquo;agrammatisme g\u00e9n\u00e8rent des patterns d&rsquo;erreurs phonologiques et prosodiques particuliers, exigeant des batteries d&rsquo;\u00e9valuation valid\u00e9es localement.<\/p>\n<p>L&rsquo;acc\u00e8s aux examens d&rsquo;imagerie m\u00e9tabolique ou aux biomarqueurs liquidiens varie drastiquement \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle plan\u00e9taire, conduisant dans de nombreuses r\u00e9gions du globe \u00e0 une forte sous-reconnaissance de la maladie, fr\u00e9quemment amalgam\u00e9e \u00e0 la simple maladie de Parkinson idiopathique \u00e0 un stade avanc\u00e9 ou \u00e0 un accident vasculaire c\u00e9r\u00e9bral unilat\u00e9ral r\u00e9p\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<h3>13. Critiques, d\u00e9bats et limites<\/h3>\n<p>La litt\u00e9rature m\u00e9dicale est travers\u00e9e par un d\u00e9bat fondamental concernant la divergence entre le syndrome clinique et l&rsquo;entit\u00e9 neuropathologique :<\/p>\n<p>Le d\u00e9bat nosologique central porte sur le hiatus entre la DCB (l\u00e9sion tauopathique autopsique) et le CBS (le syndrome clinique). Comme d\u00e9montr\u00e9 dans les s\u00e9ries clinico-pathologiques, un tableau clinique typique de CBS peut \u00eatre provoqu\u00e9 par une maladie d&rsquo;Alzheimer (environ 20 \u00e0 30 % des cas), une paralysie supranucl\u00e9aire progressive, ou une d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence lobaire associ\u00e9e \u00e0 TDP-43. Inversement, une l\u00e9sion histologique authentique de DCB peut se manifester sous les traits d&rsquo;une d\u00e9mence frontale pure ou d&rsquo;un syndrome de Steele-Richardson. Cette faible corr\u00e9lation clinico-pathologique complique singuli\u00e8rement l&rsquo;inclusion des patients dans les essais th\u00e9rapeutiques cibl\u00e9s.<\/p>\n<p>Une autre limite critique r\u00e9side dans la sensibilit\u00e9 et la sp\u00e9cificit\u00e9 des crit\u00e8res diagnostiques d&rsquo;Armstrong. Les crit\u00e8res de \u00ab DCB probable \u00bb se r\u00e9v\u00e8lent souvent trop restrictifs aux stades pr\u00e9coces, emp\u00eachant un diagnostic en temps opportun, tandis que les crit\u00e8res de \u00ab DCB possible \u00bb manquent parfois de sp\u00e9cificit\u00e9 face aux variantes corticales d&rsquo;autres d\u00e9mences neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9ratives.<\/p>\n<p>L&rsquo;absence de traitement curatif ou m\u00eame de th\u00e9rapie suspensive efficace g\u00e9n\u00e8re un sentiment d&rsquo;impuissance th\u00e9rapeutique partag\u00e9 par les praticiens et les soignants, soulignant l&rsquo;urgence de valider des biomarqueurs sp\u00e9cifiques <em>in vivo<\/em>.<\/p>\n<h3>14. Termes connexes et distinctions<\/h3>\n<p>Pour clarifier les diff\u00e9rences diagnostiques, plusieurs notions voisines doivent \u00eatre rigoureusement d\u00e9limit\u00e9es :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>D\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence cortico-basale (DCB) vs Syndrome cortico-basal (CBS) :<\/strong> La DCB fait r\u00e9f\u00e9rence exclusive \u00e0 la maladie neuropathologique caract\u00e9ris\u00e9e par la tauopathie 4R avec plaques astrocytiques. Le CBS d\u00e9signe l&rsquo;ensemble des sympt\u00f4mes cliniques asym\u00e9triques (apraxie, dystonie, parkinsonisme), quelle qu&rsquo;en soit la cause sous-jacente.<\/li>\n<li><strong>Maladie de Parkinson (MP) :<\/strong> Contrairement \u00e0 la DCBG, la maladie de Parkinson idiopathique r\u00e9pond spectaculairement \u00e0 la l\u00e9vodopa, ne pr\u00e9sente g\u00e9n\u00e9ralement pas d&rsquo;apraxie s\u00e9v\u00e8re, d&rsquo;ast\u00e9r\u00e9ognosie ni de myoclonies r\u00e9flexes, et rel\u00e8ve d&rsquo;une synucl\u00e9inopathie \u00e0 corps de Lewy.<\/li>\n<li><strong>Paralysie supranucl\u00e9aire progressive (PSP) :<\/strong> Bien qu&rsquo;\u00e9tant aussi une tauopathie 4R, la PSP se singularise par une atteinte bilat\u00e9rale et sym\u00e9trique pr\u00e9coce, des chutes pr\u00e9coces vers l&rsquo;arri\u00e8re (r\u00e9tropulsion) et une paralysie de la verticalit\u00e9 du regard, sans apraxie id\u00e9omotrice asym\u00e9trique pr\u00e9dominante.<\/li>\n<li><strong>Atrophie corticale post\u00e9rieure (ACP \/ syndrome de Benson) :<\/strong> Variante visuo-spatiale de la maladie d&rsquo;Alzheimer, l&rsquo;ACP affecte les fonctions visuo-perceptives et le traitement de l&rsquo;espace (syndrome de Balint), mais ne comporte g\u00e9n\u00e9ralement pas l&rsquo;asym\u00e9trie motrice extrapyramidale et dystonique marqu\u00e9e de la DCBG.<\/li>\n<li><strong>Apraxie motrice vs Par\u00e9sie :<\/strong> La par\u00e9sie r\u00e9sulte d&rsquo;une d\u00e9faillance de la voie pyramidale avec perte de force motrice \u00e9l\u00e9mentaire. L&rsquo;apraxie de la DCBG traduit une incapacit\u00e9 \u00e0 planifier et ex\u00e9cuter des gestes finalis\u00e9s alors que la force musculaire intrins\u00e8que reste conserv\u00e9e.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>15. Synth\u00e8se et points cl\u00e9s<\/h3>\n<p>La d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence cortico-basale ganglionnaire s&rsquo;impose comme une entit\u00e9 clinique et biologique singuli\u00e8re au sein des maladies neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9ratives complexes :<\/p>\n<p>Sur le plan anatomique et pathologique, elle associe l&rsquo;alt\u00e9ration progressive du cortex c\u00e9r\u00e9bral (en particulier pari\u00e9tal et pr\u00e9frontal) et des noyaux gris centraux, sous-tendue par une tauopathie \u00e0 4 r\u00e9p\u00e9titions avec pr\u00e9sence d&rsquo;astrocytes en plaques et de neurones ballonn\u00e9s.<\/p>\n<p>Cliniquement, elle se d\u00e9finit par une asym\u00e9trie marqu\u00e9e, couplant un syndrome parkinsonien r\u00e9fractaire \u00e0 la l\u00e9vodopa (akin\u00e9sie, rigidit\u00e9, dystonie) \u00e0 des signes corticaux majeurs (apraxie id\u00e9omotrice, myoclonies r\u00e9flexes, d\u00e9ficit sensitif pari\u00e9tal et ph\u00e9nom\u00e8ne de la main \u00e9trang\u00e8re).<\/p>\n<p>Le diagnostic de certitude demeure neuropathologique post-mortem, le tableau clinique du syndrome cortico-basal pouvant recouvrir d&rsquo;autres \u00e9tiologies telles que la maladie d&rsquo;Alzheimer ou la PSP. La prise en charge repose essentiellement sur l&rsquo;accompagnement orthophonique, kin\u00e9sith\u00e9rapique, le traitement symptomatique des dystonies par toxine botulique et le soutien aux aidants face \u00e0 cette maladie lourdement invalidante.<\/p>\n<h2>R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<ul>\n<li>Armstrong, M. J., Litvan, I., Lang, A. E., Bak, T. H., Bhatia, K. P., Borroni, B., Boxer, A. L., Dickson, D. W., Grossman, M., Hallett, M., Josephs, K. A., Kertesz, A., Lee, S. E., Miller, B. L., Reich, S. G., Riley, D. E., Tolosa, E., Tr\u00f6ster, A. I., Vidailhet, M., &amp; Weiner, W. J. (2013). Criteria for the diagnosis of corticobasal degeneration. <em>Neurology<\/em>, 80(5), 496\u2013503. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1212\/WNL.0b013e31827f0fd1\">https:\/\/doi.org\/10.1212\/WNL.0b013e31827f0fd1<\/a><\/li>\n<li>Dickson, D. W., Bergeron, C., Chin, S. S., Duyckaerts, C., Horoupian, D., Ikeda, K., Jellinger, K., Lantos, P. L., Lippa, C. F., Mirra, S. S., Tabaton, M., Vonsattel, J. P., Wakabayashi, K., &amp; Litvan, I. (2002). Office of Rare Diseases neuropathologic criteria for corticobasal degeneration. <em>Journal of Neuropathology and Experimental Neurology<\/em>, 61(11), 935\u2013946. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1093\/jnen\/61.11.935\">https:\/\/doi.org\/10.1093\/jnen\/61.11.935<\/a><\/li>\n<li>Kouri, N., Whitwell, J. L., Josephs, K. A., Rademakers, R., &amp; Dickson, D. W. (2011). Corticobasal degeneration: clinicopathological heterogeneity and neurobiology. <em>The Lancet Neurology<\/em>, 10(12), 1083\u20131094. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1016\/S1474-4422(11)70244-1\">https:\/\/doi.org\/10.1016\/S1474-4422(11)70244-1<\/a><\/li>\n<li>Rebeiz, J. J., Kolodny, E. H., &amp; Richardson, E. P., Jr. (1968). Corticodentatonigral degeneration with neuronal achromasia. <em>Archives of Neurology<\/em>, 18(1), 20\u201333. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1001\/archneur.1968.00470310034003\">https:\/\/doi.org\/10.1001\/archneur.1968.00470310034003<\/a><\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence cortico-basale ganglionnaire (DCBG) est une tauopathie rare associant parkinsonisme asym\u00e9trique, apraxie et ph\u00e9nom\u00e8ne de la main \u00e9trang\u00e8re.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"template":"","categories":[1045,46,31093],"tags":[14095,38772,38773,38776,38774,38775],"class_list":["post-22920","psych_term","type-psych_term","status-publish","hentry","category-neurologie","category-neuropsychologie","category-troubles-cognitifs","tag-apraxie","tag-dcbg","tag-degenerescence-cortico-basale","tag-maladie-neurodegenerative","tag-syndrome-cortico-basal","tag-tauopathie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_term\/22920","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_term"}],"about":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/psych_term"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_term\/22920\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=22920"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=22920"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=22920"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}