{"id":20553,"date":"2026-10-24T04:00:08","date_gmt":"2026-10-24T04:00:08","guid":{"rendered":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/?psych_term=artere-choroidienne-anterieure"},"modified":"2026-10-24T04:00:08","modified_gmt":"2026-10-24T04:00:08","slug":"artere-choroidienne-anterieure","status":"publish","type":"psych_term","link":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/?psych_term=artere-choroidienne-anterieure","title":{"rendered":"Art\u00e8re choro\u00efdienne ant\u00e9rieure : Cl\u00e9 neurovasculaire"},"content":{"rendered":"<h2>Art\u00e8re choro\u00efdienne ant\u00e9rieure<\/h2>\n<p>Au croisement de la neuro-anatomie structurelle, de la neurologie clinique et de la neuropsychologie cognitive, l&rsquo;<strong>art\u00e8re choro\u00efdienne ant\u00e9rieure<\/strong> (commun\u00e9ment abr\u00e9g\u00e9e en AChA dans la litt\u00e9rature internationale) constitue l&rsquo;un des p\u00e9dicules vasculaires les plus fascinants et redout\u00e9s du syst\u00e8me nerveux central de l&rsquo;\u00eatre humain. Bien que son calibre soit modeste compar\u00e9 aux grands troncs de l&rsquo;arbre art\u00e9riel c\u00e9r\u00e9bral, son territoire de distribution fonctionnelle innerve des structures d&rsquo;une criticit\u00e9 sans \u00e9quivalent, r\u00e9gissant la motricit\u00e9 volontaire, l&rsquo;int\u00e9gration sensorielle, les voies visuelles sous-corticales et des r\u00e9seaux mn\u00e9siques fondamentaux.<\/p>\n<h3>1. D\u00e9finition concise<\/h3>\n<p>L&rsquo;<strong>art\u00e8re choro\u00efdienne ant\u00e9rieure<\/strong> est une branche collat\u00e9rale terminale de l&rsquo;art\u00e8re carotide interne qui \u00e9merge distalement par rapport \u00e0 l&rsquo;art\u00e8re communicante post\u00e9rieure pour irriguer des r\u00e9gions t\u00e9lenc\u00e9phaliques et dienc\u00e9phaliques profondes, notamment le bras post\u00e9rieur de la capsule interne, les voies optiques r\u00e9tro-chiasmatiques et les structures limbiques temporales m\u00e9diales. Sur le plan s\u00e9miologique, son occlusion isch\u00e9mique est \u00e0 l&rsquo;origine du syndrome classique de la triade motrice, sensitive et visuelle, souvent grev\u00e9 de troubles cognitifs et attentionnels complexes.<\/p>\n<p>Dans le domaine neuropsychologique et des neurosciences comportementales, cette art\u00e8re suscite un int\u00e9r\u00eat majeur parce qu&rsquo;elle vascularise l&rsquo;uncus, l&rsquo;amygdale, la partie ant\u00e9rieure de l&rsquo;<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Hippocampe_(cerveau)\">hippocampe<\/a> et le genou du tractus optique, liant ainsi \u00e9troitement les processus de consolidation mn\u00e9sique \u00e9pisodique, de r\u00e9activit\u00e9 affective et d&rsquo;orientation spatiale \u00e0 son int\u00e9grit\u00e9 h\u00e9modynamique.<\/p>\n<p>Sa trajectoire complexe le long de la fissure choro\u00efdienne jusqu&rsquo;au plexus choro\u00efde du ventricule lat\u00e9ral en fait une entit\u00e9 anatomique charni\u00e8re, au confluent de la circulation c\u00e9r\u00e9brale ant\u00e9rieure carotidienne et des zones fronti\u00e8res de la circulation post\u00e9rieure vert\u00e9bro-basilaire.<\/p>\n<h3>2. \u00c9tymologie et origine linguistique<\/h3>\n<p>L&rsquo;expression \u00ab art\u00e8re choro\u00efdienne ant\u00e9rieure \u00bb puise son \u00e9tymologie dans le grec ancien et le latin anatomique. Le mot \u00ab art\u00e8re \u00bb d\u00e9rive du grec <em>art\u0113ria<\/em> (\u1f00\u03c1\u03c4\u03b7\u03c1\u03af\u03b1), qui d\u00e9signait initialement la trach\u00e9e puis les conduits sanguins transportant le souffle ou le sang vital selon les mod\u00e8les hippocratiques et gal\u00e9niques. Le qualificatif \u00ab choro\u00efdienne \u00bb provient du substantif grec <em>chorion<\/em> (\u03c7\u03cc\u03c1\u03b9\u03bf\u03bd), signifiant membrane protectrice, enveloppe foetale ou placenta, combin\u00e9 au suffixe <em>-eidos<\/em> (\u03b5\u1f36\u03b4\u03bf\u03c2), qui traduit la ressemblance physique ou morphologique (\u00ab \u00e0 l&rsquo;aspect d&rsquo;une membrane vascularis\u00e9e \u00bb).<\/p>\n<p>Ce vocable faisait originellement r\u00e9f\u00e9rence au <em>chorioeides chiton<\/em>, d\u00e9crivant la profusion vasculaire des toiles et plexus choro\u00efdes intraventriculaires responsables de la s\u00e9cr\u00e9tion du liquide c\u00e9r\u00e9brospinal. Le descripteur \u00ab ant\u00e9rieure \u00bb d\u00e9coule du comparatif latin <em>anterior<\/em> (situ\u00e9 en avant), servant \u00e0 individualiser rigoureusement ce vaisseau par rapport aux art\u00e8res choro\u00efdiennes post\u00e9ro-m\u00e9diale et post\u00e9ro-lat\u00e9rale naissant du r\u00e9seau de l&rsquo;art\u00e8re c\u00e9r\u00e9brale post\u00e9rieure. Dans les publications m\u00e9dicales internationales, elle est universellement r\u00e9pertori\u00e9e sous la d\u00e9nomination latine canonique <em>arteria choroidea anterior<\/em> au sein de la <em>Terminologia Anatomica<\/em> (TA98 : A12.2.06.017).<\/p>\n<h3>3. Prononciation et forme grammaticale<\/h3>\n<p>En langue fran\u00e7aise, l&rsquo;expression se prononce phon\u00e9tiquement [a\u0281.t\u025b\u0281 k\u0254.\u0281\u0254.i.dj\u025bn \u0251\u0303.te.\u0281j\u0153\u0281]. Le substantif \u00ab art\u00e8re \u00bb est un nom commun f\u00e9minin singulier, accordant les deux adjectifs qualificatifs coordonn\u00e9s (\u00ab choro\u00efdienne \u00bb et \u00ab ant\u00e9rieure \u00bb) au f\u00e9minin singulier. Au pluriel, on \u00e9crira \u00ab les art\u00e8res choro\u00efdiennes ant\u00e9rieures \u00bb ([a\u0281.t\u025b\u0281 k\u0254.\u0281\u0254.i.dj\u025bn \u0251\u0303.te.\u0281j\u0153\u0281]), m\u00eame si l&rsquo;atteinte clinique bilat\u00e9rale reste une occurrence exceptionnelle.<\/p>\n<p>Dans l&rsquo;usage clinique et neuropsychologique quotidien, les acronymes \u00ab AChA \u00bb ou \u00ab AChA \u00bb (de l&rsquo;anglais <em>Anterior Choroidal Artery<\/em>) sont fr\u00e9quemment employ\u00e9s par les neurologues, neuroradiologues et chercheurs, bien que la forme francophone compl\u00e8te soit privil\u00e9gi\u00e9e dans les rapports d&rsquo;expertise m\u00e9dico-l\u00e9gale et les trait\u00e9s universitaires de neuro-anatomie.<\/p>\n<h3>4. Explication conceptuelle d\u00e9taill\u00e9e<\/h3>\n<p>L&rsquo;<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Art%C3%A8re_choro%C3%AFdienne_ant%C3%A9rieure\">art\u00e8re choro\u00efdienne ant\u00e9rieure<\/a> poss\u00e8de un trajet anatomique caract\u00e9ris\u00e9 par une extr\u00eame gracilit\u00e9 coupl\u00e9e \u00e0 une longueur surprenante. Prenant naissance sur la face post\u00e9rieure ou post\u00e9ro-lat\u00e9rale du segment communicant (C4 selon la classification de Fischer ou C7 selon la classification de Bouthillier) de l&rsquo;art\u00e8re carotide interne, environ 2 \u00e0 4 millim\u00e8tres en aval de l&rsquo;art\u00e8re communicante post\u00e9rieure, elle plonge vers l&rsquo;arri\u00e8re et le dedans \u00e0 travers la citerne opto-chiasmatique et la citerne crurale.<\/p>\n<p>Les anatomistes divisent traditionnellement son parcours en deux segments majeurs :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Le segment cisternal :<\/strong> Ce premier segment chemine dans l&rsquo;espace sous-arachno\u00efdien, longeant intimement la bandelette optique (tractus optique), contournant l&rsquo;uncus temporal pour gagner la fissure choro\u00efdienne. Durant ce trajet, l&rsquo;art\u00e8re \u00e9met de minuscules branches perforantes de calibre microm\u00e9trique qui p\u00e9n\u00e8trent la substance perfor\u00e9e ant\u00e9rieure, la commissure ant\u00e9rieure et le genou du tractus optique.<\/li>\n<li><strong>Le segment plexien ou intraventriculaire :<\/strong> Franchissant le point choro\u00efdien inf\u00e9rieur (marquant son entr\u00e9e dans la corne temporale du ventricule lat\u00e9ral), ce segment se ramifie abondamment pour alimenter les franges du plexus choro\u00efde et s&rsquo;anastomoser avec les branches choro\u00efdiennes lat\u00e9rales issues du syst\u00e8me vert\u00e9bro-basilaire.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Ce qui conf\u00e8re \u00e0 cette art\u00e8re une importance primordiale en neuropsychologie clinique r\u00e9side dans la variabilit\u00e9 et la vuln\u00e9rabilit\u00e9 de ses territoires profonds. Contrairement aux art\u00e8res c\u00e9r\u00e9brales superficielles qui b\u00e9n\u00e9ficient de riches r\u00e9seaux d&rsquo;anastomoses piales leptom\u00e9ning\u00e9es, les branches profondes de l&rsquo;AChA sont des art\u00e8res perforantes terminales, sans suppl\u00e9ance collat\u00e9rale fonctionnelle imm\u00e9diate. Elles irriguent le tiers inf\u00e9rieur et post\u00e9rieur du bras post\u00e9rieur de la <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Capsule_interne\">capsule interne<\/a>, zone de convergence compacte o\u00f9 descendent les axones corticospinaux et corticonucl\u00e9aires (faisceau pyramidal) et o\u00f9 remontent les radiations thalamiques sensitives.<\/p>\n<p>En outre, l&rsquo;AChA vascularise de mani\u00e8re quasi constante le <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Corps_genouill%C3%A9_lat%C3%A9ral\">corps genouill\u00e9 lat\u00e9ral<\/a> (relais thalamique de la vision), le segment m\u00e9dial du globus pallidus (centre n\u00e9vralgique des boucles cortico-sous-corticales fronto-striatales), la queue du noyau caud\u00e9 et les formations m\u00e9sio-temporales limbiques. Une d\u00e9faillance h\u00e9modynamique au sein de ce r\u00e9seau produit donc une d\u00e9synchronisation massive des transferts d&rsquo;informations entre le cortex associatif et les structures ex\u00e9cutives, sensorimotrices et limbiques sous-corticales.<\/p>\n<h3>5. \u00c9volution et d\u00e9veloppement historique<\/h3>\n<p>La d\u00e9couverte et la cartographie fonctionnelle de l&rsquo;art\u00e8re choro\u00efdienne ant\u00e9rieure s&rsquo;\u00e9tendent sur plus de deux si\u00e8cles de progr\u00e8s m\u00e9dico-chirurgicaux. Bien que sa pr\u00e9sence ait \u00e9t\u00e9 not\u00e9e d\u00e8s les travaux anatomiques pionniers de F\u00e9lix Vicq d&rsquo;Azyr \u00e0 la fin du XVIIIe si\u00e8cle, son individualisation clinique v\u00e9ritable remonte au d\u00e9but du XXe si\u00e8cle. En 1925, les neurologues fran\u00e7ais Charles Foix, Jean-Alfred Chavany et Julien Marie ont publi\u00e9 une monographie s\u00e9minale d\u00e9crivant le syndrome anatomoclinique de l&rsquo;art\u00e8re choro\u00efdienne ant\u00e9rieure, caract\u00e9ris\u00e9 par la triade s\u00e9miologique classique associant h\u00e9mipl\u00e9gie controlat\u00e9rale, h\u00e9mianesth\u00e9sie et h\u00e9mianopsie lat\u00e9rale homonyme.<\/p>\n<p>Au milieu du XXe si\u00e8cle, une phase singuli\u00e8re de l&rsquo;histoire neurochirurgicale a propuls\u00e9 l&rsquo;AChA sous les projecteurs th\u00e9rapeutiques. En 1952, le neurochirurgien am\u00e9ricain Irving S. Cooper d\u00e9couvrit de mani\u00e8re fortuite, lors d&rsquo;une tentative interrompue de m\u00e9senc\u00e9phalotomie chez un patient atteint d&rsquo;une maladie de Parkinson s\u00e9v\u00e8re, que la ligature chirurgicale accidentelle de l&rsquo;AChA entra\u00eenait une disparition spectaculaire et imm\u00e9diate des tremblements et de la rigidit\u00e9 musculaire sans induire de paralysie permanente. Enthousiasm\u00e9 par ce r\u00e9sultat, Cooper syst\u00e9matisa l&rsquo;oblit\u00e9ration chirurgicale de l&rsquo;AChA pour traiter la maladie de Parkinson (l&rsquo;op\u00e9ration de Cooper), avant que la grande variabilit\u00e9 des infarctus capsulaires r\u00e9siduels et l&rsquo;apparition de la l\u00e9vodopa ne mettent fin \u00e0 cette pratique invasive dans les ann\u00e9es 1960.<\/p>\n<p>\u00c0 partir des ann\u00e9es 1980 et 1990, l&rsquo;av\u00e8nement de l&rsquo;imagerie par r\u00e9sonance magn\u00e9tique (IRM), notamment les s\u00e9quences pond\u00e9r\u00e9es en diffusion et l&rsquo;angiographie c\u00e9r\u00e9brale tridimensionnelle \u00e0 haute r\u00e9solution, a boulevers\u00e9 la compr\u00e9hension de ce vaisseau. Les chercheurs ont alors r\u00e9alis\u00e9 que le syndrome complet de Foix-Chavany-Marie ne repr\u00e9sentait qu&rsquo;une fraction minoritaire des pr\u00e9sentations cliniques r\u00e9elles, et que des infarctus partiels engendraient un spectre vaste de manifestations neuropsychologiques sous-estim\u00e9es, allant de l&rsquo;aphasie sous-corticale aux h\u00e9min\u00e9gligences visuo-spatiales.<\/p>\n<h3>6. Fondements th\u00e9oriques et neuro-anatomiques<\/h3>\n<p>L&rsquo;analyse neuropsychologique de l&rsquo;art\u00e8re choro\u00efdienne ant\u00e9rieure s&rsquo;articule autour de plusieurs paradigmes th\u00e9oriques fondamentaux reliant l&rsquo;architecture microvasculaire \u00e0 l&rsquo;organisation des fonctions mentales sup\u00e9rieures. Le premier concept fondamental est celui du \u00ab carrefour sous-cortical de connectivit\u00e9 \u00bb (ou <em>bottleneck effect<\/em>). \u00c9tant donn\u00e9 que le bras post\u00e9rieur de la capsule interne concentre dans quelques millim\u00e8tres cubes les projections motrices primaires, les fibres fronto-pontines et les radiations sensitives d&rsquo;origine thalamique, une l\u00e9sion isch\u00e9mique focale de l&rsquo;AChA engendre une d\u00e9connexion massive entre des r\u00e9gions corticales distantes par ailleurs totalement saines.<\/p>\n<p>Un deuxi\u00e8me mod\u00e8le th\u00e9orique repose sur la neurobiologie des syst\u00e8mes de m\u00e9moire et de r\u00e9gulation \u00e9motionnelle. L&rsquo;AChA approvisionne l&rsquo;uncus temporal, la t\u00eate de l&rsquo;hippocampe et le complexe amygdalien par ses rameaux unco-hippocampiques. Ces structures constituent le noyau du syst\u00e8me limbique et sont impliqu\u00e9es dans la m\u00e9moire d\u00e9clarative, le conditionnement de la peur et la valence affective des stimuli sensoriels. L&rsquo;isch\u00e9mie partielle de ces territoires illustre le mod\u00e8le des syst\u00e8mes distribu\u00e9s de Luria et Geschwind : la perte d&rsquo;un n\u0153ud limbique sous-cortical d\u00e9stabilise l&rsquo;ensemble du r\u00e9seau mn\u00e9sique \u00e9pisodique, mimant parfois une pathologie neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9rative focale.<\/p>\n<p>Enfin, le concept de \u00ab zone fronti\u00e8re h\u00e9modynamique profonde \u00bb \u00e9claire la susceptibilit\u00e9 de ce territoire \u00e0 l&rsquo;hypoperfusion syst\u00e9mique. Les branches distales perforantes de l&rsquo;AChA c\u00f4toient les art\u00e9rioles lenticulo-stri\u00e9es issues de l&rsquo;art\u00e8re c\u00e9r\u00e9brale moyenne et les branches perforantes thalamiques provenant de la circulation post\u00e9rieure. Cette juxtaposition anatomique cr\u00e9e des lits vasculaires terminaux particuli\u00e8rement vuln\u00e9rables aux chutes de pression art\u00e9rielle et aux microangiopathies lipohyalinotiques associ\u00e9es \u00e0 l&rsquo;hypertension art\u00e9rielle chronique.<\/p>\n<h3>7. Composants cl\u00e9s, territoires et variations anatomiques<\/h3>\n<p>L&rsquo;art\u00e8re choro\u00efdienne ant\u00e9rieure pr\u00e9sente une arborescence complexe dont l&rsquo;\u00e9tendue exacte varie d&rsquo;un individu \u00e0 l&rsquo;autre. On r\u00e9pertorie ses composants essentiels et ses territoires d&rsquo;irrigation selon l&rsquo;architecture suivante :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Branche perforante capsulaire post\u00e9rieure :<\/strong> Innerve les deux tiers inf\u00e9rieurs du bras post\u00e9rieur de la capsule interne, assurant la viabilit\u00e9 m\u00e9tabolique du faisceau pyramidal corticospinal moteur et du faisceau corticobulbaire.<\/li>\n<li><strong>Branches pour les voies visuelles :<\/strong> Irriguent le tractus optique r\u00e9tro-chiasmatique et surtout la portion ant\u00e9rieure et ventro-lat\u00e9rale du corps genouill\u00e9 lat\u00e9ral, o\u00f9 convergent les projections r\u00e9tinotopiques destin\u00e9es au cortex stri\u00e9.<\/li>\n<li><strong>Rameaux pallidaux m\u00e9diaux :<\/strong> Alimentent le globus pallidus m\u00e9dial (interne), \u00e9l\u00e9ment modulateur capital des boucles motrices et ex\u00e9cutives reliant les noyaux gris centraux au thalamus et au cortex pr\u00e9frontal.<\/li>\n<li><strong>Branches limbiques et m\u00e9sio-temporales :<\/strong> Nourrissent la t\u00eate de l&rsquo;hippocampe, l&rsquo;amygdale ant\u00e9rieure, le gyrus parahippocampique et le complexe nucl\u00e9aire amygdalien ant\u00e9rieur, structures cardinales de la cognition \u00e9motionnelle et de l&rsquo;encodage mn\u00e9sique.<\/li>\n<li><strong>Branche plexienne choro\u00efdienne :<\/strong> P\u00e9n\u00e8tre dans la corne temporale du ventricule lat\u00e9ral pour former la portion inf\u00e9rieure du plexus choro\u00efde, contribuant activement \u00e0 l&rsquo;h\u00e9modynamique du liquide c\u00e9r\u00e9brospinal.<\/li>\n<li><strong>Variations anatomiques fr\u00e9quentes :<\/strong> Absence cong\u00e9nitale unilat\u00e9rale (avec suppl\u00e9ance par l&rsquo;art\u00e8re c\u00e9r\u00e9brale post\u00e9rieure), duplication ou triplication du tronc art\u00e9riel, \u00e9mergence directe \u00e0 partir de l&rsquo;art\u00e8re communicante post\u00e9rieure ou de la bifurcation carotidienne, et hyperplasie choro\u00efdienne suppl\u00e9ant l&rsquo;art\u00e8re c\u00e9r\u00e9brale post\u00e9rieure.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>8. Exemples cliniques et illustrations de cas<\/h3>\n<p>Pour appr\u00e9hender l&rsquo;impact neuropsychologique et sensorimoteur concret d&rsquo;une atteinte de l&rsquo;art\u00e8re choro\u00efdienne ant\u00e9rieure, examinons deux tableaux cliniques repr\u00e9sentatifs :<\/p>\n<p><strong>Cas clinique 1 : L&rsquo;infarctus capsulo-limbique gauche typique<\/strong><br \/>\nUn homme de 62 ans, pr\u00e9sentant des ant\u00e9c\u00e9dents d&rsquo;hypertension art\u00e9rielle mal \u00e9quilibr\u00e9e et de diab\u00e8te de type 2, d\u00e9veloppe brutalement au r\u00e9veil un d\u00e9ficit moteur total de l&rsquo;h\u00e9micorps droit pr\u00e9dominant au membre sup\u00e9rieur, sans paralysie faciale notable. L&rsquo;examen neurologique initial met en \u00e9vidence une h\u00e9mianesth\u00e9sie compl\u00e8te droite touchant la sensibilit\u00e9 proprioceptive et thermo-algique, ainsi qu&rsquo;une h\u00e9mianopsie lat\u00e9rale homonyme droite. \u00c0 l&rsquo;\u00e9valuation neuropsychologique en unit\u00e9 d&rsquo;urgence neurovasculaire, le patient ne pr\u00e9sente pas d&rsquo;aphasie corticale classique (sa fluence verbale est pr\u00e9serv\u00e9e, sans paraphasies phon\u00e9miques), mais manifeste une hypophonie marqu\u00e9e, des latences verbales prolong\u00e9es, une perte de l&rsquo;initiative lexicale et une h\u00e9min\u00e9gligence discr\u00e8te. L&rsquo;IRM c\u00e9r\u00e9brale montre un hypersignal de diffusion circonscrit au bras post\u00e9rieur de la capsule interne gauche s&rsquo;\u00e9tendant \u00e0 la t\u00eate hippocampique et au corps genouill\u00e9 lat\u00e9ral, attestant d&rsquo;une occlusion ath\u00e9rothrombotique aigu\u00eb du tronc de l&rsquo;AChA.<\/p>\n<p><strong>Cas clinique 2 : L&rsquo;isch\u00e9mie per-op\u00e9ratoire iatrog\u00e8ne et le syndrome frontal sous-cortical<\/strong><br \/>\nUne femme de 48 ans subit un clipage microchirurgical d&rsquo;un volumineux an\u00e9vrisme de la bifurcation carotide interne droite. Au d\u00e9cours imm\u00e9diat de l&rsquo;intervention, une occlusion involontaire d&rsquo;une branche perforante issue de l&rsquo;AChA survient, visualis\u00e9e par art\u00e9riographie post-op\u00e9ratoire. Apr\u00e8s une r\u00e9cup\u00e9ration partielle d&rsquo;une h\u00e9mipar\u00e9sie gauche transitoire, les s\u00e9quelles majeures se r\u00e9v\u00e8lent d&rsquo;ordre neuropsychologique : la patiente pr\u00e9sente une apathie s\u00e9v\u00e8re, une amn\u00e9sie ant\u00e9rograde mod\u00e9r\u00e9e des stimuli visuels complexes, une prosodramn\u00e9sie (difficult\u00e9 \u00e0 identifier la charge affective des visages familiers) et un syndrome d&rsquo;h\u00e9min\u00e9gligence spatiale gauche persistant. Ce cas illustre le r\u00f4le primordial des eff\u00e9rences pallidales et limbiques de l&rsquo;AChA dans l&rsquo;initiation de l&rsquo;action, l&rsquo;affect et la cartographie \u00e9gocentr\u00e9e de l&rsquo;espace visuel.<\/p>\n<h3>9. \u00c9valuation, mesure et imagerie diagnostique<\/h3>\n<p>La confirmation diagnostique et l&rsquo;\u00e9valuation neurocognitive des atteintes du territoire de l&rsquo;AChA exigent une synergie \u00e9troite entre techniques d&rsquo;imagerie structurelle de pointe et tests psychom\u00e9triques standardis\u00e9s.<\/p>\n<p>Sur le versant neuroradiologique, la modalit\u00e9 de r\u00e9f\u00e9rence absolue est l&rsquo;<strong>IRM c\u00e9r\u00e9brale multiparam\u00e9trique<\/strong>. La s\u00e9quence de diffusion (DWI) associ\u00e9e \u00e0 la cartographie du coefficient apparent de diffusion (ADC) permet de visualiser pr\u00e9cocement, d\u00e8s les premi\u00e8res dizaines de minutes suivant l&rsquo;accident isch\u00e9mique c\u00e9r\u00e9bral, un hypersignal net circonscrit au bras post\u00e9rieur de la capsule interne, au corps genouill\u00e9 lat\u00e9ral ou \u00e0 la r\u00e9gion m\u00e9sio-temporale. Les s\u00e9quences FLAIR et T2 en coupe fine axiale et coronale permettent de d\u00e9limiter l&rsquo;extension de la n\u00e9crose tissulaire. L&rsquo;angiographie par r\u00e9sonance magn\u00e9tique (ARM) haute r\u00e9solution en temps de vol (TOF) 3D, l&rsquo;angioscanner c\u00e9r\u00e9bral \u00e0 acquisition h\u00e9lico\u00efdale mince et l&rsquo;art\u00e9riographie c\u00e9r\u00e9brale conventionnelle par cath\u00e9t\u00e9risme f\u00e9moral demeurent indispensables pour appr\u00e9cier la perm\u00e9abilit\u00e9 de l&rsquo;art\u00e8re, rep\u00e9rer une boucle dysmorphique ou d\u00e9celer un an\u00e9vrisme intimement li\u00e9 au collet de l&rsquo;AChA.<\/p>\n<p>Sur le versant neuropsychologique, le clinicien d\u00e9ploie des outils psychom\u00e9triques cibl\u00e9s :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>\u00c9valuation de la n\u00e9gligence spatiale :<\/strong> Batterie d&rsquo;\u00e9valuation de la n\u00e9gligence unilat\u00e9rale (BEN), test des cloches de Gauthier, t\u00e2che de bissection de lignes de Schenkenberg.<\/li>\n<li><strong>\u00c9valuation mn\u00e9sique :<\/strong> \u00c9chelle de m\u00e9moire de Wechsler (WMS-IV), test de r\u00e9tention visuelle de Benton, test de rappel libre\/rappel indic\u00e9 \u00e0 16 items (RL\/RI-16) de Grober et Buschke pour isoler une d\u00e9faillance de r\u00e9cup\u00e9ration li\u00e9e \u00e0 la d\u00e9connexion limbique versus un trouble de stockage pur.<\/li>\n<li><strong>Fonctions ex\u00e9cutives et attentionnelles :<\/strong> Test de Stroop, Trail Making Test (TMT A et B), t\u00e2che de fluence verbale cat\u00e9gorielle et phon\u00e9mique, \u00e9chelle de d\u00e9pression et d&rsquo;apathie de Starkstein pour objectiver l&rsquo;\u00e9moussement motivationnel sous-cortical.<\/li>\n<li><strong>P\u00e9rim\u00e9trie visuelle informatis\u00e9e :<\/strong> Champ visuel de Humphrey ou p\u00e9rim\u00e9trie de Goldmann, permettant de caract\u00e9riser une h\u00e9mianopsie homonyme ou une quadranopsie sectorielle congruente par l\u00e9sion du corps genouill\u00e9 lat\u00e9ral.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>10. Applications cliniques et port\u00e9e pratique<\/h3>\n<p>La compr\u00e9hension approfondie de l&rsquo;art\u00e8re choro\u00efdienne ant\u00e9rieure s&rsquo;av\u00e8re indispensable dans plusieurs branches de la m\u00e9decine contemporaine. En <strong>neurologie vasculaire<\/strong>, le syndrome de l&rsquo;AChA fait partie int\u00e9grante de la prise en charge d&rsquo;urgence des <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Accident_vasculaire_c%C3%A9r%C3%A9bral\">accidents vasculaires c\u00e9r\u00e9braux<\/a>. Les cliniciens doivent identifier sans d\u00e9lai ce tableau car les d\u00e9ficits moteurs capsulaires pr\u00e9sentent souvent une propension d\u00e9favorable \u00e0 la fluctuation clinique h\u00e9modynamique au cours des premi\u00e8res 48 heures (syndrome de la tour de contr\u00f4le vacillante ou <em>stuttering hemiparesis<\/em>), justifiant une surveillance tensionnelle rigoureuse en soins intensifs neurovasculaires.<\/p>\n<p>En <strong>neurochirurgie vasculaire et endovasculaire<\/strong>, l&rsquo;AChA est r\u00e9put\u00e9e pour \u00eatre l&rsquo;art\u00e8re la plus p\u00e9rilleuse lors de la manipulation des an\u00e9vrismes du segment supraclino\u00efdien de l&rsquo;art\u00e8re carotide interne. Les an\u00e9vrismes de l&rsquo;AChA repr\u00e9sentent environ 2 \u00e0 5 % de tous les an\u00e9vrismes intracr\u00e2niens. L&rsquo;oblit\u00e9ration involontaire de cette minuscule collat\u00e9rale lors de la pose d&rsquo;un clip chirurgical ou du d\u00e9ploiement de spires d&#8217;embolisation (coils) ou de stents d\u00e9viateurs de flux (<em>flow diverters<\/em>) induit quasi in\u00e9luctablement un infarctus capsulaire d\u00e9vastateur entra\u00eenant un lourd handicap moteur permanent chez un patient initialement asymptomatique.<\/p>\n<p>En <strong>neuropsychologie de r\u00e9\u00e9ducation<\/strong>, l&rsquo;individualisation des troubles cons\u00e9cutifs \u00e0 l&rsquo;atteinte de l&rsquo;AChA autorise la conception de protocoles de rem\u00e9diation cognitive sur mesure. Les patients ayant souffert d&rsquo;un infarctus de l&rsquo;AChA d\u00e9veloppent des profils d&rsquo;amn\u00e9sie sous-corticale et d&rsquo;attention divis\u00e9e alt\u00e9r\u00e9e qui r\u00e9pondent favorablement aux aides externes compensatoires (agendas num\u00e9riques, indi\u00e7age sensoriel multimodal) plut\u00f4t qu&rsquo;aux entra\u00eenements g\u00e9n\u00e9riques par r\u00e9p\u00e9tition m\u00e9canique.<\/p>\n<h3>11. Recherche scientifique et donn\u00e9es empiriques<\/h3>\n<p>Les recherches neuroscientifiques contemporaines ont consid\u00e9rablement nuanc\u00e9 la vision binaire du syndrome de l&rsquo;AChA autrefois restreint \u00e0 la seule h\u00e9mipl\u00e9gie dense. Les m\u00e9ta-analyses et les cohortes observationnelles multicentriques d\u00e9montrent que la pr\u00e9valence du syndrome clinique complet de Foix-Chavany-Marie ne d\u00e9passe gu\u00e8re 15 \u00e0 25 % des cas r\u00e9els d&rsquo;infarctus choro\u00efdiens ant\u00e9rieurs document\u00e9s en IRM de diffusion.<\/p>\n<p>Des travaux empiriques majeurs men\u00e9s par des \u00e9quipes pionni\u00e8res (telles que celles de Bruno et ses collaborateurs, ainsi que les \u00e9tudes de Helgason et al.) ont mis en relief l&rsquo;importance capitale de la variabilit\u00e9 topographique. Quand l&rsquo;infarctus est circonscrit \u00e0 la partie dorsale du territoire capsulaire, le d\u00e9ficit moteur pr\u00e9domine au membre sup\u00e9rieur et \u00e0 la face. En revanche, lorsque la n\u00e9crose affecte pr\u00e9f\u00e9rentiellement les structures limbiques et thalamiques environnantes, les signes moteurs peuvent demeurer discrets ou transitoires, laissant place au premier plan \u00e0 un \u00e9tat confusionnel aigu, \u00e0 une hypoacousie centrale paradoxale ou \u00e0 une amn\u00e9sie \u00e9pisodique s\u00e9v\u00e8re.<\/p>\n<p>Les \u00e9tudes fonctionnelles en neuro-imagerie d&rsquo;activation et en connectomique par tractographie du tenseur de diffusion (DTI) ont par ailleurs d\u00e9montr\u00e9 que les fibres thalamocorticales reliant le noyau dorsom\u00e9dian du thalamus au cortex pr\u00e9frontal traversent la frange bordante irrigu\u00e9e par l&rsquo;AChA. Une micro-l\u00e9sion focale \u00e0 ce niveau suffit \u00e0 abolir la connectivit\u00e9 fonctionnelle en r\u00e9seau de repos (<em>Default Mode Network<\/em>), fournissant une explication m\u00e9canistique \u00e0 l&rsquo;apathie chronique et au ralentissement id\u00e9omoteur observ\u00e9s chez ces patients en d\u00e9pit d&rsquo;une r\u00e9cup\u00e9ration motrice satisfaisante.<\/p>\n<h3>12. Consid\u00e9rations culturelles et anthropologiques en neurosciences<\/h3>\n<p>Bien que l&rsquo;art\u00e8re choro\u00efdienne ant\u00e9rieure soit une structure morphologique universelle chez l&rsquo;ensemble des \u00eatres humains, son appr\u00e9hension s&rsquo;inscrit au sein de traditions \u00e9pist\u00e9mologiques divergentes \u00e0 travers l&rsquo;histoire mondiale de la m\u00e9decine. Dans l&rsquo;\u00e9cole de neurologie fran\u00e7aise de la fin du XIXe et du d\u00e9but du XXe si\u00e8cle, sous l&rsquo;impulsion de Charcot, Foix et Marie, une v\u00e9n\u00e9ration presque cart\u00e9sienne pour la m\u00e9thode anatomo-clinique pr\u00e9valait : chaque faisceau de fibres nerveuses devait \u00eatre corr\u00e9l\u00e9 avec une rigueur absolue \u00e0 un territoire art\u00e9riel pr\u00e9cis, \u00e9rigeant le syndrome de l&rsquo;AChA en mod\u00e8le parfait de localisationnisme neurofonctionnel.<\/p>\n<p>\u00c0 l&rsquo;inverse, dans les approches holistiques et int\u00e9gratives d&rsquo;autres aires g\u00e9ographiques, ou au sein des th\u00e9ories contemporaines du connexionnisme dynamique anglo-saxon, l&rsquo;accent a bascul\u00e9 de la structure isol\u00e9e vers la vuln\u00e9rabilit\u00e9 du r\u00e9seau distribu\u00e9. De surcro\u00eet, les disparit\u00e9s mondiales majeures dans l&rsquo;acc\u00e8s aux technologies diagnostiques cr\u00e9ent une disparit\u00e9 s\u00e9miologique notable : dans les pays \u00e0 revenu \u00e9lev\u00e9 dot\u00e9s de plateformes d&rsquo;IRM 3T disponibles en urgence, les petits infarctus de l&rsquo;AChA sont d\u00e9pist\u00e9s chez des patients \u00e9tiquet\u00e9s comme porteurs de \u00ab d\u00e9ficits cognitifs l\u00e9gers vasculaires \u00bb, tandis que dans les zones \u00e0 moindre plateau technique, seuls les tableaux d&rsquo;h\u00e9mipl\u00e9gie motrice catastrophique cons\u00e9cutifs \u00e0 des infarctus carotidiens globaux retiennent l&rsquo;attention m\u00e9dicale.<\/p>\n<h3>13. D\u00e9bats scientifiques, controverses et limites diagnostiques<\/h3>\n<p>Le principal champ de discorde scientifique autour de l&rsquo;AChA concerne la controverse persistante de sa \u00ab tol\u00e9rance \u00e0 l&rsquo;occlusion chirurgicale \u00bb. Au cours des ann\u00e9es 1950, Irving Cooper affirmait qu&rsquo;une proportion substantielle de patients tol\u00e9rait sans dommage fonctionnel l&rsquo;oblit\u00e9ration d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e de cette art\u00e8re. Pourtant, les statistiques neurochirurgicales modernes rapportent un taux d&rsquo;accidents isch\u00e9miques symptomatiques allant de 40 % \u00e0 plus de 80 % en cas de sacrifice art\u00e9riel non intentionnel. Les divergences s&rsquo;expliquent aujourd&rsquo;hui par l&rsquo;existence impr\u00e9visible d&rsquo;anastomoses choro\u00efdiennes r\u00e9trogrades issues de l&rsquo;art\u00e8re c\u00e9r\u00e9brale post\u00e9rieure, dont la puissance h\u00e9modynamique varie de mani\u00e8re radicale d&rsquo;un individu \u00e0 l&rsquo;autre.<\/p>\n<p>Un autre d\u00e9bat concerne la s\u00e9gr\u00e9gation fonctionnelle entre les syndromes de l&rsquo;AChA droite et gauche :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Infarctus choro\u00efdien gauche :<\/strong> Traditionnellement r\u00e9put\u00e9 pour engendrer une aphasie sous-corticale caract\u00e9ris\u00e9e par un d\u00e9bit ralenti, une baisse du volume phonatoire et des troubles mod\u00e9r\u00e9s de la compr\u00e9hension syntaxique complexe sans agraphie pure.<\/li>\n<li><strong>Infarctus choro\u00efdien droit :<\/strong> Fr\u00e9quemment associ\u00e9 \u00e0 un tableau majeur d&rsquo;h\u00e9min\u00e9gligence visuo-spatiale, d&rsquo;anosognosie et d&rsquo;h\u00e9miasomatognosie motrice, mimant fid\u00e8lement des atteintes pari\u00e9tales \u00e9tendues.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Certains neurophysiologistes contestent la sp\u00e9cificit\u00e9 intrins\u00e8que de ces anomalies cognitives, soutenant qu&rsquo;elles r\u00e9sultent en r\u00e9alit\u00e9 d&rsquo;un ph\u00e9nom\u00e8ne de diaschisis cortical \u2014 c&rsquo;est-\u00e0-dire d&rsquo;une d\u00e9sactivation m\u00e9tabolique \u00e0 distance des aires corticales d&rsquo;association secondaire priv\u00e9e de leurs influx thalamiques et striataux ascendants.<\/p>\n<h3>14. Termes associ\u00e9s et distinctions conceptuelles<\/h3>\n<p>Afin de pr\u00e9venir toute confusion s\u00e9miologique et anatomique, il convient de discriminer pr\u00e9cis\u00e9ment l&rsquo;art\u00e8re choro\u00efdienne ant\u00e9rieure de structures art\u00e9rielles voisines :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Art\u00e8res choro\u00efdiennes post\u00e9rieures (m\u00e9diale et lat\u00e9rale) :<\/strong> Branches du syst\u00e8me vert\u00e9bro-basilaire n\u00e9es de l&rsquo;art\u00e8re c\u00e9r\u00e9brale post\u00e9rieure. Elles vascularisent le pulvinar du thalamus, la toile choro\u00efdienne du troisi\u00e8me ventricule et les plexus du corps ventriculaire, tandis que l&rsquo;AChA provient de la carotide interne et innerve la corne temporale et le bras post\u00e9rieur capsulaire.<\/li>\n<li><strong>Art\u00e8res lenticulo-stri\u00e9es :<\/strong> Branches perforantes directes de l&rsquo;art\u00e8re c\u00e9r\u00e9brale moyenne (segment M1). Elles irriguent le putamen, le corps du noyau caud\u00e9 et le bras ant\u00e9rieur de la capsule interne. Une l\u00e9sion lenticulo-stri\u00e9e \u00e9pargne typiquement le champ visuel et l&rsquo;hippocampe, contrairement \u00e0 une l\u00e9sion de l&rsquo;AChA.<\/li>\n<li><strong>Art\u00e8re communicante post\u00e9rieure (PCoA) :<\/strong> \u00c9mergeant imm\u00e9diatement en amont de l&rsquo;AChA, elle anasthomose la carotide interne et l&rsquo;art\u00e8re c\u00e9r\u00e9brale post\u00e9rieure et donne naissance \u00e0 des branches perforantes destin\u00e9es au tuber cinereum et au thalamus ant\u00e9rieur, sans p\u00e9n\u00e9trer le plexus choro\u00efde temporal.<\/li>\n<li><strong>Art\u00e8re de Heubner (art\u00e8re r\u00e9currente de Heubner) :<\/strong> Branche de l&rsquo;art\u00e8re c\u00e9r\u00e9brale ant\u00e9rieure vascularisant la t\u00eate du noyau caud\u00e9 et le genou ant\u00e9rieur de la capsule interne, induisant principalement des troubles du contr\u00f4le ex\u00e9cutif et un d\u00e9ficit brachio-facial moteur invers\u00e9.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>15. Synth\u00e8se et points cl\u00e9s<\/h3>\n<p>L&rsquo;art\u00e8re choro\u00efdienne ant\u00e9rieure s&rsquo;affirme comme une structure microvasculaire d&rsquo;une prodigieuse densit\u00e9 fonctionnelle, mat\u00e9rialisant le lien \u00e9troit entre l&rsquo;anatomie des perforantes intracr\u00e2niennes et l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 neuropsychologique :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Origine :<\/strong> Branche collat\u00e9rale constante de l&rsquo;art\u00e8re carotide interne supraclino\u00efdienne, cheminant le long de la bandelette optique jusqu&rsquo;au plexus choro\u00efde ventriculaire lat\u00e9ral.<\/li>\n<li><strong>Territoire critique :<\/strong> Bras post\u00e9rieur de la capsule interne (faisceau pyramidal), corps genouill\u00e9 lat\u00e9ral et bandelette optique, globus pallidus m\u00e9dial, uncus, t\u00eate de l&rsquo;hippocampe et complexe amygdalien.<\/li>\n<li><strong>Syndrome clinique classique :<\/strong> Triade de Foix-Chavany-Marie associant h\u00e9mipl\u00e9gie compl\u00e8te controlat\u00e9rale, h\u00e9mianesth\u00e9sie globale et h\u00e9mianopsie lat\u00e9rale homonyme.<\/li>\n<li><strong>Profil neuropsychologique :<\/strong> Troubles de l&rsquo;attention spatiale (h\u00e9min\u00e9gligence \u00e0 droite), amn\u00e9sie de r\u00e9cup\u00e9ration sous-corticale, apathie s\u00e9v\u00e8re par d\u00e9connexion striato-pallidale et aphasie sous-corticale non fluente \u00e0 gauche.<\/li>\n<li><strong>Enjeu chirurgical :<\/strong> Danger extr\u00eame lors du clipage ou de l&#8217;embolisation des an\u00e9vrismes carotidiens distaux en raison de l&rsquo;absence de r\u00e9seau collat\u00e9ral anastomotique de substitution suffisant.<\/li>\n<\/ul>\n<h2>R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<ul>\n<li>Cooper, I. S. (1953). Ligation of the anterior choroidal artery for involuntary movements: Parkinsonism. <em>Proceedings of the Staff Meetings of the Mayo Clinic<\/em>, 28(10), 241\u2013247.<\/li>\n<li>Foix, C., Chavany, J. A., &amp; Marie, J. (1925). Dipl\u00e9gie facio-linguo-masticatrice d&rsquo;origine cortico-sous-corticale sans paralysie des membres (syndrome de Foix-Chavany-Marie). <em>Revue Neurologique<\/em>, 32, 214\u2013240.<\/li>\n<li>Helgason, C., Caplan, L. R., Goodwin, J., &amp; Hedges, T. (1986). Anterior choroidal artery-territory infarction: Report of cases and review. <em>Archives of Neurology<\/em>, 43(7), 681\u2013686. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1001\/archneur.1986.00520070039015\">https:\/\/doi.org\/10.1001\/archneur.1986.00520070039015<\/a><\/li>\n<li>Ois, A., Cuadrado-Godia, E., Solano, A., Perich-Alsina, X., &amp; Roquer, J. (2009). Acute ischemic stroke in anterior choroidal artery territory. <em>Journal of the Neurological Sciences<\/em>, 281(1\u20132), 80\u201384. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1016\/j.jns.2009.02.345\">https:\/\/doi.org\/10.1016\/j.jns.2009.02.345<\/a><\/li>\n<li>Rhoton, A. L., Jr. (2002). The supratentorial arteries. <em>Neurosurgery<\/em>, 51(suppl_4), S1-53\u2013S1-120. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1097\/00006123-200210001-00004\">https:\/\/doi.org\/10.1097\/00006123-200210001-00004<\/a><\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;art\u00e8re choro\u00efdienne ant\u00e9rieure (AChA) est une collat\u00e9rale de la carotide interne dont le territoire innerve la capsule interne, les voies optiques et le syst\u00e8me limbique. 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