{"id":19944,"date":"2026-10-23T01:45:14","date_gmt":"2026-10-23T01:45:14","guid":{"rendered":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/?psych_term=agyrie-comprendre-le-cerveau-lisse"},"modified":"2026-10-23T01:45:14","modified_gmt":"2026-10-23T01:45:14","slug":"agyrie-comprendre-le-cerveau-lisse","status":"publish","type":"psych_term","link":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/?psych_term=agyrie-comprendre-le-cerveau-lisse","title":{"rendered":"Agyrie : Comprendre le Cerveau Lisse"},"content":{"rendered":"<p>L&rsquo;agyrie repr\u00e9sente l&rsquo;une des malformations du d\u00e9veloppement cortical les plus spectaculaires et d\u00e9vastatrices de la neurop\u00e9diatrie contemporaine. Caract\u00e9ris\u00e9e par une absence totale de circonvolutions c\u00e9r\u00e9brales conduisant \u00e0 une surface corticale d&rsquo;une plan\u00e9it\u00e9 anormale, cette anomalie cong\u00e9nitale de la migration neuronale bouleverse fondamentalement l&rsquo;architecture cytoarchitecturale du t\u00e9lenc\u00e9phale. L&rsquo;\u00e9tude approfondie de l&rsquo;agyrie jette une lumi\u00e8re indispensable sur les processus mol\u00e9culaires raffin\u00e9s qui orchestrent la corticogen\u00e8se humaine et souligne l&rsquo;interd\u00e9pendance absolue entre l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 structurelle c\u00e9r\u00e9brale et l&rsquo;\u00e9mergence des fonctions cognitives, motrices et affectives fondamentales.<\/p>\n<h2>Agyrie<\/h2>\n<h3>1. D\u00e9finition concise<\/h3>\n<p>L&rsquo;agyrie d\u00e9signe une malformation c\u00e9r\u00e9brale cong\u00e9nitale majeure d\u00e9finie par l&rsquo;absence compl\u00e8te de circonvolutions (gyri) et de sillons (sulci) \u00e0 la surface des h\u00e9misph\u00e8res c\u00e9r\u00e9braux, conf\u00e9rant au cortex un aspect lisse et \u00e9paissi. Sur le plan anatomopathologique et clinique, elle correspond \u00e0 l&rsquo;expression la plus s\u00e9v\u00e8re du spectre de la <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Lissenc%C3%A9phalie\">lissenc\u00e9phalie classique<\/a> (ou lissenc\u00e9phalie de type 1), r\u00e9sultant d&rsquo;un arr\u00eat pr\u00e9coce ou d&rsquo;une perturbation massive de la migration neuronale radiale entre la douzi\u00e8me et la vingt-quatri\u00e8me semaine de gestation.<\/p>\n<p>D&rsquo;un point de vue neuropsychologique et neurologique, l&rsquo;agyrie n&rsquo;est pas une simple curiosit\u00e9 morphologique, mais une enc\u00e9phalopathie d\u00e9veloppementale catastrophique. Elle se traduit syst\u00e9matiquement par un d\u00e9ficit intellectuel profond, une \u00e9pilepsie pr\u00e9coce r\u00e9fractaire aux th\u00e9rapeutiques usuelles (souvent inaugur\u00e9e par un syndrome de West), une t\u00e9trapar\u00e9sie spastique et un retard global drastique du d\u00e9veloppement psychomoteur. Le cortex agyrique perd son organisation horizontale normale en six couches cellulaires pour adopter une disposition anormale, le plus souvent r\u00e9duite \u00e0 quatre couches d\u00e9sorganis\u00e9es.<\/p>\n<p>Sur le continuum anatomoclinique, l&rsquo;agyrie pure est exceptionnellement isol\u00e9e \u00e0 l&rsquo;ensemble du manteau cortical et s&rsquo;int\u00e8gre presque toujours dans un spectre dit \u00ab agyrie-pachygyrie \u00bb, o\u00f9 des zones d\u00e9pourvues de sillons voisinent avec des r\u00e9gions pr\u00e9sentant des circonvolutions anormalement larges, rares et aplaties. Cette configuration refl\u00e8te fid\u00e8lement la chronologie et le gradient spatial de la perturbation g\u00e9n\u00e9tique et cellulaire sous-jacente.<\/p>\n<h3>2. \u00c9tymologie et origine linguistique<\/h3>\n<p>Le vocable \u00ab agyrie \u00bb tire son origine directement du grec ancien par composition morphologique savante. Le pr\u00e9fixe privatif <em>a-<\/em> (\u1f00-), signifiant \u00ab absence \u00bb, \u00ab privation \u00bb ou \u00ab manque \u00bb, est coupl\u00e9 au radical nominal <em>gyros<\/em> (\u03b3\u1fe6\u03c1\u03bf\u03c2), qui d\u00e9signe le \u00ab cercle \u00bb, le \u00ab pli \u00bb ou la \u00ab circonvolution \u00bb. Le suffixe <em>-ie<\/em> (-\u03af\u03b1) sert \u00e0 d\u00e9signer un \u00e9tat pathologique ou une condition m\u00e9dicale structurelle. Au sens litt\u00e9ral absolu, l&rsquo;agyrie se d\u00e9finit donc comme \u00ab l&rsquo;absence de circonvolutions \u00bb.<\/p>\n<p>Le terme a \u00e9t\u00e9 introduit dans le lexique neuroanatomique et t\u00e9ratologique europ\u00e9en au XIXe si\u00e8cle, parall\u00e8lement au terme de racine hell\u00e9nique \u00ab lissenc\u00e9phalie \u00bb, forg\u00e9 \u00e0 partir de <em>lissos<\/em> (smooth\/lisse) et <em>enkephalos<\/em> (cerveau). Historiquement, les anatomistes de l&rsquo;\u00e9cole allemande et fran\u00e7aise utilisaient \u00ab agyrie \u00bb pour d\u00e9signer le stigmate macroscopique pr\u00e9cis de la surface c\u00e9r\u00e9brale, tandis que \u00ab lissenc\u00e9phalie \u00bb englobait plus largement l&rsquo;entit\u00e9 morbide globale incluant l&rsquo;atrophie de la substance blanche et la ventriculom\u00e9galie associ\u00e9e. Dans la nomenclature biom\u00e9dicale moderne, l&rsquo;expression latinis\u00e9e <em>agyria<\/em> demeure le descripteur standardis\u00e9 au sein du syst\u00e8me d&rsquo;indexation m\u00e9dicale MeSH (Medical Subject Headings).<\/p>\n<h3>3. Prononciation et forme grammaticale<\/h3>\n<p>En langue fran\u00e7aise, \u00ab agyrie \u00bb est un substantif f\u00e9minin singulier. Sa transcription phon\u00e9tique normalis\u00e9e selon l&rsquo;Alphabet Phon\u00e9tique International (API) est [a.\u0292i.\u0281i]. Le \u00ab g \u00bb est doux et se prononce [\u0292] devant la voyelle \u00ab y \u00bb prononc\u00e9e [i], de mani\u00e8re analogue \u00e0 des mots tels que \u00ab gymnase \u00bb ou \u00ab gyn\u00e9cologie \u00bb. Son pluriel prend la marque r\u00e9guli\u00e8re \u00ab agyries \u00bb, bien que l&rsquo;usage clinique privil\u00e9gie presque exclusivement la forme singuli\u00e8re pour d\u00e9signer la condition nosologique.<\/p>\n<p>Sur le plan lexical et syntaxique, le terme est fr\u00e9quemment employ\u00e9 en tant qu&rsquo;adjectif relationnel dans la locution \u00ab cortex agyrique \u00bb [a.\u0292i.\u0281ik]. Il s&rsquo;associe couramment dans la litt\u00e9rature neurologique au terme pachygyrie au sein du syntagme \u00ab spectre agyrie-pachygyrie \u00bb, d\u00e9signant la distribution bipolaire de la s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 l\u00e9sionnelle \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle des lobes c\u00e9r\u00e9braux. Il convient de souligner que le terme ne poss\u00e8de aucun emploi transitif verbal et demeure strictement confin\u00e9 au registre de la morphologie pathologique et des neurosciences cliniques.<\/p>\n<h3>4. Explication conceptuelle d\u00e9taill\u00e9e<\/h3>\n<p>Pour appr\u00e9hender l&rsquo;agyrie dans toute sa complexit\u00e9, il est indispensable de comprendre l&rsquo;ontogen\u00e8se c\u00e9r\u00e9brale normale. Au cours de l&#8217;embryogen\u00e8se humaine, la formation du n\u00e9ocortex repose sur la prolif\u00e9ration de prog\u00e9niteurs neuraux dans la zone ventriculaire et sous-ventriculaire, suivie d&rsquo;une migration centrifuge orchestr\u00e9e avec une pr\u00e9cision microm\u00e9trique. Des milliards de neurones immatures quittent ces zones de prolif\u00e9ration p\u00e9riventriculaires pour gagner la plaque corticale en glissant le long des prolongements de la glie radiale, selon un gradient chronologique dit \u00ab de l&rsquo;int\u00e9rieur vers l&rsquo;ext\u00e9rieur \u00bb (inside-out). Les neurones les plus anciens forment les couches profondes (VI et V), tandis que les vagues migratoires ult\u00e9rieures traversent ces couches pour constituer les strates superficielles (IV, III et II). Ce feuilletage rigoureux et l&rsquo;expansion volum\u00e9trique diff\u00e9rentielle de la surface n\u00e9ocorticale g\u00e9n\u00e8rent la gyrification, repliant le cortex en sillons et circonvolutions pour maximiser la surface synaptique dans une bo\u00eete cr\u00e2nienne inextensible.<\/p>\n<p>Dans l&rsquo;agyrie, ce programme neurod\u00e9veloppemental subit un \u00e9chec catastrophique. Sous l&rsquo;effet d&rsquo;anomalies g\u00e9n\u00e9tiques affectant le cytosquelette neuronal ou la matrice extracellulaire, la migration neuronale s&rsquo;interrompt pr\u00e9matur\u00e9ment ou se d\u00e9sorganise radicalement entre le milieu et la fin du deuxi\u00e8me trimestre de gestation. Les vagues migratoires successives ne parviennent pas \u00e0 franchir les couches pr\u00e9coces et s&#8217;empilent de fa\u00e7on chaotique. En cons\u00e9quence, l&rsquo;\u00e9paisseur du manteau cortical, qui n&rsquo;exc\u00e8de normalement pas 2,5 \u00e0 4 millim\u00e8tres chez l&rsquo;adulte, se trouve paradoxalement \u00e9paissie, atteignant souvent 10 \u00e0 20 millim\u00e8tres de tissu cellulaire dense mais structurellement dysfonctionnel.<\/p>\n<p>Ce cortex agyrique \u00e9paissi perd sa cytoarchitecture hexalaminaire canonique. L&rsquo;examen histologique r\u00e9v\u00e8le une stratification simplifi\u00e9e en quatre couches : une couche mol\u00e9culaire marginale externe (couche I r\u00e9siduelle), une couche cellulaire superficielle dense correspondant \u00e0 des neurones parvenus \u00e0 destination, une zone interm\u00e9diaire paucicellulaire ou fibreuse repr\u00e9sentant une substance blanche dysplasique aberrante, et une vaste nappe profonde de neurones h\u00e9t\u00e9rotopiques n&rsquo;ayant jamais pu achever leur migration. En de\u00e7\u00e0 de cette masse corticale d\u00e9sorganis\u00e9e, la substance blanche v\u00e9ritable est extr\u00eamement r\u00e9duite, atrophi\u00e9e, et les ventricules lat\u00e9raux pr\u00e9sentent une dilatation passive cons\u00e9cutive au d\u00e9faut de masse axonale centrale (colpoc\u00e9phalie).<\/p>\n<p>Les fronti\u00e8res conceptuelles de l&rsquo;agyrie doivent \u00eatre trac\u00e9es avec rigueur. L&rsquo;agyrie repr\u00e9sente le degr\u00e9 z\u00e9ro de la gyrification. Elle se distingue de la pachygyrie, o\u00f9 persistent quelques sillons larges et peu profonds d\u00e9limitant des gyri aplatis. Elle se diff\u00e9rencie \u00e9galement de la polymicrogyrie, caract\u00e9ris\u00e9e par une surabondance de micro-circonvolutions fusionn\u00e9es donnant un aspect superficiellement festonn\u00e9 mais tout aussi anormal. L&rsquo;agyrie marque la rupture la plus radicale de la connectivit\u00e9 intracorticale et corticofugale, isolant les unit\u00e9s neuronales dans un circuit aberrant incapable d&rsquo;assurer les calculs complexes du traitement perceptif, cognitif et praxique.<\/p>\n<h3>5. \u00c9volution et contexte historiques<\/h3>\n<p>La documentation de l&rsquo;agyrie s&rsquo;\u00e9tend sur plus d&rsquo;un si\u00e8cle et demi d&rsquo;observations anatomo-cliniques, d&rsquo;avanc\u00e9es d&rsquo;imagerie et de r\u00e9volutions g\u00e9n\u00e9tiques :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>1868 :<\/strong> L&rsquo;anatomiste et anthropologue allemand Hermann Welcker utilise pour la premi\u00e8re fois le terme \u00ab lissenc\u00e9phalie \u00bb pour d\u00e9crire un cerveau f\u0153tal humain anormalement lisse, \u00e9tablissant un parall\u00e8le phylog\u00e9n\u00e9tique avec les cerveaux lissenc\u00e9phaliques de vert\u00e9br\u00e9s inf\u00e9rieurs tels que les rongeurs.<\/li>\n<li><strong>1914 :<\/strong> Le neurologue Walther Vogt r\u00e9alise l&rsquo;une des premi\u00e8res descriptions histopathologiques d\u00e9taill\u00e9es de l&rsquo;agyrie, documentant l&rsquo;absence de couches corticales normales et l&rsquo;\u00e9paississement anormal de la substance grise superficielle.<\/li>\n<li><strong>1953 :<\/strong> Le p\u00e9diatre am\u00e9ricain William DeMyer et ses collaborateurs identifient les caract\u00e9ristiques cliniques et dysmorphiques associ\u00e9es \u00e0 la forme classique de l&rsquo;agyrie, posant les jalons syndromiques du futur syndrome de Miller-Dieker.<\/li>\n<li><strong>1963 :<\/strong> L&rsquo;\u00e9quipe de James Q. Miller et, ind\u00e9pendamment en 1969, de H. Dieker, formalisent la triade clinique associant une agyrie\/lissenc\u00e9phalie compl\u00e8te, une dysmorphie cr\u00e2nio-faciale caract\u00e9ristique (bitemporale r\u00e9tr\u00e9cie, nez court aux narines ant\u00e9vers\u00e9es, micrognathie) et des malformations visc\u00e9rales multiples, consacrant l&rsquo;entit\u00e9 sous le nom de <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/www.orpha.net\/consor\/cgi-bin\/OC_Exp.php?Lng=FR&#038;Expert=567\">syndrome de Miller-Dieker<\/a>.<\/li>\n<li><strong>Ann\u00e9es 1980 :<\/strong> L&rsquo;av\u00e8nement de la tomodensitom\u00e9trie (TDM) puis de l&rsquo;<a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Imagerie_par_r%C3%A9sonance_magn%C3%A9tique\">imagerie par r\u00e9sonance magn\u00e9tique<\/a> (IRM) r\u00e9volutionne le diagnostic de l&rsquo;agyrie du vivant du patient. Des neurologues comme William B. Dobyns \u00e9tablissent les premiers syst\u00e8mes de classification radiologique corr\u00e9lant l&rsquo;aspect de la surface c\u00e9r\u00e9brale (gradient de l&rsquo;agyrie) \u00e0 la s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 clinique.<\/li>\n<li><strong>1993 :<\/strong> Une \u00e9tape capitale de la neurog\u00e9n\u00e9tique est franchie avec l&rsquo;identification du premier g\u00e8ne responsable de la lissenc\u00e9phalie classique et de l&rsquo;agyrie : le g\u00e8ne <em>PAFAH1B1<\/em> (initialement nomm\u00e9 <em>LIS1<\/em>) situ\u00e9 sur le locus chromosomique 17p13.3, d\u00e9montrant le r\u00f4le du complexe de la dyn\u00e9ine et des microtubules.<\/li>\n<li><strong>1998 :<\/strong> La d\u00e9couverte du g\u00e8ne <em>DCX<\/em> (doublecortine) sur le chromosome X par les \u00e9quipes de Joseph Gleeson et Jamel Chelly met en lumi\u00e8re la transmission li\u00e9e \u00e0 l&rsquo;X de l&rsquo;agyrie chez les gar\u00e7ons et du syndrome de double cortex (h\u00e9t\u00e9rotopie sous-corticale en bandes) chez les filles.<\/li>\n<li><strong>XXIe si\u00e8cle :<\/strong> L&rsquo;explosion du s\u00e9quen\u00e7age \u00e0 haut d\u00e9bit permet d&rsquo;isoler des mutations dans les g\u00e8nes des tubulines (<em>TUBA1A<\/em>, <em>TUBB2B<\/em>) et d&rsquo;autres r\u00e9gulateurs critiques (<em>ARX<\/em>, <em>RELN<\/em>), hissant l&rsquo;agyrie au rang de mod\u00e8le paradigmatique des tubulinopathies et des troubles de la dynamique cytosquelettique.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>6. Fondements th\u00e9oriques et neurobiologiques<\/h3>\n<p>La compr\u00e9hension m\u00e9canistique de l&rsquo;agyrie repose sur la biologie cellulaire du cytosquelette et la m\u00e9canique de la migration neuronale. Au c\u0153ur de ce processus se trouve la r\u00e9gulation fine des microtubules et des moteurs mol\u00e9culaires indispensables au mouvement nucl\u00e9aire (nucl\u00e9ocin\u00e8se) et \u00e0 l&rsquo;\u00e9longation du c\u00f4ne de croissance des neuroblastes en migration.<\/p>\n<p>Le principal paradigme biologique implique le complexe LIS1\/NDEL1\/Dyn\u00e9ine cytoplasmique. La prot\u00e9ine cod\u00e9e par <em>PAFAH1B1<\/em> (LIS1) r\u00e9gule la dyn\u00e9ine, un moteur mol\u00e9culaire r\u00e9trograde qui tracte le noyau le long des faisceaux de microtubules vers le centrosome situ\u00e9 dans le prolongement apical de la cellule en migration. En cas d&rsquo;haplo-insuffisance de LIS1, le couplage centrosome-noyau est alt\u00e9r\u00e9 ; la cellule ne parvient plus \u00e0 exercer la force m\u00e9canique n\u00e9cessaire pour propulser son noyau vers l&rsquo;avant. Ce d\u00e9ficit affecte pr\u00e9f\u00e9rentiellement les \u00e9tapes tardives de la migration des couches sup\u00e9rieures, expliquant pourquoi les gradients d&rsquo;agyrie li\u00e9s \u00e0 <em>LIS1<\/em> pr\u00e9dominent nettement dans les r\u00e9gions post\u00e9rieures (lobes pari\u00e9tal et occipital).<\/p>\n<p>\u00c0 l&rsquo;inverse, la prot\u00e9ine doublecortine (cod\u00e9e par le g\u00e8ne <em>DCX<\/em>) est une prot\u00e9ine associ\u00e9e aux microtubules qui favorise leur polym\u00e9risation et leur stabilisation structurelle. Essentielle \u00e0 l&rsquo;organisation des faisceaux microtubulaires au sein du front d&rsquo;avancement des jeunes neurones, sa mutation perturbe les \u00e9tapes initiales et interm\u00e9diaires du d\u00e9placement neuronal. Les mutations de <em>DCX<\/em> chez les sujets masculins g\u00e9n\u00e8rent un patron d&rsquo;agyrie inverse, pr\u00e9dominant massivement dans les lobes frontaux et ant\u00e9rieurs, ce qui d\u00e9montre l&rsquo;existence de syst\u00e8mes de r\u00e9gulation mol\u00e9culaire topographiquement distincts le long de l&rsquo;axe ant\u00e9ro-post\u00e9rieur de l&rsquo;enc\u00e9phale.<\/p>\n<p>Un autre pan th\u00e9orique majeur concerne les <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/www.inserm.fr\/\">tubulinopathies<\/a>, caus\u00e9es par des mutations h\u00e9t\u00e9rozygotes <em>de novo<\/em> dans les g\u00e8nes codant pour les alpha- et b\u00eata-tubulines, notamment <em>TUBA1A<\/em>. Ces mutations perturbent l&rsquo;assemblage intrins\u00e8que des h\u00e9t\u00e9rodim\u00e8res de tubuline, bloquant non seulement la migration des neurones vers le cortex, mais compromettant \u00e9galement le guidage axonal. C&rsquo;est pourquoi l&rsquo;agyrie associ\u00e9e aux tubulinopathies s&rsquo;accompagne syst\u00e9matiquement d&rsquo;anomalies commissurales majeures (ag\u00e9n\u00e9sie du corps calleux), d&rsquo;une dysmorphie des noyaux gris centraux (fusion striato-capsulaire) et d&rsquo;une hypoplasie s\u00e9v\u00e8re du tronc c\u00e9r\u00e9bral et du vermis c\u00e9r\u00e9belleux.<\/p>\n<h3>7. Composantes cl\u00e9s, sous-types et dimensions<\/h3>\n<p>La nosologie contemporaine de l&rsquo;agyrie s&rsquo;articule autour de crit\u00e8res morphologiques d&rsquo;imagerie, de r\u00e9partitions spatiales et d&rsquo;\u00e9tiologies mol\u00e9culaires :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Degr\u00e9 de s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 du manteau cortical :<\/strong> Selon la classification de Dobyns et Barkovich, l&rsquo;atteinte corticale est stratifi\u00e9e du grade 1 (agyrie compl\u00e8te g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e \u00e0 toute la convexit\u00e9, la forme la plus extr\u00eame) au grade 2 (agyrie diffuse avec une pachygyrie minime localis\u00e9e aux p\u00f4les), le grade 3 repr\u00e9sentant une agyrie focale ench\u00e2ss\u00e9e dans une pachygyrie \u00e9tendue.<\/li>\n<li><strong>Gradient ant\u00e9ro-post\u00e9rieur de distribution :<\/strong>\n<ul>\n<li><em>Gradient post\u00e9rieur vers ant\u00e9rieur (pari\u00e9to-occipital) :<\/em> Caract\u00e9ris\u00e9 par une agyrie totale occipito-pari\u00e9tale et une pachygyrie ant\u00e9rieure ; arch\u00e9type clinique des alt\u00e9rations de <em>PAFAH1B1<\/em> (d\u00e9l\u00e9tion 17p13.3 ou syndrome de Miller-Dieker).<\/li>\n<li><em>Gradient ant\u00e9rieur vers post\u00e9rieur (fronto-central) :<\/em> Pr\u00e9sente une agyrie frontale majeure s&rsquo;att\u00e9nuant vers les r\u00e9gions occipitales ; signature clinique quasi exclusive des mutations de <em>DCX<\/em> chez les sujets de sexe masculin.<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<li><strong>Entit\u00e9s syndromiques associ\u00e9es :<\/strong>\n<ul>\n<li><em>Syndrome de Miller-Dieker (MDS) :<\/em> Association l\u00e9tale ou sub-l\u00e9tale d&rsquo;une agyrie de grade 1 ou 2 pr\u00e9dominant en post\u00e9rieur, d&rsquo;une microc\u00e9phalie progressive, d&rsquo;un faci\u00e8s dysmorphique hautement sp\u00e9cifique et de malformations visc\u00e9rales (cardiaques, r\u00e9nales, digestives).<\/li>\n<li><em>Lissenc\u00e9phalie classique isol\u00e9e (ILS) :<\/em> Agyrie sans dysmorphisme facial majeur ni anomalies extrac\u00e9r\u00e9brales, cons\u00e9cutive \u00e0 des mutations ponctuelles intrag\u00e9niques de <em>PAFAH1B1<\/em> ou <em>DCX<\/em>.<\/li>\n<li><em>Syndrome de Norman-Roberts :<\/em> Agyrie s\u00e9v\u00e8re associ\u00e9e \u00e0 une dysmorphie faciale invers\u00e9e (front fuyant pro\u00e9minent, ensellure nasale large) souvent li\u00e9e \u00e0 des mutations du g\u00e8ne <em>RELN<\/em> ou d&rsquo;autres voies r\u00e9cessives.<\/li>\n<li><em>Spectre agyrie-tubulinopathie :<\/em> Agyrie asym\u00e9trique ou atypique coupl\u00e9e \u00e0 une dysplasie s\u00e9v\u00e8re du tronc c\u00e9r\u00e9bral et du cervelet (signe du \u00ab tronc tordu \u00bb), li\u00e9e \u00e0 des mutations de <em>TUBA1A<\/em>.<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<li><strong>Composantes ultrastructurelles associ\u00e9es :<\/strong> L&rsquo;agyrie ne se limite jamais \u00e0 la convexit\u00e9 c\u00e9r\u00e9brale ; elle int\u00e8gre une ventriculom\u00e9galie colpoc\u00e9phalique, une rar\u00e9faction de la substance blanche sous-jacente, une absence de claustrum individualis\u00e9 et une d\u00e9sorganisation synaptique globale g\u00e9n\u00e9ratrice de d\u00e9charges \u00e9lectriques synchrones massives.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>8. Exemples et illustrations cliniques<\/h3>\n<p>Pour illustrer la r\u00e9alit\u00e9 clinique de l&rsquo;agyrie, consid\u00e9rons le cas d&rsquo;un nourrisson, Thomas, n\u00e9 au terme d&rsquo;une grossesse marqu\u00e9e au troisi\u00e8me trimestre par le diagnostic \u00e9chographique tardif d&rsquo;un polyhydramnios et d&rsquo;une biom\u00e9trie c\u00e9phalique au 3e percentile. \u00c0 la naissance, Thomas pr\u00e9sente un score d&rsquo;Apgar normal, mais les \u00e9quipes soignantes constatent une hypotonie axiale majeure contrastant avec une raideur distale des membres, ainsi que des difficult\u00e9s imm\u00e9diates de succion et de d\u00e9glutition imposant une nutrition ent\u00e9rale par sonde gastrique. Son profil cr\u00e2nio-facial montre un r\u00e9tr\u00e9cissement bitemporal marqu\u00e9, un front haut et pro\u00e9minent, un nez court retrouss\u00e9 et une l\u00e8vre sup\u00e9rieure fine en \u00ab chapeau de gendarme \u00bb.<\/p>\n<p>Vers l&rsquo;\u00e2ge de 4 mois, Thomas commence \u00e0 pr\u00e9senter des acc\u00e8s pluriquotidiens caract\u00e9ris\u00e9s par des flexions brusques de la t\u00eate et du tronc avec \u00e9l\u00e9vation des membres sup\u00e9rieurs, survenant en salves au r\u00e9veil. L&rsquo;\u00e9lectroenc\u00e9phalogramme (EEG) confirme le diagnostic de spasmes infantiles au sein d&rsquo;un trac\u00e9 d&rsquo;hypsarythmie majeur, typique d&rsquo;un syndrome de West r\u00e9fractaire. L&rsquo;IRM c\u00e9r\u00e9brale montre une absence totale de sillons c\u00e9r\u00e9braux sur les lobes pari\u00e9taux, temporaux et occipitaux avec un cortex de 14 mm d&rsquo;\u00e9paisseur : une agyrie de grade 2. L&rsquo;analyse g\u00e9n\u00e9tique par hybridation g\u00e9nomique comparative (CGH-array) r\u00e9v\u00e8le une microd\u00e9l\u00e9tion h\u00e9t\u00e9rozygote 17p13.3 emportant <em>PAFAH1B1<\/em> et <em>YWHAE<\/em>, confirmant le diagnostic de syndrome de Miller-Dieker.<\/p>\n<p>Dans un second sc\u00e9nario illustratif, Lucas, un petit gar\u00e7on de 6 mois, est \u00e9valu\u00e9 pour un retard moteur extr\u00eame : absence de poursuite visuelle constante, incapacit\u00e9 \u00e0 tenir sa t\u00eate et hypor\u00e9activit\u00e9 relationnelle. L&rsquo;IRM met en \u00e9vidence une agyrie massive mais \u00e0 pr\u00e9dominance ant\u00e9rieure, les lobes frontaux \u00e9tant enti\u00e8rement lisses, tandis que les r\u00e9gions occipitales conservent quelques sillons pachygyriques \u00e9largis. L&rsquo;analyse g\u00e9n\u00e9tique identifie une mutation tronquante dans le g\u00e8ne <em>DCX<\/em>. L&rsquo;enqu\u00eate familiale chez la m\u00e8re met en \u00e9vidence une h\u00e9t\u00e9rotopie sous-corticale en bandes (double cortex), la m\u00e8re \u00e9tant asymptomatique ou ne pr\u00e9sentant qu&rsquo;une \u00e9pilepsie partielle b\u00e9nigne, illustrant l&rsquo;h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 d&rsquo;expression ph\u00e9notypique li\u00e9e \u00e0 l&rsquo;inactivation du chromosome X.<\/p>\n<h3>9. Mesure, \u00e9valuation et diagnostic<\/h3>\n<p>Le diagnostic et l&rsquo;\u00e9valuation neuro-radiologique de l&rsquo;agyrie reposent sur des outils standardis\u00e9s et un protocole clinique pluridisciplinaire rigoureux :<\/p>\n<p>L&rsquo;IRM c\u00e9r\u00e9brale haute r\u00e9solution est l&rsquo;examen de r\u00e9f\u00e9rence absolu. Elle doit imp\u00e9rativement comporter des s\u00e9quences pond\u00e9r\u00e9es en T1 volum\u00e9trique 3D, en T2 haute r\u00e9solution et en inversion-r\u00e9cup\u00e9ration, compl\u00e9t\u00e9es par des coupes sagittales fines du tronc c\u00e9r\u00e9bral et du cervelet. Les crit\u00e8res diagnostiques radiologiques cardinaux sont :<\/p>\n<ul>\n<li>L&rsquo;absence de gyration c\u00e9r\u00e9brale donnant \u00e0 l&rsquo;enc\u00e9phale une configuration biconvexe en \u00ab sablier \u00bb ou en \u00ab huit \u00bb (figure-of-eight sign), caus\u00e9e par la constriction des opercules sylviens superficiels rest\u00e9s largement ouverts.<\/li>\n<li>L&rsquo;\u00e9paississement anormal de la bande corticale (mesur\u00e9e sup\u00e9rieure \u00e0 8-10 mm, pouvant atteindre 15 mm) avec une interface substance grise\/substance blanche remarquablement lin\u00e9aire et effac\u00e9e.<\/li>\n<li>Une diminution drastique du volume de la substance blanche c\u00e9r\u00e9brale et un \u00e9largissement ventriculaire pr\u00e9dominant aux cornes post\u00e9rieures (colpoc\u00e9phalie).<\/li>\n<li>Une anomalie d&rsquo;orientation ou une hypoplasie du corps calleux et du tronc c\u00e9r\u00e9bral.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Sur le plan neurophysiologique, l&rsquo;\u00e9valuation par \u00e9lectroenc\u00e9phalographie (EEG) est syst\u00e9matique d\u00e8s la suspicion clinique. L&rsquo;EEG montre fr\u00e9quemment des anomalies de fond spectaculaires : des rythmes rapides de haut voltage continus (souvent dans les fr\u00e9quences b\u00eata ou alpha rapides, 8-14 Hz), polymorphes et diffus, interrompus par des bouff\u00e9es de pointes-ondes lentes de grande amplitude. Ce trac\u00e9 particulier, hautement \u00e9vocateur d&rsquo;une lissenc\u00e9phalie classique\/agyrie, c\u00e8de progressivement la place chez le jeune nourrisson \u00e0 une hypsarythmie d\u00e9synchronis\u00e9e lors de l&rsquo;installation des spasmes \u00e9pileptiques.<\/p>\n<p>Au niveau pr\u00e9natal, le d\u00e9pistage s&rsquo;effectue par \u00e9chographie f\u0153tale morphologique au deuxi\u00e8me et troisi\u00e8me trimestres. Avant 20 semaines de gestation, le cerveau f\u0153tal est physiologiquement lisse ; le diagnostic d&rsquo;agyrie ne peut donc \u00eatre \u00e9voqu\u00e9 qu&rsquo;apr\u00e8s la 24e-26e semaine, lorsque les sillons primaires (sillon lat\u00e9ral de Sylvius, sillon pari\u00e9to-occipital, scissure calcarine) devraient \u00eatre bien individualis\u00e9s. L&rsquo;IRM f\u0153tale r\u00e9alis\u00e9e entre la 28e et la 32e semaine confirme formellement l&rsquo;arr\u00eat de la gyration. Le diagnostic \u00e9tiologique est compl\u00e9t\u00e9 par les analyses g\u00e9n\u00e9tiques : caryotype mol\u00e9culaire par puce \u00e0 ADN (CGH-array), panel de s\u00e9quen\u00e7age de nouvelle g\u00e9n\u00e9ration (NGS) ciblant les g\u00e8nes de la migration neuronale, ou s\u00e9quen\u00e7age de l&rsquo;exome complet.<\/p>\n<h3>10. Applications cliniques et port\u00e9e pratique<\/h3>\n<p>La prise en charge de l&rsquo;agyrie constitue l&rsquo;un des d\u00e9fis les plus lourds de la neurologie p\u00e9diatrique et de la psychologie clinique p\u00e9rinatale. Il n&rsquo;existe \u00e0 ce jour aucun traitement curatif permettant de restaurer la stratification n\u00e9ocorticale ou de recr\u00e9er les circonvolutions absentes. Les applications pratiques s&rsquo;articulent ainsi autour de trois axes cardinaux : la gestion des sympt\u00f4mes, l&rsquo;accompagnement neurod\u00e9veloppemental et le soutien psychologique familial.<\/p>\n<p>Le contr\u00f4le de l&rsquo;\u00e9pilepsie est le combat m\u00e9dical pr\u00e9dominant. L&rsquo;\u00e9pilepsie dans l&rsquo;agyrie est r\u00e9put\u00e9e hautement pharmaco-r\u00e9sistante. L&rsquo;apparition d&rsquo;un syndrome de West n\u00e9cessite le recours pr\u00e9coce \u00e0 des mol\u00e9cules de r\u00e9f\u00e9rence telles que la vigabatrine, les cortico\u00efdes \u00e0 forte dose (ACTH de synth\u00e8se ou corticoth\u00e9rapie orale) ou le valproate de sodium. Cependant, la rechute secondaire vers d&rsquo;autres formes d&rsquo;enc\u00e9phalopathies \u00e9pileptiques, telles que le syndrome de Lennox-Gastaut, est fr\u00e9quente. L&rsquo;ajustement pharmacologique n\u00e9cessite une surveillance continue pour trouver un compromis entre la r\u00e9duction des crises critiques et la pr\u00e9vention d&rsquo;une s\u00e9dation excessive qui compromettrait davantage les fonctions v\u00e9g\u00e9tatives fragiles de l&rsquo;enfant.<\/p>\n<p>L&rsquo;accompagnement interdisciplinaire requiert des \u00e9quipes de r\u00e9\u00e9ducation sp\u00e9cialis\u00e9es en m\u00e9decine physique : kin\u00e9sith\u00e9rapie motrice douce pour lutter contre les r\u00e9tractions tendineuses et les attitudes vicieuses secondaires \u00e0 la t\u00e9trapar\u00e9sie spastique, ergoth\u00e9rapie pour la confection de coques posturales adapt\u00e9es, et orthophonie ax\u00e9e sur les troubles de la succion-d\u00e9glutition afin de limiter les fausses routes r\u00e9currentes, cause majeure d&rsquo;infections pulmonaires et de mortalit\u00e9 pr\u00e9coce. L&rsquo;alimentation ent\u00e9rale par gastrostomie d&rsquo;alimentation est souvent discut\u00e9e de mani\u00e8re pr\u00e9coce afin de pr\u00e9server l&rsquo;\u00e9tat nutritionnel et le confort du patient.<\/p>\n<p>Sur le plan psychologique et \u00e9thique, le diagnostic d&rsquo;agyrie constitue un traumatisme d\u00e9vastateur pour les parents, marquant l&rsquo;irruption de ce que la psychanalyse et la psychologie d\u00e9veloppementale nomment \u00ab le deuil de l&rsquo;enfant imaginaire \u00bb. La s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 du pronostic fonctionnel \u2014 aucun enfant agyrique n&rsquo;acc\u00e9dant \u00e0 la station debout autonome, au langage articul\u00e9 ou \u00e0 l&rsquo;ind\u00e9pendance de la vie quotidienne \u2014 plonge les familles dans une d\u00e9tresse profonde. L&rsquo;accompagnement psychologique des parents au sein des \u00e9quipes de soins palliatifs p\u00e9diatriques, le conseil g\u00e9n\u00e9tique \u00e9valuant les risques de r\u00e9currence pour les grossesses ult\u00e9rieures (allant de quasi-nul pour une n\u00e9omutation \u00e0 50 % en cas de transmission maternelle li\u00e9e \u00e0 l&rsquo;X ou de r\u00e9arrangement chromosomique \u00e9quilibr\u00e9 chez un parent) repr\u00e9sentent des composantes indissociables de la prise en charge clinique.<\/p>\n<h3>11. Recherche empirique et donn\u00e9es scientifiques<\/h3>\n<p>La recherche fondamentale et translationnelle sur l&rsquo;agyrie a fourni des contributions inestimables \u00e0 la neurobiologie du d\u00e9veloppement. Les \u00e9tudes pionni\u00e8res men\u00e9es sur des mod\u00e8les murins transg\u00e9niques (souris d\u00e9ficientes en <em>Lis1<\/em> ou <em>Dcx<\/em>) ont permis de d\u00e9cortiquer les cascades de signalisation intracellulaire de la nucl\u00e9ocin\u00e8se. Les travaux de recherche translationnelle dirig\u00e9s par William B. Dobyns et al. ont corr\u00e9l\u00e9 la cartographie g\u00e9n\u00e9tique pr\u00e9cise aux ph\u00e9notypes d&rsquo;imagerie, \u00e9tablissant que la s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 de l&rsquo;agyrie est directement proportionnelle au niveau d&rsquo;expression r\u00e9siduelle de la prot\u00e9ine LIS1 dans les neuroblastes.<\/p>\n<p>Une avanc\u00e9e majeure de la derni\u00e8re d\u00e9cennie r\u00e9side dans l&rsquo;utilisation des organo\u00efdes c\u00e9r\u00e9braux d\u00e9riv\u00e9s de cellules souches pluripotentes induites (iPSC) de patients porteurs d&rsquo;agyrie. Des \u00e9quipes de renomm\u00e9e internationale ont r\u00e9ussi \u00e0 reproduire <em>in vitro<\/em> des \u00ab mini-cerveaux \u00bb r\u00e9capitulant les premiers stades de la corticogen\u00e8se humaine. Ces \u00e9tudes ont d\u00e9montr\u00e9 que l&rsquo;alt\u00e9ration de <em>PAFAH1B1<\/em> n&rsquo;affecte pas seulement la migration des neurones matures, mais induit \u00e9galement un dysfonctionnement pr\u00e9coce de la division sym\u00e9trique et asym\u00e9trique des cellules de la glie radiale externe (oRG), une sous-population de prog\u00e9niteurs neuraux abondante chez les primates mais tr\u00e8s rare chez les rongeurs. Cette d\u00e9couverte fondamentale explique pourquoi le cerveau humain est infiniment plus sensible aux mutations de ces g\u00e8nes que celui de la souris, dont le cortex est physiologiquement lissenc\u00e9phalique.<\/p>\n<p>Sur le plan th\u00e9rapeutique, les fronti\u00e8res de la recherche explorent la th\u00e9rapie g\u00e9nique et les chaperons mol\u00e9culaires visant \u00e0 stabiliser les microtubules d\u00e9faillants ou \u00e0 surexprimer des prot\u00e9ines compensatrices lors des phases embryonnaires pr\u00e9coces. Si les applications directes pour r\u00e9parer un cortex agyrique constitu\u00e9 restent inaccessibles chez l&rsquo;\u00eatre humain apr\u00e8s la naissance, les mod\u00e8les d&rsquo;agyrie servent de terrain d&rsquo;exp\u00e9rimentation pour tester de nouvelles mol\u00e9cules anti\u00e9pileptiques ciblant sp\u00e9cifiquement l&rsquo;hyperexcitabilit\u00e9 des r\u00e9seaux corticaux dysplasiques d\u00e9sinhib\u00e9s.<\/p>\n<h3>12. Consid\u00e9rations transculturelles et soci\u00e9tales<\/h3>\n<p>La pr\u00e9valence de l&rsquo;agyrie classique est estim\u00e9e \u00e0 environ 1 cas pour 100 000 naissances vivantes, sans variation significative de l&rsquo;incidence d&rsquo;origine ethnique ou g\u00e9ographique pour les formes sporadiques li\u00e9es \u00e0 des n\u00e9omutations. N\u00e9anmoins, l&rsquo;exp\u00e9rience clinique et le devenir des enfants porteurs d&rsquo;agyrie varient profond\u00e9ment \u00e0 travers les diff\u00e9rentes cultures et syst\u00e8mes de soins de sant\u00e9 dans le monde.<\/p>\n<p>Dans les pays disposant de plateaux techniques m\u00e9dicaux de pointe et de programmes de d\u00e9pistage ant\u00e9natal g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9s (\u00e9chographie morphologique syst\u00e9matique et acc\u00e8s \u00e0 l&rsquo;IRM f\u0153tale), l&rsquo;agyrie est tr\u00e8s souvent suspect\u00e9e avant la naissance. Dans ces contextes soci\u00e9taux, une grande proportion de diagnostics confirm\u00e9s d&rsquo;agyrie ou de syndrome de Miller-Dieker conduit, \u00e0 la demande des couples et apr\u00e8s avis des coll\u00e8ges pluridisciplinaires de diagnostic pr\u00e9natal, \u00e0 une interruption m\u00e9dicale de grossesse (IMG). L&rsquo;incidence des naissances vivantes d&rsquo;enfants agyriques y est par cons\u00e9quent plus faible qu&rsquo;auparavant.<\/p>\n<p>\u00c0 l&rsquo;inverse, dans les r\u00e9gions du monde \u00e0 ressources m\u00e9dicales limit\u00e9es o\u00f9 le suivi pr\u00e9natal est restreint ou inexistant, les enfants naissent \u00e0 terme et le diagnostic n&rsquo;est pos\u00e9 que plusieurs mois apr\u00e8s la naissance lors du d\u00e9clenchement des convulsions ou devant la constatation d&rsquo;un retard psychomoteur s\u00e9v\u00e8re. Dans ces environnements, l&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 l&rsquo;IRM et au s\u00e9quen\u00e7age g\u00e9n\u00e9tique est quasi impossible ; la condition est souvent assimil\u00e9e de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rique \u00e0 une enc\u00e9phalopathie d&rsquo;origine anoxique n\u00e9onatale ou interpr\u00e9t\u00e9e \u00e0 travers le prisme de croyances culturelles traditionnelles ou religieuses locales. Les familles font face \u00e0 un isolement extr\u00eame et \u00e0 une p\u00e9nurie dramatique de moyens de r\u00e9\u00e9ducation motrice et d&rsquo;anti\u00e9pileptiques de nouvelle g\u00e9n\u00e9ration, impactant drastiquement la survie et la qualit\u00e9 de vie des patients.<\/p>\n<h3>13. Critiques, controverses et limites nosologiques<\/h3>\n<p>La nosologie de l&rsquo;agyrie et de la lissenc\u00e9phalie a fait l&rsquo;objet de vifs d\u00e9bats conceptuels au fil de l&rsquo;\u00e9volution des connaissances en neuropathologie. Historiquement, la classification distinguait la lissenc\u00e9phalie de type I (bitype classique avec agyrie-pachygyrie) de la \u00ab lissenc\u00e9phalie de type II \u00bb (ou lissenc\u00e9phalie pavimenteuse \/ cobble-stone lissencephaly), observ\u00e9e dans des syndromes cong\u00e9nitaux tels que les dystrophies musculaires cong\u00e9nitales de Walker-Warburg ou Muscle-Eye-Brain disease.<\/p>\n<p>Les neurobiologistes contemporains s&rsquo;accordent aujourd&rsquo;hui pour rejeter le terme de lissenc\u00e9phalie de type II, le consid\u00e9rant comme un contresens physiopathologique fondamental. Dans la lissenc\u00e9phalie pavimenteuse, l&rsquo;aspect de cerveau lisse ne r\u00e9sulte pas d&rsquo;un d\u00e9faut de migration des neurones dans le cortex, mais au contraire d&rsquo;une hypermigration massive des neurones qui franchissent une barri\u00e8re m\u00e9ning\u00e9e (pie-m\u00e8re) discontinue et cribl\u00e9e de br\u00e8ches, prolif\u00e9rant de mani\u00e8re anarchique dans l&rsquo;espace sous-arachno\u00efdien. La communaut\u00e9 scientifique insiste donc sur la n\u00e9cessit\u00e9 de r\u00e9server le terme d&rsquo;agyrie stricte aux seules anomalies primaires de l&rsquo;assemblage cortical de la lissenc\u00e9phalie classique.<\/p>\n<p>Une autre controverse clinique concerne les limites pronostiques pr\u00e9dites exclusivement sur la base de l&rsquo;imagerie. S&rsquo;il est ind\u00e9niable que l&rsquo;agyrie de grade 1 implique une d\u00e9pendance totale et des d\u00e9ficits cognitifs d&rsquo;une gravit\u00e9 absolue, certains enfants pr\u00e9sentant des patterns mixtes d&rsquo;agyrie focale et de pachygyrie peuvent d\u00e9velopper des acquisitions fonctionnelles inattendues (sourire-r\u00e9ponse stable, communication non-verbale basique, maintien assis avec appui). Les cliniciens mettent ainsi en garde contre un nihilisme th\u00e9rapeutique excessif bas\u00e9 uniquement sur la plan\u00e9it\u00e9 du cortex, tout en reconnaissant avec lucidit\u00e9 l&rsquo;in\u00e9luctabilit\u00e9 du retard global majeur.<\/p>\n<h3>14. Termes connexes et distinctions nosologiques<\/h3>\n<p>Pour assurer une parfaite pr\u00e9cision s\u00e9miologique, l&rsquo;agyrie doit \u00eatre clairement articul\u00e9e et distingu\u00e9e des autres concepts de la neuro-t\u00e9ratologie :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Pachygyrie :<\/strong> D\u00e9signe la pr\u00e9sence de circonvolutions anormalement larges, \u00e9paissies et peu nombreuses, s\u00e9par\u00e9es par des sillons peu profonds. C&rsquo;est le degr\u00e9 d&rsquo;atteinte imm\u00e9diatement inf\u00e9rieur \u00e0 l&rsquo;agyrie au sein du m\u00eame continuum physiopathologique ; elles coexistent fr\u00e9quemment sur le m\u00eame manteau c\u00e9r\u00e9bral.<\/li>\n<li><strong>Lissenc\u00e9phalie :<\/strong> Terme g\u00e9n\u00e9rique englobant l&rsquo;ensemble de l&rsquo;entit\u00e9 c\u00e9r\u00e9brale caract\u00e9ris\u00e9e par un cortex lisse, dont l&rsquo;agyrie est l&rsquo;expression l\u00e9sionnelle la plus s\u00e9v\u00e8re.<\/li>\n<li><strong>Polymicrogyrie :<\/strong> Malformation du d\u00e9veloppement cortical caract\u00e9ris\u00e9e par une surabondance de circonvolutions microscopiques fusionn\u00e9es entre elles, donnant un aspect faussement lisse ou granuleux \u00e0 basse r\u00e9solution mais histologiquement oppos\u00e9 \u00e0 l&rsquo;agyrie (cortex \u00e0 6 ou 2 couches repli\u00e9 de fa\u00e7on excessive).<\/li>\n<li><strong>H\u00e9t\u00e9rotopie sous-corticale en bandes (Double Cortex) :<\/strong> Bande bilat\u00e9rale et sym\u00e9trique de substance grise localis\u00e9e dans la substance blanche sous-jacente \u00e0 un cortex par ailleurs normal ou l\u00e9g\u00e8rement pachygyrique, repr\u00e9sentant la forme all\u00e9lique f\u00e9minine des mutations du g\u00e8ne <em>DCX<\/em>.<\/li>\n<li><strong>Schizenc\u00e9phalie :<\/strong> Fente anormale de pleine \u00e9paisseur traversant l&rsquo;h\u00e9misph\u00e8re c\u00e9r\u00e9bral de la paroi ventriculaire jusqu&rsquo;\u00e0 la surface piale, tapiss\u00e9e d&rsquo;un cortex polymicrogyrique et non agyrique.<\/li>\n<li><strong>Microc\u00e9phalie primaire :<\/strong> R\u00e9duction homog\u00e8ne et cong\u00e9nitale du volume cr\u00e2nien et de la masse c\u00e9r\u00e9brale totale avec conservation de la topographie g\u00e9n\u00e9rale des sillons et des circonvolutions, contrairement \u00e0 l&rsquo;agyrie o\u00f9 l&rsquo;architecture gyrale elle-m\u00eame est abolie.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>15. Synth\u00e8se et points cl\u00e9s<\/h3>\n<p>L&rsquo;agyrie s&rsquo;impose comme une anomalie majeure de la morphogen\u00e8se c\u00e9r\u00e9brale dont les r\u00e9percussions m\u00e9dicales, d\u00e9veloppementales et humaines sont d&rsquo;une gravit\u00e9 exceptionnelle. Les \u00e9l\u00e9ments cardinaux \u00e0 retenir sont :<\/p>\n<ul>\n<li>L&rsquo;agyrie correspond \u00e0 l&rsquo;absence totale de sillons et de circonvolutions c\u00e9r\u00e9braux, conf\u00e9rant \u00e0 la surface des h\u00e9misph\u00e8res un aspect lisse pathologique d&rsquo;une \u00e9paisseur anormale de 10 \u00e0 20 mm.<\/li>\n<li>Elle d\u00e9coule d&rsquo;un arr\u00eat ou d&rsquo;une perturbation catastrophique de la migration neuronale radiale au deuxi\u00e8me trimestre de la gestation, transformant l&rsquo;architecture en six couches en un n\u00e9ocortex d\u00e9sorganis\u00e9 \u00e0 quatre couches.<\/li>\n<li>Les \u00e9tiologies pr\u00e9dominantes sont g\u00e9n\u00e9tiques, impliquant des anomalies du cytosquelette microtubulaire : mutations ou d\u00e9l\u00e9tions de <em>PAFAH1B1<\/em> (syndrome de Miller-Dieker, lissenc\u00e9phalie isol\u00e9e), de <em>DCX<\/em> (li\u00e9e au chromosome X) ou des g\u00e8nes codant pour les tubulines (<em>TUBA1A<\/em>).<\/li>\n<li>Le tableau clinique associe invariablement un d\u00e9ficit intellectuel profond, une \u00e9pilepsie r\u00e9fractaire gravissime d\u00e9butant pr\u00e9cocement par des spasmes infantiles, une hypotonie initiale \u00e9voluant vers la t\u00e9trapar\u00e9sie spastique et un retard psychomoteur total.<\/li>\n<li>Le diagnostic de certitude est radiologique gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;IRM c\u00e9r\u00e9brale f\u0153tale ou post-natale, mettant en \u00e9vidence le signe caract\u00e9ristique du \u00ab cerveau en huit \u00bb et la colpoc\u00e9phalie.<\/li>\n<li>La prise en charge est strictement symptomatique, r\u00e9\u00e9ducative et palliative, n\u00e9cessitant une coordination m\u00e9dicale multidisciplinaire \u00e9troite et un soutien psychologique et g\u00e9n\u00e9tique fondamental pour les familles.<\/li>\n<\/ul>\n<h2>R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<ul>\n<li>Barkovich, A. J., Guerrini, R., Kuzniecky, R. I., Jackson, G. D., &#038; Dobyns, W. B. (2012). A developmental and genetic classification for malformations of cortical development: update 2012. <em>Brain<\/em>, 135(5), 1348-1369. <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1093\/brain\/aws019\">https:\/\/doi.org\/10.1093\/brain\/aws019<\/a><\/li>\n<li>Dobyns, W. B., Truwit, C. L., Ross, M. E., Matsumoto, N., Pilz, D. T., Ledbetter, D. H., &#038; Guerrini, R. (1999). Differences in the gyral pattern distinguish chromosome 17-linked and X-linked lissencephaly. <em>Neurology<\/em>, 53(1), 270-277. <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1212\/wnl.53.1.270\">https:\/\/doi.org\/10.1212\/wnl.53.1.270<\/a><\/li>\n<li>Guerrini, R., &#038; Parrini, E. (2010). Neuronal migration disorders. <em>Neurobiology of Disease<\/em>, 38(2), 154-166. <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1016\/j.nbd.2009.02.008\">https:\/\/doi.org\/10.1016\/j.nbd.2009.02.008<\/a><\/li>\n<li>Kato, M., &#038; Dobyns, W. B. (2003). Lissencephaly and the molecular basis of neuronal migration. <em>Human Molecular Genetics<\/em>, 12(suppl_1), R89-R96. <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1093\/hmg\/ddg086\">https:\/\/doi.org\/10.1093\/hmg\/ddg086<\/a><\/li>\n<li>Reiner, O., Carrozzo, R., Shen, Y., Wehnert, M., Faustinella, F., Dobyns, W. B., Caskey, C. T., &#038; Ledbetter, D. H. (1993). Isolation of a candidate gene for Miller-Dieker syndrome and lissencephaly from human chromosome 17p13.3. <em>Nature<\/em>, 364(6439), 717-721. <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1038\/364717a0\">https:\/\/doi.org\/10.1038\/364717a0<\/a><\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;agyrie est une malformation c\u00e9r\u00e9brale cong\u00e9nitale s\u00e9v\u00e8re caract\u00e9ris\u00e9e par l&rsquo;absence compl\u00e8te de circonvolutions \u00e0 la surface du n\u00e9ocortex. 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