{"id":20487,"date":"2026-10-24T01:08:20","date_gmt":"2026-10-24T01:08:20","guid":{"rendered":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/?psych_term=syndrome-gillespie-aniridie-ataxie-cerebelleuse-deficit-intellectuel"},"modified":"2026-10-24T01:08:20","modified_gmt":"2026-10-24T01:08:20","slug":"syndrome-gillespie-aniridie-ataxie-cerebelleuse-deficit-intellectuel","status":"publish","type":"psych_term","link":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/?psych_term=syndrome-gillespie-aniridie-ataxie-cerebelleuse-deficit-intellectuel","title":{"rendered":"Syndrome de Gillespie : Au carrefour de l&rsquo;ataxie"},"content":{"rendered":"<p>Le syndrome associant une aniridie partielle, une ataxie c\u00e9r\u00e9belleuse cong\u00e9nitale non \u00e9volutive et un d\u00e9ficit intellectuel, traditionnellement d\u00e9sign\u00e9 sous le nom de syndrome de Gillespie, constitue une entit\u00e9 neurog\u00e9n\u00e9tique et neuropsychologique rare mais fondamentale pour la compr\u00e9hension des liens unissant le d\u00e9veloppement oculaire, la circuiterie c\u00e9r\u00e9belleuse et le fonctionnement cognitif sup\u00e9rieur. Cette affection syndromique singuli\u00e8re met en lumi\u00e8re la fa\u00e7on dont des anomalies g\u00e9n\u00e9tiques cibl\u00e9es, particuli\u00e8rement celles affectant le r\u00e9cepteur de l&rsquo;inositol trisphosphate, perturbent conjointement la morphogen\u00e8se du segment ant\u00e9rieur de l&rsquo;\u0153il et l&rsquo;organisation sensorimotrice et neuropsychologique du cervelet.<\/p>\n<h2>Syndrome de Gillespie (Aniridie, ataxie c\u00e9r\u00e9belleuse et d\u00e9ficit intellectuel)<\/h2>\n<h3>1. D\u00e9finition concise<\/h3>\n<p>Le syndrome d&rsquo;aniridie, d&rsquo;ataxie c\u00e9r\u00e9belleuse et de d\u00e9ficit intellectuel (OMIM #206700) est une maladie g\u00e9n\u00e9tique rare du neurod\u00e9veloppement caract\u00e9ris\u00e9e par la triade clinique associant une hypoplasie bilat\u00e9rale de l&rsquo;iris (aniridie partielle d&rsquo;aspect festonn\u00e9), une ataxie c\u00e9r\u00e9belleuse cong\u00e9nitale stationnaire ou tr\u00e8s lentement progressive, et des degr\u00e9s variables de retard de d\u00e9veloppement psychomoteur ou de handicap intellectuel.<\/p>\n<p>Sur le plan neuropsychologique et clinique, ce syndrome se manifeste d\u00e8s la petite enfance par une hypotonie axiale pr\u00e9coce, des retards significatifs dans l&rsquo;acquisition de la marche et du langage, ainsi que par des perturbations motrices de la coordination et de l&rsquo;\u00e9quilibre. L&rsquo;atteinte cognitive, loin de se r\u00e9duire \u00e0 un d\u00e9ficit global indiff\u00e9renci\u00e9, s&rsquo;articule fr\u00e9quemment autour du syndrome c\u00e9r\u00e9belleux cognitivo-affectif, alt\u00e9rant les fonctions ex\u00e9cutives, le traitement visuo-spatial, la planification motrice et la r\u00e9gulation affective.<\/p>\n<p>D&rsquo;un point de vue \u00e9tiologique, la majorit\u00e9 des cas confirm\u00e9s sur le plan mol\u00e9culaire r\u00e9sultent de variants pathog\u00e8nes monoall\u00e9liques (dominants de novo) ou biall\u00e9liques (r\u00e9cessifs autosomiques) situ\u00e9s dans le g\u00e8ne <em>ITPR1<\/em>, codant pour le r\u00e9cepteur de type 1 \u00e0 l&rsquo;inositol 1,4,5-trisphosphate. Ce canal calcique intracellulaire est indispensable \u00e0 la survie et \u00e0 la signalisation des cellules de Purkinje c\u00e9r\u00e9belleuses ainsi qu&rsquo;au d\u00e9veloppement normal des structures oculaires et du syst\u00e8me nerveux central.<\/p>\n<h3>2. \u00c9tymologie et origines linguistiques<\/h3>\n<p>La d\u00e9nomination descriptive de cette entit\u00e9 repose sur trois termes m\u00e9dicaux classiques d&rsquo;origine gr\u00e9co-latine :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Aniridie :<\/strong> D\u00e9riv\u00e9 du pr\u00e9fixe privatif grec <em>an-<\/em> (\u1f00\u03bd-, absence ou manque) et du substantif <em>iris<\/em> (\u1f36\u03c1\u03b9\u03c2, arc-en-ciel, en r\u00e9f\u00e9rence au diaphragme pigment\u00e9 de l&rsquo;\u0153il). Ce terme d\u00e9signe l&rsquo;absence cong\u00e9nitale, compl\u00e8te ou partielle, du diaphragme irien.<\/li>\n<li><strong>Ataxie :<\/strong> Issu du grec ancien <em>ataxia<\/em> (\u1f00\u03c4\u03b1\u03be\u03af\u03b1), form\u00e9 de <em>a-<\/em> (privatif) et de <em>taxis<\/em> (\u03c4\u03ac\u03be\u03b9\u03c2, ordre, arrangement). Il qualifie rigoureusement l&rsquo;absence de coordination ordonn\u00e9e des mouvements volontaires, sans paralysie motrice primaire sous-jacente.<\/li>\n<li><strong>D\u00e9ficit intellectuel :<\/strong> Form\u00e9 \u00e0 partir du latin <em>deficere<\/em> (manquer, faillir) et de <em>intellectus<\/em> (facult\u00e9 de comprendre, discernement). Cette expression a remplac\u00e9 les terminologies historiques obsol\u00e8tes et stigmatisantes telles que \u00ab oligophr\u00e9nie \u00bb (du grec <em>oligos<\/em>, peu, et <em>phr\u00ean<\/em>, esprit) ou \u00ab arri\u00e9ration mentale \u00bb.<\/li>\n<\/ul>\n<p>L&rsquo;\u00e9ponyme \u00ab syndrome de Gillespie \u00bb rend hommage au m\u00e9decin et ophtalmologiste am\u00e9ricain Fredrick D. Gillespie, qui publia en 1965 dans l&rsquo;<em>American Journal of Ophthalmology<\/em> la premi\u00e8re description clinique d\u00e9taill\u00e9e de cette triade chez une fratrie, marquant ainsi l&rsquo;entr\u00e9e officielle de cette affection dans la nosologie m\u00e9dicale internationale.<\/p>\n<h3>3. Prononciation et forme grammaticale<\/h3>\n<p>En langue fran\u00e7aise, l&rsquo;expression s&rsquo;\u00e9nonce phon\u00e9tiquement selon l&rsquo;alphabet phon\u00e9tique international : [si\u0303.d\u0281om d\u0259 \u0292il.\u025bs.pi] ou, sous sa d\u00e9signation descriptive, [a.ni.\u0281i.di a.tak.si se.\u0281e.b\u025b.l\u00f8z e de.fi.sit \u025b\u0303.t\u025b.l\u025bk.t\u0265\u025bl].<\/p>\n<p>Sur le plan grammatical, l&rsquo;appellation descriptive constitue un syntagme nominal complexe coordonn\u00e9, compos\u00e9 de trois substantifs reli\u00e9s par une conjonction : un nom f\u00e9minin singulier (\u00ab aniridie \u00bb), une locution nominale f\u00e9minine (\u00ab ataxie c\u00e9r\u00e9belleuse \u00bb) et une locution nominale masculine (\u00ab d\u00e9ficit intellectuel \u00bb). L&rsquo;\u00e9ponyme \u00ab syndrome de Gillespie \u00bb est un syntagme nominal masculin singulier invariable au niveau du nom propre (\u00ab les syndromes de Gillespie \u00bb au pluriel clinique).<\/p>\n<h3>4. Explication conceptuelle d\u00e9taill\u00e9e<\/h3>\n<p>Le syndrome d&rsquo;aniridie, ataxie c\u00e9r\u00e9belleuse et d\u00e9ficit intellectuel s&rsquo;\u00e9tend bien au-del\u00e0 d&rsquo;une simple juxtaposition fortuite de trois sympt\u00f4mes distincts ; il repr\u00e9sente un mod\u00e8le paradigmatique de perturbation syndromique du neurod\u00e9veloppement et de la morphogen\u00e8se neuro-oculaire. Sa compr\u00e9hension exige l&rsquo;exploration minutieuse de ses trois piliers constitutifs, de leur interconnectivit\u00e9 et de leur retentissement sur la trajectoire adaptative de la personne.<\/p>\n<p>L&rsquo;aniridie observ\u00e9e dans ce syndrome poss\u00e8de une morphologie tout \u00e0 fait particuli\u00e8re qui la distingue de l&rsquo;aniridie classique isol\u00e9e. Il s&rsquo;agit g\u00e9n\u00e9ralement d&rsquo;une aniridie partielle caract\u00e9ris\u00e9e par une hypoplasie irienne bilat\u00e9rale. \u00c0 l&rsquo;examen ophtalmologique, la pupille appara\u00eet dilat\u00e9e, fixe ou tr\u00e8s peu r\u00e9active, pr\u00e9sentant une marge pupillaire d\u00e9coup\u00e9e, dentel\u00e9e ou \u00ab festonn\u00e9e \u00bb. Des brides iriennes ou reliquats de la membrane pupillaire f\u0153tale peuvent persister \u00e0 intervalles r\u00e9guliers. Cette dysmorphie oculaire entra\u00eene une photophobie s\u00e9v\u00e8re, une baisse notable de l&rsquo;acuit\u00e9 visuelle et un nystagmus pr\u00e9coce qui complique encore l&rsquo;exploration visuelle de l&rsquo;environnement.<\/p>\n<p>Le versant neurologique est domin\u00e9 par l&rsquo;ataxie c\u00e9r\u00e9belleuse. D\u00e8s les premiers mois de vie, les nourrissons manifestent une hypotonie axiale marqu\u00e9e (nourrisson \u00ab mou \u00bb) avec un retard majeur des \u00e9tapes motrices fondamentales : tenue de t\u00eate tardive, station assise acquise avec retard et marche autonome souvent non atteinte avant l&rsquo;\u00e2ge de 3 \u00e0 5 ans, voire plus tardivement chez les formes plus s\u00e9v\u00e8res. Lorsque la d\u00e9ambulation est possible, la d\u00e9marche se r\u00e9v\u00e8le typiquement \u00e9brieuse, \u00e0 base d&rsquo;\u00e9largissement du polygone de sustentation, oscillante, accompagn\u00e9e d&rsquo;une dysm\u00e9trie, d&rsquo;une adiadococin\u00e9sie et d&rsquo;un tremblement intentionnel qui g\u00eane la pr\u00e9hension fine.<\/p>\n<p>La dimension cognitive et psychologique de ce trouble a fait l&rsquo;objet d&rsquo;une r\u00e9\u00e9valuation conceptuelle profonde au cours des derni\u00e8res d\u00e9cennies. Bien que les descriptions initiales mentionnaient une oligophr\u00e9nie ou une d\u00e9ficience intellectuelle homog\u00e8ne, les \u00e9tudes neuropsychologiques modernes r\u00e9v\u00e8lent un spectre beaucoup plus h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne, oscillant entre des capacit\u00e9s intellectuelles normales ou subnormales et un d\u00e9ficit intellectuel mod\u00e9r\u00e9 \u00e0 s\u00e9v\u00e8re. De surcro\u00eet, le profil cognitif est largement teint\u00e9 par le r\u00f4le modulateur du cervelet dans la cognition. Les perturbations observ\u00e9es rel\u00e8vent souvent du syndrome c\u00e9r\u00e9belleux cognitivo-affectif, caract\u00e9ris\u00e9 par des d\u00e9ficits des fonctions ex\u00e9cutives (planification, m\u00e9moire de travail motrice, flexibilit\u00e9 mentale), des alt\u00e9rations visuo-spatiales et des difficult\u00e9s d&rsquo;apprentissage du langage expressif (dysarthrie ataxique et lenteur d&rsquo;\u00e9vocation).<\/p>\n<p>L&rsquo;intrication de la baisse de vision, de l&rsquo;instabilit\u00e9 motrice et des particularit\u00e9s du traitement neurocognitif impose des contraintes adaptatives majeures au patient. L&rsquo;incapacit\u00e9 \u00e0 calibrer les mouvements par la vision en raison du nystagmus et de la photophobie aggrave l&rsquo;ataxie motrice, tandis que le d\u00e9ficit de coordination limite les interactions avec l&rsquo;environnement physique, r\u00e9duisant les opportunit\u00e9s d&rsquo;apprentissages sensoriels et conceptuels pr\u00e9coces.<\/p>\n<h3>5. \u00c9volution historique<\/h3>\n<p>L&rsquo;histoire de cette entit\u00e9 illustre le passage d&rsquo;une nosographie purement ph\u00e9notypique et observationnelle \u00e0 une caract\u00e9risation mol\u00e9culaire et physiopathologique de pr\u00e9cision :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>1965 \u2013 Description princeps par Fredrick Gillespie :<\/strong> L&rsquo;ophtalmologiste am\u00e9ricain rapporte l&rsquo;observation clinique d&rsquo;un fr\u00e8re et d&rsquo;une s\u0153ur n\u00e9s de parents consanguins, pr\u00e9sentant une ataxie c\u00e9r\u00e9belleuse non \u00e9volutive, une aniridie bilat\u00e9rale et une d\u00e9ficience intellectuelle. Il individualise le tableau comme une affection distincte des formes d&rsquo;aniridie associ\u00e9es \u00e0 la tumeur de Wilms (syndrome WAGR).<\/li>\n<li><strong>Ann\u00e9es 1970 \u00e0 1990 \u2013 Accumulation casuistique et d\u00e9bats g\u00e9n\u00e9tiques :<\/strong> Plusieurs dizaines de cas sont r\u00e9pertori\u00e9s \u00e0 travers le monde. Les g\u00e9n\u00e9ticiens d\u00e9battent ardemment du mode de transmission g\u00e9n\u00e9tique : alors que la pr\u00e9sence d&rsquo;enfants atteints issus d&rsquo;unions consanguines plaide initialement pour une transmission autosomique r\u00e9cessive stricte, des cas isol\u00e9s sporadiques sugg\u00e8rent de potentielles mutations dominantes <em>de novo<\/em>. Durant cette \u00e8re pr\u00e9-g\u00e9nomique, le g\u00e8ne responsable demeure insaisissable.<\/li>\n<li><strong>D\u00e9but des ann\u00e9es 2000 \u2013 Diff\u00e9renciation avec le locus PAX6 :<\/strong> Avec la d\u00e9couverte du r\u00f4le central du g\u00e8ne <em>PAX6<\/em> (11p13) dans l&rsquo;aniridie cong\u00e9nitale classique, les chercheurs analysent syst\u00e9matiquement les cohortes de patients atteints du syndrome de Gillespie. Les r\u00e9sultats sont formels : aucune mutation de <em>PAX6<\/em> n&rsquo;est retrouv\u00e9e chez ces patients, prouvant d\u00e9finitivement que le syndrome de Gillespie constitue une entit\u00e9 g\u00e9n\u00e9tique totalement autonome.<\/li>\n<li><strong>2016 \u2013 L&rsquo;\u00e9lucidation mol\u00e9culaire majeure :<\/strong> Deux \u00e9tudes ind\u00e9pendantes majeures, publi\u00e9es simultan\u00e9ment en 2016 (notamment par Gerber et coll., ainsi que McEntagart et coll.), identifient formellement le g\u00e8ne en cause gr\u00e2ce au s\u00e9quen\u00e7age d&rsquo;exome entier : il s&rsquo;agit du g\u00e8ne <em>ITPR1<\/em> localis\u00e9 sur le chromosome 3p26.1. Les d\u00e9couvertes d\u00e9montrent que des variants h\u00e9t\u00e9rozygotes dominants (majoritairement <em>de novo<\/em>) ou des mutations r\u00e9cessives biall\u00e9liques conduisent \u00e0 ce m\u00eame ph\u00e9notype, unifiant la compr\u00e9hension \u00e9tiologique du syndrome.<\/li>\n<li><strong>2018 \u00e0 aujourd&rsquo;hui \u2013 R\u00e9vision neurofonctionnelle :<\/strong> Les neuropsychologues et neuroscientifiques, s&rsquo;appuyant sur les travaux de Jeremy Schmahmann et Peter Mari\u00ebn, r\u00e9examinent le profil intellectuel des patients et d\u00e9montrent que les particularit\u00e9s comportementales et cognitives r\u00e9sultent directement de la dysfonction du r\u00e9seau c\u00e9r\u00e9bello-cortical.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>6. Fondements th\u00e9oriques et neurobiologiques<\/h3>\n<p>La physiopathologie de ce syndrome s&rsquo;ancre dans la neurobiologie cellulaire du calcium et l&rsquo;architecture fonctionnelle des r\u00e9seaux c\u00e9r\u00e9bello-corticaux.<\/p>\n<p>Au c\u0153ur du m\u00e9canisme pathologique se trouve la prot\u00e9ine <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/ITPR1\">ITPR1<\/a> (Inositol 1,4,5-trisphosphate receptor type 1), un r\u00e9cepteur-canal homot\u00e9tram\u00e9rique situ\u00e9 dans la membrane du r\u00e9ticulum endoplasmique. Ce r\u00e9cepteur lib\u00e8re des ions calcium intracellulaires (Ca<sup>2+<\/sup>) en r\u00e9ponse \u00e0 l&rsquo;inositol 1,4,5-trisphosphate (IP3), second messager produit lors de l&rsquo;activation de r\u00e9cepteurs membranaires coupl\u00e9s \u00e0 la phospholipase C.<\/p>\n<p>Dans le syst\u00e8me nerveux central, le g\u00e8ne <em>ITPR1<\/em> s&rsquo;exprime de fa\u00e7on pr\u00e9dominante et massive au sein des <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Cellule_de_Purkinje\">cellules de Purkinje<\/a> du cervelet. Ces neurones hautement sp\u00e9cialis\u00e9s constituent l&rsquo;unique voie eff\u00e9rente du cortex c\u00e9r\u00e9belleux. La lib\u00e9ration calcique modul\u00e9e par l&rsquo;IP3R1 y est indispensable pour :<\/p>\n<ul>\n<li>La plasticit\u00e9 synaptique c\u00e9r\u00e9belleuse, en particulier la d\u00e9pression \u00e0 long terme (LTD, <em>Long-Term Depression<\/em>) aux synapses entre fibres parall\u00e8les et cellules de Purkinje.<\/li>\n<li>La survie cellulaire et la r\u00e9gulation de l&rsquo;excitotoxicit\u00e9 neuronale.<\/li>\n<li>La coordination fine et la synchronisation temporelle des influx moteurs et cognitifs.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Lorsque le g\u00e8ne <em>ITPR1<\/em> est alt\u00e9r\u00e9 par des mutations entra\u00eenant une perte de fonction ou un effet dominant-n\u00e9gatif au sein du t\u00e9tram\u00e8re prot\u00e9ique, la signalisation calcique est abolie ou d\u00e9sordonn\u00e9e. Ce d\u00e9r\u00e8glement provoque une alt\u00e9ration du d\u00e9veloppement du vermis et des h\u00e9misph\u00e8res c\u00e9r\u00e9belleux, conduisant \u00e0 l&rsquo;<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Atrophie_c%C3%A9r%C3%A9belleuse\">atrophie c\u00e9r\u00e9belleuse<\/a> et \u00e0 l&rsquo;hypoplasie vermienne document\u00e9es par imagerie par r\u00e9sonance magn\u00e9tique (IRM).<\/p>\n<p>Sur le plan du neurod\u00e9veloppement oculaire, les r\u00e9cepteurs ITPR1 jouent un r\u00f4le crucial au cours de l&#8217;embryogen\u00e8se dans la prolif\u00e9ration et la diff\u00e9renciation des cr\u00eates neurales cr\u00e2niennes et du neuroectoderme contribuant \u00e0 la formation de l&rsquo;iris, du muscle sphincter irien et des proc\u00e8s ciliaires. Le d\u00e9faut de lib\u00e9ration de calcium inhibe la maturation normale du stroma et du sphincter iriens, engendrant la dysmorphie pupillaire festonn\u00e9e caract\u00e9ristique.<\/p>\n<p>Sur le plan neuropsychologique, les fondements reposent sur la th\u00e9orie de la dysm\u00e9trie de la pens\u00e9e formul\u00e9e par Schmahmann. Selon ce mod\u00e8le, le cervelet n&rsquo;ajuste pas seulement la force et l&rsquo;amplitude des actes moteurs, mais module \u00e9galement la vitesse, la consistance et l&rsquo;ad\u00e9quation des processus cognitifs et \u00e9motionnels par le biais des boucles c\u00e9r\u00e9bello-thalamo-corticales reliant les lobules c\u00e9r\u00e9belleux post\u00e9rieurs aux aires pr\u00e9frontales et limbiques. La perturbation pr\u00e9coce de ces circuits chez les personnes atteintes du syndrome de Gillespie engendre un dysfonctionnement ex\u00e9cutif et un retard d&rsquo;int\u00e9gration sensorimotrice.<\/p>\n<h3>7. Composantes cl\u00e9s, types et dimensions<\/h3>\n<p>Le syndrome pr\u00e9sente une h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 d&rsquo;expression clinique qui s&rsquo;articule autour de trois p\u00f4les majeurs et de dimensions g\u00e9n\u00e9tiques pr\u00e9cises :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>P\u00f4le ophtalmologique :<\/strong>\n<ul>\n<li><em>Hypoplasie irienne bilat\u00e9rale :<\/em> Pr\u00e9sente d\u00e8s la naissance, se traduisant par des pupilles dilat\u00e9es, souvent non circulaires, \u00e0 contour cr\u00e9nel\u00e9 ou festonn\u00e9.<\/li>\n<li><em>Persistance de restes pupillaires :<\/em> Fils ou bandes iridocorn\u00e9ennes et iridolenticulaires reliant le bord de l&rsquo;iris au cristallin.<\/li>\n<li><em>Atteintes associ\u00e9es :<\/em> Nystagmus sensorimoteur pr\u00e9coce, photophobie s\u00e9v\u00e8re, hypoplasie fov\u00e9olaire ou du nerf optique chez certains patients, astigmatisme et amblyopie fonctionnelle.<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<li><strong>P\u00f4le neurologique et moteur :<\/strong>\n<ul>\n<li><em>Hypotonie cong\u00e9nitale :<\/em> Faiblesse du tonus musculaire du tronc observable d\u00e8s les premi\u00e8res semaines de vie.<\/li>\n<li><em>Ataxie stationnaire ou non progressive :<\/em> Troubles de l&rsquo;\u00e9quilibre, d\u00e9marche vacillante et dysm\u00e9trie qui s&rsquo;am\u00e9liorent l\u00e9g\u00e8rement avec la maturation mais persistent \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge adulte sans d\u00e9gradation neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9rative rapide.<\/li>\n<li><em>Dysarthrie c\u00e9r\u00e9belleuse :<\/em> \u00c9locution lente, saccad\u00e9e, explosive et nasonn\u00e9e.<\/li>\n<li><em>Tremblement d&rsquo;action et dysdiadococin\u00e9sie :<\/em> Difficult\u00e9s importantes dans l&rsquo;ex\u00e9cution de gestes complexes ou alternatifs rapides (manipulation d&rsquo;ustensiles, boutonnage).<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<li><strong>P\u00f4le neuropsychologique et cognitif :<\/strong>\n<ul>\n<li><em>D\u00e9ficit intellectuel :<\/em> Intensit\u00e9 variable, majoritairement l\u00e9ger \u00e0 mod\u00e9r\u00e9 (quotient intellectuel souvent compris entre 50 et 75), parfois subnormal.<\/li>\n<li><em>Troubles ex\u00e9cutifs :<\/em> D\u00e9ficits d&rsquo;inhibition, difficult\u00e9s de flexibilit\u00e9 mentale et de planification de l&rsquo;action.<\/li>\n<li><em>Dysfonction visuo-spatiale :<\/em> Alt\u00e9ration de l&rsquo;organisation spatiale et de la repr\u00e9sentation graphique, accentu\u00e9e par le d\u00e9ficit de vision binoculaire.<\/li>\n<li><em>Retard de langage :<\/em> D\u00e9calage pr\u00e9coce du babillage et de l&rsquo;acquisition du vocabulaire, contrastant souvent avec une app\u00e9tence sociale pr\u00e9serv\u00e9e.<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<li><strong>Dimensions g\u00e9n\u00e9tiques :<\/strong>\n<ul>\n<li><em>Forme autosomique dominante (la plus courante) :<\/em> Li\u00e9e \u00e0 des mutations h\u00e9t\u00e9rozygotes <em>de novo<\/em> ciblant principalement le domaine pore ou le domaine de liaison \u00e0 l&rsquo;IP3 d&rsquo;ITPR1.<\/li>\n<li><em>Forme autosomique r\u00e9cessive :<\/em> Li\u00e9e \u00e0 des mutations tronquantes biall\u00e9liques h\u00e9rit\u00e9es de parents porteurs sains (h\u00e9t\u00e9rozygotes asymptomatiques), souvent dans un contexte de consanguinit\u00e9 parentale.<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<\/ul>\n<h3>8. Exemples et cas illustratifs<\/h3>\n<p>Pour illustrer la variabilit\u00e9 clinique et les d\u00e9fis d&rsquo;accompagnement inh\u00e9rents \u00e0 ce syndrome, consid\u00e9rons deux trajectoires cliniques arch\u00e9typales :<\/p>\n<p><strong>Cas 1 : L\u00e9a, diagnostic pr\u00e9coce avec mutation dominante de novo<\/strong><br \/>L\u00e9a na\u00eet \u00e0 terme sans complication p\u00e9rinatale. D\u00e8s l&rsquo;\u00e2ge de deux mois, ses parents remarquent que ses pupilles restent continuellement dilat\u00e9es et que ses yeux oscillent par de petits mouvements rapides horizontaux (nystagmus). \u00c0 l&rsquo;\u00e2ge de 6 mois, l&rsquo;examen ophtalmologique r\u00e9v\u00e8le une absence partielle du stroma irien avec des bords pupillaires festonn\u00e9s \u00e9voquant imm\u00e9diatement le syndrome de Gillespie. L\u00e9a pr\u00e9sente une hypotonie axiale majeure : elle ne tient sa t\u00eate qu&rsquo;\u00e0 8 mois et s&rsquo;assied sans soutien \u00e0 18 mois. L&rsquo;imagerie c\u00e9r\u00e9brale par IRM \u00e0 2 ans met en \u00e9vidence une atrophie pr\u00e9dominante du vermis c\u00e9r\u00e9belleux sans l\u00e9sion sus-tentorielle. Le s\u00e9quen\u00e7age g\u00e9n\u00e9tique confirme un variant pathog\u00e8ne h\u00e9t\u00e9rozygote <em>de novo<\/em> dans <em>ITPR1<\/em>. Une prise en charge pr\u00e9coce associant kin\u00e9sith\u00e9rapie motrice, r\u00e9\u00e9ducation orthoptique pour la basse vision et port de lentilles teint\u00e9es permet \u00e0 L\u00e9a d&rsquo;acqu\u00e9rir une marche autonome \u00e0 4 ans et demi. Sur le plan cognitif, une \u00e9valuation psychom\u00e9trique \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 7 ans met en \u00e9vidence un d\u00e9ficit intellectuel l\u00e9ger (QI \u00e0 64) avec une m\u00e9moire verbale relativement pr\u00e9serv\u00e9e mais des difficult\u00e9s majeures en int\u00e9gration visuo-motrice et en planification ex\u00e9cutive, justifiant une scolarisation en classe sp\u00e9cialis\u00e9e avec accompagnant.<\/p>\n<p><strong>Cas 2 : Karim, forme r\u00e9cessive avec profil cognitif subnormal<\/strong><br \/>Karim, 16 ans, est issu d&rsquo;une union consanguine au deuxi\u00e8me degr\u00e9. Il pr\u00e9sente la triade classique avec une ataxie c\u00e9r\u00e9belleuse stable et une hypoplasie irienne bilat\u00e9rale. Contrairement aux descriptions les plus lourdes de la litt\u00e9rature historique, Karim ne pr\u00e9sente pas de d\u00e9ficience intellectuelle globale (QI total mesur\u00e9 \u00e0 82). En revanche, son profil neuropsychologique r\u00e9v\u00e8le des alt\u00e9rations caract\u00e9ristiques du syndrome c\u00e9r\u00e9belleux cognitivo-affectif : difficult\u00e9s d&rsquo;inhibition des impulsions, labilit\u00e9 \u00e9motionnelle lors de situations d&rsquo;impr\u00e9vu et dysfonctionnement de la m\u00e9moire de travail lors de r\u00e9solutions de probl\u00e8mes complexes. Gr\u00e2ce \u00e0 des adaptations ergonomiques (\u00e9crans agrandis, synth\u00e8ses vocales, assise stabilis\u00e9e pour limiter les tremblements c\u00e9r\u00e9belleux), Karim poursuit une formation professionnelle adapt\u00e9e en informatique, illustrant le potentiel d&rsquo;\u00e9volution positive de cette affection lorsque le suivi multidisciplinaire est mis en place pr\u00e9cocement.<\/p>\n<h3>9. Mesure, diagnostic et \u00e9valuation<\/h3>\n<p>La confirmation diagnostique et l&rsquo;\u00e9valuation continue du syndrome d&rsquo;aniridie, ataxie c\u00e9r\u00e9belleuse et d\u00e9ficit intellectuel reposent sur un protocole clinique, radiologique, g\u00e9n\u00e9tique et neuropsychologique rigoureux :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Examen \u00e0 la lampe \u00e0 fente et imagerie ophtalmologique :<\/strong> Permet de visualiser avec pr\u00e9cision l&rsquo;hypoplasie irienne avec marges cr\u00e9nel\u00e9es et restes de membrane f\u0153tale. La tomographie par coh\u00e9rence optique (OCT) \u00e9value l&rsquo;architecture maculaire et recherche une \u00e9ventuelle hypoplasie fov\u00e9olaire.<\/li>\n<li><strong>Neuro-imagerie (IRM c\u00e9r\u00e9brale haute r\u00e9solution) :<\/strong> L&rsquo;IRM montre de mani\u00e8re quasi syst\u00e9matique une atrophie c\u00e9r\u00e9belleuse bilat\u00e9rale et sym\u00e9trique pr\u00e9dominant sur le vermis, avec \u00e9largissement des sillons c\u00e9r\u00e9belleux et du quatri\u00e8me ventricule. Le tronc c\u00e9r\u00e9bral et les h\u00e9misph\u00e8res c\u00e9r\u00e9braux sont g\u00e9n\u00e9ralement pr\u00e9serv\u00e9s sur le plan volum\u00e9trique.<\/li>\n<li><strong>Confirmation g\u00e9n\u00e9tique mol\u00e9culaire :<\/strong> Le diagnostic de certitude est apport\u00e9 par les techniques de s\u00e9quen\u00e7age de nouvelle g\u00e9n\u00e9ration (NGS), par panel de g\u00e8nes d&rsquo;ataxies\/malformations oculaires ou par s\u00e9quen\u00e7age d&rsquo;exome complet (WES), ciblant le g\u00e8ne <em>ITPR1<\/em>. Le conseil g\u00e9n\u00e9tique repose sur la d\u00e9termination du statut biall\u00e9lique ou h\u00e9t\u00e9rozygote et l&rsquo;analyse de parentalit\u00e9.<\/li>\n<li><strong>\u00c9valuations motrices et ataxiques :<\/strong> Utilisation d&rsquo;\u00e9chelles standardis\u00e9es de s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 de l&rsquo;ataxie telles que la <em>Scale for the Assessment and Rating of Ataxia<\/em> (SARA) ou l&rsquo;<em>International Cooperative Ataxia Rating Scale<\/em> (ICARS), permettant de suivre la stabilit\u00e9 motrice au fil des ann\u00e9es.<\/li>\n<li><strong>Bilans neuropsychologiques et cognitifs standardis\u00e9s :<\/strong> Administration de batteries adapt\u00e9es au double d\u00e9ficit sensoriel et moteur, notamment les \u00e9chelles d&rsquo;intelligence de Wechsler (WPPSI, WISC, WAIS) en privil\u00e9giant les indices verbaux pour ne pas p\u00e9naliser ind\u00fbment le patient sur les \u00e9preuves de vitesse de traitement ou d&rsquo;assemblage manuel. Des tests ex\u00e9cutifs sp\u00e9cifiques (Tour de Londres, test de Stroop adapt\u00e9, \u00e9preuves de flexibilit\u00e9) viennent cartographier les atteintes secondaires \u00e0 la dysconnexion c\u00e9r\u00e9bello-corticale.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>10. Applications cliniques et port\u00e9e pratique<\/h3>\n<p>La prise en charge des personnes touch\u00e9es par le syndrome de Gillespie est n\u00e9cessairement holistique, personnalis\u00e9e et prolong\u00e9e dans le temps, mobilisant une \u00e9quipe pluridisciplinaire coordonn\u00e9e :<\/p>\n<p>Sur le versant ophtalmologique, la priorit\u00e9 consiste \u00e0 att\u00e9nuer les cons\u00e9quences du d\u00e9ficit sphinct\u00e9rien de l&rsquo;iris. Le port permanent de lunettes ou lentilles filtrantes anti-UV teint\u00e9es ou photochromiques est indispensable pour contr\u00f4ler la photophobie invalidante. Des aides optiques (t\u00e9l\u00e9agrandisseurs, verres grossissants, logiciels de grossissement d&rsquo;\u00e9cran) sont d\u00e9ploy\u00e9es pour optimiser le r\u00e9sidu visuel et soutenir les apprentissages scolaires.<\/p>\n<p>Sur le plan de la r\u00e9\u00e9ducation motrice, la kin\u00e9sith\u00e9rapie pr\u00e9coce combat l&rsquo;hypotonie axiale, stimule le redressement et entra\u00eene les strat\u00e9gies compensatoires d&rsquo;\u00e9quilibre. L&rsquo;ergoth\u00e9rapie joue un r\u00f4le d\u00e9terminant dans l&rsquo;am\u00e9nagement de l&rsquo;environnement quotidien et scolaire : mobilier ergonomique assurant un bon maintien postural, aides techniques au repas pour pallier le tremblement intentionnel, utilisation pr\u00e9coce de claviers adapt\u00e9s ou de commandes vocales pour contourner la dysgraphie ataxique.<\/p>\n<p>Au niveau de l&rsquo;orthophonie et de la rem\u00e9diation cognitive, un accompagnement cibl\u00e9 s&rsquo;attache \u00e0 am\u00e9liorer l&rsquo;intelligibilit\u00e9 de la parole face \u00e0 la dysarthrie c\u00e9r\u00e9belleuse et \u00e0 soutenir le d\u00e9veloppement lexical et morphosyntaxique. Les interventions neuropsychologiques structurent l&rsquo;organisation spatio-temporelle, entra\u00eenent les fonctions ex\u00e9cutives et fournissent des sc\u00e9narios sociaux pour r\u00e9guler l&rsquo;impulsivit\u00e9 ou l&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 induites par la dysfonction c\u00e9r\u00e9bello-affective.<\/p>\n<h3>11. Recherche contemporaine et donn\u00e9es empiriques<\/h3>\n<p>Les investigations scientifiques actuelles se concentrent sur la caract\u00e9risation fonctionnelle des mutations du g\u00e8ne <em>ITPR1<\/em> et sur l&rsquo;histoire naturelle du syndrome :<\/p>\n<p>Des \u00e9tudes r\u00e9centes publi\u00e9es dans des revues internationales de g\u00e9n\u00e9tique et de neurobiologie ont d\u00e9montr\u00e9 que la localisation pr\u00e9cise des mutations au sein de la s\u00e9quence prot\u00e9ique d&rsquo;ITPR1 d\u00e9termine le m\u00e9canisme physiopathologique :<\/p>\n<ul>\n<li>Les variants dominants affectent fr\u00e9quemment les r\u00e9sidus situ\u00e9s autour du filtre de s\u00e9lectivit\u00e9 du canal calcique (comme les acides amin\u00e9s Gly2539 ou Lys2563), agissant par un m\u00e9canisme dominant-n\u00e9gatif qui perturbe l&rsquo;ouverture du canal homot\u00e9tram\u00e9rique entier.<\/li>\n<li>\u00c0 l&rsquo;inverse, les formes r\u00e9cessives sont principalement caus\u00e9es par des mutations non-sens ou d\u00e9calant le cadre de lecture, aboutissant \u00e0 une d\u00e9gradation de l&rsquo;ARNm par le syst\u00e8me NMD (<em>nonsense-mediated decay<\/em>) et \u00e0 une perte compl\u00e8te d&rsquo;expression prot\u00e9ique.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Sur le plan longitudinal, les revues syst\u00e9matiques de cohortes (notamment les synth\u00e8ses de Ciaccio et collaborateurs en 2024) apportent un \u00e9clairage clinique crucial : contrairement \u00e0 de nombreuses autres ataxies h\u00e9r\u00e9ditaires (telles que les ataxies spinoc\u00e9r\u00e9belleuses SCA ou l&rsquo;ataxie de Friedreich), le syndrome de Gillespie se comporte comme une affection non progressive ou \u00e0 progression extr\u00eamement lente. Bien que l&rsquo;atrophie radiologique du cervelet puisse s&rsquo;accentuer l\u00e9g\u00e8rement au cours de l&rsquo;adolescence, les performances motrices acquises et le fonctionnement cognitif ont tendance \u00e0 se maintenir, voire \u00e0 s&rsquo;am\u00e9liorer sous l&rsquo;effet de la plasticit\u00e9 compensatoire du syst\u00e8me nerveux central et des apprentissages r\u00e9\u00e9ducatifs.<\/p>\n<p>Sur le plan neuropsychologique, les recherches conduites \u00e0 la suite des observations de Peter Mari\u00ebn confirment que le profil intellectuel des patients n&rsquo;est pas celui d&rsquo;une enc\u00e9phalopathie diffuse, mais refl\u00e8te fid\u00e8lement la signature d&rsquo;une d\u00e9connexion des boucles c\u00e9r\u00e9bello-frontales. Ces r\u00e9sultats encouragent les \u00e9quipes soignantes \u00e0 ne pas poser un pronostic intellectuel p\u00e9joratif d&#8217;embl\u00e9e et \u00e0 stimuler intensivement les capacit\u00e9s d&rsquo;apprentissage m\u00e9tacognitif.<\/p>\n<h3>12. Consid\u00e9rations socioculturelles et diversit\u00e9<\/h3>\n<p>Le retentissement d&rsquo;une maladie rare associant handicap visuel, moteur et cognitif varie sensiblement selon les contextes socioculturels, les syst\u00e8mes d&rsquo;acc\u00e8s aux soins de sant\u00e9 et la repr\u00e9sentation sociale du handicap.<\/p>\n<p>L&rsquo;apparence oculaire des patients, caract\u00e9ris\u00e9e par des pupilles dilat\u00e9es en permanence et d&rsquo;aspect inhabituel, expose fr\u00e9quemment les enfants et adolescents au regard inquisiteur d&rsquo;autrui ou \u00e0 des repr\u00e9sentations erron\u00e9es (assimilation de la mydriase \u00e0 la prise de substances toxiques, regard per\u00e7u comme \u00e9trange ou absent). Ces \u00e9l\u00e9ments peuvent accentuer l&rsquo;isolement social et aggraver les difficult\u00e9s de socialisation.<\/p>\n<p>Dans les pays \u00e0 faible niveau de revenu o\u00f9 le s\u00e9quen\u00e7age g\u00e9n\u00e9tique de pointe est inaccessible, le syndrome demeure sous-diagnostiqu\u00e9 ou souvent confondu avec des formes classiques d&rsquo;infirmit\u00e9 motrice c\u00e9r\u00e9brale cons\u00e9cutive \u00e0 une anoxie n\u00e9onatale ou avec des formes d&rsquo;aniridie associ\u00e9e \u00e0 la tumeur de Wilms, conduisant \u00e0 des bilans r\u00e9naux it\u00e9ratifs inutiles et anxiog\u00e8nes.<\/p>\n<p>La consanguinit\u00e9 parentale, pr\u00e9valente dans certaines r\u00e9gions du globe (Moyen-Orient, Afrique du Nord, certaines communaut\u00e9s isol\u00e9es), favorise l&rsquo;\u00e9mergence des formes autosomiques r\u00e9cessives du syndrome. Dans ces contextes, le conseil g\u00e9n\u00e9tique doit \u00eatre d\u00e9livr\u00e9 avec une grande sensibilit\u00e9 culturelle, en favorisant l&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 un d\u00e9pistage \u00e9clair\u00e9 des porteurs h\u00e9t\u00e9rozygotes au sein des familles \u00e0 risque sans induire de culpabilisation.<\/p>\n<h3>13. Controverses, d\u00e9bats critiques et limites<\/h3>\n<p>Bien que des consensus majeurs aient \u00e9merg\u00e9 depuis l&rsquo;identification d&rsquo;<em>ITPR1<\/em>, plusieurs questions continuent de susciter des discussions passionn\u00e9es dans la communaut\u00e9 scientifique :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Universalit\u00e9 de la d\u00e9ficience intellectuelle :<\/strong> Le troisi\u00e8me volet de la triade historique (le \u00ab d\u00e9ficit intellectuel \u00bb) est aujourd&rsquo;hui contest\u00e9 dans sa nature syst\u00e9matique. Plusieurs publications r\u00e9centes font \u00e9tat de patients porteurs de mutations canoniques d&rsquo;<em>ITPR1<\/em> pr\u00e9sentant une aniridie typique et une ataxie motrice, mais conservant des capacit\u00e9s intellectuelles g\u00e9n\u00e9rales dans la moyenne normale. Certains auteurs proposent ainsi de renommer l&rsquo;affection \u00ab syndrome aniridie-ataxie c\u00e9r\u00e9belleuse avec ou sans trouble neurod\u00e9veloppemental \u00bb, afin de ne pas enfermer les patients dans un pronostic d\u00e9ficitaire a priori.<\/li>\n<li><strong>Le continuum all\u00e9lique ITPR1 :<\/strong> Une controverse nosologique concerne la s\u00e9paration entre le syndrome de Gillespie et d&rsquo;autres affections caus\u00e9es par des variants d&rsquo;<em>ITPR1<\/em>, en particulier l&rsquo;ataxie spinoc\u00e9r\u00e9belleuse de type 29 (SCA29, une ataxie cong\u00e9nitale non \u00e9volutive sans aniridie) et l&rsquo;ataxie spinoc\u00e9r\u00e9belleuse de type 15 (SCA15, progressive et \u00e0 d\u00e9but tardif chez l&rsquo;adulte). La fronti\u00e8re entre SCA29 et Gillespie est parfois t\u00e9nue, certains patients atteints de SCA29 pr\u00e9sentant des anomalies pupillaires subtiles non reconnues d&#8217;embl\u00e9e.<\/li>\n<li><strong>M\u00e9canismes de la sp\u00e9cificit\u00e9 tissulaire de l&rsquo;aniridie :<\/strong> Pourquoi des mutations du canal ITPR1, ubiquitaire dans l&rsquo;organisme et particuli\u00e8rement abondant dans tout le cerveau, n&rsquo;induisent-elles une malformation que dans l&rsquo;iris et le cervelet, tout en \u00e9pargnant globalement la r\u00e9tine, le c\u0153ur ou le squelette chez l&rsquo;immense majorit\u00e9 des patients ? Les hypoth\u00e8ses actuelles invoquent des m\u00e9canismes de redondance fonctionnelle impliquant les isoformes IP3R2 et IP3R3 dans les autres tissus, mais les voies biochimiques pr\u00e9cises demeurent incompl\u00e8tement \u00e9lucid\u00e9es.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>14. Termes associ\u00e9s et distinctions conceptuelles<\/h3>\n<p>Pour \u00e9viter les erreurs diagnostiques aux lourdes cons\u00e9quences th\u00e9rapeutiques, le syndrome de Gillespie doit \u00eatre rigoureusement distingu\u00e9 de plusieurs affections fronti\u00e8res :<\/p>\n<ul>\n<li><strong><a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Syndrome_WAGR\">Syndrome WAGR<\/a> (OMIM #194072) :<\/strong> Syndrome de d\u00e9l\u00e9tion g\u00e9nique contigu\u00eb en 11p13 emportant les g\u00e8nes <em>PAX6<\/em> et <em>WT1<\/em>. Il associe aniridie compl\u00e8te ou subtotale, tumeur de Wilms (n\u00e9phroblastome), anomalies g\u00e9nito-urinaires et retard mental. Contrairement au syndrome de Gillespie, l&rsquo;aniridie y est de morphologie classique sans bordure festonn\u00e9e sp\u00e9cifique, il n&rsquo;y a pas d&rsquo;ataxie c\u00e9r\u00e9belleuse primitive, et le risque carcinologique r\u00e9nal exige une surveillance \u00e9chographique tous les 3 mois.<\/li>\n<li><strong>Aniridie isol\u00e9e li\u00e9e \u00e0 PAX6 :<\/strong> Transmission autosomique dominante classique. Pr\u00e9sente une absence compl\u00e8te ou subtotale d&rsquo;iris, associ\u00e9e \u00e0 une k\u00e9ratopathie aniridique, un glaucome pr\u00e9coce et des cataractes, anomalies qui sont quasi syst\u00e9matiquement absentes dans le syndrome de Gillespie. Le d\u00e9veloppement neurologique y est normal.<\/li>\n<li><strong>Ataxie spinoc\u00e9r\u00e9belleuse type 29 (SCA29) :<\/strong> \u00c9galement caus\u00e9e par des mutations h\u00e9t\u00e9rozygotes d&rsquo;<em>ITPR1<\/em>. Se manifeste par une ataxie c\u00e9r\u00e9belleuse cong\u00e9nitale non progressive avec retard psychomoteur, mais les anomalies de l&rsquo;iris sont totalement absentes.<\/li>\n<li><strong>Syndrome de Marinesco-Sj\u00f6gren :<\/strong> Affection autosomique r\u00e9cessive li\u00e9e \u00e0 des mutations du g\u00e8ne <em>SIL1<\/em>, caract\u00e9ris\u00e9e par une ataxie c\u00e9r\u00e9belleuse cong\u00e9nitale et un d\u00e9ficit intellectuel, mais associ\u00e9e \u00e0 une cataracte cong\u00e9nitale bilat\u00e9rale (et non une aniridie) et une myopathie p\u00e9riph\u00e9rique.<\/li>\n<li><strong><a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Ataxie_t%C3%A9langiectasie\">Ataxie-t\u00e9langiectasie<\/a> (syndrome de Louis-Bar) :<\/strong> Ataxie c\u00e9r\u00e9belleuse progressive avec t\u00e9langiectasies oculaires (dilatations vasculaires de la conjonctive et non ag\u00e9n\u00e9sie de l&rsquo;iris), d\u00e9ficit immunitaire mixte et instabilit\u00e9 chromosomique due \u00e0 des mutations de <em>ATM<\/em>.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>15. Synth\u00e8se et points cl\u00e9s<\/h3>\n<p>Le syndrome d&rsquo;aniridie, ataxie c\u00e9r\u00e9belleuse et d\u00e9ficit intellectuel (syndrome de Gillespie) demeure une entit\u00e9 majeure de la neuro-ophtalmologie syndromique. Ses caract\u00e9ristiques fondamentales s&rsquo;articulent ainsi :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Triade pathognomonique :<\/strong> Hypoplasie irienne bilat\u00e9rale avec pupilles d&rsquo;aspect festonn\u00e9, ataxie c\u00e9r\u00e9belleuse pr\u00e9coce non progressive et profil cognitif variable souvent domin\u00e9 par le syndrome c\u00e9r\u00e9belleux cognitivo-affectif.<\/li>\n<li><strong>Base g\u00e9n\u00e9tique identifi\u00e9e :<\/strong> Mutations monoall\u00e9liques (dominantes <em>de novo<\/em>) ou biall\u00e9liques (r\u00e9cessives) dans le g\u00e8ne <em>ITPR1<\/em> (3p26.1), r\u00e9gulateur fondamental de la signalisation calcique intracellulaire dans les cellules de Purkinje et les tissus iriens embryonnaires.<\/li>\n<li><strong>Caract\u00e8re stationnaire de l&rsquo;ataxie :<\/strong> Contrairement \u00e0 la majorit\u00e9 des ataxies neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9ratives, le d\u00e9ficit moteur c\u00e9r\u00e9belleux n&rsquo;\u00e9volue pas vers une d\u00e9t\u00e9rioration inexorable, offrant un potentiel substantiel de progr\u00e8s fonctionnels par la r\u00e9\u00e9ducation adapt\u00e9e.<\/li>\n<li><strong>Prise en charge int\u00e9gr\u00e9e :<\/strong> N\u00e9cessit\u00e9 imp\u00e9rative d&rsquo;une approche multidisciplinaire associant correction visuelle (protection anti-UV, filtres pour la photophobie), kin\u00e9sith\u00e9rapie motrice, ergoth\u00e9rapie, orthophonie et am\u00e9nagements neuropsychologiques des apprentissages.<\/li>\n<\/ul>\n<h2>R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<ul>\n<li>Ciaccio, C., Taddei, M., Pantaleoni, C., Grisoli, M., Di Bella, D., Magri, S., Taroni, F., &amp; D\u2019Arrigo, S. (2024). Phenotypic spectrum and natural history of Gillespie syndrome: An updated literature review with 2 new cases. <em>The Cerebellum<\/em>, 23(5), 1845\u20131856. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1007\/s12311-024-01733-7\">https:\/\/doi.org\/10.1007\/s12311-024-01733-7<\/a><\/li>\n<li>Gerber, S., Alzayady, K. J., Burglen, L., Br\u00e9mond-Gignac, D., Marchesin, V., Roche, O., Rio, M., Funalot, B., Calmon, R., Durr, A., Gil-da-Silva-Lopes, V. L., Ribeiro Bittar, M. F., Orssaud, C., H\u00e9ron, B., Ayoub, E., Berquin, P., Bahi-Buisson, N., Bole, C., Masson, C., Munnich, A., \u2026 Fares Taie, L. (2016). Recessive and dominant de novo ITPR1 mutations cause Gillespie syndrome. <em>The American Journal of Human Genetics<\/em>, 98(5), 971\u2013980. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1016\/j.ajhg.2016.03.004\">https:\/\/doi.org\/10.1016\/j.ajhg.2016.03.004<\/a><\/li>\n<li>Gillespie, F. D. (1965). Aniridia, cerebellar ataxia, and oligophrenia in siblings. <em>Archives of Ophthalmology<\/em>, 73(3), 338\u2013341. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1001\/archopht.1965.00970030340008\">https:\/\/doi.org\/10.1001\/archopht.1965.00970030340008<\/a><\/li>\n<li>Hall, H. N., Williamson, K. A., &amp; FitzPatrick, D. R. (2019). The genetic architecture of aniridia and Gillespie syndrome. <em>Human Genetics<\/em>, 138(8\u20139), 881\u2013898. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1007\/s00439-018-1934-8\">https:\/\/doi.org\/10.1007\/s00439-018-1934-8<\/a><\/li>\n<li>Mari\u00ebn, P., Baillieux, H., De Smet, H. J., Engelborghs, S., Wilssens, I., Paquier, P., &amp; De Deyn, P. P. (2008). Cognitive, linguistic and affective disturbances in Gillespie syndrome: A case study. <em>Neurocase<\/em>, 14(4), 305\u2013318. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1080\/13554790802377313\">https:\/\/doi.org\/10.1080\/13554790802377313<\/a><\/li>\n<li>McEntagart, M., Williamson, K. A., Rainger, J. K., FitzPatrick, D. R., Verloes, A., &amp; European Gillespie Syndrome Consortium. (2016). A mutational hotspot in ITPR1 causes Gillespie syndrome with evidence of partial dominant-negative effect. <em>The American Journal of Human Genetics<\/em>, 98(5), 981\u2013992. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1016\/j.ajhg.2016.03.018\">https:\/\/doi.org\/10.1016\/j.ajhg.2016.03.018<\/a><\/li>\n<li>Schmahmann, J. D., &amp; Sherman, J. C. (1998). The cerebellar cognitive affective syndrome. <em>Brain<\/em>, 121(4), 561\u2013579. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1093\/brain\/121.4.561\">https:\/\/doi.org\/10.1093\/brain\/121.4.561<\/a><\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le syndrome de Gillespie r\u00e9unit aniridie partielle, ataxie c\u00e9r\u00e9belleuse non \u00e9volutive et d\u00e9ficit intellectuel li\u00e9 aux alt\u00e9rations du g\u00e8ne ITPR1.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"template":"","categories":[31486,46,13442],"tags":[33919,33923,32814,33924,33925,8739,33922],"class_list":["post-20487","psych_term","type-psych_term","status-publish","hentry","category-genetique-medicale","category-neuropsychologie","category-troubles-du-neurodeveloppement","tag-aniridie","tag-ataxie-cerebelleuse","tag-cellules-de-purkinje","tag-deficit-intellectuel","tag-gene-itpr1","tag-neurodeveloppement","tag-syndrome-de-gillespie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_term\/20487","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_term"}],"about":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/psych_term"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_term\/20487\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=20487"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=20487"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=20487"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}