{"id":22216,"date":"2026-10-27T01:43:09","date_gmt":"2026-10-27T01:43:09","guid":{"rendered":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/?psych_term=olfactometre-blast-evaluation-odorat"},"modified":"2026-10-27T01:43:09","modified_gmt":"2026-10-27T01:43:09","slug":"olfactometre-blast-evaluation-odorat","status":"publish","type":"psych_term","link":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/?psych_term=olfactometre-blast-evaluation-odorat","title":{"rendered":"Olfactom\u00e8tre blast : L&rsquo;\u00e9valuation de l&rsquo;odorat"},"content":{"rendered":"<p>L&rsquo;\u00e9tude quantitative des sens chimiques a longtemps constitu\u00e9 l&rsquo;un des d\u00e9fis les plus redoutables de la psychophysique exp\u00e9rimentale et de la neuropsychologie clinique. Parmi les innovations instrumentales destin\u00e9es \u00e0 standardiser la d\u00e9livrance des stimuli olfactifs et \u00e0 neutraliser les fluctuations physiologiques de la respiration, l&rsquo;<strong>olfactom\u00e8tre blast<\/strong> \u2014 ou olfactom\u00e8tre \u00e0 pulsion d&rsquo;air \u2014 occupe une place historique et m\u00e9thodologique fondamentale. Con\u00e7u initialement pour injecter une bouff\u00e9e d&rsquo;air odorant calibr\u00e9e directement dans la cavit\u00e9 nasale pendant une apn\u00e9e volontaire, ce dispositif a jet\u00e9 les bases d&rsquo;une \u00e9valuation rigoureuse du seuil olfactif et de l&rsquo;\u00e9puisement sensoriel.<\/p>\n<h2>Olfactom\u00e8tre blast<\/h2>\n<h3>1. D\u00e9finition concise<\/h3>\n<p>L&rsquo;<strong>olfactom\u00e8tre blast<\/strong> d\u00e9signe un instrument de mesure sensorielle et de diagnostic psychophysique con\u00e7u pour administrer une impulsion soudaine, br\u00e8ve et volum\u00e9triquement calibr\u00e9e d&rsquo;air satur\u00e9 en mol\u00e9cules odorantes directement dans les narines d&rsquo;un sujet maintenant une apn\u00e9e volontaire. Cette m\u00e9thode d&rsquo;insufflation active \u00e9limine la variabilit\u00e9 inh\u00e9rente au reniflement naturel et au d\u00e9bit inspiratoire spontan\u00e9. Elle permet d&rsquo;\u00e9tablir des seuils de d\u00e9tection olfactive absolue et de mesurer la dynamique de l&rsquo;adaptation sensorielle.<\/p>\n<p>Au c\u0153ur de sa d\u00e9marche, cet appareil repose sur le principe de la lib\u00e9ration brusque d&rsquo;une surpression emprisonn\u00e9e dans une fiole herm\u00e9tique contenant une substance volatile. En contr\u00f4lant avec pr\u00e9cision le volume de liquide odorant, le volume du ciel gazeux et la quantit\u00e9 d&rsquo;air additionnelle inject\u00e9e dans le r\u00e9cipient \u00e0 l&rsquo;aide d&rsquo;une seringue ou d&rsquo;un piston m\u00e9canique, l&rsquo;exp\u00e9rimentateur d\u00e9clenche une d\u00e9tente pneumatique qui projette la phase vapeur vers la fente olfactive de la muqueuse nasale.<\/p>\n<p>Dans la taxonomie de la <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Psychophysique\">psychophysique<\/a> sensorielle, l&rsquo;olfactom\u00e8tre blast constitue une transition cruciale entre les tubes olfactom\u00e9triques passifs de Hendrik Zwaardemaker et les syst\u00e8mes modernes de dilution gazeuse continue et automatis\u00e9e. Il fournit un cadre op\u00e9ratoire quantitatif o\u00f9 la concentration et la quantit\u00e9 totale de mol\u00e9cules odorantes d\u00e9livr\u00e9es par impulsion peuvent \u00eatre estim\u00e9es avec une pr\u00e9cision m\u00e9trologique sup\u00e9rieure \u00e0 celle des pr\u00e9sentations manuelles au flacon.<\/p>\n<h3>2. \u00c9tymologie et origines linguistiques<\/h3>\n<p>Le syntagme \u00ab olfactom\u00e8tre blast \u00bb provient d&rsquo;une composition hybride associant des racines classiques gr\u00e9co-latines et un emprunt technique \u00e0 la langue anglaise. Le terme fran\u00e7ais \u00ab olfactom\u00e8tre \u00bb est forg\u00e9 \u00e0 partir du verbe latin <em>olfacere<\/em>, compos\u00e9 de <em>olere<\/em> (\u00ab avoir une odeur \u00bb, \u00ab sentir \u00bb) et de <em>facere<\/em> (\u00ab faire \u00bb), auquel s&rsquo;adjoint le suffixe grec <em>-metron<\/em> (\u03bc\u1f73\u03c4\u03c1\u03bf\u03bd), qui renvoie \u00e0 la mesure ou \u00e0 l&rsquo;instrumentation m\u00e9trologique. Cette construction d\u00e9signe ainsi litt\u00e9ralement un dispositif vou\u00e9 \u00e0 la quantification instrumentale de la perception odorante.<\/p>\n<p>Le qualificatif anglais <em>blast<\/em>, employ\u00e9 substantivement ou comme \u00e9pith\u00e8te fonctionnelle, trouve ses origines dans le vieil anglais <em>bl\u00e6st<\/em> (\u00ab souffle \u00bb, \u00ab bourrasque \u00bb, \u00ab explosion \u00bb), lui-m\u00eame issu de la racine proto-germanique <em>*blaz-du-z<\/em> et de la base indo-europ\u00e9enne <em>*bhle-<\/em> signifiant \u00ab souffler \u00bb ou \u00ab gonfler \u00bb. Dans le lexique biom\u00e9dical et psychoacoustique anglo-saxon, le mot d\u00e9signe une lib\u00e9ration abrupte et pressuris\u00e9e d&rsquo;un fluide ou d&rsquo;une onde d&rsquo;\u00e9nergie.<\/p>\n<p>Le concept a \u00e9t\u00e9 formalis\u00e9 dans la litt\u00e9rature scientifique internationale sous l&rsquo;appellation <em>blast-injection olfactometer<\/em> par le neurochirurgien Carl A. Elsberg et ses collaborateurs \u00e0 l&rsquo;Institut neurologique de New York au cours des ann\u00e9es 1930. Dans la litt\u00e9rature francophone biom\u00e9dicale, le terme est fr\u00e9quemment traduit par \u00ab olfactom\u00e8tre \u00e0 pulsion \u00bb, \u00ab olfactom\u00e8tre \u00e0 souffle contr\u00f4l\u00e9 \u00bb ou \u00ab appareil de blast-injection \u00bb, bien que l&rsquo;anglicisme technique d&rsquo;origine persiste couramment dans les monographies historiques de rhinologie et de psychologie sensorielle.<\/p>\n<h3>3. Prononciation et forme grammaticale<\/h3>\n<p>Sur le plan phon\u00e9tique, le terme se prononce en fran\u00e7ais standard \/\u0254l.fak.t\u0254.m\u025bt\u0281 blast\/. Le premier \u00e9l\u00e9ment respecte la prosodie phonologique fran\u00e7aise avec des voyelles ouvertes et ferm\u00e9es articul\u00e9es distinctement, tandis que le second terme pr\u00e9serve g\u00e9n\u00e9ralement une prononciation calqu\u00e9e sur l&rsquo;anglais britannique ou nord-am\u00e9ricain \/bl\u00e6st\/ ou \/blast\/, avec une articulation audible du groupe consonantique final.<\/p>\n<p>Du point de vue grammatical, \u00ab olfactom\u00e8tre \u00bb est un substantif masculin singulier. Lorsqu&rsquo;il est combin\u00e9 au modificateur \u00ab blast \u00bb, l&rsquo;ensemble fonctionne comme un syntagme nominal compos\u00e9, o\u00f9 \u00ab blast \u00bb demeure invariable lorsqu&rsquo;il est utilis\u00e9 en apposition. Au pluriel, la graphie admise en fran\u00e7ais acad\u00e9mique est \u00ab des olfactom\u00e8tres blast \u00bb ou \u00ab des olfactom\u00e8tres \u00e0 blast \u00bb.<\/p>\n<p>Dans l&rsquo;usage syntaxique sp\u00e9cialis\u00e9, le mot s&rsquo;ins\u00e8re au sein de propositions d\u00e9crivant des protocoles exp\u00e9rimentaux d&rsquo;\u00e9valuation des r\u00e9cepteurs olfactifs, o\u00f9 il r\u00e9git souvent des compl\u00e9ments de d\u00e9termination tels que \u00ab l&rsquo;olfactom\u00e8tre blast d&rsquo;Elsberg \u00bb, \u00ab la technique du blast olfactif \u00bb ou \u00ab l&rsquo;administration par blast olfactom\u00e9trique \u00bb.<\/p>\n<h3>4. Explication conceptuelle d\u00e9taill\u00e9e<\/h3>\n<p>Pour appr\u00e9hender le fonctionnement conceptuel de l&rsquo;olfactom\u00e8tre blast, il convient d&rsquo;analyser les limites inh\u00e9rentes \u00e0 la m\u00e9canique ventilatoire humaine lors des examens ch\u00e9mosensoriels traditionnels. Dans une stimulation olfactive passive ordinaire, l&rsquo;inspiration ou le reniflement introduit une grande dispersion dans la vitesse, le volume, la turbulence et la direction du flux a\u00e9rien \u00e0 travers les fosses nasales. Ces variations modifient consid\u00e9rablement la fraction d&rsquo;air qui atteint r\u00e9ellement l&rsquo;\u00e9pith\u00e9lium olfactif situ\u00e9 au sommet des cavit\u00e9s nasales, sous la lame cribl\u00e9e de l&rsquo;ethmo\u00efde. L&rsquo;olfactom\u00e8tre blast r\u00e9sout cette incertitude en d\u00e9couplant la stimulation sensorielle de l&rsquo;effort inspiratoire du patient.<\/p>\n<p>Le protocole standard exige que le sujet exp\u00e9rimental bloque sa respiration en position interm\u00e9diaire (apn\u00e9e inspiratoire ou expiratoire non forc\u00e9e) et ferme son voile du palais afin d&rsquo;isoler le rhinopharynx. \u00c0 cet instant pr\u00e9cis, l&rsquo;exp\u00e9rimentateur d\u00e9clenche une micro-insufflation dont la dynamique est pr\u00e9calibr\u00e9e. Le volume de la surpression inject\u00e9e force une colonne d&rsquo;air satur\u00e9 \u00e0 remonter vers la fente olfactive de mani\u00e8re homog\u00e8ne et standardis\u00e9e, court-circuitant ainsi les asym\u00e9tries fonctionnelles induites par le cycle nasal physiologique ou les habitudes de reniflement propres \u00e0 chaque individu.<\/p>\n<p>Sur le plan psychophysique, la grandeur physique manipul\u00e9e n&rsquo;est pas uniquement la dilution mol\u00e9culaire d&rsquo;un compos\u00e9 dans une phase solvant, mais le volume d&rsquo;air satur\u00e9 d\u00e9livr\u00e9 sous une pression donn\u00e9e. Dans l&rsquo;approche originelle d&rsquo;Elsberg, une fiole herm\u00e9tique de volume fixe contient une quantit\u00e9 constante de phase liquide odorante au repos, surmont\u00e9e d&rsquo;un volume de vapeur d&rsquo;\u00e9quilibre. En comprimant ce volume d&rsquo;air par l&rsquo;adjonction de quelques centim\u00e8tres cubes d&rsquo;air st\u00e9rile suppl\u00e9mentaire, on cr\u00e9e un gradient de pression hydrodynamique. Lorsque la valve d&rsquo;arr\u00eat ou la pince de Mohr est brusquement rel\u00e2ch\u00e9e, une impulsion cin\u00e9tique propulse ce volume \u00e9talonn\u00e9 \u00e0 travers des canules nasales ins\u00e9r\u00e9es de fa\u00e7on atraumatique.<\/p>\n<p>Cette approche a \u00e9galement permis d&rsquo;explorer la distinction fondamentale entre le seuil de d\u00e9tection pure (la plus petite impulsion volum\u00e9trique produisant la sensation consciente d&rsquo;une odeur quelconque) et le seuil d&rsquo;identification (le volume minimal requis pour reconna\u00eetre avec certitude la signature s\u00e9mantique de l&rsquo;odeur, par exemple le caf\u00e9, l&rsquo;anis ou le camphre). De surcro\u00eet, elle a offert une m\u00e9thodologie quantitative pour \u00e9tudier la fatigue olfactive, quantifi\u00e9e par le temps n\u00e9cessaire au r\u00e9tablissement du seuil initial apr\u00e8s une stimulation prolong\u00e9e ou r\u00e9p\u00e9t\u00e9e.<\/p>\n<h3>5. \u00c9volution historique<\/h3>\n<p>L&rsquo;histoire de l&rsquo;olfactom\u00e9trie est marqu\u00e9e par une qu\u00eate permanente d&rsquo;objectivit\u00e9 m\u00e9trologique face \u00e0 un sens r\u00e9put\u00e9 fugace et subjectif. Vers la fin du XIXe si\u00e8cle, le physiologiste n\u00e9erlandais Hendrik Zwaardemaker introduit son c\u00e9l\u00e8bre olfactom\u00e8tre \u00e0 cylindres coulissants, qui standardise pour la premi\u00e8re fois la surface de mat\u00e9riau odorant expos\u00e9e au flux d&rsquo;air inspir\u00e9. Cependant, l&rsquo;appareil de Zwaardemaker laissait enti\u00e8re la question du contr\u00f4le du flux respiratoire, puisque la dose mol\u00e9culaire finale d\u00e9pendait encore de l&rsquo;effort inspiratoire fourni par le patient.<\/p>\n<p>Au d\u00e9but des ann\u00e9es 1930, le docteur Carl A. Elsberg, \u00e9minent neurochirurgien au <em>Neurological Institute of New York<\/em> de l&rsquo;Universit\u00e9 Columbia, collabore avec Irwin Levy et Earl D. Brewer pour concevoir un protocole rigoureux d&rsquo;exploration s\u00e9miologique du syst\u00e8me nerveux central. En 1935, Elsberg et Levy publient une s\u00e9rie d&rsquo;articles s\u00e9minaux dans le <em>Bulletin of the Neurological Institute of New York<\/em>, exposant la technique du \u00ab blast-injection \u00bb. Leur ambition n&rsquo;\u00e9tait pas seulement de concevoir un test ORL de routine, mais de d\u00e9velopper un outil de diagnostic neurologique de pointe, capable de localiser les tumeurs intracr\u00e2niennes de la fosse ant\u00e9rieure, les m\u00e9ningiomes olfactifs et les alt\u00e9rations du lobe frontal ou temporal en comparant minutieusement les seuils des narines droite et gauche.<\/p>\n<p>Durant les ann\u00e9es 1940 et 1950, l&rsquo;olfactom\u00e8tre blast d&rsquo;Elsberg est devenu la m\u00e9thode de r\u00e9f\u00e9rence enseign\u00e9e dans les manuels de neurologie et de psychophysique anglo-saxons et europ\u00e9ens. Diverses variantes techniques ont vu le jour, int\u00e9grant des syst\u00e8mes de manom\u00e8tres \u00e0 mercure pour mesurer avec exactitude la pression d&rsquo;insufflation, ainsi que des dispositifs \u00e0 double voie pour des stimulations unilat\u00e9rales ou bilat\u00e9rales simultan\u00e9es. Des chercheurs comme Wenzel (1948) et Cheeseman (1959) ont soumis cette technologie \u00e0 des examens m\u00e9thodologiques rigoureux, identifiant progressivement les interf\u00e9rences m\u00e9caniques et a\u00e9ro-acoustiques du souffle d&rsquo;air.<\/p>\n<p>\u00c0 partir des ann\u00e9es 1970 et 1980, l&rsquo;\u00e9mergence des olfactom\u00e8tres \u00e0 flux continu et dilution gazeuse multicanaux (notamment d\u00e9velopp\u00e9s par Gerd Kobal et Karl-Heinz Plattig) ainsi que la cr\u00e9ation de tests psychom\u00e9triques standardis\u00e9s sur support micro-encapsul\u00e9 (tels que l&rsquo;<em>University of Pennsylvania Smell Identification Test<\/em> ou UPSIT con\u00e7u par Richard Doty) ont rel\u00e9gu\u00e9 l&rsquo;olfactom\u00e8tre blast m\u00e9canique au rang d&rsquo;instrument historique. Malgr\u00e9 ce d\u00e9clin clinique, les principes de la d\u00e9livrance puls\u00e9e et synchronis\u00e9e du stimulus olfactif d\u00e9riv\u00e9s du blast continuent d&rsquo;inspirer les dispositifs modernes coupl\u00e9s \u00e0 l&rsquo;imagerie par r\u00e9sonance magn\u00e9tique fonctionnelle (IRMf) et aux potentiels \u00e9voqu\u00e9s chimiosensoriels.<\/p>\n<h3>6. Fondements th\u00e9oriques<\/h3>\n<p>L&rsquo;assise th\u00e9orique de l&rsquo;olfactom\u00e9trie blast s&rsquo;enracine au confluent de la thermodynamique des gaz, de la dynamique des fluides et de la th\u00e9orie sensorielle de la transduction. La formulation de base repose sur l&rsquo;hypoth\u00e8se de la saturation de la phase vapeur selon la loi de Raoult et la loi des gaz parfaits : \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur d&rsquo;un r\u00e9cipient clos maintenu \u00e0 temp\u00e9rature et pression constantes, l&rsquo;espace gazeux situ\u00e9 au-dessus d&rsquo;une solution odorante se sature de mol\u00e9cules volatiles jusqu&rsquo;\u00e0 atteindre un \u00e9quilibre thermodynamique stable.<\/p>\n<p>En introduisant un volume d&rsquo;air suppl\u00e9mentaire <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"\\Delta V\">$\\Delta V$<\/span> dans ce syst\u00e8me clos de volume <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"V\">$V$<\/span>, on g\u00e9n\u00e8re une surpression relative <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"\\Delta P\">$\\Delta P$<\/span>. La lib\u00e9ration soudaine de cette \u00e9nergie potentielle ob\u00e9it aux lois de l&rsquo;\u00e9coulement laminaire et turbulent \u00e0 travers les tubulures. L&rsquo;\u00e9nergie cin\u00e9tique imprim\u00e9e au flux gazeux permet de surmonter la r\u00e9sistance des valves nasales et de propulser les mol\u00e9cules vers le r\u00e9cessus olfactif sans sollicitation des muscles respiratoires stri\u00e9s de la cage thoracique.<\/p>\n<p>Sur le plan neurophysiologique, la m\u00e9thode postule une relation univoque entre le nombre de mol\u00e9cules d\u00e9livr\u00e9es par unit\u00e9 de temps et le taux d&rsquo;activation des r\u00e9cepteurs coupl\u00e9s aux prot\u00e9ines G (RCPG) situ\u00e9s sur les cils des neurones r\u00e9cepteurs olfactifs. Selon la th\u00e9orie de l&rsquo;occupation des r\u00e9cepteurs, l&rsquo;amplitude du potentiel de g\u00e9n\u00e9rateur et la fr\u00e9quence des potentiels d&rsquo;action conduits le long des filets du nerf olfactif vers le bulbe olfactif sont corr\u00e9l\u00e9es \u00e0 la densit\u00e9 de la bouff\u00e9e mol\u00e9culaire d\u00e9livr\u00e9e par le souffle de l&rsquo;olfactom\u00e8tre.<\/p>\n<p>Enfin, le mod\u00e8le d&rsquo;Elsberg s&rsquo;appuyait sur la th\u00e9orie de la sommation temporelle et spatiale au niveau bulbaire et cortical. En modulant la dur\u00e9e de l&rsquo;impulsion et son intensit\u00e9, les th\u00e9oriciens visaient \u00e0 cartographier les caract\u00e9ristiques de l&rsquo;inhibition lat\u00e9rale au sein des glom\u00e9rules bulbaires, postulant que les variations d&rsquo;asym\u00e9trie de seuil mesur\u00e9es par blast constituaient le reflet direct de l\u00e9sions des voies olfactives centrales ou des formations limbiques sous-jacentes.<\/p>\n<h3>7. Composants cl\u00e9s, types et dimensions<\/h3>\n<p>L&rsquo;architecture mat\u00e9rielle d&rsquo;un olfactom\u00e8tre blast classique r\u00e9unit plusieurs \u00e9l\u00e9ments pneumatiques et m\u00e9caniques interd\u00e9pendants con\u00e7us pour assurer l&rsquo;\u00e9tanch\u00e9it\u00e9 et la pr\u00e9cision de l&rsquo;injection :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Le r\u00e9servoir de saturation odorante :<\/strong> Un flacon ou une fiole en verre borosilicat\u00e9 neutre, d&rsquo;une capacit\u00e9 g\u00e9n\u00e9ralement comprise entre 100 et 500 millilitres, contenant un volume standardis\u00e9 de substance volatile pure ou dissoute dans un solvant inodore comme l&rsquo;huile de paraffine liquide.<\/li>\n<li><strong>Le dispositif de pressurisation :<\/strong> Une seringue microm\u00e9trique gradu\u00e9e en verre ou un soufflet calibr\u00e9 permettant d&rsquo;injecter manuellement ou automatiquement une quantit\u00e9 rigoureusement mesur\u00e9e d&rsquo;air pur (couramment de 1 \u00e0 60 centim\u00e8tres cubes) dans la fiole close.<\/li>\n<li><strong>Le circuit de distribution \u00e9tanche :<\/strong> Un ensemble de tubulures inertes, historiquement en caoutchouc vulcanis\u00e9 de haute densit\u00e9 puis remplac\u00e9es par du t\u00e9flon (PTFE) ou du verre, minimisant l&rsquo;adsorption r\u00e9siduelle des compos\u00e9s organiques volatils.<\/li>\n<li><strong>Le syst\u00e8me de d\u00e9clenchement rapide :<\/strong> Une vanne \u00e0 boisseau, une pince m\u00e9canique ou un robinet \u00e0 trois voies permettant de lib\u00e9rer instantan\u00e9ment la surpression accumul\u00e9e dans le r\u00e9cipient vers le circuit de sortie.<\/li>\n<li><strong>Les canules d&rsquo;administration nasale :<\/strong> Deux embouts effil\u00e9s en verre ou en plastique \u00e0 usage m\u00e9dical, introduits dans le vestibule nasal du sujet pour diriger l&rsquo;impulsion gazeuse vers le d\u00f4me de la cavit\u00e9 nasale sans l\u00e9ser la muqueuse.<\/li>\n<li><strong>L&rsquo;\u00e9tage de filtration et de purification amont :<\/strong> Dans les versions de laboratoire avanc\u00e9es, un ensemble de colonnes garnies de charbon actif et de gel de silice permettant de d\u00e9shydrater et de d\u00e9sodoriser l&rsquo;air ambiant avant son injection dans la chambre de charge.<\/li>\n<\/ul>\n<p>On distingue principalement deux variantes typologiques de cet appareil : l&rsquo;olfactom\u00e8tre mononasal, servant \u00e0 explorer s\u00e9par\u00e9ment chaque h\u00e9mifosse nasale afin de diagnostiquer les atteintes unilat\u00e9rales, et l&rsquo;olfactom\u00e8tre birhinal synchrone, con\u00e7u pour d\u00e9livrer une stimulation simultan\u00e9e \u00e9quilibr\u00e9e ou dichorhinique dans des contextes de recherche psychophysique avanc\u00e9e.<\/p>\n<h3>8. Exemples et cas illustratifs<\/h3>\n<p>Pour illustrer la mise en \u0153uvre pratique de l&rsquo;appareil, consid\u00e9rons un protocole exp\u00e9rimental standard destin\u00e9 \u00e0 d\u00e9terminer le seuil absolu de perception d&rsquo;un compos\u00e9 aromatique sp\u00e9cifique comme le menthol ou le citral. Le patient est assis dans une pi\u00e8ce calme, exempte de tout courant d&rsquo;air et d\u00e9pourvue de toute odeur parasite ambiante. L&rsquo;op\u00e9rateur explique la consigne primordiale : le sujet doit respirer normalement par la bouche ouverte, puis, au signal convenu, bloquer toute ventilation sans d\u00e9glutir.<\/p>\n<p>Dans un cas typique de mesure neurologique inspir\u00e9 des travaux cliniques historiques d&rsquo;Elsberg, l&rsquo;op\u00e9rateur introduit un volume initial de 2 cm\u00b3 d&rsquo;air pur dans le flacon de test scell\u00e9. En ouvrant la vanne de d\u00e9clenchement, une br\u00e8ve impulsion d&rsquo;air satur\u00e9 en essence de girofle est projet\u00e9e dans la narine gauche du patient. Si aucune sensation odorante n&rsquo;est rapport\u00e9e, le volume inject\u00e9 est incr\u00e9ment\u00e9 de 1 cm\u00b3 apr\u00e8s un intervalle de clairance de deux minutes destin\u00e9 \u00e0 pr\u00e9venir l&rsquo;adaptation sensorielle. \u00c0 un volume d&rsquo;injection de 5 cm\u00b3, le participant signale la perception ind\u00e9termin\u00e9e d&rsquo;une pr\u00e9sence aromatique, \u00e9tablissant ainsi son seuil de d\u00e9tection pure pour cette narine.<\/p>\n<p>Un autre cas repr\u00e9sentatif concerne l&rsquo;\u00e9valuation diff\u00e9rentielle des atteintes neurologiques focales. Supposons un patient pr\u00e9sentant une suspicion d&rsquo;ad\u00e9nome hypophysaire ou de m\u00e9ningiome de l&rsquo;\u00e9tage ant\u00e9rieur du cr\u00e2ne. L&rsquo;exploration unilat\u00e9rale au moyen de l&rsquo;olfactom\u00e8tre blast r\u00e9v\u00e8le un seuil de d\u00e9tection normal \u00e0 4 cm\u00b3 pour la narine droite, mais une absence totale de perception \u00e0 gauche, m\u00eame \u00e0 un volume maximal d&rsquo;insufflation de 30 cm\u00b3. Une telle asym\u00e9trie unilat\u00e9rale, observ\u00e9e en l&rsquo;absence de tout obstacle m\u00e9canique rhinologique visualis\u00e9 par endoscopie, constitue un argument clinique d&rsquo;orientation en faveur d&rsquo;une compression s\u00e9lective de la bandelette olfactive gauche.<\/p>\n<h3>9. Mesure et \u00e9valuation<\/h3>\n<p>L&rsquo;unit\u00e9 fondamentale de mesure introduite par la m\u00e9thode d&rsquo;Elsberg est le <strong>M.I.O.<\/strong> (<em>Minimum Identifiable Odor<\/em>), qui correspond au plus petit volume d&rsquo;air (exprim\u00e9 en centim\u00e8tres cubes) devant \u00eatre inject\u00e9 sous pression dans la fiole pour que le souffle d\u00e9livr\u00e9 d\u00e9clenche une sensation olfactive nette et identifiable. Cette quantification volum\u00e9trique a constitu\u00e9 l&rsquo;un des premiers indices m\u00e9triques op\u00e9rationnels de l&rsquo;acuit\u00e9 ch\u00e9mosensorielle humaine.<\/p>\n<p>Outre le M.I.O., l&rsquo;olfactom\u00e9trie blast permettait d&rsquo;\u00e9valuer le <em>temps de fatigue olfactive<\/em> (ou dur\u00e9e d&rsquo;extinction sensorielle) et le <em>temps de r\u00e9cup\u00e9ration<\/em>. Pour mesurer ces dynamiques, l&rsquo;exp\u00e9rimentateur envoyait des bouff\u00e9es supraliminaires successives \u00e0 intervalles r\u00e9guliers tr\u00e8s courts (toutes les quelques secondes) jusqu&rsquo;\u00e0 ce que le patient n&rsquo;identifie plus l&rsquo;odeur. L&rsquo;indice calcul\u00e9 correspondait alors au nombre d&rsquo;impulsions requises pour induire l&rsquo;extinction, ainsi qu&rsquo;au nombre de minutes n\u00e9cessaires pour que le seuil de sensibilit\u00e9 M.I.O. revienne \u00e0 son niveau de base pr\u00e9traitement.<\/p>\n<p>Cette approche m\u00e9trique a toutefois \u00e9t\u00e9 soumise \u00e0 des protocoles psychophysiques rigoureux au fil des d\u00e9cennies. L&rsquo;\u00e9valuation exige l&rsquo;int\u00e9gration de faux essais (insufflations t\u00e9moins d&rsquo;air pur exempt de substance odorante) pour contr\u00f4ler les biais de complaisance et mesurer le taux de fausses alertes, un imp\u00e9ratif qui s&rsquo;apparente aux concepts modernes issus de la <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Psychophysique\">th\u00e9orie de la d\u00e9tection du signal<\/a>. Le maintien rigoureux d&rsquo;un intervalle inter-stimulus (g\u00e9n\u00e9ralement compris entre 60 et 180 secondes) est obligatoire afin d&rsquo;\u00e9viter que la cin\u00e9tique d&rsquo;adaptation des r\u00e9cepteurs p\u00e9riph\u00e9riques ne fausse l&rsquo;estimation du seuil absolu.<\/p>\n<h3>10. Applications et port\u00e9e pratique<\/h3>\n<p>Les applications initiales de l&rsquo;olfactom\u00e8tre blast se concentraient massivement sur le diagnostic en neurochirurgie et en neurologie centrale. Avant la g\u00e9n\u00e9ralisation de l&rsquo;angiographie c\u00e9r\u00e9brale, de la tomodensitom\u00e9trie (scanner) et de l&rsquo;IRM, l&rsquo;\u00e9valuation olfactom\u00e9trique fine \u00e9tait employ\u00e9e comme outil non invasif de d\u00e9pistage des masses expansives intracr\u00e2niennes. La pr\u00e9sence d&rsquo;une \u00e9l\u00e9vation pathologique du seuil olfactif (hyposmie ou <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Anosmie\">anosmie<\/a> unilat\u00e9rale) ou une prolongation anormale du temps de r\u00e9cup\u00e9ration apr\u00e8s fatigue sensorielle constituaient des signes s\u00e9miologiques pr\u00e9cieux de compression frontale sous-jacente.<\/p>\n<p>Dans le domaine de l&rsquo;oto-rhino-laryngologie (ORL), l&rsquo;appareil a servi \u00e0 quantifier les r\u00e9percussions des anomalies anatomiques de la cloison nasale, de la polypose naso-sinusienne ou des s\u00e9quelles de rhinites chroniques sur la perm\u00e9abilit\u00e9 des fentes olfactives. Le fait de pouvoir forcer un flux gazeux jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9pith\u00e9lium r\u00e9cepteur offrait un moyen d&rsquo;investiguer si une perte de l&rsquo;odorat \u00e9tait purement obstructive (le souffle parvenant \u00e0 restaurer la sensation) ou neurosensorielle (l&rsquo;insufflation pressuris\u00e9e demeurant st\u00e9rile de toute sensation consciente).<\/p>\n<p>Au sein des laboratoires de psychologie cognitive et d&rsquo;ergonomie sensorielle, le principe du blast a \u00e9t\u00e9 adapt\u00e9 pour \u00e9tudier les interactions entre les stimuli olfactifs et les processus attentionnels ou \u00e9motionnels. La bri\u00e8vet\u00e9 du temps de mont\u00e9e du pulse odorant s&rsquo;est av\u00e9r\u00e9e particuli\u00e8rement utile dans les protocoles d&rsquo;amor\u00e7age subliminaire et supraliminaire, o\u00f9 une stimulation olfactive pr\u00e9cise doit \u00eatre synchronis\u00e9e avec la pr\u00e9sentation d&rsquo;images ou de stimuli s\u00e9mantiques sur un \u00e9cran d&rsquo;ordinateur.<\/p>\n<h3>11. Recherche et preuves empiriques<\/h3>\n<p>La litt\u00e9rature exp\u00e9rimentale consacr\u00e9e \u00e0 la technique de blast-injection a suscit\u00e9 d&rsquo;abondants travaux de validation crois\u00e9e tout au long du XXe si\u00e8cle. D\u00e8s les ann\u00e9es 1940, Bernice M. Wenzel a entrepris une s\u00e9rie d&rsquo;investigations critiques minutieuses visant \u00e0 \u00e9valuer la fid\u00e9lit\u00e9 test-retest de l&rsquo;appareil d&rsquo;Elsberg. Ses r\u00e9sultats ont mis en \u00e9vidence que, si le principe de l&rsquo;\u00e9limination du reniflement repr\u00e9sentait une avanc\u00e9e conceptuelle majeure, la variabilit\u00e9 interindividuelle et intra-individuelle des seuils mesur\u00e9s demeurait notablement \u00e9lev\u00e9e, remettant partiellement en question la reproductibilit\u00e9 clinique stricte revendiqu\u00e9e par les pionniers new-yorkais.<\/p>\n<p>Au d\u00e9but des ann\u00e9es 1980, le psychophysicien Richard L. Doty et ses coll\u00e8gues de l&rsquo;Universit\u00e9 de Pennsylvanie ont proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 des analyses comparatives approfondies entre la technique du blast, les flacons de dilution manuels et les tests d&rsquo;identification micro-encapsul\u00e9s. Leurs donn\u00e9es empiriques ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que les variations de volume d&rsquo;air insuffl\u00e9 dans la m\u00e9thode d&rsquo;Elsberg modifiaient simultan\u00e9ment deux param\u00e8tres physiques indissociables : le nombre effectif de mol\u00e9cules odorantes d\u00e9livr\u00e9es et la pression m\u00e9canique exerc\u00e9e sur les m\u00e9canor\u00e9cepteurs de la muqueuse nasale.<\/p>\n<p>Des recherches ult\u00e9rieures en imagerie fonctionnelle et en \u00e9lectro-olfactographie (EOG) men\u00e9es par des pionniers comme Gerd Kobal ont confirm\u00e9 que la synchronisation temporelle rapide propre aux dispositifs d&rsquo;impulsion gazeuse est indispensable pour l&rsquo;enregistrement des potentiels \u00e9voqu\u00e9s olfactifs (PEO). Ces recherches ont prouv\u00e9 que les fibres C non my\u00e9linis\u00e9es du premier nerf cr\u00e2nien ne g\u00e9n\u00e8rent une r\u00e9ponse \u00e9lectrophysiologique synchrone d\u00e9tectable \u00e0 l&rsquo;\u00e9lectroenc\u00e9phalogramme que si la pente de mont\u00e9e de la concentration odorante est extr\u00eamement raide, validant r\u00e9trospectivement l&rsquo;intuition initiale de l&rsquo;olfactom\u00e9trie blast sur l&rsquo;importance de la brusquerie de l&rsquo;impulsion.<\/p>\n<h3>12. Consid\u00e9rations culturelles et transculturelles<\/h3>\n<p>L&rsquo;utilisation de dispositifs psychophysiques instrumentaux tels que l&rsquo;olfactom\u00e8tre blast soul\u00e8ve des questions fondamentales quant \u00e0 la s\u00e9lection des odorants \u00e9talons \u00e0 travers diff\u00e9rentes aires g\u00e9ographiques et culturelles. Si les propri\u00e9t\u00e9s physiques de l&rsquo;appareil demeurent universelles, la nature chimique des solvants et des principes aromatiques employ\u00e9s influe directement sur l&rsquo;interpr\u00e9tation des donn\u00e9es psychom\u00e9triques obtenues.<\/p>\n<p>Dans les premi\u00e8res \u00e9tudes am\u00e9ricaines et europ\u00e9ennes, des substances comme le goudron v\u00e9g\u00e9tal, le caf\u00e9, la t\u00e9r\u00e9benthine ou l&rsquo;essence de rose \u00e9taient couramment mobilis\u00e9es. Cependant, la familiarit\u00e9 culturelle avec ces substances aromatiques varie de fa\u00e7on marqu\u00e9e selon les traditions culinaires, g\u00e9ographiques et environnementales des populations test\u00e9es. Lors d&rsquo;un test mesurant non pas un seuil absolu de simple d\u00e9tection, mais un seuil d&rsquo;identification fine par blast, un participant issu d&rsquo;une aire culturelle o\u00f9 une odeur particuli\u00e8re est inexistante n\u00e9cessitera une concentration mol\u00e9culaire beaucoup plus forte pour formaliser son \u00e9tiquetage lexical, cr\u00e9ant un artefact exp\u00e9rimental de pseudo-hyposmie.<\/p>\n<p>Par ailleurs, l&rsquo;acceptabilit\u00e9 somatique de la proc\u00e9dure d&rsquo;insufflation nasale sous pression varie selon les habitudes m\u00e9dicales et les repr\u00e9sentations culturelles de l&rsquo;intrusion corporelle. Dans certaines communaut\u00e9s, l&rsquo;introduction de canules nasales m\u00e9talliques ou de verre et l&rsquo;exp\u00e9rience d&rsquo;un souffle d&rsquo;air compress\u00e9 provoquent une anxi\u00e9t\u00e9 ou une appr\u00e9hension tactile disproportionn\u00e9e qui perturbe l&rsquo;apn\u00e9e du sujet, faussant la relaxation pharyng\u00e9e n\u00e9cessaire \u00e0 l&rsquo;isolement du compartiment nasal.<\/p>\n<h3>13. Critiques, d\u00e9bats et limites<\/h3>\n<p>L&rsquo;olfactom\u00e8tre blast d&rsquo;Elsberg a \u00e9t\u00e9 au c\u0153ur de controverses th\u00e9oriques et m\u00e9trologiques majeures qui ont profond\u00e9ment enrichi la psychophysique des sens chimiques. La critique la plus d\u00e9vastatrice formul\u00e9e par les psychophysiciens concerne la confusion syst\u00e9matique entre la stimulation du syst\u00e8me olfactif proprement dit (<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Olfaction\">nerf olfactif<\/a>, nerf I) et l&rsquo;excitation somatosensorielle du <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Nerf_trijumeau\">nerf trijumeau<\/a> (nerf V). En projetant une bouff\u00e9e d&rsquo;air sous pression contre les cornets et la muqueuse pituitaire, l&rsquo;appareil stimule invariablement les m\u00e9canor\u00e9cepteurs et les thermor\u00e9cepteurs trig\u00e9min\u00e9s sensibles au frottement tactile et au refroidissement \u00e9vaporatoire.<\/p>\n<p>De nombreux sp\u00e9cialistes ont ainsi soutenu que les sujets test\u00e9s par la m\u00e9thode d&rsquo;Elsberg d\u00e9tectaient fr\u00e9quemment la variation de pression pneumatique ou la fra\u00eecheur a\u00e9rique plut\u00f4t que l&rsquo;odeur elle-m\u00eame. Cette composante tactile induit des r\u00e9ponses de d\u00e9tection faussement positives \u00e0 des volumes o\u00f9 la concentration de solut\u00e9 gazeux demeure en r\u00e9alit\u00e9 infraliminaire pour le nerf olfactif isol\u00e9.<\/p>\n<p>Une seconde limite m\u00e9thodologique majeure r\u00e9side dans le ph\u00e9nom\u00e8ne de compression gazeuse et d&rsquo;\u00e9vaporation non lin\u00e9aire. L&rsquo;adjonction d&rsquo;air dans un flacon clos modifie temporairement la pression partielle des vapeurs odorantes sans garantir une r\u00e9-\u00e9quilibration thermodynamique instantan\u00e9e. D\u00e8s lors, le nombre r\u00e9el de mol\u00e9cules entra\u00een\u00e9es par le souffle d&rsquo;air \u00e9chapp\u00e9 d\u00e9pend de la cin\u00e9tique propre \u00e0 chaque solvant, rendant difficile la comparaison inter-substances sans spectrom\u00e9trie de masse en ligne.<\/p>\n<p>Enfin, le protocole souffre d&rsquo;un manque de contr\u00f4le de l&rsquo;humidit\u00e9 et de la temp\u00e9rature de la bouff\u00e9e inject\u00e9e. L&rsquo;insufflation r\u00e9p\u00e9t\u00e9e d&rsquo;un air sec et non conditionn\u00e9 thermique dess\u00e8che la muqueuse nasale, alt\u00e8re le mucus protecteur et d\u00e9grade la mobilit\u00e9 ciliaire des r\u00e9cepteurs sensoriels, entra\u00eenant une fatigue p\u00e9riph\u00e9rique artificielle et une d\u00e9rive des <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Seuil_absolu\">seuils absolus<\/a> au fur et \u00e0 mesure du d\u00e9roulement de la s\u00e9ance exp\u00e9rimentale.<\/p>\n<h3>14. Termes connexes et distinctions<\/h3>\n<p>Il importe de distinguer rigoureusement l&rsquo;olfactom\u00e8tre blast d&rsquo;autres concepts, techniques et appareillages du champ de la rhinologie et de la psychom\u00e9trie :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Olfactom\u00e8tre \u00e0 dilution d&rsquo;air continue :<\/strong> Contrairement \u00e0 l&rsquo;appareil blast qui d\u00e9livre des impulsions discr\u00e8tes sous surpression dans un nez statique, ce dispositif moderne ins\u00e8re le compos\u00e9 odorant dans un flux laminaire continu d&rsquo;air purifi\u00e9, r\u00e9chauff\u00e9 et humidifi\u00e9 circulant sans discontinuit\u00e9, \u00e9liminant tout art\u00e9fact de frottement m\u00e9canique et thermique trig\u00e9min\u00e9.<\/li>\n<li><strong>Olfactom\u00e8tre de Zwaardemaker :<\/strong> Instrument historique passif utilisant des cylindres embo\u00eet\u00e9s dont le glissement modifie la surface d&rsquo;exposition du mat\u00e9riau odorant, n\u00e9cessitant une inspiration volontaire active du patient, \u00e0 l&rsquo;oppos\u00e9 du principe d&rsquo;insufflation motrice passive du blast.<\/li>\n<li><strong>Tests d&rsquo;identification micro-encapsul\u00e9s (ex. UPSIT, Sniffin&rsquo; Sticks) :<\/strong> M\u00e9thodes psychom\u00e9triques solides o\u00f9 les ar\u00f4mes sont fix\u00e9s sur des bandelettes de cire ou dans des feutres rechargeables activ\u00e9s manuellement, ax\u00e9es principalement sur l&rsquo;identification mn\u00e9sique et la discrimination dans des contextes cliniques rapides plut\u00f4t que sur la mesure fine de la dynamique seuil-pression.<\/li>\n<li><strong>Gustom\u00e8tre :<\/strong> Instrument de stimulation chimique destin\u00e9 \u00e0 l&rsquo;exploration du sens du go\u00fbt (nerfs VII, IX, XII) par d\u00e9livrance de solutions sapides sur la muqueuse linguale, op\u00e9rant dans la modalit\u00e9 gustative et non olfactive.<\/li>\n<li><strong>Rhinomanom\u00e8tre :<\/strong> Dispositif d&rsquo;exploration fonctionnelle respiratoire mesurant la r\u00e9sistance des voies a\u00e9riennes nasales et les d\u00e9bits ventilatoires, sans vis\u00e9e d&rsquo;\u00e9valuation des capacit\u00e9s neurosensorielles olfactives.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>15. Synth\u00e8se et points cl\u00e9s \u00e0 retenir<\/h3>\n<p>L&rsquo;olfactom\u00e8tre blast constitue une \u00e9tape charni\u00e8re dans l&rsquo;histoire des neurosciences sensorielles et de la psychophysique instrumentale. En formulant pour la premi\u00e8re fois l&rsquo;exigence d&rsquo;une standardisation physique du stimulus olfactif soustrait aux al\u00e9as du reniflement actif, il a ouvert la voie \u00e0 une approche quantitative des d\u00e9ficits ch\u00e9mosensoriels et des pathologies neurologiques centrales.<\/p>\n<p>Bien que son principe m\u00e9canique repose sur une \u00e9l\u00e9gante simplicit\u00e9 \u2014 l&rsquo;insufflation d&rsquo;un volume calibr\u00e9 d&rsquo;air satur\u00e9 en surpression durant une apn\u00e9e volontaire \u2014, sa mise en pratique a mis en lumi\u00e8re la complexit\u00e9 inou\u00efe de l&rsquo;appareil perceptif nasal, notamment l&rsquo;intrication \u00e9troite entre le syst\u00e8me olfactif primaire et le syst\u00e8me trig\u00e9minal somatosensoriel.<\/p>\n<p>Aujourd&rsquo;hui d\u00e9pass\u00e9 dans la pratique clinique hospitali\u00e8re courante par des dispositifs \u00e0 flux continu automatis\u00e9s et des batteries de tests chimio-identificateurs standardis\u00e9s, l&rsquo;olfactom\u00e8tre blast demeure un paradigme didactique fondamental. Il illustre de fa\u00e7on exemplaire les d\u00e9fis m\u00e9thodologiques inh\u00e9rents au contr\u00f4le dynamique des fluides gazeux dans l&rsquo;exploration psychophysique de la perception humaine.<\/p>\n<h2>R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<ul>\n<li>Doty, R. L. (2001). Olfaction. <em>Annual Review of Psychology<\/em>, 52(1), 423-452. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1146\/annurev.psych.52.1.423\">https:\/\/doi.org\/10.1146\/annurev.psych.52.1.423<\/a><\/li>\n<li>Elsberg, C. A., &amp; Levy, I. (1935). The sense of smell: I. A new and simple method of quantitative olfactometry in man. <em>Bulletin of the Neurological Institute of New York<\/em>, 4, 5-19.<\/li>\n<li>Elsberg, C. A., Levy, I., &amp; Brewer, E. D. (1935). The sense of smell: VI. The trigeminal effects of odorous substances. <em>Bulletin of the Neurological Institute of New York<\/em>, 4, 270-285.<\/li>\n<li>Kobal, G., &amp; Plattig, K.-H. (1978). Methodische Vorraussetzungen zur Registrierung olfaktorischer evozierten Potentiale des Menschen. <em>EEG-EMG Zeitschrift f\u00fcr Elektroenzephalographie, Elektromyographie und verwandte Gebiete<\/em>, 9(3), 135-145.<\/li>\n<li>Wenzel, B. M. (1948). Techniques in olfactometry: A critical review of the blast technique. <em>Journal of Psychology<\/em>, 25(2), 231-247. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1080\/00223980.1948.9917384\">https:\/\/doi.org\/10.1080\/00223980.1948.9917384<\/a><\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;olfactom\u00e8tre blast est un dispositif psychophysique historique injectant une bouff\u00e9e d&rsquo;air odorant sous pression calibr\u00e9e pour mesurer le seuil olfactif.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"template":"","categories":[1516,6235,5106],"tags":[37353,37349,37348,37351,37350,37352],"class_list":["post-22216","psych_term","type-psych_term","status-publish","hentry","category-histoire-de-la-psychologie","category-neurosciences-sensorielles","category-psychophysique","tag-methode-delsberg","tag-olfactometre","tag-olfactometrie","tag-perception-olfactive","tag-psychophysique-sensorielle","tag-seuil-olfactif"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_term\/22216","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_term"}],"about":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/psych_term"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_term\/22216\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=22216"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=22216"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=22216"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}