{"id":19998,"date":"2026-10-23T04:08:44","date_gmt":"2026-10-23T04:08:44","guid":{"rendered":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/?psych_term=osteodystrophie-hereditaire-albright-genetique-psychologie"},"modified":"2026-10-23T04:08:44","modified_gmt":"2026-10-23T04:08:44","slug":"osteodystrophie-hereditaire-albright-genetique-psychologie","status":"publish","type":"psych_term","link":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/?psych_term=osteodystrophie-hereditaire-albright-genetique-psychologie","title":{"rendered":"Ost\u00e9odystrophie d&rsquo;Albright : G\u00e9n\u00e9tique et Psych\u00e9"},"content":{"rendered":"<p>L&rsquo;ost\u00e9odystrophie h\u00e9r\u00e9ditaire d&rsquo;Albright (OHA) repr\u00e9sente l&rsquo;un des paradigmes les plus fascinants de la m\u00e9decine translationnelle, unissant l&rsquo;endocrinologie mol\u00e9culaire, la g\u00e9n\u00e9tique \u00e9pig\u00e9n\u00e9tique et la neuropsychologie clinique. Ce syndrome complexe, initialement identifi\u00e9 par ses alt\u00e9rations squelettiques et somatiques manifestes, confronte le clinicien moderne aux intrications profondes existant entre les anomalies de signalisation cellulaire m\u00e9di\u00e9es par la prot\u00e9ine G, l&#8217;empreinte g\u00e9nomique parentale et l&rsquo;\u00e9mergence de perturbations neurod\u00e9veloppementales, cognitives et affectives durables.<\/p>\n<h2>Ost\u00e9odystrophie h\u00e9r\u00e9ditaire d&rsquo;Albright<\/h2>\n<h3>1. D\u00e9finition concise<\/h3>\n<p>L&rsquo;ost\u00e9odystrophie h\u00e9r\u00e9ditaire d&rsquo;Albright d\u00e9signe une maladie g\u00e9n\u00e9tique rare \u00e0 transmission autosomique dominante caract\u00e9ris\u00e9e par un ensemble dysmorphique associant une petite taille, une brachydactylie sp\u00e9cifique (raccourcissement pr\u00e9dominant des quatri\u00e8me et cinqui\u00e8me m\u00e9tacarpiens et m\u00e9tatarsiens), un visage lunaire arrondi, une ob\u00e9sit\u00e9 pr\u00e9coce et des calcifications ou ossifications h\u00e9t\u00e9rotopiques sous-cutan\u00e9es. Sur le plan physiopathologique, elle d\u00e9coule d&rsquo;alt\u00e9rations mol\u00e9culaires h\u00e9t\u00e9rozygotes du g\u00e8ne <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/GNAS\">GNAS<\/a>, codant la sous-unit\u00e9 alpha stimulatrice de la prot\u00e9ine G h\u00e9t\u00e9rotrim\u00e9rique (Gs&alpha;), \u00e9l\u00e9ment central de la cascade de signalisation de l&rsquo;ad\u00e9nosine monophosphate cyclique (AMPc).<\/p>\n<p>Sur le plan neuropsychologique et psychiatrique, l&rsquo;ost\u00e9odystrophie h\u00e9r\u00e9ditaire d&rsquo;Albright ne se r\u00e9duit nullement \u00e0 ses anomalies squelettiques. Le syndrome s&rsquo;accompagne d&rsquo;une pr\u00e9valence \u00e9lev\u00e9e de troubles du neurod\u00e9veloppement, oscillant d&rsquo;un d\u00e9ficit intellectuel l\u00e9ger \u00e0 mod\u00e9r\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 des profils cognitifs h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes caract\u00e9ris\u00e9s par des alt\u00e9rations sp\u00e9cifiques des fonctions ex\u00e9cutives, de l&rsquo;attention et du traitement visuo-spatial. De surcro\u00eet, les patients manifestent fr\u00e9quemment des vuln\u00e9rabilit\u00e9s affectives, anxieuses et comportementales marqu\u00e9es, lesquelles interagissent de mani\u00e8re dynamique avec le retentissement psychologique de la dysmorphologie corporelle, de l&rsquo;ob\u00e9sit\u00e9 pr\u00e9coce et des perturbations endocriniennes associ\u00e9es.<\/p>\n<p>La complexit\u00e9 de l&rsquo;expression clinique r\u00e9side fondamentalement dans le ph\u00e9nom\u00e8ne d&#8217;empreinte g\u00e9nomique parentale qui r\u00e9git le locus <em>GNAS<\/em>. Lorsque la mutation pathog\u00e8ne est h\u00e9rit\u00e9e de la m\u00e8re, le ph\u00e9notype somatique d&rsquo;OHA s&rsquo;associe \u00e0 une r\u00e9sistance multihormonale aux messagers endocriniens d\u00e9pendant de Gs&alpha; (notamment la parathormone, la thyr\u00e9ostimuline, les gonadotrophines et la somatolib\u00e9rine), d\u00e9finissant le pseudohypoparathyro\u00efdisme de type 1A (PHP1A), particuli\u00e8rement grev\u00e9 de r\u00e9percussions neurod\u00e9veloppementales. En revanche, lorsque l&rsquo;all\u00e8le mut\u00e9 provient du p\u00e8re, le tableau se limite classiquement aux stigmates dysmorphiques de l&rsquo;OHA sans r\u00e9sistance endocrinienne p\u00e9riph\u00e9rique manifeste, une entit\u00e9 d\u00e9nomm\u00e9e pseudopseudohypoparathyro\u00efdisme (PPHP), dont l&rsquo;impact neuropsychiatrique, bien que souvent plus discret, fait l&rsquo;objet d&rsquo;investigations contemporaines approfondies.<\/p>\n<h3>2. \u00c9tymologie et origine linguistique<\/h3>\n<p>L&rsquo;expression \u00ab ost\u00e9odystrophie h\u00e9r\u00e9ditaire d&rsquo;Albright \u00bb tire son origine d&rsquo;une double filiation, \u00e0 la fois \u00e9ponymique et nosologique descriptive. L&rsquo;\u00e9l\u00e9ment \u00e9ponymique honore le Dr Fuller Albright (1900\u20131969), endocrinologue am\u00e9ricain \u00e9minent rattach\u00e9 au Massachusetts General Hospital et \u00e0 la Harvard Medical School, reconnu comme l&rsquo;un des p\u00e8res fondateurs de l&rsquo;endocrinologie moderne et de la m\u00e9tabolomique phosphocalcique. Albright a d\u00e9crit pour la premi\u00e8re fois cette entit\u00e9 en 1942 en collaboration avec ses coll\u00e8gues Forbes et Henneman.<\/p>\n<p>Le terme \u00ab ost\u00e9odystrophie \u00bb est construit \u00e0 partir de racines grecques anciennes : le pr\u00e9fixe substantival <em>ost\u00e9on<\/em> (&omicron;&sigma;&tau;&epsilon;&omicron;&nu;), signifiant \u00ab os \u00bb ; le pr\u00e9fixe p\u00e9joratif <em>dys-<\/em> (&delta;&upsilon;&sigma;-), traduisant l&rsquo;id\u00e9e de difficult\u00e9, de mauvais \u00e9tat ou d&rsquo;anomalie fonctionnelle ; et le substantif <em>troph\u00ea<\/em> (&tau;&rho;&omicron;&phi;&eta;), d\u00e9signant la nourriture, la croissance ou la nutrition tissulaire. Ainsi, l&rsquo;ost\u00e9odystrophie d\u00e9note litt\u00e9ralement un trouble du d\u00e9veloppement et de la trophicit\u00e9 du tissu osseux. L&rsquo;adjectif \u00ab h\u00e9r\u00e9ditaire \u00bb, issu du latin <em>hereditarius<\/em> (d\u00e9riv\u00e9 de <em>heres<\/em>, h\u00e9ritier), formalise la transmissibilit\u00e9 g\u00e9n\u00e9tique familiale observ\u00e9e d\u00e8s les premi\u00e8res cohortes cliniques.<\/p>\n<p>Dans la litt\u00e9rature biom\u00e9dicale internationale contemporaine, la d\u00e9nomination anglophone standardis\u00e9e est <em>Albright&rsquo;s hereditary osteodystrophy<\/em> (AHO). L&rsquo;introduction de ce vocable a permis d&rsquo;isoler une entit\u00e9 clinique bien distincte d&rsquo;autres d\u00e9sordres phosphocalciques et squelettiques de l&rsquo;\u00e9poque, notamment l&rsquo;hyperparathyro\u00efdie primitive, le syndrome de Turner et la dysplasie fibreuse polyostotique (cette derni\u00e8re \u00e9tant \u00e9galement associ\u00e9e au nom d&rsquo;Albright dans le cadre du syndrome de McCune-Albright, caus\u00e9 par des mutations post-zygotiques activatrices du m\u00eame g\u00e8ne <em>GNAS<\/em>).<\/p>\n<h3>3. Prononciation et forme grammaticale<\/h3>\n<p>En langue fran\u00e7aise, le syntagme s&rsquo;\u00e9nonce phon\u00e9tiquement selon l&rsquo;alphabet phon\u00e9tique international : \/\u0254s.te.o.dis.t\u0281\u0254.fi e.\u0281e.di.t\u025b\u0281 d\u203fal.b\u0281ajt\/. Le nom propre \u00ab Albright \u00bb conserve son articulation germanique am\u00e9ricanis\u00e9e, le digraphe initial recevant une r\u00e9alisation vois\u00e9e ouverte et la finale consonnantique \u00e9tant nettement articul\u00e9e.<\/p>\n<p>Sur le plan grammatical, \u00ab ost\u00e9odystrophie \u00bb est un nom commun f\u00e9minin singulier. Les adjectifs \u00ab h\u00e9r\u00e9ditaire \u00bb et \u00ab d&rsquo;Albright \u00bb (locution adjectivale possessive) s&rsquo;accordent en genre et en nombre avec le substantif recteur. Les formes plurielles s&rsquo;\u00e9crivent : \u00ab les ost\u00e9odystrophies h\u00e9r\u00e9ditaires d&rsquo;Albright \u00bb. Dans la pratique clinique et la r\u00e9daction scientifique francophone, le terme est fr\u00e9quemment abr\u00e9g\u00e9 sous le sigle \u00ab OHA \u00bb (ou \u00ab AHO \u00bb dans les contextes bilingues calqu\u00e9s sur l&rsquo;anglais). L&rsquo;usage de cet acronyme est strictement f\u00e9minin lorsqu&rsquo;il d\u00e9signe l&rsquo;ost\u00e9odystrophie (\u00ab l&rsquo;OHA \u00bb).<\/p>\n<p>Du point de vue syntaxique et lexical, le terme fonctionne comme un modificateur nosologique majeur. On parle indiff\u00e9remment du \u00ab ph\u00e9notype d&rsquo;Albright \u00bb, du \u00ab ph\u00e9notype OHA \u00bb ou de \u00ab l&rsquo;habitus d&rsquo;ost\u00e9odystrophie h\u00e9r\u00e9ditaire d&rsquo;Albright \u00bb pour d\u00e9signer la constellation des traits morphologiques ext\u00e9rieurs, ind\u00e9pendamment de la pr\u00e9sence ou de l&rsquo;absence document\u00e9e d&rsquo;une r\u00e9sistance hormonale associ\u00e9e au niveau biochimique.<\/p>\n<h3>4. Explication conceptuelle d\u00e9taill\u00e9e<\/h3>\n<p>Pour appr\u00e9hender l&rsquo;ost\u00e9odystrophie h\u00e9r\u00e9ditaire d&rsquo;Albright dans toute sa complexit\u00e9, il est indispensable de d\u00e9passer la simple \u00e9num\u00e9ration de signes morphologiques afin de saisir la perturbation biologique globale qui la sous-tend. Au c\u0153ur de cette affection r\u00e9side un dysfonctionnement de la transduction du signal intracellulaire. Dans les conditions physiologiques normales, de multiples r\u00e9cepteurs membranaires coupl\u00e9s aux prot\u00e9ines G (RCPG) d\u00e9pendent de la sous-unit\u00e9 Gs&alpha; pour activer l&rsquo;<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Ad%C3%A9nylate_cyclase\">ad\u00e9nylate cyclase<\/a>, enzyme transformant l&rsquo;ATP en AMPc. Ce second messager est crucial pour relayer l&rsquo;action de ligands aussi vitaux que la parathormone (PTH), la thyr\u00e9ostimuline (TSH), l&rsquo;hormone folliculo-stimulante (FSH), l&rsquo;hormone lut\u00e9inisante (LH), la somatoliberine (GHRH) et divers neurotransmetteurs centraux intervenant dans l&rsquo;humeur, la cognition et la r\u00e9gulation de l&rsquo;app\u00e9tit.<\/p>\n<p>Lorsque la production de Gs&alpha; est r\u00e9duite d&rsquo;environ 50 % en raison d&rsquo;une mutation inactivatrice h\u00e9t\u00e9rozygote, certains tissus compensent cette perte par l&rsquo;expression de l&rsquo;all\u00e8le homologue restant. Cependant, dans les tissus soumis \u00e0 l&#8217;empreinte g\u00e9nomique parentale, l&rsquo;expression de <em>GNAS<\/em> est monoall\u00e9lique. Dans le cortex r\u00e9nal, la thyro\u00efde, les gonades et l&rsquo;hypophyse, l&rsquo;all\u00e8le paternel est physiologiquement r\u00e9prim\u00e9 par m\u00e9thylation \u00e9pig\u00e9n\u00e9tique ; seule la copie maternelle y est fonctionnellement active. Par cons\u00e9quent, une mutation d&rsquo;origine maternelle an\u00e9antit la quasi-totalit\u00e9 de la production locale de Gs&alpha; dans ces organes cibles, entra\u00eenant une r\u00e9sistance endocrinienne p\u00e9riph\u00e9rique g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e. \u00c0 l&rsquo;inverse, dans les zones c\u00e9r\u00e9brales o\u00f9 l&rsquo;expression est pr\u00e9dominante sur l&rsquo;all\u00e8le maternel, comme certaines sous-r\u00e9gions hypothalamiques et corticales, l&rsquo;impact de l&rsquo;origine parentale conditionne de mani\u00e8re spectaculaire le neurod\u00e9veloppement et le contr\u00f4le du comportement alimentaire.<\/p>\n<p>Le ph\u00e9notype clinique de l&rsquo;OHA s&rsquo;articule autour de piliers s\u00e9miologiques cardinaux :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>La brachydactylie de type E :<\/strong> Raccourcissement \u00e9lectif et bilat\u00e9ral des m\u00e9tacarpiens (particuli\u00e8rement le IVe et le Ve, bien que le premier m\u00e9tacarpien soit \u00e9galement souvent touch\u00e9 avec un pouce court et trapu) et des m\u00e9tatarsiens, r\u00e9sultant d&rsquo;une soudure pr\u00e9matur\u00e9e des cartilages de conjugaison. Ce trait se traduit cliniquement par le signe de l&rsquo;\u00ab encoche \u00bb ou du \u00ab knuckle dimple \u00bb, o\u00f9 les t\u00eates articulaires m\u00e9tacarpiennes laissent place \u00e0 des d\u00e9pressions cutan\u00e9es lors de la fermeture du poing.<\/li>\n<li><strong>Le retard de croissance staturale :<\/strong> Les enfants pr\u00e9sentent souvent une taille normale durant la petite enfance, mais leur vitesse de croissance fl\u00e9chit pr\u00e9cocement du fait de la fermeture \u00e9piphysaire anticip\u00e9e et d&rsquo;un d\u00e9ficit fonctionnel en GHRH, aboutissant \u00e0 une taille adulte d\u00e9finitive nettement inf\u00e9rieure aux cibles g\u00e9n\u00e9tiques parentales.<\/li>\n<li><strong>L&rsquo;ob\u00e9sit\u00e9 pr\u00e9coce et tenace :<\/strong> Souvent d&rsquo;apparition tr\u00e8s pr\u00e9coce (d\u00e8s les premi\u00e8res ann\u00e9es de vie), cette adiposit\u00e9 r\u00e9sulte \u00e0 la fois d&rsquo;une d\u00e9pense \u00e9nerg\u00e9tique de repos effondr\u00e9e par d\u00e9faut de thermogen\u00e8se du tissu adipeux brun et d&rsquo;un dysfonctionnement des circuits hypothalamiques de la sati\u00e9t\u00e9 m\u00e9di\u00e9s par le r\u00e9cepteur de la m\u00e9lanocortine de type 4 (MC4R), qui s&rsquo;accouple classiquement \u00e0 Gs&alpha;.<\/li>\n<li><strong>Les ossifications et calcifications h\u00e9t\u00e9rotopiques :<\/strong> Contrairement aux calcifications m\u00e9taboliques des noyaux gris centraux cons\u00e9cutives aux d\u00e9r\u00e8glements phosphocalciques, les patients d\u00e9veloppent de v\u00e9ritables ost\u00e9omes cutan\u00e9s et sous-cutan\u00e9s par diff\u00e9renciation ost\u00e9oblastique ectopique spontan\u00e9e de cellules m\u00e9senchymateuses prog\u00e9nitrices stromales, ind\u00e9pendamment de toute anomalie de la calc\u00e9mie.<\/li>\n<li><strong>Les manifestations neurod\u00e9veloppementales :<\/strong> Un continuum de difficult\u00e9s cognitives affecte la majorit\u00e9 des porteurs d&rsquo;all\u00e8les maternels mut\u00e9s. Ce d\u00e9ficit n&rsquo;est pas uniforme : il affecte pr\u00e9f\u00e9rentiellement la vitesse de traitement de l&rsquo;information, l&rsquo;organisation spatio-temporelle, les fonctions ex\u00e9cutives complexes, tout en augmentant la susceptibilit\u00e9 aux troubles anxieux g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9s, \u00e0 la fatigabilit\u00e9 psychique et aux comportements d&rsquo;opposition.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Sur le plan psychopathologique, l&rsquo;OHA induit une double peine. D&rsquo;une part, les r\u00e9percussions neurobiologiques directes de la dysfonction de signalisation de l&rsquo;AMPc alt\u00e8rent la plasticit\u00e9 synaptique hippocampique et striatale, alt\u00e9rant ainsi la modulation de neurotransmetteurs majeurs comme la dopamine, la s\u00e9rotonine et le glutamate. D&rsquo;autre part, la charge psychosociale d&rsquo;une affection d\u00e9figurante (faci\u00e8s arrondi, petite taille, ob\u00e9sit\u00e9 s\u00e9v\u00e8re, doigts courts) engendre chez l&rsquo;enfant puis l&rsquo;adolescent des blessures narcissiques profondes, un isolement relationnel, une anxi\u00e9t\u00e9 sociale handicapante et un risque major\u00e9 de d\u00e9compensation d\u00e9pressive.<\/p>\n<p>Le champ nosologique de l&rsquo;OHA illustre magistralement la rupture avec les mod\u00e8les biom\u00e9dicaux lin\u00e9aires. On ne saurait cat\u00e9goriser cette maladie comme purement physique ou exclusivement neurocognitive : elle incarne une alt\u00e9ration psychosomatique globale o\u00f9 le g\u00e9nome, l&rsquo;\u00e9pig\u00e9nome et le syst\u00e8me nerveux central s&rsquo;entrelacent pour fa\u00e7onner une exp\u00e9rience d\u00e9veloppementale et adaptative hautement sp\u00e9cifique.<\/p>\n<h3>5. \u00c9volution historique<\/h3>\n<p>La trajectoire scientifique de l&rsquo;ost\u00e9odystrophie h\u00e9r\u00e9ditaire d&rsquo;Albright s&rsquo;\u00e9tend sur plus de huit d\u00e9cennies, jalonn\u00e9e par des transitions conceptuelles remarquables qui ont anticip\u00e9 plusieurs r\u00e9volutions de la biologie moderne.<\/p>\n<p>En 1942, Fuller Albright, Charles H. Forbes et Philip H. Henneman publient dans la revue <em>Endocrinology<\/em> une description princeps de trois patientes pr\u00e9sentant des crises de t\u00e9tanie, une hypocalc\u00e9mie et une hyperphosphat\u00e9mie identiques \u00e0 celles observ\u00e9es dans l&rsquo;hypoparathyro\u00efdie classique. Toutefois, ces patientes ne r\u00e9pondaient pas \u00e0 l&rsquo;administration d&rsquo;extraits parathyro\u00efdiens exog\u00e8nes, alors que leurs propres glandes parathyro\u00efdes pr\u00e9sentaient une hyperplasie r\u00e9actionnelle \u00e0 l&rsquo;examen anatomopathologique. Albright formula l&rsquo;hypoth\u00e8se visionnaire que le trouble ne provenait pas d&rsquo;une absence d&rsquo;hormone, mais d&rsquo;une \u00ab absence de r\u00e9ponse de l&rsquo;organe effecteur \u00bb (le tubule r\u00e9nal et le tissu osseux) \u00e0 l&rsquo;hormone circulante. Il nomma ce ph\u00e9nom\u00e8ne <em>pseudohypoparathyroidism<\/em> (PHP), introduisant ainsi en m\u00e9decine la notion pionni\u00e8re de \u00ab r\u00e9sistance hormonale p\u00e9riph\u00e9rique post-r\u00e9cepteur \u00bb.<\/p>\n<p>Dix ans plus tard, en 1952, Albright et ses collaborateurs identifient des patients pr\u00e9sentant exactement les m\u00eames singularit\u00e9s constitutionnelles squelettiques (brachydactylie, petite taille, ob\u00e9sit\u00e9, faci\u00e8s rond) mais d\u00e9pourvus de toute anomalie du m\u00e9tabolisme phosphocalcique ou de r\u00e9sistance \u00e0 la PTH. Albright d\u00e9signa ironiquement cette variante sous le vocable de <em>pseudo-pseudohypoparathyroidism<\/em> (PPHP), un n\u00e9ologisme souvent qualifi\u00e9 d&rsquo;anecdote lexicale la plus insolite de la nomenclature m\u00e9dicale, qui traduisait l&rsquo;observation d&rsquo;un habitus sans la r\u00e9sistance endocrinienne.<\/p>\n<p>Durant les ann\u00e9es 1970 et le d\u00e9but des ann\u00e9es 1980, l&rsquo;av\u00e8nement de la biochimie des r\u00e9cepteurs apporte l&rsquo;\u00e9clairage m\u00e9canistique d\u00e9cisif. Les travaux men\u00e9s par Henry Bourne, Zvi Farfel et Michael Levine d\u00e9montrent qu&rsquo;une proportion substantielle de patients atteints de PHP type 1A pr\u00e9sentent une r\u00e9duction de 50 % de l&rsquo;activit\u00e9 enzymatique de la sous-unit\u00e9 alpha stimulatrice de la prot\u00e9ine G (Gs&alpha;) dans les membranes \u00e9rythrocytaires et les fibroblastes en culture. D\u00e8s lors, l&rsquo;ost\u00e9odystrophie h\u00e9r\u00e9ditaire d&rsquo;Albright commence \u00e0 \u00eatre envisag\u00e9e comme une maladie des prot\u00e9ines liant le GTP, pr\u00e9figurant l&rsquo;attribution du prix Nobel de physiologie ou m\u00e9decine en 1994 \u00e0 Martin Rodbell et Alfred G. Gilman pour la d\u00e9couverte des prot\u00e9ines G.<\/p>\n<p>La d\u00e9cennie 1990 marque le tournant de la g\u00e9n\u00e9tique mol\u00e9culaire. Le g\u00e8ne codant Gs&alpha;, d\u00e9sign\u00e9 sous le nom de <em>GNAS<\/em>, est cartographi\u00e9 sur le bras long du chromosome 20 (20q13.3). Tr\u00e8s vite, les g\u00e9n\u00e9ticiens s&rsquo;aper\u00e7oivent qu&rsquo;une simple h\u00e9r\u00e9dit\u00e9 mend\u00e9lienne autosomique dominante ne suffit pas \u00e0 expliquer pourquoi les m\u00e8res atteintes donnent presque invariablement naissance \u00e0 des enfants avec PHP1A (avec r\u00e9sistance hormonale et atteinte cognitive marqu\u00e9e), alors que les p\u00e8res atteints engendrent des enfants pr\u00e9sentant un PPHP (sans r\u00e9sistance hormonale r\u00e9nale). Les d\u00e9couvertes fondamentales concernant l&rsquo;<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Empreinte_g%C3%A9nomique\">empreinte g\u00e9nomique parentale<\/a> au d\u00e9but des ann\u00e9es 2000, port\u00e9es notamment par les \u00e9quipes de Murdoch et de Weinschenk, r\u00e9v\u00e8lent le profil de transcription complexe et tissu-sp\u00e9cifique du locus <em>GNAS<\/em>.<\/p>\n<p>Dans l&rsquo;\u00e8re contemporaine, la prise en charge a d\u00e9pass\u00e9 le strict \u00e9quilibrage de la calc\u00e9mie. La reconnaissance croissante des dimensions neurocomportementales, des troubles sp\u00e9cifiques des apprentissages et de la qualit\u00e9 de vie psychologique a motiv\u00e9 la publication en 2018 du tout premier consensus international d&rsquo;experts sur le diagnostic et la prise en charge des affections li\u00e9es au g\u00e8ne GNAS. Ce document fondateur consacre l&rsquo;OHA comme une pathologie multisyst\u00e9mique \u00e0 fort retentissement psychopathologique m\u00e9ritant un accompagnement transdisciplinaire tout au long de la trajectoire de vie.<\/p>\n<h3>6. Fondements th\u00e9oriques et g\u00e9n\u00e9tiques<\/h3>\n<p>La compr\u00e9hension approfondie de l&rsquo;ost\u00e9odystrophie h\u00e9r\u00e9ditaire d&rsquo;Albright exige une immersion dans les m\u00e9canismes de la biologie structurale et de l&rsquo;\u00e9pig\u00e9n\u00e9tique quantitative. Le locus <em>GNAS<\/em> est reconnu comme l&rsquo;une des r\u00e9gions les plus complexes du g\u00e9nome humain, soumis \u00e0 un \u00e9pissage alternatif \u00e9labor\u00e9 et \u00e0 de multiples promoteurs r\u00e9gul\u00e9s par empreinte parentale.<\/p>\n<p>Le g\u00e8ne <em>GNAS<\/em> g\u00e9n\u00e8re plusieurs transcrits distincts par l&rsquo;utilisation de promoteurs alternatifs :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Le transcrit Gs&alpha; :<\/strong> Traduit la prot\u00e9ine Gs&alpha; ubiquitaire essentielle au couplage des r\u00e9cepteurs membranaires heptah\u00e9lico\u00efdaux avec l&rsquo;ad\u00e9nylate cyclase.<\/li>\n<li><strong>Le transcrit XL&alpha;s (Extra Large &alpha;s) :<\/strong> Exprim\u00e9 exclusivement \u00e0 partir de l&rsquo;all\u00e8le d&rsquo;origine paternelle, impliqu\u00e9 dans le neurod\u00e9veloppement pr\u00e9coce, la r\u00e9gulation motrice et la croissance pr\u00e9natale.<\/li>\n<li><strong>Le transcrit NESP55 (Neuroendocrine Secretory Protein 55) :<\/strong> Cod\u00e9 exclusivement \u00e0 partir de l&rsquo;all\u00e8le maternel, cette chromogranine-like est exprim\u00e9e s\u00e9lectivement dans le syst\u00e8me nerveux central et joue un r\u00f4le dans le contr\u00f4le des fonctions neuroendocriniennes et comportementales.<\/li>\n<li><strong>Le transcrit non codant antisense et l&rsquo;exon A\/B (ou 1A) :<\/strong> Exprim\u00e9s pr\u00e9f\u00e9rentiellement depuis l&rsquo;all\u00e8le paternel, r\u00e9gulant n\u00e9gativement par comp\u00e9tition transcriptionnelle l&rsquo;expression de la sous-unit\u00e9 Gs&alpha; en <em>cis<\/em>.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Dans la majorit\u00e9 des tissus somatiques p\u00e9riph\u00e9riques, l&rsquo;expression de la prot\u00e9ine Gs&alpha; s&rsquo;op\u00e8re de fa\u00e7on bi-all\u00e9lique : l&rsquo;all\u00e8le h\u00e9rit\u00e9 de la m\u00e8re et celui du p\u00e8re contribuent de mani\u00e8re \u00e9quivalente \u00e0 l&rsquo;approvisionnement cellulaire. Ainsi, une mutation h\u00e9t\u00e9rozygote entra\u00eene une diminution de 50 % de l&rsquo;expression prot\u00e9ique, seuil qui s&rsquo;av\u00e8re suffisant pour induire le ph\u00e9notype dysmorphique squelettique de l&rsquo;OHA en raison d&rsquo;une haplo-insuffisance locale dans le p\u00e9rioste, les chondrocytes de croissance et le stroma m\u00e9senchymateux (expliquant pourquoi la brachydactylie et la petite taille surviennent que la transmission soit maternelle ou paternelle).<\/p>\n<p>En revanche, dans un contingent restreint mais strat\u00e9gique de territoires cellulaires, l&rsquo;expression de Gs&alpha; est monoall\u00e9lique sous le contr\u00f4le de l&#8217;empreinte g\u00e9nomique. L&rsquo;all\u00e8le paternel y est r\u00e9duit au silence par hyperm\u00e9thylation promotrice. Les tissus cl\u00e9s soumis \u00e0 ce m\u00e9canisme comprennent :<\/p>\n<ul>\n<li>Les cellules \u00e9pith\u00e9liales du tubule contourn\u00e9 proximal r\u00e9nal (site de r\u00e9ponse \u00e0 la PTH).<\/li>\n<li>L&rsquo;\u00e9pith\u00e9lium folliculaire thyro\u00efdien (r\u00e9ponse \u00e0 la TSH).<\/li>\n<li>Les cellules corticotropes et gonadotropes ad\u00e9nohypophysaires (r\u00e9ponse \u00e0 la GHRH, LH et FSH).<\/li>\n<li>Le noyau arqu\u00e9 et le noyau paraventriculaire de l&rsquo;hypothalamus ventrom\u00e9dian, si\u00e8ges centraux de la balance \u00e9nerg\u00e9tique et de la sati\u00e9t\u00e9.<\/li>\n<li>Certaines populations neuronales corticales et hippocampiques associ\u00e9es au traitement de l&rsquo;information et \u00e0 la r\u00e9gulation de l&rsquo;affect.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Sur le plan neuropsychologique, ce m\u00e9canisme \u00e9claire les disparit\u00e9s cliniques observ\u00e9es entre les lign\u00e9es de transmission. Les patients porteurs d&rsquo;une mutation maternelle (PHP1A) souffrent d&rsquo;une d\u00e9ficience quasi absolue en Gs&alpha; dans les circuits hypothalamiques r\u00e9gissant l&rsquo;app\u00e9tit et le m\u00e9tabolisme, d&rsquo;o\u00f9 une ob\u00e9sit\u00e9 morbide pr\u00e9coce r\u00e9fractaire et des d\u00e9r\u00e8glements du syst\u00e8me de r\u00e9compense m\u00e9solimbique. De surcro\u00eet, le d\u00e9ficit de g\u00e9n\u00e9ration d&rsquo;AMPc dans les neurones cortico-limbiques perturbe la cascade mol\u00e9culaire de la prot\u00e9ine kinase A (PKA) et du facteur de transcription CREB (<em>cAMP response element-binding protein<\/em>), pierre angulaire de la potentialisation \u00e0 long terme et de la consolidation mn\u00e9sique. Ceci fonde la base neurobiologique des d\u00e9ficits cognitifs pr\u00e9f\u00e9rentiels constat\u00e9s chez les enfants atteints de PHP1A.<\/p>\n<p>\u00c0 l&rsquo;oppos\u00e9, les patients h\u00e9ritant de la mutation paternelle (PPHP) conservent l&rsquo;all\u00e8le maternel actif dans les tissus \u00e0 empreinte. Leurs fonctions r\u00e9nales et endocriniennes demeurent intactes. Cependant, la perte de 50 % de Gs&alpha; dans les r\u00e9gions c\u00e9r\u00e9brales \u00e0 expression biall\u00e9lique, combin\u00e9e aux perturbations potentielles d&rsquo;autres transcrits paternels comme XL&alpha;s, peut occasionner des perturbations cognitives subtiles, des troubles du sommeil ou des particularit\u00e9s du comportement perceptif, d\u00e9montrant que le statut paternel n&rsquo;est pas exempt de r\u00e9percussions sur la sant\u00e9 mentale.<\/p>\n<h3>7. Composantes cl\u00e9s, types et dimensions<\/h3>\n<p>L&rsquo;ost\u00e9odystrophie h\u00e9r\u00e9ditaire d&rsquo;Albright constitue un chapeau morphologique et g\u00e9n\u00e9tique qui se d\u00e9cline en diff\u00e9rentes variantes nosologiques selon la nature de la transmission et le profil de r\u00e9sistance hormonale :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Pseudohypoparathyro\u00efdisme de type 1A (PHP1A) :<\/strong> Association compl\u00e8te des stigmates de l&rsquo;OHA et d&rsquo;une multir\u00e9sistance endocrinienne (PTH, TSH, GHRH, gonadotrophines) due \u00e0 une transmission maternelle d&rsquo;une mutation de <em>GNAS<\/em>. L&rsquo;atteinte intellectuelle y est classique, affectant de 50 \u00e0 75 % des individus, et s&rsquo;accompagne d&rsquo;une ob\u00e9sit\u00e9 s\u00e9v\u00e8re survenant d\u00e8s la premi\u00e8re ann\u00e9e de vie.<\/li>\n<li><strong>Pseudohypoparathyro\u00efdisme de type 1C (PHP1C) :<\/strong> Cliniquement et biologiquement indiscernable du PHP1A, avec pr\u00e9sence des traits d&rsquo;OHA et r\u00e9sistances hormonales multiples. Toutefois, les tests biochimiques membranaires montrent une activit\u00e9 Gs&alpha; r\u00e9siduelle normale in vitro. Les alt\u00e9rations g\u00e9n\u00e9tiques touchent sp\u00e9cifiquement le domaine carboxyl-terminal de couplage au r\u00e9cepteur, \u00e9pargnant le site d&rsquo;activation de l&rsquo;ad\u00e9nylate cyclase.<\/li>\n<li><strong>Pseudo-pseudohypoparathyro\u00efdisme (PPHP) :<\/strong> Pr\u00e9sence des anomalies squelettiques et physiques de l&rsquo;OHA (petite taille, brachydactylie, ossifications cutan\u00e9es) mais sans aucune r\u00e9sistance \u00e0 la PTH ni anomalies du bilan phosphocalcique. Cette entit\u00e9 d\u00e9coule de la transmission paternelle de la mutation de <em>GNAS<\/em>. Les facult\u00e9s intellectuelles globales sont g\u00e9n\u00e9ralement mieux pr\u00e9serv\u00e9es, bien que des fragilit\u00e9s socio-\u00e9motionnelles puissent se manifester.<\/li>\n<li><strong>Pseudohypoparathyro\u00efdisme de type 1B (PHP1B) :<\/strong> Caract\u00e9ris\u00e9 par une r\u00e9sistance r\u00e9nale isol\u00e9e \u00e0 la PTH (parfois compl\u00e9t\u00e9e par une l\u00e9g\u00e8re r\u00e9sistance \u00e0 la TSH) sans que le tableau somatique classique d&rsquo;OHA ne soit au premier plan. Cependant, des cohortes r\u00e9centes mettent en \u00e9vidence des formes atypiques de PHP1B associant une brachydactylie mod\u00e9r\u00e9e ou une prise de poids rapide, li\u00e9es \u00e0 des anomalies de m\u00e9thylation \u00e9pig\u00e9n\u00e9tique au sein de la r\u00e9gion r\u00e9gulatrice de <em>GNAS<\/em>.<\/li>\n<li><strong>H\u00e9t\u00e9roplasie osseuse progressive (POH) :<\/strong> Affection apparent\u00e9e s\u00e9v\u00e8re, cons\u00e9cutive \u00e0 des mutations paternelles sp\u00e9cifiques de <em>GNAS<\/em>, o\u00f9 l&rsquo;ossification h\u00e9t\u00e9rotopique ne reste pas cantonn\u00e9e au derme superficiel mais envahit progressivement les fascias profonds, les gaines tendineuses et les masses musculaires squelettiques, occasionnant des ankyloses invalidantes et un impact psychomoteur majeur.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Les dimensions dimensionnelles neuropsychiatriques et cognitives s&rsquo;articulent ainsi :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Dimension cognitive g\u00e9n\u00e9rale :<\/strong> QI moyen se situant le plus souvent dans la zone limite ou du d\u00e9ficit intellectuel l\u00e9ger (QI global compris entre 50 et 75 dans le PHP1A), caract\u00e9ris\u00e9 par une h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 marqu\u00e9e entre les performances verbales (mieux pr\u00e9serv\u00e9es) et non-verbales (alt\u00e9r\u00e9es).<\/li>\n<li><strong>Dimension ex\u00e9cutive et attentionnelle :<\/strong> D\u00e9ficits d&rsquo;inhibition cognitive, rigidit\u00e9 attentionnelle, difficult\u00e9s d&rsquo;organisation spatiale et de planification, rencontr\u00e9s avec une fr\u00e9quence nettement sup\u00e9rieure \u00e0 celle observ\u00e9e dans la population g\u00e9n\u00e9rale.<\/li>\n<li><strong>Dimension affective et adaptative :<\/strong> Risque \u00e9lev\u00e9 d&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 de s\u00e9paration chez l&rsquo;enfant, anxi\u00e9t\u00e9 de performance, fragilit\u00e9 thymique, intol\u00e9rance \u00e0 la frustration et vuln\u00e9rabilit\u00e9 accrue aux conduites d&rsquo;\u00e9vitement social.<\/li>\n<li><strong>Dimension neurosensorielle :<\/strong> Hypoacousie de transmission ou mixte fr\u00e9quente li\u00e9e \u00e0 la dysmorphologie cranio-faciale et aux otites s\u00e9romuqueuses chroniques, venant interf\u00e9rer n\u00e9gativement avec les processus d&rsquo;apprentissage du langage.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>8. Exemples et cas illustratifs<\/h3>\n<p>Pour mieux cerner la r\u00e9alit\u00e9 clinique de l&rsquo;ost\u00e9odystrophie h\u00e9r\u00e9ditaire d&rsquo;Albright, l&rsquo;analyse de deux trajectoires individuelles permet d&rsquo;illustrer la dichotomie entre les origines parentales et leurs \u00e9chos neuropsychologiques.<\/p>\n<h4>Cas illustratif 1 : \u00c9l\u00e9onore, 9 ans (Transmission maternelle &#8211; PHP1A)<\/h4>\n<p>\u00c9l\u00e9onore est adress\u00e9e en consultation p\u00e9diatrique pour un retard d&rsquo;acquisitions scolaires et une prise pond\u00e9rale majeure inexpliqu\u00e9e. N\u00e9e \u00e0 terme avec un poids adapt\u00e9, elle d\u00e9veloppe d\u00e8s l&rsquo;\u00e2ge de 8 mois une boulimie d\u00e9veloppementale avec prise de poids rapide, son indice de masse corporelle (IMC) d\u00e9passant le 97e percentile \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 3 ans. Les parents signalent des difficult\u00e9s de coordination motrice globale et fine, ainsi qu&rsquo;une fatigabilit\u00e9 chronique qui a retard\u00e9 l&rsquo;apprentissage de la marche jusqu&rsquo;\u00e0 22 mois.<\/p>\n<p>\u00c0 l&rsquo;examen clinique, le p\u00e9diatre note un faci\u00e8s lunaire caract\u00e9ristique, une petite taille (-2,5 d\u00e9viations standards) contrastant avec la corpulence, et une brachydactylie bilat\u00e9rale tr\u00e8s nette int\u00e9ressant le 4e m\u00e9tacarpien. Deux formations nodulaires fermes, indolores et superficielles sont palp\u00e9es au niveau du mollet gauche et de l&rsquo;avant-bras, confirm\u00e9es radiologiquement comme des ost\u00e9omes sous-cutan\u00e9s. L&rsquo;exploration biologique met en \u00e9vidence une calc\u00e9mie abaiss\u00e9e \u00e0 1,85 mmol\/L, une hyperphosphat\u00e9mie et une \u00e9l\u00e9vation majeure de la parathormone intacte (PTH \u00e0 420 pg\/mL, normale &lt; 65), sans atteinte de la fonction r\u00e9nale globale. Une hypothyro\u00efdie fruste (TSH mod\u00e9r\u00e9ment \u00e9lev\u00e9e avec T4 libre normale basse) est \u00e9galement d\u00e9pist\u00e9e. L&rsquo;analyse g\u00e9n\u00e9tique confirme une d\u00e9l\u00e9tion h\u00e9t\u00e9rozygote dans l&rsquo;exon 5 du g\u00e8ne <em>GNAS<\/em>, transmise par la m\u00e8re qui pr\u00e9sente elle-m\u00eame une taille modeste et des doigts courts sans ant\u00e9c\u00e9dent r\u00e9nal connu.<\/p>\n<p>Le bilan neuropsychologique r\u00e9alis\u00e9 \u00e0 l&rsquo;aide de la <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/WISC\">WISC-V<\/a> montre un Quotient Intellectuel Total (QIT) \u00e9valu\u00e9 \u00e0 64. On rel\u00e8ve une dissociation marqu\u00e9e : l&rsquo;indice de Compr\u00e9hension Verbale (ICV = 78) est relativement fonctionnel, tandis que l&rsquo;indice Visuo-Spatial (IVS = 58) et la Vitesse de Traitement (IVT = 56) sont massivement chut\u00e9s. \u00c9l\u00e9onore \u00e9prouve d&rsquo;immenses difficult\u00e9s lors des t\u00e2ches de copie de figures complexes et de manipulation d&rsquo;outils g\u00e9om\u00e9triques. Sur le plan \u00e9motionnel, la fillette pr\u00e9sente une grande anxi\u00e9t\u00e9 face \u00e0 l&rsquo;\u00e9chec, des crises de col\u00e8re lors des transitions impr\u00e9vues et une souffrance psychologique grandissante caus\u00e9e par les moqueries de ses pairs relatives \u00e0 son physique arrondi et \u00e0 sa d\u00e9marche dandinante.<\/p>\n<h4>Cas illustratif 2 : Thomas, 14 ans (Transmission paternelle &#8211; PPHP)<\/h4>\n<p>Thomas est re\u00e7u en consultation de g\u00e9n\u00e9tique m\u00e9dicale dans le cadre du bilan d&rsquo;extension d&rsquo;une ost\u00e9odystrophie d&rsquo;Albright identifi\u00e9e chez sa jeune s\u0153ur cadette (qui pr\u00e9sente, elle, un tableau franc de PHP1A h\u00e9rit\u00e9 de leur m\u00e8re). L&rsquo;histoire g\u00e9n\u00e9alogique r\u00e9v\u00e8le en r\u00e9alit\u00e9 une mutation familiale : le grand-p\u00e8re maternel a transmis la mutation \u00e0 la m\u00e8re de Thomas (provoquant chez elle un PPHP), laquelle l&rsquo;a ensuite transmise \u00e0 ses enfants sous forme de PHP1A. Cependant, Thomas a lui-m\u00eame re\u00e7u la mutation d&rsquo;un p\u00e8re porteur d&rsquo;une mutation <em>de novo<\/em> survenue dans la lign\u00e9e paternelle.<\/p>\n<p>Thomas pr\u00e9sente une stature au 10e percentile, un faci\u00e8s arrondi et un raccourcissement caract\u00e9ristique des deux pouces et des 4es orteils. Des radiographies des mains d\u00e9montrent une synostose pr\u00e9matur\u00e9e m\u00e9tacarpienne. En revanche, son bilan biologique r\u00e9p\u00e9t\u00e9 est strictement normal : la calc\u00e9mie, le phosphore, la PTH et la TSH demeurent dans les limites physiologiques. Il n&rsquo;a jamais manifest\u00e9 de crise t\u00e9tanique ni d&rsquo;ob\u00e9sit\u00e9 infantile pr\u00e9coce.<\/p>\n<p>Sur le plan psychologique et acad\u00e9mique, Thomas est scolaris\u00e9 en classe de 3e de coll\u00e8ge sans am\u00e9nagement lourd. N\u00e9anmoins, ses enseignants rapportent un d\u00e9ficit de l&rsquo;attention sans hyperactivit\u00e9 motrice (TDAH \u00e0 pr\u00e9dominance inattentive), une lenteur graphomotrice et un retrait social notable. L&rsquo;\u00e9valuation psychologique r\u00e9v\u00e8le une estime de soi tr\u00e8s d\u00e9t\u00e9rior\u00e9e, centr\u00e9e sur le dysmorphisme de ses mains (\u00ab je cache constamment mes poings dans mes poches pour qu&rsquo;on ne voie pas mes doigts coup\u00e9s \u00bb) et une anxi\u00e9t\u00e9 de performance lors des \u00e9preuves sportives scolaires, o\u00f9 sa petite taille et sa fatigabilit\u00e9 le p\u00e9nalisent. La psychoth\u00e9rapie de soutien ax\u00e9e sur l&rsquo;image corporelle et des am\u00e9nagements p\u00e9dagogiques pour le travail \u00e9crit permettent une nette am\u00e9lioration de son adaptation globale.<\/p>\n<h3>9. \u00c9valuation, mesure et diagnostic<\/h3>\n<p>La d\u00e9marche diagnostique devant une suspicion d&rsquo;ost\u00e9odystrophie h\u00e9r\u00e9ditaire d&rsquo;Albright est n\u00e9cessairement pluridimensionnelle. Elle allie la m\u00e9trique anthropom\u00e9trique, la radiologie quantitative, la biologie de stimulation endocrinienne, le s\u00e9quen\u00e7age g\u00e9n\u00e9tique et l&rsquo;\u00e9valuation psychom\u00e9trique standardis\u00e9e.<\/p>\n<p>Les crit\u00e8res diagnostiques et les outils d&rsquo;\u00e9valuation se r\u00e9partissent en plusieurs volets :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Examen clinique et anthropom\u00e9trie :<\/strong> Mesure s\u00e9quentielle de la vitesse de croissance, calcul des d\u00e9viations standards de la taille cible, mesure pr\u00e9cise des segments osseux. On \u00e9value m\u00e9ticuleusement le rapport envergure\/taille et la pr\u00e9sence du signe de l&rsquo;encoche m\u00e9tacarpienne. L&rsquo;examen des t\u00e9guments traque au palper les concr\u00e9tions calcifi\u00e9es dures intradermiques ou sous-cutan\u00e9es, si\u00e9geant \u00e9lectivement sur les zones p\u00e9ri-articulaires et d&rsquo;appui.<\/li>\n<li><strong>Bilan d&rsquo;imagerie radiologique :<\/strong> Radiographies bilat\u00e9rales des mains et des pieds de face pour quantifier le raccourcissement des m\u00e9tacarpiens et m\u00e9tatarsiens (brachydactylie de type E), calculer l&rsquo;\u00e2ge osseux (qui r\u00e9v\u00e8le souvent une maturation acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e \u00e0 la pubert\u00e9 conduisant \u00e0 une fermeture \u00e9piphysaire anticip\u00e9e) et identifier les ossifications h\u00e9t\u00e9rotopiques stromales. Une tomodensitom\u00e9trie (TDM) c\u00e9r\u00e9brale sans injection peut \u00eatre prescrite pour rechercher des calcifications bilat\u00e9rales et sym\u00e9triques des noyaux gris centraux (syndrome de Fahr secondaire), cons\u00e9cutives aux anomalies du m\u00e9tabolisme phosphocalcique chronique.<\/li>\n<li><strong>Explorations biochimiques et endocriniennes :<\/strong> Dosage r\u00e9p\u00e9t\u00e9 de la calc\u00e9mie totale et ionis\u00e9e, de la phosphor\u00e9mie, de la 25-OH-vitamine D et de la parathormone intacte plasmatique. Le test historique d&rsquo;Ellsworth-Howard (mesure de l&rsquo;excr\u00e9tion urinaire d&rsquo;AMPc et de phosphate apr\u00e8s perfusion de PTH exog\u00e8ne) n&rsquo;est plus que rarement employ\u00e9, remplac\u00e9 avantageusement par les tests mol\u00e9culaires directs. Le bilan \u00e9value \u00e9galement l&rsquo;axe thyr\u00e9otrope (TSH \u00e9lev\u00e9e avec T4L normale ou basse), l&rsquo;axe somatotrope (IGF-1 abaiss\u00e9e, test de stimulation \u00e0 l&rsquo;arginine ou \u00e0 l&rsquo;insuline pour la GH) et l&rsquo;axe gonadotrope en cas de retard pubertaire ou d&rsquo;am\u00e9norrh\u00e9e primaire\/secondaire.<\/li>\n<li><strong>Diagnostic mol\u00e9culaire g\u00e9n\u00e9tique :<\/strong> S\u00e9quen\u00e7age direct par m\u00e9thode de Sanger ou par s\u00e9quen\u00e7age \u00e0 haut d\u00e9bit (NGS) des 13 exons codants du g\u00e8ne <em>GNAS<\/em> afin d&rsquo;identifier des mutations ponctuelles non-sens, faux-sens, des d\u00e9calages du cadre de lecture ou des anomalies d&rsquo;\u00e9pissage. En l&rsquo;absence de mutation intrag\u00e9nique dans un tableau franc, une recherche de remaniements \u00e9pig\u00e9n\u00e9tiques par MS-MLPA (<em>Methylation-Specific Multiplex Ligation-dependent Probe Amplification<\/em>) est obligatoire pour mettre en \u00e9vidence des anomalies de m\u00e9thylation des r\u00e9gions diff\u00e9rentiellement m\u00e9thyl\u00e9es (DMR) du locus <em>GNAS<\/em> (associ\u00e9es aux formes PHP1B).<\/li>\n<li><strong>Bilan neuropsychologique et psychom\u00e9trique complet :<\/strong> L&rsquo;investigation des fonctions cognitives ne saurait se cantonner \u00e0 une mesure brute du QI. Il est imp\u00e9ratif de d\u00e9ployer une batterie neuropsychologique approfondie :\n<ul>\n<li>\u00c9chelles d&rsquo;intelligence globales : WISC-V pour l&rsquo;enfant\/adolescent, WAIS-IV pour l&rsquo;adulte, permettant d&rsquo;objectiver les dissociations verbales\/visuo-spatiales.<\/li>\n<li>\u00c9valuation des fonctions ex\u00e9cutives : Tour de Londres (planification), test de Stroop (inhibition), Trail Making Test (flexibilit\u00e9 cognitive) et questionnaires \u00e9cologiques de type BRIEF (compl\u00e9t\u00e9s par l&rsquo;entourage et les enseignants).<\/li>\n<li>\u00c9valuation du profil comportemental et socio-\u00e9motionnel : Inventaires standardis\u00e9s (CBCL &#8211; <em>Child Behavior Checklist<\/em>, BASC-3) pour d\u00e9pister les sympt\u00f4mes int\u00e9rioris\u00e9s (anxi\u00e9t\u00e9, repli d\u00e9pressif) et ext\u00e9rioris\u00e9s (impulsivit\u00e9, crises de col\u00e8re).<\/li>\n<li>\u00c9chelles d&rsquo;estime de soi et d&rsquo;image corporelle : Notamment l&rsquo;\u00e9chelle de Rosenberg ou le questionnaire d&rsquo;image corporelle (BSQ), indispensables d\u00e8s la pr\u00e9adolescence.<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<\/ul>\n<h3>10. Applications cliniques et port\u00e9e neuropsychologique<\/h3>\n<p>La prise en charge de l&rsquo;ost\u00e9odystrophie h\u00e9r\u00e9ditaire d&rsquo;Albright exige un paradigme int\u00e9gratif o\u00f9 la stabilisation des param\u00e8tres biologiques constitue le socle indispensable sur lequel s&rsquo;\u00e9rigent les interventions r\u00e9\u00e9ducatives et psychoth\u00e9rapeutiques.<\/p>\n<p>Sur le plan m\u00e9dical et endocrinien, la correction pr\u00e9coce et m\u00e9ticuleuse de l&rsquo;hypocalc\u00e9mie et de l&rsquo;hyperphosphat\u00e9mie par l&rsquo;administration d&rsquo;analogues actifs de la vitamine D (calcitriol ou alfacalcidol) associ\u00e9s \u00e0 des suppl\u00e9ments de calcium oral est imp\u00e9rative. Cette normalisation pr\u00e9vient non seulement les complications neuromusculaires aigu\u00ebs (crises de t\u00e9tanie, convulsions f\u00e9briles ou af\u00e9briles), mais limite \u00e9galement la pr\u00e9cipitation de phosphate de calcium dans le parenchyme c\u00e9r\u00e9bral. Les calcifications massives des noyaux gris centraux sont en effet corr\u00e9l\u00e9es \u00e0 une majoration des troubles moteurs extrapyramidaux, des \u00e9tats de ralentissement psychomoteur et de d\u00e9t\u00e9riorations cognitives sous-cortico-frontales. De m\u00eame, la substitution rapide de l&rsquo;hypothyro\u00efdie fruste par la l\u00e9vothyroxine optimise la maturation synaptique c\u00e9r\u00e9brale de l&rsquo;enfant et temp\u00e8re la l\u00e9thargie cognitive.<\/p>\n<p>Sur le versant neuropsychologique et orthop\u00e9dagogique, la d\u00e9tection des faiblesses ex\u00e9cutives et des troubles visuo-spatiaux justifie la mise en \u0153uvre pr\u00e9coce d&rsquo;adaptations scolaires individualis\u00e9es (projet personnalis\u00e9 de scolarisation &#8211; PPS) :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Am\u00e9nagements des supports d&rsquo;apprentissage :<\/strong> All\u00e8gement de la charge visuo-constructive, recours pr\u00e9f\u00e9rentiel \u00e0 des consignes verbalis\u00e9es \u00e9tape par \u00e9tape, agrandissement des polices de caract\u00e8res et recours \u00e0 des supports informatiques pour contourner la dysgraphie secondaire \u00e0 la brachydactylie des mains.<\/li>\n<li><strong>Prise en charge en psychomotricit\u00e9 et ergoth\u00e9rapie :<\/strong> Entra\u00eenement de la motricit\u00e9 fine, r\u00e9\u00e9ducation du sch\u00e9ma corporel souvent perturb\u00e9 par l&rsquo;ob\u00e9sit\u00e9 et les d\u00e9formations digitales, apprentissage de postures de travail r\u00e9duisant la fatigue musculosquelettique.<\/li>\n<li><strong>Suivi logop\u00e9dique\/orthophonique :<\/strong> D\u00e9pistage et traitement des troubles de la parole articulatoire li\u00e9s aux dysmorphies faciales ou aux pertes auditives de transmission, consolidation du langage \u00e9labor\u00e9 et de la compr\u00e9hension inf\u00e9rentielle.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Sur le plan psychopathologique et de l&rsquo;accompagnement psychoth\u00e9rapeutique, l&rsquo;intervention d&rsquo;un psychologue clinicien est cruciale \u00e0 chaque \u00e9tape charni\u00e8re du d\u00e9veloppement. Durant l&rsquo;enfance, le soutien \u00e0 la parentalit\u00e9 aide les familles \u00e0 naviguer entre l&rsquo;angoisse li\u00e9e \u00e0 la maladie g\u00e9n\u00e9tique chronique et la gestion complexe de l&rsquo;hyperphagie. La mise en place de programmes de th\u00e9rapie comportementale et cognitive (TCC) centr\u00e9s sur la gestion des \u00e9motions, la tol\u00e9rance \u00e0 la frustration et la restructuration cognitive aide l&rsquo;enfant \u00e0 ma\u00eetriser ses impulsions et son anxi\u00e9t\u00e9. \u00c0 l&rsquo;adolescence, un espace de parole analytique ou syst\u00e9mique permet d&rsquo;aborder les th\u00e9matiques douloureuses de l&rsquo;alt\u00e9rit\u00e9 physique, de la sexualit\u00e9, du regard d&rsquo;autrui et de l&rsquo;autonomisation, limitant le risque d&rsquo;\u00e9volution vers une n\u00e9vrose d&rsquo;\u00e9chec ou un \u00e9tat d\u00e9pressif caract\u00e9ris\u00e9.<\/p>\n<h3>11. Recherche empirique et donn\u00e9es scientifiques<\/h3>\n<p>La recherche clinique et fondamentale consacr\u00e9e au locus <em>GNAS<\/em> a connu une expansion spectaculaire au cours des deux derni\u00e8res d\u00e9cennies, apportant des donn\u00e9es probantes sur les corr\u00e9lations entre g\u00e9notype, alt\u00e9rations c\u00e9r\u00e9brales et profils comportementaux.<\/p>\n<p>Dans une \u00e9tude translationnelle fondatrice men\u00e9e par Mantovani et collaborateurs (2010), l&rsquo;analyse d&rsquo;une cohorte \u00e9tendue de patients pr\u00e9sentant une mutation inactivatrice de <em>GNAS<\/em> a confirm\u00e9 que l&rsquo;atteinte cognitive est significativement plus s\u00e9v\u00e8re et pr\u00e9valente chez les sujets porteurs d&rsquo;une all\u00e8le maternelle mut\u00e9e (PHP1A) comparativement aux sujets portant une mutation paternelle (PPHP). Les travaux ont mis en \u00e9vidence que le transcrit maternel de Gs&alpha; est indispensable au fonctionnement normal du cortex c\u00e9r\u00e9bral associatif et de l&rsquo;hippocampe, structures hautement impliqu\u00e9es dans la m\u00e9moire de travail et l&rsquo;encodage relationnel.<\/p>\n<p>Les explorations m\u00e9taboliques et neuroendocriniennes conduites par Chen et ses coll\u00e8gues (2009, 2012) chez des mod\u00e8les de souris g\u00e9n\u00e9tiquement modifi\u00e9es pour le g\u00e8ne <em>Gnas<\/em> ont \u00e9lucid\u00e9 les bases du dysfonctionnement pond\u00e9ral. Les souris pr\u00e9sentant une d\u00e9l\u00e9tion sp\u00e9cifique de l&rsquo;all\u00e8le maternel de <em>Gnas<\/em> dans les neurones du noyau arqu\u00e9 hypothalamique d\u00e9veloppent une ob\u00e9sit\u00e9 massive li\u00e9e \u00e0 une absence totale de r\u00e9ponse \u00e0 la m\u00e9lanocortine et \u00e0 une baisse radicale de l&rsquo;activit\u00e9 du syst\u00e8me nerveux sympathique innervant le tissu adipeux brun. Ces observations ont prouv\u00e9 que l&rsquo;ob\u00e9sit\u00e9 de l&rsquo;OHA n&rsquo;est pas simplement une \u00ab mauvaise alimentation volontaire \u00bb, mais bien une enc\u00e9phalopathie neuroendocrinienne m\u00e9tabolique de commande centrale, validant scientifiquement la souffrance des patients confront\u00e9s \u00e0 la stigmatisation de leur corpulence.<\/p>\n<p>Sur le plan strictement neuropsychiatrique, l&rsquo;\u00e9tude multicentrique coordonn\u00e9e par Mouallem et son \u00e9quipe (2013) a \u00e9valu\u00e9 les fonctions cognitives et le fonctionnement ex\u00e9cutif chez des adultes atteints d&rsquo;OHA. Les r\u00e9sultats ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que m\u00eame chez les individus pr\u00e9sentant un QI global dans les normes basses (entre 80 et 90), des d\u00e9ficits subtils mais invalidants subsistaient au niveau des tests de fluence verbale cat\u00e9gorielle, du tri de cartes du Wisconsin (WCST) et des temps de r\u00e9action informatis\u00e9s. Ces donn\u00e9es scientifiques confirment que l&rsquo;atteinte c\u00e9r\u00e9brale de l&rsquo;OHA d\u00e9passe le simple concept d&rsquo;arri\u00e9ration mentale globale pour correspondre \u00e0 un dysfonctionnement des r\u00e9seaux neuronaux fronto-sous-corticaux.<\/p>\n<p>Enfin, les publications r\u00e9centes issues du consortium europ\u00e9en sur le pseudohypoparathyro\u00efdisme (EuroPHP Network, 2018\u20132024) soulignent l&rsquo;importance des perturbations sensorielles et du sommeil. La pr\u00e9valence du syndrome d&rsquo;apn\u00e9es obstructives du sommeil (SAOS) chez les enfants atteints d&rsquo;OHA d\u00e9passe 60 %, caus\u00e9e par l&rsquo;hypotrophie mandibulaire, l&rsquo;adiposit\u00e9 m\u00e9diothoracique et les d\u00e9p\u00f4ts lipidiques oropharyng\u00e9s. Les chercheurs ont d\u00e9montr\u00e9 qu&rsquo;une part substantielle des difficult\u00e9s attentionnelles diurnes, de la labilit\u00e9 \u00e9motionnelle et de la baisse des performances scolaires \u00e9tait exacerb\u00e9e par l&rsquo;hypoxie nocturne intermittente et la fragmentation du sommeil lent profond, ouvrant la voie \u00e0 des am\u00e9liorations cognitives notables apr\u00e8s appareillage par pression positive continue (PPC).<\/p>\n<h3>12. Consid\u00e9rations culturelles et contextuelles<\/h3>\n<p>L&rsquo;expression et le v\u00e9cu de l&rsquo;ost\u00e9odystrophie h\u00e9r\u00e9ditaire d&rsquo;Albright sont profond\u00e9ment tributaires des contextes culturels, des repr\u00e9sentations collectives du handicap physique et des disparit\u00e9s d&rsquo;acc\u00e8s aux technologies g\u00e9n\u00e9tiques.<\/p>\n<p>Dans les soci\u00e9t\u00e9s occidentales industrialis\u00e9es, marqu\u00e9es par le culte de la minceur, de la v\u00e9locit\u00e9 cognitive et de la conformit\u00e9 esth\u00e9tique corporelle, les manifestations visibles de l&rsquo;OHA (petite taille, morphologie br\u00e9viligne, surpoids pr\u00e9coce, anomalies des mains) constituent un stigmate social particuli\u00e8rement lourd. Le ph\u00e9nom\u00e8ne de \u00ab grossophobie \u00bb syst\u00e9mique et le rejet des singularit\u00e9s squelettiques engendrent une d\u00e9tresse psychologique pr\u00e9coce chez les enfants scolaris\u00e9s en milieu ordinaire. L&rsquo;injonction soci\u00e9tale \u00e0 la r\u00e9ussite scolaire autonome met brutalement en lumi\u00e8re les d\u00e9ficits des fonctions ex\u00e9cutives, amenant les familles \u00e0 vivre le parcours diagnostique sous le mode de la culpabilit\u00e9 ou de la qu\u00eate obstin\u00e9e d&rsquo;explications psychog\u00e8nes avant que le couperet g\u00e9n\u00e9tique ne soit pos\u00e9.<\/p>\n<p>\u00c0 l&rsquo;inverse, dans certaines cultures traditionnelles ou au sein de collectivit\u00e9s rurales de pays en d\u00e9veloppement, les anomalies somatiques de l&rsquo;OHA font l&rsquo;objet d&rsquo;interpr\u00e9tations cosmogoniques ou religieuses vari\u00e9es. La petite taille ou les doigts raccourcis peuvent \u00eatre per\u00e7us comme des marques spirituelles ou au contraire comme le fruit de mal\u00e9dictions ancestrales, favorisant le recours aux m\u00e9decines traditionnelles et retardant de plusieurs ann\u00e9es le diagnostic endocrinien salvateur. Lorsque les crises de t\u00e9tanie hypocalc\u00e9mique surviennent, elles sont fr\u00e9quemment interpr\u00e9t\u00e9es comme des possessions spirituelles ou des \u00e9pisodes d&rsquo;hyst\u00e9rie, conduisant \u00e0 des exclusions th\u00e9rapeutiques tragiques alors qu&rsquo;une suppl\u00e9mentation vitaminique basale suffirait \u00e0 stabiliser les convulsions.<\/p>\n<p>Sur le plan des syst\u00e8mes de soins, les disparit\u00e9s g\u00e9ographiques dans la disponibilit\u00e9 du conseil g\u00e9n\u00e9tique et des plateformes de s\u00e9quen\u00e7age \u00e0 haut d\u00e9bit cr\u00e9ent une fracture sanitaire criante. Dans les pays disposant d&rsquo;une couverture m\u00e9dicale universelle, l&rsquo;acc\u00e8s aux hormones de croissance recombinantes (souvent administr\u00e9es pour am\u00e9liorer la taille finale des patients avec OHA, m\u00eame si les consensus font encore d\u00e9bat sur son efficacit\u00e9 \u00e0 long terme) et \u00e0 une \u00e9quipe pluridisciplinaire (endocrinop\u00e9diatre, g\u00e9n\u00e9ticien, p\u00e9dopsychiatre, orthophoniste) offre une trajectoire protectrice. Dans les pays \u00e0 faibles ressources, la maladie demeure largement sous-diagnostiqu\u00e9e, confondue avec le rachitisme carentiel s\u00e9v\u00e8re, l&rsquo;achondroplasie ou des enc\u00e9phalopathies anoxiques n\u00e9onatales non \u00e9tiquet\u00e9es.<\/p>\n<h3>13. Critiques, d\u00e9bats et limites nosologiques<\/h3>\n<p>La nosologie de l&rsquo;ost\u00e9odystrophie h\u00e9r\u00e9ditaire d&rsquo;Albright et de ses affections satellites fait l&rsquo;objet de vives controverses au sein de la communaut\u00e9 endocrinologique et g\u00e9n\u00e9tique internationale, ayant conduit r\u00e9cemment \u00e0 des propositions de refonte conceptuelle radicale.<\/p>\n<p>Le d\u00e9bat terminologique central r\u00e9side dans l&rsquo;obsolescence et la confusion s\u00e9mantique g\u00e9n\u00e9r\u00e9es par les termes historiques cr\u00e9\u00e9s par Albright : \u00ab pseudohypoparathyro\u00efdie \u00bb, \u00ab pseudopseudohypoparathyro\u00efdie \u00bb, \u00ab pseudo-pseudopseudohypoparathyro\u00efdie \u00bb. Ces d\u00e9nominations bas\u00e9es sur la n\u00e9gation et la redondance d&rsquo;un pr\u00e9fixe masquent le substrat unitaire de la pathologie. D\u00e8s 2016, un groupe d&rsquo;experts internationaux a propos\u00e9 d&rsquo;abandonner ces termes au profit d&rsquo;un acronyme global : les \u00ab d\u00e9sordres de la signalisation PTH\/PTHrP \u00bb (PTHS1 \u00e0 PTHS8) ou, plus sp\u00e9cifiquement, les \u00ab affections inactivatrices du r\u00e9cepteur coupl\u00e9 aux prot\u00e9ines Gs \u00bb (inactivating PTH\/PTHrP signaling disorders &#8211; iPPSD). Dans cette classification moderne :<\/p>\n<ul>\n<li>Le PHP1A, le PHP1C et le PPHP sont regroup\u00e9s sous la d\u00e9nomination commune d&rsquo;<strong>iPPSD2<\/strong> (d\u00e9signant les mutations perte de fonction intrag\u00e9niques de <em>GNAS<\/em>).<\/li>\n<li>Le PHP1B est class\u00e9 sous l&rsquo;appellation d&rsquo;<strong>iPPSD3<\/strong> (anomalies \u00e9pig\u00e9n\u00e9tiques de m\u00e9thylation du locus <em>GNAS<\/em>).<\/li>\n<\/ul>\n<p>Toutefois, cette classification moderne se heurte \u00e0 des r\u00e9sistances au sein des associations de patients et d&rsquo;une partie des cliniciens de terrain, pour qui le terme \u00ab ost\u00e9odystrophie h\u00e9r\u00e9ditaire d&rsquo;Albright \u00bb conserve une valeur clinique et s\u00e9miologique descriptive imm\u00e9diate in\u00e9gal\u00e9e. Remplacer une entit\u00e9 clinique bien visualis\u00e9e par un sigle m\u00e9canistique purement mol\u00e9culaire risque, selon certains p\u00e9dopsychiatres et cliniciens, de d\u00e9shumaniser l&rsquo;approche diagnostique et d&rsquo;\u00e9luder la reconnaissance des ph\u00e9notypes dysmorphiques hautement reconnaissables au lit du malade.<\/p>\n<p>Un autre point de discorde scientifique majeur concerne l&rsquo;usage de l&rsquo;hormone de croissance biosynth\u00e9tique (rhGH). Bien que les enfants atteints de PHP1A pr\u00e9sentent une d\u00e9ficience fonctionnelle en GHRH secondaire \u00e0 la r\u00e9sistance hypophysaire en Gs&alpha;, l&rsquo;initiation du traitement par rhGH suscite des d\u00e9bats. Certains auteurs pointent le risque d&rsquo;acc\u00e9l\u00e9ration concomitante de la fusion \u00e9piphysaire sans gain statural adulte r\u00e9el, ainsi que le danger d&rsquo;aggraver d&rsquo;\u00e9ventuelles calcifications ectopiques ou de majorer la r\u00e9sistance p\u00e9riph\u00e9rique \u00e0 l&rsquo;insuline d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9caire chez ces enfants ob\u00e8ses. De grandes \u00e9tudes observationnelles longitudinales restent n\u00e9cessaires pour stratifier formellement le rapport b\u00e9n\u00e9fice\/risque m\u00e9tabolique et squelettique de cette th\u00e9rapeutique.<\/p>\n<p>Enfin, la question de l&rsquo;autonomie socioprofessionnelle \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge adulte demeure un angle mort de la recherche m\u00e9dicale. Alors que l&rsquo;accent a historiquement \u00e9t\u00e9 plac\u00e9 sur l&rsquo;\u00e9quilibre phosphocalcique de l&rsquo;enfant, le devenir des adultes porteurs d&rsquo;OHA est marqu\u00e9 par une pr\u00e9valence inqui\u00e9tante d&rsquo;inactivit\u00e9 professionnelle, d&rsquo;isolement social affectif et de d\u00e9pressions masqu\u00e9es. Les critiques pointent le manque cruel de structures de transition entre la p\u00e9diatrie et la m\u00e9decine adulte pour accompagner ces patients sur le plan neuropsychologique et psychosocial.<\/p>\n<h3>14. Termes connexes et distinctions nosologiques<\/h3>\n<p>Pour \u00e9viter les \u00e9cueils diagnostiques fr\u00e9quents, il est capital de discriminer rigoureusement l&rsquo;ost\u00e9odystrophie h\u00e9r\u00e9ditaire d&rsquo;Albright d&rsquo;un ensemble de pathologies g\u00e9n\u00e9tiques ou endocriniennes partageant des traits morphologiques, comportementaux ou m\u00e9taboliques similaires :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Syndrome de Turner (45,X) :<\/strong> Partage avec l&rsquo;OHA la petite taille f\u00e9minine, le visage arrondi, les anomalies m\u00e9tacarpiennes (signe d&rsquo;Archibald) et parfois un lymph\u0153d\u00e8me n\u00e9onatal. Cependant, le caryotype permet une exclusion formelle, et le profil endocrinien de Turner est caract\u00e9ris\u00e9 par un hypogonadisme hypergonadotrope p\u00e9riph\u00e9rique primaire sans hypocalc\u00e9mie ni anomalies du g\u00e8ne <em>GNAS<\/em>.<\/li>\n<li><strong>Syndrome de Prader-Willi (d\u00e9l\u00e9tion 15q11-q13 paternelle) :<\/strong> Partage l&rsquo;ob\u00e9sit\u00e9 infantile massive, l&rsquo;hyperphagie compulsive, la petite taille et le retard intellectuel. N\u00e9anmoins, les nouveau-n\u00e9s Prader-Willi pr\u00e9sentent une hypotonie n\u00e9onatale majeure avec troubles de la succion (absente ou tr\u00e8s rare dans l&rsquo;OHA), les mains sont fines avec des doigts fusel\u00e9s (contrastant avec la brachydactylie trapue de l&rsquo;OHA), et le profil \u00e9pig\u00e9n\u00e9tique est localis\u00e9 sur le chromosome 15.<\/li>\n<li><strong>Syndrome de McCune-Albright :<\/strong> \u00c9galement rattach\u00e9 au nom de Fuller Albright et caus\u00e9 par des mutations du g\u00e8ne <em>GNAS<\/em>, ce syndrome repr\u00e9sente son parfait oppos\u00e9 fonctionnel ! Il d\u00e9coule d&rsquo;une mutation somatique post-zygotique <em>activatrice<\/em> (gain de fonction) de Gs&alpha;. Il associe une triade classique : dysplasie fibreuse des os, taches cutan\u00e9es caf\u00e9-au-lait \u00e0 bords d\u00e9chiquet\u00e9s (\u00ab en c\u00f4te du Maine \u00bb) et pubert\u00e9 pr\u00e9coce p\u00e9riph\u00e9rique autonome, sans brachydactylie ni hypocalc\u00e9mie.<\/li>\n<li><strong>Brachydactylie de type E isol\u00e9e :<\/strong> Anomalie squelettique transmise selon un mode mend\u00e9lien classique, souvent caus\u00e9e par des mutations du g\u00e8ne <em>PTHLH<\/em> (codant le peptide li\u00e9 \u00e0 la parathormone) ou <em>HOXD13<\/em>. Les patients pr\u00e9sentent les m\u00eames anomalies des m\u00e9tacarpiens que dans l&rsquo;OHA mais sans aucun retard statural s\u00e9v\u00e8re, sans ob\u00e9sit\u00e9, sans calcifications sous-cutan\u00e9es et avec des facult\u00e9s intellectuelles rigoureusement indemnes.<\/li>\n<li><strong>Achondroplasie et hypochondroplasie :<\/strong> Chondrodysplasies caract\u00e9ris\u00e9es par une microm\u00e9lie rhizom\u00e9lique (raccourcissement de la racine des membres) li\u00e9e \u00e0 des mutations du g\u00e8ne <em>FGFR3<\/em>. La morphologie cr\u00e2nienne (macroc\u00e9phalie avec ensellure nasale marqu\u00e9e) et l&rsquo;absence totale de d\u00e9r\u00e8glement phosphocalcique ou d&rsquo;ossifications dermiques permettent une distinction ais\u00e9e.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>15. Synth\u00e8se et points cl\u00e9s \u00e0 retenir<\/h3>\n<p>L&rsquo;ost\u00e9odystrophie h\u00e9r\u00e9ditaire d&rsquo;Albright est une maladie constitutionnelle rare du d\u00e9veloppement, caus\u00e9e par des mutations perte de fonction du g\u00e8ne <em>GNAS<\/em> (chromosome 20q13.3) codant la sous-unit\u00e9 stimulatrice Gs&alpha; de l&rsquo;ad\u00e9nylate cyclase. Sa pr\u00e9sentation clinique synth\u00e9tise une constellation dysmorphique somatique et des retentissements neurocomportementaux complexes :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Signature physique :<\/strong> Brachydactylie pr\u00e9dominante sur les IVe et Ve m\u00e9tacarpiens et le premier pouce, nanisme disproportionn\u00e9 \u00e0 d\u00e9but post-natal, faci\u00e8s arrondi, ossifications h\u00e9t\u00e9rotopiques stromales sous-cutan\u00e9es et ob\u00e9sit\u00e9 pr\u00e9coce r\u00e9fractaire.<\/li>\n<li><strong>Polarit\u00e9 selon l&#8217;empreinte g\u00e9nomique :<\/strong> Si la mutation est h\u00e9rit\u00e9e de la m\u00e8re, le ph\u00e9notype d&rsquo;OHA s&rsquo;accompagne d&rsquo;une r\u00e9sistance hormonale multiple (pseudohypoparathyro\u00efdisme type 1A) associant hypocalc\u00e9mie, hyperphosphat\u00e9mie, hypothyro\u00efdie et d\u00e9ficit cognitif fr\u00e9quent. Si la mutation est h\u00e9rit\u00e9e du p\u00e8re, le ph\u00e9notype se manifeste sans r\u00e9sistance endocrinienne r\u00e9nale p\u00e9riph\u00e9rique (pseudo-pseudohypoparathyro\u00efdisme).<\/li>\n<li><strong>Neurobiologie et cognition :<\/strong> L&rsquo;interruption de la voie de signalisation de l&rsquo;AMPc dans les neurones corticaux et limbiques induit un d\u00e9ficit intellectuel variable (l\u00e9ger \u00e0 mod\u00e9r\u00e9) caract\u00e9ris\u00e9 par une alt\u00e9ration prononc\u00e9e des fonctions ex\u00e9cutives, de l&rsquo;organisation visuo-spatiale et de la vitesse de traitement cognitif.<\/li>\n<li><strong>Psychopathologie associ\u00e9e :<\/strong> Vuln\u00e9rabilit\u00e9 accrue aux troubles anxieux, \u00e0 la fatigabilit\u00e9 psychique, aux perturbations de l&rsquo;image corporelle et \u00e0 la d\u00e9pression secondaire \u00e0 l&rsquo;ostracisme li\u00e9 \u00e0 l&rsquo;ob\u00e9sit\u00e9 et \u00e0 la dysmorphologie.<\/li>\n<li><strong>Prise en charge int\u00e9gr\u00e9e :<\/strong> Le traitement exige une coordination transdisciplinaire pr\u00e9coce entre endocrinop\u00e9diatres (calcitriol, calcium, l\u00e9vothyroxine), g\u00e9n\u00e9ticiens, psychologues cliniciens, ergoth\u00e9rapeutes et \u00e9quipes p\u00e9dagogiques afin de pr\u00e9server l&rsquo;autonomie fonctionnelle et l&rsquo;\u00e9quilibre psychosocial tout au long de la vie.<\/li>\n<\/ul>\n<h2>R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<ul>\n<li>Albright, F., Burnett, C. H., Smith, P. H., &amp; Parson, W. (1942). Pseudohypoparathyroidism: An example of &#39;Sebright-Bantam syndrome&#39;. <em>Endocrinology<\/em>, 30(6), 922\u2013932. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1210\/endo-30-6-922\">https:\/\/doi.org\/10.1210\/endo-30-6-922<\/a><\/li>\n<li>Chen, M., Wang, J., Dickerson, K. E., Kesterson, R. A., Gu, W., &amp; Weinstein, L. S. (2009). Central nervous system imprinting of the G protein &alpha; subunit Gs&alpha; and its role in metabolic regulation. <em>Cell Metabolism<\/em>, 9(6), 548\u2013555. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1016\/j.cmet.2009.05.004\">https:\/\/doi.org\/10.1016\/j.cmet.2009.05.004<\/a><\/li>\n<li>Levine, M. A. (2012). An update on pseudohypoparathyroidism. <em>The Journal of Clinical Endocrinology &amp; Metabolism<\/em>, 97(10), 3433\u20133446. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1210\/jc.2012-1845\">https:\/\/doi.org\/10.1210\/jc.2012-1845<\/a><\/li>\n<li>Mantovani, G., Bastepe, M., Monk, D., de Sanctis, L., Thiele, S., Usardi, A., Ahmed, S. F., Bufo, R., Choplin, T., De Filippo, G., Devernois, G., Eggermann, T., Elli, F. M., Freson, K., Garc\u00eda Ramirez, A., Germain-Lee, E. L., Groussin, L., Hamdy, N., Hanna, P., \u2026 Linglart, A. (2018). Diagnosis and management of pseudohypoparathyroidism and related disorders: First international consensus statement. <em>Nature Reviews Endocrinology<\/em>, 14(8), 476\u2013500. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1038\/s41574-018-0042-0\">https:\/\/doi.org\/10.1038\/s41574-018-0042-0<\/a><\/li>\n<li>Mouallem, M., Shaharabany, M., Weintrob, N., Shalitin, S., Nagelberg, N., &amp; Farfel, Z. (2013). Cognitive impairment and executive dysfunction in patients with Albright hereditary osteodystrophy. <em>European Journal of Endocrinology<\/em>, 168(4), 541\u2013548. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1530\/EJE-12-0925\">https:\/\/doi.org\/10.1530\/EJE-12-0925<\/a><\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;ost\u00e9odystrophie h\u00e9r\u00e9ditaire d&rsquo;Albright (OHA) est une pathologie g\u00e9n\u00e9tique rare li\u00e9e au g\u00e8ne GNAS, caract\u00e9ris\u00e9e par une brachydactylie, une petite taille, des anomalies m\u00e9taboliques et un impact neuropsychologique majeur.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"template":"","categories":[6871,31486,46],"tags":[31505,1949,32778,8739,32777,32779],"class_list":["post-19998","psych_term","type-psych_term","status-publish","hentry","category-endocrinologie","category-genetique-medicale","category-neuropsychologie","tag-brachydactylie","tag-fonctions-executives","tag-gnas","tag-neurodeveloppement","tag-osteodystrophie-dalbright","tag-pseudohypoparathyroidisme"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_term\/19998","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_term"}],"about":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/psych_term"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_term\/19998\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=19998"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=19998"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=19998"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}