{"id":20795,"date":"2026-10-24T14:35:13","date_gmt":"2026-10-24T14:35:13","guid":{"rendered":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/?psych_term=aqueduc-de-sylvius"},"modified":"2026-10-24T14:35:13","modified_gmt":"2026-10-24T14:35:13","slug":"aqueduc-de-sylvius","status":"publish","type":"psych_term","link":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/?psych_term=aqueduc-de-sylvius","title":{"rendered":"Aqueduc de Sylvius : Carrefour vital du LCR"},"content":{"rendered":"<p>Au c\u0153ur du tronc c\u00e9r\u00e9bral s&rsquo;\u00e9tend un conduit millim\u00e9trique d&rsquo;une importance physiologique et psychopathologique capitale, assurant la continuit\u00e9 de l&rsquo;\u00e9coulement liquidien et h\u00e9bergeant des circuits r\u00e9gulateurs de la douleur et des \u00e9motions. L&rsquo;<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Aqueduc_du_m%C3%A9senc%C3%A9phale\">aqueduc de Sylvius<\/a>, d\u00e9sign\u00e9 dans la nomenclature anatomique contemporaine sous le terme d&rsquo;aqueduc du m\u00e9senc\u00e9phale, repr\u00e9sente le segment le plus \u00e9troit et le plus vuln\u00e9rable du syst\u00e8me ventriculaire enc\u00e9phalique. Sa constriction, son occlusion ou l&rsquo;alt\u00e9ration fonctionnelle des structures p\u00e9riaqueducales adjacentes engendrent non seulement des tableaux neurologiques critiques comme l&rsquo;hydroc\u00e9phalie obstructive, mais modulent \u00e9galement les r\u00e9ponses comportementales face au danger, \u00e0 la peur panique et \u00e0 la douleur somatique.<\/p>\n<h2>Aqueduc de Sylvius<\/h2>\n<h3>1. D\u00e9finition concise<\/h3>\n<p>L&rsquo;aqueduc de Sylvius est un canal \u00e9troit creus\u00e9 longitudinalement au sein du <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/M%C3%A9senc%C3%A9phale\">m\u00e9senc\u00e9phale<\/a>, mesurant en moyenne quinze millim\u00e8tres de longueur et un \u00e0 deux millim\u00e8tres de diam\u00e8tre, qui relie le troisi\u00e8me ventricule dienc\u00e9phalique au quatri\u00e8me ventricule rhombenc\u00e9phalique. Il constitue le passage oblig\u00e9 du <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Liquide_c%C3%A9r%C3%A9brospinal\">liquide c\u00e9r\u00e9brospinal<\/a> (LCR) synth\u00e9tis\u00e9 en amont par les plexus choro\u00efdes des ventricules lat\u00e9raux et du troisi\u00e8me ventricule.<\/p>\n<p>Sur le plan anatomique et fonctionnel, ce conduit ne constitue pas une simple tubulure passive de drainage. Il est entour\u00e9 sur toute sa trajectoire par un manchon de substance grise hautement sp\u00e9cialis\u00e9, la substance grise p\u00e9riaqueducale (SGPA), qui joue un r\u00f4le d\u00e9terminant dans l&rsquo;int\u00e9gration des signaux autonomes, la modulation descendante de la nociception, ainsi que l&rsquo;orchestration des r\u00e9actions d\u00e9fensives inn\u00e9es face aux menaces environnementales.<\/p>\n<p>Dans le domaine des neurosciences cognitives et de la psychopathologie, l&rsquo;aqueduc du m\u00e9senc\u00e9phale et son micro-environnement neuronal incarnent l&rsquo;interface critique entre la m\u00e9canique hydrique c\u00e9r\u00e9brale et l&rsquo;hom\u00e9ostasie affective. Une alt\u00e9ration du flux liquidien ou une anomalie morphologique cong\u00e9nitale retentit directement sur la dynamique volum\u00e9trique du cerveau, tandis que l&rsquo;atteinte des r\u00e9seaux p\u00e9riluminaux compromet les circuits de survie instinctuels et la r\u00e9gulation du stress post-traumatique.<\/p>\n<h3>2. \u00c9tymologie et origine linguistique<\/h3>\n<p>L&rsquo;expression \u00ab aqueduc de Sylvius \u00bb tire son origine linguistique directe du latin scientifique. Le substantif \u00ab aqueduc \u00bb provient du latin <em>aquaeductus<\/em>, lui-m\u00eame form\u00e9 de la juxtaposition de <em>aqua<\/em> (\u00ab eau \u00bb) et de <em>ductus<\/em> (\u00ab conduit, canal \u00bb, d\u00e9riv\u00e9 du verbe <em>ducere<\/em> signifiant \u00ab conduire \u00bb ou \u00ab guider \u00bb). Dans l&rsquo;Antiquit\u00e9 romaine, le mot d\u00e9signait les ouvrages d&rsquo;art ma\u00e7onn\u00e9s destin\u00e9s \u00e0 acheminer l&rsquo;eau potable des sources montagnardes vers les cit\u00e9s urbaines.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9ponyme \u00ab Sylvius \u00bb rend hommage \u00e0 l&rsquo;anatomiste et m\u00e9decin n\u00e9erlandais d&rsquo;origine fran\u00e7aise Fran\u00e7ois de le Bo\u00eb, dit Franciscus Sylvius (1614-1672), professeur renomm\u00e9 \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 de Leyde. Il convient de souligner une ambigu\u00eft\u00e9 historique fr\u00e9quente : Jacques Dubois (1478-1555), humaniste et m\u00e9decin fran\u00e7ais \u00e9galement latinis\u00e9 sous le patronyme de Jacobus Sylvius, avait d\u00e9crit ce passage plus d&rsquo;un si\u00e8cle auparavant. La post\u00e9rit\u00e9 m\u00e9dicale a n\u00e9anmoins retenu le nom de Franciscus Sylvius en raison de ses trait\u00e9s d\u00e9taill\u00e9s d&rsquo;anatomie c\u00e9r\u00e9brale et de sa description du sillon lat\u00e9ral (scissure de Sylvius).<\/p>\n<p>Au sein de la <em>Terminologia Anatomica<\/em> (TA-98), codification internationale officielle adopt\u00e9e pour harmoniser le vocabulaire biom\u00e9dical et \u00e9liminer les \u00e9ponymes sources d&rsquo;erreurs, l&rsquo;entit\u00e9 est d\u00e9sign\u00e9e par la locution latine <em>aqueductus mesencephali<\/em> (ou <em>aqueductus cerebri<\/em>). La traduction fran\u00e7aise officielle est \u00ab aqueduc du m\u00e9senc\u00e9phale \u00bb ou \u00ab aqueduc c\u00e9r\u00e9bral \u00bb. Malgr\u00e9 cette standardisation terminologique, l&rsquo;usage clinique quotidien, neurochirurgical et neuropsychiatrique continue de privil\u00e9gier largement la d\u00e9nomination historique d&rsquo;aqueduc de Sylvius.<\/p>\n<h3>3. Prononciation et forme grammaticale<\/h3>\n<p>Sur le plan morphologique et grammatical, \u00ab aqueduc de Sylvius \u00bb est un syntagme nominal masculin singulier. En fran\u00e7ais standard, la transcription phon\u00e9tique selon l&rsquo;Alphabet Phon\u00e9tique International (API) s&rsquo;\u00e9tablit comme suit : \/ak.dyk d\u0259 sil.vjys\/. Le terme \u00ab aqueduc \u00bb se prononce avec un \u00ab c \u00bb final muet ou l\u00e9g\u00e8rement occlusif [k], suivi de la particule de liaison \u00ab de \u00bb (\/d\u0259\/) et du patronyme \u00ab Sylvius \u00bb prononc\u00e9 (\/sil.vjys\/), o\u00f9 le \u00ab y \u00bb est vocalis\u00e9 en [i] et le \u00ab s \u00bb final est express\u00e9ment articul\u00e9.<\/p>\n<p>Au pluriel, la locution s&rsquo;\u00e9crit \u00ab les aqueducs de Sylvius \u00bb, le patronyme demeurant invariable. En milieu hospitalier et acad\u00e9mique francophone, les variantes orthographiques et synonymiques accept\u00e9es incluent \u00ab aqueduc du m\u00e9senc\u00e9phale \u00bb, \u00ab aqueduc c\u00e9r\u00e9bral \u00bb et \u00ab canal m\u00e9senc\u00e9phalique \u00bb, bien que ce dernier vocable soit d\u00e9sormais obsol\u00e8te. Dans les indexations bibliographiques et les th\u00e9saurus m\u00e9dicaux internationaux (MeSH), l&rsquo;entr\u00e9e est r\u00e9pertori\u00e9e sous l&rsquo;expression \u00ab Cerebral Aqueduct \u00bb.<\/p>\n<h3>4. Explication conceptuelle d\u00e9taill\u00e9e<\/h3>\n<p>La compr\u00e9hension anatomique de l&rsquo;aqueduc de Sylvius n\u00e9cessite d&rsquo;appr\u00e9hender le m\u00e9senc\u00e9phale dans son architecture tridimensionnelle. L&rsquo;aqueduc est situ\u00e9 sur la ligne m\u00e9diane, s&rsquo;\u00e9tendant d&rsquo;avant en arri\u00e8re et de haut en bas depuis l&rsquo;angle post\u00e9ro-inf\u00e9rieur du troisi\u00e8me ventricule jusqu&rsquo;au sommet du quatri\u00e8me ventricule. Il est circonscrit dorsalement par le tectum (lame tectale ou tubercules quadrijumeaux \/ collicules sup\u00e9rieurs et inf\u00e9rieurs) et ventralement par le tegmentum m\u00e9senc\u00e9phalique, qui abrite les noyaux des nerfs cr\u00e2niens oculomoteur (III) et trochl\u00e9aire (IV), le noyau rouge et la substance noire (substantia nigra).<\/p>\n<p>La lumi\u00e8re de l&rsquo;aqueduc mesure approximativement 15 mm chez l&rsquo;adulte. Son calibre n&rsquo;est pas uniforme : il pr\u00e9sente une forme fusiforme avec deux zones d&rsquo;\u00e9tranglement relatives, situ\u00e9es \u00e0 ses orifices ant\u00e9rieur et post\u00e9rieur, encadrant un \u00e9largissement interm\u00e9diaire appel\u00e9 ventricule de Wenzel. Le diam\u00e8tre luminal moyen oscille entre 0,5 mm et 1,5 mm au point le plus \u00e9troit. En cons\u00e9quence de cette \u00e9troitesse extr\u00eame, l&rsquo;aqueduc repr\u00e9sente la r\u00e9sistance hydrodynamique la plus \u00e9lev\u00e9e au sein de l&rsquo;arbre ventriculaire interne. Le d\u00e9bit moyen du LCR \u00e0 travers ce d\u00e9fil\u00e9 est assujetti \u00e0 la pulsatilit\u00e9 art\u00e9rielle syst\u00e9mique transmise par le cercle art\u00e9riel du cerveau (polygone de Willis), g\u00e9n\u00e9rant un flux pulsatile bidirectionnel avec une pr\u00e9dominance ant\u00e9rograde nette en direction du quatri\u00e8me ventricule.<\/p>\n<p>Le rev\u00eatement de l&rsquo;aqueduc est constitu\u00e9 d&rsquo;une monocouche continue de cellules \u00e9pendymaires cili\u00e9es. Les battements ciliaires synchronis\u00e9s de cet \u00e9pith\u00e9lium contribuent au maintien de l&rsquo;\u00e9coulement laminaire et emp\u00eachent la s\u00e9dimentation de d\u00e9bris cellulaires microscopiques. Sous l&rsquo;\u00e9pendyme se d\u00e9ploie une zone sous-\u00e9pendymaire gliale dense, encercl\u00e9e par la <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Substance_grise_p%C3%A9riaqueducale\">substance grise p\u00e9riaqueducale<\/a>. Cette derni\u00e8re est structur\u00e9e en colonnes longitudinales (dorsolat\u00e9rale, dorsom\u00e9diale, lat\u00e9rale et ventrolat\u00e9rale), chacune exer\u00e7ant un contr\u00f4le sp\u00e9cifique sur la r\u00e9ponse autonome au danger, la vocalisation affective et la transmission synaptique des aff\u00e9rences nociceptives vers le thalamus.<\/p>\n<p>Lorsque la perm\u00e9abilit\u00e9 de l&rsquo;aqueduc est compromise, la loi d&rsquo;\u00e9coulement de Poiseuille illustre l&rsquo;extr\u00eame sensibilit\u00e9 du syst\u00e8me : la r\u00e9sistance hydraulique variant de fa\u00e7on inversement proportionnelle \u00e0 la puissance quatri\u00e8me du rayon luminal, une diminution de 50 % du diam\u00e8tre de l&rsquo;aqueduc multiplie par seize la r\u00e9sistance \u00e0 l&rsquo;\u00e9coulement du liquide c\u00e9r\u00e9brospinal. Ce goulot d&rsquo;\u00e9tranglement fait de l&rsquo;aqueduc la cible privil\u00e9gi\u00e9e des processus st\u00e9nosants, inflammatoires et compressifs, d\u00e9clenchant une cascade de perturbations m\u00e9caniques et m\u00e9taboliques au niveau des h\u00e9misph\u00e8res c\u00e9r\u00e9braux.<\/p>\n<h3>5. D\u00e9veloppement historique<\/h3>\n<p>La mise en \u00e9vidence de l&rsquo;aqueduc c\u00e9r\u00e9bral jalonne l&rsquo;histoire des d\u00e9couvertes neuroanatomiques de la Renaissance \u00e0 l&rsquo;\u00e8re moderne. Bien que des canaux liquidiens intra-enc\u00e9phaliques aient \u00e9t\u00e9 subodor\u00e9s par Galien au IIe si\u00e8cle de notre \u00e8re dans son mod\u00e8le des esprits animaux circulant entre les cavit\u00e9s c\u00e9r\u00e9brales, la premi\u00e8re identification rigoureuse de la structure revient au m\u00e9decin fran\u00e7ais Jacobus Sylvius (Jacques Dubois) \u00e0 Paris, document\u00e9e dans son ouvrage <em>In Hippocratis et Galeni physiologiae partem anatomicam isagoge<\/em>, publi\u00e9 \u00e0 titre posthume en 1555.<\/p>\n<p>Au XVIIe si\u00e8cle, Franciscus Sylvius (Fran\u00e7ois de le Bo\u00eb) r\u00e9examine la morphologie du tronc c\u00e9r\u00e9bral \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 de Leyde. Dans ses <em>Disputationes Medicae<\/em> (1663), il affine la caract\u00e9risation du canal m\u00e9dian reliant les ventricules moyen et post\u00e9rieur, \u00e9tablissant d\u00e9finitivement l&rsquo;association de son patronyme \u00e0 ce segment anatomique. Cette p\u00e9riode marque le passage d&rsquo;une vision sp\u00e9culative des esprits animaux \u00e0 une cartographie morphologique concr\u00e8te du syst\u00e8me cavitaire de l&rsquo;enc\u00e9phale.<\/p>\n<p>Le XIXe si\u00e8cle inaugure l&rsquo;exploration physiologique et pathologique de l&rsquo;aqueduc. Fran\u00e7ois Magendie (1783-1855) et Hubert von Luschka (1820-1875) d\u00e9crivent avec pr\u00e9cision la circulation globale du liquide c\u00e9r\u00e9brospinal et ses orifices de sortie hors du quatri\u00e8me ventricule, mettant en lumi\u00e8re le r\u00f4le central de l&rsquo;aqueduc comme conduit de transit obligatoire. Vers la fin du XIXe si\u00e8cle, les premiers cas d&rsquo;hydroc\u00e9phalie interne secondaire \u00e0 une atr\u00e9sie ou une gliose de l&rsquo;aqueduc de Sylvius sont d\u00e9crits par des anatomopathologistes allemands et fran\u00e7ais, attestant du caract\u00e8re l\u00e9tal de son oblit\u00e9ration.<\/p>\n<p>Au cours du XXe si\u00e8cle, l&rsquo;av\u00e8nement de la ventriculographie par Walter Dandy (1886-1946) permet pour la premi\u00e8re fois de visualiser l&rsquo;aqueduc <em>in vivo<\/em> au moyen d&rsquo;injections d&rsquo;air ou de produits de contraste iod\u00e9s. Dandy con\u00e7oit \u00e9galement les premi\u00e8res interventions neurochirurgicales visant \u00e0 contourner l&rsquo;aqueduc occlus. Enfin, \u00e0 la fin du XXe si\u00e8cle et au d\u00e9but du XXIe si\u00e8cle, l&rsquo;imagerie par r\u00e9sonance magn\u00e9tique (IRM), notamment les s\u00e9quences cin\u00e9matographiques en contraste de phase, a permis de quantifier la dynamique du flux liquidien sylvien en temps r\u00e9el sans invasion tissulaire.<\/p>\n<h3>6. Fondements th\u00e9oriques et neurobiologiques<\/h3>\n<p>L&rsquo;int\u00e9gration de l&rsquo;aqueduc de Sylvius dans les mod\u00e8les th\u00e9oriques contemporains rel\u00e8ve de deux branches ma\u00eetresses des neurosciences : la biom\u00e9canique intracr\u00e2nienne hydrodynamique et la neurobiologie comportementale des \u00e9motions.<\/p>\n<p>Du point de vue biom\u00e9canique, le mod\u00e8le de Monro-Kellie stipule que le cr\u00e2ne forme une bo\u00eete rigide et ind\u00e9formable abritant trois compartiments \u00e0 volume global constant : le parenchyme c\u00e9r\u00e9bral, le volume sanguin c\u00e9r\u00e9bral et le liquide c\u00e9r\u00e9brospinal. L&rsquo;aqueduc de Sylvius fonctionne comme une soupape de compensation et d&rsquo;amortissement de l&rsquo;onde de choc pulsatile g\u00e9n\u00e9r\u00e9e par chaque systole cardiaque au niveau de l&rsquo;enc\u00e9phale. Lorsque le sang art\u00e9riel afflue brutalement dans les art\u00e8res c\u00e9r\u00e9brales, le LCR est chass\u00e9 \u00e0 travers l&rsquo;aqueduc de Sylvius vers les citernes de la base et l&rsquo;espace sous-arachno\u00efdien spinal pour limiter les hausses brusques de pression intracr\u00e2nienne.<\/p>\n<p>Sur le versant neurophysiologique et neuropsychologique, les th\u00e9ories \u00e9volutionnistes des circuits de survie, port\u00e9es notamment par Jaak Panksepp et Joseph LeDoux, conf\u00e8rent au complexe p\u00e9riaqueducal entourant le canal une place pr\u00e9\u00e9minente. Les colonnes neuronales de la substance grise p\u00e9riaqueducale agissent comme un carrefour coordinateur des r\u00e9ponses comportementales d&rsquo;urgence : la colonne dorsolat\u00e9rale sous-tend les r\u00e9actions actives d&rsquo;\u00e9chappement et de panique (\u00ab combat-fuite \u00bb), tandis que la colonne ventrolat\u00e9rale orchestre les r\u00e9actions d&rsquo;inhibition comportementale, d&rsquo;immobilisation motrice r\u00e9flexe (\u00ab freezing \u00bb) et d&rsquo;analg\u00e9sie opio\u00efdergique endog\u00e8ne m\u00e9di\u00e9e par les r\u00e9cepteurs mu-opio\u00efdes.<\/p>\n<p>Ainsi, le canal de Sylvius n&rsquo;est pas uniquement un conduit hydraulique passif ; il constitue le point focal anatomique autour duquel s&rsquo;organise l&rsquo;\u00e9valuation inconsciente de la dangerosit\u00e9 vitale, reliant les influx du syst\u00e8me limbique (amygdale, hypothalamus) aux g\u00e9n\u00e9rateurs de patrons moteurs du tronc c\u00e9r\u00e9bral et de la moelle \u00e9pini\u00e8re.<\/p>\n<h3>7. Composants cl\u00e9s, types et dimensions<\/h3>\n<p>L&rsquo;\u00e9tude anatomoclinique de l&rsquo;aqueduc de Sylvius identifie plusieurs segments anatomiques, dimensions physiques et variantes nosologiques fondamentales :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Entr\u00e9e ventriculaire ant\u00e9rieure (aditus ad aqueductum) :<\/strong> Entonnoir d&rsquo;ouverture situ\u00e9 dans la partie post\u00e9rieure du troisi\u00e8me ventricule, sous la commissure post\u00e9rieure et au-dessus du plancher tegmental.<\/li>\n<li><strong>Segment moyen (ampoule aqueducale ou ventricule de Wenzel) :<\/strong> Zone centrale l\u00e9g\u00e8rement dilat\u00e9e du canal, situ\u00e9e en regard des collicules m\u00e9senc\u00e9phaliques, assurant une transition dans le profil d&rsquo;\u00e9coulement du flux liquidien.<\/li>\n<li><strong>Sortie ventriculaire post\u00e9rieure :<\/strong> Abouchement distal s&rsquo;ouvrant directement dans le r\u00e9cessus sup\u00e9rieur du quatri\u00e8me ventricule, bord\u00e9 lat\u00e9ralement par les p\u00e9doncules c\u00e9r\u00e9belleux sup\u00e9rieurs et dorsalement par le voile m\u00e9dullaire ant\u00e9rieur.<\/li>\n<li><strong>Substance grise p\u00e9riaqueducale (SGPA) :<\/strong> Enveloppe nucl\u00e9aire cylindrique entourant le canal \u00e9pendymaire, subdivis\u00e9e en quatre sous-r\u00e9gions fonctionnelles (dorsom\u00e9diale, dorsolat\u00e9rale, lat\u00e9rale et ventrolat\u00e9rale) r\u00e9gissant la nociception, la pression art\u00e9rielle et l&rsquo;affect.<\/li>\n<li><strong>Dimensions moyennes chez l&rsquo;adulte :<\/strong> Longueur globale de 13 \u00e0 17 millim\u00e8tres ; surface de section transversale variant entre 0,4 et 1,2 millim\u00e8tre carr\u00e9 au niveau de la constriction colliculaire inf\u00e9rieure.<\/li>\n<li><strong>Types d&rsquo;obstructions aqueducales cong\u00e9nitales ou acquises :<\/strong>\n<ul>\n<li><em>St\u00e9nose simple :<\/em> R\u00e9tr\u00e9cissement luminal intrins\u00e8que sans modification histologique majeure, souvent li\u00e9e \u00e0 des mutations g\u00e9n\u00e9tiques touchant la mol\u00e9cule d&rsquo;adh\u00e9rence cellulaire L1CAM (syndrome CRASH).<\/li>\n<li><em>Forking (d\u00e9doublement ou bifurcation) :<\/em> Malformation dysplasique caract\u00e9ris\u00e9e par la division du canal en deux canaux borgnes ou microscopiques incapables de drainer le LCR.<\/li>\n<li><em>Septum ou diaphragme aqueducal :<\/em> Membrane \u00e9pendymaire ou gliale fine obturant transversalement la lumi\u00e8re, g\u00e9n\u00e9ralement \u00e0 l&rsquo;extr\u00e9mit\u00e9 distale.<\/li>\n<li><em>Gliose p\u00e9riaqueducale r\u00e9actionnelle :<\/em> Prolif\u00e9ration d&rsquo;astrocytes fibrillaires cicatriciels r\u00e9duisant la lumi\u00e8re du conduit \u00e0 la suite d&rsquo;une h\u00e9morragie intraventriculaire ou d&rsquo;une m\u00e9ningite infectieuse.<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<\/ul>\n<h3>8. Exemples et cas illustratifs<\/h3>\n<p>Pour illustrer la port\u00e9e clinique et neuropsychologique des atteintes de l&rsquo;aqueduc de Sylvius, consid\u00e9rons deux vignettes repr\u00e9sentatives rencontr\u00e9es en neurologie et neurochirurgie :<\/p>\n<p><strong>Cas 1 : La st\u00e9nose cong\u00e9nitale r\u00e9v\u00e9l\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge adulte.<\/strong> Une femme de 28 ans consulte pour des c\u00e9phal\u00e9es chroniques matinales, des troubles progressifs de la concentration, une apathie croissante et des \u00e9pisodes intermittents de vision floue. Longtemps \u00e9tiquet\u00e9e \u00e0 tort comme souffrant de d\u00e9pression majeure r\u00e9sistante ou de migraines avec aura, l&rsquo;IRM c\u00e9r\u00e9brale r\u00e9v\u00e8le une dilatation majeure des ventricules lat\u00e9raux et du troisi\u00e8me ventricule, tandis que le quatri\u00e8me ventricule conserve un volume normal. L&rsquo;imagerie de flux en contraste de phase confirme une absence presque compl\u00e8te de signal pulsatile \u00e0 travers l&rsquo;aqueduc de Sylvius, signant une st\u00e9nose distale idiopathique d\u00e9compens\u00e9e. La r\u00e9alisation d&rsquo;une ventriculocisternostomie endoscopique du plancher du troisi\u00e8me ventricule r\u00e9tablit imm\u00e9diatement la cin\u00e9tique liquidienne, entra\u00eenant la r\u00e9gression compl\u00e8te des c\u00e9phal\u00e9es et la restauration des capacit\u00e9s cognitives et affectives de la patiente.<\/p>\n<p><strong>Cas 2 : L&rsquo;engagement tectal et le syndrome de Parinaud.<\/strong> Un homme de 45 ans porteur d&rsquo;une tumeur pin\u00e9ale (germinome) pr\u00e9sente une compression extrins\u00e8que dorsale de l&rsquo;aqueduc de Sylvius et du tectum m\u00e9senc\u00e9phalique. Le tableau clinique combine une hypertension intracr\u00e2nienne aigu\u00eb et un syndrome de Parinaud caract\u00e9ristique : paralysie de la verticalit\u00e9 du regard (particuli\u00e8rement vers le haut), nystagmus r\u00e9tractile \u00e0 la tentative d&rsquo;\u00e9l\u00e9vation oculaire, et dissociation photo-motrice pupillaire (pupilles r\u00e9actives \u00e0 l&rsquo;accommodation-convergence mais ar\u00e9actives \u00e0 la lumi\u00e8re directe). Ce cas d\u00e9montre la promiscuit\u00e9 topographique critique entre l&rsquo;aqueduc, les collicules sup\u00e9rieurs et les noyaux de coordination oculomotrice pr\u00e9tectaux.<\/p>\n<h3>9. Mesure, \u00e9valuation et diagnostic<\/h3>\n<p>L&rsquo;exploration paraclinique de l&rsquo;aqueduc de Sylvius repose sur des technologies d&rsquo;imagerie m\u00e9dicale de pointe capables de r\u00e9soudre des structures sub-millim\u00e9triques :<\/p>\n<p>L&rsquo;<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Imagerie_par_r%C3%A9sonance_magn%C3%A9tique\">imagerie par r\u00e9sonance magn\u00e9tique<\/a> (IRM) \u00e0 haut champ (3 Tesla et au-del\u00e0) constitue la m\u00e9thode de r\u00e9f\u00e9rence absolue. Les s\u00e9quences volum\u00e9triques 3D pond\u00e9r\u00e9es en T2 haute r\u00e9solution (s\u00e9quences FIESTA, CISS ou SPACE) permettent une analyse anatomique fine de la lumi\u00e8re aqueducale, visualisant avec nettet\u00e9 les st\u00e9noses partielles, les bifurcations et les diaphragmes membranaires translucides ind\u00e9tectables sur les coupes \u00e9paisses conventionnelles.<\/p>\n<p>L&rsquo;IRM de flux en contraste de phase synchronis\u00e9e au trac\u00e9 \u00e9lectrocardiographique (cine-PC MRI) offre une \u00e9valuation fonctionnelle et quantitative unique de l&rsquo;hydrodynamique. Elle mesure le pic de v\u00e9locit\u00e9 systolique (exprim\u00e9 en cm\/s), le d\u00e9bit moyen (exprim\u00e9 en microlitres par minute) et le volume d&rsquo;\u00e9jection systolique du LCR \u00e0 travers l&rsquo;aqueduc. Une vitesse de pointe sup\u00e9rieure \u00e0 10-12 cm\/s ou un volume d&rsquo;\u00e9jection anormalement \u00e9lev\u00e9 traduit un \u00e9tat hyperdynamique caract\u00e9ristique de certaines hydroc\u00e9phalies \u00e0 pression normale, tandis que l&rsquo;absence de courbe de flux confirme l&rsquo;occlusion m\u00e9canique compl\u00e8te.<\/p>\n<p>Sur le plan diagnostique diff\u00e9rentiel, ces protocoles permettent de distinguer sans \u00e9quivoque une hydroc\u00e9phalie communicante (o\u00f9 l&rsquo;aqueduc demeure largement perm\u00e9able malgr\u00e9 l&rsquo;expansion ventriculaire globale) d&rsquo;une hydroc\u00e9phalie obstructive non communicante caus\u00e9e par une pathologie propre au canal sylvien. Chez le f\u0153tus et le nouveau-n\u00e9, l&rsquo;\u00e9chographie transfontanellaire haute fr\u00e9quence permet un d\u00e9pistage pr\u00e9coce d&rsquo;une ventriculom\u00e9galie amont secondaire \u00e0 une anomalie du m\u00e9senc\u00e9phale.<\/p>\n<h3>10. Applications cliniques et port\u00e9e pratique<\/h3>\n<p>La valeur pratique de la ma\u00eetrise de l&rsquo;anatomie de l&rsquo;aqueduc de Sylvius s&rsquo;\u00e9tend de la neurochirurgie mini-invasive \u00e0 la neuropharmacologie et aux prises en charge neuropsychologiques :<\/p>\n<p>En neurochirurgie moderne, l&rsquo;obstruction de l&rsquo;aqueduc est l&rsquo;indication princeps de la ventriculocisternostomie endoscopique (VCE). Au lieu d&rsquo;implanter un shunt ventriculo-p\u00e9riton\u00e9al permanent soumis \u00e0 des risques r\u00e9currents d&rsquo;infection ou d&rsquo;obstruction m\u00e9canique, le chirurgien introduit un fibroscope rigide dans le ventricule lat\u00e9ral, traverse le foramen de Monro, et fen\u00e8tre le plancher du troisi\u00e8me ventricule devant le tronc basilaire. Ce geste permet au LCR de court-circuiter l&rsquo;aqueduc occlus pour rejoindre directement les citernes pr\u00e9pontiques, r\u00e9tablissant une circulation physiologique interne.<\/p>\n<p>Dans le domaine de l&rsquo;algologie et de l&rsquo;anesth\u00e9sie, les neurones de la substance grise p\u00e9riaqueducale ceinturant l&rsquo;aqueduc sont la cible d&rsquo;approches de neuromodulation. La stimulation c\u00e9r\u00e9brale profonde (SCP) de cette r\u00e9gion est exploit\u00e9e dans le traitement de douleurs chroniques neuropathiques et nociceptives rebelles. Les \u00e9lectrodes implant\u00e9es activent les voies descendantes inhibitrices de la moelle \u00e9pini\u00e8re par lib\u00e9ration d&rsquo;endorphines, bloquant la transmission du message douloureux d\u00e8s le premier relais dorsal.<\/p>\n<p>En neuropsychiatrie, la d\u00e9compression rapide d&rsquo;une dilatation ventriculaire secondaire \u00e0 une st\u00e9nose aqueducale permet souvent d&rsquo;inverser des tableaux complexes de d\u00e9mence sous-cortico-frontale, caract\u00e9ris\u00e9s par un ralentissement psychomoteur, des troubles de la marche et de l&rsquo;incontinence (triade de Hakim et Adams). De plus, l&rsquo;hyperexcitabilit\u00e9 des noyaux entourant l&rsquo;aqueduc fait l&rsquo;objet d&rsquo;\u00e9tudes cibl\u00e9es dans les m\u00e9canismes de la panique et des attaques d&rsquo;angoisse massives, ouvrant la voie \u00e0 des approches pharmacologiques cibl\u00e9es sur les r\u00e9cepteurs glutamatergiques et s\u00e9rotoninergiques m\u00e9senc\u00e9phaliques.<\/p>\n<h3>11. Recherche contemporaine et preuves empiriques<\/h3>\n<p>Les investigations contemporaines consacr\u00e9es \u00e0 l&rsquo;aqueduc de Sylvius et \u00e0 son environnement imm\u00e9diat ont consid\u00e9rablement fait \u00e9voluer les paradigmes en neurobiologie :<\/p>\n<p>Les travaux conduits en g\u00e9n\u00e9tique mol\u00e9culaire ont permis d&rsquo;\u00e9lucider la pathogen\u00e8se de la st\u00e9nose aqueducale li\u00e9e \u00e0 l&rsquo;X. Rosenthal et ses collaborateurs ont mis en \u00e9vidence que les mutations touchant le g\u00e8ne L1CAM provoquent un d\u00e9faut d&rsquo;adh\u00e9rence cellulaire neurone-glie et une d\u00e9faillance de guidage axonal, conduisant \u00e0 l&rsquo;ag\u00e9n\u00e9sie des voies corticospinales et \u00e0 l&rsquo;atr\u00e9sie de la lumi\u00e8re aqueducale. Ces d\u00e9couvertes ont fourni un mod\u00e8le fondamental pour \u00e9tudier l&#8217;embryologie du tube neural m\u00e9senc\u00e9phalique.<\/p>\n<p>Dans le champ de l&rsquo;hydrodynamique c\u00e9r\u00e9brale, les recherches men\u00e9es par des \u00e9quipes interdisciplinaires d&rsquo;ing\u00e9nieurs biom\u00e9caniques et de neuroradiologues (tels qu&rsquo;Alperin, Bal\u00e9dent et leurs coll\u00e8gues) ont d\u00e9montr\u00e9 le r\u00f4le crucial du couplage art\u00e9rio-veineux et du syst\u00e8me glymphatique. Leurs donn\u00e9es empiriques r\u00e9v\u00e8lent que l&rsquo;amplitude du flux pulsatile dans l&rsquo;aqueduc de Sylvius refl\u00e8te fid\u00e8lement la compliance c\u00e9r\u00e9brale globale. L&rsquo;alt\u00e9ration pr\u00e9coce de ces pulsations aqueducales est d\u00e9sormais identifi\u00e9e comme un biomarqueur pr\u00e9clinique de la d\u00e9t\u00e9rioration de la clairance des prot\u00e9ines amylo\u00efdes et tau au cours des affections neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9ratives.<\/p>\n<p>Sur le front de la psychiatrie biologique, les paradigmes de neuro-imagerie fonctionnelle (IRMf) men\u00e9s sous stimuli mena\u00e7ants ont cartographi\u00e9 les sous-noyaux de la substance grise p\u00e9riaqueducale chez l&rsquo;humain. Des chercheurs comme Mobbs et Deakin ont prouv\u00e9 que la proximit\u00e9 imminente d&rsquo;une menace d\u00e9clenche une bascule fonctionnelle du cortex pr\u00e9frontal ventrom\u00e9dian vers la r\u00e9gion p\u00e9riaqueducale dorsale de l&rsquo;aqueduc, lib\u00e9rant des cascades sympathiques explosives caract\u00e9ristiques du trouble panique aigu.<\/p>\n<h3>12. Consid\u00e9rations culturelles et transdisciplinaires<\/h3>\n<p>La perception et la mod\u00e9lisation de l&rsquo;aqueduc de Sylvius illustrent les interactions f\u00e9condes entre m\u00e9decine, histoire des concepts philosophiques et repr\u00e9sentations culturelles du corps humain.<\/p>\n<p>Dans la tradition cart\u00e9sienne et les repr\u00e9sentations occidentales pr\u00e9modernes, les conduits internes de l&rsquo;enc\u00e9phale \u00e9taient appr\u00e9hend\u00e9s selon des m\u00e9taphores m\u00e9canistes et hydrauliques directes, inspir\u00e9es des fontaines des jardins royaux et des machines d&rsquo;horlogerie. L&rsquo;aqueduc repr\u00e9sentait la vanne r\u00e9gulant le d\u00e9bit des humeurs corporelles, incarnant l&rsquo;analogie entre les infrastructures architecturales urbaines (les aqueducs romains) et la circulation vitale des fluides au sein du microcosme c\u00e9r\u00e9bral.<\/p>\n<p>Sur le plan anthropologique et transculturel, les manifestations symptomatiques associ\u00e9es aux pathologies aqueducales \u2014 telles que l&rsquo;expansion cr\u00e2nienne spectaculaire observ\u00e9e chez le nourrisson atteint d&rsquo;hydroc\u00e9phalie cong\u00e9nitale \u2014 ont suscit\u00e9 des interpr\u00e9tations mystiques ou surnaturelles tr\u00e8s contrast\u00e9es. Longtemps per\u00e7ues comme des stigmates de mal\u00e9diction ou au contraire d&rsquo;\u00e9lection spirituelle dans certaines cultures pr\u00e9industrielles, ces alt\u00e9rations morphologiques trouvent aujourd&rsquo;hui une explication biom\u00e9canique d\u00e9nu\u00e9e d&rsquo;\u00e9sot\u00e9risme gr\u00e2ce \u00e0 la diffusion globale des connaissances anatomiques.<\/p>\n<p>Enfin, la transdisciplinarit\u00e9 moderne r\u00e9unit neurobiologistes, \u00e9thologues et ph\u00e9nom\u00e9nologues autour de l&rsquo;aqueduc m\u00e9senc\u00e9phalique. Les m\u00e9canismes de survie archa\u00efques gouvern\u00e9s par la substance grise p\u00e9riaqueducale d\u00e9montrent que l&rsquo;exp\u00e9rience subjective de l&rsquo;angoisse existentielle repose sur des soubassements anatomiques profond\u00e9ment conserv\u00e9s au fil de la phylogen\u00e8se des vert\u00e9br\u00e9s, rappelant l&rsquo;ancrage corporel irr\u00e9ductible de la vie psychique humaine.<\/p>\n<h3>13. Critiques, controverses et limites<\/h3>\n<p>En d\u00e9pit des avanc\u00e9es spectaculaires de l&rsquo;imagerie et des techniques microchirurgicales, l&rsquo;aqueduc de Sylvius et sa pathologie demeurent l&rsquo;objet de vives controverses m\u00e9dicales et th\u00e9oriques :<\/p>\n<p>Le premier d\u00e9bat concerne la nosologie de la st\u00e9nose aqueducale de l&rsquo;adulte. Alors qu&rsquo;elle \u00e9tait classiquement consid\u00e9r\u00e9e comme une anomalie cong\u00e9nitale lentement compens\u00e9e pendant des d\u00e9cennies jusqu&rsquo;\u00e0 d\u00e9compensation brutale, une \u00e9cole de pens\u00e9e soutient qu&rsquo;un nombre significatif de st\u00e9noses repr\u00e9sentent en r\u00e9alit\u00e9 des pathologies acquises tardives, li\u00e9es \u00e0 des glioses chroniques post-virales asymptomatiques, des plicatures m\u00e9caniques secondaires \u00e0 une atrophie lobaire ou des micro-ectasies vasculaires compressives. La fronti\u00e8re entre malformation constitutionnelle et processus neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9ratif acquis demeure floue dans de nombreuses pr\u00e9sentations cliniques.<\/p>\n<p>Une seconde controverse critique a trait \u00e0 l&rsquo;interpr\u00e9tation des mesures de flux par IRM en contraste de phase. Bien que standardis\u00e9e dans les centres acad\u00e9miques, la corr\u00e9lation entre les volumes d&rsquo;\u00e9jection systolique aqueducaux et la r\u00e9ponse clinique favorable apr\u00e8s d\u00e9rivation ou ventriculocisternostomie reste imparfaite. Plusieurs \u00e9tudes cliniques ont soulign\u00e9 des faux positifs et des faux n\u00e9gatifs notables, d\u00e9montrant que l&rsquo;hyperdynamisme aqueducal ne peut \u00e0 lui seul servir de crit\u00e8re pr\u00e9dictif exclusif pour l&rsquo;indication op\u00e9ratoire dans l&rsquo;hydroc\u00e9phalie \u00e0 pression normale.<\/p>\n<p>Sur le plan chirurgical, l&rsquo;aqueducoplastie transluminale (dilatation de l&rsquo;aqueduc st\u00e9nos\u00e9 par ballonnet endoscopique ou pose d&rsquo;un micro-stent endoluminal direct) a fait l&rsquo;objet de r\u00e9serves majeures. En raison du risque \u00e9lev\u00e9 de r\u00e9cidive st\u00e9nosante et du danger imm\u00e9diat de l\u00e9sion isch\u00e9mique ou m\u00e9canique des noyaux oculomoteurs et de la substance grise p\u00e9riaqueducale bordant la lumi\u00e8re du conduit, la majorit\u00e9 des soci\u00e9t\u00e9s savantes de neurochirurgie recommandent formellement de contourner le conduit via une ventriculocisternostomie plut\u00f4t que de forcer m\u00e9caniquement sa r\u00e9ouverture.<\/p>\n<h3>14. Termes connexes et distinctions nosologiques<\/h3>\n<p>Pour pr\u00e9venir les confusions conceptuelles et terminologiques en neuroanatomie et neurologie, il est imp\u00e9ratif de distinguer l&rsquo;aqueduc de Sylvius d&rsquo;autres structures et voies de communication enc\u00e9phaliques :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Foramen interventriculaire (trou de Monro) :<\/strong> Orifices pairs reliant chaque ventricule lat\u00e9ral au troisi\u00e8me ventricule en amont. Contrairement \u00e0 l&rsquo;aqueduc de Sylvius qui est impair et situ\u00e9 dans le m\u00e9senc\u00e9phale, les foramens de Monro appartiennent topographiquement au prosenc\u00e9phale (dienc\u00e9phale).<\/li>\n<li><strong>Foramens de Luschka et de Magendie :<\/strong> Orifices de sortie situ\u00e9s au niveau du quatri\u00e8me ventricule, permettant au LCR d&rsquo;atteindre les espaces sous-arachno\u00efdiens et les citernes de la base. Leur occlusion entra\u00eene une hydroc\u00e9phalie t\u00e9tra-ventriculaire, alors que l&rsquo;occlusion de l&rsquo;aqueduc de Sylvius respecte le quatri\u00e8me ventricule (hydroc\u00e9phalie tri-ventriculaire).<\/li>\n<li><strong>Canal central de la moelle \u00e9pini\u00e8re (canal de l&rsquo;\u00e9pendyme) :<\/strong> Conduit microscopique prolongeant l&rsquo;angle caudal du quatri\u00e8me ventricule le long de la moelle spinale. Il est g\u00e9n\u00e9ralement virtuel ou partiellement collab\u00e9 chez l&rsquo;adulte, ne jouant qu&rsquo;un r\u00f4le r\u00e9siduel dans le transport liquidien global comparativement \u00e0 l&rsquo;aqueduc c\u00e9r\u00e9bral.<\/li>\n<li><strong>Substance grise p\u00e9riaqueducale (SGPA) :<\/strong> Tissu nerveux p\u00e9ri-aqueducal assurant le traitement int\u00e9gratif de la douleur et des \u00e9motions. Il s&rsquo;agit du parenchyme fonctionnel entourant le conduit, tandis que l&rsquo;aqueduc de Sylvius d\u00e9signe stricto sensu la cavit\u00e9 liquidienne \u00e9pendymaire.<\/li>\n<li><strong>Hydroc\u00e9phalie communicante versus non communicante :<\/strong> L&rsquo;obstruction de l&rsquo;aqueduc de Sylvius constitue le prototype par excellence de l&rsquo;<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Hydroc%C3%A9phalie\">hydroc\u00e9phalie<\/a> non communicante (ou obstructive), d\u00e9finie par une rupture de continuit\u00e9 physique entre les ventricules proximaux et les espaces sous-arachno\u00efdiens externes.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>15. R\u00e9sum\u00e9 et points cl\u00e9s \u00e0 retenir<\/h3>\n<p>L&rsquo;aqueduc de Sylvius repr\u00e9sente le chenal anatomique le plus \u00e9troit et strat\u00e9gique du r\u00e9seau ventriculaire intracr\u00e2nien, reliant le troisi\u00e8me ventricule dienc\u00e9phalique au quatri\u00e8me ventricule rhombenc\u00e9phalique \u00e0 travers l&rsquo;axe m\u00e9senc\u00e9phalique.<\/p>\n<p>Sur le versant physiologique et m\u00e9canique, ce d\u00e9fil\u00e9 d&rsquo;environ 15 millim\u00e8tres de long r\u00e9gule le transfert pulsatile du liquide c\u00e9r\u00e9brospinal g\u00e9n\u00e9r\u00e9 par le c\u0153ur et assure l&rsquo;amortissement hydrodynamique des ondes de pression c\u00e9r\u00e9brale. Sa position topographique au centre de la substance grise p\u00e9riaqueducale le place au c\u0153ur des r\u00e9seaux de survie g\u00e9rant l&rsquo;analg\u00e9sie endog\u00e8ne, la peur panique et les r\u00e9ponses d\u00e9fensives primordiales de l&rsquo;organisme.<\/p>\n<p>L&rsquo;occlusion de sa lumi\u00e8re, qu&rsquo;elle r\u00e9sulte d&rsquo;une st\u00e9nose cong\u00e9nitale malformative (comme dans les mutations L1CAM), d&rsquo;une prolif\u00e9ration gliale post-inflammatoire ou d&rsquo;une compression tumorale de la r\u00e9gion pin\u00e9ale, d\u00e9clenche une hydroc\u00e9phalie obstructive tri-ventriculaire aigu\u00eb ou subaigu\u00eb. Le diagnostic moderne s&rsquo;appuie de mani\u00e8re incontournable sur l&rsquo;imagerie par r\u00e9sonance magn\u00e9tique 3D haute r\u00e9solution et les s\u00e9quences de flux en contraste de phase, tandis que son traitement \u00e9lectif a \u00e9t\u00e9 r\u00e9volutionn\u00e9 par la ventriculocisternostomie endoscopique du troisi\u00e8me ventricule.<\/p>\n<h2>R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<ul>\n<li>Bal\u00e9dent, O., Gondry-Jouet, C., Meyer, M. E., De Marco, G., Le Gars, D., Henry-Feugeas, M. C., &amp; Baillet, P. (2004). Relationship between cerebrospinal fluid and blood dynamics in healthy volunteers and patients with communicating hydrocephalus. <em>Investigative Radiology<\/em>, 39(1), 45-55. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1097\/01.rli.0000100892.01552.42\">https:\/\/doi.org\/10.1097\/01.rli.0000100892.01552.42<\/a><\/li>\n<li>Cinalli, G., Sainte-Rose, C., Chumas, P., Zerah, M., Brunelle, F., Lot, G., Pierre-Kahn, A., &amp; Hirsch, J. F. (1999). Failure of third ventriculostomy in the treatment of aqueductal stenosis in children. <em>Journal of Neurosurgery<\/em>, 90(3), 448-454. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.3171\/jns.1999.90.3.0448\">https:\/\/doi.org\/10.3171\/jns.1999.90.3.0448<\/a><\/li>\n<li>LeDoux, J. (2012). Rethinking the emotional brain. <em>Neuron<\/em>, 73(4), 653-676. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1016\/j.neuron.2012.02.004\">https:\/\/doi.org\/10.1016\/j.neuron.2012.02.004<\/a><\/li>\n<li>Panksepp, J. (1998). <em>Affective Neuroscience: The Foundations of Human and Animal Emotions<\/em>. Oxford University Press.<\/li>\n<li>Rosenthal, A., Jouet, M., &amp; Kenwrick, S. (1992). Aberrant splicing of neural cell adhesion molecule L1 mRNA in a family with X-linked hydrocephalus. <em>Nature Genetics<\/em>, 2(2), 107-112. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1038\/ng1092-107\">https:\/\/doi.org\/10.1038\/ng1092-107<\/a><\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;aqueduc de Sylvius, ou aqueduc du m\u00e9senc\u00e9phale, est le canal \u00e9troit reliant les troisi\u00e8me et quatri\u00e8me ventricules c\u00e9r\u00e9braux, r\u00e9gulateur cl\u00e9 du LCR et des \u00e9motions.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"template":"","categories":[6756,1045,46],"tags":[34547,34551,34548,34550,34549,34272],"class_list":["post-20795","psych_term","type-psych_term","status-publish","hentry","category-neuroanatomie","category-neurologie","category-neuropsychologie","tag-aqueduc-de-sylvius","tag-hydrocephalie","tag-liquide-cerebrospinal","tag-mesencephale","tag-stenose-aqueducale","tag-substance-grise-periaqueducale"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_term\/20795","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_term"}],"about":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/psych_term"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_term\/20795\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=20795"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=20795"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=20795"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}