{"id":7389,"date":"2026-09-16T20:00:51","date_gmt":"2026-09-16T20:00:51","guid":{"rendered":"http:\/\/french.arabpsychology.com\/statistics\/qu-est-ce-qu-une-moyenne-marginale-definition-et-exemple\/"},"modified":"2026-09-16T20:01:00","modified_gmt":"2026-09-16T20:01:00","slug":"qu-est-ce-qu-une-moyenne-marginale-definition-et-exemple","status":"publish","type":"psych_stat","link":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/?psych_stat=qu-est-ce-qu-une-moyenne-marginale-definition-et-exemple","title":{"rendered":"Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;une moyenne marginale ? (D\u00e9finition et exemple)"},"content":{"rendered":"<p>Dans le paysage contemporain de la recherche quantitative en sciences humaines, sociales et biom\u00e9dicales, la mod\u00e9lisation statistique ne se r\u00e9sume plus \u00e0 une simple description d&rsquo;\u00e9chantillons homog\u00e8nes. D\u00e8s lors que les protocoles exp\u00e9rimentaux int\u00e8grent des structures factorielles crois\u00e9es, la compr\u00e9hension pr\u00e9cise des m\u00e9triques d&rsquo;\u00e9valuation devient une exigence m\u00e9thodologique primordiale. Parmi ces m\u00e9triques, la <strong>moyenne marginale<\/strong> occupe une position centrale, servant de passerelle analytique entre les observations brutes recueillies en laboratoire et les inf\u00e9rences th\u00e9oriques g\u00e9n\u00e9ralisables \u00e0 l&rsquo;ensemble d&rsquo;une population cible. Pourtant, son calcul, sa signification exacte et sa port\u00e9e d\u00e9ductive sont fr\u00e9quemment obscurcis par des confusions r\u00e9currentes avec les moyennes conditionnelles d&rsquo;\u00e9chantillon ou les grandes moyennes d&rsquo;agr\u00e9gation globale.<\/p>\n<p>L&rsquo;analyse des ph\u00e9nom\u00e8nes comportementaux complexes exige des chercheurs qu&rsquo;ils isolent l&rsquo;influence de variables ind\u00e9pendantes sp\u00e9cifiques sans pour autant ignorer la structure multidimensionnelle au sein de laquelle ces variables op\u00e8rent. Qu&rsquo;il s&rsquo;agisse d&rsquo;\u00e9valuer l&rsquo;efficacit\u00e9 diff\u00e9rentielle d&rsquo;interventions psychoth\u00e9rapeutiques \u00e0 travers diff\u00e9rentes strates cliniques ou de mesurer l&rsquo;impact de techniques p\u00e9dagogiques selon les profils sociod\u00e9mographiques, la moyenne marginale permet de r\u00e9sumer l&rsquo;effet principal d&rsquo;un facteur en neutralisant ou en standardisant l&rsquo;impact des autres facteurs concomitants. Cette d\u00e9marche de synth\u00e8se math\u00e9matique r\u00e9pond \u00e0 une n\u00e9cessit\u00e9 \u00e9pist\u00e9mologique : comment d\u00e9gager une loi psychologique g\u00e9n\u00e9rale tout en tenant compte de la variabilit\u00e9 intrins\u00e8que des sous-groupes d&rsquo;individus observ\u00e9s ?<\/p>\n<p>Le pr\u00e9sent article propose une analyse approfondie et syst\u00e9matique de la moyenne marginale, depuis ses fondements math\u00e9matiques et historiques jusqu&rsquo;\u00e0 ses applications avanc\u00e9es dans les protocoles de neurosciences, de psychom\u00e9trie et de psychologie cognitive. En articulant formalisation th\u00e9orique rigoureuse, d\u00e9monstrations num\u00e9riques pas \u00e0 pas, comparaisons critiques et recommandations computationnelles sous les environnements logiciels de r\u00e9f\u00e9rence (R, SPSS, Python), ce guide vise \u00e0 doter les chercheurs, \u00e9tudiants et praticiens des outils conceptuels indispensables pour interpr\u00e9ter, communiquer et publier des r\u00e9sultats statistiques irr\u00e9prochables, conformes aux standards acad\u00e9miques contemporains les plus exigeants.<\/p>\n<h2>1. 1. Introduction fondamentale \u00e0 la moyenne marginale en statistiques psychologiques<\/h2>\n<h3>1.1 1.1 D\u00e9finition g\u00e9n\u00e9rale et importance dans la recherche comportementale<\/h3>\n<p>D&rsquo;un point de vue conceptuel \u00e9l\u00e9mentaire, la moyenne marginale d\u00e9signe la moyenne des valeurs d&rsquo;une variable d\u00e9pendante calcul\u00e9e pour une modalit\u00e9 sp\u00e9cifique d&rsquo;une variable ind\u00e9pendante donn\u00e9e, apr\u00e8s avoir agr\u00e9g\u00e9 et combin\u00e9 l&rsquo;ensemble des modalit\u00e9s des autres variables ind\u00e9pendantes incluses dans le plan d&rsquo;exp\u00e9rience. Historiquement, l&rsquo;expression tire son ancrage lexical de la disposition spatiale concr\u00e8te des premiers registres d&rsquo;inventaire et des tables de contingence manuelles : les chercheurs et actuaires inscrivaient les sommes et moyennes des sous-groupes dans les marges physiques \u2014 horizontales et verticales \u2014 de la feuille de calcul sur laquelle \u00e9taient dress\u00e9es les colonnes et lignes du protocole. Ce qui n&rsquo;\u00e9tait au d\u00e9part qu&rsquo;une convention de mise en page calligraphique s&rsquo;est progressivement mu\u00e9 en un concept statistique formel dot\u00e9 de propri\u00e9t\u00e9s inf\u00e9rentielles majeures.<\/p>\n<p>Dans le domaine de la recherche comportementale et de la psychologie exp\u00e9rimentale, l&rsquo;importance de ce concept s&rsquo;av\u00e8re consid\u00e9rable. Les comportements humains ne sont que tr\u00e8s rarement r\u00e9gis par des facteurs d&rsquo;influence uniques et isol\u00e9s. Un protocole clinique \u00e9tudiant la d\u00e9pression majeure testera couramment l&rsquo;effet d&rsquo;une mol\u00e9cule pharmacologique en association avec un type de psychoth\u00e9rapie, tout en stratifiant par tranche d&rsquo;\u00e2ge ou niveau de s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 symptomatique. Face \u00e0 une telle multiplicit\u00e9 factorielle, le chercheur a besoin d&rsquo;isoler l&rsquo;effet moyen d&rsquo;un traitement th\u00e9rapeutique pr\u00e9cis ind\u00e9pendamment de la distribution des variables mod\u00e9ratrices pr\u00e9sentes dans son sch\u00e9ma exp\u00e9rimental. La moyenne marginale constitue pr\u00e9cis\u00e9ment l&rsquo;outil math\u00e9matique idoine pour quantifier cet effet global sans \u00eatre biais\u00e9 par la granularit\u00e9 excessive des sous-\u00e9chantillons locaux.<\/p>\n<p>De surcro\u00eet, la moyenne marginale r\u00e9pond \u00e0 une exigence de parcimonie scientifique. Elle permet de synth\u00e9tiser des ensembles de donn\u00e9es multidimensionnelles extr\u00eamement denses en un ensemble restreint d&rsquo;indicateurs intuitifs et directement interpr\u00e9tables. Lorsqu&rsquo;une \u00e9tude \u00e9value les capacit\u00e9s d&rsquo;apprentissage moteur \u00e0 travers trois m\u00e9thodes d&rsquo;entra\u00eenement chez des sujets novices et experts, la moyenne marginale de chaque m\u00e9thode d&rsquo;entra\u00eenement offre une \u00e9valuation globale et unifi\u00e9e de son efficacit\u00e9 p\u00e9dagogique fondamentale, servant ainsi de guide d\u00e9cisionnel tant pour la recherche fondamentale que pour l&rsquo;application pratique sur le terrain \u00e9ducatif ou clinique.<\/p>\n<figure class=\"wpt-preserved-image\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/french.arabpsychology.com\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/marginalMean9.png\" alt=\"\" \/><\/figure>\n<h3>1.2 1.2 Le cadre des mod\u00e8les lin\u00e9aires et de l&rsquo;analyse factorielle<\/h3>\n<p>L&rsquo;int\u00e9gration de la moyenne marginale dans la panoplie des outils quantitatifs modernes s&rsquo;est consolid\u00e9e avec le d\u00e9veloppement et la formalisation du mod\u00e8le lin\u00e9aire g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 par John Nelder et Robert Wedderburn au d\u00e9but des ann\u00e9es 1970. Au sein de cette architecture th\u00e9orique, la moyenne marginale n&rsquo;est plus simplement une moyenne arithm\u00e9tique descriptive calcul\u00e9e sur un coin de table, mais l&rsquo;estimation ponctuelle d&rsquo;un param\u00e8tre populationnel sous-jacent issu de la combinaison lin\u00e9aire de variables explicatives cat\u00e9gorielles et continues. Elle structure la lecture des matrices de conception exp\u00e9rimentale en assignant une esp\u00e9rance math\u00e9matique nette \u00e0 chaque modalit\u00e9 factorielle.<\/p>\n<p>C&rsquo;est tout particuli\u00e8rement dans le cadre de l&rsquo;analyse de variance (ANOVA) factorielle que la moyenne marginale d\u00e9montre sa puissance op\u00e9ratoire. Lorsqu&rsquo;un plan factoriel crois\u00e9 de type 2&#215;2, 2&#215;3 ou 3&#215;4 est mis en \u0153uvre, l&rsquo;\u00e9valuation des effets principaux d&rsquo;un facteur d\u00e9pend exclusivement de la variance observ\u00e9e entre ses moyennes marginales respectives. Si les moyennes marginales associ\u00e9es aux diff\u00e9rentes modalit\u00e9s d&rsquo;un facteur A ne pr\u00e9sentent pas de diff\u00e9rences statistiquement significatives au regard de l&rsquo;erreur r\u00e9siduelle, le chercheur conclut \u00e0 l&rsquo;absence d&rsquo;effet principal dudit facteur, ind\u00e9pendamment de ce qui peut \u00eatre observ\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle micro-analytique des cellules individuelles.<\/p>\n<p>Cette approche impose d&rsquo;\u00e9tablir d\u00e8s l&rsquo;abord une distinction fondamentale entre les observations brutes individuelles, les moyennes de cellules (qui correspondent aux intersections factorielles strictes, c&rsquo;est-\u00e0-dire aux conditions exp\u00e9rimentales conjointes) et les moyennes marginales proprement dites. Tandis que la moyenne de cellule capture la r\u00e9ponse comportementale sp\u00e9cifique \u00e0 un contexte exp\u00e9rimental hautement contraint et situ\u00e9, la moyenne marginale abstrait le contexte transversal pour d\u00e9gager la contribution moyenne inh\u00e9rente \u00e0 un niveau factoriel unitaire, constituant ainsi le socle des tests omnibus bas\u00e9s sur la distribution F de Fisher-Snedecor.<\/p>\n<h3>1.3 1.3 Utilit\u00e9 m\u00e9thodologique pour la psychom\u00e9trie et les neurosciences<\/h3>\n<p>Dans les champs sp\u00e9cialis\u00e9s de la psychom\u00e9trie contemporaine, la moyenne marginale s&rsquo;av\u00e8re indispensable pour l&rsquo;\u00e9talonnage et la validation d&rsquo;instruments de mesure psychologiques standardis\u00e9s. Lors de l&rsquo;administration d&rsquo;\u00e9chelles d&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9, d&rsquo;extraversion ou d&rsquo;efficience intellectuelle \u00e0 des cohortes h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes, les psychom\u00e9triciens doivent s&rsquo;assurer que les scores attribu\u00e9s \u00e0 des groupes sociod\u00e9mographiques distincts (par exemple, selon l&rsquo;\u00e2ge, le statut socio-\u00e9conomique ou le niveau d&rsquo;instruction) refl\u00e8tent des construits latents comparables. L&rsquo;agr\u00e9gation des scores sous forme de moyennes marginales permet d&rsquo;examiner le comportement global des \u00e9chelles \u00e0 travers diverses cohortes tout en contr\u00f4lant l&rsquo;impact des variables de confusion d\u00e9mographiques qui fausseraient une comparaison brute directe.<\/p>\n<p>Dans les neurosciences cognitives et computationnelles, o\u00f9 les protocoles utilisent couramment l&rsquo;imagerie par r\u00e9sonance magn\u00e9tique fonctionnelle (IRMf) ou l&rsquo;\u00e9lectroenc\u00e9phalographie (EEG) \u00e0 haute densit\u00e9, les jeux de donn\u00e9es se caract\u00e9risent par une dimensionalit\u00e9 massive et des plans d&rsquo;exp\u00e9rience \u00e0 mesures r\u00e9p\u00e9t\u00e9es complexes. Les chercheurs y analysent des potentiels \u00e9voqu\u00e9s ou des variations du signal BOLD face \u00e0 des stimuli visuels variant selon de multiples attributs (par exemple, la valence \u00e9motionnelle, la fr\u00e9quence spatiale et la vitesse de pr\u00e9sentation). Le calcul des moyennes marginales temporelles ou spatiales permet de mod\u00e9liser les r\u00e9ponses c\u00e9r\u00e9brales moyennes associ\u00e9es \u00e0 une modalit\u00e9 sensorielle unique sans que ces mesures ne soient art\u00e9fact\u00e9es par l&rsquo;h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 des variations individuelles ou des blocs de passation s\u00e9quentiels.<\/p>\n<p>Enfin, la standardisation du reporting des r\u00e9sultats scientifiques selon les directives formelles \u00e9dict\u00e9es par l&rsquo;American Psychological Association (APA 7e \u00e9dition) place la moyenne marginale au c\u0153ur de la communication acad\u00e9mique. Les comit\u00e9s de lecture et les revues \u00e0 fort facteur d&rsquo;impact exigent syst\u00e9matiquement la pr\u00e9sentation des moyennes marginales accompagn\u00e9es de leurs erreurs types ou intervalles de confiance associ\u00e9s pour chaque effet principal rapport\u00e9. Cette transparence m\u00e9thodologique facilite la comparabilit\u00e9 inter-groupes, autorise l&rsquo;int\u00e9gration pr\u00e9cise des r\u00e9sultats dans des m\u00e9ta-analyses ult\u00e9rieures et garantit la r\u00e9plicabilit\u00e9 des d\u00e9ductions empiriques au sein de la communaut\u00e9 scientifique internationale.<\/p>\n<h2>2. 2. D\u00e9finition math\u00e9matique et formalisation conceptuelle<\/h2>\n<h3>2.1 2.1 Formulation math\u00e9matique de base<\/h3>\n<p>Pour fonder rigoureusement le concept de moyenne marginale, il convient de poser un cadre math\u00e9matique explicite. Consid\u00e9rons un plan factoriel crois\u00e9 \u00e0 deux facteurs, d\u00e9sign\u00e9s respectivement par les symboles factoriels A et B. Supposons que le facteur A comporte un nombre de modalit\u00e9s not\u00e9 I (index\u00e9 par la lettre minuscule i variant de 1 \u00e0 I), et que le facteur B comporte un nombre de modalit\u00e9s not\u00e9 J (index\u00e9 par la lettre minuscule j variant de 1 \u00e0 J). Chaque intersection entre la modalit\u00e9 i du facteur A et la modalit\u00e9 j du facteur B constitue une cellule exp\u00e9rimentale \u00e9l\u00e9mentaire, au sein de laquelle la variable d\u00e9pendante continue Y est observ\u00e9e sur un nombre d&rsquo;individus ou d&rsquo;unit\u00e9s d&rsquo;observation not\u00e9 n_ij.<\/p>\n<p>La moyenne observ\u00e9e au sein d&rsquo;une cellule exp\u00e9rimentale unique, qualifi\u00e9e de moyenne conditionnelle locale ou moyenne de cellule, est formellement exprim\u00e9e par la sommation arithm\u00e9tique classique des observations individuelles divis\u00e9e par le nombre de sujets pr\u00e9sents dans cette cellule :<\/p>\n<p style=\"text-align: center;font-style: italic\">Y\u0304_ij = (1 \/ n_ij) * \u2211_{k=1}^{n_ij} Y_ijk<\/p>\n<p>\u00c0 partir de cette d\u00e9finition cellulaire, la moyenne marginale non pond\u00e9r\u00e9e de la modalit\u00e9 i du facteur A, conventionnellement not\u00e9e Y\u0304_i., repr\u00e9sente la simple moyenne arithm\u00e9tique des moyennes de cellules calcul\u00e9es sur l&rsquo;ensemble des J modalit\u00e9s du facteur B. L&rsquo;op\u00e9rateur de sommation porte alors sur l&rsquo;indice j :<\/p>\n<p style=\"text-align: center;font-style: italic\">Y\u0304_i. = (1 \/ J) * \u2211_{j=1}^{J} Y\u0304_ij<\/p>\n<p>De mani\u00e8re rigoureusement sym\u00e9trique, la moyenne marginale non pond\u00e9r\u00e9e de la modalit\u00e9 j du facteur B, not\u00e9e Y\u0304_.j, correspond \u00e0 la moyenne arithm\u00e9tique des moyennes de cellules calcul\u00e9es sur l&rsquo;ensemble des I modalit\u00e9s du facteur A, l&rsquo;op\u00e9rateur de sommation s&rsquo;appliquant cette fois sur l&rsquo;indice i :<\/p>\n<p style=\"text-align: center;font-style: italic\">Y\u0304_.j = (1 \/ I) * \u2211_{i=1}^{I} Y\u0304_ij<\/p>\n<p>Ces formulations arithm\u00e9tiques illustrent deux propri\u00e9t\u00e9s math\u00e9matiques fondamentales : la lin\u00e9arit\u00e9 et l&rsquo;invariance par translation. Si l&rsquo;on applique une transformation lin\u00e9aire affine de type f(Y) = a * Y + b \u00e0 l&rsquo;ensemble des scores individuels bruts, la nouvelle moyenne marginale correspondra exactement \u00e0 la transformation affine de la moyenne marginale d&rsquo;origine. Cette coh\u00e9rence formelle assure que les m\u00e9triques marginales conservent l&rsquo;int\u00e9gralit\u00e9 des relations d&rsquo;ordre et des \u00e9carts relatifs existant au sein des \u00e9chelles de mesure d&rsquo;intervalle couramment manipul\u00e9es en psychom\u00e9trie.<\/p>\n<h3>2.2 2.2 Propri\u00e9t\u00e9s distributionnelles et hypoth\u00e8ses sous-jacentes<\/h3>\n<p>L&rsquo;inf\u00e9rence statistique men\u00e9e \u00e0 partir des moyennes marginales repose sur un socle de postulats distributionnels pr\u00e9cis, inh\u00e9rents \u00e0 la th\u00e9orie des estimateurs lin\u00e9aires sans biais \u00e0 variance minimale. En premier lieu, le mod\u00e8le lin\u00e9aire sous-jacent assume que la variable al\u00e9atoire Y_ijk suit, au sein de chaque sous-cellule (i, j), une distribution normale de moyenne th\u00e9orique \u03bc_ij et de variance r\u00e9siduelle \u03c3\u00b2_ij. Cette normalit\u00e9 conditionnelle garantit, par les propri\u00e9t\u00e9s d&rsquo;addition des variables al\u00e9atoires ind\u00e9pendantes normalement distribu\u00e9es, que les moyennes de cellules Y\u0304_ij suivent elles-m\u00eames des distributions normales de param\u00e8tres respectifs \u03bc_ij et de variance \u03c3\u00b2_ij \/ n_ij.<\/p>\n<p>En second lieu, l&rsquo;hypoth\u00e8se d&rsquo;homosc\u00e9dasticit\u00e9, ou d&rsquo;\u00e9galit\u00e9 des variances intra-cellulaires, stipule que pour l&rsquo;ensemble des combinaisons factorielles (i, j), la variance r\u00e9siduelle est uniforme : \u03c3\u00b2_ij = \u03c3\u00b2 pour tout i et tout j. Lorsque cette condition d&rsquo;homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 est rigoureusement satisfaite, la variance de l&rsquo;estimateur de la moyenne marginale non pond\u00e9r\u00e9e Y\u0304_i. peut \u00eatre d\u00e9riv\u00e9e analytiquement de fa\u00e7on exacte. En admettant l&rsquo;ind\u00e9pendance statistique entre les sujets \u00e9chantillonn\u00e9s dans les diff\u00e9rentes cellules, la variance de la moyenne marginale non pond\u00e9r\u00e9e prend la forme suivante :<\/p>\n<p style=\"text-align: center;font-style: italic\">Var(Y\u0304_i.) = (1 \/ J\u00b2) * \u2211_{j=1}^{J} (\u03c3\u00b2 \/ n_ij) = (\u03c3\u00b2 \/ J\u00b2) * \u2211_{j=1}^{J} (1 \/ n_ij)<\/p>\n<p>Dans la situation th\u00e9orique id\u00e9ale o\u00f9 le plan d&rsquo;exp\u00e9rience est strictement \u00e9quilibr\u00e9, c&rsquo;est-\u00e0-dire lorsque chaque cellule comporte exactement le m\u00eame nombre d&rsquo;observations n (n_ij = n pour tout i et j), cette formulation se simplifie de mani\u00e8re remarquable en Var(Y\u0304_i.) = \u03c3\u00b2 \/ (J * n). Du point de vue asymptotique, en vertu du th\u00e9or\u00e8me central limite, d\u00e8s lors que les effectifs n_ij augmentent, la distribution d&rsquo;\u00e9chantillonnage de la moyenne marginale converge avec une grande r\u00e9gularit\u00e9 vers une loi normale, conf\u00e9rant aux estimateurs marginaux une robustesse remarquable, m\u00eame lorsque de l\u00e9g\u00e8res d\u00e9viations de la normalit\u00e9 univari\u00e9e sont observ\u00e9es au sein des donn\u00e9es brutes de d\u00e9part.<\/p>\n<h3>2.3 2.3 Esp\u00e9rance conditionnelle et d\u00e9composition de la variance<\/h3>\n<p>Au niveau de la th\u00e9orie probabiliste fondamentale, la moyenne marginale s&rsquo;articule de mani\u00e8re directe avec le concept d&rsquo;esp\u00e9rance conditionnelle et le <strong>th\u00e9or\u00e8me de l&rsquo;esp\u00e9rance totale<\/strong>, souvent d\u00e9sign\u00e9 sous le vocable de loi des esp\u00e9rances it\u00e9r\u00e9es. Dans un espace de probabilit\u00e9 mod\u00e9lisant deux variables al\u00e9atoires discr\u00e8tes A et B conjointement distribu\u00e9es avec une variable d\u00e9pendante continue Y, l&rsquo;esp\u00e9rance marginale de Y sachant que le facteur A prend la modalit\u00e9 i s&rsquo;exprime par l&rsquo;int\u00e9gration de l&rsquo;esp\u00e9rance conditionnelle de Y sur l&rsquo;ensemble de la distribution de probabilit\u00e9 du facteur B :<\/p>\n<p style=\"text-align: center;font-style: italic\">E[Y | A = i] = E_B [ E_Y [ Y | A = i, B ] ]<\/p>\n<p>Cette perspective probabiliste \u00e9claire la d\u00e9composition fondamentale de la variance totale dans l&rsquo;analyse factorielle. La somme totale des carr\u00e9s des \u00e9carts (SST) se partitionne de mani\u00e8re orthogonale en plusieurs composantes additives distinctes : la somme des carr\u00e9s associ\u00e9e \u00e0 l&rsquo;effet principal du facteur A (SSA), la somme des carr\u00e9s associ\u00e9e \u00e0 l&rsquo;effet principal du facteur B (SSB), la somme des carr\u00e9s imputable \u00e0 l&rsquo;interaction conjointe entre A et B (SSAB), et enfin la somme des carr\u00e9s des erreurs r\u00e9siduelles (SSE) :<\/p>\n<p style=\"text-align: center;font-style: italic\">SST = SSA + SSB + SSAB + SSE<\/p>\n<p>Dans cette partition g\u00e9om\u00e9trique de l&rsquo;espace vectoriel des observations, la somme des carr\u00e9s de l&rsquo;effet principal SSA quantifie pr\u00e9cis\u00e9ment l&rsquo;\u00e9cart quadratique pond\u00e9r\u00e9 existant entre chaque moyenne marginale Y\u0304_i. et la grande moyenne globale de l&rsquo;exp\u00e9rience. Si l&rsquo;ensemble des moyennes marginales relatives au facteur A sont rigoureusement identiques entre elles, la somme des carr\u00e9s SSA s&rsquo;annule identiquement, indiquant que la variable A, prise dans son acception globale marginalis\u00e9e, n&rsquo;explique aucune fraction de la dispersion totale de la variable de r\u00e9ponse. L&rsquo;esp\u00e9rance marginale traduit ainsi l&rsquo;effet moyen exerc\u00e9 par une modalit\u00e9 factorielle lorsque toutes les autres sources de variation exp\u00e9rimentales sont syst\u00e9matiquement int\u00e9gr\u00e9es et neutralis\u00e9es.<\/p>\n<h2>3. 3. Structure des tableaux de contingence et organisation des donn\u00e9es<\/h2>\n<h3>3.1 3.1 Conception d&rsquo;un tableau crois\u00e9 factoriel \u00e0 deux facteurs<\/h3>\n<p>La structuration matricielle d&rsquo;un plan exp\u00e9rimental factoriel repose traditionnellement sur la disposition des donn\u00e9es au sein d&rsquo;un tableau crois\u00e9 \u00e0 double entr\u00e9e. Cette g\u00e9om\u00e9trie tabulaire n&rsquo;est pas un simple artifice de pr\u00e9sentation : elle d\u00e9termine l&rsquo;architecture computationnelle \u00e0 partir de laquelle s&rsquo;extraient les m\u00e9triques descriptives et inf\u00e9rentielles. Dans une telle organisation, les lignes du tableau sont assign\u00e9es aux modalit\u00e9s distinctes du premier facteur \u00e9tudi\u00e9 (Facteur A), tandis que les colonnes re\u00e7oivent les modalit\u00e9s correspondantes du second facteur (Facteur B).<\/p>\n<p>L&rsquo;intersection pr\u00e9cise entre une ligne donn\u00e9e i et une colonne j forme une cellule factorielle unique. Cette cellule repr\u00e9sente la condition exp\u00e9rimentale conjointe sp\u00e9cifique o\u00f9 les sujets ont \u00e9t\u00e9 expos\u00e9s de mani\u00e8re combin\u00e9e au traitement i du facteur A et au traitement j du facteur B. \u00c0 la p\u00e9riph\u00e9rie imm\u00e9diate de ce maillage cellulaire se d\u00e9ploient les espaces marginaux. L&rsquo;extr\u00e9mit\u00e9 droite de chaque ligne constitue la marge de ligne, lieu d\u00e9sign\u00e9 pour consigner la moyenne marginale associ\u00e9e \u00e0 la modalit\u00e9 correspondante du facteur A. R\u00e9ciproquement, la base inf\u00e9rieure de chaque colonne constitue la marge de colonne, o\u00f9 s&rsquo;inscrit la moyenne marginale relative \u00e0 la modalit\u00e9 sous-jacente du facteur B.<\/p>\n<p>Pour qu&rsquo;un tel tableau crois\u00e9 factoriel soit valide et exploitable sur le plan m\u00e9thodologique, il est imp\u00e9ratif de s&rsquo;assurer de l&rsquo;exhaustivit\u00e9 des combinaisons exp\u00e9rimentales. Dans un plan factoriel dit \u00ab complet \u00bb, chaque cellule du tableau doit \u00eatre non vide et comporter un ensemble d&rsquo;observations repr\u00e9sentatives. L&rsquo;absence fortuite ou syst\u00e9matique de sujets dans l&rsquo;une des cellules cr\u00e9e une discontinuit\u00e9 structurelle (plan factoriel incomplet ou cellules vides) qui complexifie drastiquement le calcul et l&rsquo;interpr\u00e9tation th\u00e9orique des moyennes marginales, exigeant alors le recours \u00e0 des param\u00e9trisations de r\u00e9gression singuli\u00e8res.<\/p>\n<figure class=\"wpt-preserved-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/french.arabpsychology.com\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/marginalMean3.png\" alt=\"\" \/><\/figure>\n<h3>3.2 3.2 Repr\u00e9sentation des donn\u00e9es brutes versus moyennes agr\u00e9g\u00e9es de cellules<\/h3>\n<p>Dans la pratique de la recherche, il est primordial d&rsquo;op\u00e9rer une distinction rigoureuse entre deux formes de tableaux crois\u00e9s : les tableaux de contingence d&rsquo;effectifs purs et les tableaux factoriels de m\u00e9triques continues. Un tableau de contingence classique, fr\u00e9quemment mobilis\u00e9 lors de l&rsquo;application de tests d&rsquo;ind\u00e9pendance du Chi-deux (\u03c7\u00b2), ne contient dans ses cellules que des d\u00e9comptes discrets d&rsquo;individus ou de fr\u00e9quences d&rsquo;occurrence. Les marges de ce type de tableau ne repr\u00e9sentent alors que des sommes d&rsquo;effectifs, donnant lieu \u00e0 des distributions marginales de fr\u00e9quences relatives.<\/p>\n<p>\u00c0 l&rsquo;inverse, dans le cadre de l&rsquo;\u00e9valuation de variables quantitatives continues (par exemple, des scores d&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9, des temps de r\u00e9action en millisecondes ou des pourcentages de m\u00e9morisation), chaque cellule factorielle contient une synth\u00e8se m\u00e9trique de l&rsquo;\u00e9chantillon qui lui est propre : sa moyenne observ\u00e9e Y\u0304_ij, son \u00e9cart-type intra-groupe s_ij, ainsi que l&rsquo;effectif d&rsquo;\u00e9chantillonnage associ\u00e9 n_ij. Le remplissage initial du tableau consiste donc \u00e0 convertir l&rsquo;ensemble des scores bruts individuels en m\u00e9triques agr\u00e9g\u00e9es de cellules, r\u00e9duisant la dispersion individuelle \u00e0 des estimateurs locaux de tendance centrale et de variabilit\u00e9.<\/p>\n<p>Cette \u00e9tape de structuration tabulaire permet d&rsquo;identifier visuellement et imm\u00e9diatement d&rsquo;\u00e9ventuelles dissym\u00e9tries d&rsquo;\u00e9chantillonnage. Si les effectifs n_ij oscillent substantiellement d&rsquo;une cellule \u00e0 l&rsquo;autre en raison de perdus de vue ou de contraintes de recrutement clinique, la simple sommation arithm\u00e9tique des scores bruts \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle de la ligne ne co\u00efncidera plus avec la moyenne des moyennes de cellules. Cette divergence fondamentale impose au statisticien de choisir lucidement entre une moyenne marginale brute d\u00e9pendant du poids num\u00e9rique des sous-groupes et une moyenne marginale non pond\u00e9r\u00e9e accordant un statut \u00e9gal \u00e0 chaque condition exp\u00e9rimentale.<\/p>\n<h3>3.3 3.3 Visualisation spatiale des effets marginaux<\/h3>\n<p>La repr\u00e9sentation graphique constitue un levier heuristique indispensable pour interpr\u00e9ter la dynamique des moyennes marginales et des moyennes de cellules au sein d&rsquo;un plan factoriel. Le support visuel de pr\u00e9dilection en psychologie exp\u00e9rimentale est le graphique de profils ou graphique d&rsquo;interaction. Sur ce type de graphique, l&rsquo;axe horizontal (abscisse) est g\u00e9n\u00e9ralement d\u00e9volu aux modalit\u00e9s d&rsquo;un facteur d&rsquo;int\u00e9r\u00eat (par exemple le facteur A), tandis que l&rsquo;axe vertical (ordonn\u00e9e) mesure l&rsquo;\u00e9chelle continue de la variable d\u00e9pendante observ\u00e9e.<\/p>\n<p>Les moyennes conditionnelles de cellules y sont repr\u00e9sent\u00e9es par des points distincts, reli\u00e9s entre eux par des segments de droite pour chaque modalit\u00e9 du second facteur (facteur B). Dans ce syst\u00e8me de coordonn\u00e9es, les moyennes marginales du facteur A se visualisent g\u00e9om\u00e9triquement comme les points d&rsquo;ancrage situ\u00e9s au centre de gravit\u00e9 vertical des points de cellules pour chaque niveau i de l&rsquo;abscisse. Lorsque l&rsquo;exp\u00e9rimentateur trace la ligne joignant ces moyennes marginales globales, il visualise directement la trajectoire de l&rsquo;effet principal du facteur A, affranchie de la modulation locale exerc\u00e9e par le facteur B.<\/p>\n<p>Ces repr\u00e9sentations spatiales ob\u00e9issent \u00e0 des normes strictes de clart\u00e9 scientifique d\u00e9finies par les conventions internationales. Tout graphique de profils doit syst\u00e9matiquement faire figurer les barres d&rsquo;erreur associ\u00e9es \u00e0 chaque point, repr\u00e9sentant soit l&rsquo;erreur type de la moyenne, soit l&rsquo;intervalle de confiance \u00e0 95 %. L&rsquo;observation d&rsquo;un d\u00e9calage vertical net et r\u00e9gulier entre les trac\u00e9s de profils, sans alt\u00e9ration substantielle de leur pente, fournit une indication visuelle limpide de la pr\u00e9sence d&rsquo;effets marginaux significatifs en l&rsquo;absence d&rsquo;interaction statistique entre les variables.<\/p>\n<h2>4. 4. Exemple num\u00e9rique pas \u00e0 pas : performance aux examens et techniques d&rsquo;\u00e9tude<\/h2>\n<h3>4.1 4.1 Description du protocole exp\u00e9rimental et des donn\u00e9es recueillies<\/h3>\n<p>Pour illustrer de mani\u00e8re concr\u00e8te et op\u00e9rationnelle le processus de calcul des moyennes marginales, consid\u00e9rons un protocole exp\u00e9rimental conduit au sein d&rsquo;un d\u00e9partement de sciences de l&rsquo;\u00e9ducation et de psychologie cognitive. Cette \u00e9tude porte sur l&rsquo;efficacit\u00e9 relative de diff\u00e9rentes strat\u00e9gies d&rsquo;apprentissage sur la r\u00e9ussite acad\u00e9mique finale. Un \u00e9chantillon de 100 \u00e9tudiants de premier cycle universitaire a \u00e9t\u00e9 recrut\u00e9 et stratifi\u00e9 selon deux facteurs exp\u00e9rimentaux ind\u00e9pendants : le Genre des apprenants (avec deux modalit\u00e9s : Hommes et Femmes) et la Technique d&rsquo;\u00e9tude assign\u00e9e de mani\u00e8re al\u00e9atoire (comportant trois modalit\u00e9s : R\u00e9p\u00e9tition espac\u00e9e, Auto-\u00e9valuation active, et Lecture passive du manuel).<\/p>\n<p>\u00c0 l&rsquo;issue d&rsquo;un cycle d&rsquo;apprentissage d&rsquo;une dur\u00e9e de quatre semaines portant sur un module d&rsquo;apprentissage complexe en neurophysiologie, l&rsquo;ensemble des 100 participants a \u00e9t\u00e9 soumis \u00e0 une \u00e9valuation finale standardis\u00e9e not\u00e9e sur une \u00e9chelle continue de 0 \u00e0 100 points. Les performances moyennes obtenues au sein de chacune des six cellules exp\u00e9rimentales issues du croisement 2&#215;3 ont \u00e9t\u00e9 minutieusement compil\u00e9es. Le tableau suivant consigne les moyennes de cellules observ\u00e9es pour chaque combinaison factorielle :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Groupe Hommes :<\/strong>\n<ul>\n<li>Technique 1 (R\u00e9p\u00e9tition espac\u00e9e) : Moyenne de cellule = 79,5 points<\/li>\n<li>Technique 2 (Auto-\u00e9valuation active) : Moyenne de cellule = 88,7 points<\/li>\n<li>Technique 3 (Lecture passive) : Moyenne de cellule = 89,2 points<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<li><strong>Groupe Femmes :<\/strong>\n<ul>\n<li>Technique 1 (R\u00e9p\u00e9tition espac\u00e9e) : Moyenne de cellule = 88,3 points<\/li>\n<li>Technique 2 (Auto-\u00e9valuation active) : Moyenne de cellule = 87,7 points<\/li>\n<li>Technique 3 (Lecture passive) : Moyenne de cellule = 90,6 points<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p>Ce protocole factoriel crois\u00e9 2&#215;3 offre un cas d&rsquo;\u00e9tude parfaitement adapt\u00e9 pour d\u00e9composer manuellement la m\u00e9canique d&rsquo;agr\u00e9gation arithm\u00e9tique et appr\u00e9hender la mani\u00e8re dont les marges factorielles permettent d&rsquo;isoler l&rsquo;effet principal de chacune des deux variables explicatives.<\/p>\n<figure class=\"wpt-preserved-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/french.arabpsychology.com\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/marginalMean4.png\" alt=\"\" \/><\/figure>\n<h3>4.2 4.2 Calcul arithm\u00e9tique rigoureux des moyennes marginales du facteur Genre<\/h3>\n<p>Le premier calcul marginal porte sur le facteur Genre, positionn\u00e9 ici en ligne dans notre tableau crois\u00e9. L&rsquo;objectif m\u00e9thodologique est d&rsquo;obtenir une \u00e9valuation de la performance moyenne des \u00e9tudiants selon leur identit\u00e9 de genre, tout en neutralisant l&rsquo;influence des trois techniques d&rsquo;\u00e9tude r\u00e9parties de mani\u00e8re \u00e9gale dans le dispositif exp\u00e9rimental. Pour ce faire, nous calculons la moyenne arithm\u00e9tique non pond\u00e9r\u00e9e des scores observ\u00e9s \u00e0 travers les trois modalit\u00e9s d&rsquo;apprentissage pour chaque ligne factorielle.<\/p>\n<p>Pour la modalit\u00e9 \u00ab Hommes \u00bb, l&rsquo;op\u00e9ration consiste \u00e0 additionner les moyennes des trois cellules correspondantes et \u00e0 diviser ce r\u00e9sultat par le nombre total de colonnes (J = 3) :<\/p>\n<p style=\"text-align: center;font-style: italic\">Moyenne marginale (Hommes) = (79,5 + 88,7 + 89,2) \/ 3 = 257,4 \/ 3 = 85,80 points<\/p>\n<p>Pour la modalit\u00e9 \u00ab Femmes \u00bb, la m\u00eame proc\u00e9dure d&rsquo;agr\u00e9gation arithm\u00e9tique est appliqu\u00e9e sur la seconde ligne du tableau :<\/p>\n<p style=\"text-align: center;font-style: italic\">Moyenne marginale (Femmes) = (88,3 + 87,7 + 90,6) \/ 3 = 266,6 \/ 3 = 88,87 points (arrondi au centi\u00e8me le plus proche)<\/p>\n<p>La comparaison directe de ces deux moyennes marginales met en \u00e9vidence un \u00e9cart brut de 3,07 points en faveur de la cohorte f\u00e9minine (88,87 contre 85,80). Cette m\u00e9trique marginale r\u00e9sume l&rsquo;effet principal du genre sur la performance \u00e0 l&rsquo;examen. D&rsquo;un point de vue psychologique et p\u00e9dagogique, cet \u00e9cart indique que, prise sur l&rsquo;ensemble des conditions d&rsquo;\u00e9tudes exp\u00e9riment\u00e9es, la population des \u00e9tudiantes d\u00e9montre une performance globale l\u00e9g\u00e8rement sup\u00e9rieure \u00e0 celle des \u00e9tudiants masculins, sans que ce constat ne pr\u00e9juge encore de la disparit\u00e9 sp\u00e9cifique qui a pu s&rsquo;exprimer au sein d&rsquo;une m\u00e9thode d&rsquo;apprentissage singuli\u00e8re comme la r\u00e9p\u00e9tition espac\u00e9e.<\/p>\n<h3>4.3 4.3 Calcul arithm\u00e9tique rigoureux des moyennes marginales des Techniques d&rsquo;\u00e9tude<\/h3>\n<p>Dans un second temps, nous proc\u00e9dons \u00e0 l&rsquo;\u00e9valuation marginale des trois Techniques d&rsquo;\u00e9tude, dispos\u00e9es verticalement en colonnes au sein du tableau exp\u00e9rimental. Il s&rsquo;agit ici d&rsquo;extraire la performance intrins\u00e8que de chaque approche p\u00e9dagogique en marginalisant, c&rsquo;est-\u00e0-dire en int\u00e9grant et en moyennant, les variations associ\u00e9es au genre des apprenants. Chaque moyenne marginale de colonne r\u00e9sultera donc de la sommation des deux cellules constitutives de la colonne divis\u00e9e par le nombre total de lignes (I = 2).<\/p>\n<p>Pour la Technique 1 (R\u00e9p\u00e9tition espac\u00e9e), le calcul marginal se formule ainsi :<\/p>\n<p style=\"text-align: center;font-style: italic\">Moyenne marginale (Technique 1) = (79,5 + 88,3) \/ 2 = 167,8 \/ 2 = 83,90 points<\/p>\n<p>Pour la Technique 2 (Auto-\u00e9valuation active), la sommation sur la seconde colonne donne le r\u00e9sultat suivant :<\/p>\n<p style=\"text-align: center;font-style: italic\">Moyenne marginale (Technique 2) = (88,7 + 87,7) \/ 2 = 176,4 \/ 2 = 88,20 points<\/p>\n<p>Pour la Technique 3 (Lecture passive du manuel), l&rsquo;agr\u00e9gation de la troisi\u00e8me colonne s&rsquo;\u00e9tablit comme suit :<\/p>\n<p style=\"text-align: center;font-style: italic\">Moyenne marginale (Technique 3) = (89,2 + 90,6) \/ 2 = 179,8 \/ 2 = 89,90 points<\/p>\n<p>L&rsquo;analyse compar\u00e9e de ces trois grandeurs marginales r\u00e9v\u00e8le une hi\u00e9rarchie p\u00e9dagogique explicite sur l&rsquo;ensemble de l&rsquo;\u00e9chantillon : la Technique 3 affiche la moyenne marginale la plus \u00e9lev\u00e9e (89,90 points), imm\u00e9diatement suivie par la Technique 2 (88,20 points), tandis que la Technique 1 se positionne en retrait avec une moyenne marginale de 83,90 points. Ce calcul marginal permet aux chercheurs d&rsquo;identifier l&rsquo;effet principal du facteur d&rsquo;intervention : la lecture passive et l&rsquo;auto-\u00e9valuation semblent procurer un avantage acad\u00e9mique global sup\u00e9rieur \u00e0 la r\u00e9p\u00e9tition espac\u00e9e au sein de ce protocole pr\u00e9cis, ind\u00e9pendamment de toute consid\u00e9ration li\u00e9e au genre des \u00e9tudiants.<\/p>\n<h3>4.4 4.4 D\u00e9duction de la moyenne globale et v\u00e9rification de consistance<\/h3>\n<p>L&rsquo;\u00e9tape finale de ce traitement num\u00e9rique consiste \u00e0 d\u00e9duire la grande moyenne globale de l&rsquo;exp\u00e9rimentation (not\u00e9e Y\u0304_..) et \u00e0 ex\u00e9cuter un test de consistance arithm\u00e9tique crois\u00e9e. La grande moyenne peut \u00eatre th\u00e9oriquement appr\u00e9hend\u00e9e de deux mani\u00e8res alternatives : soit comme la moyenne arithm\u00e9tique des moyennes marginales de lignes, soit comme la moyenne arithm\u00e9tique des moyennes marginales de colonnes. La concordance parfaite entre ces deux voies de calcul constitue la preuve formelle de la rectitude des op\u00e9rations arithm\u00e9tiques pr\u00e9alablement men\u00e9es.<\/p>\n<p>Calculons d&rsquo;abord la moyenne globale \u00e0 partir des moyennes marginales du facteur Genre (moyenne des marges de lignes) :<\/p>\n<p style=\"text-align: center;font-style: italic\">Y\u0304_.. = (Moyenne Hommes + Moyenne Femmes) \/ 2 = (85,80 + 88,8667) \/ 2 = 174,6667 \/ 2 = 87,3333 points<\/p>\n<p>Calculons ensuite la moyenne globale \u00e0 partir des moyennes marginales des Techniques d&rsquo;\u00e9tude (moyenne des marges de colonnes) :<\/p>\n<p style=\"text-align: center;font-style: italic\">Y\u0304_.. = (Technique 1 + Technique 2 + Technique 3) \/ 3 = (83,90 + 88,20 + 89,90) \/ 3 = 262,00 \/ 3 = 87,3333 points<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9galit\u00e9 arithm\u00e9tique absolue (87,33 points dans les deux configurations) valide formellement la coh\u00e9rence de notre matrice factorielle. Au-del\u00e0 de cette v\u00e9rification alg\u00e9brique, ce r\u00e9sultat offre un point de r\u00e9f\u00e9rence central crucial pour le retour d&rsquo;information aux apprenants et aux \u00e9quipes enseignantes : la valeur 87,33 points repr\u00e9sente le barycentre acad\u00e9mique de l&rsquo;\u00e9tude. Tout \u00e9cart d&rsquo;une moyenne marginale individuelle par rapport \u00e0 cette valeur charni\u00e8re mesure pr\u00e9cis\u00e9ment l&rsquo;ampleur de l&rsquo;effet principal associ\u00e9 \u00e0 cette modalit\u00e9 (par exemple, un effet principal de +1,53 point pour le groupe Femmes et de -3,43 points pour la Technique 1 de r\u00e9p\u00e9tition espac\u00e9e).<\/p>\n<h2>5. 5. Moyennes marginales observ\u00e9es versus moyennes marginales estim\u00e9es (EMMs)<\/h2>\n<h3>5.1 5.1 D\u00e9finition et \u00e9mergence historique des Estimated Marginal Means<\/h3>\n<p>Si le calcul manuel arithm\u00e9tique expos\u00e9 \u00e0 la section pr\u00e9c\u00e9dente convient parfaitement aux dispositifs exp\u00e9rimentaux parfaits, la r\u00e9alit\u00e9 de la recherche appliqu\u00e9e en psychologie se heurte quasi syst\u00e9matiquement \u00e0 des distributions d&rsquo;\u00e9chantillons imparfaites et \u00e0 des d\u00e9s\u00e9quilibres structurels d&rsquo;effectifs. Pour pallier les limites des moyennes d&rsquo;\u00e9chantillons brutes, Walter R. Harvey a d\u00e9velopp\u00e9 dans les ann\u00e9es 1960 et 1970, initialement pour l&rsquo;am\u00e9lioration g\u00e9n\u00e9tique animale, le concept novateur de \u00ab Least-Squares Means \u00bb (moyennes des moindres carr\u00e9s). Cette m\u00e9thodologie a \u00e9t\u00e9 ult\u00e9rieurement g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e et rebaptis\u00e9e <strong>Estimated Marginal Means<\/strong> (EMMs, ou moyennes marginales estim\u00e9es) par les concepteurs de progiciels statistiques tels que SAS et SPSS.<\/p>\n<p>Contrairement \u00e0 la moyenne marginale observ\u00e9e, qui se contente de r\u00e9sumer les observations empiriques pr\u00e9sentes dans le fichier de donn\u00e9es brut, la moyenne marginale estim\u00e9e est une grandeur d\u00e9riv\u00e9e d&rsquo;un mod\u00e8le param\u00e9trique explicite (tel qu&rsquo;un mod\u00e8le lin\u00e9aire g\u00e9n\u00e9ral ou un mod\u00e8le mixte). L&rsquo;EMM correspond \u00e0 la pr\u00e9diction que le mod\u00e8le ajust\u00e9 formulerait pour une modalit\u00e9 factorielle donn\u00e9e, si l&rsquo;ensemble des autres facteurs cat\u00e9goriels du mod\u00e8le \u00e9taient parfaitement \u00e9quilibr\u00e9s et si les covariables continues \u00e9taient fix\u00e9es \u00e0 des valeurs de r\u00e9f\u00e9rence standardis\u00e9es, usuellement leur moyenne globale.<\/p>\n<p>Dans l&rsquo;\u00e9cosyst\u00e8me contemporain du calcul scientifique, notamment au sein du langage statistique R, cette standardisation a \u00e9t\u00e9 magistralement formalis\u00e9e par Russell V. Lenth \u00e0 travers le d\u00e9veloppement du package de r\u00e9f\u00e9rence <em>emmeans<\/em>. Ce cadre m\u00e9thodologique a profond\u00e9ment transform\u00e9 la recherche translationnelle : la moyenne marginale n&rsquo;est plus envisag\u00e9e comme une entit\u00e9 descriptive statique issue de donn\u00e9es brutes, mais comme une estimation inf\u00e9rentielle ajust\u00e9e issue d&rsquo;une fonction de lien statistique, autorisant des d\u00e9ductions d&rsquo;une robustesse in\u00e9gal\u00e9e face aux al\u00e9as de terrain.<\/p>\n<figure class=\"wpt-preserved-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/french.arabpsychology.com\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/marginalMean5.png\" alt=\"\" \/><\/figure>\n<h3>5.2 5.2 Ajustement pour covariables continues dans l&rsquo;ANCOVA<\/h3>\n<p>L&rsquo;apport le plus \u00e9clatant des moyennes marginales estim\u00e9es r\u00e9side dans leur capacit\u00e9 \u00e0 int\u00e9grer et neutraliser l&rsquo;impact de covariables continues parasites via l&rsquo;analyse de covariance (ANCOVA). Dans de nombreuses investigations psychologiques, les participants entrent dans le protocole avec des caract\u00e9ristiques individuelles pr\u00e9existantes qui exercent une influence d\u00e9terminante sur la variable d\u00e9pendante d&rsquo;int\u00e9r\u00eat. Il peut s&rsquo;agir du quotient intellectuel de base, du niveau d&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9-trait pr\u00e9-exp\u00e9rimental, de l&rsquo;\u00e2ge chronologique ou du niveau de fatigue initiale.<\/p>\n<p>Dans une telle configuration, une moyenne marginale brute s&rsquo;av\u00e8re m\u00e9thodologiquement trompeuse : un groupe exp\u00e9rimental pourrait afficher une moyenne de score final sup\u00e9rieure non pas en raison de l&rsquo;intervention test\u00e9e, mais simplement parce que ses membres poss\u00e9daient par hasard un niveau intellectuel initial plus \u00e9lev\u00e9. L&rsquo;analyse de covariance r\u00e9sout cette menace de validit\u00e9 interne en ajustant le mod\u00e8le de r\u00e9gression lin\u00e9aire conjointement sur les facteurs cat\u00e9goriels et sur la covariable continue X :<\/p>\n<p style=\"text-align: center;font-style: italic\">Y_ijk = \u03bc + \u03b1_i + \u03b2_j + (\u03b1\u03b2)_ij + \u03b3 * (X_ijk &#8211; X\u0304_&#8230;) + \u03b5_ijk<\/p>\n<p>Les moyennes marginales estim\u00e9es (EMMs) pour les modalit\u00e9s du facteur A sont alors calcul\u00e9es en contraignant th\u00e9oriquement la covariable continue X \u00e0 \u00eatre \u00e9gale \u00e0 sa grande moyenne g\u00e9n\u00e9rale observ\u00e9e X\u0304_&#8230; Ce processus math\u00e9matique revient \u00e0 recalculer ce que seraient les scores moyens de chaque groupe si tous les participants avaient poss\u00e9d\u00e9 rigoureusement le m\u00eame score initial sur la covariable. Cette standardisation statistique \u00e9limine le biais de confusion pr\u00e9-exp\u00e9rimental et accro\u00eet consid\u00e9rablement la pr\u00e9cision et la puissance statistique des tests de comparaison d&rsquo;hypoth\u00e8ses en soustrayant de l&rsquo;erreur r\u00e9siduelle la variance attribuable \u00e0 la covariable.<\/p>\n<h3>5.3 5.3 Comparaison critique : moyennes brutes versus pr\u00e9dictions du mod\u00e8le<\/h3>\n<p>Il est imp\u00e9ratif pour tout chercheur d&rsquo;identifier les circonstances dans lesquelles les moyennes marginales observ\u00e9es co\u00efncident avec les moyennes marginales estim\u00e9es, et celles o\u00f9 elles divergent de fa\u00e7on drastique. La convergence math\u00e9matique parfaite entre moyennes brutes et EMMs ne se produit que sous deux conditions strictes et cumulatives : premi\u00e8rement, le plan exp\u00e9rimental factoriel doit \u00eatre rigoureusement orthogonal et parfaitement \u00e9quilibr\u00e9 (effectifs identiques dans chaque cellule factorielle), et deuxi\u00e8mement, le mod\u00e8le statistique ne doit incorporer aucune covariable continue continue d&rsquo;ajustement.<\/p>\n<p>D\u00e8s lors que l&rsquo;une de ces conditions fait d\u00e9faut, les divergences apparaissent, et leur magnitude peut s&rsquo;av\u00e9rer substantielle. En pr\u00e9sence de cellules aux effectifs in\u00e9gaux, la moyenne observ\u00e9e d&rsquo;un groupe refl\u00e8te disproportionnellement la cellule la plus peupl\u00e9e, introduisant une corr\u00e9lation fallacieuse entre les pr\u00e9dicteurs. De m\u00eame, en pr\u00e9sence d&rsquo;une covariable distribu\u00e9e de mani\u00e8re asym\u00e9trique entre les conditions cliniques, les moyennes brutes masquent ou amplifient artificiellement les contrastes. Dans les situations extr\u00eames de multicolin\u00e9arit\u00e9 ou de mod\u00e9lisation non lin\u00e9aire, les moyennes brutes peuvent m\u00eame sugg\u00e9rer une conclusion scientifique diam\u00e9tralement oppos\u00e9e \u00e0 celle fournie par les EMMs.<\/p>\n<p>Les recommandations m\u00e9thodologiques internationales de publication imposent d\u00e9sormais sans ambigu\u00eft\u00e9 de privil\u00e9gier syst\u00e9matiquement les EMMs par rapport aux moyennes descriptives brutes d\u00e8s lors que des inf\u00e9rences sont formul\u00e9es au sein de mod\u00e8les factoriels complexes ou ajust\u00e9s. La moyenne marginale estim\u00e9e refl\u00e8te la r\u00e9alit\u00e9 structurelle isol\u00e9e par la mod\u00e9lisation math\u00e9matique, offrant une traduction fid\u00e8le du monde contre-factuel vis\u00e9 par la d\u00e9marche exp\u00e9rimentale : quelle serait la r\u00e9ponse du comportement si toutes les autres influences exog\u00e8nes \u00e9taient rigoureusement neutralis\u00e9es ?<\/p>\n<h2>6. 6. Moyennes marginales dans l&rsquo;Analyse de Variance factorielle (ANOVA)<\/h2>\n<h3>6.1 6.1 D\u00e9composition du mod\u00e8le factoriel lin\u00e9aire<\/h3>\n<p>L&rsquo;analyse de variance factorielle \u00e0 effets fixes constitue le cadre canonique au sein duquel s&rsquo;enracine la th\u00e9orie inf\u00e9rentielle de la moyenne marginale. Dans un protocole exp\u00e9rimental crois\u00e9 impliquant les facteurs A et B, l&rsquo;\u00e9quation fondamentale de d\u00e9composition lin\u00e9aire de chaque score individuel Y_ijk s&rsquo;exprime selon la formule standard suivante :<\/p>\n<p style=\"text-align: center;font-style: italic\">Y_ijk = \u03bc + \u03b1_i + \u03b2_j + (\u03b1\u03b2)_ij + \u03b5_ijk<\/p>\n<p>Dans cette formalisation math\u00e9matique rigoureuse, le symbole \u03bc repr\u00e9sente la grande moyenne th\u00e9orique de la population d&rsquo;int\u00e9r\u00eat. Le terme \u03b1_i figure l&rsquo;effet principal sp\u00e9cifique de la modalit\u00e9 i du facteur A, le terme \u03b2_j quantifie l&rsquo;effet principal de la modalit\u00e9 j du facteur B, tandis que (\u03b1\u03b2)_ij formalise l&rsquo;effet non additif d&rsquo;interaction conjointe entre la modalit\u00e9 i et la modalit\u00e9 j. Enfin, le terme r\u00e9siduel \u03b5_ijk repr\u00e9sente l&rsquo;erreur al\u00e9atoire individuelle, postul\u00e9e identiquement et ind\u00e9pendamment distribu\u00e9e selon une loi normale centr\u00e9e d&rsquo;\u00e9cart-type \u03c3.<\/p>\n<p>Au c\u0153ur de cette architecture d&rsquo;inf\u00e9rence, la moyenne marginale th\u00e9orique relative \u00e0 la modalit\u00e9 i du facteur A se d\u00e9finit tr\u00e8s exactement par l&rsquo;expression \u03bc + \u03b1_i. D\u00e8s lors, le test de l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle (H0) relatif \u00e0 l&rsquo;effet principal du facteur A dans une ANOVA factorielle \u00e9quivaut formellement \u00e0 tester l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 simultan\u00e9e de l&rsquo;ensemble des moyennes marginales th\u00e9oriques de ce facteur :<\/p>\n<p style=\"text-align: center;font-style: italic\">H0 : \u03bc_1. = \u03bc_2. = &#8230; = \u03bc_I.  \u00e9quivalent \u00e0  H0 : \u03b1_1 = \u03b1_2 = &#8230; = \u03b1_I = 0<\/p>\n<p>Le test statistique associ\u00e9 \u00e0 cette hypoth\u00e8se nulle s&rsquo;incarne dans le ratio de variance F de Snedecor. Ce ratio confronte le carr\u00e9 moyen inter-marginal du facteur A (obtenu en divisant la somme des carr\u00e9s marginaux SSA par ses degr\u00e9s de libert\u00e9 I &#8211; 1) au carr\u00e9 moyen de l&rsquo;erreur r\u00e9siduelle intra-cellulaire MSE. Le rejet de l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle confirme que les variations observ\u00e9es entre les moyennes marginales de ligne ne peuvent \u00eatre raisonnablement attribu\u00e9es aux simples fluctuations d&rsquo;\u00e9chantillonnage al\u00e9atoire.<\/p>\n<h3>6.2 6.2 Rapprochement entre contrastes orthogonaux et diff\u00e9rences marginales<\/h3>\n<p>L&rsquo;obtention d&rsquo;un test omnibus F statistiquement significatif au niveau d&rsquo;un facteur principal indique globalement que les moyennes marginales ne sont pas toutes identiques, mais n&rsquo;identifie nullement quelles sont les modalit\u00e9s sp\u00e9cifiques qui se diff\u00e9rencient mutuellement. Pour explorer la structure fine de ces disparit\u00e9s, les chercheurs ont recours \u00e0 la th\u00e9orie des contrastes lin\u00e9aires appliqu\u00e9s directement sur les marges factorielles.<\/p>\n<p>Un contraste marginal se d\u00e9finit math\u00e9matiquement comme une combinaison lin\u00e9aire des moyennes marginales pond\u00e9r\u00e9e par un vecteur de coefficients constants c_i (o\u00f9 i varie de 1 \u00e0 I), astreints \u00e0 la condition d&rsquo;\u00e9quilibrage fondamental suivante : la sommation de ces coefficients c_i sur l&rsquo;ensemble des modalit\u00e9s doit \u00eatre rigoureusement \u00e9gale \u00e0 z\u00e9ro (\u2211_{i=1}^{I} c_i = 0). L&rsquo;estimation ponctuelle L de ce contraste s&rsquo;exprime ainsi :<\/p>\n<p style=\"text-align: center;font-style: italic\">L = \u2211_{i=1}^{I} c_i * Y\u0304_i.<\/p>\n<p>L&rsquo;orthogonalit\u00e9 entre deux contrastes distincts L1 (de coefficients c_i) et L2 (de coefficients d_i) est v\u00e9rifi\u00e9e si la sommation du produit crois\u00e9 de leurs coefficients respectifs est nulle (\u2211_{i=1}^{I} c_i * d_i = 0). Dans les plans factoriels \u00e9quilibr\u00e9s, cette orthogonalit\u00e9 garantit que les comparaisons a priori partitionnent la somme des carr\u00e9s du facteur principal en fractions d&rsquo;information totalement ind\u00e9pendantes, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de contrastes polynomiaux (testant des composantes de tendance lin\u00e9aire, quadratique ou cubique au sein des marges) ou de comparaisons par paires cibl\u00e9es.<\/p>\n<p>Toutefois, la multiplication des contrastes post-hoc sur les moyennes marginales expose in\u00e9vitablement la recherche au risque d&rsquo;inflation de l&rsquo;erreur de premi\u00e8re esp\u00e8ce (l&rsquo;erreur de type I globale). Pour pr\u00e9server l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 de l&rsquo;inf\u00e9rence, des proc\u00e9dures d&rsquo;ajustement de multiplicit\u00e9 s&rsquo;imposent : les corrections classiques de Bonferroni ou de Holm pour les comparaisons pr\u00e9-planifi\u00e9es restreintes, ou l&rsquo;incontournable m\u00e9thode de Tukey (Tukey&rsquo;s Honestly Significant Difference &#8211; HSD), sp\u00e9cifiquement param\u00e9tr\u00e9e pour contr\u00f4ler le taux d&rsquo;erreur de famille lors de la comparaison exhaustive de toutes les paires de moyennes marginales possibles.<\/p>\n<h3>6.3 6.3 Les plans factoriels mixtes et \u00e0 mesures r\u00e9p\u00e9t\u00e9es<\/h3>\n<p>Dans les investigations longitudinales ou de chronom\u00e9trie mentale, les plans d&rsquo;exp\u00e9rience int\u00e8grent fr\u00e9quemment des mesures r\u00e9p\u00e9t\u00e9es o\u00f9 les m\u00eames sujets sont \u00e9valu\u00e9s \u00e0 travers le temps ou sous diff\u00e9rentes conditions cognitives. Ces dispositifs g\u00e9n\u00e8rent des plans factoriels mixtes (dits \u00ab\u00a0split-plot\u00a0\u00bb), associant des facteurs inter-sujets (ex. un groupe clinique versus un groupe contr\u00f4le) et des facteurs intra-sujets (ex. pr\u00e9-test, post-test imm\u00e9diat et suivi \u00e0 6 mois).<\/p>\n<p>Le calcul et l&rsquo;interpr\u00e9tation des moyennes marginales dans ces architectures mixtes requi\u00e8rent une mod\u00e9lisation sophistiqu\u00e9e de la matrice de variance-covariance des r\u00e9sidus. Alors que pour les facteurs inter-sujets, l&rsquo;erreur de mesure provient de la variabilit\u00e9 entre individus distincts, pour les facteurs intra-sujets, les observations r\u00e9p\u00e9t\u00e9es sur une m\u00eame personne sont intrins\u00e8quement corr\u00e9l\u00e9es. La moyenne marginale temporelle agr\u00e8ge ainsi des trajectoires intra-individuelles, exigeant la satisfaction de l&rsquo;hypoth\u00e8se de <strong>sph\u00e9ricit\u00e9<\/strong> (ou circularit\u00e9 de Mauchly), stipulant que les variances de toutes les diff\u00e9rences possibles entre paires de mesures r\u00e9p\u00e9t\u00e9es doivent \u00eatre \u00e9quivalentes.<\/p>\n<p>Lorsque cette condition de sph\u00e9ricit\u00e9 est transgress\u00e9e \u2014 une situation presque universelle dans les \u00e9tudes cliniques portant sur des processus de r\u00e9cup\u00e9ration ou d&rsquo;apprentissage \u2014, les tests inf\u00e9rentiels sur les moyennes marginales temporelles voient leur taux d&rsquo;erreur de type I s\u00e9v\u00e8rement gonfl\u00e9. L&rsquo;application de corrections de degr\u00e9s de libert\u00e9, telles que les ajustements de Greenhouse-Geisser ou de Huynh-Feldt, devient imp\u00e9rative pour garantir que les inf\u00e9rences port\u00e9es sur les profils temporels marginaux refl\u00e8tent des variations d\u00e9veloppementales ou cliniques authentiques et non des art\u00e9facts d&rsquo;autocorr\u00e9lation r\u00e9siduelle.<\/p>\n<h2>7. 7. Distinction conceptuelle : moyennes marginales, conditionnelles et globales<\/h2>\n<h3>7.1 7.1 La moyenne globale (Grand Mean)<\/h3>\n<p>Pour appr\u00e9hender avec clart\u00e9 la taxonomie des tendances centrales au sein des plans factoriels, il est essentiel d&rsquo;isoler en premier lieu la <strong>grande moyenne globale<\/strong> (not\u00e9e conventionnellement Y\u0304_.. ou GM). La moyenne globale constitue le barycentre ou l&rsquo;ancrage central g\u00e9om\u00e9trique de l&rsquo;int\u00e9gralit\u00e9 du jeu de donn\u00e9es exp\u00e9rimentales. Elle est calcul\u00e9e en sommant l&rsquo;ensemble absolu des scores individuels bruts recueillis \u00e0 travers toutes les conditions du protocole et en divisant cette somme totale par l&rsquo;effectif cumul\u00e9 d&rsquo;\u00e9chantillonnage N :<\/p>\n<p style=\"text-align: center;font-style: italic\">Y\u0304_.. = (1 \/ N) * \u2211_{i=1}^{I} \u2211_{j=1}^{J} \u2211_{k=1}^{n_ij} Y_ijk<\/p>\n<p>Dans la topologie des mod\u00e8les lin\u00e9aires, la moyenne globale joue le r\u00f4le fondamental d&rsquo;origine de r\u00e9f\u00e9rence pour le calcul de la somme totale des carr\u00e9s des \u00e9carts (SST). Elle fixe le niveau de base comportemental en l&rsquo;absence de toute diff\u00e9rentiation cat\u00e9gorielle. Toutefois, dans les plans d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9s o\u00f9 certaines conditions comportent un nombre disproportionn\u00e9 de participants, la moyenne brute globale de l&rsquo;\u00e9chantillon N s&rsquo;\u00e9carte de la moyenne arithm\u00e9tique simple des marges factorielles, cr\u00e9ant un d\u00e9calage structurel qui n\u00e9cessite une vigilance analytique aigu\u00eb.<\/p>\n<p>D&rsquo;un point de vue heuristique, la moyenne globale ne fournit qu&rsquo;une vision indiff\u00e9renci\u00e9e de la cohorte \u00e9tudi\u00e9e. Elle indique le niveau moyen de performance sans op\u00e9rer la moindre d\u00e9composition factorielle. Bien qu&rsquo;indispensable comme constante d&rsquo;ajustement au sein des \u00e9quations de r\u00e9gression, elle ne renseigne en rien sur l&rsquo;impact sp\u00e9cifique des manipulations exp\u00e9rimentales entreprises par le chercheur.<\/p>\n<figure class=\"wpt-preserved-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/french.arabpsychology.com\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/marginalMean6.png\" alt=\"\" \/><\/figure>\n<h3>7.2 7.2 Les moyennes conditionnelles (ou moyennes de cellules)<\/h3>\n<p>\u00c0 l&rsquo;extr\u00eame oppos\u00e9 du niveau d&rsquo;abstraction de la moyenne globale se situent les <strong>moyennes conditionnelles<\/strong>, rigoureusement d\u00e9sign\u00e9es sous l&rsquo;appellation de <em>moyennes de cellules<\/em>. Une moyenne conditionnelle est l&rsquo;estimation de tendance centrale calcul\u00e9e sous une combinaison stricte, unique et conjointe de modalit\u00e9s factorielles sp\u00e9cifiques. Sur le plan formel de la th\u00e9orie des probabilit\u00e9s conditionnelles, elle repr\u00e9sente l&rsquo;esp\u00e9rance de la variable d\u00e9pendante Y sachant la r\u00e9alisation simultan\u00e9e des \u00e9v\u00e9nements factoriels A = i et B = j :<\/p>\n<p style=\"text-align: center;font-style: italic\">Y\u0304_ij = E[ Y | A = i, B = j ]<\/p>\n<p>L&rsquo;immense valeur scientifique des moyennes conditionnelles r\u00e9side dans leur sensibilit\u00e9 micro-analytique absolue. Elles capturent avec une pr\u00e9cision granulaire la r\u00e9ponse comportementale \u00e0 l&rsquo;intersection exacte des stimuli exp\u00e9rimentaux. Par voie de cons\u00e9quence, elles constituent le mat\u00e9riau exclusif \u00e0 partir duquel se manifestent et se d\u00e9composent les effets d&rsquo;interaction statistique. Si l&rsquo;effet d&rsquo;une psychoth\u00e9rapie d\u00e9pend de fa\u00e7on critique du profil g\u00e9n\u00e9tique d&rsquo;un patient, seule l&rsquo;observation d\u00e9taill\u00e9e des moyennes de chaque sous-cellule permettra de r\u00e9v\u00e9ler cette contingence locale.<\/p>\n<p>N\u00e9anmoins, cette granularit\u00e9 descriptive comporte une limite intrins\u00e8que majeure : l&rsquo;hypersp\u00e9cialisation contextuelle. Une moyenne de cellule n&rsquo;a pas vocation \u00e0 \u00e9tablir une loi psychologique g\u00e9n\u00e9rale. Elle informe sur ce qui se produit sous des contraintes environnementales et dispositionnelles hautement verrouill\u00e9es, emp\u00eachant toute extrapolation directe \u00e0 des contextes o\u00f9 les autres facteurs varieraient librement au sein de la population g\u00e9n\u00e9rale.<\/p>\n<h3>7.3 7.3 Tableau synoptique de comparaison et crit\u00e8res de choix<\/h3>\n<p>Afin de synth\u00e9tiser de mani\u00e8re op\u00e9rationnelle la distinction conceptuelle entre ces trois m\u00e9triques et de guider le chercheur dans ses arbitrages analytiques, le tableau comparatif ci-dessous d\u00e9taille les propri\u00e9t\u00e9s distinctives de chaque grandeur :<\/p>\n<table border=\"1\" cellpadding=\"8\" cellspacing=\"0\" style=\"width: 100%;border-collapse: collapse;margin: 20px 0\">\n<thead>\n<tr style=\"background-color: #f2f2f2\">\n<th style=\"text-align: left\">M\u00e9trique Statistique<\/th>\n<th style=\"text-align: left\">Formule Arithm\u00e9tique Id\u00e9ale<\/th>\n<th style=\"text-align: left\">R\u00f4le Analytique Majeur<\/th>\n<th style=\"text-align: left\">Question de Recherche Cible<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td><strong>Moyenne Globale (Grand Mean)<\/strong><\/td>\n<td>(1 \/ N) * \u2211 Y_ijk<\/td>\n<td>Point d&rsquo;ancrage central et r\u00e9f\u00e9rence d&rsquo;\u00e9cart pour la partition de la variance totale.<\/td>\n<td>\u00ab Quel est le niveau de performance moyen g\u00e9n\u00e9ral de l&rsquo;ensemble de la cohorte \u00e9tudi\u00e9e ? \u00bb<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Moyenne Marginale (Marginal Mean)<\/strong><\/td>\n<td>(1 \/ J) * \u2211_j Y\u0304_ij<\/td>\n<td>\u00c9valuation de l&rsquo;effet principal d&rsquo;une variable ind\u00e9pendante en int\u00e9grant les autres facteurs.<\/td>\n<td>\u00ab Quel est l&rsquo;impact global de ce traitement ou facteur, ind\u00e9pendamment des autres mod\u00e9rateurs ? \u00bb<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Moyenne Conditionnelle (Cell Mean)<\/strong><\/td>\n<td>(1 \/ n_ij) * \u2211_k Y_ijk<\/td>\n<td>D\u00e9tection des contingences locales et analyse des effets simples en cas d&rsquo;interaction.<\/td>\n<td>\u00ab Quel r\u00e9sultat pr\u00e9cis obtient-on sous la combinaison sp\u00e9cifique du Traitement A1 et du Profil B2 ? \u00bb<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Le choix entre ces m\u00e9triques est conditionn\u00e9 par la question de recherche pos\u00e9e et la structure des donn\u00e9es. Une erreur fr\u00e9quente recens\u00e9e dans les m\u00e9moires de recherche et th\u00e8ses universitaires r\u00e9side dans la tentative de tirer des conclusions globales sur un traitement en s&rsquo;appuyant de fa\u00e7on myope sur une moyenne conditionnelle locale, ou inversement, de postuler une efficacit\u00e9 universelle \u00e0 partir d&rsquo;une moyenne marginale alors m\u00eame qu&rsquo;une interaction crois\u00e9e substantielle annule la validit\u00e9 de cette g\u00e9n\u00e9ralisation.<\/p>\n<h2>8. 8. Interpr\u00e9tation des effets principaux en pr\u00e9sence et absence d&rsquo;interaction<\/h2>\n<h3>8.1 8.1 Sc\u00e9nario d&rsquo;absence d&rsquo;interaction statistique<\/h3>\n<p>La validit\u00e9 th\u00e9orique et la pertinence pratique de l&rsquo;interpr\u00e9tation des moyennes marginales d\u00e9pendent de mani\u00e8re fondamentale du statut statistique de l&rsquo;interaction factorielle au sein du mod\u00e8le lin\u00e9aire. Le sc\u00e9nario le plus limpide et m\u00e9thodologiquement le plus confortable est celui o\u00f9 le test de l&rsquo;interaction conjointe (effet A x B) s&rsquo;av\u00e8re non significatif, et o\u00f9 la visualisation graphique atteste d&rsquo;un <strong>parall\u00e9lisme manifeste<\/strong> des profils de r\u00e9ponse \u00e0 travers les diff\u00e9rentes conditions exp\u00e9rimentales.<\/p>\n<p>Dans un tel cadre d&rsquo;additivit\u00e9 stricte des effets, l&rsquo;interpr\u00e9tation directe et inconditionnelle des moyennes marginales est pleinement l\u00e9gitime. L&rsquo;effet principal mesur\u00e9 par l&rsquo;\u00e9cart entre les moyennes marginales du facteur A s&rsquo;applique de mani\u00e8re uniforme et invariable \u00e0 chacun des niveaux individuels du facteur B. Si l&rsquo;on \u00e9value l&rsquo;impact d&rsquo;une psychoth\u00e9rapie comportementale versus un groupe t\u00e9moin sur la r\u00e9duction des scores d&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 au sein de trois tranches d&rsquo;\u00e2ge distinctes (jeunes adultes, adultes d&rsquo;\u00e2ge moyen, personnes \u00e2g\u00e9es) et que l&rsquo;interaction s&rsquo;av\u00e8re rigoureusement nulle, le chercheur peut formuler une conclusion g\u00e9n\u00e9rale irr\u00e9futable : la th\u00e9rapie r\u00e9duit l&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 d&rsquo;une magnitude moyenne identique, quel que soit l&rsquo;\u00e2ge des participants.<\/p>\n<p>La moyenne marginale acquiert alors son statut le plus noble : celui d&rsquo;une constante d&rsquo;action comportementale g\u00e9n\u00e9ralisable. Elle permet aux cliniciens, aux administrateurs de la sant\u00e9 publique et aux \u00e9ducateurs de pr\u00e9coniser des protocoles d&rsquo;intervention avec une confiance inductive \u00e9lev\u00e9e, sachant que le b\u00e9n\u00e9fice moyen quantifi\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle des marges se d\u00e9clinera de mani\u00e8re stable et pr\u00e9dictible dans chaque strate de la population cible.<\/p>\n<figure class=\"wpt-preserved-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/french.arabpsychology.com\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/marginalMean7.png\" alt=\"\" \/><\/figure>\n<h3>8.2 8.2 Sc\u00e9nario d&rsquo;interaction ordinale<\/h3>\n<p>La seconde configuration analytique correspond \u00e0 l&rsquo;\u00e9mergence d&rsquo;une <strong>interaction ordinale<\/strong> (parfois d\u00e9sign\u00e9e sous le terme d&rsquo;interaction quantitative ou de magnitude). Dans ce sc\u00e9nario, les trac\u00e9s de profils ne sont plus strictement parall\u00e8les, r\u00e9v\u00e9lant une modulation de l&rsquo;effet d&rsquo;un facteur selon les niveaux du second. Toutefois, les lignes ne se croisent \u00e0 aucun point du continuum de mesure : la hi\u00e9rarchie relative des modalit\u00e9s demeure rigoureusement identique d&rsquo;un niveau \u00e0 l&rsquo;autre.<\/p>\n<p>\u00c0 titre d&rsquo;illustration, imaginons qu&rsquo;un programme de rem\u00e9diation cognitive am\u00e9liore la m\u00e9moire de travail de 15 points chez des adultes jeunes, mais de seulement 6 points chez des adultes d&rsquo;\u00e2ge tr\u00e8s avanc\u00e9, comparativement \u00e0 leurs contr\u00f4les respectifs. La m\u00e9thode active surpasse le contr\u00f4le dans les deux cohortes d&rsquo;\u00e2ge, mais l&rsquo;ampleur de ce b\u00e9n\u00e9fice est conditionn\u00e9e par le substrat d\u00e9veloppemental des individus. Dans cette situation, la moyenne marginale globale de l&rsquo;intervention cognitive reste math\u00e9matiquement sup\u00e9rieure \u00e0 celle du groupe contr\u00f4le, r\u00e9sumant fid\u00e8lement la tendance dominante globale du protocole.<\/p>\n<p>N\u00e9anmoins, le chercheur doit faire preuve d&rsquo;une prudence s\u00e9mantique rigoureuse lors de la restitution de ses d\u00e9ductions. S&rsquo;il demeure statistiquement acceptable de mentionner l&rsquo;existence d&rsquo;un effet principal significatif \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle marginale, il est scientifiquement fallacieux de laisser entendre que cet effet s&rsquo;exprime avec une magnitude constante. La moyenne marginale doit imp\u00e9rativement \u00eatre accompagn\u00e9e d&rsquo;une mise en garde explicite pr\u00e9cisant la fluctuation de son amplitude pratique selon les sous-groupes examin\u00e9s.<\/p>\n<h3>8.3 8.3 Sc\u00e9nario d&rsquo;interaction d\u00e9sordonn\u00e9e (crois\u00e9e)<\/h3>\n<p>Le troisi\u00e8me sc\u00e9nario \u2014 le plus p\u00e9rilleux sur le plan m\u00e9thodologique \u2014 est celui d&rsquo;une <strong>interaction d\u00e9sordonn\u00e9e<\/strong> (ou interaction qualitative crois\u00e9e). Ce ph\u00e9nom\u00e8ne se produit lorsque les lignes de r\u00e9ponse se croisent nettement sur le graphique factoriel, signifiant que la direction m\u00eame de l&rsquo;effet d&rsquo;une variable s&rsquo;inverse totalement selon les modalit\u00e9s de la seconde variable. Dans cette situation, l&rsquo;interpr\u00e9tation na\u00efve et d\u00e9contextualis\u00e9e des moyennes marginales constitue une faute m\u00e9thodologique majeure.<\/p>\n<p>Consid\u00e9rons l&rsquo;exemple paradigmatique d&rsquo;une \u00e9tude en psychopharmacologie \u00e9valuant les effets d&rsquo;un agent s\u00e9datif comparativement \u00e0 un placebo sur les performances motrices, chez des sujets en \u00e9tat d&rsquo;excitation maniaque versus des sujets en \u00e9tat de d\u00e9pression l\u00e9thargique profonde. L&rsquo;agent s\u00e9datif r\u00e9duit l&rsquo;agitation et am\u00e9liore substantiellement la r\u00e9gulation motrice chez les patients maniaques, alors qu&rsquo;il aggrave consid\u00e9rablement l&rsquo;inhibition motrice chez les patients d\u00e9prim\u00e9s. Si l&rsquo;on calcule aveugl\u00e9ment la moyenne marginale de la mol\u00e9cule s\u00e9dative sur l&rsquo;ensemble de l&rsquo;\u00e9chantillon combin\u00e9, les deux effets oppos\u00e9s de grande amplitude vont s&rsquo;annihiler arithm\u00e9tiquement, aboutissant \u00e0 une moyenne marginale strictement identique \u00e0 celle du placebo.<\/p>\n<p>Le test de l&rsquo;effet principal marginal conclura alors faussement \u00e0 une absence totale d&rsquo;impact de la mol\u00e9cule (F \u2248 0 ; p non significatif). Pr\u00e9senter ce r\u00e9sultat marginal brut reviendrait \u00e0 affirmer que le traitement n&rsquo;exerce aucune influence motrice, une d\u00e9duction scientifiquement d\u00e9sastreuse masquant deux effets d&rsquo;une puissance clinique consid\u00e9rable mais de polarit\u00e9s inverses. D\u00e8s lors qu&rsquo;une interaction crois\u00e9e substantielle est d\u00e9tect\u00e9e, le chercheur a le devoir d\u00e9ontologique de neutraliser l&rsquo;interpr\u00e9tation des moyennes marginales d&rsquo;effets principaux pour concentrer l&rsquo;int\u00e9gralit\u00e9 de sa restitution statistique sur l&rsquo;analyse approfondie des <strong>effets simples conditionnels<\/strong>.<\/p>\n<h2>9. 9. Plans factoriels d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9s, types de sommes des carr\u00e9s et paradoxe de Simpson<\/h2>\n<h3>9.1 9.1 Le probl\u00e8me des effectifs in\u00e9gaux par cellule<\/h3>\n<p>L&rsquo;orthogonalit\u00e9 math\u00e9matique d&rsquo;un plan factoriel repose enti\u00e8rement sur l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 stricte des effectifs au sein de chaque cellule (n_ij = n pour tout i et j), ou sur la stricte proportionnalit\u00e9 des fr\u00e9quences cellulaires aux distributions marginales. D\u00e8s lors que ces conditions g\u00e9om\u00e9triques id\u00e9ales sont compromises \u2014 un \u00e9cueil r\u00e9current dans la recherche empirique li\u00e9 \u00e0 l&rsquo;attrition de participants, aux taux d&rsquo;abandon diff\u00e9rentiels dans les essais cliniques ou aux difficult\u00e9s d&rsquo;inclusion de patients rares \u2014, le plan d&rsquo;exp\u00e9rience devient non orthogonal ou \u00ab d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9 \u00bb.<\/p>\n<p>Cette perte d&rsquo;orthogonalit\u00e9 g\u00e9n\u00e8re une cons\u00e9quence statistique imm\u00e9diate : les facteurs explicatifs cessent d&rsquo;\u00eatre mutuellement ind\u00e9pendants dans le jeu de donn\u00e9es empirique. En d&rsquo;autres termes, les variables cat\u00e9gorielles partagent de la variance commune et deviennent corr\u00e9l\u00e9es. D\u00e8s lors, le calcul d&rsquo;une moyenne marginale brute pond\u00e9r\u00e9e (qui attribue \u00e0 chaque cellule un poids proportionnel \u00e0 son effectif r\u00e9el d&rsquo;observation n_ij) ne mesure plus seulement l&rsquo;effet du facteur consid\u00e9r\u00e9, mais incorpore une part de variance propre \u00e0 l&rsquo;autre facteur.<\/p>\n<p>Il devient d\u00e8s lors indispensable de formaliser la dissociation math\u00e9matique entre la moyenne marginale brute pond\u00e9r\u00e9e par l&rsquo;\u00e9chantillonnage et la moyenne marginale non pond\u00e9r\u00e9e th\u00e9orique. La premi\u00e8re refl\u00e8te la r\u00e9alit\u00e9 contingente d&rsquo;un \u00e9chantillon sp\u00e9cifique, tandis que la seconde accorde un poids conceptuel \u00e9quivalent (1\/J) \u00e0 chaque condition exp\u00e9rimentale, simulant ainsi la moyenne qui aurait \u00e9t\u00e9 observ\u00e9e si le plan avait conserv\u00e9 un \u00e9quilibre d&rsquo;allocation rigoureux.<\/p>\n<figure class=\"wpt-preserved-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/french.arabpsychology.com\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/marginalMean8.png\" alt=\"\" \/><\/figure>\n<h3>9.2 9.2 Les types I, II et III de sommes des carr\u00e9s<\/h3>\n<p>Face \u00e0 la non-orthogonalit\u00e9 induite par le d\u00e9s\u00e9quilibre des cellules, la communaut\u00e9 statistique a d\u00e9velopp\u00e9 diff\u00e9rentes strat\u00e9gies de partitionnement de la somme des carr\u00e9s au sein du mod\u00e8le lin\u00e9aire g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9, d\u00e9sign\u00e9es conventionnellement sous les vocables de Types I, II et III de sommes des carr\u00e9s. Chacune de ces approches mod\u00e9lise l&rsquo;estimation des effets marginaux selon une logique inf\u00e9rentielle distincte :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Sommes des carr\u00e9s de Type I (Approche s\u00e9quentielle ou hi\u00e9rarchique directe) :<\/strong> Les variables explicatives sont introduites pas \u00e0 pas dans l&rsquo;\u00e9quation. Le premier facteur incorpor\u00e9 re\u00e7oit l&rsquo;int\u00e9gralit\u00e9 de la variance partag\u00e9e, ce qui rend le r\u00e9sultat enti\u00e8rement d\u00e9pendant de l&rsquo;ordre d&rsquo;entr\u00e9e des facteurs dans le logiciel. Cette m\u00e9thode est rigoureusement inadapt\u00e9e pour tester des moyennes marginales dans un plan factoriel g\u00e9n\u00e9ral standard.<\/li>\n<li><strong>Sommes des carr\u00e9s de Type II (Approche hi\u00e9rarchique conditionnelle) :<\/strong> Chaque effet principal est \u00e9valu\u00e9 en contr\u00f4lant les autres effets principaux, mais sans ajustement pour l&rsquo;interaction factorielle. Cette approche poss\u00e8de une puissance statistique optimale lorsque l&rsquo;exp\u00e9rimentateur a la certitude formelle pr\u00e9alable que l&rsquo;interaction d&rsquo;ordre sup\u00e9rieur est rigoureusement nulle dans la population.<\/li>\n<li><strong>Sommes des carr\u00e9s de Type III (M\u00e9thode de Yates ou des moyennes non pond\u00e9r\u00e9es) :<\/strong> Chaque effet principal est ajust\u00e9 de mani\u00e8re marginale simultan\u00e9e par rapport \u00e0 l&rsquo;ensemble des autres effets principaux ET par rapport \u00e0 tous les termes d&rsquo;interaction d&rsquo;ordre sup\u00e9rieur. Elle teste pr\u00e9cis\u00e9ment l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 des <em>moyennes marginales estim\u00e9es non pond\u00e9r\u00e9es<\/em>.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Dans la litt\u00e9rature m\u00e9thodologique en psychologie et selon les standards institutionnels de l&rsquo;APA, l&rsquo;utilisation de l&rsquo;approche de Type III est quasi-universellement pr\u00e9conis\u00e9e pour les plans factoriels factoriels avec d\u00e9s\u00e9quilibre mod\u00e9r\u00e9. Cette param\u00e9trisation garantit que l&rsquo;effet principal d&rsquo;une variable refl\u00e8te fid\u00e8lement la variabilit\u00e9 des moyennes marginales non pond\u00e9r\u00e9es, immunisant le chercheur contre les distorsions d&rsquo;\u00e9chantillonnage induites par la taille asym\u00e9trique des cellules.<\/p>\n<h3>9.3 9.3 Le paradoxe de Simpson appliqu\u00e9 aux moyennes de groupes<\/h3>\n<p>Le d\u00e9s\u00e9quilibre s\u00e9v\u00e8re des effectifs au sein de tables factorielles crois\u00e9es peut engendrer une pathologie statistique fascinante et contre-intuitive : le <strong>paradoxe de Simpson<\/strong> (ou paradoxe de Yule-Simpson). Cette anomalie se manifeste lorsqu&rsquo;une tendance statistique clairement identifi\u00e9e au niveau de chaque sous-groupe ou condition conditionnelle s&rsquo;inverse totalement lorsque les donn\u00e9es sont agr\u00e9g\u00e9es sous la forme de moyennes marginales globales d&rsquo;\u00e9chantillon.<\/p>\n<p>Pour en saisir la m\u00e9canique d\u00e9l\u00e9t\u00e8re, consid\u00e9rons un essai clinique psychiatrique \u00e9valuant l&rsquo;efficacit\u00e9 d&rsquo;une nouvelle th\u00e9rapie cognitive (T) comparativement \u00e0 un protocole standard (S) pour traiter l&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 s\u00e9v\u00e8re, chez des cohortes de patients ambulatoires (forme l\u00e9g\u00e8re) et hospitalis\u00e9s (forme clinique lourde). Au sein du groupe ambulatoire, la th\u00e9rapie T surpasse la th\u00e9rapie S de 4 points. Au sein du groupe hospitalis\u00e9, la th\u00e9rapie T surpasse \u00e9galement la th\u00e9rapie S de 4 points. Cependant, en raison d&rsquo;un biais de s\u00e9lection majeur, la grande majorit\u00e9 des patients hospitalis\u00e9s (qui pr\u00e9sentent naturellement des scores d&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 beaucoup plus hauts) ont \u00e9t\u00e9 orient\u00e9s vers la th\u00e9rapie T, tandis que les patients ambulatoires ont principalement re\u00e7u la th\u00e9rapie S.<\/p>\n<p>Lors de l&rsquo;agr\u00e9gation brute des scores pour calculer la moyenne marginale observ\u00e9e de chaque th\u00e9rapie sur l&rsquo;ensemble de la clinique, le poids disproportionn\u00e9 des patients hospitalis\u00e9s tire la moyenne marginale globale de la th\u00e9rapie T vers des niveaux d&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9s. Le r\u00e9sultat marginal brut conclut alors fallacieusement \u00e0 la sup\u00e9riorit\u00e9 de la th\u00e9rapie standard S sur l&rsquo;ensemble de l&rsquo;\u00e9tude, inversant la v\u00e9rit\u00e9 biologique observ\u00e9e dans chaque strate ! Seule l&rsquo;utilisation rigoureuse des moyennes marginales estim\u00e9es (EMMs) \u2014 qui neutralisent la structure de pond\u00e9ration de la variable de confusion \u2014 permet de r\u00e9tablir la r\u00e9alit\u00e9 empirique : la th\u00e9rapie T est sup\u00e9rieure dans chaque cellule, et conserve donc sa sup\u00e9riorit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle de la moyenne marginale correctement ajust\u00e9e.<\/p>\n<h2>10. 10. Applications avanc\u00e9es en psychologie, psychom\u00e9trie et neurosciences<\/h2>\n<h3>10.1 10.1 \u00c9valuation psychom\u00e9trique et th\u00e9orie de la r\u00e9ponse aux items (TRI)<\/h3>\n<p>Dans le domaine de la psychom\u00e9trie avanc\u00e9e, le recours aux moyennes marginales est consubstantiel aux architectures d&rsquo;\u00e9talonnage des instruments psychologiques sous la Th\u00e9orie de la R\u00e9ponse aux Items (TRI). Lors du d\u00e9veloppement d&rsquo;une \u00e9chelle multidimensionnelle \u00e9valuant des construits de personnalit\u00e9 ou des comp\u00e9tences cognitives, les mod\u00e9lisateurs utilisent l&rsquo;estimation du maximum de vraisemblance marginale (Marginal Maximum Likelihood &#8211; MML) pour calibrer les param\u00e8tres de difficult\u00e9 (b) et de discrimination (a) des items d&rsquo;un test.<\/p>\n<p>Dans ce cadre m\u00e9thodologique probabiliste, la distribution des capacit\u00e9s latentes individuelles (not\u00e9e \u03b8) est marginalis\u00e9e \u2014 c&rsquo;est-\u00e0-dire int\u00e9gr\u00e9e sur l&rsquo;ensemble du continuum de la population cible selon une loi de probabilit\u00e9 a priori (typiquement normale standard) \u2014 afin d&rsquo;estimer les caract\u00e9ristiques intrins\u00e8ques de chaque item de fa\u00e7on ind\u00e9pendante de l&rsquo;\u00e9chantillon particulier de sujets ayant pass\u00e9 le test. La moyenne marginale de difficult\u00e9 d&rsquo;un sous-test constitue alors un indice d&rsquo;ancrage fondamental pour harmoniser les versions alternatives d&rsquo;examens psychom\u00e9triques standardis\u00e9s \u00e0 travers le temps.<\/p>\n<p>Parall\u00e8lement, l&rsquo;analyse du <strong>Fonctionnement Diff\u00e9rentiel d&rsquo;Item<\/strong> (Differential Item Functioning &#8211; DIF) s&rsquo;appuie sur la comparaison des profils marginaux de r\u00e9ponse entre sous-groupes d\u00e9mographiques (ex. selon le genre, la culture d&rsquo;origine ou la langue maternelle). Si un item pr\u00e9sente une moyenne marginale de r\u00e9ussite divergente entre deux groupes \u00e0 niveau de comp\u00e9tence latente rigoureusement \u00e9quivalent, cet item est suspect\u00e9 de biais psychom\u00e9trique structurel et doit faire l&rsquo;objet d&rsquo;une r\u00e9vision clinique ou d&rsquo;une exclusion afin de pr\u00e9server l&rsquo;\u00e9quit\u00e9 psychologique de l&rsquo;\u00e9valuation.<\/p>\n<h3>10.2 10.2 Psychologie cognitive et chronom\u00e9trie mentale<\/h3>\n<p>La psychologie cognitive exp\u00e9rimentale, particuli\u00e8rement dans ses investigations chronom\u00e9triques de l&rsquo;attention et du contr\u00f4le inhibiteur, recourt syst\u00e9matiquement aux moyennes marginales pour extraire des invariants de traitement mental. Dans des protocoles informatis\u00e9s embl\u00e9matiques tels que les t\u00e2ches de Stroop, de Simon ou de Flanker d&rsquo;Eriksen, les participants ex\u00e9cutent des centaines d&rsquo;essais o\u00f9 des stimuli congruents et incongruents sont pr\u00e9sent\u00e9s \u00e0 des rythmes variables.<\/p>\n<p>Les temps de r\u00e9action en millisecondes et les taux d&rsquo;erreurs font l&rsquo;objet d&rsquo;une double marginalisation analytique. D&rsquo;une part, les chercheurs calculent des moyennes marginales temporelles \u00e0 travers les blocs de passation successifs afin de neutraliser l&rsquo;impact parasite des processus d&rsquo;habituation, d&rsquo;apprentissage proc\u00e9dural ou au contraire de fatigue mentale cumulative. D&rsquo;autre part, la moyenne marginale calcul\u00e9e pour une condition d&rsquo;incongruence fournit l&rsquo;estimation de r\u00e9f\u00e9rence du co\u00fbt cognitif de l&rsquo;inhibition (le fameux \u00ab effet d&rsquo;interf\u00e9rence \u00bb), mesur\u00e9 de mani\u00e8re robuste au niveau individuel et populationnel.<\/p>\n<p>De surcro\u00eet, les distributions de temps de r\u00e9action \u00e9tant notoirement asym\u00e9triques \u00e0 droite, les mod\u00e9lisations cognitives r\u00e9centes d\u00e9laissent la simple moyenne arithm\u00e9tique pour combiner les moyennes marginales estim\u00e9es aux d\u00e9compositions distributionnelles ex-gaussiennes ou aux mod\u00e8les de diffusion de drift (Drift-Diffusion Models &#8211; DDM). Les moyennes marginales des param\u00e8tres de d\u00e9rive permettent d&rsquo;isoler la vitesse d&rsquo;accumulation de l&rsquo;information sensorielle ind\u00e9pendamment de la variabilit\u00e9 marginale du temps non d\u00e9cisionnel li\u00e9 \u00e0 la pr\u00e9paration motrice.<\/p>\n<h3>10.3 10.3 Essais cliniques randomis\u00e9s en sant\u00e9 mentale<\/h3>\n<p>L&rsquo;\u00e9valuation rigoureuse de l&rsquo;efficacit\u00e9 th\u00e9rapeutique au sein d&rsquo;essais contr\u00f4l\u00e9s randomis\u00e9s (ECR) multicentriques en sant\u00e9 mentale repr\u00e9sente l&rsquo;un des th\u00e9\u00e2tres d&rsquo;application les plus cruciaux pour les moyennes marginales estim\u00e9es. Lorsque l&rsquo;efficacit\u00e9 d&rsquo;un nouvel antid\u00e9presseur ou d&rsquo;un protocole de th\u00e9rapie d&rsquo;acceptation et d&rsquo;engagement (ACT) est test\u00e9e \u00e0 travers une douzaine de centres hospitaliers r\u00e9partis sur un territoire national, la variabilit\u00e9 inter-sites (diff\u00e9rences dans les pratiques soignantes locales, caract\u00e9ristiques sociod\u00e9mographiques des bassins de population) constitue un facteur mod\u00e9rateur de confusion majeur.<\/p>\n<p>L&rsquo;utilisation de mod\u00e8les lin\u00e9aires mixtes g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9s permet de consid\u00e9rer les centres de soins comme des effets al\u00e9atoires ou des facteurs de stratification fixes, tout en estimant la moyenne marginale d&rsquo;am\u00e9lioration clinique associ\u00e9e \u00e0 chaque modalit\u00e9 th\u00e9rapeutique. Cette moyenne marginale standardis\u00e9e mesure le b\u00e9n\u00e9fice clinique r\u00e9el net que l&rsquo;on peut raisonnablement anticiper lors du d\u00e9ploiement g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 du traitement dans le syst\u00e8me de sant\u00e9, affranchi de l&rsquo;idiosyncrasie d&rsquo;un centre hospitalier particulier.<\/p>\n<p>Enfin, face au ph\u00e9nom\u00e8ne critique de l&rsquo;attrition des patients (abandons de traitement fr\u00e9quents lors de prises en charge de troubles s\u00e9v\u00e8res comme l&rsquo;addiction ou les troubles du comportement alimentaire), le calcul des moyennes marginales estim\u00e9es par l&rsquo;approche du Maximum de Vraisemblance sous l&rsquo;hypoth\u00e8se de donn\u00e9es manquantes au hasard (Missing at Random &#8211; MAR) \u00e9vite les biais dramatiques de l&rsquo;analyse exclusive des cas complets. Ces moyennes marginales ajust\u00e9es offrent ainsi aux autorit\u00e9s sanitaires et aux praticiens des m\u00e9triques d\u00e9cisionnelles d&rsquo;une fiabilit\u00e9 \u00e9thique et scientifique exemplaire.<\/p>\n<h2>11. 11. Impl\u00e9mentation computationnelle : calcul des moyennes marginales sous R, SPSS et Python<\/h2>\n<h3>11.1 11.1 Impl\u00e9mentation compl\u00e8te sous le logiciel R<\/h3>\n<p>L&rsquo;environnement open-source de calcul statistique R s&rsquo;impose comme la r\u00e9f\u00e9rence m\u00e9thodologique internationale pour l&rsquo;extraction, la mod\u00e9lisation et la visualisation des moyennes marginales estim\u00e9es. La d\u00e9marche computationnelle canonique s&rsquo;articule autour de l&rsquo;ajustement pr\u00e9alable d&rsquo;un mod\u00e8le lin\u00e9aire univari\u00e9 via la commande int\u00e9gr\u00e9e <em>lm()<\/em> ou <em>aov()<\/em>, suivi de l&rsquo;exploitation de la biblioth\u00e8que d&rsquo;excellence <em>emmeans<\/em>.<\/p>\n<p>Dans un script d&rsquo;analyse reproductible, l&rsquo;ajustement du mod\u00e8le factoriel s&rsquo;effectue en d\u00e9clarant explicitement les effets principaux et les termes d&rsquo;interaction crois\u00e9e. Une fois l&rsquo;objet de mod\u00e9lisation instanci\u00e9 en m\u00e9moire, la fonction <em>emmeans()<\/em> est invoqu\u00e9e en sp\u00e9cifiant la formule de partitionnement marginal souhait\u00e9e :<\/p>\n<figure class=\"wpt-preserved-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/french.arabpsychology.com\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/marginalMean9.png\" alt=\"\" \/><\/figure>\n<p>Par exemple, pour extraire les moyennes marginales estim\u00e9es associ\u00e9es au facteur \u00ab Traitement \u00bb, l&rsquo;analyste \u00e9crit la syntaxe suivante :<\/p>\n<p style=\"text-align: left;padding-left: 20px;font-style: italic\">modele &lt;- lm(Score ~ Traitement * Groupe, data = donnees_recherche)<br \/>\nmarges_traitement &lt;- emmeans(modele, ~ Traitement)<\/p>\n<p>Pour proc\u00e9der \u00e0 la comparaison diff\u00e9rentielle exhaustive par paires de ces moyennes marginales avec un ajustement rigoureux du taux d&rsquo;erreur de famille via la proc\u00e9dure de Tukey, il suffit d&rsquo;appliquer la commande compl\u00e9mentaire :<\/p>\n<p style=\"text-align: left;padding-left: 20px;font-style: italic\">pairs(marges_traitement, adjust = \u00ab\u00a0tukey\u00a0\u00bb)<\/p>\n<p>Enfin, pour la restitution visuelle de haute r\u00e9solution vectorielle destin\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9dition scientifique, l&rsquo;\u00e9cosyst\u00e8me propose la fonction d\u00e9di\u00e9e <em>emmip()<\/em> qui g\u00e9n\u00e8re automatiquement des graphiques d&rsquo;interaction de qualit\u00e9 publication en se couplant parfaitement aux fonctionnalit\u00e9s graphiques avanc\u00e9es du package standard <em>ggplot2<\/em>.<\/p>\n<h3>11.2 11.2 Proc\u00e9dure sous IBM SPSS Statistics<\/h3>\n<p>Le logiciel propri\u00e9taire IBM SPSS Statistics, largement d\u00e9ploy\u00e9 au sein des d\u00e9partements universitaires de psychologie et des laboratoires hospitaliers, int\u00e8gre nativement une panoplie d&rsquo;outils sophistiqu\u00e9s pour l&rsquo;analyse des moyennes marginales estim\u00e9es via son module d&rsquo;Analyse du Mod\u00e8le Lin\u00e9aire G\u00e9n\u00e9ral (GLM).<\/p>\n<p>Par l&rsquo;interface graphique utilisateur (GUI), le chercheur acc\u00e8de \u00e0 cette proc\u00e9dure en suivant le chemin de menu classique : <em>Analyse &gt; Mod\u00e8le lin\u00e9aire g\u00e9n\u00e9ral &gt; Univari\u00e9&#8230;<\/em>. Apr\u00e8s avoir transf\u00e9r\u00e9 la variable de score dans le champ \u00ab Variable d\u00e9pendante \u00bb et assign\u00e9 les variables cat\u00e9gorielles dans le champ \u00ab Facteurs fixes \u00bb, l&rsquo;utilisateur clique sur la sous-bo\u00eete de dialogue intitul\u00e9e sp\u00e9cifiquement <strong>\u00ab Moyennes marginales estim\u00e9es \u00bb (EM Means)<\/strong>. Il s\u00e9lectionne alors les facteurs d&rsquo;int\u00e9r\u00eat dans la liste disponible et les fait glisser dans la fen\u00eatre active \u00ab Afficher les moyennes pour \u00bb.<\/p>\n<p>Cependant, pour garantir l&rsquo;automatisation et l&rsquo;exhaustivit\u00e9 des sorties statistiques lors de rapports m\u00e9thodologiques exigeants, le recours \u00e0 la syntaxe programm\u00e9e SPSS demeure la voie de r\u00e9f\u00e9rence. La commande de syntaxe suivante illustre l&rsquo;extraction des moyennes marginales et l&rsquo;ex\u00e9cution conjointe des contrastes par paires ajust\u00e9s :<\/p>\n<p style=\"text-align: left;padding-left: 20px;font-style: italic\">UNIANOVA Score BY Traitement Groupe<br \/>\n&nbsp;&nbsp;\/METHOD=SSTYPE(3)<br \/>\n&nbsp;&nbsp;\/EMMEANS=TABLES(Traitement) COMPARE(Traitement) ADJ(BONFERRONI)<br \/>\n&nbsp;&nbsp;\/EMMEANS=TABLES(Traitement*Groupe)<br \/>\n&nbsp;&nbsp;\/DESIGN=Traitement Groupe Traitement*Groupe.<\/p>\n<p>Le tableau de sortie g\u00e9n\u00e9r\u00e9 par SPSS restitue avec une clart\u00e9 remarquable la moyenne marginale estim\u00e9e de chaque condition, son erreur type asymptotique, ainsi que les bornes inf\u00e9rieure et sup\u00e9rieure de son intervalle de confiance \u00e0 95 %, accompagn\u00e9es des matrices de comparaisons univari\u00e9es correspondantes.<\/p>\n<h3>11.3 11.3 Mod\u00e9lisation en Python avec Statsmodels<\/h3>\n<p>L&rsquo;essor consid\u00e9rable du langage Python dans le champ de la science des donn\u00e9es et des neurosciences computationnelles a conduit au d\u00e9veloppement d&rsquo;architectures statistiques permettant de manipuler les moyennes marginales avec la m\u00eame rigueur formelle que sous R ou SPSS. La biblioth\u00e8que de mod\u00e9lisation \u00e9conom\u00e9trique et statistique de r\u00e9f\u00e9rence est <em>statsmodels<\/em>, articul\u00e9e autour de son interface par formule inspir\u00e9e de l&rsquo;environnement R.<\/p>\n<p>L&rsquo;impl\u00e9mentation d\u00e9bute par l&rsquo;importation de la structure tabulaire sous forme de DataFrame <em>pandas<\/em>, suivie de l&rsquo;ajustement du mod\u00e8le lin\u00e9aire par moindres carr\u00e9s ordinaires (OLS) :<\/p>\n<p style=\"text-align: left;padding-left: 20px;font-style: italic\">import statsmodels.api as sm<br \/>\nimport statsmodels.formula.api as smf<br \/>\nmodele = smf.ols(&lsquo;Score ~ C(Traitement) * C(Groupe)&rsquo;, data=df).fit()<\/p>\n<p>Pour le calcul pr\u00e9cis des effets marginaux et des moyennes estim\u00e9es, les scientifiques des donn\u00e9es s&rsquo;appuient aujourd&rsquo;hui de mani\u00e8re croissante sur la biblioth\u00e8que sp\u00e9cialis\u00e9e <em>marginaleffects<\/em>, d\u00e9sormais totalement port\u00e9e et interfa\u00e7able en environnement Python, ou utilisent les fonctionnalit\u00e9s d&rsquo;analyse multivari\u00e9e de <em>statsmodels.stats.multicomp<\/em>.<\/p>\n<p>La fonction <em>predictions()<\/em> de la biblioth\u00e8que permet d&rsquo;extraire la grille compl\u00e8te des moyennes marginales pr\u00e9dictives en fixant syst\u00e9matiquement les autres covariables \u00e0 leurs moyennes marginales respectives. Les r\u00e9sultats structur\u00e9s sont instantan\u00e9ment exportables sous la forme d&rsquo;un tableau synth\u00e9tique Pandas, autorisant une int\u00e9gration transparente dans des pipelines d&rsquo;apprentissage automatique ou des routines graphiques automatis\u00e9es sous <em>seaborn<\/em> ou <em>matplotlib<\/em>.<\/p>\n<h2>12. 12. Synth\u00e8se m\u00e9thodologique, erreurs fr\u00e9quentes et recommandations de publication<\/h2>\n<h3>12.1 12.1 Pi\u00e8ges et erreurs courantes d&rsquo;interpr\u00e9tation<\/h3>\n<p>En d\u00e9pit de sa relative simplicit\u00e9 de calcul arithm\u00e9tique \u00e9l\u00e9mentaire, la moyenne marginale est la cible d&rsquo;erreurs m\u00e9thodologiques et conceptuelles fr\u00e9quentes dans la litt\u00e9rature empirique \u00e9valu\u00e9e par les pairs. Le pi\u00e8ge le plus universel et sans doute le plus pr\u00e9judiciable consiste en <strong>l&rsquo;omission d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e ou ignorante de l&rsquo;interaction factorielle<\/strong>. Se focaliser de mani\u00e8re exclusive sur un effet principal marginal statistiquement significatif en n\u00e9gligeant de tester pr\u00e9alablement l&rsquo;existence d&rsquo;une interaction d\u00e9sordonn\u00e9e peut conduire \u00e0 formuler des prescriptions cliniques ou p\u00e9dagogiques totalement infond\u00e9es, voire d\u00e9l\u00e9t\u00e8res pour certains sous-groupes de sujets.<\/p>\n<p>Une seconde erreur r\u00e9currente proc\u00e8de de la confusion intellectuelle entre les <em>moyennes marginales pond\u00e9r\u00e9es<\/em> et les <em>moyennes marginales non pond\u00e9r\u00e9es<\/em> au sein des plans d&rsquo;exp\u00e9rience d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9s. Pr\u00e9senter comme repr\u00e9sentative d&rsquo;un effet principal la simple moyenne d&rsquo;agr\u00e9gation d&rsquo;une colonne sans avoir corrig\u00e9 l&rsquo;asym\u00e9trie num\u00e9rique des cellules \u00e9quivaut \u00e0 r\u00e9introduire insidieusement des facteurs de confusion sociod\u00e9mographiques ou contextuels dans une m\u00e9trique suppos\u00e9e isoler une causalit\u00e9 exp\u00e9rimentale pure.<\/p>\n<p>Enfin, les comit\u00e9s de lecture d\u00e9noncent r\u00e9guli\u00e8rement la surinterpr\u00e9tation des diff\u00e9rences marginales infinit\u00e9simales. L&rsquo;obtention d&rsquo;une valeur p hautement significative (p &lt; 0,001) sur un test marginal F dans un \u00e9chantillon de tr\u00e8s grande taille (plusieurs milliers de sujets) ne garantit nullement que l&rsquo;\u00e9cart entre les moyennes marginales pr\u00e9sente la moindre pertinence pratique ou clinique sur le terrain. La taille de l&rsquo;\u00e9chantillon grossit artificiellement la significativit\u00e9 statistique, rendant indispensable l&rsquo;adossement de toute moyenne marginale \u00e0 des indicateurs standardis\u00e9s de magnitude r\u00e9elle.<\/p>\n<h3>12.2 12.2 Liste de contr\u00f4le pour le chercheur avant soumission<\/h3>\n<p>Afin de pr\u00e9munir les auteurs contre les \u00e9cueils m\u00e9thodologiques avant la soumission d&rsquo;un manuscrit scientifique dans une revue \u00e0 comit\u00e9 de lecture, il est vivement recommand\u00e9 de valider rigoureusement la liste de contr\u00f4le (checklist) suivante :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>V\u00e9rification de l&rsquo;orthogonalit\u00e9 du plan :<\/strong> Les effectifs cellulaires sont-ils strictement identiques ? En cas de d\u00e9s\u00e9quilibre av\u00e9r\u00e9, la m\u00e9thode des sommes des carr\u00e9s de Type III (ou une approche par mod\u00e9lisation mixte) a-t-elle \u00e9t\u00e9 express\u00e9ment s\u00e9lectionn\u00e9e dans le progiciel statistique ?<\/li>\n<li><strong>Examen pr\u00e9alable de l&rsquo;interaction :<\/strong> L&rsquo;interaction factorielle d&rsquo;ordre sup\u00e9rieur a-t-elle \u00e9t\u00e9 formellement test\u00e9e et visualis\u00e9e sur un graphique de profils avant d&rsquo;interpr\u00e9ter les effets marginaux principaux ?<\/li>\n<li><strong>Choix motiv\u00e9 des m\u00e9triques :<\/strong> Les moyennes rapport\u00e9es sont-elles des moyennes marginales estim\u00e9es (EMMs) ajust\u00e9es pour les covariables pertinentes, et non de simples moyennes d&rsquo;\u00e9chantillons brutes ?<\/li>\n<li><strong>Pr\u00e9sentation conjointe de l&rsquo;incertitude :<\/strong> Chaque moyenne marginale consign\u00e9e dans le texte ou les tableaux est-elle syst\u00e9matiquement flanqu\u00e9e de son erreur type (SE) ou de son intervalle de confiance \u00e0 95 % (IC 95%) ?<\/li>\n<li><strong>Correction de multiplicit\u00e9 explicit\u00e9e :<\/strong> Si des comparaisons par paires entre moyennes marginales ont \u00e9t\u00e9 ex\u00e9cut\u00e9es, la proc\u00e9dure d&rsquo;ajustement du risque global (Tukey, Bonferroni, Holm) est-elle clairement stipul\u00e9e dans la section M\u00e9thode ?<\/li>\n<li><strong>Reproductibilit\u00e9 computationnelle :<\/strong> Le script d&rsquo;analyse complet (sous R, Python ou syntaxe SPSS) documentant fid\u00e8lement le param\u00e9trage du mod\u00e8le est-il archiv\u00e9 et accessible en annexe ou sur un r\u00e9pertoire ouvert (OSF) ?<\/li>\n<\/ul>\n<p>L&rsquo;adh\u00e9sion scrupuleuse \u00e0 ces crit\u00e8res m\u00e9thodologiques garantit non seulement la solidit\u00e9 \u00e9pist\u00e9mologique des conclusions formul\u00e9es, mais fluidifie substantiellement le processus d&rsquo;\u00e9valuation par les pairs en levant d&#8217;embl\u00e9e toute ambigu\u00eft\u00e9 sur la rectitude de l&rsquo;architecture d&rsquo;analyse quantitative d\u00e9ploy\u00e9e.<\/p>\n<h3>12.3 12.3 Normes de r\u00e9daction et de restitution selon les directives APA<\/h3>\n<p>La communication acad\u00e9mique des r\u00e9sultats statistiques ob\u00e9it \u00e0 des conventions typographiques et structurelles codifi\u00e9es avec une grande minutie par le manuel de style de l&rsquo;American Psychological Association (APA 7e \u00e9dition). Lors de la r\u00e9daction de la section \u00ab R\u00e9sultats \u00bb d&rsquo;un article scientifique, la restitution des moyennes marginales doit s&rsquo;int\u00e9grer de mani\u00e8re fluide et harmonieuse au sein de la narration textuelle ou faire l&rsquo;objet d&rsquo;un tableau factoriel formalis\u00e9 selon les canons en vigueur.<\/p>\n<p>Sur le plan typographique et formel, les symboles statistiques doivent \u00eatre syst\u00e9matiquement compos\u00e9s en italique (par exemple : <em>F<\/em>, <em>p<\/em>, <em>M<\/em>, <em>SE<\/em>, <em>\u03b7<\/em>\u00b2). De surcro\u00eet, chaque test d&rsquo;effet principal sur une moyenne marginale doit imp\u00e9rativement associer les degr\u00e9s de libert\u00e9 du num\u00e9rateur et du d\u00e9nominateur, la statistique F exacte, la valeur p pr\u00e9cise (rapport\u00e9e au milli\u00e8me pr\u00e8s), ainsi qu&rsquo;une mesure reconnue de la taille d&rsquo;effet, typiquement <strong>l&rsquo;\u00eata-carr\u00e9 partiel<\/strong> (<em>\u03b7_p<\/em>\u00b2) ou le d de Cohen pour les contrastes marginalis\u00e9s deux \u00e0 deux.<\/p>\n<p>\u00c0 titre de mod\u00e8le pratique directement transposable, voici un exemple canonique de formulation narrative conforme aux exigences de l&rsquo;APA 7e \u00e9dition pour la restitution d&rsquo;un effet principal marginal en pr\u00e9sence de deux facteurs :<\/p>\n<p style=\"padding: 15px;background-color: #f9f9f9;border-left: 4px solid #cccccc;font-style: normal\">\n\u00ab Une analyse de variance (ANOVA) factorielle 2 x 3 \u00e0 effets fixes a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e pour \u00e9valuer l&rsquo;impact du Genre et de la Technique d&rsquo;\u00e9tude sur la performance \u00e0 l&rsquo;\u00e9valuation finale. L&rsquo;analyse a mis en \u00e9vidence un effet principal statistiquement significatif de la Technique d&rsquo;\u00e9tude, <em>F<\/em>(2, 94) = 4,82, <em>p<\/em> = 0,010, <em>\u03b7_p<\/em>\u00b2 = 0,093. Les moyennes marginales estim\u00e9es indiquent une performance globale sup\u00e9rieure pour les \u00e9tudiants assign\u00e9s \u00e0 la lecture passive (<em>M<\/em> = 89,90, <em>SE<\/em> = 0,95, IC 95% [88,01, 91,79]) et \u00e0 l&rsquo;auto-\u00e9valuation active (<em>M<\/em> = 88,20, <em>SE<\/em> = 0,95, IC 95% [86,31, 90,09]), comparativement aux participants soumis \u00e0 la r\u00e9p\u00e9tition espac\u00e9e (<em>M<\/em> = 83,90, <em>SE<\/em> = 0,95, IC 95% [82,01, 85,79]). Les comparaisons post-hoc men\u00e9es \u00e0 l&rsquo;aide de la proc\u00e9dure de Tukey ont confirm\u00e9 que la moyenne marginale de la r\u00e9p\u00e9tition espac\u00e9e diff\u00e9rait significativement de celle de la lecture passive (<em>p<\/em> = 0,008), tandis qu&rsquo;aucune diff\u00e9rence significative n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 d\u00e9tect\u00e9e entre l&rsquo;auto-\u00e9valuation active et la lecture passive (<em>p<\/em> = 0,412). L&rsquo;interaction entre le Genre et la Technique d&rsquo;\u00e9tude n&rsquo;ayant pas atteint le seuil de significativit\u00e9 statistique, <em>F<\/em>(2, 94) = 1,15, <em>p<\/em> = 0,321, <em>\u03b7_p<\/em>\u00b2 = 0,024, ces \u00e9carts marginaux refl\u00e8tent fid\u00e8lement l&rsquo;efficacit\u00e9 globale des approches p\u00e9dagogiques ind\u00e9pendamment de la variable sociod\u00e9mographique. \u00bb\n<\/p>\n<p>Ce paragraphe mod\u00e8le illustre l&rsquo;int\u00e9gration m\u00e9thodique de l&rsquo;ensemble des garde-fous th\u00e9oriques examin\u00e9s au fil de ce guide : contextualisation globale, formulation des m\u00e9triques marginales assorties de leur marge d&rsquo;erreur, justification par l&rsquo;absence d&rsquo;interaction crois\u00e9e et interpr\u00e9tation des contrastes cibl\u00e9s. Ma\u00eetriser l&rsquo;usage et la restitution des moyennes marginales permet ainsi au chercheur de transcender l&#8217;empirisme des observations brutes pour hisser ses d\u00e9ductions au rang d&rsquo;inf\u00e9rences scientifiques robustes, transparentes et p\u00e9rennes.<\/p>\n<h2>R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<ul>\n<li>American Psychological Association. (2020). <em>Publication manual of the American Psychological Association<\/em> (7th ed.). American Psychological Association. <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1037\/0000165-000\">https:\/\/doi.org\/10.1037\/0000165-000<\/a><\/li>\n<li>Cohen, J. (1988). <em>Statistical power analysis for the behavioral sciences<\/em> (2nd ed.). Lawrence Erlbaum Associates. <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.4324\/9780203771587\">https:\/\/doi.org\/10.4324\/9780203771587<\/a><\/li>\n<li>Harvey, W. R. (1960). Least-squares analysis of data with unequal subclass numbers. <em>United States Department of Agriculture, Agricultural Research Service<\/em>, ARS 20-8, 1-157. <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/naldc.nal.usda.gov\/download\/CAT87209355\/PDF\">https:\/\/naldc.nal.usda.gov\/download\/CAT87209355\/PDF<\/a><\/li>\n<li>Lenth, R. V. (2016). Least-squares means: The R package lsmeans. <em>Journal of Statistical Software<\/em>, 69(1), 1-33. <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.18637\/jss.v069.i01\">https:\/\/doi.org\/10.18637\/jss.v069.i01<\/a><\/li>\n<li>Maxwell, S. E., Delaney, H. D., &amp; Kelley, K. (2018). <em>Designing experiments and analyzing data: A model comparison perspective<\/em> (3rd ed.). Routledge. <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.4324\/9781315642956\">https:\/\/doi.org\/10.4324\/9781315642956<\/a><\/li>\n<li>Nelder, J. A., &amp; Wedderburn, R. W. M. (1972). Generalized linear models. <em>Journal of the Royal Statistical Society: Series A (General)<\/em>, 135(3), 370-384. <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.2307\/2344614\">https:\/\/doi.org\/10.2307\/2344614<\/a><\/li>\n<li>Searle, S. R., Speed, F. M., &amp; Milliken, G. A. (1980). Population marginal means in the linear model: An alternative to least squares means. <em>The American Statistician<\/em>, 34(4), 216-221. <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1080\/00031305.1980.10483031\">https:\/\/doi.org\/10.1080\/00031305.1980.10483031<\/a><\/li>\n<li>Simpson, E. H. (1951). The interpretation of interaction in contingency tables. <em>Journal of the Royal Statistical Society: Series B (Methodological)<\/em>, 13(2), 238-241. <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1111\/j.2517-6161.1951.tb00088.x\">https:\/\/doi.org\/10.1111\/j.2517-6161.1951.tb00088.x<\/a><\/li>\n<li>Yates, F. (1934). The analysis of multiple classifications with unequal numbers in the different classes. <em>Journal of the American Statistical Association<\/em>, 29(185), 51-66. <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1080\/01621459.1934.10502686\">https:\/\/doi.org\/10.1080\/01621459.1934.10502686<\/a><\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D\u00e9couvrez la d\u00e9finition rigoureuse et des exemples concrets de la moyenne marginale en statistiques appliqu\u00e9es \u00e0 la psychologie et aux sciences cognitives.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","template":"","categories":[1881,1835],"tags":[8820,6418,8819,1842,3778],"class_list":["post-7389","psych_stat","type-psych_stat","status-publish","hentry","category-methodologie-de-la-recherche","category-statistiques-en-psychologie","tag-anova-factorielle","tag-effets-principaux","tag-moyenne-marginale","tag-statistiques-psychologiques","tag-tableau-de-contingence"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_stat\/7389","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_stat"}],"about":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/psych_stat"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=7389"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_stat\/7389\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7398,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_stat\/7389\/revisions\/7398"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=7389"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=7389"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=7389"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}