{"id":20117,"date":"2026-10-23T09:17:12","date_gmt":"2026-10-23T09:17:12","guid":{"rendered":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/?psych_term=neurofeedback-alpha"},"modified":"2026-10-23T09:17:12","modified_gmt":"2026-10-23T09:17:12","slug":"neurofeedback-alpha","status":"publish","type":"psych_term","link":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/?psych_term=neurofeedback-alpha","title":{"rendered":"Neurofeedback alpha : Dompter les ondes c\u00e9r\u00e9brales"},"content":{"rendered":"<p>Le cerveau humain g\u00e9n\u00e8re en permanence une activit\u00e9 oscillatoire complexe refl\u00e9tant les variations dynamiques des \u00e9tats de vigilance, de cognition et d&rsquo;affect. Le neurofeedback alpha constitue l&rsquo;une des modalit\u00e9s de bior\u00e9troaction \u00e9lectroenc\u00e9phalographique les plus embl\u00e9matiques et rigoureusement document\u00e9es dans le champ des neurosciences comportementales et de la psychophysiologie clinique. En apprenant \u00e0 moduler de fa\u00e7on autonome l&rsquo;amplitude et la synchronisation de ces rythmes oscillatoires, les individus acc\u00e8dent \u00e0 une r\u00e9gulation cibl\u00e9e de leurs \u00e9tats mentaux, ouvrant des perspectives th\u00e9rapeutiques et cognitives majeures.<\/p>\n<h2>Neurofeedback alpha<\/h2>\n<h3>1. D\u00e9finition concise<\/h3>\n<p>Le neurofeedback alpha est une m\u00e9thode de bior\u00e9troaction neurophysiologique non invasive qui permet \u00e0 un individu d&rsquo;apprendre \u00e0 r\u00e9guler volontairement l&rsquo;amplitude, la puissance ou la coh\u00e9rence de ses ondes c\u00e9r\u00e9brales alpha (situ\u00e9es g\u00e9n\u00e9ralement dans la gamme de 8 \u00e0 12 Hertz) gr\u00e2ce \u00e0 un retour sensoriel imm\u00e9diat, visuel ou auditif. Ce protocole vise \u00e0 induire des \u00e9tats de relaxation \u00e9veill\u00e9e, \u00e0 optimiser les fonctions ex\u00e9cutives ou \u00e0 att\u00e9nuer divers sympt\u00f4mes psychiatriques et neurologiques.<\/p>\n<p>Sur le plan psychophysiologique, cette technique repose sur le paradigme du conditionnement op\u00e9rant appliqu\u00e9 aux param\u00e8tres de l&rsquo;<a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/%C3%89lectroenc%C3%A9phalographie\">\u00e9lectroenc\u00e9phalographie<\/a> (EEG). D\u00e8s lors que l&rsquo;activit\u00e9 oscillatoire mesur\u00e9e sur le scalp atteint ou d\u00e9passe un seuil cible pr\u00e9d\u00e9termin\u00e9, un signal de renforcement positif est d\u00e9livr\u00e9 en temps r\u00e9el au sujet, stimulant la plasticit\u00e9 synaptique et r\u00e9ajustant les circuits thalamocorticaux sous-jacents.<\/p>\n<p>Loin de constituer une intervention purement passive, le neurofeedback alpha requiert une participation m\u00e9tacognitive active de la part du participant. L&rsquo;apprentissage progressif de cet autor\u00e9glage favorise une r\u00e9organisation durable des r\u00e9seaux neuronaux, facilitant la transition volontaire entre des \u00e9tats de surcharge cognitive ou d&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 et des \u00e9tats de calme attentif propices au bien-\u00eatre et \u00e0 la performance intellectuelle.<\/p>\n<h3>2. \u00c9tymologie et origine linguistique<\/h3>\n<p>Le syntagme \u00ab neurofeedback alpha \u00bb proc\u00e8de de la conjonction de trois racines linguistiques distinctes, issues du grec ancien, de l&rsquo;anglais technique et de la nomenclature internationale de la neurophysiologie. Le pr\u00e9fixe \u00ab neuro- \u00bb provient du grec classique <em>neuron<\/em> (\u03bd\u03b5\u1fe6\u03c1\u03bf\u03bd), d\u00e9signant \u00e0 l&rsquo;origine le nerf, la fibre ou le ligament, avant d&rsquo;\u00eatre r\u00e9investi par la science moderne pour caract\u00e9riser le syst\u00e8me nerveux et le cerveau.<\/p>\n<p>Le terme \u00ab feedback \u00bb, compos\u00e9 des vocables anglais <em>feed<\/em> (nourrir, alimenter) et <em>back<\/em> (en retour, en arri\u00e8re), trouve son ancrage dans la cybern\u00e9tique introduite par Norbert Wiener au milieu du XXe si\u00e8cle pour d\u00e9crire un processus circulaire o\u00f9 l&rsquo;effet d&rsquo;une action r\u00e9troagit sur sa source initiale. Enfin, la d\u00e9nomination \u00ab alpha \u00bb emprunte directement la premi\u00e8re lettre de l&rsquo;alphabet grec (\u1f04\u03bb\u03c6\u03b1). Cette lettre a \u00e9t\u00e9 assign\u00e9e \u00e0 ces oscillations sp\u00e9cifiques par le psychiatre allemand Hans Berger en 1929, car il s&rsquo;agissait du tout premier rythme c\u00e9r\u00e9bral distinct qu&rsquo;il parvint \u00e0 isoler et \u00e0 enregistrer lors des pr\u00e9mices de l&rsquo;\u00e9lectroenc\u00e9phalographie humaine.<\/p>\n<h3>3. Prononciation et forme grammaticale<\/h3>\n<p>En langue fran\u00e7aise, l&rsquo;expression s&rsquo;\u00e9nonce phon\u00e9tiquement sous la forme \/n\u00f8.\u0281o.fid.bak al.fa\/. Sur le plan morphosyntaxique, il s&rsquo;agit d&rsquo;un syntagme nominal masculin invariable en pratique clinique (\u00ab le neurofeedback alpha \u00bb), bien que l&rsquo;on rencontre parfois l&rsquo;usage du pluriel (\u00ab les protocoles de neurofeedback alpha \u00bb) ou la francisation partielle sous la forme \u00ab neuror\u00e9troaction alpha \u00bb.<\/p>\n<p>Le vocable est couramment employ\u00e9 comme nom commun ou dans des structures adjectivales compos\u00e9es (\u00ab entra\u00eenement par neurofeedback alpha \u00bb, \u00ab s\u00e9ance de neurofeedback alpha \u00bb). Il s&rsquo;int\u00e8gre au lexique sp\u00e9cialis\u00e9 des sciences cognitives, de la neuropsychologie clinique et de la m\u00e9decine comportementale, s&rsquo;associant fr\u00e9quemment \u00e0 des verbes d\u00e9crivant le contr\u00f4le op\u00e9rant tels que \u00ab moduler \u00bb, \u00ab inhiber \u00bb, \u00ab amplifier \u00bb ou \u00ab synchroniser \u00bb.<\/p>\n<h3>4. Explication conceptuelle d\u00e9taill\u00e9e<\/h3>\n<p>Pour appr\u00e9hender en profondeur le neurofeedback alpha, il convient de cerner la nature biophysique de l&rsquo;onde alpha. G\u00e9n\u00e9r\u00e9e par des boucles de r\u00e9troaction complexes entre les noyaux thalamiques de relais et le cortex c\u00e9r\u00e9bral, notamment au sein des r\u00e9gions occipitales, pari\u00e9tales et temporo-post\u00e9rieures, l&rsquo;oscillation alpha s&rsquo;\u00e9tend typiquement entre 8 et 12 Hz (avec des sous-bandes d&rsquo;alpha inf\u00e9rieur \u00e0 8-10 Hz et d&rsquo;alpha sup\u00e9rieur \u00e0 10-12 Hz). Historiquement consid\u00e9r\u00e9e comme un rythme d&rsquo;inactivit\u00e9 ou de \u00ab repos cortical \u00bb (<em>cortical idling<\/em>), l&rsquo;onde alpha est aujourd&rsquo;hui reconnue par les neurosciences contemporaines comme un m\u00e9canisme fondamental d&rsquo;inhibition active des zones c\u00e9r\u00e9brales non pertinentes pour la t\u00e2che en cours, filtrant le bruit cognitif et pr\u00e9servant les ressources de traitement.<\/p>\n<p>Le dispositif de neurofeedback alpha s&rsquo;articule autour d&rsquo;une boucle ferm\u00e9e d&rsquo;information temps r\u00e9el. Des \u00e9lectrodes non invasives fix\u00e9es sur le cuir chevelu captent les micro-courants induits par la sommation spatio-temporelle des potentiels postsynaptiques pyramidaux. Le signal brut subit une cha\u00eene d&rsquo;amplification, de filtrage analogique et de traitement num\u00e9rique du signal par transformation de Fourier ou ondelettes. D\u00e8s que le niveau de puissance spectrale ou d&rsquo;amplitude de l&rsquo;onde alpha dans l&rsquo;\u00e9lectrode d&rsquo;int\u00e9r\u00eat franchit une limite param\u00e9tr\u00e9e par le clinicien, le participant re\u00e7oit une r\u00e9compense sensorielle (par exemple une tonalit\u00e9 harmonieuse continue, un cercle visuel qui s&rsquo;\u00e9largit ou l&rsquo;avanc\u00e9e fluide d&rsquo;une image sur un \u00e9cran).<\/p>\n<p>La r\u00e9gulation op\u00e9rante s&rsquo;exerce sur plusieurs param\u00e8tres fonctionnels. Si le protocole standard consiste \u00e0 augmenter l&rsquo;amplitude globale de l&rsquo;onde alpha (renforcement de la synchronisation) pour r\u00e9duire l&rsquo;hypervigilance et l&rsquo;agitation sympathique, certains protocoles ciblent l&rsquo;att\u00e9nuation s\u00e9lective de l&rsquo;alpha (d\u00e9synchronisation induite) afin d&rsquo;accro\u00eetre l&rsquo;engagement cognitif focalis\u00e9. D&rsquo;autres interventions sophistiqu\u00e9es se focalisent sur la coh\u00e9rence interh\u00e9misph\u00e9rique ou l&rsquo;asym\u00e9trie frontale alpha, modulant sp\u00e9cifiquement le diff\u00e9rentiel de puissance entre l&rsquo;h\u00e9misph\u00e8re gauche et l&rsquo;h\u00e9misph\u00e8re droit afin de r\u00e9guler les dispositions affectives et les troubles de l&rsquo;humeur.<\/p>\n<p>Au niveau de la subjectivit\u00e9 de l&rsquo;apprenant, le contr\u00f4le de l&rsquo;alpha s&rsquo;av\u00e8re subtil et paradoxal. Contrairement \u00e0 une t\u00e2che motrice volontaire, la volont\u00e9 directe et l&rsquo;effort cognitif intense provoquent une d\u00e9synchronisation imm\u00e9diate du rythme alpha au profit d&rsquo;ondes b\u00eata plus rapides. L&rsquo;individu doit ainsi d\u00e9velopper une posture de \u00ab l\u00e2cher-prise attentif \u00bb, combinant une absence de tension musculaire et mentale \u00e0 une vigilance soutenue, un \u00e9tat fr\u00e9quemment associ\u00e9 aux pratiques m\u00e9ditatives traditionnelles et aux \u00e9tats psychologiques d&rsquo;absorption optimale.<\/p>\n<h3>5. D\u00e9veloppement historique<\/h3>\n<p>L&rsquo;essor du neurofeedback alpha plonge ses racines dans les travaux pionniers de <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Hans_Berger\">Hans Berger<\/a> \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 d&rsquo;I\u00e9na. Ayant publi\u00e9 la premi\u00e8re trace d&rsquo;un EEG humain en 1929, Berger nota que le rythme dominant \u00e0 10 Hz chez un adulte au repos les yeux clos s&rsquo;estompait imm\u00e9diatement d\u00e8s l&rsquo;ouverture des yeux ou lors d&rsquo;une stimulation sensorielle vive. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne, baptis\u00e9 \u00ab blocage alpha \u00bb ou r\u00e9action d&rsquo;arr\u00eat, constitua la premi\u00e8re preuve de la r\u00e9activit\u00e9 de ce rythme \u00e0 l&rsquo;environnement interne et externe.<\/p>\n<p>Durant les ann\u00e9es 1960, le psychologue Joe Kamiya, \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 de Chicago puis \u00e0 l&rsquo;Institut psychiatrique Langley Porter de San Francisco, r\u00e9volutionna la discipline en d\u00e9montrant que des sujets humains pouvaient apprendre \u00e0 discriminer puis \u00e0 contr\u00f4ler consciemment la pr\u00e9sence de leurs ondes alpha. Kamiya sonnait une cloche lorsque l&rsquo;onde alpha apparaissait et demandait aux volontaires de deviner si leur rythme alpha \u00e9tait pr\u00e9sent ou absent. En quelques sessions de conditionnement op\u00e9rant, les participants atteignaient un niveau de pr\u00e9cision spectaculaire et parvenaient \u00e0 susciter ou \u00e9teindre l&rsquo;onde alpha \u00e0 la demande. Les publications de Kamiya, notamment son article de 1968 dans <em>Psychology Today<\/em>, d\u00e9clench\u00e8rent un engouement mondial pour le \u00ab contr\u00f4le des ondes c\u00e9r\u00e9brales \u00bb.<\/p>\n<p>Parall\u00e8lement, Barry Sterman de l&rsquo;Universit\u00e9 de Californie \u00e0 Los Angeles (UCLA) \u00e9tudiait l&rsquo;activit\u00e9 rythmique sensori-motrice chez le chat et d\u00e9couvrit le potentiel anti-convulsivant du neurofeedback, jetant les bases d&rsquo;une m\u00e9thodologie translationnelle rigoureuse. Durant les d\u00e9cennies 1970 et 1980, le neurofeedback alpha fut cependant victime de son propre succ\u00e8s m\u00e9diatique : assimil\u00e9 h\u00e2tivement \u00e0 une pilule magique de la contre-culture new-age promettant \u00ab l&rsquo;illumination instantan\u00e9e \u00bb, il connut une vague de d\u00e9sillusion en raison d&rsquo;\u00e9quipements rudimentaires et d&rsquo;un manque d&rsquo;essais contr\u00f4l\u00e9s randomis\u00e9s rigoureux.<\/p>\n<p>\u00c0 partir des ann\u00e9es 1990 et 2000, l&rsquo;av\u00e8nement des calculateurs num\u00e9riques ultrarapides, de l&rsquo;EEG quantitatif (QEEG) et de l&rsquo;imagerie c\u00e9r\u00e9brale combin\u00e9e (comme l&rsquo;IRMf coupl\u00e9e \u00e0 l&rsquo;EEG) r\u00e9habilita scientifiquement la technique. Les chercheurs mirent au point des protocoles alpha-th\u00eata ciblant le stress post-traumatique et les addictions, tandis que les laboratoires de neurosciences cognitives r\u00e9investirent l&rsquo;\u00e9tude fine de la fr\u00e9quence alpha pic individuelle (<em>Individual Alpha Peak Frequency<\/em>), consolidant le statut du neurofeedback alpha en tant qu&rsquo;outil biom\u00e9dical et neuro-r\u00e9\u00e9ducatif standardis\u00e9.<\/p>\n<h3>6. Fondements th\u00e9oriques<\/h3>\n<p>Le neurofeedback alpha s&rsquo;appuie sur une convergence de mod\u00e8les issus de l&rsquo;apprentissage comportemental, de la th\u00e9orie des syst\u00e8mes dynamiques et de la neurobiologie fonctionnelle. Le postulat premier s&rsquo;enracine dans le conditionnement op\u00e9rant skinnerien : en associant de mani\u00e8re contingente l&rsquo;\u00e9mission spontan\u00e9e d&rsquo;un profil neurophysiologique cible \u00e0 une r\u00e9compense sensorielle, le syst\u00e8me nerveux central adapte sa dynamique intrins\u00e8que par renforcement s\u00e9lectif.<\/p>\n<p>Sur le versant neurophysiologique, la th\u00e9orie du <em>gating<\/em> par inhibition explique le r\u00f4le d\u00e9terminant des oscillations alpha. Selon ce mod\u00e8le d\u00e9fendu notamment par Ole Jensen et Wolfgang Klimesch, le cerveau ne traite pas l&rsquo;information de fa\u00e7on continue dans toutes ses r\u00e9gions, mais module l&rsquo;excitabilit\u00e9 corticale par des salves oscillatoires locales. Une forte puissance alpha correspond \u00e0 une fermeture s\u00e9lective (inhibition) des canaux de traitement sensorimoteur et cognitif non prioritaires, pr\u00e9servant ainsi les r\u00e9seaux corticaux centraux contre l&rsquo;interf\u00e9rence attentionnelle. L&rsquo;entra\u00eenement par neurofeedback alpha modifie la pr\u00e9cision de ce filtrage oscillatoire.<\/p>\n<p>Le mod\u00e8le de la plasticit\u00e9 synaptique d\u00e9pendante de la synchronisation (<em>Spike-Timing-Dependent Plasticity<\/em> ou STDP) formalise le m\u00e9canisme par lequel les sessions r\u00e9p\u00e9t\u00e9es produisent des changements morphologiques et fonctionnels \u00e0 long terme. La synchronisation induite d&rsquo;ensembles neuronaux sp\u00e9cifiques au sein des colonnes corticales renforce l&rsquo;efficacit\u00e9 synaptique des circuits r\u00e9gulateurs, favorisant la neurogen\u00e8se, la synaptogen\u00e8se et l&rsquo;ajustement des r\u00e9cepteurs GABAergiques et glutamatergiques impliqu\u00e9s dans la r\u00e9sonance thalamo-corticale.<\/p>\n<p>Enfin, la th\u00e9orie des syst\u00e8mes cybern\u00e9tiques et de l&rsquo;autor\u00e9gulation allostatique consid\u00e8re le cerveau comme une structure dissipative s&rsquo;organisant de mani\u00e8re auto-ordonn\u00e9e. Lorsqu&rsquo;un trouble psychopathologique ou un stress chronique rigidifie les sch\u00e9mas d&rsquo;activation corticale (cr\u00e9ant des boucles dysfonctionnelles d&rsquo;hyperactivation ou d&rsquo;hypoactivation), le neurofeedback alpha intervient comme un perturbateur informationnel externe bienveillant, redonnant au cerveau sa m\u00e9tastabilit\u00e9, sa flexibilit\u00e9 dynamique et sa capacit\u00e9 d&rsquo;hom\u00e9ostasie adaptative.<\/p>\n<h3>7. Composantes cl\u00e9s, types et dimensions<\/h3>\n<p>Les protocoles de neurofeedback ciblant le rythme alpha s&rsquo;adaptent aux sp\u00e9cificit\u00e9s cliniques et \u00e9lectrophysiologiques de chaque individu :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Protocoles d&rsquo;augmentation de l&rsquo;alpha (Alpha Up-Training) :<\/strong> Con\u00e7us pour accro\u00eetre la puissance absolue ou relative des ondes alpha (g\u00e9n\u00e9ralement sur les d\u00e9rivations occipitales O1\/O2 ou pari\u00e9tales P3\/P4). Ce profil est employ\u00e9 pour induire le rel\u00e2chement psychophysiologique, r\u00e9duire les tensions motrices r\u00e9siduelles et contrecarrer l&rsquo;hyperactivit\u00e9 \u00e9motionnelle.<\/li>\n<li><strong>Protocoles de d\u00e9synchronisation de l&rsquo;alpha (Alpha Down-Training) :<\/strong> Visent \u00e0 abaisser l&rsquo;amplitude des ondes alpha au cours d&rsquo;une t\u00e2che d&rsquo;attention soutenue. Utilis\u00e9s notamment pour stimuler l&rsquo;\u00e9veil cortical chez les profils l\u00e9thargiques ou souffrant de troubles d\u00e9ficitaires de l&rsquo;attention sans hyperactivit\u00e9.<\/li>\n<li><strong>Protocole Alpha-Th\u00eata (Peniston-Kulkosky) :<\/strong> Entra\u00eenement r\u00e9alis\u00e9 les yeux ferm\u00e9s, o\u00f9 le sujet apprend \u00e0 laisser chuter le ratio alpha au profit du rythme th\u00eata (4-7 Hz). Ce protocole induit un \u00e9tat hypnagogique propice \u00e0 l&rsquo;int\u00e9gration des m\u00e9moires \u00e9motionnelles traumatiques, \u00e0 la d\u00e9sensibilisation et au traitement des conduites addictives.<\/li>\n<li><strong>Entra\u00eenement de l&rsquo;asym\u00e9trie alpha frontale (FAA) :<\/strong> Ciblant les \u00e9lectrodes F3 et F4, ce protocole modifie le rapport de puissance alpha entre le cortex pr\u00e9frontal gauche et droit. Une hypoactivit\u00e9 du pr\u00e9frontal gauche (associ\u00e9e \u00e0 une plus forte puissance alpha gauche par rapport \u00e0 la droite) corr\u00e8le avec les affects d\u00e9pressifs et les comportements d&rsquo;\u00e9vitement. Le renforcement de l&rsquo;activit\u00e9 gauche (diminution relative de l&rsquo;alpha \u00e0 gauche) stimule le syst\u00e8me d&rsquo;approche comportementale.<\/li>\n<li><strong>Entra\u00eenement de la fr\u00e9quence individuelle alpha pic (iAPF) :<\/strong> Au lieu d&rsquo;utiliser une bande rigide standard (8-12 Hz), le syst\u00e8me calcule la fr\u00e9quence maximale personnalis\u00e9e du sujet (souvent autour de 10-10,5 Hz). L&rsquo;entra\u00eenement cherche \u00e0 d\u00e9placer ce pic vers des fr\u00e9quences plus \u00e9lev\u00e9es, ce qui favorise la vitesse de traitement de l&rsquo;information et l&rsquo;efficience de la m\u00e9moire de travail.<\/li>\n<li><strong>Entra\u00eenement de coh\u00e9rence et de phase alpha :<\/strong> Concerne la r\u00e9gulation de la synchronisation temporelle et de la connectivit\u00e9 fonctionnelle entre diff\u00e9rentes aires c\u00e9r\u00e9brales interconnect\u00e9es (par exemple pari\u00e9to-frontale).<\/li>\n<\/ul>\n<h3>8. Exemples et cas illustratifs<\/h3>\n<p>Pour illustrer la mise en \u0153uvre pratique, prenons le cas de Claire, cadre sup\u00e9rieure de 42 ans pr\u00e9sentant un trouble anxieux g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 r\u00e9fractaire aux approches pharmacologiques usuelles, accompagn\u00e9 d&rsquo;une insomnie d&rsquo;endormissement persistante. L&rsquo;analyse par EEG quantitatif initial montre une rar\u00e9faction atypique des ondes alpha post\u00e9rieures au repos les yeux ferm\u00e9s, supplant\u00e9es par des ondes b\u00eata rapides (18-25 Hz) caract\u00e9ristiques d&rsquo;une hyperarousal corticale continue.<\/p>\n<p>Claire s&rsquo;engage dans un programme de vingt s\u00e9ances de neurofeedback alpha d&rsquo;amplitude, ax\u00e9 sur le site Pz (pari\u00e9tal m\u00e9dian). Assise dans un fauteuil ergonomique au sein d&rsquo;une pi\u00e8ce insonoris\u00e9e, elle \u00e9coute au casque un bruit de ressac marin : chaque fois que son amplitude alpha franchit le seuil dynamique pr\u00e9d\u00e9termin\u00e9, le bruit de ressac s&rsquo;apaise pour laisser place au chant limpide d&rsquo;un carillon. Au fil des dix premi\u00e8res s\u00e9ances, Claire identifie que l&rsquo;effort de concentration volontaire fait cesser le son harmonieux, tandis qu&rsquo;une respiration diaphragmatique lente coupl\u00e9e \u00e0 une d\u00e9contraction mandibulaire favorise l&rsquo;apparition continue du son. \u00c0 l&rsquo;issue des vingt s\u00e9ances, la puissance alpha de base de Claire a augment\u00e9 de 35 %, se traduisant cliniquement par une r\u00e9duction substantielle de son score d&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 sur l&rsquo;\u00e9chelle de Hamilton et un d\u00e9lai d&rsquo;endormissement divis\u00e9 par trois.<\/p>\n<p>Dans un contexte de performance sportive de haut niveau, Julien, archer professionnel en pr\u00e9paration olympique, utilise le neurofeedback de l&rsquo;alpha individuel pic (iAPF). Pendant ses s\u00e9ances d&rsquo;entra\u00eenement cognitif virtuel simulant la phase de vis\u00e9e, il apprend \u00e0 d\u00e9clencher une synchronisation alpha cibl\u00e9e dans l&rsquo;h\u00e9misph\u00e8re gauche (analytique) quelques secondes avant la d\u00e9coche de la fl\u00e8che. Cette r\u00e9gulation s\u00e9lective \u00e9teint le bavardage interne et l&rsquo;auto-\u00e9valuation verbale intrusive, favorisant l&rsquo;immersion motrice inconsciente dans l&rsquo;h\u00e9misph\u00e8re droit et garantissant une r\u00e9gularit\u00e9 de tir accrue en situation de stress comp\u00e9titif maximal.<\/p>\n<h3>9. Mesure et \u00e9valuation<\/h3>\n<p>L&rsquo;\u00e9valuation rigoureuse en neurofeedback alpha s&rsquo;appuie sur la cartographie par \u00e9lectroenc\u00e9phalographie quantitative (QEEG). Avant toute d\u00e9marche th\u00e9rapeutique, un enregistrement \u00e0 haute densit\u00e9 (19 \u00e0 32 canaux au format international 10-20) est effectu\u00e9 dans des conditions standardis\u00e9es de repos, yeux ouverts et yeux ferm\u00e9s. Le signal recueilli est purifi\u00e9 des art\u00e9facts oculomoteurs, musculaires et cardiaques au moyen de techniques d&rsquo;analyse en composantes ind\u00e9pendantes (ICA).<\/p>\n<p>Le traitement des donn\u00e9es calcule la densit\u00e9 de puissance spectrale absolue et relative (mesur\u00e9e en microvolts carr\u00e9s par hertz, \u00b5V\u00b2\/Hz) sur l&rsquo;ensemble du scalp. Ces valeurs individuelles sont compar\u00e9es \u00e0 des bases de donn\u00e9es normatives appari\u00e9es par \u00e2ge et sexe au moyen de scores Z standardis\u00e9s. Ces scores Z permettent d&rsquo;identifier les d\u00e9viations statistiques significatives : par exemple, un d\u00e9ficit d&rsquo;ondes alpha occipito-pari\u00e9tales (score Z &lt; -2) ou un exc\u00e8s pathologique diffus pouvant traduire un \u00e9tat dissociatif ou c\u00e9r\u00e9brol\u00e9s\u00e9.<\/p>\n<p>Au cours des s\u00e9ances d&rsquo;entra\u00eenement, le logiciel de neurofeedback op\u00e8re une surveillance en temps continu des m\u00e9triques \u00e9lectrophysiologiques cl\u00e9s :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>La puissance int\u00e9gr\u00e9e dans la fen\u00eatre cible (8-12 Hz) :<\/strong> Mesur\u00e9e en temps r\u00e9el avec une latence de traitement inf\u00e9rieure \u00e0 100 millisecondes pour pr\u00e9server la contingence de la r\u00e9compense op\u00e9rante.<\/li>\n<li><strong>Le pourcentage de temps au-dessus du seuil (Percent Time Above Threshold) :<\/strong> Permet d&rsquo;ajuster dynamiquement le niveau de difficult\u00e9 au cours de la s\u00e9ance (g\u00e9n\u00e9ralement configur\u00e9 pour assurer un taux de succ\u00e8s de 60 \u00e0 75 % afin de maintenir la motivation sans g\u00e9n\u00e9rer de frustration).<\/li>\n<li><strong>La fr\u00e9quence alpha maximale (Peak Alpha Frequency &#8211; PAF) :<\/strong> Relev\u00e9e session apr\u00e8s session pour \u00e9valuer la vitesse d&rsquo;oscillation pr\u00e9dominante et suivre la r\u00e9cup\u00e9ration neurocognitive.<\/li>\n<li><strong>Les corr\u00e9lats psychom\u00e9triques pr\u00e9 et post-traitement :<\/strong> \u00c9valu\u00e9s par des inventaires valid\u00e9s tels que le STAI (State-Trait Anxiety Inventory), le BDI (Beck Depression Inventory) ou les batteries de tests attentionnels informatis\u00e9s (comme le TOVA ou le CPT).<\/li>\n<\/ul>\n<h3>10. Applications et port\u00e9e pratique<\/h3>\n<p>La polyvalence des rythmes alpha conf\u00e8re \u00e0 cette modalit\u00e9 des d\u00e9bouch\u00e9s th\u00e9rapeutiques et d&rsquo;optimisation d&rsquo;une grande envergure. En clinique psychiatrique, le neurofeedback alpha est pr\u00e9conis\u00e9 dans le traitement de l&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 chronique, des phobies, de l&rsquo;\u00e9tat de stress post-traumatique (ESPT) et des attaques de panique. En apprenant \u00e0 r\u00e9instaurer un rythme alpha structur\u00e9, les patients r\u00e9tablissent un frein inhibiteur sur l&rsquo;hyperactivit\u00e9 de l&rsquo;amygdale c\u00e9r\u00e9brale et de l&rsquo;axe hypothalamo-hypophyso-surr\u00e9nalien.<\/p>\n<p>Dans la prise en charge des addictions (alcoolisme, d\u00e9pendance aux substances, cyberd\u00e9pendance), le protocole alpha-th\u00eata d\u00e9tient un r\u00f4le document\u00e9 pour d\u00e9manteler les m\u00e9canismes de rechute d\u00e9clench\u00e9s par le stress. Ce travail permet aux patients d&rsquo;explorer des m\u00e9moires affectives douloureuses dans un \u00e9tat physiologique de s\u00e9curit\u00e9 profonde, r\u00e9duisant significativement le <em>craving<\/em> et renfor\u00e7ant la r\u00e9gulation affective.<\/p>\n<p>Dans le domaine de la neurologie et de la r\u00e9habilitation physique, le neurofeedback alpha soulage les \u00e9tats d&rsquo;algie chronique, tels que la fibromyalgie, les c\u00e9phal\u00e9es de tension et les n\u00e9vralgies neuropathiques. Les personnes souffrant de douleur persistante pr\u00e9sentent r\u00e9guli\u00e8rement une dysrythmie thalamocorticale caract\u00e9ris\u00e9e par un effondrement de l&rsquo;alpha normal ; la r\u00e9habilitation de ce rythme att\u00e9nue la sensibilisation centrale de la douleur.<\/p>\n<p>Au-del\u00e0 de la m\u00e9decine, le milieu des entreprises, l&rsquo;aviation civile et spatiale ainsi que le sport d&rsquo;\u00e9lite ont massivement int\u00e9gr\u00e9 le neurofeedback alpha pour la gestion du stress aigu et l&rsquo;entra\u00eenement cognitif de pointe. Les pilotes, les chirurgiens et les musiciens concertistes exploitent l&rsquo;\u00e9l\u00e9vation de l&rsquo;alpha pour acc\u00e9der plus promptement \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat de flux (\u00ab flow \u00bb), caract\u00e9ris\u00e9 par une concentration intense sans tension, une cr\u00e9ativit\u00e9 accrue et une r\u00e9silience face \u00e0 la fatigue d\u00e9cisionnelle.<\/p>\n<h3>11. Recherche et preuves empiriques<\/h3>\n<p>Depuis le d\u00e9but du XXIe si\u00e8cle, la litt\u00e9rature scientifique consacr\u00e9e au neurofeedback alpha a connu une refonte m\u00e9thodologique exigeante, r\u00e9pondant aux standards des essais cliniques modernes \u00e0 double insu contre plac\u00e9bo sham (simulation de r\u00e9troaction par faux signal pr\u00e9enregistr\u00e9). Des \u00e9quipes de recherche fondamentales ont corrobor\u00e9 le substrat neurobiologique de cet apprentissage.<\/p>\n<p>Dans une \u00e9tude phare publi\u00e9e par Ros et ses collaborateurs (2010), les chercheurs ont utilis\u00e9 la stimulation magn\u00e9tique transcr\u00e2nienne (TMS) et l&rsquo;imagerie par r\u00e9sonance magn\u00e9tique fonctionnelle (<a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Imagerie_par_r%C3%A9sonance_magn%C3%A9tique_fonctionnelle\">IRMf<\/a>) pour \u00e9valuer les suites d&rsquo;une seule s\u00e9ance de neurofeedback d&rsquo;att\u00e9nuation de l&rsquo;alpha. Leurs r\u00e9sultats ont d\u00e9montr\u00e9 que le neurofeedback induisait une plasticit\u00e9 neuronale robuste, caract\u00e9ris\u00e9e par une augmentation durable de l&rsquo;excitabilit\u00e9 corticospinale et une modification directe de la connectivit\u00e9 fonctionnelle du r\u00e9seau du mode par d\u00e9faut (<em>Default Mode Network<\/em>), r\u00e9futant l&rsquo;hypoth\u00e8se d&rsquo;un pur effet plac\u00e9bo.<\/p>\n<p>Concernant le traitement de la d\u00e9pression majeure, les travaux de Baehr, Rosenfeld et plus r\u00e9cemment de Peeters et al. (2014) sur le neurofeedback d&rsquo;asym\u00e9trie alpha frontale ont document\u00e9 une r\u00e9mission symptomatique significative chez des cohortes de patients r\u00e9sistants aux antid\u00e9presseurs. En redressant le d\u00e9s\u00e9quilibre de l&rsquo;alpha pr\u00e9frontal, les patients restauraient leur capacit\u00e9 \u00e0 ressentir des affects positifs et \u00e0 s&rsquo;engager dans des activit\u00e9s gratifiantes.<\/p>\n<p>N\u00e9anmoins, les m\u00e9ta-analyses contemporaines (comme celles men\u00e9es par Cortese et al. dans les troubles attentionnels ou Schoenberg &amp; David en mati\u00e8re de gestion du stress) soulignent une variabilit\u00e9 interindividuelle persistante. Environ 15 \u00e0 30 % des participants sont qualifi\u00e9s de \u00ab non-r\u00e9pondeurs \u00bb (<em>neurofeedback non-learners<\/em>), ne parvenant pas \u00e0 moduler leurs rythmes c\u00e9r\u00e9braux de mani\u00e8re stable au terme des s\u00e9ances standards. Les recherches actuelles s&rsquo;efforcent d&rsquo;identifier les biomarqueurs structurels et psychologiques pr\u00e9dictifs de la r\u00e9ponse th\u00e9rapeutique afin de mieux personnaliser les protocoles d&rsquo;entra\u00eenement.<\/p>\n<h3>12. Consid\u00e9rations culturelles et transculturelles<\/h3>\n<p>La perception et l&rsquo;accueil du neurofeedback alpha varient substantiellement selon les matrices culturelles et m\u00e9dicales des diff\u00e9rentes r\u00e9gions du monde. En Am\u00e9rique du Nord, la diffusion de cette m\u00e9thode s&rsquo;est op\u00e9r\u00e9e de fa\u00e7on pr\u00e9coce et dynamique, port\u00e9e par un courant d&rsquo;autonomisation individuelle de la sant\u00e9, le mouvement du <em>biohacking<\/em> et une forte valorisation des technologies d&rsquo;optimisation personnelle (<em>self-optimization<\/em>).<\/p>\n<p>Dans les cultures orientales, particuli\u00e8rement en Inde, au Japon et en Cor\u00e9e, le neurofeedback alpha a rencontr\u00e9 une r\u00e9sonance conceptuelle imm\u00e9diate en raison de sa proximit\u00e9 ph\u00e9nom\u00e9nologique avec les \u00e9tats m\u00e9ditatifs ancestraux, tels que le <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Zazen\">Zazen<\/a> ou le Raja Yoga. D\u00e8s les ann\u00e9es 1960 et 1970, des pionniers comme Anand et Kasamatsu ont analys\u00e9 l&rsquo;EEG de ma\u00eetres m\u00e9ditants bouddhistes et yogis, constatant que des d\u00e9cennies de pratique contemplative aboutissaient spontan\u00e9ment \u00e0 une pr\u00e9dominance remarquable d&rsquo;ondes alpha synchronis\u00e9es de haute amplitude. En cons\u00e9quence, les praticiens de ces pays con\u00e7oivent souvent le neurofeedback non comme un substitut m\u00e9canique, mais comme un miroir technologique soutenant et validant les processus de m\u00e9ditation et d&rsquo;introspection corporelle.<\/p>\n<p>En Europe continentale, et particuli\u00e8rement en France, l&rsquo;int\u00e9gration du neurofeedback au sein des structures psychiatriques publiques est demeur\u00e9e plus prudente et encadr\u00e9e. La tradition clinique francophone, tr\u00e8s attach\u00e9e \u00e0 la relation th\u00e9rapeutique psychodynamique ou syst\u00e9mique, a longtemps regard\u00e9 avec scepticisme une technologie per\u00e7ue comme un conditionnement m\u00e9canique simplificateur. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;avec la publication de recommandations strictes par l&rsquo;Association Fran\u00e7aise de Neurofeedback et la Section Neurofeedback de l&rsquo;Association Fran\u00e7aise de Psychiatrie Biologique que la m\u00e9thode s&rsquo;est l\u00e9gitim\u00e9e dans les centres hospitalo-universitaires pour des indications pr\u00e9cises.<\/p>\n<h3>13. Critiques, d\u00e9bats et limites<\/h3>\n<p>En d\u00e9pit de son efficacit\u00e9 attest\u00e9e dans de nombreuses cohortes cliniques, le neurofeedback alpha fait l&rsquo;objet de vifs d\u00e9bats m\u00e9thodologiques, \u00e9pist\u00e9mologiques et \u00e9thiques au sein de la communaut\u00e9 neuroscientifique internationale. La controverse la plus r\u00e9currente concerne la part respective des m\u00e9canismes neurophysiologiques sp\u00e9cifiques et des facteurs non sp\u00e9cifiques (l&rsquo;effet contextuel ou plac\u00e9bo).<\/p>\n<p>Les d\u00e9tracteurs de la technique rappellent que la mise en sc\u00e8ne du neurofeedback (la pose d&rsquo;\u00e9lectrodes sophistiqu\u00e9es, la surveillance constante par des graphiques num\u00e9riques sur \u00e9cran, l&rsquo;attention bienveillante et continue d&rsquo;un th\u00e9rapeute pendant plusieurs dizaines d&rsquo;heures) constitue un environnement hautement suggestif. Dans certaines \u00e9tudes o\u00f9 le groupe t\u00e9moin re\u00e7oit un neurofeedback sham sans le savoir, des am\u00e9liorations symptomatiques subjectives similaires sont parfois constat\u00e9es, bien que les modifications stables de la connectivit\u00e9 c\u00e9r\u00e9brale \u00e0 long terme ne se retrouvent que dans les groupes recevant la r\u00e9troaction v\u00e9ridique.<\/p>\n<p>Une seconde limite m\u00e9thodologique majeure r\u00e9side dans le flou de standardisation des protocoles. La diversit\u00e9 des \u00e9quipements commercialis\u00e9s, l&rsquo;h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 des algorithmes de calcul du seuil, l&rsquo;absence d&rsquo;homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 dans le nombre et la dur\u00e9e des s\u00e9ances (variant de 10 \u00e0 plus de 40 sessions) compliquent la comparaison des r\u00e9sultats cliniques \u00e0 grande \u00e9chelle. Cette disparit\u00e9 est aggrav\u00e9e par un manque de r\u00e9gulation stricte du titre professionnel de praticien en neurofeedback dans de nombreux pays, exposant des usagers vuln\u00e9rables \u00e0 des offres commerciales non valid\u00e9es scientifiquement dispens\u00e9es par des intervenants sans formation m\u00e9dicale ni psychologique approfondie.<\/p>\n<p>Sur le plan physiologique, enfin, l&rsquo;onde alpha n&rsquo;est pas un ph\u00e9nom\u00e8ne purement univoque. Tenter d&rsquo;augmenter aveugl\u00e9ment l&rsquo;alpha chez un patient souffrant d&rsquo;un ralentissement c\u00e9r\u00e9bral diffus post-traumatique peut aggraver ses d\u00e9ficits mn\u00e9siques et cognitifs. C&rsquo;est pourquoi la communaut\u00e9 scientifique insiste vigoureusement sur l&rsquo;obligation d&rsquo;un bilan par EEG quantitatif pr\u00e9alable r\u00e9alis\u00e9 par un m\u00e9decin ou un neuropsychologue qualifi\u00e9 afin de proscrire tout protocole standardis\u00e9 \u00ab aveugle \u00bb.<\/p>\n<h3>14. Termes connexes et distinctions<\/h3>\n<p>Afin d&rsquo;\u00e9viter tout amalgame lexical ou conceptuel, il importe de distinguer le neurofeedback alpha de notions contigu\u00ebs employ\u00e9es en neurotechnologie et en psychologie :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Biofeedback p\u00e9riph\u00e9rique vs Neurofeedback :<\/strong> Le biofeedback g\u00e9n\u00e9ral regroupe l&rsquo;entra\u00eenement de variables physiologiques autonomes p\u00e9riph\u00e9riques (comme la variabilit\u00e9 de la fr\u00e9quence cardiaque, la conductance cutan\u00e9e, la temp\u00e9rature cutan\u00e9e ou l&rsquo;\u00e9lectromyogramme). Le neurofeedback est une sous-branche sp\u00e9cialis\u00e9e ciblant exclusivement le syst\u00e8me nerveux central via l&rsquo;activit\u00e9 c\u00e9r\u00e9brale \u00e9lectrique, h\u00e9modynamique ou magn\u00e9tique.<\/li>\n<li><strong>Entra\u00eenement des ondes c\u00e9r\u00e9brales par stimulation (Brainwave Entrainment) :<\/strong> Souvent confondu avec le neurofeedback, l&rsquo;entra\u00eenement par sons binauraux ou lumi\u00e8res stroboscopiques synchronis\u00e9es est une m\u00e9thode purement passive qui force le cerveau \u00e0 r\u00e9sonner sur une fr\u00e9quence impos\u00e9e (ph\u00e9nom\u00e8ne de r\u00e9ponse de suivi de fr\u00e9quence). Le neurofeedback est une m\u00e9thode active d&rsquo;apprentissage op\u00e9rant autonome sans stimulation rythmique impos\u00e9e.<\/li>\n<li><strong>Neurofeedback SMR (Rythme Sensorimoteur) :<\/strong> Bien que le SMR (12-15 Hz) soit contigu \u00e0 la bande alpha, il est mesur\u00e9 sp\u00e9cifiquement sur le cortex sensorimoteur (d\u00e9rivations C3, Cz, C4) et correspond \u00e0 une inhibition de l&rsquo;action motrice. L&rsquo;alpha classique (8-12 Hz) a une distribution pr\u00e9f\u00e9rentielle post\u00e9rieure et est li\u00e9 au d\u00e9sengagement sensoriel visuel et \u00e0 la relaxation interne.<\/li>\n<li><strong>Neurofeedback fMRI :<\/strong> Contrairement au neurofeedback EEG alpha qui mesure des signaux \u00e9lectriques de surface \u00e0 haute r\u00e9solution temporelle (millisecondes), le neurofeedback par IRMf mesure les variations de perfusion sanguine oxyg\u00e9n\u00e9e (signal BOLD) au sein de structures profondes comme l&rsquo;amygdale ou le striatum, avec une haute r\u00e9solution spatiale mais une faible r\u00e9solution temporelle.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>15. R\u00e9sum\u00e9 et points cl\u00e9s \u00e0 retenir<\/h3>\n<p>Le neurofeedback alpha demeure l&rsquo;un des piliers historiques et contemporains de l&rsquo;entra\u00eenement cognitif et de la psychophysiologie appliqu\u00e9e. Il permet la r\u00e9gulation cibl\u00e9e de la bande de fr\u00e9quence 8-12 Hz r\u00e9gissant l&rsquo;inhibition corticale active et la flexibilit\u00e9 c\u00e9r\u00e9brale.<\/p>\n<p>Au confluent des neurosciences computationnelles et des th\u00e9ories du conditionnement op\u00e9rant, son ex\u00e9cution repose sur une cha\u00eene technologique rigoureuse : captation de l&rsquo;activit\u00e9 bio\u00e9lectrique, extraction spectrale en temps r\u00e9el et r\u00e9troaction sensorielle contingente. Cette boucle d&rsquo;apprentissage op\u00e9rant stimule les processus de neuroplasticit\u00e9 synaptique d\u00e9pendante du temps.<\/p>\n<p>De l&rsquo;att\u00e9nuation de l&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 et des s\u00e9quelles de stress post-traumatique \u00e0 la r\u00e9habilitation des dysfonctionnements thymiques et \u00e0 la pr\u00e9paration des athl\u00e8tes d&rsquo;\u00e9lite, ses applications pratiques sont \u00e9tendues et fond\u00e9es sur des bases empiriques solides. Son impl\u00e9mentation n\u00e9cessite toutefois une d\u00e9marche rigoureuse, fond\u00e9e sur un \u00e9lectroenc\u00e9phalogramme quantitatif initial, une personnalisation stricte des bandes de fr\u00e9quences et la supervision clinique de praticiens d\u00fbment qualifi\u00e9s.<\/p>\n<h2>R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<ul>\n<li>Berger, H. (1929). \u00dcber das Elektrenkephalogramm des Menschen. <em>Archiv f\u00fcr Psychiatrie und Nervenkrankheiten<\/em>, 87(1), 527\u2013570. <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1007\/BF01797193\">https:\/\/doi.org\/10.1007\/BF01797193<\/a><\/li>\n<li>Kamiya, J. (1968). Conscious control of brain waves. <em>Psychology Today<\/em>, 1(11), 56\u201360.<\/li>\n<li>Klimesch, W. (2012). Alpha-band oscillations, attention, and controlled access to stored information. <em>Trends in Cognitive Sciences<\/em>, 16(12), 606\u2013617. <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1016\/j.tics.2012.10.007\">https:\/\/doi.org\/10.1016\/j.tics.2012.10.007<\/a><\/li>\n<li>Ros, T., Munneke, M. A. M., Ruge, D., Gruzelier, J. H., &amp; Rothwell, J. C. (2010). Endogenous control of waking brain rhythms induces neuroplasticity in humans. <em>The Journal of Physiology<\/em>, 588(17), 3297\u20133310. <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1113\/jphysiol.2010.191692\">https:\/\/doi.org\/10.1113\/jphysiol.2010.191692<\/a><\/li>\n<li>Sterman, M. B., &amp; Egner, T. (2006). Foundation and practice of neurofeedback for the treatment of epilepsy. <em>Applied Psychophysiology and Biofeedback<\/em>, 31(1), 21\u201335. <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1007\/s10484-006-9002-x\">https:\/\/doi.org\/10.1007\/s10484-006-9002-x<\/a><\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le neurofeedback alpha est une m\u00e9thode de bior\u00e9troaction \u00e9lectroenc\u00e9phalographique guidant l&rsquo;autor\u00e9gulation des ondes c\u00e9r\u00e9brales de 8 \u00e0 12 Hz pour favoriser la relaxation, l&rsquo;attention et la r\u00e9gulation \u00e9motionnelle.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"template":"","categories":[459,3,2411],"tags":[33039,6797,2415,6097,24165,419],"class_list":["post-20117","psych_term","type-psych_term","status-publish","hentry","category-neurosciences","category-psychologie-clinique","category-psychophysiologie","tag-bioretroaction","tag-electroencephalographie","tag-neurofeedback","tag-neuroplasticite","tag-ondes-alpha","tag-sante-mentale"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_term\/20117","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_term"}],"about":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/psych_term"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_term\/20117\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=20117"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=20117"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=20117"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}