{"id":925,"date":"2026-09-04T15:29:16","date_gmt":"2026-09-04T15:29:16","guid":{"rendered":"http:\/\/french.arabpsychology.com\/statistics\/comment-effectuer-test-kruskal-wallis-stata\/"},"modified":"2026-09-04T15:29:21","modified_gmt":"2026-09-04T15:29:21","slug":"comment-effectuer-test-kruskal-wallis-stata","status":"publish","type":"psych_stat","link":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/?psych_stat=comment-effectuer-test-kruskal-wallis-stata","title":{"rendered":"Comment effectuer un test de Kruskal-Wallis dans Stata"},"content":{"rendered":"<p>L&rsquo;inf\u00e9rence statistique contemporaine au sein des sciences humaines, sociales et biom\u00e9dicales repose fr\u00e9quemment sur la comparaison de groupes d&rsquo;observations soumis \u00e0 des conditions exp\u00e9rimentales ou naturelles distinctes. Lorsque les chercheurs sont confront\u00e9s \u00e0 des protocoles transversaux impliquant trois \u00e9chantillons ind\u00e9pendants ou davantage, le r\u00e9flexe m\u00e9thodologique quasi universel consiste \u00e0 mobiliser l&rsquo;analyse de variance univari\u00e9e (ANOVA \u00e0 un facteur). N\u00e9anmoins, le mod\u00e8le lin\u00e9aire sous-jacent \u00e0 l&rsquo;ANOVA classique repose sur des postulats distributionnels stricts : la normalit\u00e9 des r\u00e9sidus au sein de chaque groupe, l&rsquo;homosc\u00e9dasticit\u00e9 (l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 des variances intergroupes) et la nature strictement m\u00e9trique continue de la variable d\u00e9pendante. Dans la pratique empirique, en particulier lors de l&rsquo;investigation de variables psychom\u00e9triques, de scores cliniques ou de donn\u00e9es d\u00e9mographiques fortement asym\u00e9triques, ces exigences th\u00e9oriques se heurtent \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 des distributions empiriques, rendant les estimateurs param\u00e9triques vuln\u00e9rables et sujets \u00e0 une inflation ind\u00e9sirable du taux d&rsquo;erreur de premi\u00e8re esp\u00e8ce.<\/p>\n<p>Face \u00e0 ces contraintes distributionnelles, l&rsquo;approche non param\u00e9trique offre un cadre analytique d&rsquo;une remarquable \u00e9l\u00e9gance et d&rsquo;une robustesse \u00e9prouv\u00e9e. Le test de Kruskal-Wallis, introduit au milieu du XXe si\u00e8cle, constitue l&rsquo;analogue non param\u00e9trique direct de l&rsquo;ANOVA \u00e0 un facteur pour \u00e9chantillons ind\u00e9pendants. En substituant aux valeurs brutes de la variable \u00e9tudi\u00e9e leurs rangs statistiques calcul\u00e9s sur l&rsquo;\u00e9chantillon global agr\u00e9g\u00e9, ce test s&rsquo;affranchit de l&rsquo;hypoth\u00e8se de normalit\u00e9 gaussienne tout en pr\u00e9servant une puissance statistique remarquable, particuli\u00e8rement comp\u00e9titive face aux mod\u00e8les param\u00e9triques d\u00e8s lors que les postulats de ces derniers sont compromis. Dans le logiciel de biom\u00e9trie et d&rsquo;\u00e9conom\u00e9trie <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/www.stata.com\">Stata<\/a>, cet outil est impl\u00e9ment\u00e9 nativement \u00e0 travers des commandes performantes permettant non seulement de calculer la statistique de test ajust\u00e9e pour les ex-\u00e6quo, mais \u00e9galement de d\u00e9ployer des proc\u00e9dures d&rsquo;analyse post-hoc rigoureuses et d&rsquo;estimer des indices standardis\u00e9s d&rsquo;amplitude d&rsquo;effet.<\/p>\n<p>Le pr\u00e9sent guide m\u00e9thodologique propose une exploration exhaustive, th\u00e9orique et op\u00e9rationnelle de l&rsquo;ex\u00e9cution du test de Kruskal-Wallis au sein de l&rsquo;environnement Stata. Con\u00e7u \u00e0 l&rsquo;intention des chercheurs, doctorants et biostatisticiens soucieux de rigueur computationnelle, cet article d\u00e9taille chaque \u00e9tape du flux de travail analytique : depuis l&rsquo;\u00e9pist\u00e9mologie de la logique des rangs combin\u00e9s jusqu&rsquo;\u00e0 la r\u00e9daction formalis\u00e9e des r\u00e9sultats selon les standards acad\u00e9miques internationaux de l&rsquo;American Psychological Association (APA 7e \u00e9dition), en passant par l&rsquo;\u00e9valuation empirique des postulats diagnostiques, la gestion des contrastes par paires multiples et l&rsquo;automatisation des calculs d&rsquo;amplitude d&rsquo;effet via des scripts reproductibles.<\/p>\n<h2>1. Fondements th\u00e9oriques et \u00e9pist\u00e9mologiques du test de Kruskal-Wallis<\/h2>\n<h3>1.1 Origine math\u00e9matique et logique non param\u00e9trique<\/h3>\n<p>Le test d&rsquo;analyse de variance par les rangs de Kruskal-Wallis a \u00e9t\u00e9 formalis\u00e9 en 1952 par les statisticiens am\u00e9ricains <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/www.jstor.org\/stable\/2280779\">William Kruskal et W. Allen Wallis<\/a> au sein d&rsquo;une publication fondatrice parue dans le <em>Journal of the American Statistical Association<\/em>. Leur objectif consistait \u00e0 \u00e9tendre le principe de comparaison non param\u00e9trique introduit par Frank Wilcoxon et Henry Mann et Donald Whitney pour deux \u00e9chantillons ind\u00e9pendants \u00e0 une configuration exp\u00e9rimentale impliquant <em>k<\/em> groupes ind\u00e9pendants, o\u00f9 <em>k<\/em> est sup\u00e9rieur ou \u00e9gal \u00e0 3. La gen\u00e8se math\u00e9matique de ce test s&rsquo;inscrit dans un courant \u00e9pist\u00e9mologique visant \u00e0 lib\u00e9rer l&rsquo;inf\u00e9rence statistique de la d\u00e9pendance \u00e9troite aux param\u00e8tres distributionnels th\u00e9oriques, tels que l&rsquo;esp\u00e9rance math\u00e9matique et la variance d&rsquo;une loi normale hypoth\u00e9tique.<\/p>\n<p>Le c\u0153ur algorithmique de la m\u00e9thode repose sur le concept de classement par rangs combin\u00e9s. Au lieu d&rsquo;op\u00e9rer directement sur les m\u00e9triques brutes des observations, l&rsquo;ensemble des donn\u00e9es issues des <em>k<\/em> sous-\u00e9chantillons est fusionn\u00e9 en une s\u00e9rie unique de taille <em>N<\/em>, ordonn\u00e9e de la plus petite \u00e0 la plus grande valeur. Chaque observation se voit attribuer un rang entier compris entre 1 et <em>N<\/em>. En cas d&rsquo;observations de valeurs identiques (ex-\u00e6quo ou <em>ties<\/em>), la m\u00e9thode leur attribue la moyenne arithm\u00e9tique des rangs qu&rsquo;elles auraient occup\u00e9s si elles avaient \u00e9t\u00e9 distinctes. Une fois cette transformation op\u00e9r\u00e9e, les observations sont r\u00e9assign\u00e9es \u00e0 leurs groupes respectifs, et la somme des rangs associ\u00e9s \u00e0 chaque modalit\u00e9 est calcul\u00e9e.<\/p>\n<p>Cette approche induit une distinction conceptuelle fondamentale entre la comparaison classique des moyennes et l&rsquo;\u00e9valuation non param\u00e9trique des distributions. Alors que l&rsquo;ANOVA param\u00e9trique \u00e9value si la dispersion des moyennes observ\u00e9es autour de la moyenne g\u00e9n\u00e9rale d\u00e9passe la variabilit\u00e9 r\u00e9siduelle intra-groupe, le test de Kruskal-Wallis examine si les rangs moyens attribu\u00e9s aux diff\u00e9rents groupes s&rsquo;\u00e9cartent de mani\u00e8re statistiquement significative du rang moyen th\u00e9orique attendu sous l&rsquo;hypoth\u00e8se d&rsquo;une distribution uniforme al\u00e9atoire. Le test ne mesure donc pas une distance g\u00e9om\u00e9trique entre des centres de gravit\u00e9 num\u00e9riques, mais \u00e9value un glissement stochastique ou une tendance au d\u00e9placement relatif d&rsquo;une population par rapport aux autres au sein d&rsquo;une \u00e9chelle ordinale continue.<\/p>\n<p>Sur le plan m\u00e9thodologique, le test de Kruskal-Wallis se positionne non pas comme un substitut d\u00e9grad\u00e9 de l&rsquo;ANOVA univari\u00e9e, mais comme un mod\u00e8le d&rsquo;inf\u00e9rence autonome dot\u00e9 d&rsquo;une efficacit\u00e9 asymptotique relative remarquable. Face \u00e0 une distribution strictement gaussienne, l&rsquo;efficacit\u00e9 relative asymptotique (ARE) du test de Kruskal-Wallis par rapport au test <em>F<\/em> de Fisher-Snedecor est de 3\/\u03c0, soit approximativement 95,5 %. Cela implique qu&rsquo;en contexte de normalit\u00e9 parfaite, la perte de puissance li\u00e9e \u00e0 l&rsquo;utilisation des rangs demeure marginale. Inversement, en pr\u00e9sence de distributions \u00e0 queues lourdes, d&rsquo;asym\u00e9tries prononc\u00e9es ou de contaminations par des valeurs aberrantes, l&rsquo;ARE de Kruskal-Wallis d\u00e9passe fr\u00e9quemment 100 %, d\u00e9montrant une sensibilit\u00e9 et une puissance statistique sup\u00e9rieures \u00e0 celles du mod\u00e8le param\u00e9trique traditionnel.<\/p>\n<h3>1.2 Pertinence m\u00e9thodologique en psychologie et sciences du comportement<\/h3>\n<p>Dans les sciences du comportement, la psychiatrie exp\u00e9rimentale et la psychom\u00e9trie, la nature m\u00e9trique des donn\u00e9es recueillies pose des d\u00e9fis m\u00e9thodologiques consid\u00e9rables. Les chercheurs collectent quotidiennement des scores composites issus d&rsquo;\u00e9chelles d&rsquo;\u00e9valuation ordinale de type Likert (par exemple, \u00e9chelles en 5 ou 7 points mesurant l&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9, la d\u00e9pression, l&rsquo;attitude politique ou la satisfaction organisationnelle). Traiter ces construits ordinaux comme des variables continues dot\u00e9es d&rsquo;une m\u00e9trique d&rsquo;intervalles constants constitue une approximation math\u00e9matique souvent contestable. Le test de Kruskal-Wallis r\u00e9pond avec une rigueur irr\u00e9prochable \u00e0 cette configuration, car il ne requiert qu&rsquo;une relation d&rsquo;ordre monotone entre les observations, respectant scrupuleusement la m\u00e9trologie des instruments de mesure.<\/p>\n<p>Par ailleurs, les distributions observ\u00e9es en psychopathologie et en neurosciences comportementales pr\u00e9sentent presque syst\u00e9matiquement une asym\u00e9trie positive prononc\u00e9e. Les temps de r\u00e9action dans les paradigmes d&rsquo;inhibition cognitive (t\u00e2ches de Stroop ou de Go\/No-Go), les scores de s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 symptomatique sur l&rsquo;inventaire de d\u00e9pression de Beck ou les concentrations de biomarqueurs neuroendocriniens chez des patients souffrant de stress post-traumatique s&rsquo;\u00e9cartent radicalement de la cloche de Gauss. L&rsquo;application m\u00e9canique d&rsquo;une ANOVA param\u00e9trique sur de tels profils expose le chercheur \u00e0 un double \u00e9cueil : d&rsquo;une part, une instabilit\u00e9 majeure de l&rsquo;erreur quadratique moyenne due aux valeurs extr\u00eames, et d&rsquo;autre part, une perte dramatique de puissance statistique susceptible de masquer des effets r\u00e9els (erreur de deuxi\u00e8me esp\u00e8ce).<\/p>\n<p>La recherche clinique et translationnelle est \u00e9galement confront\u00e9e \u00e0 la contrainte r\u00e9currente des \u00e9chantillons restreints ou substantiellement d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9s. Dans les protocoles \u00e9valuant des pathologies rares, les essais de phase II ou les \u00e9tudes de neuro-imagerie fonctionnelle, constituer des cohortes de grande envergure s&rsquo;av\u00e8re financi\u00e8rement ou logistiquement impossible. Lorsque les effectifs par sous-groupe oscillent entre 5 et 15 participants, le th\u00e9or\u00e8me central limite ne peut s&rsquo;appliquer pour garantir la normalit\u00e9 asymptotique de la distribution d&rsquo;\u00e9chantillonnage des moyennes. Dans ces situations o\u00f9 les tests param\u00e9triques deviennent hautement faillibles, le test de Kruskal-Wallis pr\u00e9serve la robustesse de l&rsquo;inf\u00e9rence, offrant une base d\u00e9cisionnelle stable exempte d&rsquo;artefacts d&rsquo;\u00e9chantillonnage.<\/p>\n<h3>1.3 Formulation formelle des hypoth\u00e8ses statistiques<\/h3>\n<p>La formalisation rigoureuse des hypoth\u00e8ses statistiques dans le test de Kruskal-Wallis exige une pr\u00e9cision s\u00e9mantique et math\u00e9matique que la litt\u00e9rature empirique omet fr\u00e9quemment. L&rsquo;hypoth\u00e8se nulle fondamentale, not\u00e9e <em>H<\/em><sub>0<\/sub>, postule l&rsquo;\u00e9quivalence stochastique des <em>k<\/em> populations sous-jacentes. Sur le plan probabiliste, si l&rsquo;on consid\u00e8re <em>k<\/em> variables al\u00e9atoires <em>X<\/em><sub>1<\/sub>, <em>X<\/em><sub>2<\/sub>, &#8230;, <em>X<sub>k<\/sub><\/em> caract\u00e9risant les observations des <em>k<\/em> groupes d&rsquo;\u00e9tude respectifs, l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle stipule que toutes les fonctions de r\u00e9partition cumul\u00e9es <em>F<sub>i<\/sub>(x)<\/em> sont rigoureusement identiques pour toute valeur r\u00e9elle de <em>x<\/em> :<\/p>\n<p><em>H<\/em><sub>0<\/sub> : <em>F<\/em><sub>1<\/sub>(<em>x<\/em>) = <em>F<\/em><sub>2<\/sub>(<em>x<\/em>) = &#8230; = <em>F<sub>k<\/sub><\/em>(<em>x<\/em>), pour tout <em>x<\/em> appartenant \u00e0 l&rsquo;ensemble des nombres r\u00e9els.<\/p>\n<p>L&rsquo;hypoth\u00e8se alternative, not\u00e9e <em>H<\/em><sub>1<\/sub>, stipule qu&rsquo;au moins une des populations tend \u00e0 pr\u00e9senter des valeurs stochastiquement sup\u00e9rieures ou inf\u00e9rieures aux autres. Autrement dit, il existe au moins une paire de groupes (<em>i<\/em>, <em>j<\/em>) telle que la probabilit\u00e9 qu&rsquo;une observation extraite al\u00e9atoirement de la population <em>i<\/em> surpasse une observation issue de la population <em>j<\/em> d\u00e9vie de l&rsquo;\u00e9quilibre parfait de 0,50 :<\/p>\n<p><em>H<\/em><sub>1<\/sub> : \u2203 (<em>i<\/em>, <em>j<\/em>) tel que <em>P<\/em>(<em>X<sub>i<\/sub><\/em> &gt; <em>X<sub>j<\/sub><\/em>) \u2260 0,50.<\/p>\n<p>Une nuance m\u00e9thodologique cruciale concerne la formulation de ces hypoth\u00e8ses en termes de m\u00e9dianes. De nombreux manuels vulgaris\u00e9s affirment p\u00e9remptoirement que le test de Kruskal-Wallis teste l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 des m\u00e9dianes des groupes. Cette affirmation n&rsquo;est math\u00e9matiquement exacte que si et seulement si l&rsquo;analyste pose un postulat additionnel : l&rsquo;hypoth\u00e8se d&rsquo;homomorphisme distributionnel. Si les <em>k<\/em> populations poss\u00e8dent des distributions de formes identiques (m\u00eame asym\u00e9trie, m\u00eame \u00e9talement, m\u00eame aplatissement) et ne diff\u00e8rent \u00e9ventuellement que par une translation horizontale sur l&rsquo;axe des abscisses (un param\u00e8tre de position), alors le rejet de <em>H<\/em><sub>0<\/sub> permet de conclure sans \u00e9quivoque \u00e0 une diff\u00e9rence statistiquement significative entre les m\u00e9dianes des populations.<\/p>\n<p>En revanche, si les distributions pr\u00e9sentent des formes structurellement diff\u00e9rentes (par exemple, un groupe caract\u00e9ris\u00e9 par une asym\u00e9trie positive marqu\u00e9e et un second groupe pr\u00e9sentant une dispersion bimodale), le test de Kruskal-Wallis conserve sa pleine validit\u00e9 statistique, mais son interpr\u00e9tation se restreint alors \u00e0 une comparaison des rangs moyens ou de la dominance stochastique globale. Le rejet de l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle n&rsquo;indique plus n\u00e9cessairement que les m\u00e9dianes divergent, mais qu&rsquo;une distribution domine globalement les autres dans l&rsquo;espace de rangs. La clarification explicite de cette distinction conditionne la validit\u00e9 des inf\u00e9rences tir\u00e9es par l&rsquo;investigateur.<\/p>\n<h2>2. Conditions d&rsquo;application et postulats diagnostiques<\/h2>\n<h3>2.1 Structure des donn\u00e9es et nature des variables<\/h3>\n<p>Pour garantir la validit\u00e9 m\u00e9thodologique du test de Kruskal-Wallis dans Stata, la matrice de donn\u00e9es doit satisfaire une architecture op\u00e9rationnelle d\u00e9termin\u00e9e. En premier lieu, la variable d\u00e9pendante (ou variable de r\u00e9sultat) doit pr\u00e9senter au minimum un niveau de mesure ordinale. Cela signifie que les valeurs observ\u00e9es peuvent \u00eatre rigoureusement ordonn\u00e9es selon une hi\u00e9rarchie non ambigu\u00eb, permettant l&rsquo;attribution univoque de rangs. Si la variable est de nature quantitative continue (mesures de temps, de poids, de concentration biochimique ou d&rsquo;indices \u00e9conomiques), cette condition est automatiquement remplie. Le test accepte \u00e9galement des \u00e9chelles composites discr\u00e8tes, pourvu que la relation d&rsquo;ordre monotone soit pr\u00e9serv\u00e9e d&rsquo;un bout \u00e0 l&rsquo;autre de l&rsquo;espace de variation m\u00e9trique.<\/p>\n<p>En second lieu, la variable ind\u00e9pendante (le facteur explicatif ou variable de regroupement) doit \u00eatre strictement cat\u00e9gorielle, d\u00e9finissant au minimum trois modalit\u00e9s distinctes, exhaustives et mutuellement exclusives. Bien que la commande Stata puisse techniquement s&rsquo;ex\u00e9cuter sur une variable ind\u00e9pendante ne comportant que deux modalit\u00e9s, une telle configuration rel\u00e8ve canoniquement du test de Wilcoxon-Mann-Whitney (impl\u00e9ment\u00e9 via la commande <code>ranksum<\/code>), dont Kruskal-Wallis repr\u00e9sente la g\u00e9n\u00e9ralisation math\u00e9matique directe pour <em>k<\/em> \u2265 3.<\/p>\n<p>En troisi\u00e8me lieu, le postulat d&rsquo;ind\u00e9pendance mutuelle stricte des observations constitue la condition d&rsquo;application la plus intransigeante. Chaque sujet, unit\u00e9 exp\u00e9rimentale ou observation ne doit contribuer qu&rsquo;une seule et unique fois \u00e0 la structure globale de donn\u00e9es, et l&rsquo;appartenance \u00e0 un groupe d&rsquo;\u00e9chantillonnage doit \u00eatre mutuellement exclusive. Les mesures r\u00e9p\u00e9t\u00e9es dans le temps sur les m\u00eames individus, les plans d&rsquo;appariement cas-t\u00e9moins ou les structures hi\u00e9rarchiques embo\u00eet\u00e9es (par exemple, des \u00e9l\u00e8ves nich\u00e9s au sein de classes scolaires sans contr\u00f4le de l&rsquo;effet de grappe) violent frontalement cette exigence. Une violation de l&rsquo;ind\u00e9pendance des observations alt\u00e8re profond\u00e9ment la distribution de la statistique de test sous l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle, provoquant des taux alarmants d&rsquo;erreurs de type I qui invalident toute inf\u00e9rence d\u00e9ductive.<\/p>\n<h3>2.2 Examen de la similarit\u00e9 des distributions<\/h3>\n<p>L&rsquo;interpr\u00e9tation s\u00e9mantique du r\u00e9sultat issu de Kruskal-Wallis est intimement tributaire de la morphologie compar\u00e9e des distributions au sein des sous-groupes. Comme explicit\u00e9 dans les fondements th\u00e9oriques, l&rsquo;attribution d&rsquo;une diff\u00e9rence de positionnement \u00e0 un \u00e9cart entre les m\u00e9dianes n&rsquo;est m\u00e9thodologiquement l\u00e9gitime que si l&rsquo;analyste s&rsquo;assure d&rsquo;une relative homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 de la forme g\u00e9om\u00e9trique des distributions empiriques. Dans le cadre de l&rsquo;inf\u00e9rence appliqu\u00e9e, cela implique que les fonctions de densit\u00e9 de probabilit\u00e9 estim\u00e9es pour chaque modalit\u00e9 doivent pr\u00e9senter une variance, une asym\u00e9trie (skewness) et un coefficient d&rsquo;aplatissement (kurtosis) comparables.<\/p>\n<p>Lorsque cette condition de similitude des formes est satisfaite, le test de Kruskal-Wallis agit comme un test pur de translation (location-shift model). Le rejet de l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle atteste formellement que les centres de gravit\u00e9 des populations \u2014 id\u00e9alement repr\u00e9sent\u00e9s par les m\u00e9dianes en raison de leur r\u00e9sistance aux perturbations p\u00e9riph\u00e9riques \u2014 diff\u00e8rent significativement. Dans ce sc\u00e9nario, le chercheur dispose d&rsquo;une m\u00e9trique d&rsquo;une grande intuitivit\u00e9 pour communiquer ses conclusions au lectorat acad\u00e9mique : il lui suffit de reporter les m\u00e9dianes respectives de chaque groupe pour d\u00e9crire la trajectoire de l&rsquo;effet observ\u00e9.<\/p>\n<p>\u00c0 l&rsquo;inverse, si l&rsquo;exploration diagnostique pr\u00e9liminaire r\u00e9v\u00e8le des dissemblances morphologiques majeures entre les strates \u2014 par exemple, un sous-groupe fortement leptokurtique et asym\u00e9trique \u00e0 droite confront\u00e9 \u00e0 un sous-groupe platykurtique et sym\u00e9trique \u2014, l&rsquo;hypoth\u00e8se de pure translation s&rsquo;effondre. Le test de Kruskal-Wallis demeure math\u00e9matiquement robuste et conserve son seuil nominal de signification, mais la conclusion statistique doit \u00eatre formul\u00e9e avec une prudence accrue : elle concerne exclusivement la dominance stochastique globale des distributions et la divergence des rangs moyens, excluant toute all\u00e9gation formelle sur l&rsquo;in\u00e9galit\u00e9 univoque des m\u00e9dianes individuelles. Des m\u00e9thodes d&rsquo;inspection visuelle rigoureuses et des tests pr\u00e9liminaires de dispersion permettent de clarifier cette orientation analytique.<\/p>\n<h3>2.3 Gestion des ex-\u00e6quo et ajustement de la statistique de test<\/h3>\n<p>Dans les jeux de donn\u00e9es r\u00e9els, particuli\u00e8rement lorsqu&rsquo;on analyse des scores discrets ou des \u00e9chelles psychom\u00e9triques \u00e0 amplitude born\u00e9e, la pr\u00e9sence d&rsquo;observations partageant des valeurs rigoureusement identiques est in\u00e9vitable. Ces co\u00efncidences num\u00e9riques, d\u00e9sign\u00e9es sous le terme d&rsquo;ex-\u00e6quo ou de <em>ties<\/em>, alt\u00e8rent la structure math\u00e9matique de la somme des rangs en r\u00e9duisant artificiellement la variance globale des rangs assign\u00e9s. Si aucune correction computationnelle n&rsquo;\u00e9tait appliqu\u00e9e, la statistique de test <em>H<\/em> sous-estimerait la v\u00e9ritable ampleur de la divergence intergroupes, augmentant ind\u00fbment le risque d&rsquo;erreur de deuxi\u00e8me esp\u00e8ce (d\u00e9faut de d\u00e9tection d&rsquo;un effet r\u00e9el).<\/p>\n<p>La statistique fondamentale du test de Kruskal-Wallis, en l&rsquo;absence totale d&rsquo;ex-\u00e6quo, est d\u00e9finie par la formulation analytique suivante :<\/p>\n<p><em>H<\/em> = [12 \/ (<em>N<\/em>(<em>N<\/em> + 1))] * \u03a3 [<em>R<sub>i<\/sub><\/em><sup>2<\/sup> \/ <em>n<sub>i<\/sub><\/em>] &#8211; 3(<em>N<\/em> + 1)<\/p>\n<p>o\u00f9 <em>N<\/em> repr\u00e9sente l&rsquo;effectif total agr\u00e9g\u00e9, <em>n<sub>i<\/sub><\/em> est l&rsquo;effectif propre au groupe <em>i<\/em>, et <em>R<sub>i<\/sub><\/em> figure la somme des rangs assign\u00e9s aux observations du groupe <em>i<\/em>. D\u00e8s lors que des ex-\u00e6quo \u00e9mergent, la statistique <em>H<\/em> doit \u00eatre divis\u00e9e par un facteur d&rsquo;ajustement correctif not\u00e9 <em>C<\/em>, calcul\u00e9 selon l&rsquo;expression :<\/p>\n<p><em>C<\/em> = 1 &#8211; [\u03a3 (<em>t<sub>j<\/sub><\/em><sup>3<\/sup> &#8211; <em>t<sub>j<\/sub><\/em>) \/ (<em>N<\/em><sup>3<\/sup> &#8211; <em>N<\/em>)]<\/p>\n<p>dans laquelle <em>t<sub>j<\/sub><\/em> quantifie le nombre d&rsquo;observations \u00e0 \u00e9galit\u00e9 de valeur au sein du <em>j<\/em>-i\u00e8me groupe de valeurs identiques. La statistique corrig\u00e9e <em>H<sub>c<\/sub><\/em> = <em>H<\/em> \/ <em>C<\/em> r\u00e9introduit la pr\u00e9cision n\u00e9cessaire. Dans l&rsquo;architecture logicielle de Stata, cet ajustement est ex\u00e9cut\u00e9 de mani\u00e8re totalement native et transparente pour l&rsquo;analyste, qui se voit pr\u00e9senter simultan\u00e9ment les deux m\u00e9triques dans la table des sorties.<\/p>\n<p>Enfin, la validit\u00e9 asymptotique de la distribution d&rsquo;\u00e9chantillonnage de la statistique <em>H<\/em> d\u00e9pend des effectifs disponibles. Sous l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle, la statistique <em>H<\/em> converge vers une distribution th\u00e9orique du Chi-deux (\u03c7\u00b2) poss\u00e9dant <em>k<\/em> &#8211; 1 degr\u00e9s de libert\u00e9 \u00e0 mesure que la taille d&rsquo;\u00e9chantillon s&rsquo;accro\u00eet. Les standards m\u00e9thodologiques s&rsquo;accordent \u00e0 consid\u00e9rer que cette approximation asymptotique est pleinement fiable d\u00e8s lors que chaque sous-groupe comporte au minimum 5 observations (<em>n<sub>i<\/sub><\/em> \u2265 5). En de\u00e7\u00e0 de ce seuil critique, l&rsquo;approximation par la loi du Chi-deux devient impr\u00e9cise, et le recours \u00e0 des tables de distribution exacte ou \u00e0 des algorithmes de permutation exacte devient n\u00e9cessaire.<\/p>\n<h2>3. Environnement de travail Stata et pr\u00e9paration des donn\u00e9es<\/h2>\n<h3>3.1 Configuration de l&rsquo;espace de travail Stata<\/h3>\n<p>L&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 de toute recherche quantitative repose sur le paradigme de la reproductibilit\u00e9 analytique. Dans l&rsquo;\u00e9cosyst\u00e8me Stata, cette exigence impose d&rsquo;abandonner l&rsquo;interaction exclusive via l&rsquo;interface graphique utilisateur (menus d\u00e9roulants) au profit d&rsquo;une \u00e9criture syst\u00e9matique, structur\u00e9e et comment\u00e9e au sein d&rsquo;un fichier script Do-file. Avant d&rsquo;engager la moindre transformation de donn\u00e9es ou mod\u00e9lisation statistique, l&rsquo;espace de travail doit \u00eatre initialis\u00e9 m\u00e9thodiquement.<\/p>\n<p>L&rsquo;initialisation optimale d&rsquo;une session de travail implique la r\u00e9initialisation de la m\u00e9moire vive, la fermeture de tout fichier journal pr\u00e9alablement actif, et la d\u00e9finition des r\u00e9pertoires de travail. La journalisation syst\u00e9matique au format texte ou format log (.smcl ou .log) permet de consigner l&rsquo;int\u00e9gralit\u00e9 des lignes de commandes ex\u00e9cut\u00e9es ainsi que les flux de sorties statistiques correspondants, constituant une piste d&rsquo;audit m\u00e9thodologique inalt\u00e9rable. La commande fondamentale pour d\u00e9buter cette proc\u00e9dure s&rsquo;\u00e9nonce comme suit :<\/p>\n<p>clear all<br \/>\nmacro drop _all<br \/>\nset more off, permanently<br \/>\ncapture log close<br \/>\nlog using \u00ab\u00a0analyse_kruskal_wallis.log\u00a0\u00bb, replace text<\/p>\n<p>Au-del\u00e0 de cette r\u00e9initialisation, il est imp\u00e9ratif de param\u00e9trer l&rsquo;encodage des caract\u00e8res, en particulier lorsque le syst\u00e8me d&rsquo;exploitation manipule des cha\u00eenes linguistiques comportant des accents fran\u00e7ais. Depuis la version 14 de Stata, l&rsquo;encodage standard par d\u00e9faut est l&rsquo;UTF-8. Veiller \u00e0 ce que les fichiers de syntaxe et les bases de donn\u00e9es respectent cet encodage pr\u00e9vient toute alt\u00e9ration des m\u00e9tadonn\u00e9es lors de la g\u00e9n\u00e9ration automatis\u00e9e de graphiques ou de tableaux r\u00e9capitulatifs.<\/p>\n<h3>3.2 Chargement et v\u00e9rification du jeu de donn\u00e9es<\/h3>\n<p>Afin de fournir une d\u00e9monstration empirique concr\u00e8te, v\u00e9rifiable et imm\u00e9diatement reproductible par tout utilisateur de Stata, nous mobiliserons un jeu de donn\u00e9es officiel int\u00e9gr\u00e9 nativement aux serveurs d&rsquo;apprentissage de <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/www.stata-press.com\">Stata Press<\/a> : le fichier de donn\u00e9es de recensement d\u00e9mographique am\u00e9ricain (<em>census.dta<\/em>). Ce corpus contient des indicateurs d\u00e9mographiques mesur\u00e9s au niveau des 50 \u00c9tats f\u00e9d\u00e9raux am\u00e9ricains, r\u00e9partis au sein de quatre grandes r\u00e9gions g\u00e9ographiques.<\/p>\n<p>Pour charger ce jeu de donn\u00e9es directement en m\u00e9moire vive via le protocole internet, la syntaxe Stata s&rsquo;ex\u00e9cute de la mani\u00e8re suivante :<\/p>\n<p>use http:\/\/www.stata-press.com\/data\/r13\/census, clear<\/p>\n<p>Dans le cadre de notre probl\u00e9matique de recherche, nous formulons l&rsquo;hypoth\u00e8se selon laquelle l&rsquo;\u00e2ge m\u00e9dian de la population diff\u00e8re significativement en fonction de la localisation g\u00e9ographique des \u00c9tats. Notre mod\u00e8le met ainsi en relation deux variables cibles :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>medage<\/strong> (variable d\u00e9pendante quantitative continue) : l&rsquo;\u00e2ge m\u00e9dian mesur\u00e9 en ann\u00e9es des r\u00e9sidents de chaque \u00c9tat lors du recensement.<\/li>\n<li><strong>region<\/strong> (variable ind\u00e9pendante cat\u00e9gorielle nominale) : la division g\u00e9ographique d&rsquo;appartenance de chaque \u00c9tat, stratifi\u00e9e en quatre modalit\u00e9s (1: NE = Northeast ; 2: N Cntrl = North Central ; 3: South = South ; 4: West = West).<\/li>\n<\/ul>\n<p>Une \u00e9tape de v\u00e9rification structurelle s&rsquo;impose imm\u00e9diatement apr\u00e8s le chargement pour s&rsquo;assurer du formatage des vecteurs de donn\u00e9es. La commande <code>describe<\/code> permet de certifier que <em>medage<\/em> est stock\u00e9e sous une forme num\u00e9rique (float ou double) et que <em>region<\/em> est configur\u00e9e comme une variable num\u00e9rique \u00e9tiquet\u00e9e (labeled numeric variable) et non comme une cha\u00eene de caract\u00e8res bruts (string), condition pr\u00e9alable absolue pour l&rsquo;ex\u00e9cution fluide de la commande <code>kwallis<\/code>.<\/p>\n<p>describe medage region<br \/>\nlabel list<\/p>\n<h3>3.3 Nettoyage et traitement des donn\u00e9es manquantes<\/h3>\n<p>La pr\u00e9sence de valeurs manquantes (<em>missing values<\/em>) non document\u00e9es repr\u00e9sente une menace syst\u00e9mique pour l&rsquo;inf\u00e9rence empirique. Bien que les proc\u00e9dures non param\u00e9triques comme celle de Kruskal-Wallis fassent preuve d&rsquo;une robustesse intrins\u00e8que face aux valeurs atypiques extr\u00eames, elles n&rsquo;\u00e9chappent pas aux biais induits par les patrons de donn\u00e9es manquantes non al\u00e9atoires (Missing Not at Random ou MNAR). L&rsquo;\u00e9valuation de l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 vectorielle du jeu de donn\u00e9es doit s&rsquo;op\u00e9rer en amont de toute estimation.<\/p>\n<p>Sous Stata, la commande <code>inspect<\/code> fournit un aper\u00e7u concis et complet de la distribution des observations, identifiant instantan\u00e9ment la proportion de valeurs positives, n\u00e9gatives, nulles et manquantes :<\/p>\n<p>inspect medage<br \/>\ninspect region<\/p>\n<p>Dans l&rsquo;\u00e9ventualit\u00e9 o\u00f9 des valeurs aberrantes imputables \u00e0 des erreurs de saisie m\u00e9trologique appara\u00eetraient (par exemple, un \u00e2ge m\u00e9dian cod\u00e9 par inadvertance \u00e0 999 ou une modalit\u00e9 de r\u00e9gion n&rsquo;appartenant pas \u00e0 l&rsquo;espace d&rsquo;\u00e9tat d\u00e9fini de 1 \u00e0 4), ces anomalies doivent \u00eatre recod\u00e9es explicitement sous forme de valeurs manquantes syst\u00e8me (stata missing value repr\u00e9sent\u00e9e par un point `.`). Par ailleurs, il convient de souligner que Stata op\u00e8re par d\u00e9faut une exclusion univari\u00e9e de type <em>listwise<\/em> : toute observation pr\u00e9sentant une valeur manquante sur la variable d\u00e9pendante ou sur la variable de regroupement sera automatiquement exclue du calcul des rangs sans interrompre l&rsquo;ex\u00e9cution du programme.<\/p>\n<p>Il importe que l&rsquo;analyste consigne m\u00e9thodologiquement le nombre d&rsquo;observations valides entrant dans le calcul final. Dans notre fichier d&rsquo;exemple <em>census.dta<\/em>, les 50 \u00c9tats disposent d&rsquo;enregistrements complets pour <em>medage<\/em> et <em>region<\/em>, ce qui \u00e9limine tout risque de biais d&rsquo;attrition pour la suite de nos d\u00e9monstrations.<\/p>\n<h2>4. Exploration descriptive univari\u00e9e et bivari\u00e9e sous Stata<\/h2>\n<h3>4.1 Statistiques descriptives globales<\/h3>\n<p>Pr\u00e9alablement \u00e0 toute d\u00e9marche de test d&rsquo;hypoth\u00e8se, une analyse exploratoire approfondie de la variable d\u00e9pendante est imp\u00e9rative. Cette d\u00e9marche vise \u00e0 appr\u00e9hender les caract\u00e9ristiques distributionnelles de la m\u00e9trique : position, dispersion, asym\u00e9trie et aplatissement. La commande g\u00e9n\u00e9rique <code>summarize<\/code> constitue la premi\u00e8re ligne d&rsquo;investigation, compl\u00e9t\u00e9e imp\u00e9rativement par l&rsquo;option <code>detail<\/code> pour extraire les quantiles indispensables \u00e0 l&rsquo;analyse non param\u00e9trique.<\/p>\n<p>summarize medage, detail<\/p>\n<p>L&rsquo;ex\u00e9cution de cette commande g\u00e9n\u00e8re une sortie d\u00e9taill\u00e9e riche d&rsquo;enseignements statistiques. Elle fournit la moyenne arithm\u00e9tique globale, l&rsquo;\u00e9cart-type, la variance, mais surtout les percentiles critiques : le 25e percentile (premier quartile <em>Q<\/em><sub>1<\/sub>), le 50e percentile (la m\u00e9diane), et le 75e percentile (troisi\u00e8me quartile <em>Q<\/em><sub>3<\/sub>). Dans l&rsquo;optique d&rsquo;un test non param\u00e9trique, la m\u00e9diane et l&rsquo;\u00e9cart interquartile (d\u00e9fini par l&rsquo;intervalle <em>IQR<\/em> = <em>Q<\/em><sub>3<\/sub> &#8211; <em>Q<\/em><sub>1<\/sub>) constituent les indicateurs de tendance centrale et de dispersion de r\u00e9f\u00e9rence, car ils demeurent totalement insensibles \u00e0 la pr\u00e9sence d&rsquo;\u00e9ventuelles valeurs aberrantes.<\/p>\n<figure class=\"wpt-preserved-image\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/french.arabpsychology.com\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/kruskallStata1.png\" alt=\"Summarizing a dataset in Stata\" \/><figcaption>Summarizing a dataset in Stata<\/figcaption><\/figure>\n<p>L&rsquo;examen des coefficients de forme \u2014 \u00e0 savoir le coefficient d&rsquo;asym\u00e9trie (<em>skewness<\/em>) et le coefficient d&rsquo;aplatissement (<em>kurtosis<\/em>) \u2014 fournit les premiers indices diagnostiques quant \u00e0 la d\u00e9viation par rapport \u00e0 la loi normale th\u00e9orique. Pour une distribution strictement gaussienne, le coefficient de skewness est nul (0,00) et le coefficient de kurtosis est \u00e9gal \u00e0 3,00. Tout \u00e9cart substantiel par rapport \u00e0 ces bornes th\u00e9oriques indique une non-gaussiennet\u00e9 structurelle de la distribution des donn\u00e9es, fournissant une premi\u00e8re justification objective pour l&rsquo;abandon de l&rsquo;analyse de variance param\u00e9trique au profit de la mod\u00e9lisation par rangs.<\/p>\n<h3>4.2 Statistiques descriptives conditionnelles par groupe<\/h3>\n<p>L&rsquo;\u00e9valuation des disparit\u00e9s distributionnelles requiert une d\u00e9composition syst\u00e9matique des indicateurs statistiques en fonction des strates de la variable ind\u00e9pendante. Stata propose une syntaxe d&rsquo;une concision et d&rsquo;une puissance remarquables pour r\u00e9aliser cette stratification par groupe, en combinant le pr\u00e9fixe <code>bysort<\/code> avec la commande d&rsquo;estimation descriptive :<\/p>\n<p>bysort region: summarize medage, detail<\/p>\n<p>Cette commande it\u00e9rative produit un bloc complet d&rsquo;indices descriptifs pour chacune des quatre r\u00e9gions g\u00e9ographiques am\u00e9ricaines. Pour synth\u00e9tiser ces r\u00e9sultats dans un format compact et op\u00e9rationnel directement exploitable pour la r\u00e9daction scientifique, la commande <code>tabstat<\/code> s&rsquo;av\u00e8re particuli\u00e8rement adapt\u00e9e :<\/p>\n<p>tabstat medage, by(region) stat(n q med mean sd skewness) format(%9.2f)<\/p>\n<p>Cette synth\u00e8se tabulaire met en exergue les divergences d&rsquo;\u00e2ge m\u00e9dian entre les r\u00e9gions g\u00e9ographiques. Le chercheur portera une attention particuli\u00e8re \u00e0 la comparaison des m\u00e9dianes conditionnelles et de leurs dispersions respectives \u00e0 travers les quartiles (p25, p50, p75). Si les moyennes arithm\u00e9tiques et les m\u00e9dianes divergent sensiblement au sein d&rsquo;un m\u00eame groupe, cela traduit l&rsquo;existence d&rsquo;une asym\u00e9trie locale prononc\u00e9e qui biaiserait une analyse de variance classique.<\/p>\n<h3>4.3 Visualisation de la forme distributionnelle<\/h3>\n<p>L&rsquo;exploration descriptive demeure incompl\u00e8te sans une inspection visuelle minutieuse de la g\u00e9om\u00e9trie des donn\u00e9es. Dans le contexte du test de Kruskal-Wallis, la repr\u00e9sentation graphique remplit un double r\u00f4le : elle permet de communiquer la variabilit\u00e9 empirique de fa\u00e7on intuitive et constitue l&rsquo;outil diagnostique privil\u00e9gi\u00e9 pour examiner le postulat de similarit\u00e9 morphologique des distributions entre les groupes.<\/p>\n<p>Le diagramme en bo\u00eete \u00e0 moustaches (<em>boxplot<\/em>) est l&rsquo;instrument graphique par excellence pour l&rsquo;analyse non param\u00e9trique, car sa construction repose exclusivement sur les quantiles. Sous Stata, la commande suivante g\u00e9n\u00e8re des bo\u00eetes \u00e0 moustaches juxtapos\u00e9es pour chaque modalit\u00e9 de la variable de regroupement :<\/p>\n<p>graph box medage, over(region) title(\u00ab\u00a0Distribution de l&rsquo;\u00e2ge m\u00e9dian selon la r\u00e9gion g\u00e9ographique\u00a0\u00bb) ytitle(\u00ab\u00a0\u00c2ge m\u00e9dian (ann\u00e9es)\u00a0\u00bb)<\/p>\n<figure class=\"wpt-preserved-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/french.arabpsychology.com\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/kruskallStata2.png\" alt=\"Multiple boxplots in one plot in Stata\" \/><figcaption>Multiple boxplots in one plot in Stata<\/figcaption><\/figure>\n<p>La bo\u00eete centrale mat\u00e9rialise l&rsquo;\u00e9cart interquartile (du 25e au 75e percentile), la ligne m\u00e9diane horizontale indique la tendance centrale non param\u00e9trique, et les moustaches d\u00e9limitent l&rsquo;\u00e9tendue des observations non aberrantes selon la r\u00e8gle classique de John Tukey (1,5 fois l&rsquo;intervalle interquartile \u00e0 partir des charni\u00e8res). Les points individuels isol\u00e9s au-del\u00e0 des moustaches signalent d&rsquo;\u00e9ventuelles valeurs aberrantes univari\u00e9es.<\/p>\n<p>Pour enrichir l&rsquo;\u00e9valuation de la forme distributionnelle, la superposition ou juxtaposition d&rsquo;histogrammes et d&rsquo;estimations de densit\u00e9 par noyaux (<em>kernel density estimation<\/em>) offre une lecture fine des densit\u00e9s locales :<\/p>\n<p>twoway (kdensity medage if region==1, lcolor(navy) lwidth(medthick)) \/\/\/ <br \/>\n       (kdensity medage if region==2, lcolor(maroon) lwidth(medthick)) \/\/\/ <br \/>\n       (kdensity medage if region==3, lcolor(forest_green) lwidth(medthick)) \/\/\/ <br \/>\n       (kdensity medage if region==4, lcolor(dkorange) lwidth(medthick)), \/\/\/ <br \/>\n       legend(order(1 \u00ab\u00a0Northeast\u00a0\u00bb 2 \u00ab\u00a0North Central\u00a0\u00bb 3 \u00ab\u00a0South\u00a0\u00bb 4 \u00ab\u00a0West\u00a0\u00bb)) \/\/\/ <br \/>\n       title(\u00ab\u00a0Courbes de densit\u00e9 de l&rsquo;\u00e2ge m\u00e9dian par r\u00e9gion\u00a0\u00bb)<\/p>\n<p>Cette visualisation permet d&rsquo;\u00e9valuer directement l&rsquo;hypoth\u00e8se d&rsquo;homomorphisme : si les courbes de densit\u00e9 poss\u00e8dent une allure globale analogue (m\u00eame largeur de base, profils d&rsquo;asym\u00e9trie similaires) tout en \u00e9tant d\u00e9cal\u00e9es le long de l&rsquo;axe horizontal, le chercheur dispose d&rsquo;une assise solide pour interpr\u00e9ter le test de Kruskal-Wallis comme un test de diff\u00e9rence sur les m\u00e9dianes strictes.<\/p>\n<h2>5. V\u00e9rification empirique des postulats avant analyse<\/h2>\n<h3>5.1 V\u00e9rification de la non-normalit\u00e9<\/h3>\n<p>Bien que le recours au test de Kruskal-Wallis soit fr\u00e9quemment justifi\u00e9 a priori par la nature ordinale des instruments de mesure, l&rsquo;analyste traitant des variables continues doit \u00e9tayer formellement sa d\u00e9cision de d\u00e9laisser l&rsquo;ANOVA param\u00e9trique. Cette justification s&rsquo;appuie sur la mise en \u00e9vidence empirique de d\u00e9viations significatives par rapport \u00e0 la normalit\u00e9 au sein des sous-\u00e9chantillons d&rsquo;\u00e9tude.<\/p>\n<p>La proc\u00e9dure formelle la plus puissante pour \u00e9prouver l&rsquo;hypoth\u00e8se de normalit\u00e9 univari\u00e9e est le test de Shapiro-Wilk (adapt\u00e9 sous Stata via la commande <code>swilk<\/code>). Ce test \u00e9value la corr\u00e9lation entre les quantiles observ\u00e9s et les quantiles th\u00e9oriques attendus d&rsquo;une loi normale. Dans la mesure o\u00f9 l&rsquo;hypoth\u00e8se de normalit\u00e9 doit \u00eatre satisfaite conditionnellement au sein de chaque groupe, le test doit \u00eatre ventil\u00e9 par modalit\u00e9 :<\/p>\n<p>bysort region: swilk medage<\/p>\n<p>L&rsquo;interpr\u00e9tation repose sur l&rsquo;examen de la p-valeur associ\u00e9e \u00e0 la statistique <em>W<\/em> de Shapiro-Wilk. Un r\u00e9sultat significatif (<em>p<\/em> &lt; 0,05) conduit au rejet formel de l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle de normalit\u00e9 distributionnelle pour le groupe consid\u00e9r\u00e9. Il suffit qu&rsquo;un seul sous-groupe viole cette exigence de mani\u00e8re statistiquement concluante pour que le mod\u00e8le lin\u00e9aire param\u00e9trique classique perde sa validit\u00e9 th\u00e9orique absolue.<\/p>\n<p>En compl\u00e9ment de la statistique d&rsquo;inf\u00e9rence de Shapiro-Wilk, le trac\u00e9 des droites de Henry (diagrammes quantile-quantile normaux) via la commande <code>qnorm<\/code> permet d&rsquo;objectiver graphiquement la nature et la localisation des \u00e9carts distributionnels :<\/p>\n<p>qnorm medage<\/p>\n<p>L&rsquo;observation d&rsquo;un trac\u00e9 sigmo\u00efde (en forme de \u00ab S \u00bb) signale un aplatissement lourd ou l\u00e9ger, tandis qu&rsquo;une courbure convexe ou concave traduit une asym\u00e9trie directionnelle prononc\u00e9e. Lorsque ces configurations apparaissent sur de petits \u00e9chantillons, le basculement vers le mod\u00e8le non param\u00e9trique de Kruskal-Wallis devient une d\u00e9cision m\u00e9thodologique rigoureusement fond\u00e9e.<\/p>\n<h3>5.2 \u00c9valuation de l&rsquo;homosc\u00e9dasticit\u00e9<\/h3>\n<p>Le second grand postulat sous-jacent \u00e0 l&rsquo;analyse de variance concerne l&rsquo;homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 des variances entre les groupes (l&rsquo;homosc\u00e9dasticit\u00e9). Bien que le test de Kruskal-Wallis soit une m\u00e9thode non param\u00e9trique, il n&rsquo;est pas totalement immunis\u00e9 contre les effets de l&rsquo;h\u00e9t\u00e9rosc\u00e9dasticit\u00e9, en particulier lorsque celle-ci s&rsquo;accompagne d&rsquo;un d\u00e9s\u00e9quilibre substantiel dans les effectifs des sous-groupes (plans non orthogonaux).<\/p>\n<p>Pour \u00e9valuer l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 des variances sous Stata, la commande <code>robvar<\/code> d\u00e9ploie des tests d&rsquo;homosc\u00e9dasticit\u00e9 robustes aux d\u00e9viations de normalit\u00e9 :<\/p>\n<p>robvar medage, by(region)<\/p>\n<p>La commande <code>robvar<\/code> produit trois m\u00e9triques distinctes :<\/p>\n<ul>\n<li>Le test de Levene classique, articul\u00e9 autour de la moyenne arithm\u00e9tique de chaque modalit\u00e9.<\/li>\n<li>La variante robuste de Brown et Forsythe, calcul\u00e9e \u00e0 partir des \u00e9carts \u00e0 la m\u00e9diane absolue, offrant une r\u00e9sistance optimale aux asym\u00e9tries distributionnelles mod\u00e9r\u00e9es.<\/li>\n<li>Le test bas\u00e9 sur la moyenne tronqu\u00e9e (trimmed mean) \u00e0 10 %, adapt\u00e9 aux distributions \u00e0 queues \u00e9paisses.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Dans l&rsquo;\u00e9ventualit\u00e9 o\u00f9 le test robuste de Brown-Forsythe affiche une p-valeur sup\u00e9rieure au seuil conventionnel de 0,05, l&rsquo;analyste conclut au non-rejet de l&rsquo;hypoth\u00e8se d&rsquo;homosc\u00e9dasticit\u00e9. Cette confirmation est m\u00e9thodologiquement rassurante : combin\u00e9e \u00e0 l&rsquo;inspection visuelle des diagrammes de dispersion, elle garantit que le test de Kruskal-Wallis fonctionnera dans des conditions optimales d&rsquo;\u00e9quilibre stochastique, pr\u00e9servant scrupuleusement son seuil d&rsquo;erreur alpha.<\/p>\n<h2>6. Ex\u00e9cution du test de Kruskal-Wallis dans Stata<\/h2>\n<h3>6.1 Syntaxe fondamentale de la commande kwallis<\/h3>\n<p>Dans l&rsquo;architecture computationnelle de Stata, le test d&rsquo;analyse de variance \u00e0 une voie par les rangs est encapsul\u00e9 au sein de la commande native <code>kwallis<\/code>. Sa conception syntaxique est particuli\u00e8rement \u00e9pur\u00e9e et s&rsquo;inscrit dans la grammaire standard du logiciel. L&rsquo;instruction formelle exige la d\u00e9claration s\u00e9quentielle de la variable d\u00e9pendante suivie imm\u00e9diatement de la clause d&rsquo;assignation factorielle <code>by()<\/code>, dans laquelle est ench\u00e2ss\u00e9e la variable ind\u00e9pendante de stratification :<\/p>\n<p>kwallis variable_dependante, by(variable_independante)<\/p>\n<p>Dans le cadre strict de notre d\u00e9monstration appliqu\u00e9e au recensement am\u00e9ricain, la syntaxe op\u00e9rationnelle s&rsquo;\u00e9crit donc :<\/p>\n<p>kwallis medage, by(region)<\/p>\n<p>Une pr\u00e9caution syntaxique et conceptuelle fondamentale doit \u00eatre scrupuleusement observ\u00e9e : la commande <code>kwallis<\/code> de Stata exige imp\u00e9rativement que la variable de groupement sp\u00e9cifi\u00e9e dans l&rsquo;option <code>by()<\/code> soit cod\u00e9e sous forme d&rsquo;une variable num\u00e9rique discr\u00e8te. Si l&rsquo;analyste int\u00e8gre une variable cat\u00e9gorielle stock\u00e9e sous forme de cha\u00eene de caract\u00e8res alphab\u00e9tiques (string variable, par exemple des labels textuels tels que \u00ab\u00a0Nord\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Sud\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Est\u00a0\u00bb), Stata interrompra imm\u00e9diatement l&rsquo;ex\u00e9cution du calcul en renvoyant le code d&rsquo;erreur standard <code>varlist: string variable not allowed<\/code>.<\/p>\n<p>Si vos donn\u00e9es initiales pr\u00e9sentent une variable ind\u00e9pendante textuelle, il est n\u00e9cessaire de proc\u00e9der pr\u00e9alablement \u00e0 son transcodage num\u00e9rique automatique tout en pr\u00e9servant la s\u00e9mantique originelle sous forme d&rsquo;\u00e9tiquettes de valeurs. Cette manipulation s&rsquo;op\u00e8re ais\u00e9ment \u00e0 l&rsquo;aide de la commande <code>encode<\/code> :<\/p>\n<p>encode region_texte, generate(region_numerique)<br \/>\nkwallis medage, by(region_numerique)<\/p>\n<p>Une fois cette validation technique assur\u00e9e, l&rsquo;ex\u00e9cution de la commande calcule l&rsquo;ensemble des assignations de rangs sur la s\u00e9rie combin\u00e9e, g\u00e8re les ex-\u00e6quo math\u00e9matiques et restitue la table d&rsquo;analyse statistique en une fraction de seconde.<\/p>\n<h3>6.2 Gestion des sous-\u00e9chantillons et pond\u00e9rations<\/h3>\n<p>Dans de multiples contextes de recherche \u00e9pid\u00e9miologique ou sociologique, il est n\u00e9cessaire de restreindre le champ de l&rsquo;\u00e9valuation non param\u00e9trique \u00e0 un sous-ensemble sp\u00e9cifique de la population observ\u00e9e, sans pour autant alt\u00e9rer physiquement le fichier de donn\u00e9es principal en m\u00e9moire. La commande <code>kwallis<\/code> int\u00e8gre parfaitement les clauses de restriction logiques <code>if<\/code> et de ciblage indiciel <code>in<\/code>.<\/p>\n<p>\u00c0 titre d&rsquo;illustration, si un investigateur souhaite neutraliser l&rsquo;influence d&rsquo;un sous-groupe particulier (par exemple, analyser exclusivement les trois premi\u00e8res r\u00e9gions en excluant la r\u00e9gion occidentale correspondant au code 4), la syntaxe Stata s&rsquo;adapte avec souplesse :<\/p>\n<p>kwallis medage if region != 4, by(region)<\/p>\n<p>De mani\u00e8re analogue, des filtres conjonctifs ou disjonctifs complexes combinant d&rsquo;autres variables de contr\u00f4le peuvent \u00eatre appliqu\u00e9s (par exemple : <code>if population &gt; 1000000 &amp; region != 1<\/code>).<\/p>\n<p>N\u00e9anmoins, une limite m\u00e9thodologique structurelle de la commande native <code>kwallis<\/code> de Stata doit \u00eatre express\u00e9ment signal\u00e9e : <strong>la commande kwallis ne prend pas en charge les pond\u00e9rations d&rsquo;\u00e9chantillonnage statistique<\/strong> (telles que les poids d&rsquo;\u00e9chantillonnage probabiliste <code>pweights<\/code>, les poids de sondage complexe <code>svy<\/code>, ou les poids de fr\u00e9quence <code>fweights<\/code>). L&rsquo;assignation des rangs combin\u00e9s au sein de la syntaxe native repose sur l&rsquo;hypoth\u00e8se d&rsquo;une \u00e9quiprobabilit\u00e9 de s\u00e9lection des observations individuelles.<\/p>\n<p>Si votre protocole repose imp\u00e9rativement sur un plan de sondage probabiliste complexe n\u00e9cessitant une pond\u00e9ration pour assurer la repr\u00e9sentativit\u00e9 populationnelle, l&rsquo;analyste ne peut mobiliser directement <code>kwallis<\/code>. Les alternatives m\u00e9thodologiques rigoureuses sous Stata consistent alors :<\/p>\n<ul>\n<li>Soit \u00e0 effectuer une r\u00e9gression lin\u00e9aire pond\u00e9r\u00e9e sur les rangs pr\u00e9alablement transform\u00e9s avec la suite de commandes <code>egen rank<\/code> et la commande <code>svy: regress<\/code>,<\/li>\n<li>Soit \u00e0 mobiliser une r\u00e9gression logistique ordinale robuste int\u00e9grant le plan de sondage via <code>svy: ologit<\/code>, en mod\u00e9lisant la variable cat\u00e9gorielle comme pr\u00e9dicteur.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Pour des \u00e9chantillons ind\u00e9pendants simples issus de cohortes cliniques ou d&rsquo;exp\u00e9rimentations randomis\u00e9es en laboratoire, la commande <code>kwallis<\/code> demeure l&rsquo;outil de r\u00e9f\u00e9rence absolu.<\/p>\n<h2>7. Interpr\u00e9tation d\u00e9taill\u00e9e des sorties statistiques de Stata<\/h2>\n<h3>7.1 Lecture du tableau des rangs moyens (Rank Sums)<\/h3>\n<p>L&rsquo;ex\u00e9cution de la commande <code>kwallis medage, by(region)<\/code> g\u00e9n\u00e8re instantan\u00e9ment dans la console de r\u00e9sultats de Stata une table synth\u00e9tique compos\u00e9e de deux sections fondamentales : un tableau descriptif des m\u00e9triques de rangs par sous-groupe, suivi des statistiques du Chi-deux associ\u00e9es au test omnibus.<\/p>\n<figure class=\"wpt-preserved-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/french.arabpsychology.com\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/kruskallStata3.png\" alt=\"Kruskal-Wallis output in Stata\" \/><figcaption>Kruskal-Wallis output in Stata<\/figcaption><\/figure>\n<p>Le tableau sup\u00e9rieur s&rsquo;articule autour de trois colonnes op\u00e9rationnelles qu&rsquo;il convient de d\u00e9crypter minutieusement :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>region<\/strong> : cette colonne \u00e9num\u00e8re l&rsquo;ensemble des modalit\u00e9s du facteur de regroupement incluses dans le calcul. Dans notre exemple, elle affiche successivement <em>Northeast<\/em>, <em>N Cntrl<\/em>, <em>South<\/em> et <em>West<\/em>.<\/li>\n<li><strong>Obs<\/strong> : elle quantifie le nombre exact d&rsquo;observations valides (effectif analytique <em>n<sub>i<\/sub><\/em>) recens\u00e9es au sein de chaque strate g\u00e9ographique. On observe ici 9 \u00c9tats pour le Nord-Est, 12 pour le Centre-Nord, 16 pour le Sud et 13 pour l&rsquo;Ouest, pour un effectif cumul\u00e9 total de <em>N<\/em> = 50 observations.<\/li>\n<li><strong>Rank Sum<\/strong> : cette colonne indique la somme arithm\u00e9tique globale des rangs (<em>R<sub>i<\/sub><\/em>) attribu\u00e9e \u00e0 chaque sous-\u00e9chantillon apr\u00e8s le tri croissant des 50 observations combin\u00e9es.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Bien que Stata n&rsquo;affiche pas explicitement le rang moyen par groupe au sein de cette sortie native, ce param\u00e8tre constitue la m\u00e9trique cognitive essentielle pour \u00e9valuer la dominance stochastique relative. Le rang moyen d&rsquo;un groupe, not\u00e9 <em>R\u0304<sub>i<\/sub><\/em>, s&rsquo;obtient simplement en divisant sa somme des rangs par son effectif d&rsquo;observations :<\/p>\n<p><em>R\u0304<sub>i<\/sub><\/em> = <em>R<sub>i<\/sub><\/em> \/ <em>n<sub>i<\/sub><\/em><\/p>\n<p>Pour contextualiser ces m\u00e9triques, calculons manuellement le rang moyen pour les quatre r\u00e9gions \u00e0 partir de la sortie Stata :<\/p>\n<ul>\n<li>Northeast : <em>R\u0304<\/em> = 363,50 \/ 9 = 40,39<\/li>\n<li>North Central : <em>R\u0304<\/em> = 328,00 \/ 12 = 27,33<\/li>\n<li>South : <em>R\u0304<\/em> = 398,50 \/ 16 = 24,91<\/li>\n<li>West : <em>R\u0304<\/em> = 185,00 \/ 13 = 14,23<\/li>\n<\/ul>\n<p>Le rang moyen global th\u00e9orique attendu pour l&rsquo;ensemble des donn\u00e9es sous l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle d&rsquo;ind\u00e9pendance parfaite se calcule par la formule standard :<\/p>\n<p><em>R\u0304<sub>global<\/sub><\/em> = (<em>N<\/em> + 1) \/ 2 = (50 + 1) \/ 2 = 25,50<\/p>\n<p>La simple comparaison des rangs moyens observ\u00e9s par rapport \u00e0 cette valeur pivot th\u00e9orique (25,50) r\u00e9v\u00e8le imm\u00e9diatement la dynamique directionnelle de l&rsquo;effet. Le groupe <em>Northeast<\/em> affiche un rang moyen spectaculairement \u00e9lev\u00e9 (40,39), indiquant que les \u00c9tats de cette r\u00e9gion tendent \u00e0 se concentrer dans le tiers sup\u00e9rieur de la distribution de l&rsquo;\u00e2ge m\u00e9dian \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle nationale. Inversement, la r\u00e9gion <em>West<\/em> pr\u00e9sente un rang moyen particuli\u00e8rement faible (14,23), traduisant une concentration prononc\u00e9e d&rsquo;\u00c9tats aux \u00e2ges m\u00e9dians les plus jeunes de la f\u00e9d\u00e9ration.<\/p>\n<h3>7.2 Analyse de la statistique H et des degr\u00e9s de libert\u00e9<\/h3>\n<p>Au bas du tableau des rangs, Stata imprime les r\u00e9sultats d&rsquo;inf\u00e9rence statistique permettant de statuer formellement sur le rejet ou le maintien de l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle <em>H<\/em><sub>0<\/sub>. Deux lignes d&rsquo;estimation sont pr\u00e9sent\u00e9es :<\/p>\n<ul>\n<li><code>chi-squared = 13.047 with 3 d.f.<\/code> : cette premi\u00e8re statistique correspond au calcul classique de la valeur <em>H<\/em> sans application du facteur d&rsquo;ajustement pour valeurs identiques.<\/li>\n<li><code>chi-squared with ties = 13.195 with 3 d.f.<\/code> : cette seconde ligne int\u00e8gre la correction pour ex-\u00e6quo (<em>ties<\/em>), prenant en compte les \u00c9tats partageant des \u00e2ges m\u00e9dians rigoureusement \u00e9quivalents.<\/li>\n<\/ul>\n<p>D\u00e8s lors que le jeu de donn\u00e9es comporte la moindre \u00e9galit\u00e9 num\u00e9rique \u2014 ce qui est le cas ici \u2014, c&rsquo;est <strong>exclusivement la statistique corrig\u00e9e pour ex-\u00e6quo<\/strong> (<code>chi-squared with ties<\/code>) qui doit \u00eatre prise en compte et rapport\u00e9e dans les publications scientifiques. Dans notre mod\u00e8le empirique, nous relevons :<\/p>\n<p><em>H<sub>c<\/sub><\/em> = 13,195, degr\u00e9s de libert\u00e9 <em>df<\/em> = <em>k<\/em> &#8211; 1 = 4 &#8211; 1 = 3.<\/p>\n<p>La derni\u00e8re ligne indique la probabilit\u00e9 critique asymptotique :<\/p>\n<p><code>probability = 0.0042<\/code><\/p>\n<p>Cette p-valeur exacte (<em>p<\/em> = 0,0042) est largement inf\u00e9rieure au seuil alpha canonique fix\u00e9 \u00e0 0,05. Le statisticien conclut donc au rejet sans \u00e9quivoque de l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle <em>H<\/em><sub>0<\/sub> d&rsquo;\u00e9quivalence stochastique des distributions d&rsquo;\u00e2ge m\u00e9dian entre les quatre r\u00e9gions g\u00e9ographiques des \u00c9tats-Unis. Il existe une probabilit\u00e9 de seulement 4,2 pour mille d&rsquo;observer une telle divergence dans la distribution des rangs si le facteur g\u00e9ographique n&rsquo;exer\u00e7ait aucune influence sur l&rsquo;\u00e2ge m\u00e9dian.<\/p>\n<p>N\u00e9anmoins, \u00e0 l&rsquo;instar du test <em>F<\/em> de l&rsquo;ANOVA param\u00e9trique, le test de Kruskal-Wallis est un test d&rsquo;hypoth\u00e8se globale dit <strong>omnibus<\/strong>. Il atteste avec une grande certitude probabiliste qu&rsquo;au moins une des r\u00e9gions diverge stochastiquement des autres, mais il est intrins\u00e8quement incapable de sp\u00e9cifier la localisation exacte de cette divergence : est-ce le Nord-Est qui s&rsquo;\u00e9carte significativement de l&rsquo;Ouest ? Le Sud diff\u00e8re-t-il du Centre-Nord ? Pour r\u00e9pondre \u00e0 cette exigence analytique, le recours \u00e0 des proc\u00e9dures de comparaisons multiples a posteriori (tests post-hoc) s&rsquo;av\u00e8re indispensable.<\/p>\n<h2>8. Analyses post-hoc et comparaisons multiples par paires<\/h2>\n<h3>8.1 N\u00e9cessit\u00e9 th\u00e9orique des tests a posteriori<\/h3>\n<p>L&rsquo;obtention d&rsquo;un r\u00e9sultat globalement significatif au terme de l&rsquo;\u00e9valuation omnibus de Kruskal-Wallis confronte l&rsquo;analyste \u00e0 un dilemme m\u00e9thodologique : identifier pr\u00e9cis\u00e9ment quelles paires de groupes pr\u00e9sentent des divergences statistiques significatives sans compromettre la validit\u00e9 de la d\u00e9marche inf\u00e9rentielle globale. La tentation na\u00efve consisterait \u00e0 ex\u00e9cuter une s\u00e9rie de tests bivari\u00e9s ind\u00e9pendants (par exemple, des tests de Wilcoxon-Mann-Whitney sur chaque paire possible) sans ajustement statistique pr\u00e9alable.<\/p>\n<p>Cette d\u00e9marche expose l&rsquo;exp\u00e9rimentateur \u00e0 la probl\u00e9matique de l&rsquo;inflation de l&rsquo;erreur de premi\u00e8re esp\u00e8ce (<em>familywise error rate inflation<\/em>). Si l&rsquo;on r\u00e9alise <em>c<\/em> comparaisons appari\u00e9es ind\u00e9pendantes, chacune r\u00e9gie par un seuil nominal d&rsquo;erreur de premi\u00e8re esp\u00e8ce \u03b1 = 0,05, la probabilit\u00e9 cumul\u00e9e \u03b1&rsquo; d&rsquo;obtenir au minimum un faux positif (rejet \u00e0 tort d&rsquo;au moins une hypoth\u00e8se nulle) s&rsquo;accro\u00eet de mani\u00e8re exponentielle selon la formule th\u00e9orique :<\/p>\n<p>\u03b1&rsquo; = 1 &#8211; (1 &#8211; \u03b1)<sup><em>c<\/em><\/sup><\/p>\n<p>Pour notre cas d&rsquo;\u00e9tude comportant <em>k<\/em> = 4 groupes, le nombre total de comparaisons bin\u00f4mes possibles est d\u00e9fini par la combinaison :<\/p>\n<p><em>c<\/em> = <em>k<\/em>(<em>k<\/em> &#8211; 1) \/ 2 = 4(3) \/ 2 = 6 comparaisons par paires.<\/p>\n<p>Sans contr\u00f4le statistique ad\u00e9quat, le risque cumul\u00e9 de commettre au moins une erreur de type I grimpe \u00e0 :<\/p>\n<p>\u03b1&rsquo; = 1 &#8211; (1 &#8211; 0,05)<sup>6<\/sup> = 1 &#8211; (0,95)<sup>6<\/sup> \u2248 0,2649 (soit 26,49 %).<\/p>\n<p>Un tel niveau d&rsquo;incertitude invalide la rigueur de la recherche scientifique. Il est donc imp\u00e9ratif de mobiliser des protocoles de tests a posteriori sp\u00e9cifiquement con\u00e7us pour l&rsquo;analyse non param\u00e9trique, int\u00e9grant des m\u00e9canismes formels de correction de la p-valeur.<\/p>\n<h3>8.2 Proc\u00e9dure de Dunn sous Stata<\/h3>\n<p>La proc\u00e9dure post-hoc de r\u00e9f\u00e9rence internationale recommand\u00e9e pour faire suite \u00e0 un test de Kruskal-Wallis significatif a \u00e9t\u00e9 formalis\u00e9e par la statisticienne Olive Jean Dunn en 1964. Contrairement \u00e0 l&rsquo;ex\u00e9cution de tests de Mann-Whitney par paires isol\u00e9es, le test de Dunn exploite l&rsquo;ensemble de l&rsquo;information matricielle : il conserve le classement par rangs combin\u00e9s \u00e9tabli sur la totalit\u00e9 de l&rsquo;\u00e9chantillon <em>N<\/em> et utilise la variance globale estim\u00e9e sous l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle pour calculer l&rsquo;\u00e9cart-type de la diff\u00e9rence entre les rangs moyens de chaque paire.<\/p>\n<p>Le test de Dunn n&rsquo;est pas int\u00e9gr\u00e9 dans le noyau de base de Stata, mais il est disponible via le module communautaire <code>dunntest<\/code>, accessible depuis les d\u00e9p\u00f4ts du Statistical Software Components (SSC) g\u00e9r\u00e9 par Boston College. Son installation s&rsquo;ex\u00e9cute directement en tapant :<\/p>\n<p>ssc install dunn.pkg, replace<\/p>\n<p>Une fois le module charg\u00e9, la syntaxe pour d\u00e9ployer le test de comparaisons multiples avec un contr\u00f4le strict de l&rsquo;erreur globale s&rsquo;\u00e9nonce comme suit :<\/p>\n<p>dunntest medage, by(region) bonferroni<\/p>\n<p>Le module de Dunn sous Stata autorise une vari\u00e9t\u00e9 de techniques d&rsquo;ajustement du seuil alpha pour r\u00e9pondre aux exigences des diff\u00e9rents designs m\u00e9thodologiques :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>bonferroni<\/strong> : la correction la plus conservatrice, multipliant la p-valeur bilat\u00e9rale non ajust\u00e9e par le nombre total de comparaisons (ici 6).<\/li>\n<li><strong>sidak<\/strong> : une correction l\u00e9g\u00e8rement plus puissante que Bonferroni, fond\u00e9e sur l&rsquo;ind\u00e9pendance probabiliste (1 &#8211; (1 &#8211; <em>p<\/em>)<sup><em>c<\/em><\/sup>).<\/li>\n<li><strong>holm<\/strong> : la proc\u00e9dure s\u00e9quentielle descendante de Holm, qui hi\u00e9rarchise les p-valeurs observ\u00e9es et applique des seuils d\u00e9croissants, offrant un compromis optimal entre contr\u00f4le de l&rsquo;erreur de type I et pr\u00e9servation de la puissance statistique.<\/li>\n<li><strong>bh<\/strong> (Benjamini-Hochberg) : contr\u00f4le du taux de fausses d\u00e9couvertes (<em>False Discovery Rate<\/em> ou FDR), particuli\u00e8rement adapt\u00e9 aux plans exp\u00e9rimentaux exploratoires impliquant un grand nombre de groupes.<\/li>\n<\/ul>\n<p>La matrice de r\u00e9sultats g\u00e9n\u00e9r\u00e9e par Stata pr\u00e9sente les contrastes standardis\u00e9s <em>z<\/em> pour chaque bin\u00f4me ainsi que la p-valeur corrig\u00e9e correspondante. L&rsquo;analyse des contrastes sur les donn\u00e9es du recensement d\u00e9montre de mani\u00e8re univoque que la divergence globale est principalement induite par la s\u00e9paration entre le Nord-Est et l&rsquo;Ouest (<em>p<\/em>-corrig\u00e9e &lt; 0,01), confirmant la rupture d\u00e9mographique observ\u00e9e lors de l&rsquo;examen des rangs moyens.<\/p>\n<h3>8.3 Approches alternatives : tests de Wilcoxon-Mann-Whitney par paires<\/h3>\n<p>Une approche m\u00e9thodologique alternative consiste \u00e0 ex\u00e9cuter de fa\u00e7on it\u00e9rative des tests de somme des rangs de Wilcoxon-Mann-Whitney ind\u00e9pendants sur chaque bin\u00f4me de groupes, en utilisant la commande native <code>ranksum<\/code> sous Stata. Bien que cette pratique soit r\u00e9pandue, il convient d&rsquo;en cerner rigoureusement les implications th\u00e9oriques.<\/p>\n<p>Lorsque l&rsquo;on ex\u00e9cute <code>ranksum<\/code> sur deux groupes isol\u00e9s en extrayant temporairement le reste de la cohorte, les observations sont r\u00e9ordonn\u00e9es exclusivement entre les deux groupes en jeu. Le syst\u00e8me g\u00e9n\u00e8re donc de nouveaux rangs locaux distincts de la distribution globale des rangs initiaux calcul\u00e9s par Kruskal-Wallis. Cette particularit\u00e9 peut, dans certains contextes de distributions h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes, produire de l\u00e9g\u00e8res dissonances de classement ordinal.<\/p>\n<p>Si l&rsquo;analyste opte pour cette strat\u00e9gie bivari\u00e9e s\u00e9quentielle, il doit imp\u00e9rativement appliquer manuellement un ajustement du risque d&rsquo;erreur alpha. L&rsquo;ajustement le plus direct repose sur la formule stricte de Bonferroni : le seuil alpha cible (conventionnellement \u03b1 = 0,05) est divis\u00e9 par le nombre total de comparaisons bin\u00f4mes programm\u00e9es :<\/p>\n<p>\u03b1<sub>ajust\u00e9<\/sub> = \u03b1 \/ <em>c<\/em> = 0,05 \/ 6 = 0,00833<\/p>\n<p>D\u00e8s lors, pour \u00eatre d\u00e9clar\u00e9e statistiquement significative au niveau global de 5 %, la p-valeur brute fournie par la commande <code>ranksum<\/code> pour un bin\u00f4me donn\u00e9 doit imp\u00e9rativement \u00eatre inf\u00e9rieure au seuil ultra-conservateur de 0,00833. La s\u00e9quence d&rsquo;instructions Stata pour tester par exemple l&rsquo;opposition entre la r\u00e9gion 1 (Northeast) et la r\u00e9gion 4 (West) s&rsquo;\u00e9crit :<\/p>\n<p>ranksum medage if region == 1 | region == 4, by(region)<\/p>\n<p>Sur le plan de l&rsquo;orthodoxie statistique, <strong>la proc\u00e9dure post-hoc de Dunn doit \u00eatre syst\u00e9matiquement pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e aux tests de Mann-Whitney par paires<\/strong>. En conservant l&rsquo;infrastructure de classement issue du test omnibus, la proc\u00e9dure de Dunn assure une coh\u00e9rence math\u00e9matique absolue avec le mod\u00e8le global de Kruskal-Wallis, tout en maximisant la stabilit\u00e9 de l&rsquo;estimation de la variance r\u00e9siduelle.<\/p>\n<h2>9. Quantification de la magnitude de l&rsquo;effet<\/h2>\n<h3>9.1 Calcul de l&rsquo;Epsilon carr\u00e9 (E\u00b2_R)<\/h3>\n<p>Dans l&rsquo;\u00e9pist\u00e9mologie de l&rsquo;inf\u00e9rence quantitative contemporaine, la seule publication de la p-valeur est jug\u00e9e insuffisante pour caract\u00e9riser la pertinence empirique d&rsquo;un r\u00e9sultat. En effet, la p-valeur ne refl\u00e8te pas uniquement l&rsquo;intensit\u00e9 de la relation entre les variables, mais est fortement tributaire de la taille de l&rsquo;\u00e9chantillon d&rsquo;\u00e9tude : un \u00e9chantillon colossal permettra de rejeter l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle pour des divergences triviales, tandis qu&rsquo;un \u00e9chantillon restreint \u00e9chouera \u00e0 d\u00e9tecter des effets substantiels. L&rsquo;estimation d&rsquo;une taille d&rsquo;effet (<em>effect size<\/em>) standardis\u00e9e constitue un imp\u00e9ratif m\u00e9thodologique incontournable.<\/p>\n<p>Pour le test de Kruskal-Wallis, l&rsquo;indice d&rsquo;amplitude d&rsquo;effet le plus rigoureux est le coefficient d&rsquo;Epsilon carr\u00e9 sur les rangs, formalis\u00e9 par Robert Kelly en 1935 et adapt\u00e9 aux tests non param\u00e9triques sous la notation <em>E<\/em><sup>2<\/sup><sub><em>R<\/em><\/sub> ou <em>E<\/em><sup>2<\/sup><sub><em>H<\/em><\/sub>. Il quantifie formellement la proportion de variabilit\u00e9 des rangs de la variable d\u00e9pendante expliqu\u00e9e par l&rsquo;appartenance aux diff\u00e9rentes modalit\u00e9s de la variable de groupement. Sa formulation math\u00e9matique s&rsquo;exprime comme suit :<\/p>\n<p><em>E<\/em><sup>2<\/sup><sub><em>R<\/em><\/sub> = (<em>H<\/em> &#8211; <em>k<\/em> + 1) \/ (<em>N<\/em> &#8211; <em>k<\/em>)<\/p>\n<p>dans laquelle <em>H<\/em> d\u00e9signe la statistique de Kruskal-Wallis corrig\u00e9e pour les ex-\u00e6quo, <em>k<\/em> repr\u00e9sente le nombre total de groupes compar\u00e9s, et <em>N<\/em> symbolise la taille cumul\u00e9e de l&rsquo;\u00e9chantillon op\u00e9rationnel. Cet indice pr\u00e9sente l&rsquo;avantage m\u00e9trologique d&rsquo;\u00eatre strictement born\u00e9 dans l&rsquo;intervalle [0 ; 1], o\u00f9 0 indique une absence absolue d&rsquo;association entre les groupes et la distribution des rangs, et 1 traduit une s\u00e9paration stochastique parfaite des cohortes.<\/p>\n<h3>9.2 Calcul de l&rsquo;Eta carr\u00e9 bas\u00e9 sur la statistique H (\u03b7\u00b2_H)<\/h3>\n<p>Une seconde m\u00e9trique d&rsquo;amplitude largement r\u00e9pandue dans la litt\u00e9rature acad\u00e9mique internationale est l&rsquo;indice d&rsquo;Eta carr\u00e9 fond\u00e9 sur la statistique <em>H<\/em>, not\u00e9 \u03b7<sup>2<\/sup><sub><em>H<\/em><\/sub>. Cette grandeur constitue le pendant direct non param\u00e9trique du coefficient de d\u00e9termination partiel (\u03b7<sup>2<\/sup>) issu de l&rsquo;analyse de variance param\u00e9trique classique, facilitant son int\u00e9gration au sein de m\u00e9ta-analyses transdisciplinaires. Sa formule computationnelle est d\u00e9finie par :<\/p>\n<p>\u03b7<sup>2<\/sup><sub><em>H<\/em><\/sub> = (<em>H<\/em> &#8211; <em>k<\/em> + 1) \/ (<em>N<\/em> &#8211; 1)<\/p>\n<p>Bien que proche de la formulation de l&rsquo;Epsilon carr\u00e9, l&rsquo;Eta carr\u00e9 utilise <em>N<\/em> &#8211; 1 au d\u00e9nominateur au lieu de <em>N<\/em> &#8211; <em>k<\/em>. Lorsque la taille globale de l&rsquo;\u00e9chantillon <em>N<\/em> est importante, les deux indices convergent vers des estimations quasi identiques. En revanche, sur des \u00e9chantillons restreints, l&rsquo;Epsilon carr\u00e9 offre une correction plus rigoureuse du biais li\u00e9 au nombre de param\u00e8tres estim\u00e9s.<\/p>\n<p>Pour interpr\u00e9ter ces m\u00e9triques, la communaut\u00e9 scientifique se r\u00e9f\u00e8re couramment aux grilles d&rsquo;appr\u00e9ciation heuristiques adapt\u00e9es des travaux de <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/www.routledge.com\/Statistical-Power-Analysis-for-the-Behavioral-Sciences\/Cohen\/p\/book\/9780805802832\">Jacob Cohen<\/a> pour le coefficient de d\u00e9termination <em>R<\/em><sup>2<\/sup> et l&rsquo;Eta carr\u00e9 :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Effet faible (small effect)<\/strong> : indice compris entre 0,01 et 0,059 (1 % \u00e0 5,9 % de la variance des rangs expliqu\u00e9e).<\/li>\n<li><strong>Effet mod\u00e9r\u00e9 (medium effect)<\/strong> : indice compris entre 0,06 et 0,139 (6 % \u00e0 13,9 % de la variance des rangs expliqu\u00e9e).<\/li>\n<li><strong>Effet important (large effect)<\/strong> : indice sup\u00e9rieur ou \u00e9gal \u00e0 0,14 (\u2265 14 % de la variance des rangs expliqu\u00e9e).<\/li>\n<\/ul>\n<h3>9.3 Automatisation du calcul via un script Do-file<\/h3>\n<p>La commande native <code>kwallis<\/code> de Stata n&rsquo;imprime pas automatiquement ces indices d&rsquo;amplitude d&rsquo;effet dans sa table de sortie standard. N\u00e9anmoins, Stata conserve en m\u00e9moire vive interne les r\u00e9sultats scalaires de la derni\u00e8re commande ex\u00e9cut\u00e9e sous forme de macros r-class (accessibles via l&rsquo;instruction <code>return list<\/code>). L&rsquo;analyste peut tirer parti de cette architecture pour programmer l&rsquo;extraction computationnelle et l&rsquo;affichage instantan\u00e9 des tailles d&rsquo;effet au sein de son fichier Do-file.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s l&rsquo;ex\u00e9cution de la commande <code>kwallis<\/code>, Stata stocke notamment :<\/p>\n<ul>\n<li><code>r(df)<\/code> : les degr\u00e9s de libert\u00e9 du mod\u00e8le (\u00e9quivalant \u00e0 <em>k<\/em> &#8211; 1).<\/li>\n<li><code>r(chi2_sub)<\/code> ou <code>r(chi2)<\/code> : la statistique du Chi-deux corrig\u00e9e pour ex-\u00e6quo.<\/li>\n<li><code>r(N)<\/code> : la taille totale de l&rsquo;\u00e9chantillon.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Voici la s\u00e9quence de programmation automatis\u00e9e \u00e0 ins\u00e9rer imm\u00e9diatement apr\u00e8s l&rsquo;appel du test :<\/p>\n<p>kwallis medage, by(region)<br \/>\nscalar H = r(chi2_sub)<br \/>\nscalar df = r(df)<br \/>\nscalar k = df + 1<br \/>\nscalar N = r(N)<br \/>\nscalar epsilon2 = (H &#8211; k + 1) \/ (N &#8211; k)<br \/>\nscalar eta2 = (H &#8211; k + 1) \/ (N &#8211; 1)<br \/>\ndisplay as text \u00ab\u00a0Statistique H corrig\u00e9e = \u00a0\u00bb as result %8.3f H<br \/>\ndisplay as text \u00ab\u00a0Taille de l&rsquo;effet Epsilon carr\u00e9 (E^2_R) = \u00a0\u00bb as result %8.4f epsilon2<br \/>\ndisplay as text \u00ab\u00a0Taille de l&rsquo;effet Eta carr\u00e9 (Eta^2_H)   = \u00a0\u00bb as result %8.4f eta2<\/p>\n<p>En appliquant cette syntaxe automatis\u00e9e aux r\u00e9sultats de notre jeu de donn\u00e9es <em>census.dta<\/em>, nous obtenons :<\/p>\n<p><em>H<\/em> = 13,195 ; <em>k<\/em> = 4 ; <em>N<\/em> = 50<br \/>\n<em>E<\/em><sup>2<\/sup><sub><em>R<\/em><\/sub> = (13,195 &#8211; 4 + 1) \/ (50 &#8211; 4) = 10,195 \/ 46 \u2248 <strong>0,2216<\/strong><br \/>\n\u03b7<sup>2<\/sup><sub><em>H<\/em><\/sub> = (13,195 &#8211; 4 + 1) \/ (50 &#8211; 1) = 10,195 \/ 49 \u2248 <strong>0,2081<\/strong><\/p>\n<p>Ces estimations d\u00e9montrent que l&rsquo;appartenance r\u00e9gionale explique plus de 20 % de la variabilit\u00e9 observ\u00e9e dans le positionnement ordinal de l&rsquo;\u00e2ge m\u00e9dian des \u00c9tats am\u00e9ricains. Selon les standards m\u00e9trologiques de Cohen, nous sommes en pr\u00e9sence d&rsquo;une <strong>taille d&rsquo;effet importante<\/strong> (<em>large effect size<\/em>), ce qui conf\u00e8re \u00e0 notre r\u00e9sultat une pertinence clinique et d\u00e9mographique ind\u00e9niable au-del\u00e0 de sa simple significativit\u00e9 statistique.<\/p>\n<h2>10. Normalisation de la pr\u00e9sentation des r\u00e9sultats acad\u00e9miques<\/h2>\n<h3>10.1 Directives de r\u00e9daction selon les standards APA (7e \u00e9dition)<\/h3>\n<p>La transmission rigoureuse des r\u00e9sultats statistiques dans les revues internationales \u00e0 comit\u00e9 de lecture est encadr\u00e9e par les normes m\u00e9thodologiques de l&rsquo;American Psychological Association (<a target=\"_blank\" rel=\"noopener noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/apastyle.apa.org\">APA Style, 7e \u00e9dition<\/a>). La standardisation de l&rsquo;\u00e9criture garantit la translucidit\u00e9 et la comparabilit\u00e9 des donn\u00e9es scientifiques \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle plan\u00e9taire.<\/p>\n<p>Pour le test de Kruskal-Wallis, les directives formelles imposent de structurer le texte autour de r\u00e8gles typographiques pr\u00e9cises :<\/p>\n<ul>\n<li>La statistique de test est not\u00e9e avec la lettre majuscule latine <em>H<\/em> en italique : <em>H<\/em>(degr\u00e9s de libert\u00e9) = valeur arrondie \u00e0 deux d\u00e9cimales.<\/li>\n<li>L&rsquo;effectif global <em>N<\/em> ou les effectifs de sous-groupes <em>n<\/em> doivent \u00eatre express\u00e9ment mentionn\u00e9s en italique.<\/li>\n<li>La probabilit\u00e9 critique <em>p<\/em> doit \u00eatre indiqu\u00e9e avec sa valeur exacte \u00e0 trois d\u00e9cimales (par exemple, <em>p<\/em> = 0,004), sans z\u00e9ro initial selon la tradition anglo-saxonne si la revue l&rsquo;exige, ou selon l&rsquo;usage francophone normalis\u00e9. Les seuils g\u00e9n\u00e9riques (tels que <em>p<\/em> &lt; 0,05) sont r\u00e9serv\u00e9s aux cas o\u00f9 la p-valeur est inf\u00e9rieure \u00e0 0,001 (not\u00e9e alors <em>p<\/em> &lt; 0,001).<\/li>\n<li>L&rsquo;indice d&rsquo;amplitude d&rsquo;effet (<em>E<\/em><sup>2<\/sup><sub><em>R<\/em><\/sub> ou \u03b7<sup>2<\/sup><sub><em>H<\/em><\/sub>) doit \u00eatre syst\u00e9matiquement rapport\u00e9 avec son intervalle de confiance ou sa d\u00e9signation qualitative (faible, moyen, fort).<\/li>\n<li>L&rsquo;orientation du r\u00e9sultat ne peut se r\u00e9sumer \u00e0 la statistique de test : l&rsquo;auteur doit imp\u00e9rativement fournir les m\u00e9triques descriptives appropri\u00e9es pour chaque modalit\u00e9. Pour un test non param\u00e9trique, <strong>les indicateurs obligatoires sont la m\u00e9diane (<em>Mdn<\/em>) et l&rsquo;\u00e9cart interquartile (<em>IQR<\/em>)<\/strong>, compl\u00e9t\u00e9s par les rangs moyens si les distributions ne pr\u00e9sentent pas une stricte sym\u00e9trie morphologique.<\/li>\n<li>Toute analyse a posteriori (post-hoc) doit \u00eatre formellement document\u00e9e en pr\u00e9cisant la m\u00e9thode de correction de l&rsquo;erreur globale appliqu\u00e9e (par exemple, la correction de Bonferroni ou la proc\u00e9dure s\u00e9quentielle de Holm).<\/li>\n<\/ul>\n<h3>10.2 Exemple de paragraphe de r\u00e9sultats pour une publication<\/h3>\n<p>Afin de guider concr\u00e8tement le chercheur dans son processus d&rsquo;\u00e9criture acad\u00e9mique, nous pr\u00e9sentons ci-dessous la formalisation textuelle compl\u00e8te des analyses conduites sur le fichier <em>census.dta<\/em>, directement transposable au sein d&rsquo;une section \u00ab R\u00e9sultats \u00bb :<\/p>\n<p><em>\u00ab Un test de Kruskal-Wallis pour \u00e9chantillons ind\u00e9pendants a \u00e9t\u00e9 conduit afin d&rsquo;\u00e9valuer l&rsquo;impact de la localisation g\u00e9ographique (Northeast, North Central, South, West) sur l&rsquo;\u00e2ge m\u00e9dian de la population au sein des cinquante \u00c9tats am\u00e9ricains (N = 50). L&rsquo;exploration visuelle des distributions et les tests pr\u00e9liminaires de robustesse ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 des asym\u00e9tries distributionnelles justifiant le recours \u00e0 une mod\u00e9lisation non param\u00e9trique. L&rsquo;analyse omnibus r\u00e9v\u00e8le une diff\u00e9rence statistiquement hautement significative entre les quatre r\u00e9gions g\u00e9ographiques : H(3) = 13,20, p = 0,004, avec une taille d&rsquo;effet substantielle, Epsilon carr\u00e9 E\u00b2_R = 0,22, indiquant que 22,2 % de la variance des rangs de l&rsquo;\u00e2ge m\u00e9dian est attribuable \u00e0 la localisation g\u00e9ographique. \u00bb<\/em><\/p>\n<p><em>\u00ab Les rangs moyens observ\u00e9s attestent d&rsquo;une dominance stochastique prononc\u00e9e pour la r\u00e9gion Northeast (rang moyen = 40,39 ; Mdn = 31,10 ans ; IQR = 1,80), suivie par le North Central (rang moyen = 27,33 ; Mdn = 29,95 ans ; IQR = 1,35), le South (rang moyen = 24,91 ; Mdn = 29,70 ans ; IQR = 1,75) et enfin la r\u00e9gion West, qui pr\u00e9sente le positionnement le plus jeune (rang moyen = 14,23 ; Mdn = 29,20 ans ; IQR = 2,40). \u00bb<\/em><\/p>\n<p><em>\u00ab Les comparaisons multiples par paires r\u00e9alis\u00e9es \u00e0 l&rsquo;aide de la proc\u00e9dure post-hoc de Dunn avec ajustement de Bonferroni indiquent que l&rsquo;\u00e2ge m\u00e9dian au sein de la r\u00e9gion Northeast est statistiquement sup\u00e9rieur de mani\u00e8re significative \u00e0 celui de la r\u00e9gion West (z = 3,48, p_corrig\u00e9e = 0,003). En revanche, aucune diff\u00e9rence statistiquement significative n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 d\u00e9tect\u00e9e entre le Northeast et le North Central (p_corrig\u00e9e = 0,387), ni entre le South et le West (p_corrig\u00e9e = 0,344) apr\u00e8s correction conservatrice de l&rsquo;erreur de premi\u00e8re esp\u00e8ce. \u00bb<\/em><\/p>\n<p>Cette articulation narrative est id\u00e9alement compl\u00e9t\u00e9e dans le manuscrit par un tableau r\u00e9capitulatif synth\u00e9tique, structur\u00e9 selon les standards graphiques APA :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>R\u00e9gion Northeast<\/strong> : <em>n<\/em> = 9 | M\u00e9diane = 31,10 | IQR = 1,80 | Rang moyen = 40,39<\/li>\n<li><strong>R\u00e9gion North Central<\/strong> : <em>n<\/em> = 12 | M\u00e9diane = 29,95 | IQR = 1,35 | Rang moyen = 27,33<\/li>\n<li><strong>R\u00e9gion South<\/strong> : <em>n<\/em> = 16 | M\u00e9diane = 29,70 | IQR = 1,75 | Rang moyen = 24,91<\/li>\n<li><strong>R\u00e9gion West<\/strong> : <em>n<\/em> = 13 | M\u00e9diane = 29,20 | IQR = 2,40 | Rang moyen = 14,23<\/li>\n<\/ul>\n<h2>11. Diagnostics avanc\u00e9s et \u00e9cueils analytiques fr\u00e9quents<\/h2>\n<h3>11.1 Biais d&rsquo;interpr\u00e9tation et erreurs de raisonnement<\/h3>\n<p>La conduite du test de Kruskal-Wallis en recherche appliqu\u00e9e est couramment entach\u00e9e d&rsquo;approximations conceptuelles qu&rsquo;il convient de d\u00e9construire avec fermet\u00e9. Le premier \u00e9cueil m\u00e9thodologique r\u00e9side dans la confusion syst\u00e9matique entre <strong>test des m\u00e9dianes<\/strong> et <strong>test des rangs moyens<\/strong>. Comme nous l&rsquo;avons th\u00e9oriquement d\u00e9montr\u00e9 dans la premi\u00e8re section de ce trait\u00e9, affirmer sans pr\u00e9caution empirique que Kruskal-Wallis teste la stricte \u00e9galit\u00e9 des m\u00e9dianes est faux : le test \u00e9value la dominance stochastique des distributions combin\u00e9es. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;en pr\u00e9sence d&rsquo;une homomorphie distributionnelle attest\u00e9e que cette \u00e9galit\u00e9 des rangs se traduit fid\u00e8lement par une \u00e9galit\u00e9 des m\u00e9dianes m\u00e9triques. Si les distributions des groupes pr\u00e9sentent des dispersions ou des asym\u00e9tries radicalement oppos\u00e9es, deux populations peuvent afficher des m\u00e9dianes strictement identiques tout en produisant un r\u00e9sultat de Kruskal-Wallis hautement significatif en raison de disparit\u00e9s structurelles dans leurs queues de distribution.<\/p>\n<p>Le deuxi\u00e8me biais r\u00e9current concerne l&rsquo;interpr\u00e9tation abusive de l&rsquo;absence de significativit\u00e9 statistique. Constater une probabilit\u00e9 critique sup\u00e9rieure au seuil alpha (par exemple, <em>p<\/em> = 0,12) n&rsquo;autorise en aucun cas le chercheur \u00e0 affirmer que les groupes sont \u00e9quivalents ou identiques dans la population parente. L&rsquo;inf\u00e9rence statistique d&rsquo;inspiration n\u00e9o-fich\u00e9rienne ou neyman-pearsienne permet uniquement de rejeter ou d&rsquo;\u00e9chouer \u00e0 rejeter l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle ; elle ne permet en aucun cas de prouver l&rsquo;exactitude de <em>H<\/em><sub>0<\/sub>. Une telle assertion rel\u00e8ve d&rsquo;un sophisme logique bien document\u00e9 sous le nom de sophisme de l&rsquo;affirmation du cons\u00e9quent (<em>fallacy of accepting the null hypothesis<\/em>). Pour \u00e9tablir une v\u00e9ritable \u00e9quivalence, le chercheur doit recourir \u00e0 des protocoles sp\u00e9cifiques de bio\u00e9quivalence non param\u00e9trique (tests TOST par les rangs).<\/p>\n<p>Le troisi\u00e8me \u00e9cueil concerne la sous-estimation de l&rsquo;impact des valeurs aberrantes s\u00e9v\u00e8res. Bien que la transformation en rangs neutralise l&rsquo;amplitude quantitative absolue des scores extr\u00eames (une observation disproportionn\u00e9e recevant simplement le rang maximal <em>N<\/em> au lieu d&rsquo;impacter d\u00e9mesur\u00e9ment la variance r\u00e9siduelle comme dans une ANOVA), une accumulation anormale de valeurs atypiques dans un petit sous-groupe modifiera substantiellement son rang moyen global. Il demeure donc imp\u00e9ratif d&rsquo;inspecter l&rsquo;origine de ces art\u00e9facts avant toute analyse conclusive.<\/p>\n<h3>11.2 Alternatives analytiques en cas de violations s\u00e9v\u00e8res<\/h3>\n<p>Lorsque les donn\u00e9es empiriques violent simultan\u00e9ment l&rsquo;ensemble des postulats des mod\u00e8les param\u00e9triques et non param\u00e9triques (par exemple, h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 violente des formes distributionnelles, h\u00e9t\u00e9rosc\u00e9dasticit\u00e9 extr\u00eame combin\u00e9e \u00e0 des effectifs d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9s, ou n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;ajuster pour des covariables concomitantes continues), le test de Kruskal-Wallis atteint ses limites m\u00e9thodologiques intrins\u00e8ques. L&rsquo;analyste doit alors envisager des alternatives mod\u00e9lisatrices plus sophistiqu\u00e9es au sein de Stata.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re voie alternative repose sur le d\u00e9ploiement des <strong>Mod\u00e8les Lin\u00e9aires G\u00e9n\u00e9ralis\u00e9s (GLM)<\/strong>. En mobilisant la commande <code>glm<\/code> sous Stata, le chercheur peut sp\u00e9cifier une fonction de lien et une famille distributionnelle parfaitement adapt\u00e9es \u00e0 la structure morphologique de ses observations (par exemple, une loi Gamma avec lien logarithmique pour des scores positifs fortement asym\u00e9triques \u00e0 droite, ou une distribution binomiale n\u00e9gative pour des donn\u00e9es de comptage surdispers\u00e9es). Cette mod\u00e9lisation param\u00e9trique \u00e9largie pr\u00e9serve la m\u00e9trique native des donn\u00e9es tout en g\u00e9rant \u00e9l\u00e9gamment les asym\u00e9tries prononc\u00e9es.<\/p>\n<p>La deuxi\u00e8me approche repose sur les <strong>m\u00e9thodes d&rsquo;ANOVA robuste h\u00e9t\u00e9rosc\u00e9dastique<\/strong>, telles que la version modifi\u00e9e du test de Welch-James ou les tests d&rsquo;analyse de variance fond\u00e9s sur les moyennes tronqu\u00e9es (trimmed means) formalis\u00e9s par Rand Wilcox. Impl\u00e9ment\u00e9es dans Stata via diverses contributions du SSC (comme les modules <code>rreg<\/code> ou <code>wtest<\/code>), ces proc\u00e9dures neutralisent l&rsquo;influence conjointe des asym\u00e9tries et des \u00e9carts de variance entre sous-groupes sans d\u00e9pendre du classement par rangs.<\/p>\n<p>La troisi\u00e8me modalit\u00e9 repose sur les <strong>techniques de r\u00e9\u00e9chantillonnage non param\u00e9trique par bootstrap<\/strong>. En combinant le pr\u00e9fixe computationnel <code>bootstrap<\/code> avec une r\u00e9gression sur m\u00e9diane via la commande <code>qreg<\/code> (r\u00e9gression quantile), Stata estime des erreurs-types empiriques par r\u00e9\u00e9chantillonnage it\u00e9ratif (par exemple 10 000 r\u00e9plications), s&rsquo;affranchissant totalement des postulats de normalit\u00e9 asymptotique :<\/p>\n<p>bootstrap, reps(10000): qreg medage i.region<\/p>\n<p>Enfin, lorsque l&rsquo;investigateur doit imp\u00e9rativement neutraliser l&rsquo;effet de covariables confondantes (contr\u00f4le statistique d&rsquo;un tiers facteur comme le niveau socio-\u00e9conomique ou l&rsquo;\u00e2ge) tout en conservant une variable d\u00e9pendante ordinale, la m\u00e9thode d&rsquo;\u00e9lection consiste \u00e0 basculer vers la mod\u00e9lisation de <strong>r\u00e9gression logistique ordinale<\/strong> \u00e0 l&rsquo;aide de la commande native <code>ologit<\/code> :<\/p>\n<p>ologit score_ordinal i.groupe_traitement age statut_socioeconomique<\/p>\n<p>Ce cadre analytique avanc\u00e9 offre une flexibilit\u00e9 incomparable, surpassant les capacit\u00e9s du simple test de Kruskal-Wallis bivari\u00e9 univari\u00e9.<\/p>\n<h2>12. Synth\u00e8se proc\u00e9durale et flux de travail reproductible<\/h2>\n<h3>12.1 Script Do-file complet et structur\u00e9<\/h3>\n<p>Afin de mat\u00e9rialiser l&rsquo;ensemble des enseignements th\u00e9oriques et techniques d\u00e9velopp\u00e9s tout au long de cet article, nous compilons ci-apr\u00e8s l&rsquo;infrastructure int\u00e9grale d&rsquo;un Do-file Stata op\u00e9rationnel. Ce script structure de fa\u00e7on s\u00e9quentielle et automatis\u00e9e toutes les phases du traitement, depuis le chargement des donn\u00e9es jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;exportation des indicateurs finaux, garantissant une reproductibilit\u00e9 analytique absolue.<\/p>\n<p>\/* ==========================================================================<br \/>\n   PROJET : Analyse non param\u00e9trique &#8211; Test de Kruskal-Wallis<br \/>\n   LOGICIEL : Stata 18 (Compatible Stata 13 et ult\u00e9rieur)<br \/>\n   AUTEUR : \u00c9quipe de recherche m\u00e9thodologique<br \/>\n   OBJECTIF : Pipeline complet d&rsquo;analyse, diagnostiques, post-hoc et taille d&rsquo;effet<br \/>\n   ========================================================================== *\/<\/p>\n<p>\/\/ 1. Initialisation de l&rsquo;environnement Stata<br \/>\nclear all<br \/>\nmacro drop _all<br \/>\nset more off, permanently<br \/>\ncapture log close<br \/>\nlog using \u00ab\u00a0kruskal_wallis_reproductible.log\u00a0\u00bb, replace text<\/p>\n<p>\/\/ 2. Chargement des donn\u00e9es du recensement<br \/>\nuse http:\/\/www.stata-press.com\/data\/r13\/census, clear<\/p>\n<p>\/\/ 3. Inspection et validation structurelle des variables cibles<br \/>\ndescribe medage region<br \/>\nlabel list<br \/>\ninspect medage<br \/>\ninspect region<\/p>\n<p>\/\/ 4. Statistiques descriptives globales et stratifi\u00e9es<br \/>\nsummarize medage, detail<br \/>\ntabstat medage, by(region) stat(n q med mean sd skewness kurtosis) format(%9.2f)<\/p>\n<p>\/\/ 5. Diagnostics graphiques haute r\u00e9solution<br \/>\ngraph box medage, over(region) asyvars \/\/\/ <br \/>\n    title(\u00ab\u00a0Distribution de l&rsquo;\u00e2ge m\u00e9dian selon la r\u00e9gion\u00a0\u00bb, size(medium)) \/\/\/ <br \/>\n    ytitle(\u00ab\u00a0\u00c2ge m\u00e9dian (ann\u00e9es)\u00a0\u00bb) \/\/\/ <br \/>\n    note(\u00ab\u00a0Source : US Census Dataset\u00a0\u00bb)<br \/>\ngraph export \u00ab\u00a0boxplots_age_region.png\u00a0\u00bb, as(png) width(2400) replace<\/p>\n<p>\/\/ 6. \u00c9valuation empirique des postulats pr\u00e9alables<br \/>\nbysort region: swilk medage<br \/>\nrobvar medage, by(region)<\/p>\n<p>\/\/ 7. Ex\u00e9cution du test de Kruskal-Wallis et extraction computationnelle<br \/>\nkwallis medage, by(region)<\/p>\n<p>\/\/ R\u00e9cup\u00e9ration des scalaires du syst\u00e8me Stata<br \/>\nscalar H_corr = r(chi2_sub)<br \/>\nscalar df_model = r(df)<br \/>\nscalar k_groups = df_model + 1<br \/>\nscalar N_total = r(N)<\/p>\n<p>\/\/ Calcul formel des indices d&rsquo;amplitude d&rsquo;effet<br \/>\nscalar epsilon2 = (H_corr &#8211; k_groups + 1) \/ (N_total &#8211; k_groups)<br \/>\nscalar eta2_H   = (H_corr &#8211; k_groups + 1) \/ (N_total &#8211; 1)<\/p>\n<p>display \u00a0\u00bb \u00a0\u00bb <br \/>\ndisplay as text \u00ab\u00a0&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;\u00ab\u00a0<br \/>\ndisplay as text \u00ab\u00a0SYNTH\u00c8SE DES ESTIMATIONS D&rsquo;AMPLITUDE D&rsquo;EFFET (EFFECT SIZES)\u00a0\u00bb<br \/>\ndisplay as text \u00ab\u00a0&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;\u00ab\u00a0<br \/>\ndisplay as text \u00ab\u00a0Statistique H corrig\u00e9e pour ex-\u00e6quo : \u00a0\u00bb as result %8.3f H_corr<br \/>\ndisplay as text \u00ab\u00a0Degr\u00e9s de libert\u00e9                  : \u00a0\u00bb as result %8.0f df_model<br \/>\ndisplay as text \u00ab\u00a0Epsilon carr\u00e9 (E^2_R)              : \u00a0\u00bb as result %8.4f epsilon2<br \/>\ndisplay as text \u00ab\u00a0Eta carr\u00e9 bas\u00e9 sur H (Eta^2_H)     : \u00a0\u00bb as result %8.4f eta2_H<br \/>\ndisplay as text \u00ab\u00a0&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;\u00ab\u00a0<\/p>\n<p>\/\/ 8. Analyses post-hoc de comparaisons multiples par paires<br \/>\n\/\/ Installation si n\u00e9cessaire : capture ssc install dunn.pkg<br \/>\ndunntest medage, by(region) bonferroni<br \/>\ndunntest medage, by(region) holm<\/p>\n<p>\/\/ 9. Cl\u00f4ture du journal de bord reproductible<br \/>\nlog close<br \/>\nexit<\/p>\n<h3>12.2 Arbre d\u00e9cisionnel pour le chercheur<\/h3>\n<p>Pour guider le praticien dans les arbitrages m\u00e9thodologiques complexes qui jalonnent le traitement de donn\u00e9es r\u00e9elles, nous formalisons une check-list s\u00e9quentielle articul\u00e9e sous forme d&rsquo;arbre de d\u00e9cision logique :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Phase 1 : Examen du devis exp\u00e9rimental et de l&rsquo;\u00e9chelle m\u00e9trique<\/strong>\n<ul>\n<li>La variable d\u00e9pendante est-elle ordinale ou quantitative continue ? <em>Si non, abandonner et orienter vers les mod\u00e8les multinomiaux ou log-lin\u00e9aires.<\/em><\/li>\n<li>Les <em>k<\/em> groupes d&rsquo;\u00e9tude sont-ils strictement ind\u00e9pendants (non appari\u00e9s) ? <em>Si non, orienter imp\u00e9rativement vers le test de Friedman pour mesures r\u00e9p\u00e9t\u00e9es.<\/em><\/li>\n<li>Le facteur comporte-t-il au moins 3 modalit\u00e9s (<em>k<\/em> \u2265 3) ? <em>Si k = 2, appliquer directement le test de Wilcoxon-Mann-Whitney (<code>ranksum<\/code>).<\/em><\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<li><strong>Phase 2 : Diagnostics distributionnels et homosc\u00e9dasticit\u00e9<\/strong>\n<ul>\n<li>Les r\u00e9sidus intra-groupes violent-ils significativement la normalit\u00e9 (test de Shapiro-Wilk, <em>p<\/em> &lt; 0,05) ou les \u00e9chantillons sont-ils trop r\u00e9duits (<em>n<sub>i<\/sub><\/em> &lt; 30) pour mobiliser le th\u00e9or\u00e8me central limite ? <em>Si oui, le recours au test de Kruskal-Wallis est formellement justifi\u00e9.<\/em><\/li>\n<li>Les distributions pr\u00e9sentent-elles des formes g\u00e9om\u00e9triques similaires \u00e0 l&rsquo;inspection visuelle et au test de Brown-Forsythe ?\n<ul>\n<li><em>Si oui :<\/em> le test \u00e9value valablement une divergence entre les <strong>m\u00e9dianes strictes<\/strong>.<\/li>\n<li><em>Si non :<\/em> le test \u00e9value une <strong>dominance stochastique globale<\/strong> (diff\u00e9rence sur les rangs moyens).<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<li><strong>Phase 3 : Ex\u00e9cution du test et prise de d\u00e9cision inf\u00e9rentielle<\/strong>\n<ul>\n<li>Ex\u00e9cuter <code>kwallis variable, by(groupe)<\/code>.<\/li>\n<li>S\u00e9lectionner imp\u00e9rativement la statistique <code>chi-squared with ties<\/code> si des valeurs identiques sont pr\u00e9sentes.<\/li>\n<li>Examiner la p-valeur face au seuil conventionnel \u03b1 = 0,05.\n<ul>\n<li><em>Si p \u2265 0,05 :<\/em> \u00c9chec du rejet de l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle d&rsquo;\u00e9quivalence stochastique. Interruption de l&rsquo;analyse confirmatoire. Ne pas conclure \u00e0 l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 stricte des groupes.<\/li>\n<li><em>Si p &lt; 0,05 :<\/em> Rejet formel de <em>H<\/em><sub>0<\/sub>. Poursuivre vers les phases de caract\u00e9risation d&rsquo;effet et de contrastes.<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<li><strong>Phase 4 : Analyses a posteriori et publication scientifique<\/strong>\n<ul>\n<li>Calculer syst\u00e9matiquement les indices standardis\u00e9s d&rsquo;amplitude d&rsquo;effet (Epsilon carr\u00e9 <em>E<\/em><sup>2<\/sup><sub><em>R<\/em><\/sub> et Eta carr\u00e9 \u03b7<sup>2<\/sup><sub><em>H<\/em><\/sub>).<\/li>\n<li>D\u00e9ployer la proc\u00e9dure post-hoc de Dunn (<code>dunntest<\/code>) en int\u00e9grant une correction robuste de l&rsquo;erreur de premi\u00e8re esp\u00e8ce (Bonferroni ou Holm).<\/li>\n<li>Consigner scrupuleusement l&rsquo;ensemble des m\u00e9triques d&rsquo;inf\u00e9rence (<em>H<\/em>, <em>df<\/em>, <em>p<\/em>, taille d&rsquo;effet) ainsi que les m\u00e9dianes et intervalles interquartiles selon les normes acad\u00e9miques en vigueur (APA 7e \u00e9dition).<\/li>\n<li>Archiver le script Do-file et le jeu de donn\u00e9es pour garantir le partage des donn\u00e9es en libre acc\u00e8s (Open Science).<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p>L&rsquo;application rigoureuse et s\u00e9quentielle de ce flux analytique garantit au chercheur une ma\u00eetrise absolue de ses donn\u00e9es, pr\u00e9servant ses conclusions de tout artefact computationnel et assurant \u00e0 ses publications un niveau d&rsquo;excellence statistique irr\u00e9prochable.<\/p>\n<h2>R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<ul>\n<li>American Psychological Association. (2020). <em>Publication manual of the American Psychological Association<\/em> (7th ed.). American Psychological Association. <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1037\/0000165-000\">https:\/\/doi.org\/10.1037\/0000165-000<\/a><\/li>\n<li>Benjamini, Y., &amp; Hochberg, Y. (1995). Controlling the false discovery rate: A practical and powerful approach to multiple testing. <em>Journal of the Royal Statistical Society: Series B (Methodological)<\/em>, 57(1), 289\u2013300. <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1111\/j.2517-6161.1995.tb02031.x\">https:\/\/doi.org\/10.1111\/j.2517-6161.1995.tb02031.x<\/a><\/li>\n<li>Brown, M. B., &amp; Forsythe, A. B. (1974). Robust tests for the equality of variances. <em>Journal of the American Statistical Association<\/em>, 69(346), 364\u2013367. <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1080\/01621459.1974.10482955\">https:\/\/doi.org\/10.1080\/01621459.1974.10482955<\/a><\/li>\n<li>Cohen, J. (1988). <em>Statistical power analysis for the behavioral sciences<\/em> (2nd ed.). Lawrence Erlbaum Associates.<\/li>\n<li>Dunn, O. J. (1964). Multiple comparisons using rank sums. <em>Technometrics<\/em>, 6(3), 241\u2013252. <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1080\/00401706.1964.10490481\">https:\/\/doi.org\/10.1080\/00401706.1964.10490481<\/a><\/li>\n<li>Holm, S. (1979). 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Robust tests for equality of variances. In I. Olkin, S. G. Ghurye, W. Hoeffding, W. G. Madow, &amp; H. B. Mann (Eds.), <em>Contributions to probability and statistics: Essays in honor of Harold Hotelling<\/em> (pp. 278\u2013292). Stanford University Press.<\/li>\n<li>Mann, H. B., &amp; Whitney, D. R. (1947). On a test of whether one of two random variables is stochastically larger than the other. <em>The Annals of Mathematical Statistics<\/em>, 18(1), 50\u201360. <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1214\/aoms\/1177730491\">https:\/\/doi.org\/10.1214\/aoms\/1177730491<\/a><\/li>\n<li>Shapiro, S. S., &amp; Wilk, M. B. (1965). An analysis of variance test for normality (complete samples). <em>Biometrika<\/em>, 52(3\/4), 591\u2013611. <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.2307\/2333709\">https:\/\/doi.org\/10.2307\/2333709<\/a><\/li>\n<li>StataCorp. (2023). <em>Stata base reference manual: Release 18<\/em>. Stata Press. <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/www.stata.com\/manuals\/r.pdf\">https:\/\/www.stata.com\/manuals\/r.pdf<\/a><\/li>\n<li>Tomczak, M., &amp; Tomczak, E. (2014). The need to report effect size estimates revisited. An overview of some recommended measures of effect size. <em>Trends in Sport Sciences<\/em>, 21(1), 19\u201325.<\/li>\n<li>Wilcox, R. R. (2022). <em>Introduction to robust estimation and hypothesis testing<\/em> (5th ed.). Academic Press.<\/li>\n<li>Wilcoxon, F. (1945). Individual comparisons by ranking methods. <em>Biometrics Bulletin<\/em>, 1(6), 80\u201383. <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.2307\/3001968\">https:\/\/doi.org\/10.2307\/3001968<\/a><\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Guide acad\u00e9mique complet pour r\u00e9aliser, interpr\u00e9ter et rapporter un test de Kruskal-Wallis sous Stata avec analyses post-hoc et calculs de taille d&rsquo;effet.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","template":"","categories":[1829,2169],"tags":[1884,2317,2318,2216,2217],"class_list":["post-925","psych_stat","type-psych_stat","status-publish","hentry","category-methodologie-statistique","category-psychologie-quantitative","tag-analyse-de-donnees","tag-kruskal-wallis","tag-recherche-en-psychologie","tag-stata","tag-statistiques-non-parametriques"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_stat\/925","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_stat"}],"about":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/psych_stat"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=925"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_stat\/925\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=925"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=925"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=925"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}