{"id":21930,"date":"2026-10-26T14:37:48","date_gmt":"2026-10-26T14:37:48","guid":{"rendered":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/?psych_term=syndrome-de-berry"},"modified":"2026-10-26T14:37:48","modified_gmt":"2026-10-26T14:37:48","slug":"syndrome-de-berry","status":"publish","type":"psych_term","link":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/?psych_term=syndrome-de-berry","title":{"rendered":"Syndrome de Berry : Dysmorphie et r\u00e9silience"},"content":{"rendered":"<p>Le <strong>syndrome de Berry<\/strong>, plus fr\u00e9quemment d\u00e9sign\u00e9 dans la nosologie contemporaine sous l&rsquo;appellation de <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Syndrome_de_Treacher_Collins\">syndrome de Treacher Collins<\/a> ou dysostose mandibulo-faciale, repr\u00e9sente une affection cong\u00e9nitale rare du d\u00e9veloppement craniofacial dont la complexit\u00e9 transcende largement le cadre de la simple malformation anatomique. Caract\u00e9ris\u00e9 par une d\u00e9sorganisation bilat\u00e9rale et sym\u00e9trique des structures d\u00e9riv\u00e9es des premier et deuxi\u00e8me arcs branchiaux embryonnaires, ce trouble confronte les cliniciens, les psychologues du d\u00e9veloppement et les familles \u00e0 un d\u00e9fi fondamental : accompagner un individu dont l&rsquo;apparence physique est profond\u00e9ment alt\u00e9r\u00e9e tandis que ses capacit\u00e9s cognitives intrins\u00e8ques demeurent pleinement intactes. L&rsquo;exploration de ce syndrome offre un \u00e9clairage pr\u00e9cieux sur l&rsquo;interaction dynamique entre d\u00e9terminisme g\u00e9n\u00e9tique, pr\u00e9servation intellectuelle et vuln\u00e9rabilit\u00e9 psychosociale, situant cette condition au carrefour de la m\u00e9decine reconstructrice et de la psychologie clinique.<\/p>\n<h2>Le syndrome de Berry (syndrome de Treacher Collins)<\/h2>\n<h3>1. D\u00e9finition concise<\/h3>\n<p>Le syndrome de Berry est une anomalie g\u00e9n\u00e9tique cong\u00e9nitale rare du d\u00e9veloppement craniofacial, transmise sur un mode autosomique dominant ou survenant \u00e0 la suite d&rsquo;une mutation de novo, appartenant au groupe des dysostoses mandibulo-faciales. Il se manifeste principalement par une hypoplasie des os malaires et de la mandibule, des anomalies palp\u00e9brales incluant des colobomes des paupi\u00e8res inf\u00e9rieures, une implantation anormale ou une malformation des pavillons auriculaires, ainsi qu&rsquo;une surdit\u00e9 de transmission bilat\u00e9rale li\u00e9e \u00e0 l&rsquo;atr\u00e9sie des conduits auditifs externes et \u00e0 des dysplasies de la cha\u00eene des osselets. En psychologie et en psychiatrie clinique, ce syndrome est \u00e9tudi\u00e9 en raison de l&rsquo;impact psychosocial majeur de la difformit\u00e9 faciale sur le d\u00e9veloppement de l&rsquo;identit\u00e9, l&rsquo;adaptation affective et l&rsquo;insertion relationnelle.<\/p>\n<p>Bien que la d\u00e9formation physique soit spectaculaire et souvent associ\u00e9e \u00e0 tort par le profane \u00e0 une atteinte neurod\u00e9veloppementale, la grande majorit\u00e9 des personnes atteintes poss\u00e8dent des facult\u00e9s intellectuelles rigoureusement conformes aux normes statistiques de la population g\u00e9n\u00e9rale. Les difficult\u00e9s scolaires ou comportementales parfois observ\u00e9es d\u00e9coulent quasi exclusivement des d\u00e9ficits sensoriels auditifs non corrig\u00e9s de mani\u00e8re pr\u00e9coce et des obstacles li\u00e9s aux troubles articulatoires de la parole. De ce fait, le tableau clinique ne rel\u00e8ve pas d&rsquo;une enc\u00e9phalopathie cong\u00e9nitale, mais s&rsquo;inscrit au contraire dans une dynamique o\u00f9 l&rsquo;appareil cognitif doit composer avec un corps atypique soumis au regard stigmatisant d&rsquo;autrui.<\/p>\n<p>Sur le plan m\u00e9dical global, la prise en charge n\u00e9cessite une orchestration rigoureuse d\u00e8s les premiers instants de vie afin de lever les obstructions n\u00e9onatales des voies a\u00e9riennes sup\u00e9rieures et de pallier les difficult\u00e9s d&rsquo;alimentation. La trajectoire de vie des sujets requiert ensuite un suivi p\u00e9diatrique, chirurgical, orthophonique et p\u00e9dopsychologique au long cours. D\u00e8s lors, le syndrome de Berry s&rsquo;impose dans la litt\u00e9rature scientifique comme un paradigme d&rsquo;\u00e9tude central pour comprendre comment l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 cognitive parvient \u00e0 s&rsquo;\u00e9panouir malgr\u00e9 des contraintes physiques et sensorielles s\u00e9v\u00e8res.<\/p>\n<h3>2. \u00c9tymologie et origine linguistique<\/h3>\n<p>L&rsquo;appellation \u00ab syndrome de Berry \u00bb trouve son origine historique dans le patronyme du Dr George Andreas Berry (1853-1940), \u00e9minent ophtalmologiste \u00e9cossais exer\u00e7ant \u00e0 \u00c9dimbourg, qui d\u00e9crivit avec une minutie remarquable en 1889 les caract\u00e9ristiques fondamentales de l&rsquo;anomalie palp\u00e9brale et zygomatique chez une m\u00e8re et sa prog\u00e9niture. Le terme \u00ab syndrome \u00bb, quant \u00e0 lui, est directement emprunt\u00e9 au grec ancien <em>sundrom\u00ea<\/em> (\u03c3\u03c5\u03bd\u03b4\u03c1\u03bf\u03bc\u03ae), substantif compos\u00e9 du pr\u00e9fixe <em>sun-<\/em> signifiant \u00ab ensemble \u00bb ou \u00ab avec \u00bb, et de la racine <em>dromos<\/em> (\u03b4\u03c1\u03cc\u03bc\u03bf\u03c2) d\u00e9signant la \u00ab course \u00bb ou le \u00ab cheminement \u00bb. \u00c9tymologiquement, le mot traduit donc la notion d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments symptomatiques ou de signes pathologiques qui cheminent de concert pour constituer une entit\u00e9 nosologique identifiable.<\/p>\n<p>Dans la litt\u00e9rature m\u00e9dicale et psychiatrique internationale, ce tableau clinique a re\u00e7u de multiples d\u00e9signations \u00e9ponymes au cours du vingti\u00e8me si\u00e8cle. L&rsquo;ophtalmologiste britannique Edward Treacher Collins documenta plus formellement l&rsquo;entit\u00e9 en 1900, conf\u00e9rant son nom \u00e0 l&rsquo;appellation moderne la plus universelle. Par la suite, le g\u00e9n\u00e9ticien et ophtalmologiste suisse Adolphe Franceschetti et ses collaborateurs David Klein et Pierre Zwahlen introduisirent en 1944 et 1949 le terme descriptif de \u00ab dysostose mandibulo-faciale \u00bb (souvent coupl\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9ponyme syndrome de Franceschetti-Zwahlen-Klein). Le vocable \u00ab dysostose \u00bb d\u00e9rive du grec <em>dys-<\/em> (marquant la difficult\u00e9, l&rsquo;anomalie ou le mauvais \u00e9tat) et de <em>osteon<\/em> (os), soulignant le d\u00e9r\u00e8glement primordial de l&rsquo;ossification squelettique.<\/p>\n<p>Dans les lexiques anglo-saxons contemporains de r\u00e9f\u00e9rence, notamment au sein du dictionnaire de l&rsquo;American Psychological Association (APA), l&rsquo;entr\u00e9e \u00ab Berry syndrome \u00bb est fr\u00e9quemment maintenue \u00e0 titre de renvoi terminologique historique pointant directement vers le syndrome de Treacher Collins. Cette reconnaissance lexicale atteste la persistance de l&rsquo;\u00e9ponyme pionnier de George Berry dans la culture m\u00e9dicale britannique et internationale. Ce glissement linguistique illustre l&rsquo;\u00e9volution de la nomenclature clinique, pass\u00e9e de descriptions anecdotiques isol\u00e9es \u00e0 une caract\u00e9risation ph\u00e9notypique, g\u00e9n\u00e9tique et psychosociale compl\u00e8te.<\/p>\n<h3>3. Prononciation et forme grammaticale<\/h3>\n<p>En langue fran\u00e7aise, l&rsquo;expression \u00ab syndrome de Berry \u00bb se prononce phon\u00e9tiquement selon la translitt\u00e9ration internationale standardis\u00e9e : \/s\u025b\u0303.d\u0281om d\u0259 b\u025b.\u0281i\/. Le terme \u00ab syndrome \u00bb conserve son articulation habituelle avec une voyelle nasale initiale et une terminaison occlusive douce. Bien que le nom de famille \u00ab Berry \u00bb soit d&rsquo;origine \u00e9cossaise et fr\u00e9quemment vocalis\u00e9 \/\u02c8b\u025bri\/ en anglais contemporain, l&rsquo;usage clinique francophone francise couramment la seconde syllabe en accentuant l&rsquo;inflexion terminale.<\/p>\n<p>Du point de vue morphosyntaxique, \u00ab syndrome de Berry \u00bb est une locution nominale masculine invariable au singulier, admettant la forme plurielle \u00ab syndromes de Berry \u00bb lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;\u00e9voquer diff\u00e9rentes manifestations ou d\u00e9clinaisons document\u00e9es dans un corpus de donn\u00e9es m\u00e9dicales. Dans la litt\u00e9rature acad\u00e9mique francophone, ce syntagme fonctionne comme un groupe nominal d\u00e9termin\u00e9 qui r\u00e9git les accords au masculin singulier (par exemple : \u00ab le syndrome de Berry est diagnostiqu\u00e9 \u00bb, \u00ab ce syndrome s&rsquo;accompagne de \u00bb).<\/p>\n<p>Sur le plan des variantes terminologiques en vigueur dans les publications scientifiques de langue fran\u00e7aise, on rel\u00e8ve les synonymes syntaxiques suivants : \u00ab dysostose mandibulo-faciale \u00bb, \u00ab syndrome de Treacher Collins-Berry \u00bb, \u00ab syndrome de Treacher Collins \u00bb ou \u00ab syndrome de Franceschetti \u00bb. Dans tous les cas, l&rsquo;usage \u00e9ditorial privil\u00e9gie l&rsquo;association du nom de l&rsquo;auteur sans marque de possessif saxon, conform\u00e9ment aux r\u00e8gles typographiques de la langue fran\u00e7aise r\u00e9gissant les \u00e9ponymes m\u00e9dicaux.<\/p>\n<h3>4. Explication conceptuelle d\u00e9taill\u00e9e<\/h3>\n<p>D&rsquo;un point de vue conceptuel, le syndrome de Berry ne constitue pas une simple collection fortuite de stigmates somatiques, mais repr\u00e9sente l&rsquo;aboutissement st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9 d&rsquo;un d\u00e9r\u00e8glement morphog\u00e9n\u00e9tique cibl\u00e9 frappant le neurocr\u00e2ne et le visc\u00e9rocr\u00e2ne au stade embryonnaire. Le processus pathologique trouve son origine dans une perturbation fonctionnelle pr\u00e9coce de la <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Cr%C3%AAte_neurale\">cr\u00eate neurale<\/a> c\u00e9phalique, une population cellulaire multipotente transitoire essentielle \u00e0 la gen\u00e8se du squelette de la face. Lorsque ces cellules subissent un taux anormalement \u00e9lev\u00e9 d&rsquo;apoptose ou rencontrent des d\u00e9fauts de prolif\u00e9ration et de migration, les premier et deuxi\u00e8me arcs pharyng\u00e9s \u00e9chouent \u00e0 mat\u00e9rialiser les structures ost\u00e9o-cartilagineuses et musculaires attendues, engendrant ainsi le profil clinique caract\u00e9ristique.<\/p>\n<p>Le spectre des alt\u00e9rations morphologiques est centr\u00e9 sur la triade malaire, mandibulaire et auriculaire. L&rsquo;hypoplasie bilat\u00e9rale et sym\u00e9trique des os zygomatiques conf\u00e8re aux joues un aspect creus\u00e9 et fuyant, tandis que la mandibule r\u00e9tract\u00e9e et hypoplasique (r\u00e9trognathie et micrognathie) pr\u00e9cipite la base de la langue vers l&rsquo;arri\u00e8re, cr\u00e9ant un risque imm\u00e9diat d&rsquo;obstruction laryng\u00e9e n\u00e9onatale par glossoptose. Au niveau p\u00e9rioculaire, l&rsquo;orientation antimongolo\u00efde (oblique en bas et en dehors) des fentes palp\u00e9brales, combin\u00e9e au colobome partiel du tiers externe des paupi\u00e8res inf\u00e9rieures et \u00e0 l&rsquo;absence fr\u00e9quente de cils dans cette zone, transforme profond\u00e9ment le faci\u00e8s du nourrisson. L&rsquo;anatomie de l&rsquo;oreille est \u00e9galement boulevers\u00e9e, oscillant entre des pavillons rudimentaires mal positionn\u00e9s (microtie) et l&rsquo;absence totale de canal auditif externe associ\u00e9e \u00e0 des malformations de la cha\u00eene ossiculaire.<\/p>\n<p>La compr\u00e9hension conceptuelle moderne de ce syndrome int\u00e8gre de fa\u00e7on indissociable la dimension neurophysiologique et psychologique. Contrairement \u00e0 de multiples syndromes chromosomiques o\u00f9 la malformation squelettique s&rsquo;accompagne d&rsquo;une lissenc\u00e9phalie, d&rsquo;une microc\u00e9phalie ou d&rsquo;un retard intellectuel s\u00e9v\u00e8re, le syndrome de Berry pr\u00e9serve l&rsquo;architecture du cortex c\u00e9r\u00e9bral. Les patients disposent d&rsquo;un fonctionnement intellectuel intact, ce qui g\u00e9n\u00e8re une situation existentielle hautement complexe : l&rsquo;enfant poss\u00e8de une conscience aigu\u00eb et lucide des r\u00e9actions de rejet, d&rsquo;effroi ou d&rsquo;incompr\u00e9hension suscit\u00e9es par son apparence dans son environnement social. La dissonance entre une pens\u00e9e brillante et une corpor\u00e9it\u00e9 atypique constitue l&rsquo;un des c\u0153urs th\u00e9matiques de la psychologie clinique des dysmorphoses.<\/p>\n<p>Par ailleurs, la <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Surdit%C3%A9\">surdit\u00e9 de transmission<\/a> inh\u00e9rente au syndrome modifie fondamentalement les premi\u00e8res phases des interactions parent-enfant et l&rsquo;\u00e9mergence des comp\u00e9tences langagi\u00e8res. Si l&rsquo;acc\u00e8s aux flux auditifs n&rsquo;est pas restaur\u00e9 par appareillage \u00e0 conduction osseuse pr\u00e9coce, la privation sensorielle peut induire un retard secondaire de communication que des \u00e9valuateurs non avertis risquent d&rsquo;attribuer fallacieusement \u00e0 une d\u00e9bilit\u00e9 mentale. Ainsi, la port\u00e9e conceptuelle du syndrome impose d&rsquo;analyser l&rsquo;individu sous un angle bio-psycho-social global, o\u00f9 le traitement des tissus osseux, l&rsquo;assistance auditive et le soutien psychodynamique forment une trame th\u00e9rapeutique unifi\u00e9e.<\/p>\n<h3>5. \u00c9volution historique<\/h3>\n<p>L&rsquo;histoire clinique du syndrome de Berry s&rsquo;enracine \u00e0 la fin du dix-neuvi\u00e8me si\u00e8cle, \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 l&rsquo;ophtalmologie naissante et l&rsquo;anatomie pathologique commen\u00e7aient \u00e0 classifier syst\u00e9matiquement les malformations cong\u00e9nitales de l&rsquo;orbite et de la face. En 1889, le chirurgien ophtalmologiste \u00e9cossais George Andreas Berry publia dans les <em>Royal London Ophthalmic Hospital Reports<\/em> une communication scientifique pionni\u00e8re d\u00e9crivant un colobome bilat\u00e9ral sym\u00e9trique des paupi\u00e8res inf\u00e9rieures associ\u00e9 \u00e0 des d\u00e9pressions faciales marqu\u00e9es chez une patiente et sa fille. Cette premi\u00e8re description inaugurait l&rsquo;identification d&rsquo;une transmission familiale h\u00e9r\u00e9ditaire affectant la morphogen\u00e8se de la face.<\/p>\n<p>Onze ann\u00e9es plus tard, en 1900, le chirurgien et ophtalmologue britannique Edward Treacher Collins pr\u00e9senta devant la Soci\u00e9t\u00e9 Ophtalmologique du Royaume-Uni le compte rendu clinique de deux enfants pr\u00e9sentant des encoches cong\u00e9nitales sym\u00e9triques aux paupi\u00e8res inf\u00e9rieures associ\u00e9es \u00e0 une aplasie presque compl\u00e8te des os malaires. La rigueur anatomique des descriptions de Collins permit \u00e0 la communaut\u00e9 m\u00e9dicale de reconna\u00eetre l&rsquo;existence d&rsquo;une pathologie d\u00e9veloppementale coh\u00e9rente, ce qui valut \u00e0 son patronyme de s&rsquo;ancrer durablement dans la litt\u00e9rature mondiale. N\u00e9anmoins, les contributions initiales de Berry rest\u00e8rent c\u00e9l\u00e9br\u00e9es en Grande-Bretagne sous la d\u00e9signation de \u00ab syndrome de Berry \u00bb.<\/p>\n<p>Au milieu du vingti\u00e8me si\u00e8cle, les travaux men\u00e9s \u00e0 Gen\u00e8ve par Adolphe Franceschetti, David Klein et Pierre Zwahlen (1944, 1949) marqu\u00e8rent un tournant d\u00e9cisif en formalisant le concept de \u00ab dysostose mandibulo-faciale \u00bb et en d\u00e9montrant d\u00e9finitivement la transmission autosomique dominante \u00e0 expressivit\u00e9 hautement variable. Ces auteurs \u00e9tablirent que des pr\u00e9sentations apparemment dissemblables au sein d&rsquo;une m\u00eame famille pouvaient relever d&rsquo;une m\u00eame racine g\u00e9n\u00e9tique, certains membres ne manifestant que de discr\u00e8tes encoches palp\u00e9brales tandis que d&rsquo;autres pr\u00e9sentaient un tableau malformatif complet.<\/p>\n<p>La fin du vingti\u00e8me si\u00e8cle et les premi\u00e8res d\u00e9cennies du vingt-et-uni\u00e8me si\u00e8cle ont r\u00e9volutionn\u00e9 la compr\u00e9hension \u00e9tiologique du syndrome gr\u00e2ce \u00e0 la g\u00e9n\u00e9tique mol\u00e9culaire. L&rsquo;identification en 1996 du g\u00e8ne principal <em>TCOF1<\/em> sur le chromosome 5 par le consortium The Treacher Collins Syndrome Collaborative Group a mis en \u00e9vidence le r\u00f4le de la prot\u00e9ine treacle dans la biogen\u00e8se ribosomale. Plus r\u00e9cemment, les d\u00e9couvertes concernant les g\u00e8nes <em>POLR1D<\/em>, <em>POLR1C<\/em> et <em>POLR1B<\/em> ont achev\u00e9 de classifier le syndrome comme une ribosomopathie, ouvrant de nouvelles pistes sur la signalisation cellulaire embryonnaire et modifiant consid\u00e9rablement les pratiques d&rsquo;\u00e9valuation psychologique et de conseil g\u00e9n\u00e9tique.<\/p>\n<h3>6. Fondements th\u00e9oriques<\/h3>\n<p>Le cadre th\u00e9orique expliquant les origines du syndrome de Berry repose sur deux piliers indissociables : la biologie cellulaire du d\u00e9veloppement et les mod\u00e8les biopsychosociaux de l&rsquo;adaptation humaine. Sur le versant biologique, le mod\u00e8le dominant est celui de la ribosomopathie d\u00e9veloppementale. La perturbation de la transcription de l&rsquo;acide ribonucl\u00e9ique ribosomal (ARNr) au sein des nucl\u00e9oles des neuro\u00e9pith\u00e9liums embryonnaires entra\u00eene un stress nucl\u00e9olaire s\u00e9v\u00e8re. Ce dysfonctionnement biochimique active la voie de surveillance m\u00e9di\u00e9e par la prot\u00e9ine p53, provoquant une vague massive de mort cellulaire programm\u00e9e (apoptose) au sein des pr\u00e9curseurs de la cr\u00eate neurale c\u00e9phalique avant qu&rsquo;ils ne puissent accomplir leur migration dans les arcs pharyng\u00e9s.<\/p>\n<p>En cons\u00e9quence de cette hypoplasie tissulaire pr\u00e9coce, la th\u00e9orie morphog\u00e9n\u00e9tique des arcs pharyng\u00e9s postule que les structures d\u00e9rivant du premier arc (maxillaire, mandibule, incus, mall\u00e9us) et du deuxi\u00e8me arc (stap\u00e8s, pavillon de l&rsquo;oreille) ne re\u00e7oivent pas la masse critique de cellules m\u00e9senchymateuses indispensable \u00e0 une ost\u00e9ogen\u00e8se et chondrogen\u00e8se harmonieuses. Ce mod\u00e8le biom\u00e9canique rend fid\u00e8lement compte de la bilat\u00e9ralit\u00e9 et de la quasi-sym\u00e9trie des l\u00e9sions osseuses observ\u00e9es \u00e0 la naissance, contrastant avec d&rsquo;autres syndromes asym\u00e9triques comme le syndrome de Goldenhar.<\/p>\n<p>Sur le plan des sciences psychologiques, le syndrome de Berry est analys\u00e9 \u00e0 travers le prisme de la <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Stigmatisation\">stigmatisation sociale<\/a> th\u00e9oris\u00e9e par Erving Goffman, et la th\u00e9orie de l&rsquo;attachement d\u00e9velopp\u00e9e par John Bowlby. Le mod\u00e8le de Goffman permet de conceptualiser la mani\u00e8re dont les dysmorphies visibles imposent au sujet une \u00ab identit\u00e9 sociale virtuelle \u00bb st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9e et d\u00e9valoris\u00e9e, en conflit permanent avec son \u00ab identit\u00e9 sociale r\u00e9elle \u00bb. La th\u00e9orie de l&rsquo;attachement \u00e9claire quant \u00e0 elle la p\u00e9riode postnatale imm\u00e9diate : le visage du nouveau-n\u00e9, priv\u00e9 des marqueurs visuels conventionnels de la n\u00e9ot\u00e9nie (grands yeux ronds, joues rebondies facilitant l&rsquo;instinct de maternage selon Konrad Lorenz), peut induire un choc \u00e9motionnel chez les parents, compliquant le processus pr\u00e9coce de liaison affective.<\/p>\n<p>Enfin, la th\u00e9orie de l&rsquo;ajustement cognitif de Shelley Taylor et les mod\u00e8les contemporains de la psychologie de la sant\u00e9 fournissent une grille de lecture des m\u00e9canismes de r\u00e9silience. Ils mettent en lumi\u00e8re comment les enfants atteints d\u00e9veloppent des strat\u00e9gies d&rsquo;adaptation (coping) focalis\u00e9es sur le sens, mobilisant leurs ressources intellectuelles et leurs comp\u00e9tences verbales pour compenser les asym\u00e9tries relationnelles induites par leur apparence faciale, soulignant que la vuln\u00e9rabilit\u00e9 somatique n&rsquo;est pas synonyme de d\u00e9ficit psychologique.<\/p>\n<h3>7. Composantes cl\u00e9s, types et dimensions<\/h3>\n<p>Le syndrome de Berry se d\u00e9ploie selon plusieurs dimensions anatomiques, physiologiques et psychosociales interd\u00e9pendantes :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Anomalies du massif craniofacial sup\u00e9rieur et orbitaire :<\/strong> Hypoplasie bilat\u00e9rale s\u00e9v\u00e8re des os malaires (zygomatiques), absence ou discontinuit\u00e9 des arcades zygomatiques, inclinaison antimongolo\u00efde caract\u00e9ristique des fentes palp\u00e9brales, et pr\u00e9sence quasi constante de colobomes (encoches) sur la paupi\u00e8re inf\u00e9rieure externe, accompagn\u00e9s d&rsquo;une rar\u00e9faction marqu\u00e9e des cils.<\/li>\n<li><strong>Atteinte mandibulaire et maxillaire inf\u00e9rieure :<\/strong> Micrognathie et r\u00e9trognathie prononc\u00e9es avec recul post\u00e9rieur du menton, hypoplasie du condyle et de la branche montante de la mandibule, vo\u00fbte palatine ogivale, b\u00e9ance dentaire ant\u00e9rieure et fr\u00e9quence \u00e9lev\u00e9e de fentes palatines (avec ou sans fente labiale), entra\u00eenant des restrictions majeures des voies a\u00e9riennes sup\u00e9rieures.<\/li>\n<li><strong>Dysmorphies auriculaires et d\u00e9ficit neurosensoriel :<\/strong> Malformations \u00e9tag\u00e9es de l&rsquo;appareil auditif incluant la microtie ou l&rsquo;anotie (atrophie ou absence du pavillon), la st\u00e9nose ou l&rsquo;atr\u00e9sie des conduits auditifs externes, ainsi que des anomalies fusionnelles de la cha\u00eene des osselets (marteau et enclume), d\u00e9bouchant sur une surdit\u00e9 de transmission bilat\u00e9rale pouvant atteindre 40 \u00e0 60 d\u00e9cibels.<\/li>\n<li><strong>Int\u00e9grit\u00e9 neurocognitive et fonctions ex\u00e9cutives :<\/strong> Pr\u00e9servation typique du tissu c\u00e9r\u00e9bral central et de la substance blanche, se traduisant par un quotient intellectuel (QI) global parfaitement align\u00e9 sur la population g\u00e9n\u00e9rale, en d\u00e9pit des potentielles interf\u00e9rences de la privation auditive non trait\u00e9e sur le d\u00e9veloppement du langage.<\/li>\n<li><strong>Dimension psychosociale et r\u00e9sonance \u00e9motionnelle :<\/strong> Vuln\u00e9rabilit\u00e9 accrue aux troubles de l&rsquo;<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Image_du_corps\">image corporelle<\/a>, aux comportements de retrait social, aux \u00e9pisodes anxio-d\u00e9pressifs \u00e0 l&rsquo;adolescence et \u00e0 la stigmatisation par les pairs en contexte \u00e9ducatif ordinaire.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>8. Exemples et cas illustratifs<\/h3>\n<p>Pour appr\u00e9hender la port\u00e9e clinique concr\u00e8te du syndrome de Berry, l&rsquo;analyse de situations de vie typiques offre un \u00e9clairage pr\u00e9cieux sur les multiples facettes de sa prise en charge. Consid\u00e9rons le cas d&rsquo;un nouveau-n\u00e9, n\u00e9 \u00e0 terme d&rsquo;une grossesse sans anomalie \u00e9chographique flagrante d\u00e9cel\u00e9e. D\u00e8s les premi\u00e8res minutes de vie, l&rsquo;enfant manifeste une d\u00e9tresse respiratoire inspiratoire aigu\u00eb li\u00e9e au recul lingual contre la paroi pharyng\u00e9e post\u00e9rieure (s\u00e9quence de Pierre Robin associ\u00e9e). Le diagnostic clinique pr\u00e9coce du syndrome de Berry permet d&rsquo;\u00e9viter l&rsquo;\u00e9chec d&rsquo;une intubation endotrach\u00e9ale complexe gr\u00e2ce au recours \u00e0 une canule de Guedel adapt\u00e9e, suivi de la pose d&rsquo;une distraction ost\u00e9og\u00e9nique mandibulaire n\u00e9onatale. Concomitamment, un examen audiologique par potentiels \u00e9voqu\u00e9s auditifs pr\u00e9coces r\u00e9v\u00e8le une surdit\u00e9 de transmission de 50 dB, compens\u00e9e imm\u00e9diatement \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de deux mois par un bandeau \u00e0 conduction osseuse, pr\u00e9servant ainsi l&rsquo;\u00e9veil acoustique et la dynamique d&rsquo;accordage affectif pr\u00e9coce avec la m\u00e8re.<\/p>\n<p>Un deuxi\u00e8me cas illustratif concerne une fillette de huit ans scolaris\u00e9e en classe de cours \u00e9l\u00e9mentaire, porteuse d&rsquo;une forme mod\u00e9r\u00e9e de la pathologie h\u00e9rit\u00e9e de son p\u00e8re. Dot\u00e9e d&rsquo;une vive intelligence et d&rsquo;un vocabulaire \u00e9labor\u00e9, elle pr\u00e9sente n\u00e9anmoins une timidit\u00e9 invalidante, une posture corporelle prostr\u00e9e et refuse syst\u00e9matiquement de prendre la parole en public, craignant les moqueries de ses camarades quant \u00e0 la forme de ses yeux et \u00e0 ses appareils auditifs ancr\u00e9s sur serre-t\u00eate. L&rsquo;intervention d&rsquo;un psychologue scolaire coupl\u00e9e \u00e0 des s\u00e9ances de psychoth\u00e9rapie cognitivo-comportementale et \u00e0 un atelier de sensibilisation men\u00e9 en classe autour de la diversit\u00e9 des apparences ont permis de d\u00e9samorcer la stigmatisation, r\u00e9instaurant chez l&rsquo;enfant un sentiment d&rsquo;auto-efficacit\u00e9 et favorisant son \u00e9panouissement acad\u00e9mique.<\/p>\n<p>Un troisi\u00e8me exemple documente l&rsquo;exp\u00e9rience d&rsquo;un adulte de trente-cinq ans ayant subi plus de quinze interventions chirurgicales reconstructrices au cours de son enfance et de son adolescence (rhinoplasties, greffes calvariales malaires, reconstruction des pavillons par cartilage costal selon la technique de Brent). Professionnel accompli dans le secteur de l&rsquo;ing\u00e9nierie informatique, il sollicite une consultation de g\u00e9n\u00e9tique m\u00e9dicale et de soutien psychologique en amont de son projet parental. L&rsquo;accompagnement th\u00e9rapeutique lui a offert un espace d&rsquo;\u00e9laboration pour surmonter la culpabilit\u00e9 li\u00e9e au risque de transmission (50 % \u00e0 chaque conception) et pour revisiter la m\u00e9moire traumatique des multiples chirurgies pass\u00e9es, illustrant le continuum du travail d&rsquo;int\u00e9gration identitaire chez les adultes vivant avec une maladie craniofaciale rare.<\/p>\n<h3>9. Mesure et \u00e9valuation<\/h3>\n<p>L&rsquo;\u00e9valuation du syndrome de Berry exige un dispositif d&rsquo;exploration diagnostique et clinique multidisciplinaire, articulant investigations somatiques de pointe et bilans psychom\u00e9triques standardis\u00e9s. Durant la p\u00e9riode ant\u00e9natale, l&rsquo;\u00e9chographie morphologique tridimensionnelle du deuxi\u00e8me trimestre compl\u00e9t\u00e9e par l&rsquo;imagerie par r\u00e9sonance magn\u00e9tique (IRM) f\u0153tale permet de rep\u00e9rer les signes pr\u00e9curseurs : r\u00e9trognathie s\u00e9v\u00e8re, hypoplasie malaire, microtie et absence de visualisation des conduits auditifs. Le diagnostic mol\u00e9culaire formel repose sur le s\u00e9quen\u00e7age \u00e0 haut d\u00e9bit de nouvelle g\u00e9n\u00e9ration (NGS) ciblant les mutations des g\u00e8nes <em>TCOF1<\/em> (responsable d&rsquo;environ 80 \u00e0 90 % des cas document\u00e9s), <em>POLR1D<\/em>, <em>POLR1C<\/em> et <em>POLR1B<\/em>, permettant \u00e9galement de pr\u00e9ciser le risque de r\u00e9currence intrafamiliale.<\/p>\n<p>D\u00e8s la p\u00e9riode n\u00e9onatale, l&rsquo;\u00e9valuation fonctionnelle de l&rsquo;audition s&rsquo;effectue au moyen de potentiels \u00e9voqu\u00e9s auditifs pr\u00e9coces automatis\u00e9s (PEAA) mesur\u00e9s en conduction a\u00e9rienne et en conduction osseuse. Ce d\u00e9pistage minutieux permet de quantifier pr\u00e9cis\u00e9ment le seuil de perte conductive et de diff\u00e9rencier les d\u00e9ficits m\u00e9caniques des rarissimes atteintes neurosensorielles cochl\u00e9aires. Parall\u00e8lement, des examens tomodensitom\u00e9triques (scanner haute r\u00e9solution du rocher et du massif facial) objectivent la g\u00e9om\u00e9trie exacte des voies a\u00e9riennes pharyng\u00e9es et la pneumatisation des structures temporales, guidant le calendrier chirurgical de r\u00e9habilitation.<\/p>\n<p>Sur le versant psychologique et neurod\u00e9veloppemental, l&rsquo;investigation s&rsquo;appuie sur des batteries d&rsquo;\u00e9valuation psychom\u00e9trique valid\u00e9es, en veillant scrupuleusement \u00e0 neutraliser le biais sensoriel auditif. L&rsquo;utilisation des \u00e9chelles d&rsquo;intelligence de Wechsler (WPPSI-IV, WISC-V) requiert une adaptation rigoureuse des consignes pour les \u00e9preuves verbales et une attention accrue accord\u00e9e \u00e0 l&rsquo;Indice de Raisonnement Fluide et \u00e0 l&rsquo;Indice Visuo-Spatial, domaines o\u00f9 les enfants atteints excellent g\u00e9n\u00e9ralement. Sur le plan psycho-affectif, des instruments standardis\u00e9s tels que le <em>Behavior Assessment System for Children<\/em> (BASC-3), l&rsquo;inventaire de d\u00e9pression pour enfants (CDI) et des \u00e9chelles de mesure de l&rsquo;image du corps (comme le <em>Multidimensional Body-Self Relations Questionnaire<\/em>) permettent d&rsquo;objectiver pr\u00e9cocement l&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 sociale, les affects d\u00e9pressifs et les r\u00e9percussions du harc\u00e8lement scolaire.<\/p>\n<h3>10. Applications et port\u00e9e pratique<\/h3>\n<p>La compr\u00e9hension int\u00e9gr\u00e9e du syndrome de Berry g\u00e9n\u00e8re des applications cliniques indispensables tant dans les blocs op\u00e9ratoires p\u00e9diatriques que dans les cabinets de psychoth\u00e9rapie et les institutions scolaires. Dans les services de n\u00e9onatalogie et de r\u00e9animation p\u00e9diatrique, l&rsquo;identification formelle de l&rsquo;entit\u00e9 permet d&rsquo;anticiper la gestion des voies a\u00e9riennes difficiles, interdisant le recours \u00e0 des protocoles d&rsquo;anesth\u00e9sie standard non pr\u00e9par\u00e9s et favorisant la mise en \u0153uvre de dispositifs d&rsquo;avancement mandibulaire par distraction osseuse pr\u00e9coce pour \u00e9viter une trach\u00e9otomie au long cours.<\/p>\n<p>Dans le domaine \u00e9ducatif, la prise en compte de la surdit\u00e9 de transmission et des alt\u00e9rations phonatoires li\u00e9es \u00e0 la dysmorphie v\u00e9lo-palatine impose la r\u00e9daction de projets personnalis\u00e9s de scolarisation (PPS) ou de plans d&rsquo;accompagnement individualis\u00e9s. Les applications concr\u00e8tes incluent l&rsquo;installation pr\u00e9f\u00e9rentielle de l&rsquo;\u00e9l\u00e8ve au premier rang, l&rsquo;utilisation de microphones \u00e0 modulation de fr\u00e9quence (syst\u00e8mes HF) port\u00e9s par l&rsquo;enseignant et coupl\u00e9s directement au processeur auditif \u00e0 conduction osseuse de l&rsquo;\u00e9l\u00e8ve, ainsi qu&rsquo;un am\u00e9nagement des \u00e9valuations orales en concertation avec l&rsquo;orthophoniste.<\/p>\n<p>Sur le terrain de la sant\u00e9 mentale et de la psychologie p\u00e9diatrique, la port\u00e9e pratique se traduit par des protocoles d&rsquo;accompagnement pr\u00e9coce de la parentalit\u00e9. D\u00e8s l&rsquo;annonce du diagnostic, les psychologues interviennent aupr\u00e8s des figures parentales pour les guider dans le deuil de \u00ab l&rsquo;enfant imaginaire \u00bb id\u00e9alis\u00e9 et faciliter le d\u00e9codage des micro-signaux \u00e9motionnels du nourrisson, dont les expressions faciales conventionnelles peuvent \u00eatre alt\u00e9r\u00e9es par l&rsquo;hypomobilit\u00e9 p\u00e9riorbitaire et la morphologie de la bouche. Chez les adolescents, des programmes structur\u00e9s de soutien par les pairs et d&rsquo;entra\u00eenement aux comp\u00e9tences sociales apportent des outils pr\u00e9cieux pour faire face aux micro-agressions et aux regards insistants en milieu public.<\/p>\n<h3>11. Recherche et donn\u00e9es empiriques<\/h3>\n<p>La production scientifique d\u00e9di\u00e9e au syndrome de Berry a connu une expansion consid\u00e9rable gr\u00e2ce au croisement de la biologie mol\u00e9culaire et des sciences du comportement. Les investigations men\u00e9es par Dixon et al. (2007) et Trainor et al. (2009) sur des mod\u00e8les murins de mutation <em>Tcof1<\/em> ont d\u00e9montr\u00e9 empiriquement que l&rsquo;inhibition chimique ou pharmacologique de la prot\u00e9ine p53 au cours de l&#8217;embryogen\u00e8se pr\u00e9coce permettait de pr\u00e9venir presque int\u00e9gralement l&rsquo;apoptose des cellules de la cr\u00eate neurale et de restaurer un d\u00e9veloppement facial normal. Bien que ces d\u00e9couvertes ne soient pas encore directement transposables en th\u00e9rapeutique f\u0153tale humaine, elles ont valid\u00e9 le mod\u00e8le causal fondamental de la maladie.<\/p>\n<p>Sur le plan neuropsychologique et psychopathologique, une m\u00e9ta-analyse pionni\u00e8re men\u00e9e par Speltz et al. a explor\u00e9 le d\u00e9veloppement socio-\u00e9motionnel et cognitif d&rsquo;enfants porteurs d&rsquo;anomalies craniofaciales cong\u00e9nitales majeures. Leurs donn\u00e9es empiriques confirment que lorsque l&rsquo;audition est ad\u00e9quatement corrig\u00e9e avant l&rsquo;\u00e2ge de 6 mois, les quotients de d\u00e9veloppement intellectuel et verbal ne montrent aucun \u00e9cart statistiquement significatif par rapport \u00e0 des groupes de contr\u00f4le appari\u00e9s selon l&rsquo;\u00e2ge et le statut socio-\u00e9conomique. Ces recherches ont scientifiquement battu en br\u00e8che le pr\u00e9jug\u00e9 historique associant dysmorphie faciale s\u00e9v\u00e8re et d\u00e9ficit mental cong\u00e9nital.<\/p>\n<p>Par ailleurs, les \u00e9tudes longitudinales conduites par Kapp-Simon (2012) et Johns Hopkins Medicine sur la qualit\u00e9 de vie des adolescents atteints ont soulign\u00e9 la pr\u00e9sence d&rsquo;un ph\u00e9nom\u00e8ne de paradoxe du bien-\u00eatre : malgr\u00e9 des indices d&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 sociale mesurables sup\u00e9rieurs \u00e0 la moyenne durant la transition vers le coll\u00e8ge, une vaste cohorte de patients fait preuve d&rsquo;un score de r\u00e9silience psychologique et d&rsquo;une satisfaction de vie \u00e9quivalents \u00e0 ceux de leurs pairs sans malformation, pour peu qu&rsquo;ils aient b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d&rsquo;un environnement familial soutenant et d&rsquo;une prise en charge chirurgicale concert\u00e9e, \u00e9vitant les sur-op\u00e9rations inutiles.<\/p>\n<h3>12. Consid\u00e9rations culturelles et transculturelles<\/h3>\n<p>Les manifestations et le v\u00e9cu du syndrome de Berry sont tributaires des repr\u00e9sentations culturelles de la beaut\u00e9, de l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 corporelle et de la maladie cong\u00e9nitale. Dans de nombreuses soci\u00e9t\u00e9s occidentales contemporaines domin\u00e9es par la culture de l&rsquo;image, de l&rsquo;instantan\u00e9it\u00e9 visuelle et des r\u00e9seaux sociaux num\u00e9riques, le visage constitue le support privil\u00e9gi\u00e9 de la valeur per\u00e7ue de l&rsquo;individu. Dans ce contexte, toute atypie morphologique faciale majeure expose le sujet \u00e0 un risque accru de rejet ou d&rsquo;invisibilisation sociale, intensifiant la demande de normalisation chirurgicale esth\u00e9tique d\u00e8s l&rsquo;enfance.<\/p>\n<p>\u00c0 l&rsquo;inverse, dans certaines cultures traditionnelles ou collectivistes, la naissance d&rsquo;un enfant porteur d&rsquo;une malformation craniofaciale s\u00e9v\u00e8re peut faire l&rsquo;objet d&rsquo;interpr\u00e9tations cosmologiques ou spirituelles complexes, allant de la croyance en une mal\u00e9diction ancestrale ou une punition karmique jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;octroi d&rsquo;un statut symbolique protecteur particulier au sein de la communaut\u00e9 \u00e9largie. Ces grilles de lecture culturelles influencent directement la mani\u00e8re dont les parents s&rsquo;approprient le diagnostic et acceptent ou refusent les interventions de r\u00e9habilitation chirurgicale.<\/p>\n<p>L&rsquo;acc\u00e8s aux ressources sanitaires et technologiques constitue \u00e9galement une variable transculturelle d\u00e9terminante. Dans les pays \u00e0 faibles revenus ou d\u00e9pourvus de syst\u00e8mes de s\u00e9curit\u00e9 sociale universels, les enfants porteurs du syndrome de Berry demeurent fr\u00e9quemment priv\u00e9s d&rsquo;appareillage auditif \u00e0 ancrage osseux et d&rsquo;interventions de lib\u00e9ration respiratoire pr\u00e9coce. En cons\u00e9quence, nombre d&rsquo;entre eux d\u00e9veloppent des retards de langage s\u00e9v\u00e8res et se voient marginalis\u00e9s de tout syst\u00e8me \u00e9ducatif classique, illustrant la mani\u00e8re dont les disparit\u00e9s \u00e9conomiques mondiales transforment un d\u00e9sordre anatomique r\u00e9parable en une situation de handicap mental et social acquis.<\/p>\n<h3>13. Critiques, controverses et limites<\/h3>\n<p>Plusieurs d\u00e9bats \u00e9pist\u00e9mologiques, bio\u00e9thiques et nosologiques animent la litt\u00e9rature consacr\u00e9e au syndrome de Berry. Le premier point de controverse concerne la nosologie \u00e9ponymique elle-m\u00eame. Dans la pratique internationale, certains auteurs pr\u00e9conisent l&rsquo;abandon pur et simple du terme \u00ab syndrome de Berry \u00bb ou \u00ab syndrome de Treacher Collins \u00bb au profit du vocable descriptif standardis\u00e9 de \u00ab dysostose mandibulo-faciale \u00bb (code CIM et OMIM), arguant que les \u00e9ponymes masquent la r\u00e9alit\u00e9 g\u00e9n\u00e9tique sous-jacente et honorent de mani\u00e8re contestable des figures historiques masculines occidentales aux d\u00e9pens d&rsquo;une classification physiopathologique rigoureuse.<\/p>\n<p>Une seconde controverse critique a \u00e9merg\u00e9 au sein de la bio\u00e9thique et de la psychologie m\u00e9dicale concernant le \u00ab sur-traitement \u00bb chirurgical de la face. De nombreux chercheurs et militants issus de la communaut\u00e9 des personnes vivant avec une diff\u00e9rence faciale critiquent l&rsquo;id\u00e9ologie normative qui pousse parfois les \u00e9quipes chirurgicales \u00e0 multiplier les interventions reconstructrices douloureuses, \u00e9tal\u00e9es sur des d\u00e9cennies (reconstructions des pommettes, ost\u00e9otomies maxillaires multiples, rhinoplasties it\u00e9ratives), sans b\u00e9n\u00e9fice fonctionnel direct d\u00e9montr\u00e9 et au d\u00e9triment de la scolarit\u00e9 et de l&rsquo;\u00e9quilibre psychologique de l&rsquo;enfant. Les d\u00e9fenseurs de la d\u00e9stigmatisation plaident pour que la priorit\u00e9 absolue soit accord\u00e9e aux fonctions vitales (respiration, d\u00e9glutition, audition) et \u00e0 l&rsquo;affirmation identitaire, rel\u00e9guant la recherche de conformit\u00e9 esth\u00e9tique \u00e0 un choix \u00e9clair\u00e9 exprim\u00e9 par le patient lui-m\u00eame \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge adulte.<\/p>\n<p>Enfin, une limite diagnostique majeure r\u00e9side dans la variabilit\u00e9 intrafamiliale extr\u00eame du syndrome. Il arrive fr\u00e9quemment qu&rsquo;un parent porteur d&rsquo;une forme si discr\u00e8te qu&rsquo;elle n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 diagnostiqu\u00e9e donne naissance \u00e0 un enfant atteint d&rsquo;une forme l\u00e9tale par asphyxie n\u00e9onatale. Cette discordance ph\u00e9notypique au sein d&rsquo;une m\u00eame lign\u00e9e g\u00e9n\u00e9tique g\u00e9n\u00e8re une incertitude pronostique consid\u00e9rable lors du diagnostic pr\u00e9natal, soulevant des dilemmes \u00e9thiques intenses lors des consultations de diagnostic pr\u00e9implantatoire ou d&rsquo;interruption m\u00e9dicale de grossesse.<\/p>\n<h3>14. Termes connexes et distinctions<\/h3>\n<p>Pour \u00e9viter toute confusion diagnostique, il est imp\u00e9ratif de distinguer le syndrome de Berry d&rsquo;autres entit\u00e9s morphog\u00e9n\u00e9tiques et cliniques voisines :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Le syndrome de Berry en cardiologie cong\u00e9nitale :<\/strong> Homonyme absolu sur le plan nominal, cette affection d\u00e9crite par Teresa E. Berry en 1982 est une malformation cardiovasculaire f\u0153tale rare associant une fen\u00eatre aorto-pulmonaire distale, une interruption ou hypoplasie de la crosse aortique, une origine aortique de l&rsquo;art\u00e8re pulmonaire droite et un septum interventriculaire intact. Elle n&rsquo;a aucun lien \u00e9tiologique, g\u00e9n\u00e9tique ou ph\u00e9notypique avec la dysostose mandibulo-faciale.<\/li>\n<li><strong>Le syndrome de Nager (acrodysostose pr\u00e9axiale) :<\/strong> Pr\u00e9sente un faci\u00e8s quasi identique \u00e0 celui du syndrome de Berry, mais s&rsquo;en distingue fondamentalement par des anomalies musculo-squelettiques majeures des membres sup\u00e9rieurs, notamment une hypoplasie ou aplasie radiale et des pouces surnum\u00e9raires ou absents, li\u00e9es \u00e0 des mutations du g\u00e8ne <em>SF3B4<\/em>.<\/li>\n<li><strong>Le syndrome de Goldenhar (dysplasie oculo-auriculo-vert\u00e9brale) :<\/strong> Se caract\u00e9rise par une asym\u00e9trie faciale prononc\u00e9e (hypoplasie h\u00e9mifaciale unilat\u00e9rale), la pr\u00e9sence de kystes dermo\u00efdes \u00e9pibulbaires sur la corn\u00e9e et des malformations des vert\u00e8bres cervicales, contrastant avec la stricte bilat\u00e9ralit\u00e9 et sym\u00e9trie du syndrome de Berry.<\/li>\n<li><strong>La s\u00e9quence de Pierre Robin isol\u00e9e :<\/strong> Associe r\u00e9trognathie, glossoptose et fente palatine, mais sans l&rsquo;hypoplasie malaire, sans les colobomes palp\u00e9braux et sans les malformations des pavillons auriculaires caract\u00e9ristiques de la dysostose mandibulo-faciale compl\u00e8te.<\/li>\n<li><strong>Le syndrome de Miller (dysostose postaxiale acrofaciale) :<\/strong> Associe des dysmorphies faciales proches de la dysostose de Berry \u00e0 des r\u00e9ductions s\u00e9v\u00e8res des rayons postaxiaux des membres (absence des cinqui\u00e8me et parfois quatri\u00e8me doigts ou orteils), induites par des mutations biall\u00e9liques du g\u00e8ne <em>DHODH<\/em>.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>15. R\u00e9sum\u00e9 et points cl\u00e9s<\/h3>\n<p>En synth\u00e8se, le syndrome de Berry constitue une affection cong\u00e9nitale embl\u00e9matique du neurod\u00e9veloppement craniofacial, r\u00e9sultant d&rsquo;un dysfonctionnement biologique de la cr\u00eate neurale embryonnaire cons\u00e9cutif \u00e0 une ribosomopathie. Cette pathologie fa\u00e7onne une architecture faciale singuli\u00e8re marqu\u00e9e par l&rsquo;hypoplasie des pommettes et de la m\u00e2choire inf\u00e9rieure, des encoches palp\u00e9brales typiques et une surdit\u00e9 de transmission bilat\u00e9rale li\u00e9e \u00e0 des malformations de l&rsquo;oreille moyenne et externe. Malgr\u00e9 l&rsquo;ampleur spectaculaire de ces stigmates physiques, l&rsquo;appareil c\u00e9r\u00e9bral sup\u00e9rieur et l&rsquo;intelligence globale des patients sont scrupuleusement \u00e9pargn\u00e9s.<\/p>\n<p>Le pronostic vital imm\u00e9diat d\u00e9pend de la gestion chirurgicale des voies respiratoires sup\u00e9rieures d\u00e8s les premi\u00e8res heures de vie, tandis que le pronostic cognitif et social est conditionn\u00e9 par la mise en place ultrapr\u00e9coce d&rsquo;un appareillage auditif \u00e0 conduction osseuse, garante d&rsquo;un d\u00e9veloppement harmonieux du langage. Au-del\u00e0 des prouesses de la chirurgie reconstructrice maxillo-faciale, l&rsquo;enjeu clinique moderne r\u00e9side dans l&rsquo;accompagnement psychologique global de l&rsquo;individu et de sa famille, visant \u00e0 d\u00e9jouer la stigmatisation, \u00e0 consolider l&rsquo;image corporelle et \u00e0 soutenir l&rsquo;\u00e9panouissement intellectuel et affectif du sujet au sein de la cit\u00e9.<\/p>\n<h2>R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<ul>\n<li>Berry, G. A. (1889). Note on a congenital defect (coloboma?) of the lower lid. <em>Royal London Ophthalmic Hospital Reports<\/em>, 12, 255\u2013257. <a href=\"https:\/\/catalog.hathitrust.org\/Record\/008698711\">https:\/\/catalog.hathitrust.org\/Record\/008698711<\/a><\/li>\n<li>Dixon, J., Jones, N. C., Sandell, L. L., Jayasinghe, R. D., Crane, J., Rey, J. P., Dixon, M. J., &#038; Trainor, P. A. (2006). Tcof1\/Treacle is required for neural crest cell formation and proliferation prior to specification of the first branchial arch. <em>Development<\/em>, 133(1), 311\u2013318. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1242\/dev.02196\">https:\/\/doi.org\/10.1242\/dev.02196<\/a><\/li>\n<li>Franceschetti, A., &#038; Klein, D. (1949). The mandibulo-facial dysostosis: A new hereditary syndrome. <em>Acta Ophthalmologica<\/em>, 27(2), 143\u2013224. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1111\/j.1755-3768.1949.tb05824.x\">https:\/\/doi.org\/10.1111\/j.1755-3768.1949.tb05824.x<\/a><\/li>\n<li>Kapp-Simon, M. L., &#038; McGuire, D. E. (1997). Mental development and learning disorders in children with craniofacial conditions. In D. Marchac (Ed.), <em>Craniofacial Surgery<\/em> (pp. 312\u2013321). Monduzzi Editore. <a href=\"https:\/\/pubmed.ncbi.nlm.nih.gov\/9082345\/\">https:\/\/pubmed.ncbi.nlm.nih.gov\/9082345\/<\/a><\/li>\n<li>Trainor, P. A., Dixon, J., &#038; Dixon, M. J. (2009). Treacher Collins syndrome: Etiology, pathogenesis and prevention. <em>European Journal of Human Genetics<\/em>, 17(3), 275\u2013283. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1038\/ejhg.2008.221\">https:\/\/doi.org\/10.1038\/ejhg.2008.221<\/a><\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le syndrome de Berry (syndrome de Treacher Collins) est une anomalie g\u00e9n\u00e9tique craniofaciale rare associant dysmorphie malaire, surdit\u00e9 de transmission et pr\u00e9servation cognitive compl\u00e8te.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"template":"","categories":[15781,6068,3],"tags":[36809,36808,303,13487,31995,36806,36807],"class_list":["post-21930","psych_term","type-psych_term","status-publish","hentry","category-neurodeveloppement","category-pedopsychiatrie","category-psychologie-clinique","tag-developpement-craniofacial","tag-dysostose-mandibulo-faciale","tag-image-corporelle","tag-psychologie-medicale","tag-surdite-de-transmission","tag-syndrome-de-berry","tag-syndrome-de-treacher-collins"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_term\/21930","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_term"}],"about":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/psych_term"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_term\/21930\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=21930"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=21930"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=21930"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}