{"id":7448,"date":"2026-09-16T20:16:28","date_gmt":"2026-09-16T20:16:28","guid":{"rendered":"http:\/\/french.arabpsychology.com\/statistics\/guide-utilisation-tests-post-hoc-anova-2\/"},"modified":"2026-09-16T20:16:31","modified_gmt":"2026-09-16T20:16:31","slug":"guide-utilisation-tests-post-hoc-anova-2","status":"publish","type":"psych_stat","link":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/?psych_stat=guide-utilisation-tests-post-hoc-anova-2","title":{"rendered":"Un guide pour utiliser les tests post hoc avec l&rsquo;ANOVA"},"content":{"rendered":"<p>L&rsquo;analyse de variance, introduite par le statisticien et g\u00e9n\u00e9ticien <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Ronald_Aylmer_Fisher\">Ronald A. Fisher<\/a> au d\u00e9but du XXe si\u00e8cle, constitue l&rsquo;un des piliers m\u00e9thodologiques les plus fondamentaux de l&rsquo;inf\u00e9rence statistique moderne. Dans les sciences du comportement, la biom\u00e9decine, la psychologie exp\u00e9rimentale et les sciences de l&rsquo;\u00e9ducation, ce cadre analytique permet d&rsquo;\u00e9valuer si les variations observ\u00e9es entre plusieurs conditions exp\u00e9rimentales r\u00e9sultent de r\u00e9elles divergences populationnelles ou de simples fluctuations d&rsquo;\u00e9chantillonnage al\u00e9atoires. En d\u00e9composant la variabilit\u00e9 globale en sources distinctes, le test d&rsquo;ANOVA fournit une d\u00e9cision globale relative \u00e0 l&rsquo;h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 des groupes. Cependant, cette puissance d&rsquo;agr\u00e9gation rec\u00e8le une limite fonctionnelle majeure : elle ne pr\u00e9cise jamais quelles moyennes diff\u00e8rent les unes des autres.<\/p>\n<p>Lorsqu&rsquo;un chercheur est confront\u00e9 au rejet de l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle globale \u00e0 la suite d&rsquo;un test <em>F<\/em> significatif, la question th\u00e9orique centrale reste souvent non r\u00e9solue. S&rsquo;agit-il d&rsquo;une divergence isol\u00e9e entre une condition t\u00e9moin et un traitement particulier, d&rsquo;un effet dose-r\u00e9ponse monotone, ou d&rsquo;une scission binaire entre deux sous-ensembles de conditions ? C&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 cette jonction critique que les <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Test_statistique\">tests de comparaisons multiples<\/a>, couramment d\u00e9sign\u00e9s sous le vocable de tests <em>post hoc<\/em>, deviennent indispensables. Leur mission consiste \u00e0 explorer la matrice des diff\u00e9rences intergroupes tout en neutralisant rigoureusement l&rsquo;accroissement vertigineux des erreurs d&rsquo;inf\u00e9rence induit par la multiplication des \u00e9valuations statistiques simultan\u00e9es.<\/p>\n<p>Ce guide propose une analyse exhaustive, rigoureuse et ancr\u00e9e dans la pratique contemporaine de la recherche sur les proc\u00e9dures <em>post hoc<\/em> associ\u00e9es \u00e0 l&rsquo;ANOVA. En combinant mod\u00e9lisation th\u00e9orique, formulation math\u00e9matique, diagnostics des postulats et mise en \u0153uvre computationnelle, cet ouvrage offre aux chercheurs et praticiens une r\u00e9f\u00e9rence compl\u00e8te pour naviguer parmi l&rsquo;abondance d&rsquo;algorithmes disponibles. De la pr\u00e9servation du taux d&rsquo;erreur par famille aux arbitrages subtils entre puissance statistique et conservatisme, ce manuel \u00e9claire les m\u00e9canismes sous-jacents aux d\u00e9cisions m\u00e9thodologiques qui conditionnent la validit\u00e9 et la reproductibilit\u00e9 des inf\u00e9rences scientifiques.<\/p>\n<h2>1. Fondements th\u00e9oriques de l&rsquo;ANOVA et n\u00e9cessit\u00e9 m\u00e9thodologique des tests post hoc<\/h2>\n<h3>1.1 Le principe du test F et la nature du test omnibus<\/h3>\n<p>L&rsquo;analyse de variance \u00e0 un facteur repose sur une mod\u00e9lisation lin\u00e9aire fondamentale o\u00f9 la valeur d&rsquo;une observation individuelle est con\u00e7ue comme la r\u00e9sultante de trois composantes : une moyenne g\u00e9n\u00e9rale, l&rsquo;effet sp\u00e9cifique du groupe d&rsquo;appartenance et un terme d&rsquo;erreur al\u00e9atoire non contr\u00f4l\u00e9. L&rsquo;hypoth\u00e8se nulle globale, traditionnellement not\u00e9e <em>H\u2080<\/em>, stipule une \u00e9galit\u00e9 parfaite et simultan\u00e9e des param\u00e8tres moyens au sein de l&rsquo;ensemble des <em>k<\/em> populations \u00e9tudi\u00e9es :<\/p>\n<p><em>H\u2080 : \u03bc\u2081 = \u03bc\u2082 = &#8230; = \u03bc\u2096<\/em><\/p>\n<p>L&rsquo;hypoth\u00e8se alternative <em>H\u2081<\/em> ne formule aucune trajectoire directionnelle particuli\u00e8re ; elle se borne \u00e0 poser qu&rsquo;au moins une des moyennes diff\u00e8re de l&rsquo;une des autres, ce qui s&rsquo;exprime formellement par l&rsquo;existence d&rsquo;au moins une paire <em>(i, j)<\/em> telle que <em>\u03bc\u1d62 \u2260 \u03bc\u2c7c<\/em>. Pour \u00e9valuer la plausibilit\u00e9 de cette hypoth\u00e8se nulle, Fisher a d\u00e9velopp\u00e9 le m\u00e9canisme de d\u00e9composition de la somme des carr\u00e9s des \u00e9carts totaux (<em>SS_total<\/em>) en deux grandeurs constitutives mutuellement exclusives : la somme des carr\u00e9s intergroupes (<em>SS_between<\/em>) et la somme des carr\u00e9s intragroupe ou r\u00e9siduelle (<em>SS_within<\/em> ou <em>SS_error<\/em>).<\/p>\n<p>Le ratio de Fisher, ou statistique <em>F<\/em>, est d\u00e9fini par le quotient des carr\u00e9s moyens correspondants :<\/p>\n<p><em>F = MS_between \/ MS_within = (SS_between \/ df_between) \/ (SS_within \/ df_within)<\/em><\/p>\n<p>o\u00f9 <em>df_between = k &#8211; 1<\/em> et <em>df_within = N &#8211; k<\/em>, avec <em>N<\/em> repr\u00e9sentant l&rsquo;effectif total cumul\u00e9 sur l&rsquo;ensemble des groupes. Sous l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle d&rsquo;\u00e9galit\u00e9 stricte des moyennes, ce ratio suit une <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Loi_de_Fisher\">distribution de Fisher-Snedecor<\/a> avec <em>(k &#8211; 1, N &#8211; k)<\/em> degr\u00e9s de libert\u00e9. Sa valeur attendue th\u00e9orique oscille autour de 1 si les variances sont purement r\u00e9siduelles. Une d\u00e9viation substantielle au-del\u00e0 de la valeur critique tabul\u00e9e pour un seuil <em>\u03b1<\/em> donn\u00e9 signale que la variabilit\u00e9 attribuable aux diff\u00e9rences de moyennes entre les groupes est significativement sup\u00e9rieure \u00e0 ce que le hasard de l&rsquo;\u00e9chantillonnage pourrait produire.<\/p>\n<p>Sur le plan \u00e9pist\u00e9mologique, la statistique <em>F<\/em> poss\u00e8de une nature intrins\u00e8quement \u00ab omnibus \u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire globale. Elle agr\u00e8ge l&rsquo;int\u00e9gralit\u00e9 des variations intergroupes en un scalaire unique. Par cons\u00e9quent, le rejet de l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle globale d\u00e9livre une information macroscopique : la variabilit\u00e9 observ\u00e9e entre les centres de gravit\u00e9 des groupes n&rsquo;est pas r\u00e9ductible au bruit r\u00e9siduel. En revanche, le test omnibus est par essence incapable de localiser la provenance de cette divergence. Un test <em>F<\/em> hautement significatif (par exemple, <em>p<\/em> &lt; 0,0001) ne permet en aucun cas de certifier si tous les groupes se distinguent mutuellement, si un sous-groupe unique se d\u00e9tache d&rsquo;un ensemble homog\u00e8ne, ou si un gradient continu structure la population \u00e9tudi\u00e9e.<\/p>\n<h3>1.2 La transition conceptuelle de l&rsquo;effet global aux comparaisons multiples<\/h3>\n<p>L&rsquo;obtention d&rsquo;une valeur <em>p<\/em> inf\u00e9rieure au seuil conventionnel de 5 % au terme du calcul de l&rsquo;ANOVA marque le commencement, et non l&rsquo;aboutissement, du travail d&rsquo;\u00e9lucidation statistique. Dans les protocoles exp\u00e9rimentaux r\u00e9els \u2014 qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de mesurer l&rsquo;impact de quatre mol\u00e9cules psychotropes sur l&rsquo;att\u00e9nuation de sympt\u00f4mes anxieux ou de comparer cinq strat\u00e9gies didactiques sur l&rsquo;acquisition de la num\u00e9ratie \u2014, l&rsquo;objectif scientifique r\u00e9side dans la caract\u00e9risation fine des contrastes th\u00e9rapeutiques ou \u00e9ducatifs. L&rsquo;interruption de la d\u00e9marche analytique au stade du test <em>F<\/em> constituerait un inach\u00e8vement m\u00e9thodologique majeur, privant le chercheur d&rsquo;une compr\u00e9hension structurelle de ses r\u00e9sultats.<\/p>\n<p>La transition conceptuelle du niveau omnibus au niveau granulaire requiert le d\u00e9ploiement de comparaisons appari\u00e9es ou de contrastes complexes. Cependant, cette d\u00e9marche d&rsquo;investigation locale expose imm\u00e9diatement l&rsquo;analyste \u00e0 un paradoxe d\u00e9ductif. Alors que le test omnibus fournissait un cadre d\u00e9cisionnel binaire unifi\u00e9 \u00e0 un risque d&rsquo;erreur consenti <em>\u03b1<\/em>, la d\u00e9composition en multiples sous-\u00e9valuations engendre un ensemble d&rsquo;inf\u00e9rences interconnect\u00e9es. Si un plan comporte <em>k = 4<\/em> groupes, il existe six comparaisons par paires distinctes ; pour <em>k = 6<\/em>, ce nombre s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve \u00e0 quinze. Si le chercheur applique de mani\u00e8re simpliste des tests <em>t<\/em> de Student ind\u00e9pendants \u00e0 chacune de ces paires sans ajustement sp\u00e9cifique, il alt\u00e8re gravement l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 probabilisticoclinique de son dispositif.<\/p>\n<p>Le risque inh\u00e9rent \u00e0 une transition mal ma\u00eetris\u00e9e r\u00e9side dans l&rsquo;illusion de pr\u00e9cision. Un praticien non averti pourrait consid\u00e9rer qu&rsquo;une probabilit\u00e9 d&rsquo;erreur nominale de 5 % attach\u00e9e \u00e0 chaque paire individuelle prot\u00e8ge ad\u00e9quatement ses conclusions. En r\u00e9alit\u00e9, cette multiplicit\u00e9 d\u00e9structure le filet de protection statistique, g\u00e9n\u00e9rant une cascade de faux positifs que l&rsquo;on qualifie d&rsquo;inflation de l&rsquo;erreur globale. Il est donc imp\u00e9ratif d&rsquo;appr\u00e9hender les tests <em>post hoc<\/em> non pas comme de simples calculs d&rsquo;appoint, mais comme des outils d&rsquo;inf\u00e9rence conditionnelle sp\u00e9cifiquement con\u00e7us pour r\u00e9soudre la tension entre le besoin d&rsquo;investigation fine et le contr\u00f4le imp\u00e9rieux des incertitudes probabilistes.<\/p>\n<h3>1.3 Distinction fondamentale entre contrastes a priori et analyses a posteriori<\/h3>\n<p>L&rsquo;architecture m\u00e9thodologique d&rsquo;une recherche exp\u00e9rimentale impose une dichotomie formelle entre deux strat\u00e9gies comparatives : les comparaisons planifi\u00e9es (dites <em>a priori<\/em>) et les analyses exploratoires non planifi\u00e9es (dites <em>a posteriori<\/em> ou <em>post hoc<\/em>). Cette diff\u00e9renciation ne rel\u00e8ve pas d&rsquo;une pr\u00e9f\u00e9rence stylistique, mais d\u00e9coule de la chronologie de formulation des hypoth\u00e8ses et gouverne la puissance statistique tout autant que le calibrage des seuils de rejet.<\/p>\n<p>Les contrastes <em>a priori<\/em> sont d\u00e9duits directement du cadre th\u00e9orique ant\u00e9rieur au recueil des donn\u00e9es empiriques. Le chercheur formalise un nombre restreint d&rsquo;hypoth\u00e8ses directes, motiv\u00e9es par la litt\u00e9rature existante. Par exemple, il peut pr\u00e9dire pr\u00e9cis\u00e9ment qu&rsquo;un nouveau protocole th\u00e9rapeutique surpassera le traitement standard, sans s&rsquo;int\u00e9resser aux fluctuations secondaires entre divers groupes t\u00e9moins. Dans ce contexte d\u00e9ductif, le nombre de contrastes calcul\u00e9s est limit\u00e9 \u2014 id\u00e9alement restreint \u00e0 un syst\u00e8me de contrastes dits orthogonaux, o\u00f9 l&rsquo;information port\u00e9e par chaque comparaison est statistiquement ind\u00e9pendante des autres. La limitation quantitative des tests permet de pr\u00e9server une puissance d&rsquo;analyse \u00e9lev\u00e9e, autorisant fr\u00e9quemment le recours \u00e0 des ajustements mod\u00e9r\u00e9s, voire \u00e0 l&rsquo;absence de correction lourde lorsque les hypoth\u00e8ses sont strictement pr\u00e9-enregistr\u00e9es.<\/p>\n<p>\u00c0 l&rsquo;inverse, les tests <em>post hoc<\/em> s&rsquo;inscrivent dans une d\u00e9marche fondamentalement inductive ou exploratoire. Face aux donn\u00e9es collect\u00e9es et apr\u00e8s avoir constat\u00e9 la significativit\u00e9 de l&rsquo;effet omnibus, le scientifique ausculte l&rsquo;ensemble des permutations possibles pour d\u00e9tecter quelles conditions g\u00e9n\u00e8rent le signal statistique. Aucune contrainte d&rsquo;orthogonalit\u00e9 ou de parcimonie ne vient restreindre l&rsquo;investigation : toutes les paires sont \u00e9valu\u00e9es, y compris celles dont la divergence n&rsquo;avait pas \u00e9t\u00e9 th\u00e9oris\u00e9e en amont. Cette posture exploratoire, indispensable \u00e0 la d\u00e9couverte scientifique, s&rsquo;accompagne d&rsquo;une charge m\u00e9thodologique lourde. L&rsquo;analyste examine des donn\u00e9es qui ont d\u00e9j\u00e0 servi \u00e0 calculer la variance globale ; il s\u00e9lectionne visuellement ou algorithmiquement les \u00e9carts maximaux observ\u00e9s dans l&rsquo;\u00e9chantillon. Pour que cette exploration conserve une validit\u00e9 inf\u00e9rentielle et ne se r\u00e9duise pas \u00e0 la r\u00e9ification du hasard, des p\u00e9nalit\u00e9s math\u00e9matiques s\u00e9v\u00e8res doivent \u00eatre appliqu\u00e9es afin de recalculer les valeurs critiques n\u00e9cessaires au rejet de <em>H\u2080<\/em>.<\/p>\n<h2>2. Le probl\u00e8me de l&rsquo;inflation de l&rsquo;erreur de type I (Family-Wise Error Rate)<\/h2>\n<h3>2.1 M\u00e9canisme probabiliste de l&rsquo;accumulation de l&rsquo;erreur alpha<\/h3>\n<p>L&rsquo;erreur de type I, conventionnellement d\u00e9sign\u00e9e par la lettre grecque <em>\u03b1<\/em>, repr\u00e9sente la probabilit\u00e9 de rejeter \u00e0 tort une hypoth\u00e8se nulle qui est en r\u00e9alit\u00e9 vraie dans la population parente \u2014 soit la d\u00e9claration d&rsquo;un effet ou d&rsquo;une diff\u00e9rence l\u00e0 o\u00f9 ne s&rsquo;exprime que le bruit stochastique. Lorsque l&rsquo;on fixe conventionnellement ce seuil \u00e0 <em>\u03b1 = 0,05<\/em> pour un test d&rsquo;hypoth\u00e8se unique, la probabilit\u00e9 compl\u00e9mentaire de ne pas commettre d&rsquo;erreur de type I (c&rsquo;est-\u00e0-dire de conserver \u00e0 juste titre l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle) est de <em>1 &#8211; \u03b1 = 0,95<\/em>.<\/p>\n<p>Le probl\u00e8me de l&rsquo;inflation appara\u00eet d\u00e8s lors que plusieurs tests statistiques sont men\u00e9s au sein d&rsquo;une m\u00eame exp\u00e9rience. Supposons un ensemble de <em>c<\/em> tests statistiques ind\u00e9pendants, chacun calibr\u00e9 au seuil nominal <em>\u03b1<\/em>. Par application de la r\u00e8gle de multiplication des probabilit\u00e9s d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements mutuellement ind\u00e9pendants, la probabilit\u00e9 d&rsquo;obtenir z\u00e9ro faux positif sur l&rsquo;int\u00e9gralit\u00e9 de la s\u00e9rie d&rsquo;\u00e9valuations \u00e9quivaut \u00e0 <em>(1 &#8211; \u03b1)\u1d9c<\/em>. D\u00e8s lors, la probabilit\u00e9 cumul\u00e9e de commettre au moins une erreur de type I sur l&rsquo;ensemble de ces <em>c<\/em> comparaisons \u2014 que l&rsquo;on nomme le taux d&rsquo;erreur par famille d&rsquo;hypoth\u00e8ses \u2014 s&rsquo;exprime math\u00e9matiquement par l&rsquo;\u00e9quation canonique :<\/p>\n<p><em>P(au moins une erreur de type I) = 1 &#8211; (1 &#8211; \u03b1)\u1d9c<\/em><\/p>\n<p>Le nombre total de comparaisons par paires possibles entre <em>k<\/em> groupes exp\u00e9rimentaux correspond au coefficient binomial d\u00e9signant le nombre de combinaisons de 2 \u00e9l\u00e9ments parmi <em>k<\/em>, soit :<\/p>\n<p><em>c = k(k &#8211; 1) \/ 2<\/em><\/p>\n<p>L&rsquo;insertion de cette valeur dans la formule met en \u00e9vidence l&rsquo;explosion non lin\u00e9aire du risque d&rsquo;erreur d&rsquo;inf\u00e9rence au fur et \u00e0 mesure que le plan exp\u00e9rimental s&rsquo;\u00e9largit :<\/p>\n<ul>\n<li>Pour <strong>k = 3<\/strong> groupes : <em>c = 3(2)\/2 = 3<\/em> comparaisons. Le risque global devient : <em>1 &#8211; (1 &#8211; 0,05)\u00b3 = 1 &#8211; 0,8574 = 0,1426<\/em>, soit environ <strong>14,3 %<\/strong>.<\/li>\n<li>Pour <strong>k = 4<\/strong> groupes : <em>c = 4(3)\/2 = 6<\/em> comparaisons. Le risque s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve \u00e0 : <em>1 &#8211; (1 &#8211; 0,05)\u2076 = 1 &#8211; 0,7351 = 0,2649<\/em>, soit <strong>26,5 %<\/strong>.<\/li>\n<li>Pour <strong>k = 5<\/strong> groupes : <em>c = 5(4)\/2 = 10<\/em> comparaisons. Le risque atteint : <em>1 &#8211; (1 &#8211; 0,05)\u00b9\u2070 = 1 &#8211; 0,5987 = 0,4013<\/em>, soit <strong>40,1 %<\/strong>.<\/li>\n<li>Pour <strong>k = 10<\/strong> groupes : <em>c = 45<\/em> comparaisons. Le risque global bondit \u00e0 <strong>90,1 %<\/strong>.<\/li>\n<\/ul>\n<figure class=\"wpt-preserved-image\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/french.arabpsychology.com\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/post_hoc1-1.jpg\" alt=\"Family-wise error rate examples with ANOVA\" \/><figcaption>Family-wise error rate examples with ANOVA<\/figcaption><\/figure>\n<p>Cette d\u00e9monstration alg\u00e9brique \u00e9tablit sans ambigu\u00eft\u00e9 qu&rsquo;en l&rsquo;absence de correction, un chercheur comparant cinq conditions exp\u00e9rimentales poss\u00e8de quatre chances sur dix de proclamer triomphalement l&rsquo;existence d&rsquo;une diff\u00e9rence hautement significative l\u00e0 o\u00f9 ne r\u00e8gne qu&rsquo;une \u00e9galit\u00e9 absolue. Dans un contexte de comparaisons multiples, les statistiques individuelles ne sont pas strictement ind\u00e9pendantes puisqu&rsquo;elles partagent des termes de variance et de moyennes communes, mais cette interd\u00e9pendance ne r\u00e9duit que marginalement l&rsquo;ampleur du probl\u00e8me. L&rsquo;absence de r\u00e9gulation m\u00e9thodologique transforme la d\u00e9marche scientifique en une machine \u00e0 fabriquer des artefacts statistiques.<\/p>\n<h3>2.2 Diff\u00e9renciation entre Per-Comparison Error Rate et Family-Wise Error Rate<\/h3>\n<p>Pour formaliser la r\u00e9gulation statistique, la th\u00e9orie des tests d&rsquo;hypoth\u00e8ses multiples a introduit une distinction terminologique et conceptuelle rigoureuse entre deux indices de contr\u00f4le des risques : le taux d&rsquo;erreur par comparaison individuelle (en anglais, <em>Per-Comparison Error Rate<\/em> ou PCER) et le taux d&rsquo;erreur par famille (<em>Family-Wise Error Rate<\/em> ou FWER).<\/p>\n<p>Le <strong>PCER<\/strong> d\u00e9signe la probabilit\u00e9 de commettre une erreur de type I lors de l&rsquo;ex\u00e9cution d&rsquo;un test sp\u00e9cifique isol\u00e9, ind\u00e9pendamment du statut de toutes les autres \u00e9valuations statistiques r\u00e9alis\u00e9es dans le cadre du m\u00eame protocole ou du m\u00eame manuscrit. Si un chercheur \u00e9value un contraste particulier avec un seuil de significativit\u00e9 nominal fix\u00e9 \u00e0 <em>\u03b1 = 0,05<\/em>, le PCER de ce test unitaire est exactement \u00e9gal \u00e0 0,05. Si l&rsquo;on applique ce seuil de fa\u00e7on indiff\u00e9renci\u00e9e \u00e0 vingt contrastes cons\u00e9cutifs, le PCER demeure invariant pour chacun d&rsquo;eux, mais l&rsquo;accumulation globale de risque n&rsquo;est aucunement r\u00e9gul\u00e9e.<\/p>\n<p>Le <strong>FWER<\/strong>, \u00e0 l&rsquo;inverse, appr\u00e9hende la d\u00e9marche inf\u00e9rentielle sous un angle syst\u00e9mique. Il est d\u00e9fini comme la probabilit\u00e9 qu&rsquo;au moins une fausse d\u00e9couverte (au moins une d\u00e9cision erron\u00e9e de rejet de l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle vraie) survienne au sein de l&rsquo;ensemble \u2014 ou famille \u2014 de tous les contrastes statistiques \u00e9valu\u00e9s simultan\u00e9ment. Le contr\u00f4le strict du FWER au niveau conventionnel <em>\u03b1 = 0,05<\/em> implique que, quelle que soit la quantit\u00e9 de combinaisons calcul\u00e9es (qu&rsquo;il y ait trois, dix ou cinquante comparaisons), la probabilit\u00e9 globale d&rsquo;introduire un r\u00e9sultat erron\u00e9 dans le corpus de connaissances ne d\u00e9passe jamais la barri\u00e8re des 5 %.<\/p>\n<p>La d\u00e9limitation de la notion de \u00ab famille \u00bb soul\u00e8ve d&rsquo;importantes questions \u00e9pist\u00e9mologiques et pratiques. S&rsquo;agit-il de l&rsquo;ensemble des contrastes par paires d\u00e9coulant d&rsquo;un facteur unique d&rsquo;une ANOVA ? De l&rsquo;ensemble des effets principaux et d&rsquo;interaction d&rsquo;un plan factoriel ? De l&rsquo;int\u00e9gralit\u00e9 des analyses pr\u00e9sent\u00e9es dans un article scientifique ? Dans la pratique m\u00e9thodologique \u00e9tablie, la famille est universellement d\u00e9finie comme le faisceau de toutes les comparaisons analytiques d\u00e9riv\u00e9es de la d\u00e9composition d&rsquo;un effet omnibus particulier au sein d&rsquo;une m\u00eame exp\u00e9rience. C&rsquo;est sur ce p\u00e9rim\u00e8tre que s&rsquo;appliquent l&rsquo;ensemble des corrections d&rsquo;ajustement algorithmiques.<\/p>\n<h3>2.3 Implications pour la crise de la reproductibilit\u00e9 en psychologie<\/h3>\n<p>La sous-estimation syst\u00e9matique de l&rsquo;inflation de l&rsquo;erreur de type I a jou\u00e9 un r\u00f4le historique pr\u00e9pond\u00e9rant dans l&rsquo;\u00e9mergence de la \u00ab crise de la reproductibilit\u00e9 \u00bb, qui a secou\u00e9 la psychologie exp\u00e9rimentale et les sciences biom\u00e9dicales \u00e0 partir du d\u00e9but des ann\u00e9es 2010. Les travaux pionniers de m\u00e9thodologistes tels que <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/John_Ioannidis\">John Ioannidis<\/a> ou Simmons, Nelson et Simonsohn ont mis en lumi\u00e8re la mani\u00e8re dont les degr\u00e9s de libert\u00e9 des chercheurs (<em>researcher degrees of freedom<\/em>) favorisaient la prolif\u00e9ration de r\u00e9sultats fallacieux.<\/p>\n<p>Parmi ces libert\u00e9s m\u00e9thodologiques d\u00e9l\u00e9t\u00e8res, la pratique consistant \u00e0 ex\u00e9cuter des dizaines de comparaisons de moyennes non contr\u00f4l\u00e9es tout en ne rapportant dans le texte final que les seules paires ayant franchi le seuil arbitraire de <em>p &lt; 0,05<\/em> constituait une source majeure de pollution scientifique. En multipliant les conditions exp\u00e9rimentales, en subdivisant les cohortes en sous-groupes arbitraires et en omettant les p\u00e9nalit\u00e9s d&rsquo;ajustement associ\u00e9es au FWER, des exp\u00e9rimentateurs ont aliment\u00e9 la litt\u00e9rature de corr\u00e9lations illusoires, d&rsquo;effets d&rsquo;amor\u00e7age comportementaux impossibles \u00e0 r\u00e9pliquer et d&rsquo;interactions th\u00e9rapeutiques fant\u00f4mes.<\/p>\n<p>Sous la pression des initiatives pour la science ouverte (<a target=\"_blank\" rel=\"noopener noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/www.cos.io\/\">Center for Open Science<\/a>), les revues internationales \u00e0 comit\u00e9 de lecture imposent d\u00e9sormais des normes de conformit\u00e9 statistique rigoureuses. Les r\u00e9dacteurs en chef et \u00e9valuateurs exigent dor\u00e9navant la d\u00e9claration transparente de tous les contrastes calcul\u00e9s, le pr\u00e9-enregistrement des plans analytiques et l&rsquo;impl\u00e9mentation de proc\u00e9dures <em>post hoc<\/em> adapt\u00e9es, assorties de corrections formelles pour les comparaisons multiples. Le choix d&rsquo;une m\u00e9thode de contr\u00f4le du FWER n&rsquo;est donc plus un simple raffinement math\u00e9matique ; c&rsquo;est un gage de probit\u00e9 garantissant la p\u00e9rennit\u00e9 et la r\u00e9plicabilit\u00e9 des \u00e9difices conceptuels en sciences humaines et biologiques.<\/p>\n<h2>3. Conditions pr\u00e9alables et crit\u00e8res d&rsquo;application des tests post hoc<\/h2>\n<h3>3.1 La r\u00e8gle conditionnelle de la significativit\u00e9 du test omnibus<\/h3>\n<p>L&rsquo;orthodoxie statistique classique subordonne l&rsquo;ex\u00e9cution des tests <em>post hoc<\/em> \u00e0 une condition liminaire stricte : la significativit\u00e9 statistique pr\u00e9alable du test <em>F<\/em> omnibus au seuil <em>\u03b1<\/em> pr\u00e9d\u00e9termin\u00e9. Ce pr\u00e9requis structure ce que l&rsquo;on nomme les proc\u00e9dures de tests \u00ab prot\u00e9g\u00e9s \u00bb. Dans cette architecture hi\u00e9rarchis\u00e9e, si le test <em>F<\/em> \u00e9choue \u00e0 rejeter l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle globale (par exemple, <em>p = 0,12<\/em>), la d\u00e9marche inf\u00e9rentielle doit s&rsquo;interrompre imm\u00e9diatement. Aucune comparaison par paire ne peut \u00eatre men\u00e9e sous l&rsquo;angle <em>post hoc<\/em>, quand bien m\u00eame l&rsquo;\u00e9cart arithm\u00e9tique entre la valeur la plus basse et la valeur la plus haute de l&rsquo;\u00e9chantillon semblerait spectaculaire \u00e0 premi\u00e8re vue.<\/p>\n<p>Cette contrainte s&rsquo;explique par les m\u00e9canismes math\u00e9matiques de l&rsquo;ANOVA : le test omnibus apporte une garantie globale contre l&rsquo;erreur de type I. Si la variance intergroupes globale ne d\u00e9passe pas l&rsquo;esp\u00e9rance du bruit d&rsquo;\u00e9chantillonnage, la recherche effr\u00e9n\u00e9e d&rsquo;une divergence appari\u00e9e au sein de ce m\u00eame ensemble constitue une entorse m\u00e9thodologique assimilable \u00e0 de la s\u00e9lection opportune de donn\u00e9es (<em>cherry-picking<\/em>). Le non-respect de ce verrouillage hi\u00e9rarchique annule le contr\u00f4le th\u00e9orique du FWER offert par certaines approches s\u00e9quentielles traditionnelles.<\/p>\n<p>Il existe n\u00e9anmoins un d\u00e9bat technique relatif aux proc\u00e9dures qui n&rsquo;ont pas besoin de cette protection omnibus. Des tests hautement rigoureux, tels que le test HSD de Tukey ou la m\u00e9thode de Scheff\u00e9, int\u00e8grent intrins\u00e8quement le contr\u00f4le du FWER pour l&rsquo;ensemble exhaustif des comparaisons sans d\u00e9pendre math\u00e9matiquement du r\u00e9sultat de la statistique <em>F<\/em> globale. Certains auteurs soutiennent qu&rsquo;un chercheur pourrait appliquer la proc\u00e9dure de Tukey m\u00eame si le test <em>F<\/em> est marginalement non significatif. Toutefois, dans la pratique acad\u00e9mique standard et selon les consignes \u00e9ditoriales dominantes, l&rsquo;adh\u00e9sion \u00e0 la r\u00e8gle s\u00e9quentielle \u2014 <em>F<\/em> omnibus significatif d&rsquo;abord, tests <em>post hoc<\/em> ensuite \u2014 demeure le paradigme consensuel assurant la coh\u00e9rence formelle de la d\u00e9marche scientifique.<\/p>\n<h3>3.2 \u00c9valuation de la normalit\u00e9 distributionnelle intragroupe<\/h3>\n<p>L&rsquo;ANOVA param\u00e9trique et les proc\u00e9dures de comparaisons multiples qui en d\u00e9coulent reposent sur le postulat que la variable d\u00e9pendante suit une <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Loi_normale\">distribution normale<\/a> au sein de chaque population parente repr\u00e9sent\u00e9e par un groupe, ce qui \u00e9quivaut \u00e0 postuler que les erreurs r\u00e9siduelles du mod\u00e8le lin\u00e9aire suivent une loi gaussienne centr\u00e9e sur z\u00e9ro :<\/p>\n<p><em>\u03b5\u1d62\u2c7c ~ N(0, \u03c3\u00b2)<\/em><\/p>\n<p>Le diagnostic de cette condition pr\u00e9alable doit \u00eatre r\u00e9alis\u00e9 de mani\u00e8re syst\u00e9matique avant de valider la m\u00e9trique des tests <em>post hoc<\/em>. Les m\u00e9thodes formelles d&rsquo;\u00e9valuation incluent le test d&rsquo;ad\u00e9quation de Shapiro-Wilk \u2014 reconnu pour son excellente sensibilit\u00e9 statistique face \u00e0 des \u00e9chantillons de petite \u00e0 moyenne taille \u2014 et le test de Kolmogorov-Smirnov assorti de la correction de Lilliefors. Toutefois, les tests d&rsquo;ad\u00e9quation d&rsquo;hypoth\u00e8se nulle souffrent d&rsquo;une limitation r\u00e9currente : pour de petits \u00e9chantillons, ils manquent de puissance pour d\u00e9celer des non-normalit\u00e9s dommageables, tandis que pour de tr\u00e8s grands \u00e9chantillons, ils deviennent inutilement hypersensibles \u00e0 des d\u00e9viations infinit\u00e9simales et sans cons\u00e9quence pratique.<\/p>\n<p>Par cons\u00e9quent, l&rsquo;\u00e9valuation de la normalit\u00e9 doit imp\u00e9rativement combiner ces tests formels avec un diagnostic graphique approfondi. L&rsquo;inspection des diagrammes quantile-quantile (<em>Q-Q plots<\/em>) permet de visualiser directement l&rsquo;alignement des r\u00e9sidus standardis\u00e9s sur la diagonale th\u00e9orique. L&rsquo;apparition d&rsquo;asym\u00e9tries marqu\u00e9es (<em>skewness<\/em>) ou de queues de distribution excessivement \u00e9paisses (<em>kurtosis<\/em>) signale des perturbations susceptibles de fausser le calibrage des valeurs <em>p<\/em> des tests <em>post hoc<\/em> standard.<\/p>\n<p>Il convient de rappeler que le th\u00e9or\u00e8me central limite conf\u00e8re \u00e0 l&rsquo;ANOVA une robustesse substantielle face aux \u00e9carts mod\u00e9r\u00e9s \u00e0 la normalit\u00e9 lorsque les effectifs de chaque groupe sont \u00e9quilibr\u00e9s et d\u00e9passent une trentaine de sujets par cellule (<em>n &gt; 30<\/em>). Cependant, cette tol\u00e9rance ne se transpose pas de mani\u00e8re identique \u00e0 l&rsquo;ensemble des tests <em>post hoc<\/em>. Certaines proc\u00e9dures fond\u00e9es sur l&rsquo;amplitude maximale des \u00e9carts sont particuli\u00e8rement sensibles \u00e0 la pr\u00e9sence de valeurs aberrantes (<em>outliers<\/em>) et \u00e0 la lourdeur des queues de distribution, ce qui n\u00e9cessite un diagnostic m\u00e9ticuleux de ces anomalies.<\/p>\n<h3>3.3 Diagnostic rigoureux de l&rsquo;homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 des variances (homosc\u00e9dasticit\u00e9)<\/h3>\n<p>Le postulat d&rsquo;homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 des variances \u2014 ou homosc\u00e9dasticit\u00e9 \u2014 postule que la variance r\u00e9siduelle de la variable d&rsquo;int\u00e9r\u00eat est strictement identique au sein de l&rsquo;ensemble des populations sous-jacentes :<\/p>\n<p><em>\u03c3\u2081\u00b2 = \u03c3\u2082\u00b2 = &#8230; = \u03c3\u2096\u00b2 = \u03c3\u00b2<\/em><\/p>\n<p>Cette condition structurelle est capitale : l&rsquo;ensemble de la d\u00e9composition canonique de l&rsquo;ANOVA repose sur l&rsquo;hypoth\u00e8se d&rsquo;une unique variance d&rsquo;erreur commune, dont l&rsquo;estimateur sans biais est le carr\u00e9 moyen de l&rsquo;erreur (<em>MS_within<\/em> ou <em>MS_error<\/em>). Les tests <em>post hoc<\/em> param\u00e9triques conventionnels exploitent cette variance r\u00e9siduelle agr\u00e9g\u00e9e pour calculer l&rsquo;erreur type de la diff\u00e9rence des moyennes, optimisant ainsi les degr\u00e9s de libert\u00e9 mobilis\u00e9s.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9valuation statistique de l&rsquo;homosc\u00e9dasticit\u00e9 s&rsquo;effectue usuellement par le <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Test_de_Levene\">test de Levene<\/a>, dont la formulation moderne calcule les d\u00e9viations des observations non pas par rapport aux moyennes des groupes, mais par rapport \u00e0 leurs m\u00e9dianes respectives, conf\u00e9rant ainsi au test une excellente robustesse face aux d\u00e9viations de la normalit\u00e9. Le test de Bartlett offre une alternative de haute puissance math\u00e9matique mais souffre d&rsquo;une extr\u00eame sensibilit\u00e9 au non-respect de la loi normale, ce qui restreint son usage aux contextes de gaussianit\u00e9 v\u00e9rifi\u00e9e.<\/p>\n<p>Les cons\u00e9quences d&rsquo;une violation de l&rsquo;homosc\u00e9dasticit\u00e9 (h\u00e9t\u00e9rosc\u00e9dasticit\u00e9) sont asym\u00e9triques et potentiellement d\u00e9vastatrices pour l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 de la d\u00e9cision statistique :<\/p>\n<ul>\n<li>Si les variances sont h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes et que les tailles d&rsquo;\u00e9chantillons sont \u00e9gales (<em>n\u2081 = n\u2082 = &#8230; = n\u2096<\/em>), les tests demeurent relativement robustes, bien qu&rsquo;une l\u00e9g\u00e8re perte de contr\u00f4le du FWER puisse appara\u00eetre.<\/li>\n<li>Si l&rsquo;h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 des variances se conjugue \u00e0 un d\u00e9s\u00e9quilibre d&rsquo;effectifs (designs non \u00e9quilibr\u00e9s), la validit\u00e9 de l&rsquo;inf\u00e9rence s&rsquo;effondre :\n<ul>\n<li>Lorsque les groupes aux effectifs les plus r\u00e9duits affichent les variances les plus volumineuses, le test statistique devient excessivement <strong>lib\u00e9ral<\/strong>, g\u00e9n\u00e9rant une inflation exponentielle des faux positifs bien au-del\u00e0 du seuil <em>\u03b1<\/em> consenti.<\/li>\n<li>Lorsque les groupes les plus fournis pr\u00e9sentent les variances les plus importantes, le test devient <strong>conservateur<\/strong> \u00e0 l&rsquo;exc\u00e8s, provoquant une chute drastique de la puissance statistique et une incapacit\u00e9 chronique \u00e0 identifier des diff\u00e9rences r\u00e9elles (inflation de l&rsquo;erreur de type II).<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p>Le diagnostic de l&rsquo;homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 des variances agit ainsi comme un carrefour d\u00e9cisionnel imp\u00e9ratif. Lorsque l&rsquo;homosc\u00e9dasticit\u00e9 est formellement rejet\u00e9e par le test de Levene, l&rsquo;analyste se trouve dans l&rsquo;obligation m\u00e9thodologique absolue de renoncer aux proc\u00e9dures <em>post hoc<\/em> param\u00e9triques classiques (telles que Tukey ou Scheff\u00e9) pour s&rsquo;orienter vers des algorithmes robustes sp\u00e9cifiquement programm\u00e9s pour les variances in\u00e9gales, tels que les tests de Games-Howell ou de Dunnett T3.<\/p>\n<h2>4. Les tests post hoc param\u00e9triques sous hypoth\u00e8se d&rsquo;homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 des variances<\/h2>\n<h3>4.1 Le test HSD de Tukey (Honestly Significant Difference)<\/h3>\n<p>Le test HSD de Tukey constitue la proc\u00e9dure de r\u00e9f\u00e9rence la plus employ\u00e9e dans le monde acad\u00e9mique pour r\u00e9aliser l&rsquo;ensemble exhaustif des comparaisons par paires lorsque le postulat d&rsquo;homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 des variances est respect\u00e9. \u00c9labor\u00e9 par le statisticien am\u00e9ricain <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/John_Tukey\">John W. Tukey<\/a>, cet algorithme r\u00e9sout avec \u00e9l\u00e9gance l&rsquo;arbitrage entre puissance d&rsquo;analyse et r\u00e9gulation de l&rsquo;erreur globale.<\/p>\n<p>Le fondement th\u00e9orique de la m\u00e9thode de Tukey ne repose pas sur la distribution standard de Student, mais sur la <em>Studentized Range Distribution<\/em> (la loi de l&rsquo;\u00e9tendue studentis\u00e9e, caract\u00e9ris\u00e9e par la statistique <em>q<\/em>). Cette distribution mod\u00e9lise formellement l&rsquo;\u00e9cart relatif entre la valeur maximale et la valeur minimale observ\u00e9es au sein d&rsquo;un ensemble de moyennes issues d&rsquo;une m\u00eame distribution normale. La statistique de test s&rsquo;\u00e9crit de la mani\u00e8re suivante :<\/p>\n<p><em>q = (Y\u0304_max &#8211; Y\u0304_min) \/ SE<\/em><\/p>\n<p>o\u00f9 <em>SE<\/em> repr\u00e9sente l&rsquo;erreur type de l&rsquo;\u00e9tendue, calcul\u00e9e \u00e0 partir du carr\u00e9 moyen r\u00e9siduel de l&rsquo;ANOVA :<\/p>\n<p><em>SE = \u221a(MS_error \/ n)<\/em><\/p>\n<p>Dans sa formulation op\u00e9rationnelle pour comparer deux moyennes sp\u00e9cifiques quelconques <em>Y\u0304\u1d62<\/em> et <em>Y\u0304\u2c7c<\/em>, la diff\u00e9rence observ\u00e9e est d\u00e9clar\u00e9e statistiquement significative au niveau global <em>\u03b1<\/em> si elle exc\u00e8de la valeur critique de la \u00ab diff\u00e9rence honn\u00eatement significative \u00bb :<\/p>\n<p><em>HSD = q_(crit; k, df_error) * \u221a(MS_error \/ n)<\/em><\/p>\n<p>o\u00f9 <em>q_(crit)<\/em> est la valeur critique tabul\u00e9e de l&rsquo;\u00e9tendue studentis\u00e9e d\u00e9pendant du nombre total de groupes <em>k<\/em> dans l&rsquo;ANOVA, des degr\u00e9s de libert\u00e9 r\u00e9siduels <em>df_error<\/em> et du seuil <em>\u03b1<\/em> global d\u00e9sir\u00e9 (g\u00e9n\u00e9ralement 0,05).<\/p>\n<p>Lorsque les tailles d&rsquo;\u00e9chantillons des groupes sont in\u00e9gales (<em>n\u1d62 \u2260 n\u2c7c<\/em>), la proc\u00e9dure originale de Tukey ne peut s&rsquo;appliquer sous sa forme brute. Elle b\u00e9n\u00e9ficie alors d&rsquo;une modification structurelle valid\u00e9e conjointement par Tukey et Clyde Kramer : la m\u00e9thode de <strong>Tukey-Kramer<\/strong>. L&rsquo;adaptation remplace l&rsquo;effectif constant <em>n<\/em> par la moyenne harmonique des tailles des deux groupes consid\u00e9r\u00e9s dans le calcul de l&rsquo;erreur type du contraste :<\/p>\n<p><em>SE_(i-j) = \u221a( (MS_error \/ 2) * (1\/n\u1d62 + 1\/n\u2c7c) )<\/em><\/p>\n<p>Cette formulation garantit que le FWER demeure strictement inf\u00e9rieur ou \u00e9gal au seuil nominal consenti, m\u00eame sous de forts d\u00e9s\u00e9quilibres d&rsquo;effectifs, pourvu que les variances restent homog\u00e8nes. Le test HSD de Tukey excelle par son \u00e9quilibre m\u00e9thodologique : il offre une puissance maximale pour d\u00e9tecter des divergences par paires tout en assurant une protection globale constante contre l&rsquo;apparition de faux positifs.<\/p>\n<h3>4.2 La m\u00e9thode hautement conservatrice de Scheff\u00e9<\/h3>\n<p>Con\u00e7ue par Henry Scheff\u00e9, cette approche propose un cadre analytique aux propri\u00e9t\u00e9s math\u00e9matiques remarquables, dont l&rsquo;amplitude op\u00e9rationnelle surpasse celle de l&rsquo;ensemble des autres tests param\u00e9triques. Alors que la technique de Tukey est circonscrite aux seules comparaisons par paires simples (<em>\u03bc\u1d62 contre \u03bc\u2c7c<\/em>), la m\u00e9thode de Scheff\u00e9 permet d&rsquo;\u00e9valuer, sans aucune alt\u00e9ration du FWER, <strong>l&rsquo;infinit\u00e9 potentielle de l&rsquo;ensemble des contrastes lin\u00e9aires<\/strong>, qu&rsquo;ils soient simples ou complexes.<\/p>\n<p>Un contraste lin\u00e9aire <em>L<\/em> est d\u00e9fini par une combinaison pond\u00e9r\u00e9e des moyennes de groupes :<\/p>\n<p><em>L = \u2211 c\u1d62 \u03bc\u1d62  avec  \u2211 c\u1d62 = 0<\/em><\/p>\n<p>Un contraste simple oppose deux groupes isol\u00e9s (<em>c\u2081 = 1, c\u2082 = -1, c\u2083 = 0<\/em>). En revanche, un contraste complexe permet d&rsquo;opposer la moyenne combin\u00e9e de deux conditions exp\u00e9rimentales \u00e0 un groupe t\u00e9moin unique (<em>c\u2081 = 0,5, c\u2082 = 0,5, c\u2083 = -1<\/em>), ou d&rsquo;explorer des tendances polynomiales non pr\u00e9vues initialement.<\/p>\n<p>La statistique de Scheff\u00e9 est directement rattach\u00e9e \u00e0 la distribution de Fisher. Pour un contraste estim\u00e9 <em>L\u0302 = \u2211 c\u1d62 Y\u0304\u1d62<\/em>, sa variance estim\u00e9e est donn\u00e9e par :<\/p>\n<p><em>V(L\u0302) = MS_error * \u2211 (c\u1d62\u00b2 \/ n\u1d62)<\/em><\/p>\n<p>La valeur critique de la diff\u00e9rence de Scheff\u00e9 permettant de rejeter l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle d&rsquo;un contraste s&rsquo;\u00e9tablit selon la formulation :<\/p>\n<p><em>S = \u221a[ (k &#8211; 1) * F_(crit; k &#8211; 1, N &#8211; k) ] * \u221a(V(L\u0302))<\/em><\/p>\n<p>Cette architecture conf\u00e8re au test une coh\u00e9rence formelle absolue avec le test <em>F<\/em> omnibus de l&rsquo;ANOVA : un contraste de Scheff\u00e9 significatif existe math\u00e9matiquement si, et seulement si, le test <em>F<\/em> global est lui-m\u00eame statistiquement significatif. Aucune incoh\u00e9rence d&rsquo;inf\u00e9rence n&rsquo;est possible dans ce cadre.<\/p>\n<p>Cependant, cette polyvalence conceptuelle s&rsquo;accompagne d&rsquo;un co\u00fbt tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9 en mati\u00e8re de puissance statistique. En prot\u00e9geant l&rsquo;analyste contre l&rsquo;erreur de type I pour l&rsquo;univers complet de tous les contrastes concevables, Scheff\u00e9 s&rsquo;av\u00e8re particuli\u00e8rement p\u00e9nalisant lorsqu&rsquo;il est restreint \u00e0 de banales comparaisons par paires simples. La probabilit\u00e9 d&rsquo;erreur de type II y est nettement accrue par rapport \u00e0 la m\u00e9thode de Tukey. D\u00e8s lors, l&#8217;emploi de Scheff\u00e9 ne se justifie m\u00e9thodologiquement que dans les situations o\u00f9 la recherche requiert une exploration libre, non planifi\u00e9e et intensive de regroupements complexes de modalit\u00e9s au sein de grands dispositifs d&rsquo;exp\u00e9rimentation.<\/p>\n<h3>4.3 Les proc\u00e9dures s\u00e9quentielles par \u00e9tapes : Newman-Keuls et REGWQ<\/h3>\n<p>Pour optimiser la puissance statistique par rapport \u00e0 l&rsquo;approche \u00e0 seuil d&rsquo;amplitude unique de Tukey, des th\u00e9oriciens ont \u00e9labor\u00e9 des proc\u00e9dures dites s\u00e9quentielles par \u00e9tapes ou \u00e9tag\u00e9es (<em>stepwise procedures<\/em>). Ces m\u00e9thodes ordonnent au pr\u00e9alable les moyennes des \u00e9chantillons de la plus faible \u00e0 la plus \u00e9lev\u00e9e, puis appliquent des valeurs critiques dynamiques modul\u00e9es selon le nombre de rangs s\u00e9parant les moyennes soumises \u00e0 \u00e9valuation.<\/p>\n<p>La m\u00e9thode historiquement pionni\u00e8re de cette famille est le test de <strong>Student-Newman-Keuls (SNK)<\/strong>. Dans l&rsquo;algorithme SNK, les moyennes sont class\u00e9es par ordre croissant : <em>Y\u0304\u208d\u2081\u208e \u2264 Y\u0304\u208d\u2082\u208e \u2264 &#8230; \u2264 Y\u0304\u208d\u2096\u208e<\/em>. Si l&rsquo;on compare deux moyennes s\u00e9par\u00e9es par un intervalle de <em>r<\/em> rangs (pour les extr\u00eames, <em>r = k<\/em> ; pour deux moyennes adjacentes, <em>r = 2<\/em>), le seuil critique mobilis\u00e9 fait intervenir l&rsquo;\u00e9tendue studentis\u00e9e <em>q<\/em> index\u00e9e sur la distance d&rsquo;\u00e9tape <em>r<\/em> plut\u00f4t que sur le total <em>k<\/em> des groupes. Ainsi, le seuil d&rsquo;exigence statistique s&rsquo;all\u00e8ge \u00e0 mesure que l&rsquo;\u00e9cart spatial entre les moyennes se resserre.<\/p>\n<p>Bien que s\u00e9duisant par sa sensibilit\u00e9 accrue, le test de Newman-Keuls souffre d&rsquo;un d\u00e9faut conceptuel r\u00e9dibitoire mis en \u00e9vidence par la statistique contemporaine. Il \u00e9choue formellement \u00e0 contr\u00f4ler le FWER d\u00e8s lors que le nombre de groupes atteint ou d\u00e9passe <em>k = 4<\/em>. Dans des configurations o\u00f9 l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle globale n&rsquo;est que partiellement vraie (par exemple, si deux moyennes sont identiques entre elles, mais distinctes des deux autres), le test SNK g\u00e9n\u00e8re une inflation massive du taux d&rsquo;erreur de type I, pouvant culminer \u00e0 des valeurs de 20 % \u00e0 30 %. En cons\u00e9quence, la litt\u00e9rature m\u00e9thodologique actuelle recommande l&rsquo;abandon de la proc\u00e9dure de Student-Newman-Keuls.<\/p>\n<p>Pour rem\u00e9dier \u00e0 cette instabilit\u00e9 sans abandonner le gain de sensibilit\u00e9 des approches s\u00e9quentielles, Ryan, Einot, Gabriel et Welsch ont mis au point la proc\u00e9dure perfectionn\u00e9e <strong>REGWQ<\/strong> (fond\u00e9e sur l&rsquo;\u00e9tendue studentis\u00e9e de Ryan-Einot-Gabriel-Welsch). Cet algorithme calcule, pour chaque amplitude d&rsquo;\u00e9tape <em>r<\/em>, un seuil ajust\u00e9 <em>\u03b1\u1d63<\/em> assurant une r\u00e9gulation math\u00e9matique sans faille :<\/p>\n<p><em>\u03b1\u1d63 = 1 &#8211; (1 &#8211; \u03b1)^(r\/k)<\/em>  pour  <em>r &lt; k &#8211; 1<\/em><\/p>\n<p>et<\/p>\n<p><em>\u03b1\u1d63 = \u03b1<\/em>  pour  <em>r = k<\/em>  ou  <em>r = k &#8211; 1<\/em><\/p>\n<p>Le test REGWQ offre l&rsquo;un des meilleurs compromis statistiques disponibles : il pr\u00e9serve scrupuleusement le taux d&rsquo;erreur par famille au niveau nominal choisi tout en d\u00e9livrant une puissance syst\u00e9matiquement sup\u00e9rieure \u00e0 celle du test HSD de Tukey pour les paires de moyennes g\u00e9ographiquement proches sur l&rsquo;axe des rangs. Son utilisation est toutefois strictement subordonn\u00e9e au respect rigoureux de l&rsquo;homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 des variances et impose des effectifs rigoureusement \u00e9quilibr\u00e9s au sein de chaque groupe.<\/p>\n<h2>5. Les m\u00e9thodes d&rsquo;ajustement du seuil alpha et approches par bonferronisation<\/h2>\n<h3>5.1 La correction classique de Bonferroni<\/h3>\n<p>L&rsquo;approche con\u00e7ue d&rsquo;apr\u00e8s les travaux de la math\u00e9maticienne <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Carlo_Emilio_Bonferroni\">Carlo Emilio Bonferroni<\/a> repose sur une application directe de l&rsquo;in\u00e9galit\u00e9 de Boole en th\u00e9orie des probabilit\u00e9s. Cette in\u00e9galit\u00e9 postule que pour toute suite d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements probabilistes, la probabilit\u00e9 de l&rsquo;union d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements est inf\u00e9rieure ou \u00e9gale \u00e0 la somme arithm\u00e9tique de leurs probabilit\u00e9s individuelles respectives :<\/p>\n<p><em>P(\u222a E\u1d62) \u2264 \u2211 P(E\u1d62)<\/em><\/p>\n<p>Transpos\u00e9 au probl\u00e8me des comparaisons statistiques multiples, ce th\u00e9or\u00e8me indique que si un chercheur m\u00e8ne <em>c<\/em> tests d&rsquo;hypoth\u00e8ses distincts, chacun calibr\u00e9 \u00e0 un seuil nominal d&rsquo;erreur <em>\u03b1_indiv<\/em>, le FWER ne d\u00e9passera jamais la somme de ces seuils individuels. D\u00e8s lors, pour garantir un taux d&rsquo;erreur par famille born\u00e9 sup\u00e9rieurement par une valeur cible globale (typiquement <em>\u03b1_global = 0,05<\/em>), la r\u00e8gle de d\u00e9cision de Bonferroni consiste \u00e0 diviser le seuil nominal par le volume total des comparaisons envisag\u00e9es :<\/p>\n<p><em>\u03b1_corrig\u00e9 = \u03b1_global \/ c<\/em><\/p>\n<p>De fa\u00e7on strictement \u00e9quivalente, les logiciels contemporains multiplient usuellement la valeur <em>p<\/em> empirique observ\u00e9e (<em>p_brute<\/em>) par le nombre de tests <em>c<\/em> :<\/p>\n<p><em>p_ajust\u00e9e = min(1, c * p_brute)<\/em><\/p>\n<p>L&rsquo;universalit\u00e9 constitue le b\u00e9n\u00e9fice premier de cette m\u00e9thode. L&rsquo;ajustement de Bonferroni ne formule aucun pr\u00e9requis quant \u00e0 la structure distributionnelle des donn\u00e9es, \u00e0 la normalit\u00e9 des r\u00e9sidus, \u00e0 l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 des variances ou \u00e0 l&rsquo;orthogonalit\u00e9 des hypoth\u00e8ses. Il s&rsquo;applique avec la m\u00eame simplicit\u00e9 calculatoire \u00e0 des tests <em>t<\/em>, des tests non param\u00e9triques (Mann-Whitney), des r\u00e9gressions logistiques ou des coefficients de corr\u00e9lation.<\/p>\n<p>Cette rusticit\u00e9 op\u00e9ratoire induit en contrepartie une faiblesse majeure : un <strong>conservatisme excessif<\/strong>. L&rsquo;in\u00e9galit\u00e9 de Boole constitue une borne sup\u00e9rieure l\u00e2che qui ignore totalement la d\u00e9pendance statistique in\u00e9vitable liant des comparaisons multiples calcul\u00e9es \u00e0 partir de groupes partag\u00e9s. Plus le nombre de contrastes <em>c<\/em> s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve, plus le seuil d&rsquo;acceptabilit\u00e9 de la preuve devient p\u00e9nalisant. Par exemple, avec 10 comparaisons, une diff\u00e9rence de moyennes doit atteindre une valeur <em>p<\/em> inf\u00e9rieure \u00e0 0,005 pour \u00eatre reconnue significative. Ce laminage de la puissance statistique propulse l&rsquo;erreur de type II \u00e0 des niveaux pr\u00e9judiciables, conduisant r\u00e9guli\u00e8rement les chercheurs \u00e0 rejeter des avanc\u00e9es th\u00e9oriques prometteuses faute d&rsquo;une taille d&rsquo;\u00e9chantillon monumentale.<\/p>\n<h3>5.2 La proc\u00e9dure s\u00e9quentielle descendante de Holm-Bonferroni<\/h3>\n<p>Pour \u00e9liminer le conservatisme disproportionn\u00e9 de la bonferronisation classique sans sacrifier sa flexibilit\u00e9 universelle, le statisticien su\u00e9dois Sture Holm a d\u00e9velopp\u00e9 en 1979 une alternative s\u00e9quentielle descendante (<em>step-down<\/em>) connue sous le nom de proc\u00e9dure de <strong>Holm-Bonferroni<\/strong>. Cette m\u00e9thode surpasse math\u00e9matiquement la correction classique de Bonferroni en tout point : elle offre une puissance statistique syst\u00e9matiquement sup\u00e9rieure tout en assurant un contr\u00f4le du FWER tout aussi strict.<\/p>\n<p>L&rsquo;algorithme de Holm proc\u00e8de selon les \u00e9tapes ordonn\u00e9es suivantes :<\/p>\n<ol>\n<li>L&rsquo;ensemble des <em>c<\/em> valeurs <em>p<\/em> brutes obtenues par le calcul des diff\u00e9rents contrastes sont ordonn\u00e9es de la plus faible \u00e0 la plus \u00e9lev\u00e9e :<br \/>\n    <br \/><em>p\u208d\u2081\u208e \u2264 p\u208d\u2082\u208e \u2264 &#8230; \u2264 p\u208d\ua700\u208e<\/em><br \/>\n    <br \/>Chaque valeur <em>p<\/em> se voit attribuer un rang <em>i<\/em> allant de 1 \u00e0 <em>c<\/em>.<\/li>\n<li>Chaque probabilit\u00e9 observ\u00e9e <em>p\u208d\u1d62\u208e<\/em> est \u00e9valu\u00e9e s\u00e9quentiellement face \u00e0 un seuil critique dynamique ajust\u00e9 \u00e0 son rang :<br \/>\n    <br \/><em>\u03b1\u208d\u1d62\u208e = \u03b1_global \/ (c &#8211; i + 1)<\/em><\/li>\n<li>L&rsquo;algorithme d\u00e9bute par le rang <em>i = 1<\/em>. Si <em>p\u208d\u2081\u208e &lt; \u03b1 \/ c<\/em>, la comparaison est d\u00e9clar\u00e9e statistiquement significative, et l&rsquo;analyste proc\u00e8de \u00e0 l&rsquo;\u00e9valuation du rang <em>i = 2<\/em> face au seuil assoupli <em>\u03b1 \/ (c &#8211; 1)<\/em>.<\/li>\n<li>Le processus d&rsquo;\u00e9valuation descendante se poursuit tant que la condition <em>p\u208d\u1d62\u208e &lt; \u03b1\u208d\u1d62\u208e<\/em> est remplie. D\u00e8s qu&rsquo;une valeur <em>p<\/em> \u00e9choue \u00e0 franchir le seuil correspondant \u00e0 son \u00e9tape, la proc\u00e9dure s&rsquo;interrompt d\u00e9finitivement : cette comparaison ainsi que toutes les suivantes sont d\u00e9clar\u00e9es non significatives.<\/li>\n<\/ol>\n<p>Le tableau suivant illustre le m\u00e9canisme de Holm-Bonferroni compar\u00e9 \u00e0 la correction classique de Bonferroni pour une famille de <em>c = 5<\/em> tests avec un seuil global fix\u00e9 \u00e0 <em>\u03b1 = 0,05<\/em> :<\/p>\n<ul>\n<li>Rang 1 : seuil de Bonferroni = 0,0100 | seuil de Holm = 0,05 \/ (5 &#8211; 1 + 1) = <strong>0,0100<\/strong><\/li>\n<li>Rang 2 : seuil de Bonferroni = 0,0100 | seuil de Holm = 0,05 \/ (5 &#8211; 2 + 1) = <strong>0,0125<\/strong><\/li>\n<li>Rang 3 : seuil de Bonferroni = 0,0100 | seuil de Holm = 0,05 \/ (5 &#8211; 3 + 1) = <strong>0,0167<\/strong><\/li>\n<li>Rang 4 : seuil de Bonferroni = 0,0100 | seuil de Holm = 0,05 \/ (5 &#8211; 4 + 1) = <strong>0,0250<\/strong><\/li>\n<li>Rang 5 : seuil de Bonferroni = 0,0100 | seuil de Holm = 0,05 \/ (5 &#8211; 5 + 1) = <strong>0,0500<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<p>On constate que pour la derni\u00e8re comparaison, le seuil d&rsquo;\u00e9valuation rejoint le seuil nominal non corrig\u00e9 de 0,05. La d\u00e9monstration math\u00e9matique ayant attest\u00e9 que la m\u00e9thode de Holm prot\u00e8ge int\u00e9gralement le FWER sous n&rsquo;importe quelle configuration sans exiger d&rsquo;ind\u00e9pendance statistique, l&rsquo;utilisation de la correction de Bonferroni brute pour des tests <em>post hoc<\/em> n&rsquo;est plus justifi\u00e9e : la proc\u00e9dure de Holm-Bonferroni doit syst\u00e9matiquement lui \u00eatre pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e.<\/p>\n<h3>5.3 L&rsquo;ajustement de \u0160id\u00e1k et ses variantes s\u00e9quentielles<\/h3>\n<p>L&rsquo;approche formul\u00e9e par le math\u00e9maticien Zbyn\u011bk \u0160id\u00e1k en 1967 repose sur une d\u00e9rivation probabiliste plus pr\u00e9cise que la borne lin\u00e9aire de Boole, sous le postulat d&rsquo;ind\u00e9pendance statistique mutuelle entre les tests d&rsquo;hypoth\u00e8ses. En reprenant l&rsquo;expression du risque cumul\u00e9 d&rsquo;erreur, <em>1 &#8211; (1 &#8211; \u03b1_indiv)\u1d9c = \u03b1_global<\/em>, l&rsquo;isolation alg\u00e9brique du seuil unitaire requis aboutit \u00e0 l&rsquo;\u00e9quation de correction de <strong>\u0160id\u00e1k<\/strong> :<\/p>\n<p><em>\u03b1_\u0160id\u00e1k = 1 &#8211; (1 &#8211; \u03b1_global)^(1\/c)<\/em><\/p>\n<p>De mani\u00e8re sym\u00e9trique, le calcul de la probabilit\u00e9 ajust\u00e9e \u00e0 partir d&rsquo;une valeur <em>p<\/em> brute s&rsquo;\u00e9nonce ainsi :<\/p>\n<p><em>p_ajust\u00e9e = 1 &#8211; (1 &#8211; p_brute)\u1d9c<\/em><\/p>\n<p>Dans la mesure o\u00f9 l&rsquo;expression polynomiale de \u0160id\u00e1k d\u00e9coule directement des axiomes fondamentaux des probabilit\u00e9s appliqu\u00e9s aux \u00e9v\u00e9nements non d\u00e9pendants, elle fournit un seuil critique syst\u00e9matiquement moins restrictif que le d\u00e9coupage arithm\u00e9tique de Bonferroni. Par exemple, pour un dispositif int\u00e9grant <em>c = 6<\/em> comparaisons au seuil global de 5 %, la correction de Bonferroni requiert <em>\u03b1 = 0,05 \/ 6 = 0,00833<\/em>, tandis que la formule de \u0160id\u00e1k attribue le seuil <em>\u03b1 = 1 &#8211; (0,95)^(1\/6) = 0,00851<\/em>.<\/p>\n<p>Ce gain de sensibilit\u00e9, bien que marginal pour de petits volumes de tests, tend \u00e0 s&rsquo;amplifier lors de plans factoriels \u00e9tendus. Tout comme l&rsquo;ajustement de Bonferroni a \u00e9t\u00e9 perfectionn\u00e9 par Holm, la proc\u00e9dure de \u0160id\u00e1k a \u00e9t\u00e9 convertie en un algorithme s\u00e9quentiel par \u00e9tapes par Jean-Marie Holland et Margaret Copenhaver (m\u00e9thode de <strong>Holm-\u0160id\u00e1k<\/strong>), qui remplace le seuil statique par un \u00e9tagement dynamique :<\/p>\n<p><em>\u03b1\u208d\u1d62\u208e = 1 &#8211; (1 &#8211; \u03b1_global)^(1 \/ (c &#8211; i + 1))<\/em><\/p>\n<p>L&rsquo;utilisation de \u0160id\u00e1k et de ses d\u00e9clinaisons par \u00e9tapes requiert toutefois une r\u00e9serve d&rsquo;application : son fondement probabiliste exige formellement l&rsquo;ind\u00e9pendance statistique des statistiques de test, ou une condition d&rsquo;ind\u00e9pendance conjointe positive. Si des corr\u00e9lations n\u00e9gatives importantes lient les comparaisons au sein de structures r\u00e9siduelles particuli\u00e8res, l&rsquo;in\u00e9galit\u00e9 de \u0160id\u00e1k peut th\u00e9oriquement se r\u00e9v\u00e9ler l\u00e9g\u00e8rement sous-conservatrice, situation dans laquelle l&rsquo;algorithme de Holm demeure la protection de r\u00e9f\u00e9rence.<\/p>\n<h2>6. Les tests post hoc en contexte d&rsquo;h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 des variances (h\u00e9t\u00e9rosc\u00e9dasticit\u00e9)<\/h2>\n<h3>6.1 Le test de Games-Howell : la r\u00e9f\u00e9rence robuste<\/h3>\n<p>Lorsque le diagnostic pr\u00e9alable par le test de Levene \u00e9tablit l&rsquo;h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 des variances r\u00e9siduelles (<em>p &lt; 0,05<\/em>), les hypoth\u00e8ses fondamentales sous-jacentes aux proc\u00e9dures classiques de Tukey ou Scheff\u00e9 sont invalid\u00e9es. L&rsquo;usage d&rsquo;un carr\u00e9 moyen de l&rsquo;erreur unique (<em>MS_error<\/em>) agr\u00e9g\u00e9 sur l&rsquo;ensemble des cellules fausse l&rsquo;estimation de l&rsquo;erreur type. Pour r\u00e9soudre cette impasse sans recourir \u00e0 des transformations de donn\u00e9es parfois destructrices d&rsquo;interpr\u00e9tabilit\u00e9, Paul Games et John Howell ont d\u00e9velopp\u00e9 en 1976 le test de <strong>Games-Howell<\/strong>, largement consid\u00e9r\u00e9 comme l&rsquo;algorithme robuste par excellence.<\/p>\n<p>La structure math\u00e9matique de Games-Howell s&rsquo;\u00e9mancipe de la variance globale agr\u00e9g\u00e9e. Pour chaque contraste appari\u00e9 opposant le groupe <em>i<\/em> au groupe <em>j<\/em>, la statistique de test mobilise les variances d&rsquo;\u00e9chantillon sp\u00e9cifiques (<em>s\u1d62\u00b2<\/em> et <em>s\u2c7c\u00b2<\/em>) et leurs effectifs respectifs (<em>n\u1d62<\/em> et <em>n\u2c7c<\/em>) :<\/p>\n<p><em>q = |Y\u0304\u1d62 &#8211; Y\u0304\u2c7c| \/ \u221a( (s\u1d62\u00b2 \/ n\u1d62 + s\u2c7c\u00b2 \/ n\u2c7c) \/ 2 )<\/em><\/p>\n<p>Pour d\u00e9terminer la valeur critique de l&rsquo;\u00e9tendue studentis\u00e9e appropri\u00e9e, le test renonce aux degr\u00e9s de libert\u00e9 r\u00e9siduels globaux de l&rsquo;ANOVA (<em>N &#8211; k<\/em>) et calcule des <strong>degr\u00e9s de libert\u00e9 effectifs ajust\u00e9s (<em>df&rsquo;<\/em>)<\/strong>, d\u00e9riv\u00e9s de l&rsquo;approximation historique de <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Test_t_de_Welch\">Welch-Satterthwaite<\/a> :<\/p>\n<p><em>df&rsquo; = (s\u1d62\u00b2 \/ n\u1d62 + s\u2c7c\u00b2 \/ n\u2c7c)\u00b2 \/ [ ((s\u1d62\u00b2 \/ n\u1d62)\u00b2 \/ (n\u1d62 &#8211; 1)) + ((s\u2c7c\u00b2 \/ n\u2c7c)\u00b2 \/ (n\u2c7c &#8211; 1)) ]<\/em><\/p>\n<p>Cette formulation permet \u00e0 la proc\u00e9dure d&rsquo;ajuster le seuil critique \u00e0 l&rsquo;asym\u00e9trie propre \u00e0 chaque paire de conditions. Si l&rsquo;un des groupes pr\u00e9sente une variance substantielle et un effectif modeste, les degr\u00e9s de libert\u00e9 sont fortement r\u00e9duits, relevant automatiquement l&rsquo;exigence statistique pour d\u00e9clarer la significativit\u00e9.<\/p>\n<p>En psychom\u00e9trie exp\u00e9rimentale, en neuropsychologie et dans les recherches cliniques \u00e9valuant des pathologies s\u00e9v\u00e8res, les variances des scores sont structurellement instables : les cohortes cliniques manifestent couramment une variabilit\u00e9 comportementale d\u00e9cupl\u00e9e par rapport aux cohortes saines. Face \u00e0 de telles donn\u00e9es, les simulations de Monte Carlo ont prouv\u00e9 la sup\u00e9riorit\u00e9 de Games-Howell. Ce test maintient le FWER rigoureusement proche du seuil th\u00e9orique de 5 %, y compris sous de violentes distorsions d&rsquo;homosc\u00e9dasticit\u00e9 coupl\u00e9es \u00e0 des designs exp\u00e9rimentaux hautement d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9s, sans sacrifier ind\u00fbment la puissance statistique. Il doit cependant \u00eatre manipul\u00e9 avec circonspection si les effectifs de cellules deviennent extr\u00eamement faibles (<em>n &lt; 6<\/em>), configuration dans laquelle il peut manifester une l\u00e9g\u00e8re tendance au lib\u00e9ralisme.<\/p>\n<h3>6.2 Les tests T3 et C de Dunnett pour variances in\u00e9gales<\/h3>\n<p>En parall\u00e8le des travaux de Games et Howell, Charles Dunnett a propos\u00e9 en 1980 deux m\u00e9thodes alternatives d\u00e9di\u00e9es aux contextes d&rsquo;h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 des variances : le <strong>T3 de Dunnett<\/strong> et le <strong>test C de Dunnett<\/strong>. Ces algorithmes partagent avec Games-Howell l&rsquo;abandon du postulat de variance commune au profit des estimateurs empiriques propres \u00e0 chaque cellule, mais s&rsquo;en s\u00e9parent par la distribution de r\u00e9f\u00e9rence s\u00e9lectionn\u00e9e pour le calibrage des valeurs critiques.<\/p>\n<p>Le test <strong>T3 de Dunnett<\/strong> est \u00e9labor\u00e9 \u00e0 partir de la distribution modulaire maximale de Student (<em>Student&rsquo;s Maximum Modulus Distribution<\/em>). La statistique de test correspond au ratio de Welch unitaire :<\/p>\n<p><em>t = |Y\u0304\u1d62 &#8211; Y\u0304\u2c7c| \/ \u221a( s\u1d62\u00b2 \/ n\u1d62 + s\u2c7c\u00b2 \/ n\u2c7c )<\/em><\/p>\n<p>Cette valeur est compar\u00e9e \u00e0 une borne issue de la loi modulaire maximale de param\u00e8tres <em>k*<\/em> (le nombre total de comparaisons par paires, <em>c = k(k &#8211; 1)\/2<\/em>) et <em>df&rsquo;<\/em> (les degr\u00e9s de libert\u00e9 effectifs de Welch-Satterthwaite calcul\u00e9s pour la paire consid\u00e9r\u00e9e). Le test <strong>C de Dunnett<\/strong> simplifie ce traitement en substituant aux degr\u00e9s de libert\u00e9 effectifs de Welch une combinaison lin\u00e9aire des valeurs critiques de l&rsquo;\u00e9tendue studentis\u00e9e pond\u00e9r\u00e9es par les variances des deux \u00e9chantillons, se dispensant ainsi du calcul dynamique des degr\u00e9s de libert\u00e9 continus.<\/p>\n<p>La confrontation empirique des performances met en \u00e9vidence une d\u00e9marcation nette :<\/p>\n<ul>\n<li>Le test <strong>T3 de Dunnett<\/strong> est caract\u00e9ris\u00e9 par un conservatisme prononc\u00e9. Il garantit que le FWER ne d\u00e9passe jamais le seuil <em>\u03b1<\/em> nominal, quelles que soient l&rsquo;intensit\u00e9 de l&rsquo;h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 des variances ou la disparit\u00e9 des effectifs. Ce rempart statistique robuste s&rsquo;av\u00e8re particuli\u00e8rement protecteur face \u00e0 de tr\u00e8s petits \u00e9chantillons (<em>n &lt; 15<\/em>), situation pr\u00e9cise dans laquelle le test de Games-Howell peut \u00eatre pris en d\u00e9faut.<\/li>\n<li>Le test <strong>C de Dunnett<\/strong> manifeste une tendance conservatrice encore plus marqu\u00e9e, r\u00e9duisant consid\u00e9rablement la puissance d&rsquo;analyse lors de designs complexes.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Dans la pratique scientifique, pour des \u00e9chantillons d&rsquo;effectifs moyens \u00e0 larges (<em>n &gt; 30<\/em> par groupe), Games-Howell demeure la recommandation dominante en raison de sa puissance sup\u00e9rieure. N\u00e9anmoins, lorsque la taille des cohortes exp\u00e9rimentales est restreinte et que l&rsquo;h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 des variances menace la validit\u00e9 des inf\u00e9rences, le T3 de Dunnett repr\u00e9sente l&rsquo;alternative la plus s\u00e9curis\u00e9e.<\/p>\n<h3>6.3 Le test T2 de Tamhane et ses compromis statistiques<\/h3>\n<p>Le test <strong>T2 de Tamhane<\/strong>, formalis\u00e9 par Ajit Tamhane en 1979, propose une strat\u00e9gie alternative pour s\u00e9curiser les comparaisons de moyennes en situation d&rsquo;h\u00e9t\u00e9rosc\u00e9dasticit\u00e9 av\u00e9r\u00e9e. Cette m\u00e9thode repose sur une synth\u00e8se entre l&rsquo;in\u00e9galit\u00e9 probabiliste de \u0160id\u00e1k et le test <em>t<\/em> de Welch pour \u00e9chantillons ind\u00e9pendants \u00e0 variances in\u00e9gales.<\/p>\n<p>Le d\u00e9roulement math\u00e9matique du T2 de Tamhane implique le calcul de la statistique de Welch usuelle pour chaque paire, coupl\u00e9e \u00e0 un calcul des degr\u00e9s de libert\u00e9 ajust\u00e9s selon la formule classique de Satterthwaite. L&rsquo;ajustement pour la multiplicit\u00e9 des tests ne recourt ni \u00e0 l&rsquo;\u00e9tendue studentis\u00e9e ni \u00e0 la distribution modulaire maximale : il applique directement une valeur critique de Student bilat\u00e9rale, \u00e9valu\u00e9e \u00e0 un niveau de risque unitaire <em>\u03b1*<\/em> ajust\u00e9 par l&rsquo;exposant conservateur de \u0160id\u00e1k :<\/p>\n<p><em>\u03b1* = 1 &#8211; (1 &#8211; \u03b1_global)^(1 \/ c)<\/em><\/p>\n<p>Le test T2 de Tamhane constitue l&rsquo;une des proc\u00e9dures les plus conservatrices de l&rsquo;arsenal statistique robuste. En superposant la p\u00e9nalit\u00e9 distributive de \u0160id\u00e1k \u00e0 la r\u00e9duction des degr\u00e9s de libert\u00e9 de l&rsquo;approximation de Welch, il cr\u00e9e un verrou inf\u00e9rentiel particuli\u00e8rement rigide. Le risque de proclamer un faux positif y est presque nul, restant souvent bien en de\u00e7\u00e0 du seuil nominal consenti.<\/p>\n<p>Ce niveau de protection pr\u00e9sente une contrepartie in\u00e9vitable : le T2 de Tamhane s&rsquo;av\u00e8re consid\u00e9rablement moins puissant que le test de Games-Howell pour d\u00e9celer des diff\u00e9rences de moyennes moyennes ou faibles. Son usage m\u00e9thodologique se justifie principalement dans des contextes confirmatoires de haute s\u00e9curit\u00e9 \u2014 par exemple lors de tests toxicologiques ou d&rsquo;essais cliniques pr\u00e9liminaires portant sur des param\u00e8tres d&rsquo;innocuit\u00e9 o\u00f9 toute fausse d\u00e9claration d&rsquo;efficacit\u00e9 relative doit \u00eatre syst\u00e9matiquement \u00e9vit\u00e9e, m\u00eame au prix d&rsquo;une perte sensible de sensibilit\u00e9 statistique.<\/p>\n<h2>7. Comparaisons sp\u00e9cifiques contre un groupe t\u00e9moin : le test de Dunnett<\/h2>\n<h3>7.1 Architecture th\u00e9orique du test de Dunnett<\/h3>\n<p>Dans un grand nombre d&rsquo;exp\u00e9rimentations en psychologie appliqu\u00e9e, en pharmacologie ou en ergonomie cognitive, la probl\u00e9matique de recherche ne requiert nullement l&rsquo;\u00e9valuation exhaustive de toutes les paires possibles. L&rsquo;exp\u00e9rimentateur n&rsquo;a que faire de savoir si la dose pharmacologique B diff\u00e8re de la dose C ; la seule question substantielle consiste \u00e0 d\u00e9terminer si chacune des doses exp\u00e9rimentales d\u00e9montre une efficacit\u00e9 distincte par rapport \u00e0 une condition de r\u00e9f\u00e9rence commune \u2014 typiquement un <strong>groupe t\u00e9moin<\/strong> ou un groupe sous placebo. Ce type d&rsquo;architecture est d\u00e9sign\u00e9 sous l&rsquo;appellation d&rsquo;inf\u00e9rence de type <em>Many-to-One<\/em>.<\/p>\n<p>Le statisticien canadien Charles Dunnett a formalis\u00e9 en 1955 une proc\u00e9dure d&rsquo;une efficacit\u00e9 math\u00e9matique remarquable, sp\u00e9cifiquement calibr\u00e9e pour ce sc\u00e9nario exp\u00e9rimental. Au lieu de subir la p\u00e9nalit\u00e9 de multiplicit\u00e9 attach\u00e9e aux <em>c = k(k &#8211; 1)\/2<\/em> comparaisons d&rsquo;un test comme celui de Tukey, le test de <strong>Dunnett<\/strong> restreint formellement le faisceau des \u00e9valuations aux seuls contrastes reliant les <em>k &#8211; 1<\/em> groupes exp\u00e9rimentaux \u00e0 l&rsquo;unique condition de contr\u00f4le :<\/p>\n<p><em>Nombre de comparaisons = k &#8211; 1<\/em><\/p>\n<p>Par exemple, au sein d&rsquo;un plan comprenant six groupes exp\u00e9rimentaux, une exploration par paires classique impose de corriger pour 15 comparaisons. Le test de Dunnett, lui, limite le calibrage statistique \u00e0 5 contrastes cibl\u00e9s. Cette \u00e9conomie structurelle transforme l&rsquo;\u00e9quation de la puissance statistique. L&rsquo;algorithme int\u00e8gre la structure de corr\u00e9lation intrins\u00e8que liant ces contrastes, puisque la moyenne du groupe t\u00e9moin intervient dans chacun d&rsquo;eux. En utilisant une distribution multivari\u00e9e de Student d\u00e9di\u00e9e, le test de Dunnett d\u00e9livre une puissance statistique nettement sup\u00e9rieure \u00e0 toute autre m\u00e9thode pour identifier des divergences vis-\u00e0-vis du contr\u00f4le, tout en garantissant un contr\u00f4le rigoureux du FWER.<\/p>\n<h3>7.2 Formulations unilat\u00e9rale et bilat\u00e9rale du test<\/h3>\n<p>L&rsquo;une des sp\u00e9cificit\u00e9s majeures du test de Dunnett r\u00e9side dans sa capacit\u00e9 \u00e0 \u00eatre formul\u00e9 rigoureusement sous une modalit\u00e9 bilat\u00e9rale (<em>two-sided<\/em>) ou sous une modalit\u00e9 unilat\u00e9rale (<em>one-sided<\/em>), offrant un avantage inf\u00e9rentiel strat\u00e9gique lorsque les hypoth\u00e8ses th\u00e9oriques le justifient formellement.<\/p>\n<p>La version <strong>bilat\u00e9rale<\/strong> teste simplement l&rsquo;absence de diff\u00e9rence directionnelle entre les traitements exp\u00e9rimentaux et le contr\u00f4le (<em>H\u2080 : \u03bc\u1d62 = \u03bc_t\u00e9moin<\/em> contre <em>H\u2081 : \u03bc\u1d62 \u2260 \u03bc_t\u00e9moin<\/em>). Elle s&rsquo;applique lorsque les interventions peuvent indiff\u00e9remment induire une am\u00e9lioration ou une d\u00e9t\u00e9rioration de la performance, ce qui est le cas lors de l&rsquo;\u00e9valuation de nouvelles mol\u00e9cules dont on craint d&rsquo;\u00e9ventuels effets secondaires n\u00e9gatifs.<\/p>\n<p>La formulation <strong>unilat\u00e9rale<\/strong> devient op\u00e9ratoire lorsque la direction de l&rsquo;effet attendu est conceptuellement et th\u00e9oriquement verrouill\u00e9e en amont de l&rsquo;exp\u00e9rimentation. Dans un protocole d&rsquo;intervention en rem\u00e9diation cognitive, par exemple, la finalit\u00e9 scientifique est d&rsquo;\u00e9tablir si les th\u00e9rapies augmentent les scores de m\u00e9moire de travail par rapport au groupe sans traitement (<em>H\u2080 : \u03bc\u1d62 \u2264 \u03bc_t\u00e9moin<\/em> contre <em>H\u2081 : \u03bc\u1d62 &gt; \u03bc_t\u00e9moin<\/em>). En concentrant la zone de rejet dans une queue unique de la distribution multivari\u00e9e de Student, le test de Dunnett unilat\u00e9ral abaisse consid\u00e9rablement le seuil critique requis pour conclure \u00e0 la sup\u00e9riorit\u00e9 du traitement, maximisant ainsi la puissance d&rsquo;analyse sans compromettre le contr\u00f4le du risque <em>\u03b1<\/em>.<\/p>\n<p>Cette approche unilat\u00e9rale exige toutefois une discipline m\u00e9thodologique rigoureuse. Elle doit \u00eatre sp\u00e9cifi\u00e9e dans le protocole exp\u00e9rimental pr\u00e9-enregistr\u00e9. Si l&rsquo;intervention induit de mani\u00e8re inattendue un effet d\u00e9l\u00e9t\u00e8re majeur, l&rsquo;analyste se trouve m\u00e9thodologiquement interdit de basculer <em>a posteriori<\/em> vers une \u00e9valuation bilat\u00e9rale pour tenter de rep\u00eacher un r\u00e9sultat statistique.<\/p>\n<h3>7.3 Variantes robustes face aux \u00e9carts de variances<\/h3>\n<p>Le test standard de Dunnett assume, au m\u00eame titre que l&rsquo;ANOVA classique, l&rsquo;homosc\u00e9dasticit\u00e9 parfaite des variances r\u00e9siduelles entre toutes les conditions. Toutefois, dans les protocoles biom\u00e9dicaux et cliniques, il est fr\u00e9quent que le groupe t\u00e9moin (constitu\u00e9 d&rsquo;individus sains ou non trait\u00e9s) manifeste une variance physiologique mod\u00e9r\u00e9e, tandis que les groupes pathologiques trait\u00e9s manifestent une dispersion tr\u00e8s marqu\u00e9e cons\u00e9cutive \u00e0 des h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9s de r\u00e9ponse au traitement.<\/p>\n<p>Pour pr\u00e9venir la perte de contr\u00f4le de l&rsquo;erreur de type I induite par ces distorsions, des formulations robustes du test de Dunnett ont \u00e9t\u00e9 int\u00e9gr\u00e9es aux environnements computationnels modernes. Ces algorithmes adaptent la m\u00e9trique de l&rsquo;erreur type en incorporant des corrections d&rsquo;approximation semblables \u00e0 celles de Welch, calculant pour chaque confrontation au t\u00e9moin :<\/p>\n<p><em>SE_(i-t\u00e9moin) = \u221a( s\u1d62\u00b2 \/ n\u1d62 + s_t\u00e9moin\u00b2 \/ n_t\u00e9moin )<\/em><\/p>\n<p>Le calcul des degr\u00e9s de libert\u00e9 suit l&rsquo;estimation locale de Welch-Satterthwaite, ce qui ajuste la distribution de r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 chaque couple d&rsquo;\u00e9valuation.<\/p>\n<p>Une r\u00e8gle m\u00e9thodologique cruciale d&rsquo;optimisation exp\u00e9rimentale s&rsquo;applique aux plans destin\u00e9s \u00e0 \u00eatre analys\u00e9s par le test de Dunnett : le ratio d&rsquo;\u00e9chantillonnage optimal. Alors que pour les comparaisons par paires de Tukey, des effectifs \u00e9gaux par cellule (<em>n\u2081 = n\u2082 = &#8230; = n\u2096<\/em>) constituent la configuration optimale, le mod\u00e8le math\u00e9matique de Dunnett pr\u00e9conise d&rsquo;augmenter substantiellement l&rsquo;effectif du groupe t\u00e9moin. Le dimensionnement optimal de la cohorte de contr\u00f4le respecte approximativement la relation math\u00e9matique :<\/p>\n<p><em>n_t\u00e9moin \u2248 n_exp\u00e9rimental * \u221a(k &#8211; 1)<\/em><\/p>\n<p>En affectant davantage de sujets au groupe t\u00e9moin pivot, l&rsquo;exp\u00e9rimentateur r\u00e9duit la variance d&rsquo;\u00e9chantillonnage sur le terme commun \u00e0 l&rsquo;ensemble des contrastes, augmentant ainsi m\u00e9caniquement la puissance statistique de l&rsquo;ensemble du dispositif analytique.<\/p>\n<h2>8. Tests post hoc pour plans factoriels et ANOVA \u00e0 mesures r\u00e9p\u00e9t\u00e9es<\/h2>\n<h3>8.1 D\u00e9composition des interactions significatives (analyse des effets simples)<\/h3>\n<p>Dans les plans factoriels int\u00e9grant deux variables ind\u00e9pendantes ou plus (par exemple, un plan <em>2 \u00d7 3<\/em> croisant le Type d&rsquo;intervention et le Niveau de stress initial), la survenue d&rsquo;une interaction statistiquement significative (<em>F_(A \u00d7 B)<\/em> significatif) modifie fondamentalement la trajectoire analytique. Les tests <em>post hoc<\/em> portant sur les effets principaux marginaux deviennent conceptuellement caducs, voire trompeurs. D\u00e9clarer qu&rsquo;un traitement A est sup\u00e9rieur au traitement B \u00ab en moyenne \u00bb n&rsquo;a aucun sens si l&rsquo;interaction indique que la sup\u00e9riorit\u00e9 s&rsquo;exprime exclusivement chez les sujets \u00e0 haut niveau de stress et s&rsquo;inverse chez les individus \u00e0 bas niveau de stress.<\/p>\n<p>La m\u00e9thodologie prescrit dans cette configuration le d\u00e9ploiement d&rsquo;une <strong>analyse des effets principaux simples<\/strong> (<em>simple main effects<\/em>). Cette proc\u00e9dure consiste \u00e0 d\u00e9composer le plan factoriel bidimensionnel en sous-ensembles conditionnels unidimensionnels :<\/p>\n<ul>\n<li>On \u00e9tudie l&rsquo;effet du facteur A \u00e0 chaque niveau fix\u00e9 du facteur B (par exemple, \u00e9valuer la diff\u00e9rence entre traitements uniquement chez les sujets \u00e0 haut stress, puis chez les sujets \u00e0 stress mod\u00e9r\u00e9, etc.).<\/li>\n<li>Alternativement, on \u00e9tudie l&rsquo;effet du facteur B \u00e0 chaque niveau fix\u00e9 du facteur A.<\/li>\n<\/ul>\n<p>D\u00e8s lors que ces familles d&rsquo;effets simples sont isol\u00e9es, le calcul des tests <em>post hoc<\/em> par paires intervient pour d\u00e9partager les modalit\u00e9s si le facteur conditionnel comporte au moins trois niveaux. La difficult\u00e9 m\u00e9thodologique r\u00e9side dans le calibrage de l&rsquo;erreur type r\u00e9siduelle. Deux approches s&rsquo;opposent :<\/p>\n<ol>\n<li>L&rsquo;utilisation du terme d&rsquo;erreur r\u00e9siduelle global du mod\u00e8le factoriel complet (<em>MS_residual<\/em> de l&rsquo;ANOVA factorielle), qui offre un maximum de degr\u00e9s de libert\u00e9 sous r\u00e9serve d&rsquo;une homosc\u00e9dasticit\u00e9 absolue entre toutes les cellules de la matrice crois\u00e9e.<\/li>\n<li>L&rsquo;estimation de variances d&rsquo;erreurs locales restreintes aux seules sous-populations conditionnelles examin\u00e9es, approche recommand\u00e9e lorsque la dispersion des scores fluctue selon les combinaisons exp\u00e9rimentales.<\/li>\n<\/ol>\n<p>Le contr\u00f4le de l&rsquo;inflation de l&rsquo;erreur de type I doit s&rsquo;appliquer \u00e0 chaque famille d&rsquo;effets simples \u00e0 l&rsquo;aide de m\u00e9thodes s\u00e9quentielles comme Holm-Bonferroni ou Tukey, garantissant que la granularit\u00e9 de l&rsquo;interpr\u00e9tation ne s&rsquo;accompagne pas d&rsquo;une prolif\u00e9ration artificielle de faux effets conditionnels.<\/p>\n<h3>8.2 Sp\u00e9cificit\u00e9s des comparaisons multiples en mesures r\u00e9p\u00e9t\u00e9es<\/h3>\n<p>L&rsquo;ANOVA \u00e0 mesures r\u00e9p\u00e9t\u00e9es (plans intra-sujets) introduit une complexit\u00e9 absente des plans ind\u00e9pendants : la covariance s\u00e9rielle des observations. Chaque participant agissant comme son propre t\u00e9moin \u00e0 travers les diff\u00e9rentes conditions ou \u00e9tapes temporelles, les scores mesur\u00e9s au sein d&rsquo;une m\u00eame ligne exp\u00e9rimentale sont intrins\u00e8quement corr\u00e9l\u00e9s. Cette architecture implique le postulat de <strong>sph\u00e9ricit\u00e9<\/strong> (analys\u00e9 via le test de Mauchly), qui stipule l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 parfaite des variances de l&rsquo;ensemble des diff\u00e9rences possibles entre chaque paire de modalit\u00e9s intra-sujets.<\/p>\n<p>Lorsque la sph\u00e9ricit\u00e9 est viol\u00e9e \u2014 situation quasi omnipr\u00e9sente dans les suivis longitudinaux prolong\u00e9s \u2014, des facteurs de correction d&rsquo;ajustement des degr\u00e9s de libert\u00e9 (<a target=\"_blank\" rel=\"noopener noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Correction_de_Greenhouse-Geisser\">Greenhouse-Geisser<\/a> ou Huynh-Feldt) sont appliqu\u00e9s au test omnibus. Cependant, cette correction globale ne prot\u00e8ge pas automatiquement les comparaisons <em>post hoc<\/em> ult\u00e9rieures.<\/p>\n<p>Une erreur m\u00e9thodologique particuli\u00e8rement courante consiste \u00e0 employer le carr\u00e9 moyen d&rsquo;erreur r\u00e9siduel agr\u00e9g\u00e9 issu de l&rsquo;ANOVA \u00e0 mesures r\u00e9p\u00e9t\u00e9es (<em>MS_error(within)<\/em>) comme d\u00e9nominateur unique pour calculer les tests <em>post hoc<\/em> de Tukey. Le statisticien Geoffrey Loftus et de nombreux m\u00e9thodologistes ont d\u00e9montr\u00e9 que ce proc\u00e9d\u00e9 produit des r\u00e9sultats biais\u00e9s d\u00e8s lors que la sph\u00e9ricit\u00e9 n&rsquo;est pas rigoureusement respect\u00e9e. Dans les plans intra-sujets, la variance de la diff\u00e9rence entre la condition 1 et la condition 2 est rarement identique \u00e0 la variance de la diff\u00e9rence entre la condition 2 et la condition 3.<\/p>\n<p>La pratique recommand\u00e9e consiste \u00e0 abandonner l&rsquo;erreur r\u00e9siduelle agr\u00e9g\u00e9e au profit de <strong>termes d&rsquo;erreurs r\u00e9siduelles sp\u00e9cifiques par paire<\/strong>. Pour chaque comparaison, l&rsquo;analyste calcule la variable de diff\u00e9rence individuelle (<em>D = X_condition1 &#8211; X_condition2<\/em>) et applique un test <em>t<\/em> appari\u00e9 muni d&rsquo;une correction s\u00e9quentielle de Holm-Bonferroni. Cette strat\u00e9gie neutralise l&rsquo;impact de la violation de la sph\u00e9ricit\u00e9 et garantit des conclusions robustes au sein des designs intra-sujets.<\/p>\n<h3>8.3 Proc\u00e9dures post hoc appliqu\u00e9es aux plans mixtes (Split-Plot ANOVA)<\/h3>\n<p>Les plans d&rsquo;exp\u00e9rience mixtes combinent au moins un facteur inter-sujets (par exemple, Groupe Clinique vs Groupe Contr\u00f4le) et au moins un facteur intra-sujets ou longitudinal (par exemple, Pr\u00e9-test, Post-test imm\u00e9diat et Suivi \u00e0 6 mois). Cette architecture m\u00e9thodologique g\u00e9n\u00e8re une partition de la variance d&rsquo;erreur en deux composantes ind\u00e9pendantes :<\/p>\n<ul>\n<li>L&rsquo;erreur r\u00e9siduelle <strong>inter-sujets<\/strong> (li\u00e9e aux variations individuelles globales entre les participants).<\/li>\n<li>L&rsquo;erreur r\u00e9siduelle <strong>intra-sujets<\/strong> (li\u00e9e aux fluctuations individuelles temporelles ou conditionnelles).<\/li>\n<\/ul>\n<p>La r\u00e9alisation de tests <em>post hoc<\/em> dans un plan mixte exige une vigilance m\u00e9thodologique extr\u00eame quant au choix du terme d&rsquo;erreur \u00e0 int\u00e9grer au d\u00e9nominateur statistique des contrastes. Lorsque l&rsquo;on compare les niveaux du facteur intra-sujets au sein d&rsquo;un m\u00eame groupe clinique, c&rsquo;est l&rsquo;erreur r\u00e9siduelle intra-sujets qui doit \u00eatre mobilis\u00e9e. En revanche, lorsque l&rsquo;on compare le groupe clinique au groupe t\u00e9moin \u00e0 un instant pr\u00e9cis donn\u00e9 (effet simple inter-groupes \u00e0 l&rsquo;\u00e9tape <em>Post-test<\/em>), l&rsquo;analyste se trouve confront\u00e9 \u00e0 un m\u00e9lange d&rsquo;erreurs inter- et intra-sujets.<\/p>\n<p>L&rsquo;approche classique n\u00e9cessite le calcul de l&rsquo;erreur type combin\u00e9e selon la formule de Fisher-Behrens, pond\u00e9rant les carr\u00e9s moyens inter et intra, associ\u00e9e \u00e0 une approximation des degr\u00e9s de libert\u00e9 selon Satterthwaite. En raison de cette complexit\u00e9 arithm\u00e9tique et de la rigidit\u00e9 des postulats sous-jacents, la communaut\u00e9 statistique contemporaine encourage le remplacement de l&rsquo;ANOVA mixte par les <strong>mod\u00e8les lin\u00e9aires mixtes<\/strong> (<em>Linear Mixed Models<\/em> ou mod\u00e8les multiniveaux). Ces mod\u00e8les g\u00e8rent nativement les corr\u00e9lations s\u00e9rielles, tol\u00e8rent les donn\u00e9es manquantes al\u00e9atoires et permettent de d\u00e9river des comparaisons par paires robustes via les moyennes marginales estim\u00e9es (<em>Estimated Marginal Means<\/em>) assorties de corrections de multiplicit\u00e9 rigoureuses.<\/p>\n<h2>9. Arbre d\u00e9cisionnel pour s\u00e9lectionner le test post hoc optimal<\/h2>\n<h3>9.1 \u00c9valuation du design exp\u00e9rimental et de l&rsquo;\u00e9quilibre des effectifs<\/h3>\n<p>La s\u00e9lection du test <em>post hoc<\/em> le plus adapt\u00e9 ne saurait \u00eatre le fruit d&rsquo;une habitude empirique ou d&rsquo;une s\u00e9lection par d\u00e9faut dans un logiciel ; elle proc\u00e8de d&rsquo;un arbitrage m\u00e9thodologique d\u00e9pendant de la g\u00e9om\u00e9trie du plan exp\u00e9rimental, du respect des postulats distributionnels et des objectifs scientifiques poursuivis.<\/p>\n<p>Le premier param\u00e8tre d\u00e9cisionnel concerne l&rsquo;\u00e9quilibre des effectifs par cellule. Si les \u00e9chantillons sont rigoureusement \u00e9quilibr\u00e9s (<em>n\u2081 = n\u2082 = &#8230; = n\u2096<\/em>) et que l&rsquo;homosc\u00e9dasticit\u00e9 est confirm\u00e9e, les m\u00e9thodes traditionnelles op\u00e9rant sur l&rsquo;\u00e9tendue studentis\u00e9e expriment leur plein potentiel :<\/p>\n<ul>\n<li>Le <strong>test HSD de Tukey<\/strong> repr\u00e9sente le choix standard, combinant simplicit\u00e9, stabilit\u00e9 et puissance pour toutes les comparaisons par paires.<\/li>\n<li>La proc\u00e9dure <strong>REGWQ<\/strong> constitue l&rsquo;alternative de choix si l&rsquo;exp\u00e9rimentateur privil\u00e9gie une puissance accrue pour les paires de moyennes adjacentes, sous r\u00e9serve d&rsquo;une conformit\u00e9 stricte des donn\u00e9es \u00e0 la normalit\u00e9.<\/li>\n<\/ul>\n<p>D\u00e8s lors que les effectifs deviennent in\u00e9gaux (plans non \u00e9quilibr\u00e9s), la formule originelle de Tukey doit obligatoirement \u00eatre substitu\u00e9e par l&rsquo;ajustement de <strong>Tukey-Kramer<\/strong>. Cet algorithme calcule la moyenne harmonique des tailles d&rsquo;\u00e9chantillons de chaque paire, r\u00e9tablissant la validit\u00e9 formelle du FWER. Lorsque le d\u00e9s\u00e9quilibre d&rsquo;effectif est d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 \u2014 notamment dans le cadre de plans optimis\u00e9s pour comparer des traitements \u00e0 un groupe t\u00e9moin surdimensionn\u00e9 \u2014, le test de <strong>Dunnett<\/strong> s&rsquo;impose comme l&rsquo;architecture m\u00e9thodologique incontournable.<\/p>\n<h3>9.2 Arbitrage entre rigueur conservatrice et pr\u00e9servation de la puissance<\/h3>\n<p>Le second axe d\u00e9cisionnel oppose le conservatisme \u00e0 la puissance statistique. Ces deux notions sont intrins\u00e8quement antagonistes : toute diminution du risque de commettre une erreur de type I (faux positif) s&rsquo;accompagne in\u00e9vitablement d&rsquo;une augmentation proportionnelle du risque d&rsquo;erreur de type II (faux n\u00e9gatif, d\u00e9sign\u00e9 par la lettre <em>\u03b2<\/em>), abaissant la puissance statistique (<em>1 &#8211; \u03b2<\/em>) du test.<\/p>\n<p>Le spectre des proc\u00e9dures <em>post hoc<\/em> peut \u00eatre ordonn\u00e9 le long d&rsquo;un continuum objectif de rigueur m\u00e9thodologique croissant :<\/p>\n<ol>\n<li><strong>Tests lib\u00e9raux<\/strong> : Le test LSD de Fisher (\u00e0 \u00e9viter d\u00e8s que <em>k \u2265 4<\/em>) et le test de Newman-Keuls (\u00e0 proscrire en raison de son absence de contr\u00f4le du FWER sous hypoth\u00e8se nulle partielle).<\/li>\n<li><strong>Tests \u00e9quilibr\u00e9s \u00e0 haute puissance<\/strong> : Tukey HSD \/ Tukey-Kramer, REGWQ, Dunnett (pour la comparaison au t\u00e9moin). Ces m\u00e9thodes r\u00e9gulent le FWER exactement au seuil nominal consenti (g\u00e9n\u00e9ralement 5 %) sans exc\u00e9dent de conservatisme.<\/li>\n<li><strong>Tests mod\u00e9r\u00e9ment conservateurs<\/strong> : La m\u00e9thode s\u00e9quentielle de Holm-Bonferroni et celle de Holm-\u0160id\u00e1k. Elles offrent une r\u00e9gulation universelle sans postulat lourd, avec une perte de puissance tr\u00e8s mesur\u00e9e par rapport \u00e0 la bonferronisation classique.<\/li>\n<li><strong>Tests hyper-conservateurs<\/strong> : La correction classique de Bonferroni, le T2 de Tamhane et la m\u00e9thode de Scheff\u00e9 (lorsque cette derni\u00e8re est employ\u00e9e pour de simples comparaisons par paires).<\/li>\n<\/ol>\n<p>L&rsquo;arbitrage doit \u00eatre guid\u00e9 par la vis\u00e9e de l&rsquo;\u00e9tude. Dans le cadre d&rsquo;\u00e9tudes exploratoires ou de phases pilotes (<em>screening studies<\/em>) visant \u00e0 identifier de potentielles cibles th\u00e9rapeutiques ou des pistes de recherche innovantes, l&rsquo;utilisation de m\u00e9thodes mod\u00e9r\u00e9ment puissantes (Holm-Bonferroni ou Tukey) est conseill\u00e9e afin de ne pas masquer pr\u00e9matur\u00e9ment de r\u00e9els signaux exp\u00e9rimentaux. En revanche, dans le cadre de recherches confirmatoires, d&rsquo;essais cliniques de phase III ou d&rsquo;\u00e9tudes d&rsquo;enregistrement soumises aux directives d&rsquo;agences r\u00e9glementaires (EMA, FDA), un conservatisme strict et un verrouillage absolu du FWER sont imp\u00e9ratifs.<\/p>\n<h3>9.3 Sch\u00e9ma synth\u00e9tique d&rsquo;orientation m\u00e9thodologique<\/h3>\n<p>Pour formaliser de mani\u00e8re op\u00e9rationnelle le processus de s\u00e9lection, la trajectoire d\u00e9cisionnelle du chercheur peut \u00eatre formalis\u00e9e par l&rsquo;algorithme suivant :<\/p>\n<ol>\n<li><strong>\u00c9tape 1 : V\u00e9rification des pr\u00e9requis fondamentaux<\/strong>\n<ul>\n<li>Le test <em>F<\/em> omnibus de l&rsquo;ANOVA est-il statistiquement significatif (<em>p &lt; \u03b1<\/em>) ? Si non, interrompre la d\u00e9marche <em>post hoc<\/em> standard (sauf planification d&rsquo;analyses de contrastes sp\u00e9cifiques pr\u00e9-enregistr\u00e9s).<\/li>\n<li>Les r\u00e9sidus sont-ils distribu\u00e9s selon une loi normale ou la taille des \u00e9chantillons par groupe d\u00e9passe-t-elle le seuil pragmatique de robustesse (<em>n \u2265 30<\/em>) ? Si la d\u00e9viation est extr\u00eame sur de tr\u00e8s petits groupes, basculer vers des proc\u00e9dures non param\u00e9triques (Kruskal-Wallis assorti de tests de Dunn avec correction de Holm).<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<li><strong>\u00c9tape 2 : \u00c9valuation de l&rsquo;homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 des variances<\/strong>\n<ul>\n<li>Ex\u00e9cution du test de Levene (bas\u00e9 sur la m\u00e9diane).<\/li>\n<li><strong>Si le postulat d&rsquo;homosc\u00e9dasticit\u00e9 est valid\u00e9 (p \u2265 0,05)<\/strong> :\n<ul>\n<li><em>Objectif A : Comparaison exhaustive de toutes les paires<\/em><br \/>\n            <br \/>\u2192 Si effectifs rigoureusement \u00e9gaux : <strong>REGWQ<\/strong> ou <strong>Tukey HSD<\/strong>.<br \/>\n            <br \/>\u2192 Si effectifs in\u00e9gaux : <strong>Tukey-Kramer<\/strong>.\n          <\/li>\n<li><em>Objectif B : Comparaison d&rsquo;un ensemble de traitements face \u00e0 un groupe t\u00e9moin unique<\/em><br \/>\n            <br \/>\u2192 <strong>Test de Dunnett<\/strong> (bilat\u00e9ral ou unilat\u00e9ral selon les pr\u00e9dictions th\u00e9oriques pr\u00e9alables).\n          <\/li>\n<li><em>Objectif C : Exploration de contrastes lin\u00e9aires complexes non planifi\u00e9s<\/em><br \/>\n            <br \/>\u2192 <strong>M\u00e9thode de Scheff\u00e9<\/strong>.\n          <\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<li><strong>Si le postulat d&rsquo;homosc\u00e9dasticit\u00e9 est rejet\u00e9 (p &lt; 0,05)<\/strong> :\n<ul>\n<li><em>Effectifs par groupe mod\u00e9r\u00e9s \u00e0 larges (n &gt; 15)<\/em> :<br \/>\n            <br \/>\u2192 <strong>Test de Games-Howell<\/strong> (r\u00e9f\u00e9rence polyvalente et robuste).\n          <\/li>\n<li><em>Effectifs par groupe restreints (n \u2264 15)<\/em> :<br \/>\n            <br \/>\u2192 <strong>Test T3 de Dunnett<\/strong> (garantie de non-gonflement de l&rsquo;erreur de type I).\n          <\/li>\n<li><em>N\u00e9cessit\u00e9 de s\u00e9curit\u00e9 absolue face au faux positif<\/em> :<br \/>\n            <br \/>\u2192 <strong>Test T2 de Tamhane<\/strong>.\n          <\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<\/ol>\n<p>Ce protocole garantit une rigueur m\u00e9thodologique constante et pr\u00e9munit le chercheur contre les biais d&rsquo;analyse opportuniste lors de la valorisation de ses r\u00e9sultats.<\/p>\n<h2>10. Impl\u00e9mentation computationnelle et interpr\u00e9tation des r\u00e9sultats num\u00e9riques<\/h2>\n<h3>10.1 Ex\u00e9cution et analyse sous R (emmeans, multcomp, rstatix)<\/h3>\n<p>L&rsquo;environnement statistique open-source <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/www.r-project.org\/\">R<\/a> constitue aujourd&rsquo;hui la plateforme de r\u00e9f\u00e9rence pour l&rsquo;analyse des donn\u00e9es de recherche, offrant un \u00e9cosyst\u00e8me de paquets d&rsquo;une pr\u00e9cision et d&rsquo;une flexibilit\u00e9 sup\u00e9rieures aux logiciels commerciaux conventionnels.<\/p>\n<p>Le paquet <strong>emmeans<\/strong> (<em>Estimated Marginal Means<\/em>) est la solution de pointe pour la d\u00e9composition des mod\u00e8les lin\u00e9aires g\u00e9n\u00e9raux et mixtes. Il calcule les moyennes marginales de chaque condition en r\u00e9ajustant le cas \u00e9ch\u00e9ant les covariables, puis g\u00e9n\u00e8re l&rsquo;ensemble des contrastes d&rsquo;int\u00e9r\u00eat. L&rsquo;ex\u00e9cution d&rsquo;un mod\u00e8le d&rsquo;ANOVA s&rsquo;effectue usuellement via la fonction <code>aov()<\/code> ou <code>lm()<\/code> :<\/p>\n<p><em>modele &lt;- lm(Score ~ Groupe, data = donnees)<\/em><\/p>\n<p>L&rsquo;appel de la fonction <code>emmeans()<\/code> extrait les moyennes ajust\u00e9es, et la fonction associ\u00e9e <code>pairs()<\/code> ex\u00e9cute l&rsquo;ensemble exhaustif des comparaisons par paires. L&rsquo;argument <code>adjust = \"tukey\"<\/code> active la m\u00e9thode HSD de Tukey (adapt\u00e9e automatiquement en Tukey-Kramer pour les \u00e9chantillons in\u00e9gaux), tandis que <code>adjust = \"holm\"<\/code> ou <code>adjust = \"bonferroni\"<\/code> configurent instantan\u00e9ment les corrections correspondantes. Pour une configuration de type <em>Many-to-One<\/em>, l&rsquo;instruction <code>contrast(..., method = \"trt.vs.ctrl\", ref = 1)<\/code> impl\u00e9mente le test de Dunnett en fixant le groupe de contr\u00f4le de r\u00e9f\u00e9rence.<\/p>\n<p>Le paquet <strong>multcomp<\/strong> fournit quant \u00e0 lui la fonction <code>glht()<\/code> (<em>General Linear Hypotheses<\/em>), qui permet de d\u00e9finir des matrices de contrastes personnalis\u00e9es d&rsquo;une complexit\u00e9 arbitraire tout en exploitant la distribution multivari\u00e9e normale ou de Student pour ajuster les valeurs critiques. Le paquet <strong>rstatix<\/strong>, parfaitement int\u00e9gr\u00e9 \u00e0 la philosophie du <em>tidyverse<\/em>, propose des fonctions plus directes adapt\u00e9es aux d\u00e9butants, telles que <code>tukey_hsd()<\/code> ou <code>games_howell_test()<\/code>, d\u00e9livrant directement des tableaux ordonn\u00e9s pr\u00eats pour la publication.<\/p>\n<figure class=\"wpt-preserved-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/french.arabpsychology.com\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/post_hoc2-1.jpg\" alt=\"Visualizing pairwise differences in R for post hoc tests\" \/><figcaption>Visualizing pairwise differences in R for post hoc tests<\/figcaption><\/figure>\n<h3>10.2 Traitement des sorties logicielles sous SPSS et Jamovi<\/h3>\n<p>L&rsquo;ex\u00e9cution des tests <em>post hoc<\/em> dans des environnements reposant sur des interfaces graphiques \u2014 qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de suites propri\u00e9taires comme IBM SPSS Statistics ou d&rsquo;outils ouverts comme Jamovi \u2014 repose sur une formalisation commune de l&rsquo;organisation des r\u00e9sultats.<\/p>\n<p>Dans <strong>SPSS<\/strong>, la fen\u00eatre d&rsquo;ANOVA \u00e0 un facteur (<em>One-Way ANOVA<\/em>) propose une bo\u00eete de dialogue secondaire d\u00e9di\u00e9e intitul\u00e9e \u00ab Post Hoc \u00bb. Celle-ci est explicitement partitionn\u00e9e en deux compartiments distincts : \u00ab Variances \u00e9gales suppos\u00e9es \u00bb (regroupant Tukey, Scheff\u00e9, Bonferroni, Sidak, Dunnett, SNK, REGWQ) et \u00ab Variances \u00e9gales non suppos\u00e9es \u00bb (regroupant Games-Howell, Dunnett T3, Dunnett C, Tamhane T2). Cette s\u00e9paration graphique invite l&rsquo;analyste \u00e0 ne jamais cocher simultan\u00e9ment un test de chaque bloc, mais \u00e0 subordonner son choix au r\u00e9sultat du test d&rsquo;homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 de Levene calcul\u00e9 dans les options.<\/p>\n<p>L&rsquo;analyse des sorties logicielles sous SPSS et Jamovi s&rsquo;articule autour de deux repr\u00e9sentations tabulaires fondamentales :<\/p>\n<ol>\n<li>Le <strong>tableau des comparaisons multiples<\/strong> : Ce tableau exhaustif recense l&rsquo;ensemble des paires de groupes possibles. Pour chaque comparaison entre une condition <em>(I)<\/em> et une condition <em>(J)<\/em>, il affiche la diff\u00e9rence brute des moyennes <em>(I &#8211; J)<\/em>, l&rsquo;erreur type associ\u00e9e, la valeur <em>p<\/em> ajust\u00e9e et les bornes inf\u00e9rieure et sup\u00e9rieure de l&rsquo;intervalle de confiance ajust\u00e9 \u00e0 95 %.<\/li>\n<li>Le <strong>tableau des sous-ensembles homog\u00e8nes<\/strong> (sp\u00e9cifique \u00e0 certains tests param\u00e9triques sous homosc\u00e9dasticit\u00e9 tels que Tukey ou SNK) : Ce tableau organise les moyennes par ordre croissant en colonnes de regroupement. Les conditions exp\u00e9rimentales dont les moyennes ne diff\u00e8rent pas significativement entre elles sont agr\u00e9g\u00e9es au sein d&rsquo;une m\u00eame colonne num\u00e9rique (sous-ensemble). L&rsquo;appartenance d&rsquo;un groupe \u00e0 deux sous-ensembles adjacents met en \u00e9vidence les zones de transition o\u00f9 la diff\u00e9rence statistique n&rsquo;atteint pas le seuil de rejet.<\/li>\n<\/ol>\n<p>L&rsquo;\u00e9cueil fr\u00e9quent dans SPSS r\u00e9side dans la s\u00e9lection de la proc\u00e9dure LSD (<em>Least Significant Difference<\/em>). Situ\u00e9e tout en haut de la liste, elle est r\u00e9guli\u00e8rement coch\u00e9e par inadvertance par des utilisateurs qui ignorent qu&rsquo;elle n&rsquo;applique strictement aucun ajustement pour comparaisons multiples, exposant l&rsquo;analyste \u00e0 l&rsquo;inflation brute de l&rsquo;erreur de type I.<\/p>\n<h3>10.3 D\u00e9codage statistique des sorties tabulaires<\/h3>\n<p>La lecture critique d&rsquo;un tableau de comparaisons multiples requiert une interpr\u00e9tation simultan\u00e9e de plusieurs grandeurs num\u00e9riques qui s&rsquo;\u00e9clairent mutuellement. Prenons pour illustration une ligne de r\u00e9sultat comparant un groupe de Traitement A (<em>M = 45,2<\/em>) \u00e0 un groupe T\u00e9moin (<em>M = 38,1<\/em>) :<\/p>\n<ul>\n<li>La <strong>diff\u00e9rence moyenne brute (I &#8211; J)<\/strong> affiche une valeur de <em>+7,10<\/em>. Le signe positif atteste que la moyenne du premier groupe est arithm\u00e9tiquement sup\u00e9rieure \u00e0 celle du second groupe de r\u00e9f\u00e9rence.<\/li>\n<li>L&rsquo;<strong>erreur type (Standard Error)<\/strong> mesure la pr\u00e9cision de cette estimation diff\u00e9rentielle compte tenu de la variance r\u00e9siduelle et de la taille des \u00e9chantillons analys\u00e9s. Si l&rsquo;erreur type s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve \u00e0 <em>SE = 2,15<\/em>, le ratio signal-bruit empirique se situe autour de <em>7,10 \/ 2,15 = 3,30<\/em>.<\/li>\n<li>La <strong>valeur p ajust\u00e9e<\/strong> (souvent annot\u00e9e \u00ab Sig. \u00bb dans les interfaces anglo-saxonnes) repr\u00e9sente la probabilit\u00e9 d&rsquo;observer un tel \u00e9cart par le simple fait de l&rsquo;\u00e9chantillonnage al\u00e9atoire sous l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle globale que tous les groupes sont issus d&rsquo;une m\u00eame population parente. Si <em>p_ajust\u00e9e = 0,012<\/em>, et que le seuil de significativit\u00e9 nominal a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9alablement fix\u00e9 \u00e0 <em>\u03b1 = 0,05<\/em>, l&rsquo;analyste rejette formellement l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 des deux moyennes au niveau de risque consenti.<\/li>\n<li>L&rsquo;<strong>intervalle de confiance ajust\u00e9 \u00e0 95 %<\/strong> de la diff\u00e9rence : Dans notre exemple, il s&rsquo;\u00e9tend de <em>[+1,62 ; +12,58]<\/em>. L&rsquo;interpr\u00e9tation de cet intervalle est fondamentale : dans la mesure o\u00f9 la valeur <strong>z\u00e9ro<\/strong> (qui repr\u00e9sente l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 stricte <em>\u03bc\u1d62 &#8211; \u03bc\u2c7c = 0<\/em>) ne se trouve pas comprise entre la borne inf\u00e9rieure et la borne sup\u00e9rieure, la conclusion de significativit\u00e9 est confort\u00e9e. De plus, l&rsquo;intervalle apporte une information quantitative absente de la seule valeur <em>p<\/em> : il informe le chercheur sur l&rsquo;amplitude plausible du b\u00e9n\u00e9fice th\u00e9rapeutique r\u00e9el, situ\u00e9 dans le pire des cas \u00e0 +1,62 unit\u00e9 et dans le meilleur des cas \u00e0 +12,58 unit\u00e9s, guidant ainsi l&rsquo;\u00e9valuation de la pertinence clinique pratique au-del\u00e0 du seul formalisme statistique.<\/li>\n<\/ul>\n<h2>11. Tailles d&rsquo;effet des contrastes et reporting selon les normes APA<\/h2>\n<h3>11.1 Calcul de la taille d&rsquo;effet pour les comparaisons par paires<\/h3>\n<p>La d\u00e9claration isol\u00e9e de la significativit\u00e9 statistique d&rsquo;un test <em>post hoc<\/em> (par l&rsquo;interm\u00e9diaire d&rsquo;une valeur <em>p<\/em> inf\u00e9rieure \u00e0 0,05) est d\u00e9sormais jug\u00e9e scientifiquement insuffisante par la communaut\u00e9 acad\u00e9mique. La valeur <em>p<\/em> d\u00e9pendant intrins\u00e8quement de la taille de l&rsquo;\u00e9chantillon, un \u00e9chantillon massif peut rendre statistiquement significative une diff\u00e9rence infinit\u00e9simale et d\u00e9nu\u00e9e de tout int\u00e9r\u00eat clinique ou pratique. Il est donc imp\u00e9ratif d&rsquo;adjoindre \u00e0 chaque contraste une m\u00e9trique standardis\u00e9e d&rsquo;estimation de la force de la relation : la <strong>taille d&rsquo;effet<\/strong>.<\/p>\n<p>Pour les comparaisons par paires faisant suite \u00e0 une ANOVA param\u00e9trique, la m\u00e9trique canonique est le <strong>d de Cohen<\/strong>. Dans un dispositif de comparaisons multiples sous hypoth\u00e8se d&rsquo;homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 des variances, l&rsquo;estimation la plus robuste et la moins biais\u00e9e du <em>d<\/em> de Cohen ne mobilise pas l&rsquo;\u00e9cart-type restreint aux deux seuls groupes \u00e9valu\u00e9s, mais exploite la racine carr\u00e9e du carr\u00e9 moyen de l&rsquo;erreur issu de l&rsquo;ANOVA globale (<em>s_pooled = \u221a(MS_error)<\/em>) :<\/p>\n<p><em>d = (Y\u0304\u1d62 &#8211; Y\u0304\u2c7c) \/ \u221a(MS_error)<\/em><\/p>\n<p>L&rsquo;utilisation de la variance d&rsquo;erreur agr\u00e9g\u00e9e stabilise substantiellement l&rsquo;estimation en s&rsquo;appuyant sur l&rsquo;ensemble des degr\u00e9s de libert\u00e9 du protocole exp\u00e9rimental complet.<\/p>\n<p>Toutefois, lorsque la taille des \u00e9chantillons analys\u00e9s est modeste (par exemple, <em>n &lt; 20<\/em> par cellule), le <em>d<\/em> de Cohen standard souffre d&rsquo;un biais syst\u00e9matique qui tend \u00e0 surestimer la taille d&rsquo;effet r\u00e9elle au sein de la population. Il convient alors de lui substituer le <strong>g de Hedges<\/strong>, qui applique un terme multiplicatif de correction du biais :<\/p>\n<p><em>g = d * [ 1 &#8211; (3 \/ (4 * df &#8211; 1)) ]<\/em><\/p>\n<p>o\u00f9 <em>df<\/em> correspond aux degr\u00e9s de libert\u00e9 r\u00e9siduels associ\u00e9s \u00e0 l&rsquo;estimation de la variance.<\/p>\n<p>Selon les grilles de lecture heuristiques \u00e9tablies par Jacob Cohen dans les sciences comportementales :<\/p>\n<ul>\n<li><em>d \u2248 0,20<\/em> signale un effet de <strong>faible amplitude<\/strong>.<\/li>\n<li><em>d \u2248 0,50<\/em> signale un effet de <strong>taille moyenne<\/strong>.<\/li>\n<li><em>d \u2248 0,80<\/em> signale un effet de <strong>forte amplitude<\/strong>.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Ces balises descriptives ne doivent pas \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9es de mani\u00e8re dogmatique : en m\u00e9decine pr\u00e9ventive ou en \u00e9ducation, un effet de <em>d = 0,25<\/em> peut repr\u00e9senter un b\u00e9n\u00e9fice soci\u00e9tal substantiel, tandis qu&rsquo;en psychologie de laboratoire mesurant des temps de r\u00e9action automatis\u00e9s, des effets sup\u00e9rieurs \u00e0 <em>d = 1,00<\/em> sont fr\u00e9quents.<\/p>\n<h3>11.2 Normes typographiques et r\u00e9dactionnelles de l&rsquo;APA (7e \u00e9dition)<\/h3>\n<p>L&rsquo;American Psychological Association (<a target=\"_blank\" rel=\"noopener noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/apastyle.apa.org\/\">APA 7e \u00e9dition<\/a>) encadre la restitution textuelle et typographique des r\u00e9sultats statistiques. Les directives visent \u00e0 garantir la transparence absolue, la tra\u00e7abilit\u00e9 des algorithmes employ\u00e9s et l&rsquo;exhaustivit\u00e9 des param\u00e8tres d\u00e9ductifs.<\/p>\n<p>Les r\u00e8gles typographiques fondamentales imposent que toutes les lettres latines utilis\u00e9es pour d\u00e9signer des symboles statistiques (tels que <em>M<\/em> pour la moyenne, <em>SD<\/em> pour l&rsquo;\u00e9cart-type, <em>F<\/em> pour le test omnibus, <em>p<\/em> pour la valeur de significativit\u00e9, <em>t<\/em> pour les contrastes de Student et <em>d<\/em> pour la taille d&rsquo;effet) soient syst\u00e9matiquement compos\u00e9es en <em>italique<\/em>. En revanche, les lettres grecques (telles que <em>\u03b1<\/em> ou <em>\u03b2<\/em>) et les indices typographiques conservent un style romain droit. Les valeurs d\u00e9cimales ne pouvant math\u00e9matiquement pas exc\u00e9der l&rsquo;unit\u00e9 (comme les probabilit\u00e9s <em>p<\/em>) ne doivent jamais \u00eatre pr\u00e9c\u00e9d\u00e9es d&rsquo;un z\u00e9ro initial avant la virgule ou le point d\u00e9cimal (on \u00e9crit <em>p = .012<\/em> et non <em>p = 0.012<\/em> dans le format strict anglophone ; dans l&rsquo;usage francophone acad\u00e9mique, la virgule d\u00e9cimale est retenue avec maintien fr\u00e9quent de la formulation canonique sans z\u00e9ro ou avec z\u00e9ro selon les revues : <em>p &lt; ,001<\/em> ou <em>p &lt; 0,001<\/em>).<\/p>\n<p>Un rapport m\u00e9thodologique irr\u00e9prochable doit toujours introduire le r\u00e9sultat omnibus avant de d\u00e9tailler la cascade des analyses <em>post hoc<\/em>. Voici deux mod\u00e8les narratifs de reporting rigoureux conformes aux standards acad\u00e9miques internationaux :<\/p>\n<blockquote>\n<p><strong>Exemple 1 (Tukey HSD sous homosc\u00e9dasticit\u00e9) :<\/strong><br \/>\n  \u00ab L&rsquo;analyse de variance \u00e0 un facteur a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 un effet principal significatif du type d&rsquo;entra\u00eenement cognitif sur les performances mn\u00e9siques, <em>F<\/em>(3, 116) = 8,45, <em>p<\/em> &lt; 0,001, <em>\u03b7\u00b2_p<\/em> = 0,18. Les comparaisons <em>post hoc<\/em> par paires r\u00e9alis\u00e9es \u00e0 l&rsquo;aide du test HSD de Tukey indiquent que les participants assign\u00e9s \u00e0 l&rsquo;entra\u00eenement intensif (<em>M<\/em> = 78,4, <em>SD<\/em> = 6,2) obtiennent des scores significativement plus \u00e9lev\u00e9s que ceux du groupe sous entra\u00eenement standard (<em>M<\/em> = 71,2, <em>SD<\/em> = 5,8), <em>p<\/em>_ajust\u00e9 = 0,002, <em>d<\/em> = 0,81, IC 95 % [2,45 ; 11,95], ainsi que par rapport au groupe t\u00e9moin passif (<em>M<\/em> = 68,1, <em>SD<\/em> = 6,5), <em>p<\/em>_ajust\u00e9 &lt; 0,001, <em>d<\/em> = 1,15, IC 95 % [5,55 ; 15,05]. En revanche, aucune diff\u00e9rence statistiquement significative n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 d\u00e9tect\u00e9e entre l&rsquo;entra\u00eenement standard et le groupe t\u00e9moin, <em>p<\/em>_ajust\u00e9 = 0,248, <em>d<\/em> = 0,34, IC 95 % [-1,65 ; 7,85]. \u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p><strong>Exemple 2 (Games-Howell face \u00e0 l&rsquo;h\u00e9t\u00e9rosc\u00e9dasticit\u00e9) :<\/strong><br \/>\n  \u00ab Le test de Levene ayant r\u00e9v\u00e9l\u00e9 une violation significative du postulat d&rsquo;homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 des variances, <em>F<\/em>(2, 45) = 6,82, <em>p<\/em> = 0,003, les comparaisons multiples ont \u00e9t\u00e9 conduites \u00e0 l&rsquo;aide de la proc\u00e9dure robuste de Games-Howell. L&rsquo;analyse met en \u00e9vidence une baisse significative de l&rsquo;indice de symptomatologie au sein de la cohorte ayant b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de la nouvelle psychoth\u00e9rapie (<em>M<\/em> = 22,3, <em>SD<\/em> = 8,9) par rapport au groupe sous prise en charge m\u00e9dicamenteuse exclusive (<em>M<\/em> = 31,8, <em>SD<\/em> = 3,4), <em>t<\/em>(21,4) = 3,92, <em>p<\/em>_ajust\u00e9 = 0,002, <em>g<\/em> = 1,41, IC 95 % [3,85 ; 15,15]. \u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>11.3 Visualisation graphique rigoureuse des comparaisons multiples<\/h3>\n<p>La transmission visuelle des r\u00e9sultats comparatifs constitue un aspect essentiel de la communication scientifique. Une repr\u00e9sentation graphique mal con\u00e7ue peut masquer des asym\u00e9tries de dispersion critiques ou induire des conclusions h\u00e2tives quant \u00e0 la significativit\u00e9 des contrastes.<\/p>\n<p>La pratique traditionnelle consistant \u00e0 publier des diagrammes en barres simples (souvent nomm\u00e9s graphiques \u00ab dynamite \u00bb lorsqu&rsquo;ils sont surmont\u00e9s d&rsquo;une demi-barre d&rsquo;\u00e9cart-type) est aujourd&rsquo;hui d\u00e9courag\u00e9e par les \u00e9diteurs scientifiques. Ces repr\u00e9sentations dissimulent la densit\u00e9 r\u00e9elle des donn\u00e9es et peuvent conf\u00e9rer une impression de pr\u00e9cision trompeuse. La visualisation contemporaine privil\u00e9gie les <strong>graphiques de dispersion avec moyennes et intervalles de confiance ajust\u00e9s<\/strong>, les diagrammes en violon (<em>violin plots<\/em>) ou les bo\u00eetes \u00e0 moustaches enrichies de points individuels (<em>jittered points<\/em>), qui exposent simultan\u00e9ment l&#8217;emplacement des centres de gravit\u00e9 et la distribution brute des mesures.<\/p>\n<p>Pour mat\u00e9rialiser visuellement les r\u00e9sultats des tests <em>post hoc<\/em> sur une figure sans surcharger l&rsquo;espace d&rsquo;une multitude de barres d&rsquo;accolades horizontales surmont\u00e9es d&rsquo;\u00e9toiles, la m\u00e9thodologie recommande l&rsquo;utilisation du <strong>syst\u00e8me de lettrage compact<\/strong> (<em>Compact Letter Display<\/em> ou CLD). Ce formalisme ob\u00e9it \u00e0 une r\u00e8gle simple : deux groupes ne diff\u00e9rant pas statistiquement au seuil choisi partagent une m\u00eame lettre minuscule situ\u00e9e au-dessus de leur marqueur graphique :<\/p>\n<ul>\n<li>Un groupe surmont\u00e9 de la lettre \u00ab a \u00bb diff\u00e8re significativement de tout groupe surmont\u00e9 de la lettre \u00ab b \u00bb.<\/li>\n<li>Un groupe surmont\u00e9 de la combinaison \u00ab ab \u00bb pr\u00e9sente une moyenne statistiquement interm\u00e9diaire : il ne se distingue ni du groupe \u00ab a \u00bb, ni du groupe \u00ab b \u00bb.<\/li>\n<li>Un groupe distant pr\u00e9sentant des divergences avec tous les autres re\u00e7oit la lettre exclusive \u00ab c \u00bb.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Lors de l&rsquo;utilisation de barres d&rsquo;erreur classiques, il est primordial de pr\u00e9ciser explicitement en l\u00e9gende si celles-ci repr\u00e9sentent l&rsquo;\u00e9cart-type des observations (<em>SD<\/em>), l&rsquo;erreur type de la moyenne (<em>SEM<\/em>) ou l&rsquo;intervalle de confiance \u00e0 95 %. Il convient de rappeler aux lecteurs une r\u00e8gle fondamentale d&rsquo;inf\u00e9rence visuelle : la non-superposition de deux intervalles de confiance \u00e0 95 % bilat\u00e9raux calcul\u00e9s isol\u00e9ment pour deux moyennes est une condition suffisante, mais nullement n\u00e9cessaire, pour d\u00e9clarer une diff\u00e9rence significative. Pour \u00e9valuer graphiquement une divergence <em>post hoc<\/em> avec pr\u00e9cision, seuls les intervalles de confiance construits sp\u00e9cifiquement sur la <strong>diff\u00e9rence des moyennes<\/strong> int\u00e9grant l&rsquo;ajustement pour multiplicit\u00e9 permettent une d\u00e9duction rigoureuse.<\/p>\n<h2>12. Pi\u00e8ges m\u00e9thodologiques, controverses et alternatives statistiques contemporaines<\/h2>\n<h3>12.1 Le pi\u00e8ge persistant du test LSD de Fisher (Least Significant Difference)<\/h3>\n<p>Parmi l&rsquo;arsenal des techniques de comparaisons multiples, le test LSD de Fisher (<em>Plus Petite Diff\u00e9rence Significative<\/em>) occupe une place singuli\u00e8re : c&rsquo;est la m\u00e9thode historiquement la plus ancienne, mais aussi l&rsquo;une des plus susceptibles d&rsquo;induire des erreurs d&rsquo;interpr\u00e9tation lorsqu&rsquo;elle est mal employ\u00e9e.<\/p>\n<p>Dans sa modalit\u00e9 initiale formul\u00e9e en 1935, le \u00ab LSD prot\u00e9g\u00e9 \u00bb est structur\u00e9 selon une r\u00e8gle hi\u00e9rarchique \u00e0 deux degr\u00e9s :<\/p>\n<ol>\n<li>L&rsquo;exp\u00e9rimentateur calcule d&rsquo;abord le test <em>F<\/em> omnibus de l&rsquo;ANOVA. Si celui-ci n&rsquo;est pas statistiquement significatif (<em>p \u2265 0,05<\/em>), l&rsquo;analyse s&rsquo;interrompt.<\/li>\n<li>Si le test <em>F<\/em> est significatif, le chercheur s&rsquo;autorise \u00e0 ex\u00e9cuter des tests <em>t<\/em> de Student standards non corrig\u00e9s (au seuil <em>\u03b1 = 0,05<\/em> nominal) entre toutes les paires possibles, en mobilisant simplement l&rsquo;erreur r\u00e9siduelle globale (<em>MS_error<\/em>) au sein de la statistique :<br \/>\n    <br \/><em>LSD = t_(crit; df_error) * \u221a( MS_error * (1\/n\u1d62 + 1\/n\u2c7c) )<\/em>\n  <\/li>\n<\/ol>\n<p>L&rsquo;argument historique en faveur du LSD prot\u00e9g\u00e9 stipulait que le test <em>F<\/em> pr\u00e9liminaire fournissait un rempart complet contre le risque d&rsquo;erreur de type I. Cette all\u00e9gation est math\u00e9matiquement exacte <strong>uniquement et exclusivement lorsque le plan exp\u00e9rimental comprend pr\u00e9cis\u00e9ment k = 3 groupes<\/strong>. Pour trois conditions, les th\u00e9oriciens ont d\u00e9montr\u00e9 que le filtrage par le test omnibus limite le taux d&rsquo;erreur par famille global \u00e0 un niveau qui ne d\u00e9passe jamais les 5 % nominaux.<\/p>\n<p>Le pi\u00e8ge m\u00e9thodologique survient d\u00e8s lors que <em>k \u2265 4<\/em>. Dans un dispositif \u00e0 quatre conditions ou davantage, le test <em>F<\/em> omnibus peut \u00eatre rendu significatif par l&rsquo;\u00e9cart spectaculaire s\u00e9parant les deux groupes extr\u00eames, tandis que les deux groupes interm\u00e9diaires proviennent en r\u00e9alit\u00e9 d&rsquo;une distribution strictement identique. Le test <em>F<\/em> franchit alors le seuil de rejet et \u00ab d\u00e9verrouille \u00bb la protection globale. L&rsquo;exp\u00e9rimentateur ex\u00e9cute ensuite ses tests <em>t<\/em> non corrig\u00e9s sur les groupes interm\u00e9diaires et rejette ind\u00fbment l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 avec un taux d&rsquo;erreur de type I r\u00e9el pouvant culminer \u00e0 15 % ou 20 % pour cette paire. D\u00e8s lors, le consensus contemporain de la communaut\u00e9 statistique r\u00e9clame l&rsquo;abandon syst\u00e9matique du test LSD d\u00e8s que l&rsquo;exp\u00e9rience comporte quatre conditions ou plus, au b\u00e9n\u00e9fice de proc\u00e9dures r\u00e9gulatrices stables comme Tukey ou Holm-Bonferroni.<\/p>\n<h3>12.2 Pratiques douteuses de recherche : le P-hacking appliqu\u00e9 aux tests post hoc<\/h3>\n<p>La multiplicit\u00e9 des proc\u00e9dures <em>post hoc<\/em> disponibles dans les logiciels a ouvert la voie \u00e0 des d\u00e9rives m\u00e9thodologiques qualifi\u00e9es de <em>p-hacking<\/em> ou de pratiques de recherche douteuses (<em>Questionable Research Practices<\/em>, QRP). Ces comportements consistent \u00e0 tester de mani\u00e8re opportuniste diverses m\u00e9thodes d&rsquo;ajustement jusqu&rsquo;\u00e0 trouver celle qui fait basculer artificiellement un seuil de significativit\u00e9 sous la ligne magique de <em>p &lt; 0,05<\/em>.<\/p>\n<p>Le cycle typique de cette distorsion se d\u00e9roule souvent ainsi :<\/p>\n<ul>\n<li>Un exp\u00e9rimentateur lance initialement un test HSD de Tukey pour explorer l&rsquo;ensemble de ses contrastes. Le r\u00e9sultat de la paire cl\u00e9 de son hypoth\u00e8se affiche <em>p = 0,068<\/em> (non significatif).<\/li>\n<li>Plut\u00f4t que d&rsquo;accepter ce r\u00e9sultat, le chercheur r\u00e9ex\u00e9cute l&rsquo;analyse avec la correction de Newman-Keuls ou le test LSD de Fisher, plus permissifs, jusqu&rsquo;\u00e0 obtenir <em>p = 0,041<\/em>.<\/li>\n<li>Dans la r\u00e9daction finale de son article, il omet de mentionner la premi\u00e8re \u00e9tape et ne rapporte que le test ayant d\u00e9livr\u00e9 le seuil d\u00e9sir\u00e9, sous le pr\u00e9texte fallacieux d&rsquo;un \u00ab choix stylistique d&rsquo;analyse \u00bb.<\/li>\n<li>Une d\u00e9rive sym\u00e9trique consiste \u00e0 omettre d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment du manuscrit final deux des conditions initialement mesur\u00e9es pour r\u00e9duire la valeur de <em>k<\/em>, all\u00e9geant ainsi la p\u00e9nalit\u00e9 de Bonferroni ou de Tukey pour faire \u00e9merger des r\u00e9sultats significatifs sur les groupes conserv\u00e9s.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Pour contrecarrer ces alt\u00e9rations de l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 scientifique, le mouvement pour la <strong>science ouverte<\/strong> pr\u00e9conise le pr\u00e9-enregistrement formel des protocoles exp\u00e9rimentaux (<em>Preregistration<\/em>) et les rapports enregistr\u00e9s (<em>Registered Reports<\/em>). Dans ces dispositifs institutionnels, les chercheurs s&rsquo;engagent par \u00e9crit, avant toute collecte de donn\u00e9es, sur la liste exacte des comparaisons pr\u00e9vues, la nature des hypoth\u00e8ses (<em>a priori<\/em> vs <em>post hoc<\/em>) et les algorithmes pr\u00e9cis de correction qui seront mobilis\u00e9s (par exemple, \u00ab Les comparaisons exhaustives par paires seront conduites par le test de Games-Howell au seuil \u03b1 = 0,05 en raison du risque d&rsquo;h\u00e9t\u00e9rosc\u00e9dasticit\u00e9 \u00bb). Cet ancrage pr\u00e9alable neutralise les tentations d&rsquo;exploration opportuniste et restaure la valeur probatoire des inf\u00e9rences statistiques publi\u00e9es.<\/p>\n<h3>12.3 Perspectives alternatives : approches bay\u00e9siennes et tests d&rsquo;\u00e9quivalence<\/h3>\n<p>Face aux limites conceptuelles inh\u00e9rentes au cadre fr\u00e9quentiste classique \u2014 notamment la fixation rigide sur le seuil arbitraire de 5 % et l&rsquo;impossibilit\u00e9 d&rsquo;apporter la preuve de l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 stricte des moyennes \u2014, la statistique contemporaine a d\u00e9velopp\u00e9 deux courants alternatifs compl\u00e9mentaires d&rsquo;un int\u00e9r\u00eat m\u00e9thodologique majeur pour l&rsquo;analyse des contrastes.<\/p>\n<p>Le premier courant repose sur l&rsquo;<strong>inf\u00e9rence bay\u00e9sienne<\/strong>. Plut\u00f4t que de s&rsquo;enfermer dans le calcul de valeurs <em>p<\/em> p\u00e9nalis\u00e9es, l&rsquo;approche bay\u00e9sienne calcule des <strong>facteurs de Bayes<\/strong> (not\u00e9s <em>BF\u2081\u2080<\/em> ou <em>BF\u2080\u2081<\/em>) pour chaque paire de moyennes sous examen. Le facteur de Bayes quantifie directement le rapport de vraisemblance des donn\u00e9es empiriques sous le mod\u00e8le alternatif (diff\u00e9rence r\u00e9elle) par rapport au mod\u00e8le nul (absence d&rsquo;effet) :<\/p>\n<ul>\n<li>Un <em>BF\u2081\u2080 = 15<\/em> indique que les donn\u00e9es recueillies sont 15 fois plus probables sous l&rsquo;hypoth\u00e8se d&rsquo;une r\u00e9elle diff\u00e9rence de moyennes que sous l&rsquo;hypoth\u00e8se d&rsquo;\u00e9galit\u00e9.<\/li>\n<li>Inversement, un <em>BF\u2080\u2081 = 8<\/em> permet d&rsquo;affirmer qu&rsquo;il y a 8 fois plus d&rsquo;\u00e9vidence empirique en faveur de <strong>l&rsquo;absence d&rsquo;effet<\/strong> (\u00e9galit\u00e9 des groupes), conclusion qu&rsquo;une valeur <em>p &gt; 0,05<\/em> fr\u00e9quentiste est par nature impuissante \u00e0 formuler.<\/li>\n<\/ul>\n<p>De surcro\u00eet, les estimations des param\u00e8tres par les <strong>intervalles de cr\u00e9dibilit\u00e9 bay\u00e9siens<\/strong> fournissent une distribution de probabilit\u00e9 directe de la diff\u00e9rence moyenne r\u00e9elle, affranchie de la d\u00e9pendance structurelle aux r\u00e8gles d&rsquo;arr\u00eat d&rsquo;\u00e9chantillonnage de la statistique fr\u00e9quentiste.<\/p>\n<p>Le second courant novateur est repr\u00e9sent\u00e9 par les <strong>tests d&rsquo;\u00e9quivalence<\/strong>, formalis\u00e9s dans la proc\u00e9dure des deux tests unilat\u00e9raux combin\u00e9s (<em>Two One-Sided Tests<\/em> ou <strong>TOST<\/strong>), largement popularis\u00e9e par Dani\u00ebl Lakens. Dans de nombreuses exp\u00e9rimentations, le but scientifique r\u00e9side dans la d\u00e9monstration que deux conditions sont cliniquement ou fonctionnellement \u00e9quivalentes (par exemple, prouver qu&rsquo;une intervention en t\u00e9l\u00e9consultation g\u00e9n\u00e8re des effets substantiellement comparables \u00e0 une intervention en pr\u00e9sentiel). L&rsquo;\u00e9chec d&rsquo;un test <em>post hoc<\/em> de Tukey \u00e0 atteindre la significativit\u00e9 ne prouve jamais l&rsquo;\u00e9quivalence ; il signale simplement une absence de preuve d&rsquo;une diff\u00e9rence.<\/p>\n<p>La m\u00e9thodologie TOST impose \u00e0 l&rsquo;exp\u00e9rimentateur de d\u00e9finir <em>a priori<\/em> une borne d&rsquo;\u00e9quivalence minimale (<em>Smallest Effect Size of Interest<\/em> ou SESOI), par exemple une marge de <em>\u0394 = \u00b10,30<\/em> \u00e9cart-type. La proc\u00e9dure \u00e9value ensuite formellement si la diff\u00e9rence observ\u00e9e entre les conditions se situe enti\u00e8rement \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de cet intervalle de tol\u00e9rance. Si les deux tests unilat\u00e9raux sont rejet\u00e9s, l&rsquo;analyste peut alors certifier avec une garantie statistique rigoureuse que les deux interventions sont <strong>statistiquement \u00e9quivalentes<\/strong>. L&rsquo;int\u00e9gration conjointe des contrastes de sup\u00e9riorit\u00e9 <em>post hoc<\/em> traditionnels et des tests d&rsquo;\u00e9quivalence enrichit consid\u00e9rablement le registre analytique de l&rsquo;exp\u00e9rimentateur moderne, assurant des conclusions m\u00e9thodologiques d&rsquo;une robustesse et d&rsquo;une lucidit\u00e9 scientifique optimales.<\/p>\n<h2>R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<ul>\n<li>Bonferroni, C. E. (1936). Teoria statistica delle classi e calcolo delle probabilit\u00e0. <em>Pubblicazioni del R. Istituto Superiore di Scienze Economiche e Commerciali di Firenze<\/em>, <em>8<\/em>, 3\u201362.<\/li>\n<li>Cohen, J. (1988). <em>Statistical power analysis for the behavioral sciences<\/em> (2e \u00e9d.). Lawrence Erlbaum Associates.<\/li>\n<li>Dunnett, C. W. (1955). A multiple comparison procedure for comparing several treatments with a control. <em>Journal of the American Statistical Association<\/em>, <em>50<\/em>(272), 1096\u20131121. <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1080\/01621459.1955.10501294\">https:\/\/doi.org\/10.1080\/01621459.1955.10501294<\/a><\/li>\n<li>Dunnett, C. W. (1980). Pairwise multiple comparisons in the unequal variance case. <em>Journal of the American Statistical Association<\/em>, <em>75<\/em>(372), 796\u2013800. <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1080\/01621459.1980.10477552\">https:\/\/doi.org\/10.1080\/01621459.1980.10477552<\/a><\/li>\n<li>Fisher, R. A. (1935). <em>The design of experiments<\/em>. Oliver and Boyd.<\/li>\n<li>Games, P. A., &amp; Howell, J. F. (1976). Pairwise multiple comparison procedures with unequal n&rsquo;s and\/or variances: A Monte Carlo study. <em>Journal of Educational Statistics<\/em>, <em>1<\/em>(2), 113\u2013125. <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.3102\/10769986001002113\">https:\/\/doi.org\/10.3102\/10769986001002113<\/a><\/li>\n<li>Hedges, L. V. (1981). Distribution theory for Glass&rsquo;s estimator of effect size and related estimators. <em>Journal of Educational Statistics<\/em>, <em>6<\/em>(2), 107\u2013128. <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.3102\/10769986006002107\">https:\/\/doi.org\/10.3102\/10769986006002107<\/a><\/li>\n<li>Holm, S. (1979). A simple sequentially rejective multiple test procedure. <em>Scandinavian Journal of Statistics<\/em>, <em>6<\/em>(2), 65\u201370. <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/www.jstor.org\/stable\/4615733\">https:\/\/www.jstor.org\/stable\/4615733<\/a><\/li>\n<li>Ioannidis, J. P. A. (2005). Why most published research findings are false. <em>PLOS Medicine<\/em>, <em>2<\/em>(8), Article e124. <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1371\/journal.pmed.0020124\">https:\/\/doi.org\/10.1371\/journal.pmed.0020124<\/a><\/li>\n<li>Kramer, C. Y. (1956). Extension of multiple range tests to group means with unequal numbers of replications. <em>Biometrics<\/em>, <em>12<\/em>(3), 307\u2013310. <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.2307\/3001466\">https:\/\/doi.org\/10.2307\/3001466<\/a><\/li>\n<li>Lakens, D. (2017). Equivalence testing for psychological research: A tutorial. <em>Advances in Methods and Practices in Psychological Science<\/em>, <em>1<\/em>(2), 259\u2013269. <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1177\/2515245918770963\">https:\/\/doi.org\/10.1177\/2515245918770963<\/a><\/li>\n<li>Loftus, G. R., &amp; Masson, M. E. (1994). Using confidence intervals in within-subject designs. <em>Psychonomic Bulletin &amp; Review<\/em>, <em>1<\/em>(4), 476\u2013490. <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.3758\/BF03210951\">https:\/\/doi.org\/10.3758\/BF03210951<\/a><\/li>\n<li>Maxwell, S. E., Delaney, H. D., &amp; Kelley, K. (2018). <em>Designing experiments and analyzing data: A model comparison perspective<\/em> (3e \u00e9d.). Routledge.<\/li>\n<li>Scheff\u00e9, H. (1953). A method for judging all contrasts in the analysis of variance. <em>Biometrika<\/em>, <em>40<\/em>(1\/2), 87\u2013104. <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.2307\/2333100\">https:\/\/doi.org\/10.2307\/2333100<\/a><\/li>\n<li>\u0160id\u00e1k, Z. (1967). Rectangular confidence regions for the means of multivariate normal distributions. <em>Journal of the American Statistical Association<\/em>, <em>62<\/em>(318), 626\u2013633. <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1080\/01621459.1967.10482935\">https:\/\/doi.org\/10.1080\/01621459.1967.10482935<\/a><\/li>\n<li>Simmons, J. P., Nelson, L. D., &amp; Simonsohn, U. (2011). False-positive psychology: Undisclosed flexibility in data collection and analysis allows presenting anything as significant. <em>Psychological Science<\/em>, <em>22<\/em>(11), 1359\u20131366. <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1177\/0956797611417632\">https:\/\/doi.org\/10.1177\/0956797611417632<\/a><\/li>\n<li>Tamhane, A. C. (1979). A comparison of procedures for multiple comparisons of means with unequal variances. <em>Journal of the American Statistical Association<\/em>, <em>74<\/em>(366), 471\u2013480. <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1080\/01621459.1979.10482539\">https:\/\/doi.org\/10.1080\/01621459.1979.10482539<\/a><\/li>\n<li>Tukey, J. W. (1949). Comparing individual means in the analysis of variance. <em>Biometrics<\/em>, <em>5<\/em>(2), 99\u2013114. <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.2307\/3001913\">https:\/\/doi.org\/10.2307\/3001913<\/a><\/li>\n<li>Wagenmakers, E.-J., Love, J., Marsman, M., Jamil, T., Ly, A., Verhagen, J., Selker, R., Gronau, Q. F., Dropmann, D., Boutin, B., Meerhoff, F., Knight, P., Raj, A., van Kesteren, E.-J., van Doorn, J., \u0160m\u00edra, M., Epskamp, S., Etz, A., &amp; Morey, R. D. (2018). Bayesian inference for psychology. Part II: Example applications with JASP. <em>Psychonomic Bulletin &amp; Review<\/em>, <em>25<\/em>(1), 58\u201376. <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.3758\/s13423-017-1323-7\">https:\/\/doi.org\/10.3758\/s13423-017-1323-7<\/a><\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Guide acad\u00e9mique complet sur l&rsquo;application, l&rsquo;interpr\u00e9tation et le choix des tests post hoc apr\u00e8s une ANOVA dans la recherche en sciences psychologiques.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","template":"","categories":[1829,1994],"tags":[2224,8403,1942,6065,2655],"class_list":["post-7448","psych_stat","type-psych_stat","status-publish","hentry","category-methodologie-statistique","category-psychologie-experimentale","tag-anova","tag-correction-de-bonferroni","tag-statistiques-en-psychologie","tag-test-de-tukey","tag-tests-post-hoc"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_stat\/7448","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_stat"}],"about":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/psych_stat"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=7448"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_stat\/7448\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7451,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_stat\/7448\/revisions\/7451"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=7448"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=7448"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=7448"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}