{"id":5616,"date":"2026-09-11T23:39:24","date_gmt":"2026-09-11T23:39:24","guid":{"rendered":"http:\/\/french.arabpsychology.com\/statistics\/qu-est-ce-que-les-donnees-appariees-explication-exemples\/"},"modified":"2026-09-11T23:39:30","modified_gmt":"2026-09-11T23:39:30","slug":"qu-est-ce-que-les-donnees-appariees-explication-exemples","status":"publish","type":"psych_stat","link":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/?psych_stat=qu-est-ce-que-les-donnees-appariees-explication-exemples","title":{"rendered":"Qu&rsquo;est-ce que les donn\u00e9es appari\u00e9es ? (Explication et exemples)"},"content":{"rendered":"<p>Dans le champ de la recherche scientifique, de la psychologie quantitative et de l&rsquo;analyse biostatistique, la structure intrins\u00e8que d&rsquo;un jeu de donn\u00e9es d\u00e9termine la validit\u00e9 des conclusions th\u00e9oriques et cliniques que l&rsquo;on peut en tirer. L&rsquo;architecture d&rsquo;un protocole d&rsquo;\u00e9valuation ne se r\u00e9sume pas \u00e0 l&rsquo;accumulation de valeurs num\u00e9riques ; elle repose sur la nature fondamentale du lien logique et probabiliste qui relie ces observations. Parmi les configurations exp\u00e9rimentales les plus robustes figurent les donn\u00e9es dites appari\u00e9es, ou \u00e9chantillons d\u00e9pendants, dont l&rsquo;exploitation judicieuse constitue l&rsquo;un des piliers m\u00e9thodologiques de l&rsquo;inf\u00e9rence moderne.<\/p>\n<p>Trop souvent confondues avec des observations ind\u00e9pendantes par les praticiens novices, les donn\u00e9es appari\u00e9es r\u00e9pondent \u00e0 une logique de couplage strict. Elles surviennent d\u00e8s lors que deux mesures partagent une source commune de variance syst\u00e9matique, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse d&rsquo;un m\u00eame individu \u00e9valu\u00e9 \u00e0 des moments distincts ou de deux participants minutieusement associ\u00e9s sur la base de covariables critiques. Cette d\u00e9pendance, loin de constituer une entrave analytique, repr\u00e9sente un levier d&rsquo;une efficacit\u00e9 math\u00e9matique remarquable : elle permet d&rsquo;isoler l&rsquo;effet exp\u00e9rimental direct en neutralisant le bruit de fond induit par l&rsquo;h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 interindividuelle.<\/p>\n<p>Comprendre la nature, les pr\u00e9requis math\u00e9matiques, les m\u00e9thodes d&rsquo;analyse param\u00e9triques et non param\u00e9triques, ainsi que les pi\u00e8ges m\u00e9thodologiques inh\u00e9rents aux donn\u00e9es appari\u00e9es est une condition <em>sine qua non<\/em> pour tout chercheur en sciences du comportement et de la sant\u00e9. Cet article explore de mani\u00e8re exhaustive les fondements conceptuels, les typologies protocolaires, les mod\u00e9lisations inf\u00e9rentielles de pointe et les pratiques computationnelles indispensables \u00e0 la ma\u00eetrise de ces architectures de donn\u00e9es.<\/p>\n<h2>1. Introduction fondamentale aux donn\u00e9es appari\u00e9es en psychologie<\/h2>\n<h3>1.1 D\u00e9finition statistique et conceptuelle des donn\u00e9es appari\u00e9es<\/h3>\n<p>D&rsquo;un point de vue formel, un ensemble de donn\u00e9es est qualifi\u00e9 d&rsquo;appari\u00e9 lorsque deux vecteurs d&rsquo;observations pr\u00e9sentent une dimension rigoureusement identique et que chaque \u00e9l\u00e9ment du premier vecteur est intrins\u00e8quement et exclusivement reli\u00e9 \u00e0 un \u00e9l\u00e9ment sp\u00e9cifique du second vecteur. Contrairement aux plans \u00e0 groupes ind\u00e9pendants o\u00f9 les participants sont distribu\u00e9s de mani\u00e8re al\u00e9atoire sans relation mutuelle, les donn\u00e9es appari\u00e9es reposent sur une covariance positive sous-jacente entre les paires d&rsquo;observations. Dans la recherche en psychologie, cette interd\u00e9pendance \u00e9mane du fait que les deux scores d&rsquo;une m\u00eame paire partagent une multitude de d\u00e9terminants biologiques, cognitifs, environnementaux et mn\u00e9siques inh\u00e9rents \u00e0 l&rsquo;unit\u00e9 statistique observ\u00e9e.<\/p>\n<p>Cette d\u00e9pendance statistique intrins\u00e8que modifie en profondeur la dynamique de la variance. Lorsqu&rsquo;un m\u00eame individu est mesur\u00e9 \u00e0 deux reprises, sa vitesse de traitement de base, ses traits de personnalit\u00e9 stables, son niveau socio-\u00e9conomique et ses pr\u00e9dispositions g\u00e9n\u00e9tiques demeurent constants d&rsquo;une passation \u00e0 l&rsquo;autre. En termes probabilistes, la covariance entre la mesure initiale et la mesure cons\u00e9cutive n&rsquo;est pas nulle. Cette structure de corr\u00e9lation intra-sujet est la cl\u00e9 de vo\u00fbte de la mod\u00e9lisation appari\u00e9e : elle permet de partitionner la variance totale observ\u00e9e en s\u00e9parant la variance d&rsquo;int\u00e9r\u00eat \u2014 celle provoqu\u00e9e par la manipulation exp\u00e9rimentale ou le facteur temporel \u2014 de la variance d&rsquo;erreur attribu\u00e9e aux diff\u00e9rences stables entre les sujets.<\/p>\n<figure class=\"wpt-preserved-image\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/french.arabpsychology.com\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/pairedData1.png\" alt=\"Paired data\" \/><figcaption>Paired data<\/figcaption><\/figure>\n<p>L&rsquo;importance de cette approche dans les <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Design_of_experiments\">plans exp\u00e9rimentaux<\/a> r\u00e9side dans sa capacit\u00e9 \u00e0 r\u00e9duire drastiquement la variance d&rsquo;erreur non contr\u00f4l\u00e9e. En \u00e9liminant l&rsquo;h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 interindividuelle de l&rsquo;\u00e9quation diff\u00e9rentielle, le chercheur am\u00e9liore consid\u00e9rablement le rapport signal sur bruit. Une modification subtile d&rsquo;un \u00e9tat psychologique, qui aurait \u00e9t\u00e9 totalement masqu\u00e9e par les \u00e9carts massifs existant naturellement d&rsquo;un participant \u00e0 l&rsquo;autre dans un plan factoriel inter-sujets, peut alors \u00eatre d\u00e9tect\u00e9e avec une sensibilit\u00e9 et une pr\u00e9cision analytique optimales.<\/p>\n<h3>1.2 Le principe fondamental de la correspondance univoque<\/h3>\n<p>L&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 formelle des donn\u00e9es appari\u00e9es repose sur l&rsquo;exigence absolue d&rsquo;une bijection math\u00e9matique stricte entre les \u00e9l\u00e9ments des deux ensembles de donn\u00e9es. En d&rsquo;autres termes, chaque observation collect\u00e9e dans la condition A doit correspondre \u00e0 une, et une seule, observation dans la condition B. Cette r\u00e9ciprocit\u00e9 parfaite implique que l&rsquo;ordre des \u00e9l\u00e9ments n&rsquo;est pas interchangeable de mani\u00e8re al\u00e9atoire : d\u00e9solidariser une valeur de son homologue d\u00e9truit instantan\u00e9ment la structure d&rsquo;appariement et vicie l&rsquo;ensemble des estimateurs de variance calcul\u00e9s ult\u00e9rieurement.<\/p>\n<p>Les cons\u00e9quences d&rsquo;une rupture d&rsquo;appariement sont particuli\u00e8rement d\u00e9l\u00e9t\u00e8res pour l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 de la structure matricielle des donn\u00e9es. Si, en raison d&rsquo;une perte de vue au suivi clinique ou d&rsquo;un \u00e9chec technique lors de l&rsquo;enregistrement de la r\u00e9ponse cognitive, un score de la condition B vient \u00e0 manquer, l&rsquo;observation correspondante de la condition A perd son ancre relationnelle. Dans le cadre des analyses param\u00e9triques classiques telles que le test t pour \u00e9chantillons appari\u00e9s, cela se traduit traditionnellement par l&rsquo;\u00e9limination pure et simple de l&rsquo;ensemble de la paire, ce qui alt\u00e8re la compl\u00e9tude de l&rsquo;\u00e9chantillon et peut introduire des biais d&rsquo;attrition syst\u00e9matiques.<\/p>\n<p>Il convient par ailleurs d&rsquo;\u00e9tablir une distinction \u00e9pist\u00e9mologique et m\u00e9thodologique entre l&rsquo;appariement naturel et l&rsquo;appariement artificiel :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>L&rsquo;appariement naturel :<\/strong> Il s&rsquo;impose de lui-m\u00eame par l&rsquo;ontologie de l&rsquo;objet d&rsquo;\u00e9tude. Il s&rsquo;agit typiquement du m\u00eame sujet biologique suivi au fil du temps (mesures r\u00e9p\u00e9t\u00e9es longitudinales) ou de dyades \u00e9cologiquement interd\u00e9pendantes, telles que des paires de jumeaux monozygotes, des couples mari\u00e9s ou des fratries.<\/li>\n<li><strong>L&rsquo;appariement artificiel :<\/strong> Il r\u00e9sulte d&rsquo;un choix d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 du chercheur lors de la phase de conception du protocole. Face \u00e0 l&rsquo;impossibilit\u00e9 d&rsquo;utiliser un plan intra-sujet, l&rsquo;exp\u00e9rimentateur associe artificiellement deux participants distincts mais rendus \u00e9quivalents sur des dimensions critiques identifi\u00e9es <em>a priori<\/em>, telles que le quotient intellectuel, l&rsquo;\u00e2ge chronologique ou la s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 basale d&rsquo;un trouble psychiatrique.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>1.3 Distinction critique entre \u00e9chantillons ind\u00e9pendants et \u00e9chantillons d\u00e9pendants<\/h3>\n<p>La distinction entre \u00e9chantillons ind\u00e9pendants et d\u00e9pendants r\u00e9side dans la matrice de variance-covariance des observations. Dans un devis \u00e0 \u00e9chantillons ind\u00e9pendants, la covariance th\u00e9orique entre le score d&rsquo;un individu du groupe exp\u00e9rimental et celui d&rsquo;un individu du groupe t\u00e9moin est strictement \u00e9gale \u00e0 z\u00e9ro. La variance de la diff\u00e9rence entre les moyennes des deux groupes est alors \u00e9gale \u00e0 la somme arithm\u00e9tique de leurs variances \u00e9chantillonnales respectives divis\u00e9es par leurs effectifs. En revanche, dans un sch\u00e9ma appari\u00e9, la variance de la diff\u00e9rence moyenne int\u00e8gre un terme de covariance n\u00e9gatif soustractif : plus la corr\u00e9lation intra-paire est \u00e9lev\u00e9e, plus la variance de l&rsquo;estimateur de contraste s&rsquo;effondre.<\/p>\n<figure class=\"wpt-preserved-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/french.arabpsychology.com\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/pairedData4.png\" alt=\"Paired vs. unpaired data\" \/><figcaption>Paired vs. unpaired data<\/figcaption><\/figure>\n<p>L&rsquo;application erron\u00e9e d&rsquo;un mod\u00e8le pour \u00e9chantillons ind\u00e9pendants sur des donn\u00e9es structurellement appari\u00e9es constitue une faute m\u00e9thodologique lourde d&rsquo;implications inf\u00e9rentielles. En n\u00e9gligeant la covariance positive entre les mesures, le chercheur gonfle artificiellement le d\u00e9nominateur du ratio de test (l&rsquo;erreur type de la diff\u00e9rence). Cela conduit in\u00e9vitablement \u00e0 une sous-estimation dramatique de la statistique de test observ\u00e9e et \u00e0 une explosion du risque d&rsquo;<a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Type_I_and_type_II_errors\">erreur de type II<\/a> (non-rejet d&rsquo;une hypoth\u00e8se nulle pourtant fausse dans la population, ou faux n\u00e9gatif).<\/p>\n<figure class=\"wpt-preserved-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/french.arabpsychology.com\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/pairedData5.png\" alt=\"Unpaired data example\" \/><figcaption>Unpaired data example<\/figcaption><\/figure>\n<p>Inversement, traiter des \u00e9chantillons ind\u00e9pendants avec un algorithme con\u00e7u pour les donn\u00e9es appari\u00e9es constitue une violation math\u00e9matique majeure de l&rsquo;ind\u00e9pendance conditionnelle. Une telle man\u0153uvre alt\u00e8re le calcul des degr\u00e9s de libert\u00e9, qui passent de (N_1 + N_2 &#8211; 2) pour un test de Student ind\u00e9pendant \u00e0 (N &#8211; 1) (o\u00f9 (N) est le nombre de paires) pour un test appari\u00e9. L&rsquo;analyste s&rsquo;expose alors \u00e0 des conclusions fallacieuses, \u00e0 un r\u00e9tr\u00e9cissement artificiel des intervalles de confiance et \u00e0 une perte de calibration de l&rsquo;erreur de type I (taux de faux positifs), rendant la r\u00e9plication empirique de l&rsquo;\u00e9tude presque impossible.<\/p>\n<h2>2. Typologie des protocoles exp\u00e9rimentaux g\u00e9n\u00e9rant des donn\u00e9es appari\u00e9es<\/h2>\n<h3>2.1 Les protocoles pr\u00e9-test et post-test \u00e0 mesures r\u00e9p\u00e9t\u00e9es<\/h3>\n<p>Le devis pr\u00e9-test\/post-test constitue l&rsquo;arch\u00e9type par excellence du protocole \u00e0 mesures r\u00e9p\u00e9t\u00e9es en psychologie clinique, en psychop\u00e9dagogie et en neuropsychologie. Dans cette configuration, une variable d\u00e9pendante continue est quantifi\u00e9e chez un sujet \u00e0 un instant (T_1), avant toute manipulation ou intervention th\u00e9rapeutique. Cette premi\u00e8re mesure sert de ligne de base ou d&rsquo;\u00e9talonnage idiosyncrasique. Le chercheur administre ensuite une variable ind\u00e9pendante \u2014 par exemple, un protocole de rem\u00e9diation cognitive, un m\u00e9dicament psychoactif ou un module d&rsquo;apprentissage \u2014 puis proc\u00e8de \u00e0 une seconde \u00e9valuation identique au temps (T_2).<\/p>\n<p>L&rsquo;avantage cardinal de ce dispositif r\u00e9side dans le fait que chaque participant op\u00e8re comme son propre t\u00e9moin. En comparant le score au post-test avec celui du pr\u00e9-test pour une m\u00eame personne, le mod\u00e8le annule conceptuellement l&rsquo;impact des caract\u00e9ristiques individuelles persistantes. Si un participant pr\u00e9sente un niveau \u00e9lev\u00e9 d&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 de base, cette disposition constante teintera \u00e0 la fois sa performance initiale et sa performance finale ; la diff\u00e9rence brute entre les deux scores refl\u00e9tera alors plus fid\u00e8lement l&rsquo;effet sp\u00e9cifique du traitement administr\u00e9.<\/p>\n<p>Ce protocole permet ainsi d&rsquo;\u00e9valuer de mani\u00e8re tr\u00e8s pr\u00e9cise l&rsquo;\u00e9volution temporelle des variables psychologiques mesur\u00e9es. Il autorise l&rsquo;estimation de trajectoires individuelles de changement et la distinction entre les variations structurelles durables et les fluctuations al\u00e9atoires du comportement. N\u00e9anmoins, l&rsquo;analyste doit demeurer vigilant quant au fait que le simple passage du temps, la maturation biologique des participants ou des \u00e9v\u00e9nements ext\u00e9rieurs non contr\u00f4l\u00e9s peuvent corrompre la causalit\u00e9 attribu\u00e9e au traitement si aucun groupe t\u00e9moin n&rsquo;est inclus en parall\u00e8le.<\/p>\n<h3>2.2 Les plans exp\u00e9rimentaux intra-sujets \u00e0 conditions multiples<\/h3>\n<p>Les plans intra-sujets (souvent d\u00e9nomm\u00e9s <em>within-subjects designs<\/em> dans la litt\u00e9rature anglophone) \u00e9tendent la logique des donn\u00e9es appari\u00e9es au-del\u00e0 de la simple comparaison chronologique pr\u00e9\/post. Dans ce cadre, chaque participant est expos\u00e9 s\u00e9quentiellement \u00e0 l&rsquo;ensemble des modalit\u00e9s d&rsquo;une ou plusieurs variables ind\u00e9pendantes manipulant les contextes cognitifs, perceptifs ou \u00e9motionnels. Par exemple, un chercheur \u00e9tudiant la reconnaissance faciale des \u00e9motions confrontera le m\u00eame participant \u00e0 des stimuli visuels neutres, mena\u00e7ants, joyeux et tristes au cours d&rsquo;une unique session de laboratoire.<\/p>\n<p>Ce type de plan permet de minimiser les variables de confusion associ\u00e9es aux traits cognitifs profonds des sujets. Dans un plan inter-sujets classique, une diff\u00e9rence observ\u00e9e entre la condition neutre et la condition mena\u00e7ante pourrait simplement provenir du fait que le hasard a allou\u00e9 davantage d&rsquo;individus tr\u00e8s empathiques au groupe expos\u00e9 aux visages mena\u00e7ants. Dans le devis intra-sujet, cette hypoth\u00e8se rivale est imm\u00e9diatement invalid\u00e9e, puisque les m\u00eames individus traitent l&rsquo;int\u00e9gralit\u00e9 des stimuli, garantissant une \u00e9quivalence absolue des aptitudes cognitives basales \u00e0 travers toutes les conditions exp\u00e9rimentales.<\/p>\n<p>Toutefois, l&rsquo;exposition s\u00e9quentielle d&rsquo;un m\u00eame sujet \u00e0 des conditions exp\u00e9rimentales multiples introduit des menaces sp\u00e9cifiques \u00e0 la validit\u00e9 interne, notamment les effets d&rsquo;ordre et de report. Pour pr\u00e9munir le mod\u00e8le exp\u00e9rimental contre ces biais de contamination, le chercheur doit obligatoirement int\u00e9grer des techniques rigoureuses de contrebalancement. La m\u00e9thode du contrebalancement complet ou l&rsquo;utilisation d&rsquo;un carr\u00e9 latin permettent de distribuer de mani\u00e8re homog\u00e8ne les s\u00e9quences de passage \u00e0 travers l&rsquo;\u00e9chantillon, s&rsquo;assurant ainsi que les effets d&rsquo;apprentissage ou d&rsquo;\u00e9puisement cognitif n&rsquo;agissent pas comme des facteurs syst\u00e9matiques de distorsion.<\/p>\n<h3>2.3 L&rsquo;appariement de sujets distincts par paires jumel\u00e9es<\/h3>\n<p>Il existe de nombreuses situations exp\u00e9rimentales ou \u00e9thiques o\u00f9 un protocole intra-sujet s&rsquo;av\u00e8re irr\u00e9alisable. C&rsquo;est notamment le cas lorsque le traitement entra\u00eene un effet irr\u00e9versible (comme une intervention chirurgicale, un programme psycho\u00e9ducatif terminal ou une l\u00e9sion c\u00e9r\u00e9brale acquise). Dans de telles circonstances, le chercheur peut recourir \u00e0 la technique de l&rsquo;appariement de sujets distincts par paires jumel\u00e9es (<em>matched-pairs design<\/em>). Ce devis consiste \u00e0 recruter deux participants distincts qui partagent des profils identiques sur un ensemble de covariables jug\u00e9es d\u00e9terminantes pour la variable d\u00e9pendante analys\u00e9e.<\/p>\n<p>Sur le plan computationnel, l&rsquo;appariement moderne s&rsquo;appuie largement sur l&rsquo;<a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Propensity_score_matching\">appariement sur score de propension<\/a> (<em>propensity score matching<\/em>) ou sur des algorithmes d&rsquo;optimisation combinatoire (comme le jumelage exact ou le jumelage par plus proche voisin avec distance de Mahalanobis). Dans la recherche en neuropsychologie cognitive, cette m\u00e9thode est vitale : lorsqu&rsquo;on \u00e9tudie un patient ayant subi un accident vasculaire c\u00e9r\u00e9bral dans une r\u00e9gion temporale pr\u00e9cise, on l&rsquo;associe \u00e0 un participant sain t\u00e9moin strictement \u00e9quivalent sur le plan de l&rsquo;\u00e2ge chronologique, du sexe biologique, des ann\u00e9es de scolarit\u00e9 et du niveau d&rsquo;intelligence pr\u00e9morbide estim\u00e9 par des \u00e9preuves de vocabulaire.<\/p>\n<p>Une fois les paires constitu\u00e9es, le traitement statistique ne s&rsquo;effectue plus comme si les deux cohortes \u00e9taient mutuellement ind\u00e9pendantes. Bien que physiquement incarn\u00e9es par des corps distincts, les deux s\u00e9ries de mesures sont math\u00e9matiquement li\u00e9es par leur similarit\u00e9 de profil : elles doivent imp\u00e9rativement \u00eatre trait\u00e9es par des tests statistiques pour donn\u00e9es appari\u00e9es afin de pr\u00e9server les gains de pr\u00e9cision induits par le contr\u00f4le des covariables d&rsquo;appariement.<\/p>\n<h3>2.4 Les \u00e9tudes g\u00e9mellaires et familiales<\/h3>\n<p>Les sciences du comportement font appel aux mod\u00e8les g\u00e9mellaires et familiaux pour d\u00e9nouer les \u00e9cheveaux complexes de la g\u00e9n\u00e9tique comportementale et de l&rsquo;environnement. Dans les protocoles comparant des paires de jumeaux monozygotes (partageant 100 % de leur patrimoine g\u00e9n\u00e9tique) et dizygotes (partageant en moyenne 50 % de leurs all\u00e8les s\u00e9gr\u00e9guants), la structure de donn\u00e9es appari\u00e9es est naturellement impos\u00e9e par les liens de parent\u00e9 biologique. Chaque jumeau constitue l&rsquo;ancre d&rsquo;appariement de son co-jumeau, ce qui permet d&rsquo;\u00e9valuer la variance intra-paire par rapport \u00e0 la variance inter-paires.<\/p>\n<p>Au-del\u00e0 de la g\u00e9n\u00e9tique formelle, les \u00e9tudes de psychologie du d\u00e9veloppement et de th\u00e9rapie syst\u00e9mique recourent fr\u00e9quemment aux analyses de dyades naturelles :<\/p>\n<ul>\n<li>Paires parent-enfant dans l&rsquo;\u00e9valuation des styles d&rsquo;attachement ;<\/li>\n<li>Couples conjugaux dans l&rsquo;\u00e9tude des processus de communication \u00e9motionnelle ;<\/li>\n<li>Paires soignant-soign\u00e9 dans l&rsquo;analyse du fardeau psychologique et de l&rsquo;\u00e9puisement \u00e9motionnel.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Dans ces contextes \u00e9cologiques, les donn\u00e9es de la dyade pr\u00e9sentent une interd\u00e9pendance mutuelle substantielle. Le bien-\u00eatre subjectif d&rsquo;un conjoint influence directement et r\u00e9ciproquement celui de l&rsquo;autre. Le traitement statistique de ces scores coupl\u00e9s en tant que donn\u00e9es appari\u00e9es est indispensable pour mod\u00e9liser ad\u00e9quatement les effets d&rsquo;acteur et les effets de partenaire, souvent op\u00e9rationnalis\u00e9s au sein du cadre conceptuel de l&rsquo;<em>Actor-Partner Interdependence Model<\/em> (APIM).<\/p>\n<h2>3. Exemples concrets d&rsquo;application en psychologie clinique et cognitive<\/h2>\n<h3>3.1 \u00c9valuation de l&rsquo;efficacit\u00e9 d&rsquo;une th\u00e9rapie cognitivo-comportementale<\/h3>\n<p>Consid\u00e9rons une \u00e9tude clinique \u00e9valuant l&rsquo;efficacit\u00e9 d&rsquo;une psychoth\u00e9rapie cognitivo-comportementale (TCC) de 12 semaines sur des patients souffrant de trouble d\u00e9pressif caract\u00e9ris\u00e9. L&rsquo;intensit\u00e9 de la symptomatologie est mesur\u00e9e au moyen de l&rsquo;<a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Beck_Depression_Inventory\">Inventaire de D\u00e9pression de Beck<\/a> (BDI-II) avant le d\u00e9but de la prise en charge (pr\u00e9-test, (T_1)) et lors de la s\u00e9ance conclusive (post-test, (T_2)). Chaque patient dispose ainsi de deux scores ordonn\u00e9s qui forment un vecteur bidimensionnel individuel.<\/p>\n<figure class=\"wpt-preserved-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/french.arabpsychology.com\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/pairedData3.png\" alt=\"Example of paired data\" \/><figcaption>Example of paired data<\/figcaption><\/figure>\n<p>L&rsquo;objectif analytique consiste \u00e0 isoler le changement th\u00e9rapeutique intra-individuel au-del\u00e0 du bruit de mesure intrins\u00e8que \u00e0 l&rsquo;\u00e9valuation psychom\u00e9trique. Si l&rsquo;on se contentait de comparer la moyenne globale du groupe au pr\u00e9-test \u00e0 celle du groupe au post-test via un test non appari\u00e9, la dispersion initiale des scores (certains patients d\u00e9butant avec une d\u00e9pression l\u00e9g\u00e8re \u00e0 18, d&rsquo;autres avec une s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 critique \u00e0 45) masquerait la coh\u00e9rence de l&rsquo;am\u00e9lioration clinique. En mod\u00e9lisant la diff\u00e9rence individuelle brute (D_i = T_{1i} &#8211; T_{2i}) comme unit\u00e9 d&rsquo;analyse fondamentale, le chercheur neutralise la s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 initiale globale et concentre son inf\u00e9rence statistique sur l&rsquo;amplitude nette de la r\u00e9gression symptomatique propre \u00e0 chaque sujet.<\/p>\n<p>Cette approche permet non seulement de calculer un indice de changement fiable (<em>Reliable Change Index<\/em>, RCI) pour d\u00e9terminer si l&rsquo;\u00e9volution individuelle d\u00e9passe l&rsquo;erreur standard de mesure, mais elle offre \u00e9galement une base rigoureuse pour affirmer que la r\u00e9duction observ\u00e9e des scores du BDI-II est attribuable aux composantes actives du protocole psychoth\u00e9rapeutique plut\u00f4t qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 des \u00e9tats d\u00e9pressifs recrut\u00e9s.<\/p>\n<h3>3.2 Impact du stress aigu sur le temps de r\u00e9action cognitive<\/h3>\n<p>Dans le domaine de la neuropsychologie exp\u00e9rimentale, l&rsquo;\u00e9tude de l&rsquo;impact de l&rsquo;activation neuroendocrinienne sur les fonctions ex\u00e9cutives repose classiquement sur des paradigmes de stress aigu induit en laboratoire, tels que le <em>Trier Social Stress Test<\/em> (TSST). Un protocole typique consiste \u00e0 mesurer les temps de r\u00e9action de participants soumis \u00e0 une t\u00e2che de flexibilit\u00e9 cognitive informatis\u00e9e (comme le paradigme de Stroop) sous deux conditions distinctes : une session neutre sans enjeu psychosocial et une session sous stress social induit (\u00e9valuation par un comit\u00e9 d&rsquo;experts et enregistrement vid\u00e9o).<\/p>\n<p>Les temps de r\u00e9action se caract\u00e9risent par une variabilit\u00e9 interindividuelle consid\u00e9rable. Certains participants poss\u00e8dent une vitesse de conduction nerveuse et des temps de traitement basaux tr\u00e8s v\u00e9loces (de l&rsquo;ordre de 400 millisecondes), tandis que d&rsquo;autres affichent des profils cognitifs plus prudents ou plus lents (d\u00e9passant 750 millisecondes). Une comparaison inter-groupes ind\u00e9pendante requerrait des tailles d&rsquo;\u00e9chantillon monumentales pour compenser cette immense dispersion naturelle.<\/p>\n<p>En recourant \u00e0 un appariement intra-sujet o\u00f9 chaque individu est son propre contr\u00f4le, le chercheur op\u00e8re une comparaison directe des temps de latence au niveau individuel. La m\u00e9trique cl\u00e9 devient la diff\u00e9rence de vitesse de traitement observ\u00e9e chez la personne (X) entre son \u00e9tat relax\u00e9 et son \u00e9tat d&rsquo;activation physiologique. La variabilit\u00e9 basale de la vitesse cognitive \u00e9tant math\u00e9matiquement soustraite de l&rsquo;\u00e9quation, le test statistique peut isoler avec une finesse extr\u00eame l&rsquo;effet d\u00e9l\u00e9t\u00e8re ou facilitateur de la lib\u00e9ration de cortisol sur les r\u00e9seaux attentionnels pr\u00e9frontaux.<\/p>\n<h3>3.3 Entra\u00eenement de la m\u00e9moire de travail chez les personnes \u00e2g\u00e9es<\/h3>\n<p>Le vieillissement cognitif s&rsquo;accompagne d&rsquo;un d\u00e9clin progressif de l&#8217;empan mn\u00e9sique et des capacit\u00e9s de r\u00e9tention \u00e0 court terme. Pour \u00e9valuer la plasticit\u00e9 c\u00e9r\u00e9brale chez les personnes \u00e2g\u00e9es, un protocole d&rsquo;entra\u00eenement cognitif informatis\u00e9 ciblant la m\u00e9moire de travail peut \u00eatre administr\u00e9 sur une dur\u00e9e de deux mois. La performance des participants est jaug\u00e9e avant et apr\u00e8s le protocole \u00e0 l&rsquo;aide d&rsquo;une t\u00e2che d&#8217;empan envers (<em>digit span backward<\/em>).<\/p>\n<p>L&rsquo;appariement rigoureux des scores initiaux et finaux pour chaque participant permet de quantifier le gain mn\u00e9sique net imputable au programme de stimulation c\u00e9r\u00e9brale. L&rsquo;enjeu m\u00e9thodologique majeur consiste \u00e0 diff\u00e9rencier l&rsquo;effet d&rsquo;apprentissage proc\u00e9dural de la t\u00e2che elle-m\u00eame (l&rsquo;adaptation m\u00e9canique \u00e0 l&rsquo;interface logicielle et au type de consignes) du b\u00e9n\u00e9fice neurobiologique et cognitif r\u00e9el. La configuration appari\u00e9e permet d&rsquo;aligner avec pr\u00e9cision les points de d\u00e9part individuels.<\/p>\n<p>En int\u00e9grant des groupes t\u00e9moins appari\u00e9s sur le niveau cognitif de base via des tests de d\u00e9pistage global (comme le MoCA) et soumis \u00e0 une t\u00e2che informatis\u00e9e passive (contr\u00f4le actif), les chercheurs peuvent proc\u00e9der \u00e0 des analyses diff\u00e9rentielles rigoureuses. La mod\u00e9lisation conjointe des paires d&rsquo;observations pr\u00e9-post au sein du groupe actif et du groupe t\u00e9moin assure que l&rsquo;augmentation du nombre de blocs m\u00e9moris\u00e9s d\u00e9coule bien d&rsquo;une expansion fonctionnelle de la m\u00e9moire de travail plut\u00f4t que d&rsquo;une simple familiarisation avec l&rsquo;environnement de test.<\/p>\n<h2>4. Applications psychom\u00e9triques : Mesures r\u00e9p\u00e9t\u00e9es et fid\u00e9lit\u00e9 d&rsquo;\u00e9valuation<\/h2>\n<h3>4.1 Fid\u00e9lit\u00e9 test-retest des instruments de mesure psychologiques<\/h3>\n<p>L&rsquo;une des conditions pr\u00e9liminaires \u00e0 l&rsquo;utilisation clinique d&rsquo;un instrument d&rsquo;\u00e9valuation psychologique est la d\u00e9monstration de ses qualit\u00e9s m\u00e9trologiques, au premier rang desquelles figure la <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Reliability_(psychometrics)\">fid\u00e9lit\u00e9 test-retest<\/a>. Ce protocole consiste \u00e0 administrer un questionnaire psychom\u00e9trique ou une batterie de tests \u00e0 un \u00e9chantillon stable de participants \u00e0 un temps (T_1), puis \u00e0 r\u00e9p\u00e9ter exactement la m\u00eame proc\u00e9dure d&rsquo;\u00e9valuation \u00e0 un temps ult\u00e9rieur (T_2), en veillant \u00e0 ce que l&rsquo;intervalle temporel choisi soit suffisamment court pour exclure une maturation d\u00e9veloppementale, mais suffisamment long pour estomper les traces mn\u00e9siques directes des r\u00e9ponses fournies.<\/p>\n<figure class=\"wpt-preserved-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/french.arabpsychology.com\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/pairedData2.png\" alt=\"Example of paired data on duplicate measurements\" \/><figcaption>Example of paired data on duplicate measurements<\/figcaption><\/figure>\n<p>Les matrices de donn\u00e9es g\u00e9n\u00e9r\u00e9es par ce paradigme sont purement appari\u00e9es. L&rsquo;analyse statistique ne recherche pas ici la d\u00e9monstration d&rsquo;une diff\u00e9rence significative, mais au contraire la preuve empirique d&rsquo;une concordance et d&rsquo;une invariance maximale des rangs ou des valeurs absolues entre les deux passations. Le coefficient de corr\u00e9lation intra-classe (ICC) et les \u00e9quations de Pearson appliqu\u00e9es \u00e0 ces vecteurs appari\u00e9s permettent de formaliser la stabilit\u00e9 temporelle du construit.<\/p>\n<p>Cette approche permet aux psychom\u00e9triciens d&rsquo;op\u00e9rer une d\u00e9composition fondamentale : distinguer l&rsquo;instabilit\u00e9 v\u00e9ritable du trait psychologique latent (qui fluctue sous l&rsquo;effet de contingences environnementales) de l&rsquo;erreur al\u00e9atoire d&rsquo;\u00e9chantillonnage inh\u00e9rente aux imperfections de l&rsquo;outil de mesure. Sans cette structure de donn\u00e9es appari\u00e9es, l&rsquo;estimation des erreurs types de mesure et l&rsquo;\u00e9tablissement des seuils de confiance clinique seraient impossibles.<\/p>\n<h3>4.2 \u00c9valuation de la concordance inter-juges et inter-instruments<\/h3>\n<p>Dans l&rsquo;\u00e9valuation diagnostique psychiatrique et neuropsychologique, la concordance entre cliniciens ind\u00e9pendants repr\u00e9sente un imp\u00e9ratif de premier ordre. Lorsqu&rsquo;un protocole m\u00e9thodologique pr\u00e9voit que deux praticiens exp\u00e9riment\u00e9s \u00e9valuent simultan\u00e9ment les m\u00eames entretiens diagnostiques cliniques enregistr\u00e9s sur vid\u00e9o pour coter une \u00e9chelle de psychopathologie (telle que l&rsquo;\u00e9chelle PANSS pour la schizophr\u00e9nie), la structure de donn\u00e9es obtenue est intrins\u00e8quement coupl\u00e9e par patient examin\u00e9.<\/p>\n<p>Chaque sujet clinique dispose de deux scores attribu\u00e9s pour chaque sympt\u00f4me : le score du juge A et le score du juge B. L&rsquo;analyse de donn\u00e9es appari\u00e9es s&rsquo;av\u00e8re alors cruciale pour quantifier l&rsquo;\u00e9ventuelle pr\u00e9sence d&rsquo;un biais syst\u00e9matique entre \u00e9valuateurs. Un test t appari\u00e9 explorant la diff\u00e9rence moyenne entre les juges peut r\u00e9v\u00e9ler si un praticien a tendance \u00e0 sous-estimer ou surestimer syst\u00e9matiquement la s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 clinique par rapport \u00e0 son confr\u00e8re, un ph\u00e9nom\u00e8ne qu&rsquo;un simple coefficient de corr\u00e9lation bivari\u00e9e ne permettrait pas d&rsquo;isoler (une corr\u00e9lation pouvant \u00eatre parfaite alors m\u00eame qu&rsquo;un biais constant de plusieurs points s\u00e9pare les deux observateurs).<\/p>\n<p>Ce m\u00eame paradigme s&rsquo;applique avec une pertinence \u00e9gale \u00e0 la comparaison de versions parall\u00e8les ou alternatives d&rsquo;une m\u00eame batterie neuropsychologique. Afin d&rsquo;\u00e9viter les biais de m\u00e9morisation lors d&rsquo;\u00e9valuations successives, les cliniciens utilisent des versions alternatives de tests de m\u00e9moire verbale (par exemple des listes de mots diff\u00e9rentes). L&rsquo;administration de ces deux versions \u00e0 un \u00e9chantillon de sujets appari\u00e9s permet de garantir l&rsquo;\u00e9quivalence m\u00e9trique stricte des deux formes de l&rsquo;instrument.<\/p>\n<h3>4.3 Contr\u00f4le de la r\u00e9activit\u00e9 de la mesure et de l&rsquo;effet d&rsquo;habituation<\/h3>\n<p>L&rsquo;acte m\u00eame de mesurer un ph\u00e9nom\u00e8ne psychologique ou psychophysiologique modifie fr\u00e9quemment l&rsquo;\u00e9tat interne du participant, un ph\u00e9nom\u00e8ne d\u00e9sign\u00e9 sous le terme de r\u00e9activit\u00e9 de la mesure. Dans les laboratoires de psychophysiologie cognitive, le placement d&rsquo;\u00e9lectrodes cutan\u00e9es pour quantifier la conductance \u00e9lectrodermale ou l&rsquo;enregistrement de l&rsquo;activit\u00e9 cardiovasculaire induit souvent une r\u00e9action initiale de surprise ou d&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 diffuse chez le sujet na\u00eff.<\/p>\n<p>L&rsquo;utilisation de donn\u00e9es appari\u00e9es sur des phases de repos successives permet de documenter et de contr\u00f4ler formellement l&rsquo;effet d&rsquo;habituation. En comparant les param\u00e8tres physiologiques de la premi\u00e8re minute de calibration \u00e0 ceux de la dixi\u00e8me minute chez les m\u00eames individus, les chercheurs peuvent quantifier math\u00e9matiquement la cin\u00e9tique de d\u00e9croissance de l&rsquo;hyperr\u00e9activit\u00e9 autonome cons\u00e9cutive \u00e0 la familiarisation avec l&rsquo;environnement exp\u00e9rimental et l&rsquo;appareillage technique.<\/p>\n<p>Dans le champ de l&rsquo;\u00e9valuation par auto-questionnaires, la sensibilisation des r\u00e9pondants lors de passations r\u00e9p\u00e9t\u00e9es constitue un d\u00e9fi similaire. La confrontation r\u00e9p\u00e9t\u00e9e \u00e0 des items interrogeant des sch\u00e9mas de pens\u00e9e dysfonctionnels peut amener le sujet \u00e0 d\u00e9velopper une m\u00e9tacognition accrue sur ses propres processus psychiques, alt\u00e9rant ainsi la mani\u00e8re dont il interpr\u00e8te les \u00e9nonc\u00e9s lors des sessions ult\u00e9rieures. Les paires de mesures permettent de suivre longitudinalement cette d\u00e9rive s\u00e9mantique et d&rsquo;introduire des ajustements statistiques contr\u00f4lant la familiarit\u00e9 progressive avec les \u00e9preuves.<\/p>\n<h2>5. Avantages m\u00e9thodologiques et statistiques de l&rsquo;appariement<\/h2>\n<h3>5.1 R\u00e9duction drastique de la variance r\u00e9siduelle interindividuelle<\/h3>\n<p>Le b\u00e9n\u00e9fice math\u00e9matique majeur des protocoles fond\u00e9s sur des donn\u00e9es appari\u00e9es r\u00e9side dans leur capacit\u00e9 \u00e0 purger l&rsquo;analyse de l&rsquo;influence de la variance interindividuelle. Dans la population humaine, les caract\u00e9ristiques physiologiques et psychologiques se distribuent selon des spectres extr\u00eamement \u00e9tendus. Dans un plan exp\u00e9rimental conventionnel \u00e0 groupes ind\u00e9pendants, toute cette h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 naturelle est vers\u00e9e directement dans le r\u00e9servoir de la variance r\u00e9siduelle, commun\u00e9ment appel\u00e9e la variance d&rsquo;erreur non expliqu\u00e9e.<\/p>\n<p>Le ratio statistique fondamental gouvernant les tests d&rsquo;hypoth\u00e8se param\u00e9triques (qu&rsquo;il s&rsquo;agisse du ratio (t) de Student ou du ratio (F) de Fisher-Snedecor) ob\u00e9it \u00e0 la logique suivante :<\/p>\n<p><span class=\"arabpsy-math-display\" data-latex=\"\\text{Statistique de test} = \\frac{\\text{Variance expliqu\u00e9e par l&#039;effet exp\u00e9rimental}}{\\text{Variance d&#039;erreur r\u00e9siduelle}}\">$$\\text{Statistique de test} = \\frac{\\text{Variance expliqu\u00e9e par l&rsquo;effet exp\u00e9rimental}}{\\text{Variance d&rsquo;erreur r\u00e9siduelle}}$$<\/span><\/p>\n<p>Lorsque des donn\u00e9es appari\u00e9es sont mobilis\u00e9es, la variabilit\u00e9 stable propre au participant est soustraite du d\u00e9nominateur. En \u00e9liminant les diff\u00e9rences statiques inter-sujets, la variance d&rsquo;erreur se contracte massivement, ne conservant que les fluctuations v\u00e9ritablement al\u00e9atoires de la mesure. Il en d\u00e9coule une \u00e9l\u00e9vation m\u00e9canique du rapport signal sur bruit, conf\u00e9rant aux estimations une pr\u00e9cision num\u00e9rique inaccessible aux sch\u00e9mas ind\u00e9pendants.<\/p>\n<h3>5.2 Accroissement substantiel de la puissance statistique<\/h3>\n<p>La cons\u00e9quence directe de cette contraction de l&rsquo;erreur type est une augmentation ph\u00e9nom\u00e9nale de la <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Power_of_a_test\">puissance statistique<\/a> ((1 &#8211; beta)). La puissance statistique repr\u00e9sente la probabilit\u00e9 math\u00e9matique de rejeter avec succ\u00e8s l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle ((H_0)) lorsqu&rsquo;un effet r\u00e9el existe bel et bien dans la population parente. Dans les sciences humaines, o\u00f9 les grandeurs d&rsquo;effet clinique sont souvent subtiles (tailles d&rsquo;effet moyennes oscillant fr\u00e9quemment entre des valeurs de (d) de Cohen de 0,20 et 0,50), de nombreuses \u00e9tudes ind\u00e9pendantes \u00e9chouent par manque cruel de puissance.<\/p>\n<p>Le gain de puissance associ\u00e9 aux donn\u00e9es appari\u00e9es est directement index\u00e9 sur la magnitude de la corr\u00e9lation positive ((rho)) reliant les scores au sein de chaque paire. L&rsquo;erreur type de la diff\u00e9rence de moyennes entre deux conditions appari\u00e9es s&rsquo;exprime formellement par l&rsquo;\u00e9quation :<\/p>\n<p><span class=\"arabpsy-math-display\" data-latex=\"\\sigma_D = \\sqrt{\\frac{\\sigma_1^2 + \\sigma_2^2 - 2\\rho\\sigma_1\\sigma_2}{N}}\">$$\\sigma_D = \\sqrt{\\frac{\\sigma_1^2 + \\sigma_2^2 &#8211; 2\\rho\\sigma_1\\sigma_2}{N}}$$<\/span><\/p>\n<p>Il appara\u00eet avec \u00e9vidence que plus la corr\u00e9lation intra-paire (rho) se rapproche de la valeur th\u00e9orique maximale de (1,00), plus le terme soustractif (2rhosigma_1sigma_2) neutralise la somme des variances individuelles, conduisant \u00e0 une erreur standard (sigma_D) tendant vers z\u00e9ro. Cette propri\u00e9t\u00e9 math\u00e9matique r\u00e9duit drastiquement le risque d&rsquo;erreur de type II et assure au chercheur la d\u00e9tection fiable d&rsquo;effets r\u00e9els, m\u00eame modestes, sans avoir \u00e0 gonfler artificiellement ses cohortes exp\u00e9rimentales.<\/p>\n<h3>5.3 Optimisation de la taille d&rsquo;\u00e9chantillon et \u00e9conomie de recherche<\/h3>\n<p>Cette puissance accrue se traduit imm\u00e9diatement par une optimisation logistique et financi\u00e8re substantielle : la r\u00e9duction de la taille d&rsquo;\u00e9chantillon n\u00e9cessaire pour valider les hypoth\u00e8ses exp\u00e9rimentales. Pour un niveau de puissance fix\u00e9 conventionnellement \u00e0 (1 &#8211; beta = 0,80) avec un seuil de significativit\u00e9 (alpha = 0,05), la d\u00e9monstration d&rsquo;une taille d&rsquo;effet moyenne requiert un nombre consid\u00e9rablement moindre de participants dans un plan appari\u00e9 que dans un plan ind\u00e9pendant, o\u00f9 deux cohortes distinctes et volumineuses doivent \u00eatre enr\u00f4l\u00e9es.<\/p>\n<p>Cette \u00e9conomie de moyens prend une r\u00e9sonance critique lorsqu&rsquo;on op\u00e8re aupr\u00e8s de populations cliniques rares, difficiles d&rsquo;acc\u00e8s ou lourdement fragilis\u00e9es, telles que des patients atteints de pathologies neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9ratives orphelines, de traumatismes cr\u00e2niens p\u00e9diatriques ou d&rsquo;affections psychiatriques r\u00e9fractaires. Le recrutement de dizaines d&rsquo;individus pr\u00e9sentant des crit\u00e8res d&rsquo;inclusion rigides repr\u00e9sente parfois des ann\u00e9es de travail prospectif au sein d&rsquo;unit\u00e9s hospitali\u00e8res sp\u00e9cialis\u00e9es.<\/p>\n<p>Enfin, cet avantage math\u00e9matique s&rsquo;accompagne d&rsquo;un imp\u00e9ratif \u00e9thique majeur. Conform\u00e9ment aux principes de la D\u00e9claration d&rsquo;Helsinki et aux directives des comit\u00e9s d&rsquo;\u00e9thique de la recherche biom\u00e9dicale, les scientifiques ont le devoir moral de n&rsquo;exposer que le nombre strictement minimal d&rsquo;\u00eatres humains aux contraintes, \u00e0 la fatigue et aux risques inh\u00e9rents aux protocoles exp\u00e9rimentaux. Par sa frugalit\u00e9 en mati\u00e8re de taille d&rsquo;\u00e9chantillon, le recours aux donn\u00e9es appari\u00e9es r\u00e9pond parfaitement \u00e0 cette exigence \u00e9thique fondamentale.<\/p>\n<h2>6. Conditions de validit\u00e9 et postulats statistiques des donn\u00e9es appari\u00e9es<\/h2>\n<h3>6.1 L&rsquo;ind\u00e9pendance des paires d&rsquo;observations<\/h3>\n<p>S&rsquo;il est vrai que les deux donn\u00e9es composant une paire donn\u00e9e doivent \u00eatre d\u00e9pendantes l&rsquo;une de l&rsquo;autre, il est imp\u00e9ratif que chaque paire prise dans son ensemble soit rigoureusement ind\u00e9pendante de toutes les autres paires constituant l&rsquo;\u00e9chantillon d&rsquo;analyse. Ce postulat d&rsquo;ind\u00e9pendance inter-paires signifie que la r\u00e9ponse ou la performance manifest\u00e9e par la dyade num\u00e9ro (k) ne doit en aucun cas exercer une influence probabiliste sur les r\u00e9ponses de la dyade num\u00e9ro (j).<\/p>\n<p>Dans la pratique de recherche, la violation de ce postulat survient fr\u00e9quemment lors d&rsquo;\u00e9chantillonnages en grappes (<em>cluster sampling<\/em>) non contr\u00f4l\u00e9s. Supposons qu&rsquo;un protocole d&rsquo;apprentissage appari\u00e9 soit test\u00e9 sur des \u00e9l\u00e8ves au sein de plusieurs classes scolaires distinctes. Si des \u00e9l\u00e8ves interagissent entre eux, partagent leurs strat\u00e9gies cognitives ou subissent l&rsquo;influence commune d&rsquo;un enseignant particuli\u00e8rement stimulant, les paires d&rsquo;observations pr\u00e9-post au sein d&rsquo;une m\u00eame classe seront corr\u00e9l\u00e9es entre elles. Cette contamination inter-paires viole le postulat fondamental d&rsquo;ind\u00e9pendance.<\/p>\n<p>L&rsquo;ignorance de cette structure hi\u00e9rarchique entra\u00eene une inflation artificielle des taux de faux positifs, les tests statistiques classiques supposant que chaque paire apporte une quantit\u00e9 d&rsquo;information totalement neuve et d\u00e9corr\u00e9l\u00e9e. Le chercheur doit donc op\u00e9rer une distinction stricte entre la d\u00e9pendance intra-paire, qui constitue le c\u0153ur vertueux du mod\u00e8le, et la d\u00e9pendance inter-paires, qui constitue une anomalie m\u00e9thodologique majeure n\u00e9cessitant des mod\u00e9lisations multi-niveaux sp\u00e9cifiques.<\/p>\n<h3>6.2 Normalit\u00e9 de la distribution des diff\u00e9rences<\/h3>\n<p>L&rsquo;une des m\u00e9connaissances les plus r\u00e9pandues concernant les postulats du test param\u00e9trique pour donn\u00e9es appari\u00e9es concerne la condition de distribution normale. De nombreux analystes \u00e9valuent la normalit\u00e9 des donn\u00e9es brutes au pr\u00e9-test d&rsquo;une part, et au post-test d&rsquo;autre part. Or, le postulat de <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Normal_distribution\">normalit\u00e9<\/a> ne porte aucunement sur les variables m\u00e8res consid\u00e9r\u00e9es individuellement, mais exclusivement sur le vecteur des diff\u00e9rences individuelles calcul\u00e9es :<\/p>\n<p><span class=\"arabpsy-math-display\" data-latex=\"D_i = X_{1i} - X_{2i}\">$$D_i = X_{1i} &#8211; X_{2i}$$<\/span><\/p>\n<p>Il est tout \u00e0 fait possible que la distribution des scores pr\u00e9-test soit asym\u00e9trique et que celle du post-test le soit \u00e9galement, tout en g\u00e9n\u00e9rant un vecteur de diff\u00e9rences (D) dont la distribution suit une courbe de Gauss d&rsquo;une r\u00e9gularit\u00e9 remarquable. \u00c0 l&rsquo;inverse, deux distributions apparemment normales peuvent engendrer une distribution des diff\u00e9rences bimodalement asym\u00e9trique si des sous-groupes de r\u00e9pondeurs divergent fortement. L&rsquo;investigation de ce postulat requiert le d\u00e9ploiement d&rsquo;outils formels :<\/p>\n<ul>\n<li>Des tests statistiques d&rsquo;ad\u00e9quation, tels que le test de Shapiro-Wilk (hautement recommand\u00e9 pour les \u00e9chantillons restreints \u00e0 mod\u00e9r\u00e9s) ou le test de Kolmogorov-Smirnov avec correction de Lilliefors ;<\/li>\n<li>Des indices quantitatifs d&rsquo;asym\u00e9trie (<em>skewness<\/em>) et d&rsquo;aplatissement (<em>kurtosis<\/em>), qui ne doivent pas d\u00e9vier excessivement des standards tol\u00e9r\u00e9s ;<\/li>\n<li>Des visualisations graphiques de type diagramme quantile-quantile (Q-Q plot), sur lequel les \u00e9carts des quantiles empiriques par rapport \u00e0 la droite de normalit\u00e9 th\u00e9orique peuvent \u00eatre d\u00e9tect\u00e9s visuellement.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Il convient de rappeler que, par le truchement du th\u00e9or\u00e8me central limite (TCL), les tests param\u00e9triques font preuve d&rsquo;une robustesse relative face aux d\u00e9viations mod\u00e9r\u00e9es de normalit\u00e9 d\u00e8s lors que la taille de l&rsquo;\u00e9chantillon devient substantielle (typiquement (N ge 30) paires). En de\u00e7\u00e0 de ce seuil, toute violation notable impose d&rsquo;abandonner l&rsquo;inf\u00e9rence param\u00e9trique au profit de m\u00e9thodes non param\u00e9triques robustes.<\/p>\n<h3>6.3 Nature de l&rsquo;\u00e9chelle de mesure et contraintes m\u00e9triques<\/h3>\n<p>L&rsquo;ex\u00e9cution d&rsquo;analyses param\u00e9triques sur des donn\u00e9es appari\u00e9es exige que la m\u00e9trique sous-jacente respecte le statut d&rsquo;\u00e9chelle d&rsquo;intervalle ou d&rsquo;\u00e9chelle de rapport, selon la c\u00e9l\u00e8bre classification psychom\u00e9trique de Stevens. Les op\u00e9rations arithm\u00e9tiques requises par le calcul de la moyenne et de l&rsquo;\u00e9cart-type des diff\u00e9rences supposent que la distance s\u00e9parant une valeur de 10 \u00e0 une valeur de 12 soit rigoureusement \u00e9quivalente \u00e0 celle s\u00e9parant une valeur de 48 \u00e0 une valeur de 50. Sans cette propri\u00e9t\u00e9 m\u00e9trique, la soustraction directe (D_i = X_{1i} &#8211; X_{2i}) perd sa l\u00e9gitimit\u00e9 math\u00e9matique.<\/p>\n<p>Cette condition soul\u00e8ve un d\u00e9bat r\u00e9current dans les sciences comportementales lors de l&rsquo;utilisation d&rsquo;\u00e9chelles de type Likert (par exemple des \u00e9chelles de r\u00e9ponse gradu\u00e9es de 1 pour \u00ab pas du tout d&rsquo;accord \u00bb \u00e0 5 pour \u00ab totalement d&rsquo;accord \u00bb). Consid\u00e9rer la soustraction entre deux cat\u00e9gories ordinales subjectives comme une unit\u00e9 m\u00e9trique continue constitue une approximation empirique qui, bien que tol\u00e9r\u00e9e lorsque les \u00e9chelles sont compos\u00e9es d&rsquo;un nombre \u00e9lev\u00e9 d&rsquo;items somm\u00e9s formant un score total continu, s&rsquo;av\u00e8re hautement contestable sur des items uniques ou courts.<\/p>\n<p>Lorsque les donn\u00e9es recueillies rel\u00e8vent indiscutablement d&rsquo;un niveau d&rsquo;\u00e9chelle purement ordinal, ou lorsque les intervalles entre les modalit\u00e9s de r\u00e9ponse ne peuvent \u00eatre tenus pour \u00e9quidistants, l&rsquo;application du test t de Student appari\u00e9 doit \u00eatre \u00e9cart\u00e9e au profit d&rsquo;alternatives non param\u00e9triques bas\u00e9es exclusivement sur l&rsquo;analyse des rangs ou des directions ordinales des \u00e9carts observ\u00e9s.<\/p>\n<h2>7. Analyse param\u00e9trique : Le test t de Student pour \u00e9chantillons appari\u00e9s<\/h2>\n<h3>7.1 Formulation th\u00e9orique et calcul de la statistique de test<\/h3>\n<p>L&rsquo;\u00e9l\u00e9gance th\u00e9orique du <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Student%27s_t-test#Dependent_t-test_for_paired_samples\">test t de Student pour \u00e9chantillons appari\u00e9s<\/a> r\u00e9side dans sa simplification dimensionnelle : il transforme un probl\u00e8me statistique bivari\u00e9 compos\u00e9 de deux mesures interd\u00e9pendantes en un probl\u00e8me univari\u00e9 \u00e0 \u00e9chantillon unique appliqu\u00e9 sur une variable de diff\u00e9rence composite. Soit un \u00e9chantillon de (N) paires de mesures repr\u00e9sent\u00e9es par ((X_{1i}, X_{2i})) pour (i in {1, 2, dots, N}). La premi\u00e8re \u00e9tape analytique consiste \u00e0 calculer pour chaque participant sa diff\u00e9rence individuelle :<\/p>\n<p><span class=\"arabpsy-math-display\" data-latex=\"D_i = X_{1i} - X_{2i}\">$$D_i = X_{1i} &#8211; X_{2i}$$<\/span><\/p>\n<p>\u00c0 partir de cette nouvelle variable al\u00e9atoire unidimensionnelle (D), l&rsquo;analyste d\u00e9termine la moyenne de ces diff\u00e9rences ((bar{D})) ainsi que l&rsquo;\u00e9cart-type \u00e9chantillonnal des diff\u00e9rences ((S_D)) :<\/p>\n<p><span class=\"arabpsy-math-display\" data-latex=\"\\bar{D} = \\frac{1}{N} \\sum_{i=1}^{N} D_i\">$$\\bar{D} = \\frac{1}{N} \\sum_{i=1}^{N} D_i$$<\/span><\/p>\n<p><span class=\"arabpsy-math-display\" data-latex=\"S_D = \\sqrt{\\frac{1}{N-1} \\sum_{i=1}^{N} (D_i - \\bar{D})^2}\">$$S_D = \\sqrt{\\frac{1}{N-1} \\sum_{i=1}^{N} (D_i &#8211; \\bar{D})^2}$$<\/span><\/p>\n<p>L&rsquo;erreur type de la distribution d&rsquo;\u00e9chantillonnage de la diff\u00e9rence moyenne, not\u00e9e (SE_{bar{D}}), est alors d\u00e9finie par le ratio de l&rsquo;\u00e9cart-type \u00e9chantillonnal par la racine carr\u00e9e de l&rsquo;effectif des paires :<\/p>\n<p><span class=\"arabpsy-math-display\" data-latex=\"SE_{\\bar{D}} = \\frac{S_D}{\\sqrt{N}}\">$$SE_{\\bar{D}} = \\frac{S_D}{\\sqrt{N}}$$<\/span><\/p>\n<p>La statistique de test observ\u00e9e (t_{obs}) s&rsquo;obtient alors en divisant la diff\u00e9rence moyenne observ\u00e9e soustraite de la diff\u00e9rence th\u00e9orique attendue sous l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle (qui est conventionnellement (mu_0 = 0)) par cette erreur type :<\/p>\n<p><span class=\"arabpsy-math-display\" data-latex=\"t_{obs} = \\frac{\\bar{D} - 0}{SE_{\\bar{D}}} = \\frac{\\bar{D}}{\\frac{S_D}{\\sqrt{N}}}\">$$t_{obs} = \\frac{\\bar{D} &#8211; 0}{SE_{\\bar{D}}} = \\frac{\\bar{D}}{\\frac{S_D}{\\sqrt{N}}}$$<\/span><\/p>\n<p>Sur le plan conceptuel, le test t pour \u00e9chantillons appari\u00e9s est rigoureusement identique \u00e0 un test t pour \u00e9chantillon unique testant l&rsquo;hypoth\u00e8se que la moyenne d&rsquo;une population est \u00e9gale \u00e0 z\u00e9ro. La covariance sous-jacente est implicitement absorb\u00e9e dans la r\u00e9duction de l&rsquo;ampleur num\u00e9rique de (S_D).<\/p>\n<h3>7.2 Interpr\u00e9tation des degr\u00e9s de libert\u00e9 et des intervalles de confiance<\/h3>\n<p>Dans un test t pour donn\u00e9es appari\u00e9es, la statistique de test suit une distribution th\u00e9orique de Student r\u00e9gie par un nombre de degr\u00e9s de libert\u00e9 strictement fix\u00e9 \u00e0 :<\/p>\n<p><span class=\"arabpsy-math-display\" data-latex=\"dl = N - 1\">$$dl = N &#8211; 1$$<\/span><\/p>\n<p>o\u00f9 (N) correspond au nombre total de paires compl\u00e8tes de mesures, et non au nombre total de points de donn\u00e9es enregistr\u00e9s ((2N)). Ce calcul refl\u00e8te la contrainte math\u00e9matique impos\u00e9e par l&rsquo;estimation pr\u00e9alable d&rsquo;un seul param\u00e8tre : la moyenne empirique de la diff\u00e9rence (bar{D}).<\/p>\n<p>La probabilit\u00e9 critique associ\u00e9e (la <em>p<\/em>-valeur) quantifie la vraisemblance d&rsquo;obtenir, par le seul jeu des fluctuations al\u00e9atoires d&rsquo;\u00e9chantillonnage, une valeur de (t) au moins aussi extr\u00eame que celle observ\u00e9e, sous l&rsquo;hypoth\u00e8se stricte que la v\u00e9ritable diff\u00e9rence moyenne dans la population soit nulle ((H_0: mu_D = 0)). Selon la nature des hypoth\u00e8ses op\u00e9rationnelles d\u00e9duites du cadre th\u00e9orique, l&rsquo;investigateur optera pour :<\/p>\n<ul>\n<li>Un test bilat\u00e9ral (<em>two-tailed<\/em>), n&rsquo;\u00e9mettant aucune pr\u00e9somption directionnelle <em>a priori<\/em> quant au sens de l&rsquo;\u00e9volution des scores ;<\/li>\n<li>Un test unilat\u00e9ral (<em>one-tailed<\/em>), formulant une direction univoque (par exemple, pr\u00e9diction formelle d&rsquo;une baisse des sympt\u00f4mes apr\u00e8s th\u00e9rapie), ce qui concentre la r\u00e9gion critique de rejet \u00e0 une seule extr\u00e9mit\u00e9 de la distribution th\u00e9orique.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Au-del\u00e0 de la seule dichotomie d\u00e9cisionnelle de la significativit\u00e9 statistique, l&rsquo;estimation par intervalle constitue l&rsquo;outil le plus informatif pour appr\u00e9cier la pr\u00e9cision de l&rsquo;effet. L&rsquo;intervalle de confiance \u00e0 95 % de la diff\u00e9rence moyenne s&rsquo;\u00e9tablit selon la formule :<\/p>\n<p><span class=\"arabpsy-math-display\" data-latex=\"IC_{95%} = \\left[ \\bar{D} - t_{crit(0.05, N-1)} \\times SE_{\\bar{D}} ; ; ; \\bar{D} + t_{crit(0.05, N-1)} \\times SE_{\\bar{D}} \\right]\">$$IC_{95%} = \\left[ \\bar{D} &#8211; t_{crit(0.05, N-1)} \\times SE_{\\bar{D}} ; ; ; \\bar{D} + t_{crit(0.05, N-1)} \\times SE_{\\bar{D}} \\right]$$<\/span><\/p>\n<p>Si cet intervalle exclut la valeur z\u00e9ro, le chercheur conclut au rejet de l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle avec un taux d&rsquo;erreur de premi\u00e8re esp\u00e8ce contr\u00f4l\u00e9 \u00e0 5 %. La largeur de cet intervalle renseigne directement sur la pr\u00e9cision clinique de l&rsquo;estimation : un intervalle \u00e9troit refl\u00e8te une grande stabilit\u00e9 de l&rsquo;effet \u00e0 travers les sujets appari\u00e9s.<\/p>\n<h3>7.3 \u00c9valuation de la taille de l&rsquo;effet pour mesures r\u00e9p\u00e9t\u00e9es<\/h3>\n<p>La seule obtention d&rsquo;une <em>p<\/em>-valeur statistiquement significative ne renseigne en rien sur l&rsquo;amplitude pratique ou la port\u00e9e clinique d&rsquo;un r\u00e9sultat exp\u00e9rimental. Pour satisfaire aux exigences actuelles de la publication scientifique, le calcul d&rsquo;un indice standardis\u00e9 de taille de l&rsquo;effet est indispensable. Dans le cadre des donn\u00e9es appari\u00e9es, le calcul du <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Effect_size#Cohen&apos;s_d\">d de Cohen<\/a> pr\u00e9sente des subtilit\u00e9s m\u00e9thodologiques fondamentales trop souvent ignor\u00e9es.<\/p>\n<p>Deux formulations distinctes du d de Cohen coexistent dans la litt\u00e9rature pour les mesures r\u00e9p\u00e9t\u00e9es :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Le (d_z) de Cohen :<\/strong> Il standardise la diff\u00e9rence moyenne directement par l&rsquo;\u00e9cart-type des diff\u00e9rences individuelles :<br \/>\n    <span class=\"arabpsy-math-display\" data-latex=\"d_z = \\frac{\\bar{D}}{S_D} = \\frac{t_{obs}}{\\sqrt{N}}\">$$d_z = \\frac{\\bar{D}}{S_D} = \\frac{t_{obs}}{\\sqrt{N}}$$<\/span><br \/>\n    Cet indice est particuli\u00e8rement utile pour r\u00e9aliser des calculs de puissance statistique <em>a priori<\/em>. N\u00e9anmoins, il poss\u00e8de le d\u00e9savantage majeur de gonfler m\u00e9caniquement la taille de l&rsquo;effet lorsque la corr\u00e9lation intra-paire (rho) est \u00e9lev\u00e9e, car (S_D) devient alors artificiellement tr\u00e8s faible.<\/li>\n<li><strong>Le (d_{rm}) (pour <em>repeated measures<\/em>) ou (d_{av}) (pour <em>average<\/em>) :<\/strong> Il standardise la diff\u00e9rence moyenne par la moyenne des \u00e9carts-types des deux temps de mesure, en r\u00e9int\u00e9grant la corr\u00e9lation de Pearson entre les scores :<br \/>\n    <span class=\"arabpsy-math-display\" data-latex=\"d_{rm} = \\frac{\\bar{X}_1 - \\bar{X}_2}{\\sqrt{S_1^2 + S_2^2 - 2\\rho S_1 S_2}} \\times \\sqrt{2(1 - \\rho)}\">$$d_{rm} = \\frac{\\bar{X}_1 &#8211; \\bar{X}_2}{\\sqrt{S_1^2 + S_2^2 &#8211; 2\\rho S_1 S_2}} \\times \\sqrt{2(1 &#8211; \\rho)}$$<\/span><br \/>\n    ou plus couramment, en utilisant l&rsquo;\u00e9cart-type combin\u00e9 moyen :<br \/>\n    <span class=\"arabpsy-math-display\" data-latex=\"d_{av} = \\frac{\\bar{X}_1 - \\bar{X}_2}{\\frac{S_1 + S_2}{2}}\">$$d_{av} = \\frac{\\bar{X}_1 &#8211; \\bar{X}_2}{\\frac{S_1 + S_2}{2}}$$<\/span><\/li>\n<\/ul>\n<p>Ce second type d&rsquo;indice pr\u00e9serve la comparabilit\u00e9 m\u00e9trique directe avec les \u00e9tudes ind\u00e9pendantes lors de la r\u00e9alisation future de m\u00e9ta-analyses. Les seuils conventionnels introduits initialement par Jacob Cohen pour caract\u00e9riser l&rsquo;amplitude de l&rsquo;effet continuent de servir de rep\u00e8res g\u00e9n\u00e9raux :<\/p>\n<ul>\n<li>(d approx 0,20) : effet de petite taille (subtil, difficilement discernable \u00e0 l&rsquo;\u0153il nu) ;<\/li>\n<li>(d approx 0,50) : effet de taille moyenne (perceptible dans la pratique clinique quotidienne) ;<\/li>\n<li>(d ge 0,80) : effet de grande taille (changement massif et robuste du comportement mesur\u00e9).<\/li>\n<\/ul>\n<h2>8. Alternatives non param\u00e9triques pour les donn\u00e9es appari\u00e9es<\/h2>\n<h3>8.1 Le test des rangs sign\u00e9s de Wilcoxon<\/h3>\n<p>Lorsque la taille de l&rsquo;\u00e9chantillon est modeste et que la distribution empirique des diff\u00e9rences individuelles (D_i) contrevient s\u00e9v\u00e8rement au postulat de normalit\u00e9 gaussienne (pr\u00e9sence d&rsquo;une forte asym\u00e9trie unilat\u00e9rale, d&rsquo;un aplatissement excessif ou de valeurs aberrantes extr\u00eames), le recours au <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Wilcoxon_signed-rank_test\">test des rangs sign\u00e9s de Wilcoxon<\/a> s&rsquo;impose comme l&rsquo;alternative non param\u00e9trique par excellence. Con\u00e7u par Frank Wilcoxon en 1945, ce test ne postule aucune loi de distribution param\u00e9trique sp\u00e9cifique pour la population parente, tout en exploitant \u00e0 la fois la direction et la magnitude relative des \u00e9carts observ\u00e9s.<\/p>\n<p>Le d\u00e9roulement algorithmique du calcul s&rsquo;op\u00e8re selon les \u00e9tapes s\u00e9quentielles suivantes :<\/p>\n<ol>\n<li>Calcul des diff\u00e9rences individuelles (D_i = X_{1i} &#8211; X_{2i}) pour l&rsquo;ensemble des (N) paires ;<\/li>\n<li>\u00c9limination des paires o\u00f9 la diff\u00e9rence est strictement nulle ((D_i = 0)), l&rsquo;effectif utile \u00e9tant alors r\u00e9duit \u00e0 (N_r) (bien que la m\u00e9thode alternative de Pratt permette d&rsquo;int\u00e9grer les diff\u00e9rences nulles pour limiter les biais) ;<\/li>\n<li>Conversion de toutes les diff\u00e9rences r\u00e9siduelles non nulles en valeurs absolues : (|D_i|) ;<\/li>\n<li>Attribution d&rsquo;un rang hi\u00e9rarchique croissant \u00e0 ces valeurs absolues, de 1 pour la diff\u00e9rence la plus t\u00e9nue \u00e0 (N_r) pour la diff\u00e9rence la plus volumineuse. En cas d&rsquo;\u00e9galit\u00e9s num\u00e9riques (scores ex \u00e6quo), on alloue \u00e0 chaque valeur concern\u00e9e le rang moyen \u00e9quivalent ;<\/li>\n<li>R\u00e9assignation \u00e0 chaque rang attribu\u00e9 du signe arithm\u00e9tique d&rsquo;origine de la diff\u00e9rence ((+) ou (-)) ;<\/li>\n<li>Calcul s\u00e9par\u00e9 de la somme des rangs de polarit\u00e9 positive ((W^+)) et de la somme des rangs de polarit\u00e9 n\u00e9gative ((W^-)).<\/li>\n<\/ol>\n<p>La statistique de test formelle, souvent d\u00e9sign\u00e9e par (W) ou (T), correspond \u00e0 la plus petite de ces deux sommes sous l&rsquo;approche bilat\u00e9rale classique : (W = min(W^+, W^-)). Pour les petits effectifs ((N_r &lt; 20)), la significativit\u00e9 est d\u00e9termin\u00e9e en comparant la valeur observ\u00e9e aux tables critiques exactes construites par d\u00e9nombrement combinatoire. Lorsque l&#039;effectif s&#039;accro\u00eet ((N_r ge 20)), la distribution d&#039;\u00e9chantillonnage de (W) converge tr\u00e8s rapidement vers une loi normale sous-jacente, autorisant le recours \u00e0 l&#039;approximation asymptotique par le calcul d&#039;un score standardis\u00e9 normalis\u00e9 (Z) int\u00e9grant une correction de continuit\u00e9.<\/p>\n<h3>8.2 Le test des signes comme alternative ultra-robuste<\/h3>\n<p>Si la distribution des diff\u00e9rences est \u00e0 ce point d\u00e9grad\u00e9e qu&rsquo;elle emp\u00eache m\u00eame une assignation ordinale \u00e9quitable des magnitudes relatives (par exemple lors de l&rsquo;existence de valeurs hautement divergentes polluant le calcul des rangs), ou si les scores collect\u00e9s rel\u00e8vent d&rsquo;une nature purement qualitative ordinale grossi\u00e8re, le <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Sign_test\">test des signes<\/a> repr\u00e9sente l&rsquo;outil d&rsquo;inf\u00e9rence le plus \u00e9pur\u00e9 et le plus robuste conceptuellement.<\/p>\n<p>Le principe du test des signes \u00e9vacue compl\u00e8tement la grandeur quantitative de la diff\u00e9rence pour ne conserver que son orientation binaire fondamentale. Chaque paire de donn\u00e9es est exclusivement cod\u00e9e sous l&rsquo;un des trois \u00e9tats logiques possibles :<\/p>\n<ul>\n<li>Un signe positif ((+)) si la condition 2 est sup\u00e9rieure \u00e0 la condition 1 ((X_{2i} &gt; X_{1i})) ;<\/li>\n<li>Un signe n\u00e9gatif ((-)) si la condition 2 est inf\u00e9rieure \u00e0 la condition 1 ((X_{2i} &lt; X_{1i})) ;<\/li>\n<li>Une \u00e9galit\u00e9 stricte (<em>tie<\/em>) si les deux mesures sont indiff\u00e9renciables, conduisant g\u00e9n\u00e9ralement \u00e0 l&rsquo;exclusion conventionnelle de la paire de l&rsquo;espace de calcul.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Sous l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle d&rsquo;absence de divergence syst\u00e9matique entre les conditions, la probabilit\u00e9 d&rsquo;observer un signe positif ou un signe n\u00e9gatif est strictement \u00e9quiprobable ((p = q = 0,50)). Le nombre de succ\u00e8s observ\u00e9s (par exemple le compte des signes positifs (k)) suit alors rigoureusement une distribution binomiale exacte de param\u00e8tres (N) et (p = 0,5) :<\/p>\n<p><span class=\"arabpsy-math-display\" data-latex=\"P(K = k) = \\binom{N}{k} (0.5)^k (0.5)^{N-k} = \\binom{N}{k} (0.5)^N\">$$P(K = k) = \\binom{N}{k} (0.5)^k (0.5)^{N-k} = \\binom{N}{k} (0.5)^N$$<\/span><\/p>\n<p>La <em>p<\/em>-valeur exacte est calcul\u00e9e directement en sommant les probabilit\u00e9s d&rsquo;obtenir une configuration binomiale au moins aussi extr\u00eame que celle relev\u00e9e empiriquement. D&rsquo;une insensibilit\u00e9 absolue aux donn\u00e9es aberrantes, le test des signes paye toutefois cette ultra-robustesse par une perte d&rsquo;efficacit\u00e9 statistique marqu\u00e9e (puissance plus faible que celle du test de Wilcoxon ou de Student), exigeant un d\u00e9s\u00e9quilibre \u00e9clatant des polarit\u00e9s de r\u00e9ponse pour rejeter formellement l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle.<\/p>\n<h3>8.3 Calcul de la taille de l&rsquo;effet non param\u00e9trique<\/h3>\n<p>L&rsquo;abandon des hypoth\u00e8ses de normalit\u00e9 param\u00e9trique n&rsquo;exon\u00e8re nullement le chercheur de quantifier et de d\u00e9clarer formellement l&rsquo;amplitude de l&rsquo;effet. Pour le test des rangs sign\u00e9s de Wilcoxon, l&rsquo;indice de taille de l&rsquo;effet le plus largement adopt\u00e9 est le coefficient de corr\u00e9lation de rang (r), d\u00e9riv\u00e9 directement de la valeur de l&rsquo;approximation normale standardis\u00e9e (Z) :<\/p>\n<p><span class=\"arabpsy-math-display\" data-latex=\"r = \\frac{|Z|}{\\sqrt{N_{total}}}\">$$r = \\frac{|Z|}{\\sqrt{N_{total}}}$$<\/span><\/p>\n<p>o\u00f9 (Z) correspond au score de d\u00e9viation normale issu du test de Wilcoxon et (N_{total}) au nombre total d&rsquo;observations individuelles engag\u00e9es dans la comparaison (soit deux fois le nombre de paires actives, ou parfois le nombre de paires selon certaines conventions logicielles qu&rsquo;il convient de sp\u00e9cifier rigoureusement lors de la r\u00e9daction m\u00e9thodologique). L&rsquo;interpr\u00e9tation de cet indice (r) se conforme aux m\u00e9triques corr\u00e9lationnelles classiques : 0,10 correspond \u00e0 un petit effet, 0,30 \u00e0 un effet mod\u00e9r\u00e9, et 0,50 ou plus \u00e0 un effet substantiel.<\/p>\n<p>Une alternative \u00e9l\u00e9gante et de plus en plus valoris\u00e9e dans la litt\u00e9rature moderne est l&rsquo;indice de sup\u00e9riorit\u00e9 probabiliste ou probabilit\u00e9 de sup\u00e9riorit\u00e9 pour scores appari\u00e9s (souvent formalis\u00e9 sous l&rsquo;appellation d&rsquo;effet de taille de non-recouvrement ou <em>common language effect size<\/em> pour donn\u00e9es d\u00e9pendantes). Cet indicateur exprime directement le pourcentage ou la probabilit\u00e9 qu&rsquo;un individu pris al\u00e9atoirement dans l&rsquo;\u00e9chantillon voie son score progresser d&rsquo;une condition \u00e0 l&rsquo;autre. Une valeur de 0,50 refl\u00e8te l&rsquo;absence totale de gain directionnel syst\u00e9matique, tandis qu&rsquo;une valeur s&rsquo;\u00e9levant \u00e0 0,85 traduit le fait que 85 % des paires d\u00e9montrent une trajectoire de progression conforme \u00e0 l&rsquo;hypoth\u00e8se du chercheur.<\/p>\n<p>Le choix d&rsquo;arbitrage m\u00e9thodologique entre test param\u00e9trique et non param\u00e9trique repose sur un compromis fondamental entre sensibilit\u00e9 et robustesse. Si les postulats m\u00e9triques et distributionnels sont tenus, le test t de Student demeure le choix le plus sensible. Si ces postulats s&rsquo;effondrent, l&rsquo;obstination param\u00e9trique conduit \u00e0 des estimateurs biais\u00e9s, justifiant pleinement la transition ordinale vers le test de Wilcoxon ou le test des signes.<\/p>\n<h2>9. Mod\u00e9lisation avanc\u00e9e : ANOVA \u00e0 mesures r\u00e9p\u00e9t\u00e9es et mod\u00e8les mixtes<\/h2>\n<h3>9.1 L&rsquo;analyse de variance (ANOVA) \u00e0 mesures r\u00e9p\u00e9t\u00e9es<\/h3>\n<p>Lorsque le dispositif d&rsquo;appariement s&rsquo;\u00e9tend \u00e0 plus de deux conditions exp\u00e9rimentales ou \u00e0 plus de deux fen\u00eatres temporelles d&rsquo;observation (par exemple, des \u00e9valuations syst\u00e9matiques conduites au pr\u00e9-test, \u00e0 mi-parcours, au post-test imm\u00e9diat et lors d&rsquo;un suivi \u00e0 6 mois), le test t de Student appari\u00e9 ne peut plus \u00eatre employ\u00e9 sans encourir un risque majeur d&rsquo;inflation cumul\u00e9e de l&rsquo;erreur de type I induit par la multiplication des contrastes bivari\u00e9s. Le cadre analytique appropri\u00e9 devient alors l&rsquo;<a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Repeated_measures_design\">ANOVA \u00e0 mesures r\u00e9p\u00e9t\u00e9es<\/a> univari\u00e9e.<\/p>\n<p>Ce mod\u00e8le g\u00e9n\u00e9ralise le partitionnement de la variance intra-sujet en d\u00e9composant la somme des carr\u00e9s totale en trois entit\u00e9s math\u00e9matiques bien distinctes :<\/p>\n<ul>\n<li>La somme des carr\u00e9s inter-sujets (refl\u00e9tant les variations intrins\u00e8ques immuables entre les participants) ;<\/li>\n<li>La somme des carr\u00e9s intra-sujets associ\u00e9e \u00e0 l&rsquo;effet de la condition exp\u00e9rimentale ou du temps ;<\/li>\n<li>La somme des carr\u00e9s r\u00e9siduelle ou d&rsquo;interaction sujet-condition, qui sert d&rsquo;erreur type d&rsquo;estimation au d\u00e9nominateur du ratio (F).<\/li>\n<\/ul>\n<p>Cependant, l&rsquo;extension \u00e0 plus de deux conditions introduit un postulat math\u00e9matique contraignant qui n&rsquo;existait pas pour le test t appari\u00e9 : le postulat de sph\u00e9ricit\u00e9 (ou condition d&rsquo;homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 des variances des diff\u00e9rences). La sph\u00e9ricit\u00e9 exige que les variances des diff\u00e9rences calcul\u00e9es pour toutes les combinaisons possibles de paires de conditions soient rigoureusement homog\u00e8nes dans la population. Ce postulat est traditionnellement \u00e9prouv\u00e9 par le test de sph\u00e9ricit\u00e9 de Mauchly.<\/p>\n<p>En pr\u00e9sence d&rsquo;une violation significative de la sph\u00e9ricit\u00e9 (fr\u00e9quente dans les donn\u00e9es longitudinales en raison de l&rsquo;effet d&rsquo;att\u00e9nuation temporelle o\u00f9 deux temps rapproch\u00e9s corr\u00e8lent plus fortement que deux temps distants), le chercheur doit obligatoirement corriger les degr\u00e9s de libert\u00e9 du test (F) sous peine d&rsquo;\u00e9mettre des conclusions faussement positives. Les facteurs correctifs d&rsquo;\u00e9psilon ((varepsilon)) d\u00e9velopp\u00e9s par Greenhouse-Geisser (approche conservatrice recommand\u00e9e lorsque (varepsilon &lt; 0,75)) ou par Huynh-Feldt (recommand\u00e9e lorsque (varepsilon ge 0,75)) permettent de r\u00e9ajuster les distributions th\u00e9oriques de r\u00e9f\u00e9rence.<\/p>\n<h3>9.2 Les mod\u00e8les lin\u00e9aires \u00e0 effets mixtes (LMM)<\/h3>\n<p>En d\u00e9pit de sa popularit\u00e9 historique, l&rsquo;ANOVA \u00e0 mesures r\u00e9p\u00e9t\u00e9es est aujourd&rsquo;hui de plus en plus supplant\u00e9e dans la recherche internationale par les <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Mixed_model\">mod\u00e8les lin\u00e9aires \u00e0 effets mixtes<\/a> (<em>Linear Mixed Models<\/em> ou LMM), \u00e9galement qualifi\u00e9s de mod\u00e8les hi\u00e9rarchiques lin\u00e9aires (HLM). Les mod\u00e8les mixtes repr\u00e9sentent le cadre le plus complet et le plus souple pour analyser des donn\u00e9es structurellement appari\u00e9es et longitudinales.<\/p>\n<p>La sup\u00e9riorit\u00e9 architecturale des LMM repose sur leur capacit\u00e9 \u00e0 distinguer explicitement deux types de composantes au sein d&rsquo;une \u00e9quation unique :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Les effets fixes :<\/strong> Ils correspondent aux param\u00e8tres constants dans la population que le chercheur manipule ou \u00e9tudie directement (l&rsquo;effet moyen de l&rsquo;intervention clinique, la modalit\u00e9 exp\u00e9rimentale cognitive, l&rsquo;\u00e2ge comme covariable fixe).<\/li>\n<li><strong>Les effets al\u00e9atoires :<\/strong> Ils capturent la structure de variabilit\u00e9 non observ\u00e9e propre aux unit\u00e9s d&rsquo;appariement. Le mod\u00e8le peut int\u00e9grer des ordonn\u00e9es \u00e0 l&rsquo;origine al\u00e9atoires (<em>random intercepts<\/em>), permettant \u00e0 chaque individu de d\u00e9marrer \u00e0 un niveau initial personnalis\u00e9, ainsi que des pentes al\u00e9atoires (<em>random slopes<\/em>), permettant \u00e0 chaque individu de progresser \u00e0 un rythme diff\u00e9rent au fil des passations.<\/li>\n<\/ul>\n<p>En outre, les mod\u00e8les mixtes s&rsquo;affranchissent des contraintes rigides de la sph\u00e9ricit\u00e9 en permettant \u00e0 l&rsquo;analyste de sp\u00e9cifier explicitement la matrice de variance-covariance r\u00e9siduelle la plus ajust\u00e9e empiriquement aux donn\u00e9es (matrice autor\u00e9gressive d&rsquo;ordre 1 [AR(1)], matrice non structur\u00e9e, ou matrice sym\u00e9trique compos\u00e9e). Ils autorisent \u00e9galement l&rsquo;analyse de donn\u00e9es collect\u00e9es selon des intervalles d&rsquo;observation temporels irr\u00e9guliers, ce que les devis classiques d&rsquo;ANOVA sont incapables de g\u00e9rer.<\/p>\n<h3>9.3 Gestion statistique des donn\u00e9es manquantes dans les paires<\/h3>\n<p>L&rsquo;un des talons d&rsquo;Achille des protocoles \u00e0 donn\u00e9es appari\u00e9es r\u00e9side dans la vuln\u00e9rabilit\u00e9 aux donn\u00e9es manquantes. Dans une \u00e9tude longitudinale \u00e0 mesures r\u00e9p\u00e9t\u00e9es, l&rsquo;abandon d&rsquo;un participant au cours du suivi (<em>drop-out<\/em>) ou une d\u00e9faillance instrumentale ponctuelle est monnaie courante. Dans l&rsquo;approche classique de l&rsquo;analyse matricielle par les m\u00e9thodes de Student ou d&rsquo;ANOVA, le traitement standard par d\u00e9faut des logiciels est l&rsquo;exclusion de l&rsquo;analyse de cas complets (<em>listwise deletion<\/em>). La perte d&rsquo;une seule observation entra\u00eene ainsi le rejet aveugle de l&rsquo;ensemble des donn\u00e9es historiques collect\u00e9es chez ce participant.<\/p>\n<p>Cette suppression syst\u00e9matique engendre deux p\u00e9rils majeurs : un effondrement dramatique de la puissance statistique par atrophie de l&rsquo;\u00e9chantillon utile, et l&rsquo;apparition de biais de s\u00e9lection massifs d\u00e8s lors que les donn\u00e9es manquantes ne sont pas distribu\u00e9es de mani\u00e8re strictement al\u00e9atoire (m\u00e9canisme <em>Missing Completely at Random<\/em>, MCAR). Si les patients qui abandonnent le protocole sont pr\u00e9cis\u00e9ment ceux dont l&rsquo;\u00e9tat psychologique s&rsquo;aggrave le plus s\u00e9v\u00e8rement, les donn\u00e9es r\u00e9siduelles cr\u00e9ent l&rsquo;illusion fallacieuse d&rsquo;une efficacit\u00e9 th\u00e9rapeutique \u00e9clatante du traitement test\u00e9 (m\u00e9canisme <em>Missing Not at Random<\/em>, MNAR).<\/p>\n<p>Les mod\u00e8les avanc\u00e9s offrent des solutions de pointe pour surmonter cette aporie :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>L&rsquo;estimation par maximum de vraisemblance \u00e0 information compl\u00e8te (FIML) :<\/strong> Mobilis\u00e9e nativement dans les mod\u00e8les lin\u00e9aires mixtes, la FIML permet d&rsquo;int\u00e9grer dans le calcul probabiliste global tous les participants disposant d&rsquo;au moins un point d&rsquo;observation valide, exploitant l&rsquo;information partielle sans n\u00e9cessiter d&rsquo;imputation artificielle.<\/li>\n<li><strong>L&rsquo;imputation multiple (MI) :<\/strong> Cette approche computationnelle comble les valeurs manquantes au sein des paires par des tirages stochastiques successifs bas\u00e9s sur l&rsquo;ensemble des covariables disponibles, g\u00e9n\u00e9rant plusieurs jeux de donn\u00e9es complets analys\u00e9s en parall\u00e8le avant la mise en commun formelle des param\u00e8tres statistiques finaux selon les r\u00e8gles d&rsquo;agr\u00e9gation de Rubin.<\/li>\n<\/ul>\n<h2>10. Biais m\u00e9thodologiques et menaces \u00e0 la validit\u00e9 interne<\/h2>\n<h3>10.1 Effets d&rsquo;ordre, de pratique et de fatigue<\/h3>\n<p>L&rsquo;exposition r\u00e9p\u00e9t\u00e9e d&rsquo;une m\u00eame entit\u00e9 biologique ou cognitive \u00e0 des mesures successives modifie l&rsquo;appareil psychique et comportemental du sujet. Ces alt\u00e9rations constituent ce que la m\u00e9thodologie exp\u00e9rimentale d\u00e9signe sous le terme g\u00e9n\u00e9rique d&rsquo;effets de s\u00e9quence ou de report, qui menacent directement la validit\u00e9 interne des conclusions inf\u00e9rentielles.<\/p>\n<p>L&rsquo;effet de pratique ou d&rsquo;apprentissage repr\u00e9sente la premi\u00e8re d\u00e9rive : lors de la deuxi\u00e8me administration d&rsquo;un test neuropsychologique de fluidit\u00e9 verbale ou de m\u00e9moire de travail, le participant b\u00e9n\u00e9ficie m\u00e9caniquement de sa premi\u00e8re exp\u00e9rience. Il a d\u00e9cod\u00e9 les intentions de la t\u00e2che, d\u00e9velopp\u00e9 des heuristiques de r\u00e9solution plus agiles, neutralis\u00e9 son appr\u00e9hension initiale et automatis\u00e9 ses sch\u00e9mas de r\u00e9ponse. L&rsquo;am\u00e9lioration cons\u00e9cutive de ses scores au post-test peut ainsi n&rsquo;avoir strictement aucun rapport avec l&rsquo;intervention th\u00e9orique \u00e9tudi\u00e9e, r\u00e9sultant simplement d&rsquo;un polissage proc\u00e9dural de la performance.<\/p>\n<p>\u00c0 l&rsquo;inverse sym\u00e9trique, les effets de fatigue et de d\u00e9sengagement motivationnel exercent une influence destructrice sur les performances mesur\u00e9es en fin de batterie d&rsquo;\u00e9valuation. Confront\u00e9 \u00e0 des tests cognitifs astreignants et r\u00e9p\u00e9t\u00e9s au cours d&rsquo;une m\u00eame session de laboratoire, le sujet subit un \u00e9puisement attentionnel progressif qui fait chuter ses temps de r\u00e9action et alt\u00e8re sa vigilance ex\u00e9cutive. L&rsquo;application syst\u00e9matique de protocoles d&rsquo;\u00e9quilibrage et de <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Counterbalancing\">contrebalancement en carr\u00e9 latin<\/a> demeure la seule parade exp\u00e9rimentale cr\u00e9dible pour neutraliser ces artefacts s\u00e9quentiels.<\/p>\n<h3>10.2 Le ph\u00e9nom\u00e8ne de r\u00e9gression statistique vers la moyenne<\/h3>\n<p>Identifi\u00e9 historiquement par Sir Francis Galton, le ph\u00e9nom\u00e8ne de <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Regression_toward_the_mean\">r\u00e9gression statistique vers la moyenne<\/a> (RTM) constitue l&rsquo;un des pi\u00e8ges \u00e9pist\u00e9mologiques les plus redoutables guettant les utilisateurs de donn\u00e9es appari\u00e9es pr\u00e9-post, en particulier dans la recherche clinique et interventionnelle.<\/p>\n<p>Ce m\u00e9canisme probabiliste in\u00e9luctable s&rsquo;\u00e9nonce ainsi : si une variable est imparfaitement corr\u00e9l\u00e9e avec elle-m\u00eame \u00e0 travers le temps (en raison d&rsquo;une fid\u00e9lit\u00e9 de mesure imparfaite et de fluctuations physiologiques al\u00e9atoires), les individus s\u00e9lectionn\u00e9s lors du pr\u00e9-test parce qu&rsquo;ils pr\u00e9sentaient des valeurs exceptionnellement extr\u00eames (tr\u00e8s pathologiques ou remarquablement \u00e9lev\u00e9es) afficheront, lors de la seconde mesure post-test, une tendance m\u00e9canique spontan\u00e9e \u00e0 converger vers la moyenne g\u00e9n\u00e9rale de la population, m\u00eame en l&rsquo;absence totale de la moindre intervention active.<\/p>\n<p>Dans une \u00e9tude \u00e9valuant un programme antid\u00e9pressif o\u00f9 seuls les sujets pr\u00e9sentant un score BDI sup\u00e9rieur \u00e0 35 sont inclus, une fraction substantielle de leur d\u00e9tresse mesur\u00e9e au jour d&rsquo;inclusion \u00e9tait tributaire de contingences \u00e9ph\u00e9m\u00e8res du moment (une mauvaise nuit de sommeil, un conflit interpersonnel r\u00e9cent). Deux mois plus tard, la dispersion naturelle ram\u00e8ne ces scores vers un niveau moins dramatique. Attribuer fallacieusement cette r\u00e9mission \u00e0 la seule puissance curative de la th\u00e9rapie administr\u00e9e constitue une erreur d&rsquo;attribution causale majeure. L&rsquo;adjonction syst\u00e9matique d&rsquo;un groupe t\u00e9moin appari\u00e9 non trait\u00e9 ou trait\u00e9 par placebo constitue l&rsquo;unique moyen formel de soustraire la part imputable \u00e0 la r\u00e9gression vers la moyenne.<\/p>\n<h3>10.3 Effets de report et r\u00e9manence du traitement (Carryover Effects)<\/h3>\n<p>Dans les plans crois\u00e9s (<em>crossover designs<\/em>) o\u00f9 chaque participant exp\u00e9rimente alternativement la condition contr\u00f4le puis la condition exp\u00e9rimentale, l&rsquo;effet de r\u00e9manence ou de report (<em>carryover effect<\/em>) constitue un risque m\u00e9thodologique paralysant. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne d\u00e9signe la persistance des alt\u00e9rations physiologiques, biochimiques, comportementales ou cognitives induites par la premi\u00e8re condition au moment pr\u00e9cis o\u00f9 le sujet entame l&rsquo;\u00e9valuation de la seconde modalit\u00e9.<\/p>\n<p>En psychopharmacologie, la demi-vie d&rsquo;\u00e9limination sanguine d&rsquo;une mol\u00e9cule psychoactive administre la preuve \u00e9clatante de ce principe : si une substance neuroactive n&rsquo;est pas int\u00e9gralement m\u00e9tabolis\u00e9e et \u00e9vacu\u00e9e de l&rsquo;organisme avant le d\u00e9marrage de la condition suivante, les r\u00e9cepteurs neuronaux demeurent partiellement occup\u00e9s ou d\u00e9sensibilis\u00e9s, alt\u00e9rant la validit\u00e9 de la ligne de base ult\u00e9rieure. En psychologie cognitive, un principe similaire s&rsquo;observe lorsqu&rsquo;une condition d&rsquo;induction de stress ou d&rsquo;activation de st\u00e9r\u00e9otypes modifie durablement le sch\u00e9ma mental du sujet bien au-del\u00e0 de la phase exp\u00e9rimentale d\u00e9di\u00e9e.<\/p>\n<p>Pour pr\u00e9venir cette contamination crois\u00e9e des paires d&rsquo;observations, les chercheurs doivent intercaler une p\u00e9riode de neutralisation m\u00e9thodologique suffisante, d\u00e9sign\u00e9e sous le terme de p\u00e9riode de sevrage ou de latence (<em>washout period<\/em>). Cette fen\u00eatre temporelle sans contrainte exp\u00e9rimentale doit \u00eatre rigoureusement calibr\u00e9e en amont afin d&rsquo;assurer un retour int\u00e9gral de l&rsquo;organisme et de l&rsquo;appareil psychique \u00e0 leur niveau d&rsquo;hom\u00e9ostasie initiale avant toute nouvelle manipulation.<\/p>\n<h2>11. Protocoles d&rsquo;analyse pratique avec les logiciels statistiques (R, SPSS, Python)<\/h2>\n<h3>11.1 Structuration des matrices de donn\u00e9es : Format large versus format long<\/h3>\n<p>L&rsquo;exploitation computationnelle des donn\u00e9es appari\u00e9es exige une compr\u00e9hension limpide des deux modes fondamentaux de repr\u00e9sentation tabulaire des matrices num\u00e9riques : le format large (<em>wide format<\/em>) et le format long (<em>long format<\/em>). Le choix de l&rsquo;un ou de l&rsquo;autre format d\u00e9pend directement de la famille d&rsquo;algorithmes et du package statistique mobilis\u00e9s.<\/p>\n<p>La structuration canonique s&rsquo;articule comme suit :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Le format large (wide) :<\/strong> Dans cette disposition matricielle, chaque participant n&rsquo;occupe qu&rsquo;une seule et unique ligne de donn\u00e9es. Les diff\u00e9rentes mesures appari\u00e9es sont r\u00e9parties horizontalement sur plusieurs colonnes distinctes (par exemple une colonne nomm\u00e9e <code>Score_Pre<\/code> et une colonne adjacente <code>Score_Post<\/code>). Ce format est traditionnellement exig\u00e9 pour le calcul des tests t de Student appari\u00e9s classiques dans SPSS ou pour la fonction de soustraction diff\u00e9rentielle brute.<\/li>\n<li><strong>Le format long (long) :<\/strong> \u00c0 l&rsquo;inverse, cette architecture r\u00e9organise les donn\u00e9es de mani\u00e8re verticale : chaque mesure individuelle occupe une ligne d\u00e9di\u00e9e. Un m\u00eame participant dispose d\u00e8s lors d&rsquo;autant de lignes distinctes qu&rsquo;il y a eu de moments d&rsquo;\u00e9valuation ou de conditions d&rsquo;exposition. Une colonne sp\u00e9cifique sert d&rsquo;identifiant individuel invariable (<code>ID_Sujet<\/code>), une autre colonne indique le facteur de condition ou le temps (<code>Condition<\/code>), et une colonne unique rassemble l&rsquo;ensemble des r\u00e9ponses num\u00e9riques (<code>Performance<\/code>).<\/li>\n<\/ul>\n<p>Le format long constitue le standard absolu et obligatoire pour la mod\u00e9lisation statistique avanc\u00e9e, en particulier lors de la sp\u00e9cification des mod\u00e8les lin\u00e9aires \u00e0 effets mixtes (LMM) ou de l&rsquo;ex\u00e9cution de graphiques de trajectoires sous des environnements de programmation modernes. Les routines automatis\u00e9es de restructuration (comme les fonctions <code>pivot_longer()<\/code> et <code>pivot_wider()<\/code> du package <code>tidyr<\/code> en R, ou les m\u00e9thodes <code>melt()<\/code> et <code>pivot()<\/code> de la biblioth\u00e8que Pandas en Python) constituent les outils cl\u00e9s de cette gymnastique pr\u00e9alable des donn\u00e9es.<\/p>\n<h3>11.2 Ex\u00e9cution pas \u00e0 pas dans le logiciel R<\/h3>\n<p>L&rsquo;environnement statistique de programmation R offre une suite compl\u00e8te d&rsquo;outils analytiques pour conduire l&rsquo;ensemble de la s\u00e9quence inf\u00e9rentielle sur donn\u00e9es appari\u00e9es. Supposons une \u00e9tude comparant les scores de m\u00e9moire de participants avant (<code>pre<\/code>) et apr\u00e8s (<code>post<\/code>) entra\u00eenement. La d\u00e9marche standardis\u00e9e d\u00e9bute par l&rsquo;\u00e9valuation du postulat de normalit\u00e9 des diff\u00e9rences individuelles :<\/p>\n<p>Le calcul de la variable de diff\u00e9rence s&rsquo;op\u00e8re directement par assignation vectorielle : <code>diff &lt;- post - pre<\/code>. L&rsquo;analyste soumet ensuite ce vecteur au test formel de normalit\u00e9 via la commande <code>shapiro.test(diff)<\/code>, compl\u00e9t\u00e9e par l&rsquo;inspection visuelle du trac\u00e9 quantile-quantile par l&rsquo;ex\u00e9cution combin\u00e9e de <code>qqnorm(diff)<\/code> et <code>qqline(diff, col = \"red\")<\/code>.<\/p>\n<p>Si la normalit\u00e9 des \u00e9carts est \u00e9tay\u00e9e empiriquement, le test param\u00e9trique est mobilis\u00e9 par l&rsquo;instruction de base :<\/p>\n<p><code>t.test(post, pre, paired = TRUE, alternative = \"two.sided\", conf.level = 0.95)<\/code><\/p>\n<p>Le param\u00e8tre explicite <code>paired = TRUE<\/code> est capital : son omission instruirait R de traiter par d\u00e9faut les deux vecteurs comme des groupes ind\u00e9pendants, d\u00e9truisant instantan\u00e9ment l&rsquo;appariement statistique.<\/p>\n<p>Pour le calcul norm\u00e9 de la taille de l&rsquo;effet, l&rsquo;\u00e9cosyst\u00e8me enrichi <code>rstatix<\/code> met \u00e0 disposition la syntaxe unifi\u00e9e <code>cohens_d(data, formula = Score ~ Condition, paired = TRUE)<\/code>. Enfin, si une d\u00e9viation s\u00e9v\u00e8re de distribution impose le renoncement \u00e0 l&rsquo;approche de Student, l&rsquo;alternative ordinale robuste de Wilcoxon est appel\u00e9e sans d\u00e9lai par la routine parall\u00e8le <code>wilcox.test(post, pre, paired = TRUE)<\/code>.<\/p>\n<h3>11.3 Mise en \u0153uvre sous SPSS et Python<\/h3>\n<p>Dans l&rsquo;interface graphique du progiciel IBM SPSS Statistics, le traitement des donn\u00e9es appari\u00e9es s&rsquo;articule \u00e0 travers une navigation structur\u00e9e \u00e0 partir du format large. L&rsquo;analyste s\u00e9lectionne la trajectoire de menus :<\/p>\n<p><em>Analyser &gt; Comparer les moyennes &gt; Test T pour \u00e9chantillons appari\u00e9s&#8230;<\/em><\/p>\n<p>Dans la bo\u00eete de dialogue contextuelle, les deux variables d&rsquo;int\u00e9r\u00eat sont transf\u00e9r\u00e9es conjointement au sein de la fen\u00eatre active \u00ab Paires de variables \u00bb (la variable pr\u00e9-test occupant la colonne <em>Variable 1<\/em> et la variable post-test la colonne <em>Variable 2<\/em>). La matrice de sortie d\u00e9livr\u00e9e par SPSS pr\u00e9sente successivement un tableau de statistiques descriptives univari\u00e9es, un tableau de corr\u00e9lation bivari\u00e9e pr\u00e9-post (quantifiant la magnitude de l&rsquo;interd\u00e9pendance (rho)), et le tableau du test inf\u00e9rentiel fournissant la moyenne de la diff\u00e9rence, son \u00e9cart-type, l&rsquo;erreur type, l&rsquo;intervalle de confiance \u00e0 95 %, la valeur empirique de (t), les degr\u00e9s de libert\u00e9 ((N-1)) et la <em>p<\/em>-valeur bilat\u00e9rale exacte.<\/p>\n<p>En environnement Python, le traitement s&rsquo;appuie classiquement sur l&rsquo;\u00e9cosyst\u00e8me scientifique articul\u00e9 autour des biblioth\u00e8ques <code>scipy.stats<\/code> et <code>pingouin<\/code>. Sous SciPy, apr\u00e8s importation du module ad\u00e9quat, la commande analytique directe s&rsquo;\u00e9crit :<\/p>\n<p><code>from scipy.stats import ttest_rel, wilcoxon<\/code><br \/>\n<code>stat, p_val = ttest_rel(post_scores, pre_scores)<\/code><\/p>\n<p>La fonction <code>ttest_rel<\/code> (nomm\u00e9e ainsi pour <em>related samples<\/em>) prend en charge le calcul diff\u00e9rentiel et l&rsquo;int\u00e9gration de la covariance. Le package sp\u00e9cialis\u00e9 <code>pingouin<\/code> offre une syntaxe plus descriptive, orient\u00e9e vers les sciences comportementales, en fournissant d&#8217;embl\u00e9e une table compl\u00e8te int\u00e9grant les intervalles de confiance et la taille d&rsquo;effet du d de Cohen appari\u00e9 via l&rsquo;ex\u00e9cution de l&rsquo;unique commande <code>pingouin.ttest(post, pre, paired=True)<\/code>.<\/p>\n<h2>12. Visualisation des donn\u00e9es appari\u00e9es et r\u00e9daction des r\u00e9sultats selon les normes acad\u00e9miques<\/h2>\n<h3>12.1 Techniques graphiques optimales pour illustrer le changement intra-individuel<\/h3>\n<p>La visualisation des donn\u00e9es appari\u00e9es ne saurait se satisfaire des traditionnels diagrammes en barres flanqu\u00e9s de moustaches d&rsquo;erreur standard (commun\u00e9ment qualifi\u00e9s de <em>dynamite plots<\/em>), dont l&rsquo;opacit\u00e9 graphique masque l&rsquo;essentiel de l&rsquo;information statistique. Les diagrammes en barres masquent totalement la distribution interne, ignorent la corr\u00e9lation intra-sujet et peuvent faire para\u00eetre identiques deux contextes empiriques aux dynamiques individuelles radicalement oppos\u00e9es.<\/p>\n<p>Trois repr\u00e9sentations graphiques vectorielles s&rsquo;imposent pour valoriser la richesse des donn\u00e9es appari\u00e9es :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Le graphique de trajectoires individuelles (<em>spaghetti plot<\/em> ou diagramme de pentes avant-apr\u00e8s) :<\/strong> Il relie par un segment de droite le score initial et le score final de chaque participant individuel, souvent superpos\u00e9 \u00e0 une ligne m\u00e9diane \u00e9paisse et color\u00e9e repr\u00e9sentant la tendance moyenne du groupe. Cette approche permet de d\u00e9tecter instantan\u00e9ment l&rsquo;h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 des r\u00e9ponses : les trajectoires descendantes, stagnantes ou atypiquement ascendantes deviennent imm\u00e9diatement visibles.<\/li>\n<li><strong>Le diagramme de Bland-Altman :<\/strong> Principalement utilis\u00e9 lors des \u00e9tudes de fid\u00e9lit\u00e9 et de concordance instrumentale, il repr\u00e9sente en ordonn\u00e9e la diff\u00e9rence entre les deux mesures appari\u00e9es ((X_{1i} &#8211; X_{2i})) et en abscisse leur moyenne individuelle (((X_{1i} + X_{2i})\/2)). Des limites de concordance \u00e0 (pm 1,96) \u00e9cart-type sont trac\u00e9es, permettant d&rsquo;identifier d&rsquo;\u00e9ventuels biais syst\u00e9matiques ou une h\u00e9t\u00e9rosc\u00e9dasticit\u00e9 proportionnelle (dispersion accrue des \u00e9carts pour les valeurs \u00e9lev\u00e9es).<\/li>\n<li><strong>Le graphique de dispersion bivari\u00e9 avec droite d&rsquo;\u00e9galit\u00e9 ((y = x)) :<\/strong> En projetant le pr\u00e9-test sur l&rsquo;axe horizontal et le post-test sur l&rsquo;axe vertical, la diagonale th\u00e9orique d&rsquo;invariance s\u00e9pare l&rsquo;espace en deux : tous les points situ\u00e9s au-dessus de la droite traduisent une progression individuelle, tandis que les points situ\u00e9s en de\u00e7\u00e0 mat\u00e9rialisent une r\u00e9gression.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>12.2 Directives de r\u00e9daction des r\u00e9sultats selon les standards APA (7e \u00e9dition)<\/h3>\n<p>La transcription des r\u00e9sultats statistiques d&rsquo;un protocole appari\u00e9 au sein d&rsquo;un article acad\u00e9mique doit se conformer rigoureusement aux normes \u00e9dict\u00e9es par l&rsquo;<a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/apastyle.apa.org\/\">American Psychological Association<\/a> (APA, 7e \u00e9dition). Ces directives exigent que la communication ne se cantonne pas \u00e0 la simple litanie d&rsquo;une valeur (t) et de sa <em>p<\/em>-valeur, mais d\u00e9crive exhaustivement les estimateurs ponctuels et d&rsquo;intervalle associ\u00e9s \u00e0 la diff\u00e9rence elle-m\u00eame.<\/p>\n<p>Il est notamment imp\u00e9ratif de d\u00e9clarer explicitement la moyenne et l&rsquo;\u00e9cart-type de la diff\u00e9rence individuelle ((bar{D}) et (S_D)), et non pas uniquement les descriptifs marginaux des deux groupes pris s\u00e9par\u00e9ment, car ces derniers ne permettent pas au lecteur d&rsquo;appr\u00e9cier la magnitude de l&rsquo;erreur standard coupl\u00e9e. Le mod\u00e8le de formalisation textuelle rigoureux s&rsquo;articule comme suit :<\/p>\n<p><em>\u00ab Une analyse par test t de Student pour \u00e9chantillons appari\u00e9s a \u00e9t\u00e9 conduite afin de d\u00e9terminer l&rsquo;impact d&rsquo;une rem\u00e9diation cognitive informatis\u00e9e de huit semaines sur le rappel libre diff\u00e9r\u00e9. Les r\u00e9sultats indiquent une am\u00e9lioration statistiquement significative des performances mn\u00e9siques entre le pr\u00e9-test ((M = 14,32), (ET = 3,12)) et le post-test ((M = 18,75), (ET = 2,85)), avec une progression moyenne de (4,43) points, (IC_{95%} [3,21, 5,65]), (t(47) = 7,28), (p &lt; 0,001), (d_{rm} = 0,94). \u00bb<\/em><\/p>\n<p>Dans l&rsquo;\u00e9ventualit\u00e9 o\u00f9 l&rsquo;analyste a privil\u00e9gi\u00e9 l&rsquo;alternative non param\u00e9trique des rangs sign\u00e9s de Wilcoxon, la formulation doit pr\u00e9ciser la valeur de la statistique de somme de rangs ((W) ou (V)), le score standardis\u00e9 d&rsquo;approximation asymptotique (Z), la significativit\u00e9 exacte, la m\u00e9diane des diff\u00e9rences et la taille d&rsquo;effet (r) :<\/p>\n<p><em>\u00ab Le test des rangs sign\u00e9s de Wilcoxon r\u00e9v\u00e8le une att\u00e9nuation statistiquement significative des scores d&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 situationnelle post-intervention ((Mdn = 22,00)) par rapport \u00e0 la ligne de base ((Mdn = 34,50)), (W = 45,50), (Z = -3,84), (p &lt; 0,001), avec une taille d&#039;effet substantielle (r = 0,55). \u00bb<\/em><\/p>\n<h3>12.3 Grille d&rsquo;aide \u00e0 la d\u00e9cision pour le chercheur en sciences du comportement<\/h3>\n<p>Face \u00e0 la pluralit\u00e9 des options m\u00e9thodologiques envisageables lors du traitement de mesures coupl\u00e9es, l&rsquo;int\u00e9gration d&rsquo;un arbre d\u00e9cisionnel formel permet de fiabiliser le parcours de traitement analytique. Le chercheur peut structurer son arbitrage selon une s\u00e9quence rigoureuse d&rsquo;\u00e9tapes d\u00e9cisionnelles successives :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>\u00c9tape 1 : Examen du niveau m\u00e9trique de la variable d\u00e9pendante :<\/strong> Si la variable est nominale dichotomique (ex. \u00e9chec\/r\u00e9ussite pr\u00e9-post), le test de McNemar constitue l&rsquo;outil d\u00e9di\u00e9. Si la variable est strictement ordinale sur item isol\u00e9, s&rsquo;orienter vers le test des signes ou le test de Wilcoxon. Si la variable est continue (intervalle ou rapport), poursuivre vers l&rsquo;\u00e9tape 2.<\/li>\n<li><strong>\u00c9tape 2 : Diagnostic de distribution du vecteur des diff\u00e9rences :<\/strong> Calculer la diff\u00e9rence (D = X_1 &#8211; X_2) et tester son ad\u00e9quation \u00e0 la normalit\u00e9 par le test de Shapiro-Wilk et l&rsquo;analyse visuelle du Q-Q plot. Si la distribution est normale (ou si (N ge 30) en l&rsquo;absence de valeurs aberrantes extr\u00eames), privil\u00e9gier le test t de Student pour \u00e9chantillons appari\u00e9s. Si la normalit\u00e9 est rejet\u00e9e, basculer vers le test des rangs sign\u00e9s de Wilcoxon.<\/li>\n<li><strong>\u00c9tape 3 : Dimension du plan exp\u00e9rimental :<\/strong> Si le nombre de conditions appari\u00e9es est strictement \u00e9gal \u00e0 deux, le test t ou le test de Wilcoxon est suffisant. Si le nombre de temps ou de conditions est sup\u00e9rieur \u00e0 deux, v\u00e9rifier le postulat de sph\u00e9ricit\u00e9 de Mauchly. Si la sph\u00e9ricit\u00e9 est respect\u00e9e, appliquer l&rsquo;ANOVA \u00e0 mesures r\u00e9p\u00e9t\u00e9es standard ; si la sph\u00e9ricit\u00e9 est viol\u00e9e, appliquer les corrections d&rsquo;\u00e9psilon de Greenhouse-Geisser ou Huynh-Feldt.<\/li>\n<li><strong>\u00c9tape 4 : Compl\u00e9tude des donn\u00e9es et complexit\u00e9 hi\u00e9rarchique :<\/strong> En pr\u00e9sence d&rsquo;un taux notable de donn\u00e9es manquantes au suivi (perte de vue non al\u00e9atoire), d&rsquo;intervalles de temps h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes entre sujets ou de covariables dynamiques d\u00e9pendantes du temps, abandonner les approches matricielles classiques au profit exclusif des mod\u00e8les lin\u00e9aires \u00e0 effets mixtes (LMM) avec estimation par maximum de vraisemblance.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Cette rigueur de d\u00e9cision garantit l&rsquo;alignement le plus harmonieux entre l&rsquo;architecture conceptuelle de l&rsquo;exp\u00e9rience, la morphologie r\u00e9elle des distributions math\u00e9matiques collect\u00e9es et la robustesse des inf\u00e9rences cliniques et th\u00e9oriques port\u00e9es au sein de la communaut\u00e9 scientifique internationale.<\/p>\n<h2>R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<ul>\n<li>American Psychological Association. (2020). <em>Publication manual of the American Psychological Association<\/em> (7th ed.). American Psychological Association. <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1037\/0000165-000\">https:\/\/doi.org\/10.1037\/0000165-000<\/a><\/li>\n<li>Bland, J. M., &amp; Altman, D. G. (1986). Statistical methods for assessing agreement between two methods of clinical measurement. <em>The Lancet<\/em>, 327(8476), 307-310. <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1016\/S0140-6736(86)90837-8\">https:\/\/doi.org\/10.1016\/S0140-6736(86)90837-8<\/a><\/li>\n<li>Cohen, J. (1988). <em>Statistical power analysis for the behavioral sciences<\/em> (2nd ed.). Lawrence Erlbaum Associates.<\/li>\n<li>Cumming, G. (2014). The new statistics: Why and how. <em>Psychological Science<\/em>, 25(1), 7-29. <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1177\/0956797613504966\">https:\/\/doi.org\/10.1177\/0956797613504966<\/a><\/li>\n<li>Field, A. (2018). <em>Discovering statistics using IBM SPSS statistics<\/em> (5th ed.). SAGE Publications.<\/li>\n<li>Greenhouse, S. W., &amp; Geisser, S. (1959). On methods in the analysis of profile data. <em>Psychometrika<\/em>, 24(2), 95-112. <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1007\/BF02289823\">https:\/\/doi.org\/10.1007\/BF02289823<\/a><\/li>\n<li>Lakens, D. (2013). Calculating and reporting effect sizes to facilitate cumulative science: A practical primer for t-tests and ANOVAs. <em>Frontiers in Psychology<\/em>, 4, Article 863. <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.3389\/fpsyg.2013.00863\">https:\/\/doi.org\/10.3389\/fpsyg.2013.00863<\/a><\/li>\n<li>Magezi, D. A. (2015). Linear mixed-effects models for within-participant psychology experiments: An introductory tutorial. <em>Frontiers in Psychology<\/em>, 6, Article 2. <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.3389\/fpsyg.2015.00002\">https:\/\/doi.org\/10.3389\/fpsyg.2015.00002<\/a><\/li>\n<li>Maxwell, S. E., Delaney, H. D., &amp; Kelley, K. (2018). <em>Designing experiments and analyzing data: A model comparison perspective<\/em> (3rd ed.). Routledge. <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.4324\/9781315642956\">https:\/\/doi.org\/10.4324\/9781315642956<\/a><\/li>\n<li>Wilcoxon, F. (1945). Individual comparisons by ranking methods. <em>Biometrics Bulletin<\/em>, 1(6), 80-83. <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.2307\/3001968\">https:\/\/doi.org\/10.2307\/3001968<\/a><\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Comprendre les donn\u00e9es appari\u00e9es : d\u00e9finitions, exemples en psychologie, m\u00e9thodes d&rsquo;analyse statistique et protocoles pour exploiter les mesures r\u00e9p\u00e9t\u00e9es.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","template":"","categories":[1881,1835],"tags":[4264,2428,2886,4643,7519],"class_list":["post-5616","psych_stat","type-psych_stat","status-publish","hentry","category-methodologie-de-la-recherche","category-statistiques-en-psychologie","tag-donnees-appariees","tag-mesures-repetees","tag-statistiques-psychologie","tag-test-de-wilcoxon","tag-test-t-de-student-apparie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_stat\/5616","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_stat"}],"about":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/psych_stat"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=5616"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_stat\/5616\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=5616"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=5616"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=5616"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}