{"id":20846,"date":"2026-10-24T16:42:27","date_gmt":"2026-10-24T16:42:27","guid":{"rendered":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/?psych_term=arhinencephalie-fondements-enjeux-cliniques"},"modified":"2026-10-24T16:42:27","modified_gmt":"2026-10-24T16:42:27","slug":"arhinencephalie-fondements-enjeux-cliniques","status":"publish","type":"psych_term","link":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/?psych_term=arhinencephalie-fondements-enjeux-cliniques","title":{"rendered":"Arhinenc\u00e9phalie : Fondements et Enjeux Cliniques"},"content":{"rendered":"<p>L&rsquo;arhinenc\u00e9phalie constitue une anomalie cong\u00e9nitale rare du d\u00e9veloppement c\u00e9r\u00e9bral caract\u00e9ris\u00e9e par l&rsquo;absence partielle ou totale des structures olfactives t\u00e9lenc\u00e9phaliques, notamment les bulbes et p\u00e9doncules olfactifs. Longtemps consid\u00e9r\u00e9e comme le signe princeps d&rsquo;un spectre malformatif plus vaste touchant la ligne m\u00e9diane du prosenc\u00e9phale, cette entit\u00e9 neurod\u00e9veloppementale soul\u00e8ve des probl\u00e9matiques fondamentales tant sur le plan embryologique que sur celui des fonctions cognitives, affectives et chimiosensorielles. Son \u00e9tude fournit un \u00e9clairage pr\u00e9cieux sur les m\u00e9canismes mol\u00e9culaires guidant la morphogen\u00e8se c\u00e9r\u00e9brale ant\u00e9rieure et sur l&rsquo;impact des alt\u00e9rations structurales pr\u00e9coces sur la trajectoire neuropsychologique des individus affect\u00e9s.<\/p>\n<h2>Arhinenc\u00e9phalie<\/h2>\n<h3>1. D\u00e9finition concise<\/h3>\n<p>L&rsquo;<strong>arhinenc\u00e9phalie<\/strong> (ou <em>arrhinenc\u00e9phalie<\/em>) est une malformation cong\u00e9nitale du syst\u00e8me nerveux central d\u00e9finie sur le plan anatomique par l&rsquo;aplasie ou l&rsquo;hypoplasie marqu\u00e9e du rhinenc\u00e9phale, incluant les bulbes olfactifs, les bandelettes olfactives et, dans des degr\u00e9s variables, les aires corticales chimiosensorielles adjacentes. Sur le continuum malformatif, elle repr\u00e9sente l&rsquo;expression inaugurale ou la forme la plus att\u00e9nu\u00e9e du spectre de l&rsquo;<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Holoprosenc%C3%A9phalie\">holoprosenc\u00e9phalie<\/a>, traduisant un d\u00e9faut pr\u00e9coce de clivage et d&rsquo;induction de la portion ant\u00e9rieure du prosenc\u00e9phale embryonnaire.<\/p>\n<p>Au-del\u00e0 de la perte purement sensorielle de l&rsquo;odorat (anosmie cong\u00e9nitale), l&rsquo;arhinenc\u00e9phalie est fr\u00e9quemment intriqu\u00e9e \u00e0 des dysmorphies craniofaciales de s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 variable et \u00e0 des perturbations endocriniennes ou neuropsychiatriques majeures. En pratique neurop\u00e9diatrique et neurophysiologique, le terme englobe aussi bien des anomalies isol\u00e9es de la neurogen\u00e8se olfactive que des tableaux syndromiques complexes o\u00f9 l&rsquo;absence de rhinenc\u00e9phale t\u00e9moigne d&rsquo;un trouble \u00e9tendu de l&#8217;embryogen\u00e8se cranio-c\u00e9r\u00e9brale ventrale.<\/p>\n<p>Sur le plan neuropsychologique, les sujets porteurs d&rsquo;arhinenc\u00e9phalie peuvent manifester des profils h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes allant d&rsquo;un fonctionnement intellectuel globalement pr\u00e9serv\u00e9 &mdash; lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une atteinte olfacto-g\u00e9nitale restreinte comme dans le <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Syndrome_de_Kallmann\">syndrome de Kallmann<\/a> &mdash; jusqu&rsquo;\u00e0 des tableaux de d\u00e9ficience intellectuelle profonde et de dysfonctionnements ex\u00e9cutifs majeurs lorsque le d\u00e9faut d&rsquo;induction s&rsquo;\u00e9tend aux structures limbiques, t\u00e9lenc\u00e9phaliques et calleuses.<\/p>\n<h3>2. \u00c9tymologie et origine linguistique<\/h3>\n<p>Le vocable <em>arhinenc\u00e9phalie<\/em> d\u00e9rive du grec ancien par l&rsquo;adjonction de trois racines fondamentales : le pr\u00e9fixe privatif <em>a-<\/em> ou <em>an-<\/em> (\u1f00-), signifiant \u00ab absence \u00bb, \u00ab sans \u00bb ou \u00ab privation \u00bb ; le substantif <em>rhis<\/em>, au g\u00e9nitif <em>rhinos<\/em> (\u1fe5\u03af\u03c2, \u1fe5\u03b9\u03bd\u03cc\u03c2), d\u00e9signant le nez ou l&rsquo;organe olfactif ; et <em>enkephalos<\/em> (\u1f10\u03b3\u03ba\u03ad\u03c6\u03b1\u03bb\u03bf\u03c2), form\u00e9 de <em>en<\/em> (\u00ab dans \u00bb) et <em>kephal\u00ea<\/em> (\u00ab t\u00eate \u00bb), renvoyant au cerveau dans son ensemble. Litt\u00e9ralement, le terme se traduit par \u00ab absence de cerveau olfactif \u00bb ou \u00ab privation de rhinenc\u00e9phale \u00bb.<\/p>\n<p>Le concept a \u00e9t\u00e9 formalis\u00e9 dans la nosologie m\u00e9dicale germanique sous la plume de l&rsquo;anatomopathologiste autrichien Hans Kundrat en 1882, dans sa monographie s\u00e9minale intitul\u00e9e <em>Arhinencephalie als typische Kranialmissbildung<\/em>. Kundrat a introduit ce terme pour regrouper sous un concept morphog\u00e9n\u00e9tique unifi\u00e9 diverses malformations caract\u00e9ris\u00e9es conjointement par des anomalies faciales m\u00e9dianes et une absence du syst\u00e8me olfactif c\u00e9r\u00e9bral. Bien que le terme ait \u00e9t\u00e9 ult\u00e9rieurement raffin\u00e9 et que le concept d&rsquo;holoprosenc\u00e9phalie introduit par DeMyer dans les ann\u00e9es 1960 ait restreint l&rsquo;usage d&rsquo;arhinenc\u00e9phalie aux formes fronti\u00e8res ou strictement olfactives, la racine linguistique demeure solidement ancr\u00e9e dans le lexique neuroanatomique et t\u00e9ratologique international.<\/p>\n<h3>3. Prononciation et forme grammaticale<\/h3>\n<p>En fran\u00e7ais contemporain, le terme se prononce phon\u00e9tiquement [a.\u0281i.n\u0251\u0303.se.fa.li] ou [a.\u0281i.n\u025b\u0303.se.fa.li]. Deux graphies sont admises dans la litt\u00e9rature m\u00e9dicale : <em>arhinenc\u00e9phalie<\/em> et <em>arrhinenc\u00e9phalie<\/em>, la premi\u00e8re tendant \u00e0 s&rsquo;aligner sur la simplification moderne des d\u00e9riv\u00e9s grecs, tandis que la seconde conserve le d\u00e9doublement \u00e9tymologique classique de la consonne vibrante apr\u00e8s le pr\u00e9fixe privatif.<\/p>\n<p>Il s&rsquo;agit d&rsquo;un substantif f\u00e9minin singulier (des arhinenc\u00e9phalies au pluriel). L&rsquo;adjectif d\u00e9riv\u00e9 est <em>arhinenc\u00e9phale<\/em> ou <em>arhinenc\u00e9phalique<\/em>, qualifiant par exemple un tableau clinique, une dysmorphie ou un ph\u00e9notype neuroanatomique (\u00ab malformation arhinenc\u00e9phalique \u00bb, \u00ab sujet arhinenc\u00e9phale \u00bb). Le terme s&#8217;emploie principalement comme syntagme nominal dans les comptes rendus d&rsquo;imagerie par r\u00e9sonance magn\u00e9tique (IRM), les diagnostics f\u0153topathologiques et les consultations de g\u00e9n\u00e9tique m\u00e9dicale et de neuropsychologie du d\u00e9veloppement.<\/p>\n<h3>4. Explication conceptuelle d\u00e9taill\u00e9e<\/h3>\n<p>Pour appr\u00e9hender l&rsquo;arhinenc\u00e9phalie dans sa pl\u00e9nitude conceptuelle, il convient de retracer la s\u00e9quence chronologique du d\u00e9veloppement du prosenc\u00e9phale au cours des premi\u00e8res semaines de gestation. Entre la quatri\u00e8me et la huiti\u00e8me semaine embryonnaire, le p\u00f4le ant\u00e9rieur du tube neural subit un processus complexe de r\u00e9gionalisation, de clivage sagittal et de diverticulation qui conduit \u00e0 l&rsquo;individualisation des deux h\u00e9misph\u00e8res c\u00e9r\u00e9braux, des v\u00e9sicules optiques et des structures olfactives. La mise en place du rhinenc\u00e9phale &mdash; qui comprend les bulbes, p\u00e9doncules, tubercules olfactifs, ainsi que les cortex piriforme et entorhinal &mdash; d\u00e9pend d&rsquo;une interaction paracrine synchronis\u00e9e entre le neuroectoderme ventral et le m\u00e9senchyme de la cr\u00eate neurale frontonasale.<\/p>\n<p>Lorsque cette cascade inductive fait d\u00e9faut sous l&rsquo;effet de mutations g\u00e9n\u00e9tiques ou d&rsquo;agressions t\u00e9ratog\u00e8nes, les \u00e9bauches des bulbes olfactifs ne parviennent pas \u00e0 bourgeonner sur la face basale des lobes frontaux. Les axones des neurones r\u00e9cepteurs olfactifs, localis\u00e9s dans la muqueuse nasale, ne r\u00e9ussissent pas \u00e0 franchir la lame cribl\u00e9e de l&rsquo;os ethmo\u00efde pour \u00e9tablir une connectivit\u00e9 synaptique ordonn\u00e9e avec les cellules mitrales et \u00e0 panache du t\u00e9lenc\u00e9phale. En cons\u00e9quence, les sillons olfactifs sont absents ou rudimentaires sur l&rsquo;imagerie c\u00e9r\u00e9brale, traduisant un d\u00e9faut morphologique primaire de la surface orbitofrontale.<\/p>\n<p>Le p\u00e9rim\u00e8tre conceptuel de l&rsquo;arhinenc\u00e9phalie pr\u00e9sente une fronti\u00e8re mouvante selon qu&rsquo;on l&rsquo;envisage sous l&rsquo;angle de la t\u00e9ratologie morphologique ou de la neurobiologie fonctionnelle. Dans son acception large, elle s&rsquo;inscrit au sein d&rsquo;une s\u00e9rie continue de d\u00e9fects de ventralisation c\u00e9r\u00e9brale o\u00f9 l&rsquo;aplasie des bulbes olfactifs co\u00efncide avec des anomalies de l&rsquo;axe hypothalamo-hypophysaire, des ag\u00e9n\u00e9sies du corps calleux et des malformations naso-palatines (fentes labio-palatines, hypot\u00e9lorisme, incisive m\u00e9diane unique). Dans son acception restreinte, dite arhinenc\u00e9phalie isol\u00e9e, l&rsquo;atteinte demeure circonscrite aux voies olfactives basales, mais emporte des implications physiologiques capitales : les neurones producteurs de GnRH (gonadotropin-releasing hormone), qui partagent avec les voies olfactives une origine placodique et empruntent le trajet des nerfs olfactifs et vom\u00e9ronasaux pour migrer vers l&rsquo;hypothalamus, \u00e9chouent \u00e0 atteindre leur cible, cr\u00e9ant le substrat neuroendocrinien du syndrome olfacto-g\u00e9nital.<\/p>\n<p>Cette intrication entre d\u00e9veloppement olfactif, migration neuroendocrine et structuration limbique d\u00e9montre que l&rsquo;arhinenc\u00e9phalie ne peut \u00eatre r\u00e9duite \u00e0 un simple trouble sensoriel p\u00e9riph\u00e9rique. Elle repr\u00e9sente une perturbation architectonique du plancher c\u00e9r\u00e9bral ant\u00e9rieur ayant des r\u00e9percussions directes sur l&rsquo;hom\u00e9ostasie autonome, la maturation pubertaire, la r\u00e9gulation thymique et l&rsquo;int\u00e9gration cognitive d&rsquo;ordre sup\u00e9rieur au sein du r\u00e9seau fronto-limbique.<\/p>\n<h3>5. \u00c9volution historique<\/h3>\n<p>L&rsquo;histoire de l&rsquo;arhinenc\u00e9phalie est indissociable de la naissance de la t\u00e9ratologie moderne au XIXe si\u00e8cle. Les descriptions initiales de f\u0153tus pr\u00e9sentant une fusion des globes oculaires (cyclopie) ou des malformations nasales aberrantes (proboscis) ont longtemps aliment\u00e9 les cabinets de curiosit\u00e9s sans classification rationnelle. C&rsquo;est le naturaliste fran\u00e7ais \u00c9tienne Geoffroy Saint-Hilaire, dans les ann\u00e9es 1830, qui jeta les bases scientifiques de l&rsquo;anatomie t\u00e9ratologique compar\u00e9e en postulant que les monstruosit\u00e9s r\u00e9sultent d&rsquo;arr\u00eats de d\u00e9veloppement embryonnaire plut\u00f4t que de caprices de la nature.<\/p>\n<p>La c\u00e9sure nosologique d\u00e9terminante survient en 1882 avec la publication de Hans Kundrat \u00e0 Vienne. En diss\u00e9quant m\u00e9thodiquement des cerveaux de nouveau-n\u00e9s malform\u00e9s, Kundrat d\u00e9montre que la constante sous-jacente \u00e0 ce spectre n&rsquo;est pas l&rsquo;anomalie oculaire mais l&rsquo;absence des structures olfactives c\u00e9r\u00e9brales. Il forge le terme <em>Arhinencephalie<\/em> pour unifier un large \u00e9ventail d&rsquo;alt\u00e9rations s&rsquo;\u00e9tendant de la cyclopie l\u00e9tale \u00e0 des formes mineures caract\u00e9ris\u00e9es par une simple fente labiale m\u00e9diane associ\u00e9e \u00e0 l&rsquo;anosmie. Pour Kundrat, l&rsquo;absence de rhinenc\u00e9phale constitue le pivot anatomique autour duquel s&rsquo;organise la dysmorphologie craniofaciale.<\/p>\n<p>Au milieu du XXe si\u00e8cle, cette conceptualisation subit une r\u00e9vision critique. En 1963 et 1964, le neuropathologiste am\u00e9ricain William DeMyer et ses collaborateurs r\u00e9examinent les donn\u00e9es embryologiques et introduisent le terme d&rsquo;<em>holoprosenc\u00e9phalie<\/em> pour d\u00e9signer l&rsquo;\u00e9chec fondamental du prosenc\u00e9phale \u00e0 se cliver en deux h\u00e9misph\u00e8res c\u00e9r\u00e9braux distincts. DeMyer classe l&rsquo;holoprosenc\u00e9phalie en trois degr\u00e9s de gravit\u00e9 d\u00e9croissante : alobaire, semi-lobaire et lobaire. Dans cette nouvelle architecture conceptuelle, l&rsquo;arhinenc\u00e9phalie perd son statut d&rsquo;entit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rique englobante pour devenir la signature commune de l&rsquo;ensemble du spectre, voire la manifestation r\u00e9siduelle des formes les plus att\u00e9nu\u00e9es (microformes ou formes lobaires tr\u00e8s l\u00e9g\u00e8res).<\/p>\n<p>Parall\u00e8lement, la description clinique par Franz Josef Kallmann en 1944 d&rsquo;une transmission g\u00e9n\u00e9tique associant anosmie et hypogonadisme hypogonadotrope ouvre la voie \u00e0 l&rsquo;individualisation des formes olfacto-g\u00e9nitales d&rsquo;arhinenc\u00e9phalie. \u00c0 partir des ann\u00e9es 1990, l&rsquo;av\u00e8nement de la g\u00e9n\u00e9tique mol\u00e9culaire et la d\u00e9couverte du r\u00f4le morphog\u00e9n\u00e9tique de voies de signalisation fondamentales, telles que la cascade <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Sonic_hedgehog\">Sonic Hedgehog<\/a> (<em>SHH<\/em>), ainsi que des g\u00e8nes <em>KAL1<\/em> (actuellement nomm\u00e9 <em>ANOS1<\/em>), <em>FGFR1<\/em> et <em>PROKR2<\/em>, ont achev\u00e9 de transformer l&rsquo;arhinenc\u00e9phalie d&rsquo;une curiosit\u00e9 anatomopathologique post-mortem en une entit\u00e9 neurog\u00e9n\u00e9tique pr\u00e9cis\u00e9ment caract\u00e9ris\u00e9e in vivo gr\u00e2ce aux progr\u00e8s fulgurants de la r\u00e9sonance magn\u00e9tique nucl\u00e9aire.<\/p>\n<h3>6. Fondements th\u00e9oriques et embryologiques<\/h3>\n<p>Sur le plan th\u00e9orique et neuroembryologique, l&rsquo;arhinenc\u00e9phalie s&rsquo;explique par la faillite des centres organisateurs pr\u00e9coces du n\u00e9vraxe ant\u00e9rieur. Le d\u00e9veloppement harmonieux du t\u00e9lenc\u00e9phale basal requiert un dialogue mol\u00e9culaire continu entre la plaque pr\u00e9chordale sous-jacente, le neurectoderme basal et l&rsquo;ectoderme cutan\u00e9 c\u00e9phalique. La voie de signalisation SHH, s\u00e9cr\u00e9t\u00e9e par la plaque pr\u00e9chordale et le plancher neural, \u00e9tablit un gradient morphog\u00e9n\u00e9tique dorso-ventral indispensable \u00e0 la sp\u00e9cification des territoires ventraux du cerveau ant\u00e9rieur, incluant l&rsquo;aire pr\u00e9optique, le septum et les bulbes olfactifs.<\/p>\n<p>Une alt\u00e9ration quantitative ou temporelle de ce gradient &mdash; r\u00e9sultant de mutations perte de fonction de g\u00e8nes cl\u00e9s comme <em>SHH<\/em>, <em>SIX3<\/em>, <em>TGIF1<\/em> ou <em>ZIC2<\/em> &mdash; emp\u00eache l&rsquo;individualisation des placodes olfactives et la sp\u00e9cification correcte des \u00e9bauches t\u00e9lenc\u00e9phaliques correspondantes. Dans le mod\u00e8le de la comp\u00e9tence tissulaire, si le m\u00e9senchyme d&rsquo;origine neurale cr\u00e2nienne ne re\u00e7oit pas les signaux inducteurs ad\u00e9quats, la morphogen\u00e8se de l&rsquo;\u00e9tage ant\u00e9rieur de la base du cr\u00e2ne est compromise, entra\u00eenant une st\u00e9nose de la fosse cr\u00e2nienne ant\u00e9rieure, un d\u00e9faut d&rsquo;ossification de l&rsquo;ethmo\u00efde et l&rsquo;absence corr\u00e9lative de sillons olfactifs frontaux.<\/p>\n<p>Sur le versant fonctionnel, les mod\u00e8les de la neuropsychologie du d\u00e9veloppement soulignent le r\u00f4le structural d&rsquo;amor\u00e7age que jouent les structures olfactives basales dans la mise en r\u00e9seau du syst\u00e8me limbique. Le bulbe olfactif est historiquement et phylog\u00e9n\u00e9tiquement la structure pionni\u00e8re \u00e0 partir de laquelle s&rsquo;est \u00e9chafaud\u00e9 le pal\u00e9ocortex, puis l&rsquo;archicortex hippocampique et le n\u00e9ocortex pr\u00e9frontal. L&rsquo;absence cong\u00e9nitale de ces relais aff\u00e9rents primaires modifie le remodelage synaptique dans l&rsquo;amygdale basolat\u00e9rale et le cortex orbitofrontal.<\/p>\n<p>Cette alt\u00e9ration morphologique pr\u00e9coce prive le syst\u00e8me nerveux central en d\u00e9veloppement des stimuli olfactifs toniques qui participent, d\u00e8s la p\u00e9riode intra-ut\u00e9rine et n\u00e9onatale imm\u00e9diate, \u00e0 la r\u00e9gulation de l&rsquo;attachement m\u00e8re-enfant, \u00e0 l&rsquo;orientation spatio-sensorielle et \u00e0 la modulation h\u00e9donique des conduites alimentaires. L&rsquo;arhinenc\u00e9phalie constitue ainsi un paradigme privil\u00e9gi\u00e9 pour v\u00e9rifier l&rsquo;hypoth\u00e8se de la plasticit\u00e9 neurale adaptative : le cortex orbitofrontal ant\u00e9rieur non colonis\u00e9 par les projections olfactives est-il fonctionnellement recrut\u00e9 par d&rsquo;autres modalit\u00e9s sensorielles (r\u00e9affectation transmodale) ou conserve-t-il une anomalie structurelle intrins\u00e8que g\u00e9n\u00e9ratrice de particularit\u00e9s cognitives et ex\u00e9cutives ?<\/p>\n<h3>7. Composantes cl\u00e9s, types et dimensions<\/h3>\n<p>L&rsquo;h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 morphologique et nosologique de l&rsquo;arhinenc\u00e9phalie impose une d\u00e9composition rigoureuse en plusieurs sous-types anatomocliniques et dimensions d&rsquo;atteinte :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Arhinenc\u00e9phalie isol\u00e9e cong\u00e9nitale :<\/strong> Absence totale ou hypoplasie bilat\u00e9rale s\u00e9v\u00e8re des bulbes et p\u00e9doncules olfactifs sans malformation c\u00e9r\u00e9brale globale associ\u00e9e ni dysmorphie faciale notable, se manifestant cliniquement par une anosmie compl\u00e8te pr\u00e9sente d\u00e8s la naissance.<\/li>\n<li><strong>Forme olfacto-g\u00e9nitale (Syndrome de Kallmann) :<\/strong> Association d&rsquo;une arhinenc\u00e9phalie (ou aplasie des bulbes olfactifs) \u00e0 un d\u00e9ficit gonadotrope cong\u00e9nital secondaire au blocage de la migration des neurones \u00e0 GnRH depuis la placode olfactive vers l&rsquo;hypothalamus m\u00e9dian, provoquant un impub\u00e9risme et une infertilit\u00e9 en l&rsquo;absence de traitement hormonal substitutif.<\/li>\n<li><strong>Arhinenc\u00e9phalie syndromique int\u00e9gr\u00e9e au spectre de l&rsquo;holoprosenc\u00e9phalie (HPE) :<\/strong> Manifestation mineure ou composante d&rsquo;un d\u00e9faut de segmentation prosenc\u00e9phalique s&rsquo;\u00e9chelonnant depuis la forme lobaire jusqu&rsquo;aux \u00ab microformes d&rsquo;HPE \u00bb, caract\u00e9ris\u00e9es par un hypot\u00e9lorisme, une fente labio-palatine m\u00e9diane, un colobome ou une incisive sup\u00e9rieure centrale unique (solitary median maxillary central incisor &mdash; SMMCI).<\/li>\n<li><strong>Arhinenc\u00e9phalie complexe des embryofoetopathies g\u00e9n\u00e9tiques :<\/strong> Int\u00e9gr\u00e9e dans des tableaux polymalformatifs chromosomiques (comme les trisomies 13 et 18) ou g\u00e9niques pl\u00e9iotropes tels que le syndrome CHARGE (colobome, cardiopathie, atr\u00e9sie choanale, retard de croissance, hypoplasie g\u00e9nitale, anomalies auriculaires), o\u00f9 l&rsquo;aplasie bulbaire est corr\u00e9l\u00e9e \u00e0 une dysplasie s\u00e9v\u00e8re des nerfs cr\u00e2niens.<\/li>\n<li><strong>Dimension unilat\u00e9rale versus bilat\u00e9rale :<\/strong> Bien que l&rsquo;atteinte bilat\u00e9rale soit classique, l&rsquo;h\u00e9mi-arhinenc\u00e9phalie (absence unilat\u00e9rale d&rsquo;un bulbe et du sillon homolat\u00e9ral) existe et peut s&rsquo;accompagner d&rsquo;une hyposmie asym\u00e9trique discr\u00e8te, fr\u00e9quemment m\u00e9connue jusqu&rsquo;\u00e0 la r\u00e9alisation fortuite d&rsquo;une neuro-imagerie cibl\u00e9e.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>8. Exemples et cas illustratifs<\/h3>\n<p>L&rsquo;observation clinique permet de saisir la diversit\u00e9 des pr\u00e9sentations de l&rsquo;arhinenc\u00e9phalie \u00e0 travers diff\u00e9rents \u00e2ges de la vie et contextes pathologiques :<\/p>\n<p><strong>Cas 1 : Forme n\u00e9onatale dans le cadre d&rsquo;une microforme d&rsquo;holoprosenc\u00e9phalie.<\/strong> Un nouveau-n\u00e9 \u00e0 terme est adress\u00e9 en neurop\u00e9diatrie en raison de la pr\u00e9sence d&rsquo;une incisive centrale sup\u00e9rieure unique diagnostiqu\u00e9e \u00e0 l&rsquo;examen clinique de la cavit\u00e9 buccale, accompagn\u00e9e d&rsquo;un hypot\u00e9lorisme discret. L&rsquo;IRM f\u0153tale puis postnatale met en \u00e9vidence une ag\u00e9n\u00e9sie bilat\u00e9rale compl\u00e8te des bulbes olfactifs, l&rsquo;absence de sillons olfactifs frontaux et une discr\u00e8te hypoplasie du corps calleux ant\u00e9rieur, confirmant une arhinenc\u00e9phalie s&rsquo;inscrivant dans une microforme g\u00e9n\u00e9tique d&rsquo;holoprosenc\u00e9phalie li\u00e9e \u00e0 une mutation h\u00e9t\u00e9rozygote du g\u00e8ne <em>SIX3<\/em>. Le nourrisson requiert un suivi multidisciplinaire attentif pour d\u00e9pister d&rsquo;\u00e9ventuels d\u00e9sordres endocriniens d&rsquo;origine dienc\u00e9phalique (diab\u00e8te insipide, d\u00e9ficit en hormone de croissance).<\/p>\n<p><strong>Cas 2 : Pr\u00e9sentation pubertaire d&rsquo;une arhinenc\u00e9phalie olfacto-g\u00e9nitale.<\/strong> Un adolescent de 15 ans et demi consulte pour un retard pubertaire complet sans d\u00e9marrage staturo-pond\u00e9ral attendu. L&rsquo;interrogatoire minutieux r\u00e9v\u00e8le que le jeune patient n&rsquo;a jamais per\u00e7u les odeurs domestiques ni le fumet des aliments, une particularit\u00e9 sensorielle qu&rsquo;il consid\u00e9rait jusqu&rsquo;alors comme anodine et non pathologique. L&rsquo;IRM c\u00e9r\u00e9brale centr\u00e9e sur l&rsquo;\u00e9tage ant\u00e9rieur met en \u00e9vidence une disparition bilat\u00e9rale des bulbes olfactifs avec un plancher frontal plat, confirmant une arhinenc\u00e9phalie. Les dosages biologiques r\u00e9v\u00e8lent des taux ind\u00e9tectables de gonadotrophines (LH, FSH) et de testost\u00e9rone, posant le diagnostic formel de syndrome de Kallmann d&rsquo;origine g\u00e9n\u00e9tique (mutation dans le g\u00e8ne <em>FGFR1<\/em>). L&rsquo;instauration d&rsquo;un traitement hormonal substitutif permet d&rsquo;induire la pubert\u00e9, mais l&rsquo;anosmie cons\u00e9cutive \u00e0 l&rsquo;arhinenc\u00e9phalie demeure irr\u00e9versible.<\/p>\n<p><strong>Cas 3 : Diagnostic fortuit chez un adulte aux particularit\u00e9s socio-\u00e9motionnelles.<\/strong> Une patiente de 38 ans participe \u00e0 un protocole de recherche universitaire en neurosciences cognitives \u00e9valuant la r\u00e9activit\u00e9 \u00e9motionnelle \u00e0 des signaux multisensoriels. Lors du calibrage olfactom\u00e9trique, elle pr\u00e9sente une anosmie totale inexpliqu\u00e9e. L&rsquo;IRM volum\u00e9trique r\u00e9v\u00e8le une arhinenc\u00e9phalie bilat\u00e9rale isol\u00e9e sans anomalie morphologique du reste du cortex t\u00e9lenc\u00e9phalique. Les bilans neuropsychologiques approfondis mettent en \u00e9vidence un profil de communication sociale pr\u00e9serv\u00e9, mais des scores inf\u00e9rieurs \u00e0 la moyenne dans la reconnaissance des expressions faciales de d\u00e9go\u00fbt et des conduites alimentaires marqu\u00e9es par une n\u00e9ophobie s\u00e9lective, illustrant la r\u00e9organisation singuli\u00e8re des circuits orbitofrontaux et insulaires en l&rsquo;absence de r\u00e9troactions olfactives intrins\u00e8ques depuis la vie pr\u00e9natale.<\/p>\n<h3>9. \u00c9valuation, mesure et diagnostic<\/h3>\n<p>Le diagnostic de certitude de l&rsquo;arhinenc\u00e9phalie repose avant tout sur l&rsquo;imagerie par r\u00e9sonance magn\u00e9tique c\u00e9r\u00e9brale \u00e0 haute r\u00e9solution (1,5 ou 3 Tesla), compl\u00e9t\u00e9e par des investigations fonctionnelles et g\u00e9n\u00e9tiques cibl\u00e9es. Les protocoles d&rsquo;imagerie d\u00e9di\u00e9s requi\u00e8rent des coupes millim\u00e9triques ou sous-millim\u00e9triques fines orient\u00e9es coronalement et perpendiculairement au plancher de la fosse c\u00e9r\u00e9brale ant\u00e9rieure. Les s\u00e9quences pond\u00e9r\u00e9es en T2 haute r\u00e9solution et en T1 volum\u00e9trique permettent de visualiser l&rsquo;espace olfactif sous la face ventrale du lobe frontal. L&rsquo;absence de signal caract\u00e9ristique des bulbes olfactifs reposant sur la lame cribl\u00e9e et la profondeur anormale ou l&rsquo;effacement complet du <em>sulcus olfactorius<\/em> signent formellement le diagnostic morphologique.<\/p>\n<p>Sur le plan psychophysique et fonctionnel, l&rsquo;atteinte sensorielle est quantifi\u00e9e au moyen d&rsquo;\u00e9preuves d&rsquo;<a href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/University_of_Pennsylvania_Smell_Identification_Test\">olfactom\u00e9trie<\/a> standardis\u00e9es et \u00e9talonn\u00e9es. Parmi les outils les plus employ\u00e9s figurent le test d&rsquo;identification olfactive de l&rsquo;Universit\u00e9 de Pennsylvanie (UPSIT &mdash; <em>University of Pennsylvania Smell Identification Test<\/em>) et la batterie des <em>Sniffin&rsquo; Sticks<\/em>. Ces tests \u00e9valuent le seuil de d\u00e9tection, le pouvoir de discrimination et l&rsquo;identification fine d&rsquo;une vari\u00e9t\u00e9 de mol\u00e9cules odorantes micro-encapsul\u00e9es. Chez le sujet atteint d&rsquo;arhinenc\u00e9phalie compl\u00e8te, les performances sont comparables au hasard, confirmant l&rsquo;anosmie neurosensorielle cong\u00e9nitale.<\/p>\n<p>Le bilan diagnostique comprend imp\u00e9rativement une composante g\u00e9n\u00e9tique et endocrinienne \u00e9tendue :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Exploration endocrinienne basale et stimul\u00e9e :<\/strong> Dosage plasmatique matinal des gonadotrophines (LH, FSH), de la testost\u00e9rone ou de l&rsquo;\u0153stradiol, test \u00e0 la GnRH, ainsi que l&rsquo;\u00e9valuation des axes corticotrope, thyr\u00e9otrope et somatotrope pour \u00e9carter un panhypopituitarisme associ\u00e9.<\/li>\n<li><strong>Analyses de cytog\u00e9n\u00e9tique mol\u00e9culaire :<\/strong> Caryotype haute r\u00e9solution, hybridation g\u00e9nomique comparative sur biopuces (CGH-array) \u00e0 la recherche de microd\u00e9l\u00e9tions ou duplications chromosomiques (chromosomes 13, 18, 7q36).<\/li>\n<li><strong>S\u00e9quen\u00e7age de nouvelle g\u00e9n\u00e9ration (NGS) :<\/strong> Analyse cibl\u00e9e de panels de g\u00e8nes impliqu\u00e9s dans l&rsquo;holoprosenc\u00e9phalie (<em>SHH<\/em>, <em>ZIC2<\/em>, <em>SIX3<\/em>, <em>TGIF1<\/em>) et le syndrome de Kallmann (<em>ANOS1<\/em>, <em>FGFR1<\/em>, <em>PROKR2<\/em>, <em>CHD7<\/em>).<\/li>\n<li><strong>Examen stomatologique et craniofacial :<\/strong> Orthopantomographie et imagerie tomodensitom\u00e9trique de la base du cr\u00e2ne pour rep\u00e9rer d&rsquo;\u00e9ventuelles anomalies de la ligne m\u00e9diane osseuse (persistance du canal craniopharyngien, anomalie du vomer, st\u00e9nose piriforme nasale).<\/li>\n<\/ul>\n<h3>10. Applications cliniques et port\u00e9e neuropsychologique<\/h3>\n<p>La prise en charge d&rsquo;un patient atteint d&rsquo;arhinenc\u00e9phalie n\u00e9cessite une coordination \u00e9troite entre neurop\u00e9diatres, endocrinologues, g\u00e9n\u00e9ticiens, oto-rhino-laryngologistes et neuropsychologues. La premi\u00e8re urgence clinique, lorsqu&rsquo;un diagnostic est pos\u00e9 en p\u00e9riode p\u00e9rinatale ou infantile, r\u00e9side dans la surveillance de l&rsquo;axe hypothalamo-hypophysaire. Les dysfonctions dienc\u00e9phaliques sous-jacentes peuvent engendrer des d\u00e9compensations m\u00e9taboliques aigu\u00ebs cons\u00e9cutives \u00e0 un d\u00e9ficit corticotrope non diagnostiqu\u00e9 ou \u00e0 un d\u00e9s\u00e9quilibre hydro-\u00e9lectrolytique s\u00e9v\u00e8re li\u00e9 \u00e0 un diab\u00e8te insipide central.<\/p>\n<p>\u00c0 l&rsquo;adolescence, la port\u00e9e clinique se d\u00e9place vers l&rsquo;accompagnement psycho-d\u00e9veloppemental du retard pubertaire et des r\u00e9percussions de l&rsquo;absence compl\u00e8te de perception olfactive. L&rsquo;anosmie cong\u00e9nitale engendre des risques environnementaux sp\u00e9cifiques (incapacit\u00e9 \u00e0 percevoir la fum\u00e9e, les fuites de gaz de ville ou l&rsquo;avarie des denr\u00e9es alimentaires) qui imposent des mesures d&rsquo;\u00e9ducation th\u00e9rapeutique strictes et l&rsquo;installation d&rsquo;\u00e9quipements de s\u00e9curit\u00e9 adapt\u00e9s dans le cadre de vie domestique.<\/p>\n<p>Sous l&rsquo;angle neuropsychologique, les sujets porteurs d&rsquo;arhinenc\u00e9phalie syndromique pr\u00e9sentent fr\u00e9quemment des d\u00e9ficits au niveau des fonctions ex\u00e9cutives, de la vitesse de traitement de l&rsquo;information et des praxies constructives lorsque la malformation s&rsquo;\u00e9tend au corps calleux et au n\u00e9ocortex frontal. M\u00eame dans les formes dites isol\u00e9es, la privation chronique des aff\u00e9rences olfactives exerce une influence sur la maturation des r\u00e9seaux orbitofrontaux impliqu\u00e9s dans la cognition sociale, l&rsquo;\u00e9valuation des contingences \u00e9motionnelles et la r\u00e9gulation de l&rsquo;humeur. Les personnes concern\u00e9es manifestent parfois des scores accrus sur les \u00e9chelles d&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 sociale ou des difficult\u00e9s mod\u00e9r\u00e9es dans l&rsquo;alexithymie, soulignant l&rsquo;importance d&rsquo;un accompagnement psychoth\u00e9rapeutique soutenant l&rsquo;adaptation affective et relationnelle.<\/p>\n<h3>11. Recherches et donn\u00e9es empiriques<\/h3>\n<p>La litt\u00e9rature scientifique r\u00e9cente sur l&rsquo;arhinenc\u00e9phalie s&rsquo;est enrichie de d\u00e9couvertes cruciales issues des neurosciences mol\u00e9culaires et de la neuro-imagerie fonctionnelle. Les travaux pionniers men\u00e9s par des \u00e9quipes de neurog\u00e9n\u00e9tique internationales ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 le concept de l&rsquo;h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 d&rsquo;expression ph\u00e9notypique intrafamiliale : au sein d&rsquo;une m\u00eame fratrie partageant une mutation identique du g\u00e8ne <em>SHH<\/em>, un individu peut pr\u00e9senter une holoprosenc\u00e9phalie alobaire f\u0153tale l\u00e9tale tandis qu&rsquo;un apparent\u00e9 ne pr\u00e9sente qu&rsquo;une arhinenc\u00e9phalie lobaire minime avec anosmie et ag\u00e9n\u00e9sie du bulbe sans r\u00e9percussion motrice ou intellectuelle.<\/p>\n<p>Des recherches men\u00e9es en imagerie par r\u00e9sonance magn\u00e9tique fonctionnelle (IRMf) au repos (resting-state) ont explor\u00e9 la connectivit\u00e9 fonctionnelle c\u00e9r\u00e9brale des individus arhinenc\u00e9phales. Ces \u00e9tudes ont d\u00e9montr\u00e9 que l&rsquo;absence cong\u00e9nitale de bulbes olfactifs s&rsquo;accompagne d&rsquo;une r\u00e9organisation topologique surprenante du r\u00e9seau par d\u00e9faut (DMN &mdash; <em>Default Mode Network<\/em>) et des r\u00e9seaux de saillance. Des r\u00e9gions classiquement d\u00e9volues au traitement chimiosensoriel primaire (cortex piriforme) maintiennent des couplages synchronis\u00e9s avec des aires visuelles et auditives, sugg\u00e9rant une r\u00e9affectation compensatoire pr\u00e9coce de l&rsquo;espace cortical pal\u00e9al d\u00e9aff\u00e9rent\u00e9.<\/p>\n<p>De surcro\u00eet, des \u00e9tudes translationnelles ax\u00e9es sur les cellules souches pluripotentes induites (iPSC) d\u00e9riv\u00e9es de patients arhinenc\u00e9phales ont permis de mod\u00e9liser in vitro les d\u00e9fauts d&rsquo;adh\u00e9sion cellulaire et de guidance axonale des neurones de la placode olfactive. Ces travaux dirig\u00e9s par des neurobiologistes sp\u00e9cialistes du d\u00e9veloppement embryonnaire mettent en lumi\u00e8re le r\u00f4le cl\u00e9 de la matrice extracellulaire, des mol\u00e9cules d&rsquo;adh\u00e9sion (comme NCAM) et des s\u00e9maphorines dans la trajectoire sinueuse que parcourent les fibres nerveuses pour perforer la base osseuse du cr\u00e2ne, jetant les bases d&rsquo;hypoth\u00e8ses th\u00e9rapeutiques neuroprotectrices futures.<\/p>\n<h3>12. Consid\u00e9rations socioculturelles et \u00e9thiques<\/h3>\n<p>L&rsquo;arhinenc\u00e9phalie soul\u00e8ve des questions bio\u00e9thiques aigu\u00ebs, tout particuli\u00e8rement dans le champ du diagnostic pr\u00e9natal et de la m\u00e9decine f\u0153tale. La d\u00e9tection \u00e9chographique d&rsquo;anomalies subtiles de la face f\u0153tale au deuxi\u00e8me trimestre &mdash; comme un hypot\u00e9lorisme mod\u00e9r\u00e9 ou une ag\u00e9n\u00e9sie des os propres du nez &mdash; oriente vers l&rsquo;IRM f\u0153tale pour traquer l&rsquo;absence de sillons olfactifs. Lorsque l&rsquo;arhinenc\u00e9phalie est diagnostiqu\u00e9e in utero, le pronostic neurocognitif \u00e0 long terme s&rsquo;av\u00e8re complexe \u00e0 formuler en raison de l&rsquo;extr\u00eame variabilit\u00e9 de la p\u00e9n\u00e9trance des anomalies corticales et limbiques sous-jacentes. Cette incertitude pronostique plonge les couples parentaux dans des d\u00e9lib\u00e9rations morales \u00e9prouvantes quant \u00e0 la poursuite de la grossesse ou au recours \u00e0 une interruption m\u00e9dicale de grossesse (IMG).<\/p>\n<p>Sur le plan socioculturel, l&rsquo;anosmie d&rsquo;origine arhinenc\u00e9phalique est couramment sous-estim\u00e9e dans les soci\u00e9t\u00e9s industrialis\u00e9es, o\u00f9 la vue et l&rsquo;ou\u00efe sont \u00e9rig\u00e9es en sens pr\u00e9dominants de la communication et de l&rsquo;apprentissage. N\u00e9anmoins, l&rsquo;exp\u00e9rience v\u00e9cue des personnes vivant avec une arhinenc\u00e9phalie fait ressortir un sentiment diffus d&rsquo;isolement sensoriel. Dans de multiples cultures, les rituels culinaires, le partage des mets et les effluves corporels repr\u00e9sentent des vecteurs pr\u00e9pond\u00e9rants du lien communautaire, du sentiment d&rsquo;appartenance et de la s\u00e9duction amoureuse. Grandir sans avoir jamais fait l&rsquo;exp\u00e9rience d&rsquo;une odeur induit une perception idiosyncratique du monde mat\u00e9riel, imposant une adaptation cognitive constante pour d\u00e9chiffrer les m\u00e9taphores linguistiques et les codes relationnels fond\u00e9s sur l&rsquo;univers olfactif.<\/p>\n<h3>13. Critiques, controverses et limites nosologiques<\/h3>\n<p>Le statut nosologique de l&rsquo;arhinenc\u00e9phalie demeure au c\u0153ur de controverses th\u00e9oriques parmi les neuropathologistes et les g\u00e9n\u00e9ticiens du d\u00e9veloppement. La principale pomme de discorde concerne la l\u00e9gitimit\u00e9 du maintien de l&rsquo;arhinenc\u00e9phalie comme entit\u00e9 diagnostique autonome distincte de l&rsquo;holoprosenc\u00e9phalie lobaire ou des formes microformes d&rsquo;HPE. Certains auteurs consid\u00e8rent que le concept historique de Kundrat est scientifiquement obsol\u00e8te et propose de le remplacer syst\u00e9matiquement par la terminologie \u00ab spectre de l&rsquo;holoprosenc\u00e9phalie avec atteinte rhinenc\u00e9phalique pr\u00e9dominante \u00bb, arguant que l&rsquo;absence de bulbes n&rsquo;est que l&rsquo;\u00e9piph\u00e9nom\u00e8ne visible d&rsquo;une anomalie plus diffuse du n\u00e9ocortex m\u00e9dian.<\/p>\n<p>\u00c0 l&rsquo;inverse, d&rsquo;autres cliniciens et anatomistes d\u00e9fendent la pertinence du concept d&rsquo;arhinenc\u00e9phalie pour qualifier les arr\u00eats de d\u00e9veloppement strictement circonscrits aux placodes olfactives et \u00e0 leurs voies de projection, sans aucune fusion h\u00e9misph\u00e9rique ni anomalie des ventricules lat\u00e9raux, comme c&rsquo;est le cas dans la majorit\u00e9 des ph\u00e9notypes du syndrome de Kallmann. Confondre ces deux niveaux de d\u00e9sorganisation morphologique risque d&rsquo;induire en erreur le conseil g\u00e9n\u00e9tique et d&rsquo;inqui\u00e9ter ind\u00fbment les familles quant au pronostic cognitif futur d&rsquo;un enfant qui ne pr\u00e9sente qu&rsquo;une atteinte sensorielle et gonadotrope sans retard intellectuel global.<\/p>\n<p>Une seconde controverse concerne la nature de la dysg\u00e9n\u00e9sie chez des individus pr\u00e9sentant des anomalies olfactives acquises tr\u00e8s pr\u00e9cocement par isch\u00e9mie f\u0153tale, traumatisme obst\u00e9trical ou m\u00e9ningo-enc\u00e9phalite n\u00e9onatale. L&rsquo;imagerie tardive montrant une atrophie totale des bulbes a pu autrefois \u00eatre \u00e9tiquet\u00e9e \u00e0 tort comme une \u00ab arhinenc\u00e9phalie primitive \u00bb, alors qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un processus destructif secondaire. Les crit\u00e8res actuels exigent donc la d\u00e9monstration concomitante de l&rsquo;absence du sillon olfactif frontal (qui ne se creuse qu&rsquo;en pr\u00e9sence de bulbes viables pendant l&#8217;embryogen\u00e8se) pour affirmer le caract\u00e8re primaire et dysg\u00e9n\u00e9tique de l&rsquo;arhinenc\u00e9phalie.<\/p>\n<h3>14. Termes connexes et distinctions diagnostiques<\/h3>\n<p>Il est indispensable de distinguer l&rsquo;arhinenc\u00e9phalie de plusieurs concepts nosologiques voisins dans l&rsquo;\u00e9valuation neuropsychologique et neurologique :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Holoprosenc\u00e9phalie (HPE) :<\/strong> Trouble majeur du d\u00e9veloppement prosenc\u00e9phalique caract\u00e9ris\u00e9 par un d\u00e9faut de clivage des h\u00e9misph\u00e8res c\u00e9r\u00e9braux en deux moiti\u00e9s sym\u00e9triques. L&rsquo;arhinenc\u00e9phalie en est le stigmate quasi universel, mais l&rsquo;HPE implique des anomalies structurales dienc\u00e9phaliques et ventriculaires beaucoup plus s\u00e9v\u00e8res (ventricule unique, fusion des thalami).<\/li>\n<li><strong>Syndrome de Kallmann (dysplasie olfacto-g\u00e9nitale) :<\/strong> Entit\u00e9 g\u00e9n\u00e9tique bien d\u00e9limit\u00e9e combinant arhinenc\u00e9phalie (aplasie des bulbes olfactifs) et hypogonadisme hypogonadotrope en raison d&rsquo;un blocage de la migration des neurones s\u00e9cr\u00e9teurs de GnRH. Le reste de l&rsquo;architecture t\u00e9lenc\u00e9phalique est typiquement int\u00e8gre.<\/li>\n<li><strong>Anosmie cong\u00e9nitale isol\u00e9e (ACI) :<\/strong> D\u00e9ficit fonctionnel sensoriel pur de la perception olfactive sans atteinte endocrinienne. Elle peut \u00eatre caus\u00e9e par une arhinenc\u00e9phalie anatomique vraie, mais peut \u00e9galement survenir en pr\u00e9sence de bulbes olfactifs morphologiquement normaux en raison de mutations touchant les canaux ioniques des cils olfactifs p\u00e9riph\u00e9riques (comme les canaux sodiques <em>SCN9A<\/em>).<\/li>\n<li><strong>Dysplasie septo-optique (Syndrome de De Morsier) :<\/strong> Triade malformative associant ag\u00e9n\u00e9sie du septum pellucidum, hypoplasie des nerfs optiques et dysfonctionnement hypophysaire. Bien que voisine sur le plan topographique de la ligne m\u00e9diane, elle respecte le plus souvent les bulbes olfactifs primitifs.<\/li>\n<li><strong>Ag\u00e9n\u00e9sie du corps calleux (ACC) :<\/strong> Absence partielle ou compl\u00e8te de la commissure interh\u00e9misph\u00e9rique m\u00e9diane. Bien qu&rsquo;elle puisse coexister avec l&rsquo;arhinenc\u00e9phalie dans les tableaux syndromiques polymalformatifs, l&rsquo;ACC est une pathologie des fibres commissurales sans relation obligatoire avec la gen\u00e8se des placodes olfactives.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>15. Synth\u00e8se et points cl\u00e9s<\/h3>\n<p>L&rsquo;arhinenc\u00e9phalie repr\u00e9sente une anomalie neurod\u00e9veloppementale focale ou syndromique dont l&rsquo;\u00e9valuation mobilise les fronti\u00e8res entre neuro-anatomie, g\u00e9n\u00e9tique mol\u00e9culaire, endocrinologie et neuropsychologie :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Nature morphologique :<\/strong> Aplasie ou hypoplasie cong\u00e9nitale bilat\u00e9rale (plus rarement unilat\u00e9rale) des bulbes, tractus et sillons olfactifs frontaux.<\/li>\n<li><strong>M\u00e9canisme embryonnaire :<\/strong> Dysfonction pr\u00e9coce de l&rsquo;induction ventrale prosenc\u00e9phalique et de la morphogen\u00e8se des placodes olfactives sous le contr\u00f4le de voies g\u00e9n\u00e9tiques fondamentales, notamment la cascade de signalisation <em>SHH<\/em> et ses r\u00e9gulateurs.<\/li>\n<li><strong>Polymorphisme clinique :<\/strong> Le tableau clinique s&rsquo;\u00e9tend de l&rsquo;anosmie isol\u00e9e avec impub\u00e9risme (syndrome de Kallmann) jusqu&rsquo;aux d\u00e9ficits cognitifs profonds et dysmorphies de la ligne m\u00e9diane associ\u00e9es au spectre de l&rsquo;holoprosenc\u00e9phalie.<\/li>\n<li><strong>Diagnostic de r\u00e9f\u00e9rence :<\/strong> Visualisation directe par r\u00e9sonance magn\u00e9tique nucl\u00e9aire \u00e0 haute r\u00e9solution en coupes fines coronales T2 de l&rsquo;\u00e9tage ant\u00e9rieur du cr\u00e2ne, coupl\u00e9e \u00e0 une \u00e9valuation olfactom\u00e9trique standardis\u00e9e et un bilan neuroendocrinien.<\/li>\n<li><strong>Port\u00e9e d\u00e9veloppementale :<\/strong> L&rsquo;absence d&rsquo;aff\u00e9rences chimiosensorielles d\u00e8s la p\u00e9riode intra-ut\u00e9rine induit une r\u00e9organisation fonctionnelle neuroplastique des circuits limbiques et orbitofrontaux, avec des implications notables sur la r\u00e9gulation affective et l&rsquo;adaptation sociale.<\/li>\n<\/ul>\n<h2>R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<ul>\n<li>DeMyer, W., Zeman, W., &amp; Palmer, C. G. (1964). The face predicts the brain: Diagnostic significance of median facial anomalies for holoprosencephaly (arhinencephaly). <em>Pediatrics<\/em>, 34(2), 256&ndash;263. <a href=\"https:\/\/pubmed.ncbi.nlm.nih.gov\/14211086\/\">https:\/\/pubmed.ncbi.nlm.nih.gov\/14211086\/<\/a><\/li>\n<li>Dubourg, C., Bendavid, C., Pasquier, L., Henry, C., Odent, S., &amp; David, V. (2007). Holoprosencephaly: A review of compounds and single-gene mutations. <em>Orphanet Journal of Rare Diseases<\/em>, 2, Article 8. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1186\/1750-1172-2-8\">https:\/\/doi.org\/10.1186\/1750-1172-2-8<\/a><\/li>\n<li>Kallmann, F. J., Schoenfeld, W. A., &amp; Barrera, S. E. (1944). The genetic aspects of primary eunuchoidism with hereditary mental deficiency: An examination of the relationship of eunuchoidism to arhinencephaly. <em>American Journal of Mental Deficiency<\/em>, 48, 203&ndash;236.<\/li>\n<li>Mercier, S., Dubourg, C., Garcelon, N., Campillo-Gimenez, B., Barnes, K., Bachelot, Y., &amp; Odent, S. (2011). New insights into the molecular genetics of holoprosencephaly and related midline anomalies. <em>American Journal of Medical Genetics Part C: Seminars in Medical Genetics<\/em>, 154C(1), 8&ndash;23. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1002\/ajmg.c.30293\">https:\/\/doi.org\/10.1002\/ajmg.c.30293<\/a><\/li>\n<li>Quinton, R., Duke, V. M., Robertson, A., Kirk, J. M., Matfin, G., de Zoysa, P. A., Azcona, C., MacColl, G. S., Jacobs, H. S., Conway, G. S., &amp; Bouloux, P. M. (2001). Idiopathic hypogonadotropic hypogonadism: Kallmann&rsquo;s syndrome with arhinencephaly and isolated hypogonadism. <em>The Journal of Clinical Endocrinology &amp; Metabolism<\/em>, 86(8), 3607&ndash;3616. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1210\/jcem.86.8.7734\">https:\/\/doi.org\/10.1210\/jcem.86.8.7734<\/a><\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;arhinenc\u00e9phalie est une anomalie cong\u00e9nitale rare caract\u00e9ris\u00e9e par l&rsquo;absence ou l&rsquo;hypoplasie des bulbes olfactifs et des structures rhinenc\u00e9phaliques, situ\u00e9e au confluent de la neurologie, de la g\u00e9n\u00e9tique et de la neuropsychologie.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"template":"","categories":[15781,1045,46,3],"tags":[34679,34675,34678,34676,8739,173,34677],"class_list":["post-20846","psych_term","type-psych_term","status-publish","hentry","category-neurodeveloppement","category-neurologie","category-neuropsychologie","category-psychologie-clinique","tag-anosmie-congenitale","tag-arhinencephalie","tag-bulbes-olfactifs","tag-holoprosencephalie","tag-neurodeveloppement","tag-neuropsychologie","tag-syndrome-de-kallmann"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_term\/20846","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_term"}],"about":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/psych_term"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_term\/20846\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=20846"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=20846"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=20846"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}