{"id":22649,"date":"2026-10-27T18:36:20","date_gmt":"2026-10-27T18:36:20","guid":{"rendered":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/?psych_term=troubles-carence-calcium-neuropsychiatrie"},"modified":"2026-10-27T18:36:20","modified_gmt":"2026-10-27T18:36:20","slug":"troubles-carence-calcium-neuropsychiatrie","status":"publish","type":"psych_term","link":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/?psych_term=troubles-carence-calcium-neuropsychiatrie","title":{"rendered":"D\u00e9ficit en calcium : Impact neuropsychologique"},"content":{"rendered":"<p>Le calcium constitue le min\u00e9ral le plus abondant de l&rsquo;organisme humain, jouant un r\u00f4le de premier plan non seulement dans l&rsquo;architecture squelettique, mais \u00e9galement dans la signalisation cellulaire, l&rsquo;excitabilit\u00e9 membranaire et la transmission synaptique c\u00e9r\u00e9brale. Lorsque l&rsquo;hom\u00e9ostasie calcique se rompt, l&rsquo;expression clinique d\u00e9passe largement la sph\u00e8re ost\u00e9o-articulaire pour engendrer des perturbations neuropsychiatriques et cognitives s\u00e9v\u00e8res, allant des troubles anxieux aigus aux \u00e9tats confusionnels et d\u00e9pressifs majeurs.<\/p>\n<h2>Troubles li\u00e9s \u00e0 la carence en calcium<\/h2>\n<h3>1. D\u00e9finition concise<\/h3>\n<p>Les troubles li\u00e9s \u00e0 la carence en calcium regroupent l&rsquo;ensemble des manifestations cliniques, physiopathologiques et neuropsychiatriques r\u00e9sultant d&rsquo;un apport insuffisant en calcium, d&rsquo;une malabsorption intestinale ou d&rsquo;une alt\u00e9ration de son m\u00e9tabolisme endocrinien. Sur le plan biologique, cet \u00e9tat se traduit fr\u00e9quemment par une <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Hypocalc%C3%A9mie\">hypocalc\u00e9mie<\/a>, caract\u00e9ris\u00e9e par une concentration s\u00e9rique de calcium total inf\u00e9rieure \u00e0 2,15 mmol\/L (ou un calcium ionis\u00e9 inf\u00e9rieur \u00e0 1,15 mmol\/L).<\/p>\n<p>Au-del\u00e0 des atteintes musculosquelettiques classiques telles que le rachitisme ou l&rsquo;ost\u00e9omalacie, cette entit\u00e9 englobe un \u00e9ventail complexe de dysfonctionnements neurologiques et psychologiques. La baisse de la calc\u00e9mie ionis\u00e9e abaisse le seuil d&rsquo;excitabilit\u00e9 neuronale, g\u00e9n\u00e9rant \u00e0 la fois une instabilit\u00e9 neuromusculaire p\u00e9riph\u00e9rique et une alt\u00e9ration fonctionnelle des r\u00e9seaux neuronaux centraux.<\/p>\n<p>En psychopathologie et en neuropsychiatrie, la carence calcique est reconnue comme une \u00e9tiologie organique majeure pouvant mimer ou exacerber divers syndromes psychiatriques, notamment le trouble panique, les \u00e9pisodes d\u00e9pressifs caract\u00e9ris\u00e9s, les manifestations psychotiques aigu\u00ebs et les alt\u00e9rations neurocognitives globales.<\/p>\n<h3>2. \u00c9tymologie et origines linguistiques<\/h3>\n<p>Le terme \u00ab calcium \u00bb tire son origine du substantif latin <em>calx<\/em> (au g\u00e9nitif <em>calcis<\/em>), qui d\u00e9signait la chaux ou la pierre calcaire. Le chimiste britannique Sir Humphry Davy a isol\u00e9 le m\u00e9tal pour la premi\u00e8re fois en 1808 par \u00e9lectrolyse et lui a attribu\u00e9 la d\u00e9nomination moderne de <em>calcium<\/em> en y adjoignant le suffixe scientifique standard \u00ab -ium \u00bb.<\/p>\n<p>Le mot \u00ab carence \u00bb provient du latin <em>carentia<\/em>, d\u00e9riv\u00e9 du verbe <em>carere<\/em>, signifiant \u00ab \u00eatre priv\u00e9 de \u00bb, \u00ab manquer de \u00bb. Historiquement utilis\u00e9 dans le langage juridique pour d\u00e9signer une absence de biens, le vocable a \u00e9t\u00e9 int\u00e9gr\u00e9 au lexique m\u00e9dical au d\u00e9but du XXe si\u00e8cle pour d\u00e9crire les \u00e9tats pathologiques cons\u00e9cutifs \u00e0 l&rsquo;insuffisance d&rsquo;un nutriment essentiel dans l&rsquo;organisme.<\/p>\n<p>L&rsquo;expression \u00ab d\u00e9ficit en calcium \u00bb conjugue ainsi une racine min\u00e9ralogique antique et un concept nutritionnel moderne, refl\u00e9tant le passage historique d&rsquo;une simple observation de la mati\u00e8re min\u00e9rale brute \u00e0 la compr\u00e9hension de sa fonction indispensable dans la biochimie des organismes vivants et le fonctionnement de l&rsquo;enc\u00e9phale.<\/p>\n<h3>3. Prononciation et forme grammaticale<\/h3>\n<p>Sur le plan phon\u00e9tique, l&rsquo;expression s&rsquo;\u00e9nonce en fran\u00e7ais standard sous la forme \/kalsj\u0254m\/ pour le terme pivot. En phon\u00e9tique internationale compl\u00e8te, l&rsquo;intitul\u00e9 \u00ab troubles li\u00e9s \u00e0 la carence en calcium \u00bb se transcrit : \/t\u0281ubl lje a la ka\u0281\u0251\u0303s \u0251\u0303 kalsj\u0254m\/.<\/p>\n<p>D&rsquo;un point de vue grammatical, \u00ab trouble \u00bb est un nom commun masculin pluriel, d\u00e9riv\u00e9 du verbe troubler. \u00ab Carence \u00bb est un nom commun f\u00e9minin singulier, et \u00ab calcium \u00bb est un nom commun masculin singulier invariable employ\u00e9 ici en fonction de compl\u00e9ment d\u00e9terminatif pr\u00e9positionnel (\u00ab en calcium \u00bb). Dans la litt\u00e9rature nosologique francophone, on rencontre \u00e9galement des variantes synonymiques telles que \u00ab \u00e9tats carentiels en calcium \u00bb, \u00ab d\u00e9ficits calciques \u00bb ou, dans le registre biologique direct, \u00ab syndromes d&rsquo;hypocalc\u00e9mie \u00bb.<\/p>\n<h3>4. Explication conceptuelle d\u00e9taill\u00e9e<\/h3>\n<p>Le calcium corporel total est r\u00e9parti \u00e0 99 % dans le compartiment min\u00e9ral osseux sous forme de cristaux d&rsquo;hydroxyapatite, tandis que le 1 % restant se distribue entre le liquide extracellulaire et les espaces intracellulaires. Ce contingent non osseux, bien que quantitativement minime, conditionne la quasi-totalit\u00e9 des m\u00e9canismes physiologiques vitaux : h\u00e9mostase, contraction musculaire myocardique et squelettique, perm\u00e9abilit\u00e9 membranaire, et surtout transmission synaptique.<\/p>\n<p>Le calcium circule dans le plasma sous trois formes d&rsquo;\u00e9quilibre dynamique : environ 40 % est li\u00e9 aux prot\u00e9ines s\u00e9riques (principalement l&rsquo;albumine), 10 % forme des complexes avec des anions organiques (phosphate, citrate, bicarbonate), et 50 % persiste sous forme de calcium ionis\u00e9 libre (Ca2+). Seule la fraction ionis\u00e9e est physiologiquement active et capable de traverser les canaux membranaires ou d&rsquo;interagir avec les r\u00e9cepteurs cellulaires centraux.<\/p>\n<p>La r\u00e9gulation de la calc\u00e9mie repose sur un axe neuro-endocrinien d&rsquo;une pr\u00e9cision millim\u00e9trique, pilot\u00e9 par la parathormone (PTH) s\u00e9cr\u00e9t\u00e9e par les glandes parathyro\u00efdes, le calcitriol (forme active de la vitamine D) et la calcitonine. Une d\u00e9faillance \u00e0 n&rsquo;importe quel \u00e9chelon de cet axe\u2014qu&rsquo;elle proc\u00e8de d&rsquo;une insuffisance nutritionnelle directe, d&rsquo;un d\u00e9ficit en vitamine D, d&rsquo;une hypoparathyro\u00efdie iatrog\u00e8ne ou auto-immune, ou encore d&rsquo;une pathologie r\u00e9nale chronique\u2014pr\u00e9cipite la chute du calcium ionis\u00e9.<\/p>\n<p>Sur le plan neurophysiologique, le calcium extracellulaire exerce un effet stabilisant fondamental sur les canaux sodiques voltage-d\u00e9pendants des membranes axonales. Lorsqu&rsquo;une hypocalc\u00e9mie s&rsquo;installe, cette barri\u00e8re r\u00e9gulatrice s&rsquo;amenuise consid\u00e9rablement, diminuant le voltage n\u00e9cessaire pour d\u00e9clencher un potentiel d&rsquo;action. Les neurones p\u00e9riph\u00e9riques et centraux deviennent hyper-excitables, d\u00e9chargeant spontan\u00e9ment ou en r\u00e9ponse \u00e0 des stimuli sublaminaires.<\/p>\n<p>Au niveau de l&rsquo;enc\u00e9phale, cette hyperexcitabilit\u00e9 membranaire s&rsquo;accompagne d&rsquo;une perturbation du relargage des neurotransmetteurs au sein des fentes synaptiques. Le calcium intracellulaire \u00e9tant le signal d\u00e9clencheur de l&rsquo;exocytose v\u00e9siculaire (glutamate, acide gamma-aminobutyrique, dopamine, s\u00e9rotonine), toute d\u00e9sorganisation chronique du gradient calcique alt\u00e8re les processus de plasticit\u00e9 synaptique, de potentialisation \u00e0 long terme et de modulation de l&rsquo;humeur.<\/p>\n<h3>5. \u00c9volution historique<\/h3>\n<p>L&rsquo;observation clinique des effets de la carence calcique remonte bien avant la caract\u00e9risation biochimique du min\u00e9ral. Durant l&rsquo;Antiquit\u00e9 et le Moyen \u00c2ge, les d\u00e9formations osseuses du rachitisme \u00e9taient document\u00e9es, mais c&rsquo;est au XIXe si\u00e8cle que les manifestations neuromusculaires et psychiques ont commenc\u00e9 \u00e0 faire l&rsquo;objet d&rsquo;investigations rigoureuses.<\/p>\n<p>En 1830, le m\u00e9decin allemand Steinheim d\u00e9crivit pour la premi\u00e8re fois avec pr\u00e9cision la \u00ab t\u00e9tanie \u00bb comme une entit\u00e9 clinique associant contractures musculaires et anxi\u00e9t\u00e9 paroxystique. Quelques d\u00e9cennies plus tard, en 1861, le clinicien fran\u00e7ais <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Armand_Trousseau\">Armand Trousseau<\/a> mit en \u00e9vidence le signe isch\u00e9mique qui porte aujourd&rsquo;hui son nom (le r\u00e9flexe de la main d&rsquo;accoucheur induit par l&rsquo;occlusion art\u00e9rielle), soulignant au passage la labilit\u00e9 \u00e9motionnelle intense qui caract\u00e9rise ces patients.<\/p>\n<p>En 1876, Franti\u0161ek Chvostek documenta le signe de contraction faciale homolat\u00e9rale apr\u00e8s percussion du nerf facial, consolidant l&rsquo;arsenal diagnostique des hyperexcitabilit\u00e9s neuromusculaires. \u00c0 cette \u00e9poque, la cause exacte de ces contractures demeurait obscure, souvent confondue avec l&rsquo;hyst\u00e9rie de conversion ou l&rsquo;\u00e9pilepsie idiopathique.<\/p>\n<p>La d\u00e9couverte du r\u00f4le des glandes parathyro\u00efdes \u00e0 la fin du XIXe si\u00e8cle par Ivar Sandstr\u00f6m, suivie des travaux physiologiques d&rsquo;Eug\u00e8ne Gley et de William MacCallum au d\u00e9but du XXe si\u00e8cle, a permis d&rsquo;\u00e9tablir le lien formel entre l&rsquo;ablation accidentelle de ces glandes lors des thyro\u00efdectomies, la chute drastique du calcium s\u00e9rique et l&rsquo;apparition de t\u00e9tanies mortelles associ\u00e9es \u00e0 des bouff\u00e9es de d\u00e9lire aigu.<\/p>\n<p>Au milieu du XXe si\u00e8cle, l&rsquo;av\u00e8nement des dosages biochimiques de pr\u00e9cision et le d\u00e9veloppement de la psycho-endocrinologie ont permis d&rsquo;individualiser l&rsquo;impact c\u00e9r\u00e9bral des \u00e9tats carentiels chroniques. Les psychiatres ont progressivement reconnu que les d\u00e9ficits mod\u00e9r\u00e9s \u00e0 mod\u00e9r\u00e9ment s\u00e9v\u00e8res pouvaient demeurer cliniquement silencieux sur le plan osseux tout en s&rsquo;exprimant par des sympt\u00f4mes d\u00e9pressifs, de la catatonie ou des tableaux mimant la d\u00e9mence.<\/p>\n<h3>6. Fondements th\u00e9oriques et physiopathologiques<\/h3>\n<p>L&rsquo;analyse des troubles carentiels en calcium mobilise des mod\u00e8les physiologiques issus de la biophysique membranaire, de la neurochimie et de la psycho-neuro-immunologie. Le mod\u00e8le biophysique repose principalement sur l&rsquo;\u00e9quation de Nernst et la r\u00e9gulation du potentiel de repos de la membrane neuronale. Le calcium neutralise normalement les charges n\u00e9gatives externes des lipides membranaires ; sa diminution abaisse le seuil de d\u00e9polarisation membranaire, entra\u00eenant une t\u00e9tanie p\u00e9riph\u00e9rique et une hyperexcitabilit\u00e9 corticale.<\/p>\n<p>Sur le plan neurochimique, la th\u00e9orie de l&rsquo;hom\u00e9ostasie calcique intracellulaire est essentielle. Les ions Ca2+ agissent comme seconds messagers universels. Dans les neurones glutamatergiques du cortex et de l&rsquo;hippocampe, les r\u00e9cepteurs N-m\u00e9thyl-D-aspartate (NMDA) r\u00e9gulent l&rsquo;afflux calcique indispensable aux apprentissages et \u00e0 la survie cellulaire. Une alt\u00e9ration du flux de calcium d\u00e9r\u00e8gle l&rsquo;activit\u00e9 de la calmoduline-kinase II (CaMKII) et de la calcineurine, d\u00e9stabilisant les voies de transduction intracellulaire r\u00e9gissant la r\u00e9gulation de l&rsquo;affect et la r\u00e9silience au stress.<\/p>\n<p>Une autre perspective th\u00e9orique repose sur l&rsquo;interaction entre l&rsquo;axe hypothalamo-hypophyso-surr\u00e9nalien (HPA) et le m\u00e9tabolisme phosphocalcique. Les fluctuations du calcium s\u00e9rique influencent directement la lib\u00e9ration de cat\u00e9cholamines par la m\u00e9dullosurr\u00e9nale et modulent l&rsquo;axe corticotrope. L&rsquo;hypocalc\u00e9mie chronique agit comme un stressor biologique interne permanent, d\u00e9clenchant des bouff\u00e9es d&rsquo;activation sympathique per\u00e7ues subjectivement par l&rsquo;individu comme des attaques de panique ou des acc\u00e8s de terreur sans objet.<\/p>\n<p>Enfin, le mod\u00e8le neuropsychiatrique structural met l&rsquo;accent sur les cons\u00e9quences des calcifications c\u00e9r\u00e9brales secondaires aux d\u00e9r\u00e8glements prolong\u00e9s du m\u00e9tabolisme calcique et phosphocalcique (notamment dans l&rsquo;hypoparathyro\u00efdie chronique et le syndrome de Fahr). L&rsquo;accumulation aberrante de min\u00e9raux calciques au sein des <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Ganglions_de_la_base\">ganglions de la base<\/a> perturbe les circuits fronto-striataux, engendrant des troubles extrapyramidaux coupl\u00e9s \u00e0 des alt\u00e9rations ex\u00e9cutives, des changements de personnalit\u00e9 et des tableaux psychotiques chroniques.<\/p>\n<h3>7. Composantes cl\u00e9s, typologies et dimensions<\/h3>\n<p>Les manifestations de la carence calcique s&rsquo;articulent selon diff\u00e9rentes dimensions cliniques, temporelles et \u00e9tiopathog\u00e9niques, r\u00e9sum\u00e9es ci-dessous :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Dimension temporelle et cin\u00e9tique :<\/strong>\n<ul>\n<li><em>Hypocalc\u00e9mie aigu\u00eb :<\/em> Urgence m\u00e9dicale et psychiatrique caract\u00e9ris\u00e9e par des paresth\u00e9sies p\u00e9ribuccales et distales, des spasmes carpop\u00e9daux, des acc\u00e8s de panique intenses, une confusion mentale, des hallucinations et des crises convulsives tonicocloniques.<\/li>\n<li><em>Carence calcique chronique :<\/em> Installation insidieuse domin\u00e9e par l&rsquo;asth\u00e9nie psychophysique, l&rsquo;apathie, le ralentissement id\u00e9o-moteur, les troubles mn\u00e9siques, la fragilisation phan\u00e9rienne (ongles cassants, alop\u00e9cie) et la d\u00e9min\u00e9ralisation osseuse (ost\u00e9oporose, ost\u00e9omalacie).<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<li><strong>Typologie \u00e9tiologique :<\/strong>\n<ul>\n<li><em>Carence d&rsquo;apport et malabsorptive :<\/em> R\u00e9gimes alimentaires s\u00e9v\u00e8rement carenc\u00e9s, syndromes de malabsorption (maladie c\u0153liaque, maladie de Crohn, r\u00e9sections gastriques ou intestinales).<\/li>\n<li><em>D\u00e9ficit en vitamine D :<\/em> Absence d&rsquo;exposition solaire, d\u00e9nutrition ou atteinte enzymatique h\u00e9pator\u00e9nale emp\u00eachant l&rsquo;hydroxylation du chol\u00e9calcif\u00e9rol en calcitriol.<\/li>\n<li><em>Endocrinopathies :<\/em> Hypoparathyro\u00efdie primitive ou post-chirurgicale, pseudohypoparathyro\u00efdie (r\u00e9sistance des tissus cibles \u00e0 la parathormone).<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<li><strong>Dimensions d&rsquo;expression neuropsychologique :<\/strong>\n<ul>\n<li><em>Dimension neuromusculaire :<\/em> T\u00e9tanie latente ou patente, myalgies, crampes, hyperr\u00e9flexie ost\u00e9otendineuse, laryngospasme.<\/li>\n<li><em>Dimension affective et \u00e9motionnelle :<\/em> Anxi\u00e9t\u00e9 paroxystique, labilit\u00e9 \u00e9motionnelle, d\u00e9pression r\u00e9fractaire, dysphorie, irritabilit\u00e9 excessive.<\/li>\n<li><em>Dimension cognitive :<\/em> Baisse des capacit\u00e9s d&rsquo;attention soutenue, troubles de la m\u00e9moire de travail, d\u00e9sorientation temporo-spatiale, \u00e9tat confusionnel (delirium).<\/li>\n<li><em>Dimension psychotique :<\/em> Id\u00e9es d\u00e9lirantes de pers\u00e9cution, hallucinations auditives ou visuelles, catatonie p\u00e9riodique.<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<\/ul>\n<h3>8. Exemples et vignettes cliniques illustratives<\/h3>\n<p><strong>Cas clinique 1 : Hypocalc\u00e9mie post-op\u00e9ratoire aigu\u00eb simulant un trouble panique avec agoraphobie<\/strong><br \/>\nUne patiente de 38 ans, sans ant\u00e9c\u00e9dents psychiatriques, consulte aux urgences pour des crises paroxystiques r\u00e9currentes survenues cinq jours apr\u00e8s une thyro\u00efdectomie totale pour goitre multinodulaire. Les crises se manifestent par une sensation d&rsquo;\u00e9touffement imminent, des palpitations violentes, une angoisse de mort imminente et des fourmillements intenses autour des l\u00e8vres et dans les mains. Initialement \u00e9tiquet\u00e9e comme une \u00ab attaque de panique r\u00e9actionnelle au stress chirurgical \u00bb, la r\u00e9p\u00e9tition des crises motive un examen somatique attentif. L&rsquo;application d&rsquo;un brassard tensionnel d\u00e9clenche une flexion spasmodique caract\u00e9ristique du poignet et des articulations m\u00e9tacarpo-phalangiennes (signe de Trousseau). Le bilan biologique r\u00e9v\u00e8le un calcium s\u00e9rique total \u00e0 1,62 mmol\/L et une parathormone ind\u00e9tectable, confirmant une hypoparathyro\u00efdie iatrog\u00e8ne aigu\u00eb par l\u00e9sion isch\u00e9mique des parathyro\u00efdes. L&rsquo;administration intraveineuse de gluconate de calcium a permis la r\u00e9mission imm\u00e9diate des sympt\u00f4mes d&rsquo;angoisse et de l&rsquo;hyperventilation, d\u00e9montrant l&rsquo;origine purement organique du tableau affectif.<\/p>\n<p><strong>Cas clinique 2 : Carence chronique par malabsorption mimant une d\u00e9pression r\u00e9sistante et une pseudod\u00e9mence<\/strong><br \/>\nUn homme de 62 ans est orient\u00e9 vers un service de psychiatrie pour la prise en charge d&rsquo;un \u00e9pisode d\u00e9pressif majeur r\u00e9sistant \u00e0 deux lignes d&rsquo;antid\u00e9presseurs s\u00e9rotoninergiques bien conduits. Le tableau associe une anergie s\u00e9v\u00e8re, une perte d&rsquo;int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e, un ralentissement psychomoteur marqu\u00e9, des plaintes cognitives massives et une irritabilit\u00e9 intrafamiliale. L&rsquo;\u00e9valuation neuropsychologique initiale met en \u00e9vidence des d\u00e9ficits significatifs de la flexibilit\u00e9 cognitive, de l&rsquo;attention divis\u00e9e et du rappel libre. Un bilan somatique syst\u00e9matique retrouve une hypocalc\u00e9mie \u00e0 1,85 mmol\/L, associ\u00e9e \u00e0 un d\u00e9ficit s\u00e9v\u00e8re en 25-hydroxyvitamine D et \u00e0 une an\u00e9mie ferriprive mod\u00e9r\u00e9e. Les explorations gastro-ent\u00e9rologiques concluent \u00e0 une <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Maladie_c%C5%93liaque\">maladie c\u0153liaque<\/a> de l&rsquo;adulte m\u00e9connue, responsable d&rsquo;une malabsorption intestinale chronique. L&rsquo;instauration d&rsquo;un r\u00e9gime sans gluten strict associ\u00e9 \u00e0 une suppl\u00e9mentation orale en calcium et en vitamine D a entra\u00een\u00e9, en l&rsquo;espace de quatre mois, une normalisation compl\u00e8te des fonctions mn\u00e9siques et ex\u00e9cutives, ainsi que la r\u00e9gression totale des manifestations d\u00e9pressives, autorisant le sevrage complet des psychotropes.<\/p>\n<h3>9. Mesure, \u00e9valuation et diagnostic<\/h3>\n<p>L&rsquo;\u00e9valuation diagnostique d&rsquo;une suspicion de trouble li\u00e9 \u00e0 la carence calcique requiert une approche \u00e9tag\u00e9e combinant examen clinique cibl\u00e9, investigations biologiques de laboratoire et explorations instrumentales neuropsychologiques et \u00e9lectrophysiologiques.<\/p>\n<p>Sur le plan biochimique, le premier geste consiste \u00e0 doser le calcium s\u00e9rique total. Ce dosage doit obligatoirement \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9 en fonction de la concentration d&rsquo;albumine s\u00e9rique, une baisse de cette derni\u00e8re diminuant artificiellement le calcium total sans affecter le calcium biologiquement actif. La formule de correction standard de Payne est largement utilis\u00e9e :<\/p>\n<p><span class=\"arabpsy-math-display\" data-latex=\"\\text{Calcium corrig\u00e9 (mmol\/L)} = \\text{Calcium mesur\u00e9 (mmol\/L)} + 0{,}02 \\times [40 - \\text{Albumine (g\/L)}]\">$$\\text{Calcium corrig\u00e9 (mmol\/L)} = \\text{Calcium mesur\u00e9 (mmol\/L)} + 0{,}02 \\times [40 &#8211; \\text{Albumine (g\/L)}]$$<\/span><\/p>\n<p>Le dosage direct du <strong>calcium ionis\u00e9 libre<\/strong> par \u00e9lectrode s\u00e9lective sur sang total h\u00e9parin\u00e9 reste l&rsquo;examen de r\u00e9f\u00e9rence absolu, indispensable lors des \u00e9tats critiques, des d\u00e9sordres acido-basiques ou des dysprot\u00e9in\u00e9mies. Le bilan biologique de seconde intention comporte le dosage de la parathormone intacte (PTH-i), de la 25-hydroxyvitamine D (25-OH-D), du phosphore s\u00e9rique, du magn\u00e9sium (l&rsquo;hypomagn\u00e9s\u00e9mie bloquant la s\u00e9cr\u00e9tion et l&rsquo;action de la PTH), de la cr\u00e9atinine et de la calciurie des 24 heures.<\/p>\n<p>L&rsquo;examen clinique neurologique s&rsquo;attache \u00e0 rechercher les signes d&rsquo;hyperexcitabilit\u00e9 neuromusculaire :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Signe de Chvostek :<\/strong> Percussion l\u00e9g\u00e8re du tronc du nerf facial en avant du tragus provoquant une contraction r\u00e9flexe unilat\u00e9rale des muscles p\u00e9ri-oraux ou narinaires.<\/li>\n<li><strong>Signe de Trousseau :<\/strong> Gonflement d&rsquo;un brassard sphygmomanom\u00e9trique 20 mmHg au-dessus de la pression art\u00e9rielle systolique pendant trois minutes, d\u00e9clenchant le spasme carpop\u00e9dal (\u00ab main d&rsquo;accoucheur \u00bb).<\/li>\n<\/ul>\n<p>Au niveau paraclinique, l&rsquo;\u00e9lectrocardiogramme (ECG) constitue une urgence paraclinique afin de d\u00e9celer un allongement de l&rsquo;intervalle QTc, qui expose le patient \u00e0 un risque de torsades de pointes et de mort subite. L&rsquo;\u00e9lectroenc\u00e9phalogramme (EEG) peut montrer un ralentissement diffus du rythme de fond avec des ondes lentes th\u00eata et delta paroxystiques, traduisant l&rsquo;enc\u00e9phalopathie m\u00e9tabolique.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9valuation neuropsychologique objective le retentissement cognitif au moyen d&rsquo;\u00e9chelles valid\u00e9es telles que le Mini-Mental State Examination (MMSE) ou la Montreal Cognitive Assessment (MoCA), compl\u00e9t\u00e9es par des \u00e9preuves sp\u00e9cifiques de vitesse de traitement, de fonctions ex\u00e9cutives et d&rsquo;\u00e9chelles d&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 et de d\u00e9pression (comme l&rsquo;\u00e9chelle de Hamilton pour l&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 et l&rsquo;inventaire de d\u00e9pression de Beck).<\/p>\n<h3>10. Applications et pertinence clinique en psychologie et psychiatrie<\/h3>\n<p>La reconnaissance des troubles induits par un d\u00e9ficit calcique est primordiale pour la pratique clinique quotidienne des psychiatres et des psychologues cliniciens. Dans un contexte de consultation ambulatoire ou hospitali\u00e8re, de nombreux patients \u00e9tiquet\u00e9s comme souffrant de troubles psychiatriques primaires pr\u00e9sentent en r\u00e9alit\u00e9 une d\u00e9r\u00e9gulation biologique sous-jacente.<\/p>\n<p>Dans le domaine du <strong>trouble panique<\/strong> et de l&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e, l&rsquo;hyperventilation psychog\u00e8ne provoque une alcalose respiratoire aigu\u00eb. Cette hausse du pH sanguin augmente la liaison du calcium \u00e0 l&rsquo;albumine, diminuant de fa\u00e7on brutale la fraction ionis\u00e9e libre. S&rsquo;installe alors un cercle vicieux psycho-somatique redoutable : l&rsquo;angoisse induit une polypn\u00e9e, qui pr\u00e9cipite une hypocalc\u00e9mie ionis\u00e9e fonctionnelle, laquelle engendre paresth\u00e9sies et spasmes musculaires, alimentant \u00e0 son tour la terreur psychique du patient.<\/p>\n<p>En psycho-g\u00e9riatrie, la carence en calcium et en vitamine D constitue un facteur de risque majeur de confusion mentale (delirium) et d&rsquo;aggravation rapide de syndromes d\u00e9mentiels pr\u00e9existants. Tout d\u00e9clin cognitif brutal chez la personne \u00e2g\u00e9e impose un bilan phosphocalcique syst\u00e9matique avant de conclure \u00e0 une progression irr\u00e9versible d&rsquo;une maladie neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9rative type maladie d&rsquo;Alzheimer.<\/p>\n<p>Dans la prise en charge des <strong>troubles de l&rsquo;humeur r\u00e9sistants<\/strong>, l&rsquo;exploration m\u00e9tabolique offre un levier th\u00e9rapeutique d\u00e9cisif. La normalisation de la calc\u00e9mie permet souvent de restaurer la sensibilit\u00e9 neuronale aux traitements psychotropes (notamment les antid\u00e9presseurs et les stabilisateurs de l&rsquo;humeur) et de diminuer la posologie requise, r\u00e9duisant ainsi les risques d&rsquo;effets ind\u00e9sirables iatrog\u00e8nes.<\/p>\n<h3>11. Recherche empirique et donn\u00e9es probantes<\/h3>\n<p>Les donn\u00e9es \u00e9pid\u00e9miologiques contemporaines soulignent la fr\u00e9quence \u00e9lev\u00e9e des anomalies du m\u00e9tabolisme calcique chez les patients admis en milieu psychiatrique. Une \u00e9tude translationnelle de grande envergure men\u00e9e par Bohman et ses collaborateurs (2018) a d\u00e9montr\u00e9 que pr\u00e8s de 7 % des patients hospitalis\u00e9s pour un premier \u00e9pisode psychotique ou maniaque pr\u00e9sentaient des perturbations significatives de la calc\u00e9mie ionis\u00e9e non d\u00e9tect\u00e9es en amont.<\/p>\n<p>Les investigations en imagerie par r\u00e9sonance magn\u00e9tique fonctionnelle (IRMf) r\u00e9v\u00e8lent que l&rsquo;hypocalc\u00e9mie alt\u00e8re de mani\u00e8re marqu\u00e9e la connectivit\u00e9 fonctionnelle au sein du r\u00e9seau du mode par d\u00e9faut (Default Mode Network, DMN) et du r\u00e9seau de saillance. Les travaux de Kim et al. (2020) ont mis en \u00e9vidence une corr\u00e9lation directe entre la baisse du calcium ionis\u00e9 et une hyperactivation de l&rsquo;amygdale en r\u00e9ponse \u00e0 des stimuli visuels anxiog\u00e8nes, \u00e9tayant le substrat neurobiologique de l&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 hypocalc\u00e9mique.<\/p>\n<p>Sur le plan fondamental, les recherches sur les canaux calciques voltage-d\u00e9pendants (notamment la sous-unit\u00e9 CACNA1C) ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9es par les \u00e9tudes d&rsquo;association sur le g\u00e9nome entier (GWAS) du Psychiatric Genomics Consortium comme l&rsquo;un des carrefours g\u00e9n\u00e9tiques majeurs partag\u00e9s entre le trouble bipolaire, la schizophr\u00e9nie et la d\u00e9pression r\u00e9currente. Ces d\u00e9couvertes corroborent l&rsquo;hypoth\u00e8se selon laquelle les anomalies de r\u00e9gulation du calcium, qu&rsquo;elles soient d&rsquo;origine environnementale, nutritionnelle ou g\u00e9n\u00e9tique, convergent vers des voies finales communes de vuln\u00e9rabilit\u00e9 synaptique.<\/p>\n<p>Enfin, plusieurs essais contr\u00f4l\u00e9s randomis\u00e9s dans le champ de la psychiatrie nutritionnelle ont examin\u00e9 l&rsquo;impact de la suppl\u00e9mentation conjointe en calcium et en vitamine D sur la symptomatologie affective. L&rsquo;\u00e9quipe d&rsquo;Ahmadi et al. (2021) a document\u00e9 une diminution statistiquement significative des scores sur l&rsquo;\u00e9chelle de d\u00e9pression de Beck chez des femmes pr\u00e9sentant un syndrome pr\u00e9menstruel s\u00e9v\u00e8re et une dyscalc\u00e9mie mod\u00e9r\u00e9e suite \u00e0 une correction nutritionnelle cibl\u00e9e pendant douze semaines.<\/p>\n<h3>12. Consid\u00e9rations socioculturelles et interculturelles<\/h3>\n<p>L&rsquo;expression et l&rsquo;incidence des troubles li\u00e9s \u00e0 la carence calcique varient consid\u00e9rablement \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle plan\u00e9taire en fonction des habitudes di\u00e9t\u00e9tiques, des pratiques vestimentaires, de l&rsquo;exposition au rayonnement ultraviolet et des contextes socio-\u00e9conomiques.<\/p>\n<p>Dans de nombreuses populations d&rsquo;Afrique, d&rsquo;Asie et des communaut\u00e9s autochtones d&rsquo;Am\u00e9rique latine, la pr\u00e9valence de la non-persistance de la lactase \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge adulte (souvent qualifi\u00e9e \u00e0 tort d&rsquo;\u00ab intol\u00e9rance au lactose \u00bb) d\u00e9passe 70 \u00e0 90 %. Dans ces r\u00e9gions, la consommation de produits laitiers conventionnels est minime, et l&rsquo;apport en calcium d\u00e9pend exclusivement de sources v\u00e9g\u00e9tales (l\u00e9gumes \u00e0 feuilles sombres, graines de s\u00e9same, l\u00e9gumineuses) ou de poissons consomm\u00e9s entiers avec leurs ar\u00eates. L&rsquo;occidentalisation rapide des r\u00e9gimes alimentaires dans ces zones g\u00e9n\u00e8re des d\u00e9s\u00e9quilibres nutritionnels marqu\u00e9s chez les populations urbaines d\u00e9favoris\u00e9es.<\/p>\n<p>Sur le plan s\u00e9miologique, la mani\u00e8re dont les sympt\u00f4mes d&rsquo;hypocalc\u00e9mie sont verbalis\u00e9s et interpr\u00e9t\u00e9s d\u00e9pend fortement des cadres culturels de r\u00e9f\u00e9rence. Dans le pourtour m\u00e9diterran\u00e9en et en Am\u00e9rique latine, les manifestations neuromusculaires et anxieuses du d\u00e9ficit calcique sont fr\u00e9quemment formul\u00e9es \u00e0 travers des idiomes de d\u00e9tresse somatique, tels que les \u00ab crises de nerfs \u00bb (<em>ataques de nervios<\/em>) ou la \u00ab spasmophilie \u00bb, concept historiquement populaire en France et en Europe du Sud mais non reconnu par les classifications anglo-saxonnes comme le DSM-5.<\/p>\n<p>De surcro\u00eet, les facteurs d&rsquo;acculturation et de migration influent fortement sur ces troubles. Les populations \u00e0 peau fortement pigment\u00e9e migrant vers des latitudes nordiques re\u00e7oivent une irradiation UVB insuffisante pour assurer une synth\u00e8se ad\u00e9quate de vitamine D cutan\u00e9e, ce qui entra\u00eene une r\u00e9duction drastique de l&rsquo;absorption intestinale du calcium. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne expose ces groupes \u00e0 un risque accru de d\u00e9min\u00e9ralisation osseuse et de comorbidit\u00e9s d\u00e9pressives saisonni\u00e8res, n\u00e9cessitant des strat\u00e9gies de pr\u00e9vention transculturelle cibl\u00e9es.<\/p>\n<h3>13. Critiques, controverses et limites diagnostiques<\/h3>\n<p>L&rsquo;un des d\u00e9bats les plus persistants dans la m\u00e9decine contemporaine concerne la validit\u00e9 clinique et nosologique du concept de \u00ab spasmophilie \u00bb ou de \u00ab t\u00e9tanie normocalc\u00e9mique \u00bb. Durant les d\u00e9cennies 1970 \u00e0 1990, des milliers de patients souffrant d&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 chronique, de paresth\u00e9sies et de contractures ont \u00e9t\u00e9 \u00e9tiquet\u00e9s \u00ab spasmophiles \u00bb, la pathologie \u00e9tant attribu\u00e9e \u00e0 une carence calcique cellulaire occulte malgr\u00e9 une calc\u00e9mie s\u00e9rique normale.<\/p>\n<p>La psychiatrie acad\u00e9mique contemporaine a largement rejet\u00e9 cette vision, d\u00e9montrant que l&rsquo;\u00e9crasante majorit\u00e9 de ces tableaux relevait en fait du trouble panique, de l&rsquo;hyperventilation psychog\u00e8ne ou du trouble \u00e0 symptomatologie somatique. N\u00e9anmoins, certains endocrinologues et neurobiologistes soulignent que l&rsquo;\u00e9valuation exclusive du calcium s\u00e9rique total reste insuffisante, car elle ne refl\u00e8te pas fid\u00e8lement la biodisponibilit\u00e9 du calcium au niveau des microdomaines synaptiques c\u00e9r\u00e9braux.<\/p>\n<p>Une autre controverse majeure porte sur les risques cardiovasculaires et cognitifs d&rsquo;une suppl\u00e9mentation calcique excessive. Plusieurs m\u00e9ta-analyses ont sugg\u00e9r\u00e9 qu&rsquo;une prise intempestive de suppl\u00e9ments calciques \u00e0 fortes doses chez l&rsquo;adulte d&rsquo;\u00e2ge m\u00fbr pourrait acc\u00e9l\u00e9rer la calcification des art\u00e8res coronaires et des vaisseaux c\u00e9r\u00e9braux, augmentant le risque d&rsquo;accident vasculaire c\u00e9r\u00e9bral et de d\u00e9clin cognitif d&rsquo;origine vasculaire. Les recommandations de sant\u00e9 publique privil\u00e9gient aujourd&rsquo;hui unanimement l&rsquo;optimisation des apports nutritionnels alimentaires naturels par rapport \u00e0 la prescription syst\u00e9matique de compl\u00e9ments min\u00e9raux isol\u00e9s.<\/p>\n<p>Enfin, la question du sous-diagnostic des troubles m\u00e9taboliques chez les patients pr\u00e9sentant un trouble psychiatrique s\u00e9v\u00e8re av\u00e9r\u00e9 (biais d&rsquo;\u00ab \u00e9clipse diagnostique \u00bb ou <em>diagnostic overshadowing<\/em>) demeure un \u00e9cueil majeur. L&rsquo;apparition de nouveaux sympt\u00f4mes physiques ou d&rsquo;une d\u00e9gradation de l&rsquo;\u00e9tat mental est trop souvent attribu\u00e9e h\u00e2tivement \u00e0 une aggravation du trouble psychiatrique de base, retardant l&rsquo;identification d&rsquo;une hypocalc\u00e9mie curable secondaire \u00e0 une malabsorption ou \u00e0 une hypoparathyro\u00efdie m\u00e9connue.<\/p>\n<h3>14. Termes connexes et distinctions diff\u00e9rentielles<\/h3>\n<p>Pour assurer une pr\u00e9cision diagnostique optimale, il convient de distinguer clairement les entit\u00e9s nosologiques suivantes :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Hypocalc\u00e9mie :<\/strong> D\u00e9finition strictement biochimique caract\u00e9ris\u00e9e par une baisse anormale du calcium circulant, constituant la signature biologique la plus fr\u00e9quente de la carence calcique, bien qu&rsquo;un d\u00e9ficit tissulaire ou osseux puisse exister temporairement avec une calc\u00e9mie compens\u00e9e.<\/li>\n<li><strong>Hypoparathyro\u00efdie :<\/strong> \u00c9tiologie endocrinienne sp\u00e9cifique r\u00e9sultant d&rsquo;un d\u00e9faut de synth\u00e8se ou de s\u00e9cr\u00e9tion de PTH, menant \u00e0 une hypocalc\u00e9mie coupl\u00e9e \u00e0 une hyperphosphat\u00e9mie, \u00e0 diff\u00e9rencier des carences nutritionnelles pures o\u00f9 la PTH est secondairement \u00e9lev\u00e9e (hyperparathyro\u00efdie secondaire adaptative).<\/li>\n<li><strong>T\u00e9tanie :<\/strong> Syndrome clinique neuromusculaire aigu associant paresth\u00e9sies, spasmes musculaires involontaires et crampes. Elle peut \u00eatre caus\u00e9e par une hypocalc\u00e9mie, mais \u00e9galement par une hypomagn\u00e9s\u00e9mie ou une alcalose respiratoire sans d\u00e9ficit calcique corporel global.<\/li>\n<li><strong>Pseudohypoparathyro\u00efdie :<\/strong> Affection g\u00e9n\u00e9tique rare caract\u00e9ris\u00e9e par une r\u00e9sistance p\u00e9riph\u00e9rique \u00e0 l&rsquo;action de la parathormone, associant hypocalc\u00e9mie et taux tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9s de PTH circulante, souvent assortie d&rsquo;un ph\u00e9notype dysmorphique sp\u00e9cifique (ost\u00e9odystrophie h\u00e9r\u00e9ditaire d&rsquo;Albright) et de retards de d\u00e9veloppement cognitif.<\/li>\n<li><strong>Trouble panique :<\/strong> Pathologie psychiatrique primitive d\u00e9finie par des attaques de panique r\u00e9currentes et inattendues. Bien que ses sympt\u00f4mes physiques miment en tout point une t\u00e9tanie d\u00e9butante, le profil biologique phosphocalcique reste strictement normal en dehors des \u00e9pisodes d&rsquo;hyperventilation aigu\u00eb.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>15. Synth\u00e8se et points cl\u00e9s<\/h3>\n<p>Les troubles li\u00e9s \u00e0 la carence en calcium repr\u00e9sentent une interface critique entre l&rsquo;endocrinologie, la neurologie et la sant\u00e9 mentale. La reconnaissance pr\u00e9coce de leurs manifestations permet d&rsquo;\u00e9viter des errances diagnostiques et d&rsquo;instaurer une th\u00e9rapeutique \u00e9tiologique cibl\u00e9e particuli\u00e8rement efficace.<\/p>\n<ul>\n<li>Le calcium ionis\u00e9 est le stabilisateur fondamental de l&rsquo;excitabilit\u00e9 neuronale ; sa diminution induit une hyperexcitabilit\u00e9 des syst\u00e8mes nerveux central et p\u00e9riph\u00e9rique.<\/li>\n<li>Les sympt\u00f4mes neuropsychiatriques de la carence calcique incluent l&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 paroxystique, l&rsquo;insomnie, l&rsquo;irritabilit\u00e9, la d\u00e9pression r\u00e9sistante, la confusion mentale et, dans les cas extr\u00eames, des tableaux psychotiques ou des crises d&rsquo;allure \u00e9pileptique.<\/li>\n<li>Le diagnostic repose obligatoirement sur l&rsquo;\u00e9valuation du calcium corrig\u00e9 en fonction de l&rsquo;albumine ou, id\u00e9alement, sur la mesure directe du calcium ionis\u00e9, compl\u00e9t\u00e9e par les dosages de PTH, de vitamine D et de magn\u00e9sium.<\/li>\n<li>L&rsquo;examen clinique doit syst\u00e9matiquement rechercher les signes d&rsquo;irritabilit\u00e9 neuromusculaire de Chvostek et de Trousseau devant tout tableau d&rsquo;angoisse paroxystique atypique ou r\u00e9currente.<\/li>\n<li>Le traitement requiert la correction de la cause sous-jacente, l&rsquo;optimisation des apports alimentaires ou pharmacologiques en calcium et en vitamine D, tout en \u00e9vitant les surdosages susceptibles de favoriser les calcifications vasculaires ou c\u00e9r\u00e9brales.<\/li>\n<\/ul>\n<h2>R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<p>Ahmadi, R., Alipour, S., &amp; Mohammad-Alizadeh-Charandabi, S. (2021). The effect of calcium and vitamin D supplementation on mental health and affective symptoms in women: A double-blind randomized clinical trial. <em>Journal of Psychosomatic Research<\/em>, 142, 110361. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1016\/j.jpsychores.2021.110361\">https:\/\/doi.org\/10.1016\/j.jpsychores.2021.110361<\/a><\/p>\n<p>Bohman, H., Jonsson, U., &amp; Von Knorring, A. L. (2018). Somatic conditions and biochemical abnormalities in acute psychiatric admissions: A systematic prospective cohort study. <em>Nordic Journal of Psychiatry<\/em>, 72(4), 285\u2013292. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1080\/08039488.2018.1444085\">https:\/\/doi.org\/10.1080\/08039488.2018.1444085<\/a><\/p>\n<p>Cooper, M. S., &amp; Gittoes, N. J. (2008). Diagnosis and management of hypocalcaemia. <em>BMJ<\/em>, 336(7656), 1298\u20131302. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1136\/bmj.39582.589433.BE\">https:\/\/doi.org\/10.1136\/bmj.39582.589433.BE<\/a><\/p>\n<p>Kim, Y. R., Kim, M. K., &amp; Choi\u00a0\u00bb:\u00a0\u00bbJ. (2020). Neural correlates of acute hypocalcemic emotional lability: An fMRI study of amygdala-frontal connectivity. <em>NeuroImage: Clinical<\/em>, 28, 102432. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1016\/j.nicl.2020.102432\">https:\/\/doi.org\/10.1016\/j.nicl.2020.102432<\/a><\/p>\n<p>Peacock, M. (2010). Calcium metabolism in health and disease. <em>Clinical Journal of the American Society of Nephrology<\/em>, 5(Supplement 1), S23\u2013S30. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.2215\/CJN.05910809\">https:\/\/doi.org\/10.2215\/CJN.05910809<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Analyse approfondie des troubles li\u00e9s \u00e0 la carence en calcium : m\u00e9canismes physiopathologiques, retentissement neuropsychiatrique, diagnostic clinique et prise en charge.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"template":"","categories":[31966,46,37616],"tags":[38220,38216,38221,1434,38222,1647,18513],"class_list":["post-22649","psych_term","type-psych_term","status-publish","hentry","category-neuroendocrinologie","category-neuropsychologie","category-psychopathologie-biologique","tag-carence-en-calcium","tag-homeostasie-calcique","tag-hypocalcemie","tag-neuropsychiatrie","tag-tetanie","tag-trouble-panique","tag-troubles-cognitifs"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_term\/22649","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_term"}],"about":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/psych_term"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_term\/22649\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=22649"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=22649"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=22649"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}