{"id":20174,"date":"2026-10-23T11:49:03","date_gmt":"2026-10-23T11:49:03","guid":{"rendered":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/?psych_term=cellule-amacrine-neurobiologie-vision"},"modified":"2026-10-23T11:49:03","modified_gmt":"2026-10-23T11:49:03","slug":"cellule-amacrine-neurobiologie-vision","status":"publish","type":"psych_term","link":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/?psych_term=cellule-amacrine-neurobiologie-vision","title":{"rendered":"Cellule amacrine : Le pivot de la vision"},"content":{"rendered":"<p>Au c\u0153ur de la neurobiologie sensorielle et de la psychophysique visuelle, la transformation de flux photoniques bruts en repr\u00e9sentations perceptives complexes repose sur un maillage synaptique r\u00e9tinien extraordinairement sophistiqu\u00e9. Au sein de cette architecture laminaire, la cellule amacrine agit comme un interneurone modulateur indispensable, orchestrant l&rsquo;int\u00e9gration lat\u00e9rale, la s\u00e9lectivit\u00e9 directionnelle et l&rsquo;adaptation dynamique \u00e0 la luminance bien avant que l&rsquo;information n&rsquo;atteigne les centres corticaux. Loin d&rsquo;\u00eatre un simple relais passif, cette cat\u00e9gorie neuronale fa\u00e7onne activement le codage temporel et spatial qui fonde notre perception visuelle consciente.<\/p>\n<h2>Cellule amacrine<\/h2>\n<h3>1. D\u00e9finition concise<\/h3>\n<p>La <strong>cellule amacrine<\/strong> est un interneurone r\u00e9tinien intrins\u00e8que d\u00e9pourvu d&rsquo;axone classique au sens morphologique traditionnel, localis\u00e9 principalement dans la couche nucl\u00e9aire interne de la <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/R%C3%A9tine\">r\u00e9tine<\/a> des vert\u00e9br\u00e9s. Elle \u00e9tablit des connexions horizontales et verticales complexes au niveau de la couche plexiforme interne, assurant une r\u00e9gulation fine et inhibitrice des signaux transmis entre les cellules bipolaires et les cellules ganglionnaires r\u00e9tiniennes.<\/p>\n<p>Sur le plan fonctionnel et neuropsychologique, les cellules amacrines constituent la population neuronale la plus h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne du syst\u00e8me visuel p\u00e9riph\u00e9rique. Par le biais d&rsquo;arborisations dendritiques agissant de mani\u00e8re bidirectionnelle \u00e0 la fois comme zones r\u00e9ceptrices et \u00e9mettrices de neurotransmetteurs, elles g\u00e9n\u00e8rent des circuits de r\u00e9troaction (feedback) et d&rsquo;action prospective (feedforward). Ces circuits sont fondamentaux pour l&rsquo;inhibition lat\u00e9rale, le filtrage spatio-temporel, la d\u00e9tection des mouvements et l&rsquo;ajustement dynamique du contraste sous diff\u00e9rentes conditions d&rsquo;\u00e9clairement scotopique et photopique.<\/p>\n<p>En outre, ces cellules jouent un r\u00f4le d\u00e9terminant dans l&rsquo;interconnexion des voies fonctionnelles des b\u00e2tonnets et des c\u00f4nes, permettant une continuit\u00e9 perceptive sans rupture entre la vision nocturne hautement sensible et la vision diurne \u00e0 haute acuit\u00e9. Leur action conditionne directement les signaux envoy\u00e9s au nerf optique, ce qui en fait un objet d&rsquo;\u00e9tude cardinal tant pour la neurophysiologie sensorielle que pour la psychologie de la perception visuelle.<\/p>\n<h3>2. \u00c9tymologie et origine linguistique<\/h3>\n<p>Le vocable \u00ab amacrine \u00bb d\u00e9rive du grec ancien, compos\u00e9 du pr\u00e9fixe privatif <em>a-<\/em> (\u1f00-, signifiant \u00ab sans \u00bb ou \u00ab d\u00e9pourvu de \u00bb), du substantif <em>makros<\/em> (\u03bc\u03b1\u03ba\u03c1\u03cc\u03c2, signifiant \u00ab long \u00bb ou \u00ab \u00e9tendu \u00bb), et de la racine <em>in-<\/em> (\u1f34\u03c2, \u1f30\u03bd\u03cc\u03c2, d\u00e9signant le \u00ab filament \u00bb, le \u00ab nerf \u00bb ou la \u00ab fibre \u00bb). Litt\u00e9ralement, le terme se traduit par \u00ab d\u00e9pourvue de long filament \u00bb, ce qui renvoie de mani\u00e8re transparente \u00e0 l&rsquo;absence apparente d&rsquo;un prolongement axonique diff\u00e9renci\u00e9 des dendrites.<\/p>\n<p>Cette d\u00e9nomination a \u00e9t\u00e9 introduite dans la nomenclature histologique par l&rsquo;anatomiste et biologiste espagnol Santiago Ram\u00f3n y Cajal \u00e0 la fin du XIXe si\u00e8cle. Observant la r\u00e9tine \u00e0 travers les colorations argentiques de Golgi, Cajal a identifi\u00e9 ces cellules singuli\u00e8res dont les ramifications semblaient exercer des fonctions dendritiques tout en assumant des propri\u00e9t\u00e9s de lib\u00e9ration v\u00e9siculaire g\u00e9n\u00e9ralement d\u00e9volues aux axones. Le terme a subs\u00e9quemment \u00e9t\u00e9 naturalis\u00e9 dans la communaut\u00e9 scientifique internationale, conservant dans toutes les langues savantes contemporaines sa racine \u00e9tymologique gr\u00e9co-latine originelle.<\/p>\n<h3>3. Prononciation et forme grammaticale<\/h3>\n<p>En fran\u00e7ais standard, le terme s&rsquo;\u00e9nonce phon\u00e9tiquement \/s\u025b.lyl a.ma.k\u0281in\/. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un syntagme nominal f\u00e9minin constitu\u00e9 du nom \u00ab cellule \u00bb et de l&rsquo;\u00e9pith\u00e8te \u00ab amacrine \u00bb. Dans la litt\u00e9rature sp\u00e9cialis\u00e9e, le terme s&#8217;emploie \u00e9galement de mani\u00e8re autonome comme substantif f\u00e9minin (\u00ab une amacrine \u00bb, \u00ab les amacrines \u00bb), bien que l&rsquo;appellation pleine \u00ab cellule amacrine \u00bb demeure la plus fr\u00e9quente dans les contextes formels et acad\u00e9miques.<\/p>\n<p>Le terme s&rsquo;accorde au pluriel selon les r\u00e8gles grammaticales usuelles (\u00ab cellules amacrines \u00bb). Sur le plan syntaxique, il est le plus souvent associ\u00e9 \u00e0 des qualificatifs fonctionnels ou neurochimiques descriptifs, tels que \u00ab cellule amacrine glycinergique \u00bb, \u00ab cellule amacrine GABAergique \u00bb, ou encore \u00ab cellule amacrine \u00e9toil\u00e9e \u00bb (en r\u00e9f\u00e9rence aux cellules dites <em>starburst<\/em>).<\/p>\n<h3>4. Explication conceptuelle d\u00e9taill\u00e9e<\/h3>\n<p>La r\u00e9tine des vert\u00e9br\u00e9s ne se contente pas d&rsquo;enregistrer passivement un motif d&rsquo;ondes lumineuses ; elle proc\u00e8de \u00e0 un pr\u00e9traitement massif et s\u00e9lectif de l&rsquo;information brute. La cellule amacrine se situe au carrefour de cette premi\u00e8re \u00e9tape de calcul neural. Alors que les cellules photor\u00e9ceptrices (c\u00f4nes et b\u00e2tonnets) effectuent la transduction du signal lumineux et que les cellules bipolaires assurent un relais vertical principal vers les cellules ganglionnaires, les cellules amacrines forment un r\u00e9seau dense de communications tangentielles au sein de la couche plexiforme interne. Cette disposition architecturale leur conf\u00e8re une position strat\u00e9gique pour moduler, synchroniser et fa\u00e7onner le message visuel avant son exportation c\u00e9r\u00e9brale.<\/p>\n<p>L&rsquo;une des singularit\u00e9s morphofonctionnelles majeures de la cellule amacrine r\u00e9side dans la nature hybride de ses prolongements membranaires. D\u00e9pourvues d&rsquo;axone morphologiquement classique, leurs arborisations dendritiques assument simultan\u00e9ment des fonctions d&rsquo;entr\u00e9e (aff\u00e9rentes) et de sortie (eff\u00e9rentes). Une m\u00eame \u00e9pine ou branche dendritique peut recevoir un contact synaptique excitateur d&rsquo;une cellule bipolaire et, \u00e0 quelques nanom\u00e8tres de distance, \u00e9tablir une synapse inhibitrice sur le corps ou le champ dendritique d&rsquo;une cellule ganglionnaire ou d&rsquo;une autre cellule amacrine voisine. Cette organisation en microcircuits locaux autonomes permet des calculs dendritiques compartiment\u00e9s, affranchissant souvent la cellule d&rsquo;avoir \u00e0 g\u00e9n\u00e9rer des potentiels d&rsquo;action globaux pour influencer le traitement sensoriel localis\u00e9.<\/p>\n<p>D&rsquo;un point de vue fonctionnel, les cellules amacrines sont les ma\u00eetres d&rsquo;\u0153uvre des dynamiques inhibitrices de la r\u00e9tine. Alors que les cellules horizontales exercent une inhibition pr\u00e9coce au niveau de la couche plexiforme externe pour calibrer les champs r\u00e9cepteurs antagonistes (centre-p\u00e9riph\u00e9rie) des cellules bipolaires, les amacrines diversifient et d\u00e9multiplient ces interactions au niveau de la couche plexiforme interne. Elles r\u00e9gulent la cin\u00e9tique des r\u00e9ponses ON et OFF, modulent les contrastes temporels (cin\u00e9tiques de d\u00e9charge soutenues versus transitoires), et participent de mani\u00e8re critique \u00e0 la s\u00e9lectivit\u00e9 pour l&rsquo;orientation et la direction du mouvement visuel.<\/p>\n<p>En outre, la cellule amacrine A-II (ou AII) occupe une position irrempla\u00e7able dans le relais de la vision nocturne. Les cellules bipolaires d\u00e9di\u00e9es aux b\u00e2tonnets ne contactent pas directement les cellules ganglionnaires ; elles font obligatoirement synapse avec les cellules amacrines AII. Ces derni\u00e8res r\u00e9injectent le signal scotopique hautement amplifi\u00e9 dans les voies bipolaires des c\u00f4nes ON et OFF par le biais de jonctions communicantes (synapses \u00e9lectriques) et de synapses glycinergiques inhibitrices conventionnelles. Sans ce dispositif computationnel propre aux cellules amacrines, l&rsquo;appareil visuel humain serait incapable d&rsquo;op\u00e9rer la transition fluide entre la p\u00e9nombre et la pleine lumi\u00e8re.<\/p>\n<h3>5. D\u00e9veloppement historique<\/h3>\n<p>L&rsquo;histoire de la d\u00e9couverte et de la caract\u00e9risation des cellules amacrines est intimement corr\u00e9l\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9volution des techniques de microscopie optique et de neurochimie. \u00c0 la fin du XIXe si\u00e8cle, les descriptions initiales des couches r\u00e9tiniennes par Heinrich M\u00fcller et Max Schultze laissaient planer une relative obscurit\u00e9 sur la nature exacte des \u00e9l\u00e9ments cellulaires interm\u00e9diaires intercal\u00e9s entre les cellules \u00e0 c\u00f4nes\/b\u00e2tonnets et les volumineuses cellules du nerf optique.<\/p>\n<p>C&rsquo;est avec l&rsquo;av\u00e8nement de la m\u00e9thode d&rsquo;impr\u00e9gnation chromo-argentique d\u00e9velopp\u00e9e par Camillo Golgi que le neuroanatomiste <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Santiago_Ram%C3%B3n_y_Cajal\">Santiago Ram\u00f3n y Cajal<\/a> r\u00e9alise des avanc\u00e9es d\u00e9cisives. Entre 1888 et 1893, Cajal examine m\u00e9ticuleusement la r\u00e9tine de multiples esp\u00e8ces et identifie une profusion d&rsquo;arborisations insolites confin\u00e9es \u00e0 la zone limite interne. Constatant l&rsquo;absence d&rsquo;axone descendant vers la couche des fibres nerveuses, il forge le terme de \u00ab cellule amacrine \u00bb et formule l&rsquo;hypoth\u00e8se pr\u00e9monitoire que ces structures accomplissent des connexions horizontales r\u00e9gulatrices essentielles \u00e0 la coordination de l&rsquo;influx visuel.<\/p>\n<p>Au milieu du XXe si\u00e8cle, l&rsquo;introduction de la microscopie \u00e9lectronique par des chercheurs tels que John E. Dowling et Brian B. Boycott permet de r\u00e9v\u00e9ler l&rsquo;extr\u00eame finesse ultrastructurale des synapses r\u00e9tiniennes. Les travaux de Dowling dans les ann\u00e9es 1960 mettent en lumi\u00e8re les fameuses \u00ab dyades synaptiques \u00bb, d\u00e9montrant physiquement comment une terminaison pr\u00e9synaptique de cellule bipolaire s&rsquo;apparie conjointement \u00e0 un processus de cellule amacrine et \u00e0 une dendrite de cellule ganglionnaire. Cette d\u00e9couverte mat\u00e9rielle ancre d\u00e9finitivement l&rsquo;importance th\u00e9orique du contr\u00f4le par r\u00e9troaction et de l&rsquo;inhibition prospective directe dans les neurosciences sensorielles.<\/p>\n<p>\u00c0 partir des ann\u00e9es 1970 et 1980, le d\u00e9veloppement de l&rsquo;immunocytochimie et des techniques de patch-clamp par des figures telles que David Vaney et Richard Masland ouvre l&rsquo;\u00e8re de la cartographie mol\u00e9culaire. Ces chercheurs d\u00e9montrent que les cellules amacrines ne constituent pas une entit\u00e9 homog\u00e8ne, mais plut\u00f4t une vaste famille englobant plus de quarante sous-types distincts, chacun caract\u00e9ris\u00e9 par des neurotransmetteurs sp\u00e9cifiques (GABA, glycine, ac\u00e9tylcholine, dopamine) et des topologies dendritiques d\u00e9di\u00e9es \u00e0 des canaux sensoriels parall\u00e8les.<\/p>\n<h3>6. Fondements th\u00e9oriques<\/h3>\n<p>La compr\u00e9hension conceptuelle des cellules amacrines s&rsquo;enracine dans la th\u00e9orie des circuits neuronaux et le mod\u00e8le du traitement parall\u00e8le de l&rsquo;information visuelle. Selon cette perspective, le syst\u00e8me nerveux ne transmet pas une r\u00e9plique unitaire de l&rsquo;image optique, mais fragmente l&rsquo;environnement en sous-composantes analytiques distinctes : contraste spatial, fr\u00e9quence spatiale, couleur, mouvement, direction, et cadence temporelle. Les cellules amacrines incarnent le substrat biophysique de cette parcellisation pr\u00e9coce.<\/p>\n<p>Un autre cadre th\u00e9orique fondamental est celui de la th\u00e9orie de l&rsquo;inhibition lat\u00e9rale, conceptualis\u00e9e par Georg von B\u00e9k\u00e9sy et Haldan Keffer Hartline (prix Nobel 1967). Si Hartline a mod\u00e9lis\u00e9 l&rsquo;inhibition lat\u00e9rale chez les invert\u00e9br\u00e9s, l&rsquo;application de ce concept \u00e0 la vision complexe des vert\u00e9br\u00e9s mobilise directement les cellules amacrines. Ces derni\u00e8res cr\u00e9ent des gradients d&rsquo;inhibition spatiale et temporelle qui accentuent les discontinuit\u00e9s de luminance, am\u00e9liorent la discrimination des contours et \u00e9liminent le bruit de fond neural issu de fluctuations spontan\u00e9es des photor\u00e9cepteurs.<\/p>\n<p>Enfin, la th\u00e9orie computationnelle de la vision, popularis\u00e9e par David Marr au Massachusetts Institute of Technology (MIT), postule que toute t\u00e2che perceptive ob\u00e9it \u00e0 des contraintes algorithmiques rigoureuses. Dans ce cadre, la cellule amacrine est analys\u00e9e comme une unit\u00e9 de calcul analogique distribu\u00e9e. Gr\u00e2ce \u00e0 ses dendrites ind\u00e9pendantes capables de lib\u00e9rer du <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Acide_%CE%B3-aminobutyrique\">GABA<\/a> ou de la glycine en r\u00e9ponse \u00e0 des d\u00e9polarisations locales gradu\u00e9es, elle r\u00e9sout des calculs non lin\u00e9aires complexes tels que la d\u00e9tection de corr\u00e9lation temporelle ou le filtrage passe-bande spatio-temporel avant toute \u00e9mission de potentiel d&rsquo;action conventionnel vers le cortex c\u00e9r\u00e9bral.<\/p>\n<h3>7. Composantes cl\u00e9s, types et dimensions<\/h3>\n<p>La diversit\u00e9 des cellules amacrines est telle qu&rsquo;elle d\u00e9passe celle de tout autre groupe cellulaire de la r\u00e9tine. Bien qu&rsquo;elles partagent une localisation fondamentale au sein de la couche nucl\u00e9aire interne et de la couche plexiforme interne, on les classifie selon leur morphologie spatiale, leur \u00e9tendue dendritique et leur neurochimie :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Cellules amacrines \u00e0 champ \u00e9troit (narrow-field) :<\/strong> Pr\u00e9sentant un diam\u00e8tre dendritique restreint (souvent inf\u00e9rieur \u00e0 100 microm\u00e8tres), elles sont majoritairement glycinergiques. Leur r\u00f4le central est d&rsquo;assurer des interactions verticales pr\u00e9cises et une s\u00e9gr\u00e9gation stricte entre les couches sous-laminaires ON et OFF. L&rsquo;arch\u00e9type est la cellule amacrine AII.<\/li>\n<li><strong>Cellules amacrines \u00e0 champ moyen et large (medium- et wide-field) :<\/strong> Leurs ramifications peuvent s&rsquo;\u00e9tendre sur plus d&rsquo;un millim\u00e8tre \u00e0 travers la r\u00e9tine. Elles utilisent principalement le GABA comme neurotransmetteur classique et sont responsables de l&rsquo;int\u00e9gration d&rsquo;informations \u00e0 longue distance et de l&rsquo;inhibition de suppression contextuelle p\u00e9riph\u00e9rique.<\/li>\n<li><strong>Cellules amacrines \u00e9toil\u00e9es (Starburst Amacrine Cells &#8211; SAC) :<\/strong> Dispos\u00e9es en deux populations miroirs (l&rsquo;une dans la sous-couche ON, l&rsquo;autre dans la sous-couche OFF), ces cellules poss\u00e8dent des arborisations dendritiques sym\u00e9triques tr\u00e8s denses. Elles lib\u00e8rent \u00e0 la fois du GABA et de l&rsquo;<a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Ac%C3%A9tylcholine\">ac\u00e9tylcholine<\/a> et constituent l&rsquo;\u00e9l\u00e9ment cl\u00e9 g\u00e9n\u00e9rateur de la s\u00e9lectivit\u00e9 directionnelle chez les cellules ganglionnaires.<\/li>\n<li><strong>Cellules amacrines dopaminergiques :<\/strong> Bien que peu nombreuses en valeur absolue, ces cellules d\u00e9ploient de vastes champs et lib\u00e8rent de la dopamine de mani\u00e8re paracrine. La dopamine adapte l&rsquo;\u00e9tat fonctionnel de la r\u00e9tine aux cycles circadiens et au passage d&rsquo;une vision nocturne (scotopique) \u00e0 une vision diurne (photopique) en r\u00e9gulant la perm\u00e9abilit\u00e9 des jonctions communicantes.<\/li>\n<li><strong>Cellules amacrines polyaxoniques :<\/strong> Cas particulier d\u00e9fiant l&rsquo;\u00e9tymologie stricte, ces cellules poss\u00e8dent de longs processus tr\u00e8s fins assimilables \u00e0 des axones axonaux authentiques, capables de g\u00e9n\u00e9rer de v\u00e9ritables potentiels d&rsquo;action sodiques sur de vastes distances pour coordonner des r\u00e9ponses r\u00e9flexes \u00e9tendues.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>8. Exemples et cas illustratifs<\/h3>\n<p>Pour illustrer concr\u00e8tement le fonctionnement d&rsquo;une cellule amacrine, consid\u00e9rons le ph\u00e9nom\u00e8ne neuropsychologique de la d\u00e9tection de direction du regard et du mouvement d&rsquo;un objet. Lorsqu&rsquo;une proie ou un pr\u00e9dateur traverse rapidement le champ de vision p\u00e9riph\u00e9rique d&rsquo;un sujet, certains neurones ganglionnaires de la r\u00e9tine d\u00e9chargent vigoureusement si le mouvement va de gauche \u00e0 droite, mais restent totalement silencieux si la trajectoire s&rsquo;inverse. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne, appel\u00e9 \u00ab s\u00e9lectivit\u00e9 directionnelle \u00bb, n&rsquo;est pas engendr\u00e9 par le cerveau, mais par les cellules amacrines \u00e9toil\u00e9es (SAC).<\/p>\n<p>Dans cette situation, les dendrites individuelles de la cellule amacrine \u00e9toil\u00e9e r\u00e9pondent de mani\u00e8re asym\u00e9trique : le calcium intracellulaire s&rsquo;accumule pr\u00e9f\u00e9rentiellement vers les extr\u00e9mit\u00e9s p\u00e9riph\u00e9riques lors d&rsquo;un mouvement centrifuge. La cellule lib\u00e8re du GABA de mani\u00e8re orient\u00e9e et asynchrone, cr\u00e9ant une vague d&rsquo;inhibition en avant du stimulus sur la cellule ganglionnaire dans le sens non pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 (dit nul), \u00e9touffant ainsi le signal. Inversement, lors d&rsquo;un d\u00e9placement dans la direction pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e, l&rsquo;inhibition arrive trop tard pour entraver l&rsquo;excitation, permettant la transmission instantan\u00e9e de l&rsquo;alerte cin\u00e9tique au colliculus sup\u00e9rieur et au cortex visuel.<\/p>\n<p>Un second exemple clinique et psychophysique marquant concerne l&rsquo;adaptation \u00e0 l&rsquo;obscurit\u00e9. Lorsqu&rsquo;un individu p\u00e9n\u00e8tre dans une salle de cin\u00e9ma obscure apr\u00e8s avoir march\u00e9 sous un soleil \u00e9clatant, il \u00e9prouve une c\u00e9cit\u00e9 temporaire de quelques minutes. Durant cette phase, la cellule amacrine AII se r\u00e9organise fonctionnellement. Sous l&rsquo;effet de la diminution de la dopamine ambiante, les jonctions gap entre les cellules AII et les cellules bipolaires \u00e0 c\u00f4nes s&rsquo;ouvrent, reconnectant le r\u00e9seau ultra-sensible des b\u00e2tonnets au circuit principal. Ce basculement neurophysiologique orchestr\u00e9 par la cellule amacrine restaure progressivement la vision des formes dans des conditions de tr\u00e8s faible luminosit\u00e9.<\/p>\n<h3>9. Mesure et \u00e9valuation<\/h3>\n<p>L&rsquo;observation et la mesure des propri\u00e9t\u00e9s fonctionnelles des cellules amacrines requi\u00e8rent des technologies de pointe combinant \u00e9lectrophysiologie fine, imagerie optique et tra\u00e7age g\u00e9n\u00e9tique :<\/p>\n<p>L&rsquo;enregistrement par <em>patch-clamp<\/em> sur tranches de r\u00e9tine vivante ou sur montage \u00e0 plat constitue la m\u00e9thode de r\u00e9f\u00e9rence pour quantifier les courants membranaires de ces cellules. Les exp\u00e9rimentateurs peuvent mesurer les courants post-synaptiques excitateurs (EPSC) glutamatergiques et les courants inhibiteurs (IPSC) GABAergiques ou glycinergiques sous diverses stimulations lumineuses programm\u00e9es.<\/p>\n<p>L&rsquo;imagerie calcique fonctionnelle multiphotonique (microscopie \u00e0 deux photons), combin\u00e9e \u00e0 des sondes fluorescentes g\u00e9n\u00e9tiquement encod\u00e9es (comme GCaMP), permet d&rsquo;enregistrer en temps r\u00e9el l&rsquo;activit\u00e9 non pas seulement du corps cellulaire, mais de sous-domaines dendritiques isol\u00e9s au sein de la r\u00e9tine intacte lors de la pr\u00e9sentation d&rsquo;indices visuels mobiles ou contrast\u00e9s.<\/p>\n<p>Chez l&rsquo;\u00eatre humain, l&rsquo;\u00e9valuation directe et isol\u00e9e des cellules amacrines n&rsquo;est pas r\u00e9alisable par des \u00e9lectrodes intracellulaires en raison du caract\u00e8re non invasif requis. Cependant, l&rsquo;<a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/%C3%89lectror%C3%A9tinogramme\">\u00e9lectror\u00e9tinogramme<\/a> (ERG) offre un moyen indirect d&rsquo;appr\u00e9cier leur int\u00e9grit\u00e9. Plus pr\u00e9cis\u00e9ment, les potentiels oscillatoires (PO) de l&rsquo;ERG flash correspondent \u00e0 des d\u00e9charges rythmiques de haute fr\u00e9quence superpos\u00e9es \u00e0 l&rsquo;onde b, dont la gen\u00e8se d\u00e9coule quasi exclusivement des r\u00e9troactions r\u00e9ciproques entre les cellules amacrines et les cellules bipolaires au sein de la couche plexiforme interne.<\/p>\n<h3>10. Applications et signification pratique<\/h3>\n<p>L&rsquo;\u00e9tude des cellules amacrines transcende la simple curiosit\u00e9 anatomique et s&rsquo;\u00e9tend \u00e0 des champs d&rsquo;application clinique, pharmacologique et technologique consid\u00e9rables :<\/p>\n<p>En ophtalmologie et en neurologie, l&rsquo;alt\u00e9ration pr\u00e9coce des potentiels oscillatoires de l&rsquo;ERG est un biomarqueur clinique reconnu de la r\u00e9tinopathie diab\u00e9tique d\u00e9butante et du glaucome, apparaissant souvent avant la survenue de l\u00e9sions vasculaires visibles \u00e0 l&rsquo;angiographie ou de pertes mesurables du champ visuel. Ces cellules hautement m\u00e9taboliques sont en effet extr\u00eamement vuln\u00e9rables \u00e0 l&rsquo;isch\u00e9mie, au stress oxydatif et \u00e0 l&rsquo;excitotoxicit\u00e9 glutamatergique.<\/p>\n<p>Dans le domaine de l&rsquo;ing\u00e9nierie neuromorphique et de la vision artificielle, les algorithmes sous-tendant les capteurs de vision bas\u00e9s sur les \u00e9v\u00e9nements (Dynamic Vision Sensors ou r\u00e9tines de silicium) s&rsquo;inspirent directement des principes de calcul des cellules amacrines. En reproduisant leur m\u00e9canisme de diff\u00e9rentiation temporelle et d&rsquo;inhibition lat\u00e9rale, les ing\u00e9nieurs con\u00e7oivent des cam\u00e9ras \u00e0 ultra-haute vitesse et tr\u00e8s faible consommation \u00e9nerg\u00e9tique, capables d&rsquo;ignorer les arri\u00e8re-plans statiques pour ne coder que les variations cin\u00e9tiques environnementales.<\/p>\n<p>En psychophysique et en neuropsychologie clinique, la compr\u00e9hension du traitement amacrinien permet de mieux cerner certaines alt\u00e9rations de la perception visuelle observ\u00e9es dans la maladie de Parkinson. La d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence des neurones dopaminergiques affecte \u00e9galement les cellules amacrines \u00e0 dopamine de la r\u00e9tine, expliquant les d\u00e9ficits de sensibilit\u00e9 aux contrastes spatio-temporels et les hallucinations visuelles mineures fr\u00e9quemment rapport\u00e9s par les patients parkinsoniens.<\/p>\n<h3>11. Recherche et preuves empiriques<\/h3>\n<p>La recherche contemporaine a boulevers\u00e9 les conceptions traditionnelles de la cellule amacrine \u00e0 travers plusieurs vagues d&rsquo;investigations empiriques men\u00e9es depuis le tournant du XXIe si\u00e8cle :<\/p>\n<p>Les \u00e9tudes de transcriptomique sur cellule unique (single-cell RNA sequencing), notamment celles conduites par le laboratoire de Joshua Sanes \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 Harvard (Shekhar et al., 2016 ; Yan et al., 2020), ont permis d&rsquo;\u00e9tablir une taxonomie mol\u00e9culaire exhaustive de la r\u00e9tine. Leurs r\u00e9sultats indiquent qu&rsquo;il existe au moins 63 sous-types distincts de cellules amacrines chez les mammif\u00e8res, chaque classe exprimant une signature g\u00e9n\u00e9tique univoque, des r\u00e9cepteurs canaux particuliers et des mol\u00e9cules d&rsquo;adh\u00e9sion r\u00e9gissant un ciblage synaptique d&rsquo;une pr\u00e9cision nanom\u00e9trique.<\/p>\n<p>Sur le front de la computation visuelle, les recherches men\u00e9es par Thomas Euler et son \u00e9quipe \u00e0 l&rsquo;Institut de neurobiologie de T\u00fcbingen ont exploit\u00e9 l&rsquo;imagerie calcique biphotonique pour d\u00e9montrer que les dendrites des cellules amacrines fonctionnent comme des processeurs ind\u00e9pendants. Leurs publications attestent que la signalisation dendritique n&rsquo;a pas n\u00e9cessairement besoin d&rsquo;envahir le soma de la cellule pour produire une modulation synaptique locale, confirmant empiriquement l&rsquo;hypoth\u00e8se de r\u00e9seaux computationnels massivement parall\u00e8les et d\u00e9centralis\u00e9s au sein de la couche plexiforme interne.<\/p>\n<p>Parall\u00e8lement, les travaux sur les cellules \u00e0 m\u00e9lanopsine et les rythmes biologiques ont mis en exergue les interactions synaptiques \u00e9troites entre certaines cellules amacrines dopaminergiques et les cellules ganglionnaires intrins\u00e8quement photosensibles (ipRGCs). Ces \u00e9tudes r\u00e9v\u00e8lent que les cellules amacrines participent \u00e0 la synchronisation de l&rsquo;horloge circadienne centrale dans le noyau suprachiasmatique de l&rsquo;hypothalamus en ajustant la sensibilit\u00e9 r\u00e9tinienne globale en r\u00e9ponse \u00e0 l&rsquo;exposition chronique \u00e0 la lumi\u00e8re bleue.<\/p>\n<h3>12. Consid\u00e9rations culturelles et transculturelles<\/h3>\n<p>En tant qu&rsquo;\u00e9l\u00e9ment fondamental de la neuroanatomie humaine et animale, la cellule amacrine ne pr\u00e9sente pas de variations structurelles directes tributaires de la culture, de l&rsquo;origine ethnique ou de l&rsquo;appartenance sociolinguistique des individus. Ses propri\u00e9t\u00e9s physiologiques de base sont universellement partag\u00e9es \u00e0 travers l&rsquo;ensemble de l&rsquo;esp\u00e8ce humaine et conserv\u00e9es avec une remarquable constance \u00e9volutive chez les vert\u00e9br\u00e9s.<\/p>\n<p>Cependant, l&rsquo;impact fonctionnel des circuits amacriniens se refl\u00e8te dans les \u00e9tudes de psychophysique transculturelle explorant la sensibilit\u00e9 aux illusions visuelles et les styles cognitifs d&rsquo;appr\u00e9hension des sc\u00e8nes visuelles (focalisation analytique versus perception holistique globale). Bien que ces diff\u00e9rences perceptives soient g\u00e9n\u00e9ralement imput\u00e9es \u00e0 des facteurs attentionnels et \u00e0 une plasticit\u00e9 corticale modul\u00e9e par l&rsquo;environnement socio-\u00e9ducatif, le traitement des contrastes et des hautes fr\u00e9quences spatiales \u2014 en partie pr\u00e9-calibr\u00e9 par les interactions des cellules amacrines \u2014 constitue le socle sensoriel mat\u00e9riel ind\u00e9passable sur lequel ces variations perceptives se d\u00e9ploient.<\/p>\n<h3>13. Critiques, d\u00e9bats et limites<\/h3>\n<p>La caract\u00e9risation et l&rsquo;interpr\u00e9tation du r\u00f4le des cellules amacrines demeurent l&rsquo;objet de vifs d\u00e9bats au sein de la communaut\u00e9 des neurosciences de la vision :<\/p>\n<p>Le premier d\u00e9bat concerne la classification morphologique versus fonctionnelle. Certains neurobiologistes soulignent qu&rsquo;une taxonomie fond\u00e9e uniquement sur le profil g\u00e9n\u00e9tique ou la microscopie anatomique peut aboutir \u00e0 une prolif\u00e9ration excessive de sous-types artificiels. Ils soutiennent que plusieurs sous-types d\u00e9crits dans la litt\u00e9rature pourraient simplement refl\u00e9ter des \u00e9tats dynamiques variables ou des stades de plasticit\u00e9 d&rsquo;une population cellulaire plus restreinte, plut\u00f4t que des classes immuables.<\/p>\n<p>Un second point de controverse classique touche \u00e0 la notion m\u00eame d&rsquo;absence d&rsquo;axone. La d\u00e9couverte de \u00ab cellules amacrines polyaxoniques \u00bb, dot\u00e9es de projections morphologiquement et fonctionnellement \u00e9quivalentes \u00e0 des axones conduisant des potentiels d&rsquo;action sur de longues distances, a suscit\u00e9 des critiques \u00e9pist\u00e9mologiques quant \u00e0 la persistance d&rsquo;une nomenclature obsol\u00e8te. Certains auteurs sugg\u00e8rent qu&rsquo;il conviendrait de requalifier ces cellules pour \u00e9viter des confusions conceptuelles chez les \u00e9tudiants et chercheurs non sp\u00e9cialistes.<\/p>\n<p>Enfin, une limite m\u00e9thodologique majeure r\u00e9side dans la difficult\u00e9 de d\u00e9coupler exp\u00e9rimentalement l&rsquo;action d&rsquo;un sous-type amacrinien unique <em>in vivo<\/em> chez l&rsquo;animal en mouvement libre. Bien que l&rsquo;optog\u00e9n\u00e9tique et les vecteurs viraux permettent d\u00e9sormais de cibler des promoteurs g\u00e9n\u00e9tiques particuliers, la redondance des circuits r\u00e9tiniens et l&rsquo;existence d&rsquo;effets compensatoires instantan\u00e9s rendent ardue l&rsquo;attribution sans \u00e9quivoque d&rsquo;une fonction perceptive pr\u00e9cise (par exemple un seuil de d\u00e9tection psychophysique particulier) \u00e0 un sous-type cellulaire isol\u00e9.<\/p>\n<h3>14. Termes connexes et distinctions<\/h3>\n<p>Pour appr\u00e9hender ad\u00e9quatement la place de la cellule amacrine, il importe de la discriminer rigoureusement des autres composants cellulaires de la neuro-r\u00e9tine :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Cellule horizontale :<\/strong> Bien qu&rsquo;\u00e9galement inhibitrice et orient\u00e9e lat\u00e9ralement, la cellule horizontale se situe dans la couche nucl\u00e9aire externe et fait exclusivement synapse avec les photor\u00e9cepteurs et les dendrites des cellules bipolaires au sein de la couche plexiforme externe, participant \u00e0 l&rsquo;organisation centre-p\u00e9riph\u00e9rie pr\u00e9coce.<\/li>\n<li><strong>Cellule bipolaire :<\/strong> C&rsquo;est le neurone de transmission verticale directe reliant les photor\u00e9cepteurs aux cellules ganglionnaires. Contrairement aux cellules amacrines dont le r\u00f4le principal est modulateur et inhibiteur, les cellules bipolaires transf\u00e8rent l&rsquo;axe excitateur glutamatergique primaire.<\/li>\n<li><strong>Cellule ganglionnaire :<\/strong> C&rsquo;est le neurone de sortie de la r\u00e9tine. Dot\u00e9e d&rsquo;un long axone my\u00e9linis\u00e9 formant le nerf optique, la cellule ganglionnaire g\u00e9n\u00e8re obligatoirement des trains de potentiels d&rsquo;action pour envoyer les messages aux structures c\u00e9r\u00e9brales, contrairement \u00e0 la vaste majorit\u00e9 des cellules amacrines qui fonctionnent par potentiels gradu\u00e9s locaux.<\/li>\n<li><strong>Cellule gliale de M\u00fcller :<\/strong> Cellule gliale de soutien traversant toute l&rsquo;\u00e9paisseur de la r\u00e9tine. Elle n&rsquo;est pas un neurone et ne traite pas l&rsquo;information synaptique computationnelle, mais assure l&rsquo;hom\u00e9ostasie m\u00e9tabolique, ionique et architecturale du tissu r\u00e9tinien.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>15. Synth\u00e8se et points cl\u00e9s \u00e0 retenir<\/h3>\n<p>En conclusion, la cellule amacrine repr\u00e9sente l&rsquo;interneurone par excellence de la r\u00e9tine interne, garant de la plasticit\u00e9 et de la finesse de notre vision :<\/p>\n<ul>\n<li>Elle est un neurone d\u00e9pourvu d&rsquo;axone morphologique classique, effectuant des calculs dendritiques locaux gr\u00e2ce \u00e0 des synapses bi-directionnelles dans la couche plexiforme interne.<\/li>\n<li>Elle constitue la classe cellulaire la plus diverse de la r\u00e9tine, avec plus de 60 sous-types identifi\u00e9s par des profils neurochimiques GABAergiques, glycinergiques, cholinergiques ou dopaminergiques distincts.<\/li>\n<li>Elle joue un r\u00f4le primordial dans la d\u00e9tection du mouvement (s\u00e9lectivit\u00e9 directionnelle), l&rsquo;inhibition lat\u00e9rale, le contr\u00f4le dynamique du contraste et le basculement fonctionnel entre la vision diurne et nocturne (cellule AII).<\/li>\n<li>Ses dysfonctionnements constituent un indicateur pr\u00e9coce d&rsquo;atteintes neuro-r\u00e9tiniennes majeures, notamment dans le diab\u00e8te, le glaucome et certaines affections neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9ratives comme la maladie de Parkinson.<\/li>\n<li>Elle constitue un mod\u00e8le d&rsquo;inspiration central pour le d\u00e9veloppement de processeurs visuels bio-inspir\u00e9s et la vision informatique contemporaine.<\/li>\n<\/ul>\n<h2>R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<p>Cajal, S. R. y. (1893). La r\u00e9tine des vert\u00e9br\u00e9s. <em>La Cellule<\/em>, 9, 119-257.<\/p>\n<p>Dowling, J. E., &#038; Boycott, B. B. (1966). Organization of the primate retina: electron microscopy. <em>Proceedings of the Royal Society of London. Series B. Biological Sciences<\/em>, 166(1003), 80-111. <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1098\/rspb.1966.0086\">https:\/\/doi.org\/10.1098\/rspb.1966.0086<\/a><\/p>\n<p>Euler, T., Haverkamp, S., Schubert, T., &#038; Baden, T. (2014). Retinal wiring for direction selectivity: who, where, and how. <em>Nature Reviews Neuroscience<\/em>, 15(6), 441-455. <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1038\/nrn3738\">https:\/\/doi.org\/10.1038\/nrn3738<\/a><\/p>\n<p>Masland, R. H. (2012). The tasks of amacrine cells in the retina. <em>Visual Neuroscience<\/em>, 29(1), 3-9. <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1017\/S0952523811000344\">https:\/\/doi.org\/10.1017\/S0952523811000344<\/a><\/p>\n<p>Shekhar, K., Lapan, S. W., Whitney, I. E., Tran, N. M., Macosko, E. Z., Kowalczyk, M., Adiconis, X., Levin, J. Z., Nemesh, J., Goldman, M., McCarroll, S. A., Cepko, C. L., Regev, A., &#038; Sanes, J. R. (2016). Comprehensive classification of retinal bipolar cells by single-cell RNA-seq. <em>Cell<\/em>, 166(5), 1308-1323. <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1016\/j.cell.2016.07.054\">https:\/\/doi.org\/10.1016\/j.cell.2016.07.054<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D\u00e9couvrez en d\u00e9tail la cellule amacrine : d\u00e9finition, typologie, m\u00e9canismes d&rsquo;inhibition lat\u00e9rale et r\u00f4le fondamental dans la perception visuelle.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"template":"","categories":[459,4562,5106],"tags":[33170,6934,5202,5158,22690,2915,31899],"class_list":["post-20174","psych_term","type-psych_term","status-publish","hentry","category-neurosciences","category-perception-sensorielle","category-psychophysique","tag-cellule-amacrine","tag-circuits-neuronaux","tag-inhibition-laterale","tag-neurobiologie-visuelle","tag-neurosciences-computationnelles","tag-perception-visuelle","tag-retine"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_term\/20174","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_term"}],"about":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/psych_term"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_term\/20174\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=20174"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=20174"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=20174"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}