{"id":19384,"date":"2026-10-22T01:35:19","date_gmt":"2026-10-22T01:35:19","guid":{"rendered":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/?psych_term=achei-inhibiteurs-acetylcholinesterase-memoire"},"modified":"2026-10-22T01:35:19","modified_gmt":"2026-10-22T01:35:19","slug":"achei-inhibiteurs-acetylcholinesterase-memoire","status":"publish","type":"psych_term","link":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/?psych_term=achei-inhibiteurs-acetylcholinesterase-memoire","title":{"rendered":"AChEI : R\u00e9gulateurs de la m\u00e9moire cognitive"},"content":{"rendered":"<p>Les inhibiteurs de l&rsquo;ac\u00e9tylcholinest\u00e9rase constituent une classe pharmacologique fondamentale au carrefour des neurosciences cognitives, de la neuropsychologie clinique et de la pharmacologie mol\u00e9culaire. D\u00e9velopp\u00e9s initialement pour compenser les d\u00e9ficits neurochimiques s\u00e9v\u00e8res caract\u00e9risant les pathologies neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9ratives, ces compos\u00e9s modulent directement la dynamique synaptique c\u00e9r\u00e9brale r\u00e9gissant l&rsquo;attention, la consolidation mn\u00e9sique et la plasticit\u00e9 neuronale. Leur av\u00e8nement a transform\u00e9 la prise en charge clinique du d\u00e9clin cognitif en offrant la premi\u00e8re r\u00e9ponse pharmacologique valid\u00e9e pour att\u00e9nuer temporairement les r\u00e9percussions des d\u00e9mences corticales.<\/p>\n<h2>Inhibiteurs de l&rsquo;ac\u00e9tylcholinest\u00e9rase (AChEI)<\/h2>\n<h3>1. D\u00e9finition concise<\/h3>\n<p>Un inhibiteur de l&rsquo;ac\u00e9tylcholinest\u00e9rase (couramment d\u00e9sign\u00e9 par l&rsquo;acronyme AChEI pour <em>Acetylcholinesterase Inhibitor<\/em>, ou IAChE en fran\u00e7ais) est un agent pharmacologique qui bloque ou ralentit l&rsquo;activit\u00e9 catalytique de l&rsquo;enzyme <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Ac%C3%A9tylcholinest%C3%A9rase\">ac\u00e9tylcholinest\u00e9rase<\/a>. Cette enzyme \u00e9tant physiologiquement charg\u00e9e de l&rsquo;inactivation hydrolytique rapide du neurotransmetteur ac\u00e9tylcholine dans l&rsquo;espace synaptique, son blocage prolonge la dur\u00e9e de pr\u00e9sence et amplifie la concentration locale du messager chimique.<\/p>\n<p>Sur le plan neurophysiologique, cette potentialisation de la transmission cholinergique renforce la stimulation des r\u00e9cepteurs muscariniques et nicotiniques postsynaptiques au sein du cortex c\u00e9r\u00e9bral, du syst\u00e8me limbique et des circuits sous-corticaux. Au-del\u00e0 du syst\u00e8me nerveux central, les AChEI exercent \u00e9galement des effets au niveau des jonctions neuromusculaires et des synapses du syst\u00e8me nerveux v\u00e9g\u00e9tatif parasympathique.<\/p>\n<p>Dans le domaine de la neuropsychiatrie et de la psychologie m\u00e9dicale, les AChEI repr\u00e9sentent la principale intervention symptomatique approuv\u00e9e pour contrecarrer les d\u00e9ficits mn\u00e9siques, praxiques et attentionnels associ\u00e9s aux stades l\u00e9gers \u00e0 mod\u00e9r\u00e9s de la maladie d&rsquo;Alzheimer, de la d\u00e9mence \u00e0 corps de Lewy et de la d\u00e9mence parkinsonienne.<\/p>\n<h3>2. \u00c9tymologie et origine linguistique<\/h3>\n<p>L&rsquo;acronyme AChEI provient directement de la nomenclature biochimique internationale de langue anglaise : <strong>A<\/strong>cetyl<strong>Ch<\/strong>oline<strong>E<\/strong>sterase <strong>I<\/strong>nhibitor. En langue fran\u00e7aise, la litt\u00e9rature sp\u00e9cialis\u00e9e emploie indiff\u00e9remment l&rsquo;acronyme anglophone universel ou son \u00e9quivalent francophone direct, IAChE (Inhibiteur de l&rsquo;Ac\u00e9tylcholinest\u00e9rase).<\/p>\n<p>Sur le plan morphologique et \u00e9tymologique, le terme se d\u00e9compose en plusieurs racines scientifiques distinctes :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Ac\u00e9tyle :<\/strong> D\u00e9riv\u00e9 du latin <em>acetum<\/em> (\u00ab vinaigre \u00bb), d\u00e9signant le radical chimique acyle d\u00e9riv\u00e9 de l&rsquo;acide ac\u00e9tique.<\/li>\n<li><strong>Choline :<\/strong> Forg\u00e9 \u00e0 partir du grec ancien <em>chol\u0113<\/em> (\u03c7\u03bf\u03bb\u03ae, \u00ab bile \u00bb), en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 son isolement initial \u00e0 partir de la bile de b\u0153uf par le chimiste Adolph Strecker en 1862.<\/li>\n<li><strong>Ester :<\/strong> N\u00e9ologisme forg\u00e9 par le chimiste allemand Leopold Gmelin en 1848, issu de la contraction d&rsquo;<em>Essig\u00e4ther<\/em> (\u00ab \u00e9ther d&rsquo;ac\u00e9tate \u00bb).<\/li>\n<li><strong>-ase :<\/strong> Suffixe normalis\u00e9 en biochimie pour d\u00e9signer une enzyme catalytique, issu de la diastase (du grec <em>diastasis<\/em>, \u00ab s\u00e9paration \u00bb).<\/li>\n<li><strong>Inhibiteur :<\/strong> Emprunt\u00e9 au verbe latin <em>inhibere<\/em>, signifiant \u00ab retenir \u00bb, \u00ab r\u00e9primer \u00bb ou \u00ab faire obstacle \u00bb.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>3. Prononciation et forme grammaticale<\/h3>\n<p>Le terme \u00ab inhibiteur de l&rsquo;ac\u00e9tylcholinest\u00e9rase \u00bb est un syntagme nominal masculin. Dans l&rsquo;usage r\u00e9gulier, il s&#8217;emploie principalement au pluriel lorsqu&rsquo;il fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la classe th\u00e9rapeutique g\u00e9n\u00e9rale : <em>les inhibiteurs de l&rsquo;ac\u00e9tylcholinest\u00e9rase<\/em>. L&rsquo;acronyme AChEI est g\u00e9n\u00e9ralement trait\u00e9 comme un nom masculin (\u00ab un AChEI \u00bb, \u00ab des AChEI \u00bb), bien que certains auteurs emploient le genre f\u00e9minin par ellipse de \u00ab substance \u00bb ou \u00ab mol\u00e9cule \u00bb.<\/p>\n<p>La prononciation phon\u00e9tique standard en fran\u00e7ais pour le terme d\u00e9velopp\u00e9 est \/i.ni.bi.t\u0153\u0281 d\u0259 l\u203fa.se.til.k\u0254.li.n\u025bs.te.\u0281az\/. Pour l&rsquo;acronyme AChEI, l&rsquo;usage clinique oral oscille entre l&rsquo;\u00e9nonciation des lettres en fran\u00e7ais (\/a.se.a\u0283.\u00f8.i\/) et l&rsquo;usage fr\u00e9quent de la prononciation anglaise standardis\u00e9e lors des colloques internationaux (\/e\u026a.si\u02d0.e\u026at\u0283.i\u02d0.a\u026a\/). Dans la litt\u00e9rature r\u00e9dig\u00e9e en fran\u00e7ais, le sigle IAChE (\/i.a.se.a\u0283.\u00f8\/) est tout aussi fr\u00e9quent et parfaitement reconnu.<\/p>\n<h3>4. Explication conceptuelle d\u00e9taill\u00e9e<\/h3>\n<p>Pour appr\u00e9hender le m\u00e9canisme fondamental des AChEI, il est indispensable d&rsquo;examiner le cycle fonctionnel de la transmission cholinergique. L&rsquo;ac\u00e9tylcholine (ACh) est synth\u00e9tis\u00e9e dans les neurones pr\u00e9synaptiques \u00e0 partir de la choline et de l&rsquo;ac\u00e9tyl-coenzyme A sous l&rsquo;action de l&rsquo;enzyme choline ac\u00e9tyltransf\u00e9rase (ChAT). Une fois lib\u00e9r\u00e9e par exocytose dans la fente synaptique sous l&rsquo;impulsion d&rsquo;un potentiel d&rsquo;action et d&rsquo;un afflux d&rsquo;ions calcium, l&rsquo;ACh diffuse rapidement vers la membrane postsynaptique o\u00f9 elle interagit avec deux grandes familles de r\u00e9cepteurs : les r\u00e9cepteurs ionotropes nicotiniques (canaux ioniques perm\u00e9ables aux cations) et les r\u00e9cepteurs m\u00e9tabotropes muscariniques (coupl\u00e9s aux prot\u00e9ines G).<\/p>\n<p>Dans un syst\u00e8me c\u00e9r\u00e9bral sain, le signal synaptique doit \u00eatre extr\u00eamement bref et pr\u00e9cis pour permettre le codage dynamique des informations sensorielles et temporelles. Cette d\u00e9sactivation est assur\u00e9e par l&rsquo;ac\u00e9tylcholinest\u00e9rase membranaire, l&rsquo;une des enzymes les plus rapides du monde biologique, capable d&rsquo;hydrolyser jusqu&rsquo;\u00e0 25 000 mol\u00e9cules d&rsquo;ac\u00e9tylcholine par seconde par site actif. L&rsquo;enzyme clive l&rsquo;ACh en ac\u00e9tate et en choline libre, cette derni\u00e8re \u00e9tant recapt\u00e9e par le transporteur pr\u00e9synaptique \u00e0 haute affinit\u00e9 (ChT1) pour \u00eatre recycl\u00e9e.<\/p>\n<p>Dans des conditions neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9ratives, particuli\u00e8rement dans la maladie d&rsquo;Alzheimer, les neurones cholinergiques subissent une mort cellulaire pr\u00e9coce et massive. Ce processus entra\u00eene une chute spectaculaire de la lib\u00e9ration d&rsquo;ACh dans les aires de projection terminales. Les inhibiteurs de l&rsquo;AChE agissent en bloquant la gorge catalytique de l&rsquo;enzyme (incluant le site actif s\u00e9rine-histidine-glutamate et le site anionique p\u00e9riph\u00e9rique). En ralentissant l&rsquo;\u00e9limination de l&rsquo;ACh r\u00e9siduelle, ces mol\u00e9cules augmentent sa concentration dans la fente synaptique et allongent sa demi-vie.<\/p>\n<p>Cette persistance du signal cholinergique induit une cascade d&rsquo;effets physiologiques majeurs :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Facilitation de la potentialisation \u00e0 long terme (LTP) :<\/strong> Au niveau hippocampique, l&rsquo;activation soutenue des r\u00e9cepteurs muscariniques M1 favorise la d\u00e9polarisation membranaire, abaisse le seuil d&rsquo;activation des r\u00e9cepteurs NMDA et optimise l&rsquo;induction de la LTP, substrat cellulaire indispensable \u00e0 l&rsquo;encodage de la m\u00e9moire d\u00e9clarative.<\/li>\n<li><strong>Am\u00e9lioration du rapport signal\/bruit cortical :<\/strong> Le syst\u00e8me cholinergique ascendant orchestre l&rsquo;attention s\u00e9lective. En stimulant les r\u00e9cepteurs nicotiniques pr\u00e9synaptiques (notamment de sous-type \u03b17 et \u03b14\u03b22), l&rsquo;ACh module la lib\u00e9ration d&rsquo;autres neurotransmetteurs essentiels comme le glutamate, la dopamine et le GABA, renfor\u00e7ant la clart\u00e9 du traitement sensoriel cortical.<\/li>\n<li><strong>Modulation indirecte de la neuroinflammation :<\/strong> Les circuits cholinergiques exercent un r\u00e9trocontr\u00f4le n\u00e9gatif sur l&rsquo;activation microgliale via la \u00ab voie anti-inflammatoire cholinergique \u00bb, mod\u00e9rant la lib\u00e9ration de cytokines pro-inflammatoires (TNF-alpha, IL-1 b\u00eata) au sein du parenchyme c\u00e9r\u00e9bral.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>5. \u00c9volution et d\u00e9veloppement historique<\/h3>\n<p>L&rsquo;histoire des AChEI est intrins\u00e8quement li\u00e9e \u00e0 l&rsquo;av\u00e8nement de la pharmacologie moderne et \u00e0 la d\u00e9couverte de la transmission chimique synaptique. L&rsquo;identification de l&rsquo;ac\u00e9tylcholine par Henry Dale en 1914, suivie des exp\u00e9riences magistrales d&rsquo;Otto Loewi en 1921 d\u00e9montrant l&rsquo;existence du \u00ab Vagusstoff \u00bb, ont pos\u00e9 les jalons de la neurotransmission cholinergique.<\/p>\n<p>Les premiers inhibiteurs enzymatiques identifi\u00e9s \u00e9taient d&rsquo;origine naturelle. La <strong>physostigmine<\/strong> (ou \u00e9s\u00e9rine), un alcalo\u00efde extrait de la f\u00e8ve de Calabar (<em>Physostigma venenosum<\/em>), plante toxique originaire d&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest utilis\u00e9e jadis dans des ordalies judiciaires, a \u00e9t\u00e9 isol\u00e9e en 1864 par Jobst et Hesse. Utilis\u00e9e d\u00e8s la fin du XIXe si\u00e8cle en ophtalmologie pour traiter le glaucome, puis au milieu du XXe si\u00e8cle pour traiter la myasth\u00e9nie grave, la physostigmine a permis d&rsquo;explorer exp\u00e9rimentalement le r\u00f4le du syst\u00e8me cholinergique dans les fonctions cognitives chez l&rsquo;animal et chez l&rsquo;\u00eatre humain.<\/p>\n<p>Le tournant conceptuel majeur survient dans les ann\u00e9es 1970 avec la formulation de l&rsquo;<strong>hypoth\u00e8se cholinergique<\/strong> de la maladie d&rsquo;Alzheimer. En 1976, Peter Davies et A.J.F. Maloney publient une d\u00e9couverte fondamentale : le cortex c\u00e9r\u00e9bral des patients d\u00e9c\u00e9d\u00e9s de la maladie d&rsquo;Alzheimer pr\u00e9sente une r\u00e9duction s\u00e9lective et colossale (parfois sup\u00e9rieure \u00e0 70 %) de l&rsquo;activit\u00e9 de la choline ac\u00e9tyltransf\u00e9rase. Quelques ann\u00e9es plus tard, les travaux de David Drachman chez le sujet jeune d\u00e9montrent que le blocage pharmacologique des r\u00e9cepteurs cholinergiques par la scopolamine induit des d\u00e9ficits mn\u00e9siques et ex\u00e9cutifs mimant fid\u00e8lement le vieillissement pathologique. Ces d\u00e9couvertes ont imm\u00e9diatement d\u00e9sign\u00e9 l&rsquo;ac\u00e9tylcholinest\u00e9rase comme une cible pharmacologique de choix.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re tentative th\u00e9rapeutique concr\u00e8te aboutit au d\u00e9veloppement de la <strong>tacrine<\/strong> (Cognex), approuv\u00e9e par la FDA am\u00e9ricaine en 1993. Bien qu&rsquo;elle ait apport\u00e9 la preuve de concept qu&rsquo;un AChEI pouvait am\u00e9liorer modestement la cognition des patients, la tacrine \u00e9tait grev\u00e9e d&rsquo;une h\u00e9patotoxicit\u00e9 s\u00e9v\u00e8re n\u00e9cessitant une surveillance biologique hebdomadaire des transaminases, ce qui conduisit rapidement \u00e0 son retrait du march\u00e9.<\/p>\n<p>La recherche s&rsquo;est alors tourn\u00e9e vers le d\u00e9veloppement de mol\u00e9cules de seconde g\u00e9n\u00e9ration, dot\u00e9es d&rsquo;une s\u00e9lectivit\u00e9 accrue pour l&rsquo;AChE centrale et d&rsquo;une s\u00e9curit\u00e9 biologique consid\u00e9rablement am\u00e9lior\u00e9e :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>1996 :<\/strong> Homologation du <strong>don\u00e9p\u00e9zil<\/strong> (Aricept), une pip\u00e9ridine synth\u00e9tique r\u00e9versible \u00e0 longue demi-vie d\u00e9velopp\u00e9e par les laboratoires Eisai.<\/li>\n<li><strong>1997-2000 :<\/strong> Introduction de la <strong>rivastigmine<\/strong> (Exelon), un carbamate pseudo-irr\u00e9versible inhibant simultan\u00e9ment l&rsquo;ac\u00e9tylcholinest\u00e9rase et la butyrylcholinest\u00e9rase, disponible plus tard sous forme de dispositif transdermique (patch).<\/li>\n<li><strong>2001 :<\/strong> Approbation de la <strong>galantamine<\/strong> (Reminyl), un alcalo\u00efde tertiaire isol\u00e9 du perce-neige (<em>Galanthus woronowii<\/em>), caract\u00e9ris\u00e9 par un double m\u00e9canisme : inhibition comp\u00e9titive de l&rsquo;AChE et modulation allost\u00e9rique positive des r\u00e9cepteurs nicotiniques.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>6. Fondements th\u00e9oriques<\/h3>\n<p>La justification de l&#8217;emploi des AChEI repose sur des piliers th\u00e9oriques articulant neurochimie, neuroanatomie fonctionnelle et mod\u00e9lisation cognitive des processus mn\u00e9siques.<\/p>\n<p>Le socle th\u00e9orique primaire demeure l&rsquo;<strong>hypoth\u00e8se cholinergique de la m\u00e9moire<\/strong> formalis\u00e9e par Bartus, Dean, Beer et Lippa en 1982. Ce paradigme postule que l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 fonctionnelle des projections cholinergiques basocorticales est une condition <em>sine qua non<\/em> \u00e0 l&rsquo;encodage, au stockage et \u00e0 la r\u00e9cup\u00e9ration des traces mn\u00e9siques. Selon ce mod\u00e8le, la d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence du noyau basal de Meynert, du septum m\u00e9dial et des noyaux de la bande diagonale de Broca perturbe l&rsquo;innervation de l&rsquo;hippocampe et de l&rsquo;isocortex, entra\u00eenant l&rsquo;amn\u00e9sie ant\u00e9rograde et les troubles de l&rsquo;orientation spatio-temporelle.<\/p>\n<p>Sur le plan des neurosciences computationnelles, l&rsquo;ac\u00e9tylcholine est conceptualis\u00e9e comme un r\u00e9gulateur de la dynamique de traitement de l&rsquo;information. Selon le mod\u00e8le propos\u00e9 par Michael Hasselmo, des taux \u00e9lev\u00e9s d&rsquo;ACh au niveau cortical et hippocampique suppriment la transmission synaptique excitatrice intrins\u00e8que (r\u00e9troactions associatives internes) tout en facilitant les aff\u00e9rences sensorielles ascendantes. Les AChEI permettent ainsi de restaurer artificiellement cet \u00e9tat neurochimique d&rsquo;encodage actif, emp\u00eachant les interf\u00e9rences proactives et stabilisant l&#8217;empreinte mn\u00e9sique face aux signaux concurrents.<\/p>\n<p>Enfin, la <strong>th\u00e9orie attentionnelle fronto-pari\u00e9tale<\/strong> enrichit ce cadre : l&rsquo;ac\u00e9tylcholine r\u00e9gule le r\u00e9seau de saillance et le syst\u00e8me d&rsquo;orientation attentionnelle. Un d\u00e9ficit cholinergique alt\u00e8re la vigilance tonique et l&rsquo;attention partag\u00e9e, rendant le sujet incapable de mobiliser efficacement ses ressources ex\u00e9cutives. En augmentant la tonalit\u00e9 cholinergique, les AChEI ne se contentent pas de cibler la m\u00e9moire brute ; ils renforcent l&rsquo;\u00e9veil cortical, la concentration et la r\u00e9activit\u00e9 environnementale globale.<\/p>\n<h3>7. Composantes cl\u00e9s, types et dimensions<\/h3>\n<p>Bien que tous les AChEI partagent la propri\u00e9t\u00e9 fondamentale d&#8217;emp\u00eacher l&rsquo;hydrolyse de l&rsquo;ac\u00e9tylcholine, ils se diff\u00e9rencient profond\u00e9ment par leur structure mol\u00e9culaire, leur cin\u00e9tique de liaison enzymatique, leur sp\u00e9cificit\u00e9 tissulaire et leurs voies d&rsquo;\u00e9limination m\u00e9tabolique. On distingue classiquement trois grandes dimensions pharmacologiques :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>La r\u00e9versibilit\u00e9 de la liaison enzymatique :<\/strong>\n<ul>\n<li><em>Inhibiteurs r\u00e9versibles comp\u00e9titifs ou non comp\u00e9titifs :<\/em> Le don\u00e9p\u00e9zil se lie de fa\u00e7on non comp\u00e9titive et r\u00e9versible au site catalytique et au site p\u00e9riph\u00e9rique de l&rsquo;AChE. La galantamine est un inhibiteur r\u00e9versible comp\u00e9titif, entrant directement en comp\u00e9tition avec le substrat naturel (l&rsquo;ac\u00e9tylcholine).<\/li>\n<li><em>Inhibiteurs pseudo-irr\u00e9versibles :<\/em> La rivastigmine forme une liaison covalente carbamyle avec le site est\u00e9rasique de l&rsquo;enzyme. La dissociation de cette liaison est extr\u00eamement lente (plusieurs heures), conf\u00e9rant \u00e0 la mol\u00e9cule une dur\u00e9e d&rsquo;action pharmacodynamique bien sup\u00e9rieure \u00e0 sa demi-vie plasmatique.<\/li>\n<li><em>Inhibiteurs irr\u00e9versibles :<\/em> Compos\u00e9s organophosphor\u00e9s (gaz sarin, tabun, insecticides de type malathion) qui bloquent l&rsquo;enzyme de mani\u00e8re permanente par phosphorylation ; ces compos\u00e9s n&rsquo;ont aucune utilit\u00e9 m\u00e9dicale th\u00e9rapeutique et constituent de redoutables neurotoxiques.<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<li><strong>Le spectre de s\u00e9lectivit\u00e9 enzymatique :<\/strong>\n<ul>\n<li><em>S\u00e9lectivit\u00e9 pure pour l&rsquo;AChE :<\/em> Le don\u00e9p\u00e9zil poss\u00e8de une affinit\u00e9 pour l&rsquo;ac\u00e9tylcholinest\u00e9rase plusieurs centaines de fois sup\u00e9rieure \u00e0 celle qu&rsquo;il pr\u00e9sente pour la butyrylcholinest\u00e9rase (BuChE), une enzyme analogue pr\u00e9sente dans les cellules gliales, le foie et le plasma sanguin.<\/li>\n<li><em>Inhibition double AChE\/BuChE :<\/em> La rivastigmine inhibe \u00e0 la fois l&rsquo;AChE et la BuChE. Dans les stades avanc\u00e9s de la maladie d&rsquo;Alzheimer, l&rsquo;activit\u00e9 de l&rsquo;AChE c\u00e9r\u00e9brale diminue drastiquement tandis que celle de la BuChE augmente, ce qui conf\u00e8re \u00e0 cette double inhibition un int\u00e9r\u00eat th\u00e9orique sp\u00e9cifique pour r\u00e9guler l&rsquo;ACh dans le cortex d\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9.<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<li><strong>Les m\u00e9canismes d&rsquo;action compl\u00e9mentaires (pluritarget) :<\/strong>\n<ul>\n<li><em>Modulation allost\u00e9rique nicotinique :<\/em> La galantamine se singularise par sa capacit\u00e9 \u00e0 se lier \u00e0 un site allost\u00e9rique distinct des r\u00e9cepteurs nicotiniques postsynaptiques et pr\u00e9synaptiques. Cette action allost\u00e9rique positive amplifie l&rsquo;ouverture du canal ionique lors de la liaison de l&rsquo;ACh, stimulant la neurotransmission cholinergique par une double voie synergique.<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<li><strong>Le profil pharmacocin\u00e9tique et m\u00e9tabolique :<\/strong>\n<ul>\n<li><em>M\u00e9tabolisme h\u00e9patique cytochrome P450 :<\/em> Le don\u00e9p\u00e9zil et la galantamine sont largement d\u00e9grad\u00e9s par les isoenzymes h\u00e9patiques CYP2D6 et CYP3A4, ce qui les rend sensibles \u00e0 d&rsquo;\u00e9ventuelles interactions m\u00e9dicamenteuses (avec les antid\u00e9presseurs, les antifongiques ou les antiarythmiques).<\/li>\n<li><em>M\u00e9tabolisme ind\u00e9pendant du foie :<\/em> La rivastigmine est presque exclusivement d\u00e9grad\u00e9e par hydrolyse m\u00e9di\u00e9e par les cholinest\u00e9rases elles-m\u00eames au niveau tissulaire, puis \u00e9limin\u00e9e par voie r\u00e9nale. Elle pr\u00e9sente un profil d&rsquo;interactions m\u00e9dicamenteuses h\u00e9patiques particuli\u00e8rement s\u00e9curisant chez le sujet \u00e2g\u00e9 polym\u00e9diqu\u00e9.<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<\/ul>\n<h3>8. Exemples et cas illustratifs<\/h3>\n<p>L&rsquo;observation clinique permet de mieux saisir les r\u00e9percussions pratiques et le comportement h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne des patients sous traitement par AChEI.<\/p>\n<h4>Cas 1 : D\u00e9mence de type Alzheimer au stade l\u00e9ger (Don\u00e9p\u00e9zil)<\/h4>\n<p>Madame V., 72 ans, ancienne institutrice, est adress\u00e9e \u00e0 la consultation m\u00e9moire par son m\u00e9decin g\u00e9n\u00e9raliste en raison de plaintes mn\u00e9siques r\u00e9currentes et d&rsquo;une perte d&rsquo;autonomie progressive dans la gestion financi\u00e8re et la prise de rendez-vous complexes. L&rsquo;\u00e9valuation neuropsychologique initiale met en \u00e9vidence des troubles s\u00e9v\u00e8res de la m\u00e9moire \u00e9pisodique verbale (d\u00e9ficit de consolidation non am\u00e9lior\u00e9 par l&rsquo;indi\u00e7age au test RL\/RI-16) et un score MMSE de 23\/30. L&rsquo;imagerie par r\u00e9sonance magn\u00e9tique (IRM) confirme une atrophie hippocampique bilat\u00e9rale (stade 2 sur l&rsquo;\u00e9chelle de Scheltens).<\/p>\n<p>Un diagnostic de maladie d&rsquo;Alzheimer au stade l\u00e9ger est pos\u00e9 et un traitement par don\u00e9p\u00e9zil est initi\u00e9 \u00e0 la posologie de 5 mg\/jour, port\u00e9e apr\u00e8s un mois \u00e0 10 mg\/jour. Apr\u00e8s six mois de traitement, une r\u00e9\u00e9valuation montre une stabilisation du score MMSE \u00e0 24\/30. Les h\u00e9t\u00e9ro-\u00e9valuations fournies par son \u00e9poux indiquent une diminution notable de l&rsquo;apathie diurne, une reprise spontan\u00e9e de la lecture du journal et une am\u00e9lioration de la fluidit\u00e9 dans les conversations familiales. Ce cas illustre le profil de \u00ab r\u00e9pondeur \u00bb, chez qui l&rsquo;AChEI ne gu\u00e9rit pas l&rsquo;atteinte neuropathologique sous-jacente mais am\u00e9liore le tonus attentionnel et restaure un niveau fonctionnel sup\u00e9rieur pendant une fen\u00eatre temporelle variable.<\/p>\n<h4>Cas 2 : D\u00e9mence \u00e0 corps de Lewy et fluctuations cognitives (Rivastigmine transdermique)<\/h4>\n<p>Monsieur M., 69 ans, pr\u00e9sente un tableau associant des fluctuations attentionnelles majeures au cours de la journ\u00e9e, des <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Hallucination\">hallucinations visuelles<\/a> r\u00e9currentes et bien construites (perception d&rsquo;animaux au pied de son lit sans angoisse majeure), et un syndrome parkinsonien discret caract\u00e9ris\u00e9 par une rigidit\u00e9 extrapyramidale et une akin\u00e9sie sans tremblement de repos franc.<\/p>\n<p>Dans la d\u00e9mence \u00e0 corps de Lewy, la perte cholinergique est encore plus pr\u00e9coce et intense que dans la maladie d&rsquo;Alzheimer classique. En raison de troubles digestifs pr\u00e9existants, un traitement par rivastigmine en dispositif transdermique (patch de 4,6 mg\/24h augment\u00e9 \u00e0 9,5 mg\/24h) est instaur\u00e9. Au bout de trois mois, l&rsquo;aidant principal rapporte une r\u00e9duction spectaculaire de la fr\u00e9quence des \u00e9pisodes hallucinatoires ainsi qu&rsquo;une clarification des p\u00e9riodes d&rsquo;\u00e9veil au cours de la journ\u00e9e, sans aggravation de la raideur motrice parkinsonienne (contrairement \u00e0 ce qu&rsquo;aurait provoqu\u00e9 l&rsquo;administration d&rsquo;un antipsychotique). Ce cas illustre la haute pertinence des AChEI dans les pathologies synucl\u00e9inopathies corticales.<\/p>\n<h3>9. Mesure, \u00e9valuation et diagnostic<\/h3>\n<p>L&rsquo;impact d&rsquo;un traitement par AChEI sur le fonctionnement psychologique et cognitif ne peut \u00eatre mesur\u00e9 par des examens sanguins conventionnels ; il n\u00e9cessite le d\u00e9ploiement d&rsquo;outils standardis\u00e9s et valid\u00e9s en neuropsychologie clinique :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>L&rsquo;\u00e9chelle ADAS-Cog (Alzheimer&rsquo;s Disease Assessment Scale &#8211; Cognitive Subscale) :<\/strong> Outil de r\u00e9f\u00e9rence international dans les essais cliniques pharmacologiques, l&rsquo;ADAS-Cog \u00e9value sur 70 points la m\u00e9moire verbale, le langage, les praxies constructives et id\u00e9atoires, ainsi que l&rsquo;orientation spatio-temporelle. Un gain ou un ralentissement de d\u00e9clin de 4 points par rapport au placebo est classiquement consid\u00e9r\u00e9 comme le seuil de pertinence clinique.<\/li>\n<li><strong>Le Mini-Mental State Examination (MMSE) de Folstein :<\/strong> Utilis\u00e9 au quotidien dans la pratique m\u00e9dicale, ce test rapide sur 30 points permet de suivre la trajectoire globale du patient. Sous AChEI, l&rsquo;objectif th\u00e9rapeutique r\u00e9aliste consiste souvent \u00e0 observer un gain de 1 \u00e0 2 points dans les 6 premiers mois, ou \u00e0 documenter un d\u00e9clin annuel inf\u00e9rieur \u00e0 2-3 points (le d\u00e9clin naturel sans traitement oscillant classiquement entre 3 et 4 points par an).<\/li>\n<li><strong>L&rsquo;\u00e9valuation des fonctions ex\u00e9cutives et de l&rsquo;attention :<\/strong> Des tests sp\u00e9cifiques, tels que le Test des Trac\u00e9s (Trail Making Test A et B), le test de Stroop ou la batterie de tests informatis\u00e9s de vigilance (ex. Cogstate), r\u00e9v\u00e8lent souvent les effets les plus nets des AChEI sur la vitesse de traitement et l&rsquo;inhibition cognitive.<\/li>\n<li><strong>L&rsquo;impact fonctionnel au quotidien :<\/strong> Mesur\u00e9 par des inventaires valid\u00e9s comme l&rsquo;IADL (<em>Instrumental Activities of Daily Living<\/em>) de Lawton ou le DAD (<em>Disability Assessment for Dementia<\/em>), \u00e9valuant la capacit\u00e9 du patient \u00e0 utiliser le t\u00e9l\u00e9phone, g\u00e9rer ses traitements ou s&rsquo;orienter dans son quartier.<\/li>\n<li><strong>Mesures biologiques et d&rsquo;imagerie fonctionnelle :<\/strong> En recherche de pointe, la tomographie par \u00e9mission de positons (TEP) utilisant des radiotraceurs sp\u00e9cifiques de l&rsquo;AChE (tels que le [11C]PMP ou le [11C]donepezil) permet de quantifier <em>in vivo<\/em> le pourcentage d&rsquo;inhibition enzymatique c\u00e9r\u00e9brale effectif, qui se situe g\u00e9n\u00e9ralement entre 30 % et 40 % aux doses th\u00e9rapeutiques recommand\u00e9es chez l&rsquo;adulte.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>10. Applications et port\u00e9e pratique<\/h3>\n<p>La port\u00e9e des inhibiteurs de l&rsquo;ac\u00e9tylcholinest\u00e9rase s&rsquo;\u00e9tend sur plusieurs axes th\u00e9rapeutiques majeurs, bien au-del\u00e0 de la psychiatrie g\u00e9riatrique fondamentale :<\/p>\n<p>Dans la <strong>maladie d&rsquo;Alzheimer<\/strong>, les recommandations internationales (American Academy of Neurology, directives de l&rsquo;EFNS\/EAN) pr\u00e9conisent leur introduction d\u00e8s les stades l\u00e9gers \u00e0 mod\u00e9r\u00e9ment s\u00e9v\u00e8res (MMSE compris entre 10 et 26). Leur prescription vise \u00e0 stabiliser les performances intellectuelles, retarder l&rsquo;institutionnalisation en maison de retraite m\u00e9dicalis\u00e9e et all\u00e9ger le fardeau des aidants naturels.<\/p>\n<p>Dans la <strong>d\u00e9mence associ\u00e9e \u00e0 la maladie de Parkinson (PDD)<\/strong> et la <strong>d\u00e9mence \u00e0 corps de Lewy (DLB)<\/strong>, la rivastigmine d\u00e9tient une autorisation de mise sur le march\u00e9 formelle dans de multiples pays. Les AChEI constituent le traitement de premier choix pour stabiliser la cognition et r\u00e9duire les sympt\u00f4mes neuropsychiatriques (apathie, anxi\u00e9t\u00e9, hallucinations, d\u00e9lires parano\u00efdes) sans courir le risque fatal d&rsquo;induire un syndrome malin des neuroleptiques chez ces patients hypersensibles aux antagonistes dopaminergiques.<\/p>\n<p>Sur le plan des indications m\u00e9dicales g\u00e9n\u00e9rales et d&rsquo;urgence :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Myasth\u00e9nie grave :<\/strong> Utilisation d&rsquo;AChEI d&rsquo;action purement p\u00e9riph\u00e9rique (comme la pyridostigmine ou la n\u00e9ostigmine) ne traversant pas la barri\u00e8re h\u00e9mato-enc\u00e9phalique, afin de r\u00e9tablir la force musculaire \u00e0 la jonction neuromusculaire sans induire d&rsquo;effets psychotropes centraux.<\/li>\n<li><strong>Inversion de la curarisation en anesth\u00e9sie :<\/strong> La n\u00e9ostigmine est administr\u00e9e en fin d&rsquo;intervention chirurgicale pour lever le bloc neuromusculaire induit par les curares non d\u00e9polarisants.<\/li>\n<li><strong>Syndrome anticholinergique central :<\/strong> La physostigmine reste utilis\u00e9e en toxicologie hospitali\u00e8re pour r\u00e9verser les intoxications graves caus\u00e9es par des surdosages massifs en m\u00e9dicaments anticholinergiques (antid\u00e9presseurs tricycliques, atropine, antihistaminiques s\u00e9datifs).<\/li>\n<\/ul>\n<h3>11. Recherches et donn\u00e9es empiriques<\/h3>\n<p>La litt\u00e9rature scientifique internationale d\u00e9di\u00e9e aux AChEI compte plusieurs milliers de publications, allant des essais contr\u00f4l\u00e9s randomis\u00e9s en double aveugle aux revues syst\u00e9matiques exhaustives.<\/p>\n<p>La collaboration <em>Cochrane<\/em> a publi\u00e9 de multiples m\u00e9ta-analyses majeures (notamment par Birks et al.) portant sur des cohortes d\u00e9passant les 10 000 patients. Les synth\u00e8ses m\u00e9thodologiques r\u00e9v\u00e8lent invariablement que les trois mol\u00e9cules modernes (don\u00e9p\u00e9zil, rivastigmine, galantamine) produisent des b\u00e9n\u00e9fices statistiquement significatifs comparativement au placebo sur une dur\u00e9e de suivi de six mois :<\/p>\n<ul>\n<li>Une am\u00e9lioration moyenne de 2 \u00e0 3 points sur l&rsquo;\u00e9chelle cognitive ADAS-Cog.<\/li>\n<li>Un gain cognitif global moyen de 1,3 point sur le score MMSE.<\/li>\n<li>Des b\u00e9n\u00e9fices mesurables bien que modestes sur le comportement global (\u00e9valuation CIBIC-plus) et sur le maintien des activit\u00e9s de la vie courante.<\/li>\n<li>Aucune diff\u00e9rence statistiquement probante en termes d&rsquo;efficacit\u00e9 pure entre le don\u00e9p\u00e9zil, la rivastigmine et la galantamine, le choix se faisant principalement sur la tol\u00e9rance individuelle, le mode d&rsquo;administration et la pharmacocin\u00e9tique.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Les \u00e9tudes observationnelles \u00e0 long terme (dur\u00e9e sup\u00e9rieure \u00e0 2 ans) indiquent que l&rsquo;interruption pr\u00e9matur\u00e9e du traitement entra\u00eene souvent un d\u00e9clin cognitif acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 qui ne rattrape jamais le niveau des patients maintenus sous th\u00e9rapie cholinergique continue, sugg\u00e9rant un effet protecteur de la fonctionnalit\u00e9 synaptique.<\/p>\n<p>Sur le plan translationnel, des recherches sugg\u00e8rent que les AChEI pourraient poss\u00e9der des propri\u00e9t\u00e9s modulatrices de la pathologie amylo\u00efde. L&rsquo;activation des r\u00e9cepteurs muscariniques M1 via l&rsquo;\u00e9l\u00e9vation de l&rsquo;ACh stimule la voie de la prot\u00e9ine kinase C (PKC), qui active \u00e0 son tour l&rsquo;alpha-s\u00e9cr\u00e9tase. Cette activation oriente le clivage de la prot\u00e9ine pr\u00e9curseur du peptide amylo\u00efde (APP) vers la voie non amylo\u00efdog\u00e8ne, r\u00e9duisant la formation des oligom\u00e8res toxiques de peptide b\u00eata-amylo\u00efde (A\u03b242). De surcro\u00eet, la galantamine a d\u00e9montr\u00e9 dans des mod\u00e8les cellulaires un effet anti-apoptotique en prot\u00e9geant les neurones contre la toxicit\u00e9 du glutamate m\u00e9di\u00e9e par les r\u00e9cepteurs NMDA.<\/p>\n<h3>12. Consid\u00e9rations socioculturelles et contextuelles<\/h3>\n<p>L&rsquo;int\u00e9gration des AChEI dans les syst\u00e8mes de soins de sant\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle plan\u00e9taire met en lumi\u00e8re de remarquables divergences \u00e9thiques, socio-\u00e9conomiques et r\u00e9glementaires d&rsquo;un pays \u00e0 l&rsquo;autre.<\/p>\n<p>L&rsquo;exemple de la France constitue une singularit\u00e9 internationale notable : en 2018, la Haute Autorit\u00e9 de Sant\u00e9 (<a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/www.has-sante.fr\">HAS<\/a>) a conclu que le service m\u00e9dical rendu (SMR) par les quatre m\u00e9dicaments anti-Alzheimer (don\u00e9p\u00e9zil, rivastigmine, galantamine et m\u00e9mantine) \u00e9tait d\u00e9sormais \u00ab insuffisant \u00bb pour justifier leur prise en charge par la solidarit\u00e9 nationale, conduisant \u00e0 leur d\u00e9remboursement total. Les autorit\u00e9s sanitaires fran\u00e7aises ont argu\u00e9 d&rsquo;une efficacit\u00e9 clinique modeste mise en balance avec un risque d&rsquo;effets ind\u00e9sirables potentiellement graves (troubles cardiaques et chutes) chez les patients tr\u00e8s \u00e2g\u00e9s.<\/p>\n<p>Cette d\u00e9cision a provoqu\u00e9 une vive contestation de la part de la communaut\u00e9 neurologique et g\u00e9riatrique francophone et contraste radicalement avec la politique sanitaire des pays anglo-saxons et europ\u00e9ens voisins. Des institutions comme le <em>National Institute for Health and Care Excellence<\/em> (<a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/www.nice.org.uk\">NICE<\/a>) au Royaume-Uni, l&rsquo;American Academy of Neurology aux \u00c9tats-Unis ou la Soci\u00e9t\u00e9 canadienne de g\u00e9riatrie maintiennent formellement les AChEI comme le traitement pharmacologique de r\u00e9f\u00e9rence de premi\u00e8re intention pour toute personne recevant un diagnostic de d\u00e9mence l\u00e9g\u00e8re \u00e0 mod\u00e9r\u00e9e.<\/p>\n<p>Au niveau soci\u00e9tal, l&rsquo;arriv\u00e9e de ces mol\u00e9cules a cristallis\u00e9 de puissants enjeux d&rsquo;esp\u00e9rance chez les familles touch\u00e9es par la d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence c\u00e9r\u00e9brale. L&rsquo;annonce du diagnostic est souvent accompagn\u00e9e d&rsquo;une angoisse existentielle majeure ; la prescription d&rsquo;un AChEI a souvent servi de vecteur relationnel permettant de formaliser une alliance th\u00e9rapeutique entre le m\u00e9decin, l&rsquo;aidant et le malade, en luttant contre le nihilisme th\u00e9rapeutique qui dominait jadis la prise en charge de la s\u00e9nilit\u00e9.<\/p>\n<h3>13. Critiques, controverses et limites<\/h3>\n<p>L&rsquo;utilisation des inhibiteurs de l&rsquo;ac\u00e9tylcholinest\u00e9rase fait l&rsquo;objet de vifs d\u00e9bats acad\u00e9miques et cliniques depuis plus de deux d\u00e9cennies :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Nature purement symptomatique :<\/strong> Le grief majeur adress\u00e9 aux AChEI r\u00e9side dans le fait qu&rsquo;ils n&rsquo;alt\u00e8rent pas l&rsquo;\u00e9volution neuropathologique fondamentale de la maladie d&rsquo;Alzheimer. Les neurones continuent de d\u00e9g\u00e9n\u00e9rer sous l&rsquo;effet de l&rsquo;accumulation amylo\u00efde et de la d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence neurofibrillaire \u00e0 base de prot\u00e9ine tau hyperphosphoryl\u00e9e. L&rsquo;am\u00e9lioration observ\u00e9e correspond \u00e0 un gain fonctionnel temporaire (\u00ab surr\u00e9gime \u00bb du syst\u00e8me r\u00e9siduel), mais la pente de d\u00e9clin reprend in\u00e9luctablement sa course au fil des ann\u00e9es.<\/li>\n<li><strong>Effets ind\u00e9sirables cholinergiques p\u00e9riph\u00e9riques et cardiaques :<\/strong> L&rsquo;exc\u00e8s d&rsquo;ac\u00e9tylcholine dans l&rsquo;organisme provoque des effets ind\u00e9sirables fr\u00e9quents et invalidants. Sur le plan gastro-intestinal, on observe naus\u00e9es, vomissements, perte d&rsquo;app\u00e9tit, amaigrissement et diarrh\u00e9es (chez 10 \u00e0 20 % des patients). Plus gravement, l&rsquo;action vagotonique sur le n\u0153ud sinusal cardiaque peut d\u00e9clencher une bradycardie s\u00e9v\u00e8re, des syncopes, des blocs auriculo-ventriculaires et des chutes traumatiques responsables de fractures du col du f\u00e9mur chez le sujet fragile.<\/li>\n<li><strong>Probl\u00e9matique de l&rsquo;arr\u00eat du traitement :<\/strong> Les cliniciens sont confront\u00e9s \u00e0 un dilemme r\u00e9current quant au moment d&rsquo;interrompre le traitement. Lorsque le patient atteint un stade s\u00e9v\u00e8re et Grabataire (MMSE &lt; 5-10), le maintien d&rsquo;un AChEI soul\u00e8ve des questions \u00e9thiques en raison des risques somatiques sans b\u00e9n\u00e9fice cognitif mesurable. Cependant, l&rsquo;interruption brutale peut induire un \u00ab syndrome de sevrage cholinergique \u00bb caract\u00e9ris\u00e9 par une aggravation cognitive pr\u00e9cipit\u00e9e, de l&rsquo;agitation psychomotrice et une perte de rep\u00e8res aigu\u00eb.<\/li>\n<li><strong>Co\u00fbt et fardeau de prescription :<\/strong> Le co\u00fbt financier direct du m\u00e9dicament (particuli\u00e8rement avant l&rsquo;apparition des versions g\u00e9n\u00e9riques) et le co\u00fbt du suivi m\u00e9dical ont souvent \u00e9t\u00e9 critiqu\u00e9s par les \u00e9conomistes de la sant\u00e9, qui soulignaient que le traitement ne modifiait que marginalement la date globale d&rsquo;entr\u00e9e en institution sp\u00e9cialis\u00e9e.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>14. Termes associ\u00e9s et distinctions conceptuelles<\/h3>\n<p>Une compr\u00e9hension rigoureuse de la psychopharmacologie implique de ne pas confondre les AChEI avec d&rsquo;autres mol\u00e9cules ou concepts voisins :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>AChEI vs M\u00e9mantine :<\/strong> La m\u00e9mantine n&rsquo;agit aucunement sur l&rsquo;ac\u00e9tylcholine ; il s&rsquo;agit d&rsquo;un antagoniste non comp\u00e9titif des r\u00e9cepteurs glutamatergiques NMDA d&rsquo;affinit\u00e9 mod\u00e9r\u00e9e. Elle prot\u00e8ge les neurones contre l&rsquo;excitotoxicit\u00e9 induite par le glutamate. La m\u00e9mantine est r\u00e9serv\u00e9e aux stades mod\u00e9r\u00e9s \u00e0 s\u00e9v\u00e8res de la maladie d&rsquo;Alzheimer, et est fr\u00e9quemment associ\u00e9e aux AChEI pour cr\u00e9er une bith\u00e9rapie synergique ciblant deux syst\u00e8mes de neurotransmission distincts.<\/li>\n<li><strong>AChEI vs Agonistes cholinergiques directs :<\/strong> Les AChEI sont des cholinomim\u00e9tiques <em>indirects<\/em>, n\u00e9cessitant la pr\u00e9sence de neurones pr\u00e9synaptiques fonctionnels capables de lib\u00e9rer de l&rsquo;ACh. \u00c0 l&rsquo;inverse, les agonistes directs (comme la pilocarpine ou l&rsquo;ar\u00e9coline) se fixent directement sur les r\u00e9cepteurs postsynaptiques ind\u00e9pendamment de la pr\u00e9sence du neurotransmetteur endog\u00e8ne ; leur emploi en neurologie centrale a \u00e9chou\u00e9 en raison de leur toxicit\u00e9 syst\u00e9mique majeure.<\/li>\n<li><strong>AChEI vs Th\u00e9rapies modulatrices anti-amylo\u00efdes (AcM) :<\/strong> Les nouveaux anticorps monoclonaux comme le <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Lecanemab\">lecanemab<\/a> ou le donanemab ciblent directement l&rsquo;\u00e9limination des plaques amylo\u00efdes c\u00e9r\u00e9brales pour modifier le cours biologique de la maladie, alors que les AChEI n&rsquo;ont qu&rsquo;une vocation de compensation synaptique et symptomatique.<\/li>\n<li><strong>Ac\u00e9tylcholinest\u00e9rase (AChE) vs Butyrylcholinest\u00e9rase (BuChE) :<\/strong> L&rsquo;AChE est localis\u00e9e pr\u00e9f\u00e9rentiellement dans les synapses neuronales centrales et les h\u00e9maties, avec une haute affinit\u00e9 pour l&rsquo;ac\u00e9tylcholine. La BuChE (ou pseudocholinest\u00e9rase) est produite par le foie et se trouve dans le s\u00e9rum et les cellules gliales, capable d&rsquo;hydrolyser une grande diversit\u00e9 d&rsquo;esters.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>15. R\u00e9sum\u00e9 et points cl\u00e9s \u00e0 retenir<\/h3>\n<p>Les inhibiteurs de l&rsquo;ac\u00e9tylcholinest\u00e9rase demeurent une classe pharmacologique embl\u00e9matique des neurosciences contemporaines :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>M\u00e9canisme :<\/strong> En inhibant la d\u00e9gradation enzymatique de l&rsquo;ac\u00e9tylcholine, les AChEI amplifient la disponibilit\u00e9 synaptique de ce neurotransmetteur au sein des circuits corticaux et sous-corticaux cruciaux pour l&rsquo;attention et la m\u00e9moire.<\/li>\n<li><strong>Indication reine :<\/strong> Prise en charge symptomatique de la maladie d&rsquo;Alzheimer aux stades l\u00e9gers \u00e0 mod\u00e9r\u00e9s, de la d\u00e9mence associ\u00e9e \u00e0 la maladie de Parkinson et de la d\u00e9mence \u00e0 corps de Lewy.<\/li>\n<li><strong>Mol\u00e9cules actuelles :<\/strong> Le don\u00e9p\u00e9zil (pip\u00e9ridine r\u00e9versible s\u00e9lective), la rivastigmine (carbamate pseudo-irr\u00e9versible inhibant AChE et BuChE) et la galantamine (inhibiteur comp\u00e9titif et modulateur allost\u00e9rique nicotinique).<\/li>\n<li><strong>B\u00e9n\u00e9fice clinique :<\/strong> Effet symptomatique transitoire caract\u00e9ris\u00e9 par une stabilisation cognitive (ADAS-Cog, MMSE) et attentionnelle pendant plusieurs mois, sans toutefois freiner la mort neuronale fondamentale sous-jacente.<\/li>\n<li><strong>Pr\u00e9cautions cardinales :<\/strong> Vigilance clinique imp\u00e9rative vis-\u00e0-vis des effets ind\u00e9sirables digestifs et surtout cardiaques (bradycardie, syncope, risque de chute fracturaire).<\/li>\n<\/ul>\n<h2>R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<ul>\n<li>Birks, J. S. (2006). Cholinesterase inhibitors for Alzheimer&rsquo;s disease. <em>Cochrane Database of Systematic Reviews<\/em>, (1), CD005593. <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1002\/14651858.CD005593\">https:\/\/doi.org\/10.1002\/14651858.CD005593<\/a><\/li>\n<li>Davies, P., &amp; Maloney, A. J. (1976). Selective loss of central cholinergic neurons in Alzheimer&rsquo;s disease. <em>The Lancet<\/em>, 308(8000), 1403. <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1016\/S0140-6736(76)91936-X\">https:\/\/doi.org\/10.1016\/S0140-6736(76)91936-X<\/a><\/li>\n<li>Hasselmo, M. E. (2006). The role of acetylcholine in learning and memory as viewed on multiple levels of analysis. <em>Neurobiology of Learning and Memory<\/em>, 85(3), 212\u2013226. <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1016\/j.nlm.2005.11.007\">https:\/\/doi.org\/10.1016\/j.nlm.2005.11.007<\/a><\/li>\n<li>McKeith, I. G., Boeve, B. F., Dickson, D. W., Halliday, G., Taylor, J. P., Weintraub, D., Aarsland, D., Galvin, J., Attems, J., Ballard, C. G., Bayston, A., Beach, T. G., Blanc, F., Bohnen, N., Bonanni, L., Bras, J., Brundin, P., Burn, D., Chen-Plotkin, A., \u2026 Kosaka, K. (2017). Diagnosis and management of dementia with Lewy bodies: Fourth consensus report of the DLB Consortium. <em>Neurology<\/em>, 89(1), 88\u2013100. <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1212\/WNL.0000000000004058\">https:\/\/doi.org\/10.1212\/WNL.0000000000004058<\/a><\/li>\n<li>Reisberg, B., Doody, R., St\u00f6ffler, A., Schmitt, F., Ferris, S., &amp; M\u00f6bius, H. J. (2003). Memantine in moderate-to-severe Alzheimer&rsquo;s disease. <em>The New England Journal of Medicine<\/em>, 348(14), 1333\u20131341. <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1056\/NEJMoa013128\">https:\/\/doi.org\/10.1056\/NEJMoa013128<\/a><\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D\u00e9couvrez les inhibiteurs de l&rsquo;ac\u00e9tylcholinest\u00e9rase (AChEI) : m\u00e9canisme d&rsquo;action synaptique, mol\u00e9cules de r\u00e9f\u00e9rence (don\u00e9p\u00e9zil, rivastigmine, galantamine), utilit\u00e9 clinique dans la maladie d&rsquo;Alzheimer et d\u00e9bats contemporains.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"template":"","categories":[31279,1387],"tags":[31268,31280,31271,31282,2350,9041,31281],"class_list":["post-19384","psych_term","type-psych_term","status-publish","hentry","category-neuropsychopharmacologie","category-neurosciences-cognitives","tag-acetylcholinesterase","tag-achei","tag-donepezil","tag-galantamine","tag-maladie-dalzheimer","tag-psychopharmacologie","tag-rivastigmine"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_term\/19384","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_term"}],"about":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/psych_term"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_term\/19384\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=19384"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=19384"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=19384"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}