{"id":847,"date":"2026-09-04T15:05:13","date_gmt":"2026-09-04T15:05:13","guid":{"rendered":"http:\/\/french.arabpsychology.com\/statistics\/comment-effectuer-un-test-u-de-mann-whitney-dans-stata\/"},"modified":"2026-09-04T15:05:20","modified_gmt":"2026-09-04T15:05:20","slug":"comment-effectuer-un-test-u-de-mann-whitney-dans-stata","status":"publish","type":"psych_stat","link":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/?psych_stat=comment-effectuer-un-test-u-de-mann-whitney-dans-stata","title":{"rendered":"Comment effectuer un test U de Mann-Whitney dans Stata"},"content":{"rendered":"<p>Dans le domaine de l&rsquo;analyse quantitative appliqu\u00e9e aux sciences humaines, sociales, biom\u00e9dicales et comportementales, le choix d&rsquo;un test statistique appropri\u00e9 constitue une \u00e9tape d\u00e9terminante pour garantir la validit\u00e9 interne et externe des conclusions scientifiques. Lorsque les chercheurs souhaitent comparer deux groupes ind\u00e9pendants sur une variable continue ou ordinale, le r\u00e9flexe m\u00e9thodologique standard consiste fr\u00e9quemment \u00e0 mobiliser le <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Test_t_de_Student\">test t de Student<\/a> pour \u00e9chantillons ind\u00e9pendants. Toutefois, ce test param\u00e9trique classique repose sur des hypoth\u00e8ses sous-jacentes contraignantes, notamment la normalit\u00e9 distributionnelle de la variable d\u00e9pendante au sein de chaque population parente et l&rsquo;homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 des variances. Dans la pratique empirique r\u00e9elle, ces postulats sont tr\u00e8s r\u00e9guli\u00e8rement enfreints : donn\u00e9es fortement asym\u00e9triques, distributions bimodales, pr\u00e9sence d&rsquo;observations aberrantes ou extr\u00eames, \u00e9chelles de mesure de type Likert en psychom\u00e9trie ou \u00e9chantillons de taille r\u00e9duite interdisant l&rsquo;invocation m\u00e9canique du th\u00e9or\u00e8me central limite.<\/p>\n<p>Face \u00e0 ces limitations distributionnelles, les m\u00e9thodes non param\u00e9triques dites \u00e0 distribution libre offrent une alternative robuste, \u00e9l\u00e9gante et math\u00e9matiquement rigoureuse. Parmi celles-ci, le test U de Mann-Whitney \u2014 conceptuellement et math\u00e9matiquement \u00e9quivalent au test de la somme des rangs de Wilcoxon \u2014 occupe une place pr\u00e9pond\u00e9rante. En substituant l&rsquo;analyse des rangs relatifs \u00e0 celle des valeurs brutes, cette proc\u00e9dure statistique s&rsquo;affranchit de l&rsquo;hypoth\u00e8se de normalit\u00e9 tout en pr\u00e9servant une puissance statistique remarquable, particuli\u00e8rement dans les contextes o\u00f9 les estimateurs gaussiens traditionnels perdent toute efficacit\u00e9. Cependant, l&rsquo;ex\u00e9cution correcte de ce test ne se r\u00e9sume pas \u00e0 l&rsquo;obtention m\u00e9canique d&rsquo;une valeur de p ; elle exige une compr\u00e9hension approfondie de ses fondements math\u00e9matiques, de la nature exacte des hypoth\u00e8ses test\u00e9es, de ses conditions d&rsquo;application et de l&rsquo;interpr\u00e9tation fine de la taille d&rsquo;effet associ\u00e9e.<\/p>\n<p>Le logiciel d&rsquo;analyse statistique <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/www.stata.com\">Stata<\/a> constitue l&rsquo;un des environnements computationnels les plus r\u00e9put\u00e9s et les plus utilis\u00e9s par la communaut\u00e9 acad\u00e9mique internationale pour la mod\u00e9lisation \u00e9conom\u00e9trique et biostatistique. Ce guide complet a pour vocation d&rsquo;accompagner pas \u00e0 pas les chercheurs, doctorants, statisticiens et analystes de donn\u00e9es dans la ma\u00eetrise absolue du test U de Mann-Whitney sous Stata. \u00c0 travers une d\u00e9marche p\u00e9dagogique int\u00e9gr\u00e9e, nous explorerons les fondements th\u00e9oriques de l&rsquo;assignation des rangs, les proc\u00e9dures de diagnostic exploratoire, l&rsquo;ex\u00e9cution syntaxique d\u00e9taill\u00e9e via la commande native d\u00e9di\u00e9e, l&rsquo;analyse minutieuse des sorties statistiques, le calcul manuel et automatis\u00e9 des tailles d&rsquo;effet, ainsi que la restitution formelle des r\u00e9sultats conform\u00e9ment aux normes de r\u00e9daction scientifique de l&rsquo;<a target=\"_blank\" rel=\"noopener noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/apastyle.apa.org\">American Psychological Association<\/a> (APA, 7e \u00e9dition).<\/p>\n<h2>1. Introduction aux tests non param\u00e9triques et au test U de Mann-Whitney<\/h2>\n<h3>1.1 D\u00e9finition et contexte d&rsquo;utilisation du test<\/h3>\n<p>Le test U de Mann-Whitney constitue la proc\u00e9dure non param\u00e9trique par excellence destin\u00e9e \u00e0 comparer deux groupes ind\u00e9pendants et mutuellement exclusifs sur une variable quantitative continue ou ordinale. Con\u00e7u initialement par Frank Wilcoxon en 1945 sous la forme du test de somme des rangs pour des \u00e9chantillons de tailles \u00e9gales, puis g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 et perfectionn\u00e9 par Henry Mann et Donald Whitney en 1947 pour traiter des \u00e9chantillons de tailles in\u00e9gales et formaliser la statistique U, ce test statistique repose sur un principe d&rsquo;ordonnancement global des donn\u00e9es. Plut\u00f4t que de manipuler directement les grandeurs m\u00e9triques observ\u00e9es, l&rsquo;algorithme classe l&rsquo;ensemble des observations combin\u00e9es par ordre croissant et leur assigne un rang num\u00e9rique allant de 1 \u00e0 l&rsquo;effectif total cumul\u00e9.<\/p>\n<p>Sur le plan conceptuel, le test U de Mann-Whitney et le test de la somme des rangs de Wilcoxon (Wilcoxon rank-sum test) repr\u00e9sentent exactement la m\u00eame entit\u00e9 math\u00e9matique sous deux formulations alg\u00e9briques lin\u00e9aires \u00e9quivalentes. Dans la litt\u00e9rature internationale, les termes sont employ\u00e9s de fa\u00e7on interchangeable, et les logiciels statistiques modernes calculent la statistique standardis\u00e9e Z \u00e0 partir de l&rsquo;une ou l&rsquo;autre de ces formulations sans aucune divergence de r\u00e9sultat.<\/p>\n<p>Dans le champ de la recherche en psychologie, en psychiatrie clinique, en sciences du comportement et en \u00e9pid\u00e9miologie, ce test s&rsquo;av\u00e8re indispensable. Les variables mesur\u00e9es dans ces disciplines \u2014 telles que les scores de d\u00e9pression sur l&rsquo;inventaire de Beck, les temps de r\u00e9action cognitive, les \u00e9chelles d&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 ou le niveau d&rsquo;adh\u00e9sion th\u00e9rapeutique \u2014 pr\u00e9sentent tr\u00e8s fr\u00e9quemment des asym\u00e9tries positives marqu\u00e9es (effet de plancher) ou des asym\u00e9tries n\u00e9gatives (effet de plafond). L&rsquo;application d&rsquo;un test param\u00e9trique sur de telles donn\u00e9es introduit un biais substantiel dans l&rsquo;estimation de l&rsquo;erreur-type et conduit \u00e0 des taux d&rsquo;erreur de premi\u00e8re esp\u00e8ce (alpha) incontr\u00f4l\u00e9s. Le test de Mann-Whitney apporte une r\u00e9ponse m\u00e9thodologique optimale en \u00e9valuant si la probabilit\u00e9 qu&rsquo;une observation issue de la population A soit sup\u00e9rieure \u00e0 une observation issue de la population B exc\u00e8de le seuil du simple hasard (0,5).<\/p>\n<h3>1.2 Comparaison entre approches param\u00e9triques et non param\u00e9triques<\/h3>\n<p>La distinction \u00e9pist\u00e9mologique et technique entre les approches param\u00e9triques et non param\u00e9triques r\u00e9side principalement dans les postulats relatifs \u00e0 la forme fonctionnelle de la distribution sous-jacente des populations sources. Le test t de Student \u00e9value l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 des moyennes arithm\u00e9tiques sous l&rsquo;hypoth\u00e8se stricte que les r\u00e9sidus suivent une loi normale et que la variance est homog\u00e8ne entre les groupes. La moyenne arithm\u00e9tique constitue un estimateur de tendance centrale extr\u00eamement sensible aux valeurs aberrantes (outliers) : une seule observation extr\u00eame peut d\u00e9placer artificiellement la moyenne d&rsquo;un groupe et dilater consid\u00e9rablement la variance empirique, r\u00e9duisant ainsi drastiquement la puissance statistique du test t.<\/p>\n<p>\u00c0 l&rsquo;inverse, l&rsquo;approche non param\u00e9trique adopt\u00e9e par Mann et Whitney transforme les donn\u00e9es brutes en rangs ordinaux. Cette transformation agit comme un m\u00e9canisme de robustification naturel. Une valeur extr\u00eame, qu&rsquo;elle se situe \u00e0 trois ou \u00e0 cinquante \u00e9carts-types de la m\u00e9diane, recevra simplement le rang le plus \u00e9lev\u00e9 de la s\u00e9rie ordonn\u00e9e. D\u00e8s lors, son influence sur la statistique de test demeure strictement born\u00e9e \u00e0 son ordre de grandeur relatif, neutralisant ainsi le risque de distorsion induit par les artefacts de mesure.<\/p>\n<p>En mati\u00e8re d&rsquo;efficacit\u00e9 statistique asymptotique, le test de Mann-Whitney affiche des propri\u00e9t\u00e9s th\u00e9oriques remarquables. Compar\u00e9 au test t de Student lorsque les postulats gaussiens sont parfaitement respect\u00e9s, son efficacit\u00e9 relative asymptotique (ARE, <em>Asymptotic Relative Efficiency<\/em>) est d&rsquo;environ 95,5 %, ce qui signifie qu&rsquo;il ne n\u00e9cessite qu&rsquo;un surcro\u00eet marginal d&rsquo;observations pour atteindre une puissance \u00e9quivalente \u00e0 celle du test optimal. En revanche, d\u00e8s lors que la distribution r\u00e9elle s&rsquo;\u00e9carte de la normalit\u00e9 \u2014 par exemple en pr\u00e9sence d&rsquo;une loi log-normale, d&rsquo;une loi exponentielle ou d&rsquo;une distribution \u00e0 queues lourdes de type Cauchy \u2014, l&rsquo;efficacit\u00e9 relative du test U de Mann-Whitney surpasse tr\u00e8s largement celle du test t, pouvant atteindre des valeurs th\u00e9oriques infinies face \u00e0 des perturbations extr\u00eames. Pour les faibles \u00e9chantillons (n &lt; 30 par cellule), o\u00f9 les tests d&rsquo;ad\u00e9quation de la normalit\u00e9 manquent cruellement de puissance pour d\u00e9tecter des \u00e9carts mod\u00e9r\u00e9s mais pr\u00e9judiciables, l&rsquo;usage raisonn\u00e9 du test de Mann-Whitney s&rsquo;impose comme une strat\u00e9gie de pr\u00e9caution scientifique \u00e9l\u00e9mentaire.<\/p>\n<h3>1.3 Objectifs p\u00e9dagogiques du guide sous Stata<\/h3>\n<p>L&rsquo;objectif premier de ce manuel exhaustif est de doter le lecteur d&rsquo;une autonomie technique et m\u00e9thodologique totale dans la mise en \u0153uvre du test U de Mann-Whitney au sein de l&rsquo;\u00e9cosyst\u00e8me logiciel Stata. Ce didacticiel ne se limite pas \u00e0 une simple \u00e9num\u00e9ration de commandes informatiques ; il articule \u00e9troitement la th\u00e9orie statistique sous-jacente et les imp\u00e9ratifs pratiques de la recherche empirique contemporaine.<\/p>\n<p>Au fil des sections, le lecteur apprendra \u00e0 :<\/p>\n<ul>\n<li>Structurer, nettoyer et v\u00e9rifier l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 de ses donn\u00e9es avant toute manipulation inf\u00e9rentielle.<\/li>\n<li>Mettre en \u0153uvre les diagnostics visuels et formels permettant de statuer sur la violation de l&rsquo;hypoth\u00e8se de normalit\u00e9 et d&rsquo;examiner l&rsquo;hypoth\u00e8se de similarit\u00e9 distributionnelle.<\/li>\n<li>Ma\u00eetriser la syntaxe formelle de la commande native <strong>ranksum<\/strong> ainsi que ses options avanc\u00e9es de filtrage conditionnel et de stratification.<\/li>\n<li>Comprendre la totalit\u00e9 des m\u00e9triques num\u00e9riques g\u00e9n\u00e9r\u00e9es dans le tableau de sortie Stata (sommes des rangs observ\u00e9es, sommes attendues sous l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle, ajustement de la variance pour ex \u00e6quo, score Z et probabilit\u00e9 critique associ\u00e9e).<\/li>\n<li>Calculer et interpr\u00e9ter avec rigueur les indices de taille d&rsquo;effet standardis\u00e9s, notamment le coefficient r de Rosenthal et la probabilit\u00e9 de sup\u00e9riorit\u00e9 (Common Language Effect Size).<\/li>\n<li>R\u00e9diger les conclusions empiriques selon les standards acad\u00e9miques internationaux les plus stricts, incluant les normes bibliographiques et typographiques de l&rsquo;APA 7e \u00e9dition.<\/li>\n<\/ul>\n<h2>2. Fondements th\u00e9oriques et math\u00e9matiques du test<\/h2>\n<h3>2.1 Principe d&rsquo;assignation des rangs<\/h3>\n<p>Pour appr\u00e9hender la m\u00e9canique computationnelle du test de Mann-Whitney-Wilcoxon, consid\u00e9rons deux \u00e9chantillons ind\u00e9pendants issus respectivement de deux populations distinctes. Soit un premier groupe not\u00e9 Groupe 1 comprenant n<sub>1<\/sub> observations individuelles :<\/p>\n<p>X<sub>1<\/sub>, X<sub>2<\/sub>, &#8230;, X<sub>n1<\/sub><\/p>\n<p>et un second groupe not\u00e9 Groupe 2 comprenant n<sub>2<\/sub> observations individuelles :<\/p>\n<p>Y<sub>1<\/sub>, Y<sub>2<\/sub>, &#8230;, Y<sub>n2<\/sub><\/p>\n<p>L&rsquo;effectif total combin\u00e9 est not\u00e9 N = n<sub>1<\/sub> + n<sub>2<\/sub>. La premi\u00e8re \u00e9tape du calcul consiste \u00e0 rassembler la totalit\u00e9 des N observations au sein d&rsquo;un vecteur unique, en conservant pour chaque valeur l&rsquo;identifiant de son groupe d&rsquo;appartenance d&rsquo;origine. Les N valeurs sont ensuite ordonn\u00e9es par ordre strictement croissant, de la plus petite \u00e0 la plus grande.<\/p>\n<p>Un rang num\u00e9rique entier compris entre 1 et N est assign\u00e9 \u00e0 chaque observation ordonn\u00e9e. En l&rsquo;absence de valeurs identiques (ex \u00e6quo), l&rsquo;observation la plus basse re\u00e7oit le rang 1, la suivante le rang 2, et ainsi de suite jusqu&rsquo;\u00e0 la plus grande observation qui re\u00e7oit le rang N. En pr\u00e9sence de valeurs identiques partag\u00e9es par plusieurs observations, on applique la m\u00e9thode du rang moyen (mid-rank) : chacune des observations ex \u00e6quo re\u00e7oit la moyenne arithm\u00e9tique des rangs qu&rsquo;elles auraient occup\u00e9s si elles avaient \u00e9t\u00e9 distinctes.<\/p>\n<p>Une fois les rangs attribu\u00e9s, l&rsquo;algorithme proc\u00e8de \u00e0 la sommation s\u00e9par\u00e9e des rangs affect\u00e9s \u00e0 chacun des deux groupes. Notons W<sub>1<\/sub> la somme des rangs des observations appartenant au Groupe 1, et W<sub>2<\/sub> la somme des rangs des observations appartenant au Groupe 2. Par d\u00e9finition math\u00e9matique, la somme totale des rangs de 1 \u00e0 N correspond \u00e0 la formule de sommation des entiers cons\u00e9cutifs :<\/p>\n<p>W<sub>1<\/sub> + W<sub>2<\/sub> = N(N + 1) \/ 2<\/p>\n<p>La statistique U de Mann-Whitney quantifie directement le nombre de fois o\u00f9 une observation du premier groupe surpasse une observation du second groupe lors de toutes les comparaisons par paires possibles. Elle se d\u00e9duit directement des sommes de rangs W<sub>1<\/sub> et W<sub>2<\/sub> par les relations lin\u00e9aires suivantes :<\/p>\n<p>U<sub>1<\/sub> = W<sub>1<\/sub> &#8211; [n<sub>1<\/sub>(n<sub>1<\/sub> + 1) \/ 2]<\/p>\n<p>U<sub>2<\/sub> = W<sub>2<\/sub> &#8211; [n<sub>2<\/sub>(n<sub>2<\/sub> + 1) \/ 2]<\/p>\n<p>Ces deux quantit\u00e9s satisfont imp\u00e9rativement la relation de compl\u00e9mentarit\u00e9 :<\/p>\n<p>U<sub>1<\/sub> + U<sub>2<\/sub> = n<sub>1<\/sub> * n<sub>2<\/sub><\/p>\n<p>La statistique finale du test U est g\u00e9n\u00e9ralement d\u00e9finie comme le minimum entre U<sub>1<\/sub> et U<sub>2<\/sub> lors d&rsquo;un test bilat\u00e9ral : U = min(U<sub>1<\/sub>, U<sub>2<\/sub>).<\/p>\n<h3>2.2 Hypoth\u00e8ses statistiques nulle et alternative<\/h3>\n<p>La formulation th\u00e9orique des hypoth\u00e8ses statistiques du test de Mann-Whitney fait l&rsquo;objet de confusions r\u00e9currentes dans la litt\u00e9rature empirique. Dans son acception la plus g\u00e9n\u00e9rale et sans hypoth\u00e8se restrictive sur la g\u00e9om\u00e9trie des courbes, l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle (H<sub>0<\/sub>) stipule que les distributions des deux populations sont stochastiquement \u00e9gales. En termes probabilistes formels, si l&rsquo;on extrait al\u00e9atoirement une observation X du Groupe 1 et une observation Y du Groupe 2, la probabilit\u00e9 que X soit strictement sup\u00e9rieure \u00e0 Y est rigoureusement \u00e9gale \u00e0 la probabilit\u00e9 que Y soit strictement sup\u00e9rieure \u00e0 X :<\/p>\n<p>H<sub>0<\/sub> : P(X &gt; Y) = P(Y &gt; X) = 0,5<\/p>\n<p>L&rsquo;hypoth\u00e8se alternative bilat\u00e9rale (H<sub>1<\/sub>) \u00e9nonce une dominance stochastique de l&rsquo;une des deux distributions sur l&rsquo;autre :<\/p>\n<p>H<sub>1<\/sub> : P(X &gt; Y) \u2260 0,5<\/p>\n<p>Dans le cas d&rsquo;un test unilat\u00e9ral orient\u00e9, l&rsquo;hypoth\u00e8se alternative postulera soit que P(X &gt; Y) &gt; 0,5, soit que P(X &gt; Y) &lt; 0,5.<\/p>\n<p>Il convient de souligner une distinction m\u00e9thodologique fondamentale : le test de Mann-Whitney n&rsquo;est pas <em>intrins\u00e8quement<\/em> un test de comparaison des m\u00e9dianes. Pour que le rejet de l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle puisse \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9 formellement comme une diff\u00e9rence statistiquement significative entre les m\u00e9dianes des deux populations, une condition suppl\u00e9mentaire incontournable doit \u00eatre satisfaite : les distributions des deux groupes doivent poss\u00e9der exactement la m\u00eame forme g\u00e9om\u00e9trique, la m\u00eame dispersion et la m\u00eame asym\u00e9trie, ne diff\u00e9rant potentiellement que par une translation horizontale sur l&rsquo;axe des abscisses (hypoth\u00e8se dite du <em>location-shift<\/em>). Si les distributions pr\u00e9sentent des formes ou des variances h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes, le test conserve toute sa validit\u00e9 math\u00e9matique, mais il teste alors exclusivement la dominance stochastique globale des rangs et non un simple d\u00e9calage de la m\u00e9diane.<\/p>\n<h3>2.3 Approximation asymptotique et distribution exacte<\/h3>\n<p>Lorsque les effectifs n<sub>1<\/sub> et n<sub>2<\/sub> sont tr\u00e8s faibles (typiquement inf\u00e9rieurs \u00e0 10 ou 15 observations par groupe), la distribution d&rsquo;\u00e9chantillonnage de la statistique U sous l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle peut \u00eatre d\u00e9riv\u00e9e de mani\u00e8re combinatoire exacte en \u00e9num\u00e9rant toutes les permutations possibles des rangs. Cette distribution exacte permet de calculer une valeur de p exacte exempte de toute approximation th\u00e9orique.<\/p>\n<p>Cependant, \u00e0 mesure que la taille des \u00e9chantillons augmente, le nombre de combinaisons possibles cro\u00eet de mani\u00e8re exponentielle, rendant le calcul combinatoire exhaustif extr\u00eamement co\u00fbteux en temps de calcul. En vertu du th\u00e9or\u00e8me central limite appliqu\u00e9 aux statistiques de rangs lin\u00e9aires, la distribution de la somme des rangs W<sub>1<\/sub> (ou de la statistique U<sub>1<\/sub>) converge tr\u00e8s rapidement vers une loi normale continue lorsque les effectifs d\u00e9passent une dizaine d&rsquo;unit\u00e9s par groupe.<\/p>\n<p>Sous l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle H<sub>0<\/sub>, l&rsquo;esp\u00e9rance math\u00e9matique th\u00e9orique (moyenne attendue) de la somme des rangs du Groupe 1 est donn\u00e9e par l&rsquo;expression :<\/p>\n<p>E(W<sub>1<\/sub>) = \u03bc<sub>W1<\/sub> = [n<sub>1<\/sub>(N + 1)] \/ 2<\/p>\n<p>En l&rsquo;absence totale d&rsquo;ex \u00e6quo dans les donn\u00e9es, la variance th\u00e9orique de cette somme de rangs s&rsquo;exprime selon l&rsquo;\u00e9quation :<\/p>\n<p>Var(W<sub>1<\/sub>) = \u03c3<sup>2<\/sup><sub>W1<\/sub> = [n<sub>1<\/sub> * n<sub>2<\/sub> * (N + 1)] \/ 12<\/p>\n<p>La statistique de test standardis\u00e9e Z (ou score Z) est alors obtenue en centrant et r\u00e9duisant la statistique observ\u00e9e :<\/p>\n<p>Z = (W<sub>1<\/sub> &#8211; E(W<sub>1<\/sub>)) \/ sqrt(Var(W<sub>1<\/sub>))<\/p>\n<p>En pr\u00e9sence d&rsquo;observations ex \u00e6quo (ties), la dispersion des rangs attribu\u00e9s se trouve m\u00e9caniquement comprim\u00e9e, ce qui entra\u00eene une r\u00e9duction de la variance de la somme des rangs. Pour pr\u00e9server la validit\u00e9 de l&rsquo;inf\u00e9rence asymptotique et \u00e9viter une sous-estimation du score Z (qui gonflerait artificiellement le risque de deuxi\u00e8me esp\u00e8ce b\u00eata), une formule de correction de la variance par groupe de liens est introduite. Soit g le nombre total de groupes d&rsquo;ex \u00e6quo distincts, et t<sub>i<\/sub> le nombre d&rsquo;observations \u00e0 \u00e9galit\u00e9 au sein du i-\u00e8me groupe d&rsquo;ex \u00e6quo. La variance corrig\u00e9e s&rsquo;\u00e9tablit selon la formule :<\/p>\n<p>Var<sub>corrig\u00e9e<\/sub>(W<sub>1<\/sub>) = [n<sub>1<\/sub> * n<sub>2<\/sub> \/ 12] * [ (N + 1) &#8211; ( (\u03a3 (t<sub>i<\/sub><sup>3<\/sup> &#8211; t<sub>i<\/sub>)) \/ (N * (N &#8211; 1)) ) ]<\/p>\n<p>Le logiciel Stata applique automatiquement cette correction rigoureuse d\u00e8s lors qu&rsquo;il d\u00e9tecte des valeurs identiques dans l&rsquo;\u00e9chantillon, garantissant ainsi une pr\u00e9cision asymptotique optimale.<\/p>\n<h2>3. Conditions d&rsquo;application et postulats m\u00e9thodologiques<\/h2>\n<h3>3.1 Nature et \u00e9chelle des variables<\/h3>\n<p>La validit\u00e9 m\u00e9thodologique du test U de Mann-Whitney repose sur le respect scrupuleux d&rsquo;un ensemble de postulats d&rsquo;\u00e9chantillonnage et de mesure. La m\u00e9connaissance de ces pr\u00e9requis expose l&rsquo;analyste \u00e0 des erreurs d&rsquo;interpr\u00e9tation majeures ou \u00e0 des conclusions scientifiques fallacieuses.<\/p>\n<p>Le premier postulat concerne la nature de la variable ind\u00e9pendante (variable de regroupement ou pr\u00e9dicteur cat\u00e9goriel). Celle-ci doit obligatoirement \u00eatre une variable cat\u00e9gorielle binaire comportant exactement deux modalit\u00e9s mutuellement exclusives et exhaustives (par exemple : Groupe Traitement versus Groupe T\u00e9moin, Hommes versus Femmes, Patients R\u00e9mis versus Patients Non-R\u00e9mis). Si l&rsquo;investigateur souhaite comparer trois groupes ou plus, le test de Mann-Whitney ne peut \u00eatre appliqu\u00e9 directement sans correction pour comparaisons multiples ; il convient alors de mobiliser son extension directe pour k groupes, \u00e0 savoir le test de Kruskal-Wallis (ex\u00e9cut\u00e9 sous Stata via la commande <strong>kwallis<\/strong>).<\/p>\n<p>Le second postulat concerne l&rsquo;\u00e9chelle de mesure de la variable d\u00e9pendante (variable r\u00e9sultat ou crit\u00e8re). Celle-ci doit \u00eatre mesur\u00e9e sur une \u00e9chelle continue (\u00e0 intervalles ou de rapports, telles que le taux de cholest\u00e9rol sanguin, le salaire annuel ou le temps d&rsquo;ex\u00e9cution d&rsquo;une t\u00e2che) ou sur une \u00e9chelle ordinale rigoureuse pr\u00e9sentant un nombre suffisant d&rsquo;\u00e9chelons ordonn\u00e9s hi\u00e9rarchiquement (par exemple, des scores composites d&rsquo;\u00e9chelles de Likert \u00e0 5 ou 7 points valid\u00e9es psychom\u00e9triquement). La variable doit imp\u00e9rativement poss\u00e9der une relation d&rsquo;ordre transitive : pour deux observations quelconques a et b, il doit \u00eatre possible de statuer si a &gt; b, a &lt; b ou a = b.<\/p>\n<p>Le troisi\u00e8me postulat fondamental est celui de l&rsquo;ind\u00e9pendance stricte des observations. Chaque sujet statistique ne doit \u00eatre mesur\u00e9 qu&rsquo;une seule fois, appartenir \u00e0 un seul groupe, et son r\u00e9sultat ne doit en aucun cas \u00eatre influenc\u00e9 par celui des autres participants. Si les donn\u00e9es pr\u00e9sentent une structure appari\u00e9e (mesures r\u00e9p\u00e9t\u00e9es avant\/apr\u00e8s traitement sur les m\u00eames individus, ou appariement par paires de cas-t\u00e9moins), le test U de Mann-Whitney est formellement prohib\u00e9. Dans cette configuration longitudinale ou appari\u00e9e, l&rsquo;analyste doit imp\u00e9rativement recourir au test des rangs sign\u00e9s de Wilcoxon pour \u00e9chantillons d\u00e9pendants (ex\u00e9cut\u00e9 sous Stata via la commande <strong>signrank<\/strong>).<\/p>\n<h3>3.2 L&rsquo;hypoth\u00e8se de forme identique des distributions<\/h3>\n<p>L&rsquo;une des subtilit\u00e9s les plus critiques et les plus fr\u00e9quemment n\u00e9glig\u00e9es dans l&rsquo;application du test de Mann-Whitney r\u00e9side dans la formulation pr\u00e9cise de la conclusion inf\u00e9rentielle en fonction de la g\u00e9om\u00e9trie distributionnelle des sous-\u00e9chantillons. Comme explicit\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment, le test \u00e9value au sens strict l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 de la distribution stochastique globale entre les deux groupes.<\/p>\n<p>Deux situations distinctes se pr\u00e9sentent \u00e0 l&rsquo;analyste :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Cas 1 : Les deux distributions ont des formes et des dispersions comparables.<\/strong> Si l&rsquo;inspection graphique (via des histogrammes, des densit\u00e9s de noyau ou des bo\u00eetes \u00e0 moustaches) r\u00e9v\u00e8le que la distribution du Groupe 1 et celle du Groupe 2 poss\u00e8dent la m\u00eame forme g\u00e9n\u00e9rale \u2014 par exemple, une asym\u00e9trie positive d&rsquo;amplitude similaire avec un \u00e9talement des donn\u00e9es comparable \u2014, le test de Mann-Whitney devient un test rigoureux de comparaison des m\u00e9dianes. Tout rejet de l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle autorise l\u00e9gitimement le chercheur \u00e0 affirmer qu&rsquo;il existe une diff\u00e9rence statistiquement significative entre la m\u00e9diane du Groupe 1 et la m\u00e9diane du Groupe 2.<\/li>\n<li><strong>Cas 2 : Les deux distributions pr\u00e9sentent des formes ou des variances h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes.<\/strong> Si l&rsquo;un des groupes pr\u00e9sente une distribution sym\u00e9trique et aplatie tandis que l&rsquo;autre pr\u00e9sente une distribution fortement \u00e9tir\u00e9e vers la droite avec une variance deux fois plus grande, l&rsquo;hypoth\u00e8se de translation pure (<em>location shift<\/em>) est invalid\u00e9e. Dans ce cas de figure, un r\u00e9sultat statistiquement significatif ne permet absolument pas de conclure \u00e0 une diff\u00e9rence de m\u00e9dianes. Deux groupes peuvent avoir exactement la m\u00eame m\u00e9diane num\u00e9rique tout en produisant un r\u00e9sultat hautement significatif au test de Mann-Whitney en raison de l&rsquo;in\u00e9galit\u00e9 de la somme des rangs provoqu\u00e9e par la dissym\u00e9trie des dispersions. L&rsquo;analyste doit alors interpr\u00e9ter le r\u00e9sultat strictement en termes de dominance stochastique ou de d\u00e9calage global des rangs.<\/li>\n<\/ul>\n<p>L&rsquo;\u00e9valuation empirique de la forme des distributions constitue donc un pr\u00e9requis interpr\u00e9tatif absolu qui doit obligatoirement pr\u00e9c\u00e9der l&rsquo;ex\u00e9cution et la communication du test sous Stata.<\/p>\n<h2>4. Pr\u00e9paration de l&rsquo;environnement de travail et importation des donn\u00e9es dans Stata<\/h2>\n<h3>4.1 Chargement et structure du jeu de donn\u00e9es<\/h3>\n<p>La premi\u00e8re phase op\u00e9rationnelle consiste \u00e0 initialiser la session d&rsquo;analyse dans Stata, \u00e0 configurer le r\u00e9pertoire de travail et \u00e0 importer le fichier de donn\u00e9es brutes. Les donn\u00e9es peuvent provenir de formats h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes tels que des fichiers natifs Stata (.dta), des fichiers texte d\u00e9limit\u00e9s (.csv, .txt) ou des classeurs Microsoft Excel (.xlsx).<\/p>\n<p>Pour d\u00e9finir le r\u00e9pertoire de travail au sein duquel r\u00e9sident vos fichiers, utilisez la commande <strong>cd<\/strong> (change directory) dans la fen\u00eatre de commande Stata ou au d\u00e9but de votre script (do-file) :<\/p>\n<p><strong>cd<\/strong> \u00ab\u00a0C:\/Recherche\/Projet_MannWhitney\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Si vos donn\u00e9es sont d\u00e9j\u00e0 au format propri\u00e9taire Stata, le chargement s&rsquo;effectue via la commande <strong>use<\/strong> en ajoutant l&rsquo;option <strong>clear<\/strong> pour r\u00e9initialiser la m\u00e9moire vive du logiciel :<\/p>\n<p><strong>use<\/strong> \u00ab\u00a0donnees_psychometrie.dta\u00a0\u00bb, <strong>clear<\/strong><\/p>\n<figure class=\"wpt-preserved-image\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/french.arabpsychology.com\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/mannWhitneyStata1.png\" alt=\"Mann Whitney U Test in Stata load data\" \/><figcaption>Mann Whitney U Test in Stata load data<\/figcaption><\/figure>\n<p>Pour un fichier d\u00e9limit\u00e9 au format CSV ou une feuille de calcul Excel, les commandes respectives sont :<\/p>\n<p><strong>import delimited<\/strong> \u00ab\u00a0donnees_psychometrie.csv\u00a0\u00bb, <strong>clear<\/strong><\/p>\n<p><strong>import excel<\/strong> \u00ab\u00a0donnees_psychometrie.xlsx\u00a0\u00bb, <strong>sheet<\/strong>(\u00ab\u00a0Feuille1\u00a0\u00bb) <strong>firstrow clear<\/strong><\/p>\n<p>Une fois le jeu de donn\u00e9es charg\u00e9 en m\u00e9moire, il est indispensable de v\u00e9rifier la structure interne des variables. L&rsquo;affichage de la structure g\u00e9n\u00e9rale s&rsquo;obtient au moyen de la commande <strong>describe<\/strong> :<\/p>\n<p><strong>describe<\/strong><\/p>\n<figure class=\"wpt-preserved-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/french.arabpsychology.com\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/mannWhitneyStata2.png\" alt=\"View raw data in Stata\" \/><figcaption>View raw data in Stata<\/figcaption><\/figure>\n<p>Cette commande fournit la liste exhaustive des variables, leur type de stockage machine (byte, int, long, float, double ou string) ainsi que leur format d&rsquo;affichage. Il est imp\u00e9ratif de s&rsquo;assurer que la variable d\u00e9pendante continue ou ordinale et la variable de regroupement sont toutes deux stock\u00e9es sous un format num\u00e9rique (numeric). Si votre variable de groupe a \u00e9t\u00e9 import\u00e9e sous forme de cha\u00eene de caract\u00e8res textuelle (par exemple \u00ab\u00a0Controle\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0Traitement\u00a0\u00bb), Stata refusera d&rsquo;ex\u00e9cuter certaines routines inf\u00e9rentielles sans conversion pr\u00e9alable.<\/p>\n<p>Pour une inspection d\u00e9taill\u00e9e du contenu des variables, de la fr\u00e9quence des valeurs distinctes et du d\u00e9compte des donn\u00e9es manquantes, la commande <strong>codebook<\/strong> constitue l&rsquo;outil diagnostique de r\u00e9f\u00e9rence :<\/p>\n<p><strong>codebook<\/strong> score_anxiete groupe_traitement<\/p>\n<h3>4.2 Recodage et \u00e9tiquetage des variables de groupe<\/h3>\n<p>Dans l&rsquo;hypoth\u00e8se o\u00f9 votre variable de regroupement serait encod\u00e9e sous forme textuelle (type cha\u00eene de caract\u00e8res ou string), il convient de la convertir en une variable num\u00e9rique labellis\u00e9e \u00e0 l&rsquo;aide de la commande <strong>encode<\/strong> :<\/p>\n<p><strong>encode<\/strong> groupe_texte, <strong>generate<\/strong>(groupe)<\/p>\n<p>Si la variable est d\u00e9j\u00e0 num\u00e9rique mais utilise des codes arbitraires (par exemple 10 et 20), ou si elle est d\u00e9pourvue d&rsquo;\u00e9tiquettes explicites, il est vivement recommand\u00e9 d&rsquo;attribuer un \u00e9tiquetage s\u00e9mantique clair pour \u00e9viter toute ambigu\u00eft\u00e9 lors de l&rsquo;interpr\u00e9tation des sorties statistiques. Cela s&rsquo;op\u00e8re via les commandes combin\u00e9es <strong>label define<\/strong> et <strong>label values<\/strong> :<\/p>\n<p><strong>label define<\/strong> lbl_groupe 0 \u00ab\u00a0Groupe T\u00e9moin\u00a0\u00bb 1 \u00ab\u00a0Groupe Trait\u00e9\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong>label values<\/strong> groupe lbl_groupe<\/p>\n<p>La gestion des valeurs manquantes (syst\u00e8me <em>missing values<\/em> repr\u00e9sent\u00e9 par un point \u00ab\u00a0.\u00a0\u00bb dans Stata) exige une vigilance particuli\u00e8re. Par d\u00e9faut, Stata traite les points de donn\u00e9es manquants comme des valeurs positives infiniment grandes dans les \u00e9valuations logiques. Lors de l&rsquo;application de filtres conditionnels avec la clause <strong>if<\/strong>, l&rsquo;omission d&rsquo;une exclusion explicite des valeurs manquantes peut fausser dramatiquement vos analyses.<\/p>\n<p>Pour v\u00e9rifier la fr\u00e9quence exacte des observations valides et manquantes au sein de chaque sous-groupe, ex\u00e9cutez un tableau crois\u00e9 \u00e0 deux variables avec l&rsquo;option <strong>missing<\/strong> :<\/p>\n<p><strong>tabulate<\/strong> groupe, <strong>missing<\/strong><\/p>\n<p>Si vous souhaitez restreindre votre analyse \u00e0 un sous-\u00e9chantillon sp\u00e9cifique en \u00e9liminant explicitement les non-r\u00e9ponses, vous formulerez vos commandes ult\u00e9rieures avec la condition : <strong>if<\/strong> !<strong>missing<\/strong>(score_anxiete) &amp; !<strong>missing<\/strong>(groupe).<\/p>\n<h2>5. Exploration visuelle et descriptive des donn\u00e9es avant le test<\/h2>\n<h3>5.1 Statistiques descriptives par groupe<\/h3>\n<p>Avant d&rsquo;engager la proc\u00e9dure de test d&rsquo;hypoth\u00e8se proprement dite, une exploration descriptive approfondie est obligatoire. Dans le cadre d&rsquo;une analyse non param\u00e9trique, les estimateurs gaussiens traditionnels (moyenne arithm\u00e9tique et \u00e9cart-type) doivent \u00eatre syst\u00e9matiquement compl\u00e9t\u00e9s \u2014 voire supplant\u00e9s \u2014 par des indicateurs de tendance centrale et de dispersion robustes aux distributions asym\u00e9triques : la m\u00e9diane et l&rsquo;\u00e9cart interquartile (IQR, <em>Interquartile Range<\/em>), d\u00e9fini par la diff\u00e9rence entre le troisi\u00e8me quartile (75e percentile) et le premier quartile (25e percentile).<\/p>\n<p>Sous Stata, la commande <strong>tabstat<\/strong> offre une flexibilit\u00e9 totale pour g\u00e9n\u00e9rer un tableau synth\u00e9tique personnalis\u00e9 de statistiques descriptives conditionnellement \u00e0 la variable de groupe. Ex\u00e9cutez la syntaxe suivante :<\/p>\n<p><strong>tabstat<\/strong> score_anxiete, <strong>by<\/strong>(groupe) <strong>statistics<\/strong>(n mean sd median p25 p75 iqr min max) <strong>columns<\/strong>(statistics)<\/p>\n<p>Cette commande g\u00e9n\u00e8re un tableau \u00e9l\u00e9gant affichant pour chaque modalit\u00e9 du groupe :<\/p>\n<ul>\n<li>Le nombre d&rsquo;observations valides (n).<\/li>\n<li>La moyenne arithm\u00e9tique (mean) et l&rsquo;\u00e9cart-type (sd) \u00e0 titre comparatif.<\/li>\n<li>La m\u00e9diane (median), repr\u00e9sentant le 50e percentile.<\/li>\n<li>Le premier quartile (p25) et le troisi\u00e8me quartile (p75).<\/li>\n<li>L&rsquo;\u00e9cart interquartile (iqr = p75 &#8211; p25), mesurant la dispersion des 50 % d&rsquo;observations centrales.<\/li>\n<li>Les valeurs minimale (min) et maximale (max), permettant d&rsquo;identifier d&rsquo;\u00e9ventuelles aberrations de saisie.<\/li>\n<\/ul>\n<p>L&rsquo;observation d&rsquo;un \u00e9cart substantiel entre la moyenne et la m\u00e9diane au sein d&rsquo;un m\u00eame groupe (par exemple, une moyenne de 48,2 pour une m\u00e9diane de 36,0) fournit un premier signal quantitatif indiscutable d&rsquo;asym\u00e9trie distributionnelle positive, sugg\u00e9rant d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 que les tests param\u00e9triques traditionnels risquent de pr\u00e9senter des distorsions.<\/p>\n<h3>5.2 Visualisations graphiques comparatives<\/h3>\n<p>L&rsquo;inspection visuelle des distributions constitue l&rsquo;\u00e9tape fondamentale pour \u00e9valuer la plausibilit\u00e9 de l&rsquo;hypoth\u00e8se de similarit\u00e9 de forme entre les deux populations. Stata propose une suite graphique performante pour r\u00e9aliser ces diagnostics.<\/p>\n<p>Le premier outil graphique indispensable est le diagramme en bo\u00eete \u00e0 moustaches superpos\u00e9 (box plot), g\u00e9n\u00e9r\u00e9 au moyen de la commande <strong>graph box<\/strong> :<\/p>\n<p><strong>graph box<\/strong> score_anxiete, <strong>over<\/strong>(groupe) <strong>title<\/strong>(\u00ab\u00a0Distribution des scores d&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 par groupe\u00a0\u00bb) <strong>ytitle<\/strong>(\u00ab\u00a0Score d&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9\u00a0\u00bb)<\/p>\n<p>Ce graphique permet d&rsquo;appr\u00e9hender instantan\u00e9ment la m\u00e9diane (trait horizontal central dans la bo\u00eete), la bo\u00eete interquartile (d\u00e9limit\u00e9e par p25 et p75), l&rsquo;\u00e9tendue des moustaches (repr\u00e9sentant 1,5 fois l&rsquo;IQR \u00e0 partir des charni\u00e8res) ainsi que les points individuels situ\u00e9s au-del\u00e0 des moustaches, qui signalent des observations atypiques ou extr\u00eames.<\/p>\n<p>Pour examiner la densit\u00e9 de distribution avec une r\u00e9solution plus fine, l&rsquo;histogramme bivari\u00e9 conditionnel s&rsquo;av\u00e8re particuli\u00e8rement instructif :<\/p>\n<p><strong>histogram<\/strong> score_anxiete, <strong>by<\/strong>(groupe, <strong>total<\/strong>) <strong>fraction<\/strong> <strong>normal<\/strong><\/p>\n<p>L&rsquo;option <strong>normal<\/strong> superpose la courbe th\u00e9orique de la loi normale correspondant aux param\u00e8tres empiriques de chaque sous-groupe, facilitant la d\u00e9tection visuelle des zones de sur-densit\u00e9, des creux bimodaux et des queues de distribution \u00e9tir\u00e9es.<\/p>\n<p>Enfin, pour une comparaison g\u00e9om\u00e9trique d&rsquo;une pr\u00e9cision sup\u00e9rieure, l&rsquo;estimation non param\u00e9trique de la densit\u00e9 par la m\u00e9thode du noyau (kernel density estimation) permet de superposer les fonctions de densit\u00e9 des deux groupes sur un graphique unique :<\/p>\n<p><strong>twoway<\/strong> (<strong>kdensity<\/strong> score_anxiete <strong>if<\/strong> groupe == 0, <strong>lcolor<\/strong>(navy) <strong>lwidth<\/strong>(medthick) <strong>legend<\/strong>(label(1 \u00ab\u00a0Groupe T\u00e9moin\u00a0\u00bb))) \/\/\/<br \/>\n       (<strong>kdensity<\/strong> score_anxiete <strong>if<\/strong> groupe == 1, <strong>lcolor<\/strong>(maroon) <strong>lwidth<\/strong>(medthick) <strong>legend<\/strong>(label(2 \u00ab\u00a0Groupe Trait\u00e9\u00a0\u00bb))), \/\/\/<br \/>\n       <strong>title<\/strong>(\u00ab\u00a0Densit\u00e9 de noyau compar\u00e9e\u00a0\u00bb) <strong>xtitle<\/strong>(\u00ab\u00a0Score d&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9\u00a0\u00bb) <strong>ytitle<\/strong>(\u00ab\u00a0Densit\u00e9\u00a0\u00bb)<\/p>\n<p>Si les deux courbes de densit\u00e9 pr\u00e9sentent une forme d&rsquo;allure semblable (par exemple, deux cloches d\u00e9cal\u00e9es horizontalement avec une largeur similaire), la condition de forme identique est v\u00e9rifi\u00e9e, autorisant une conclusion directe sur la comparaison des m\u00e9dianes.<\/p>\n<h2>6. V\u00e9rification de la non-normalit\u00e9 dans Stata<\/h2>\n<h3>6.1 Tests formels de normalit\u00e9<\/h3>\n<p>Bien que l&rsquo;examen graphique apporte une premi\u00e8re intuition robuste, la d\u00e9monstration formelle de la violation de l&rsquo;hypoth\u00e8se de normalit\u00e9 dans un cadre acad\u00e9mique s&rsquo;appuie classiquement sur des tests d&rsquo;hypoth\u00e8se d&rsquo;ad\u00e9quation distributionnelle (goodness-of-fit tests). Il est imp\u00e9ratif d&rsquo;ex\u00e9cuter ces tests s\u00e9par\u00e9ment au sein de chaque groupe exp\u00e9rimental, et non sur l&rsquo;\u00e9chantillon agr\u00e9g\u00e9, car la juxtaposition de deux populations normales ayant des moyennes diff\u00e9rentes produit artificiellement une distribution globale bimodale et non normale.<\/p>\n<p>Le test de r\u00e9f\u00e9rence le plus puissant pour \u00e9valuer la normalit\u00e9 univari\u00e9e est le test de Shapiro-Wilk. Dans Stata, il s&rsquo;ex\u00e9cute via la commande <strong>swilk<\/strong> conditionn\u00e9e par groupe :<\/p>\n<p><strong>by<\/strong> groupe, <strong>sort<\/strong> : <strong>swilk<\/strong> score_anxiete<\/p>\n<p>Sous l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle du test de Shapiro-Wilk (H<sub>0<\/sub>), la variable est issue d&rsquo;une population normalement distribu\u00e9e. Une statistique W significativement inf\u00e9rieure \u00e0 1 associ\u00e9e \u00e0 une valeur de p inf\u00e9rieure au seuil critique conventionnel (p &lt; 0,05) conduit au rejet cat\u00e9gorique de l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle de normalit\u00e9 pour le groupe concern\u00e9.<\/p>\n<p>Un autre test formel tr\u00e8s r\u00e9pandu est le test de normalit\u00e9 bas\u00e9 sur les coefficients d&rsquo;asym\u00e9trie (skewness) et d&rsquo;aplatissement (kurtosis) de D&rsquo;Agostino, Pearson et Royston, accessible via la commande <strong>sktest<\/strong> :<\/p>\n<p><strong>by<\/strong> groupe, <strong>sort<\/strong> : <strong>sktest<\/strong> score_anxiete<\/p>\n<p>Cette proc\u00e9dure d\u00e9compose l&rsquo;\u00e9cart \u00e0 la normalit\u00e9 en fournissant une p-value sp\u00e9cifique pour le coefficient d&rsquo;asym\u00e9trie (Pr(Skewness)), une p-value pour l&rsquo;aplatissement (Pr(Kurtosis)), ainsi qu&rsquo;un test omnibus du Chi-deux combinant simultan\u00e9ment les deux dimensions. Si l&rsquo;un des sous-groupes pr\u00e9sente une p-value omnibus inf\u00e9rieure \u00e0 0,05, l&rsquo;hypoth\u00e8se de normalit\u00e9 gaussienne est formellement r\u00e9fut\u00e9e, ce qui justifie m\u00e9thodologiquement le recours exclusif au test non param\u00e9trique de Mann-Whitney.<\/p>\n<h3>6.2 Diagnostics graphiques de normalit\u00e9<\/h3>\n<p>Les tests formels d&rsquo;ad\u00e9quation tels que Shapiro-Wilk pr\u00e9sentent une sensibilit\u00e9 d\u00e9pendante de la taille de l&rsquo;\u00e9chantillon : avec de tr\u00e8s grands effectifs (n &gt; 500), ils ont tendance \u00e0 rejeter l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle pour des d\u00e9viations infimes et sans cons\u00e9quence pratique ; inversement, pour de petits \u00e9chantillons (n &lt; 30), ils manquent cruellement de puissance statistique et \u00e9chouent fr\u00e9quemment \u00e0 rejeter la normalit\u00e9 alors m\u00eame que les donn\u00e9es sont fortement non gaussiennes. D\u00e8s lors, l&rsquo;analyse des diagrammes quantile-quantile (Q-Q plots) demeure le compl\u00e9ment diagnostique indispensable.<\/p>\n<p>Dans Stata, le trac\u00e9 des diagrammes quantile-quantile contre les quantiles th\u00e9oriques de la loi normale standardis\u00e9e s&rsquo;effectue au moyen de la commande <strong>qnorm<\/strong> :<\/p>\n<p><strong>qnorm<\/strong> score_anxiete <strong>if<\/strong> groupe == 0, <strong>title<\/strong>(\u00ab\u00a0Diagramme Q-Q &#8211; Groupe T\u00e9moin\u00a0\u00bb)<\/p>\n<p><strong>qnorm<\/strong> score_anxiete <strong>if<\/strong> groupe == 1, <strong>title<\/strong>(\u00ab\u00a0Diagramme Q-Q &#8211; Groupe Trait\u00e9\u00a0\u00bb)<\/p>\n<p>L&rsquo;interpr\u00e9tation du diagramme Q-Q repose sur l&rsquo;alignement des points empiriques par rapport \u00e0 la droite de r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 45 degr\u00e9s :<\/p>\n<ul>\n<li>Si les observations empiriques proviennent d&rsquo;une distribution normale, les points se superposent \u00e9troitement le long de la diagonale continue.<\/li>\n<li>Une configuration en forme de \u00ab\u00a0S\u00a0\u00bb indique une distribution \u00e0 queues lourdes (leptokurtique) ou \u00e0 queues l\u00e9g\u00e8res (platykurtique).<\/li>\n<li>Une courbure concave ou convexe syst\u00e9matique indique une asym\u00e9trie marqu\u00e9e (positive ou n\u00e9gative), les quantiles empiriques s&rsquo;\u00e9loignant drastiquement de la droite th\u00e9orique aux extr\u00e9mit\u00e9s sup\u00e9rieures ou inf\u00e9rieures.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Lorsque les points divergent nettement de la droite de r\u00e9f\u00e9rence aux deux extr\u00e9mit\u00e9s de l&rsquo;\u00e9chelle dans au moins l&rsquo;un des groupes, le recours au test U de Mann-Whitney s&rsquo;impose comme un imp\u00e9ratif m\u00e9thodologique incontournable.<\/p>\n<h2>7. Ex\u00e9cution de la commande ranksum dans Stata : Syntaxe et options<\/h2>\n<h3>7.1 Syntaxe de base de la commande ranksum<\/h3>\n<p>Sous Stata, le test U de Mann-Whitney \/ somme des rangs de Wilcoxon pour deux \u00e9chantillons ind\u00e9pendants est impl\u00e9ment\u00e9 nativement au moyen de la commande <strong>ranksum<\/strong>. La syntaxe canonique g\u00e9n\u00e9rale s&rsquo;\u00e9tablit selon le formalisme suivant :<\/p>\n<p><strong>ranksum<\/strong> <em>nom_variable_dependante<\/em>, <strong>by<\/strong>(<em>nom_variable_groupe<\/em>)<\/p>\n<p>Dans cette structure syntaxique :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>nom_variable_dependante<\/strong> repr\u00e9sente la variable continue ou ordinale soumise au test de comparaison.<\/li>\n<li>L&rsquo;option <strong>by(nom_variable_groupe)<\/strong> est obligatoire et sp\u00e9cifie la variable cat\u00e9gorielle d\u00e9finissant l&rsquo;appartenance aux deux groupes d&rsquo;\u00e9chantillonnage.<\/li>\n<\/ul>\n<figure class=\"wpt-preserved-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/french.arabpsychology.com\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/mannWhitneyStata3.png\" alt=\"Mann Whitney U test in Stata\" \/><figcaption>Mann Whitney U test in Stata<\/figcaption><\/figure>\n<p>Il est imp\u00e9ratif de noter que la variable sp\u00e9cifi\u00e9e au sein de l&rsquo;option <strong>by()<\/strong> doit obligatoirement comporter exactement deux valeurs distinctes au sein de l&rsquo;\u00e9chantillon filtr\u00e9. Si la variable de groupement contient trois modalit\u00e9s ou plus (par exemple : Groupe 1, Groupe 2 et Groupe 3), Stata interrompra l&rsquo;ex\u00e9cution et retournera le message d&rsquo;erreur standard : <em>\u00ab\u00a0by() must specify on variable that takes on two values\u00a0\u00bb<\/em> (r(450)).<\/p>\n<p>Pour ex\u00e9cuter le test sur notre variable d&rsquo;exemple dans une configuration standard, l&rsquo;instruction tap\u00e9e dans l&rsquo;interpr\u00e9teur de commande sera simplement :<\/p>\n<p><strong>ranksum<\/strong> score_anxiete, <strong>by<\/strong>(groupe)<\/p>\n<h3>7.2 Options avanc\u00e9es et sous-groupes<\/h3>\n<p>La commande <strong>ranksum<\/strong> prend en charge l&rsquo;ensemble des clauses de restriction conditionnelle standard du langage Stata, offrant une grande souplesse pour conduire des analyses stratifi\u00e9es ou segment\u00e9es.<\/p>\n<p>Si votre base de donn\u00e9es comprend une variable cat\u00e9gorielle \u00e0 trois modalit\u00e9s (par exemple, niveau de dosage m\u00e9dicamenteux cod\u00e9 1 = Faible, 2 = Mod\u00e9r\u00e9, 3 = \u00c9lev\u00e9) et que vous souhaitez comparer uniquement le groupe 1 au groupe 3, il convient d&rsquo;adjoindre une clause conditionnelle <strong>if<\/strong> pour restreindre l&rsquo;\u00e9chantillon actif :<\/p>\n<p><strong>ranksum<\/strong> score_anxiete <strong>if<\/strong> dosage == 1 | dosage == 3, <strong>by<\/strong>(dosage)<\/p>\n<p>De m\u00eame, si l&rsquo;on souhaite r\u00e9aliser une analyse de sous-groupe stratifi\u00e9e selon le sexe biologique des participants (variable sexe cod\u00e9e 1 pour Femmes et 2 pour Hommes), on utilisera le pr\u00e9fixe <strong>by<\/strong> ou une clause conditionnelle :<\/p>\n<p><strong>ranksum<\/strong> score_anxiete <strong>if<\/strong> sexe == 1, <strong>by<\/strong>(groupe)<\/p>\n<p><strong>ranksum<\/strong> score_anxiete <strong>if<\/strong> sexe == 2, <strong>by<\/strong>(groupe)<\/p>\n<p>Stata stocke automatiquement les r\u00e9sultats scalaires du test dans la m\u00e9moire temporaire des matrices de retour r-class. Vous pouvez inspecter les grandeurs conserv\u00e9es en m\u00e9moire vive imm\u00e9diatement apr\u00e8s l&rsquo;ex\u00e9cution via la commande <strong>return list<\/strong> :<\/p>\n<p><strong>return list<\/strong><\/p>\n<p>Les \u00e9l\u00e9ments scalaires enregistr\u00e9s incluent notamment :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>r(N_1)<\/strong> : L&rsquo;effectif d&rsquo;\u00e9chantillon du premier groupe (n<sub>1<\/sub>).<\/li>\n<li><strong>r(N_2)<\/strong> : L&rsquo;effectif d&rsquo;\u00e9chantillon du second groupe (n<sub>2<\/sub>).<\/li>\n<li><strong>r(sum_obs)<\/strong> : La somme des rangs observ\u00e9e pour le premier groupe (W<sub>1<\/sub>).<\/li>\n<li><strong>r(sum_exp)<\/strong> : La somme des rangs th\u00e9orique attendue sous H<sub>0<\/sub> pour le premier groupe (E(W<sub>1<\/sub>)).<\/li>\n<li><strong>r(Var_a)<\/strong> : La variance de la somme des rangs corrig\u00e9e pour les ex \u00e6quo (Var<sub>corrig\u00e9e<\/sub>(W<sub>1<\/sub>)).<\/li>\n<li><strong>r(z)<\/strong> : Le score Z standardis\u00e9 calcul\u00e9 par le logiciel.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Cette structure de retour est indispensable pour la programmation automatis\u00e9e de boucles, le calcul de la taille d&rsquo;effet ou l&rsquo;exportation des r\u00e9sultats vers des tableaux externes.<\/p>\n<h3>7.3 Alternative avec la commande kwallis<\/h3>\n<p>Il existe une correspondance math\u00e9matique directe entre le test U de Mann-Whitney et le test non param\u00e9trique \u00e0 un facteur de Kruskal-Wallis. En r\u00e9alit\u00e9, le test de Kruskal-Wallis repr\u00e9sente la g\u00e9n\u00e9ralisation math\u00e9matique exacte du test de la somme des rangs de Wilcoxon \u00e0 k &ge; 2 groupes ind\u00e9pendants.<\/p>\n<p>Lorsque la commande <strong>kwallis<\/strong> est ex\u00e9cut\u00e9e sur une variable de groupement binaire comprenant strictement deux modalit\u00e9s, la statistique du Chi-deux (H) calcul\u00e9e par Kruskal-Wallis est rigoureusement \u00e9gale au carr\u00e9 de la statistique standardis\u00e9e Z de Mann-Whitney :<\/p>\n<p>H = Z<sup>2<\/sup><\/p>\n<p>Vous pouvez v\u00e9rifier empiriquement cette identit\u00e9 formelle sous Stata en ex\u00e9cutant cons\u00e9cutivement :<\/p>\n<p><strong>ranksum<\/strong> score_anxiete, <strong>by<\/strong>(groupe)<\/p>\n<p><strong>kwallis<\/strong> score_anxiete, <strong>by<\/strong>(groupe)<\/p>\n<p>L&rsquo;ex\u00e9cution de <strong>kwallis<\/strong> g\u00e9n\u00e8re une sortie statistique affichant la statistique H du Chi-deux \u00e0 1 degr\u00e9 de libert\u00e9 (k &#8211; 1 = 2 &#8211; 1 = 1) ainsi que la valeur de p associ\u00e9e, qui sera rigoureusement identique \u00e0 la p-value bilat\u00e9rale fournie par <strong>ranksum<\/strong>. Bien que <strong>ranksum<\/strong> demeure la commande d\u00e9di\u00e9e par excellence pour l&rsquo;analyse bivari\u00e9e standard en raison de l&rsquo;affichage explicite du score Z orient\u00e9, la commande <strong>kwallis<\/strong> s&rsquo;av\u00e8re incontournable d\u00e8s que le protocole exp\u00e9rimental implique la comparaison simultan\u00e9e de trois groupes ou davantage.<\/p>\n<h2>8. Interpr\u00e9tation d\u00e9taill\u00e9e des sorties statistiques de Stata<\/h2>\n<h3>8.1 D\u00e9composition du tableau de r\u00e9sultats Stata<\/h3>\n<p>Lors de l&rsquo;ex\u00e9cution de la commande <strong>ranksum score_anxiete, by(groupe)<\/strong>, Stata g\u00e9n\u00e8re un tableau synth\u00e9tique contenant l&rsquo;ensemble des \u00e9l\u00e9ments computationnels n\u00e9cessaires \u00e0 l&rsquo;inf\u00e9rence statistique. Voici la structure typique d&rsquo;une sortie standard :<\/p>\n<figure class=\"wpt-preserved-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/french.arabpsychology.com\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/mannWhitneyStata4.png\" alt=\"Interpreting results of Mann-Whitney U test in Stata\" \/><figcaption>Interpreting results of Mann-Whitney U test in Stata<\/figcaption><\/figure>\n<p>Le tableau se d\u00e9compose en plusieurs colonnes analytiques fondamentales :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>groupe (variable de groupe)<\/strong> : Identifie les modalit\u00e9s des deux populations compar\u00e9es selon leurs \u00e9tiquettes de valeurs.<\/li>\n<li><strong>obs (observations)<\/strong> : Affiche le nombre exact d&rsquo;observations valides prises en compte dans chaque sous-groupe (n<sub>1<\/sub> et n<sub>2<\/sub>).<\/li>\n<li><strong>rank sum (somme des rangs observ\u00e9e)<\/strong> : Indique la somme empirique des rangs attribu\u00e9s aux observations de chaque groupe respectif (W<sub>1<\/sub> et W<sub>2<\/sub>).<\/li>\n<li><strong>expected (somme des rangs attendue)<\/strong> : Repr\u00e9sente la valeur th\u00e9orique que prendrait la somme des rangs sous l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle d&rsquo;\u00e9galit\u00e9 stochastique parfaite, calcul\u00e9e via la formule E(W<sub>i<\/sub>) = [n<sub>i<\/sub> * (N + 1)] \/ 2.<\/li>\n<\/ul>\n<p>En observant la diff\u00e9rence entre la somme observ\u00e9e (<em>rank sum<\/em>) et la somme attendue (<em>expected<\/em>), l&rsquo;analyste peut imm\u00e9diatement identifier la direction de l&rsquo;effet. Si la somme observ\u00e9e du Groupe Trait\u00e9 est substantiellement inf\u00e9rieure \u00e0 sa valeur attendue, cela d\u00e9montre que les sujets de ce groupe ont syst\u00e9matiquement re\u00e7u des rangs inf\u00e9rieurs \u00e0 ceux du Groupe T\u00e9moin, indiquant une r\u00e9duction globale des scores mesur\u00e9s.<\/p>\n<h3>8.2 Statistique Z et seuil de signification<\/h3>\n<p>Sous le tableau principal des sommes de rangs, Stata affiche les r\u00e9sultats du test d&rsquo;hypoth\u00e8se asymptotique :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>variance of rank sum (variance de la somme des rangs)<\/strong> : Affiche la variance th\u00e9orique non ajust\u00e9e Var(W<sub>1<\/sub>).<\/li>\n<li><strong>adjustment for ties (ajustement pour ex \u00e6quo)<\/strong> : Affiche le terme soustractif exact calcul\u00e9 \u00e0 partir du nombre de groupes d&rsquo;observations \u00e0 \u00e9galit\u00e9 pour corriger la variance.<\/li>\n<li><strong>adjusted variance (variance ajust\u00e9e)<\/strong> : Repr\u00e9sente la variance finale corrig\u00e9e utilis\u00e9e au d\u00e9nominateur du score Z.<\/li>\n<li><strong>z = &#8230;<\/strong> : Affiche le score Z standardis\u00e9 r\u00e9sultant du ratio (W<sub>1<\/sub> &#8211; E(W<sub>1<\/sub>)) \/ sqrt(Var<sub>ajust\u00e9e<\/sub>(W<sub>1<\/sub>)).<\/li>\n<li><strong>Pr &gt; |z| = &#8230;<\/strong> : Indique la probabilit\u00e9 critique bilat\u00e9rale (two-tailed p-value).<\/li>\n<\/ul>\n<p>La prise de d\u00e9cision statistique s&rsquo;effectue en confrontant la valeur de <strong>Pr &gt; |z|<\/strong> au seuil de significativit\u00e9 nominal alpha (fix\u00e9 conventionnellement \u00e0 0,05, 0,01 ou 0,001 en fonction des exigences du protocole de recherche) :<\/p>\n<ul>\n<li>Si <strong>Pr &gt; |z| &lt; 0,05<\/strong> : L&rsquo;hypoth\u00e8se nulle d&rsquo;\u00e9galit\u00e9 stochastique est formellement rejet\u00e9e au seuil de confiance de 95 %. On conclut \u00e0 l&rsquo;existence d&rsquo;une diff\u00e9rence statistiquement significative entre les deux groupes.<\/li>\n<li>Si <strong>Pr &gt; |z| &ge; 0,05<\/strong> : On \u00e9choue \u00e0 rejeter l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle. Les donn\u00e9es disponibles ne permettent pas de mettre en \u00e9vidence une divergence statistiquement significative entre les deux populations au seuil choisi.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>8.3 Impact des ex \u00e6quo sur la p-value<\/h3>\n<p>Dans les donn\u00e9es empiriques r\u00e9elles, et plus particuli\u00e8rement lors de l&rsquo;utilisation d&rsquo;instruments psychom\u00e9triques ou de questionnaires d&rsquo;\u00e9valuation comportementale bas\u00e9s sur des \u00e9chelles discr\u00e8tes finies (\u00e9chelles de Likert en 5 ou 7 points), la pr\u00e9sence de valeurs identiques partag\u00e9es par de multiples r\u00e9pondants est pratiquement in\u00e9vitable.<\/p>\n<p>Lorsqu&rsquo;un grand nombre d&rsquo;ex \u00e6quo est pr\u00e9sent, la variance de la statistique de rang est m\u00e9caniquement r\u00e9duite. Si l&rsquo;ajustement n&rsquo;\u00e9tait pas appliqu\u00e9, le d\u00e9nominateur du score Z serait artificiellement trop \u00e9lev\u00e9, ce qui produirait une statistique Z sous-\u00e9valu\u00e9e et une p-value surestim\u00e9e, risquant d&rsquo;aboutir \u00e0 une conclusion faussement non significative (erreur de type II). En int\u00e9grant automatiquement le facteur d&rsquo;ajustement pour liens dans le calcul de la ligne <em>adjusted variance<\/em>, Stata garantit un contr\u00f4le optimal de la puissance statistique et assure une inf\u00e9rence rigoureuse m\u00eame face \u00e0 des saturations importantes de donn\u00e9es discr\u00e8tes.<\/p>\n<h2>9. Calcul et interpr\u00e9tation de la taille d&rsquo;effet (Effect Size)<\/h2>\n<h3>9.1 Calcul du coefficient r de Rosenthal<\/h3>\n<p>Dans la recherche contemporaine, la simple d\u00e9claration d&rsquo;une valeur de p statistiquement significative ne suffit plus pour caract\u00e9riser un r\u00e9sultat empirique. La valeur de p d\u00e9pend intrins\u00e8quement de la taille de l&rsquo;\u00e9chantillon : un effet trivial sur le plan pratique peut devenir hautement significatif (p &lt; 0,001) sur un tr\u00e8s grand \u00e9chantillon, tandis qu&rsquo;un effet d&rsquo;une ampleur clinique majeure peut ne pas atteindre le seuil de 0,05 sur un \u00e9chantillon tr\u00e8s restreint. La communication de la taille d&rsquo;effet (magnitude de l&rsquo;effet observ\u00e9e) est devenue un pr\u00e9requis m\u00e9thodologique strict impos\u00e9 par les comit\u00e9s \u00e9ditoriaux internationaux et les normes APA.<\/p>\n<p>Pour le test U de Mann-Whitney, la mesure standardis\u00e9e de taille d&rsquo;effet la plus couramment adopt\u00e9e est le coefficient de corr\u00e9lation de rang r de Rosenthal (souvent assimil\u00e9 au coefficient r de Pearson appliqu\u00e9 aux rangs). Sa formule math\u00e9matique est d\u00e9finie par le rapport entre la valeur absolue du score standardis\u00e9 Z et la racine carr\u00e9e de l&rsquo;effectif total combin\u00e9 de l&rsquo;\u00e9chantillon N :<\/p>\n<p>r = |Z| \/ sqrt(N)<\/p>\n<p>o\u00f9 N = n<sub>1<\/sub> + n<sub>2<\/sub>.<\/p>\n<p>Pour calculer ce coefficient sous Stata imm\u00e9diatement apr\u00e8s l&rsquo;ex\u00e9cution de la commande <strong>ranksum<\/strong>, on exploite les scalaires stock\u00e9s dans la structure <strong>r()<\/strong> via la commande <strong>display<\/strong> :<\/p>\n<p><strong>display<\/strong> \u00ab\u00a0Taille d&rsquo;effet r de Rosenthal = \u00a0\u00bb abs(r(z)) \/ sqrt(r(N_1) + r(N_2))<\/p>\n<p>L&rsquo;interpr\u00e9tation de l&rsquo;amplitude du coefficient r s&rsquo;effectue g\u00e9n\u00e9ralement selon les seuils conventionnels \u00e9tablis par Jacob Cohen :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>|r| \u2248 0,10<\/strong> : Effet de faible magnitude (small effect).<\/li>\n<li><strong>|r| \u2248 0,30<\/strong> : Effet de magnitude moyenne (medium effect).<\/li>\n<li><strong>|r| &ge; 0,50<\/strong> : Effet de forte magnitude (large effect).<\/li>\n<\/ul>\n<h3>9.2 Probabilit\u00e9 de sup\u00e9riorit\u00e9 (Common Language Effect Size)<\/h3>\n<p>Bien que le coefficient r de Rosenthal soit largement reconnu dans les m\u00e9ta-analyses, il pr\u00e9sente un caract\u00e8re relativement abstrait pour les cliniciens et les d\u00e9cideurs. Une m\u00e9trique alternative particuli\u00e8rement intuitive et \u00e9l\u00e9gante est la probabilit\u00e9 de sup\u00e9riorit\u00e9, \u00e9galement d\u00e9sign\u00e9e sous les termes de <em>Common Language Effect Size<\/em> (CLES), statistique A de Vargha-Delaney, ou indice de concordance non param\u00e9trique.<\/p>\n<p>La probabilit\u00e9 de sup\u00e9riorit\u00e9 (not\u00e9e PS ou A) repr\u00e9sente la probabilit\u00e9 statistique qu&rsquo;une observation choisie al\u00e9atoirement au sein du Groupe 1 obtienne un score sup\u00e9rieur \u00e0 une observation choisie al\u00e9atoirement au sein du Groupe 2, avec un ajustement pour les ex \u00e6quo :<\/p>\n<p>PS = U<sub>1<\/sub> \/ (n<sub>1<\/sub> * n<sub>2<\/sub>)<\/p>\n<p>Si l&rsquo;on dispose de la somme des rangs W<sub>1<\/sub>, la statistique U<sub>1<\/sub> se d\u00e9duit par U<sub>1<\/sub> = W<sub>1<\/sub> &#8211; [n<sub>1<\/sub>(n<sub>1<\/sub> + 1) \/ 2]. D\u00e8s lors, la probabilit\u00e9 de sup\u00e9riorit\u00e9 se calcule sous Stata par l&rsquo;instruction :<\/p>\n<p><strong>scalar<\/strong> u1 = r(sum_obs) &#8211; (r(N_1) * (r(N_1) + 1) \/ 2)<\/p>\n<p><strong>scalar<\/strong> cles = u1 \/ (r(N_1) * r(N_2))<\/p>\n<p><strong>display<\/strong> \u00ab\u00a0Statistique U1 = \u00a0\u00bb u1<\/p>\n<p><strong>display<\/strong> \u00ab\u00a0Probabilite de superiorite (CLES) = \u00a0\u00bb cles<\/p>\n<p>L&rsquo;interpr\u00e9tation de cette m\u00e9trique est imm\u00e9diate :<\/p>\n<ul>\n<li>Une valeur de PS = 0,50 correspond rigoureusement \u00e0 l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle : il y a exactement une chance sur deux qu&rsquo;un participant du premier groupe d\u00e9passe un participant du second groupe (absence totale d&rsquo;effet de groupe).<\/li>\n<li>Une valeur de PS = 0,72 signifie qu&rsquo;il existe 72 % de chances qu&rsquo;un individu extrait au hasard du Groupe 1 pr\u00e9sente un score sup\u00e9rieur \u00e0 un individu extrait au hasard du Groupe 2.<\/li>\n<li>Une valeur de PS = 0,28 traduit une sup\u00e9riorit\u00e9 syst\u00e9matique inverse en faveur du second groupe.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>9.3 Automatisation via scripts et packages Stata<\/h3>\n<p>Afin de fluidifier le protocole d&rsquo;analyse et d&rsquo;\u00e9viter les calculs manuels r\u00e9p\u00e9titifs, il est possible d&rsquo;\u00e9crire un court programme automatis\u00e9 sous la forme d&rsquo;un script do-file ou d&rsquo;une commande personnalis\u00e9e sous Stata. Voici un script structur\u00e9 complet permettant de calculer automatiquement le test de Mann-Whitney, la statistique U, le coefficient r de Rosenthal et la probabilit\u00e9 de sup\u00e9riorit\u00e9 avec affichage format\u00e9 :<\/p>\n<p><strong>capture program drop<\/strong> mannwhitney_es<\/p>\n<p><strong>program define<\/strong> mannwhitney_es, <strong>rclass<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>syntax<\/strong> varname(numeric), <strong>by<\/strong>(varname)<\/p>\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>quietly ranksum<\/strong> `varlist&rsquo;, <strong>by<\/strong>(`by&rsquo;)<\/p>\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>local<\/strong> n1 = r(N_1)<\/p>\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>local<\/strong> n2 = r(N_2)<\/p>\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>local<\/strong> n_tot = `n1&prime; + `n2&prime;<\/p>\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>local<\/strong> w1 = r(sum_obs)<\/p>\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>local<\/strong> z_val = r(z)<\/p>\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>local<\/strong> p_val = 2 * (1 &#8211; <strong>normal<\/strong>(abs(`z_val&rsquo;)))<\/p>\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>local<\/strong> u1 = `w1&prime; &#8211; (`n1&prime; * (`n1&prime; + 1) \/ 2)<\/p>\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>local<\/strong> u2 = (`n1&prime; * `n2&prime;) &#8211; `u1&prime;<\/p>\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>local<\/strong> u_min = min(`u1&prime;, `u2&prime;)<\/p>\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>local<\/strong> r_rosenthal = abs(`z_val&rsquo;) \/ sqrt(`n_tot&rsquo;)<\/p>\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>local<\/strong> cles_val = `u1&prime; \/ (`n1&prime; * `n2&prime;)<\/p>\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>display<\/strong> as text _newline \u00ab\u00a0==================================================\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>display<\/strong> as text \u00ab\u00a0R\u00c9SULTATS DU TEST U DE MANN-WHITNEY ET TAILLES D&rsquo;EFFET\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>display<\/strong> as text \u00ab\u00a0==================================================\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>display<\/strong> as text \u00ab\u00a0Effectifs : Groupe 1 (n1) = \u00a0\u00bb as result `n1&prime; as text \u00a0\u00bb | Groupe 2 (n2) = \u00a0\u00bb as result `n2&prime;<\/p>\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>display<\/strong> as text \u00ab\u00a0Somme des rangs W1       = \u00a0\u00bb as result %9.2f `w1&prime;<\/p>\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>display<\/strong> as text \u00ab\u00a0Statistique U de Mann-Whitney = \u00a0\u00bb as result %9.2f `u_min&rsquo;<\/p>\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>display<\/strong> as text \u00ab\u00a0Score standardise Z      = \u00a0\u00bb as result %9.4f `z_val&rsquo;<\/p>\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>display<\/strong> as text \u00ab\u00a0p-value asymptotique     = \u00a0\u00bb as result %9.5f `p_val&rsquo;<\/p>\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>display<\/strong> as text \u00ab\u00a0Taille d&rsquo;effet r (Rosenthal) = \u00a0\u00bb as result %9.4f `r_rosenthal&rsquo;<\/p>\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>display<\/strong> as text \u00ab\u00a0Probabilite de superiorite (PS) = \u00a0\u00bb as result %9.4f `cles_val&rsquo;<\/p>\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>display<\/strong> as text \u00ab\u00a0==================================================\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong>end<\/strong><\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir ex\u00e9cut\u00e9 cette d\u00e9finition de programme dans votre session Stata, il vous suffit de lancer la commande simplifi\u00e9e :<\/p>\n<p><strong>mannwhitney_es<\/strong> score_anxiete, <strong>by<\/strong>(groupe)<\/p>\n<p>Pour aller plus loin, des packages communautaires d\u00e9velopp\u00e9s sur le <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/ideas.repec.org\/s\/boc\/bocode.html\">Boston College Statistical Software Components (SSC)<\/a>, tels que <strong>effectsize<\/strong> ou des routines de r\u00e9\u00e9chantillonnage bootstrap, permettent d&rsquo;estimer des intervalles de confiance \u00e0 95 % non param\u00e9triques autour du coefficient r et de la probabilit\u00e9 de sup\u00e9riorit\u00e9, renfor\u00e7ant la solidit\u00e9 des inf\u00e9rences communiqu\u00e9es dans les revues internationales.<\/p>\n<h2>10. Cas particuliers : Gestion des ex \u00e6quo et petits \u00e9chantillons<\/h2>\n<h3>10.1 Probl\u00e9matique des ex \u00e6quo multiples<\/h3>\n<p>L&rsquo;occurrence massive de valeurs \u00e0 \u00e9galit\u00e9 (ex \u00e6quo ou <em>ties<\/em>) engendre des d\u00e9fis m\u00e9thodologiques sp\u00e9cifiques lors de l&rsquo;application des tests de rangs. En pr\u00e9sence d&rsquo;un volume excessif d&rsquo;ex \u00e6quo \u2014 situation typique observ\u00e9e lorsque la variable d\u00e9pendante est une \u00e9chelle ordinale courte (par exemple une \u00e9chelle en 3 ou 5 points) administr\u00e9e \u00e0 un large \u00e9chantillon \u2014, la variabilit\u00e9 des rangs s&rsquo;effondre, car des dizaines de sujets se partagent les m\u00eames rangs moyens interm\u00e9diaires.<\/p>\n<p>Bien que l&rsquo;ajustement standard de la variance th\u00e9orique impl\u00e9ment\u00e9 dans Stata corrige le d\u00e9nominateur de la statistique Z, cette correction asymptotique peut s&rsquo;av\u00e9rer insuffisante lorsque la discr\u00e9tisation des donn\u00e9es est extr\u00eame. Dans ce cadre, l&rsquo;approximation normale de la distribution de distribution des rangs perd de sa pr\u00e9cision aux voisinages des queues de distribution.<\/p>\n<p>Pour v\u00e9rifier la robustesse des inf\u00e9rences obtenues face \u00e0 des saturations d&rsquo;ex \u00e6quo, il est recommand\u00e9 de mener des analyses de sensibilit\u00e9 compl\u00e9mentaires :<\/p>\n<ul>\n<li>Comparer les r\u00e9sultats de <strong>ranksum<\/strong> avec ceux d&rsquo;une r\u00e9gression logistique ordinale (commande <strong>ologit<\/strong>) mod\u00e9lisant la probabilit\u00e9 de franchissement des seuils ordinaux en fonction du groupe.<\/li>\n<li>Appliquer un test de permutation computationnel pour \u00e9valuer si la p-value exacte par r\u00e9\u00e9chantillonnage corrobore la p-value asymptotique standard.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>10.2 Calcul des probabilit\u00e9s exactes sous Stata<\/h3>\n<p>La commande standard <strong>ranksum<\/strong> fournie nativement par Stata s&rsquo;appuie exclusivement sur l&rsquo;approximation normale asymptotique (score Z). Or, lorsque la taille des sous-\u00e9chantillons est tr\u00e8s faible (par exemple n<sub>1<\/sub> &lt; 10 ou n<sub>2<\/sub> &lt; 10), l&rsquo;invocation du th\u00e9or\u00e8me central limite devient th\u00e9oriquement discutable et peut conduire \u00e0 des erreurs d&rsquo;inf\u00e9rence substantielles.<\/p>\n<p>Pour pallier cette limitation et obtenir une valeur de p exacte (exact p-value) bas\u00e9e sur l&rsquo;\u00e9num\u00e9ration combinatoire ou la randomisation compl\u00e8te des assignations de groupe, plusieurs approches avanc\u00e9es peuvent \u00eatre mobilis\u00e9es sous Stata.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re strat\u00e9gie repose sur l&rsquo;utilisation de la commande native de permutation <strong>permute<\/strong>. Cette m\u00e9thode proc\u00e8de par r\u00e9\u00e9chantillonnage intensif de Monte-Carlo pour construire la distribution d&rsquo;\u00e9chantillonnage empirique exacte de la statistique de test sous l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle de permutation :<\/p>\n<p><strong>permute<\/strong> groupe stat_w1 = r(sum_obs), <strong>reps<\/strong>(10000) <strong>rseed<\/strong>(12345) : <strong>ranksum<\/strong> score_anxiete, <strong>by<\/strong>(groupe)<\/p>\n<p>Dans cette commande, Stata ex\u00e9cute 10 000 permutations al\u00e9atoires des \u00e9tiquettes de groupe tout en conservant les rangs observ\u00e9s, calcule la somme des rangs pour chaque permutation et d\u00e9termine la proportion exacte d&rsquo;it\u00e9rations pour lesquelles la statistique simul\u00e9e d\u00e9passe ou \u00e9gale la valeur observ\u00e9e empiriquement.<\/p>\n<p>La seconde alternative consiste \u00e0 installer des modules sp\u00e9cialis\u00e9s issus du d\u00e9p\u00f4t SSC con\u00e7us sp\u00e9cifiquement pour le calcul combinatoire exact des tests non param\u00e9triques bivari\u00e9s, garantissant une exactitude math\u00e9matique totale pour les protocoles exp\u00e9rimentaux restreints en biologie mol\u00e9culaire ou en recherche clinique pilote.<\/p>\n<h2>11. R\u00e9daction et pr\u00e9sentation des r\u00e9sultats selon les normes APA<\/h2>\n<h3>11.1 \u00c9l\u00e9ments requis par le style APA (7e \u00e9dition)<\/h3>\n<p>La restitution acad\u00e9mique des r\u00e9sultats d&rsquo;un test U de Mann-Whitney selon les directives formelles du manuel de publication de l&rsquo;APA (7e \u00e9dition) impose un ensemble pr\u00e9cis de mentions quantitatives standardis\u00e9es. L&rsquo;analyste ne peut se contenter d&rsquo;\u00e9noncer un niveau de signification ; la communication doit \u00eatre exhaustive et transparente.<\/p>\n<p>Les \u00e9l\u00e9ments suivants doivent obligatoirement figurer dans le texte du rapport ou de l&rsquo;article scientifique :<\/p>\n<ul>\n<li>Les indicateurs de tendance centrale et de dispersion non param\u00e9triques pour chaque groupe : la m\u00e9diane (not\u00e9e <em>Mdn<\/em>) et l&rsquo;\u00e9cart interquartile (not\u00e9 <em>IQR<\/em>). La mention conjointe des moyennes (<em>M<\/em>) et \u00e9carts-types (<em>SD<\/em>) peut \u00eatre tol\u00e9r\u00e9e \u00e0 titre indicatif, mais les param\u00e8tres d&rsquo;ordre sont prioritaires.<\/li>\n<li>Le nom explicite du test statistique utilis\u00e9 (ex. : test U de Mann-Whitney ou test de la somme des rangs de Wilcoxon).<\/li>\n<li>La statistique de test observ\u00e9e, conventionnellement la statistique <em>U<\/em> de Mann-Whitney ou la somme des rangs <em>W<\/em>.<\/li>\n<li>La valeur de la statistique standardis\u00e9e <em>z<\/em> (avec son signe et arrondie \u00e0 deux ou trois d\u00e9cimales).<\/li>\n<li>La probabilit\u00e9 critique exacte (valeur de <em>p<\/em>, arrondie \u00e0 trois d\u00e9cimales ; si p &lt; 0,001, on \u00e9crit <em>p<\/em> &lt; .001, sans z\u00e9ro initial conform\u00e9ment aux r\u00e8gles typographiques de l&rsquo;APA).<\/li>\n<li>L&rsquo;indice standardis\u00e9 de taille d&rsquo;effet, g\u00e9n\u00e9ralement le coefficient <em>r<\/em> de Rosenthal ou la probabilit\u00e9 de sup\u00e9riorit\u00e9 (<em>PS<\/em>), accompagn\u00e9 de son interpr\u00e9tation qualitative.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>11.2 Mod\u00e8les de phrases types en fran\u00e7ais acad\u00e9mique<\/h3>\n<p>Afin de structurer parfaitement vos manuscrits scientifiques, m\u00e9moires de recherche ou th\u00e8ses de doctorat, voici des mod\u00e8les r\u00e9dactionnels formels pr\u00eats \u00e0 l&#8217;emploi correspondant aux deux sc\u00e9narios inf\u00e9rentiels classiques.<\/p>\n<p><strong>Mod\u00e8le 1 : Cas d&rsquo;un r\u00e9sultat statistiquement significatif<\/strong><\/p>\n<p><em>\u00ab Un test U de Mann-Whitney pour \u00e9chantillons ind\u00e9pendants a \u00e9t\u00e9 conduit afin d&rsquo;\u00e9valuer l&rsquo;impact d&rsquo;une intervention psychoth\u00e9rapeutique sur le niveau d&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 des participants. Les analyses pr\u00e9liminaires ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 une violation manifeste de l&rsquo;hypoth\u00e8se de normalit\u00e9 dans les deux groupes (test de Shapiro-Wilk : p &lt; 0,01), justifiant le recours \u00e0 une approche non param\u00e9trique. Les formes des distributions \u00e9tant similaires entre les groupes, l&rsquo;analyse a port\u00e9 sur la comparaison des m\u00e9dianes. Les r\u00e9sultats indiquent que les participants ayant b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de l&rsquo;intervention pr\u00e9sentent des scores d&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 significativement inf\u00e9rieurs (Mdn = 24,00 ; IQR = 8,50 ; n = 35) \u00e0 ceux du groupe t\u00e9moin sur liste d&rsquo;attente (Mdn = 38,00 ; IQR = 11,00 ; n = 35), U = 285,50, z = -3,84, p &lt; .001. La taille d&rsquo;effet calcul\u00e9e selon le coefficient r de Rosenthal (r = 0,46) t\u00e9moigne d&rsquo;un effet d&rsquo;une amplitude mod\u00e9r\u00e9e \u00e0 forte, correspondant \u00e0 une probabilit\u00e9 de sup\u00e9riorit\u00e9 de 76,7 %, ce qui confirme l&rsquo;efficacit\u00e9 clinique substantielle du protocole th\u00e9rapeutique. \u00bb<\/em><\/p>\n<p><strong>Mod\u00e8le 2 : Cas d&rsquo;un r\u00e9sultat non significatif<\/strong><\/p>\n<p><em>\u00ab Le score de bien-\u00eatre subjectif a \u00e9t\u00e9 compar\u00e9 entre le groupe soumis au nouveau protocole d&rsquo;entra\u00eenement (Mdn = 52,00 ; IQR = 14,00 ; n = 28) et le groupe suivant le protocole standard (Mdn = 50,50 ; IQR = 12,50 ; n = 30) au moyen d&rsquo;un test de la somme des rangs de Wilcoxon-Mann-Whitney. L&rsquo;analyse ne met en \u00e9vidence aucune diff\u00e9rence statistiquement significative entre les deux conditions exp\u00e9rimentales, U = 392,00, z = 0,44, p = .658, avec une taille d&rsquo;effet n\u00e9gligeable (r = 0,06 ; PS = 53,4 %). Ces observations sugg\u00e8rent que le nouveau protocole n&rsquo;induit pas de modification mesurable du bien-\u00eatre comparativement \u00e0 la prise en charge habituelle au sein de cette population. \u00bb<\/em><\/p>\n<p><strong>Mod\u00e8le de pr\u00e9sentation tabulaire synth\u00e9tique normalis\u00e9e<\/strong><\/p>\n<p>Dans le corps du document scientifique, la synth\u00e8se des statistiques descriptives et inf\u00e9rentielles peut \u00eatre formalis\u00e9e au moyen d&rsquo;un tableau synth\u00e9tique structur\u00e9 selon les standards APA :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Groupe T\u00e9moin (n = 35)<\/strong> : M\u00e9diane = 38,00 | IQR = 11,00 | Somme des rangs = 1539,50 | Rang moyen = 43,99<\/li>\n<li><strong>Groupe Trait\u00e9 (n = 35)<\/strong> : M\u00e9diane = 24,00 | IQR = 8,50 | Somme des rangs = 945,50 | Rang moyen = 27,01<\/li>\n<li><strong>Statistiques inf\u00e9rentielles<\/strong> : Statistique U = 285,50 | Score z = -3,84 | Valeur de p = .0001 | Taille d&rsquo;effet r = 0,46<\/li>\n<\/ul>\n<h2>12. Erreurs fr\u00e9quentes, diagnostics compl\u00e9mentaires et alternatives<\/h2>\n<h3>12.1 Pi\u00e8ges courants lors de l&rsquo;ex\u00e9cution dans Stata<\/h3>\n<p>La conduite d&rsquo;analyses statistiques empiriques sous Stata est fr\u00e9quemment \u00e9maill\u00e9e d&rsquo;erreurs m\u00e9thodologiques ou techniques r\u00e9currentes qu&rsquo;il convient de rep\u00e9rer et de neutraliser syst\u00e9matiquement :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Confusion conceptuelle entre \u00e9chantillons ind\u00e9pendants et appari\u00e9s :<\/strong> L&rsquo;une des erreurs les plus fr\u00e9quentes consiste \u00e0 employer <strong>ranksum<\/strong> sur des mesures r\u00e9p\u00e9t\u00e9es effectu\u00e9es sur les m\u00eames sujets (par exemple, score pr\u00e9-test et score post-test). Cette violation fondamentale de l&rsquo;ind\u00e9pendance inter-groupes fausse int\u00e9gralement l&rsquo;estimation de l&rsquo;erreur d&rsquo;\u00e9chantillonnage. Dans cette configuration longitudinale, la commande appropri\u00e9e sous Stata est obligatoirement <strong>signrank var_pre = var_post<\/strong>.<\/li>\n<li><strong>Assimilation abusive \u00e0 une comparaison de m\u00e9dianes :<\/strong> Affirmer p\u00e9remptoirement que le test de Mann-Whitney a prouv\u00e9 une diff\u00e9rence de m\u00e9dianes sans avoir pr\u00e9alablement v\u00e9rifi\u00e9 l&rsquo;isomorphisme de la forme et de la variance des distributions constitue une faute d&rsquo;interpr\u00e9tation majeure. Si les variances ou les profils d&rsquo;asym\u00e9trie divergent, le test doit imp\u00e9rativement \u00eatre qualifi\u00e9 de test de dominance stochastique ou de diff\u00e9rence globale dans la r\u00e9partition des rangs.<\/li>\n<li><strong>Biais d&rsquo;attrition et valeurs manquantes :<\/strong> Oublier d&rsquo;examiner le m\u00e9canisme g\u00e9n\u00e9rateur des donn\u00e9es manquantes (Missing at Random versus Missing Not at Random) sur la variable d&rsquo;int\u00e9r\u00eat peut introduire des biais de s\u00e9lection invisibles au sein de l&rsquo;un des deux groupes d&rsquo;\u00e9chantillonnage.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>12.2 Alternatives analytiques robustes<\/h3>\n<p>Lorsque les donn\u00e9es exp\u00e9rimentales pr\u00e9sentent des caract\u00e9ristiques complexes ne se pr\u00eatant pas de mani\u00e8re optimale au test U de Mann-Whitney, l&rsquo;analyste peut mobiliser plusieurs alternatives statistiques modernes au sein de l&rsquo;environnement Stata :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Test de permutation de Fisher-Pitman (Randomization Test) :<\/strong> Plut\u00f4t que de transformer les valeurs en rangs, ce test calcule la distribution exacte de la diff\u00e9rence des moyennes sous l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle par permutation compl\u00e8te des observations brutes, combinant l&rsquo;absence d&rsquo;hypoth\u00e8se distributionnelle param\u00e9trique avec la sensibilit\u00e9 m\u00e9trique de l&rsquo;\u00e9chelle d&rsquo;origine.<\/li>\n<li><strong>R\u00e9gression quantile m\u00e9diane (commande qreg) :<\/strong> Lorsque l&rsquo;investigateur souhaite comparer formellement les m\u00e9dianes conditionnelles de deux groupes tout en ajustant pour des covariables ou des facteurs de confusion potentiels (\u00e2ge, sexe, score de base), la r\u00e9gression quantile impl\u00e9ment\u00e9e via la commande <strong>qreg depvar groupe covariables<\/strong> constitue la m\u00e9thode multivari\u00e9e non param\u00e9trique de choix.<\/li>\n<li><strong>Mod\u00e8les lin\u00e9aires g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9s (GLM) :<\/strong> Si la variable d\u00e9pendante continue pr\u00e9sente une forte asym\u00e9trie positive continue (telle que des co\u00fbts m\u00e9dicaux ou des dur\u00e9es de s\u00e9jour hospitalier), la mod\u00e9lisation au moyen d&rsquo;une r\u00e9gression Gamma ou log-lin\u00e9aire avec la commande <strong>glm depvar groupe, family(gamma) link(log)<\/strong> offre une alternative param\u00e9trique flexible et puissante sans distorsion de normalit\u00e9.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>12.3 Synth\u00e8se proc\u00e9durale pour le chercheur<\/h3>\n<p>Afin de guider m\u00e9thodologiquement le chercheur dans son processus d\u00e9cisionnel sous Stata, l&rsquo;arbre proc\u00e9dural suivant r\u00e9capitule la s\u00e9quence optimale des op\u00e9rations analytiques \u00e0 respecter :<\/p>\n<ol>\n<li><strong>Contr\u00f4le structurel :<\/strong> V\u00e9rification du typage des variables (<strong>describe<\/strong>) et encodage binaire strict de la variable de traitement (<strong>label values<\/strong>).<\/li>\n<li><strong>Exploration non param\u00e9trique :<\/strong> Calcul des m\u00e9dianes, quartiles et \u00e9carts interquartiles par groupe (<strong>tabstat, by()<\/strong>).<\/li>\n<li><strong>\u00c9valuation graphique et formelle de la normalit\u00e9 :<\/strong> Ex\u00e9cution des diagrammes Q-Q (<strong>qnorm<\/strong>) et des tests de Shapiro-Wilk (<strong>swilk<\/strong>) sur chaque groupe s\u00e9par\u00e9ment.<\/li>\n<li><strong>Diagnostic de forme :<\/strong> Trac\u00e9 des densit\u00e9s de noyau superpos\u00e9es (<strong>kdensity<\/strong>) et des bo\u00eetes \u00e0 moustaches (<strong>graph box<\/strong>) pour d\u00e9terminer si l&rsquo;inf\u00e9rence portera sur les m\u00e9dianes ou sur la dominance stochastique.<\/li>\n<li><strong>Inf\u00e9rence principale :<\/strong> Ex\u00e9cution de la commande <strong>ranksum<\/strong> avec gestion des clauses conditionnelles le cas \u00e9ch\u00e9ant.<\/li>\n<li><strong>Quantification de l&rsquo;effet :<\/strong> Calcul du score standardis\u00e9 Z, extraction de la statistique U, du coefficient r de Rosenthal et de la probabilit\u00e9 de sup\u00e9riorit\u00e9 (CLES).<\/li>\n<li><strong>Archivage reproductible :<\/strong> Consignation int\u00e9grale des lignes de code et des commentaires explicatifs au sein d&rsquo;un script do-file horodat\u00e9 avec enregistrement des sorties dans un fichier journal (<strong>log using<\/strong>).<\/li>\n<\/ol>\n<p>En observant scrupuleusement cette cha\u00eene m\u00e9thodologique et logicielle int\u00e9gr\u00e9e sous Stata, l&rsquo;analyste garantit une rigueur inf\u00e9rentielle irr\u00e9prochable, une parfaite reproductibilit\u00e9 computationnelle de ses r\u00e9sultats et une communication scientifique conforme aux exigences les plus \u00e9lev\u00e9es de la communaut\u00e9 internationale.<\/p>\n<h2>R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<ul>\n<li>American Psychological Association. (2020). <em>Publication manual of the American Psychological Association<\/em> (7th ed.). American Psychological Association. <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1037\/0000165-000\">https:\/\/doi.org\/10.1037\/0000165-000<\/a><\/li>\n<li>Cohen, J. (1988). <em>Statistical power analysis for the behavioral sciences<\/em> (2nd ed.). Lawrence Erlbaum Associates.<\/li>\n<li>Mann, H. B., &amp; Whitney, D. R. (1947). On a test of whether one of two random variables is stochastically larger than the other. <em>The Annals of Mathematical Statistics<\/em>, 18(1), 50\u201360. <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1214\/aoms\/1177730491\">https:\/\/doi.org\/10.1214\/aoms\/1177730491<\/a><\/li>\n<li>Rosenthal, R. (1991). <em>Meta-analytic procedures for social research<\/em> (Revised ed.). SAGE Publications. <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.4135\/9781412984997\">https:\/\/doi.org\/10.4135\/9781412984997<\/a><\/li>\n<li>StataCorp. (2023). <em>Stata base reference manual: Release 18<\/em>. Stata Press. <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/www.stata.com\/manuals\/r.pdf\">https:\/\/www.stata.com\/manuals\/r.pdf<\/a><\/li>\n<li>Vargha, A., &amp; Delaney, H. D. (2000). A critique and improvement of the CL common language effect size statistics of McGraw and Wong. <em>Journal of Educational and Behavioral Statistics<\/em>, 25(2), 101\u2013132. <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.3102\/10769986025002101\">https:\/\/doi.org\/10.3102\/10769986025002101<\/a><\/li>\n<li>Wilcoxon, F. (1945). Individual comparisons by ranking methods. <em>Biometrics Bulletin<\/em>, 1(6), 80\u201383. <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.2307\/3001968\">https:\/\/doi.org\/10.2307\/3001968<\/a><\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Guide acad\u00e9mique complet pour r\u00e9aliser, interpr\u00e9ter et rapporter le test U de Mann-Whitney dans Stata selon les normes scientifiques et m\u00e9thodologiques.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","template":"","categories":[2214,2213,1838],"tags":[2219,2218,2216,2217,2215],"class_list":["post-847","psych_stat","type-psych_stat","status-publish","hentry","category-methodologie","category-stata","category-statistiques","tag-methodologie-quantitative","tag-ranksum","tag-stata","tag-statistiques-non-parametriques","tag-test-u-de-mann-whitney"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_stat\/847","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_stat"}],"about":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/psych_stat"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=847"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_stat\/847\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=847"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=847"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=847"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}