{"id":9207,"date":"2026-10-14T18:02:28","date_gmt":"2026-10-14T18:02:28","guid":{"rendered":"http:\/\/french.arabpsychology.com\/statistics\/comment-effectuer-test-u-mann-whitney-sas\/"},"modified":"2026-10-14T18:02:28","modified_gmt":"2026-10-14T18:02:28","slug":"comment-effectuer-test-u-mann-whitney-sas","status":"publish","type":"psych_stat","link":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/?psych_stat=comment-effectuer-test-u-mann-whitney-sas","title":{"rendered":"Comment effectuer un test U de Mann-Whitney dans SAS"},"content":{"rendered":"<p>L&rsquo;inf\u00e9rence statistique moderne repose sur une tension dialectique fondamentale entre l&rsquo;adh\u00e9sion rigoureuse aux hypoth\u00e8ses distributionnelles et la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;extraire des conclusions fiables \u00e0 partir de donn\u00e9es empiriques imparfaites. Dans le cadre de la recherche quantitative appliqu\u00e9e \u2014 que ce soit en biom\u00e9decine, en psychom\u00e9trie, en \u00e9conom\u00e9trie ou en ing\u00e9nierie \u2014, les chercheurs sont r\u00e9guli\u00e8rement confront\u00e9s \u00e0 des distributions qui d\u00e9fient l&rsquo;id\u00e9al de la courbe de Gauss. Des distributions asym\u00e9triques, des donn\u00e9es issues d&rsquo;\u00e9chelles de mesure ordinales, ou encore des \u00e9chantillons de taille modeste rendent l&#8217;emploi des tests param\u00e9triques traditionnels, tels que le <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Test_de_Student\">test t de Student<\/a> pour \u00e9chantillons ind\u00e9pendants, math\u00e9matiquement invalide et m\u00e9thodologiquement p\u00e9rilleux.<\/p>\n<p>Face \u00e0 ces contraintes distributionnelles, le test U de Mann-Whitney \u2014 historiquement et fonctionnellement intriqu\u00e9 avec le test de la somme des rangs de Wilcoxon \u2014 constitue l&rsquo;une des proc\u00e9dures non param\u00e9triques les plus robustes et les plus \u00e9l\u00e9gantes de l&rsquo;arsenal inf\u00e9rentiel. En substituant aux valeurs num\u00e9riques brutes leurs rangs relatifs au sein de la distribution conjointe, cette m\u00e9thode s&rsquo;affranchit de l&rsquo;obligation de normalit\u00e9 et de l&rsquo;exigence d&rsquo;une m\u00e9trique d&rsquo;intervalle stricte, tout en pr\u00e9servant une puissance statistique remarquablement \u00e9lev\u00e9e. Toutefois, la mise en \u0153uvre de ce test d\u00e9passe la simple substitution m\u00e9canique d&rsquo;une statistique par une autre : elle exige une compr\u00e9hension aigu\u00eb de ses postulats sous-jacents, notamment en ce qui concerne la nature de l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle test\u00e9e, l&rsquo;\u00e9valuation de la dominance stochastique et la distinction subtile entre un d\u00e9calage de localisation et une divergence g\u00e9n\u00e9rale de distribution.<\/p>\n<p>Le syst\u00e8me <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/www.sas.com\/\">SAS (Statistical Analysis System)<\/a> offre un environnement d&rsquo;une puissance et d&rsquo;une pr\u00e9cision computationnelle exceptionnelles pour ex\u00e9cuter, approfondir et automatiser cette analyse \u00e0 travers sa proc\u00e9dure d\u00e9di\u00e9e, <code>PROC NPAR1WAY<\/code>. Ce guide magistral a pour vocation de d\u00e9construire exhaustivement le test U de Mann-Whitney, depuis ses racines \u00e9pist\u00e9mologiques et th\u00e9oriques jusqu&rsquo;\u00e0 son impl\u00e9mentation programmatique avanc\u00e9e dans SAS. En explorant la pr\u00e9paration des donn\u00e9es, le diagnostic exploratoire, la gestion algorithmique des ex \u00e6quo, le calcul combinatoire exact des valeurs <em>p<\/em> pour les petits \u00e9chantillons, la quantification de la taille d&rsquo;effet et le d\u00e9ploiement de macros industrielles, cet article propose une r\u00e9f\u00e9rence d\u00e9finitive pour les statisticiens, les analystes de donn\u00e9es et les chercheurs d\u00e9sireux d&rsquo;allier rigueur m\u00e9thodologique et ma\u00eetrise logicielle.<\/p>\n<h2>1. Fondements th\u00e9oriques et \u00e9pist\u00e9mologiques du test U de Mann-Whitney<\/h2>\n<h3>1.1 Origine et principes du test non param\u00e9trique de Wilcoxon-Mann-Whitney<\/h3>\n<p>L&rsquo;\u00e9dification th\u00e9orique de la statistique non param\u00e9trique moderne a connu un tournant d\u00e9cisif au cours des ann\u00e9es 1940. En 1945, le chimiste et statisticien am\u00e9ricain Frank Wilcoxon publie un article fondateur introduisant le concept r\u00e9volutionnaire de l&rsquo;utilisation des rangs pour comparer deux groupes ind\u00e9pendants ainsi que deux mesures appari\u00e9es. Deux ann\u00e9es plus tard, en 1947, Henry Mann et Donald Whitney formalisent, g\u00e9n\u00e9ralisent et \u00e9tendent cette approche dans un article s\u00e9minal, en proposant une formulation combinatoire rigoureuse et une statistique sp\u00e9cifique, d\u00e9sign\u00e9e sous la lettre <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"U\">$U$<\/span>, capable de traiter explicitement des \u00e9chantillons de tailles in\u00e9gales. Bien que la litt\u00e9rature scientifique contemporaine emploie fr\u00e9quemment les termes de \u00ab test des rangs de Wilcoxon \u00bb, de \u00ab test de Mann-Whitney \u00bb ou de \u00ab test de Wilcoxon-Mann-Whitney \u00bb (WMW) de mani\u00e8re interchangeable, ces deux formulations convergent vers une structure math\u00e9matique parfaitement \u00e9quivalente.<\/p>\n<p>Le principe fondamental du test repose sur une op\u00e9ration de r\u00e9duction de dimension et d&rsquo;invariance d&rsquo;\u00e9chelle : la transformation des scores continus bruts en rangs ordinaux. Lorsque deux \u00e9chantillons ind\u00e9pendants sont combin\u00e9s et ordonn\u00e9s du plus petit au plus grand \u00e9l\u00e9ment, les rangs assign\u00e9s (de 1 \u00e0 <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"N = n_1 + n_2\">$N = n_1 + n_2$<\/span>) neutralisent compl\u00e8tement la m\u00e9trique originale des observations. Cette transformation neutralise l&rsquo;influence des d\u00e9formations de l&rsquo;\u00e9chelle de mesure, des \u00e9tirements non lin\u00e9aires ou des m\u00e9triques arbitraires souvent observ\u00e9es dans les sciences humaines et sociales. D\u00e8s lors, l&rsquo;analyse ne s&rsquo;int\u00e9resse plus aux \u00e9carts arithm\u00e9tiques absolus entre les valeurs, mais \u00e0 leur ordonnancement relatif dans un continuum commun.<\/p>\n<p>Sur le plan inf\u00e9rentiel, l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle (<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"H_0\">$H_0$<\/span>) du test U de Mann-Whitney stipule l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 stochastique fondamentale entre les deux populations m\u00e8res dont sont issus les \u00e9chantillons. Math\u00e9matiquement, si <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"X\">$X$<\/span> repr\u00e9sente une variable al\u00e9atoire issue de la premi\u00e8re population de fonction de r\u00e9partition <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"F(x)\">$F(x)$<\/span>, et <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"Y\">$Y$<\/span> une variable al\u00e9atoire issue de la seconde population de fonction de r\u00e9partition <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"G(y)\">$G(y)$<\/span>, l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle s&rsquo;exprime formellement par l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 stricte des probabilit\u00e9s conditionnelles :<\/p>\n<p><span class=\"arabpsy-math-display\" data-latex=\"P(X &gt; Y) = P(Y &gt; X) = 0,5\">$$P(X &gt; Y) = P(Y &gt; X) = 0,5$$<\/span><\/p>\n<p>Cette formulation d\u00e9montre sans ambigu\u00eft\u00e9 que le test \u00e9value fondamentalement la probabilit\u00e9 qu&rsquo;une observation extraite au hasard d&rsquo;une population surpasse une observation extraite de l&rsquo;autre, et non pas simplement l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 arithm\u00e9tique de param\u00e8tres scalaires isol\u00e9s.<\/p>\n<h3>1.2 Diff\u00e9rences conceptuelles entre approches param\u00e9triques et non param\u00e9triques<\/h3>\n<p>La distinction entre l&rsquo;approche param\u00e9trique \u2014 domin\u00e9e par le test <em>t<\/em> de Student \u2014 et l&rsquo;approche non param\u00e9trique incarn\u00e9e par Mann-Whitney r\u00e9side dans la nature m\u00eame des param\u00e8tres cibl\u00e9s et des espaces probabilistes postul\u00e9s. Les m\u00e9thodes param\u00e9triques postulent que les donn\u00e9es sont g\u00e9n\u00e9r\u00e9es par une famille sp\u00e9cifique de distributions de probabilit\u00e9, d\u00e9finie par un ensemble fini de param\u00e8tres, g\u00e9n\u00e9ralement la moyenne (<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"\\mu\">$\\mu$<\/span>) et la variance (<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"\\sigma^2\">$\\sigma^2$<\/span>) dans le cadre gaussien. D\u00e8s lors, le test <em>t<\/em> \u00e9value l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle stricte <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"\\mu_1 = \\mu_2\">$\\mu_1 = \\mu_2$<\/span>, en supposant que la dispersion et la morphologie de la distribution sont constantes ou contr\u00f4l\u00e9es. Cette focalisation sur la moyenne arithm\u00e9tique rend le test <em>t<\/em> extr\u00eamement d\u00e9pendant de la validit\u00e9 de l&rsquo;\u00e9chelle d&rsquo;intervalle, o\u00f9 des diff\u00e9rences num\u00e9riques \u00e9gales doivent refl\u00e9ter des grandeurs empiriques identiques \u00e0 travers tout le spectre de la variable.<\/p>\n<p>\u00c0 l&rsquo;inverse, l&rsquo;approche non param\u00e9trique de Mann-Whitney ne postule aucune forme analytique a priori pour les distributions sous-jacentes. Elle d\u00e9place l&rsquo;axe d&rsquo;investigation de la comparaison des moments d&rsquo;ordre 1 (les moyennes) vers l&rsquo;\u00e9valuation de la <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Dominance_stochastique\">dominance stochastique<\/a>. Une variable al\u00e9atoire <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"X\">$X$<\/span> est dite stochastiquement sup\u00e9rieure \u00e0 une variable <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"Y\">$Y$<\/span> si, pour tout seuil r\u00e9el <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"t\">$t$<\/span>, la condition <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"P(X &gt; t) ge P(Y &gt; t)\">$P(X &gt; t) ge P(Y &gt; t)$<\/span> est satisfaite, avec une in\u00e9galit\u00e9 stricte pour au moins une valeur de <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"t\">$t$<\/span>. Cette perspective est conceptuellement beaucoup plus vaste et robuste que la simple comparaison de param\u00e8tres de tendance centrale.<\/p>\n<p>Dans les disciplines empiriques telles que les sciences du comportement, la psychom\u00e9trie quantitative et la recherche clinique, cette distinction rev\u00eat une port\u00e9e capitale. Les instruments d&rsquo;\u00e9valuation produisent fr\u00e9quemment des scores composites dont les propri\u00e9t\u00e9s m\u00e9triques ne garantissent pas l&rsquo;isomorphisme avec les nombres r\u00e9els. L&rsquo;usage du test U de Mann-Whitney pr\u00e9serve l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 inf\u00e9rentielle de ces recherches en \u00e9vitant d&rsquo;attribuer aux donn\u00e9es une pr\u00e9cision quantitative fictive que leur processus de g\u00e9n\u00e9ration ne saurait soutenir.<\/p>\n<h3>1.3 Situations d&rsquo;application pr\u00e9f\u00e9rentielle en recherche empirique<\/h3>\n<p>En pratique de recherche, plusieurs configurations m\u00e9thodologiques dictent imp\u00e9rativement le recours au test U de Mann-Whitney au d\u00e9triment des proc\u00e9dures param\u00e9triques standards. La premi\u00e8re de ces situations concerne les protocoles exp\u00e9rimentaux caract\u00e9ris\u00e9s par des \u00e9chantillons de petite taille (<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"n &lt; 30\">$n &lt; 30$<\/span> par groupe). Dans cette zone d&#039;effectif restreint, le <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Th%C3%A9or%C3%A8me_central_limite\">th\u00e9or\u00e8me central limite<\/a> ne peut d\u00e9ployer ses effets asymptotiques r\u00e9gulateurs pour assurer la normalit\u00e9 de la distribution d&rsquo;\u00e9chantillonnage de la moyenne. Parall\u00e8lement, la puissance statistique des tests formels de normalit\u00e9 (tels que le test de Shapiro-Wilk) s&rsquo;av\u00e8re dramatiquement faible, laissant l&rsquo;analyste dans l&rsquo;incapacit\u00e9 de certifier la normalit\u00e9 sous-jacente.<\/p>\n<p>La deuxi\u00e8me configuration pr\u00e9f\u00e9rentielle concerne les variables intrins\u00e8quement asym\u00e9triques ou born\u00e9es unilat\u00e9ralement. L&rsquo;analyse des temps de r\u00e9action en neurosciences cognitives, les dur\u00e9es de s\u00e9jour hospitalier en sant\u00e9 publique, les niveaux de biomarqueurs immunitaires ou encore les concentrations enzymatiques pr\u00e9sentent structurellement des queues de distribution allong\u00e9es vers la droite (asym\u00e9trie positive prononc\u00e9e). De m\u00eame, les \u00e9chelles psychom\u00e9triques de type Likert (par exemple, des \u00e9valuations d&rsquo;accord de 1 \u00e0 5 ou de 1 \u00e0 7) constituent des variables ordinales pour lesquelles la moyenne arithm\u00e9tique et la variance n&rsquo;ont pas de d\u00e9finition math\u00e9matique rigoureuse, les distances subjectives entre les \u00e9chelons n&rsquo;\u00e9tant pas uniformes.<\/p>\n<p>Enfin, la r\u00e9sistance intrins\u00e8que du test U de Mann-Whitney face aux valeurs aberrantes (outliers) ou extr\u00eames en fait un outil de choix. Dans un essai clinique ou industriel, la pr\u00e9sence d&rsquo;une ou deux valeurs atypiques \u2014 r\u00e9sultant de variations biologiques extr\u00eames mais l\u00e9gitimes \u2014 peut distordre dramatiquement la moyenne et gonfler artificiellement la variance combin\u00e9e d&rsquo;un test <em>t<\/em>, conduisant \u00e0 une erreur de type II (non-rejet abusif d&rsquo;une hypoth\u00e8se nulle fausse). Le test de Mann-Whitney, en rempla\u00e7ant la valeur extr\u00eame par son simple rang ordinal au sommet de la distribution, circonscrit rigoureusement son influence perturbatrice sans n\u00e9cessiter la suppression arbitraire d&rsquo;observations l\u00e9gitimes.<\/p>\n<h2>2. Conditions d&rsquo;application et postulats m\u00e9thodologiques sous-jacents<\/h2>\n<h3>2.1 Nature et niveau de mesure des variables \u00e9tudi\u00e9es<\/h3>\n<p>La validit\u00e9 des inf\u00e9rences produites par le test U de Mann-Whitney d\u00e9pend du respect d&rsquo;exigences formelles concernant les \u00e9chelles de mesure des variables engag\u00e9es dans l&rsquo;analyse. L&rsquo;architecture du test requiert deux variables distinctes : une variable ind\u00e9pendante (ou variable de classification) et une variable d\u00e9pendante (ou variable de r\u00e9ponse). La variable ind\u00e9pendante doit \u00eatre obligatoirement cat\u00e9gorielle et strictement dichotomique, d\u00e9finissant deux groupes mutuellement exclusifs et exhaustivement repr\u00e9sentatifs des conditions exp\u00e9rimentales ou observationnelles compar\u00e9es (par exemple : groupe contr\u00f4le versus groupe trait\u00e9, ou cohorte saine versus cohorte pathologique).<\/p>\n<p>La variable d\u00e9pendante, quant \u00e0 elle, doit satisfaire au minimum aux propri\u00e9t\u00e9s d&rsquo;une \u00e9chelle de mesure ordinale. Cela signifie que les modalit\u00e9s de la variable doivent pouvoir \u00eatre hi\u00e9rarchis\u00e9es sans \u00e9quivoque selon une relation d&rsquo;ordre binaire transitive, r\u00e9flexive et antisym\u00e9trique. Le test peut parfaitement op\u00e9rer sur des donn\u00e9es continues issues d&rsquo;\u00e9chelles d&rsquo;intervalle ou de rapport, mais sa flexibilit\u00e9 exceptionnelle r\u00e9side dans sa capacit\u00e9 \u00e0 traiter des variables o\u00f9 seule la structure d&rsquo;ordre est signifiante.<\/p>\n<p>Il est fondamental de souligner que le test n&rsquo;exige aucune continuit\u00e9 stricte ni aucune diff\u00e9rentiabilit\u00e9 de la variable dans son espace support. Cependant, si la variable d\u00e9pendante est de nature discr\u00e8te avec un nombre restreint de cat\u00e9gories (par exemple, une \u00e9chelle ordinale \u00e0 trois points), la survenue d&rsquo;un volume substantiel de valeurs ex \u00e6quo (ties) peut affecter la distribution de la statistique de test, imposant des ajustements computationnels que nous d\u00e9taillerons dans les sections d\u00e9di\u00e9es aux calculs exacts.<\/p>\n<h3>2.2 Ind\u00e9pendance stricte des observations et des groupes<\/h3>\n<p>Le postulat le plus critique et le moins n\u00e9gociable du test U de Mann-Whitney r\u00e9side dans l&rsquo;ind\u00e9pendance statistique absolue des unit\u00e9s d&rsquo;\u00e9chantillonnage. Chaque observation individuelle doit \u00eatre g\u00e9n\u00e9r\u00e9e ind\u00e9pendamment de toutes les autres, tant \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de son propre groupe qu&rsquo;entre les deux groupes mis en concurrence. Sur le plan de la conception exp\u00e9rimentale, cela implique une assignation mutuellement exclusive : une unit\u00e9 exp\u00e9rimentale (patient, sujet, composant industriel) ne peut appartenir qu&rsquo;\u00e0 un seul groupe, et aucune mesure r\u00e9p\u00e9t\u00e9e dans le temps sur un m\u00eame individu ne peut \u00eatre int\u00e9gr\u00e9e dans cette mod\u00e9lisation.<\/p>\n<p>Toute violation de l&rsquo;hypoth\u00e8se d&rsquo;ind\u00e9pendance d\u00e9truit irr\u00e9m\u00e9diablement la validit\u00e9 de la loi de probabilit\u00e9 sous-jacente \u00e0 la statistique de test. Les situations d&rsquo;appariement (matching), les protocoles pr\u00e9-test \/ post-test, les conceptions en blocs randomis\u00e9s ou la collecte de donn\u00e9es hi\u00e9rarchiques (par exemple, des \u00e9l\u00e8ves nich\u00e9s au sein de classes, ou des mesures recueillies sur les deux yeux d&rsquo;un m\u00eame patient) introduisent une structure de covariance intraclasse non nulle. L&rsquo;application erron\u00e9e d&rsquo;un test U de Mann-Whitney \u00e0 de telles donn\u00e9es corr\u00e9l\u00e9es conduit quasi invariablement \u00e0 une sous-estimation s\u00e9v\u00e8re de la variance d&rsquo;\u00e9chantillonnage, provoquant une inflation catastrophique du taux d&rsquo;erreur de type I (rejet de l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle alors qu&rsquo;elle est vraie).<\/p>\n<p>Dans les cas de mesures r\u00e9p\u00e9t\u00e9es ou d&rsquo;\u00e9chantillons appari\u00e9s, l&rsquo;analyste doit imp\u00e9rativement d\u00e9laisser le test U de Mann-Whitney au profit du test des rangs sign\u00e9s de Wilcoxon pour s\u00e9ries appari\u00e9es, ou recourir \u00e0 des mod\u00e8les mixtes non param\u00e9triques plus \u00e9labor\u00e9s.<\/p>\n<h3>2.3 Forme des distributions et interpr\u00e9tation des m\u00e9dianes<\/h3>\n<p>Une confusion \u00e9pist\u00e9mologique et m\u00e9thodologique extr\u00eamement r\u00e9pandue dans la litt\u00e9rature empirique consiste \u00e0 affirmer unilat\u00e9ralement que \u00ab le test de Mann-Whitney est un test de comparaison des m\u00e9dianes \u00bb. Cette all\u00e9gation n&rsquo;est math\u00e9matiquement exacte que sous une condition distributionnelle particuli\u00e8rement restrictive, connue sous le nom de postulat de d\u00e9calage de localisation (<em>location-shift assumption<\/em>).<\/p>\n<p>Selon ce postulat, les distributions des deux populations m\u00e8res poss\u00e8dent des fonctions de densit\u00e9 de probabilit\u00e9 qui partagent exactement la m\u00eame forme g\u00e9om\u00e9trique, la m\u00eame variance, la m\u00eame asym\u00e9trie et le m\u00eame aplatissement, \u00e0 une constante de translation spatiale pr\u00e8s. Formellement, cela s&rsquo;exprime par la relation :<\/p>\n<p><span class=\"arabpsy-math-display\" data-latex=\"F_1(x) = F_2(x - \\theta)\">$$F_1(x) = F_2(x &#8211; \\theta)$$<\/span><\/p>\n<p>o\u00f9 <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"\\theta\">$\\theta$<\/span> repr\u00e9sente le param\u00e8tre de d\u00e9calage de localisation. Lorsque cette hypoth\u00e8se d&rsquo;homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 morphologique est satisfaite, le test U de Mann-Whitney devient effectivement un test parfait de l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"\\theta = 0\">$\\theta = 0$<\/span>, ce qui \u00e9quivaut rigoureusement \u00e0 tester l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 des m\u00e9dianes des deux populations (<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"Med_1 = Med_2\">$Med_1 = Med_2$<\/span>). Dans cette configuration sp\u00e9cifique, rejeter <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"H_0\">$H_0$<\/span> autorise le chercheur \u00e0 conclure que la m\u00e9diane d&rsquo;un groupe est significativement plus \u00e9lev\u00e9e que celle de l&rsquo;autre.<\/p>\n<p>En revanche, lorsque les distributions pr\u00e9sentent des morphologies manifestement discordantes \u2014 par exemple, une distribution bimodale oppos\u00e9e \u00e0 une distribution unimodale asym\u00e9trique, ou des variances h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes \u2014, le test ne teste plus les m\u00e9dianes. Il \u00e9value alors la dominance stochastique pure. Il est tout \u00e0 fait possible que deux populations poss\u00e8dent rigoureusement la m\u00eame m\u00e9diane num\u00e9rique tout en produisant un r\u00e9sultat hautement significatif au test de Mann-Whitney (<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"p &lt; 0,001\">$p &lt; 0,001$<\/span>) si l&#039;une des distributions pr\u00e9sente une dispersion asym\u00e9trique syst\u00e9matiquement d\u00e9cal\u00e9e par rapport \u00e0 l&#039;autre. Les chercheurs doivent donc inspecter imp\u00e9rativement la dispersion et la forme des distributions avant de formuler leurs conclusions en termes de comparaison de m\u00e9dianes.<\/p>\n<h2>3. Comparaison m\u00e9thodologique : Test U de Mann-Whitney versus Test t de Student<\/h2>\n<h3>3.1 Sensibilit\u00e9 aux violations de normalit\u00e9 et petits \u00e9chantillons<\/h3>\n<p>Le test <em>t<\/em> de Student \u00e0 deux \u00e9chantillons repose sur l&rsquo;hypoth\u00e8se fondamentale que la variable d&rsquo;int\u00e9r\u00eat suit une distribution gaussienne au sein de chaque sous-population d&rsquo;origine. Si le th\u00e9or\u00e8me central limite garantit une robustesse asymptotique appr\u00e9ciable au test <em>t<\/em> lorsque les effectifs deviennent consid\u00e9rables (<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"n &gt; 100\">$n &gt; 100$<\/span>), sa performance s&rsquo;effondre de mani\u00e8re dramatique en pr\u00e9sence d&rsquo;\u00e9chantillons de petite taille (<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"n &lt; 30\">$n &lt; 30$<\/span>) confront\u00e9s \u00e0 de s\u00e9v\u00e8res \u00e9carts de normalit\u00e9.<\/p>\n<p>Sous l&rsquo;influence d&rsquo;une forte asym\u00e9trie (skewness marqu\u00e9e) combin\u00e9e \u00e0 de faibles effectifs, la distribution d&rsquo;\u00e9chantillonnage de la statistique <em>t<\/em> cesse de se conformer \u00e0 la loi de Student th\u00e9orique. Il en r\u00e9sulte un d\u00e9r\u00e8glement complet du taux d&rsquo;erreur de type I effectif, qui s&rsquo;\u00e9carte substantiellement du seuil nominal conventionnel <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"\\alpha = 0,05\">$\\alpha = 0,05$<\/span>. Le chercheur s&rsquo;expose alors soit \u00e0 une perte dramatique de puissance statistique (incapacit\u00e9 \u00e0 d\u00e9tecter un effet exp\u00e9rimental r\u00e9el), soit \u00e0 une lib\u00e9ralit\u00e9 inacceptable du test g\u00e9n\u00e9rant de faux positifs.<\/p>\n<p>\u00c0 l&rsquo;oppos\u00e9, la statistique bas\u00e9e sur les rangs du test de Mann-Whitney conserve un contr\u00f4le exact et invariant de l&rsquo;erreur de type I, quelle que soit la nature de la distribution continue sous-jacente. Face \u00e0 des queues de distribution lourdes (leptokurtiques), la probabilit\u00e9 assign\u00e9e \u00e0 l&rsquo;ordonnancement combinatoire des rangs demeure parfaitement calibr\u00e9e. Ainsi, la stabilit\u00e9 des inf\u00e9rences statistiques issues de Mann-Whitney surpasse syst\u00e9matiquement celle du test de Student d\u00e8s lors que les donn\u00e9es s&rsquo;\u00e9cartent du paradigme gaussien id\u00e9alis\u00e9.<\/p>\n<h3>3.2 Efficacit\u00e9 asymptotique relative (ARE)<\/h3>\n<p>Une pr\u00e9occupation r\u00e9currente chez les statisticiens appliqu\u00e9s concerne le \u00ab co\u00fbt th\u00e9orique \u00bb associ\u00e9 \u00e0 l&rsquo;abandon du cadre param\u00e9trique lorsque les postulats de ce dernier sont pourtant satisfaits. Ce co\u00fbt est formellement quantifi\u00e9 par le concept d&rsquo;<a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Asymptotic_relative_efficiency\">efficacit\u00e9 asymptotique relative (ARE, pour Asymptotic Relative Efficiency)<\/a> de Pitman. L&rsquo;ARE mesure le ratio des tailles d&rsquo;\u00e9chantillon requises par deux tests concurrents pour atteindre une puissance statistique strictement \u00e9quivalente face \u00e0 une alternative locale donn\u00e9e, lorsque la taille de l&rsquo;\u00e9chantillon tend vers l&rsquo;infini.<\/p>\n<p>Dans le pire sc\u00e9nario envisageable pour le test non param\u00e9trique \u2014 c&rsquo;est-\u00e0-dire lorsque la population suit rigoureusement et parfaitement une distribution normale id\u00e9ale \u2014, l&rsquo;efficacit\u00e9 asymptotique relative du test de Mann-Whitney par rapport au test <em>t<\/em> de Student s&rsquo;\u00e9tablit exactement \u00e0 :<\/p>\n<p><span class=\"arabpsy-math-display\" data-latex=\"ARE = \\frac{3}{\\pi} \\approx 0,955\">$$ARE = \\frac{3}{\\pi} \\approx 0,955$$<\/span><\/p>\n<p>Cette valeur remarquable d\u00e9montre que, sous les conditions optimales du test <em>t<\/em>, le test de Mann-Whitney ne conc\u00e8de qu&rsquo;une perte de puissance statistique d\u00e9risoire de 4,5 %. Il suffirait th\u00e9oriquement de 100 observations sous Mann-Whitney pour \u00e9galer la puissance fournie par 95 ou 96 observations sous le test <em>t<\/em>.<\/p>\n<p>Cependant, d\u00e8s que la distribution r\u00e9elle d\u00e9vie de la normalit\u00e9, l&rsquo;avantage s&rsquo;inverse de mani\u00e8re spectaculaire. Pour des distributions mod\u00e9r\u00e9ment asym\u00e9triques ou \u00e0 queue lourde (comme la distribution log-normale ou la distribution de Laplace), l&rsquo;ARE de Mann-Whitney d\u00e9passe fr\u00e9quemment 1,00, atteignant des valeurs de 1,15 \u00e0 1,50. Dans le cas extr\u00eame de distributions pathologiques \u00e0 queues tr\u00e8s \u00e9paisses, telles que la loi de Cauchy, l&rsquo;ARE de Mann-Whitney par rapport au test <em>t<\/em> tend vers l&rsquo;infini, le test <em>t<\/em> devenant asymptotiquement incapable de converger en raison de la non-existence math\u00e9matique des moments d&rsquo;ordre sup\u00e9rieur. Le compromis m\u00e9thodologique plaide donc massivement en faveur de la parcimonie et de la s\u00e9curit\u00e9 offertes par l&rsquo;approche non param\u00e9trique.<\/p>\n<h3>3.3 Traitement des valeurs aberrantes (outliers)<\/h3>\n<p>L&rsquo;un des talons d&rsquo;Achille majeurs de l&rsquo;inf\u00e9rence param\u00e9trique classique r\u00e9side dans l&rsquo;extr\u00eame vuln\u00e9rabilit\u00e9 des estimateurs de moments face aux observations discordantes ou aberrantes. La moyenne arithm\u00e9tique poss\u00e8de un point de rupture (<em>breakdown point<\/em>) asymptotique \u00e9gal \u00e0 $0$, signifiant qu&rsquo;une unique valeur arbitrairement \u00e9lev\u00e9e ou corrompue suffit \u00e0 d\u00e9porter la moyenne de l&rsquo;\u00e9chantillon vers l&rsquo;infini. De surcro\u00eet, la variance combin\u00e9e \u00e9tant calcul\u00e9e \u00e0 partir de la somme des carr\u00e9s des \u00e9carts \u00e0 la moyenne, une valeur aberrante gonfle le d\u00e9nominateur de la statistique <em>t<\/em> de fa\u00e7on quadratique, \u00e9crasant litt\u00e9ralement la valeur de <em>t<\/em> et masquant des effets r\u00e9els hautement significatifs.<\/p>\n<p>Le test U de Mann-Whitney r\u00e9sout cette aporie de mani\u00e8re structurelle gr\u00e2ce au m\u00e9canisme d&rsquo;assignation des rangs. Lorsqu&rsquo;un jeu de donn\u00e9es contenant une valeur aberrante colossale est transform\u00e9 en rangs, cette observation extr\u00eame re\u00e7oit simplement le rang maximal (<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"N\">$N$<\/span>). Qu&rsquo;elle exc\u00e8de le reste de l&rsquo;\u00e9chantillon de 5 unit\u00e9s ou de 5 millions d&rsquo;unit\u00e9s, son poids math\u00e9matique dans la statistique du test reste rigoureusement plafonn\u00e9 \u00e0 la valeur de son rang relatif.<\/p>\n<p>Cette propri\u00e9t\u00e9 conf\u00e8re au test U de Mann-Whitney une fonction de troncature naturelle et non destructive. Contrairement aux pratiques contestables de \u00ab nettoyage de donn\u00e9es \u00bb \u2014 qui consistent \u00e0 \u00e9laguer arbitrairement les observations situ\u00e9es au-del\u00e0 de 2 ou 3 \u00e9carts-types \u2014, le test non param\u00e9trique int\u00e8gre l&rsquo;ensemble du mat\u00e9riel empirique collect\u00e9. La validit\u00e9 interne du protocole est ainsi pr\u00e9serv\u00e9e, tout en prot\u00e9geant l&rsquo;exp\u00e9rimentateur contre les artefacts de mesure.<\/p>\n<h2>4. Pr\u00e9paration et structuration des donn\u00e9es pour l&rsquo;analyse sous SAS<\/h2>\n<h3>4.1 Architecture et formatage requis du jeu de donn\u00e9es<\/h3>\n<p>Pour ex\u00e9cuter un test non param\u00e9trique sous l&rsquo;environnement SAS, la structuration relationnelle des tables de donn\u00e9es ob\u00e9it \u00e0 des conventions d&rsquo;architecture strictes. La quasi-totalit\u00e9 des proc\u00e9dures analytiques de SAS, y compris <code>PROC NPAR1WAY<\/code>, exigent une disposition des donn\u00e9es dite en format \u00ab long \u00bb (ou vertical), par opposition au format \u00ab large \u00bb (ou horizontal).<\/p>\n<p>Dans un format long, chaque ligne de la table SAS repr\u00e9sente une unit\u00e9 exp\u00e9rimentale unique (une observation individuelle). La structure tabulaire minimale requiert imp\u00e9rativement deux colonnes :<\/p>\n<ul>\n<li>Une variable cat\u00e9gorielle de regroupement (variable ind\u00e9pendante), qui prend exactement deux modalit\u00e9s mutuellement exclusives identifiant le groupe d&rsquo;appartenance de chaque sujet. Cette variable peut \u00eatre typ\u00e9e comme cha\u00eene de caract\u00e8res (<em>character<\/em>) ou comme variable num\u00e9rique format\u00e9e (par exemple 0 et 1).<\/li>\n<li>Une variable de r\u00e9ponse (variable d\u00e9pendante continue ou ordinale), qui doit \u00eatre imp\u00e9rativement d\u00e9clar\u00e9e avec un typage num\u00e9rique dans SAS. Toute tentative d&rsquo;ex\u00e9cuter une proc\u00e9dure non param\u00e9trique sur une variable d&rsquo;analyse typ\u00e9e en cha\u00eene de caract\u00e8res provoquera une interruption imm\u00e9diate avec erreur dans le journal d&rsquo;ex\u00e9cution (SAS Log).<\/li>\n<\/ul>\n<p>Avant d&rsquo;engager toute mod\u00e9lisation, une phase d&rsquo;audit des donn\u00e9es s&rsquo;av\u00e8re indispensable pour d\u00e9tecter la pr\u00e9sence \u00e9ventuelle de codes de donn\u00e9es manquantes (not\u00e9s par un point \u00ab . \u00bb sous SAS pour les variables num\u00e9riques), de valeurs aberrantes impossibles r\u00e9sultant d&rsquo;erreurs de saisie, ou d&rsquo;espaces invisibles dans les libell\u00e9s textuels pouvant fragmenter artificiellement les modalit\u00e9s du groupe.<\/p>\n<h3>4.2 Cr\u00e9ation manuelle d&rsquo;un jeu de donn\u00e9es via l&rsquo;\u00e9tape DATA<\/h3>\n<p>Dans le cadre de simulations, de v\u00e9rifications d&rsquo;algorithmes ou du traitement de protocoles exp\u00e9rimentaux restreints, l&rsquo;\u00e9tape DATA de SAS offre une interface native extr\u00eamement performante pour concevoir et instancier directement les tables analytiques. L&rsquo;instruction <code>INPUT<\/code> combin\u00e9e au marqueur de d\u00e9limitation de flux <code>DATALINES<\/code> permet une saisie s\u00e9quentielle et contr\u00f4l\u00e9e des enregistrements.<\/p>\n<p>Consid\u00e9rons l&rsquo;exemple paradigmatique d&rsquo;une \u00e9tude d&rsquo;ing\u00e9nierie \u00e9nerg\u00e9tique comparant l&rsquo;efficacit\u00e9 de consommation de carburant (en miles per gallon, <em>mpg<\/em>) entre une cohorte de v\u00e9hicules recevant un additif exp\u00e9rimental (groupe <em>treated<\/em>) et une cohorte t\u00e9moin sans additif (groupe <em>control<\/em>). Le script d&rsquo;instanciation s&rsquo;articule comme suit :<\/p>\n<p>Dans ce bloc de code, la variable <code>group<\/code> est suffix\u00e9e par le symbole <code>$<\/code> afin de stipuler explicitement au compilateur SAS qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une cha\u00eene alphanum\u00e9rique, tandis que la variable quantitative <code>mpg<\/code> est instanci\u00e9e par d\u00e9faut comme variable num\u00e9rique \u00e0 double pr\u00e9cision en virgule flottante. Lors de l&rsquo;ex\u00e9cution, le journal (SAS Log) doit imp\u00e9rativement faire l&rsquo;objet d&rsquo;un examen minutieux : il doit confirmer l&rsquo;injection exacte de 24 observations et de 2 variables, en certifiant l&rsquo;absence totale de messages d&rsquo;avertissement relatifs \u00e0 des conversions automatiques non contr\u00f4l\u00e9es ou \u00e0 des lignes tronqu\u00e9es.<\/p>\n<h3>4.3 Importation de donn\u00e9es externes avec PROC IMPORT<\/h3>\n<p>Dans les contextes de production industrielle ou de recherche clinique institutionnelle, les donn\u00e9es brutes proviennent g\u00e9n\u00e9ralement de r\u00e9f\u00e9rentiels externes centralis\u00e9s sous la forme de fichiers d\u00e9limit\u00e9s (tels que des fichiers texte au format .CSV) ou de classeurs bureautiques (fichiers Microsoft Excel au format .XLSX). La proc\u00e9dure <code>PROC IMPORT<\/code> constitue le vecteur d&rsquo;ingestion privil\u00e9gi\u00e9 sous SAS.<\/p>\n<p>Une importation rigoureuse requiert un param\u00e9trage exhaustif pour pr\u00e9venir toute distorsion de format. L&rsquo;argument <code>DBMS<\/code> sp\u00e9cifie le moteur d&rsquo;acc\u00e8s au fichier (par exemple <code>CSV<\/code> ou <code>XLSX<\/code>), tandis que l&rsquo;instruction <code>GETNAMES=YES;<\/code> force SAS \u00e0 utiliser la premi\u00e8re ligne d&rsquo;enregistrements pour nommer les colonnes de la table finale. Un param\u00e8tre hautement strat\u00e9gique pour les fichiers d\u00e9limit\u00e9s est l&rsquo;instruction <code>GUESSINGROWS=MAX;<\/code> (ou la sp\u00e9cification d&rsquo;un nombre \u00e9lev\u00e9 de lignes d&rsquo;\u00e9chantillonnage). Par d\u00e9faut, SAS n&rsquo;examine que les premi\u00e8res lignes pour inf\u00e9rer le type et la longueur des variables ; si une anomalie textuelle survient tardivement dans le fichier, l&rsquo;absence de ce param\u00e8tre peut conduire \u00e0 une troncature de caract\u00e8res ou \u00e0 un \u00e9chec d&rsquo;importation num\u00e9rique.<\/p>\n<p>Une fois l&rsquo;importation r\u00e9alis\u00e9e avec succ\u00e8s, la bonne pratique de gouvernance des donn\u00e9es impose d&rsquo;ex\u00e9cuter imm\u00e9diatement une proc\u00e9dure d&rsquo;inventaire m\u00e9trologique via <code>PROC CONTENTS<\/code>. Cette \u00e9tape valide formellement la nomenclature des variables, v\u00e9rifie leur typage binaire ou textuel, et garantit que la table est pr\u00eate pour les calculs de rangs ult\u00e9rieurs sans risque d&rsquo;incompatibilit\u00e9 de sch\u00e9ma.<\/p>\n<h2>5. Exploration pr\u00e9alable et v\u00e9rification des hypoth\u00e8ses avec PROC UNIVARIATE<\/h2>\n<figure class=\"wpt-preserved-image\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/french.arabpsychology.com\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/mannSAS1.jpg\" alt=\"\" \/><\/figure>\n<h3>5.1 \u00c9valuation de la forme des distributions et des statistiques descriptives<\/h3>\n<p>L&rsquo;exploration pr\u00e9alable des distributions ne constitue pas un simple pr\u00e9liminaire formel, mais une \u00e9tape d\u00e9cisionnelle structurante. La proc\u00e9dure <code>PROC UNIVARIATE<\/code> de SAS repr\u00e9sente l&rsquo;instrument d&rsquo;investigation distributionnelle le plus exhaustif disponible. En combinant cette proc\u00e9dure avec l&rsquo;instruction <code>CLASS<\/code>, l&rsquo;analyste peut partitionner l&rsquo;analyse statistique en fonction des deux modalit\u00e9s de la variable d&rsquo;exposition ind\u00e9pendante.<\/p>\n<p>L&rsquo;examen des moments empiriques d&rsquo;ordre sup\u00e9rieur s&rsquo;av\u00e8re crucial. Le coefficient d&rsquo;asym\u00e9trie de Fisher-Pearson (<em>skewness<\/em>) quantifie l&rsquo;absence de sym\u00e9trie de la distribution autour de son centre : une valeur proche de z\u00e9ro signale une distribution parfaitement sym\u00e9trique, tandis qu&rsquo;une asym\u00e9trie sup\u00e9rieure \u00e0 <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"+1\">$+1$<\/span> ou inf\u00e9rieure \u00e0 <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"-1\">$-1$<\/span> indique une d\u00e9viation s\u00e9v\u00e8re incompatible avec le cadre gaussien. Simultan\u00e9ment, le coefficient d&rsquo;aplatissement (<em>kurtosis<\/em>), mesurant la lourdeur des queues de distribution par rapport \u00e0 la distribution normale (dont le kurtosis standardis\u00e9 est nul), r\u00e9v\u00e8le la pr\u00e9sence potentielle d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements extr\u00eames susceptibles de d\u00e9stabiliser les variances param\u00e9triques.<\/p>\n<p>Parall\u00e8lement, la confrontation de l&rsquo;\u00e9cart-type classique avec l&rsquo;\u00e9cart interquartile (<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"IQR = Q_3 - Q_1\">$IQR = Q_3 &#8211; Q_1$<\/span>) permet de jauger la stabilit\u00e9 de la dispersion. Lorsque l&rsquo;\u00e9cart-type est disproportionnellement plus \u00e9lev\u00e9 que l&rsquo;IQR, la distribution est invariablement pollu\u00e9e par des queues \u00e9tir\u00e9es ou des observations marginales, fournissant un premier faisceau d&rsquo;indices empiriques plaidant pour l&rsquo;abandon de l&rsquo;approche param\u00e9trique.<\/p>\n<h3>5.2 Tests de normalit\u00e9 formels<\/h3>\n<p>Bien que l&rsquo;inspection des statistiques descriptives offre un cadrage quantitatif pr\u00e9cieux, la d\u00e9monstration formelle de la violation de l&rsquo;hypoth\u00e8se de normalit\u00e9 requiert l&rsquo;ex\u00e9cution de tests d&rsquo;hypoth\u00e8se d\u00e9di\u00e9s. L&rsquo;adjonction de l&rsquo;option <code>NORMAL<\/code> dans l&rsquo;instruction d&rsquo;en-t\u00eate de <code>PROC UNIVARIATE<\/code> d\u00e9clenche automatiquement la g\u00e9n\u00e9ration d&rsquo;un ensemble complet de tests de normalit\u00e9 adapt\u00e9s \u00e0 diff\u00e9rentes configurations d&rsquo;\u00e9chantillonnage.<\/p>\n<p>Pour les \u00e9chantillons de taille petite \u00e0 mod\u00e9r\u00e9e (<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"n &lt; 50\">$n &lt; 50$<\/span>), le <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Test_de_Shapiro-Wilk\">test de Shapiro-Wilk<\/a> (mat\u00e9rialis\u00e9 par la statistique <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"W\">$W$<\/span> dans la sortie SAS) repr\u00e9sente le test de normalit\u00e9 le plus puissant et le plus universellement recommand\u00e9 par la communaut\u00e9 statistique internationale. Le rejet de l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle (<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"p &lt; 0,05\">$p &lt; 0,05$<\/span>) apporte la preuve formelle que les donn\u00e9es observ\u00e9es s&#039;\u00e9cartent significativement d&#039;un processus g\u00e9n\u00e9rateur gaussien. Pour des \u00e9chantillons de plus grande envergure, SAS fournit \u00e9galement les statistiques d&#039;ad\u00e9quation de Kolmogorov-Smirnov (avec correction de Lilliefors), de Cram\u00e9r-von Mises et d&#039;Anderson-Darling (ce dernier accordant un poids plus important aux queues de distribution).<\/p>\n<p>L&rsquo;observation d&rsquo;un r\u00e9sultat statistiquement significatif au test de Shapiro-Wilk au sein d&rsquo;au moins l&rsquo;un des deux groupes exp\u00e9rimentaux invalide irr\u00e9m\u00e9diablement l&rsquo;application th\u00e9orique du test <em>t<\/em> de Student classique. Elle conf\u00e8re \u00e0 l&rsquo;analyste une justification m\u00e9thodologique irr\u00e9futable pour op\u00e9rer une transition formelle vers le cadre non param\u00e9trique de Mann-Whitney.<\/p>\n<h3>5.3 Visualisation graphique de la distribution<\/h3>\n<p>L&rsquo;\u00e9valuation des propri\u00e9t\u00e9s distributionnelles ne saurait s&rsquo;accomplir sans un examen visuel direct de la morphologie des donn\u00e9es. <code>PROC UNIVARIATE<\/code> int\u00e8gre une interface graphique sophistiqu\u00e9e orchestr\u00e9e par le syst\u00e8me ODS Graphics de SAS, permettant de g\u00e9n\u00e9rer instantan\u00e9ment des diagrammes quantile-quantile (Q-Q plots) et des bo\u00eetes \u00e0 moustaches comparatives (box plots).<\/p>\n<p>Le diagramme quantile-quantile th\u00e9orique normal (obtenu via l&rsquo;instruction <code>PROBPLOT<\/code> ou <code>QQPLOT<\/code>) juxtapose les quantiles observ\u00e9s de l&rsquo;\u00e9chantillon aux quantiles th\u00e9oriques issus d&rsquo;une loi normale standard. Toute d\u00e9viation syst\u00e9matique des points par rapport \u00e0 la droite de r\u00e9f\u00e9rence \u2014 qu&rsquo;il s&rsquo;agisse d&rsquo;une courbure en forme de \u00ab S \u00bb signalant des queues courtes ou d&rsquo;une courbure en forme de \u00ab J \u00bb refl\u00e9tant une asym\u00e9trie marqu\u00e9e \u2014 mat\u00e9rialise imm\u00e9diatement la nature de la non-normalit\u00e9.<\/p>\n<p>De surcro\u00eet, la production de diagrammes en bo\u00eete comparatifs via l&rsquo;instruction <code>PLOTS<\/code> offre une lecture synoptique essentielle de l&rsquo;homosc\u00e9dasticit\u00e9 et de l&rsquo;\u00e9quivalence des formes distributionnelles. Si les bo\u00eetes pr\u00e9sentent des longueurs similaires et des m\u00e9dianes positionn\u00e9es de mani\u00e8re sym\u00e9trique entre les premier et troisi\u00e8me quartiles au sein des deux groupes, l&rsquo;hypoth\u00e8se de d\u00e9calage de localisation (<em>location shift<\/em>) est consolid\u00e9e visuellement. \u00c0 l&rsquo;inverse, si l&rsquo;une des bo\u00eetes est massivement \u00e9tir\u00e9e tandis que l&rsquo;autre est compacte, le chercheur sait par avance que son test de Mann-Whitney devra imp\u00e9rativement \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9 en termes de dominance stochastique globale plut\u00f4t qu&rsquo;en termes de translation pure des m\u00e9dianes.<\/p>\n<h2>6. Syntaxe fondamentale de PROC NPAR1WAY pour le test de Mann-Whitney<\/h2>\n<h3>6.1 Architecture g\u00e9n\u00e9rale de la proc\u00e9dure PROC NPAR1WAY<\/h3>\n<p>La proc\u00e9dure <code>PROC NPAR1WAY<\/code> (abr\u00e9viation de <em>Nonparametric One-Way Analysis<\/em>) constitue le r\u00e9acteur analytique d\u00e9di\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9valuation non param\u00e9trique des distributions \u00e0 un facteur dans le logiciel SAS. Con\u00e7ue pour rivaliser avec la flexibilit\u00e9 de <code>PROC GLM<\/code> ou de <code>PROC TTEST<\/code>, elle automatise l&rsquo;ensemble du processus de tri conjoint, d&rsquo;attribution ordinale des rangs, de traitement matriciel des ex \u00e6quo et de d\u00e9rivation des lois de probabilit\u00e9 empiriques et asymptotiques.<\/p>\n<p>L&rsquo;architecture de base de la proc\u00e9dure s&rsquo;articule autour d&rsquo;une syntaxe d\u00e9clarative canonique d&rsquo;une concision remarquable. L&rsquo;instruction principale <code>PROC NPAR1WAY<\/code> peut accueillir une vaste gamme d&rsquo;options contr\u00f4lant les types de rangs appliqu\u00e9s (scores de Wilcoxon, scores m\u00e9dians, scores de Savage, scores de van der Waerden, etc.). Pour ex\u00e9cuter sp\u00e9cifiquement le test U de Mann-Whitney, l&rsquo;adjonction explicite de l&rsquo;option <code>WILCOXON<\/code> dans la ligne de commande principale est la m\u00e9thode recommand\u00e9e, bien que l&rsquo;omission de cette option entra\u00eene l&rsquo;ex\u00e9cution par d\u00e9faut d&rsquo;un ensemble de plusieurs tests non param\u00e9triques concurrents.<\/p>\n<p>L&rsquo;ordonnancement structurel interne requiert obligatoirement deux instructions subs\u00e9quentes : l&rsquo;instruction <code>CLASS<\/code>, qui d\u00e9signe la variable cat\u00e9gorielle ind\u00e9pendante d\u00e9finissant la partition de l&rsquo;\u00e9chantillon, et l&rsquo;instruction <code>VAR<\/code>, qui sp\u00e9cifie la ou les variables quantitatives continues ou ordinales faisant l&rsquo;objet de l&rsquo;\u00e9valuation inf\u00e9rentielle.<\/p>\n<h3>6.2 Configuration des variables d\u00e9pendantes et de regroupement<\/h3>\n<p>La configuration de l&rsquo;instruction <code>CLASS<\/code> gouverne le p\u00e9rim\u00e8tre m\u00e9thodologique de l&rsquo;analyse. Pour que le test de Mann-Whitney soit rigoureusement configur\u00e9, la variable d\u00e9clar\u00e9e sous <code>CLASS<\/code> ne doit pr\u00e9senter strictement que deux niveaux factoriels (modalit\u00e9s) actifs au sein du jeu de donn\u00e9es filtr\u00e9. Si la variable contient trois niveaux ou plus, SAS basculera automatiquement d&rsquo;une analyse bilat\u00e9rale \u00e0 deux \u00e9chantillons vers une analyse de variance non param\u00e9trique globale \u00e0 <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"k\">$k$<\/span> \u00e9chantillons, mat\u00e9rialis\u00e9e par le test de Kruskal-Wallis, que nous aborderons dans les extensions m\u00e9thodologiques.<\/p>\n<p>L&rsquo;instruction <code>VAR<\/code> accueille quant \u00e0 elle la variable d\u00e9pendante continue ou ordinale. D\u00e8s la r\u00e9ception de ces param\u00e8tres, l&rsquo;algorithme sous-jacent de SAS fusionne temporairement les sous-\u00e9chantillons, applique un algorithme de tri ascendant rapide (quicksort hautement optimis\u00e9), et remplace chaque valeur par son rang relatif dans l&rsquo;\u00e9chantillon combin\u00e9 de taille <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"N\">$N$<\/span>.<\/p>\n<p>Il importe de noter que SAS assigne rigoureusement les rangs de mani\u00e8re croissante : la valeur la plus faible de la distribution conjointe re\u00e7oit le rang 1, et la valeur la plus \u00e9lev\u00e9e re\u00e7oit le rang <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"N\">$N$<\/span>. Cette convention d&rsquo;ordonnancement est constante \u00e0 travers toutes les versions de SAS, garantissant une reproductibilit\u00e9 num\u00e9rique parfaite des sommes de scores attribu\u00e9es \u00e0 chaque groupe.<\/p>\n<h3>6.3 Ex\u00e9cution et analyse d&rsquo;un script SAS standard<\/h3>\n<p>Pour mat\u00e9rialiser la concr\u00e9tude de l&rsquo;impl\u00e9mentation logicielle, examinons l&rsquo;ex\u00e9cution d&rsquo;un script SAS canonique ciblant notre jeu de donn\u00e9es exp\u00e9rimental de consommation de carburant (<code>mpg_data<\/code>), comprenant deux groupes de 12 v\u00e9hicules :<\/p>\n<p>L&rsquo;ex\u00e9cution de ce bloc d\u00e9clenche une s\u00e9quence computationnelle instantan\u00e9e. Le premier r\u00e9flexe de l&rsquo;analyste scientifique ne doit pas consister \u00e0 lire la valeur <em>p<\/em>, mais \u00e0 inspecter rigoureusement le journal d&rsquo;ex\u00e9cution (SAS Log). Le journal certifie le nombre d&rsquo;observations lues depuis la table d&rsquo;entr\u00e9e et le nombre d&rsquo;observations effectivement retenues dans l&rsquo;analyse inf\u00e9rentielle. Si des valeurs manquantes existent sur l&rsquo;une des variables (groupe ou mpg), SAS proc\u00e8de \u00e0 une suppression par observation (<em>listwise deletion<\/em>) ; le journal indique alors clairement le volume d&rsquo;enregistrements exclus.<\/p>\n<p>Le journal confirme \u00e9galement l&rsquo;absence totale d&rsquo;avertissements (warnings) relatifs \u00e0 une d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence de variance ou \u00e0 une discordance de modalit\u00e9 dans la variable de classe. Une fois la conformit\u00e9 du journal valid\u00e9e, l&rsquo;analyste peut se tourner vers la table de sortie textuelle et les graphiques ODS g\u00e9n\u00e9r\u00e9s par la proc\u00e9dure.<\/p>\n<h2>7. Gestion des petits \u00e9chantillons et calcul des valeurs p exactes<\/h2>\n<h3>7.1 Failles de l&rsquo;approximation asymptotique normale pour n &lt; 30<\/h3>\n<p>Par d\u00e9faut, la plupart des logiciels statistiques calculent la signification statistique du test U de Mann-Whitney \u00e0 l&rsquo;aide d&rsquo;une approximation normale asymptotique. Cette approximation s&rsquo;appuie sur le th\u00e9or\u00e8me central limite, qui postule que lorsque les effectifs de chaque groupe (<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"n_1\">$n_1$<\/span> et <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"n_2\">$n_2$<\/span>) tendent vers l&rsquo;infini, la distribution d&rsquo;\u00e9chantillonnage de la statistique de somme des rangs de Wilcoxon <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"W\">$W$<\/span> converge asymptotiquement vers une loi normale :<\/p>\n<p><span class=\"arabpsy-math-display\" data-latex=\"W \\sim \\mathcal{N}\\left(E(W), \\sigma_W^2\\right)\">$$W \\sim \\mathcal{N}\\left(E(W), \\sigma_W^2\\right)$$<\/span><\/p>\n<p>Sous cette approximation, la statistique est standardis\u00e9e en une cote <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"Z\">$Z$<\/span>, dont la probabilit\u00e9 associ\u00e9e (<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"p\">$p$<\/span>-value) est extraite de la fonction de r\u00e9partition de la loi normale centr\u00e9e r\u00e9duite <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"\\mathcal{N}(0, 1)\">$\\mathcal{N}(0, 1)$<\/span>.<\/p>\n<p>Toutefois, cette \u00e9l\u00e9gance computationnelle devient profond\u00e9ment d\u00e9faillante lorsque les \u00e9chantillons sont de taille modeste, typiquement lorsque <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"n_1 &lt; 15\">$n_1 &lt; 15$<\/span> ou <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"n_2 &lt; 15\">$n_2 &lt; 15$<\/span> (ou <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"N &lt; 30\">$N &lt; 30$<\/span>). Dans ces conditions d&#039;\u00e9chantillonnage restreint, la distribution r\u00e9elle de la somme des rangs pr\u00e9sente une structure discr\u00e8te en escalier qui ne s&#039;ajuste que tr\u00e8s imparfaitement \u00e0 la courbe de Gauss continue, particuli\u00e8rement dans les r\u00e9gions extr\u00eames des queues de distribution o\u00f9 se joue pr\u00e9cis\u00e9ment la d\u00e9cision statistique (au voisinage de <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"\\alpha = 0,05\">$\\alpha = 0,05$<\/span> ou <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"\\alpha = 0,01\">$\\alpha = 0,01$<\/span>).<\/p>\n<p>L&rsquo;utilisation exclusive de la <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"p\">$p$<\/span>-value asymptotique dans de petits \u00e9chantillons induit des distorsions math\u00e9matiques substantielles : la probabilit\u00e9 calcul\u00e9e peut \u00eatre artificiellement sous-estim\u00e9e (conduisant \u00e0 un faux rejet de <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"H_0\">$H_0$<\/span>) ou surestim\u00e9e (masquant une d\u00e9couverte l\u00e9gitime). Dans les environnements hautement r\u00e9glement\u00e9s, tels que les soumissions d&rsquo;essais cliniques aupr\u00e8s de la FDA ou de l&rsquo;EMA, le recours \u00e0 une approximation asymptotique sur de petits effectifs est m\u00e9thodologiquement irrecevable.<\/p>\n<h3>7.2 L&rsquo;instruction EXACT dans PROC NPAR1WAY<\/h3>\n<p>Pour \u00e9liminer d\u00e9finitivement les distorsions inh\u00e9rentes \u00e0 l&rsquo;approximation asymptotique, SAS int\u00e8gre un moteur computationnel exact bas\u00e9 sur la combinatoire des permutations. L&rsquo;activation de cette fonctionnalit\u00e9 s&rsquo;op\u00e8re par l&rsquo;adjonction de l&rsquo;instruction <code>EXACT<\/code> au sein du corps de la proc\u00e9dure :<\/p>\n<p>L&rsquo;algorithme activ\u00e9 par l&rsquo;instruction <code>EXACT WILCOXON;<\/code> n&rsquo;op\u00e8re plus aucune approximation distributionnelle. Il proc\u00e8de au d\u00e9nombrement exhaustif de toutes les combinaisons possibles de partitionnement de <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"N\">$N$<\/span> rangs en deux sous-ensembles de tailles <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"n_1\">$n_1$<\/span> et <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"n_2\">$n_2$<\/span>. Le nombre total de configurations combinatoires possibles est donn\u00e9 par le coefficient binomial :<\/p>\n<p><span class=\"arabpsy-math-display\" data-latex=\"\\binom{N}{n_1} = \\frac{N!}{n_1! , n_2!}\">$$\\binom{N}{n_1} = \\frac{N!}{n_1! , n_2!}$$<\/span><\/p>\n<p>Pour chacune de ces combinaisons \u00e9quiprobables sous l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle, l&rsquo;algorithme calcule la somme des rangs th\u00e9orique, construisant ainsi la fonction de masse de probabilit\u00e9 exacte de la statistique de test. La valeur <em>p<\/em> exacte bilat\u00e9rale repr\u00e9sente alors la somme des probabilit\u00e9s exactes de toutes les permutations qui g\u00e9n\u00e8rent une statistique de test au moins aussi extr\u00eame que celle observ\u00e9e exp\u00e9rimentalement.<\/p>\n<p>Il convient de noter que le co\u00fbt computationnel de cette m\u00e9thode exacte cro\u00eet de mani\u00e8re factorielle avec la taille de l&rsquo;\u00e9chantillon. Pour des effectifs d\u00e9passant plusieurs centaines d&rsquo;individus par groupe, le calcul exact peut saturer la m\u00e9moire vive ou exiger des temps d&rsquo;ex\u00e9cution prohibitifs. Cependant, pour ces tailles d&rsquo;\u00e9chantillons \u00e9lev\u00e9es, l&rsquo;approximation asymptotique devient math\u00e9matiquement irr\u00e9prochable, rendant le calcul exact superflu.<\/p>\n<h3>7.3 Traitement rigoureux des ex \u00e6quo (Ties)<\/h3>\n<p>Dans la pratique de la recherche empirique, la pr\u00e9sence d&rsquo;observations ayant des valeurs num\u00e9riques strictement identiques \u2014 d\u00e9sign\u00e9es sous le terme d&rsquo;ex \u00e6quo ou de <em>ties<\/em> \u2014 est un ph\u00e9nom\u00e8ne extr\u00eamement fr\u00e9quent, en particulier lors de l&rsquo;utilisation d&rsquo;instruments de mesure discrets ou d&rsquo;\u00e9chelles de Likert. La survenue d&rsquo;ex \u00e6quo compromet l&rsquo;attribution directe d&rsquo;une permutation s\u00e9quentielle unique de rangs entiers.<\/p>\n<p>Pour r\u00e9soudre cette ambigu\u00eft\u00e9, SAS applique rigoureusement la m\u00e9thode universelle des rangs moyens (<em>mid-ranks<\/em>). Si plusieurs observations partagent la m\u00eame valeur, elles se voient toutes attribuer la moyenne arithm\u00e9tique des rangs qu&rsquo;elles auraient occup\u00e9s si leurs valeurs avaient \u00e9t\u00e9 infinit\u00e9simalement distinctes. Par exemple, si les observations occupant th\u00e9oriquement les rangs 4, 5 et 6 ont la m\u00eame valeur empirique, chacune recevra le rang corrig\u00e9 :<\/p>\n<p><span class=\"arabpsy-math-display\" data-latex=\"\\frac{4 + 5 + 6}{3} = 5\">$$\\frac{4 + 5 + 6}{3} = 5$$<\/span><\/p>\n<p>Cependant, l&rsquo;attribution de rangs moyens r\u00e9duit la dispersion globale de la distribution conjointe des rangs, diminuant m\u00e9caniquement la variance de la statistique de test sous l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle. Si aucun ajustement n&rsquo;est op\u00e9r\u00e9, la statistique <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"Z\">$Z$<\/span> calcul\u00e9e sera biais\u00e9e. SAS applique donc un facteur de correction analytique standardis\u00e9 \u00e0 la variance asymptotique :<\/p>\n<p><span class=\"arabpsy-math-display\" data-latex=\"\\sigma_{W, \\text{corrig\u00e9e}}^2 = \\frac{n_1 n_2}{12 N (N - 1)} \\left( N^3 - N - \\sum_{i=1}^g (t_i^3 - t_i) \\right)\">$$\\sigma_{W, \\text{corrig\u00e9e}}^2 = \\frac{n_1 n_2}{12 N (N &#8211; 1)} \\left( N^3 &#8211; N &#8211; \\sum_{i=1}^g (t_i^3 &#8211; t_i) \\right)$$<\/span><\/p>\n<p>o\u00f9 <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"g\">$g$<\/span> repr\u00e9sente le nombre total de groupes de valeurs ex \u00e6quo distincts et <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"t_i\">$t_i$<\/span> d\u00e9signe le nombre d&rsquo;observations identiques au sein du <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"i\">$i$<\/span>-\u00e8me groupe d&rsquo;ex \u00e6quo.<\/p>\n<p>De mani\u00e8re remarquable, lorsque l&rsquo;instruction <code>EXACT<\/code> est activ\u00e9e en pr\u00e9sence d&rsquo;ex \u00e6quo, SAS n&rsquo;utilise pas la formule de correction asymptotique : il adapte son algorithme combinatoire en calculant la distribution exacte conditionnelle des permutations sur l&rsquo;ensemble pr\u00e9cis des rangs moyens observ\u00e9s. Cette capacit\u00e9 algorithmique conf\u00e8re aux analyses produites sous SAS un niveau de rigueur et d&rsquo;invariance statistique exceptionnel.<\/p>\n<h2>8. Interpr\u00e9tation exhaustive des sorties SAS et des r\u00e9sultats ODS Graphics<\/h2>\n<figure class=\"wpt-preserved-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/french.arabpsychology.com\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/mann1.jpg\" alt=\"\" \/><\/figure>\n<h3>8.1 D\u00e9cryptage de la table des scores de Wilcoxon (Wilcoxon Scores)<\/h3>\n<p>Lors de l&rsquo;ex\u00e9cution de <code>PROC NPAR1WAY<\/code> avec l&rsquo;option <code>WILCOXON<\/code>, SAS g\u00e9n\u00e8re en premier lieu un tableau synth\u00e9tique intitul\u00e9 \u00ab Wilcoxon Scores (Rank Sums) for Variable [Nom_Variable] \u00bb. Cette table interm\u00e9diaire constitue le socle quantitatif \u00e0 partir duquel toutes les inf\u00e9rences ult\u00e9rieures sont d\u00e9riv\u00e9es.<\/p>\n<p>La structure de cette table se d\u00e9compose en plusieurs colonnes analytiques fondamentales pour chaque modalit\u00e9 de la variable de classe :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>N (Effectif) :<\/strong> Le nombre d&rsquo;observations valides trait\u00e9es au sein de chaque groupe exp\u00e9rimental.<\/li>\n<li><strong>Sum of Scores (Somme des rangs observ\u00e9e) :<\/strong> La somme arithm\u00e9tique effective des rangs attribu\u00e9s aux observations du groupe concern\u00e9. C&rsquo;est cette valeur qui constitue la statistique brute de Wilcoxon (<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"W\">$W$<\/span>).<\/li>\n<li><strong>Expected Under H0 (Somme attendue sous H0) :<\/strong> La valeur th\u00e9orique que devrait prendre la somme des rangs si l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle d&rsquo;\u00e9quiprobabilit\u00e9 stochastique \u00e9tait rigoureusement exacte. Elle est calcul\u00e9e formellement par la relation <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"E(W_1) = \\frac{n_1 (N + 1)}{2}\">$E(W_1) = \\frac{n_1 (N + 1)}{2}$<\/span>.<\/li>\n<li><strong>Std Dev Under H0 (\u00c9cart-type sous H0) :<\/strong> L&rsquo;\u00e9cart-type th\u00e9orique de la distribution d&rsquo;\u00e9chantillonnage de la somme des rangs sous <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"H_0\">$H_0$<\/span>, int\u00e9grant automatiquement la correction d&rsquo;ex \u00e6quo si des valeurs r\u00e9p\u00e9t\u00e9es sont pr\u00e9sentes dans les donn\u00e9es.<\/li>\n<li><strong>Mean Score (Score moyen par rang) :<\/strong> Le quotient obtenu en divisant la somme des rangs par l&rsquo;effectif du groupe (<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"\\bar{R}_i = \\frac{W_i}{n_i}\">$\\bar{R}_i = \\frac{W_i}{n_i}$<\/span>).<\/li>\n<\/ul>\n<p>Le score moyen par rang (<em>Mean Score<\/em>) constitue l&rsquo;indice directionnel le plus imm\u00e9diat pour interpr\u00e9ter le sens de l&rsquo;effet exp\u00e9rimental. Le groupe affichant le score moyen le plus \u00e9lev\u00e9 est le groupe qui domine stochastiquement l&rsquo;autre dans la hi\u00e9rarchie des valeurs observ\u00e9es.<\/p>\n<h3>8.2 Statistique W de Wilcoxon versus Statistique U de Mann-Whitney<\/h3>\n<p>Une source fr\u00e9quente de perplexit\u00e9 chez les analystes d\u00e9butants sous SAS r\u00e9side dans l&rsquo;absence apparente, dans la sortie standard, d&rsquo;une ligne explicitement libell\u00e9e \u00ab Statistique U de Mann-Whitney \u00bb. SAS privil\u00e9gie historiquement la formulation de Frank Wilcoxon, d\u00e9signant la statistique principale sous le label \u00ab Two-Sample Test : Statistic (S) \u00bb, o\u00f9 <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"S\">$S$<\/span> correspond exactement \u00e0 la somme des rangs (<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"W\">$W$<\/span>) du premier groupe list\u00e9 dans la table de classification.<\/p>\n<p>Il existe pourtant une relation math\u00e9matique bijective, d\u00e9terministe et directe entre la statistique <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"W\">$W$<\/span> rapport\u00e9e par SAS et la statistique <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"U\">$U$<\/span> formalis\u00e9e par Mann et Whitney. La statistique <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"U\">$U$<\/span> repr\u00e9sente le nombre effectif de paires ordonn\u00e9es o\u00f9 une observation du groupe 1 surpasse une observation du groupe 2 :<\/p>\n<p><span class=\"arabpsy-math-display\" data-latex=\"U_1 = n_1 n_2 + \\frac{n_1 (n_1 + 1)}{2} - W_1\">$$U_1 = n_1 n_2 + \\frac{n_1 (n_1 + 1)}{2} &#8211; W_1$$<\/span><\/p>\n<p>Sym\u00e9triquement, pour le second groupe :<\/p>\n<p><span class=\"arabpsy-math-display\" data-latex=\"U_2 = n_1 n_2 + \\frac{n_2 (n_2 + 1)}{2} - W_2\">$$U_2 = n_1 n_2 + \\frac{n_2 (n_2 + 1)}{2} &#8211; W_2$$<\/span><\/p>\n<p>La statistique formelle <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"U\">$U$<\/span> du test de Mann-Whitney est conventionnellement d\u00e9finie comme la valeur minimale entre ces deux quantit\u00e9s :<\/p>\n<p><span class=\"arabpsy-math-display\" data-latex=\"U = \\min(U_1, U_2)\">$$U = \\min(U_1, U_2)$$<\/span><\/p>\n<p>Par exemple, si pour des \u00e9chantillons de tailles <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"n_1 = 12\">$n_1 = 12$<\/span> et <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"n_2 = 12\">$n_2 = 12$<\/span>, la table SAS rapporte une somme de rangs <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"W_1 = 198\">$W_1 = 198$<\/span> pour le groupe de r\u00e9f\u00e9rence, le calcul manuel ou programmatique de <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"U_1\">$U_1$<\/span> s&rsquo;\u00e9tablit \u00e0 :<\/p>\n<p><span class=\"arabpsy-math-display\" data-latex=\"U_1 = (12 \\times 12) + \\frac{12 \\times 13}{2} - 198 = 144 + 78 - 198 = 24\">$$U_1 = (12 \\times 12) + \\frac{12 \\times 13}{2} &#8211; 198 = 144 + 78 &#8211; 198 = 24$$<\/span><\/p>\n<p>Tandis que pour le second groupe, la somme des rangs \u00e9tant de <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"W_2 = (24 \\times 25)\/2 - 198 = 300 - 198 = 102\">$W_2 = (24 \\times 25)\/2 &#8211; 198 = 300 &#8211; 198 = 102$<\/span> :<\/p>\n<p><span class=\"arabpsy-math-display\" data-latex=\"U_2 = (12 \\times 12) + \\frac{12 \\times 13}{2} - 102 = 144 + 78 - 102 = 120\">$$U_2 = (12 \\times 12) + \\frac{12 \\times 13}{2} &#8211; 102 = 144 + 78 &#8211; 102 = 120$$<\/span><\/p>\n<p>La statistique <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"U\">$U$<\/span> globale \u00e0 rapporter selon les standards acad\u00e9miques est donc <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"U = 24\">$U = 24$<\/span>. Il est imp\u00e9ratif pour l&rsquo;analyste de savoir op\u00e9rer cette conversion pour aligner les restitutions SAS sur les standards \u00e9ditoriaux internationaux.<\/p>\n<h3>8.3 Discrimination des probabilit\u00e9s unilat\u00e9rales et bilat\u00e9rales<\/h3>\n<p>Le panneau inf\u00e9rentiel terminal g\u00e9n\u00e9r\u00e9 par <code>PROC NPAR1WAY<\/code> propose une d\u00e9composition d\u00e9taill\u00e9e des valeurs <em>p<\/em> calcul\u00e9es sous diff\u00e9rents cadres th\u00e9oriques et directionnels. Une lecture \u00e9clair\u00e9e exige de distinguer sans ambigu\u00eft\u00e9 les probabilit\u00e9s asymptotiques des probabilit\u00e9s exactes.<\/p>\n<p>Sous la section asymptotique standardis\u00e9e, SAS affiche :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Z :<\/strong> La statistique standardis\u00e9e sans ajustement de continuit\u00e9.<\/li>\n<li><strong>Z (Continuity Corrected) :<\/strong> La statistique <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"Z\">$Z$<\/span> int\u00e9grant une correction de continuit\u00e9 de Frank Wilcoxon (<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"\\pm 0,5\">$\\pm 0,5$<\/span>), r\u00e9duisant la valeur absolue du num\u00e9rateur pour compenser l&rsquo;approximation d&rsquo;une loi discr\u00e8te par une loi continue.<\/li>\n<li><strong>One-Sided Pr  Z :<\/strong> Les probabilit\u00e9s unilat\u00e9rales directionnelles, adapt\u00e9es lorsque le protocole de recherche pr\u00e9voyait a priori et exclusivement qu&rsquo;un groupe sp\u00e9cifique surpasserait l&rsquo;autre.<\/li>\n<li><strong>Two-Sided Pr &gt; |Z| :<\/strong> La valeur <em>p<\/em> asymptotique bilat\u00e9rale standard, repr\u00e9sentant l&rsquo;absence d&rsquo;hypoth\u00e8se directionnelle a priori.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Si l&rsquo;instruction <code>EXACT<\/code> a \u00e9t\u00e9 int\u00e9gr\u00e9e, SAS ajoute une section critique comprenant :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>One-Sided Pr = S :<\/strong> La probabilit\u00e9 exacte unilat\u00e9rale de permutation.<\/li>\n<li><strong>Two-Sided Pr &gt;= |S &#8211; Mean| :<\/strong> La valeur <em>p<\/em> exacte bilat\u00e9rale, qui constitue l&rsquo;\u00e9talon-or absolu de la d\u00e9cision statistique sur petits \u00e9chantillons.<\/li>\n<\/ul>\n<p>La r\u00e8gle de d\u00e9cision formelle confronte cette valeur <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"p\">$p$<\/span> exacte bilat\u00e9rale au seuil de significativit\u00e9 nominal pr\u00e9\u00e9tabli <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"\\alpha = 0,05\">$\\alpha = 0,05$<\/span>. Si <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"p le 0,05\">$p le 0,05$<\/span>, l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle d&rsquo;\u00e9galit\u00e9 stochastique est rejet\u00e9e avec un risque d&rsquo;erreur contr\u00f4l\u00e9, attestant d&rsquo;une divergence empiriquement significative entre les deux populations compar\u00e9es.<\/p>\n<h2>9. Calcul, interpr\u00e9tation et quantification de la taille d&rsquo;effet<\/h2>\n<h3>9.1 Conversion de la statistique Z en coefficient r de Rosenthal<\/h3>\n<p>La seule publication d&rsquo;une valeur <em>p<\/em> significative ne permet en aucun cas de caract\u00e9riser l&rsquo;ampleur substantielle d&rsquo;un ph\u00e9nom\u00e8ne empirique. La valeur <em>p<\/em> est une fonction conjointe de la taille de l&rsquo;effet et de la puissance d&rsquo;\u00e9chantillonnage ; un \u00e9chantillon colossal peut rendre trivialement significative une diff\u00e9rence infime, tandis qu&rsquo;un petit \u00e9chantillon peut masquer un effet majeur. La quantification standardis\u00e9e de la taille d&rsquo;effet (<em>effect size<\/em>) est donc devenue une exigence m\u00e9thodologique absolue.<\/p>\n<p>Dans le paradigme des tests non param\u00e9triques bas\u00e9s sur les rangs, le coefficient de corr\u00e9lation par les rangs \u00e9quivalent de Rosenthal (<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"r\">$r$<\/span>) repr\u00e9sente l&rsquo;une des m\u00e9triques les plus universellement reconnues. Ce coefficient normalis\u00e9 s&rsquo;obtient en divisant la statistique standardis\u00e9e asymptotique <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"Z\">$Z$<\/span> par la racine carr\u00e9e de la taille d&rsquo;\u00e9chantillon totale <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"N\">$N$<\/span> (incluant les deux groupes) :<\/p>\n<p><span class=\"arabpsy-math-display\" data-latex=\"r = \\frac{|Z|}{\\sqrt{N}}\">$$r = \\frac{|Z|}{\\sqrt{N}}$$<\/span><\/p>\n<p>Ce coefficient <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"r\">$r$<\/span> est born\u00e9 sur l&rsquo;intervalle <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"[0, 1]\">$[0, 1]$<\/span>, ce qui autorise une interpr\u00e9tation intuitive analogue \u00e0 un coefficient de corr\u00e9lation bivari\u00e9e. En accord avec les conventions heuristiques introduites par Jacob Cohen pour les sciences comportementales et appliqu\u00e9es :<\/p>\n<ul>\n<li>Un coefficient <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"r\">$r$<\/span> de l&rsquo;ordre de $0,10$ signale un effet de faible ampleur.<\/li>\n<li>Un coefficient <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"r\">$r$<\/span> de l&rsquo;ordre de $0,30$ refl\u00e8te un effet d&rsquo;ampleur mod\u00e9r\u00e9e.<\/li>\n<li>Un coefficient <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"r ge 0,50\">$r ge 0,50$<\/span> caract\u00e9rise un effet d&rsquo;ampleur \u00e9lev\u00e9e \u00e0 tr\u00e8s prononc\u00e9e.<\/li>\n<\/ul>\n<p>L&rsquo;immense avantage m\u00e9trologique du coefficient <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"r\">$r$<\/span> r\u00e9side dans sa standardisation, facilitant son int\u00e9gration directe dans des m\u00e9ta-analyses quantitatives syst\u00e9matiques comparant des \u00e9tudes param\u00e9triques et non param\u00e9triques.<\/p>\n<h3>9.2 Probabilit\u00e9 de sup\u00e9riorit\u00e9 (Common Language Effect Size) et Cliff&rsquo;s Delta<\/h3>\n<p>Au-del\u00e0 du coefficient de Rosenthal, deux autres m\u00e9triques non param\u00e9triques offrent des interpr\u00e9tations scientifiques particuli\u00e8rement riches : la probabilit\u00e9 de sup\u00e9riorit\u00e9 et le delta de Cliff.<\/p>\n<p>La probabilit\u00e9 de sup\u00e9riorit\u00e9 (<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"PS\">$PS$<\/span>), \u00e9galement d\u00e9sign\u00e9e sous le nom d&rsquo;indicateur en langage commun (<em>Common Language Effect Size<\/em> ou <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"CLES\">$CLES$<\/span>) ou statistique <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"A\">$A$<\/span> de Vargha et Delaney, quantifie directement la probabilit\u00e9 qu&rsquo;un sujet s\u00e9lectionn\u00e9 de mani\u00e8re al\u00e9atoire dans le premier groupe obtienne un score sup\u00e9rieur \u00e0 un individu choisi al\u00e9atoirement dans le second groupe. Elle se d\u00e9rive directement de la statistique <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"U\">$U$<\/span> :<\/p>\n<p><span class=\"arabpsy-math-display\" data-latex=\"PS = \\frac{U_1}{n_1 \\times n_2}\">$$PS = \\frac{U_1}{n_1 \\times n_2}$$<\/span><\/p>\n<p>Une valeur de <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"PS = 0,50\">$PS = 0,50$<\/span> traduit une parfaite \u00e9quiprobabilit\u00e9 sous l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle (effet nul). Une valeur de <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"PS = 0,85\">$PS = 0,85$<\/span> indique une divergence clinique ou exp\u00e9rimentale substantielle : dans 85 % des appariements al\u00e9atoires intergroupes possibles, l&rsquo;observation issue du groupe trait\u00e9 d\u00e9passe celle du groupe t\u00e9moin.<\/p>\n<p>De mani\u00e8re compl\u00e9mentaire, le delta de Cliff (<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"\\delta\">$\\delta$<\/span>) offre une mesure de dominance non param\u00e9trique centr\u00e9e sur z\u00e9ro, comprise entre <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"-1\">$-1$<\/span> et <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"+1\">$+1$<\/span>. Il exprime la diff\u00e9rence nette entre la probabilit\u00e9 de sup\u00e9riorit\u00e9 et la probabilit\u00e9 d&rsquo;inf\u00e9riorit\u00e9 :<\/p>\n<p><span class=\"arabpsy-math-display\" data-latex=\"\\delta = P(X &gt; Y) - P(X &lt; Y) = \\frac{U_1 - U_2}{n_1 \\times n_2} = 2 \\times PS - 1\">$$\\delta = P(X &gt; Y) &#8211; P(X &lt; Y) = \\frac{U_1 &#8211; U_2}{n_1 \\times n_2} = 2 \\times PS &#8211; 1$$<\/span><\/p>\n<p>Un delta de Cliff de $0$ traduit l&rsquo;absence totale de dominance stochastique, tandis qu&rsquo;une valeur de <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"+1\">$+1$<\/span> indique que toutes les observations du groupe trait\u00e9 surpassent sans exception la totalit\u00e9 des observations du groupe t\u00e9moin. Ces indices apportent une clart\u00e9 pragmatique exceptionnelle lors de la restitution des r\u00e9sultats \u00e0 des praticiens ou des d\u00e9cideurs non statisticiens.<\/p>\n<h3>9.3 R\u00e9daction acad\u00e9mique des r\u00e9sultats selon les normes APA (7e \u00e9dition)<\/h3>\n<p>La formalisation textuelle des r\u00e9sultats d&rsquo;un test U de Mann-Whitney dans un rapport scientifique ou une revue internationale \u00e0 comit\u00e9 de lecture doit se conformer aux standards stricts de l&rsquo;<a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/apastyle.apa.org\/\">American Psychological Association (APA 7e \u00e9dition)<\/a>. La restitution doit obligatoirement inclure les descripteurs ordinaux de tendance centrale et de dispersion (m\u00e9diane et \u00e9cart interquartile, ou alternativement scores moyens de rangs), la valeur exacte de la statistique de test (<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"U\">$U$<\/span> ou <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"W\">$W$<\/span>), la statistique asymptotique <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"Z\">$Z$<\/span>, la valeur <em>p<\/em> pr\u00e9cise et l&rsquo;indice de taille d&rsquo;effet standardis\u00e9.<\/p>\n<p>Un mod\u00e8le canonique de r\u00e9daction scientifique se structure comme suit :<\/p>\n<p><em>\u00ab Une analyse non param\u00e9trique bas\u00e9e sur le test U de Mann-Whitney a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e afin de comparer l&rsquo;efficacit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique entre le groupe de v\u00e9hicules trait\u00e9s par l&rsquo;additif (<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"n = 12\">$n = 12$<\/span>) et le groupe t\u00e9moin (<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"n = 12\">$n = 12$<\/span>). Les analyses r\u00e9v\u00e8lent une sup\u00e9riorit\u00e9 stochastique statistiquement significative de la consommation de carburant dans le groupe trait\u00e9 (<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"Mdn = 34,70\">$Mdn = 34,70$<\/span> mpg, <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"IQR = 4,20\">$IQR = 4,20$<\/span> ; Rang moyen = 16,50) par rapport au groupe t\u00e9moin (<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"Mdn = 28,35\">$Mdn = 28,35$<\/span> mpg, <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"IQR = 3,85\">$IQR = 3,85$<\/span> ; Rang moyen = 8,50), <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"U = 24,00\">$U = 24,00$<\/span>, <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"W = 198,00\">$W = 198,00$<\/span>, <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"Z = 2,77\">$Z = 2,77$<\/span>, <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"p = 0,004\">$p = 0,004$<\/span> (valeur p exacte bilat\u00e9rale), <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"r = 0,57\">$r = 0,57$<\/span>, <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"\\delta = 0,67\">$\\delta = 0,67$<\/span>. Conform\u00e9ment aux crit\u00e8res de Cohen, l&rsquo;ampleur de cet effet exp\u00e9rimental est consid\u00e9r\u00e9e comme forte, attestant d&rsquo;une am\u00e9lioration substantielle des performances induite par le traitement. \u00bb<\/em><\/p>\n<p>Une erreur r\u00e9dactionnelle classique \u00e0 proscrire formellement consiste \u00e0 rapporter des moyennes arithm\u00e9tiques et des \u00e9carts-types en accompagnement d&rsquo;un test de Mann-Whitney. Cette contradiction interne d\u00e9value la rigueur du manuscrit en associant un estimateur param\u00e9trique sensible aux asym\u00e9tries avec un test con\u00e7u pr\u00e9cis\u00e9ment pour s&rsquo;en affranchir.<\/p>\n<h2>10. \u00c9tude de cas guid\u00e9e pas \u00e0 pas : Analyse exp\u00e9rimentale de consommation<\/h2>\n<figure class=\"wpt-preserved-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/french.arabpsychology.com\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/mann2.jpg\" alt=\"\" \/><\/figure>\n<h3>10.1 Contexte de recherche et formulation des hypoth\u00e8ses scientifiques<\/h3>\n<p>Afin d&rsquo;ancrer les concepts th\u00e9oriques dans la r\u00e9alit\u00e9 op\u00e9rationnelle du laboratoire ou du bureau d&rsquo;\u00e9tudes, nous d\u00e9veloppons une \u00e9tude de cas industrielle int\u00e9grale. Une \u00e9quipe d&rsquo;ing\u00e9nieurs en propulsion automobile \u00e9value l&rsquo;impact d&rsquo;un nouveau modificateur de friction nanostructur\u00e9 int\u00e9gr\u00e9 au carburant. L&rsquo;objectif est d&rsquo;\u00e9valuer si l&rsquo;adjonction de ce compos\u00e9 permet d&rsquo;accro\u00eetre le rendement kilom\u00e9trique unitaire mesur\u00e9 en miles per gallon (mpg).<\/p>\n<p>Le protocole exp\u00e9rimental mobilise un \u00e9chantillon homog\u00e8ne de 24 v\u00e9hicules identiques soumis \u00e0 un cycle de conduite normalis\u00e9 sur banc d&rsquo;essai dynamique. Les v\u00e9hicules sont assign\u00e9s par randomisation stricte \u00e0 l&rsquo;une des deux conditions : 12 v\u00e9hicules re\u00e7oivent le carburant standard sans additif (condition <em>control<\/em>), tandis que 12 v\u00e9hicules re\u00e7oivent le carburant enrichi par le modificateur (condition <em>treated<\/em>).<\/p>\n<p>Les hypoth\u00e8ses statistiques formelles s&rsquo;\u00e9noncent comme suit :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Hypoth\u00e8se nulle (<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"H_0\">$H_0$<\/span>) :<\/strong> Les distributions d&rsquo;efficacit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique des deux populations de v\u00e9hicules sont stochastiquement \u00e9quivalentes. La probabilit\u00e9 qu&rsquo;un v\u00e9hicule trait\u00e9 pr\u00e9sente un rendement sup\u00e9rieur \u00e0 un v\u00e9hicule t\u00e9moin est \u00e9gale \u00e0 0,50 (<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"P(X_{\\text{treated}} &gt; Y_{\\text{control}}) = 0,50\">$P(X_{\\text{treated}} &gt; Y_{\\text{control}}) = 0,50$<\/span>).<\/li>\n<li><strong>Hypoth\u00e8se alternative bilat\u00e9rale (<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"H_1\">$H_1$<\/span>) :<\/strong> Il existe une dominance stochastique d&rsquo;une condition exp\u00e9rimentale sur l&rsquo;autre (<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"P(X_{\\text{treated}} &gt; Y_{\\text{control}}) \\neq 0,50\">$P(X_{\\text{treated}} &gt; Y_{\\text{control}}) \\neq 0,50$<\/span>).<\/li>\n<\/ul>\n<p>La taille modeste de la cohorte (<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"N = 24\">$N = 24$<\/span>, soit <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"n_1 = n_2 = 12\">$n_1 = n_2 = 12$<\/span>) interdit l&rsquo;usage aveugle de th\u00e9or\u00e8mes asymptotiques et impose le recours au calcul combinatoire exact des permutations sous SAS.<\/p>\n<h3>10.2 Script complet de l&rsquo;\u00e9tape DATA \u00e0 la mod\u00e9lisation sous SAS<\/h3>\n<p>Le script SAS ci-dessous structure l&rsquo;int\u00e9gralit\u00e9 du processus de calcul, depuis l&rsquo;instanciation des donn\u00e9es jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;ex\u00e9cution de la proc\u00e9dure <code>PROC NPAR1WAY<\/code> enrichie des fonctionnalit\u00e9s de rendu graphique ODS haute r\u00e9solution.<\/p>\n<p>Dans ce programme, la directive <code>ODS GRAPHICS ON \/ RESET IMAGENAME='MannWhitney_MPG' IMAGEFMT=PNG;<\/code> ordonne au processeur graphique SAS de g\u00e9n\u00e9rer des illustrations vectorielles ou matricielles ind\u00e9pendantes en haute r\u00e9solution. L&rsquo;option <code>PLOTS=(WILCOXONBOXPLOT EDFPLOT)<\/code> d\u00e9clenche sp\u00e9cifiquement la production de bo\u00eetes \u00e0 moustaches comparatives superposant les rangs moyens et l&rsquo;affichage des fonctions de r\u00e9partition empiriques cumul\u00e9es, offrant une lisibilit\u00e9 graphique optimale de la divergence entre les deux cohortes.<\/p>\n<h3>10.3 Analyse critique des r\u00e9sultats obtenus et conclusion exp\u00e9rimentale<\/h3>\n<p>L&rsquo;ex\u00e9cution de la proc\u00e9dure produit des r\u00e9sultats num\u00e9riques sans \u00e9quivoque. La table des scores de rangs de Wilcoxon attribue une somme des rangs de <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"W_{\\text{control}} = 102\">$W_{\\text{control}} = 102$<\/span> pour le groupe t\u00e9moin et de <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"W_{\\text{treated}} = 198\">$W_{\\text{treated}} = 198$<\/span> pour le groupe trait\u00e9. Sous l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle d&rsquo;ind\u00e9pendance, la somme des rangs attendue pour chaque groupe de taille 12 \u00e9tait rigoureusement de :<\/p>\n<p><span class=\"arabpsy-math-display\" data-latex=\"E(W) = \\frac{12 \\times (24 + 1)}{2} = 150\">$$E(W) = \\frac{12 \\times (24 + 1)}{2} = 150$$<\/span><\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9cart observ\u00e9 par rapport \u00e0 l&rsquo;esp\u00e9rance math\u00e9matique est de <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"|198 - 150| = 48\">$|198 &#8211; 150| = 48$<\/span> unit\u00e9s de rang. L&rsquo;\u00e9cart-type de la statistique sous <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"H_0\">$H_0$<\/span> s&rsquo;\u00e9tablissant \u00e0 environ $17,32$, la statistique standardis\u00e9e asymptotique corrig\u00e9e pour la continuit\u00e9 atteint une valeur de <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"Z = 2,7136\">$Z = 2,7136$<\/span>.<\/p>\n<p>La probabilit\u00e9 asymptotique bilat\u00e9rale standard rapporte <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"p = 0,0067\">$p = 0,0067$<\/span>. Cependant, la valeur arbitrale ultime r\u00e9side dans la table des calculs combinatoires exacts. SAS rapporte une valeur <em>p<\/em> exacte bilat\u00e9rale :<\/p>\n<p><span class=\"arabpsy-math-display\" data-latex=\"p_{\\text{exact}} = 0,0042\">$$p_{\\text{exact}} = 0,0042$$<\/span><\/p>\n<p>Cette valeur \u00e9tant nettement inf\u00e9rieure au seuil alpha conventionnel de 0,05, nous rejetons formellement l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"H_0\">$H_0$<\/span>. L&rsquo;analyse du score moyen par rang d\u00e9montre une sup\u00e9riorit\u00e9 substantielle du groupe recevant l&rsquo;additif (Rang moyen de 16,50 contre 8,50 pour le groupe t\u00e9moin).<\/p>\n<p>La conclusion de l&rsquo;\u00e9tude industrielle est formelle : l&rsquo;adjonction du modificateur de friction produit une am\u00e9lioration statistiquement significative et empiriquement robuste du rendement \u00e9nerg\u00e9tique kilom\u00e9trique des motorisations test\u00e9es. L&rsquo;ampleur de cet effet (<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"r = 2,77 \/ \\sqrt{24} \\approx 0,57\">$r = 2,77 \/ \\sqrt{24} \\approx 0,57$<\/span>) confirme la pertinence d&rsquo;un passage \u00e0 la phase d&rsquo;industrialisation \u00e0 grande \u00e9chelle.<\/p>\n<h2>11. Personnalisation avanc\u00e9e, automatisation ODS et macros SAS<\/h2>\n<h3>11.1 Extraction programmatique des r\u00e9sultats avec ODS OUTPUT<\/h3>\n<p>Dans un environnement analytique professionnel, l&rsquo;examen visuel des tables de sortie SAS est insuffisant ; les r\u00e9sultats doivent pouvoir \u00eatre captur\u00e9s de mani\u00e8re programmatique pour alimenter des rapports automatis\u00e9s, des tableaux de bord interactifs ou des cha\u00eenes de calcul secondaire. Le syst\u00e8me ODS (<em>Output Delivery System<\/em>) de SAS permet d&rsquo;intercepter n&rsquo;importe quel objet tabulaire g\u00e9n\u00e9r\u00e9 par une proc\u00e9dure pour le convertir instantan\u00e9ment en une nouvelle table SAS.<\/p>\n<p>Pour d\u00e9terminer avec pr\u00e9cision le nom interne des objets g\u00e9n\u00e9r\u00e9s par <code>PROC NPAR1WAY<\/code>, le statisticien peut activer l&rsquo;instruction d&rsquo;audit <code>ODS TRACE ON;<\/code> en amont de la proc\u00e9dure. L&rsquo;examen du journal d&rsquo;ex\u00e9cution r\u00e9v\u00e8le deux tables d&rsquo;int\u00e9r\u00eat strat\u00e9gique : <code>WilcoxonScores<\/code> (contenant les effectifs, les sommes de rangs et les moyennes de scores) et <code>WilcoxonTest<\/code> (contenant la statistique <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"Z\">$Z$<\/span>, la statistique <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"S\">$S$<\/span>, ainsi que les probabilit\u00e9s asymptotiques et exactes).<\/p>\n<p>L&rsquo;instruction <code>ODS OUTPUT<\/code> permet de router ces objets vers l&rsquo;espace de travail SAS :<\/p>\n<p>Les tables <code>work.scores_calcules<\/code> et <code>work.tests_calcules<\/code> sont d\u00e9sormais imm\u00e9diatement manipulables par le biais d&rsquo;\u00e9tapes DATA ult\u00e9rieures ou de proc\u00e9dures de mise en forme telles que <code>PROC REPORT<\/code>.<\/p>\n<h3>11.2 Cr\u00e9ation d&rsquo;une macro SAS pour tests r\u00e9p\u00e9t\u00e9s ou multiples<\/h3>\n<p>Lorsqu&rsquo;un chercheur doit analyser des dizaines de biomarqueurs, des composants industriels multiples ou des items psychom\u00e9triques en s\u00e9rie, l&rsquo;\u00e9criture manuelle r\u00e9p\u00e9titive de <code>PROC NPAR1WAY<\/code> devient inefficace et propice \u00e0 des erreurs de saisie. Le d\u00e9veloppement d&rsquo;une macro-commande SAS param\u00e9trable r\u00e9sout cette contrainte en automatisant l&rsquo;extraction des statistiques, le calcul de la taille d&rsquo;effet et la mise en page normalis\u00e9e.<\/p>\n<p>La macro structurelle ci-apr\u00e8s encapsule l&rsquo;ensemble de ces fonctionnalit\u00e9s industrielles :<\/p>\n<p>L&rsquo;ex\u00e9cution de cette macro via un simple appel mono-ligne :<\/p>\n<p>permet de g\u00e9n\u00e9rer en une fraction de seconde une table analytique consolid\u00e9e contenant l&rsquo;ensemble des indicateurs inf\u00e9rentiels (<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"U\">$U$<\/span>, <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"W\">$W$<\/span>, <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"Z\">$Z$<\/span>, <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"p\">$p$<\/span>-exacte, <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"r\">$r$<\/span> de Rosenthal, Delta de Cliff), pr\u00eate pour l&rsquo;int\u00e9gration directe dans les protocoles de publication acad\u00e9mique.<\/p>\n<h3>11.3 Personnalisation des repr\u00e9sentations graphiques ODS<\/h3>\n<p>La communication scientifique moderne exige des visualisations graphiques conformes aux standards de typographie et de rendu des \u00e9diteurs internationaux. Par d\u00e9faut, SAS applique des styles d&rsquo;affichage orient\u00e9s vers la consultation \u00e9cran (tels que le style <code>HTMLBlue<\/code>). Il est toutefois ais\u00e9 d&rsquo;adapter ces rendus aux exigences de publication via le syst\u00e8me de mod\u00e8les graphiques ODS.<\/p>\n<p>Pour produire des graphiques en niveaux de gris ou \u00e0 fort contraste vectoriel conformes aux contraintes des revues m\u00e9dicales ou technologiques, le recours au style syst\u00e8me <code>Journal<\/code> ou <code>Pearl<\/code> est pr\u00e9conis\u00e9 :<\/p>\n<p>La fonction de r\u00e9partition empirique cumul\u00e9e (EDF, <em>Empirical Distribution Function<\/em>) g\u00e9n\u00e9r\u00e9e par ce code offre une perspective visuelle saisissante de la dominance stochastique : si la courbe du groupe trait\u00e9 est enti\u00e8rement d\u00e9cal\u00e9e vers la droite sans jamais croiser la courbe du groupe t\u00e9moin, la sup\u00e9riorit\u00e9 stochastique globale est formellement d\u00e9montr\u00e9e sur l&rsquo;ensemble du domaine de la variable.<\/p>\n<h2>12. Diagnostics, erreurs fr\u00e9quentes et alternatives non param\u00e9triques<\/h2>\n<h3>12.1 Erreurs m\u00e9thodologiques et de programmation fr\u00e9quentes<\/h3>\n<p>L&rsquo;application du test U de Mann-Whitney sous SAS, bien que conceptuellement \u00e9l\u00e9gante, est jalonn\u00e9e de pi\u00e8ges m\u00e9thodologiques et de fautes de programmation r\u00e9currentes qu&rsquo;il importe de r\u00e9pertorier de mani\u00e8re syst\u00e9matique.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re erreur m\u00e9thodologique majeure r\u00e9side dans la sp\u00e9cification incorrecte de la variable de regroupement dans l&rsquo;instruction <code>CLASS<\/code>. Si l&rsquo;analyste utilise une variable factorielle comprenant trois modalit\u00e9s (par exemple, des groupes d&rsquo;exposition \u00ab Faible \u00bb, \u00ab Moyen \u00bb et \u00ab \u00c9lev\u00e9 \u00bb), <code>PROC NPAR1WAY<\/code> ne renverra pas un test de Mann-Whitney, mais un test omnibus de Kruskal-Wallis. Aucune comparaison par paires ne sera ex\u00e9cut\u00e9e sans configuration d&rsquo;options post-hoc sp\u00e9cifiques, exposant l&rsquo;utilisateur non averti \u00e0 une erreur d&rsquo;interpr\u00e9tation fondamentale.<\/p>\n<p>La seconde faute classique concerne la confusion entre \u00e9chantillons ind\u00e9pendants et \u00e9chantillons appari\u00e9s. Il arrive fr\u00e9quemment que des praticiens appliquent <code>PROC NPAR1WAY<\/code> pour comparer des mesures recueillies sur les m\u00eames sujets avant et apr\u00e8s un traitement exp\u00e9rimental. Cette d\u00e9marche viole l&rsquo;hypoth\u00e8se d&rsquo;ind\u00e9pendance statistique. Les mesures r\u00e9p\u00e9t\u00e9es imposent l&rsquo;usage du test des rangs sign\u00e9s de Wilcoxon, qui sous SAS ne s&rsquo;ex\u00e9cute pas via <code>PROC NPAR1WAY<\/code>, mais au travers de l&rsquo;\u00e9tape <code>PROC UNIVARIATE<\/code> appliqu\u00e9e sur la variable de diff\u00e9rence des paires (<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"D = X_{\\text{post}} - X_{\\text{pre}}\">$D = X_{\\text{post}} &#8211; X_{\\text{pre}}$<\/span>).<\/p>\n<p>Enfin, sur le plan algorithmique, l&rsquo;omission fr\u00e9quente de l&rsquo;instruction <code>EXACT<\/code> sur de petits effectifs conduit \u00e0 s&rsquo;appuyer aveugl\u00e9ment sur des probabilit\u00e9s asymptotiques approximatives. Cette n\u00e9gligence expose les chercheurs \u00e0 des d\u00e9cisions de rejet infond\u00e9es face \u00e0 des seuils limites (<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"p \\approx 0,048\">$p \\approx 0,048$<\/span> en asymptotique devenant <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"p = 0,056\">$p = 0,056$<\/span> en calcul combinatoire exact).<\/p>\n<h3>12.2 Que faire en cas d&rsquo;h\u00e9t\u00e9rosc\u00e9dasticit\u00e9 extr\u00eame : Le test de Brunner-Munzel<\/h3>\n<p>Bien que le test U de Mann-Whitney soit universellement c\u00e9l\u00e9br\u00e9 pour son affranchissement de l&rsquo;hypoth\u00e8se de normalit\u00e9, il n&rsquo;est nullement immunis\u00e9 contre l&rsquo;in\u00e9galit\u00e9 s\u00e9v\u00e8re des variances (h\u00e9t\u00e9rosc\u00e9dasticit\u00e9), en particulier lorsque les tailles d&rsquo;\u00e9chantillons au sein des deux groupes sont d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9es (<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"n_1 \\neq n_2\">$n_1 \\neq n_2$<\/span>). Ce ph\u00e9nom\u00e8ne est l&rsquo;analogue non param\u00e9trique direct du c\u00e9l\u00e8bre probl\u00e8me de Behrens-Fisher pour le test <em>t<\/em> de Student.<\/p>\n<p>Lorsque deux distributions pr\u00e9sentent des formes ou des dispersions drastiquement h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes, le taux d&rsquo;erreur de type I du test de Mann-Whitney peut conna\u00eetre une inflation inacceptable, atteignant parfois $15$ \u00e0 $20$ % pour un seuil nominal fix\u00e9 \u00e0 $5$ %. Face \u00e0 cette pathologie distributionnelle, le test de Brunner-Munzel (\u00e9galement d\u00e9sign\u00e9 sous l&rsquo;appellation de test de Wilcoxon g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 pour variances in\u00e9gales) repr\u00e9sente l&rsquo;alternative non param\u00e9trique moderne par excellence.<\/p>\n<p>Introduit en 2000 par Edgar Brunner et Ullrich Munzel, ce test mod\u00e9lise sp\u00e9cifiquement la variance empirique de chaque groupe sans supposer l&rsquo;homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 de leurs dispersions sous l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle. Bien que la proc\u00e9dure standard <code>PROC NPAR1WAY<\/code> n&rsquo;int\u00e8gre pas encore de mot-cl\u00e9 direct pour le test de Brunner-Munzel, ce dernier peut \u00eatre impl\u00e9ment\u00e9 sous SAS au moyen de macros sp\u00e9cialis\u00e9es utilisant l&rsquo;environnement matriciel <code>PROC IML<\/code> ou via la mod\u00e9lisation des rangs relatifs par <code>PROC GLIMMIX<\/code>.<\/p>\n<h3>12.3 Extensions m\u00e9thodologiques au-del\u00e0 de deux groupes ind\u00e9pendants<\/h3>\n<p>Lorsque la structure de l&rsquo;exp\u00e9rimentation engage plus de deux groupes ind\u00e9pendants (<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"k &gt; 2\">$k &gt; 2$<\/span>), le test de Mann-Whitney ne peut plus \u00eatre appliqu\u00e9 isol\u00e9ment sans induire une inflation exponentielle du risque d&rsquo;erreur de type I global, r\u00e9gie par l&rsquo;in\u00e9galit\u00e9 de Bonferroni :<\/p>\n<p><span class=\"arabpsy-math-display\" data-latex=\"\\alpha_{\\text{global}} = 1 - (1 - \\alpha)^C\">$$\\alpha_{\\text{global}} = 1 &#8211; (1 &#8211; \\alpha)^C$$<\/span><\/p>\n<p>o\u00f9 <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"C = \\frac{k(k-1)}{2}\">$C = \\frac{k(k-1)}{2}$<\/span> repr\u00e9sente le nombre total de comparaisons binaires envisageables.<\/p>\n<p>Dans ce sc\u00e9nario, la transition m\u00e9thodologique naturelle s&rsquo;op\u00e8re vers le test de Kruskal-Wallis, qui g\u00e9n\u00e9ralise l&rsquo;analyse de rangs \u00e0 un nombre arbitraire de conditions exp\u00e9rimentales. Sous SAS, <code>PROC NPAR1WAY<\/code> g\u00e8re automatiquement cette extension d\u00e8s lors que la variable d\u00e9sign\u00e9e sous l&rsquo;instruction <code>CLASS<\/code> compte plus de deux niveaux.<\/p>\n<p>Si le test omnibus de Kruskal-Wallis d\u00e9montre une diff\u00e9rence globale statistiquement significative, le chercheur doit alors d\u00e9clencher des proc\u00e9dures de comparaisons multiples post-hoc rigoureusement contr\u00f4l\u00e9es. \u00c0 cet \u00e9gard, SAS propose l&rsquo;une des proc\u00e9dures non param\u00e9triques post-hoc les plus sophistiqu\u00e9es : le test de Dwass-Steel-Critchlow-Fligner (DSCF). L&rsquo;adjonction de l&rsquo;option <code>DSCF<\/code> dans l&rsquo;instruction d&rsquo;en-t\u00eate de <code>PROC NPAR1WAY<\/code> :<\/p>\n<p>ordonne \u00e0 SAS d&rsquo;ex\u00e9cuter l&rsquo;ensemble des comparaisons bilat\u00e9rales par paires en appliquant une correction interne bas\u00e9e sur la distribution de l&rsquo;amplitude studentis\u00e9e exacte des rangs. L&rsquo;arbre de d\u00e9cision m\u00e9thodologique se stabilise ainsi : test de Mann-Whitney avec calcul exact pour deux \u00e9chantillons ind\u00e9pendants, test de Kruskal-Wallis pour <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"k &gt; 2\">$k &gt; 2$<\/span> \u00e9chantillons, et tests DSCF pour l&rsquo;identification cibl\u00e9e des contrastes post-hoc significatifs.<\/p>\n<h2>R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<p>Brunner, E., &amp; Munzel, U. (2000). The nonparametric Behrens-Fisher problem: Asymptotic theory and a small-sample approximation. <em>Biometrical Journal<\/em>, 42(1), 17-35. &lt;a href=&quot;https:\/\/doi.org\/10.1002\/(SICI)1521-4036(200001)42:13.0.CO;2-U\u00a0\u00bb&gt;https:\/\/doi.org\/10.1002\/(SICI)1521-4036(200001)42:1&lt;17::AID-BIMJ17&gt;3.0.CO;2-U<\/a><\/p>\n<p>Cliff, N. (1993). Dominance statistics: Ordinal analyses to answer ordinal questions. <em>Psychological Bulletin<\/em>, 114(3), 494-509. <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1037\/0033-2909.114.3.494\">https:\/\/doi.org\/10.1037\/0033-2909.114.3.494<\/a><\/p>\n<p>Cohen, J. (1988). <em>Statistical power analysis for the behavioral sciences<\/em> (2nd ed.). Lawrence Erlbaum Associates.<\/p>\n<p>Critchlow, D. E., &amp; Fligner, M. A. (1991). On distribution-free multiple comparisons in the one-way analysis of variance. <em>Communications in Statistics &#8211; Theory and Methods<\/em>, 20(1), 127-139. <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1080\/03610929108830487\">https:\/\/doi.org\/10.1080\/03610929108830487<\/a><\/p>\n<p>Mann, H. B., &amp; Whitney, D. R. (1947). On a test of whether one of two random variables is stochastically larger than the other. <em>The Annals of Mathematical Statistics<\/em>, 18(1), 50-60. <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1214\/aoms\/1177730491\">https:\/\/doi.org\/10.1214\/aoms\/1177730491<\/a><\/p>\n<p>Rosenthal, R. (1991). <em>Meta-analytic procedures for social research<\/em> (Rev. ed.). SAGE Publications. <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.4135\/9781412984997\">https:\/\/doi.org\/10.4135\/9781412984997<\/a><\/p>\n<p>SAS Institute Inc. (2023). <em>SAS\/STAT 15.3 User&rsquo;s Guide: The NPAR1WAY Procedure<\/em>. SAS Institute Inc. <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/support.sas.com\/documentation\/onlinedoc\/stat\/\">https:\/\/support.sas.com\/documentation\/onlinedoc\/stat\/<\/a><\/p>\n<p>Shapiro, S. S., &amp; Wilk, M. B. (1965). An analysis of variance test for normality (complete samples). <em>Biometrika<\/em>, 52(3\/4), 591-611. <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.2307\/2333709\">https:\/\/doi.org\/10.2307\/2333709<\/a><\/p>\n<p>Vargha, A., &amp; Delaney, H. D. (2000). A critique and improvement of the CL common language effect size statistics of McGraw and Wong. <em>Journal of Educational and Behavioral Statistics<\/em>, 25(2), 101-132. <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.3102\/10769986025002101\">https:\/\/doi.org\/10.3102\/10769986025002101<\/a><\/p>\n<p>Wilcoxon, F. (1945). 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