{"id":21960,"date":"2026-10-26T15:55:15","date_gmt":"2026-10-26T15:55:15","guid":{"rendered":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/?psych_term=bethanechol-agoniste-cholinergique"},"modified":"2026-10-26T15:55:15","modified_gmt":"2026-10-26T15:55:15","slug":"bethanechol-agoniste-cholinergique","status":"publish","type":"psych_term","link":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/?psych_term=bethanechol-agoniste-cholinergique","title":{"rendered":"B\u00e9than\u00e9chol : Agoniste Muscarinique et Psychiatrie"},"content":{"rendered":"<p>Au carrefour de la pharmacologie autonome, de la psychiatrie biologique et de la m\u00e9decine psychosomatique, le <strong>b\u00e9than\u00e9chol<\/strong> constitue un mod\u00e8le exemplaire d&rsquo;agoniste cholinomim\u00e9tique parasympathique. Longtemps \u00e9tudi\u00e9 pour son action r\u00e9gulatrice sur le syst\u00e8me v\u00e9sical et gastro-intestinal, cet agent s&rsquo;est impos\u00e9 comme un outil th\u00e9rapeutique pr\u00e9cieux dans la prise en charge des effets secondaires invalidants induits par les traitements psychotropes \u00e0 forte charge anticholinergique, tout en offrant une fen\u00eatre exp\u00e9rimentale remarquable sur les interactions entre le syst\u00e8me nerveux autonome et les fonctions cognitives et affectives.<\/p>\n<h2>B\u00e9than\u00e9chol<\/h2>\n<h3>1. D\u00e9finition concise<\/h3>\n<p>Le <strong>b\u00e9than\u00e9chol<\/strong> (g\u00e9n\u00e9ralement administr\u00e9 sous forme de chlorure de b\u00e9than\u00e9chol) est un ester synth\u00e9tique de la choline agissant comme un agoniste parasympathomim\u00e9tique direct, s\u00e9lectif des r\u00e9cepteurs muscariniques, d\u00e9pourvu d&rsquo;action nicotinique notable et r\u00e9sistant \u00e0 l&rsquo;hydrolyse par les cholinest\u00e9rases. En pratique m\u00e9dicale et neuropsychiatrique, il est principalement prescrit pour stimuler le tonus du muscle d\u00e9trusor v\u00e9sical et le p\u00e9ristaltisme digestif, ainsi que pour contrecarrer les effets ind\u00e9sirables p\u00e9riph\u00e9riques induits par les mol\u00e9cules \u00e0 profil anticholinergique.<\/p>\n<p>Sur le plan physiologique, le compos\u00e9 mime les effets de l&rsquo;ac\u00e9tylcholine endog\u00e8ne au niveau des terminaisons nerveuses postganglionnaires du syst\u00e8me nerveux parasympathique. En raison de sa structure d&rsquo;amine quaternaire charg\u00e9e positivement, le b\u00e9than\u00e9chol pr\u00e9sente une lipophilie extr\u00eamement faible, ce qui limite consid\u00e9rablement son franchissement de la <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Barri%C3%A8re_h%C3%A9mato-enc%C3%A9phalique\">barri\u00e8re h\u00e9mato-enc\u00e9phalique<\/a> lors d&rsquo;une administration syst\u00e9mique standard. Cette caract\u00e9ristique biophysique lui conf\u00e8re une action presque exclusivement p\u00e9riph\u00e9rique lorsqu&rsquo;il est administr\u00e9 par voie orale ou sous-cutan\u00e9e.<\/p>\n<p>Dans le domaine de la psychopharmacologie clinique et de la psychologie de la sant\u00e9, le b\u00e9than\u00e9chol joue un r\u00f4le fondamental dans l&rsquo;adh\u00e9sion th\u00e9rapeutique des patients sous antid\u00e9presseurs tricycliques, sous neuroleptiques ou sous stabilisateurs de l&rsquo;humeur. En att\u00e9nuant la r\u00e9tention urinaire aigu\u00eb, l&rsquo;hyposalivation s\u00e9v\u00e8re et certaines dysfonctions sexuelles d&rsquo;origine iatrog\u00e8ne, il permet de pr\u00e9server la qualit\u00e9 de vie des personnes souffrant de troubles psychiatriques majeurs sans antagoniser l&rsquo;action th\u00e9rapeutique centrale des psychotropes prescrits.<\/p>\n<h3>2. \u00c9tymologie et origine linguistique<\/h3>\n<p>Le terme \u00ab b\u00e9than\u00e9chol \u00bb est une d\u00e9nomination commune internationale (DCI) forg\u00e9e par contraction morphologique et nomenclature pharmacologique syst\u00e9matique. La racine initiale d\u00e9rive du pr\u00e9fixe structural \u00ab b\u00eata \u00bb (d\u00e9signant le carbone b\u00eata dans la conformation de la mol\u00e9cule de carbamate) combin\u00e9 \u00e0 un morph\u00e8me tronqu\u00e9 \u00e9voquant les radicaux \u00e9thyle et amino, et consolid\u00e9 par le segment terminal \u00ab chol \u00bb, issu du grec ancien <em>khol\u00ea<\/em> (\u03c7\u03bf\u03bb\u03ae), signifiant \u00ab bile \u00bb, racine historiquement attach\u00e9e \u00e0 la d\u00e9couverte de la choline isol\u00e9e de la bile par Adolph Strecker au milieu du XIXe si\u00e8cle.<\/p>\n<p>Le suffixe \u00ab -chol \u00bb indique conventionnellement en pharmacologie une parent\u00e9 structurale ou fonctionnelle \u00e9troite avec les d\u00e9riv\u00e9s de l&rsquo;ac\u00e9tylcholine et le syst\u00e8me cholinergique. Dans la litt\u00e9rature scientifique anglophone originale, la mol\u00e9cule est d\u00e9sign\u00e9e sous le terme de <em>bethanechol chloride<\/em> ou <em>carbamylmethylcholine chloride<\/em>, d\u00e9signation chimique mettant en \u00e9vidence le remplacement du groupe ac\u00e9tyle instable par un radical carbamyle protecteur.<\/p>\n<p>L&rsquo;int\u00e9gration du terme dans le lexique m\u00e9dical francophone s&rsquo;est op\u00e9r\u00e9e au cours des ann\u00e9es 1940 et 1950, au moment o\u00f9 la pharmacologie exp\u00e9rimentale explorait les d\u00e9riv\u00e9s synth\u00e9tiques de la choline con\u00e7us pour pallier la fugacit\u00e9 extr\u00eame de l&rsquo;ac\u00e9tylcholine native dans l&rsquo;organisme animal et humain.<\/p>\n<h3>3. Prononciation et forme grammaticale<\/h3>\n<p>Sur le plan phon\u00e9tique, le mot se prononce <strong>[be.ta.ne.k\u0254l]<\/strong> en fran\u00e7ais standard. Le graph\u00e8me \u00ab ch \u00bb y est prononc\u00e9 avec le son occlusif v\u00e9laire sourd [k], conform\u00e9ment \u00e0 la tradition orthographique francophone des d\u00e9riv\u00e9s scientifiques construits sur la racine grecque <em>khol\u00ea<\/em> (comme dans \u00ab cholest\u00e9rol \u00bb ou \u00ab cholinergique \u00bb).<\/p>\n<p>D&rsquo;un point de vue grammatical, \u00ab b\u00e9than\u00e9chol \u00bb est un substantif masculin invariable en usage courant, bien qu&rsquo;il puisse prendre la marque du pluriel dans des contextes biochimiques comparatifs d\u00e9signant plusieurs formulations chimiques ou sels sp\u00e9cifiques. En clinique, il est tr\u00e8s souvent pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 du nom de son sel d&rsquo;addition, donnant la locution nominale \u00ab chlorure de b\u00e9than\u00e9chol \u00bb.<\/p>\n<p>Les collocations les plus fr\u00e9quentes dans la litt\u00e9rature acad\u00e9mique et clinique comprennent des syntagmes tels que \u00ab agoniste des r\u00e9cepteurs muscariniques \u00bb, \u00ab \u00e9preuve au b\u00e9than\u00e9chol \u00bb, \u00ab administration sous-cutan\u00e9e de b\u00e9than\u00e9chol \u00bb et \u00ab neutralisation des effets anticholinergiques p\u00e9riph\u00e9riques par le b\u00e9than\u00e9chol \u00bb.<\/p>\n<h3>4. Explication conceptuelle d\u00e9taill\u00e9e<\/h3>\n<p>Pour appr\u00e9hender l&rsquo;importance du b\u00e9than\u00e9chol, il convient d&rsquo;analyser la double dimension de son profil pharmacodynamique : son insensibilit\u00e9 m\u00e9tabolique et son affinit\u00e9 s\u00e9lective pour les <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/R%C3%A9cepteur_muscarinique\">r\u00e9cepteurs muscariniques<\/a>. Contrairement \u00e0 l&rsquo;ac\u00e9tylcholine naturelle, qui est inactiv\u00e9e en quelques millisecondes par l&rsquo;ac\u00e9tylcholinest\u00e9rase membranaire et la butyrylcholinest\u00e9rase plasmatique, le b\u00e9than\u00e9chol poss\u00e8de un groupe carbamate qui bloque l&rsquo;acc\u00e8s st\u00e9rique et enzymatique du site catalytique est\u00e9rasique. Il en r\u00e9sulte une demi-vie biologique prolong\u00e9e et une pr\u00e9visibilit\u00e9 pharmacocin\u00e9tique propice \u00e0 une utilisation ambulatoire et hospitali\u00e8re.<\/p>\n<p>De surcro\u00eet, le b\u00e9than\u00e9chol est pourvu d&rsquo;un groupement m\u00e9thyle sur sa cha\u00eene lat\u00e9rale (similaire \u00e0 la m\u00e9thacholine), ce qui conf\u00e8re \u00e0 la mol\u00e9cule une s\u00e9lectivit\u00e9 remarquable pour les r\u00e9cepteurs muscariniques (sous-types M1, M2, M3, M4 et M5) au d\u00e9triment des r\u00e9cepteurs nicotiniques situ\u00e9s au niveau de la plaque motrice neuromusculaire et des ganglions autonomes. Cette absence d&rsquo;activit\u00e9 nicotinique \u00e9limine le risque de fasciculations musculaires, de blocage neuromusculaire ou de perturbations tensionnelles paroxystiques ganglio-d\u00e9pendantes, rendant son profil de s\u00e9curit\u00e9 bien sup\u00e9rieur \u00e0 celui de substances non s\u00e9lectives comme le carbachol.<\/p>\n<p>L&rsquo;action p\u00e9riph\u00e9rique du b\u00e9than\u00e9chol se concentre principalement sur les tissus cibles innerv\u00e9s par les fibres parasympathiques postganglionnaires. Au niveau de la vessie, il active directement les r\u00e9cepteurs muscariniques M3 et M2 diss\u00e9min\u00e9s dans le muscle d\u00e9trusor, provoquant une contraction coordonn\u00e9e et efficace, tout en favorisant le rel\u00e2chement physiologique du sphincter v\u00e9sical interne et du trigone. Au niveau du tractus gastro-intestinal, le b\u00e9than\u00e9chol intensifie l&rsquo;amplitude et le rythme du p\u00e9ristaltisme gastrique et colique, stimule les s\u00e9cr\u00e9tions glandulaires salivaires, gastriques et pancr\u00e9atiques, et restaure un tonus propulsif harmonieux.<\/p>\n<p>Dans le domaine psychiatrique, la notion de balance autonome rev\u00eat une importance th\u00e9rapeutique cruciale. Une vaste proportion des m\u00e9dicaments psychotropes conventionnels \u2014 notamment les antid\u00e9presseurs tricycliques comme l&rsquo;amitriptyline ou la clomipramine, ainsi que de nombreux antipsychotiques ph\u00e9nothiaziniques ou s\u00e9datifs \u2014 d\u00e9ploient un blocage muscarinique collat\u00e9ral puissant. Ce blocage induit un \u00e9tat d&rsquo;hypoactivit\u00e9 parasympathique relative, plongeant le patient dans une constellation de sympt\u00f4mes g\u00eanants : x\u00e9rostomie majeure, r\u00e9tention d&rsquo;urine, atonie v\u00e9sicale, constipation opini\u00e2tre et troubles de l&rsquo;accommodation oculaire. Le b\u00e9than\u00e9chol r\u00e9tablit l&rsquo;\u00e9quilibre p\u00e9riph\u00e9rique en suppl\u00e9ant le tonus ac\u00e9tylcholinergique d\u00e9faillant sans compromettre la modulation centrale des neurotransmetteurs cibl\u00e9s par le traitement de fond.<\/p>\n<h3>5. D\u00e9veloppement historique<\/h3>\n<p>L&rsquo;histoire du b\u00e9than\u00e9chol s&rsquo;enracine dans la r\u00e9volution de la pharmacologie chimique de la premi\u00e8re moiti\u00e9 du XXe si\u00e8cle, marqu\u00e9e par les travaux pionniers de Sir Henry Dale et d&rsquo;Otto Loewi sur la transmission neurochimique. Lorsque l&rsquo;ac\u00e9tylcholine fut identifi\u00e9e comme le m\u00e9diateur chimique de la transmission vagale et parasympathique, les chimistes m\u00e9dicinaux s&rsquo;efforc\u00e8rent rapidement de concevoir des analogues stables, capables de reproduire les bienfaits de cette transmission sans subir la d\u00e9gradation enzymatique fulgurante de la mol\u00e9cule native.<\/p>\n<p>Dans les ann\u00e9es 1930 et 1940, plusieurs laboratoires pharmaceutiques, notamment aux \u00c9tats-Unis, synth\u00e9tis\u00e8rent une s\u00e9rie d&rsquo;esters de choline modifi\u00e9s. La substitution syst\u00e9matique du groupement ester par des motifs carbamoyles donna naissance au carbachol et, par addition ult\u00e9rieure d&rsquo;un groupe m\u00e9thyle, au chlorure de b\u00e9than\u00e9chol. Les premi\u00e8res investigations cliniques men\u00e9es d\u00e8s la fin des ann\u00e9es 1940 valid\u00e8rent son efficacit\u00e9 dans la prise en charge des at\u00e9lectasies postop\u00e9ratoires, de la r\u00e9tention urinaire non obstructive post-chirurgicale et du m\u00e9gac\u00f4lon fonctionnel.<\/p>\n<p>L&rsquo;av\u00e8nement de la psychopharmacologie moderne \u00e0 partir de 1952 avec la chlorpromazine, puis \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1950 avec l&rsquo;imipramine, transforma radicalement le destin clinique du b\u00e9than\u00e9chol. Les cliniciens constat\u00e8rent rapidement que ces nouveaux traitements psychotropes provoquaient une morbidit\u00e9 iatrog\u00e8ne autonome consid\u00e9rable. D\u00e8s les ann\u00e9es 1970 et 1980, des psychiatres universitaires comme Everett et ses collaborateurs document\u00e8rent avec rigueur l&rsquo;usage syst\u00e9matique du b\u00e9than\u00e9chol par voie orale pour soulager la x\u00e9rostomie et la dysurie induites par les antid\u00e9presseurs tricycliques, pr\u00e9servant ainsi l&rsquo;observance th\u00e9rapeutique chez des cohortes de patients d\u00e9pressifs s\u00e9v\u00e8res.<\/p>\n<p>Une autre \u00e9tape historique majeure r\u00e9side dans les essais d&rsquo;infusion intrac\u00e9r\u00e9broventriculaire exp\u00e9rimentale de b\u00e9than\u00e9chol men\u00e9s au milieu des ann\u00e9es 1980 dans le cadre de la <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Maladie_d%27Alzheimer\">maladie d&rsquo;Alzheimer<\/a>. Suite \u00e0 la formulation de l&rsquo;hypoth\u00e8se cholinergique du d\u00e9clin cognitif par Peter Davies et David Drachman, des chercheurs neurochirurgiens comme Robert Harbaugh implant\u00e8rent des pompes sous-cutan\u00e9es d\u00e9livrant du b\u00e9than\u00e9chol directement dans les ventricules lat\u00e9raux de patients atteints de d\u00e9mence s\u00e9nile pour contourner l&rsquo;imperm\u00e9abilit\u00e9 de la barri\u00e8re h\u00e9mato-enc\u00e9phalique. Bien que ces tentatives invasives aient \u00e9t\u00e9 supplant\u00e9es par les inhibiteurs de l&rsquo;ac\u00e9tylcholinest\u00e9rase oraux, elles ont marqu\u00e9 l&rsquo;histoire des neurosciences translationnelles en confirmant le r\u00f4le direct de l&rsquo;activation muscarinique centrale dans les fonctions ex\u00e9cutives et m\u00e9morielles.<\/p>\n<h3>6. Fondements th\u00e9oriques et neurobiologiques<\/h3>\n<p>L&rsquo;assise th\u00e9orique guidant l&rsquo;utilisation du b\u00e9than\u00e9chol repose sur l&rsquo;architecture fonctionnelle du syst\u00e8me nerveux autonome et sur la classification sous-typique des r\u00e9cepteurs muscariniques coupl\u00e9s aux prot\u00e9ines G (RCPG). On distingue traditionnellement deux sous-familles principales selon les voies de transduction intracellulaire mobilis\u00e9es :<\/p>\n<p>La premi\u00e8re famille regroupe les r\u00e9cepteurs muscariniques <strong>M1, M3 et M5<\/strong>, coupl\u00e9s pr\u00e9f\u00e9rentiellement aux prot\u00e9ines G de type <strong>Gq\/11<\/strong>. L&rsquo;interaction du b\u00e9than\u00e9chol avec ces sites r\u00e9cepteurs active la phospholipase C b\u00eata (PLC-\u03b2), enzyme qui hydrolyse le phosphatidylinositol 4,5-bisphosphate membranaire en deux seconds messagers : l&rsquo;inositol 1,4,5-trisphosphate (IP3) et le diacylglyc\u00e9rol (DAG). L&rsquo;IP3 provoque une lib\u00e9ration massive d&rsquo;ions calcium \u00e0 partir du r\u00e9ticulum sarcoplasmique ou endoplasmique, d\u00e9clenchant l&rsquo;activation de la kinase des cha\u00eenes l\u00e9g\u00e8res de myosine et, par cons\u00e9quent, la contraction m\u00e9canique des cellules musculaires lisses du d\u00e9trusor v\u00e9sical et de la paroi intestinale, tout en activant l&rsquo;exocytose glandulaire.<\/p>\n<p>La seconde famille rassemble les r\u00e9cepteurs <strong>M2 et M4<\/strong>, prioritairement coupl\u00e9s aux prot\u00e9ines <strong>Gi\/o<\/strong>. L&rsquo;activation de cette voie entra\u00eene l&rsquo;inhibition de l&rsquo;ad\u00e9nylate cyclase, ce qui abaisse le taux intracellulaire d&rsquo;ad\u00e9nosine monophosphate cyclique (AMPc) et module les canaux potassiques \u00e0 rectification entrante activ\u00e9s par la prot\u00e9ine G (GIRK). Dans le myocarde et le syst\u00e8me de conduction nodale sino-auriculaire et auriculo-ventriculaire, cette cascade freine le chronotropisme et le dromotropisme, bien que le b\u00e9than\u00e9chol pr\u00e9sente une propension beaucoup plus mesur\u00e9e \u00e0 affecter les param\u00e8tres cardiovasculaires que les agents cholinergiques non s\u00e9lectifs lorsqu&rsquo;il est employ\u00e9 aux posologies recommand\u00e9es.<\/p>\n<p>Sur le plan neuropsychiatrique et psychosomatique, la th\u00e9orie de la r\u00e9activit\u00e9 autonome postule l&rsquo;existence d&rsquo;une r\u00e9gulation bidirectionnelle entre l&rsquo;\u00e9tat \u00e9motionnel, l&rsquo;axe cortico-sous-cortical et les organes cibles visc\u00e9raux. L&rsquo;inhibition prolong\u00e9e des voies parasympathiques par les m\u00e9dicaments psychotropes simule un tonus sympathique pr\u00e9dominant artificiel, susceptible d&rsquo;amplifier l&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 somatique, l&rsquo;inconfort visc\u00e9ral et un sentiment diffus de d\u00e9r\u00e9gulation corporelle. En r\u00e9tablissant artificiellement la composante parasympathique p\u00e9riph\u00e9rique sans alt\u00e9rer les circuits neurochimiques limbiques, le b\u00e9than\u00e9chol restaure l&rsquo;hom\u00e9ostasie visc\u00e9ro-sensorielle, contribuant indirectement \u00e0 apaiser la charge allostatique des patients en souffrance psychique.<\/p>\n<h3>7. Composantes cl\u00e9s, types et dimensions<\/h3>\n<p>L&rsquo;analyse pharmacologique, pharmacocin\u00e9tique et clinique du b\u00e9than\u00e9chol s&rsquo;articule autour de plusieurs dimensions structurales et fonctionnelles interd\u00e9pendantes :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Structure mol\u00e9culaire d&rsquo;amine quaternaire :<\/strong> La pr\u00e9sence d&rsquo;un azote t\u00e9travalent porteur d&rsquo;une charge cationique permanente conf\u00e8re \u00e0 la mol\u00e9cule une forte hydrosolubilit\u00e9 et emp\u00eache sa diffusion passive \u00e0 travers la membrane phospholipidique de la barri\u00e8re h\u00e9mato-enc\u00e9phalique en conditions th\u00e9rapeutiques habituelles.<\/li>\n<li><strong>R\u00e9sistance m\u00e9tabolique aux est\u00e9rases :<\/strong> Contrairement \u00e0 l&rsquo;ac\u00e9tylcholine native, le groupement carbamyle (-OCONH2) du b\u00e9than\u00e9chol r\u00e9siste \u00e0 la coupure enzymatique par l&rsquo;ac\u00e9tylcholinest\u00e9rase et la pseudocholinest\u00e9rase, prolongeant son action biologique pendant une dur\u00e9e moyenne de six \u00e0 huit heures.<\/li>\n<li><strong>S\u00e9lectivit\u00e9 sous-typique muscarinique :<\/strong> Le compos\u00e9 se lie avec pr\u00e9dilection aux r\u00e9cepteurs muscariniques p\u00e9riph\u00e9riques sans exercer d&rsquo;action agoniste stimulatrice sur les r\u00e9cepteurs nicotiniques ganglionnaires ou neuromusculaires aux doses usuelles.<\/li>\n<li><strong>Formes gal\u00e9niques et voies d&rsquo;administration :<\/strong> Le m\u00e9dicament existe sous forme de comprim\u00e9s pour l&rsquo;administration orale (titr\u00e9s classiquement \u00e0 10 mg, 25 mg ou 50 mg) et sous forme de solution injectable r\u00e9serv\u00e9e exclusivement \u00e0 l&rsquo;administration par voie sous-cutan\u00e9e stricte, toute injection intraveineuse ou intramusculaire \u00e9tant rigoureusement contre-indiqu\u00e9e en raison de la menace de collapsus cardiovasculaire imm\u00e9diat.<\/li>\n<li><strong>Tropisme d&rsquo;organe s\u00e9lectif :<\/strong> Bien que diffus\u00e9 dans l&rsquo;ensemble de l&rsquo;organisme, le b\u00e9than\u00e9chol d\u00e9montre une r\u00e9activit\u00e9 clinique accrue au niveau du syst\u00e8me urinaire inf\u00e9rieur (corps v\u00e9sical) et du tube digestif bas et haut (\u0153sophage inf\u00e9rieur, estomac, c\u00f4lon).<\/li>\n<\/ul>\n<h3>8. Exemples et cas illustratifs<\/h3>\n<p>Les vignettes cliniques suivantes illustrent concr\u00e8tement la port\u00e9e de l&rsquo;action du b\u00e9than\u00e9chol dans le contexte de la psychiatrie et des soins de sant\u00e9 interdisciplinaires :<\/p>\n<p><strong>Cas 1 : Prise en charge d&rsquo;une dysurie s\u00e9v\u00e8re induite par un antid\u00e9presseur tricyclique.<\/strong> Un homme de 58 ans souffrant d&rsquo;un \u00e9pisode d\u00e9pressif majeur caract\u00e9ris\u00e9 r\u00e9sistant aux inhibiteurs s\u00e9lectifs de la recapture de la s\u00e9rotonine est hospitalis\u00e9 en psychiatrie. Devant la s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 du tableau m\u00e9lancolique, une monoth\u00e9rapie par clomipramine est instaur\u00e9e et titr\u00e9e progressivement jusqu&rsquo;\u00e0 150 mg par jour. L&rsquo;humeur s&rsquo;am\u00e9liore nettement apr\u00e8s trois semaines, mais le patient signale une difficult\u00e9 croissante \u00e0 uriner, une sensation de vidange incompl\u00e8te et des mictions par regorgement. L&rsquo;\u00e9chographie v\u00e9sicale post-mictionnelle r\u00e9v\u00e8le un r\u00e9sidu significatif de 280 mL sans anomalie prostatique obstructive organique. L&rsquo;instauration de chlorure de b\u00e9than\u00e9chol oral \u00e0 la dose de 25 mg trois fois par jour, pris \u00e0 jeun, permet en 48 heures de normaliser le d\u00e9bit urinaire, de r\u00e9duire le r\u00e9sidu post-mictionnel sous le seuil critique des 40 mL et d&rsquo;\u00e9viter l&rsquo;arr\u00eat pr\u00e9matur\u00e9 de l&rsquo;antid\u00e9presseur salvateur.<\/p>\n<p><strong>Cas 2 : Neutralisation d&rsquo;une x\u00e9rostomie invalidante sous traitement antipsychotique.<\/strong> Une femme de 42 ans suivie pour un trouble schizo-affectif stabilis\u00e9 sous qu\u00e9tiapine et chlorpromazine rapporte une bouche intens\u00e9ment s\u00e8che, occasionnant des br\u00fblures buccales, une dysphagie alimentaire et une anxi\u00e9t\u00e9 d&rsquo;\u00e9touffement pendant la nuit. Cette s\u00e9cheresse bouche a entra\u00een\u00e9 une alt\u00e9ration profonde de sa qualit\u00e9 de vie et des menaces r\u00e9it\u00e9r\u00e9es d&rsquo;abandon de son traitement r\u00e9gulateur. L&rsquo;adjonction de 10 mg de b\u00e9than\u00e9chol administr\u00e9 45 minutes avant les repas restaure un flux salivaire suffisant, \u00e9limine les br\u00fblures muqueuses et consolide l&rsquo;alliance th\u00e9rapeutique sans d\u00e9sorganiser l&rsquo;\u00e9quilibre psychotique obtenu.<\/p>\n<p><strong>Cas 3 : Dysfonction sexuelle iatrog\u00e8ne et retentissement psychologique.<\/strong> Un patient de 34 ans trait\u00e9 par un m\u00e9dicament psychotrope \u00e0 tropisme anticholinergique souffre d&rsquo;une anorgasmie et d&rsquo;une inhibition \u00e9jaculatoire compl\u00e8te, source d&rsquo;une d\u00e9tresse relationnelle et conjugale majeure. L&rsquo;administration ponctuelle programm\u00e9e de b\u00e9than\u00e9chol deux heures avant les rapports intimes permet de compenser l&rsquo;inhibition du syst\u00e8me parasympathique p\u00e9riph\u00e9rique r\u00e9gissant l&rsquo;excitation g\u00e9nitale et la lubrification\/turgescence vasculaire, restaurant la fonctionnalit\u00e9 sexuelle et pr\u00e9servant l&rsquo;\u00e9quilibre psychologique du couple.<\/p>\n<h3>9. Mesure, \u00e9valuation et surveillance clinique<\/h3>\n<p>La surveillance clinique d&rsquo;un patient recevant du b\u00e9than\u00e9chol requiert une m\u00e9thodologie rigoureuse alliant \u00e9valuation objective des param\u00e8tres physiologiques et mesure psychom\u00e9trique de l&rsquo;observance et de l&rsquo;inconfort subjectif. Avant toute instauration, la v\u00e9rification de l&rsquo;absence d&rsquo;obstacle m\u00e9canique sur l&rsquo;arbre urinaire ou le tractus digestif constitue un pr\u00e9requis absolu pour \u00e9carter tout risque de perforation visc\u00e9rale ou de rupture de paroi d&rsquo;organe sous l&rsquo;effet de l&rsquo;hyperactivit\u00e9 contractile induite.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9valuation fonctionnelle repose notamment sur :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>L&rsquo;urodynamique et la mesure \u00e9chographique du r\u00e9sidu post-mictionnel :<\/strong> D\u00e9termination non invasive par \u00e9chographie pelvienne v\u00e9sicale du volume restant imm\u00e9diatement apr\u00e8s une tentative de vidange spontan\u00e9e.<\/li>\n<li><strong>La salivom\u00e9trie clinique :<\/strong> Quantification du d\u00e9bit salivaire au repos et sous stimulation, \u00e9tay\u00e9e par des \u00e9chelles analogiques visuelles mesurant le degr\u00e9 de s\u00e9cheresse buccale per\u00e7ue par le patient.<\/li>\n<li><strong>L&rsquo;\u00e9valuation de la tol\u00e9rance cardiovasculaire et respiratoire :<\/strong> Surveillance r\u00e9guli\u00e8re de la pression art\u00e9rielle et de la fr\u00e9quence cardiaque, ainsi qu&rsquo;une auscultation pulmonaire attentive visant \u00e0 d\u00e9pister une bronchoconstriction ou un encombrement bronchique reflexe.<\/li>\n<li><strong>L&rsquo;administration d&rsquo;\u00e9chelles de charge anticholinergique :<\/strong> Utilisation de grilles valid\u00e9es telles que l&rsquo;<em>Anticholinergic Cognitive Burden<\/em> (ACB) ou l&rsquo;\u00e9chelle de charge anticholinergique s\u00e9rique afin de pond\u00e9rer le b\u00e9n\u00e9fice net de l&rsquo;adjonction d&rsquo;un parasympathomim\u00e9tique chez les patients polym\u00e9diqu\u00e9s.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>10. Applications et port\u00e9e pratique<\/h3>\n<p>Les champs d&rsquo;application pratique du b\u00e9than\u00e9chol s&rsquo;\u00e9tendent bien au-del\u00e0 de l&rsquo;urologie classique pour toucher divers versants de la sant\u00e9 mentale et de la m\u00e9decine interne :<\/p>\n<p>En <strong>psychopharmacoth\u00e9rapie de soutien<\/strong>, son utilisation strat\u00e9gique pr\u00e9vient la spirale de non-observance th\u00e9rapeutique. La r\u00e9tention urinaire aigu\u00eb constitue l&rsquo;une des urgences m\u00e9dicales les plus redout\u00e9es lors des escalades de doses d&rsquo;antid\u00e9presseurs tricycliques (amitriptyline, dosul\u00e9pine, maprotiline) ou de neuroleptiques s\u00e9datifs (chlorpromazine, loxapine, clozapine). En agissant comme une parade pharmacologique cibl\u00e9e, le b\u00e9than\u00e9chol \u00e9vite le recours syst\u00e9matique au sondage v\u00e9sical \u00e0 demeure, geste hautement traumatisant sur le plan psychologique pour des patients d\u00e9j\u00e0 fragilis\u00e9s par un trouble de l&rsquo;humeur ou une psychose.<\/p>\n<p>En <strong>gastroent\u00e9rologie psychosomatique<\/strong>, chez des patients pr\u00e9sentant un il\u00e9us paralytique d&rsquo;origine fonctionnelle, un gastroparesie induite par des \u00e9tats d\u00e9pressifs majeurs ou un m\u00e9gac\u00f4lon non occlusif en r\u00e9animation psychiatrique (notamment lors du syndrome malin des neuroleptiques ou d&rsquo;\u00e9tats catatoniques prolong\u00e9s), le b\u00e9than\u00e9chol aide \u00e0 r\u00e9amorcer le transit digestif en compl\u00e9ment des approches comportementales et de r\u00e9hydratation.<\/p>\n<p>En <strong>neuro-urologie fonctionnelle<\/strong>, il demeure prescrit dans le cadre des vessies neurog\u00e8nes atones secondaires \u00e0 des traumatismes m\u00e9dullaires partiels, des neuropathies diab\u00e9tiques ou des s\u00e9quelles post-chirurgicales pelviennes, favorisant l&rsquo;autonomie urinaire et le maintien de l&rsquo;estime de soi chez des personnes confront\u00e9es \u00e0 la perte de contr\u00f4le sphinct\u00e9rien.<\/p>\n<h3>11. Recherche et donn\u00e9es empiriques<\/h3>\n<p>La recherche acad\u00e9mique sur le b\u00e9than\u00e9chol a franchi des jalons significatifs en neurosciences fondamentales et cliniques. Au cours des d\u00e9cennies 1970 et 1980, plusieurs \u00e9tudes contr\u00f4l\u00e9es en double aveugle men\u00e9es par des pionniers de la psychiatrie biologique ont document\u00e9 l&rsquo;efficacit\u00e9 du b\u00e9than\u00e9chol dans l&rsquo;annulation des effets secondaires des antid\u00e9presseurs tricycliques. Les travaux de chercheurs tels que le Dr Alan Everett et le Dr David Janowsky ont formellement d\u00e9montr\u00e9 que l&rsquo;administration concomitante de b\u00e9than\u00e9chol diminuait significativement les plaintes somatiques subjectives des patients sans diminuer la concentration plasmatique du psychotrope ni compromettre l&rsquo;am\u00e9lioration de l&rsquo;humeur sur l&rsquo;\u00e9chelle de d\u00e9pression de Hamilton.<\/p>\n<p>Dans le domaine cognitif, l&rsquo;essai clinique randomis\u00e9 men\u00e9 par Robert G. Harbaugh et ses coll\u00e8gues de la Dartmouth Medical School a fait date dans l&rsquo;histoire des essais neurobiologiques. Face \u00e0 l&rsquo;impossibilit\u00e9 d&rsquo;acheminer le b\u00e9than\u00e9chol au cerveau par voie g\u00e9n\u00e9rale, Harbaugh et al. ont administr\u00e9 du b\u00e9than\u00e9chol par perfusion intrac\u00e9r\u00e9broventriculaire continue via une pompe implantable \u00e0 des patients atteints de la maladie d&rsquo;Alzheimer \u00e0 un stade l\u00e9ger \u00e0 mod\u00e9r\u00e9. Les r\u00e9sultats ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 une am\u00e9lioration comportementale globale et une r\u00e9duction de l&rsquo;apathie chez certains sous-groupes de patients, bien que les scores aux tests neuropsychologiques standardis\u00e9s n&rsquo;aient montr\u00e9 que des gains discrets. Cet essai a apport\u00e9 la premi\u00e8re preuve clinique directe que les r\u00e9cepteurs muscariniques postsynaptiques c\u00e9r\u00e9braux demeuraient fonctionnels et r\u00e9actifs \u00e0 l&rsquo;agonisme chimique malgr\u00e9 la d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence des projections cholinergiques sous-corticales originaires du noyau basal de Meynert.<\/p>\n<p>Des investigations contemporaines s&rsquo;int\u00e9ressent par ailleurs au r\u00f4le potentiel du b\u00e9than\u00e9chol dans la modulation de la motricit\u00e9 \u0153sophagienne et de la clairance acide chez les patients sous chimioth\u00e9rapie ou th\u00e9rapies cibl\u00e9es, confirmant la p\u00e9rennit\u00e9 de son utilit\u00e9 pharmacologique lorsque la neurotransmission cholinergique visc\u00e9rale est compromise.<\/p>\n<h3>12. Consid\u00e9rations socioculturelles et contextuelles<\/h3>\n<p>La perception et la prescription du b\u00e9than\u00e9chol varient grandement d&rsquo;un contexte g\u00e9ographique et m\u00e9dical \u00e0 l&rsquo;autre. Dans de nombreux pays occidentaux, l&rsquo;\u00e9volution des pratiques psychiatriques vers l&rsquo;usage pr\u00e9f\u00e9rentiel des inhibiteurs s\u00e9lectifs de la recapture de la s\u00e9rotonine (ISRS) et des antid\u00e9presseurs de nouvelle g\u00e9n\u00e9ration a r\u00e9duit la pr\u00e9valence globale des syndromes anticholinergiques massifs. Cependant, dans les r\u00e9gions du monde o\u00f9 les tricycliques demeurent le pilier \u00e9conomique et th\u00e9rapeutique du traitement de la d\u00e9pression majeure en raison de leur accessibilit\u00e9 financi\u00e8re, le b\u00e9than\u00e9chol conserve un r\u00f4le de premi\u00e8re ligne pour pr\u00e9server l&rsquo;acceptabilit\u00e9 socioculturelle de la pharmacoth\u00e9rapie psychiatrique.<\/p>\n<p>Sur le plan psychosociologique, les effets secondaires comme la s\u00e9cheresse de la bouche et la dysfonction sexuelle portent une lourde charge stigmatisante. Un patient souffrant de x\u00e9rostomie visible, \u00e9prouvant des difficult\u00e9s \u00e0 \u00e9locuter en public ou contraint de boire continuellement de l&rsquo;eau peut d\u00e9velopper une anxi\u00e9t\u00e9 sociale secondaire et un repli sur soi qui amplifient sa symptomatologie d\u00e9pressive initiale. L&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 une th\u00e9rapeutique correctrice simple telle que le b\u00e9than\u00e9chol participe d\u00e8s lors \u00e0 la d\u00e9-stigmatisation des traitements psychotropes et \u00e0 l&rsquo;autonomie sociale des usagers de la psychiatrie.<\/p>\n<h3>13. Critiques, controverses et limites<\/h3>\n<p>Bien que le b\u00e9than\u00e9chol soit une mol\u00e9cule \u00e9prouv\u00e9e, son utilisation fait l&rsquo;objet de r\u00e9serves m\u00e9thodologiques et cliniques non n\u00e9gligeables dans la communaut\u00e9 m\u00e9dicale contemporaine. La principale limite intrins\u00e8que d\u00e9coule de son profil de s\u00e9lectivit\u00e9 tissulaire imparfait au sein des organes cibles p\u00e9riph\u00e9riques. L&rsquo;activation des r\u00e9cepteurs muscariniques pulmonaires et cardiaques peut induire, en particulier \u00e0 doses \u00e9lev\u00e9es ou chez des terrains pr\u00e9dispos\u00e9s, des effets ind\u00e9sirables potentiellement s\u00e9v\u00e8res :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Risques bronchiques :<\/strong> Le b\u00e9than\u00e9chol peut provoquer un bronchospasme franc et une hypers\u00e9cr\u00e9tion bronchique, ce qui en fait une contre-indication absolue chez les patients souffrant d&rsquo;asthme ou de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO).<\/li>\n<li><strong>Effets cardiovasculaires ind\u00e9sirables :<\/strong> Bien que moins marqu\u00e9 qu&rsquo;avec d&rsquo;autres agents parasympathomim\u00e9tiques, le risque de bradycardie sinusale, d&rsquo;hypotension art\u00e9rielle et de syncope r\u00e9flexe impose une extr\u00eame vigilance chez les sujets atteints de cardiopathie isch\u00e9mique, d&rsquo;insuffisance coronarienne ou d&rsquo;arythmie pr\u00e9existante.<\/li>\n<li><strong>Hyperactivit\u00e9 motrice digestive non coordonn\u00e9e :<\/strong> Chez certains patients, le m\u00e9dicament peut d\u00e9clencher des crampes abdominales douloureuses, des diarrh\u00e9es motrices, des naus\u00e9es et des \u00e9pisodes d&rsquo;hypersalivation profuse (sialorrh\u00e9e paradoxale excessive).<\/li>\n<li><strong>Le d\u00e9bat urologique moderne :<\/strong> Plusieurs urologues contemporains soulignent que le b\u00e9than\u00e9chol d\u00e9clenche une contraction globale du d\u00e9trusor sans toujours synchroniser parfaitement le rel\u00e2chement de l&rsquo;appareil sphinct\u00e9rien chez les patients souffrant de dyssynergie v\u00e9sico-sphinct\u00e9rienne, risquant d&rsquo;augmenter inutilement les pressions intrav\u00e9sicales au lieu de favoriser une v\u00e9ritable vidange laminaire harmonieuse.<\/li>\n<li><strong>Imperm\u00e9abilit\u00e9 c\u00e9r\u00e9brale :<\/strong> Le fait que le b\u00e9than\u00e9chol ne franchisse pas la barri\u00e8re h\u00e9mato-enc\u00e9phalique constitue \u00e0 la fois un avantage (absence de toxicit\u00e9 centrale directe) et une limite majeure pour la recherche neurocognitive, rendant impossible son utilisation orale pour pallier les d\u00e9ficits cognitifs centraux li\u00e9s \u00e0 l&rsquo;inhibition cholinergique centrale.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>14. Termes connexes et distinctions conceptuelles<\/h3>\n<p>Il est imp\u00e9ratif d&rsquo;\u00e9tablir des fronti\u00e8res s\u00e9mantiques claires entre le b\u00e9than\u00e9chol et d&rsquo;autres entit\u00e9s pharmacologiques apparent\u00e9es :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Ac\u00e9tylcholine :<\/strong> Le neurotransmetteur endog\u00e8ne de r\u00e9f\u00e9rence. \u00c0 l&rsquo;inverse du b\u00e9than\u00e9chol, l&rsquo;<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Ac%C3%A9tylcholine\">ac\u00e9tylcholine<\/a> est d\u00e9grad\u00e9e de fa\u00e7on quasi instantan\u00e9e par les cholinest\u00e9rases et active indiff\u00e9remment les r\u00e9cepteurs muscariniques et nicotiniques.<\/li>\n<li><strong>Carbachol :<\/strong> Autre ester de la choline r\u00e9sistant \u00e0 l&rsquo;hydrolyse enzymatique, le carbachol poss\u00e8de une forte affinit\u00e9 pour les r\u00e9cepteurs nicotiniques en plus de son activit\u00e9 muscarinique, ce qui le rend beaucoup plus toxique sur le plan cardiovasculaire et limite son usage clinique principalement \u00e0 la voie ophtalmique (traitement du glaucome).<\/li>\n<li><strong>M\u00e9thacholine :<\/strong> Ester synth\u00e9tique de choline qui pr\u00e9sente une s\u00e9lectivit\u00e9 muscarinique similaire \u00e0 celle du b\u00e9than\u00e9chol, mais qui demeure sensible \u00e0 la d\u00e9gradation par l&rsquo;ac\u00e9tylcholinest\u00e9rase (bien que plus lentement que l&rsquo;ac\u00e9tylcholine). Elle est surtout employ\u00e9e comme outil diagnostique d&rsquo;hyperr\u00e9activit\u00e9 bronchique dans les \u00e9preuves fonctionnelles respiratoires.<\/li>\n<li><strong>Pilocarpine :<\/strong> Alcalo\u00efde naturel agissant comme un agoniste muscarinique partiel et non s\u00e9lectif. Contrairement au b\u00e9than\u00e9chol qui est une amine quaternaire, la pilocarpine est une amine tertiaire capable de traverser plus ais\u00e9ment les membranes biologiques et le syst\u00e8me nerveux central \u00e0 fortes doses.<\/li>\n<li><strong>Inhibiteurs de l&rsquo;ac\u00e9tylcholinest\u00e9rase (donepezil, rivastigmine, pyridostigmine) :<\/strong> Ces agents augmentent indirectement la concentration d&rsquo;ac\u00e9tylcholine endog\u00e8ne dans la fente synaptique en bloquant son enzyme d&rsquo;inactivation, tandis que le b\u00e9than\u00e9chol active directement les r\u00e9cepteurs muscariniques ind\u00e9pendamment de la pr\u00e9sence ou de l&rsquo;absence du m\u00e9diateur naturel.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>15. R\u00e9sum\u00e9 et points cl\u00e9s<\/h3>\n<p>En synth\u00e8se, le b\u00e9than\u00e9chol repr\u00e9sente un vecteur th\u00e9rapeutique d&rsquo;une singuli\u00e8re utilit\u00e9 clinique et conceptuelle :<\/p>\n<p>Sur le versant pharmacologique fondamental, il s&rsquo;illustre comme un agoniste parasympathomim\u00e9tique direct, s\u00e9lectif des r\u00e9cepteurs muscariniques, r\u00e9sistant aux enzymes de d\u00e9gradation cholinest\u00e9rasiques et incapable de franchir la barri\u00e8re h\u00e9mato-enc\u00e9phalique par voie syst\u00e9mique conventionnelle.<\/p>\n<p>Sur le plan de la psychiatrie clinique et de la psychopharmacologie, il constitue une strat\u00e9gie cibl\u00e9e de premi\u00e8re intention pour pallier les complications p\u00e9riph\u00e9riques induites par les antid\u00e9presseurs tricycliques et les neuroleptiques (r\u00e9tention d&rsquo;urine, atonie v\u00e9sicale, s\u00e9cheresse buccale prononc\u00e9e et certaines dysfonctions \u00e9rectiles ou s\u00e9cr\u00e9toires). En supprimant ces effets iatrog\u00e8nes d\u00e9l\u00e9t\u00e8res, il prot\u00e8ge l&rsquo;alliance th\u00e9rapeutique, soutient l&rsquo;observance du traitement psychotrope fondamental et favorise le r\u00e9tablissement psychologique global du patient.<\/p>\n<h2>R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<ul>\n<li>Everett, H. C. (1975). The use of bethanechol chloride with tricyclic antidepressants. <em>American Journal of Psychiatry<\/em>, 132(11), 1202\u20131204. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1176\/ajp.132.11.1202\">https:\/\/doi.org\/10.1176\/ajp.132.11.1202<\/a><\/li>\n<li>Harbaugh, R. E., Roberts, D. W., Coombs, D. W., Saunders, R. L., &#038; Reeder, T. M. (1984). Preliminary report: Intracranial cholinergic drug infusion in patients with Alzheimer&rsquo;s disease. <em>Neurosurgery<\/em>, 15(4), 514\u2013518. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1227\/00006123-198410000-00008\">https:\/\/doi.org\/10.1227\/00006123-198410000-00008<\/a><\/li>\n<li><span class=\"arabpsy-eq\" dir=\"ltr\">Katzung, B. G., &#038; Trevor, A. J. (2021). <em>Basic &#038; Clinical Pharmacology<\/em> (15e \u00e9d.). McGraw-Hill Education. <a href=\"https:\/\/accessmedicine.mhmedical.com\/book.aspx?bookid=2988\">https:\/\/accessmedicine.mhmedical.com\/book.aspx?bookid=2988<\/a><\/span><\/li>\n<li>Shader, R. I., &#038; Greenblatt, D. J. (1984). Bethanechol and psychotropic-induced anticholinergic side effects. <em>Journal of Clinical Psychopharmacology<\/em>, 4(5), 231\u2013232. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1097\/00004714-198410000-00001\">https:\/\/doi.org\/10.1097\/00004714-198410000-00001<\/a><\/li>\n<li>Taylor, P. (2018). Cholinergic agonists. Dans L. L. Brunton, B. C. Knollmann, &#038; D. C. Hilal-Dandan (\u00c9ds.), <em>Goodman &#038; Gilman&rsquo;s: The Pharmacological Basis of Therapeutics<\/em> (13e \u00e9d., pp. 149\u2013162). McGraw-Hill Education.<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le b\u00e9than\u00e9chol est un agoniste muscarinique direct utilis\u00e9 pour contrer les effets secondaires p\u00e9riph\u00e9riques des psychotropes et stimuler la motricit\u00e9 v\u00e9sicale.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"template":"","categories":[459,958,7375],"tags":[32735,36868,9041,34171,36869,8006,36870],"class_list":["post-21960","psych_term","type-psych_term","status-publish","hentry","category-neurosciences","category-psychiatrie-clinique","category-psychopharmacologie","tag-anticholinergique","tag-bethanechol","tag-psychopharmacologie","tag-recepteurs-muscariniques","tag-retention-urinaire","tag-systeme-nerveux-autonome","tag-xerostomie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_term\/21960","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_term"}],"about":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/psych_term"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_term\/21960\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=21960"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=21960"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=21960"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}