{"id":22683,"date":"2026-10-27T19:49:02","date_gmt":"2026-10-27T19:49:02","guid":{"rendered":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/?psych_term=facteurs-can-do-pouvoir-faire-psychologie"},"modified":"2026-10-27T19:49:02","modified_gmt":"2026-10-27T19:49:02","slug":"facteurs-can-do-pouvoir-faire-psychologie","status":"publish","type":"psych_term","link":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/?psych_term=facteurs-can-do-pouvoir-faire-psychologie","title":{"rendered":"Facteurs can-do : Les leviers du pouvoir-faire"},"content":{"rendered":"<p>Dans le champ de la psychologie du travail et des organisations, l&rsquo;analyse pr\u00e9dictive de la performance humaine repose traditionnellement sur la dichotomie fondamentale entre ce qu&rsquo;un individu est capable d&rsquo;accomplir et ce qu&rsquo;il choisit effectivement de r\u00e9aliser. Les <strong>facteurs can-do<\/strong> \u2014 traduits couramment dans la litt\u00e9rature francophone par les <em>facteurs de capacit\u00e9<\/em> ou les d\u00e9terminants du <em>pouvoir-faire<\/em> \u2014 constituent l&rsquo;ensemble des pr\u00e9dispositions cognitives, des habilet\u00e9s motrices, des connaissances techniques et des comp\u00e9tences acquises qui d\u00e9limitent le potentiel maximal d&rsquo;action d&rsquo;un agent dans une t\u00e2che donn\u00e9e. Comprendre comment ces variables s&rsquo;articulent avec les dispositions conatives et les contraintes contextuelles demeure l&rsquo;un des piliers majeurs du recrutement scientifique, de l&rsquo;ing\u00e9nierie des comp\u00e9tences et du diagnostic organisationnel.<\/p>\n<h2>Facteurs de capacit\u00e9 (Can-Do Factors)<\/h2>\n<h3>1. D\u00e9finition concise<\/h3>\n<p>Les <strong>facteurs can-do<\/strong> d\u00e9signent l&rsquo;ensemble des variables psychologiques, physiologiques et techniques qui d\u00e9terminent la capacit\u00e9 objective d&rsquo;un individu \u00e0 ex\u00e9cuter avec succ\u00e8s une t\u00e2che, un travail ou une mission sp\u00e9cifique. Ce concept regroupe les aptitudes intellectuelles g\u00e9n\u00e9rales, les comp\u00e9tences techniques, les connaissances th\u00e9oriques ainsi que les capacit\u00e9s physiques n\u00e9cessaires \u00e0 l&rsquo;accomplissement d&rsquo;une activit\u00e9.<\/p>\n<p>Dans la mod\u00e9lisation standard de la performance au travail, ces facteurs repr\u00e9sentent le versant capacitaire du potentiel individuel. Contrairement aux variables motivationnelles ou attitudinales, qui d\u00e9finissent l&rsquo;intensit\u00e9 et la direction de l&rsquo;effort consenti par le sujet, les facteurs de capacit\u00e9 \u00e9tablissent le plafond th\u00e9orique des r\u00e9alisations qu&rsquo;une personne peut atteindre dans des conditions environnementales optimales. Ils r\u00e9pondent fondamentalement \u00e0 la question \u00e9valuative : \u00ab Le candidat poss\u00e8de-t-il les ressources intrins\u00e8ques requises pour r\u00e9ussir ? \u00bb<\/p>\n<p>Sur le plan psychom\u00e9trique, ces d\u00e9terminants sont caract\u00e9ris\u00e9s par une relative stabilit\u00e9 temporelle et une forte pr\u00e9dictibilit\u00e9 de la ma\u00eetrise des t\u00e2ches complexes. Ils constituent l&rsquo;axe central des protocoles de s\u00e9lection du personnel, des bilans de comp\u00e9tences et de l&rsquo;ing\u00e9nierie de formation, en fournissant une base standardis\u00e9e pour l&rsquo;analyse des \u00e9carts entre les exigences d&rsquo;un poste et le profil d&rsquo;aptitude des travailleurs.<\/p>\n<h3>2. \u00c9tymologie et origines linguistiques<\/h3>\n<p>L&rsquo;expression anglo-saxonne <em>can-do factors<\/em> est construite \u00e0 partir de l&rsquo;auxiliaire modal <em>can<\/em>, issu du vieil anglais <em>cunnan<\/em> (\u00ab savoir \u00bb, \u00ab avoir la capacit\u00e9 de \u00bb, \u00ab conna\u00eetre \u00bb), partageant des racines proto-germaniques communes avec le verbe allemand <em>k\u00f6nnen<\/em>. Le verbe d&rsquo;action <em>do<\/em> d\u00e9rive quant \u00e0 lui du vieil anglais <em>d\u014dn<\/em> (\u00ab poser \u00bb, \u00ab accomplir \u00bb, \u00ab ex\u00e9cuter \u00bb), d&rsquo;origine indo-europ\u00e9enne (*dhe-). Litt\u00e9ralement, l&rsquo;association <em>can-do<\/em> traduit donc l&rsquo;aptitude effective ou la comp\u00e9tence op\u00e9rationnelle \u00e0 agir.<\/p>\n<p>Le substantif <em>factor<\/em> provient du latin <em>factor<\/em> (\u00ab celui qui fait \u00bb, \u00ab auteur \u00bb, \u00ab cr\u00e9ateur \u00bb), lui-m\u00eame d\u00e9riv\u00e9 du verbe <em>facere<\/em> (\u00ab faire \u00bb). En entrant dans le vocabulaire scientifique de la psychom\u00e9trie et de la psychologie industrielle au milieu du XXe si\u00e8cle, le mot a pris le sens statistique et conceptuel d&rsquo;un param\u00e8tre \u00e9l\u00e9mentaire participant \u00e0 la production d&rsquo;un effet mesurable.<\/p>\n<p>Bien que l&rsquo;anglicisme \u00ab facteurs can-do \u00bb soit fr\u00e9quemment utilis\u00e9 dans les milieux acad\u00e9miques et manag\u00e9riaux internationaux, la langue fran\u00e7aise privil\u00e9gie les termes rigoureux de <strong>facteurs de capacit\u00e9<\/strong>, de <strong>facteurs d&rsquo;aptitude<\/strong> ou encore d&rsquo;<strong>attributs du pouvoir-faire<\/strong>, en miroir syst\u00e9matique avec les \u00ab facteurs du vouloir-faire \u00bb (<em>will-do factors<\/em>).<\/p>\n<h3>3. Prononciation et forme grammaticale<\/h3>\n<p>Sur le plan phon\u00e9tique, l&rsquo;expression d&rsquo;origine anglaise se prononce en phon\u00e9tique internationale : <strong>\/k\u00e6n du\u02d0 \u02c8f\u00e6k.t\u0259rz\/<\/strong> (en anglais britannique) ou <strong>\/k\u00e6n du\u02d0 \u02c8f\u00e6k.t\u025az\/<\/strong> (en anglais am\u00e9ricain). Dans l&rsquo;espace francophone, l&rsquo;expression \u00e9quivalente \u00ab facteurs de capacit\u00e9 \u00bb se prononce <strong>\/fak.t\u0153\u0281 d\u0259 ka.pa.si.te\/<\/strong>.<\/p>\n<p>D&rsquo;un point de vue grammatical, il s&rsquo;agit d&rsquo;un syntagme nominal masculin pluriel lorsqu&rsquo;il est employ\u00e9 pour d\u00e9signer l&rsquo;ensemble de ces d\u00e9terminants (\u00ab les facteurs can-do \u00bb ou \u00ab les facteurs de capacit\u00e9 \u00bb). Au singulier, l&rsquo;expression \u00ab un facteur can-do \u00bb d\u00e9signe un attribut capacitaire sp\u00e9cifique (comme le raisonnement abstrait ou la dext\u00e9rit\u00e9 manuelle). Dans les contextes de mod\u00e9lisation, le terme est souvent employ\u00e9 comme un adjectif compos\u00e9 invariable en anglais, mais n\u00e9cessite une adaptation syntaxique rigoureuse lorsqu&rsquo;il est traduit en fran\u00e7ais : on parle de dimensions capacitaires, d&rsquo;exigences d&rsquo;aptitude ou de variables de pouvoir-faire.<\/p>\n<h3>4. Explication conceptuelle d\u00e9taill\u00e9e<\/h3>\n<p>La distinction conceptuelle entre les facteurs de capacit\u00e9 et les facteurs motivationnels d\u00e9coule de la n\u00e9cessit\u00e9 th\u00e9orique de d\u00e9composer la performance humaine en variables manipulables et mesurables. Pour comprendre la nature profonde des facteurs can-do, il convient d&rsquo;analyser l&rsquo;architecture de la performance humaine. Une performance observable n&rsquo;est jamais le reflet direct d&rsquo;une comp\u00e9tence isol\u00e9e ; elle r\u00e9sulte de l&rsquo;interaction complexe entre trois piliers majeurs : les aptitudes individuelles (le pouvoir-faire), la dynamique motivationnelle (le vouloir-faire) et les opportunit\u00e9s ou contraintes situationnelles (le pouvoir d&rsquo;agir permis par l&rsquo;environnement).<\/p>\n<p>Les facteurs can-do repr\u00e9sentent le substrat instrumental sans lequel aucune t\u00e2che complexe ne peut \u00eatre men\u00e9e \u00e0 son terme, quel que soit le degr\u00e9 de motivation manifest\u00e9 par l&rsquo;individu. Ils circonscrivent les capacit\u00e9s de traitement de l&rsquo;information, la m\u00e9moire de travail, la vitesse perceptive, mais \u00e9galement les r\u00e9pertoires de savoirs d\u00e9claratifs (les connaissances th\u00e9oriques explicites) et de savoirs proc\u00e9duraux (l&rsquo;automatisation des gestes et des r\u00e8gles d&rsquo;action). Alors qu&rsquo;un d\u00e9ficit conatif peut souvent \u00eatre compens\u00e9 par des m\u00e9canismes d&rsquo;incitation, de reconnaissance ou de r\u00e9am\u00e9nagement des objectifs, un d\u00e9ficit critique sur les facteurs can-do cr\u00e9e une barri\u00e8re infranchissable \u00e0 court terme, car l&rsquo;acquisition de comp\u00e9tences requiert un temps incompressible de maturation cognitive et d&rsquo;apprentissage.<\/p>\n<p>La port\u00e9e des facteurs can-do varie selon la nature des t\u00e2ches consid\u00e9r\u00e9es. Dans les environnements hautement standardis\u00e9s ou automatis\u00e9s, le seuil d&rsquo;aptitude requis peut \u00eatre mod\u00e9r\u00e9, rendant les facteurs conatifs plus diff\u00e9rentiateurs quant au rendement global. En revanche, dans les m\u00e9tiers \u00e0 haute complexit\u00e9 cognitive, tels que la recherche scientifique, la m\u00e9decine d&rsquo;urgence, l&rsquo;ing\u00e9nierie a\u00e9rospatiale ou la gestion strat\u00e9gique, les facteurs can-do exercent un r\u00f4le pr\u00e9pond\u00e9rant : la r\u00e9ussite d\u00e9pend directement de la capacit\u00e9 du travailleur \u00e0 appr\u00e9hender des abstractions, \u00e0 synth\u00e9tiser des donn\u00e9es volumineuses et \u00e0 r\u00e9soudre des probl\u00e8mes in\u00e9dits.<\/p>\n<p>Il importe \u00e9galement de d\u00e9limiter les fronti\u00e8res de ce concept. Les facteurs can-do ne doivent pas \u00eatre confondus avec le sentiment d&rsquo;efficacit\u00e9 personnelle (l&rsquo;<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Auto-efficacit%C3%A9\">auto-efficacit\u00e9<\/a> d\u00e9crite par Albert Bandura), qui constitue une croyance subjective relative \u00e0 ce que l&rsquo;on peut accomplir, et rel\u00e8ve donc davantage des dynamiques conatives. Les facteurs can-do rel\u00e8vent de la comp\u00e9tence r\u00e9elle, d\u00e9montr\u00e9e ou mesurable, ind\u00e9pendamment de la confiance ou du doute \u00e9prouv\u00e9 par le sujet lors de l&rsquo;ex\u00e9cution de son action.<\/p>\n<h3>5. \u00c9volution historique<\/h3>\n<p>L&rsquo;exploration scientifique des composantes du pouvoir-faire remonte aux d\u00e9buts de la psychologie diff\u00e9rentielle \u00e0 la fin du XIXe si\u00e8cle. Les travaux pionniers de Sir Francis Galton sur l&rsquo;h\u00e9r\u00e9dit\u00e9 des aptitudes et les temps de r\u00e9action ont pos\u00e9 les premiers jalons empiriques de la mesure des capacit\u00e9s individuelles. N\u00e9anmoins, l&rsquo;\u00e9mergence formelle de la mesure syst\u00e9matique des aptitudes cognitives s&rsquo;est concr\u00e9tis\u00e9e en 1905 avec <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Alfred_Binet\">Alfred Binet<\/a> et Th\u00e9odore Simon, qui ont d\u00e9velopp\u00e9 la premi\u00e8re \u00e9chelle m\u00e9trique de l&rsquo;intelligence pour identifier les \u00e9l\u00e8ves n\u00e9cessitant un soutien p\u00e9dagogique adapt\u00e9.<\/p>\n<p>Lors de la Premi\u00e8re Guerre mondiale, la psychologie appliqu\u00e9e a franchi une \u00e9tape d\u00e9cisive avec l&rsquo;\u00e9laboration par Robert Yerkes et ses collaborateurs des tests <em>Army Alpha<\/em> et <em>Army Beta<\/em>. Pour la premi\u00e8re fois dans l&rsquo;histoire, des millions de recrues militaires ont \u00e9t\u00e9 \u00e9valu\u00e9es sur leurs facteurs de capacit\u00e9 cognitive afin d&rsquo;optimiser l&rsquo;affectation des soldats selon les exigences des sp\u00e9cialit\u00e9s militaires. Cette d\u00e9marche a institutionnalis\u00e9 l&rsquo;usage des tests d&rsquo;aptitude dans les processus organisationnels \u00e0 grande \u00e9chelle.<\/p>\n<p>Dans les d\u00e9cennies 1950 et 1960, le psychologue Norman Maier a formul\u00e9 une \u00e9quation devenue c\u00e9l\u00e8bre dans la litt\u00e9rature manag\u00e9riale : <span class=\"arabpsy-eq\" dir=\"ltr\"><em>Performance = Aptitude \u00d7 Motivation<\/em>. Ce mod\u00e8le multiplicatif soulignait qu&rsquo;une aptitude nulle r\u00e9duisait la performance \u00e0 n\u00e9ant, quel que soit l&rsquo;engagement, formalisant ainsi la place centrale des aptitudes fondamentales dans le succ\u00e8s professionnel<\/span>.<\/p>\n<p>\u00c0 partir des ann\u00e9es 1980 et 1990, des chercheurs majeurs de la psychologie industrielle comme John P. Campbell, Frank Schmidt et John Hunter ont r\u00e9volutionn\u00e9 la compr\u00e9hension des facteurs can-do. Le <em>Project A<\/em> de l&rsquo;arm\u00e9e am\u00e9ricaine, dirig\u00e9 par Campbell, a permis de valider des mod\u00e8les sophistiqu\u00e9s de la performance o\u00f9 les connaissances d\u00e9claratives et proc\u00e9durales sont identifi\u00e9es comme les m\u00e9diateurs directs entre les aptitudes fondamentales et la performance sur le terrain. Les m\u00e9ta-analyses de Schmidt et Hunter ont quant \u00e0 elles \u00e9tabli la supr\u00e9matie de l&rsquo;intelligence g\u00e9n\u00e9rale comme pr\u00e9dicteur le plus robuste et universel de l&rsquo;apprentissage et de la performance professionnelle.<\/p>\n<h3>6. Fondements th\u00e9oriques<\/h3>\n<p>Les facteurs can-do s&rsquo;ancrent dans plusieurs mod\u00e8les th\u00e9oriques compl\u00e9mentaires qui structurent leur compr\u00e9hension et leur articulation :<\/p>\n<p>Le premier socle th\u00e9orique repose sur le mod\u00e8le hi\u00e9rarchique de l&rsquo;intelligence de Carroll-Horn-Cattell (CHC). Ce mod\u00e8le con\u00e7oit les capacit\u00e9s cognitives comme une structure \u00e0 trois strates : au sommet se trouve le facteur g\u00e9n\u00e9ral d&rsquo;intelligence (<em>facteur g<\/em>), soutenu par des aptitudes cognitives larges (intelligence fluide, intelligence cristallis\u00e9e, m\u00e9moire \u00e0 court terme, vitesse de traitement), qui chapeautent \u00e0 leur tour des aptitudes sp\u00e9cifiques et \u00e9troites. Dans la perspective des facteurs can-do, ce cadre permet d&rsquo;expliquer pourquoi certains individus apprennent plus rapidement et r\u00e9solvent des probl\u00e9matiques professionnelles complexes avec une plus grande efficience.<\/p>\n<p>Le second cadre de r\u00e9f\u00e9rence est le mod\u00e8le multidimensionnel de la performance professionnelle d\u00e9velopp\u00e9 par John P. Campbell (1990). Campbell postule que la performance est un comportement observable et diff\u00e9rencie formellement les causes directes de la performance de ses causes indirectes. Selon cette th\u00e9orie, les seuls d\u00e9terminants directs de la performance sont :<\/p>\n<ul>\n<li>La connaissance d\u00e9clarative (savoir quoi faire : faits, principes, objectifs) ;<\/li>\n<li>La connaissance proc\u00e9durale et les comp\u00e9tences techniques (savoir comment faire : dext\u00e9rit\u00e9, automatismes, habilet\u00e9s motrices et cognitives) ;<\/li>\n<li>La motivation (choix d&rsquo;investir l&rsquo;effort, intensit\u00e9 et persistance de cet effort).<\/li>\n<\/ul>\n<p>Dans ce mod\u00e8le, les aptitudes cognitives g\u00e9n\u00e9rales, la personnalit\u00e9 et les exp\u00e9riences ant\u00e9rieures ne sont que des d\u00e9terminants indirects qui influencent la performance par l&rsquo;interm\u00e9diaire de l&rsquo;acquisition des connaissances d\u00e9claratives et proc\u00e9durales. Les facteurs can-do englobent pr\u00e9cis\u00e9ment ces connaissances directes et les aptitudes de base qui en conditionnent l&rsquo;assimilation.<\/p>\n<p>Un troisi\u00e8me cadre fondamental est la taxonomie KSAO (<em>Knowledge, Skills, Abilities, and Other characteristics<\/em>). Les dimensions \u00ab K \u00bb (Connaissances), \u00ab S \u00bb (Comp\u00e9tences\/Habilet\u00e9s pratiques) et \u00ab A \u00bb (Aptitudes cognitives et physiques sous-jacentes) repr\u00e9sentent exactement l&rsquo;op\u00e9rationnalisation moderne des facteurs can-do, tandis que le \u00ab O \u00bb (Autres caract\u00e9ristiques, telles que les traits de personnalit\u00e9 et les valeurs) renvoie au p\u00f4le conatif et relationnel.<\/p>\n<h3>7. Composantes cl\u00e9s, typologies et dimensions<\/h3>\n<p>Les facteurs can-do se d\u00e9clinent en plusieurs cat\u00e9gories majeures d&rsquo;attributs individuels, formant un ensemble hi\u00e9rarchis\u00e9 et interactif :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Aptitudes cognitives g\u00e9n\u00e9rales et sp\u00e9cifiques :<\/strong> Englobe le raisonnement abstrait, la logique d\u00e9ductive et inductive, la m\u00e9moire de travail, le raisonnement spatial et la vitesse de traitement perceptif. Ces capacit\u00e9s conditionnent la vitesse d&rsquo;apprentissage et la capacit\u00e9 \u00e0 s&rsquo;adapter \u00e0 des situations impr\u00e9vues.<\/li>\n<li><strong>Connaissances d\u00e9claratives :<\/strong> Repr\u00e9sente l&rsquo;ensemble des savoirs formalis\u00e9s, factuels et th\u00e9oriques qu&rsquo;un professionnel poss\u00e8de sur son domaine d&rsquo;expertise (par exemple, la connaissance des lois pour un juriste ou des pathologies pour un clinicien).<\/li>\n<li><strong>Comp\u00e9tences proc\u00e9durales et savoir-faire :<\/strong> Regroupe l&rsquo;application concr\u00e8te des connaissances, la ma\u00eetrise des protocoles op\u00e9ratoires, le maniement des outils technologiques et l&rsquo;agilit\u00e9 dans l&rsquo;ex\u00e9cution des proc\u00e9dures m\u00e9tier.<\/li>\n<li><strong>Capacit\u00e9s physiques et psychomotrices :<\/strong> Int\u00e8gre la force musculaire, la coordination sensorimotrice, la pr\u00e9cision gestuelle, la dext\u00e9rit\u00e9 manuelle et l&rsquo;endurance physique, particuli\u00e8rement critiques dans les m\u00e9tiers manuels, militaires ou sportifs d&rsquo;\u00e9lite.<\/li>\n<li><strong>Comp\u00e9tences m\u00e9tacognitives :<\/strong> D\u00e9signe la capacit\u00e9 du sujet \u00e0 \u00e9valuer l&rsquo;\u00e9tat de ses propres connaissances, \u00e0 planifier ses strat\u00e9gies de r\u00e9solution de probl\u00e8me et \u00e0 ajuster ses approches cognitives face \u00e0 une t\u00e2che particuli\u00e8rement ardue.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>8. Exemples concrets et \u00e9tudes de cas<\/h3>\n<p>Pour illustrer la mise en jeu concr\u00e8te des facteurs can-do, examinons plusieurs situations professionnelles contrast\u00e9es :<\/p>\n<p><strong>Cas 1 : Le recrutement d&rsquo;un contr\u00f4leur de la circulation a\u00e9rienne<\/strong><br \/>Dans ce m\u00e9tier \u00e0 tr\u00e8s haute responsabilit\u00e9 et \u00e0 charge cognitive intense, les facteurs can-do sont d\u00e9terminants. Le protocole de s\u00e9lection se focalise sur l&rsquo;aptitude spatiale tridimensionnelle, la capacit\u00e9 d&rsquo;attention partag\u00e9e, la m\u00e9moire \u00e0 court terme et la r\u00e9sistance au stress cognitif. M\u00eame un candidat hautement motiv\u00e9, dot\u00e9 d&rsquo;une d\u00e9ontologie irr\u00e9prochable et d&rsquo;une volont\u00e9 sans faille, \u00e9chouera dans cette fonction s&rsquo;il ne poss\u00e8de pas le seuil minimal de vitesse de traitement de l&rsquo;information requis pour suivre simultan\u00e9ment plusieurs trajectoires d&rsquo;a\u00e9ronefs en temps r\u00e9el.<\/p>\n<p><strong>Cas 2 : L&rsquo;int\u00e9gration d&rsquo;un d\u00e9veloppeur de logiciels s\u00e9nior<\/strong><br \/>Consid\u00e9rons un projet d&rsquo;ing\u00e9nierie logicielle visant la conception d&rsquo;une architecture distribu\u00e9e complexe. Les facteurs can-do du d\u00e9veloppeur incluent sa ma\u00eetrise de la syntaxe de langages sp\u00e9cifiques, sa compr\u00e9hension des structures de donn\u00e9es avanc\u00e9es et sa capacit\u00e9 \u00e0 concevoir des algorithmes \u00e0 faible complexit\u00e9 temporelle. Si ces comp\u00e9tences techniques (savoir-faire proc\u00e9dural) ne sont pas ma\u00eetris\u00e9es, l&rsquo;enthousiasme du collaborateur ne suffira pas \u00e0 emp\u00eacher des failles d&rsquo;architecture majeures dans le syst\u00e8me informatique.<\/p>\n<p><strong>Cas 3 : La rem\u00e9diation professionnelle face \u00e0 un sous-rendement<\/strong><br \/>Un audit de performance est men\u00e9 aupr\u00e8s d&rsquo;une repr\u00e9sentante commerciale qui ne parvient pas \u00e0 atteindre ses objectifs de vente. L&rsquo;investigation distingue soigneusement les deux p\u00f4les : la collaboratrice d\u00e9montre une motivation remarquable, multiplie les appels et fait preuve d&rsquo;une excellente ponctualit\u00e9 (facteurs will-do optimaux). L&rsquo;\u00e9valuation r\u00e9v\u00e8le toutefois qu&rsquo;elle ma\u00eetrise mal les sp\u00e9cifications techniques complexes du nouveau catalogue produit et qu&rsquo;elle n&rsquo;applique pas les m\u00e9thodes d&rsquo;argumentation structur\u00e9es (d\u00e9ficit de facteurs can-do). L&rsquo;intervention organisationnelle pertinente ne consistera pas en un plan d&rsquo;int\u00e9ressement financier, mais en un programme de formation cibl\u00e9e visant l&rsquo;acquisition des connaissances d\u00e9claratives et des comp\u00e9tences argumentatives manquantes.<\/p>\n<h3>9. Mesure et \u00e9valuation psychom\u00e9trique<\/h3>\n<p>L&rsquo;\u00e9valuation des facteurs can-do requiert des outils standardis\u00e9s poss\u00e9dant d&rsquo;excellentes qualit\u00e9s de validit\u00e9 et de fid\u00e9lit\u00e9 m\u00e9trologique :<\/p>\n<p>Les <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Quotient_intellectuel\">tests d&rsquo;aptitude cognitive<\/a> constituent l&rsquo;instrument le plus largement valid\u00e9. Des batteries psychom\u00e9triques telles que les matrices progressives de Raven, l&rsquo;\u00e9chelle de Wechsler pour adultes (WAIS) ou le test Wonderlic \u00e9valuent le facteur g\u00e9n\u00e9ral d&rsquo;intelligence et les aptitudes sp\u00e9cifiques de d\u00e9duction. Ces instruments mesurent le potentiel intellectuel brut sous-tendant l&rsquo;apprentissage.<\/p>\n<p>Les tests d&rsquo;\u00e9chantillon de travail (<em>work sample tests<\/em>) confrontent le candidat \u00e0 une t\u00e2che standardis\u00e9e miniature identique \u00e0 celle qu&rsquo;il aura \u00e0 accomplir en situation r\u00e9elle (par exemple, une \u00e9preuve d&rsquo;\u00e9criture de code sous contrainte de temps pour un programmeur, ou une simulation d&rsquo;entretien d&#8217;embauche pour un responsable RH). Ces outils affichent historiquement une des validit\u00e9s pr\u00e9dictives les plus \u00e9lev\u00e9es de la psychologie appliqu\u00e9e.<\/p>\n<p>Les questionnaires de connaissances professionnelles (<em>job knowledge tests<\/em>) \u00e9valuent la composante d\u00e9clarative des comp\u00e9tences par le biais de questions \u00e0 choix multiples ou de mises en situation \u00e9crites ciblant des r\u00e8gles de droit, des protocoles m\u00e9dicaux ou des normes techniques de s\u00e9curit\u00e9.<\/p>\n<p>Les centres d&rsquo;\u00e9valuation (<em>assessment centers<\/em>) mobilisent des exercices de corbeille de gestion (<em>in-basket exercises<\/em>) et des \u00e9tudes de cas complexes pour \u00e9valuer en direct la capacit\u00e9 du sujet \u00e0 structurer des priorit\u00e9s, analyser des donn\u00e9es chiffr\u00e9es et synth\u00e9tiser des solutions techniques viables.<\/p>\n<h3>10. Applications et pertinence pratique<\/h3>\n<p>La distinction op\u00e9ratoire fournie par les facteurs can-do irrigue l&rsquo;ensemble de la gestion des ressources humaines et de la psychologie du travail contemporaine :<\/p>\n<p>En <strong>recrutement et s\u00e9lection<\/strong>, la mesure des facteurs can-do intervient g\u00e9n\u00e9ralement lors des premi\u00e8res \u00e9tapes de filtrage des candidatures. L&rsquo;\u00e9tablissement de scores seuils (<em>cut-off scores<\/em>) sur des \u00e9preuves de comp\u00e9tences ou d&rsquo;aptitudes cognitives garantit que seuls les candidats disposant des capacit\u00e9s fondamentales indispensables acc\u00e8dent aux entretiens approfondis, optimisant ainsi les co\u00fbts et la validit\u00e9 du processus de s\u00e9lection.<\/p>\n<p>Dans le domaine de l&rsquo;<strong>ing\u00e9nierie de formation<\/strong>, l&rsquo;analyse pr\u00e9alable des facteurs de capacit\u00e9 est indispensable pour b\u00e2tir des plans de formation efficients. L&rsquo;identification pr\u00e9cise des lacunes chez les salari\u00e9s (s&rsquo;agit-il d&rsquo;un manque de connaissances conceptuelles ou d&rsquo;un d\u00e9faut de pratique gestuelle ?) oriente le choix p\u00e9dagogique entre cours magistraux, tutorat individualis\u00e9 ou apprentissage sur simulateur.<\/p>\n<p>En <strong>gestion pr\u00e9visionnelle des emplois et des comp\u00e9tences (GPEC)<\/strong>, la cartographie des facteurs can-do permet d&rsquo;anticiper l&rsquo;obsolescence des comp\u00e9tences techniques face \u00e0 la transformation num\u00e9rique et \u00e0 l&rsquo;intelligence artificielle. Les organisations peuvent ainsi estimer l&rsquo;effort cognitif et le temps d&rsquo;apprentissage n\u00e9cessaires pour requalifier leurs effectifs vers de nouveaux profils m\u00e9tiers.<\/p>\n<h3>11. Recherche et donn\u00e9es empiriques<\/h3>\n<p><span class=\"arabpsy-eq\" dir=\"ltr\">La litt\u00e9rature scientifique en psychologie organisationnelle fournit des donn\u00e9es probantes convergentes concernant le poids pr\u00e9dictif des facteurs can-do. La m\u00e9ta-analyse fondatrice de Frank Schmidt et John Hunter (1998), actualis\u00e9e par Schmidt, Oh et Shaffer (2016), a agr\u00e9g\u00e9 pr\u00e8s d&rsquo;un si\u00e8cle de recherches sur la s\u00e9lection du personnel. Leurs r\u00e9sultats montrent de mani\u00e8re indiscutable que la capacit\u00e9 cognitive g\u00e9n\u00e9rale (<em>facteur g<\/em>) est le pr\u00e9dicteur individuel le plus puissant de la performance professionnelle globale, affichant un coefficient de validit\u00e9 op\u00e9rationnelle corrig\u00e9 moyen d&rsquo;environ <strong>r = 0,65<\/strong> pour les postes de haute complexit\u00e9<\/span>.<\/p>\n<p>Ces travaux ont \u00e9galement mis en \u00e9vidence que les tests de connaissances professionnelles combin\u00e9s aux tests d&rsquo;aptitude cognitive fournissent la plus forte validit\u00e9 incr\u00e9mentielle pour pr\u00e9dire la ma\u00eetrise du travail. L&rsquo;explication causale \u00e9tablie par le <em>Project A<\/em> de Campbell et al. (1993) indique que les aptitudes cognitives agissent principalement en facilitant l&rsquo;acquisition rapide et approfondie des connaissances requises par l&#8217;emploi : les individus aux capacit\u00e9s cognitives sup\u00e9rieures apprennent plus de choses, plus vite, et sont ainsi capables d&rsquo;\u00e9laborer de meilleures r\u00e9ponses proc\u00e9durales face aux incidents critiques du travail quotidien.<\/p>\n<p>D&rsquo;autres recherches men\u00e9es dans le domaine de l&rsquo;ergonomie et de la s\u00e9curit\u00e9 industrielle d\u00e9montrent que les d\u00e9faillances sur les facteurs can-do (fatigue cognitive alt\u00e9rant l&rsquo;attention, manque de comp\u00e9tences proc\u00e9durales) expliquent une proportion significative des accidents du travail dans les industries \u00e0 haut risque (nucl\u00e9aire, p\u00e9trochimie, transport maritime).<\/p>\n<h3>12. Consid\u00e9rations culturelles et interculturelles<\/h3>\n<p>L&rsquo;\u00e9valuation des facteurs can-do pose des d\u00e9fis scientifiques majeurs lors de son d\u00e9ploiement \u00e0 travers des cultures diff\u00e9rentes. Le risque de <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Biais_culturel\">biais culturel<\/a> inh\u00e9rent aux instruments psychom\u00e9triques a \u00e9t\u00e9 abondamment document\u00e9 : des \u00e9preuves verbales ou des tests de raisonnement impr\u00e9gn\u00e9s d&rsquo;analogies issues du monde occidental peuvent d\u00e9savantager ind\u00fbment des candidats issus de minorit\u00e9s culturelles ou linguistiques, mesurant alors leur degr\u00e9 d&rsquo;acculturation plut\u00f4t que leur comp\u00e9tence r\u00e9elle.<\/p>\n<p>Pour pallier ces distorsions, la psychom\u00e9trie interculturelle a d\u00e9velopp\u00e9 des \u00e9preuves dites \u00ab aculturelles \u00bb ou \u00e0 faible saturation linguistique, comme les \u00e9preuves de matrices visuo-spatiales. Cependant, m\u00eame les tests non-verbaux restent sensibles \u00e0 la familiarit\u00e9 pr\u00e9alable des individus avec les formats de tests sur papier ou sur \u00e9cran et \u00e0 leur scolarisation formelle.<\/p>\n<p>De surcro\u00eet, la valorisation de ce qui constitue une comp\u00e9tence fondamentale varie d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 l&rsquo;autre. Dans les cultures individualistes occidentales, la rapidit\u00e9 d&rsquo;ex\u00e9cution et le raisonnement analytique autonome sont hautement valoris\u00e9s au sein des facteurs can-do. Dans plusieurs cultures collectivistes ou traditionnelles, l&rsquo;intelligence contextuelle, la capacit\u00e9 de m\u00e9diation relationnelle et le savoir tacite fond\u00e9 sur l&rsquo;observation respectueuse des a\u00een\u00e9s sont consid\u00e9r\u00e9s comme des composantes indispensables de la capacit\u00e9 d&rsquo;action efficace.<\/p>\n<h3>13. Critiques, d\u00e9bats et limites conceptuelles<\/h3>\n<p>En d\u00e9pit de sa robustesse empirique, la focalisation exclusive sur les facteurs can-do fait l&rsquo;objet de vives critiques au sein des sciences humaines et sociales :<\/p>\n<p>Une premi\u00e8re critique porte sur la <strong>n\u00e9gligence du comportement citoyen organisationnel<\/strong> (<em>Organizational Citizenship Behavior<\/em> &#8211; OCB). Si les facteurs can-do pr\u00e9disent remarquablement la performance \u00e0 la t\u00e2che (l&rsquo;accomplissement direct du cahier des charges technique), ils pr\u00e9disent mal la performance contextuelle, c&rsquo;est-\u00e0-dire l&rsquo;entraide entre coll\u00e8gues, le soutien au climat de travail et la loyaut\u00e9 organisationnelle, qui d\u00e9pendent presque exclusivement de facteurs de personnalit\u00e9 (conscienciosit\u00e9, agr\u00e9abilit\u00e9) et de motivation intrins\u00e8que.<\/p>\n<p>Un second d\u00e9bat concerne l&rsquo;<strong>impact adverse<\/strong> (<em>adverse impact<\/em>) g\u00e9n\u00e9r\u00e9 par les tests de capacit\u00e9 cognitive. Aux \u00c9tats-Unis et dans plusieurs juridictions internationales, l&rsquo;utilisation de tests de s\u00e9lection cognitive standardis\u00e9s a conduit \u00e0 des taux de s\u00e9lection diff\u00e9rentiels d\u00e9favorables pour certains groupes ethniques minoritaires, soulevant d&rsquo;\u00e9pineuses questions \u00e9thiques et l\u00e9gales relatives \u00e0 la discrimination indirecte \u00e0 l&#8217;embauche.<\/p>\n<p>Enfin, les th\u00e9oriciens de l&rsquo;\u00e9naction et de la cognition situ\u00e9e rappellent que dissocier artificiellement le pouvoir-faire du vouloir-faire et de l&rsquo;environnement physique et social constitue une simplification r\u00e9ductrice. Les comp\u00e9tences d&rsquo;un travailleur ne r\u00e9sident pas uniquement dans sa t\u00eate ou ses bras, mais \u00e9mergent de son interaction dynamique avec ses outils, ses collectifs de travail et ses marges r\u00e9elles de man\u0153uvre organisationnelles.<\/p>\n<h3>14. Termes connexes et distinctions conceptuelles<\/h3>\n<p>Afin de manipuler ce concept sans ambigu\u00eft\u00e9 s\u00e9mantique, il convient de le situer par rapport aux notions avoisinantes :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Facteurs Will-Do (Facteurs du vouloir-faire) :<\/strong> Englobent la motivation intrins\u00e8que et extrins\u00e8que, les traits de personnalit\u00e9 (comme la conscienciosit\u00e9), les valeurs personnelles et l&rsquo;engagement organisationnel. Distinction : les facteurs can-do d\u00e9crivent le potentiel maximal d&rsquo;action, tandis que les facteurs will-do d\u00e9terminent l&rsquo;effort effectif et soutenu consacr\u00e9 \u00e0 l&rsquo;actualisation de ce potentiel.<\/li>\n<li><strong>Facteurs Could-Do (Facteurs d&rsquo;opportunit\u00e9 ou de pouvoir-agir) :<\/strong> D\u00e9signent l&rsquo;ensemble des conditions mat\u00e9rielles, des ressources technologiques, du climat manag\u00e9rial et des libert\u00e9s d&rsquo;action offerts par l&rsquo;organisation. Distinction : alors que le can-do r\u00e9side dans l&rsquo;individu, l&rsquo;opportunit\u00e9 d&rsquo;agir rel\u00e8ve des contraintes et facilitations de l&rsquo;environnement de travail.<\/li>\n<li><strong><a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Comp%C3%A9tence\">Comp\u00e9tence<\/a> :<\/strong> Dans la tradition francophone de l&rsquo;ergonomie et de la sociologie du travail, la comp\u00e9tence d\u00e9signe la mobilisation int\u00e9gr\u00e9e et situ\u00e9e de savoirs, de savoir-faire et de savoir-\u00eatre face \u00e0 une situation professionnelle r\u00e9elle. Les facteurs can-do repr\u00e9sentent les briques de ressources cognitives et op\u00e9ratoires n\u00e9cessaires \u00e0 l&rsquo;\u00e9mergence de cette comp\u00e9tence.<\/li>\n<li><strong>Auto-efficacit\u00e9 (Self-Efficacy) :<\/strong> Convicition subjective d&rsquo;une personne concernant ses capacit\u00e9s d&rsquo;atteindre un niveau de performance donn\u00e9. Distinction : les facteurs can-do rel\u00e8vent de la capacit\u00e9 r\u00e9elle et d\u00e9montr\u00e9e, alors que l&rsquo;auto-efficacit\u00e9 est une croyance perceptuelle appartenant \u00e0 la sph\u00e8re conative.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>15. Synth\u00e8se et points cl\u00e9s \u00e0 retenir<\/h3>\n<p>Les facteurs can-do incarnent les piliers capacitaires indispensables \u00e0 l&rsquo;ex\u00e9cution de toute activit\u00e9 productive au sein des organisations humaines. Leur ma\u00eetrise conceptuelle permet d&rsquo;optimiser l&rsquo;ensemble du cycle de vie des collaborateurs en entreprise :<\/p>\n<p>En premier lieu, ils regroupent l&rsquo;intelligence g\u00e9n\u00e9rale, les aptitudes cognitives sp\u00e9cialis\u00e9es, les comp\u00e9tences techniques formalis\u00e9es, ainsi que les capacit\u00e9s physiques et proc\u00e9durales requises par les exigences intrins\u00e8ques d&rsquo;une mission.<\/p>\n<p>En deuxi\u00e8me lieu, ils poss\u00e8dent la plus forte validit\u00e9 pr\u00e9dictive document\u00e9e pour anticiper la rapidit\u00e9 d&rsquo;apprentissage et la qualit\u00e9 de la performance \u00e0 la t\u00e2che, en particulier dans les emplois caract\u00e9ris\u00e9s par une grande complexit\u00e9 informationnelle.<\/p>\n<p>Enfin, ils doivent imp\u00e9rativement \u00eatre analys\u00e9s de mani\u00e8re combin\u00e9e avec les facteurs motivationnels (le vouloir-faire) et les d\u00e9terminants organisationnels (l&rsquo;opportunit\u00e9 d&rsquo;agir), car aucune comp\u00e9tence ne s&rsquo;exprime pleinement sans volont\u00e9 d&rsquo;agir ni environnement favorable \u00e0 son d\u00e9ploiement.<\/p>\n<h2>R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<ul>\n<li>Campbell, J. P. (1990). Modeling the performance prediction problem in industrial and organizational psychology. In M. D. Dunnette &#038; L. M. Hough (Eds.), <em>Handbook of Industrial and Organizational Psychology<\/em> (2nd ed., Vol. 1, pp. 687\u2013732). Consulting Psychologists Press.<\/li>\n<li>Campbell, J. P., McCloy, R. A., Oppler, S. H., &#038; Sager, C. E. (1993). A theory of performance. In N. Schmitt &#038; W. C. Borman (Eds.), <em>Personnel Selection in Organizations<\/em> (pp. 35\u201370). Jossey-Bass.<\/li>\n<li>Carroll, J. B. (1993). <em>Human cognitive abilities: A survey of factor-analytic studies<\/em>. Cambridge University Press. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1017\/CBO9780511571312\">https:\/\/doi.org\/10.1017\/CBO9780511571312<\/a><\/li>\n<li>Schmidt, F. L., &#038; Hunter, J. E. (1998). The validity and utility of selection methods in personnel psychology: Practical and theoretical implications of 85 years of research findings. <em>Psychological Bulletin<\/em>, 124(2), 262\u2013274. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1037\/0033-2909.124.2.262\">https:\/\/doi.org\/10.1037\/0033-2909.124.2.262<\/a><\/li>\n<li>Schmidt, F. L., Oh, I.-S., &#038; Shaffer, J. A. (2016). The validity and utility of selection methods in personnel psychology: Practical and theoretical implications of 100 years of research findings. <em>Working Paper<\/em>, Fox School of Business, Temple University.<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les facteurs can-do d\u00e9signent l&rsquo;ensemble des aptitudes cognitives, savoir-faire techniques et capacit\u00e9s physiques qui conditionnent le potentiel d&rsquo;ex\u00e9cution et de performance d&rsquo;un individu au travail.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"template":"","categories":[313,2,11075],"tags":[27658,38293,1732,38294,874,23812],"class_list":["post-22683","psych_term","type-psych_term","status-publish","hentry","category-psychologie-du-travail","category-psychometrie","category-ressources-humaines","tag-aptitudes-cognitives","tag-facteurs-can-do","tag-performance-au-travail","tag-pouvoir-faire","tag-psychologie-organisationnelle","tag-selection-du-personnel"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_term\/22683","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_term"}],"about":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/psych_term"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_term\/22683\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=22683"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=22683"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=22683"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}