{"id":21582,"date":"2026-10-26T00:08:20","date_gmt":"2026-10-26T00:08:20","guid":{"rendered":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/?psych_term=ballisme-semiologie-et-neurobiologie"},"modified":"2026-10-26T00:08:20","modified_gmt":"2026-10-26T00:08:20","slug":"ballisme-semiologie-et-neurobiologie","status":"publish","type":"psych_term","link":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/?psych_term=ballisme-semiologie-et-neurobiologie","title":{"rendered":"Ballisme : S\u00e9miologie et neurobiologie"},"content":{"rendered":"<p>Le ballisme constitue l&rsquo;un des troubles du mouvement les plus spectaculaires et d\u00e9bilitants de la s\u00e9miologie neurologique, caract\u00e9ris\u00e9 par des projections motrices involontaires, violentes et de grande amplitude impliquant principalement les segments proximaux des membres. Souvent assimil\u00e9 \u00e0 un d\u00e9r\u00e8glement aigu des r\u00e9seaux cortico-sous-corticaux, ce syndrome hypercin\u00e9tique alt\u00e8re profond\u00e9ment la motricit\u00e9 volontaire, la qualit\u00e9 de vie et l&rsquo;\u00e9quilibre neuropsychologique des patients qui en sont atteints. Une compr\u00e9hension rigoureuse de ses soubassements physiopathologiques, au confluent de la neurologie fonctionnelle et de la neuropsychiatrie, permet de d\u00e9limiter avec pr\u00e9cision sa place au sein du continuum des dyskin\u00e9sies et chor\u00e9es.<\/p>\n<h2>Ballisme<\/h2>\n<h3>1. D\u00e9finition concise<\/h3>\n<p>Le <strong>ballisme<\/strong> est une dyskin\u00e9sie hypercin\u00e9tique rare et s\u00e9v\u00e8re, caract\u00e9ris\u00e9e par l&rsquo;apparition soudaine de mouvements involontaires, anarchiques, brutaux et d&rsquo;une amplitude extr\u00eame, pr\u00e9dominant aux racines des membres (\u00e9paules, hanches). Ces d\u00e9charges motrices involontaires r\u00e9sultent d&rsquo;une rupture du contr\u00f4le inhibiteur exerc\u00e9 par les structures sous-corticales sur le cortex moteur.<\/p>\n<p>Sur le plan clinique, le ph\u00e9nom\u00e8ne est le plus souvent unilat\u00e9ral \u2014 prenant alors le nom d&rsquo;<strong>h\u00e9miballisme<\/strong> \u2014, mais il peut exceptionnellement toucher un seul membre (monoballisme), les deux membres inf\u00e9rieurs (paraballisme) ou l&rsquo;ensemble des quatre membres (biballisme ou ballisme bilat\u00e9ral). La ph\u00e9nom\u00e9nologie motrice \u00e9voque un geste de projection, de jet ou de torsion violente, survenant de mani\u00e8re continue pendant la veille et c\u00e9dant classiquement lors des phases de sommeil profond.<\/p>\n<p>Au-del\u00e0 de son expression purement motrice, le ballisme induit un \u00e9puisement physique critique, des complications traumatiques fr\u00e9quentes et une d\u00e9tresse psychologique aigu\u00eb. Les patients se trouvent subitement d\u00e9poss\u00e9d\u00e9s de la ma\u00eetrise de leur propre corps, ce qui g\u00e9n\u00e8re une anxi\u00e9t\u00e9 majeure, parfois intriqu\u00e9e \u00e0 des alt\u00e9rations neurocognitives ou de l&rsquo;humeur en raison de l&rsquo;atteinte concomitante des circuits fronto-striataux et limbiques.<\/p>\n<h3>2. \u00c9tymologie et origines linguistiques<\/h3>\n<p>D&rsquo;un point de vue linguistique et terminologique, le mot \u00ab ballisme \u00bb trouve son origine dans le grec ancien <em>\u03b2\u03b1\u03bb\u03bb\u03b9\u03c3\u03bc\u03cc\u03c2<\/em> (<em>ballismos<\/em>), qui d\u00e9signe l&rsquo;acte de sauter, de bondir ou d&rsquo;esquisser des mouvements dansants cadenc\u00e9s. Ce substantif est lui-m\u00eame directement rattach\u00e9 au verbe <em>\u03b2\u03ac\u03bb\u03bb\u03b5\u03b9\u03bd<\/em> (<em>ballein<\/em>), signifiant \u00ab jeter \u00bb, \u00ab lancer \u00bb, \u00ab projeter \u00bb ou \u00ab frapper \u00e0 distance \u00bb. Cette racine proto-indo-europ\u00e9enne (*g\u02b7el-) a \u00e9galement donn\u00e9 naissance \u00e0 des vocables contemporains tels que la balistique, le bolide ou le m\u00e9tabolisme.<\/p>\n<p>L&rsquo;introduction du terme dans le lexique m\u00e9dical moderne s&rsquo;est op\u00e9r\u00e9e au cours du XIXe si\u00e8cle afin d&rsquo;isoler une forme de dyskin\u00e9sie particuli\u00e8rement vigoureuse qui se distinguait de la chor\u00e9e conventionnelle par sa violence balistique et sa pr\u00e9dominance proximale. D\u00e8s l&rsquo;origine, les cliniciens francophones et germanophones ont conserv\u00e9 cette m\u00e9taphore de la projection cin\u00e9tique pour d\u00e9crire la trajectoire incontr\u00f4l\u00e9e des membres expuls\u00e9s dans l&rsquo;espace tridimensionnel comme des projectiles.<\/p>\n<p>Dans la litt\u00e9rature biom\u00e9dicale contemporaine, le terme est d\u00e9clin\u00e9 avec des pr\u00e9fixes topographiques latins ou grecs (<em>hemi-<\/em>, <em>mono-<\/em>, <em>para-<\/em>, <em>bi-<\/em>). Si la forme \u00ab h\u00e9miballisme \u00bb pr\u00e9domine dans les descriptions cliniques en raison de la lat\u00e9ralit\u00e9 pr\u00e9f\u00e9rentielle des l\u00e9sions c\u00e9r\u00e9brovasculaires focales, le terme g\u00e9n\u00e9rique de \u00ab ballisme \u00bb demeure l&rsquo;entit\u00e9 nosologique int\u00e9grative d\u00e9crivant le m\u00e9canisme moteur sous-jacent.<\/p>\n<h3>3. Prononciation et forme grammaticale<\/h3>\n<p>En langue fran\u00e7aise, le mot se transcrit phon\u00e9tiquement \/ba.lism\/ (ou \/bal.lism\/ selon les variantes r\u00e9gionales marquant la g\u00e9mination consonantique). Il s&rsquo;agit d&rsquo;un substantif masculin singulier. Au pluriel, il prend la marque r\u00e9guli\u00e8re : <em>des ballismes<\/em>.<\/p>\n<p>Dans la pratique m\u00e9dicale et psychopathologique, le terme s&#8217;emploie principalement de mani\u00e8re substantiv\u00e9e pour d\u00e9signer le tableau global (\u00ab le patient souffre de ballisme \u00bb), ou sous forme adjectivale via le qualificatif \u00ab ballique \u00bb (\u00ab mouvements balliques \u00bb, \u00ab composante ballique d&rsquo;une dyskin\u00e9sie \u00bb). On observe couramment son association syntagmatique avec des entit\u00e9s fronti\u00e8res, notamment dans le cadre du complexe s\u00e9miologique \u00ab chor\u00e9o-ballisme \u00bb ou \u00ab ballo-ath\u00e9tose \u00bb, refl\u00e9tant l&rsquo;h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 d&rsquo;expressions motrices simultan\u00e9es ou s\u00e9quentielles au cours d&rsquo;un m\u00eame processus pathologique.<\/p>\n<h3>4. Explication conceptuelle d\u00e9taill\u00e9e<\/h3>\n<p>Pour appr\u00e9hender le ballisme dans toute son \u00e9paisseur clinique, il convient de le concevoir non comme une maladie autonome, mais comme un syndrome neurologique traduisant une rupture brutale de la balance fonctionnelle au sein des <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Ganglions_de_la_base\">ganglions de la base<\/a>. Ces structures nucl\u00e9aires sous-corticales ont pour fonction d&rsquo;assurer la s\u00e9lection, la coordination, le calibrage et l&rsquo;inhibition des programmes moteurs g\u00e9n\u00e9r\u00e9s par le cortex frontal. Lorsque ce filtre physiologique d\u00e9faille de fa\u00e7on spectaculaire, des patterns moteurs parasites sont lib\u00e9r\u00e9s sans aucun contr\u00f4le volontaire possible.<\/p>\n<p>Sur le plan ph\u00e9nom\u00e9nologique, le mouvement ballique se distingue par sa cin\u00e9tique explosive. Contrairement aux myoclonies, qui sont de br\u00e8ves secousses musculaires soudaines comparables \u00e0 des d\u00e9charges \u00e9lectriques, le ballisme engage des s\u00e9quences motrices complexes, coordonn\u00e9es sur le plan agoniste-antagoniste, mais totalement inadapt\u00e9es \u00e0 la finalit\u00e9 environnementale. Contrairement \u00e0 la chor\u00e9e banale, qui affecte pr\u00e9f\u00e9rentiellement les extr\u00e9mit\u00e9s distales (doigts, orteils, mimique faciale) de mani\u00e8re erratique et sinueuse, le ballisme d\u00e9ploie son \u00e9nergie au niveau de la ceinture scapulaire et de la ceinture pelvienne, entra\u00eenant des mouvements d&rsquo;enroulement, de circumduction, de projection en avant ou de torsion brutale.<\/p>\n<p>L&rsquo;intensit\u00e9 cin\u00e9tique de ces contractions est parfois telle que le patient s&rsquo;inflige des traumatismes physiques r\u00e9p\u00e9t\u00e9s contre les barreaux du lit, les murs ou le sol. Les cons\u00e9quences cutan\u00e9es, musculaires et articulaires sont s\u00e9v\u00e8res, allant d&rsquo;ecchymoses diffuses \u00e0 des subluxations articulaires, des fractures osseuses ou des rhabdomyolyses secondaires \u00e0 la d\u00e9pense \u00e9nerg\u00e9tique continue. L&rsquo;effort musculaire perp\u00e9tuel, associ\u00e9 \u00e0 une impossibilit\u00e9 de maintenir une position de repos, entra\u00eene une d\u00e9shydratation rapide, une hyperthermie maligne d&rsquo;\u00e9puisement et une surcharge cardiovasculaire critique, particuli\u00e8rement redoutable chez le sujet \u00e2g\u00e9.<\/p>\n<p>Sur le versant psychique et subjectif, le ballisme est une \u00e9preuve existentielle d\u00e9vastatrice. Le sujet conserve g\u00e9n\u00e9ralement une conscience lucide de son \u00e9tat au moment de l&rsquo;installation de la crise motrice. Il assiste en spectateur impuissant \u00e0 l&rsquo;ali\u00e9nation de sa propre motricit\u00e9 corporelle. La perte du sentiment d&rsquo;agentivit\u00e9 motrice \u2014 la conviction d&rsquo;\u00eatre l&rsquo;auteur de ses propres gestes \u2014 est imm\u00e9diate et totale. Cette dissociation entre la volont\u00e9 de suspendre le geste et la perp\u00e9tuation de l&rsquo;expulsion motrice suscite une terreur panique, un \u00e9tat de stress aigu et un sentiment d&rsquo;humiliation ou de d\u00e9sespoir profond.<\/p>\n<p>Par ailleurs, en fonction de la taille et de l&rsquo;extension de la l\u00e9sion causale au sein du dienc\u00e9phale ou du m\u00e9senc\u00e9phale, des perturbations neuropsychiatriques directes peuvent compliquer le tableau. La d\u00e9sinhibition des voies fronto-striato-thalamiques non motrices (notamment les boucles limbiques et orbito-frontales) peut induire une labilit\u00e9 \u00e9motionnelle incontr\u00f4lable, une agressivit\u00e9 r\u00e9actionnelle, des \u00e9tats confuso-oniriques, des d\u00e9lires aigus ou des phases de d\u00e9pression m\u00e9lancolique foudroyante.<\/p>\n<h3>5. \u00c9volution historique<\/h3>\n<p>L&rsquo;histoire de l&rsquo;identification nosologique du ballisme est intimement li\u00e9e aux progr\u00e8s de la neuroanatomie topographique au cours du XIXe et du XXe si\u00e8cle. Si les manifestations chor\u00e9iformes sont r\u00e9pertori\u00e9es depuis l&rsquo;Antiquit\u00e9 et le Moyen \u00c2ge sous des appellations mystico-religieuses (telle la \u00ab danse de Saint-Guy \u00bb), la singularit\u00e9 du ballisme n&rsquo;\u00e9merge v\u00e9ritablement qu&rsquo;avec l&rsquo;essor de la m\u00e9thode anatomo-clinique promue par l&rsquo;\u00e9cole neurologique fran\u00e7aise et allemande.<\/p>\n<p>En 1865, le neuroanatomiste fran\u00e7ais Jules Bernard Luys d\u00e9crit pour la premi\u00e8re fois une formation nucl\u00e9aire dienc\u00e9phalique biconvexe situ\u00e9e sous le thalamus, qui portera d\u00e9sormais son nom : le <em>corps de Luys<\/em> ou <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Noyau_subthalamique\">noyau sous-thalamique<\/a>. Luys soup\u00e7onne le r\u00f4le modulateur de ce noyau dans la motricit\u00e9 involontaire, sans pouvoir encore assigner avec certitude une s\u00e9miologie sp\u00e9cifique \u00e0 sa destruction focale.<\/p>\n<p>C&rsquo;est au d\u00e9but du XXe si\u00e8cle, sous l&rsquo;impulsion de neurologues comme Constantin von Monakow et de l&rsquo;\u00e9cole de la Salp\u00eatri\u00e8re, que le lien direct entre une l\u00e9sion unilat\u00e9rale circonscrite du noyau sous-thalamique de Luys et l&rsquo;apparition brutale d&rsquo;un h\u00e9miballisme controlat\u00e9ral est formellement document\u00e9 sur des s\u00e9ries autopsiques. En 1927, le m\u00e9decin roumain Gheorghe Marinesco et ses contemporains affinent les crit\u00e8res s\u00e9miologiques distinguant l&rsquo;h\u00e9miballisme des autres grands d\u00e9sordres striataux, soulignant son association pr\u00e9valente avec les ramollissements c\u00e9r\u00e9braux d&rsquo;origine isch\u00e9mique ou les foyers h\u00e9morragiques du territoire art\u00e9riel perforant thalamo-tub\u00e9rien.<\/p>\n<p>Durant la seconde moiti\u00e9 du XXe si\u00e8cle, les travaux exp\u00e9rimentaux pionniers men\u00e9s chez le primate non humain, notamment par John Whittier et Fred Mettler en 1949, confirment qu&rsquo;une destruction \u00e9lective d&rsquo;au moins 20 % du volume du noyau sous-thalamique induit de fa\u00e7on reproductible un tableau exp\u00e9rimental de chor\u00e9o-ballisme dans l&rsquo;h\u00e9micorps controlat\u00e9ral. Cette d\u00e9couverte a pos\u00e9 les bases de l&rsquo;organisation s\u00e9quentielle des circuits cortico-sous-corticaux.<\/p>\n<p>Enfin, l&rsquo;av\u00e8nement des mod\u00e8les modernes des ganglions de la base dans les ann\u00e9es 1980 et 1990 (notamment d\u00e9velopp\u00e9s par Mahlon DeLong et son \u00e9quipe) a permis de d\u00e9crypter les m\u00e9canismes \u00e9lectrophysiologiques sous-jacents, transformant notre compr\u00e9hension du ballisme d&rsquo;un statut de simple curiosit\u00e9 l\u00e9sionnelle en un mod\u00e8le paradigmatique de rupture des voies d&rsquo;inhibition motrice indirectes.<\/p>\n<h3>6. Fondements th\u00e9oriques et neurobiologiques<\/h3>\n<p>La compr\u00e9hension m\u00e9canistique contemporaine du ballisme repose sur le mod\u00e8le classique des boucles cortico-striato-pallido-thalamo-corticales. Ce r\u00e9seau interconnect\u00e9 fonctionne selon une architecture en boucle ferm\u00e9e et ouverte, modulant la commande motrice par le truchement de deux voies antagonistes et compl\u00e9mentaires : la voie directe et la voie indirecte.<\/p>\n<p>La voie directe favorise l&rsquo;ex\u00e9cution du mouvement en d\u00e9sinhibant le thalamus moteur. \u00c0 l&rsquo;inverse, la voie indirecte a pour fonction cardinale de freiner le cortex moteur et de supprimer les patrons moteurs ind\u00e9sirables ou comp\u00e9titifs. Dans cette voie indirecte, le striatum (noyau caud\u00e9 et putamen) envoie des projections inhibitrices GABAergiques au segment externe du globus pallidus (GPe). Le GPe projette \u00e0 son tour de mani\u00e8re inhibitrice sur le noyau sous-thalamique (NST).<\/p>\n<p>Le noyau sous-thalamique joue le r\u00f4le central de \u00ab servofrein \u00bb glutamatergique au sein de ce r\u00e9seau. Constitu\u00e9 d&rsquo;interneurones et de neurones de projection excitateurs, le NST envoie des eff\u00e9rences glutamatergiques massives vers le segment interne du globus pallidus (GPi) et vers la partie r\u00e9ticul\u00e9e de la substance noire (SNr). Ce complexe GPi\/SNr repr\u00e9sente la principale porte de sortie inhibitrice des ganglions de la base : lorsqu&rsquo;il est stimul\u00e9 par le NST, il projette du GABA en abondance vers les noyaux ventro-lat\u00e9ral et ventro-ant\u00e9rieur du thalamus.<\/p>\n<p>Lorsqu&rsquo;une l\u00e9sion organique focale (isch\u00e9mie, h\u00e9matome, n\u00e9oplasie) ou un dysfonctionnement m\u00e9tabolique aigu d\u00e9truit ou inactive le noyau sous-thalamique, la cascade neurophysiologique s&rsquo;effondre :<\/p>\n<ul>\n<li>La commande excitatrice glutamatergique issue du NST vers le complexe GPi\/SNr dispara\u00eet ou chute drastiquement.<\/li>\n<li>Le GPi et la SNr perdent leur tonus basal et cessent d&rsquo;\u00e9mettre leur d\u00e9charge inhibitrice GABAergique continue sur le thalamus moteur.<\/li>\n<li>Les noyaux thalamiques se trouvent d\u00e8s lors \u00ab d\u00e9sinhib\u00e9s \u00bb de mani\u00e8re anormale et prolong\u00e9e.<\/li>\n<li>Cette hyperactivit\u00e9 thalamique entra\u00eene une vol\u00e9e de projections glutamatergiques incontr\u00f4l\u00e9es vers l&rsquo;aire motrice primaire (M1), l&rsquo;aire motrice suppl\u00e9mentaire (SMA) et le cortex pr\u00e9moteur.<\/li>\n<li>Le cortex moteur, d\u00e9nu\u00e9 de tout filtre r\u00e9gulateur, envoie des d\u00e9charges pyramidales spontan\u00e9es, chaotiques et massives vers les motoneurones de la moelle \u00e9pini\u00e8re, d\u00e9clenchant l&rsquo;orage cin\u00e9tique que constitue le ballisme.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Bien que le noyau sous-thalamique de Luys soit la structure dont l&rsquo;atteinte engendre le tableau le plus pur et le plus violent, les observations cliniques et neuroradiologiques modernes d\u00e9montrent que des l\u00e9sions situ\u00e9es en dehors du NST \u2014 notamment dans le striatum, le globus pallidus externe, le thalamus centro-m\u00e9dian ou m\u00eame les connexions cortico-striatales \u2014 peuvent engendrer un tableau d&rsquo;h\u00e9miballisme fonctionnellement superposable, par interruption des fibres de passage ou d\u00e9connexion globale du r\u00e9seau indirect.<\/p>\n<h3>7. Composantes cl\u00e9s, types et dimensions<\/h3>\n<p>Le ballisme s&rsquo;exprime selon plusieurs dimensions s\u00e9miologiques, topographiques et \u00e9tiologiques qu&rsquo;il est indispensable de cat\u00e9goriser pour guider le raisonnement clinique et la strat\u00e9gie th\u00e9rapeutique.<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Dimensions topographiques :<\/strong>\n<ul>\n<li><em>H\u00e9miballisme :<\/em> Forme clinique de loin la plus fr\u00e9quente, caract\u00e9ris\u00e9e par l&rsquo;atteinte conjointe du membre sup\u00e9rieur et du membre inf\u00e9rieur d&rsquo;un m\u00eame c\u00f4t\u00e9 du corps, controlat\u00e9ralement \u00e0 la l\u00e9sion c\u00e9r\u00e9brale sous-corticale.<\/li>\n<li><em>Monoballisme :<\/em> Atteinte isol\u00e9e d&rsquo;un seul membre (le plus souvent un bras), cons\u00e9cutive \u00e0 une micro-l\u00e9sion extr\u00eamement circonscrite au sein de la somatotopie sp\u00e9cifique du NST.<\/li>\n<li><em>Paraballisme :<\/em> Pr\u00e9sentation tr\u00e8s rare affectant sym\u00e9triquement les deux membres inf\u00e9rieurs, posant souvent des probl\u00e8mes diagnostiques complexes avec des pathologies m\u00e9dullaires ou psychog\u00e8nes.<\/li>\n<li><em>Biballisme (ou ballisme bilat\u00e9ral) :<\/em> Forme g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e engageant les quatre membres de fa\u00e7on asynchrone ou synchrone, cons\u00e9cutive \u00e0 des l\u00e9sions bilat\u00e9rales du NST (souvent d&rsquo;origine m\u00e9tabolique, toxique ou anoxique), grev\u00e9e d&rsquo;un pronostic vital imm\u00e9diat par d\u00e9faillance multivisc\u00e9rale.<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<li><strong>Composantes s\u00e9miologiques intrins\u00e8ques :<\/strong>\n<ul>\n<li><em>Amplitude cin\u00e9matique :<\/em> Mouvements amples balayant de vastes volumes spatiaux autour de l&rsquo;axe corporel.<\/li>\n<li><em>Rythmicit\u00e9 :<\/em> Absence absolue de r\u00e9gularit\u00e9 rythmique ou temporelle, diff\u00e9renciant nettement le ballisme du tremblement ou des myoclonies p\u00e9riodiques.<\/li>\n<li><em>Distribution proximale :<\/em> Contractions dominantes des ceintures (grand pectoral, delto\u00efde, psoas-iliaque, fessiers) entra\u00eenant l&rsquo;expulsion distale du membre.<\/li>\n<li><em>Intrication dyskin\u00e9tique :<\/em> Pr\u00e9sence fr\u00e9quente d&rsquo;une composante chor\u00e9ique distale fluctuante associ\u00e9e au geste proximal, justifiant l&rsquo;appellation d&rsquo;h\u00e9michor\u00e9e-h\u00e9miballisme.<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<li><strong>Dimensions temporelles et dynamiques :<\/strong>\n<ul>\n<li><em>Mode d&rsquo;installation :<\/em> Aigu et apoplectique dans les causes vasculaires ; subaigu ou progressif dans les processus expansifs, infectieux ou dysm\u00e9taboliques.<\/li>\n<li><em>Modulation veille-sommeil :<\/em> Disparition quasi compl\u00e8te au cours du sommeil lent profond et du sommeil paradoxal, et recrudescence majeure sous l&rsquo;effet du stress \u00e9motionnel, de la fatigue ou de la tentative de mouvement volontaire controlat\u00e9ral.<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<\/ul>\n<h3>8. Exemples cliniques et cas illustratifs<\/h3>\n<p>Afin de concr\u00e9tiser les manifestations du ballisme, l&rsquo;analyse de vignettes cliniques embl\u00e9matiques permet d&rsquo;en appr\u00e9cier la r\u00e9alit\u00e9 pratique et neuropsychiatrique au lit du malade.<\/p>\n<p><strong>Vignette 1 : L&rsquo;h\u00e9miballisme vasculaire classique du sujet \u00e2g\u00e9<\/strong><br \/>Monsieur A., 72 ans, aux ant\u00e9c\u00e9dents d&rsquo;hypertension art\u00e9rielle et de fibrillation auriculaire mal \u00e9quilibr\u00e9e, est admis aux urgences pour l&rsquo;apparition soudaine, au r\u00e9veil, d&rsquo;une agitation motrice spectaculaire du bras et de la jambe droits. Le membre sup\u00e9rieur droit est anim\u00e9 de projections violentes en abduction et rotation externe, venant frapper avec force son thorax et son visage s&rsquo;il n&rsquo;est pas retenu. La jambe droite oscille et se d\u00e9tend brutalement, rendant la station debout et la marche strictement impossibles. Le patient, parfaitement conscient, exprime une angoisse panique et crie son incompr\u00e9hension face \u00e0 ce corps qui \u00ab s&rsquo;attaque \u00e0 lui-m\u00eame \u00bb. L&rsquo;imagerie par r\u00e9sonance magn\u00e9tique (IRM) c\u00e9r\u00e9brale en s\u00e9quence de diffusion r\u00e9v\u00e8le un hypersignal punctiforme circonscrit au noyau sous-thalamique gauche, confirmant un infarctus c\u00e9r\u00e9bral isch\u00e9mique dans le territoire des art\u00e8res perforantes de l&rsquo;art\u00e8re c\u00e9r\u00e9brale post\u00e9rieure. L&rsquo;instauration d&rsquo;un traitement neuroleptique s\u00e9datif et anti-dopaminergique permet une s\u00e9dation progressive des mouvements en quelques jours.<\/p>\n<p><strong>Vignette 2 : Le chor\u00e9o-ballisme diab\u00e9tique non c\u00e9tosique<\/strong><br \/>Madame B., 64 ans, issue d&rsquo;une population asiatique (terrain de susceptibilit\u00e9 document\u00e9), consulte pour un tableau subaigu \u00e9voluant depuis 48 heures d&rsquo;agitation motrice d\u00e9sordonn\u00e9e de l&rsquo;h\u00e9micorps gauche m\u00ealant gestes chor\u00e9iques distaux et acc\u00e8s balliques proximaux \u00e9puisants. Le bilan biologique imm\u00e9diat objective une glyc\u00e9mie veineuse majeure \u00e0 38 mmol\/L sans acidoc\u00e9tose (syndrome d&rsquo;hyperglyc\u00e9mie hyperosmolaire non c\u00e9tosique). L&rsquo;IRM c\u00e9r\u00e9brale montre un hypersignal spontan\u00e9 caract\u00e9ristique en T1 au niveau du striatum droit (putamen), sans traduction isch\u00e9mique aigu\u00eb en diffusion. Cet aspect refl\u00e8te une gemistocytose r\u00e9actionnelle et une pr\u00e9cipitation calcique ou manganique transitoire li\u00e9e \u00e0 la crise hyperosmolaire. La normalisation graduelle de l&rsquo;\u00e9quilibre glyc\u00e9mique par insulinoth\u00e9rapie, coupl\u00e9e \u00e0 une br\u00e8ve couverture par un bloqueur dopaminergique, induit la r\u00e9gression compl\u00e8te du ballisme en deux semaines, sans s\u00e9quelles neurologiques p\u00e9rennes.<\/p>\n<p><strong>Vignette 3 : L&rsquo;errance neuropsychiatrique chez un jeune adulte<\/strong><br \/>Monsieur C., 34 ans, sans ant\u00e9c\u00e9dents m\u00e9dicaux connus, pr\u00e9sente des acc\u00e8s balliques intermittents mais violents de la jambe gauche, accompagn\u00e9s de modifications comportementales marqu\u00e9es : d\u00e9sinhibition verbale, \u00e9pisodes de rires immotiv\u00e9s et insomnie totale. Initialement orient\u00e9 vers un service de psychiatrie sous l&rsquo;\u00e9tiquette d&rsquo;une agitation psychotique aigu\u00eb ou d&rsquo;un trouble conversif moteur dissociatif, le jeune homme voit son \u00e9tat se d\u00e9grader vers un biballisme asym\u00e9trique continu. Un transfert en neurologie avec ponction lombaire et imagerie r\u00e9v\u00e8le une toxoplasmose c\u00e9r\u00e9brale r\u00e9v\u00e9latrice d&rsquo;une infection avanc\u00e9e par le <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Virus_de_l%27immunod%C3%A9ficience_humaine\">VIH<\/a> avec l\u00e9sions nodulaires multiples de la r\u00e9gion sous-thalamique et des noyaux gris centraux. Ce cas met en relief le pi\u00e8ge diagnostique qui consiste \u00e0 psychiatriser h\u00e2tivement des mouvements hypercin\u00e9tiques complexes accompagn\u00e9s d&rsquo;une s\u00e9miologie frontale associ\u00e9e.<\/p>\n<h3>9. \u00c9valuation, mesure et diagnostic<\/h3>\n<p>La d\u00e9marche diagnostique face \u00e0 un ballisme r\u00e9pond \u00e0 une triple exigence : confirmer la nature s\u00e9miologique du mouvement anormal, \u00e9valuer son retentissement fonctionnel et vital, et identifier sans d\u00e9lai l&rsquo;\u00e9tiologie sous-jacente.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9valuation clinique initiale repose sur l&rsquo;observation visuelle m\u00e9thodique et l&rsquo;examen neurologique au repos, lors de la posture et lors de la marche (si cette derni\u00e8re est r\u00e9alisable sans danger). Le praticien traque la pr\u00e9sence de syncin\u00e9sies, de postures dystoniques associ\u00e9es ou d&rsquo;anomalies des mouvements oculaires (saccades, poursuite), qui orientent vers une atteinte plus globale des ganglions de la base. Pour quantifier la s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 du trouble et suivre son \u00e9volution sous traitement, des \u00e9chelles standardis\u00e9es issues de la recherche sur la chor\u00e9e sont adapt\u00e9es, notamment l&rsquo;\u00e9chelle unifi\u00e9e d&rsquo;\u00e9valuation de la chor\u00e9e de Huntington (<em>Unified Huntington&rsquo;s Disease Rating Scale<\/em> &#8211; UHDRS, section motrice) ou l&rsquo;\u00e9chelle globale d&rsquo;\u00e9valuation des mouvements anormaux (AIMS).<\/p>\n<p>Le diagnostic \u00e9tiologique exige la r\u00e9alisation en urgence d&rsquo;une imagerie c\u00e9r\u00e9brale par r\u00e9sonance magn\u00e9tique (IRM) multimodale incluant des s\u00e9quences de diffusion (DWI), de perfusion, de susceptibilit\u00e9 magn\u00e9tique (T2* ou SWI pour d\u00e9pister des micro-saignements) et des pond\u00e9rations T1 avec injection de gadolinium. L&rsquo;IRM permet de visualiser avec finesse l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 du noyau sous-thalamique de Luys, du striatum et des voies d&rsquo;association thalamo-corticales.<\/p>\n<p>Sur le plan paraclinique et biologique, le bilan de premi\u00e8re ligne comprend :<\/p>\n<ul>\n<li>Un ionogramme complet avec mesure pr\u00e9cise de l&rsquo;osmolarit\u00e9 sanguine et de la glyc\u00e9mie (recherche d&rsquo;hyperglyc\u00e9mie sans c\u00e9tose).<\/li>\n<li>Un bilan d&rsquo;h\u00e9mostase et un d\u00e9pistage des vascularites ou thrombophilies chez le sujet jeune (anticorps antiphospholipides, facteurs antinucl\u00e9aires).<\/li>\n<li>Une s\u00e9rologie VIH et, selon le contexte immunitaire, des investigations infectieuses approfondies (toxoplasmose, syphilis nerveuse, borr\u00e9liose).<\/li>\n<li>Un bilan du cuivre (c\u00e9ruloplasmine, cupr\u00e9mie, cuprurie des 24 heures) pour exclure une forme atypique de maladie de Wilson.<\/li>\n<li>Un d\u00e9pistage d&rsquo;auto-anticorps paran\u00e9oplasiques ou auto-immuns (anti-NMDA, anti-LGI1, anti-Caspr2, anti-Gass) en cas d&rsquo;installation subaigu\u00eb d&rsquo;allure enc\u00e9phalitique.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>10. Applications et pertinence clinique et neuropsychologique<\/h3>\n<p>La prise en charge du ballisme constitue une urgence m\u00e9dicale absolue, car le pronostic fonctionnel et vital imm\u00e9diat est conditionn\u00e9 par la rapidit\u00e9 d&rsquo;interruption de la temp\u00eate motrice. L&rsquo;approche th\u00e9rapeutique articule mesures de r\u00e9animation symptomatique, pharmacoth\u00e9rapie cibl\u00e9e et neurochirurgie fonctionnelle dans les formes r\u00e9fractaires.<\/p>\n<p>Sur le plan du nursing et des soins de support, la protection du patient contre ses propres mouvements est imp\u00e9rative. Il est souvent n\u00e9cessaire d&rsquo;am\u00e9nager un environnement capitonn\u00e9 (matelas au sol ou lits s\u00e9curis\u00e9s capitonn\u00e9s) pour pr\u00e9venir les traumatismes cr\u00e2niens et les fractures. Une s\u00e9dation transitoire en unit\u00e9 de soins intensifs peut \u00eatre requise pour interrompre l&rsquo;\u00e9puisement m\u00e9tabolique et la rhabdomyolyse.<\/p>\n<p>Le traitement m\u00e9dicamenteux vise \u00e0 r\u00e9tablir chimiquement l&rsquo;inhibition cortico-striatale en r\u00e9duisant la transmission dopaminergique centrale. Les mol\u00e9cules les plus efficaces comprennent :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Les d\u00e9pl\u00e9teurs pr\u00e9-synaptiques de dopamine :<\/strong> La t\u00e9trab\u00e9nazine et la deut\u00e9trab\u00e9nazine inhibent le transporteur v\u00e9siculaire des monoamines de type 2 (VMAT2), r\u00e9duisant le stockage et la lib\u00e9ration de dopamine dans la fente synaptique sans induire de blocage post-synaptique prolong\u00e9, ce qui minimise le risque de dyskin\u00e9sie tardive.<\/li>\n<li><strong>Les neuroleptiques et antipsychotiques de seconde g\u00e9n\u00e9ration :<\/strong> Les antagonistes des r\u00e9cepteurs dopaminergiques D2, tels que l&rsquo;olanzapine, la qu\u00e9tiapine, le risp\u00e9ridone ou l&rsquo;halop\u00e9ridol par voie parent\u00e9rale dans les urgences critiques, r\u00e9duisent efficacement l&rsquo;amplitude des d\u00e9charges motrices.<\/li>\n<li><strong>Les modulateurs GABAergiques :<\/strong> Les benzodiaz\u00e9pines (clonaz\u00e9pam, diaz\u00e9pam) offrent un appoint s\u00e9datif et myorelaxant appr\u00e9ciable pour calmer l&rsquo;angoisse motrice et favoriser l&rsquo;endormissement.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Dans les situations extr\u00eames de ballisme chronique r\u00e9fractaire \u00e0 toute chimioth\u00e9rapie, la neurochirurgie fonctionnelle moderne offre des solutions remarquables. Historiquement, des interventions l\u00e9sionnelles ablatives (thalamotomie ou pallidotomie par radiofr\u00e9quence) \u00e9taient pratiqu\u00e9es avec succ\u00e8s mais comportaient des risques de d\u00e9ficits neurologiques permanents. Aujourd&rsquo;hui, la <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Stimulation_c%C3%A9r%C3%A9brale_profonde\">stimulation c\u00e9r\u00e9brale profonde<\/a> (SCP) ciblant le globus pallidus interne (GPi) ou le noyau sous-thalamique permet d&rsquo;interrompre instantan\u00e9ment les salves hypercin\u00e9tiques en d\u00e9livrant des impulsions \u00e9lectriques \u00e0 haute fr\u00e9quence qui reprogramment les r\u00e9seaux oscillatoires sous-corticaux d\u00e9faillants.<\/p>\n<p>Sur le plan neuropsychologique, un suivi sp\u00e9cialis\u00e9 doit \u00eatre mis en place d\u00e8s la stabilisation motrice. L&rsquo;exp\u00e9rience traumatique de l&rsquo;ali\u00e9nation corporelle laisse fr\u00e9quemment des s\u00e9quelles psychiques durables, relevant de l&rsquo;\u00e9tat de stress post-traumatique (ESPT), avec r\u00e9miniscences anxieuses, phobie de la r\u00e9cidive et \u00e9vitement social. De surcro\u00eet, la r\u00e9\u00e9ducation neuromotrice assist\u00e9e par kin\u00e9sith\u00e9rapie et ergoth\u00e9rapie est indispensable pour r\u00e9apprendre le guidage perceptivo-moteur et r\u00e9habiliter la commande volontaire perturb\u00e9e par la d\u00e9sinhibition c\u00e9r\u00e9brale.<\/p>\n<h3>11. Recherche contemporaine et preuves empiriques<\/h3>\n<p>La recherche m\u00e9dicale moderne sur le ballisme et les troubles hypercin\u00e9tiques s&rsquo;est enrichie au cours des derni\u00e8res d\u00e9cennies gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;imagerie par r\u00e9sonance magn\u00e9tique fonctionnelle (IRMf), \u00e0 l&rsquo;analyse computationnelle du signal \u00e9lectroenc\u00e9phalographique et aux mod\u00e8les transg\u00e9niques d&rsquo;animaux de laboratoire.<\/p>\n<p>Des \u00e9tudes cliniques r\u00e9trospectives majeures, notamment les cohortes collig\u00e9es par Dewey et Jankovic (1989) puis affin\u00e9es par Vidakovic et ses collaborateurs, ont r\u00e9volutionn\u00e9 le pronostic jadis r\u00e9put\u00e9 fatal du ballisme. Ces travaux ont d\u00e9montr\u00e9 que, gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;am\u00e9lioration de la prise en charge des accidents vasculaires c\u00e9r\u00e9braux et \u00e0 l&rsquo;av\u00e8nement des mol\u00e9cules anti-dopaminergiques modernes, plus de 60 \u00e0 80 % des h\u00e9miballismes vasculaires connaissent une r\u00e9mission compl\u00e8te ou subcompl\u00e8te en quelques semaines \u00e0 quelques mois, contredisant la notion historique d&rsquo;un trouble irr\u00e9versible et constamment l\u00e9tal.<\/p>\n<p>Sur le plan neuro-anatomique, les travaux d&rsquo;imagerie par tenseur de diffusion (DTI) et de connectomique fonctionnelle ont d\u00e9montr\u00e9 que la survenue d&rsquo;un ballisme n&rsquo;exige pas obligatoirement la destruction physique directe du corps de Luys. L&rsquo;analyse structurelle des r\u00e9seaux par des auteurs comme Postuma et Lang (2003) a \u00e9tay\u00e9 le concept de \u00ab diashisis sous-cortical \u00bb : une l\u00e9sion corticale pari\u00e9tale ou une isch\u00e9mie striato-pallidale peut interrompre les faisceaux de substance blanche eff\u00e9rents ou aff\u00e9rents du noyau sous-thalamique, reproduisant \u00e0 distance la signature clinique du ballisme par rupture de synchronie neuronale.<\/p>\n<p>Dans le domaine de l&rsquo;endocrinologie neurologique, l&rsquo;entit\u00e9 appel\u00e9e \u00ab chor\u00e9e-ballisme associ\u00e9e \u00e0 l&rsquo;hyperglyc\u00e9mie sans c\u00e9tose \u00bb a fait l&rsquo;objet d&rsquo;\u00e9tudes histopathologiques et m\u00e9taboliques pouss\u00e9es, particuli\u00e8rement document\u00e9es par Oh et al. (2002). Les biopsies et imageries spectroscopiques ont mis en lumi\u00e8re un m\u00e9canisme singulier combinant isch\u00e9mie microvasculaire transitoire, hyperviscosit\u00e9 sanguine locale et d\u00e9pl\u00e9tion striatale en acide gamma-aminobutyrique (GABA) m\u00e9tabolis\u00e9 pr\u00e9f\u00e9rentiellement comme substrat \u00e9nerg\u00e9tique alternatif durant le stress hyperosmolaire.<\/p>\n<h3>12. Consid\u00e9rations culturelles et contextuelles<\/h3>\n<p>L&rsquo;expression et l&rsquo;interpr\u00e9tation du ballisme s&rsquo;inscrivent dans des matrices culturelles, sociales et g\u00e9ographiques qui influencent de mani\u00e8re d\u00e9cisive le d\u00e9lai de recours aux soins et la construction narrative de la maladie par l&rsquo;entourage.<\/p>\n<p>Dans de nombreuses soci\u00e9t\u00e9s traditionnelles ou au sein de certaines communaut\u00e9s rurales, la survenue soudaine et explosive de mouvements balistiques \u2014 o\u00f9 le sujet semble projet\u00e9 par une puissance invisible, avec des postures contorsionn\u00e9es et une agitation incontr\u00f4lable \u2014 est historiquement et anthropologiquement interpr\u00e9t\u00e9e comme une manifestation d&rsquo;ordre spirituel, une possession d\u00e9moniaque ou un mauvais sort. De telles interpr\u00e9tations surnaturelles exposent les malades \u00e0 des rituels d&rsquo;exorcisme, \u00e0 l&rsquo;isolement social ou \u00e0 la maltraitance physique, retardant dramatiquement l&rsquo;admission dans une structure hospitali\u00e8re d&rsquo;urgence o\u00f9 un traitement m\u00e9dical simple pourrait juguler le ph\u00e9nom\u00e8ne.<\/p>\n<p>Par ailleurs, des variations \u00e9pid\u00e9miologiques significatives sont observ\u00e9es \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle plan\u00e9taire concernant certaines \u00e9tiologies du ballisme. Ainsi, le syndrome de chor\u00e9o-ballisme diab\u00e9tique non c\u00e9tosique pr\u00e9sente une pr\u00e9valence remarquablement plus \u00e9lev\u00e9e au sein des populations d&rsquo;Asie de l&rsquo;Est (Japon, Cor\u00e9e, Ta\u00efwan, Chine du Sud), sugg\u00e9rant une susceptibilit\u00e9 g\u00e9n\u00e9tique sous-jacente ou des particularit\u00e9s de vascularisation des noyaux gris centraux face aux agressions m\u00e9taboliques aigu\u00ebs.<\/p>\n<p>Dans les pays \u00e0 faibles revenus o\u00f9 l&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 la neuro-imagerie et aux th\u00e9rapies antir\u00e9trovirales pr\u00e9coces demeure restreint, le ballisme secondaire \u00e0 des infections opportunistes du syst\u00e8me nerveux central (neurotoxoplasmose, cryptococcose c\u00e9r\u00e9brale chez les patients infect\u00e9s par le VIH non diagnostiqu\u00e9s) demeure une cause pr\u00e9valente chez l&rsquo;adulte jeune, alors que dans les nations industrialis\u00e9es, le ballisme est quasi exclusivement l&rsquo;apanage des pathologies vasculaires du sujet \u00e2g\u00e9.<\/p>\n<h3>13. Critiques, controverses et limites nosologiques<\/h3>\n<p>La nosographie des mouvements anormaux a \u00e9t\u00e9 le th\u00e9\u00e2tre de d\u00e9bats passionn\u00e9s quant \u00e0 la l\u00e9gitimit\u00e9 de consid\u00e9rer le ballisme comme une entit\u00e9 s\u00e9miologique totalement autonome par rapport \u00e0 la chor\u00e9e.<\/p>\n<p>Historiquement, l&rsquo;\u00e9cole neurologique classique maintenait une fronti\u00e8re rigide : la chor\u00e9e d\u00e9signait des mouvements distaux, brefs, continus et sinueux, tandis que le ballisme \u00e9tait d\u00e9fini comme proximal, explosif et violent. Or, d\u00e8s les ann\u00e9es 1980, plusieurs sommit\u00e9s du domaine des mouvements anormaux, \u00e0 l&rsquo;instar de C. David Marsden, ont d\u00e9fendu la th\u00e8se dite du \u00ab continuum unitaire \u00bb : le ballisme ne serait rien d&rsquo;autre qu&rsquo;une forme paroxystique et d&rsquo;extr\u00eame gravit\u00e9 de chor\u00e9e (d&rsquo;o\u00f9 l&rsquo;usage fr\u00e9quent du terme <em>ballic chorea<\/em> ou \u00ab chor\u00e9e ballique \u00bb dans le monde anglo-saxon). Pour les partisans de ce continuum, le m\u00e9canisme sous-jacent (la d\u00e9sinhibition thalamique cons\u00e9cutive \u00e0 l&rsquo;atteinte de la voie indirecte) est identique ; seule l&rsquo;intensit\u00e9 de la d\u00e9charge neuronale et le recrutement des groupes musculaires proximaux varieraient.<\/p>\n<p>Toutefois, d&rsquo;autres cliniciens et neurophysiologistes maintiennent la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;une distinction s\u00e9miologique stricte. Ils font valoir que les implications fonctionnelles, le pronostic vital imm\u00e9diat (risque d&rsquo;\u00e9puisement m\u00e9tabolique rapide) et la r\u00e9ponse \u00e0 certaines th\u00e9rapeutiques d&rsquo;urgence s\u00e9parent radicalement une crise ballique aigu\u00eb d&rsquo;un \u00e9tat chor\u00e9ique ordinaire. De surcro\u00eet, le ballisme poss\u00e8de une valeur localisatrice beaucoup plus pr\u00e9cise en imagerie : si la chor\u00e9e peut r\u00e9sulter de l\u00e9sions diffuses diss\u00e9min\u00e9es dans l&rsquo;ensemble du striatum ou du cortex, l&rsquo;apparition d&rsquo;un h\u00e9miballisme pur pointe avec une probabilit\u00e9 \u00e9crasante vers une atteinte \u00e9lective du noyau sous-thalamique de Luys ou de ses fibres eff\u00e9rentes imm\u00e9diates.<\/p>\n<p>Une autre controverse clinique concerne le diagnostic diff\u00e9rentiel d\u00e9licat avec les troubles neurologiques fonctionnels (troubles moteurs psychog\u00e8nes ou conversifs). Dans certaines situations complexes, des patients d\u00e9veloppent des projections motrices spectaculaires mimant le ballisme en r\u00e9ponse \u00e0 un traumatisme psychique s\u00e9v\u00e8re. Les crit\u00e8res de distractibilit\u00e9, la variabilit\u00e9 de la fr\u00e9quence motrice lors de t\u00e2ches cognitives concurrentes, l&rsquo;absence de l\u00e9sions sur des IRM de tr\u00e8s haute r\u00e9solution et l&rsquo;enregistrement \u00e9lectromyographique r\u00e9v\u00e9lant une co-contraction physiologique agoniste-antagoniste permettent de trancher en faveur de la nature fonctionnelle du tableau, \u00e9vitant ainsi des escalades th\u00e9rapeutiques inappropri\u00e9es.<\/p>\n<h3>14. Termes connexes et distinctions diagnostiques<\/h3>\n<p>La clarification s\u00e9miologique du ballisme requiert de le comparer point par point aux autres entit\u00e9s hypercin\u00e9tiques majeures avec lesquelles il peut \u00eatre confondu :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Chor\u00e9e :<\/strong> Mouvements involontaires brefs, irr\u00e9guliers, non st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9s et erratiques, migrant sans cesse d&rsquo;une r\u00e9gion corporelle \u00e0 une autre. Contrairement au ballisme, la chor\u00e9e pr\u00e9domine aux extr\u00e9mit\u00e9s distales des membres et \u00e0 la face, et ses mouvements n&rsquo;ont pas la violence ni l&rsquo;amplitude explosive caract\u00e9ristiques des projections balliques.<\/li>\n<li><strong>Ath\u00e9tose :<\/strong> Mouvements involontaires lents, continus, reptiformes et ondulatoires, affectant pr\u00e9f\u00e9rentiellement les doigts et les poignets. L&rsquo;ath\u00e9tose s&rsquo;associe souvent \u00e0 une composante spastique ou dystonique, \u00e0 l&rsquo;oppos\u00e9 de la rapidit\u00e9 fulgurante du ballisme.<\/li>\n<li><strong>Myoclonies :<\/strong> Secousses musculaires soudaines, ultra-br\u00e8ves (dur\u00e9e inf\u00e9rieure \u00e0 100 millisecondes), en \u00e9clair, g\u00e9n\u00e9r\u00e9es par une contraction musculaire active (myoclonie positive) ou une interruption brusque du tonus (myoclonie n\u00e9gative ou ast\u00e9rixis). Le ballisme, lui, met en jeu des synergies motrices globales et prolong\u00e9es.<\/li>\n<li><strong>Dystonie :<\/strong> Contractions musculaires soutenues, r\u00e9p\u00e9titives, entra\u00eenant des torsions et des postures anormales fix\u00e9es ou intermittentes, souvent exacerb\u00e9es par l&rsquo;action volontaire sp\u00e9cifique. Le ballisme se caract\u00e9rise au contraire par une cin\u00e9tique permanente sans fixation posturale durable.<\/li>\n<li><strong>Tics moteurs :<\/strong> Gestes ou vocalisations semi-involontaires, st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9s, pr\u00e9c\u00e9d\u00e9s d&rsquo;un besoin pr\u00e9monitoire imp\u00e9rieux et temporairement r\u00e9pressibles par la volont\u00e9 consciente. Le ballisme ne s&rsquo;accompagne d&rsquo;aucun prodrome sensitif et \u00e9chappe absolument \u00e0 toute tentative de contr\u00f4le inhibiteur volontaire.<\/li>\n<li><strong>Tremblement :<\/strong> Oscillation m\u00e9canique rythmique et r\u00e9guli\u00e8re autour d&rsquo;un axe d&rsquo;\u00e9quilibre articulaire, sans aucune ressemblance avec le pattern anarchique et chaotique des trajectoires balliques.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>15. Synth\u00e8se et points cl\u00e9s \u00e0 retenir<\/h3>\n<p>Le ballisme repr\u00e9sente l&rsquo;arch\u00e9type des d\u00e9r\u00e8glements moteurs sous-corticaux aigus, combinant une s\u00e9miologie spectaculaire et une vuln\u00e9rabilit\u00e9 neuropsychiatrique extr\u00eame pour le patient.<\/p>\n<p>Les \u00e9l\u00e9ments fondamentaux \u00e0 retenir sont les suivants :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Ph\u00e9nom\u00e9nologie :<\/strong> Mouvements involontaires, amples, violents, rapides et non rythmiques, pr\u00e9dominant aux racines des membres (\u00e9paules, hanches), le plus souvent unilat\u00e9raux (h\u00e9miballisme).<\/li>\n<li><strong>Neuroanatomie :<\/strong> R\u00e9sulte d&rsquo;une alt\u00e9ration de la voie indirecte des ganglions de la base, principalement par l\u00e9sion du <em>noyau sous-thalamique de Luys<\/em> (NST), aboutissant \u00e0 la lev\u00e9e de l&rsquo;inhibition normale sur le thalamus moteur et \u00e0 une lib\u00e9ration d&rsquo;influx corticomoteurs d\u00e9sordonn\u00e9s.<\/li>\n<li><strong>\u00c9tiologies dominantes :<\/strong> Accidents vasculaires c\u00e9r\u00e9braux (isch\u00e9miques ou h\u00e9morragiques du territoire vert\u00e9bro-basilaire ou c\u00e9r\u00e9bral post\u00e9rieur) chez le sujet \u00e2g\u00e9 ; hyperglyc\u00e9mie non c\u00e9tosique, infections (VIH, toxoplasmose) et vascularites chez le sujet plus jeune.<\/li>\n<li><strong>Urgence m\u00e9dicale :<\/strong> Risque \u00e9lev\u00e9 d&rsquo;\u00e9puisement physiologique, de traumatisme corporel direct, de d\u00e9shydratation, de rhabdomyolyse et de d\u00e9tresse psychologique panique.<\/li>\n<li><strong>Th\u00e9rapeutique :<\/strong> R\u00e9tablissement de l&rsquo;inhibition dopaminergique via la t\u00e9trab\u00e9nazine ou les antipsychotiques de deuxi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration, correction des causes m\u00e9taboliques sous-jacentes, capitonnage pr\u00e9ventif de l&rsquo;environnement de soins, et recours \u00e0 la stimulation c\u00e9r\u00e9brale profonde (SCP) du GPi dans les rares formes chroniques invalidantes r\u00e9fractaires.<\/li>\n<\/ul>\n<h2>R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<p>Bhatia, K. P., &amp; Marsden, C. D. (1994). The behavioural and motor consequences of focal lesions of the basal ganglia in man. <em>Brain<\/em>, 117(4), 859\u2013876. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1093\/brain\/117.4.859\">https:\/\/doi.org\/10.1093\/brain\/117.4.859<\/a><\/p>\n<p>Dewey, R. B., Jr., &amp; Jankovic, J. (1989). Hemiballism-hemichorea: Clinical and pharmacologic findings in 21 patients. <em>Archives of Neurology<\/em>, 46(8), 862\u2013867. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1001\/archneur.1989.00520440044019\">https:\/\/doi.org\/10.1001\/archneur.1989.00520440044019<\/a><\/p>\n<p>Oh, S. H., Lee, K. Y., Im, J. H., &amp; Lee, M. S. (2002). Chorea-ballismus associated with nonketotic hyperglycemia or diabetic ketoacidosis: Characteristics of 22 patients and prolonged follow-up study. <em>Parkinsonism &amp; Related Disorders<\/em>, 9(1), 17\u201324. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1016\/S1353-8020(02)00038-8\">https:\/\/doi.org\/10.1016\/S1353-8020(02)00038-8<\/a><\/p>\n<p>Postuma, R. B., &amp; Lang, A. E. (2003). Hemiballism: Revisiting a classic disorder. <em>The Lancet Neurology<\/em>, 2(11), 661\u2013668. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1016\/S1474-4422(03)00554-1\">https:\/\/doi.org\/10.1016\/S1474-4422(03)00554-1<\/a><\/p>\n<p>Vidakovic, A., Dragasevic, N., &amp; Kostic, V. S. (1994). Hemiballism: Report of 25 cases. <em>Journal of Neurology, Neurosurgery, and Psychiatry<\/em>, 57(8), 945\u2013949. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1136\/jnnp.57.8.945\">https:\/\/doi.org\/10.1136\/jnnp.57.8.945<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le ballisme est un trouble hypercin\u00e9tique rare et s\u00e9v\u00e8re, caract\u00e9ris\u00e9 par des mouvements involontaires violents et amples des membres. Analyse de ses causes et th\u00e9rapies.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"template":"","categories":[1045,14286,31585],"tags":[36161,36163,7228,36162,1533,6965,14328],"class_list":["post-21582","psych_term","type-psych_term","status-publish","hentry","category-neurologie","category-neuropsychiatrie","category-troubles-du-mouvement","tag-ballisme","tag-dyskinesie","tag-ganglions-de-la-base","tag-hemiballisme","tag-neurologie-clinique","tag-noyau-sous-thalamique","tag-semiologie-motrice"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_term\/21582","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_term"}],"about":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/psych_term"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_term\/21582\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=21582"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=21582"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=21582"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}