{"id":21232,"date":"2026-10-25T09:31:25","date_gmt":"2026-10-25T09:31:25","guid":{"rendered":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/?psych_term=potentiel-evoque-auditif-tronc-cerebral-peatc"},"modified":"2026-10-25T09:31:25","modified_gmt":"2026-10-25T09:31:25","slug":"potentiel-evoque-auditif-tronc-cerebral-peatc","status":"publish","type":"psych_term","link":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/?psych_term=potentiel-evoque-auditif-tronc-cerebral-peatc","title":{"rendered":"PEATC : Cartographie neuronale de l&rsquo;ou\u00efe"},"content":{"rendered":"<p>L&rsquo;exploration \u00e9lectrophysiologique des voies auditives constitue une avanc\u00e9e majeure des neurosciences cliniques contemporaines. En captant les signaux microvoltriques g\u00e9n\u00e9r\u00e9s par le syst\u00e8me nerveux central en r\u00e9ponse \u00e0 une stimulation sonore, les cliniciens et chercheurs disposent d&rsquo;une fen\u00eatre objective et non invasive sur l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 fonctionnelle du tronc c\u00e9r\u00e9bral. Cette m\u00e9thode \u00e9lectrophysiologique, commun\u00e9ment d\u00e9sign\u00e9e sous le sigle PEATC ou ABR dans la litt\u00e9rature anglophone, transcende la simple audiom\u00e9trie pour devenir un outil diagnostique incontournable en oto-rhino-laryngologie, en neurologie p\u00e9diatrique et en psychophysiologie cognitive.<\/p>\n<h2>Potentiels \u00e9voqu\u00e9s auditifs du tronc c\u00e9r\u00e9bral (PEATC)<\/h2>\n<h3>1. D\u00e9finition concise<\/h3>\n<p>Les <strong>potentiels \u00e9voqu\u00e9s auditifs du tronc c\u00e9r\u00e9bral<\/strong> (PEATC) d\u00e9signent une s\u00e9rie d&rsquo;ondes neuro\u00e9lectriques st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9es de tr\u00e8s faible amplitude, survenant dans les dix premi\u00e8res millisecondes suivant l&rsquo;administration d&rsquo;un stimulus acoustique transitoire. Ces r\u00e9ponses \u00e9lectrophysiologiques refl\u00e8tent la d\u00e9polarisation s\u00e9quentielle et synchrone des fibres du nerf auditif et des structures neuronales relais situ\u00e9es le long du <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Tronc_c%C3%A9r%C3%A9bral\">tronc c\u00e9r\u00e9bral<\/a>.<\/p>\n<p>Sur le plan \u00e9lectrophysiologique, le trac\u00e9 normal des PEATC se caract\u00e9rise par une succession de cinq \u00e0 sept d\u00e9flections positives principales, d\u00e9sign\u00e9es classiquement par les chiffres romains I \u00e0 VII selon la nomenclature introduite par Donald Jewett. Ces ondes t\u00e9moignent de l&rsquo;activation s\u00e9quentielle des noyaux auditifs sous-corticaux, depuis le ganglion spiral cochl\u00e9aire jusqu&rsquo;aux colliculi inf\u00e9rieurs m\u00e9senc\u00e9phaliques.<\/p>\n<p>Dans le domaine psychologique, audiologique et neuropsychologique, les PEATC se distinguent par leur ind\u00e9pendance remarquable vis-\u00e0-vis de l&rsquo;\u00e9tat de vigilance ou de conscience du sujet. Ils fournissent ainsi une mesure rigoureuse, objective et reproductible du traitement sensoriel p\u00e9riph\u00e9rique et du traitement aff\u00e9rent pr\u00e9coce, ind\u00e9pendamment de toute participation volontaire ou coop\u00e9ration verbale du patient.<\/p>\n<h3>2. \u00c9tymologie et origine linguistique<\/h3>\n<p>L&rsquo;expression \u00ab potentiel \u00e9voqu\u00e9 auditif du tronc c\u00e9r\u00e9bral \u00bb est la traduction fran\u00e7aise normalis\u00e9e de la locution anglaise <em>Auditory Brainstem Response<\/em> (ABR), \u00e9galement connue sous le terme d&rsquo;<em>auditory evoked brainstem potential<\/em> (BAEP) ou <em>brainstem auditory evoked potential<\/em> (BAEP). Le substantif \u00ab potentiel \u00bb trouve sa racine dans le latin <em>potentialis<\/em>, lui-m\u00eame d\u00e9riv\u00e9 de <em>potentia<\/em> (\u00ab puissance \u00bb, \u00ab facult\u00e9 d&rsquo;agir \u00bb), utilis\u00e9 en physique et en physiologie pour signifier une diff\u00e9rence de charge ou de potentiel \u00e9lectrique transitoire \u00e0 travers une membrane biologique.<\/p>\n<p>Le verbe \u00ab \u00e9voquer \u00bb proc\u00e8de du latin classique <em>evocare<\/em>, constitu\u00e9 du pr\u00e9fixe <em>ex-<\/em> (\u00ab hors de \u00bb) et de <em>vocare<\/em> (\u00ab appeler \u00bb), d\u00e9signant litt\u00e9ralement le fait d&rsquo;appeler au-dehors ou de susciter une r\u00e9action par un stimulus programm\u00e9. Le terme \u00ab auditif \u00bb provient du latin <em>auditivus<\/em>, issu de <em>audire<\/em> (\u00ab \u00e9couter, percevoir par l&rsquo;ou\u00efe \u00bb). Enfin, le terme \u00ab tronc c\u00e9r\u00e9bral \u00bb renvoie \u00e0 la structure axiale reliant la moelle \u00e9pini\u00e8re aux h\u00e9misph\u00e8res c\u00e9r\u00e9braux, le mot \u00ab tronc \u00bb venant du latin <em>truncus<\/em> (\u00ab f\u00fbt d&rsquo;un arbre, corps sans membres \u00bb) et \u00ab c\u00e9r\u00e9bral \u00bb de <em>cerebrum<\/em> (\u00ab cerveau \u00bb).<\/p>\n<p>Dans le champ m\u00e9dical et francophone, le sigle PEATC (ou PEAP pour \u00ab potentiels \u00e9voqu\u00e9s auditifs pr\u00e9coces \u00bb) s&rsquo;est impos\u00e9 dans le dernier tiers du XXe si\u00e8cle afin d&rsquo;\u00e9tablir une nomenclature rigoureuse distinguant les potentiels de latence pr\u00e9coce (tronc c\u00e9r\u00e9bral, 0 \u00e0 10 millisecondes), les potentiels de latence moyenne (thalamo-corticaux, 10 \u00e0 50 millisecondes) et les potentiels de latence tardive ou corticaux (au-del\u00e0 de 50 millisecondes, incluant les ondes N100, P200 ou P300).<\/p>\n<h3>3. Prononciation et forme grammaticale<\/h3>\n<p>Sur le plan phon\u00e9tique, le sigle PEATC se prononce classiquement en fran\u00e7ais par \u00e9pellation discontinue : \/pe.\u00f8.a.te.se\/ ou plus fr\u00e9quemment sous une forme quasi-acronymique articul\u00e9e \/pe.atk\/. Lorsqu&rsquo;il est d\u00e9velopp\u00e9 en toutes lettres, l&rsquo;\u00e9nonc\u00e9 complet se transcrit : \u00ab potentiel \u00e9voqu\u00e9 auditif du tronc c\u00e9r\u00e9bral \u00bb (\/p\u0254.t\u0251\u0303.sj\u025bl e.vo.ke o.di.tif dy tr\u0254\u0303 se.\u0281e.b\u0281al\/).<\/p>\n<p>D&rsquo;un point de vue grammatical, \u00ab potentiel \u00bb est un nom commun masculin singulier, mais l&rsquo;usage clinique et acad\u00e9mique privil\u00e9gie tr\u00e8s largement l&#8217;emploi au pluriel : \u00ab les potentiels \u00e9voqu\u00e9s auditifs du tronc c\u00e9r\u00e9bral \u00bb. Cette forme plurielle souligne la nature complexe du trac\u00e9, constitu\u00e9 d&rsquo;un ensemble de plusieurs ondes successives distinctes. En tant qu&rsquo;adjectifs, \u00ab \u00e9voqu\u00e9s \u00bb et \u00ab auditifs \u00bb s&rsquo;accordent au masculin pluriel avec le terme recteur \u00ab potentiels \u00bb. Le sigle PEATC est invariable en genre grammatical masculin et ne prend pas de marque orthographique de pluriel (\u00ab des PEATC \u00bb).<\/p>\n<h3>4. Explication conceptuelle d\u00e9taill\u00e9e<\/h3>\n<p>Pour appr\u00e9hender la port\u00e9e des potentiels \u00e9voqu\u00e9s auditifs du tronc c\u00e9r\u00e9bral, il convient de comprendre la cascade biophysique et neuroanatomique qu&rsquo;enclenche la stimulation acoustique. Lorsqu&rsquo;un bref clic sonore ou un transitoire spectralement d\u00e9fini (comme une bouff\u00e9e tonale ou un <em>tone burst<\/em>) p\u00e9n\u00e8tre le conduit auditif externe, il traverse l&rsquo;oreille moyenne par la cha\u00eene des osselets et parvient \u00e0 la cochl\u00e9e. \u00c0 cet endroit, l&rsquo;onde propag\u00e9e le long de la membrane basilaire entra\u00eene la d\u00e9flexion des st\u00e9r\u00e9ocils des cellules cili\u00e9es internes, d\u00e9clenchant l&rsquo;ouverture de canaux ioniques m\u00e9cano-d\u00e9pendants et la lib\u00e9ration d&rsquo;un neurotransmetteur excitateur, le glutamate, au niveau des synapses avec les neurones aff\u00e9rents primaires.<\/p>\n<p>Cette transduction m\u00e9cano-\u00e9lectrique provoque la gen\u00e8se de potentiels d&rsquo;action synchrones au sein des axones my\u00e9linis\u00e9s formant le nerf cochl\u00e9aire (VIIIe nerf cr\u00e2nien). Ces vol\u00e9es de potentiels d&rsquo;action cheminent ensuite le long du tronc c\u00e9r\u00e9bral, franchissant successivement les noyaux cochl\u00e9aires ventraux et dorsaux, le complexe olivaire sup\u00e9rieur bilat\u00e9ral, le lemnisque lat\u00e9ral et le colliculus inf\u00e9rieur m\u00e9senc\u00e9phalique. Chaque \u00e9tape synaptique et chaque segment de conduction axonale g\u00e9n\u00e8re des dip\u00f4les \u00e9lectriques extracellulaires qui se propagent par conduction volumique \u00e0 travers les tissus c\u00e9r\u00e9braux, le liquide c\u00e9r\u00e9brospinal, la bo\u00eete cr\u00e2nienne et le cuir chevelu.<\/p>\n<p>Bien que ces signaux \u00e9lectriques soient de magnitude infinit\u00e9simale lorsqu&rsquo;ils atteignent la surface du scalp \u2014 typiquement entre 0,1 et 1 microvolt (\u00b5V) \u2014, ils peuvent \u00eatre capt\u00e9s au moyen d&rsquo;\u00e9lectrodes cutan\u00e9es. Toutefois, ils demeurent profond\u00e9ment enfouis sous le bruit de fond bio\u00e9lectrique continu repr\u00e9sent\u00e9 par l&rsquo;\u00e9lectroenc\u00e9phalogramme (EEG) spontan\u00e9 (environ 20 \u00e0 100 \u00b5V), les potentiels \u00e9lectromyographiques (EMG) musculaires et les interf\u00e9rences \u00e9lectromagn\u00e9tiques environnementales. La technique indispensable pour extraire cette information repose sur le moyennage synchrone du signal (<em>averaging<\/em>).<\/p>\n<p>Le traitement des PEATC repose ainsi sur le postulat fondamental de la reproductibilit\u00e9 temporelle de la r\u00e9ponse neuronale par rapport au stimulus. En r\u00e9p\u00e9tant le stimulus plusieurs milliers de fois (couramment entre 1000 et 3000 pr\u00e9sentations) et en sommant les enregistrements cal\u00e9s avec une pr\u00e9cision sub-milliseconde sur le temps z\u00e9ro du son, les composantes al\u00e9atoires du bruit de fond (dont la moyenne tend vers z\u00e9ro) s&rsquo;annulent progressivement, tandis que la r\u00e9ponse \u00e9voqu\u00e9e temporelle fixe s&rsquo;additionne de mani\u00e8re constructive, faisant \u00e9merger le profil st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9 \u00e0 sept ondes.<\/p>\n<p>La d\u00e9limitation conceptuelle des PEATC se fonde sur leur extr\u00eame pr\u00e9cocit\u00e9 temporelle. En survenant exclusivement dans la fen\u00eatre des 10 \u00e0 12 millisecondes post-stimulus, ils \u00e9chappent totalement aux modulations cognitives descendantes complexes, aux effets de l&rsquo;attention s\u00e9lective, de la conscience, de l&rsquo;\u00e9tat \u00e9motionnel ou des agents anesth\u00e9siques usuels. Ils repr\u00e9sentent par cons\u00e9quent l&rsquo;arch\u00e9type des potentiels \u00ab exog\u00e8nes \u00bb ou primaires, d\u00e9pendant quasi-exclusivement des caract\u00e9ristiques physiques du stimulus (intensit\u00e9, cadence, spectre, polarit\u00e9) et de la structure biologique sous-jacente des voies auditives ascendantes.<\/p>\n<h3>5. \u00c9volution historique<\/h3>\n<p>La d\u00e9couverte et la standardisation des potentiels \u00e9voqu\u00e9s auditifs du tronc c\u00e9r\u00e9bral s&rsquo;inscrivent dans l&rsquo;essor de l&rsquo;\u00e9lectrophysiologie clinique de la seconde moiti\u00e9 du XXe si\u00e8cle, rendue possible par l&rsquo;av\u00e8nement des premiers calculateurs num\u00e9riques d\u00e9di\u00e9s au moyennage des signaux biologiques.<\/p>\n<p>D\u00e8s les ann\u00e9es 1930, Pauline et Hallowell Davis avaient mis en \u00e9vidence des modifications \u00e9lectroenc\u00e9phalographiques en r\u00e9ponse \u00e0 des sons, mais ces variations correspondaient \u00e0 des ondes lentes corticales. Il fallut attendre la fin des ann\u00e9es 1960 pour que des chercheurs osent explorer les fractions de millisecondes suivant imm\u00e9diatement le stimulus acoustique. En 1967, le chercheur japonais Koki Sohmer et son coll\u00e8gue Hallowell Feinmesser enregistr\u00e8rent pour la premi\u00e8re fois chez l&rsquo;humain des potentiels auditifs tr\u00e8s pr\u00e9coces \u00e0 l&rsquo;aide d&rsquo;\u00e9lectrodes pos\u00e9es sur le lobe de l&rsquo;oreille ou dans le m\u00e9at auditif externe, observant ce qu&rsquo;ils appel\u00e8rent les potentiels du nerf auditif et du tronc c\u00e9r\u00e9bral.<\/p>\n<p>Cependant, l&rsquo;\u00e9tape d\u00e9cisive fut franchie en 1970 et 1971 par <strong>Donald L. Jewett<\/strong> et son \u00e9quipe \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 de Californie \u00e0 San Francisco. Jewett d\u00e9montra de fa\u00e7on irr\u00e9futable que des potentiels \u00e9lectrophysiologiques sous-corticaux pouvaient \u00eatre enregistr\u00e9s de mani\u00e8re fiable et non invasive \u00e0 la surface du scalp humain \u00e0 l&rsquo;aide d&rsquo;une d\u00e9rivation sommet-masto\u00efde. C&rsquo;est Jewett qui \u00e9tablit la nomenclature devenue universelle employant les chiffres romains (I, II, III, IV, V, VI et VII) pour caract\u00e9riser chaque pic successif, et qui d\u00e9montra la relation de proportionnalit\u00e9 inverse existant entre l&rsquo;intensit\u00e9 de la stimulation sonore et la latence d&rsquo;apparition de ces ondes.<\/p>\n<p>Au cours des ann\u00e9es 1970 et 1980, les travaux pionniers de Terkildsen, d&rsquo;Aage M\u00f8ller et de Thomas Hecox ont permis d&rsquo;affiner l&rsquo;interpr\u00e9tation anatomo-fonctionnelle des diff\u00e9rentes composantes. M\u00f8ller mena des \u00e9tudes combinant des enregistrements intracr\u00e2niens perop\u00e9ratoires chez des patients neurochirurgicaux et des d\u00e9rivations de surface, dissipant le mod\u00e8le simpliste d&rsquo;une correspondance stricte \u00ab une onde = un noyau isol\u00e9 \u00bb au profit d&rsquo;un mod\u00e8le plus r\u00e9aliste de g\u00e9n\u00e9rateurs neuronaux multiples contribuant de fa\u00e7on diff\u00e9rentielle \u00e0 chaque onde.<\/p>\n<p>\u00c0 partir des ann\u00e9es 1990 et 2000, le perfectionnement des microprocesseurs et l&rsquo;impl\u00e9mentation d&rsquo;algorithmes de d\u00e9tection automatis\u00e9e ont permis la transposition des PEATC du laboratoire de recherche sp\u00e9cialis\u00e9 vers les maternit\u00e9s, transformant le d\u00e9pistage syst\u00e9matique de la surdit\u00e9 n\u00e9onatale \u00e0 grande \u00e9chelle gr\u00e2ce \u00e0 la variante automatis\u00e9e des PEATC (PEATC-A).<\/p>\n<h3>6. Fondements th\u00e9oriques<\/h3>\n<p>Les PEATC reposent sur un tr\u00e9pied th\u00e9orique associant la neurobiologie de la conduction synaptique, la th\u00e9orie des dip\u00f4les \u00e9lectrophysiologiques en conduction volumique et le traitement num\u00e9rique du signal stochastique.<\/p>\n<p>Sur le plan neurophysiologique, le principe sous-jacent est celui du potentiel de champ extracellulaire synchrone. Pour qu&rsquo;une onde macroscopique soit mesurable \u00e0 plusieurs centim\u00e8tres de distance au niveau du cuir chevelu, deux conditions biophysiques absolues doivent \u00eatre r\u00e9unies : la synchronie temporelle de d\u00e9charge et l&rsquo;alignement spatial g\u00e9om\u00e9trique des structures neuronales g\u00e9n\u00e9ratrices. Une population importante d&rsquo;axones ou d&rsquo;arbres dendritiques doit \u00eatre activ\u00e9e dans une fen\u00eatre temporelle inf\u00e9rieure \u00e0 la fraction de milliseconde. Si la conduction nerveuse au sein des fibres est asynchrone (comme c&rsquo;est le cas lors de processus de d\u00e9my\u00e9linisation), les dip\u00f4les locaux s&rsquo;annulent mutuellement, et les ondes des PEATC s&rsquo;effondrent en amplitude ou disparaissent compl\u00e8tement, m\u00eame si un nombre suffisant de potentiels d&rsquo;action atteint finalement le cortex pour permettre une perception auditive grossi\u00e8re.<\/p>\n<p>Sur le plan de la physique des milieux continus, la th\u00e9orie des volumes conducteurs formalise la propagation des courants ioniques \u00e0 travers les structures biologiques h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes. La t\u00eate humaine est mod\u00e9lis\u00e9e comme un ensemble de couches conductrices concentriques aux r\u00e9sistivit\u00e9s dissemblables : le parenchyme c\u00e9r\u00e9bral, le liquide c\u00e9r\u00e9brospinal, les m\u00e9ninges, l&rsquo;os cr\u00e2nien compact et spongieux, et enfin la peau. Les dip\u00f4les ouverts g\u00e9n\u00e9r\u00e9s dans le tronc c\u00e9r\u00e9bral produisent des lignes de courant qui s&rsquo;\u00e9talent selon les propri\u00e9t\u00e9s ohmiques de ces tissus. L&rsquo;onde enregistr\u00e9e entre l&rsquo;\u00e9lectrode active (g\u00e9n\u00e9ralement positionn\u00e9e au vertex ou sur le front haut) et l&rsquo;\u00e9lectrode de r\u00e9f\u00e9rence (situ\u00e9e sur la masto\u00efde ou le lobe ipsilat\u00e9ral) mesure la diff\u00e9rence de potentiel instantan\u00e9e induite par le front d&rsquo;onde axonal ascendant ou la d\u00e9polarisation dendritique synaptique d&rsquo;un noyau relais.<\/p>\n<p>Enfin, sur le plan math\u00e9matique et computationnel, les PEATC s&rsquo;appuient sur la th\u00e9orie du traitement lin\u00e9aire du signal et de l&rsquo;extraction par moyennage d\u00e9terministe. Le mod\u00e8le fondamental s&rsquo;\u00e9crit formellement comme suit :<\/p>\n<p><em>x_i(t) = s(t) + n_i(t)<\/em><\/p>\n<p>o\u00f9 <em>x_i(t)<\/em> repr\u00e9sente le trac\u00e9 brut enregistr\u00e9 lors du <em>i<\/em>-\u00e8me essai, <em>s(t)<\/em> d\u00e9signe le potentiel \u00e9voqu\u00e9 invariable invariant dans le temps, et <em>n_i(t)<\/em> symbolise le bruit bio\u00e9lectrique et instrumental consid\u00e9r\u00e9 comme un processus al\u00e9atoire stationnaire de moyenne nulle non corr\u00e9l\u00e9 avec le stimulus. En faisant la moyenne sur <em>N<\/em> r\u00e9p\u00e9titions, le rapport signal sur bruit s&rsquo;accro\u00eet d&rsquo;un facteur proportionnel \u00e0 la racine carr\u00e9e de <em>N<\/em> (\u221a<em>N<\/em>), permettant ainsi d&rsquo;isoler un signal de quelques fractions de microvolt d&rsquo;un fond de bruit cent fois sup\u00e9rieur.<\/p>\n<h3>7. Composantes cl\u00e9s, types et dimensions<\/h3>\n<p>L&rsquo;analyse qualitative et quantitative d&rsquo;un trac\u00e9 de PEATC repose sur l&rsquo;\u00e9valuation morphologique de ses pics, la quantification pr\u00e9cise de leurs latences absolues, de leurs intervalles inter-pics (latences relatives) et du ratio d&rsquo;amplitude de leurs ondes majeures.<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Onde I (1,5 \u00e0 1,7 ms) :<\/strong> G\u00e9n\u00e9r\u00e9e par la portion distale du <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Nerf_cochl%C3%A9aire\">nerf cochl\u00e9aire<\/a> (VIIIe paire cr\u00e2nienne) lorsqu&rsquo;il quitte la cochl\u00e9e pour s&rsquo;engager dans le m\u00e9at acoustique interne. Elle traduit la d\u00e9charge synchrone des fibres auditives primaires aff\u00e9rentes.<\/li>\n<li><strong>Onde II (2,7 \u00e0 2,9 ms) :<\/strong> Produite par la portion proximale intracr\u00e2nienne du nerf auditif lorsqu&rsquo;il p\u00e9n\u00e8tre dans l&rsquo;angle ponto-c\u00e9r\u00e9belleux et aborde les noyaux cochl\u00e9aires du tronc c\u00e9r\u00e9bral.<\/li>\n<li><strong>Onde III (3,7 \u00e0 3,9 ms) :<\/strong> Issue principalement de l&rsquo;activit\u00e9 neuronale au sein du complexe des noyaux cochl\u00e9aires (notamment le noyau cochl\u00e9aire ventral) et des d\u00e9charges initiales du complexe olivaire sup\u00e9rieur situ\u00e9 dans la protub\u00e9rance inf\u00e9rieure.<\/li>\n<li><strong>Onde IV (4,7 \u00e0 5,0 ms) :<\/strong> Souvent fusionn\u00e9e ou intriqu\u00e9e avec l&rsquo;onde V, elle refl\u00e8te l&rsquo;activit\u00e9 du lemnisque lat\u00e9ral et des projections issues du complexe olivaire sup\u00e9rieur controlat\u00e9ral.<\/li>\n<li><strong>Onde V (5,5 \u00e0 5,8 ms) :<\/strong> L&rsquo;onde la plus ample, la plus constante, la plus robuste et la plus d\u00e9terminante cliniquement. Elle prend principalement naissance au niveau du <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Colliculus_inf%C3%A9rieur\">colliculus inf\u00e9rieur<\/a> dans le m\u00e9senc\u00e9phale dorsal. Sa persistance aux intensit\u00e9s acoustiques les plus faibles en fait le pivot de l&rsquo;estimation du seuil auditif \u00e9lectrophysiologique.<\/li>\n<li><strong>Ondes VI et VII (7,0 \u00e0 9,5 ms) :<\/strong> Ondes inconstantes et d&rsquo;amplitude modeste, g\u00e9n\u00e9r\u00e9es respectivement par le corps genouill\u00e9 m\u00e9dial thalamique et les radiations auditives sous-corticales pr\u00e9coces ; elles poss\u00e8dent une valeur diagnostique limit\u00e9e en pratique courante.<\/li>\n<li><strong>Intervalles inter-pics (d\u00e9lais de conduction centrale) :<\/strong> Les param\u00e8tres chronom\u00e9triques primordiaux regroupent l&rsquo;intervalle I-III (conduction dans le segment p\u00e9riph\u00e9rique et ponto-m\u00e9dullaire bas), l&rsquo;intervalle III-V (conduction pontom\u00e9senc\u00e9phalique haute) et surtout l&rsquo;intervalle I-V (temps de conduction centrale global du tronc c\u00e9r\u00e9bral, physiologiquement inf\u00e9rieur ou \u00e9gal \u00e0 4,0 \u00e0 4,2 ms chez l&rsquo;adulte sain).<\/li>\n<li><strong>Ratio d&rsquo;amplitude V\/I :<\/strong> Calcul\u00e9 en divisant l&rsquo;amplitude pic-\u00e0-creux de l&rsquo;onde V par celle de l&rsquo;onde I. Chez un individu sain, ce ratio est normalement sup\u00e9rieur \u00e0 1,0 (l&rsquo;onde V \u00e9tant plus ample que l&rsquo;onde I). Un ratio anormalement bas constitue un signe d&rsquo;alerte neurologique ou otoneurologique.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>8. Exemples et cas illustratifs<\/h3>\n<p>Pour mieux appr\u00e9hender la valeur s\u00e9miologique des PEATC, examinons deux situations cliniques repr\u00e9sentatives rencontr\u00e9es en neuropsychologie et en audiologie m\u00e9dicale.<\/p>\n<p><strong>Cas 1 : Diagnostic diff\u00e9rentiel d&rsquo;un neurinome de l&rsquo;acoustique (schwannome vestibulaire).<\/strong> Un patient de 48 ans consulte pour des acouph\u00e8nes unilat\u00e9raux de l&rsquo;oreille droite associ\u00e9s \u00e0 une discr\u00e8te baisse de discrimination de la parole dans le bruit, alors que l&rsquo;audiom\u00e9trie tonale standard ne r\u00e9v\u00e8le qu&rsquo;une surdit\u00e9 neurosensorielle l\u00e9g\u00e8re sur les fr\u00e9quences aigu\u00ebs. L&rsquo;enregistrement des PEATC r\u00e9v\u00e8le \u00e0 gauche (oreille saine) un trac\u00e9 parfaitement int\u00e8gre avec des ondes I, III et V nettes et des intervalles I-III et I-V dans les normes physiologiques (respectivement 2,1 ms et 3,9 ms). En revanche, lors de la stimulation de l&rsquo;oreille droite, on constate une onde I pr\u00e9sente et parfaitement cal\u00e9e \u00e0 1,6 ms, mais l&rsquo;onde III et l&rsquo;onde V apparaissent avec un retard consid\u00e9rable, portant l&rsquo;intervalle I-III \u00e0 2,8 ms et l&rsquo;intervalle I-V \u00e0 4,8 ms, accompagn\u00e9 d&rsquo;un d\u00e9calage interauriculaire de l&rsquo;onde V sup\u00e9rieur \u00e0 0,4 ms. Ce ralentissement \u00e9lectrophysiologique focal signe un allongement pathologique du temps de conduction le long du VIIIe nerf et de l&rsquo;angle ponto-c\u00e9r\u00e9belleux, orientant imm\u00e9diatement vers une l\u00e9sion r\u00e9trocochl\u00e9aire compressive qui sera confirm\u00e9e par l&rsquo;imagerie par r\u00e9sonance magn\u00e9tique (IRM).<\/p>\n<p><strong>Cas 2 : Suspicion de neuropathie auditive chez un jeune enfant.<\/strong> Un nourrisson de 10 mois, n\u00e9 pr\u00e9matur\u00e9ment avec ant\u00e9c\u00e9dents d&rsquo;hyperbilirubin\u00e9mie s\u00e9v\u00e8re ayant n\u00e9cessit\u00e9 une phototh\u00e9rapie intensive, est adress\u00e9 pour bilan de retard d&rsquo;acquisition du langage et absence manifeste de r\u00e9action aux stimuli sonores familiers. Les oto\u00e9missions acoustiques (OEA) sont pr\u00e9sentes et parfaitement normales, attestant du bon fonctionnement contractile des cellules cili\u00e9es externes de l&rsquo;organe de Corti. Pourtant, l&rsquo;enregistrement des PEATC \u00e0 forte intensit\u00e9 (80 dB nHL) ne montre aucune morphologie identifiable : les ondes I \u00e0 V sont totalement absentes ou r\u00e9duites \u00e0 un micro-potentiel de r\u00e9cepteur \u00e9tal\u00e9 (microphonique cochl\u00e9aire) sans r\u00e9ponse synchrone du tronc. Cette dissociation \u00e9lectrophysiologique caract\u00e9ristique \u2014 pr\u00e9sence des oto\u00e9missions acoustiques contrastant avec une absence compl\u00e8te ou une d\u00e9sorganisation majeure des PEATC \u2014 pose le diagnostic pr\u00e9cis d&rsquo;un trouble du spectre de la <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Neuropathie_auditive\">neuropathie auditive<\/a> (TSNA). Ce profil oriente l&rsquo;\u00e9quipe vers des choix th\u00e9rapeutiques et r\u00e9\u00e9ducatifs tr\u00e8s diff\u00e9rents de ceux d&rsquo;une surdit\u00e9 cochl\u00e9aire classique, excluant l&rsquo;amplification proth\u00e9tique conventionnelle agressive au profit d&rsquo;une prise en charge orthophonique sp\u00e9cialis\u00e9e et d&rsquo;une discussion d&rsquo;implantation cochl\u00e9aire.<\/p>\n<h3>9. Mesure et \u00e9valuation<\/h3>\n<p>La passation technique d&rsquo;un enregistrement de PEATC exige une rigueur m\u00e9thodologique absolue afin de garantir la reproductibilit\u00e9 et la fiabilit\u00e9 clinique du trac\u00e9. Le protocole implique la mise en place d&rsquo;une cha\u00eene instrumentale hautement calibr\u00e9e.<\/p>\n<p>Le patient est id\u00e9alement install\u00e9 en d\u00e9cubitus dorsal ou dans un fauteuil inclinable confortable au sein d&rsquo;une cabine insonoris\u00e9e et blind\u00e9e contre les rayonnements \u00e9lectromagn\u00e9tiques (cage de Faraday). La relaxation musculaire est imp\u00e9rative, car toute tension des muscles masticateurs, cervicaux ou cr\u00e2niens g\u00e9n\u00e8re des artefacts myog\u00e9niques dont l&rsquo;amplitude \u00e9crase le microvoltage c\u00e9r\u00e9bral. Chez le nouveau-n\u00e9 et le jeune enfant, l&rsquo;examen est r\u00e9alis\u00e9 pendant le sommeil naturel postprandial ou, en cas de n\u00e9cessit\u00e9 imp\u00e9rieuse, sous s\u00e9dation pharmacologique l\u00e9g\u00e8re supervis\u00e9e.<\/p>\n<p>La configuration conventionnelle des \u00e9lectrodes repose sur le syst\u00e8me international 10-20. Une \u00e9lectrode active positive est fix\u00e9e au vertex (Cz) ou sur le front sup\u00e9rieur (Fpz). Les \u00e9lectrodes de r\u00e9f\u00e9rence n\u00e9gatives sont plac\u00e9es sur les masto\u00efdes (M1, M2) ou sur les lobes auriculaires (A1, A2). Une \u00e9lectrode de terre commune est positionn\u00e9e sur le front bas (Fz). L&rsquo;imp\u00e9dance de contact inter-\u00e9lectrodes doit \u00eatre rigoureusement contr\u00f4l\u00e9e et maintenue en de\u00e7\u00e0 de 5 kilo-ohms (k\u03a9), avec un \u00e9quilibrage d&rsquo;imp\u00e9dance entre les diff\u00e9rents sites inf\u00e9rieur \u00e0 2 k\u03a9.<\/p>\n<p>Les param\u00e8tres de stimulation et de filtrage constituent le c\u0153ur de la mesure :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Stimulus :<\/strong> Traditionnellement un \u00ab clic \u00bb acoustique non spectral d&rsquo;une dur\u00e9e de 100 microsecondes (rectangulaire), excitant une large bande de la membrane basilaire (principalement entre 2000 et 4000 Hz). Pour l&rsquo;\u00e9valuation fr\u00e9quentielle sp\u00e9cifique du seuil auditif, on emploie des bouff\u00e9es tonales (<em>tone bursts<\/em>) fen\u00eatr\u00e9es ou des <em>chirps<\/em> (stimuli \u00e0 compensation de d\u00e9lai de propagation cochl\u00e9aire).<\/li>\n<li><strong>Polarit\u00e9 :<\/strong> Stimulations en condensation (surpression), en rar\u00e9faction (d\u00e9pression) ou en polarit\u00e9 altern\u00e9e afin d&rsquo;\u00e9liminer l&rsquo;artefact d&rsquo;art\u00e9fact de stimulation et le potentiel microphonique cochl\u00e9aire.<\/li>\n<li><strong>Cadence :<\/strong> Fr\u00e9quence de pr\u00e9sentation comprise entre 11 et 31 clics par seconde pour le diagnostic morphologique ; des cadences plus \u00e9lev\u00e9es (sup\u00e9rieures \u00e0 60 ou 80 clics\/s) sont utilis\u00e9es pour des \u00e9preuves de fatigue neuronale ou de stress synaptique.<\/li>\n<li><strong>Filtrage analogique et num\u00e9rique :<\/strong> Un filtre passe-bande rigoureux, g\u00e9n\u00e9ralement r\u00e9gl\u00e9 entre 100 Hz et 3000 Hz, permet d&rsquo;\u00e9liminer les d\u00e9rives lentes de la ligne de base corticale tout en pr\u00e9servant les composantes fr\u00e9quentielles aigu\u00ebs qui constituent les sommets des ondes Jewett.<\/li>\n<li><strong>R\u00e9jection d&rsquo;artefacts :<\/strong> Tout balayage d&rsquo;enregistrement d\u00e9passant un seuil pr\u00e9d\u00e9fini de microvoltage (souvent \u00b120 \u00e0 \u00b130 \u00b5V) est automatiquement rejet\u00e9 de la m\u00e9moire de sommation.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>10. Applications et port\u00e9e pratique<\/h3>\n<p>La polyvalence des PEATC leur conf\u00e8re un statut privil\u00e9gi\u00e9 dans de multiples branches de la m\u00e9decine, de la chirurgie et des sciences du comportement.<\/p>\n<p>Dans le domaine du <strong>d\u00e9pistage et de l&rsquo;audiom\u00e9trie p\u00e9diatrique objective<\/strong>, les PEATC automatis\u00e9s (PEATC-A) repr\u00e9sentent l&rsquo;outil de r\u00e9f\u00e9rence au sein des programmes universels de d\u00e9pistage n\u00e9onatal de l&rsquo;audition. Ils permettent d&rsquo;identifier d\u00e8s la maternit\u00e9 les atteintes auditives s\u00e9v\u00e8res \u00e0 profondes avant l&rsquo;\u00e2ge de trois mois, ouvrant la voie \u00e0 une intervention pr\u00e9coce (appareillage ou implantation) avant l&rsquo;\u00e2ge charni\u00e8re de six mois, ce qui conditionne le d\u00e9veloppement normal du langage oral et des structures neuro-cognitives associ\u00e9es.<\/p>\n<p>En <strong>otoneurologie et neuro-oncologie<\/strong>, l&rsquo;enregistrement des PEATC constitue un test fonctionnel remarquable pour la d\u00e9tection pr\u00e9coce des schwannomes vestibulaires, des m\u00e9ningiomes de l&rsquo;angle ponto-c\u00e9r\u00e9belleux et des kystes \u00e9pidermo\u00efdes comprimant le tronc c\u00e9r\u00e9bral. M\u00eame \u00e0 l&rsquo;\u00e8re de l&rsquo;IRM haute r\u00e9solution, le PEATC conserve une utilit\u00e9 capitale pour quantifier le retentissement fonctionnel et la souffrance axonale en temps r\u00e9el.<\/p>\n<p>Au sein des <strong>unit\u00e9s de soins intensifs et de r\u00e9animation<\/strong>, les PEATC sont mis \u00e0 contribution pour l&rsquo;\u00e9valuation du coma, le monitorage du pronostic des enc\u00e9phalopathies anoxiques post-arr\u00eat cardiaque et le protocole m\u00e9dico-l\u00e9gal de confirmation de la mort enc\u00e9phalique. Dans cette derni\u00e8re circonstance, la disparition compl\u00e8te et irr\u00e9versible de toutes les ondes d&rsquo;origine tronculaire (ondes II \u00e0 V), alors m\u00eame qu&rsquo;une onde I p\u00e9riph\u00e9rique peut persister transitoirement, fournit une confirmation neurophysiologique irr\u00e9futable de la cessation d&rsquo;activit\u00e9 du tronc c\u00e9r\u00e9bral.<\/p>\n<p>Au <strong>bloc op\u00e9ratoire de neurochirurgie<\/strong>, le monitorage perop\u00e9ratoire continu des PEATC assure la sauvegarde des voies auditives et la pr\u00e9servation fonctionnelle du tronc c\u00e9r\u00e9bral lors de l&rsquo;ex\u00e9r\u00e8se de volumineuses tumeurs de la fosse c\u00e9r\u00e9brale post\u00e9rieure ou de d\u00e9compressions microvasculaires du nerf trijumeau et du nerf facial. L&rsquo;allongement de la latence de l&rsquo;onde V de plus de 1 milliseconde ou une chute d&rsquo;amplitude de plus de 50 % alerte imm\u00e9diatement le chirurgien d&rsquo;une traction excessive, d&rsquo;un spasme vasculaire ou d&rsquo;une isch\u00e9mie focale, autorisant une correction imm\u00e9diate du geste op\u00e9ratoire avant l&rsquo;installation d&rsquo;une l\u00e9sion neurologique irr\u00e9versible.<\/p>\n<p>En <strong>psychiatrie biologique et neuropsychologie<\/strong>, les alt\u00e9rations subtiles de la latence ou de la variabilit\u00e9 des PEATC sont explor\u00e9es dans le cadre des troubles neurod\u00e9veloppementaux, tels que les troubles du spectre de l&rsquo;autisme (TSA), les troubles du d\u00e9ficit de l&rsquo;attention avec ou sans hyperactivit\u00e9 (TDAH), et les troubles sp\u00e9cifiques d&rsquo;apprentissage du langage (dyslexie phonologique). Ces \u00e9tudes mettent en \u00e9vidence des d\u00e9ficits pr\u00e9coces de synchronisation et de fid\u00e9lit\u00e9 temporelle du codage sous-cortical des indices acoustiques complexes (voir les travaux sur les <em>cABR<\/em> ou <em>complex Auditory Brainstem Responses<\/em> utilisant des sons de parole).<\/p>\n<h3>11. Recherche et donn\u00e9es empiriques<\/h3>\n<p>Depuis la fin du XXe si\u00e8cle, un corpus consid\u00e9rable de donn\u00e9es empiriques a consolid\u00e9 les bases physiologiques des PEATC tout en \u00e9largissant leurs horizons d&rsquo;investigation.<\/p>\n<p>Les recherches princeps de Nina Kraus et de son laboratoire d&rsquo;audition neurobiologique \u00e0 la <em>Northwestern University<\/em> ont constitu\u00e9 une avanc\u00e9e majeure en d\u00e9veloppant le paradigme des <em>Frequency Following Responses<\/em> (FFR) et des PEATC stimul\u00e9s par des syllabes de parole (<em>Speech-ABR<\/em>). Leurs \u00e9tudes empiriques ont d\u00e9montr\u00e9 que le tronc c\u00e9r\u00e9bral ne se contente pas de relayer passivement l&rsquo;influx nerveux : la r\u00e9ponse \u00e9voqu\u00e9e sous-corticale reproduit fid\u00e8lement la forme d&rsquo;onde, la fr\u00e9quence fondamentale (F0) et la structure formantique du signal vocal. Kraus et ses collaborateurs ont prouv\u00e9 que l&rsquo;entra\u00eenement musical de longue dur\u00e9e affine significativement la synchronie neuronale du tronc c\u00e9r\u00e9bral et renforce la r\u00e9silience du traitement auditif dans les environnements bruyants. R\u00e9ciproquement, les enfants pr\u00e9sentant des troubles de l&rsquo;apprentissage de la lecture pr\u00e9sentent une d\u00e9gradation statistiquement significative de la fid\u00e9lit\u00e9 de transcription sous-corticale des consonnes plosives transitoires (comme le son \/da\/).<\/p>\n<p>Sur le versant des affections d\u00e9my\u00e9linisantes, notamment la scl\u00e9rose en plaques, les travaux s\u00e9minaux d&rsquo;Espir et Chiappa ont \u00e9tabli que 50 \u00e0 70 % des patients atteints pr\u00e9sentent des anomalies des PEATC (d\u00e9synchronisation ou allongement de l&rsquo;intervalle I-V), m\u00eame en l&rsquo;absence totale de signes cliniques ou otologiques apparents. Ce constat a historiquement \u00e9lev\u00e9 les potentiels \u00e9voqu\u00e9s au rang de preuve paraclinique de diss\u00e9mination spatiale des l\u00e9sions du syst\u00e8me nerveux central.<\/p>\n<p>Des \u00e9tudes r\u00e9centes en imagerie multimodale couplant magn\u00e9toenc\u00e9phalographie (MEG) et PEATC \u00e0 haute r\u00e9solution ont permis d&rsquo;affiner la localisation spatiotemporelle exacte des dip\u00f4les, confirmant que si l&rsquo;onde I refl\u00e8te un champ de potentiel lointain strictement unilat\u00e9ral, les ondes IV et V r\u00e9sultent d&rsquo;une sommation complexe de vecteurs issus \u00e0 la fois des structures ipsilat\u00e9rales et controlat\u00e9rales traversant la commissure de Probst et le colliculus inf\u00e9rieur m\u00e9senc\u00e9phalique.<\/p>\n<h3>12. Consid\u00e9rations culturelles et transculturelles<\/h3>\n<p>Bien que les potentiels \u00e9voqu\u00e9s auditifs du tronc c\u00e9r\u00e9bral constituent une mesure neurobiologique primaire par essence universelle et largement ind\u00e9pendante des facteurs linguistiques, g\u00e9ographiques ou culturels de base, leur d\u00e9ploiement et leurs interpr\u00e9tations sp\u00e9cialis\u00e9es s&rsquo;inscrivent dans des r\u00e9alit\u00e9s contextuelles contrast\u00e9es.<\/p>\n<p>Au niveau de l&rsquo;audiom\u00e9trie objective et de la sant\u00e9 publique mondiale, l&rsquo;acc\u00e8s aux technologies de d\u00e9pistage par PEATC automatis\u00e9s r\u00e9v\u00e8le de profondes disparit\u00e9s socio-\u00e9conomiques. Alors que les pays \u00e0 revenu \u00e9lev\u00e9 ont institutionnalis\u00e9 le d\u00e9pistage n\u00e9onatal universel syst\u00e9matique en maternit\u00e9 financ\u00e9 par les syst\u00e8mes de protection sociale, de nombreuses nations \u00e0 revenu faible ou interm\u00e9diaire demeurent contraintes \u00e0 un d\u00e9pistage cibl\u00e9 sur les seuls nourrissons \u00e0 haut risque, retardant le diagnostic moyen de la surdit\u00e9 cong\u00e9nitale \u00e0 des \u00e2ges o\u00f9 la plasticit\u00e9 c\u00e9r\u00e9brale synaptique commence \u00e0 d\u00e9cliner.<\/p>\n<p>Sur le plan de la recherche neuropsycholinguistique, l&rsquo;utilisation des PEATC vocaux (<em>Speech-ABR<\/em>) a mis en \u00e9vidence des variations intrigantes li\u00e9es \u00e0 la langue maternelle des sujets. Les locuteurs natifs de langues tonales (telles que le mandarin standard, le cantonais ou le vietnamien) pr\u00e9sentent une pr\u00e9cision de codage sous-cortical de la fr\u00e9quence fondamentale et de ses trajectoires de glissement tonal significativement sup\u00e9rieure \u00e0 celle observ\u00e9e chez des locuteurs natifs de langues non tonales (comme le fran\u00e7ais ou l&rsquo;anglais). Ces travaux d\u00e9montrent de mani\u00e8re empirique l&rsquo;existence d&rsquo;une plasticit\u00e9 neuronale descendante (<em>top-down<\/em>) fa\u00e7onn\u00e9e tout au long de la vie par l&rsquo;environnement linguistique culturel, qui vient moduler et affiner la machinerie sous-corticale la plus pr\u00e9coce du tronc c\u00e9r\u00e9bral.<\/p>\n<h3>13. Critiques, controverses et limites<\/h3>\n<p>Malgr\u00e9 sa valeur clinique inestimable, la technique des PEATC pr\u00e9sente plusieurs limites techniques et conceptuelles que tout praticien et chercheur se doit de ma\u00eetriser.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re limitation majeure r\u00e9side dans la non-\u00e9quivalence absolue entre un seuil \u00e9lectrophysiologique PEATC et la perception auditive subjective globale. Un trac\u00e9 de PEATC parfaitement int\u00e8gre n&rsquo;atteste que de la conduction sous-corticale ; il ne garantit nullement que le patient \u00ab entend \u00bb ou comprend de mani\u00e8re consciente, car les processus perceptifs conscients requi\u00e8rent l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 des relais thalamo-corticaux et du <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Cortex_auditif\">cortex auditif<\/a> primaire et secondaire. R\u00e9ciproquement, un individu pr\u00e9sentant une agnosie auditive corticale secondaire \u00e0 un accident vasculaire c\u00e9r\u00e9bral bitemporal peut pr\u00e9senter des PEATC rigoureusement normaux tout en \u00e9tant totalement incapable d&rsquo;interpr\u00e9ter le moindre stimulus sonore.<\/p>\n<p>La seconde limite concerne la sensibilit\u00e9 spectrale du clic acoustique standard. Le clic conventionnel active pr\u00e9f\u00e9rentiellement la r\u00e9gion basale de la cochl\u00e9e, correspondant aux fr\u00e9quences aigu\u00ebs comprises entre 2000 et 4000 Hz. Par cons\u00e9quent, une surdit\u00e9 neurosensorielle s\u00e9v\u00e8re isol\u00e9e sur les fr\u00e9quences graves ou moyennes (inf\u00e9rieures \u00e0 1000 Hz) peut passer compl\u00e8tement inaper\u00e7ue lors d&rsquo;un examen classique par clics, produisant un trac\u00e9 faussement rassurant. Pour surmonter cette lacune, le recours \u00e0 des stimuli sp\u00e9cifiques en bouff\u00e9es tonales (<em>tone-evoked ABR<\/em>) est imp\u00e9ratif, bien que leur analyse soit rendue plus complexe par un \u00e9talement de l&rsquo;onde V et une morphologie moins franche.<\/p>\n<p>Par ailleurs, l&rsquo;enregistrement des PEATC est tributaire d&rsquo;une synchronie neuronale parfaite. Dans les pathologies affectant sp\u00e9cifiquement la my\u00e9line ou la synchronie de d\u00e9charge (comme les neuropathies auditives ou certaines dysplasies axonales), les ondes des PEATC peuvent \u00eatre totalement d\u00e9sorganis\u00e9es ou absentes chez des patients dont l&rsquo;audiogramme comportemental r\u00e9v\u00e8le des seuils auditifs quasi-normaux. Poser un diagnostic de surdit\u00e9 totale sur la seule absence de PEATC sans avoir confront\u00e9 ce r\u00e9sultat aux oto\u00e9missions acoustiques et aux r\u00e9ponses comportementales constitue une faute diagnostique redoutable.<\/p>\n<p>Enfin, la susceptibilit\u00e9 extr\u00eame de l&rsquo;enregistrement aux interf\u00e9rences \u00e9lectromagn\u00e9tiques ambiantes (moteurs d&rsquo;ascenseurs, \u00e9quipements de r\u00e9animation, t\u00e9l\u00e9phones portables) et aux artefacts myog\u00e9niques impose des contraintes d&rsquo;examen exigeantes, limitant la faisabilit\u00e9 rapide de l&rsquo;acte chez les sujets agit\u00e9s ou incapables de maintenir une relaxation musculaire compl\u00e8te sans assistance m\u00e9dicamenteuse.<\/p>\n<h3>14. Termes connexes et distinctions<\/h3>\n<p>Il importe de ne pas confondre les PEATC avec plusieurs concepts et examens \u00e9lectrophysiologiques voisins explorant d&rsquo;autres \u00e9tages du syst\u00e8me auditif :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Oto\u00e9missions acoustiques (OEA) :<\/strong> Signaux sonores physiques \u00e9mis par les contractions microm\u00e9caniques actives des cellules cili\u00e9es externes de l&rsquo;organe de Corti cochl\u00e9aire, capt\u00e9s dans le conduit auditif externe par un microphone sensible. Contrairement aux PEATC, les OEA ne mesurent aucun signal \u00e9lectrique nerveux et n&rsquo;explorent pas le nerf auditif ni le tronc c\u00e9r\u00e9bral.<\/li>\n<li><strong>\u00c9lectrocochl\u00e9ographie (ECochG) :<\/strong> Enregistrement \u00e9lectrophysiologique des potentiels cochl\u00e9aires tr\u00e8s pr\u00e9coces (potentiel microphonique, potentiel de sommation et potentiel d&rsquo;action global du nerf auditif survenant dans les 2 premi\u00e8res millisecondes). R\u00e9alis\u00e9e par une \u00e9lectrode transtympanique ou extratympanique proche de la membrane du tympan, elle explore l&rsquo;organe de Corti et l&rsquo;extr\u00e9mit\u00e9 distale du nerf, en amont du tronc c\u00e9r\u00e9bral explor\u00e9 par les PEATC.<\/li>\n<li><strong>Potentiels \u00e9voqu\u00e9s auditifs de latence moyenne (PEALM \/ AMLR) :<\/strong> Ondes \u00e9lectrophysiologiques survenant entre 10 et 50 millisecondes post-stimulus (ondes Na, Pa, Nb, Pb). Elles refl\u00e8tent l&rsquo;activation des relais sous-corticaux sup\u00e9rieurs, du corps genouill\u00e9 m\u00e9dial thalamique et des aires auditives primaires temporales.<\/li>\n<li><strong>Potentiels \u00e9voqu\u00e9s auditifs tardifs ou corticaux (PEAT \/ ALR) :<\/strong> Ondes lentes c\u00e9r\u00e9brales (P1, N1, P2) se d\u00e9ployant entre 50 et 250 millisecondes. Elles sont hautement d\u00e9pendantes du niveau d&rsquo;\u00e9veil, de l&rsquo;\u00e2ge du sujet et de l&rsquo;\u00e9tat de vigilance, explorant le cortex auditif associatif.<\/li>\n<li><strong>Mismatch Negativity (MMN) et P300 :<\/strong> Potentiels cognitifs ou endog\u00e8nes li\u00e9s \u00e0 l&rsquo;attention, \u00e0 la d\u00e9tection de la nouveaut\u00e9 acoustique et au traitement s\u00e9mantique. Ils contrastent radicalement avec les PEATC qui sont des potentiels purement exog\u00e8nes et automatiques.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>15. Synth\u00e8se et points cl\u00e9s \u00e0 retenir<\/h3>\n<p>Les potentiels \u00e9voqu\u00e9s auditifs du tronc c\u00e9r\u00e9bral (PEATC) s&rsquo;imposent comme l&rsquo;un des piliers cardinaux de l&rsquo;exploration fonctionnelle du syst\u00e8me nerveux sensoriel. Par leur remarquable stabilit\u00e9 chronologique et leur ind\u00e9pendance vis-\u00e0-vis des modulations attentionnelles ou de la conscience, ils constituent un \u00e9talon objectif incontournable pour jauger l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 de la conduction nerveuse aff\u00e9rente.<\/p>\n<p>Les points directeurs essentiels sont les suivants :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Fen\u00eatre temporelle :<\/strong> Les r\u00e9ponses surviennent de fa\u00e7on st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9e dans les 10 millisecondes suivant un stimulus sonore transitoire.<\/li>\n<li><strong>Morphologie s\u00e9quentielle :<\/strong> Le trac\u00e9 normal s&rsquo;articule autour de cinq ondes fondamentales (ondes I \u00e0 V), l&rsquo;onde I signant l&rsquo;activation du nerf cochl\u00e9aire et l&rsquo;onde V mat\u00e9rialisant la d\u00e9polarisation au niveau du colliculus inf\u00e9rieur m\u00e9senc\u00e9phalique.<\/li>\n<li><strong>Mesures pivots :<\/strong> Les crit\u00e8res analytiques cardinaux sont les latences absolues des pics, les temps de conduction centrale (notamment l&rsquo;intervalle inter-pics I-V qui doit \u00eatre inf\u00e9rieur \u00e0 4,0\u20134,2 ms) et le seuil d&rsquo;apparition de l&rsquo;onde V.<\/li>\n<li><strong>R\u00f4les diagnostiques :<\/strong> Les PEATC sont d\u00e9cisifs pour le d\u00e9pistage n\u00e9onatal de la surdit\u00e9, l&rsquo;audiom\u00e9trie objective chez le sujet non communicant, le diagnostic des tumeurs de l&rsquo;angle ponto-c\u00e9r\u00e9belleux, la d\u00e9tection des neuropathies auditives, le monitorage neurochirurgical perop\u00e9ratoire et la confirmation pronostique du coma ou de la mort enc\u00e9phalique.<\/li>\n<li><strong>Compl\u00e9mentarit\u00e9 n\u00e9cessaire :<\/strong> Les PEATC doivent toujours \u00eatre contextualis\u00e9s au sein d&rsquo;un bilan audiop\u00e9diatrique ou neurologique global, en \u00e9troite corr\u00e9lation avec l&rsquo;examen otologique, les oto\u00e9missions acoustiques et les examens d&rsquo;imagerie neuro-anatomique.<\/li>\n<\/ul>\n<h2>R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<ul>\n<li>American Electroencephalographic Society. (1994). Guideline thirteen: Guidelines for clinical evaluation of brainstem auditory evoked potentials. <em>Journal of Clinical Neurophysiology<\/em>, 11(1), 84\u201399. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1097\/00004691-199401000-00014\">https:\/\/doi.org\/10.1097\/00004691-199401000-00014<\/a><\/li>\n<li>Chiappa, K. H. (1997). <em>Evoked potentials in clinical medicine<\/em> (3rd ed.). Lippincott-Raven.<\/li>\n<li>Hall, J. W. (2007). <em>New handbook of auditory evoked responses<\/em>. Pearson.<\/li>\n<li>Jewett, D. L., &amp; Williston, J. S. (1971). Auditory-evoked far fields averaged from the scalp of humans. <em>Brain<\/em>, 94(4), 681\u2013696. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1093\/brain\/94.4.681\">https:\/\/doi.org\/10.1093\/brain\/94.4.681<\/a><\/li>\n<li>Kraus, N., &amp; Anderson, S. (2014). Community-based auditory training for school-age children: Impact on brainstem auditory processing. <em>Clinical Neurophysiology<\/em>, 125(4), 775\u2013785. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1016\/j.clinph.2013.09.028\">https:\/\/doi.org\/10.1016\/j.clinph.2013.09.028<\/a><\/li>\n<li>M\u00f8ller, A. R., &amp; Jannetta, P. J. (1985). Neural generators of the auditory brainstem response. In M. L. Pinheiro &amp; C. Musiek (Eds.), <em>Assessment of central auditory dysfunction: Foundations and clinical practice<\/em> (pp. 13\u201331). Williams &amp; Wilkins.<\/li>\n<li>Sohmer, H., &amp; Feinmesser, M. (1967). Cochlear action potentials recorded from the external ear in man. <em>Annals of Otology, Rhinology &amp; Laryngology<\/em>, 76(2), 427\u2013435. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1177\/000348946707600211\">https:\/\/doi.org\/10.1177\/000348946707600211<\/a><\/li>\n<li>Starr, A., Picton, T. W., Sininger, Y., Hood, L. J., &amp; Berlin, C. I. (1996). Auditory neuropathy. <em>Brain<\/em>, 119(3), 741\u2013753. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1093\/brain\/119.3.741\">https:\/\/doi.org\/10.1093\/brain\/119.3.741<\/a><\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D\u00e9couvrez en d\u00e9tail les potentiels \u00e9voqu\u00e9s auditifs du tronc c\u00e9r\u00e9bral (PEATC) : gen\u00e8se neurophysiologique des ondes I \u00e0 V, protocoles d&rsquo;enregistrement et applications cliniques.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"template":"","categories":[26703,5050,46],"tags":[30941,32278,2868,30942,30943,14942,26356],"class_list":["post-21232","psych_term","type-psych_term","status-publish","hentry","category-audiologie","category-electrophysiologie","category-neuropsychologie","tag-abr","tag-audiometrie-objective","tag-neurophysiologie","tag-peatc","tag-potentiels-evoques-auditifs","tag-surdite","tag-tronc-cerebral"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_term\/21232","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_term"}],"about":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/psych_term"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_term\/21232\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=21232"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=21232"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=21232"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}