{"id":21115,"date":"2026-10-25T04:31:25","date_gmt":"2026-10-25T04:31:25","guid":{"rendered":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/?psych_term=atonie-paralysie-musculaire-sommeil"},"modified":"2026-10-25T04:31:25","modified_gmt":"2026-10-25T04:31:25","slug":"atonie-paralysie-musculaire-sommeil","status":"publish","type":"psych_term","link":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/?psych_term=atonie-paralysie-musculaire-sommeil","title":{"rendered":"Atonie : Comprendre la Paralysie Musculaire"},"content":{"rendered":"<p>L&rsquo;immobilit\u00e9 apparente du corps humain durant certaines phases critiques de son existence ne refl\u00e8te pas une extinction passive des r\u00e9seaux neuronaux, mais un processus actif, orchestr\u00e9 et vital d&rsquo;inhibition motrice. Au carrefour de la neurophysiologie, de la psychopathologie et de la m\u00e9decine du sommeil, l&rsquo;atonie musculaire repr\u00e9sente l&rsquo;une des \u00e9nigmes les plus fascinantes des neurosciences modernes, assurant la protection de l&rsquo;organisme face aux sc\u00e9narios oniriques les plus intenses. Qu&rsquo;elle s&rsquo;exprime dans l&rsquo;architecture physiologique du sommeil paradoxal ou qu&rsquo;elle se d\u00e9r\u00e8gle dans des entit\u00e9s pathologiques invalidantes telles que la cataplexie et la paralysie du sommeil, l&rsquo;atonie \u00e9claire d&rsquo;un jour nouveau les relations intimes unissant la conscience, le tonus musculaire et le tronc c\u00e9r\u00e9bral.<\/p>\n<h2>Atonie : D\u00e9finition, Neurobiologie et Implications Cliniques<\/h2>\n<h3>1. D\u00e9finition concise<\/h3>\n<p>En m\u00e9decine et en psychophysiologie, l&rsquo;<strong>atonie<\/strong> d\u00e9signe la disparition totale ou quasi totale de la tonicit\u00e9 normale d&rsquo;un tissu contractile, particuli\u00e8rement d&rsquo;un muscle squelettique ou d&rsquo;un organe creux, r\u00e9sultant en une flaccidit\u00e9 musculaire absolue et une abolition temporaire ou durable des r\u00e9flexes myotatiques. Dans le champ des neurosciences et de la psychologie clinique, le terme renvoie de mani\u00e8re pr\u00e9pond\u00e9rante \u00e0 l&rsquo;<em>atonie du sommeil paradoxal<\/em> (ou atonie du sommeil REM), un \u00e9tat physiologique d&rsquo;inhibition motrice centrale postsynaptique qui emp\u00eache l&rsquo;incarnation physique des contenus oniriques.<\/p>\n<p>Sur le plan psychophysiologique, cette suppression du tonus moteur postural n&rsquo;\u00e9quivaut nullement \u00e0 un coma ou \u00e0 une d\u00e9faillance neurologique irr\u00e9versible. Elle traduit au contraire une d\u00e9connexion s\u00e9lective et active entre les structures c\u00e9r\u00e9brales sup\u00e9rieures engag\u00e9es dans une activit\u00e9 mentale vigoureuse et les motoneurones de la moelle \u00e9pini\u00e8re. L&rsquo;atonie maintient ainsi une fronti\u00e8re \u00e9tanche entre le monde des repr\u00e9sentations subjectives et l&rsquo;action biom\u00e9canique dans l&rsquo;environnement physique.<\/p>\n<p>Lorsque ce m\u00e9canisme de r\u00e9gulation perd sa synchronisation temporelle habituelle, l&rsquo;atonie peut empi\u00e9ter de fa\u00e7on anormale sur l&rsquo;\u00e9tat de veille consciente ou, inversement, faire d\u00e9faut au c\u0153ur m\u00eame du r\u00eave. Cette d\u00e9synchronisation engendre des \u00e9tats cliniques polymorphes, allant de l&rsquo;impossibilit\u00e9 anxiog\u00e8ne de bouger au r\u00e9veil jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;externalisation motrice violente de cauchemars, modifiant profond\u00e9ment l&rsquo;\u00e9quilibre psychologique et l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 physique de l&rsquo;individu.<\/p>\n<h3>2. \u00c9tymologie et origine linguistique<\/h3>\n<p>Le vocable \u00ab atonie \u00bb tire ses racines lexicales du grec ancien <em>\u1f00\u03c4\u03bf\u03bd\u03af\u03b1<\/em> (<em>atonia<\/em>), substantif d\u00e9riv\u00e9 de l&rsquo;adjectif <em>\u1f04\u03c4\u03bf\u03bd\u03bf\u03c2<\/em> (<em>atonos<\/em>), signifiant litt\u00e9ralement \u00ab qui n&rsquo;est pas tendu \u00bb, \u00ab mou \u00bb, \u00ab rel\u00e2ch\u00e9 \u00bb ou \u00ab sans \u00e9nergie \u00bb. Ce terme est forg\u00e9 \u00e0 partir du pr\u00e9fixe privatif <em>\u1f00-<\/em> (<em>a-<\/em>, sans, d\u00e9pourvu de) et du radical nominal <em>\u03c4\u03cc\u03bd\u03bf\u03c2<\/em> (<em>tonos<\/em>), qui d\u00e9signe la tension, l&rsquo;\u00e9tirement, la corde d&rsquo;un instrument, le ressort d&rsquo;un membre ou, par extension m\u00e9taphorique, la vigueur et l&rsquo;accent tonique.<\/p>\n<p>Introduit dans le lexique m\u00e9dical par la tradition hippocratique et gal\u00e9nique pour qualifier la d\u00e9faillance de la \u00ab tension vitale \u00bb des humeurs et des visc\u00e8res, le mot s&rsquo;est perp\u00e9tu\u00e9 dans le latin m\u00e9di\u00e9val sous la forme <em>atonia<\/em> avant d&rsquo;int\u00e9grer le fran\u00e7ais classique \u00e0 la fin du XVIe si\u00e8cle. Il y d\u00e9signait alors un \u00e9tat de langueur, de rel\u00e2chement et de d\u00e9faillance des fibres organiques, souvent associ\u00e9 \u00e0 des tableaux de m\u00e9lancolie ou d&rsquo;\u00e9puisement syst\u00e9mique.<\/p>\n<p>C&rsquo;est au XXe si\u00e8cle, avec l&rsquo;essor de la neurophysiologie moderne et les d\u00e9couvertes pionni\u00e8res sur l&rsquo;architecture du sommeil men\u00e9es notamment par <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Michel_Jouvet\">Michel Jouvet<\/a>, que l&rsquo;atonie s&rsquo;est affranchie de sa signification visc\u00e9rale g\u00e9n\u00e9rale pour acqu\u00e9rir son statut technique pr\u00e9cis d&rsquo;inhibition motrice somatique r\u00e9flexe et postsynaptique, marquant l&rsquo;av\u00e8nement de la neurobiologie fonctionnelle du sommeil paradoxal.<\/p>\n<h3>3. Prononciation et forme grammaticale<\/h3>\n<p>Le terme \u00ab atonie \u00bb est un nom commun f\u00e9minin. Sa transcription phon\u00e9tique normalis\u00e9e dans l&rsquo;Alphabet Phon\u00e9tique International (API) est <code>\/a.t\u0254.ni\/<\/code>. En fran\u00e7ais standard, il se prononce de fa\u00e7on fluide en trois syllabes orales distinctes (a-to-nie), sans nasalisation, avec une voyelle mi-ouverte post\u00e9rieure arrondie [\u0254] sur la deuxi\u00e8me syllabe.<\/p>\n<p>Sur le plan morphosyntaxique, il engendre l&rsquo;adjectif d\u00e9riv\u00e9 \u00ab atonique \u00bb (<code>\/a.t\u0254.nik\/<\/code>), fr\u00e9quemment mobilis\u00e9 dans des locutions cliniques sp\u00e9cifiques comme \u00ab crise atonique \u00bb, \u00ab vessie atonique \u00bb, \u00ab \u00e9tat atonique \u00bb ou \u00ab motoneurone atonique \u00bb. Dans le discours m\u00e9dical et scientifique, on l&#8217;emploie principalement avec un compl\u00e9ment du nom d\u00e9terminatif : \u00ab atonie musculaire \u00bb, \u00ab atonie du sommeil paradoxal \u00bb, \u00ab atonie post-critique \u00bb ou encore \u00ab atonie gastrique \u00bb.<\/p>\n<p>Dans la litt\u00e9rature psychopathologique francophone classique, on rel\u00e8ve \u00e9galement l&rsquo;usage m\u00e9taphorique de l&rsquo;expression \u00ab atonie psychique \u00bb ou \u00ab atonie de la volont\u00e9 \u00bb, servant \u00e0 d\u00e9crire un \u00e9croulement de l&rsquo;\u00e9lan vital, de la motivation intrins\u00e8que et de la r\u00e9activit\u00e9 \u00e9motionnelle, se rapprochant s\u00e9mantiquement de l&rsquo;aboulie, de l&rsquo;athymormie et de l&rsquo;anh\u00e9donie majeure.<\/p>\n<h3>4. Explication conceptuelle d\u00e9taill\u00e9e<\/h3>\n<p>Comprendre l&rsquo;atonie exige de la distinguer fondamentalement de la simple hypotonie ou de l&rsquo;\u00e9puisement contractile p\u00e9riph\u00e9rique. L&rsquo;atonie constitue un effondrement radical de l&rsquo;activit\u00e9 \u00e9lectromyographique basale des muscles squelettiques antigravifiques et posturaux. Au cours de la vie quotidienne \u00e9veill\u00e9e, m\u00eame lorsque nous sommes parfaitement immobiles, le syst\u00e8me nerveux central envoie une vol\u00e9e continue de potentiels d&rsquo;action maintenant une tension musculaire minimale mais indispensable : c&rsquo;est le tonus de repos. L&rsquo;atonie correspond \u00e0 l&rsquo;extinction quasi compl\u00e8te de ce flux r\u00e9gulateur.<\/p>\n<p>Sur le versant neurophysiologique, l&rsquo;atonie musculaire observ\u00e9e au cours du sommeil paradoxal (REM sleep) illustre la sophistication de l&rsquo;architecture c\u00e9r\u00e9brale. Durant cette phase, l&rsquo;enc\u00e9phale pr\u00e9sente une activation m\u00e9tabolique et corticale comparable, voire sup\u00e9rieure, \u00e0 celle observ\u00e9e lors de la veille active. Des zones sous-corticales et limbiques, telles que l&rsquo;amygdale, s&#8217;embrasent au gr\u00e9 des hallucinations oniriques, simulant des situations de fuite, de combat, de vertige ou de discours. Sans l&rsquo;atonie, chaque impulsion motrice g\u00e9n\u00e9r\u00e9e par le cortex moteur primaire descendrait le long du faisceau pyramidal pour d\u00e9clencher la mise en mouvement coordonn\u00e9e des effecteurs p\u00e9riph\u00e9riques.<\/p>\n<p>L&rsquo;inhibition motrice n&rsquo;est pas le fruit d&rsquo;une simple interruption passive du signal moteur, mais le r\u00e9sultat d&rsquo;un bombardement inhibiteur actif exerc\u00e9 sur les motoneurones somatiques du tronc c\u00e9r\u00e9bral et de la corne ventrale de la moelle \u00e9pini\u00e8re. Les neurotransmetteurs cl\u00e9s impliqu\u00e9s dans cette hyperpolarisation sont l&rsquo;<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Acide_%CE%B3-aminobutyrique\">acide gamma-aminobutyrique (GABA)<\/a> et la glycine. Lib\u00e9r\u00e9s au niveau des synapses motoneuronales, ils provoquent un afflux d&rsquo;ions chlorure, abaissant le potentiel de membrane de ces cellules nerveuses bien en de\u00e7\u00e0 de leur seuil d&rsquo;excitabilit\u00e9 ordinaire. Ainsi, les influx descendants du cortex moteur ne parviennent pas \u00e0 franchir cette barri\u00e8re inhibitrice.<\/p>\n<p>Certains territoires musculaires \u00e9chappent toutefois rigoureusement \u00e0 cette atonie g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e pour des imp\u00e9ratifs vitaux absolus. Les muscles respiratoires automatiques, singuli\u00e8rement le diaphragme, conservent leur dynamique contractile continue sous la commande autonome des centres bulbaires rythmog\u00e8nes. De m\u00eame, les muscles oculomoteurs restent actifs, g\u00e9n\u00e9rant les fameux mouvements oculaires rapides caract\u00e9ristiques de cette phase du sommeil. Les sphincters lisses visc\u00e9raux demeurent \u00e9galement sous r\u00e9gulation autonome distincte, tandis que les muscles de l&rsquo;oreille moyenne conservent des acc\u00e8s d&rsquo;activit\u00e9 phasique intermittente.<\/p>\n<p>Les fronti\u00e8res conceptuelles de l&rsquo;atonie deviennent pathologiques d\u00e8s lors que l&rsquo;interrupteur neural responsable de sa gen\u00e8se bascule hors du timing chronobiologique appropri\u00e9. Deux grands versants cliniques s&rsquo;observent : l&rsquo;intrusion anormale de l&rsquo;atonie dans l&rsquo;\u00e9veil (paralysie du sommeil isol\u00e9e, cataplexie narcoleptique) et l&rsquo;absence anormale d&rsquo;atonie dans le sommeil paradoxal (trouble du comportement en sommeil paradoxal), d\u00e9montrant que la motricit\u00e9 humaine repose sur un \u00e9quilibre instable entre commandes excitatrices et verrous inhibiteurs.<\/p>\n<h3>5. \u00c9volution historique<\/h3>\n<p>La compr\u00e9hension de l&rsquo;atonie motrice a franchi plusieurs \u00e9tapes charni\u00e8res au cours des deux derniers si\u00e8cles, passant d&rsquo;une conception vitaliste de la perte de force \u00e0 la cartographie pr\u00e9cise des microcircuits du tronc c\u00e9r\u00e9bral.<\/p>\n<p>\u00c0 la fin du XIXe si\u00e8cle, les pionniers de la neurologie exp\u00e9rimentale, \u00e0 l&rsquo;instar de <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Charles_Scott_Sherrington\">Charles Scott Sherrington<\/a>, explorent la notion de tonus musculaire r\u00e9flexe et d\u00e9montrent que la rigidit\u00e9 ou le rel\u00e2chement des membres d\u00e9pend d&rsquo;arcs r\u00e9flexes spinaux soumis \u00e0 une modulation descendante permanente issue des centres supra-spinaux. Sherrington identifie l&rsquo;inhibition r\u00e9ciproque, jetant les bases neurophysiologiques de l&rsquo;inhibition musculaire active.<\/p>\n<p>Le tournant paradigmatique s&rsquo;op\u00e8re \u00e0 Lyon \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1950 sous l&rsquo;impulsion du neurobiologiste fran\u00e7ais Michel Jouvet. En enregistrant simultan\u00e9ment l&rsquo;\u00e9lectroenc\u00e9phalogramme (EEG) et l&rsquo;\u00e9lectromyogramme (EMG) des muscles de la nuque chez le chat, Jouvet met en \u00e9vidence un \u00e9tat neurologique paradoxal : le trac\u00e9 cortical montre une veille intense tandis que le trac\u00e9 musculaire s&rsquo;aplatit de mani\u00e8re absolue. Il baptise cette phase \u00ab sommeil paradoxal \u00bb et prouve que l&rsquo;atonie musculaire qui l&rsquo;accompagne est la condition <em>sine qua non<\/em> de son maintien sans danger pour l&rsquo;organisme.<\/p>\n<p>Au d\u00e9but des ann\u00e9es 1960, Jouvet r\u00e9alise des l\u00e9sions s\u00e9lectives de la formation r\u00e9ticul\u00e9e pontique chez l&rsquo;animal de laboratoire. Les chats ainsi op\u00e9r\u00e9s continuent \u00e0 entrer en sommeil paradoxal sur le plan \u00e9lectroenc\u00e9phalographique, mais l&rsquo;atonie musculaire dispara\u00eet compl\u00e8tement. D\u00e8s l&rsquo;entr\u00e9e en sommeil paradoxal, les animaux se dressent, chassent des proies invisibles, feulent, attaquent ou fuient sans \u00eatre conscients de leur environnement physique r\u00e9el. Ces exp\u00e9riences s\u00e9minales r\u00e9v\u00e8lent l&rsquo;existence d&rsquo;un centre inhibiteur bulbo-pontique d\u00e9di\u00e9 \u00e0 la paralysie motrice onirique.<\/p>\n<p>Les d\u00e9cennies 1970 et 1980 voient l&rsquo;essor de la m\u00e9decine du sommeil clinique. Carlos Schenck et Mark Mahowald d\u00e9crivent chez l&rsquo;\u00eatre humain le pendant clinique des exp\u00e9riences de Jouvet : le trouble du comportement en sommeil paradoxal (TCSP ou RBD, <em>REM Sleep Behavior Disorder<\/em>), dans lequel la faillite de l&rsquo;atonie conduit les patients \u00e0 mimer physiquement leurs songes avec des cons\u00e9quences traumatiques parfois graves.<\/p>\n<p>Enfin, la fin des ann\u00e9es 1990 et le d\u00e9but du XXIe si\u00e8cle sont marqu\u00e9s par la r\u00e9volution de la neurobiologie de l&rsquo;orexine (ou hypocretine), d\u00e9couverte conjointement par les \u00e9quipes de Masashi Yanagisawa et Emmanuel Mignot. Cette avanc\u00e9e spectaculaire \u00e9lucide la gen\u00e8se de la cataplexie chez les patients narcoleptiques, r\u00e9v\u00e9lant que la perte de neurones orexinergiques hypothalamiques entra\u00eene une instabilit\u00e9 synaptique responsable de la survenue inopin\u00e9e de l&rsquo;atonie du sommeil paradoxal en pleine veille consciente.<\/p>\n<h3>6. Fondements th\u00e9oriques et neurobiologiques<\/h3>\n<p>La survenue de l&rsquo;atonie somatique repose sur un r\u00e9seau neuro-anatomique hautement coordonn\u00e9 localis\u00e9 dans le tronc c\u00e9r\u00e9bral inf\u00e9rieur et projetant vers la moelle \u00e9pini\u00e8re. Le mod\u00e8le contemporain fait intervenir un commutateur ex\u00e9cutif compos\u00e9 de noyaux sous-lat\u00e9rodorsaux (SLD) situ\u00e9s dans le tegmentum pontique dorsal.<\/p>\n<p>Lors de l&rsquo;entr\u00e9e en sommeil paradoxal, des neurones glutamatergiques situ\u00e9s dans le noyau sous-lat\u00e9rodorsal (parfois nomm\u00e9 noyau r\u00e9ticulaire pontique oral chez certaines esp\u00e8ces) augmentent massivement leur fr\u00e9quence de d\u00e9charge. Ces neurones excitatoires projettent directement vers des interneurones pr\u00e9moteurs situ\u00e9s dans la formation r\u00e9ticul\u00e9e ventrom\u00e9diane du bulbe rachidien (notamment le noyau gigantocellulaire et le noyau paragigantocellulaire), ainsi que directement sur les motoneurones de la corne ant\u00e9rieure de la moelle \u00e9pini\u00e8re.<\/p>\n<p>Ces interneurones bulbaires et spinaux utilisent de mani\u00e8re synergique deux grands neurotransmetteurs inhibiteurs : le GABA et la glycine. Par une lib\u00e9ration massive au niveau de la fente synaptique motoneuronale, ils provoquent l&rsquo;ouverture de canaux chlorure ligand-d\u00e9pendants, ce qui hyperpolarise puissamment le soma et les dendrites des motoneurones alpha spinaux et des motoneurones des nerfs cr\u00e2niens (\u00e0 l&rsquo;exception de ceux gouvernant les nerfs oculomoteurs III, IV et VI). Cette hyperpolarisation postsynaptique rend les motoneurones incapables d&rsquo;atteindre le seuil de d\u00e9polarisation n\u00e9cessaire \u00e0 la gen\u00e8se du potentiel d&rsquo;action musculaire.<\/p>\n<p>Parall\u00e8lement \u00e0 cette inhibition postsynaptique active, les neurobiologistes ont d\u00e9montr\u00e9 l&rsquo;existence d&rsquo;une <em>d\u00e9sinhibition ou disfacilitation<\/em> pr\u00e9synaptique. Pendant l&rsquo;\u00e9veil, les motoneurones sont baign\u00e9s de neurotransmetteurs aminergiques stimulateurs (noradr\u00e9naline issue du locus c\u0153ruleus et s\u00e9rotonine issue des noyaux du raph\u00e9). \u00c0 l&rsquo;entr\u00e9e en sommeil paradoxal, l&rsquo;extinction presque compl\u00e8te des d\u00e9charges s\u00e9rotoninergiques et noradr\u00e9nergiques supprime ce soutien tonique excitateur, potentialisant ainsi l&rsquo;impact de l&rsquo;inhibition glycinergique et gabaergique directe.<\/p>\n<p>Sur le plan th\u00e9orique et \u00e9volutionniste, l&rsquo;\u00e9mergence de l&rsquo;atonie au fil de la phylogen\u00e8se des vert\u00e9br\u00e9s hom\u00e9othermes (mammif\u00e8res et oiseaux) r\u00e9pond \u00e0 une n\u00e9cessit\u00e9 adaptative majeure. Le sommeil paradoxal \u00e9tant le th\u00e9\u00e2tre d&rsquo;une simulation sensorimotrice c\u00e9r\u00e9brale hyperr\u00e9aliste, l&rsquo;atonie musculaire offre un m\u00e9canisme de protection ontologique : elle prot\u00e8ge l&rsquo;animal endormi de l&rsquo;autodestruction accidentelle, de la chute des arbres ou des falaises, et pr\u00e9vient la production de bruits susceptibles d&rsquo;attirer des pr\u00e9dateurs nocturnes, tout en pr\u00e9servant le m\u00e9tabolisme \u00e9nerg\u00e9tique par un rel\u00e2chement musculaire optimal.<\/p>\n<h3>7. Composantes cl\u00e9s, types et dimensions<\/h3>\n<p>L&rsquo;atonie ne se manifeste pas comme une entit\u00e9 uniforme, mais s&rsquo;organise selon plusieurs sous-types physiologiques, s\u00e9miologiques et nosographiques qu&rsquo;il convient de distinguer m\u00e9thodiquement :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Atonie physiologique du sommeil paradoxal :<\/strong> Suspension normale, continue et contr\u00f4l\u00e9e de l&rsquo;activit\u00e9 \u00e9lectromyographique des muscles squelettiques posturaux tout au long des \u00e9pisodes de sommeil onirique, alternant avec de brefs sursauts myocloniques phasiques physiologiques.<\/li>\n<li><strong>Atonie pathologique dissociative de l&rsquo;\u00e9veil (Paralysie du sommeil) :<\/strong> Persistance anormale du verrou moteur du sommeil paradoxal au moment de la transition hypnopompique (au r\u00e9veil) ou hypnagogique (\u00e0 l&rsquo;endormissement). Le sujet acc\u00e8de \u00e0 une lucidit\u00e9 cognitive compl\u00e8te mais demeure incapable du moindre mouvement volontaire ou phonatoire.<\/li>\n<li><strong>Atonie \u00e9motionnelle br\u00e8ve (Cataplexie) :<\/strong> Perte subite, r\u00e9versible et bilat\u00e9rale du tonus musculaire d\u00e9clench\u00e9e par des \u00e9motions intenses (rire, surprise, triomphe, col\u00e8re), caract\u00e9ristique cardinale de la <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Narcolepsie\">narcolepsie de type 1<\/a> sans alt\u00e9ration inaugurale de la conscience vigilante.<\/li>\n<li><strong>Atonie motrice psychotique et catatonique :<\/strong> Pr\u00e9sentation clinique observ\u00e9e dans la stupeur catatonique ou certaines formes de sid\u00e9ration post-traumatique, caract\u00e9ris\u00e9e par une perte d&rsquo;initiative motrice massive, bien que l&rsquo;examen neurologique montre paradoxalement une plasticit\u00e9 cireuse ou une hypertonie oppositionnelle plut\u00f4t qu&rsquo;une flaccidit\u00e9 vraie.<\/li>\n<li><strong>D\u00e9ficit ou perte d&rsquo;atonie (Sommeil paradoxal sans atonie) :<\/strong> Alt\u00e9ration neurophysiologique caract\u00e9ris\u00e9e par le maintien pathologique d&rsquo;une activit\u00e9 \u00e9lectromyographique substantielle pendant le sommeil REM, lib\u00e9rant les mouvements coordonn\u00e9s et favorisant l&rsquo;\u00e9mergence du trouble du comportement en sommeil paradoxal.<\/li>\n<li><strong>Atonie myog\u00e8ne et organique p\u00e9riph\u00e9rique :<\/strong> Flaccidit\u00e9 aigu\u00eb des muscles lisses visc\u00e9raux observ\u00e9e en m\u00e9decine interne (atonie gastrique du diab\u00e9tique, atonie v\u00e9sicale post-op\u00e9ratoire, atonie ut\u00e9rine du post-partum), r\u00e9sultant d&rsquo;une d\u00e9faillance neuromusculaire locale sans implication des circuits pontiques du sommeil.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>8. Exemples et illustrations cliniques<\/h3>\n<p>L&rsquo;analyse de situations cliniques concr\u00e8tes permet de saisir la complexit\u00e9 subjective et diagnostique des d\u00e9r\u00e8glements de l&rsquo;atonie motrice.<\/p>\n<p><strong>Vignette clinique 1 : La paralysie du sommeil avec manifestations hallucinatoires<\/strong><br \/>Julien, \u00e9tudiant de 22 ans soumis \u00e0 un stress acad\u00e9mique chronique et \u00e0 une privation chronique de sommeil, se r\u00e9veille brutalement \u00e0 4 heures du matin. Il a la certitude visuelle et auditive d&rsquo;\u00eatre r\u00e9veill\u00e9 dans sa chambre \u00e0 coucher. Cependant, il constate avec terreur qu&rsquo;il est absolument incapable de bouger un membre, d&rsquo;ouvrir la bouche pour crier ou m\u00eame de tourner la t\u00eate. Une sensation d&rsquo;\u00e9crasement thoracique majeur l&rsquo;oppresse, li\u00e9e au fait que seule sa commande respiratoire diaphragmatique automatique fonctionne tandis que ses muscles intercostaux accessoires sont atones. Simultan\u00e9ment, des bribes oniriques s&rsquo;immiscent dans son champ perceptif sous la forme d&rsquo;une silhouette d&rsquo;ombre accroupie au pied de son lit. L&rsquo;\u00e9pisode dure environ quatre-vingt-dix secondes, puis prend fin brutalement d\u00e8s qu&rsquo;il parvient, au prix d&rsquo;un effort titanesque, \u00e0 faire tressaillir l&rsquo;extr\u00e9mit\u00e9 de son index gauche. Julien vient d&rsquo;exp\u00e9rimenter une parasomnie b\u00e9nigne : une paralysie du sommeil hypnopompique isol\u00e9e, r\u00e9sultant d&rsquo;un d\u00e9calage temporel transitoire entre l&rsquo;\u00e9veil du cortex c\u00e9r\u00e9bral et la d\u00e9sactivation du commutateur d&rsquo;atonie bulbaire.<\/p>\n<p><strong>Vignette clinique 2 : La cataplexie narcoleptique \u00e9motionnelle<\/strong><br \/>\u00c9l\u00e9onore, 34 ans, participe \u00e0 un repas de famille. Alors qu&rsquo;un proche raconte une plaisanterie hilarante, un rire spontan\u00e9 commence \u00e0 fuser sur son visage. Instantan\u00e9ment, la m\u00e2choire d&rsquo;\u00c9l\u00e9onore s&rsquo;affaisse (chute du menton), sa t\u00eate oscille vers l&rsquo;avant, ses paupi\u00e8res s&rsquo;abaissent et ses genoux se d\u00e9robent brusquement sous son poids, la faisant glisser le long de sa chaise jusqu&rsquo;au sol. Pendant ces douze secondes de rel\u00e2chement complet, elle entend parfaitement les exclamations inqui\u00e8tes de ses proches mais ne peut r\u00e9pondre. D\u00e8s que l&rsquo;\u00e9motion s&rsquo;estompe, le tonus postural se r\u00e9tablit sans aucune confusion r\u00e9siduelle ni d\u00e9ficit neurologique. Ce tableau typique de cataplexie d\u00e9coule de la disparition des neurones \u00e0 hypocr\u00e9tine de son hypothalamus lat\u00e9ral : en l&rsquo;absence de ce frein stabilisateur, l&rsquo;activation des circuits \u00e9motionnels limbiques a provoqu\u00e9 une d\u00e9charge brutale des neurones pontiques du SLD, d\u00e9versant pr\u00e9matur\u00e9ment le programme d&rsquo;atonie motrice en plein \u00e9tat de veille.<\/p>\n<p><strong>Vignette clinique 3 : La faillite de l&rsquo;atonie dans le trouble du comportement en sommeil paradoxal<\/strong><br \/>Robert, 68 ans, est orient\u00e9 vers un centre du sommeil par son \u00e9pouse. Depuis deux ans, celle-ci constate qu&rsquo;il se met \u00e0 crier, gesticuler violemment et donner des coups de poing vigoureux en pleine nuit. R\u00e9cemment, Robert a violemment bascul\u00e9 de son lit en tentant de plaquer un agresseur chim\u00e9rique qu&rsquo;il combattait dans son r\u00eave, se fracturant la clavicule. Les enregistrements vid\u00e9o-polysomnographiques confirment que durant ses phases de sommeil paradoxal, ses trac\u00e9s EMG mentonniers et tibiaux demeurent intens\u00e9ment actifs et d\u00e9structur\u00e9s au lieu de pr\u00e9senter le trac\u00e9 plat de l&rsquo;atonie physiologique. Robert souffre d&rsquo;un d\u00e9ficit de l&rsquo;inhibition motrice onirique, anomalie sentinelle pr\u00e9coce pr\u00e9disposant au d\u00e9veloppement ult\u00e9rieur d&rsquo;une alpha-synucl\u00e9inopathie neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9rative.<\/p>\n<h3>9. Mesure et \u00e9valuation<\/h3>\n<p>La quantification et le diagnostic des alt\u00e9rations de l&rsquo;atonie motrice exigent le recours \u00e0 des explorations \u00e9lectrophysiologiques standardis\u00e9es combin\u00e9es \u00e0 des bilans cliniques valid\u00e9s.<\/p>\n<p>Le standard d&rsquo;or (<em>gold standard<\/em>) pour l&rsquo;\u00e9valuation objective de l&rsquo;atonie est la <strong>polysomnographie nocturne (PSG) en laboratoire<\/strong>, coupl\u00e9e \u00e0 une surveillance vid\u00e9o synchronis\u00e9e haute d\u00e9finition. L&rsquo;\u00e9valuation du tonus musculaire repose sur l&rsquo;\u00e9lectromyographie (EMG) de surface positionn\u00e9e au niveau de la r\u00e9gion sous-mentonni\u00e8re (muscle mentonnier ou sous-mentonnier) ainsi que sur les muscles tibiaux ant\u00e9rieurs droit et gauche, conform\u00e9ment aux crit\u00e8res internationaux \u00e9dict\u00e9s par l&rsquo;<em>American Academy of Sleep Medicine<\/em> (AASM).<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9valuation quantitative du \u00ab sommeil paradoxal sans atonie \u00bb (RSWA, <em>REM Sleep Without Atonia<\/em>) requiert une m\u00e9thode d&rsquo;analyse scrupuleuse, telle que le protocole de notation SINBAR (<em>Sleep Innsbruck-Barcelona<\/em>). Ce syst\u00e8me analyse les \u00e9poques de 30 secondes de sommeil REM pour distinguer l&rsquo;activit\u00e9 musculaire <em>tonique<\/em> (\u00e9l\u00e9vation continue du voltage EMG de base sur plus de 50 % de l&rsquo;\u00e9poque) et l&rsquo;activit\u00e9 musculaire <em>phasique<\/em> (bouff\u00e9es br\u00e8ves de potentiels EMG durant de 0,1 \u00e0 5 secondes). Le franchissement de seuils standardis\u00e9s d&rsquo;activit\u00e9 EMG permet d&rsquo;affirmer formellement la perte d&rsquo;atonie pathologique.<\/p>\n<p>Dans l&rsquo;exploration des manifestations d&rsquo;atonie diurne intrusive (cataplexie), le <strong>Test It\u00e9ratif d&rsquo;Endormissement (TIE ou MSLT)<\/strong> est incontournable. Il mesure la latence moyenne d&rsquo;endormissement lors de cinq siestes r\u00e9parties dans la journ\u00e9e et traque la survenue pr\u00e9matur\u00e9e d&rsquo;endormissements en sommeil paradoxal (SOREMP, <em>Sleep Onset Rapid Eye Movement Periods<\/em>), signant l&rsquo;instabilit\u00e9 majeure du contr\u00f4le de l&rsquo;atonie.<\/p>\n<p>Sur le plan clinique et psychologique, les praticiens utilisent des \u00e9chelles psychom\u00e9triques et diagnostiques valid\u00e9es, telles que :<\/p>\n<ul>\n<li>L&rsquo;\u00c9chelle de Somnolence d&rsquo;Epworth (ESS) pour \u00e9valuer la somnolence diurne sous-jacente.<\/li>\n<li>Le questionnaire de d\u00e9pistage du trouble du comportement en sommeil paradoxal de Hong Kong (RBDQ-HK).<\/li>\n<li>L&rsquo;\u00e9chelle d&rsquo;\u00e9valuation de la s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 de la cataplexie et les inventaires standardis\u00e9s des exp\u00e9riences dissociatives hypnagogiques.<\/li>\n<li>L&rsquo;analyse du liquide c\u00e9r\u00e9brospinal (LCS) par ponction lombaire pour doser les taux d&rsquo;hypocr\u00e9tine-1 (orexine-A), dont l&rsquo;effondrement sous le seuil de 110 pg\/mL confirme de fa\u00e7on indiscutable l&rsquo;origine de l&rsquo;atonie cataplectique.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>10. Applications et signification pratique<\/h3>\n<p>La ma\u00eetrise des concepts entourant l&rsquo;atonie musculaire rev\u00eat une importance fondamentale dans plusieurs disciplines m\u00e9dicales et psychologiques.<\/p>\n<p>En neurologie et en g\u00e9riatrie, la d\u00e9tection pr\u00e9coce d&rsquo;une perte d&rsquo;atonie au cours du sommeil paradoxal est devenue le biomarqueur clinique le plus puissant pour identifier les synucl\u00e9inopathies prodromiques. Les \u00e9tudes longitudinales ont d\u00e9montr\u00e9 que la disparition de l&rsquo;atonie onirique pr\u00e9c\u00e8de fr\u00e9quemment de 10 \u00e0 15 ans l&rsquo;\u00e9closion motrice ou cognitive de la <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Maladie_de_Parkinson\">maladie de Parkinson<\/a>, de la d\u00e9mence \u00e0 corps de Lewy ou de l&rsquo;atrophie multisyst\u00e9matis\u00e9e. Cette fen\u00eatre diagnostique offre une opportunit\u00e9 pr\u00e9cieuse pour les futures th\u00e9rapies neuroprotectrices.<\/p>\n<p>En psychiatrie et en psychologie clinique, l&rsquo;analyse des intrusions atoniques (paralysies du sommeil) permet d&rsquo;apaiser des patients angoiss\u00e9s qui interpr\u00e8tent souvent ces \u00e9pisodes comme des crises psychotiques, des attaques paniques nocturnes ou des manifestations spirites terrifiantes. La psycho\u00e9ducation explicitant le m\u00e9canisme de d\u00e9connexion motrice d\u00e9samorce radicalement l&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 anticipatoire de l&rsquo;endormissement, r\u00e9duisant ainsi l&rsquo;insomnie psychophysiologique r\u00e9actionnelle.<\/p>\n<p>Du point de vue th\u00e9rapeutique, la manipulation pharmacologique des r\u00e9seaux de l&rsquo;atonie repose sur des mol\u00e9cules cibl\u00e9es. Les antid\u00e9presseurs tricycliques (comme la clomipramine) ou les inhibiteurs s\u00e9lectifs de la recapture de la s\u00e9rotonine et de la noradr\u00e9naline (IRSNa tels que la venlafaxine) renforcent l&rsquo;inhibition des circuits de cataplexie en augmentant le tonus aminergique spinal. \u00c0 l&rsquo;inverse, pour restaurer l&rsquo;atonie d\u00e9ficiente dans le TCSP et pr\u00e9venir les blessures nocturnes, le clonaz\u00e9pam (une benzodiaz\u00e9pine facilitant le GABA) et la m\u00e9latonine \u00e0 haute dose constituent les traitements de premi\u00e8re intention.<\/p>\n<p>Dans le domaine anesth\u00e9siologique et de r\u00e9animation, la surveillance du tonus musculaire r\u00e9siduel et l&#8217;emploi de myorelaxants (curares bloquant la transmission \u00e0 la jonction neuromusculaire) reproduisent chimiquement une atonie p\u00e9riph\u00e9rique absolue pour s\u00e9curiser l&rsquo;intubation trach\u00e9ale et la chirurgie lourde.<\/p>\n<h3>11. Recherches et preuves empiriques<\/h3>\n<p>Les investigations contemporaines en neurobiologie mol\u00e9culaire ont consid\u00e9rablement affin\u00e9 les connaissances sur l&rsquo;atonie motrice.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9quipe de John Peever \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 de Toronto a apport\u00e9 des contributions d\u00e9cisives en d\u00e9montrant que l&rsquo;atonie du sommeil paradoxal n&rsquo;est pas sous la d\u00e9pendance d&rsquo;un seul neurotransmetteur, mais d&rsquo;une co-transmission obligatoire. Leurs \u00e9tudes publi\u00e9es dans le <em>Journal of Neuroscience<\/em> ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que le blocage pharmacologique simultan\u00e9 des r\u00e9cepteurs de la glycine et des r\u00e9cepteurs GABA-A et GABA-B sur les motoneurones hypoglosses ou spinaux chez le rongeur \u00e9tait indispensable pour lever compl\u00e8tement l&rsquo;atonie, le blocage d&rsquo;un seul de ces r\u00e9cepteurs n&rsquo;aboutissant qu&rsquo;\u00e0 une restauration motrice partielle.<\/p>\n<p>Les travaux longitudinaux conduits par Alex Iranzo et le groupe d&rsquo;\u00e9tude de Barcelone, publi\u00e9s dans la revue <em>The Lancet Neurology<\/em>, ont quantifi\u00e9 avec rigueur le taux de conversion ph\u00e9notypique des sujets pr\u00e9sentant une absence d&rsquo;atonie en sommeil paradoxal. Sur une cohorte suivie pendant plus d&rsquo;une d\u00e9cennie, plus de 80 % des patients diagnostiqu\u00e9s avec un trouble du comportement en sommeil paradoxal idiopathique ont d\u00e9velopp\u00e9 une affection neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9rative av\u00e9r\u00e9e, faisant du maintien de l&rsquo;atonie un marqueur direct de l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 structurale du tronc c\u00e9r\u00e9bral.<\/p>\n<p>Dans le domaine de la g\u00e9n\u00e9tique et de l&rsquo;immunologie, les travaux fondateurs d&rsquo;Emmanuel Mignot \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 Stanford ont \u00e9tabli le caract\u00e8re auto-immun de la destruction des cellules orexinergiques responsables des dysfonctionnements majeurs de l&rsquo;atonie dans la narcolepsie de type 1, d\u00e9montrant une association quasi absolue avec l&rsquo;all\u00e8le HLA-DQB1*06:02. Ces d\u00e9couvertes ont ouvert la voie au d\u00e9veloppement d&rsquo;agonistes synth\u00e9tiques des r\u00e9cepteurs orexinergiques visant \u00e0 stabiliser la motricit\u00e9 chez les patients narcoleptiques.<\/p>\n<h3>12. Consid\u00e9rations culturelles et transculturelles<\/h3>\n<p>Si l&rsquo;atonie musculaire rel\u00e8ve d&rsquo;une r\u00e9alit\u00e9 biologique universelle partag\u00e9e par l&rsquo;ensemble de l&rsquo;esp\u00e8ce humaine, la perception subjective de ses dysfonctionnements s&rsquo;av\u00e8re profond\u00e9ment tributaire des constructions culturelles et symboliques de chaque soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>L&rsquo;intrusion de l&rsquo;atonie dans l&rsquo;\u00e9veil (paralysie du sommeil) s&rsquo;accompagne fr\u00e9quemment d&rsquo;hallucinations hypnagogiques ou hypnopompiques polymodales. D\u00e9pourvues d&rsquo;explication biologique rationnelle, les populations ont historiquement \u00e9labor\u00e9 des mythes complexes pour interpr\u00e9ter cette immobilit\u00e9 corporelle terrifiante. Dans l&rsquo;Europe m\u00e9di\u00e9vale, l&rsquo;exp\u00e9rience \u00e9tait attribu\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9treinte suffocante de d\u00e9mons lubriques, les <em>incubes<\/em> et <em>succubes<\/em>. Le peintre Johann Heinrich F\u00fcssli en a immortalis\u00e9 l&rsquo;arch\u00e9type dans sa c\u00e9l\u00e8bre toile <em>Le Cauchemar<\/em> (1781), o\u00f9 un d\u00e9mon monstrueux p\u00e8se de tout son poids sur la poitrine d&rsquo;une femme \u00e9tendue, incapable d&rsquo;esquisser le moindre geste.<\/p>\n<p>Dans le folklore japonais, cet \u00e9tat d&rsquo;atonie dissociative \u00e9veill\u00e9e est connu sous le nom s\u00e9culaire de <em>Kanashibari<\/em> (\u91d1\u7e1b\u308a), qui signifie litt\u00e9ralement \u00ab \u00eatre ligot\u00e9 fermement par une cha\u00eene de m\u00e9tal \u00bb, souvent associ\u00e9 \u00e0 l&rsquo;action malveillante d&rsquo;esprits vengeurs. Dans les traditions carib\u00e9ennes, particuli\u00e8rement aux Antilles et en Ha\u00efti, le ph\u00e9nom\u00e8ne est attribu\u00e9 \u00e0 la <em>Soucouyante<\/em> ou \u00e0 un sort vaudou venant \u00ab \u00e9craser \u00bb le dormeur durant la nuit. Dans la culture inuit de l&rsquo;Arctique canadien, l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;atonie au r\u00e9veil est appel\u00e9 <em>Uqumangirniq<\/em>, per\u00e7u comme l&rsquo;attaque d&rsquo;un esprit sans corps tentant de poss\u00e9der la d\u00e9pouille du sujet temporairement paralys\u00e9.<\/p>\n<p>Les recherches en anthropologie m\u00e9dicale montrent que la grille de lecture socioculturelle fa\u00e7onne directement l&rsquo;intensit\u00e9 de la d\u00e9tresse psychologique \u00e9prouv\u00e9e. Les sujets appartenant \u00e0 des cultures interpr\u00e9tant l&rsquo;atonie hypnopompique sous un angle surnaturel ou mal\u00e9fique rapportent une anxi\u00e9t\u00e9 catastrophique, des dur\u00e9es subjectives d&rsquo;\u00e9pisodes per\u00e7ues comme beaucoup plus longues et un risque accru de d\u00e9velopper un trouble panique secondaire, compar\u00e9s aux individus inform\u00e9s de la physiologie neurov\u00e9g\u00e9tative du rel\u00e2chement musculaire.<\/p>\n<h3>13. Critiques, d\u00e9bats et limites<\/h3>\n<p>La recherche contemporaine sur l&rsquo;atonie motrice fait l&rsquo;objet de vives discussions th\u00e9oriques et de questionnements m\u00e9thodologiques non r\u00e9solus.<\/p>\n<p>Un d\u00e9bat neurophysiologique persistant oppose les partisans du mod\u00e8le d&rsquo;inhibition purement postsynaptique aux d\u00e9fenseurs d&rsquo;un r\u00f4le primordial de la \u00ab disfacilitation \u00bb. Certains chercheurs soulignent que l&rsquo;inhibition active via GABA et glycine ne suffit pas \u00e0 rendre compte de l&rsquo;ensemble des modulations observ\u00e9es durant le sommeil, affirmant que la chute drastique de l&rsquo;influx des neurones monoaminergiques et glutamatergiques sur les motoneurones joue un r\u00f4le au moins \u00e9quipotent dans la gen\u00e8se de l&rsquo;atonie. La pond\u00e9ration exacte de ces deux m\u00e9canismes varie vraisemblablement selon les groupes musculaires explor\u00e9s (musculature axiale versus musculature distale des extr\u00e9mit\u00e9s).<\/p>\n<p>Sur le plan diagnostique et nosologique, la d\u00e9finition pr\u00e9cise du seuil \u00e9lectromyographique caract\u00e9risant le \u00ab sommeil paradoxal sans atonie \u00bb demeure controvers\u00e9e. Il n&rsquo;existe pas encore de consensus unanime absolu entre l&rsquo;\u00e9cole am\u00e9ricaine (AASM) et les protocoles europ\u00e9ens (SINBAR) quant aux montages musculaires minimaux requis (mentonnier seul versus association mentonnier et fl\u00e9chisseurs superficiels des doigts) et aux pourcentages pr\u00e9cis de quantification du voltage r\u00e9siduel. Cette variabilit\u00e9 inter-laboratoires complique la comparabilit\u00e9 des \u00e9tudes \u00e9pid\u00e9miologiques internationales.<\/p>\n<p>Enfin, sur le plan \u00e9thique et clinique, la d\u00e9couverte de la valeur pr\u00e9dictive de la perte d&rsquo;atonie pour le risque de d\u00e9velopper une maladie de Parkinson pose un dilemme d\u00e9ontologique aigu. Annoncer \u00e0 un patient consultant pour de simples agitations motrices nocturnes qu&rsquo;il pr\u00e9sente un risque sup\u00e9rieur \u00e0 80 % de d\u00e9velopper une affection neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9rative s\u00e9v\u00e8re dans les quinze ans, en l&rsquo;absence actuelle de tout traitement curatif modificateur de la maladie, soul\u00e8ve d&rsquo;immenses questions quant au respect du bien-\u00eatre psychologique et du droit \u00e0 l&rsquo;ignorance.<\/p>\n<h3>14. Termes connexes et distinctions<\/h3>\n<p>La rigueur clinique impose de ne pas confondre l&rsquo;atonie avec d&rsquo;autres anomalies de la commande motrice et du tonus :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Atonie vs Hypotonie :<\/strong> L&rsquo;hypotonie correspond \u00e0 une simple r\u00e9duction ou diminution du tonus musculaire (comme dans les syndromes c\u00e9r\u00e9belleux ou chez le nourrisson trisomique), alors que l&rsquo;atonie caract\u00e9rise une abolition totale, un \u00e9tat z\u00e9ro de la tonicit\u00e9 contractile.<\/li>\n<li><strong>Atonie vs Par\u00e9sie ou Paralysie flasque :<\/strong> La par\u00e9sie d\u00e9signe une faiblesse motrice partielle d&rsquo;origine centrale ou p\u00e9riph\u00e9rique, et la paralysie flasque une perte de motricit\u00e9 cons\u00e9cutive \u00e0 une l\u00e9sion organique des nerfs moteurs p\u00e9riph\u00e9riques ou du syst\u00e8me pyramidal (ex. poliomy\u00e9lite, syndrome de Guillain-Barr\u00e9). L&rsquo;atonie du sommeil paradoxal est un ph\u00e9nom\u00e8ne physiologique actif r\u00e9versible en une fraction de seconde d\u00e8s l&rsquo;\u00e9veil.<\/li>\n<li><strong>Atonie vs Catalepsie :<\/strong> La catalepsie se caract\u00e9rise par une rigidit\u00e9 cireuse et le maintien prolong\u00e9 de postures impos\u00e9es passivement au sujet, les membres conservant la position dans laquelle l&rsquo;examinateur les place, \u00e0 l&rsquo;oppos\u00e9 de la flaccidit\u00e9 compl\u00e8te observ\u00e9e dans l&rsquo;atonie.<\/li>\n<li><strong>Atonie vs Asth\u00e9nie :<\/strong> L&rsquo;asth\u00e9nie est un sentiment subjectif d&rsquo;\u00e9puisement, de fatigue et de manque d&rsquo;\u00e9nergie non r\u00e9solu par le repos, sans interruption des arcs r\u00e9flexes ni alt\u00e9ration de la conductance motoneuronale objective.<\/li>\n<li><strong>Atonie vs Catatonie :<\/strong> La catatonie est un syndrome psychomoteur complexe alternant des \u00e9tats de stupeur, de n\u00e9gativisme, de mani\u00e9rismes et de st\u00e9r\u00e9otypies, o\u00f9 le tonus basal peut \u00eatre augment\u00e9 ou plastique, sans comparaison avec l&rsquo;effondrement bio\u00e9lectrique de l&rsquo;atonie.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>15. R\u00e9sum\u00e9 et points cl\u00e9s<\/h3>\n<p>L&rsquo;atonie musculaire repr\u00e9sente l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;abolition active et r\u00e9versible du tonus des muscles squelettiques, indispensable \u00e0 l&rsquo;harmonie psychophysiologique de l&rsquo;\u00eatre humain. Ses caract\u00e9ristiques fondamentales s&rsquo;articulent autour des \u00e9l\u00e9ments suivants :<\/p>\n<ul>\n<li>Elle est g\u00e9n\u00e9r\u00e9e activement au cours du sommeil paradoxal par des circuits c\u00e9r\u00e9braux pr\u00e9cis reliant le noyau sous-lat\u00e9rodorsal (SLD) du pont \u00e0 la formation r\u00e9ticul\u00e9e bulbaire et aux motoneurones spinaux.<\/li>\n<li>Sa mise en \u0153uvre d\u00e9pend de la lib\u00e9ration conjointe de neurotransmetteurs inhibiteurs (GABA et glycine) provoquant l&rsquo;hyperpolarisation postsynaptique des motoneurones alpha, combin\u00e9e \u00e0 l&rsquo;arr\u00eat du soutien aminergique excitateur.<\/li>\n<li>Elle pr\u00e9serve l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 vitale en \u00e9pargnant les muscles respiratoires automatiques (diaphragme) et les mouvements oculaires.<\/li>\n<li>Son d\u00e9r\u00e8glement temporel engendre des pathologies s\u00e9v\u00e8res : intrusion dans la veille sous forme de paralysie du sommeil ou de cataplexie (narcolepsie), ou faillite au cours des songes (trouble du comportement en sommeil paradoxal).<\/li>\n<li>Sa disparition pendant le sommeil paradoxal constitue un biomarqueur clinique pr\u00e9coce d&rsquo;une importance capitale dans la trajectoire neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9rative des synucl\u00e9inopathies.<\/li>\n<\/ul>\n<h2>R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<ul>\n<li>American Academy of Sleep Medicine. (2014). <em>The International Classification of Sleep Disorders<\/em> (3e \u00e9d.). American Academy of Sleep Medicine. <a href=\"https:\/\/aasm.org\">https:\/\/aasm.org<\/a><\/li>\n<li>Iranzo, A., Santamaria, J., &amp; Tolosa, E. (2016). Idiopathic rapid eye movement sleep behaviour disorder: Diagnosis, management, and the risk of neurodegeneration. <em>The Lancet Neurology<\/em>, 15(4), 405\u2013419. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1016\/S1474-4422(15)00378-5\">https:\/\/doi.org\/10.1016\/S1474-4422(15)00378-5<\/a><\/li>\n<li>Jouvet, M. (1962). Recherches sur les structures nerveuses et les m\u00e9canismes responsables des diff\u00e9rentes phases du sommeil physiologique. <em>Archives Italiennes de Biologie<\/em>, 100, 125\u2013206. <a href=\"https:\/\/pubmed.ncbi.nlm.nih.gov\/14452674\/\">https:\/\/pubmed.ncbi.nlm.nih.gov\/14452674\/<\/a><\/li>\n<li>Peever, J., &amp; Fuller, P. M. (2016). Neuroscience: A distributed neural circuitry that controls REM sleep. <em>Current Biology<\/em>, 26(1), R34\u2013R37. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1016\/j.cub.2015.11.011\">https:\/\/doi.org\/10.1016\/j.cub.2015.11.011<\/a><\/li>\n<li>Schenck, C. H., &amp; Mahowald, M. W. (2002). REM sleep behavior disorder: Clinical, developmental, and neuroscience perspectives 16 years after its formal identification in SLEEP. <em>Sleep<\/em>, 25(2), 120\u2013138. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1093\/sleep\/25.2.120\">https:\/\/doi.org\/10.1093\/sleep\/25.2.120<\/a><\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;atonie musculaire d\u00e9signe la perte totale de tonicit\u00e9 des muscles squelettiques. D\u00e9couvrez ses fondements neurophysiologiques, son r\u00f4le dans le sommeil paradoxal et ses implications dans la cataplexie et les troubles du sommeil.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"template":"","categories":[459,2411,32664],"tags":[35237,35238,35239,6411,32890,33202,1509],"class_list":["post-21115","psych_term","type-psych_term","status-publish","hentry","category-neurosciences","category-psychophysiologie","category-troubles-du-sommeil","tag-atonie","tag-cataplexie","tag-motoneurones","tag-neurobiologie","tag-paralysie-du-sommeil","tag-parasomnie","tag-sommeil-paradoxal"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_term\/21115","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_term"}],"about":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/psych_term"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_term\/21115\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=21115"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=21115"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=21115"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}