{"id":19416,"date":"2026-10-22T03:00:32","date_gmt":"2026-10-22T03:00:32","guid":{"rendered":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/?psych_term=acorie-absence-pathologique-satiete"},"modified":"2026-10-22T03:00:32","modified_gmt":"2026-10-22T03:00:32","slug":"acorie-absence-pathologique-satiete","status":"publish","type":"psych_term","link":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/?psych_term=acorie-absence-pathologique-satiete","title":{"rendered":"Acorie : L&rsquo;absence pathologique de sati\u00e9t\u00e9"},"content":{"rendered":"<p>L&rsquo;acorie repr\u00e9sente l&rsquo;une des anomalies les plus fascinantes et d\u00e9routantes de la physiologie sensorielle et de la psychopathologie des conduites instinctuelles. Caract\u00e9ris\u00e9e par une abolition pure et simple de l&rsquo;aptitude biologique et subjective \u00e0 ressentir le rassasiement, cette affection suspend le signal naturel qui ordonne l&rsquo;interruption de la prise alimentaire. Loin d&rsquo;\u00eatre un simple d\u00e9faut de volont\u00e9 ou un p\u00e9ch\u00e9 de gourmandise, l&rsquo;acorie plonge le clinicien au c\u0153ur des interactions subtiles unissant la r\u00e9gulation neuroendocrinienne hypothalamique, la conscience int\u00e9roceptive et la dynamique psychologique de l&rsquo;incorporation.<\/p>\n<h2>Acorie (Akorie)<\/h2>\n<h3>1. D\u00e9finition concise<\/h3>\n<p>L&rsquo;<strong>acorie<\/strong> (parfois orthographi\u00e9e <em>akorie<\/em>) d\u00e9signe, en s\u00e9miologie m\u00e9dicale, psychiatrique et neuropsychologique, une forme singuli\u00e8re de perturbation de l&rsquo;app\u00e9tit caract\u00e9ris\u00e9e par l&rsquo;absence totale ou la perte acquise de la sensation de <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Sati%C3%A9t%C3%A9\">sati\u00e9t\u00e9<\/a> cons\u00e9cutive \u00e0 l&rsquo;ingestion d&rsquo;aliments. L&rsquo;individu atteint d&rsquo;acorie ne per\u00e7oit plus l&rsquo;\u00e9tat de r\u00e9pl\u00e9tion gastrique ni la satisfaction physiologique habituellement induite par le repas, ce qui entra\u00eene fr\u00e9quemment une surconsommation alimentaire quantitativement illimit\u00e9e et chronique.<\/p>\n<p>Sur le plan psychopathologique, l&rsquo;acorie se distingue fondamentalement des acc\u00e8s de fr\u00e9n\u00e9sie alimentaire convulsifs : le patient acorique ne pr\u00e9sente pas n\u00e9cessairement une faim vorace, douloureuse ou imp\u00e9rieuse au pr\u00e9alable, mais se trouve incapable d&rsquo;exp\u00e9rimenter le point d&rsquo;arr\u00eat somato-psychique signalant la fin du besoin nutritif. Cette lacune de signalisation interne conduit le sujet \u00e0 prolonger la prise calorique sans jamais \u00e9prouver l&rsquo;apaisement sensoriel et visc\u00e9ral qui caract\u00e9rise l&rsquo;hom\u00e9ostasie post-prandiale.<\/p>\n<p>Dans les nomenclatures contemporaines, l&rsquo;acorie est appr\u00e9hend\u00e9e tant comme un sympt\u00f4me d&rsquo;atteinte neurologique focale (notamment dienc\u00e9phalique ou fronto-insulaire) que comme une modalit\u00e9 sp\u00e9cifique de dysfonctionnement au sein des spectres de la polyphagie et des troubles s\u00e9v\u00e8res du comportement alimentaire, appelant une prise en charge \u00e9tiologique multidisciplinaire.<\/p>\n<h3>2. \u00c9tymologie et origine linguistique<\/h3>\n<p>Le terme \u00ab acorie \u00bb d\u00e9rive directement du grec ancien, forg\u00e9 \u00e0 partir du pr\u00e9fixe privatif <em>\u1f00-<\/em> (<em>a-<\/em>), exprimant le manque, la privation ou l&rsquo;absence, et du substantif <em>\u03ba\u03cc\u03c1\u03bf\u03c2<\/em> (<em>k\u00f3ros<\/em>), qui d\u00e9signe au sens premier la sati\u00e9t\u00e9, l&rsquo;\u00e9tat de r\u00e9pl\u00e9tion, le rassasiement ou le contentement physique li\u00e9 \u00e0 l&rsquo;abondance. Sur le plan \u00e9tymologique strict, l&rsquo;acorie se traduit ainsi litt\u00e9ralement par l&rsquo;\u00ab absence de rassasiement \u00bb ou l&rsquo;\u00ab incapacit\u00e9 d&rsquo;\u00eatre rassasi\u00e9 \u00bb.<\/p>\n<p>La transcription hell\u00e9nique originale a donn\u00e9 naissance au substantif <em>\u1f00\u03ba\u03bf\u03c1\u03af\u03b1<\/em> (<em>akor\u00eda<\/em>), qui \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 employ\u00e9 dans l&rsquo;Antiquit\u00e9 grecque tant dans la litt\u00e9rature philosophique pour d\u00e9peindre une insatiabilit\u00e9 morale ou une d\u00e9mesure inextinguible que dans les premiers \u00e9crits m\u00e9dicaux pour d\u00e9crire une ingestion continue de mets que rien ne semblait interrompre. Le passage vers le latin m\u00e9dical de la Renaissance s&rsquo;est effectu\u00e9 sous la forme <em>acoria<\/em>, avant que les trait\u00e9s fran\u00e7ais de nosologie du dix-huiti\u00e8me et du dix-neuvi\u00e8me si\u00e8cle ne francisent le vocable sous la graphie contemporaine \u00ab acorie \u00bb.<\/p>\n<p>Il importe de souligner un fait d&rsquo;homonymie remarquable en m\u00e9decine : le terme \u00ab acorie \u00bb (ou \u00ab acor\u00e9e \u00bb) a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 en ophtalmologie pour caract\u00e9riser l&rsquo;absence cong\u00e9nitale de la pupille oculaire (du grec <em>\u03ba\u03cc\u03c1\u03b7<\/em>, la pupille). Toutefois, dans les champs de la psychologie, de la psychopathologie clinique et de la neurologie, le mot fait exclusivement r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la privation de la sati\u00e9t\u00e9 alimentaire.<\/p>\n<h3>3. Prononciation et forme grammaticale<\/h3>\n<p>En langue fran\u00e7aise, \u00ab acorie \u00bb est un substantif f\u00e9minin singulier. Sa transcription phon\u00e9tique normalis\u00e9e selon l&rsquo;Alphabet Phon\u00e9tique International (API) est <strong>\/a.k\u0254.\u0281i\/<\/strong>. Le pluriel s&rsquo;\u00e9crit \u00ab acories \u00bb (<strong>\/a.k\u0254.\u0281i\/<\/strong>), bien que le terme soit majoritairement employ\u00e9 de mani\u00e8re ind\u00e9nombrable pour conceptualiser l&rsquo;\u00e9tat pathologique global ou le tableau s\u00e9miologique.<\/p>\n<p>La variante orthographique \u00ab akorie \u00bb, translitt\u00e9ration plus directe de la racine \u00e9tymologique grecque avec la lettre kappa, est occasionnellement rencontr\u00e9e dans les \u00e9crits anglo-saxons ou germaniques anciens (<em>akoria<\/em>), mais demeure rare et consid\u00e9r\u00e9e comme archa\u00efque dans les publications m\u00e9dicales francophones modernes. L&rsquo;adjectif d\u00e9riv\u00e9 correspondant est \u00ab acorique \u00bb (<strong>\/a.k\u0254.\u0281ik\/<\/strong>), invariable en genre (\u00ab un comportement acorique \u00bb, \u00ab une symptomatologie acorique \u00bb).<\/p>\n<p>Sur le plan syntaxique, le mot s&#8217;emploie le plus couramment en tant que compl\u00e9ment d\u00e9terminatif d&rsquo;un syndrome ou comme qualificatif clinique d&rsquo;un comportement d&rsquo;ingestion : l&rsquo;on parlera d&rsquo;\u00ab \u00e9tat d&rsquo;acorie \u00bb, d&rsquo;\u00ab acorie post-l\u00e9sionnelle \u00bb ou d&rsquo;\u00ab hyperphagie par acorie \u00bb, signifiant express\u00e9ment que la pulsion d&rsquo;ing\u00e9rer proc\u00e8de du silence des capteurs de la r\u00e9pl\u00e9tion plut\u00f4t que d&rsquo;une app\u00e9tence exacerb\u00e9e primaire.<\/p>\n<h3>4. Explication conceptuelle d\u00e9taill\u00e9e<\/h3>\n<p>Pour appr\u00e9hender l&rsquo;acorie dans toute sa rigueur ph\u00e9nom\u00e9nologique et m\u00e9dicale, il convient de d\u00e9composer minutieusement l&rsquo;arc fonctionnel de la nutrition humaine, lequel articule trois phases distinctes mais coordonn\u00e9es : la faim, l&rsquo;app\u00e9tit et la sati\u00e9t\u00e9. La faim constitue l&rsquo;expression physiologique d&rsquo;un d\u00e9ficit \u00e9nerg\u00e9tique m\u00e9tabolique (hypoglyc\u00e9mie, baisse de la leptine circulante, lib\u00e9ration de ghr\u00e9line gastrique), cr\u00e9ant un \u00e9tat d&rsquo;inconfort somatique incitant \u00e0 la qu\u00eate de nourriture. L&rsquo;app\u00e9tit, quant \u00e0 lui, renvoie \u00e0 l&rsquo;inclination h\u00e9donique, \u00e9motionnelle et cognitive envers une cat\u00e9gorie pr\u00e9cise d&rsquo;aliments. La sati\u00e9t\u00e9 est l&rsquo;\u00e9tat dynamique post-ingestif cons\u00e9cutif au repas, par lequel le sujet per\u00e7oit l&rsquo;extinction du besoin de manger et ressent une pl\u00e9nitude corporelle durable qui inhibe toute motivation alimentaire ult\u00e9rieure.<\/p>\n<p>Dans l&rsquo;acorie, le m\u00e9canisme d&rsquo;inhibition post-prandiale est radicalement forclos. Le patient acorique ne fait pas face \u00e0 une stimulation pathologique excessive des circuits de r\u00e9compense (comme dans l&rsquo;addiction alimentaire classique), ni \u00e0 une crise impulsive v\u00e9cue avec un sentiment tragique de perte de contr\u00f4le (comme dans l&rsquo;hyperphagie boulimique). Au lieu de cela, l&rsquo;exp\u00e9rience int\u00e9roceptive du sujet se heurte \u00e0 un vide s\u00e9miologique : les signaux physiologiques de tension gastrique, de distension stomacale et de lib\u00e9ration hormonale anorexig\u00e8ne ne parviennent jamais \u00e0 la conscience sous la forme du sentiment de pl\u00e9nitude. Le patient continue ainsi de s&rsquo;alimenter machinalement, par habitude sociale ou par mim\u00e9tisme comportemental, sans que son organisme ne lui signifie qu&rsquo;il a franchi le seuil du contentement m\u00e9tabolique.<\/p>\n<p>La port\u00e9e conceptuelle de l&rsquo;acorie touche \u00e9galement aux fronti\u00e8res de la conscience corporelle, appel\u00e9e <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Int%C3%A9roception\">int\u00e9roception<\/a>. La r\u00e9pl\u00e9tion n&rsquo;est pas uniquement un \u00e9v\u00e9nement biochimique mesurable par des titrages de peptides sanguins ; elle est une synth\u00e8se psychophysique complexe o\u00f9 le cerveau traduit des stimuli visc\u00e9raux aff\u00e9rents en une coloration affective de confort, de repos vagal et de s\u00e9curit\u00e9 m\u00e9tabolique. L&rsquo;acorie met en \u00e9chec cette boucle somato-psychique : le sujet est priv\u00e9 de la balise int\u00e9rieure qui d\u00e9limite la fin d&rsquo;un acte biologique universel, le contraignant soit \u00e0 recourir \u00e0 des crit\u00e8res visuels ou externes pour cesser son repas (assiette vide, r\u00e9gulation horaire artificielle), soit \u00e0 manger jusqu&rsquo;\u00e0 des complications m\u00e9caniques graves telles que la dilatation gastrique aigu\u00eb ou le reflux occlusif.<\/p>\n<p>Il importe enfin de circonscrire l&rsquo;acorie par rapport aux \u00e9tats de gloutonnerie caract\u00e9rielle. Alors que l&rsquo;impulsivit\u00e9 alimentaire rel\u00e8ve du domaine des fonctions ex\u00e9cutives et de la gestion de la frustration, l&rsquo;acorie constitue un d\u00e9ficit d&rsquo;aff\u00e9rence sensorielle ou d&rsquo;int\u00e9gration centrale. Elle trace une fronti\u00e8re pr\u00e9cise entre le d\u00e9sir psychique inassouvi et l&rsquo;extinction sensorielle d\u00e9faillante, posant un d\u00e9fi diagnostique d&rsquo;une rare \u00e9l\u00e9gance intellectuelle aux confins de la m\u00e9decine interne, de la neurologie cognitive et de la psychiatrie biologique.<\/p>\n<h3>5. \u00c9volution et d\u00e9veloppement historique<\/h3>\n<p>L&rsquo;histoire du concept d&rsquo;acorie t\u00e9moigne des transformations successives de la nosographie m\u00e9dicale, depuis les descriptions cliniques des m\u00e9decins antiques jusqu&rsquo;aux cartographies fonctionnelles de la neurobiologie contemporaine. Dans le corpus hippocratique et chez Galien de Pergame au deuxi\u00e8me si\u00e8cle de notre \u00e8re, l&rsquo;insatiabilit\u00e9 alimentaire \u00e9tait rattach\u00e9e aux d\u00e9s\u00e9quilibres humoraux de l&rsquo;estomac, per\u00e7u comme un organe dot\u00e9 d&rsquo;une \u00e2me sensitive propre ; l&rsquo;absence de rassasiement \u00e9tait alors d\u00e9sign\u00e9e sous des termes englobant \u00e0 la fois l&rsquo;acoria, la boulimie (<em>bo\u00fblimos<\/em>, faim de b\u0153uf) et le <em>cynorexia<\/em> (faim canine).<\/p>\n<p>Au dix-neuvi\u00e8me si\u00e8cle, \u00e0 l&rsquo;apog\u00e9e de la m\u00e9thode anatomo-clinique fran\u00e7aise et germanique, les ali\u00e9nistes et s\u00e9miologistes ont ressenti l&rsquo;imp\u00e9rieuse n\u00e9cessit\u00e9 de dissocier les faims voraces des absences sp\u00e9cifiques de sensation de pl\u00e9nitude. Des auteurs fondateurs comme Philippe Pinel, Jean-\u00c9tienne Esquirol et plus tard Jean-Martin Charcot \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital de la Salp\u00eatri\u00e8re ont r\u00e9pertori\u00e9 des cas singuliers de patients h\u00e9b\u00e9t\u00e9s ou m\u00e9lancoliques mangeant d&rsquo;\u00e9normes portions sans jamais manifester le moindre signe de sati\u00e9t\u00e9, documentant des \u00e9tats d&rsquo;acorie dans les d\u00e9mences terminales, les ramollissements c\u00e9r\u00e9braux et l&rsquo;hyst\u00e9rie s\u00e9v\u00e8re.<\/p>\n<p>Le tournant physiologique d\u00e9cisif survient au cours de la premi\u00e8re moiti\u00e9 du vingti\u00e8me si\u00e8cle avec l&rsquo;essor de la neurophysiologie exp\u00e9rimentale. Les travaux pionniers d&rsquo;Evelyn Anand et de John Brobeck en 1951 mettent en lumi\u00e8re le r\u00f4le capital de l&rsquo;<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Hypothalamus\">hypothalamus<\/a> dans l&rsquo;\u00e9quilibre nutritionnel. En d\u00e9couvrant que la l\u00e9sion \u00e9lectrolytique bilat\u00e9rale des noyaux hypothalamiques ventrom\u00e9dians chez les rongeurs produit une hyperphagie monstrueuse caus\u00e9e par l&rsquo;abolition du centre de la sati\u00e9t\u00e9, Anand et Brobeck offrent pour la premi\u00e8re fois une assise neurobiologique rigoureuse au ph\u00e9nom\u00e8ne s\u00e9culaire de l&rsquo;acorie.<\/p>\n<p>\u00c0 partir des ann\u00e9es 1980 et 1990, avec l&rsquo;identification de la leptine par Jeffrey Friedman et la d\u00e9couverte des cascades neuropeptidergiques (POMC, n\u00e9uropeptide Y, GLP-1), la recherche quitte le mod\u00e8le binaire classique des \u00ab centres de la faim et de la sati\u00e9t\u00e9 \u00bb pour concevoir un r\u00e9seau c\u00e9r\u00e9bral distribu\u00e9. L&rsquo;acorie cesse d\u00e8s lors d&rsquo;\u00eatre un vocable nosographique surann\u00e9 pour devenir un paradigme d&rsquo;\u00e9tude central des perturbations de la signalisation orexig\u00e8ne et anorexig\u00e8ne, document\u00e9e dans des pathologies g\u00e9n\u00e9tiques embl\u00e9matiques et des atteintes structurelles acquises du dienc\u00e9phale.<\/p>\n<h3>6. Fondements th\u00e9oriques<\/h3>\n<p>L&rsquo;acorie peut \u00eatre th\u00e9oris\u00e9e \u00e0 travers le prisme de plusieurs mod\u00e8les scientifiques compl\u00e9mentaires, embrassant la neurophysiologie hom\u00e9ostatique, les neurosciences computationnelles et la psychopathologie d&rsquo;inspiration psychanalytique et ph\u00e9nom\u00e9nologique.<\/p>\n<p>Le principal mod\u00e8le explicatif contemporain repose sur la <strong>th\u00e9orie neuro-endocrinienne de l&rsquo;hom\u00e9ostasie \u00e9nerg\u00e9tique<\/strong>. Au sein du tronc c\u00e9r\u00e9bral et du dienc\u00e9phale, l&rsquo;information post-ingestive emprunte une double voie : nerveuse et humorale. D&rsquo;une part, les m\u00e9canor\u00e9cepteurs de la paroi gastrique mesurent l&rsquo;\u00e9tirement visc\u00e9ral et acheminent ces informations par les aff\u00e9rences vagales jusqu&rsquo;au noyau du tractus solitaire (NTS). D&rsquo;autre part, des peptides ent\u00e9ro-endocrines tels que la chol\u00e9cystokinine (CCK), le peptide YY (PYY) et le glucagon-like peptide 1 (GLP-1) sont s\u00e9cr\u00e9t\u00e9s en r\u00e9ponse au chyme alimentaire et exercent une action inhibitrice puissante sur le noyau arqu\u00e9 hypothalamique, stimulant les neurones anorexig\u00e8nes \u00e0 pro-opiom\u00e9lanocortine (POMC) et CART. L&rsquo;acorie th\u00e9orise une panne synaptique, hormonale ou de r\u00e9ceptivit\u00e9 c\u00e9r\u00e9brale le long de cette cha\u00eene : priv\u00e9e de messages d&rsquo;inhibition, l&rsquo;activit\u00e9 orexig\u00e8ne du noyau arqu\u00e9 et de l&rsquo;hypothalamus lat\u00e9ral continue d&rsquo;\u00e9mettre un tonus de recherche alimentaire sans contrepoids r\u00e9gulateur.<\/p>\n<p>Le second socle conceptuel \u00e9mane des <strong>neurosciences cognitives et de la th\u00e9orie de l&rsquo;int\u00e9roception pr\u00e9dictive<\/strong> (mod\u00e8le du <em>predictive processing<\/em> d\u00e9velopp\u00e9 notamment par Anil Seth et Karl Friston). Selon ce cadre, le cerveau g\u00e9n\u00e8re en continu des mod\u00e8les pr\u00e9dictifs descendants (<em>top-down<\/em>) concernant l&rsquo;\u00e9tat interne de l&rsquo;organisme, ajust\u00e9s par les erreurs de pr\u00e9diction ascendantes (<em>bottom-up<\/em>) issues des visc\u00e8res. Chez le sujet acorique, l&rsquo;int\u00e9gration multisensorielle d\u00e9faillante au niveau de l&rsquo;insula ant\u00e9rieure et du cortex cingulaire ant\u00e9rieur emp\u00eache l&rsquo;actualisation de la carte somatosensorielle : bien que l&rsquo;estomac soit objectivement distendu et le plasma satur\u00e9 de nutriments, le syst\u00e8me de traitement pr\u00e9dictif ne g\u00e9n\u00e8re aucune mise \u00e0 jour cognitive de l&rsquo;\u00e9tat de sati\u00e9t\u00e9, maintenant le sujet dans un n\u00e9ant perceptif quant \u00e0 son \u00e9quilibre \u00e9nerg\u00e9tique interne.<\/p>\n<p>Enfin, sur le plan de la <strong>psychopathologie structurale et ph\u00e9nom\u00e9nologique<\/strong>, l&rsquo;acorie r\u00e9interroge le statut de l&rsquo;incorporation primitive. L&rsquo;exp\u00e9rience infantile du rassasiement ne constitue pas seulement une r\u00e9ponse biologique au lait maternel ; elle fonde la toute premi\u00e8re dialectique entre le plein et le vide, l&rsquo;apaisement narcissique et la relation \u00e0 l&rsquo;objet donneur. Lorsque cette sensorialit\u00e9 est alt\u00e9r\u00e9e d\u00e8s l&rsquo;origine ou cliv\u00e9e au cours d&rsquo;un traumatisme ou d&rsquo;un processus psychotique, le sujet se trouve priv\u00e9 de la m\u00e9taphore fondatrice de la \u00ab suffisance \u00bb. L&rsquo;ingestion se d\u00e9roule alors dans un registre o\u00f9 rien ne peut venir combler un trou corporel qui n&rsquo;a pas de contours sensoriels pour enregistrer la pl\u00e9nitude, renvoyant \u00e0 l&rsquo;angoisse d&rsquo;un gouffre somato-psychique sans fond.<\/p>\n<h3>7. Composantes cl\u00e9s, typologies et dimensions<\/h3>\n<p>La d\u00e9construction nosologique de l&rsquo;acorie permet de d\u00e9gager plusieurs sous-types s\u00e9miologiques, m\u00e9canismes sous-jacents et dimensions cliniques indispensables \u00e0 l&rsquo;\u00e9valuation diagnostique :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Acorie neurog\u00e8ne ou dienc\u00e9phalique :<\/strong> Forme r\u00e9sultant d&rsquo;une atteinte organique structurelle des circuits r\u00e9gulateurs c\u00e9r\u00e9braux, au premier rang desquels figurent les l\u00e9sions bilat\u00e9rales des noyaux hypothalamiques ventrom\u00e9dians ou paraventriculaires cons\u00e9cutives \u00e0 un craniopharyngiome, un ad\u00e9nome invasif, un traumatisme cr\u00e2nien ferm\u00e9 ou une intervention neurochirurgicale de la base du cr\u00e2ne.<\/li>\n<li><strong>Acorie g\u00e9n\u00e9tique syndromique :<\/strong> Tableau constitutionnel gravissime o\u00f9 la sati\u00e9t\u00e9 ne s&rsquo;installe jamais d\u00e8s la petite enfance en raison d&rsquo;anomalies pang\u00e9nomiques alt\u00e9rant la signalisation de la leptine ou les circuits neuropeptidergiques m\u00e9senc\u00e9phaliques, trouvant son incarnation arch\u00e9typale dans le <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Syndrome_de_Prader-Willi\">syndrome de Prader-Willi<\/a>.<\/li>\n<li><strong>Acorie neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9rative :<\/strong> Manifestation comportementale fr\u00e9quente au sein des d\u00e9mences fronto-temporales (notamment le variant comportemental bvFTD) et des stades interm\u00e9diaires de la maladie d&rsquo;Alzheimer, caract\u00e9ris\u00e9e par une gloutonnerie continue due \u00e0 l&rsquo;atrophie du cortex orbitofrontal et de l&rsquo;insula droite, si\u00e8ges de l&rsquo;arbitrage int\u00e9roceptif et du rassasiement sensoriel sp\u00e9cifique.<\/li>\n<li><strong>Acorie pharmacologique ou iatrog\u00e8ne :<\/strong> Perte de sensation de sati\u00e9t\u00e9 provoqu\u00e9e par des mol\u00e9cules th\u00e9rapeutiques interf\u00e9rant brutalement avec les neurotransmetteurs de l&rsquo;axe hypothalamus-visc\u00e8res, particuli\u00e8rement les antipsychotiques de seconde g\u00e9n\u00e9ration \u00e0 fort potentiel orexig\u00e8ne (tels que l&rsquo;olanzapine ou la clozapine) et les corticoth\u00e9rapies \u00e0 hautes doses au long cours.<\/li>\n<li><strong>Acorie psychopathologique ou dissociative :<\/strong> Ph\u00e9nom\u00e8ne d&rsquo;anesth\u00e9sie int\u00e9roceptive fonctionnelle o\u00f9 le sujet, en proie \u00e0 une d\u00e9compensation m\u00e9lancolique avec d\u00e9lire hypocondriaque (syndrome de Cotard) ou \u00e0 un \u00e9tat de dissociation post-traumatique s\u00e9v\u00e8re, n&rsquo;habite plus son sch\u00e9ma corporel et n&rsquo;enregistre plus aucun affect ni aucune r\u00e9pl\u00e9tion somatique lors de l&rsquo;acte d&rsquo;ingestion.<\/li>\n<li><strong>Dimension quantitative (polyphagie passive) :<\/strong> Mesure le volume volum\u00e9trique massif ingurgit\u00e9 par le patient tant qu&rsquo;un tiers ext\u00e9rieur n&rsquo;impose pas la cessation de l&rsquo;acc\u00e8s alimentaire.<\/li>\n<li><strong>Dimension qualitative (anosognosie int\u00e9roceptive) :<\/strong> Degr\u00e9 d&rsquo;incapacit\u00e9 du patient \u00e0 expliciter verbalement ce que signifie \u00eatre \u00ab rassasi\u00e9 \u00bb, traduisant une v\u00e9ritable agnosie de la sati\u00e9t\u00e9 interne.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>8. Exemples et cas illustratifs<\/h3>\n<p>Afin de concr\u00e9tiser l&rsquo;acorie en pratique clinique, il convient d&rsquo;examiner des vignettes s\u00e9miologiques repr\u00e9sentatives des diff\u00e9rents registres de consultations m\u00e9dicales et psychiatriques contemporaines.<\/p>\n<p>Le premier cas embl\u00e9matique concerne un patient masculin de 42 ans ayant b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d&rsquo;une r\u00e9section trans-sph\u00e9no\u00efdale \u00e9largie pour un macro-ad\u00e9nome hypophysaire \u00e9tendu au troisi\u00e8me ventricule. Quelques semaines apr\u00e8s l&rsquo;intervention, l&rsquo;\u00e9quipe soignante constate une modification radicale de son comportement \u00e0 table : le patient absorbe son plateau-repas en quelques minutes, redemande syst\u00e9matiquement une seconde portion, puis consomme les aliments laiss\u00e9s par ses voisins de chambre sans montrer d&rsquo;agitation maniaque. Interrog\u00e9 par le neuropsychologue, il d\u00e9clare calmement : \u00ab Je ne ressens aucune br\u00fblure de faim, mais lorsque je finis d&rsquo;avaler, c&rsquo;est comme si je n&rsquo;avais rien mang\u00e9 ; mon estomac est neutre, je ne sais pas ce que cela fait d&rsquo;\u00eatre cal\u00e9 \u00bb. Le diagnostic d&rsquo;acorie par d\u00e9saff\u00e9rentation hypothalamique ventrom\u00e9diane est pos\u00e9, imposant un cadre nutritionnel strict avec contr\u00f4le externe des portions pour pr\u00e9venir une ob\u00e9sit\u00e9 morbide galopante.<\/p>\n<p>Un deuxi\u00e8me cas clinique illustre la dimension neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9rative chez une patiente de 66 ans adress\u00e9e en consultation de g\u00e9rontopsychiatrie pour prise de poids massive inexpliqu\u00e9e. Son conjoint rapporte qu&rsquo;elle a cess\u00e9 d&rsquo;interrompre ses repas : elle peut encha\u00eener trois d\u00eeners complets si on lui sert trois assiettes cons\u00e9cutives, grignotant sans discontinuer si des vivres sont laiss\u00e9s \u00e0 port\u00e9e de vue. L&rsquo;examen neuropsychologique ne r\u00e9v\u00e8le aucun ant\u00e9c\u00e9dent de fringale boulimique nocturne avec culpabilit\u00e9, mais une indiff\u00e9rence affective totale et une absence absolue d&rsquo;expression de sati\u00e9t\u00e9. L&rsquo;IRM c\u00e9r\u00e9brale confirme une atrophie lobaire fronto-temporale asym\u00e9trique avec atteinte marqu\u00e9e du cortex insulaire ant\u00e9rieur droit, validant la nature neuro-acorique du trouble.<\/p>\n<p>Une troisi\u00e8me illustration concerne un jeune adulte hospitalis\u00e9 en unit\u00e9 ferm\u00e9e pour \u00e9pisode d\u00e9pressif majeur m\u00e9lancolique avec traits psychotiques. Le patient affirme que \u00ab ses organes internes sont p\u00e9trifi\u00e9s et morts \u00bb et qu&rsquo;aucun aliment ne circule en lui. Confront\u00e9 aux repas servis par les soignants, il mange de mani\u00e8re robotique d&rsquo;\u00e9normes quantit\u00e9s sans jamais \u00e9mettre le moindre signe de contentement ou d&rsquo;arr\u00eat spontan\u00e9, confirmant qu&rsquo;il ne sent plus la limite entre l&rsquo;int\u00e9rieur de son tube digestif et le monde ext\u00e9rieur. Dans cette situation, l&rsquo;acorie s&rsquo;inscrit au sein d&rsquo;une d\u00e9sanimation int\u00e9roceptive globale r\u00e9gressant sous traitement antid\u00e9presseur et sismoth\u00e9rapie.<\/p>\n<h3>9. \u00c9valuation et mesure clinique<\/h3>\n<p>Le diagnostic et l&rsquo;\u00e9valuation d&rsquo;une acorie requi\u00e8rent une m\u00e9thodologie rigoureuse, articulant l&rsquo;h\u00e9t\u00e9ro-observation comportementale, l&rsquo;exploration de la proprioception visc\u00e9rale et un bilan paraclinique somatique \u00e9tendu afin d&rsquo;en \u00e9lucider la gen\u00e8se \u00e9tiologique.<\/p>\n<p>Sur le plan psychom\u00e9trique et ph\u00e9notypique, il n&rsquo;existe pas d&rsquo;\u00e9chelle isol\u00e9e exclusivement consacr\u00e9e \u00e0 l&rsquo;acorie, le sympt\u00f4me \u00e9tant le plus souvent explor\u00e9 au travers de sous-\u00e9chelles de questionnaires valid\u00e9s des <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Trouble_des_conduites_alimentaires\">troubles des conduites alimentaires<\/a> et de l&rsquo;int\u00e9roception. L&rsquo;utilisation du <em>Multidimensional Assessment of Interoceptive Awareness<\/em> (MAIA) permet d&rsquo;\u00e9valuer la propension du sujet \u00e0 remarquer et \u00e0 interpr\u00e9ter les signaux corporels internes. Le <em>Three-Factor Eating Questionnaire<\/em> (TFEQ) de Stunkard et Messick, ainsi que la <em>Binge Eating Scale<\/em> (BES), sont couramment employ\u00e9s pour objectiver le degr\u00e9 de perte de contr\u00f4le et v\u00e9rifier l&rsquo;absence d&rsquo;une dynamique \u00e9motionnelle sous-jacente aux hyperphagies observ\u00e9es.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9valuation clinique directe fait appel au test du repas d&rsquo;\u00e9preuve en laboratoire m\u00e9tabolique ou en service hospitalier. Le protocole consiste \u00e0 pr\u00e9senter au sujet un buffet d&rsquo;aliments standardis\u00e9s \u00e0 volont\u00e9 (repas <em>ad libitum<\/em>) en mesurant la vitesse d&rsquo;ingestion, le tonnage calorique total consomm\u00e9 et les cin\u00e9tiques d\u00e9claratives de la faim et de la pl\u00e9nitude \u00e0 l&rsquo;aide d&rsquo;\u00e9chelles visuelles analogiques (EVA) administr\u00e9es toutes les dix minutes avant, pendant et jusqu&rsquo;\u00e0 deux heures apr\u00e8s l&rsquo;ingestion. Chez le sujet acorique, la courbe de sati\u00e9t\u00e9 sur l&rsquo;EVA reste plate ou proche de z\u00e9ro en d\u00e9pit d&rsquo;une charge calorique tr\u00e8s largement exc\u00e9dentaire.<\/p>\n<p>Le bilan paraclinique comporte syst\u00e9matiquement une imagerie par r\u00e9sonance magn\u00e9tique (IRM) c\u00e9r\u00e9brale haute r\u00e9solution centr\u00e9e sur l&rsquo;axe hypothalamo-hypophysaire, les lobes frontaux et l&rsquo;insula, afin d&rsquo;\u00e9carter toute \u00e9tiologie tumorale, isch\u00e9mique ou d\u00e9g\u00e9n\u00e9rative. Sur le plan biologique, un profil neuro-endocrinien complet (leptin\u00e9mie, ghr\u00e9lin\u00e9mie, insulin\u00e9mie, cortisolurie libre des 24 heures et bilan thyro\u00efdien) vient compl\u00e9ter le bilan m\u00e9tabolique pour documenter une \u00e9ventuelle r\u00e9sistance p\u00e9riph\u00e9rique aux hormones du rassasiement.<\/p>\n<h3>10. Applications et pertinence pratique<\/h3>\n<p>La compr\u00e9hension de l&rsquo;acorie rev\u00eat une importance pratique d\u00e9cisive dans plusieurs secteurs de la pratique soignante, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de la m\u00e9decine g\u00e9n\u00e9rale, de l&rsquo;endocrinologie nutritionnelle, de la psychiatrie hospitali\u00e8re ou des institutions m\u00e9dico-sociales h\u00e9bergeant des patients d\u00e9pendants.<\/p>\n<p>En milieu hospitalier sp\u00e9cialis\u00e9 et en nutrition clinique, identifier une acorie permet d&rsquo;\u00e9viter l&rsquo;\u00e9cueil culpabilisant consistant \u00e0 exhorter le malade \u00e0 faire preuve de \u00ab discipline personnelle \u00bb ou de \u00ab ma\u00eetrise de soi \u00bb. Lorsqu&rsquo;un sujet ne dispose pas des aff\u00e9rences nerveuses n\u00e9cessaires pour sentir la r\u00e9pl\u00e9tion, les th\u00e9rapies verbales centr\u00e9es sur l&rsquo;\u00e9coute des signaux corporels naturels (comme l&rsquo;alimentation intuitive) sont non seulement inefficaces, mais potentiellement d\u00e9l\u00e9t\u00e8res. La prise en charge pragmatique implique la substitution du frein biologique d\u00e9faillant par un contr\u00f4le environnemental et cognitif : pes\u00e9e stricte des rations, mise sous clef des r\u00e9serves de nourriture, structuration m\u00e9tronomique des heures de table et usage d&rsquo;assiettes pr\u00e9-calibr\u00e9es.<\/p>\n<p>En psychiatrie de liaison et en psychopharmacologie, la surveillance de l&rsquo;acorie induite est cruciale lors de l&rsquo;instauration de psychotropes m\u00e9taboliquement lourds. Certains patients trait\u00e9s par olanzapine d\u00e9crivent une anesth\u00e9sie brutale de leur signal de sati\u00e9t\u00e9 dans les premiers jours du traitement, pr\u00e9lude \u00e0 des prises de poids massives de vingt \u00e0 trente kilogrammes en quelques mois. L&rsquo;anticipation clinique de ce ph\u00e9nom\u00e8ne justifie une coprescription pr\u00e9coce de r\u00e8gles hygi\u00e9no-di\u00e9t\u00e9tiques fermes ou le recours \u00e0 des agonistes des r\u00e9cepteurs du GLP-1 pour r\u00e9activer pharmacologiquement la signalisation anorexig\u00e8ne centrale.<\/p>\n<p>Dans le domaine du handicap g\u00e9n\u00e9tique (notamment dans la gestion quotidienne du syndrome de Prader-Willi), la ma\u00eetrise du concept d&rsquo;acorie constitue la pierre angulaire de l&rsquo;accompagnement \u00e9ducatif et familial. Reconna\u00eetre que l&rsquo;enfant ou l&rsquo;adulte vit dans un \u00e9tat d&rsquo;acorie permanent permet d&rsquo;instituer une politique institutionnelle protectrice de \u00ab s\u00e9curit\u00e9 alimentaire \u00bb sans recourir \u00e0 des sanctions punitives absurdes, pr\u00e9servant la vie du patient face aux risques mortels d&rsquo;\u00e9clatement gastrique par impaction alimentaire.<\/p>\n<h3>11. Recherche empirique et donn\u00e9es scientifiques<\/h3>\n<p>Les investigations contemporaines en neurobiologie mol\u00e9culaire et en imagerie c\u00e9r\u00e9brale fonctionnelle ont permis d&rsquo;\u00e9clairer consid\u00e9rablement les soubassements physiopathologiques de l&rsquo;absence de sati\u00e9t\u00e9, confirmant les intuitions des premiers cliniciens.<\/p>\n<p>Des recherches fondamentales conduites chez des mod\u00e8les murins transg\u00e9niques (souris <em>ob\/ob<\/em> d\u00e9pourvues de leptine fonctionnelle ou souris mut\u00e9es sur les r\u00e9cepteurs m\u00e9lanocortinergiques MC4R) ont d\u00e9montr\u00e9 que l&rsquo;invalidation de ces r\u00e9cepteurs induit un ph\u00e9notype acorique pur : les animaux poursuivent le comportement de l\u00e9chage et de mastication bien au-del\u00e0 de leurs besoins m\u00e9taboliques normaux, illustrant l&rsquo;incapacit\u00e9 des aff\u00e9rences gastro-intestinales m\u00e9caniques \u00e0 enrayer seules le comportement d&rsquo;ingestion sans le relais des neuropeptides centraux.<\/p>\n<p>Chez l&rsquo;\u00eatre humain, des \u00e9tudes d&rsquo;IRM fonctionnelle (IRMf) post-prandiale r\u00e9alis\u00e9es aupr\u00e8s de cohortes de patients porteurs de mutations g\u00e9n\u00e9tiques touchant la cascade leptine-m\u00e9lanocortine (notamment les travaux coordonn\u00e9s par Sadaf Farooqi et Stephen O&rsquo;Rahilly \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 de Cambridge) ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que la pr\u00e9sentation visuelle d&rsquo;aliments apr\u00e8s un repas copieux continue d&rsquo;activer massivement les structures du syst\u00e8me de r\u00e9compense (striatum ventral, aire tegmentale ventrale, cortex orbitofrontal) chez les sujets acoriques, alors que cette r\u00e9activit\u00e9 est physiologiquement \u00e9teinte chez les t\u00e9moins sains rassasi\u00e9s. Ces donn\u00e9es confirment que chez le patient acorique, le repas n&rsquo;op\u00e8re aucune d\u00e9sactivation du signal de valeur incitative des aliments.<\/p>\n<p>Parall\u00e8lement, la recherche clinique sur les incr\u00e9tines a mis en \u00e9vidence le potentiel th\u00e9rapeutique r\u00e9volutionnaire des doubles et triples co-agonistes hormonaux (GLP-1, GIP, glucagon). Des mol\u00e9cules telles que le s\u00e9maglutide ou le tirz\u00e9patide, en franchissant la barri\u00e8re h\u00e9mato-enc\u00e9phalique pour se lier directement aux r\u00e9cepteurs du noyau du tractus solitaire et de l&rsquo;hypothalamus, parviennent chez de nombreux patients en \u00e9chec de sati\u00e9t\u00e9 \u00e0 restaurer artificiellement un seuil d&rsquo;interruption post-prandial puissant, confirmant de mani\u00e8re pharmacologique la r\u00e9versibilit\u00e9 partielle de certains \u00e9tats d&rsquo;acorie fonctionnelle.<\/p>\n<h3>12. Consid\u00e9rations culturelles et transculturelles<\/h3>\n<p>Bien que l&rsquo;acorie s&rsquo;enracine dans des m\u00e9canismes biologiques universels, son interpr\u00e9tation, son v\u00e9cu subjectif et sa visibilit\u00e9 sociale varient consid\u00e9rablement d&rsquo;une culture \u00e0 l&rsquo;autre en fonction des repr\u00e9sentations partag\u00e9es du corps, de la nourriture et de la mod\u00e9ration.<\/p>\n<p>Dans les soci\u00e9t\u00e9s occidentales contemporaines, marqu\u00e9es par l&rsquo;imp\u00e9ratif de minceur, l&rsquo;exigence d&rsquo;autor\u00e9gulation corporelle et la stigmatisation s\u00e9v\u00e8re du surpoids, l&rsquo;absence de sati\u00e9t\u00e9 est imm\u00e9diatement per\u00e7ue comme une faille morale intol\u00e9rable. L&rsquo;individu acorique y est souvent injustement qualifi\u00e9 d&rsquo;intemp\u00e9rant, d&rsquo;irresponsable ou de paresseux avant que la nature somatique ou neurologique de son d\u00e9ficit int\u00e9roceptif ne soit envisag\u00e9e par le corps m\u00e9dical. La d\u00e9tresse psychologique secondaire (honte, repli social, anxi\u00e9t\u00e9 d&rsquo;anticipation) s&rsquo;en trouve d\u00e9multipli\u00e9e par le regard social d\u00e9sapprobateur.<\/p>\n<p>\u00c0 l&rsquo;inverse, dans certaines cultures traditionnelles d&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest, d&rsquo;Oc\u00e9anie ou du Moyen-Orient o\u00f9 l&rsquo;abondance corporelle a longtemps constitu\u00e9 un marqueur prestigieux de sant\u00e9, de prosp\u00e9rit\u00e9 \u00e9conomique et de f\u00e9condit\u00e9, la consommation de volumes massifs sans r\u00e9pl\u00e9tion imm\u00e9diate peut \u00eatre initialement interpr\u00e9t\u00e9e comme un signe de vigueur physique remarquable ou de b\u00e9n\u00e9diction clanique. Le trouble n&rsquo;y est souvent rep\u00e9r\u00e9 comme pathologique que lorsque des complications motrices invalidantes, une somnolence post-prandiale comateuse ou des difficult\u00e9s financi\u00e8res aigu\u00ebs li\u00e9es au co\u00fbt de l&rsquo;approvisionnement en nourriture viennent entraver le fonctionnement communautaire de l&rsquo;individu.<\/p>\n<p>Les anthropologues de la sant\u00e9 ont \u00e9galement document\u00e9 des variantes transculturelles dans la description ph\u00e9nom\u00e9nologique de l&rsquo;\u00e9tat de sati\u00e9t\u00e9 : alors que les locuteurs de langues romanes et anglo-saxonnes articulent la sati\u00e9t\u00e9 autour de l&rsquo;axe m\u00e9taphorique du \u00ab plein gastrique \u00bb physique, d&rsquo;autres idiomes d\u00e9crivent l&rsquo;arr\u00eat du repas par des termes d\u00e9signant la disparition de l&rsquo;agitation spirituelle, l&rsquo;apaisement du souffle ou le repos de l&rsquo;\u00e9nergie vitale. Ces nuances linguistiques influencent directement la mani\u00e8re dont un patient \u00e9tranger formulera son acorie en consultation d&rsquo;ethnopsychiatrie, requ\u00e9rant des soignants une attention s\u00e9mantique accrue pour ne pas m\u00e9conna\u00eetre le sympt\u00f4me.<\/p>\n<h3>13. Critiques, controverses et limites<\/h3>\n<p>L&#8217;emploi du concept d&rsquo;acorie dans la litt\u00e9rature scientifique contemporaine soul\u00e8ve plusieurs controverses \u00e9pist\u00e9mologiques et limites nosographiques qui continuent de nourrir les d\u00e9bats acad\u00e9miques.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re controverse porte sur le statut nosologique m\u00eame du terme : s&rsquo;agit-il d&rsquo;une entit\u00e9 clinique autonome et ind\u00e9pendante ou d&rsquo;un simple \u00e9piph\u00e9nom\u00e8ne descriptif d&rsquo;un dysfonctionnement plus vaste ? De nombreux s\u00e9miologistes contemporains reprochent au concept d&rsquo;acorie d&rsquo;\u00eatre trop r\u00e9ducteur et statique. En isolant l&rsquo;absence de sati\u00e9t\u00e9 du reste de la dynamique comportementale de l&rsquo;ingestion, le terme risque d&rsquo;occulter l&rsquo;intrication complexe entre les composantes hom\u00e9ostatiques (besoin \u00e9nerg\u00e9tique pur) et h\u00e9doniques (recherche du plaisir dopaminergique) qui r\u00e9gissent le comportement alimentaire chez les primates sup\u00e9rieurs.<\/p>\n<p>Un deuxi\u00e8me point de dissension r\u00e9side dans le risque de confusion diagnostique avec les troubles du comportement alimentaire r\u00e9pertori\u00e9s dans les classifications internationales (DSM-5 et CIM-11). \u00c0 quel moment une hyperphagie boulimique sans comportements compensatoires (<em>Binge Eating Disorder<\/em>) bascule-t-elle vers une acorie authentique ? Les cliniciens peinent souvent \u00e0 distinguer si le patient mange continuellement parce qu&rsquo;il ne \u00ab sent \u00bb pas la sati\u00e9t\u00e9 (acorie primitive int\u00e9roceptive) ou s&rsquo;il fait taire inconsciemment ce signal de sati\u00e9t\u00e9 sous le poids d&rsquo;une compulsion anxieuse ou d\u00e9pressive massive (acorie secondaire psychog\u00e8ne).<\/p>\n<p>Enfin, la d\u00e9su\u00e9tude relative du vocable \u00ab acorie \u00bb dans les manuels de psychiatrie courante au profit d&rsquo;expressions plus g\u00e9n\u00e9rales comme \u00ab polyphagie \u00bb, \u00ab hyperphagie \u00bb ou \u00ab alt\u00e9ration de la sati\u00e9t\u00e9 \u00bb expose le terme \u00e0 un oubli dommageable. Certains sp\u00e9cialistes de neuropsychiatrie plaident toutefois pour la pr\u00e9servation et la r\u00e9habilitation rigoureuse du terme acorie : son abandon prive en effet la clinique d&rsquo;un vocable pr\u00e9cis capable de d\u00e9signer sans ambigu\u00eft\u00e9 la d\u00e9faillance \u00e9lective du frein de r\u00e9pl\u00e9tion, indispensable pour guider les investigations d&rsquo;imagerie c\u00e9r\u00e9brale dienc\u00e9phalique chez les patients souffrant de surconsommation r\u00e9fractaire.<\/p>\n<h3>14. Termes associ\u00e9s et distinctions conceptuelles<\/h3>\n<p>La pr\u00e9cision de la s\u00e9miologie psychiatrique et m\u00e9dicale impose de diff\u00e9rencier rigoureusement l&rsquo;acorie d&rsquo;une s\u00e9rie de concepts connexes d\u00e9crivant d&rsquo;autres facettes des d\u00e9r\u00e8glements de l&rsquo;app\u00e9tence :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Polyphagie :<\/strong> Terme g\u00e9n\u00e9rique d\u00e9signant une consommation quantitative excessive d&rsquo;aliments. La polyphagie est une manifestation descriptive globale qui peut \u00eatre cons\u00e9cutive \u00e0 une acorie, mais \u00e9galement \u00e0 un diab\u00e8te sucr\u00e9 insulino-d\u00e9pendant d\u00e9compens\u00e9, \u00e0 une hyperthyro\u00efdie majeure ou \u00e0 une d\u00e9pense \u00e9nerg\u00e9tique extr\u00eame, contextes o\u00f9 la sensation de sati\u00e9t\u00e9 existe mais se trouve rapidement \u00e9court\u00e9e par un besoin calorique acc\u00e9l\u00e9r\u00e9.<\/li>\n<li><strong>Boulimie (Bulimia Nervosa) :<\/strong> Trouble psychiatrique complexe caract\u00e9ris\u00e9 par des acc\u00e8s hyperphagiques r\u00e9currents et compulsifs au cours desquels le sujet ressent une perte de contr\u00f4le absolue, suivis imm\u00e9diatement de man\u0153uvres compensatoires inappropri\u00e9es (vomissements provoqu\u00e9s, abus de purgatifs, je\u00fbne punitif) et d&rsquo;une pr\u00e9occupation angoiss\u00e9e permanente de l&rsquo;image corporelle. \u00c0 l&rsquo;oppos\u00e9 de la boulimie, l&rsquo;acorie pure ne s&rsquo;accompagne ni de comportements compensatoires purgatifs syst\u00e9matiques, ni d&rsquo;une obsession pathologique du poids corporel.<\/li>\n<li><strong>Hyperphagie boulimique (Binge Eating Disorder) :<\/strong> \u00c9pisodes d&rsquo;ingestion massive d&rsquo;aliments survenant sur un mode de crise \u00e9motionnelle br\u00e8ve avec souffrance morale marqu\u00e9e, culpabilit\u00e9 et d\u00e9go\u00fbt de soi, mais sans purge cons\u00e9cutive. Dans l&rsquo;acorie, le comportement est plus \u00e9tal\u00e9, continu, m\u00e9canique et d\u00e9nu\u00e9 de la tension affective dramatique qui caract\u00e9rise la survenue d&rsquo;un acc\u00e8s de binge eating.<\/li>\n<li><strong>Sitomanie :<\/strong> Tendance compulsive et irr\u00e9pressible \u00e0 absorber de la nourriture, observ\u00e9e au cours de certains acc\u00e8s maniaques ou \u00e9tats d&rsquo;agitation catatonique, o\u00f9 la qu\u00eate d&rsquo;aliments s&rsquo;inscrit dans une tachypsychie et une d\u00e9sinhibition motrice globale, ind\u00e9pendamment de toute atteinte des r\u00e9cepteurs visc\u00e9raux.<\/li>\n<li><strong>Parorexie et Pica :<\/strong> D\u00e9r\u00e8glements qualitatifs du comportement alimentaire caract\u00e9ris\u00e9s par l&rsquo;app\u00e9tence et l&rsquo;ingestion d&rsquo;objets ou de substances non nutritives et impropres \u00e0 la consommation (terre, pl\u00e2tre, craie, glace), alors que l&rsquo;acorie concerne exclusivement la consommation quantitativement illimit\u00e9e d&rsquo;aliments r\u00e9els.<\/li>\n<li><strong>Anorexie (antonyme s\u00e9miologique direct) :<\/strong> Perte ou abolition primitive de l&rsquo;app\u00e9tit et du d\u00e9sir d&rsquo;ing\u00e9rer de la nourriture, incarnant la figure nosologique sym\u00e9triquement inverse de l&rsquo;insatiabilit\u00e9 acorique.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>15. Synth\u00e8se et points cl\u00e9s \u00e0 retenir<\/h3>\n<p>En r\u00e9capitulation des donn\u00e9es cliniques, neurobiologiques et nosographiques examin\u00e9es, les points fondamentaux suivants synth\u00e9tisent l&rsquo;essence de l&rsquo;acorie :<\/p>\n<p>L&rsquo;acorie est un sympt\u00f4me s\u00e9miologique pr\u00e9cis caract\u00e9ris\u00e9 par la privation absolue ou l&rsquo;extinction acquise de la sensation de sati\u00e9t\u00e9 cons\u00e9cutive \u00e0 l&rsquo;ingestion de mets, entra\u00eenant une incapacit\u00e9 fonctionnelle \u00e0 mettre un terme spontan\u00e9 \u00e0 la prise alimentaire sur la base de rep\u00e8res corporels internes.<\/p>\n<p>Elle se distingue formellement de la faim vorace, de la crise boulimique pulsionnelle et de la simple gourmandise h\u00e9donique par son caract\u00e8re de d\u00e9ficit int\u00e9roceptif : l&rsquo;estomac et le sang re\u00e7oivent les nutriments, mais le signal de r\u00e9pl\u00e9tion somato-psychique n&rsquo;est pas int\u00e9gr\u00e9 par le cerveau.<\/p>\n<p>Les \u00e9tiologies de l&rsquo;acorie sont plurielles, s&rsquo;articulant autour de l\u00e9sions hypothalamiques focales (tumeurs, traumatismes, chirurgie dienc\u00e9phalique), de syndromes g\u00e9n\u00e9tiques majeurs (syndrome de Prader-Willi), de pathologies neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9ratives fronto-insulaires (d\u00e9mence fronto-temporale) et de certains \u00e9tats psychopathologiques dissociatifs ou iatrog\u00e8nes s\u00e9v\u00e8res.<\/p>\n<p>L&rsquo;exploration clinique exige un bilan d&rsquo;imagerie c\u00e9r\u00e9brale haute r\u00e9solution, un titrage neuro-endocrinien et des \u00e9preuves nutritionnelles standardis\u00e9es mesurant la dissociation entre la charge calorique ing\u00e9r\u00e9e et l&rsquo;absence de rassasiement d\u00e9clar\u00e9.<\/p>\n<p>Sa prise en charge repose imp\u00e9rativement sur des strat\u00e9gies d&rsquo;encadrement environnemental et cognitif externe (contr\u00f4le strict des portions, s\u00e9curisation de l&rsquo;acc\u00e8s aux vivres), soutenues dans les indications contemporaines par des th\u00e9rapeutiques pharmacologiques cibl\u00e9es visant \u00e0 stimuler les cascades anorexig\u00e8nes centrales d\u00e9faillantes.<\/p>\n<h2>R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<ul>\n<li>Anand, B. K., &amp; Brobeck, J. R. (1951). Hypothalamic control of food intake in rats and cats. <em>The Yale Journal of Biology and Medicine<\/em>, 24(2), 123\u2013140. <a href=\"https:\/\/www.ncbi.nlm.nih.gov\/pmc\/articles\/PMC2599116\/\">https:\/\/www.ncbi.nlm.nih.gov\/pmc\/articles\/PMC2599116\/<\/a><\/li>\n<li>American Psychological Association. (2018). Acoria (akoria). In <em>APA Dictionary of Psychology<\/em>. <a href=\"https:\/\/dictionary.apa.org\/acoria\">https:\/\/dictionary.apa.org\/acoria<\/a><\/li>\n<li>Farooqi, I. S., &amp; O&rsquo;Rahilly, S. (2006). Genetics of obesity in humans. <em>Endocrine Reviews<\/em>, 27(7), 710\u2013718. <a href=\"https:\/\/academic.oup.com\/edrv\/article\/27\/7\/710\/2355294\">https:\/\/academic.oup.com\/edrv\/article\/27\/7\/710\/2355294<\/a><\/li>\n<li>Gautier, J. F., Chen, K., Salbe, A. D., Bandy, D., Pratley, R. E., Heiman, M., Caviness, J. N., Ravussin, E., Tataranni, P. A., &amp; Reiman, E. M. (2000). Differential activation of the human brain by hunger and satiety. <em>NeuroImage<\/em>, 11(5), 452\u2013463. <a href=\"https:\/\/pubmed.ncbi.nlm.nih.gov\/10806031\/\">https:\/\/pubmed.ncbi.nlm.nih.gov\/10806031\/<\/a><\/li>\n<li>Morton, G. J., Cummings, D. E., Baskin, D. G., Barsh, G. S., &amp; Schwartz, M. W. (2006). Central nervous system control of food intake and body weight. <em>Nature<\/em>, 443(7109), 289\u2013295. <a href=\"https:\/\/www.nature.com\/articles\/nature05026\">https:\/\/www.nature.com\/articles\/nature05026<\/a><\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;acorie (akorie) d\u00e9signe la perte ou l&rsquo;absence pathologique de la sensation de sati\u00e9t\u00e9. 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