{"id":20403,"date":"2026-10-23T21:29:21","date_gmt":"2026-10-23T21:29:21","guid":{"rendered":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/?psych_term=maladie-d-andersen-glycogenose-type-iv"},"modified":"2026-10-23T21:29:21","modified_gmt":"2026-10-23T21:29:21","slug":"maladie-d-andersen-glycogenose-type-iv","status":"publish","type":"psych_term","link":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/?psych_term=maladie-d-andersen-glycogenose-type-iv","title":{"rendered":"Maladie d&rsquo;Andersen : Clinique et neuropsychologie"},"content":{"rendered":"<p>La maladie d&rsquo;Andersen, \u00e9galement r\u00e9pertori\u00e9e sous l&rsquo;appellation de glycog\u00e9nose de type IV, constitue une anomalie cong\u00e9nitale rare du m\u00e9tabolisme du glycog\u00e8ne caract\u00e9ris\u00e9e par une d\u00e9ficience fonctionnelle critique de l&rsquo;enzyme branchante du glycog\u00e8ne. Cette pathologie autosomique r\u00e9cessive engendre l&rsquo;accumulation tissulaire d\u00e9l\u00e9t\u00e8re de polysaccharides anormaux et insolubles, induisant des r\u00e9percussions syst\u00e9miques d\u00e9vastatrices touchant le foie, le syst\u00e8me neuromusculaire et les structures c\u00e9r\u00e9brales. L&rsquo;analyse de cette entit\u00e9 clinique permet d&rsquo;explorer les interactions complexes entre perturbations m\u00e9taboliques fondamentales, dysfonctionnements neurocognitifs profonds et d\u00e9tresse psychologique intrafamiliale face aux maladies chroniques orphelines.<\/p>\n<h2>Maladie d&rsquo;Andersen (Glycog\u00e9nose de type IV)<\/h2>\n<h3>1. D\u00e9finition concise<\/h3>\n<p>La maladie d&rsquo;Andersen est une affection m\u00e9tabolique g\u00e9n\u00e9tique rare, de transmission autosomique r\u00e9cessive, caus\u00e9e par des mutations du g\u00e8ne <em>GBE1<\/em> codant pour l&rsquo;enzyme branchante du glycog\u00e8ne (1,4-alpha-glucane branchante). Elle se caract\u00e9rise par la synth\u00e8se d&rsquo;une macromol\u00e9cule de glycog\u00e8ne structurellement anormale et peu ramifi\u00e9e, appel\u00e9e amylopectine-like ou polyglucosan, qui pr\u00e9cipite sous forme de corps d&rsquo;inclusion dans divers organes vitaux, principalement le foie, le myocarde, les muscles stri\u00e9s et le syst\u00e8me nerveux central et p\u00e9riph\u00e9rique.<\/p>\n<p>Sur le plan ph\u00e9notypique, cette maladie pr\u00e9sente une h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 clinique remarquable s&rsquo;\u00e9tendant de la forme h\u00e9patique progressive infantile classique \u2014 conduisant in\u00e9luctablement \u00e0 l&rsquo;insuffisance h\u00e9patique, \u00e0 la cirrhose et au d\u00e9c\u00e8s pr\u00e9coce en l&rsquo;absence de transplantation \u2014 jusqu&rsquo;\u00e0 des formes neuromusculaires cong\u00e9nitales, juv\u00e9niles ou tardives de l&rsquo;adulte. Ces derni\u00e8res, souvent d\u00e9sign\u00e9es sous le terme de maladie des corps de polyglucosan de l&rsquo;adulte, s&rsquo;accompagnent de dysfonctionnements moteurs p\u00e9riph\u00e9riques et de d\u00e9t\u00e9riorations cognitives progressives.<\/p>\n<p>Dans la perspective des sciences m\u00e9dicales et psychologiques contemporaines, la maladie d&rsquo;Andersen transcende la simple d\u00e9faillance enzymatique. Elle mobilise les disciplines de la neurop\u00e9diatrie, de la neuropsychologie clinique et de la psychodynamique familiale, confrontant les praticiens aux r\u00e9percussions d\u00e9veloppementales, affectives et psychosociales majeures induites par une d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence motrice et cognitive chez le patient et ses proches aidants.<\/p>\n<h3>2. \u00c9tymologie et origine linguistique<\/h3>\n<p>L&rsquo;appellation \u00ab maladie d&rsquo;Andersen \u00bb est un \u00e9ponyme m\u00e9dical rendant hommage \u00e0 la pathologiste et p\u00e9diatre am\u00e9ricaine <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Dorothy_Hansine_Andersen\">Dorothy Hansine Andersen<\/a> (1901-1963). Cette chercheuse pionni\u00e8re du Columbia University College of Physicians and Surgeons a identifi\u00e9 et document\u00e9 pour la premi\u00e8re fois les anomalies histopathologiques sp\u00e9cifiques de cette forme d&rsquo;accumulation glycog\u00e9nique au milieu des ann\u00e9es 1950, en d\u00e9crivant un cas singulier de cirrhose h\u00e9patique familiale associ\u00e9e \u00e0 un stockage anormal de glycog\u00e8ne.<\/p>\n<p>Le terme g\u00e9n\u00e9rique \u00ab glycog\u00e9nose \u00bb est issu de la racine grecque <em>glykys<\/em> (\u03b3\u03bb\u03c5\u03ba\u03cd\u03c2), signifiant \u00ab doux \u00bb ou \u00ab sucr\u00e9 \u00bb, et de la racine <em>genos<\/em> (\u03b3\u03ad\u03bd\u03bf\u03c2), signifiant \u00ab naissance \u00bb, \u00ab origine \u00bb ou \u00ab production \u00bb, compl\u00e9t\u00e9es par le suffixe m\u00e9dical <em>-osis<\/em> (-ose) d\u00e9signant une affection chronique, d\u00e9g\u00e9n\u00e9rative ou m\u00e9tabolique. Par cons\u00e9quent, la glycog\u00e9nose d\u00e9note litt\u00e9ralement une pathologie relative \u00e0 la transformation et au stockage anormal du glycog\u00e8ne dans l&rsquo;organisme animal.<\/p>\n<p>L&rsquo;introduction de ce vocable dans le champ nosologique francophone a suivi l&rsquo;\u00e9volution de la biochimie structurale et de la g\u00e9n\u00e9tique mol\u00e9culaire de la seconde moiti\u00e9 du vingti\u00e8me si\u00e8cle. Initialement conceptualis\u00e9e comme une simple \u00ab h\u00e9patom\u00e9galie glycog\u00e9nique atypique \u00bb, l&rsquo;entit\u00e9 a progressivement \u00e9t\u00e9 class\u00e9e sous le chiffre romain IV au sein de la nomenclature syst\u00e9matique \u00e9tablie par Gerty Cori, reliant formellement la maladie \u00e0 un d\u00e9ficit enzymatique sp\u00e9cifique.<\/p>\n<h3>3. Prononciation et forme grammaticale<\/h3>\n<p>Sur le plan phon\u00e9tique, le terme se prononce couramment en fran\u00e7ais standard sous la forme [ma.la.di d\u203fan.d\u025b\u0281.s\u025bn]. Le patronyme scandinave anglicis\u00e9 conserve g\u00e9n\u00e9ralement une prononciation stable, avec un \u00ab en \u00bb final articul\u00e9 comme une voyelle nasale ou orale suivie d&rsquo;une consonne occlusive dentale sourde selon les contextes r\u00e9gionaux, privil\u00e9giant en milieu universitaire la forme sonore phon\u00e9tiquement articul\u00e9e [d\u025b\u0281.s\u025bn].<\/p>\n<p>D&rsquo;un point de vue grammatical, \u00ab maladie d&rsquo;Andersen \u00bb est une locution nominale f\u00e9minine singuli\u00e8re. L&rsquo;usage impose la pr\u00e9sence de l&rsquo;article d\u00e9fini (\u00ab la maladie d&rsquo;Andersen \u00bb) ou du terme synonyme \u00ab glycog\u00e9nose de type IV \u00bb, \u00e9galement de genre f\u00e9minin. En raison de sa nature nosologique invariable attach\u00e9e \u00e0 un patronyme historique, le compl\u00e9ment du nom ne prend jamais la marque du pluriel lorsqu&rsquo;il fait r\u00e9f\u00e9rence aux manifestations individuelles de la pathologie.<\/p>\n<p>Dans la litt\u00e9rature sp\u00e9cialis\u00e9e m\u00e9dicale et psychologique, on observe l&rsquo;utilisation d&rsquo;abr\u00e9viations standardis\u00e9es telles que GSD IV (provenant de l&rsquo;anglais <em>Glycogen Storage Disease type IV<\/em>) ou GBE deficiency. En fran\u00e7ais, la d\u00e9nomination \u00ab d\u00e9ficit en enzyme branchante \u00bb est employ\u00e9e comme descripteur physiologique \u00e9quivalent, garantissant une pr\u00e9cision s\u00e9mantique optimale au sein des comptes rendus neuropsychologiques et g\u00e9n\u00e9tiques.<\/p>\n<h3>4. Explication conceptuelle d\u00e9taill\u00e9e<\/h3>\n<p>Pour comprendre en profondeur la maladie d&rsquo;Andersen, il convient d&rsquo;analyser la biochimie fondamentale de l&rsquo;hom\u00e9ostasie du glucose. Le glycog\u00e8ne normal est un polysaccharide hautement ramifi\u00e9, compos\u00e9 de cha\u00eenes lin\u00e9aires de r\u00e9sidus de glucose reli\u00e9s par des liaisons alpha-(1,4)-glucosidiques, avec des points de ramification fr\u00e9quents form\u00e9s par des liaisons alpha-(1,6)-glucosidiques tous les huit \u00e0 douze r\u00e9sidus. Cette architecture sph\u00e9rique et compacte conf\u00e8re au glycog\u00e8ne une grande solubilit\u00e9 dans le cytosol cellulaire tout en maximisant la disponibilit\u00e9 des extr\u00e9mit\u00e9s non r\u00e9ductrices, permettant une lib\u00e9ration rapide de glucose lors des demandes m\u00e9taboliques urgentes.<\/p>\n<p>Dans la maladie d&rsquo;Andersen, la d\u00e9ficience enzymatique de la 1,4-alpha-glucane branchante bloque l&rsquo;insertion ad\u00e9quate de ces liaisons ramifi\u00e9es au cours de la glycog\u00e9nogen\u00e8se. La glycog\u00e8ne synthase poursuit la polym\u00e9risation des cha\u00eenes alpha-(1,4), aboutissant \u00e0 la synth\u00e8se d&rsquo;une mol\u00e9cule pathologique anormale caract\u00e9ris\u00e9e par de tr\u00e8s longues cha\u00eenes lin\u00e9aires peu ramifi\u00e9es. Ce polym\u00e8re instable, structuralement indiscernable de l&rsquo;amylopectine v\u00e9g\u00e9tale, est d\u00e9sign\u00e9 sous le terme de polyglucosan. En raison de sa conformation spatiale allong\u00e9e, il perd sa solubilit\u00e9 aqueuse physiologique et s&rsquo;agr\u00e8ge en inclusions cytosoliques denses, appel\u00e9es corps de polyglucosan.<\/p>\n<p>Ces inclusions filamenteuses ne peuvent pas \u00eatre efficacement hydrolys\u00e9es par la glycog\u00e8ne phosphorylase classique et les enzymes d\u00e9branchantes, devenant ainsi m\u00e9taboliquement inertes et r\u00e9sistantes \u00e0 la d\u00e9gradation. En s&rsquo;accumulant de mani\u00e8re continue, ces pr\u00e9cipit\u00e9s insolubles d\u00e9clenchent des r\u00e9actions inflammatoires cytotoxiques, une perturbation majeure de l&rsquo;architecture cellulaire, une alt\u00e9ration du transport axonal au niveau neuronal et, \u00e0 terme, la mort cellulaire programm\u00e9e ou la fibrose tissulaire extensive.<\/p>\n<p>Les fronti\u00e8res conceptuelles de cette maladie se sont consid\u00e9rablement \u00e9largies au cours des derni\u00e8res d\u00e9cennies. Longtemps cantonn\u00e9e au domaine de l&rsquo;h\u00e9patologie p\u00e9diatrique terminale, la maladie d&rsquo;Andersen est d\u00e9sormais appr\u00e9hend\u00e9e comme une affection neuro-syst\u00e9mique continue. Les d\u00e9p\u00f4ts de polyglucosans ne se limitent pas au parenchyme h\u00e9patique : ils envahissent le syst\u00e8me nerveux autonome, les axones my\u00e9linis\u00e9s de la moelle \u00e9pini\u00e8re, le cervelet et le cortex c\u00e9r\u00e9bral, produisant une symptomatologie neurologique complexe et des d\u00e9ficits neuropsychologiques durables qui modifient la cognition, la motricit\u00e9 et l&rsquo;\u00e9quilibre psycho-\u00e9motionnel du sujet.<\/p>\n<h3>5. \u00c9volution historique<\/h3>\n<p>L&rsquo;histoire de la maladie d&rsquo;Andersen s&rsquo;inscrit au carrefour de la m\u00e9decine p\u00e9diatrique anatomopathologique et de l&rsquo;essor de l&rsquo;enzymologie mol\u00e9culaire moderne. En 1956, la docteure Dorothy Hansine Andersen publie une observation princeps d\u00e9crivant un nourrisson pr\u00e9sentant une cirrhose h\u00e9patique progressive associ\u00e9e \u00e0 un mat\u00e9riel de stockage intracellulaire inhabituel r\u00e9agissant intens\u00e9ment \u00e0 l&rsquo;acide p\u00e9riodique de Schiff (PAS), mais r\u00e9sistant \u00e0 l&rsquo;action digestive de l&rsquo;amylase salivaire, contrairement au glycog\u00e8ne normal.<\/p>\n<p>Une d\u00e9cennie plus tard, en 1966, l&rsquo;\u00e9quipe de Barbara Illingworth et Gerty Cori parvient \u00e0 d\u00e9montrer sur le plan biochimique que cette forme clinique atypique r\u00e9sulte de l&rsquo;absence s\u00e9lective de l&rsquo;activit\u00e9 de l&rsquo;enzyme de ramification du glycog\u00e8ne (alpha-1,4-D-glucane: alpha-1,4-D-glucane 6-glucosyltransf\u00e9rase). Cette avanc\u00e9e fondamentale a scell\u00e9 l&rsquo;int\u00e9gration de l&rsquo;entit\u00e9 sous le nom de glycog\u00e9nose de type IV dans les classifications nosologiques internationales.<\/p>\n<p>Durant les ann\u00e9es 1970 et 1980, la documentation m\u00e9dicale s&rsquo;est enrichie de descriptions de cas h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes \u00e9chappant au tableau classique de la d\u00e9faillance h\u00e9patique infantile fatale. Des cliniciens ont rapport\u00e9 des formes neuromusculaires s\u00e9v\u00e8res chez le nouveau-n\u00e9, caract\u00e9ris\u00e9es par une hypotonie n\u00e9onatale majeure, une amyotrophie spinale et des contractures articulaires cong\u00e9nitales, r\u00e9v\u00e9lant la pl\u00e9iotropie de cette affection g\u00e9n\u00e9tique.<\/p>\n<p>Le tournant de la biologie mol\u00e9culaire est survenu au d\u00e9but des ann\u00e9es 1990 avec le clonage du g\u00e8ne <em>GBE1<\/em> localis\u00e9 sur le chromosome 3p12.2. L&rsquo;identification de mutations h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes au sein de ce locus a permis d&rsquo;\u00e9tablir des corr\u00e9lations g\u00e9notype-ph\u00e9notype plus rigoureuses et d&rsquo;\u00e9tablir un lien formel entre la maladie d&rsquo;Andersen p\u00e9diatrique et la maladie des corps de polyglucosan de l&rsquo;adulte (APBD, <em>Adult Polyglucosan Body Disease<\/em>), initialement consid\u00e9r\u00e9e comme une entit\u00e9 neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9rative totalement distincte.<\/p>\n<h3>6. Fondements th\u00e9oriques et physiopathologiques<\/h3>\n<p>Le cadre th\u00e9orique sous-tendant la physiopathologie de la maladie d&rsquo;Andersen repose sur le paradigme des maladies de surcharge m\u00e9tabolique et de prot\u00e9inopathie\/polysaccharidopathie. Dans cette perspective, la toxicit\u00e9 cellulaire d\u00e9coule moins du d\u00e9ficit \u00e9nerg\u00e9tique imm\u00e9diat induit par l&rsquo;impossibilit\u00e9 de mobiliser le glucose que des propri\u00e9t\u00e9s m\u00e9caniques et biophysiques intrins\u00e8ques de la macromol\u00e9cule anormale accumul\u00e9e. Le polyglucosan, adoptant une conformation h\u00e9lico\u00efdale anormale, d\u00e9clenche des signaux de stress du r\u00e9ticulum endoplasmique et l&rsquo;activation des voies apoptotiques pro-inflammatoires m\u00e9di\u00e9es par les macrophages r\u00e9sidents h\u00e9patiques (cellules de Kupffer) ou les cellules gliales du syst\u00e8me nerveux.<\/p>\n<p>Dans le domaine des neurosciences m\u00e9taboliques, le mod\u00e8le physiopathologique met en exergue la vuln\u00e9rabilit\u00e9 s\u00e9lective des prolongements neuronaux et gliaux face \u00e0 l&rsquo;encombrement par les corps de polyglucosan. Les travaux en neurobiologie computationnelle et cellulaire sugg\u00e8rent que ces agr\u00e9gats insolubles bloquent m\u00e9caniquement le transport axonal ant\u00e9rograde et r\u00e9trograde des v\u00e9sicules synaptiques, des mitochondries et des facteurs neurotrophiques essentiels tels que le BDNF (<em>Brain-Derived Neurotrophic Factor<\/em>). Ce ph\u00e9nom\u00e8ne conduit \u00e0 une d\u00e9my\u00e9linisation secondaire et \u00e0 une d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence axonale progressive, tant au niveau des voies corticospinales que des fibres blanches sous-corticales reliant les lobes frontaux aux structures limbiques.<\/p>\n<p>D&rsquo;un point de vue neuropsychologique et psychopathologique syst\u00e9mique, la maladie d&rsquo;Andersen s&rsquo;inscrit au sein des th\u00e9ories du stress chronique d&rsquo;origine organique et de l&rsquo;adaptation psychologique aux maladies neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9ratives rares. L&rsquo;atteinte progressive des circuits fronto-striataux par les corps de polyglucosan compromet les fonctions ex\u00e9cutives, la r\u00e9gulation affective et l&rsquo;inhibition comportementale. Parall\u00e8lement, le retentissement d&rsquo;une maladie l\u00e9tale ou lourdement invalidante fragilise l&rsquo;\u00e9quilibre pulsionnel et \u00e9motionnel du patient et engendre un stress parental s\u00e9v\u00e8re n\u00e9cessitant une prise en compte psychodynamique approfondie.<\/p>\n<h3>7. Composantes cl\u00e9s, sous-types et dimensions<\/h3>\n<p>La maladie d&rsquo;Andersen se subdivise en plusieurs formes ph\u00e9notypiques distinctes en fonction de l&rsquo;\u00e2ge d&rsquo;apparition des sympt\u00f4mes, du tissu principalement l\u00e9s\u00e9 et du niveau d&rsquo;activit\u00e9 enzymatique r\u00e9siduelle :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Forme h\u00e9patique progressive classique :<\/strong> D\u00e9butant dans les premiers mois de vie par une <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/H%C3%A9patom%C3%A9galie\">h\u00e9patom\u00e9galie<\/a> massive, un retard de croissance staturo-pond\u00e9rale, une cirrhose biliaire et une hypertension portale avec ascite, \u00e9voluant rapidement vers une d\u00e9compensation h\u00e9patique fatale avant l&rsquo;\u00e2ge de cinq ans en l&rsquo;absence de transplantation h\u00e9patique.<\/li>\n<li><strong>Forme h\u00e9patique non progressive :<\/strong> Forme p\u00e9diatrique rare caract\u00e9ris\u00e9e par une h\u00e9patom\u00e9galie et une dysfonction h\u00e9patique mod\u00e9r\u00e9e avec anomalies de structure histologique, qui se stabilise spontan\u00e9ment sans progression cirrhotique l\u00e9tale, permettant une survie prolong\u00e9e avec une fonction h\u00e9patique relativement compens\u00e9e.<\/li>\n<li><strong>Forme neuromusculaire p\u00e9rinatale ou f\u0153tale l\u00e9tale :<\/strong> Manifestation la plus pr\u00e9coce, se traduisant <em>in utero<\/em> par une diminution des mouvements f\u0153taux, un hydramnios, une akin\u00e9sie f\u0153tale, des contractures articulaires multiples (arthrogrypose multiple cong\u00e9nitale) et un d\u00e9c\u00e8s n\u00e9onatal imm\u00e9diat par d\u00e9faillance respiratoire hypotonique.<\/li>\n<li><strong>Forme neuromusculaire cong\u00e9nitale et infantile :<\/strong> Pr\u00e9sentant une hypotonie axiale s\u00e9v\u00e8re d\u00e8s la naissance ou dans les premiers mois de la vie, une atrophie musculaire globale, une cardiomyopathie dilat\u00e9e ou hypertrophique, et une arri\u00e9ration motrice s\u00e9v\u00e8re avec atteinte du motoneurone.<\/li>\n<li><strong>Forme neuromusculaire juv\u00e9nile ou tardive :<\/strong> Caract\u00e9ris\u00e9e par une faiblesse musculaire lentement \u00e9volutive, une myopathie proximale, des manifestations cardiaques progressives et une pr\u00e9servation variable des fonctions m\u00e9taboliques h\u00e9patiques au cours de l&rsquo;adolescence.<\/li>\n<li><strong>Maladie des corps de polyglucosan de l&rsquo;adulte (APBD) :<\/strong> Variante ph\u00e9notypique tardive survenant g\u00e9n\u00e9ralement apr\u00e8s l&rsquo;\u00e2ge de quarante ou cinquante ans, marqu\u00e9e par une triade s\u00e9miologique associant une vessie neurog\u00e8ne pr\u00e9coce, une t\u00e9trapar\u00e9sie spastique progressive cons\u00e9cutive \u00e0 une my\u00e9lopathie axonale et une polyneuropathie p\u00e9riph\u00e9rique sensitivomotrice, fr\u00e9quemment compliqu\u00e9e d&rsquo;un d\u00e9clin cognitif de type sous-cortico-frontal.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>8. Exemples et cas illustratifs<\/h3>\n<p>Le cas embl\u00e9matique p\u00e9diatrique est illustr\u00e9 par l&rsquo;observation clinique d&rsquo;un nourrisson de six mois, n\u00e9 sans complication p\u00e9rinatale, orient\u00e9 en consultation sp\u00e9cialis\u00e9e pour un retard des acquisitions motrices (absence de tenue de t\u00eate stable), une l\u00e9thargie post-prandiale et une distension abdominale marqu\u00e9e. L&rsquo;examen physique r\u00e9v\u00e8le une h\u00e9patom\u00e9galie majeure \u00e0 consistance dure et une spl\u00e9nom\u00e9galie r\u00e9actionnelle \u00e0 l&rsquo;hypertension portale. Le bilan biologique confirme une cytolyse h\u00e9patique chronique et une l\u00e9g\u00e8re perturbation des temps de coagulation, sans hypoglyc\u00e9mie c\u00e9tosique initiale majeure. La biopsie h\u00e9patique met en \u00e9vidence des d\u00e9p\u00f4ts d&rsquo;amylopectine-like PAS-positifs et diastase-r\u00e9sistants, scellant le diagnostic de maladie d&rsquo;Andersen h\u00e9patique classique n\u00e9cessitant une inscription urgente sur la liste d&rsquo;attente de greffe h\u00e9patique associ\u00e9e \u00e0 un accompagnement psychologique intensif des parents.<\/p>\n<p>\u00c0 l&rsquo;autre extr\u00e9mit\u00e9 du spectre, consid\u00e9rons le cas d&rsquo;un adulte de cinquante-deux ans sans ant\u00e9c\u00e9dents m\u00e9dicaux notables, consultant initialement pour des mictions imp\u00e9rieuses progressives \u00e9tiquet\u00e9es \u00e0 tort d&rsquo;origine prostatique, suivies d&rsquo;une d\u00e9marche instable et de chutes inexpliqu\u00e9es. Au fil des mois, le tableau s&rsquo;aggrave d&rsquo;une faiblesse motrice bilat\u00e9rale des membres inf\u00e9rieurs avec r\u00e9flexes ost\u00e9o-tendineux vifs et signe de Babinski, associ\u00e9e \u00e0 des paresth\u00e9sies distales. L&rsquo;\u00e9valuation neuropsychologique objective un ralentissement de la vitesse de traitement de l&rsquo;information, une alt\u00e9ration de la m\u00e9moire de travail et une apathie comportementale progressive. L&rsquo;IRM m\u00e9dullaire et c\u00e9r\u00e9brale montre une atrophie spinale cervicale et des hypersignaux p\u00e9riventriculaires diffus de la substance blanche. L&rsquo;analyse g\u00e9n\u00e9tique r\u00e9v\u00e8le deux mutations h\u00e9t\u00e9rozygotes composites du g\u00e8ne <em>GBE1<\/em>, confirmant l&rsquo;APBD.<\/p>\n<p>Ce second cas illustre les r\u00e9percussions psychodynamiques singuli\u00e8res de la maladie. La perte insidieuse de l&rsquo;autonomie sphinct\u00e9rienne et motrice chez un adulte en pleine activit\u00e9 socioprofessionnelle engendre une d\u00e9sorganisation de l&rsquo;image corporelle, un deuil fonctionnel complexe et des \u00e9pisodes d\u00e9pressifs r\u00e9actionnels s\u00e9v\u00e8res qui n\u00e9cessitent une intervention psychoth\u00e9rapeutique int\u00e9gr\u00e9e au protocole neurologique.<\/p>\n<h3>9. Mesure, \u00e9valuation et diagnostic<\/h3>\n<p>Le diagnostic positif et le suivi de la maladie d&rsquo;Andersen exigent une d\u00e9marche clinique et paraclinique multidisciplinaire standardis\u00e9e, reposant sur des biomarqueurs enzymatiques, g\u00e9n\u00e9tiques et neuropsychologiques :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Dosage de l&rsquo;activit\u00e9 enzymatique branchante (GBE) :<\/strong> R\u00e9alis\u00e9 sur leucocytes sanguins isol\u00e9s, \u00e9rythrocytes ou cultures de fibroblastes cutan\u00e9s. Une r\u00e9duction effondr\u00e9e de l&rsquo;activit\u00e9 catalytique de la 1,4-alpha-glucane branchante (souvent inf\u00e9rieure \u00e0 5-10 % des valeurs t\u00e9moins) confirme l&rsquo;anomalie enzymatique fonctionnelle.<\/li>\n<li><strong>Biologie mol\u00e9culaire et s\u00e9quen\u00e7age g\u00e9n\u00e9tique :<\/strong> Le s\u00e9quen\u00e7age \u00e0 haut d\u00e9bit (NGS) ou le s\u00e9quen\u00e7age cibl\u00e9 de l&rsquo;ADN g\u00e9nomique par m\u00e9thode Sanger du g\u00e8ne <em>GBE1<\/em> constitue l&rsquo;\u00e9talon-or moderne. L&rsquo;identification de mutations homozygotes ou h\u00e9t\u00e9rozygotes composites (d\u00e9l\u00e9tions, mutations non-sens, faux-sens alt\u00e9rant le site catalytique) valide formellement le diagnostic sans recourir syst\u00e9matiquement \u00e0 des gestes invasifs.<\/li>\n<li><strong>Histopathologie tissulaire :<\/strong> La coloration \u00e0 l&rsquo;acide p\u00e9riodique de Schiff (PAS) appliqu\u00e9e \u00e0 des biopsies h\u00e9patiques, musculaires ou nerveuses (nerf sural) met en \u00e9vidence les corps de polyglucosan typiques, denses, arrondis, basophiles et r\u00e9sistants \u00e0 l&rsquo;alpha-amylase ou \u00e0 la diastase. La microscopie \u00e9lectronique confirme la pr\u00e9sence de structures filamenteuses anormales agglom\u00e9r\u00e9es.<\/li>\n<li><strong>\u00c9valuation neuropsychologique globale :<\/strong> Utilisation d&rsquo;outils standardis\u00e9s tels que le <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Mini-Mental_State_Examination\">Mini-Mental State Examination<\/a> (MMSE), la batterie d&rsquo;\u00e9valuation cognitive de Montr\u00e9al (MoCA) et les tests ex\u00e9cutifs sp\u00e9cifiques (Test des Trac\u00e9s \/ <em>Trail Making Test<\/em>, test de Stroop, fluences verbales phon\u00e9miques et s\u00e9mantiques). Ces \u00e9preuves permettent de quantifier le ralentissement id\u00e9atoire, les d\u00e9ficits de planification et les perturbations attentionnelles caract\u00e9ristiques des formes neurologiques de l&rsquo;adulte.<\/li>\n<li><strong>\u00c9chelles d&rsquo;\u00e9valuation psycho-affective et comportementale :<\/strong> Mesure de la charge d\u00e9pressive et anxieuse via l&rsquo;inventaire de d\u00e9pression de Beck (BDI) ou l&rsquo;\u00e9chelle d&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 et de d\u00e9pression hospitali\u00e8re (HADS), combin\u00e9e \u00e0 l&rsquo;inventaire neuropsychiatrique (NPI) pour tracer l&rsquo;\u00e9volution de l&rsquo;apathie, du d\u00e9sengagement \u00e9motionnel et des changements de personnalit\u00e9 chez le patient neurologique.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>10. Applications et pertinence clinique et psychosociale<\/h3>\n<p>La prise en charge de la maladie d&rsquo;Andersen requiert un protocole th\u00e9rapeutique holistique o\u00f9 les interventions m\u00e9dicales s&rsquo;articulent intimement avec le soutien psychologique, r\u00e9\u00e9ducatif et social. Sur le plan somatique p\u00e9diatrique, la transplantation h\u00e9patique repr\u00e9sente l&rsquo;unique option th\u00e9rapeutique curative de la d\u00e9faillance h\u00e9patique dans la forme classique infantile. Elle permet de restaurer un m\u00e9tabolisme h\u00e9patique sain et d&rsquo;\u00e9viter la cirrhose. Cependant, la greffe ne pr\u00e9vient pas toujours l&rsquo;accumulation secondaire de polyglucosans dans le muscle cardiaque ou le tissu c\u00e9r\u00e9bral, imposant une surveillance cardiologique et neurod\u00e9veloppementale continue \u00e0 long terme.<\/p>\n<p>L&rsquo;annonce diagnostique d&rsquo;une pathologie l\u00e9tale ou gravement d\u00e9bilitante constitue un traumatisme psychique majeur pour la cellule parentale et familiale. Les protocoles de psycho-oncologie et de g\u00e9n\u00e9tique m\u00e9dicale soulignent l&rsquo;importance de dispositifs de soutien psychologique pr\u00e9coce. Les parents d&rsquo;enfants atteints manifestent des pr\u00e9valences \u00e9lev\u00e9es de troubles du stress post-traumatique, de d\u00e9pressions majeures r\u00e9actionnelles et d&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e li\u00e9e \u00e0 l&rsquo;incertitude pronostique et aux proc\u00e9dures de soins palliatifs ou pr\u00e9-transplantation.<\/p>\n<p>Dans le versant adulte (APBD), la pertinence neuropsychologique est cruciale. L&rsquo;ergoth\u00e9rapie cognitive et la rem\u00e9diation neuropsychologique visent \u00e0 maintenir l&rsquo;autonomie fonctionnelle du patient le plus longtemps possible, en d\u00e9veloppant des strat\u00e9gies compensatoires pour pallier les d\u00e9ficits des fonctions ex\u00e9cutives et le d\u00e9clin mn\u00e9sique. Parall\u00e8lement, des interventions de soutien psychosocial pour les aidants familiaux sont indispensables afin de limiter le fardeau de l&rsquo;aidant (\u00e9valu\u00e9 par l&rsquo;\u00e9chelle de Zarit) face aux troubles de la marche, \u00e0 l&rsquo;incontinence urinaire et aux modifications comportementales du malade.<\/p>\n<h3>11. Recherche et preuves empiriques<\/h3>\n<p>Les investigations scientifiques contemporaines sur la maladie d&rsquo;Andersen s&rsquo;orientent vers des approches th\u00e9rapeutiques novatrices ciblant les m\u00e9canismes mol\u00e9culaires fondamentaux de la biosynth\u00e8se du glycog\u00e8ne. Les travaux exp\u00e9rimentaux pionniers men\u00e9s sur des mod\u00e8les murins d\u00e9ficients en GBE1 (notamment les souris knock-in d\u00e9velopp\u00e9es par des \u00e9quipes internationales de neurog\u00e9n\u00e9tique m\u00e9tabolique) ont permis de clarifier la cin\u00e9tique d&rsquo;agr\u00e9gation des polyglucosans et d&rsquo;identifier de potentielles cibles d&rsquo;inhibition enzymatique.<\/p>\n<p>Une piste th\u00e9rapeutique prometteuse repose sur le concept de th\u00e9rapie de r\u00e9duction de substrat (SRT). En inhibant partiellement la glycog\u00e8ne synthase musculaire ou neuronale (GYS1) au moyen de petites mol\u00e9cules ou d&rsquo;oligonucl\u00e9otides antisens, les chercheurs parviennent \u00e0 ralentir la synth\u00e8se globale de polym\u00e8res glucidiques, pr\u00e9venant ainsi la pr\u00e9cipitation des corps de polyglucosan insolubles sans causer d&rsquo;hypoglyc\u00e9mie syst\u00e9mique invalidante. Les publications de chercheurs tels que Kakhlon et ses collaborateurs ont d\u00e9montr\u00e9 que certains compos\u00e9s activateurs de l&rsquo;autophagie ou inhibiteurs allost\u00e9riques permettent de solubiliser ou de d\u00e9grader les corps d&rsquo;inclusions d\u00e9j\u00e0 form\u00e9s dans des fibroblastes de patients atteints d&rsquo;APBD.<\/p>\n<p>Sur le plan des neurosciences cognitives, les \u00e9tudes longitudinales utilisant la volum\u00e9trie c\u00e9r\u00e9brale par r\u00e9sonance magn\u00e9tique et le tenseur de diffusion (DTI) documentent une corr\u00e9lation directe entre la d\u00e9sorganisation microstructurale des faisceaux de substance blanche (faisceau pyramidal, corps calleux) et l&rsquo;amplitude du d\u00e9clin des fonctions ex\u00e9cutives chez les patients adultes. Ces donn\u00e9es empiriques renforcent l&rsquo;hypoth\u00e8se selon laquelle l&rsquo;APBD est un paradigme pr\u00e9cieux pour comprendre la d\u00e9mence d&rsquo;origine sous-corticale li\u00e9e aux anomalies de stockage glucidique.<\/p>\n<h3>12. Consid\u00e9rations culturelles et transculturelles<\/h3>\n<p>Bien que la maladie d&rsquo;Andersen soit universellement distribu\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle plan\u00e9taire avec une incidence globale tr\u00e8s faible (estim\u00e9e \u00e0 environ un cas pour 600 000 \u00e0 1 000 000 de naissances vivantes), certaines variantes g\u00e9n\u00e9tiques pr\u00e9sentent des concentrations g\u00e9ographiques et ethniques sp\u00e9cifiques dues \u00e0 des effets de fondateur historiques. La forme adulte (APBD) d\u00e9montre une pr\u00e9valence nettement accrue au sein de la population d&rsquo;ascendance juive ashk\u00e9naze, o\u00f9 la fr\u00e9quence des porteurs h\u00e9t\u00e9rozygotes de la mutation faux-sens p.Tyr329Ser dans le g\u00e8ne <em>GBE1<\/em> peut atteindre une personne sur 35 \u00e0 50.<\/p>\n<p>Cette variabilit\u00e9 g\u00e9n\u00e9tique induit des disparit\u00e9s notables dans les pratiques de d\u00e9pistage et de conseil g\u00e9n\u00e9tique \u00e0 travers les pays. Dans certaines communaut\u00e9s culturelles sp\u00e9cifiques, des programmes structur\u00e9s de d\u00e9pistage pr\u00e9conceptionnel communautaire ont \u00e9t\u00e9 instaur\u00e9s avec succ\u00e8s, permettant d&rsquo;identifier les couples h\u00e9t\u00e9rozygotes \u00e0 risque et d&rsquo;ouvrir l&rsquo;acc\u00e8s au diagnostic pr\u00e9natal ou au diagnostic pr\u00e9implantatoire (DPI), soulevant des d\u00e9bats bio\u00e9thiques complexes quant \u00e0 la s\u00e9lection embryonnaire et \u00e0 la stigmatisation g\u00e9n\u00e9tique.<\/p>\n<p>En outre, l&rsquo;exp\u00e9rience v\u00e9cue de la maladie et de la d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence cognitive varie significativement selon les repr\u00e9sentations culturelles de la sant\u00e9 mentale et du handicap neuromusculaire. Dans de nombreux contextes non occidentaux o\u00f9 le syst\u00e8me de sant\u00e9 formel est restreint, les sympt\u00f4mes neurologiques tardifs de la glycog\u00e9nose de type IV (troubles urinaires, d\u00e9marche s\u00e9nile pr\u00e9coce, apathie cognitive) sont fr\u00e9quemment naturalis\u00e9s comme relevant du vieillissement physiologique inexorable ou interpr\u00e9t\u00e9s \u00e0 travers des grilles causales traditionnelles ou spirituelles, retardant consid\u00e9rablement l&rsquo;acc\u00e8s aux tests enzymatiques de laboratoire et accentuant l&rsquo;isolement psycho-affectif des familles.<\/p>\n<h3>13. Critiques, d\u00e9bats et limites diagnostiques<\/h3>\n<p>Le principal d\u00e9bat scientifique et nosologique entourant la maladie d&rsquo;Andersen concerne l&rsquo;extr\u00eame discordance ph\u00e9notypique observ\u00e9e entre les diff\u00e9rentes formes cliniques malgr\u00e9 des anomalies affectant le m\u00eame locus g\u00e9n\u00e9tique <em>GBE1<\/em>. Certains cliniciens et g\u00e9n\u00e9ticiens d\u00e9battent de la l\u00e9gitimit\u00e9 conceptuelle de regrouper sous une m\u00eame appellation clinique (\u00ab maladie d&rsquo;Andersen \u00bb) une h\u00e9patopathie p\u00e9diatrique fulgurante l\u00e9tale du premier \u00e2ge et une neuropathie d&rsquo;apparition tardive se manifestant \u00e0 la cinquantaine par des troubles sphinct\u00e9riens et des troubles ex\u00e9cutifs l\u00e9gers \u00e0 mod\u00e9r\u00e9s.<\/p>\n<p>Une controverse persistante r\u00e9side dans le ph\u00e9nom\u00e8ne de diagnostic erron\u00e9 ou retard\u00e9 de l&rsquo;adulte. En raison de sa raret\u00e9 et de sa s\u00e9miologie insidieuse, la forme adulte (APBD) est couramment confondue pendant plusieurs ann\u00e9es avec la scl\u00e9rose en plaques, la scl\u00e9rose lat\u00e9rale amyotrophique (SLA), des my\u00e9lopathies cervicales d&rsquo;origine arthrosique ou la maladie d&rsquo;Alzheimer dans sa composante cognitive initiale. Ces errances m\u00e9dicales prolong\u00e9es infligent aux patients un pr\u00e9judice psychologique substantiel, aliment\u00e9 par l&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 de l&rsquo;inconnu, des traitements immunomodulateurs inappropri\u00e9s et l&rsquo;absence de r\u00e9ponse th\u00e9rapeutique.<\/p>\n<p>Sur le plan m\u00e9tabolique, les limites de la transplantation d&rsquo;organes continuent de faire l&rsquo;objet de discussions soutenues. Si la greffe h\u00e9patique \u00e9radique le risque de d\u00e9c\u00e8s h\u00e9patique \u00e0 court terme, la progression inexorable des corps de polyglucosan dans le myocarde et le cerveau d&rsquo;enfants transplant\u00e9s suscite des interrogations \u00e9thiques majeures sur les crit\u00e8res de s\u00e9lection des receveurs et sur la communication transparente des pronostics neurologiques ult\u00e9rieurs avec les familles endeuill\u00e9es par anticipation.<\/p>\n<h3>14. Termes connexes et distinctions diff\u00e9rentielles<\/h3>\n<p>La distinction diff\u00e9rentielle de la maladie d&rsquo;Andersen vis-\u00e0-vis des autres glycog\u00e9noses et affections neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9ratives est fondamentale pour la pr\u00e9cision nosologique :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Maladie de von Gierke (Glycog\u00e9nose de type I) :<\/strong> Caus\u00e9e par un d\u00e9ficit en glucose-6-phosphatase, cette maladie s&rsquo;accompagne d&rsquo;une h\u00e9patom\u00e9galie majeure mais se distingue radicalement par des hypoglyc\u00e9mies de je\u00fbne s\u00e9v\u00e8res, une hyperlactacid\u00e9mie et l&rsquo;absence de cirrhose pr\u00e9coce ou de corps de polyglucosan insolubles.<\/li>\n<li><strong>Maladie de Pompe (Glycog\u00e9nose de type II) :<\/strong> Maladie lysosomale de surcharge due au d\u00e9ficit en alpha-glucosidase acide, caract\u00e9ris\u00e9e par une cardiomyopathie hypertrophique massive et une hypotonie musculaire squelettique sans atteinte h\u00e9patique cirrhotique pr\u00e9dominante.<\/li>\n<li><strong>Maladie de Cori ou Forbes (Glycog\u00e9nose de type III) :<\/strong> D\u00e9ficit en enzyme d\u00e9branchante (amylo-1,6-glucosidase) produisant des mol\u00e9cules de glycog\u00e8ne aux branches ext\u00e9rieures anormalement courtes (dextrine limite), d&rsquo;\u00e9volution h\u00e9patique g\u00e9n\u00e9ralement plus b\u00e9nigne que la cirrhose d&rsquo;Andersen.<\/li>\n<li><strong>Maladie de McArdle (Glycog\u00e9nose de type V) :<\/strong> Atteinte exclusivement musculaire stri\u00e9e squelettique li\u00e9e \u00e0 la myophosphorylase, provoquant des intol\u00e9rances \u00e0 l&rsquo;effort et des rhabdomyolyses \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge adulte sans atteinte h\u00e9patique ni d\u00e9t\u00e9rioration cognitive.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Maladie_de_Lafora\">Maladie de Lafora<\/a> : Autre polysaccharidopathie neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9rative progressive fatale de l&rsquo;adolescent caus\u00e9e par des mutations de <em>laforine<\/em> ou <em>malastine<\/em>, caract\u00e9ris\u00e9e par une \u00e9pilepsie myoclonique progressive et des corps d&rsquo;inclusion de polyglucosan sp\u00e9cifiques (corps de Lafora) concentr\u00e9s dans les neurones c\u00e9r\u00e9braux.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>15. R\u00e9sum\u00e9 et points cl\u00e9s \u00e0 retenir<\/h3>\n<p>La maladie d&rsquo;Andersen (glycog\u00e9nose de type IV) demeure l&rsquo;une des affections m\u00e9taboliques les plus complexes et h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes de la m\u00e9decine moderne. N\u00e9e de mutations autosomiques r\u00e9cessives du g\u00e8ne <em>GBE1<\/em>, elle aboutit \u00e0 l&rsquo;accumulation d&rsquo;un glycog\u00e8ne anormal peu soluble (polyglucosan) responsable de l\u00e9sions cellulaires irr\u00e9versibles dans divers tissus vitaux.<\/p>\n<p>Son spectre d&rsquo;expression clinique est remarquablement large : il comprend des formes h\u00e9patiques infantiles classiques menant \u00e0 la cirrhose et n\u00e9cessitant une transplantation pr\u00e9coce, des variantes neuromusculaires f\u0153tales et n\u00e9onatales l\u00e9tales, ainsi que des formes adultes tardives (APBD) associant spasticit\u00e9 motrice, troubles sphinct\u00e9riens et d\u00e9clin cognitif de nature sous-corticale.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9valuation et la prise en charge de cette pathologie requi\u00e8rent une int\u00e9gration multidisciplinaire associant dosage enzymatique, s\u00e9quen\u00e7age g\u00e9n\u00e9tique, bilans neuropsychologiques exhaustifs et soutien psychosocial structur\u00e9. Alors que la recherche explore de nouvelles th\u00e9rapies de r\u00e9duction de substrat et de manipulation g\u00e9n\u00e9tique, l&rsquo;accompagnement des patients et de leurs aidants face aux r\u00e9percussions \u00e9motionnelles, cognitives et fonctionnelles repr\u00e9sente un pilier indispensable de la pratique clinique.<\/p>\n<h2>R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<p>Andersen, D. H. (1956). Familial cirrhosis of the liver with abnormal glycogen storage. <em>Laboratory Investigation<\/em>, 5(1), 11-20.<\/p>\n<p>Bruno, C., van Diggelen, O. P., Cassandrini, D., Gimpelev, M., Giuffr\u00e8, M., Donati, M. A., Introvigne, E., Tortorelli, S., Tonoli, E., Filocamo, M., &#038; DiMauro, S. (2004). Clinical and genetic heterogeneity of glycogen storage disease type IV. <em>Neurology<\/em>, 63(6), 1053-1058. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1212\/01.WNL.0000138429.13962.24\">https:\/\/doi.org\/10.1212\/01.WNL.0000138429.13962.24<\/a><\/p>\n<p>Kakhlon, O., Vaccaro, A. M., Salvioli, R., &#038; Lossos, A. (2013). Molecular mechanisms of adult polyglucosan body disease and prospects for therapeutic intervention. <em>Journal of Inherited Metabolic Disease<\/em>, 36(3), 433-440. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1007\/s10545-012-9544-0\">https:\/\/doi.org\/10.1007\/s10545-012-9544-0<\/a><\/p>\n<p>Lossos, A., Meiner, Z., Barash, V., Soffer, D., Schlesinger, I., Abramsky, O., Argov, Z., &#038; Shpitzen, S. (1998). Adult polyglucosan body disease in Ashkenazi Jewish patients with glycogen branching enzyme deficiency. <em>Annals of Neurology<\/em>, 44(6), 867-872. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1002\/ana.410440604\">https:\/\/doi.org\/10.1002\/ana.410440604<\/a><\/p>\n<p>Mochel, F., Schiffmann, R., Steenweg, M. E., Akman, H. O., Wallace, M., Sedel, F., Lafor\u00eat, P., &#038; van der Knaap, M. S. (2012). Adult polyglucosan body disease: Natural history and key findings on neuroimaging and genetics. <em>Brain<\/em>, 135(1), 211-219. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1093\/brain\/awr309\">https:\/\/doi.org\/10.1093\/brain\/awr309<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Analyse m\u00e9dicale et neuropsychologique de la maladie d&rsquo;Andersen (glycog\u00e9nose de type IV) : d\u00e9ficit en enzyme branchante, ph\u00e9notypes cliniques et retentissement.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"template":"","categories":[31486,1045,46],"tags":[33714,33712,33711,33710,33715,33713,18513],"class_list":["post-20403","psych_term","type-psych_term","status-publish","hentry","category-genetique-medicale","category-neurologie","category-neuropsychologie","tag-deficit-en-gbe1","tag-enzyme-branchante","tag-glycogenose-type-iv","tag-maladie-dandersen","tag-maladies-metaboliques","tag-polyglucosan","tag-troubles-cognitifs"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_term\/20403","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_term"}],"about":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/psych_term"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_term\/20403\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=20403"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=20403"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=20403"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}