{"id":19436,"date":"2026-10-22T03:50:29","date_gmt":"2026-10-22T03:50:29","guid":{"rendered":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/?psych_term=acpt-auditory-continuous-performance-test"},"modified":"2026-10-22T03:50:29","modified_gmt":"2026-10-22T03:50:29","slug":"acpt-auditory-continuous-performance-test","status":"publish","type":"psych_term","link":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/?psych_term=acpt-auditory-continuous-performance-test","title":{"rendered":"ACPT : \u00c9valuer la vigilance et l&rsquo;attention auditive"},"content":{"rendered":"<p>L&rsquo;\u00e9valuation des fonctions ex\u00e9cutives et attentionnelles constitue un pilier fondamental de la neuropsychologie contemporaine et de l&rsquo;audiologie clinique. Parmi les \u00e9preuves psychom\u00e9triques de laboratoire, l&rsquo;<a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Trouble_du_d%C3%A9ficit_de_l%27attention_avec_ou_sans_hyperactivit%C3%A9\">ACPT<\/a> (<em>Auditory Continuous Performance Test<\/em>, ou test de performance continue auditive) s&rsquo;impose comme une modalit\u00e9 d&rsquo;\u00e9valuation standardis\u00e9e pionni\u00e8re, sp\u00e9cialement con\u00e7ue pour quantifier l&rsquo;attention soutenue, l&rsquo;attention s\u00e9lective et le contr\u00f4le inhibiteur dans le registre sensoriel auditif.<\/p>\n<h2>ACPT (Auditory Continuous Performance Test)<\/h2>\n<h3>1. D\u00e9finition concise<\/h3>\n<p>L&rsquo;<strong>ACPT<\/strong> (<em>Auditory Continuous Performance Test<\/em>) est un test neuropsychologique et audiologique standardis\u00e9 con\u00e7u pour mesurer de fa\u00e7on objective l&rsquo;attention soutenue (vigilance) et le contr\u00f4le inhibiteur d&rsquo;un individu expos\u00e9 \u00e0 un flux continu de stimuli verbaux pr\u00e9sent\u00e9s par voie auditive. Durant cette \u00e9preuve, le sujet \u00e9coute une s\u00e9quence ininterrompue de mots monosyllabiques et doit \u00e9mettre une r\u00e9ponse motrice pr\u00e9d\u00e9termin\u00e9e exclusivement lors de la d\u00e9tection d&rsquo;un stimulus cible pr\u00e9alablement d\u00e9fini, tout en inhibant toute r\u00e9action face aux stimuli distracteurs.<\/p>\n<p>Au-del\u00e0 d&rsquo;un simple examen d&rsquo;acuit\u00e9 sensorielle, l&rsquo;ACPT sonde l&rsquo;efficience des r\u00e9seaux neurobiologiques de l&rsquo;attention descendante (<em>top-down<\/em>) et du traitement auditif central. L&rsquo;\u00e9preuve permet de quantifier deux formes distinctes de d\u00e9faillance cognitive : les erreurs d&rsquo;omission, refl\u00e9tant des baisses de vigilance ou des ruptures de l&rsquo;attention soutenue, et les erreurs de commission, traduisant un d\u00e9ficit de l&rsquo;inhibition motrice ou de l&rsquo;impulsivit\u00e9 cognitive. Ces mesures fournissent aux cliniciens des indicateurs quantitatifs pr\u00e9cieux pour l&rsquo;identification des troubles du neurod\u00e9veloppement.<\/p>\n<p>Principalement administr\u00e9 chez l&rsquo;enfant d&rsquo;\u00e2ge scolaire mais \u00e9galement adapt\u00e9 sous diverses versions pour la petite enfance ou l&rsquo;adulte, l&rsquo;ACPT se distingue des tests continus classiques par sa focalisation exclusive sur la modalit\u00e9 auditive. Il constitue ainsi un outil d&rsquo;investigation privil\u00e9gi\u00e9 \u00e0 la fronti\u00e8re de la neuropsychologie, de la p\u00e9dopsychiatrie et de l&rsquo;orthophonie, notamment dans l&rsquo;exploration diff\u00e9rentielle entre le trouble du d\u00e9ficit de l&rsquo;attention avec ou sans hyperactivit\u00e9 (<a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Trouble_du_d%C3%A9ficit_de_l%27attention_avec_ou_sans_hyperactivit%C3%A9\">TDAH<\/a>) et les troubles du traitement auditif central (TTAC).<\/p>\n<h3>2. \u00c9tymologie et origine linguistique<\/h3>\n<p>L&rsquo;acronyme <strong>ACPT<\/strong> est issu de l&rsquo;anglais am\u00e9ricain <em>Auditory Continuous Performance Test<\/em>. Le syntagme combine quatre composantes lexicales et conceptuelles distinctes qui d\u00e9finissent sa nature m\u00e9thodologique et op\u00e9rationnelle. Le terme <em>auditory<\/em> d\u00e9coule du latin classique <em>auditorius<\/em> (relatif \u00e0 l&rsquo;ou\u00efe), d\u00e9riv\u00e9 du verbe <em>audire<\/em> signifiant \u00ab entendre \u00bb ou \u00ab \u00e9couter \u00bb, soulignant la contrainte sensorielle impos\u00e9e au sujet \u00e9valu\u00e9.<\/p>\n<p>L&rsquo;adjectif <em>continuous<\/em> tire son origine du latin <em>continuus<\/em> (\u00ab ininterrompu \u00bb, \u00ab qui se succ\u00e8de sans rupture \u00bb), form\u00e9 \u00e0 partir du pr\u00e9fixe <em>con-<\/em> (ensemble) et du verbe <em>tenere<\/em> (tenir, maintenir). Dans la tradition psychom\u00e9trique anglo-saxonne, ce terme fait r\u00e9f\u00e9rence au paradigme de Rosvold et ses collaborateurs (1956), caract\u00e9ris\u00e9 par l&rsquo;obligation pour le participant de maintenir un \u00e9tat de pr\u00e9paration cognitive sans intervalle de repos tout au long de la passation.<\/p>\n<p>Le substantif <em>performance<\/em> provient de l&rsquo;ancien fran\u00e7ais <em>parfournir<\/em> (\u00ab accomplir pleinement \u00bb, \u00ab mener \u00e0 terme \u00bb), emprunt\u00e9 par l&rsquo;anglais \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque moderne avant de r\u00e9int\u00e9grer la langue fran\u00e7aise au XIXe si\u00e8cle dans une acception technique et sportive d\u00e9signant le r\u00e9sultat mesurable d&rsquo;une action. Enfin, le mot <em>test<\/em> proc\u00e8de de l&rsquo;ancien fran\u00e7ais <em>test<\/em> (vase d&rsquo;argile servant d&rsquo;\u00e9prouvette pour les essais d&rsquo;alchimie et d&rsquo;orf\u00e8vrerie), lui-m\u00eame issu du latin <em>testum<\/em>. Introduit formellement par le psychologue et audiologiste Robert W. Keith en 1994, l&rsquo;acronyme ACPT est d\u00e9sormais utilis\u00e9 dans la litt\u00e9rature internationale comme d\u00e9signation standard de cet instrument.<\/p>\n<h3>3. Prononciation et forme grammaticale<\/h3>\n<p>Sur le plan phon\u00e9tique, l&rsquo;acronyme s&rsquo;\u00e9nonce en fran\u00e7ais en \u00e9pelant individuellement chaque lettre selon le syst\u00e8me alphab\u00e9tique standard : <strong>[a.se.pe.te]<\/strong>. En contexte anglo-saxon ou lors de colloques internationaux, la prononciation suit l&rsquo;alphabet anglais : <strong>\/\u02cce\u026a si\u02d0 pi\u02d0 \u02c8ti\u02d0\/<\/strong>.<\/p>\n<p>Du point de vue morphosyntaxique, \u00ab ACPT \u00bb est un nom propre d&rsquo;instrument psychom\u00e9trique, emprunt\u00e9 \u00e0 l&rsquo;anglais, et s&#8217;emploie au genre masculin en fran\u00e7ais (\u00ab l&rsquo;ACPT \u00bb, \u00ab un ACPT \u00bb), par ellipse ou accord avec le terme g\u00e9n\u00e9rique sous-jacent \u00ab test \u00bb (le test de performance continue auditive). L&rsquo;acronyme est invariable au pluriel dans la graphie standard (ex. \u00ab les profils obtenus aux ACPT \u00bb).<\/p>\n<p>Dans la litt\u00e9rature sp\u00e9cialis\u00e9e francophone, on rencontre occasionnellement des p\u00e9riphrases descriptives telles que \u00ab test de performance auditive continue \u00bb ou \u00ab \u00e9preuve de vigilance auditive continue \u00bb, bien que la communaut\u00e9 scientifique et les praticiens privil\u00e9gient tr\u00e8s majoritairement le sigle international ACPT pour d\u00e9signer l&rsquo;\u00e9preuve standardis\u00e9e de Robert W. Keith ou ses d\u00e9clinaisons directes comme l&rsquo;ACPT-P (version pr\u00e9scolaire).<\/p>\n<h3>4. Explication conceptuelle d\u00e9taill\u00e9e<\/h3>\n<p>Le concept qui sous-tend l&rsquo;ACPT repose sur une exigence neurocognitive universelle : la capacit\u00e9 d&rsquo;extraire, d&rsquo;isoler et de traiter un signal sonore pertinent noy\u00e9 au sein d&rsquo;un flux continu d&rsquo;informations verbales concurrentes, sur une dur\u00e9e temporelle suffisamment prolong\u00e9e pour induire une fatigue attentionnelle. Contrairement aux \u00e9preuves visuelles o\u00f9 le sujet peut ajuster sa fixation oculaire ou balayer l&rsquo;espace \u00e0 son propre rythme, la modalit\u00e9 auditive impose une contrainte temporelle absolue. Les stimuli acoustiques sont par essence \u00e9vanescents : une fois prononc\u00e9, le mot dispara\u00eet du registre sensoriel imm\u00e9diat, obligeant les circuits cortico-sous-corticaux \u00e0 maintenir une r\u00e9activit\u00e9 permanente sans possibilit\u00e9 de v\u00e9rification r\u00e9trospective.<\/p>\n<p>Le fonctionnement cognitif sollicit\u00e9 par l&rsquo;ACPT fait appel \u00e0 une cascade d&rsquo;op\u00e9rations mentales s\u00e9rielles et parall\u00e8les. Dans un premier temps, l&rsquo;encodage perceptif requiert une analyse phonologique rapide et pr\u00e9cise au niveau du cortex auditif primaire et des aires associatives temporales. Le mot entendu doit \u00eatre compar\u00e9 \u00e0 une repr\u00e9sentation phonologique cible conserv\u00e9e activement dans la m\u00e9moire de travail phonologique. Cette boucle de comparaison doit s&rsquo;ex\u00e9cuter en quelques centaines de millisecondes, car l&rsquo;intervalle interstimulus est court et standardis\u00e9.<\/p>\n<p>Dans un second temps, le processus implique une prise de d\u00e9cision perceptivo-motrice binaire : si le stimulus entrant correspond aux propri\u00e9t\u00e9s acoustico-phon\u00e9tiques de la cible, une commande d&rsquo;action motrice (habituellement une pression sur un bouton ou une lev\u00e9e du pouce) doit \u00eatre d\u00e9clench\u00e9e sans d\u00e9lai. En revanche, si le stimulus est un distracteur \u2014 m\u00eame s&rsquo;il partage des similitudes phon\u00e9tiques avec la cible \u2014, le syst\u00e8me ex\u00e9cutif pr\u00e9frontal doit imm\u00e9diatement inhiber la tendance motrice automatique \u00e0 r\u00e9pondre. Cette alternance permanente entre activation et inhibition requiert un contr\u00f4le de haut niveau de la voie fronto-striatale.<\/p>\n<p>Enfin, la notion de continuit\u00e9 temporelle est d\u00e9cisive dans la structure conceptuelle du test. L&rsquo;ACPT est volontairement monotone et r\u00e9p\u00e9titif. En l&rsquo;absence de renfor\u00e7ateurs extrins\u00e8ques ou de variations prosodiques captivantes, la t\u00e2che sollicite l&rsquo;attention soutenue endog\u00e8ne. Au fur et \u00e0 mesure que l&rsquo;\u00e9preuve progresse, l&rsquo;\u00e9puisement des ressources cognitives peut provoquer une baisse de la vigilance, mise en \u00e9vidence par une augmentation lin\u00e9aire ou erratique des temps de r\u00e9action et une recrudescence des oublis de cibles ou des faux d\u00e9parts impulsifs.<\/p>\n<h3>5. \u00c9volution et d\u00e9veloppement historique<\/h3>\n<p>L&rsquo;histoire des tests de performance continue prend racine dans les travaux pionniers de H. Eran Rosvold et de ses collaborateurs au milieu des ann\u00e9es 1950. Initialement d\u00e9velopp\u00e9 pour \u00e9tudier les alt\u00e9rations de la vigilance cons\u00e9cutives \u00e0 des l\u00e9sions c\u00e9r\u00e9brales chez l&rsquo;adulte et l&rsquo;\u00e9pilepsie, le <em>Continuous Performance Test<\/em> originel utilisait des stimuli visuels pr\u00e9sent\u00e9s par tachistoscope ou projection de diapositives. Durant plusieurs d\u00e9cennies, la quasi-totalit\u00e9 des recherches cliniques s&rsquo;est concentr\u00e9e sur la modalit\u00e9 visuelle, donnant naissance \u00e0 des outils informatis\u00e9s c\u00e9l\u00e8bres tels que le Conners CPT ou le TOVA (<em>Test of Variables of Attention<\/em>).<\/p>\n<p>Au d\u00e9but des ann\u00e9es 1990, le professeur Robert W. Keith, audiologiste et chercheur \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 de Cincinnati, constate une lacune m\u00e9thodologique majeure dans les batteries diagnostiques p\u00e9diatriques. De nombreux enfants orient\u00e9s en consultation pour des difficult\u00e9s d&rsquo;apprentissage scolaire, des troubles de l&rsquo;attention ou des \u00e9checs d&rsquo;\u00e9coute en milieu scolaire bruyant ne pr\u00e9sentaient aucune surdit\u00e9 p\u00e9riph\u00e9rique, mais \u00e9chouaient dramatiquement \u00e0 soutenir leur attention en modalit\u00e9 acoustique. Keith con\u00e7oit alors l&rsquo;ACPT en 1994, \u00e9dit\u00e9 par The Psychological Corporation, en cr\u00e9ant une \u00e9preuve standardis\u00e9e reposant sur des stimuli vocaux enregistr\u00e9s avec une pr\u00e9cision acoustique rigoureuse.<\/p>\n<p>Dans les ann\u00e9es qui suivent, l&rsquo;utilisation de l&rsquo;ACPT se diffuse rapidement au sein des d\u00e9partements d&rsquo;audiologie et de neuropsychologie p\u00e9diatrique. Les travaux de recherche men\u00e9s \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1990, notamment par Riccio et al. (1996) et Oyler et al. (1998), explorent la validit\u00e9 discriminante de l&rsquo;outil, soulevant d&rsquo;intenses d\u00e9bats sur sa sensibilit\u00e9 sp\u00e9cifique au TDAH par rapport aux troubles du traitement auditif central. Ces controverses ont permis d&rsquo;affiner l&rsquo;interpr\u00e9tation des profils d&rsquo;erreurs au lieu de se contenter d&rsquo;un score composite global.<\/p>\n<p>Au tournant du XXIe si\u00e8cle, l&rsquo;outil s&rsquo;est diversifi\u00e9. E. Mark Mahone et son \u00e9quipe au Kennedy Krieger Institute ont d\u00e9velopp\u00e9 et valid\u00e9 en 2001 l&rsquo;ACPT-P (<em>Auditory Continuous Performance Test for Preschoolers<\/em>), adaptant les paradigmes de d\u00e9tection auditive continue aux exigences d\u00e9veloppementales des enfants d&rsquo;\u00e2ge pr\u00e9scolaire (3 \u00e0 5 ans). Parall\u00e8lement, des neuroscientifiques cognitifs tels que Larry J. Seidman ont int\u00e9gr\u00e9 des paradigmes d&rsquo;ACPT coupl\u00e9s \u00e0 l&rsquo;<a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Imagerie_par_r%C3%A9sonance_magn%C3%A9tique_fonctionnelle\">imagerie par r\u00e9sonance magn\u00e9tique fonctionnelle<\/a> (IRMf) pour cartographier les r\u00e9seaux de la vigilance auditive chez des patients atteints de schizophr\u00e9nie ou pr\u00e9sentant un haut risque psychotique, inscrivant d\u00e9finitivement l&rsquo;ACPT dans le corpus des neurosciences contemporaines.<\/p>\n<h3>6. Fondements th\u00e9oriques et mod\u00e8les conceptuels<\/h3>\n<p>L&rsquo;architecture m\u00e9thodologique de l&rsquo;ACPT s&rsquo;articule autour de trois grands \u00e9difices th\u00e9oriques de la psychologie cognitive et de la neuropsychologie moderne. Le premier est le mod\u00e8le multicomposant de l&rsquo;attention formul\u00e9 par Michael Posner et Petersen. Ce mod\u00e8le distingue trois r\u00e9seaux fonctionnels anatomiquement et chimiquement ind\u00e9pendants : le r\u00e9seau d&rsquo;alerte (responsable du maintien de la vigilance et de la pr\u00e9paration \u00e0 la r\u00e9ponse, sous modulation noradr\u00e9nergique), le r\u00e9seau d&rsquo;orientation (impliqu\u00e9 dans la focalisation sensorielle) et le r\u00e9seau ex\u00e9cutif (localis\u00e9 dans le cortex pr\u00e9frontal dorsolat\u00e9ral et le cortex cingulaire ant\u00e9rieur, r\u00e9gulant l&rsquo;inhibition et la r\u00e9solution de conflits). L&rsquo;ACPT sollicite de fa\u00e7on intensive l&rsquo;interaction entre le syst\u00e8me d&rsquo;alerte tonique et le contr\u00f4le ex\u00e9cutif frontal.<\/p>\n<p>Le second pilier conceptuel provient du mod\u00e8le neuropsychologique de l&rsquo;attention propos\u00e9 par Allan F. Mirsky et ses coll\u00e8gues. Mirsky d\u00e9compose l&rsquo;attention en plusieurs dimensions op\u00e9rationnelles : focaliser\/ex\u00e9cuter (<em>focus-execute<\/em>), soutenir (<em>sustain<\/em>), encoder (<em>encode<\/em>) et d\u00e9placer (<em>shift<\/em>). Selon la mod\u00e9lisation factorielle de Mirsky, les tests de performance continue constituent l&rsquo;\u00e9talon-or pour quantifier la dimension <em>sustain<\/em>, c&rsquo;est-\u00e0-dire la capacit\u00e9 \u00e0 maintenir un foyer attentionnel stable sur une longue p\u00e9riode face \u00e0 des stimuli r\u00e9p\u00e9titifs, tout en mesurant la r\u00e9gulation motrice de l&rsquo;action.<\/p>\n<p>Le troisi\u00e8me fondement repose sur la <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Th%C3%A9orie_de_la_d%C3%A9tection_du_signal\">th\u00e9orie de la d\u00e9tection du signal<\/a> (TDS), d\u00e9velopp\u00e9e initialement en ing\u00e9nierie radar par Green et Swets. La TDS fournit le cadre math\u00e9matique id\u00e9al pour interpr\u00e9ter les scores de l&rsquo;ACPT en distinguant deux processus ind\u00e9pendants : la sensibilit\u00e9 perceptive du sujet (param\u00e8tre <em>d&rsquo;<\/em> ou d-prime), qui mesure son aptitude discriminative \u00e0 diff\u00e9rencier le mot-cible des mots-leurres, et le crit\u00e8re de d\u00e9cision ou biais de r\u00e9ponse (param\u00e8tre <em>c<\/em> ou <em>beta<\/em>). Un individu peut ainsi pr\u00e9senter un profil \u00ab conservateur \u00bb (privil\u00e9giant l&rsquo;absence de fausses alertes au prix d&rsquo;omissions r\u00e9p\u00e9t\u00e9es) ou un profil \u00ab lib\u00e9ral \u00bb et impulsif (maximisant les d\u00e9tections au d\u00e9triment d&rsquo;un taux \u00e9lev\u00e9 de fausses alarmes), refl\u00e9tant des styles cognitifs sous-jacents distincts.<\/p>\n<h3>7. Composantes cl\u00e9s, typologies et dimensions<\/h3>\n<p>L&rsquo;analyse clinique et psychom\u00e9trique d&rsquo;un protocole ACPT repose sur le d\u00e9coupage de la performance en plusieurs dimensions objectives :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Erreurs d&rsquo;omission (inattention) :<\/strong> Absence de r\u00e9ponse motrice lors de la diffusion du stimulus cible. Un nombre \u00e9lev\u00e9 d&rsquo;omissions refl\u00e8te un d\u00e9crochage de l&rsquo;attention soutenue, des fluctuations de l&rsquo;alerte tonique ou une lenteur extr\u00eame du traitement phonologique.<\/li>\n<li><strong>Erreurs de commission (impulsivit\u00e9 et dysinhibition) :<\/strong> \u00c9mission d&rsquo;une r\u00e9ponse motrice en pr\u00e9sence d&rsquo;un stimulus non-cible (distracteur). Ces erreurs traduisent un d\u00e9faut d&rsquo;inhibition comportementale, l&rsquo;incapacit\u00e9 \u00e0 freiner un automatisme moteur ou une confusion phon\u00e9mique rapide.<\/li>\n<li><strong>Temps de r\u00e9action moyen (vitesse de traitement) :<\/strong> Dur\u00e9e moyenne s\u00e9parant l&rsquo;apparition acoustique du stimulus cible du d\u00e9clenchement effectif de la r\u00e9ponse motrice. Il informe sur la c\u00e9l\u00e9rit\u00e9 du traitement auditivo-moteur central.<\/li>\n<li><strong>Variabilit\u00e9 du temps de r\u00e9action (instabilit\u00e9 attentionnelle) :<\/strong> \u00c9cart-type des temps de r\u00e9ponse tout au long de la passation. Reconnue en neuropsychologie moderne comme l&rsquo;un des marqueurs les plus fid\u00e8les du TDAH, une variabilit\u00e9 accrue t\u00e9moigne d&rsquo;une instabilit\u00e9 intrins\u00e8que de la commande ex\u00e9cutive (micro-d\u00e9crochages attentionnels).<\/li>\n<li><strong>D\u00e9clin de vigilance au fil du temps (d\u00e9cr\u00e9ment temporel) :<\/strong> \u00c9volution comparative des taux d&rsquo;erreurs et des temps de r\u00e9action entre les premiers et les derniers blocs de l&rsquo;\u00e9preuve. Il objective l&rsquo;\u00e9puisement progressif des ressources attentionnelles li\u00e9 \u00e0 la fatigue cognitive.<\/li>\n<li><strong>Indicateurs d\u00e9riv\u00e9s de la d\u00e9tection du signal :<\/strong> Calcul du coefficient de sensibilit\u00e9 discriminative (<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"d&#039;\">$d&rsquo;$<\/span>) et du crit\u00e8re de r\u00e9ponse (<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"\\beta\">$\\beta$<\/span>), permettant d&rsquo;isoler la capacit\u00e9 pure de discernement auditif du biais comportemental de prise de risque.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>8. Exemples concrets et illustrations cliniques<\/h3>\n<p>Pour appr\u00e9hender la mise en pratique de l&rsquo;ACPT, examinons la proc\u00e9dure standardis\u00e9e con\u00e7ue par Keith (1994) chez un sujet d&rsquo;\u00e2ge scolaire. L&rsquo;enfant, confortablement install\u00e9 dans une salle insonoris\u00e9e ou muni d&rsquo;un casque audio circum-auriculaire, re\u00e7oit la consigne suivante : \u00ab Tu vas entendre une s\u00e9rie de mots enregistr\u00e9s. Chaque fois que tu entends le mot \u00ab\u00a0chien\u00a0\u00bb (target), tu dois imm\u00e9diatement lever le pouce (ou appuyer sur la touche r\u00e9ponse). Si tu entends un autre mot, tu ne fais rien \u00bb. Le mot cible \u00ab chien \u00bb est diss\u00e9min\u00e9 al\u00e9atoirement au sein d&rsquo;une liste comprenant des mots distracteurs acoustiquement proches (ex. : \u00ab bien \u00bb, \u00ab rien \u00bb, \u00ab tien \u00bb, \u00ab pain \u00bb, \u00ab chat \u00bb). L&rsquo;\u00e9preuve est d\u00e9coup\u00e9e en six blocs cons\u00e9cutifs sans interruption, totalisant pr\u00e8s de 600 stimuli pr\u00e9sent\u00e9s \u00e0 cadence soutenue (par exemple, un mot toutes les 1 \u00e0 1,5 secondes), pour une dur\u00e9e globale d&rsquo;environ 12 \u00e0 15 minutes.<\/p>\n<p><strong>Cas clinique n\u00b0 1 \u2014 Profil \u00e9vocateur d&rsquo;un TDAH \u00e0 pr\u00e9dominance inattentive :<\/strong><br \/>\nLucas, 9 ans, est adress\u00e9 en bilan pour une lenteur scolaire majeure, des r\u00eaveries diurnes et une incapacit\u00e9 \u00e0 suivre les consignes orales en classe. \u00c0 l&rsquo;ACPT, Lucas pr\u00e9sente une audition p\u00e9riph\u00e9rique normale. Ses r\u00e9sultats mettent en \u00e9vidence un taux tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9 d&rsquo;erreurs d&rsquo;omission (sup\u00e9rieur au 95e percentile), particuli\u00e8rement prononc\u00e9 dans les blocs 4, 5 et 6. En revanche, il ne commet pratiquement aucune erreur de commission (fausse alarme). Ses temps de r\u00e9action sont allong\u00e9s et tr\u00e8s variables. Ce profil d&rsquo;hypo-vigilance auditive sans impulsivit\u00e9 confirme une fragilit\u00e9 massive de l&rsquo;attention soutenue, coh\u00e9rente avec une pr\u00e9sentation inattentive du TDAH, et permet d&rsquo;\u00e9carter une simple opposition comportementale.<\/p>\n<p><strong>Cas clinique n\u00b0 2 \u2014 Profil \u00e9vocateur d&rsquo;un profil hyperactif-impulsif :<\/strong><br \/>\nMaxime, 8 ans, est d\u00e9crit par ses enseignants comme constamment agit\u00e9 et incapable d&rsquo;attendre son tour de parole. Durant l&rsquo;ACPT, Maxime ne manque quasiment aucune cible (tr\u00e8s faible taux d&rsquo;omissions), mais il accumule un nombre anormalement \u00e9lev\u00e9 d&rsquo;erreurs de commission d\u00e8s les premi\u00e8res minutes. Il appuie pr\u00e9cipitamment sur les mots qui riment avec la cible ou sur des distracteurs sans lien phonologique. Ses temps de r\u00e9action sont extr\u00eamement courts. Ce profil atteste d&rsquo;un d\u00e9ficit primaire du contr\u00f4le inhibiteur moteur et d&rsquo;un crit\u00e8re de d\u00e9cision excessivement permissif (biais lib\u00e9ral), caract\u00e9ristiques de la dimension impulsive du neurod\u00e9veloppement.<\/p>\n<p><strong>Cas clinique n\u00b0 3 \u2014 Profil diff\u00e9rentiel de trouble du traitement auditif central :<\/strong><br \/>\nL\u00e9a, 10 ans, pr\u00e9sente des difficult\u00e9s d&rsquo;apprentissage du langage oral et \u00e9crit et une incompr\u00e9hension de la parole dans le bruit. \u00c0 l&rsquo;ACPT, ses erreurs de commission ne surviennent pas de fa\u00e7on impulsive sur tous les items, mais se concentrent presque exclusivement sur les distracteurs pr\u00e9sentant une proximit\u00e9 phon\u00e9tique imm\u00e9diate avec la cible (confusion entre phon\u00e8mes voisins). Ses temps de r\u00e9ponse sont constants mais son indice de sensibilit\u00e9 discriminative (<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"d&#039;\">$d&rsquo;$<\/span>) s&rsquo;effondre. Ce sch\u00e9ma sugg\u00e8re que l&rsquo;\u00e9chec est principalement attribuable \u00e0 une difficult\u00e9 d&rsquo;analyse acoustico-phonologique au niveau du cortex auditif plut\u00f4t qu&rsquo;\u00e0 une d\u00e9faillance globale de la r\u00e9gulation de l&rsquo;attention ex\u00e9cutive.<\/p>\n<h3>9. Mesure, cotation et administration psychom\u00e9trique<\/h3>\n<p>L&rsquo;administration rigoureuse de l&rsquo;ACPT exige le respect scrupuleux d&rsquo;un environnement acoustique contr\u00f4l\u00e9. Les stimuli doivent \u00eatre diffus\u00e9s \u00e0 une intensit\u00e9 calibr\u00e9e (g\u00e9n\u00e9ralement 70 dB SPL ou HL) au moyen d&rsquo;un \u00e9quipement audiom\u00e9trique ou d&rsquo;un syst\u00e8me informatique \u00e9talonn\u00e9, par \u00e9couteurs st\u00e9r\u00e9o ou haut-parleur en champ libre \u00e0 z\u00e9ro degr\u00e9 d&rsquo;azimut. Avant d&rsquo;amorcer le test proprement dit, un bloc d&rsquo;entra\u00eenement standardis\u00e9 est imp\u00e9rativement propos\u00e9 afin de v\u00e9rifier la bonne assimilation de la consigne et l&rsquo;absence d&rsquo;obstacle sensoriel ou moteur p\u00e9riph\u00e9rique.<\/p>\n<p>La cotation repose sur la quantification brute de chaque cat\u00e9gorie d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements, imm\u00e9diatement convertie en scores standardis\u00e9s (scores <em>Z<\/em>, percentiles ou scores <em>T<\/em>) par comparaison avec des tables d&rsquo;\u00e9talonnage repr\u00e9sentatives stratifi\u00e9es par tranches d&rsquo;\u00e2ge chronologique. La plupart des versions normatives fournissent des rep\u00e8res pr\u00e9cis pour les enfants de 6 \u00e0 11 ans (notamment dans la version classique de Keith). Les seuils pathologiques sont g\u00e9n\u00e9ralement fix\u00e9s \u00e0 deux \u00e9carts-types au-del\u00e0 de la moyenne (ou au-del\u00e0 du 90e\/95e percentile) pour les erreurs, signalant un d\u00e9ficit cliniquement significatif de l&rsquo;attention auditive.<\/p>\n<p>Sur le plan m\u00e9trologique, l&rsquo;ACPT d\u00e9montre une consistance interne satisfaisante, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant habituellement entre 0,75 et 0,88 pour les scores globaux d&rsquo;erreurs. La fid\u00e9lit\u00e9 test-retest \u00e0 moyen terme (2 \u00e0 4 semaines) est mod\u00e9r\u00e9e \u00e0 bonne (coefficients <em>r<\/em> variant entre 0,65 et 0,82), ce qui est typique des \u00e9preuves de vigilance dont les r\u00e9sultats demeurent sensibles aux variations physiologiques de l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;\u00e9veil, au rythme circadien et au niveau de stress de l&rsquo;examin\u00e9. La validit\u00e9 de construit a \u00e9t\u00e9 solidement \u00e9tay\u00e9e par des corr\u00e9lations convergentes avec d&rsquo;autres \u00e9preuves d&rsquo;attention soutenue et des divergences nettes avec les tests mesurant l&rsquo;efficience intellectuelle globale (QI verbal et non verbal).<\/p>\n<h3>10. Applications cliniques et port\u00e9e pratique<\/h3>\n<p>L&rsquo;ACPT trouve une utilit\u00e9 op\u00e9rationnelle majeure dans de multiples disciplines de la sant\u00e9 mentale et des sciences de l&rsquo;audition. En psychopathologie du d\u00e9veloppement et en p\u00e9dopsychiatrie, le test s&rsquo;int\u00e8gre au protocole diagnostique multidimensionnel du TDAH. Si aucune \u00e9preuve neuropsychologique ne peut \u00e0 elle seule poser un diagnostic de TDAH \u2014 celui-ci demeurant \u00e9minemment clinique et fond\u00e9 sur les crit\u00e8res du DSM-5-TR \u2014, l&rsquo;ACPT fournit une mesure objective de laboratoire affranchie de la subjectivit\u00e9 inh\u00e9rente aux \u00e9chelles d&rsquo;\u00e9valuation comportementale remplies par les parents ou les enseignants.<\/p>\n<p>En audiologie clinique et en phoniatrie, l&rsquo;ACPT joue un r\u00f4le pivot dans la batterie d&rsquo;exploration des troubles du traitement auditif (TTA ou CAPD). L&rsquo;Acad\u00e9mie am\u00e9ricaine d&rsquo;audiologie (AAA) et l&rsquo;ASHA recommandent l&rsquo;\u00e9valuation de la vigilance auditive pour \u00e9viter les faux positifs lors des tests d&rsquo;\u00e9coute dichotique, de discrimination dans le bruit ou de r\u00e9solution temporelle. En effet, un enfant dont l&rsquo;attention auditive s&rsquo;effondre lors d&rsquo;une t\u00e2che continue \u00e9chouera in\u00e9vitablement aux tests audiologiques complexes sans que ses centres auditifs primaires soient pour autant l\u00e9s\u00e9s.<\/p>\n<p>Au sein de l&rsquo;\u00e9cole et du milieu orthophonique, les r\u00e9sultats de l&rsquo;ACPT \u00e9clairent les m\u00e9canismes sous-jacents aux troubles des apprentissages scolaires (dyslexie de d\u00e9veloppement, troubles du langage oral). Comprendre qu&rsquo;un \u00e9colier pr\u00e9sente un d\u00e9cr\u00e9ment marqu\u00e9 de l&rsquo;attention au bout de huit minutes d&rsquo;\u00e9coute continue permet d&rsquo;am\u00e9nager son quotidien p\u00e9dagogique : fractionnement des consignes orales, pauses attentionnelles r\u00e9guli\u00e8res, recours pr\u00e9f\u00e9rentiel \u00e0 des supports visuels de suppl\u00e9ance et placement optimal dans la classe en retrait des sources de bruit ambiant.<\/p>\n<p>En neurologie adulte et en neuropsychologie clinique, les variantes de l&rsquo;ACPT sont exploit\u00e9es dans le suivi des traumatismes cr\u00e2nio-c\u00e9r\u00e9braux, des accidents vasculaires c\u00e9r\u00e9braux touchant les h\u00e9misph\u00e8res droit ou gauche, ainsi que dans le diagnostic pr\u00e9coce des pathologies neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9ratives. L&rsquo;\u00e9preuve est \u00e9galement pr\u00e9cieuse en pharmacoth\u00e9rapie : la passation r\u00e9p\u00e9t\u00e9e de l&rsquo;ACPT permet de mesurer avec une grande finesse la cin\u00e9tique d&rsquo;action et l&rsquo;efficacit\u00e9 objective des traitements psychostimulants (ex. : m\u00e9thylph\u00e9nidate) sur la r\u00e9gulation de la vigilance et de l&rsquo;impulsivit\u00e9 auditive.<\/p>\n<h3>11. Donn\u00e9es probantes et recherche empirique<\/h3>\n<p>La litt\u00e9rature scientifique relative \u00e0 l&rsquo;ACPT est riche de nombreuses \u00e9tudes exp\u00e9rimentales men\u00e9es depuis les ann\u00e9es 1990. L&rsquo;un des pans de recherche les plus substantiels concerne sa sensibilit\u00e9 et sa sp\u00e9cificit\u00e9 diagnostiques. Dans une \u00e9tude devenue classique, Riccio, Cohen, Hynd et Keith (1996) ont compar\u00e9 les profils obtenus \u00e0 l&rsquo;ACPT par 30 enfants pr\u00e9sentant un trouble auditif central isol\u00e9 ou associ\u00e9 \u00e0 un TDAH. Leurs r\u00e9sultats ont montr\u00e9 que la combinaison des erreurs d&rsquo;omission et de la variabilit\u00e9 temporelle permettait d&rsquo;identifier des dysfonctionnements majeurs, bien que la distinction absolue entre TDAH pur et TTA sur la seule base du score composite reste complexe en raison du fort chevauchement clinique de ces entit\u00e9s.<\/p>\n<p>Par la suite, Oyler, Rosenhagen et Michal (1998) ont \u00e9valu\u00e9 la sensibilit\u00e9 et la sp\u00e9cificit\u00e9 de l&rsquo;ACPT de Keith au sein d&rsquo;une cohorte clinique p\u00e9diatrique. Si leur recherche a mis en lumi\u00e8re une excellente sp\u00e9cificit\u00e9 (capacit\u00e9 remarquable \u00e0 ne pas classer \u00e0 tort des enfants indemnes comme ayant un d\u00e9ficit attentionnel), la sensibilit\u00e9 isol\u00e9e de l&rsquo;\u00e9preuve est apparue plus modeste lorsqu&rsquo;elle \u00e9tait employ\u00e9e comme test de d\u00e9pistage unique. Ces conclusions ont d\u00e9finitivement scell\u00e9 le consensus scientifique : l&rsquo;ACPT ne doit jamais \u00eatre utilis\u00e9 de mani\u00e8re isol\u00e9e, mais toujours au sein d&rsquo;un faisceau concordant d&rsquo;indices neuropsychologiques et comportementaux.<\/p>\n<p>Dans le domaine de la petite enfance, les recherches conduites par E. Mark Mahone et ses collaborateurs (2001, 2005) sur l&rsquo;ACPT-P ont apport\u00e9 des preuves solides quant \u00e0 la validit\u00e9 de construit de la t\u00e2che auditive continue chez les jeunes enfants de 3 \u00e0 5 ans. Leurs donn\u00e9es exp\u00e9rimentales ont confirm\u00e9 que les enfants pr\u00e9scolaires diagnostiqu\u00e9s avec un TDAH manifestaient un nombre significativement plus important d&rsquo;omissions et une plus grande instabilit\u00e9 du temps de r\u00e9action que les t\u00e9moins appari\u00e9s, d\u00e9montrant que la modalit\u00e9 auditive est vuln\u00e9rable d\u00e8s les premi\u00e8res \u00e9tapes du d\u00e9veloppement ex\u00e9cutif.<\/p>\n<p>Enfin, les neurosciences contemporaines ont coupl\u00e9 l&rsquo;ACPT \u00e0 l&rsquo;<a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/%C3%89lectroenc%C3%A9phalographie\">\u00e9lectroenc\u00e9phalographie<\/a> quantitative et \u00e0 l&rsquo;imagerie c\u00e9r\u00e9brale fonctionnelle. Les travaux pionniers de Seidman et al. (1998) ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que la r\u00e9alisation de t\u00e2ches d&rsquo;ACPT recrute un r\u00e9seau cortico-sous-cortical bilat\u00e9ral \u00e9tendu comprenant le cortex auditif temporal sup\u00e9rieur, le cortex pr\u00e9frontal dorsolat\u00e9ral, le striatum et le cervelet. Les \u00e9tudes de potentiels \u00e9voqu\u00e9s cognitifs (comme l&rsquo;onde P300 auditive) durant l&rsquo;ACPT d\u00e9montrent des anomalies d&rsquo;amplitude et de latence chez les patients atteints de schizophr\u00e9nie ou de TDAH, illustrant un retard de traitement du stimulus et une allocation d\u00e9ficiente des ressources attentionnelles.<\/p>\n<h3>12. Consid\u00e9rations socioculturelles et transculturelles<\/h3>\n<p>L&rsquo;administration de l&rsquo;ACPT soul\u00e8ve d&rsquo;importantes questions transculturelles et sociolinguistiques qu&rsquo;aucun praticien ne peut ignorer. Contrairement aux CPT visuels bas\u00e9s sur des formes g\u00e9om\u00e9triques universelles ou des lettres simples, l&rsquo;ACPT classique repose sur l&rsquo;identification de stimuli de parole (mots de la langue). Par cons\u00e9quent, la validit\u00e9 transculturelle d&rsquo;un enregistrement standardis\u00e9 est strictement conditionn\u00e9e par la ma\u00eetrise linguistique de l&rsquo;examin\u00e9.<\/p>\n<p>Lorsqu&rsquo;un individu est \u00e9valu\u00e9 dans une langue seconde ou non maternelle, la charge cognitive requise pour le d\u00e9codage phon\u00e9mique et s\u00e9mantique augmente de mani\u00e8re exponentielle. Cette surcharge de la m\u00e9moire de travail phonologique peut induire des erreurs d&rsquo;omission massives ou des latences de r\u00e9ponse allong\u00e9es qui ne refl\u00e8tent en rien un d\u00e9ficit de la vigilance neurobiologique, mais simplement un manque de familiarit\u00e9 linguistique. Il est donc indispensable d&rsquo;utiliser des \u00e9talonnages et des listes d&rsquo;items rigoureusement adapt\u00e9s et norm\u00e9s dans la langue maternelle de l&rsquo;individu test\u00e9.<\/p>\n<p>De surcro\u00eet, les facteurs acoustiques li\u00e9s \u00e0 l&rsquo;accent, aux r\u00e9gionalismes ou \u00e0 la prosodie de l&rsquo;enregistrement de r\u00e9f\u00e9rence doivent \u00eatre pris en compte. Dans des contextes de diversit\u00e9 culturelle, certains chercheurs pr\u00e9conisent l&#8217;emploi de stimuli sonores non verbaux continus (tels que des tonalit\u00e9s pures de fr\u00e9quences diff\u00e9rentes ou des bruits calibr\u00e9s) pour s&rsquo;affranchir du biais linguistique, m\u00eame si ces t\u00e2ches non verbales sollicitent des r\u00e9seaux cognitifs l\u00e9g\u00e8rement distincts de ceux engag\u00e9s dans la perception du langage oral continu.<\/p>\n<h3>13. Critiques, controverses et limites diagnostiques<\/h3>\n<p>En d\u00e9pit de son apport diagnostique ind\u00e9niable, l&rsquo;ACPT a fait l&rsquo;objet de vifs d\u00e9bats th\u00e9oriques et cliniques au sein de la communaut\u00e9 neuropsychologique. La principale critique concerne sa <strong>validit\u00e9 \u00e9cologique<\/strong>. L&rsquo;environnement d&rsquo;administration \u2014 un laboratoire silencieux ou une cabine insonoris\u00e9e, \u00e9couteurs sur les oreilles, face \u00e0 une t\u00e2che sans stimulation contextuelle \u2014 est \u00e0 l&rsquo;oppos\u00e9 de la r\u00e9alit\u00e9 quotidienne d&rsquo;un enfant en classe ou d&rsquo;un adulte en entreprise, constamment assaillis par des distracteurs multisensoriels, visuels et acoustiques impr\u00e9visibles. Ainsi, un patient tr\u00e8s motiv\u00e9 ou en situation d&rsquo;hyperfocalisation ponctuelle peut obtenir des scores parfaits \u00e0 l&rsquo;ACPT tout en pr\u00e9sentant une d\u00e9sorganisation attentionnelle s\u00e9v\u00e8re dans sa vie quotidienne.<\/p>\n<p>La seconde controverse r\u00e9side dans le probl\u00e8me de la <strong>sp\u00e9cificit\u00e9 nosologique<\/strong>. Les erreurs observ\u00e9es \u00e0 l&rsquo;ACPT ne sont pas pathognomoniques d&rsquo;une entit\u00e9 clinique unique. Des omissions massives peuvent \u00eatre secondaires \u00e0 un TDAH inattentif, \u00e0 un trouble du traitement auditif central, mais aussi \u00e0 un \u00e9tat de d\u00e9pression majeure, \u00e0 une anxi\u00e9t\u00e9 de performance paralysante, \u00e0 des apn\u00e9es obstructives du sommeil ou \u00e0 un manque chronique d&rsquo;\u00e9veil. Inversement, les erreurs de commission se retrouvent aussi bien chez le sujet impulsif que chez l&rsquo;individu pr\u00e9sentant un trouble obsessionnel-compulsif (cherchant \u00e0 deviner la cible par hyper-anticipation) ou des troubles du spectre de l&rsquo;autisme avec intol\u00e9rance \u00e0 la frustration.<\/p>\n<p>Enfin, des interrogations subsistent quant aux effets de la fatigue musculaire ou motrice. Bien que la r\u00e9ponse motrice demand\u00e9e soit minime, sa r\u00e9p\u00e9tition monotone peut g\u00e9n\u00e9rer chez certains jeunes enfants une lassitude posturale ou une baisse d&rsquo;engagement motivationnel qui biaise la mesure de l&rsquo;attention pure. Ces limitations rappellent la r\u00e8gle d&rsquo;or de l&rsquo;\u00e9valuation psychologique : l&rsquo;ACPT est un instrument paraclinique d&rsquo;observation comportementale objective, qui ne doit jamais se substituer \u00e0 une anamn\u00e8se d\u00e9veloppementale approfondie et \u00e0 une observation clinique globale.<\/p>\n<h3>14. Termes connexes et distinctions conceptuelles<\/h3>\n<p>Pour \u00e9viter toute confusion taxonomique, il convient de distinguer pr\u00e9cis\u00e9ment l&rsquo;ACPT des concepts et outils voisins :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>VCPT (Visual Continuous Performance Test) :<\/strong> \u00c9preuve continue exploitant exclusivement la modalit\u00e9 visuelle (ex. : Conners CPT). Alors que le VCPT sollicite les voies optiques et le cortex occipito-pari\u00e9tal, l&rsquo;ACPT mobilise sp\u00e9cifiquement l&rsquo;analyse phonologique temporale et permet d&rsquo;isoler des faiblesses attentionnelles supramodales ou unimodales lorsqu&rsquo;il est administr\u00e9 conjointement au VCPT.<\/li>\n<li><strong>TTA \/ TTAC (Trouble du Traitement Auditif Central) :<\/strong> D\u00e9ficit neurophysiologique sous-jacent touchant le traitement des signaux acoustiques par le syst\u00e8me nerveux central en l&rsquo;absence de surdit\u00e9 p\u00e9riph\u00e9rique. L&rsquo;ACPT constitue l&rsquo;une des \u00e9preuves permettant d&rsquo;\u00e9valuer la composante attentionnelle de ce trouble complexe.<\/li>\n<li><strong>T\u00e2che d&rsquo;\u00e9coute dichotique :<\/strong> \u00c9preuve audiologique consistant \u00e0 pr\u00e9senter simultan\u00e9ment deux messages auditifs distincts \u00e0 chaque oreille (ex. : test de chiffres dichotiques). Contrairement \u00e0 l&rsquo;ACPT qui mesure la vigilance continue unilat\u00e9rale ou binaurale face \u00e0 un flux temporel s\u00e9quentiel, l&rsquo;\u00e9coute dichotique \u00e9value la lat\u00e9ralisation h\u00e9misph\u00e9rique, le transfert interh\u00e9misph\u00e9rique via le corps calleux et l&rsquo;attention auditive divis\u00e9e ou focalis\u00e9e spatialement.<\/li>\n<li><strong>T\u00e2che de Go\/No-Go :<\/strong> Paradigme exp\u00e9rimental \u00e9valuant la capacit\u00e9 d&rsquo;inhiber une r\u00e9ponse dominante face \u00e0 un stimulus n\u00e9gatif. Bien que l&rsquo;ACPT fonctionne fondamentalement sur un paradigme Go\/No-Go, il y ajoute une dur\u00e9e de passation \u00e9tendue et une monotonie d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e destin\u00e9es \u00e0 \u00e9prouver la composante temporelle de l&rsquo;attention soutenue (vigilance continue).<\/li>\n<li><strong>\u00c9preuve d&#8217;empan auditif :<\/strong> T\u00e2che mesurant la capacit\u00e9 de r\u00e9tention imm\u00e9diate de la m\u00e9moire de travail phonologique (ex. : empan de chiffres de la WISC). L&#8217;empan exige de restituer une s\u00e9rie ordonn\u00e9e de stimuli apr\u00e8s une courte pr\u00e9sentation, alors que l&rsquo;ACPT exige une d\u00e9tection s\u00e9lective en temps r\u00e9el sans rappel mn\u00e9sique diff\u00e9r\u00e9.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>15. Synth\u00e8se et points cl\u00e9s \u00e0 retenir<\/h3>\n<p>L&rsquo;ACPT demeure une m\u00e9thode d&rsquo;\u00e9valuation irrempla\u00e7able dans l&rsquo;arsenal des cliniciens confront\u00e9s aux plaintes cognitives touchant la sph\u00e8re auditive et verbale. Ses points saillants peuvent \u00eatre r\u00e9capitul\u00e9s comme suit :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Sp\u00e9cificit\u00e9 sensorielle :<\/strong> L&rsquo;ACPT \u00e9value directement l&rsquo;impact de la modalit\u00e9 acoustique sur les fonctions attentionnelles, r\u00e9v\u00e9lant des vuln\u00e9rabilit\u00e9s imperceptibles lors d&rsquo;examens strictement visuels.<\/li>\n<li><strong>Dualit\u00e9 de la mesure :<\/strong> L&rsquo;\u00e9preuve dissocie avec nettet\u00e9 les faiblesses d&rsquo;attention soutenue (mesur\u00e9es par les omissions et le d\u00e9clin temporel de la vigilance) et les anomalies du contr\u00f4le inhibiteur (mises en relief par les commissions et les r\u00e9ponses anticipatoires).<\/li>\n<li><strong>Richesse th\u00e9orique :<\/strong> L&rsquo;interpr\u00e9tation contemporaine de l&rsquo;outil combine les mod\u00e8les neuropsychologiques de Posner et Mirsky aux principes math\u00e9matiques de la th\u00e9orie de la d\u00e9tection du signal (<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"d&#039;\">$d&rsquo;$<\/span> et <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"\\beta\">$\\beta$<\/span>).<\/li>\n<li><strong>Int\u00e9r\u00eat diff\u00e9rentiel :<\/strong> Il offre un \u00e9clairage pr\u00e9cieux pour aider \u00e0 distinguer les manifestations d&rsquo;un TDAH de celles d&rsquo;un trouble du traitement auditif central chez l&rsquo;enfant d&rsquo;\u00e2ge scolaire.<\/li>\n<li><strong>Usage contextualis\u00e9 :<\/strong> En raison de son manque de validit\u00e9 \u00e9cologique isol\u00e9e, l&rsquo;ACPT s&rsquo;inscrit imp\u00e9rativement au sein d&rsquo;un bilan multidisciplinaire combinant anamn\u00e8se, \u00e9chelles comportementales, observations cliniques directes et bilans neuropsychologiques transversaux.<\/li>\n<\/ul>\n<h2>R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<ul>\n<li>Keith, R. W. (1994). <em>Auditory Continuous Performance Test (ACPT)<\/em>. The Psychological Corporation.<\/li>\n<li>Mahone, E. M., Pillion, J. P., &amp; Hiemenz, J. R. (2001). Initial development of an auditory continuous performance test for preschoolers. <em>Journal of Attention Disorders<\/em>, 5(2), 93-106. <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1177\/108705470100500203\">https:\/\/doi.org\/10.1177\/108705470100500203<\/a><\/li>\n<li>Mahone, E. M., Pillion, J. P., Hoffman, J., Hiemenz, J. R., &amp; Denckla, M. B. (2005). Construct validity of the auditory continuous performance test for preschoolers. <em>Developmental Neuropsychology<\/em>, 27(1), 11-33. <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1207\/s15326942dn2701_2\">https:\/\/doi.org\/10.1207\/s15326942dn2701_2<\/a><\/li>\n<li>Mirsky, A. F., Anthony, B. J., Duncan, C. C., Ahearn, M. B., &amp; Kellam, S. G. (1991). Analysis of the elements of attention: A neuropsychological approach. <em>Neuropsychology Review<\/em>, 2(2), 109-145. <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1007\/BF01109051\">https:\/\/doi.org\/10.1007\/BF01109051<\/a><\/li>\n<li>Oyler, R. F., Rosenhagen, K. M., &amp; Michal, M. L. (1998). Sensitivity and specificity of Keith&rsquo;s Auditory Continuous Performance Test. <em>Language, Speech, and Hearing Services in Schools<\/em>, 29(3), 180-185. <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1044\/0161-1461.2903.180\">https:\/\/doi.org\/10.1044\/0161-1461.2903.180<\/a><\/li>\n<li>Riccio, C. A., Cohen, M. J., Hynd, G. W., &amp; Keith, R. W. (1996). Validity of the Auditory Continuous Performance Test in differentiating central processing auditory disorders with and without ADHD. <em>Journal of Learning Disabilities<\/em>, 29(5), 561-566. <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1177\/002221949602900510\">https:\/\/doi.org\/10.1177\/002221949602900510<\/a><\/li>\n<li>Rosvold, H. E., Mirsky, A. F., Sarason, I., Bransome, E. D., &amp; Beck, L. H. (1956). A continuous performance test of brain damage. <em>Journal of Consulting Psychology<\/em>, 20(5), 343-350. <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1037\/h0043220\">https:\/\/doi.org\/10.1037\/h0043220<\/a><\/li>\n<li>Seidman, L. J., Breiter, H. C., Goodman, J. M., Goldstein, J. M., Woodruff, P. W., O&rsquo;Craven, K., Savoy, R., Tsuang, M. T., &amp; Rosen, B. R. (1998). A functional magnetic resonance imaging study of auditory vigilance with low and high information processing demands. <em>Neuropsychology<\/em>, 12(4), 505-518. <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1037\/0894-4105.12.4.505\">https:\/\/doi.org\/10.1037\/0894-4105.12.4.505<\/a><\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;ACPT (Auditory Continuous Performance Test) est un test neuropsychologique standardis\u00e9 mesurant l&rsquo;attention soutenue et l&rsquo;inhibition auditive pour le TDAH et les troubles de l&rsquo;\u00e9coute.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"template":"","categories":[1202,46,2],"tags":[31435,4624,173,1192,31436,31437,3050],"class_list":["post-19436","psych_term","type-psych_term","status-publish","hentry","category-evaluation-cognitive","category-neuropsychologie","category-psychometrie","tag-acpt","tag-attention-auditive","tag-neuropsychologie","tag-tdah","tag-test-continu","tag-trouble-auditif-central","tag-vigilance"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_term\/19436","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_term"}],"about":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/psych_term"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_term\/19436\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=19436"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=19436"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=19436"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}