{"id":4158,"date":"2026-09-11T06:19:19","date_gmt":"2026-09-11T06:19:19","guid":{"rendered":"http:\/\/french.arabpsychology.com\/statistics\/test-de-dunn-pour-comparaisons-multiples\/"},"modified":"2026-09-11T06:19:19","modified_gmt":"2026-09-11T06:19:19","slug":"test-de-dunn-pour-comparaisons-multiples","status":"publish","type":"psych_stat","link":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/?psych_stat=test-de-dunn-pour-comparaisons-multiples","title":{"rendered":"Test de Dunn pour comparaisons multiples"},"content":{"rendered":"<p>Dans le paysage contemporain de la recherche quantitative et de la mod\u00e9lisation statistique, l&rsquo;analyse des donn\u00e9es non gaussiennes repr\u00e9sente un d\u00e9fi r\u00e9current pour les chercheurs en sciences du comportement, en psychologie clinique, en neurosciences et en m\u00e9decine translationnelle. Lorsque les hypoth\u00e8ses strictes de normalit\u00e9 distributionnelle et d&rsquo;homosc\u00e9dasticit\u00e9 sous-jacentes au mod\u00e8le lin\u00e9aire g\u00e9n\u00e9ral et \u00e0 l&rsquo;<a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Analyse_de_la_variance\">analyse de variance<\/a> (ANOVA) univari\u00e9e se trouvent compromises, le recours \u00e0 l&rsquo;inf\u00e9rence non param\u00e9trique s&rsquo;impose comme un imp\u00e9ratif m\u00e9thodologique incontournable. Le test de Kruskal-Wallis permet alors de d\u00e9terminer si au moins une population diff\u00e8re de mani\u00e8re stochastique par rapport aux autres face \u00e0 une variable ind\u00e9pendante cat\u00e9gorielle comportant trois modalit\u00e9s ou plus.<\/p>\n<p>Toutefois, la d\u00e9tection d&rsquo;un effet omnibus statistiquement significatif ne r\u00e9v\u00e8le rien sur la localisation exacte des divergences intergroupes. C&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment pour lever cette ambigu\u00eft\u00e9 fondamentale que les proc\u00e9dures de comparaisons multiples <em>a posteriori<\/em> ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9es. Au premier rang de ces m\u00e9thodes non param\u00e9triques post-hoc se trouve le <strong>test de Dunn<\/strong>, con\u00e7u pour isoler les contrastes par paires tout en maintenant les propri\u00e9t\u00e9s d&rsquo;attribution des rangs \u00e9tablies \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle globale de l&rsquo;\u00e9chantillon. Cette proc\u00e9dure constitue la v\u00e9ritable suite logique du test de Kruskal-Wallis, palliant les biais inh\u00e9rents \u00e0 la r\u00e9application successive de tests de Wilcoxon-Mann-Whitney isol\u00e9s.<\/p>\n<p>Le pr\u00e9sent article propose un trait\u00e9 m\u00e9thodologique exhaustif du test de Dunn pour comparaisons multiples. \u00c0 travers une exploration approfondie de ses fondements math\u00e9matiques, de son comportement face \u00e0 l&rsquo;inflation de l&rsquo;erreur de Type I, de son protocole d&rsquo;application pas \u00e0 pas, de son impl\u00e9mentation dans les environnements informatiques modernes (R, Python, SPSS, JASP) et de son articulation avec les standards de publication scientifique, ce guide offre aux chercheurs et praticiens une r\u00e9f\u00e9rence rigoureuse pour fiabiliser leurs analyses non param\u00e9triques.<\/p>\n<h2>1. Introduction et fondements th\u00e9oriques du test de Dunn<\/h2>\n<h3>1.1 Origine historique et justification statistique<\/h3>\n<p>L&rsquo;essor de la statistique moderne dans la seconde moiti\u00e9 du vingti\u00e8me si\u00e8cle a \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9 par une prise de conscience graduelle des limites du paradigme param\u00e9trique fond\u00e9 par Ronald Fisher, Jerzy Neyman et Egon Pearson. Bien que les m\u00e9thodes param\u00e9triques b\u00e9n\u00e9ficient d&rsquo;une puissance statistique optimale lorsque leurs postulats d&rsquo;application sont rigoureusement satisfaits, leur r\u00e9silience s&rsquo;effondre notablement lorsque les distributions empiriques pr\u00e9sentent des asym\u00e9tries prononc\u00e9es, un aplatissement anomal ou une contamination par des valeurs aberrantes extr\u00eames. C&rsquo;est dans ce contexte de renouveau \u00e9pist\u00e9mologique qu&rsquo;ont \u00e9merg\u00e9 les m\u00e9thodes d&rsquo;inf\u00e9rence non param\u00e9triques, dites \u00e0 distribution libre, dont les propri\u00e9t\u00e9s ne reposent pas sur l&rsquo;estimation des moments d&rsquo;une loi th\u00e9orique d\u00e9finie <em>a priori<\/em>.<\/p>\n<p>La statisticienne am\u00e9ricaine <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Olive_Jean_Dunn\">Olive Jean Dunn<\/a> (1915\u20132008), professeure de biostatistique \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 de Californie \u00e0 Los Angeles (UCLA), a jou\u00e9 un r\u00f4le d\u00e9terminant dans la formalisation des proc\u00e9dures de d\u00e9cision simultan\u00e9es. En 1964, Dunn publie dans les pages de la revue <em>Technometrics<\/em> un article fondateur intitul\u00e9 \u00ab Multiple Comparisons Using Rank Sums \u00bb. Dans cette contribution majeure, elle th\u00e9orise une proc\u00e9dure post-hoc destin\u00e9e \u00e0 faire suite au test de Kruskal-Wallis en utilisant l&rsquo;information distributionnelle conjointe issue du classement initial de toutes les observations. Dunn a d\u00e9montr\u00e9 qu&rsquo;il \u00e9tait erron\u00e9 de r\u00e9assigner de nouveaux rangs pour chaque paire de sous-\u00e9chantillons, car cette pratique d\u00e9truisait la structure g\u00e9om\u00e9trique globale \u00e9tablie par le mod\u00e8le omnibus.<\/p>\n<p>Dans l&rsquo;inf\u00e9rence statistique contemporaine, le test de Dunn s&rsquo;est consolid\u00e9 comme la r\u00e9f\u00e9rence th\u00e9orique canonique pour les contrastes par paires non param\u00e9triques sur \u00e9chantillons ind\u00e9pendants. En int\u00e9grant la variance d&rsquo;\u00e9chantillonnage de l&rsquo;ensemble du dispositif exp\u00e9rimental dans le d\u00e9nominateur de sa statistique de test, Dunn a fourni aux exp\u00e9rimentateurs une m\u00e9thode robuste, \u00e9l\u00e9gante et universellement applicable, garantissant la coh\u00e9rence math\u00e9matique interne entre le test global et la localisation fine des effets.<\/p>\n<h3>1.2 La probl\u00e9matique des comparaisons multiples a posteriori<\/h3>\n<p>L&rsquo;un des d\u00e9fis \u00e9pist\u00e9mologiques majeurs de la mod\u00e9lisation statistique r\u00e9side dans la transition entre l&rsquo;hypoth\u00e8se globale et les hypoth\u00e8ses sp\u00e9cifiques. Une analyse omnibus, qu&rsquo;elle soit param\u00e9trique (comme l&rsquo;ANOVA) ou non param\u00e9trique (comme le test de Kruskal-Wallis), \u00e9value l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle g\u00e9n\u00e9rale selon laquelle l&rsquo;ensemble des populations sous-jacentes partagent la m\u00eame fonction de r\u00e9partition. Cependant, le rejet de cette hypoth\u00e8se nulle ne renseigne en aucun cas sur le nombre, l&rsquo;orientation ou l&rsquo;amplitude des contrastes sp\u00e9cifiques responsables de ce rejet. L&rsquo;exp\u00e9rimentateur se trouve alors confront\u00e9 au dilemme de la localisation des effets.<\/p>\n<p>La recherche de ces effets localis\u00e9s s&rsquo;effectue g\u00e9n\u00e9ralement par le biais de comparaisons par paires dites <em>a posteriori<\/em> ou post-hoc. Contrairement aux contrastes planifi\u00e9s, qui sont d\u00e9duits d&rsquo;hypoth\u00e8ses th\u00e9oriques d\u00e9limit\u00e9es avant la collecte des donn\u00e9es et dont le nombre restreint pr\u00e9serve une fraction substantielle de la puissance statistique, les comparaisons post-hoc rev\u00eatent une dimension exploratoire. Elles comparent potentiellement toutes les combinaisons possibles de deux groupes pris parmi <em>k<\/em> modalit\u00e9s exp\u00e9rimentales. Pour <em>k<\/em> groupes, le nombre total de comparaisons binaires non redondantes est donn\u00e9 par le coefficient binomial <em>k(k &#8211; 1) \/ 2<\/em>.<\/p>\n<p>Cette multiplication des tests engendre une instabilit\u00e9 probabiliste critique : sans ajustement formel, l&rsquo;accumulation des d\u00e9cisions statistiques individuelles accro\u00eet de fa\u00e7on g\u00e9om\u00e9trique la probabilit\u00e9 d&rsquo;observer des rejets fortuits de l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle. La n\u00e9cessit\u00e9 de recourir \u00e0 des tests post-hoc adapt\u00e9s aux distributions ordinales devient alors imp\u00e9rieuse pour cartographier rigoureusement les fronti\u00e8res de significativit\u00e9 au sein de l&rsquo;espace exp\u00e9rimental.<\/p>\n<h3>1.3 Pertinence m\u00e9thodologique en psychologie quantitative<\/h3>\n<p>La psychologie quantitative, la neuropsychologie et les sciences sociales appliqu\u00e9es constituent un terrain privil\u00e9gi\u00e9 pour le test de Dunn. Les protocoles de mesure dans ces disciplines reposent tr\u00e8s fr\u00e9quemment sur des instruments psychom\u00e9triques g\u00e9n\u00e9rant des donn\u00e9es typiquement non continues. L&rsquo;usage g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 des <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/%C3%89chelle_de_Likert\">\u00e9chelles de Likert<\/a>, des scores composites d&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 ou de d\u00e9pression (comme le BDI ou l&rsquo;HAD), des temps de r\u00e9action soumis \u00e0 un plancher ou un plafond, ou encore des indices de performance cognitive produit des distributions qui violent syst\u00e9matiquement l&rsquo;hypoth\u00e8se de normalit\u00e9 univari\u00e9e.<\/p>\n<p>De surcro\u00eet, la recherche clinique et cognitive est souvent contrainte par des contraintes d&rsquo;\u00e9chantillonnage s\u00e9v\u00e8res. Les cohortes de patients pr\u00e9sentant des psychopathologies rares ou des l\u00e9sions c\u00e9r\u00e9brales sp\u00e9cifiques pr\u00e9sentent fr\u00e9quemment des effectifs restreints (parfois moins d&rsquo;une quinzaine d&rsquo;individus par bras exp\u00e9rimental) et des variances d&rsquo;une grande h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9. L&rsquo;application d&rsquo;un test post-hoc param\u00e9trique classique comme le test de Tukey HSD (Honestly Significant Difference) ou le test de Scheff\u00e9 s&rsquo;av\u00e8re m\u00e9thodologiquement hasardeuse dans ces conditions, exposant le chercheur \u00e0 des conclusions erron\u00e9es.<\/p>\n<p>Le test de Dunn apporte une r\u00e9ponse math\u00e9matiquement valide \u00e0 cette configuration exp\u00e9rimentale en transformant les valeurs brutes en rangs conjoints. Il garantit que l&rsquo;\u00e9chelle ordinale intrins\u00e8que des instruments d&rsquo;\u00e9valuation psychologique est respect\u00e9e sans postuler arbitrairement l&rsquo;\u00e9quidistance des intervalles de mesure, tout en assurant une d\u00e9tection fine des \u00e9carts de localisation entre des conditions d&rsquo;intervention th\u00e9rapeutiques distinctes.<\/p>\n<h2>2. Le test de Kruskal-Wallis comme pr\u00e9requis m\u00e9thodologique<\/h2>\n<h3>2.1 Propri\u00e9t\u00e9s fondamentales du test de Kruskal-Wallis<\/h3>\n<p>Le test \u00e9labor\u00e9 par William Kruskal et W. Allen Wallis en 1952 repr\u00e9sente l&rsquo;extension non param\u00e9trique directe de l&rsquo;ANOVA univari\u00e9e pour <em>k<\/em> \u00e9chantillons ind\u00e9pendants. Son architecture conceptuelle repose sur l&rsquo;\u00e9limination des m\u00e9triques d&rsquo;origine au profit d&rsquo;un classement unifi\u00e9 de l&rsquo;ensemble des <em>N<\/em> observations collect\u00e9es \u00e0 travers tous les groupes d&rsquo;\u00e9tude. Chaque observation se voit attribuer un rang compris entre 1 (pour la plus petite valeur observ\u00e9e) et <em>N<\/em> (pour la valeur la plus \u00e9lev\u00e9e), en r\u00e9solvant les \u00e9ventuelles \u00e9galit\u00e9s par la moyenne des rangs partag\u00e9s.<\/p>\n<p>Sous l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle fondamentale (H0), le test postule que les <em>k<\/em> \u00e9chantillons proviennent de populations ayant des fonctions de r\u00e9partition identiques. Si cette hypoth\u00e8se est exacte, les rangs attribu\u00e9s doivent se distribuer de mani\u00e8re al\u00e9atoire et uniforme entre les diff\u00e9rents groupes exp\u00e9rimentaux. La statistique globale de Kruskal-Wallis, g\u00e9n\u00e9ralement d\u00e9sign\u00e9e par la lettre <em>H<\/em>, quantifie l&rsquo;\u00e9cart quadratique pond\u00e9r\u00e9 entre la moyenne des rangs observ\u00e9e au sein de chaque groupe et la moyenne th\u00e9orique globale des rangs qui est \u00e9gale \u00e0 <em>(N + 1) \/ 2<\/em>.<\/p>\n<p>Lorsque la taille globale de l&rsquo;\u00e9chantillon est suffisante (g\u00e9n\u00e9ralement lorsque chaque sous-groupe comporte au moins cinq sujets), la distribution d&rsquo;\u00e9chantillonnage de la statistique <em>H<\/em> converge de mani\u00e8re asymptotique vers une loi de <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Loi_du_chi_deux\">Chi-deux<\/a> avec <em>k &#8211; 1<\/em> degr\u00e9s de libert\u00e9. Cette propri\u00e9t\u00e9 math\u00e9matique permet d&rsquo;obtenir une probabilit\u00e9 critique (<em>p-valeur<\/em>) permettant d&rsquo;infirmer ou de conserver l&rsquo;hypoth\u00e8se d&rsquo;\u00e9quivalence distributionnelle globale.<\/p>\n<h3>2.2 De la significativit\u00e9 omnibus aux comparaisons par paires<\/h3>\n<p>L&rsquo;obtention d&rsquo;un seuil de significativit\u00e9 inf\u00e9rieur au risque d&rsquo;erreur conventionnel (typiquement <em>p &lt; 0,05<\/em>) lors de l&rsquo;ex\u00e9cution du test de Kruskal-Wallis constitue la condition pr\u00e9alable requise pour autoriser l&rsquo;investigation des contrastes individuels. Ce m\u00e9canisme de protection, th\u00e9oris\u00e9 dans les protocoles de tests d&rsquo;hypoth\u00e8ses s\u00e9quentiels, vise \u00e0 pr\u00e9munir le chercheur contre les illusions inf\u00e9rentielles li\u00e9es au chalutage de donn\u00e9es (<em>data dredging<\/em>).<\/p>\n<p>Si la statistique <em>H<\/em> n&rsquo;atteint pas le seuil de rejet critique, l&rsquo;analyste doit imp\u00e9rativement conclure \u00e0 l&rsquo;absence de preuve suffisante pour discriminer les groupes, et le processus d&rsquo;inf\u00e9rence s&rsquo;arr\u00eate l\u00e0. Entreprendre des comparaisons par paires en pr\u00e9sence d&rsquo;un test omnibus non significatif induit un risque d\u00e9mesur\u00e9 de fausse d\u00e9couverte, car n&rsquo;importe quel \u00e9cart binaire fortuitement significatif rel\u00e8verait du pur bruit d&rsquo;\u00e9chantillonnage plut\u00f4t que d&rsquo;un effet exp\u00e9rimental tangible.<\/p>\n<p>En revanche, d\u00e8s lors que l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle globale est r\u00e9fut\u00e9e, la transition th\u00e9orique vers les comparaisons multiples prend tout son sens. Le test de Dunn intervient pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 ce stade : il h\u00e9rite du classement conjoint \u00e9tabli lors de l&rsquo;\u00e9tape omnibus et proc\u00e8de \u00e0 la d\u00e9composition analytique de la variance des rangs pour situer quelles paires sp\u00e9cifiques s&rsquo;\u00e9cartent l&rsquo;une de l&rsquo;autre au-del\u00e0 des fluctuations pr\u00e9visibles de l&rsquo;\u00e9chantillonnage.<\/p>\n<h3>2.3 Gestion des rangs moyens et distributions sous-jacentes<\/h3>\n<p>L&rsquo;un des aspects les plus d\u00e9licats et fr\u00e9quemment mal compris de l&rsquo;analyse non param\u00e9trique concerne la m\u00e9trique exacte sur laquelle porte l&rsquo;inf\u00e9rence. Contrairement \u00e0 une croyance r\u00e9pandue dans de nombreux manuels d&rsquo;introduction, le test de Kruskal-Wallis et le test de Dunn ne constituent pas intrins\u00e8quement des comparaisons directes des m\u00e9dianes arithm\u00e9tiques des populations, mais bien des comparaisons de la distribution globale des rangs moyens.<\/p>\n<p>Pour qu&rsquo;un test sur les rangs moyens puisse \u00eatre rigoureusement interpr\u00e9t\u00e9 comme un test d&rsquo;\u00e9galit\u00e9 des m\u00e9dianes, une contrainte g\u00e9om\u00e9trique s\u00e9v\u00e8re doit \u00eatre respect\u00e9e : l&rsquo;hypoth\u00e8se de formes distributionnelles identiques (<em>shape assumption<\/em>). Cela implique que les densit\u00e9s de probabilit\u00e9 des diff\u00e9rents groupes doivent poss\u00e9der une forme rigoureusement superposable, incluant la variance, l&rsquo;asym\u00e9trie (<em>skewness<\/em>) et l&rsquo;aplatissement (<em>kurtosis<\/em>), ne diff\u00e9rant \u00e9ventuellement que par un simple param\u00e8tre de translation spatiale sur l&rsquo;axe des abscisses (d\u00e9calage de localisation).<\/p>\n<p>Si cette condition de stricte homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 des formes n&rsquo;est pas v\u00e9rifi\u00e9e \u2014 ce qui constitue le cas le plus fr\u00e9quent dans les donn\u00e9es psychologiques cliniques o\u00f9 un traitement induit \u00e0 la fois une baisse de la moyenne et une r\u00e9duction drastique de la dispersion \u2014, l&rsquo;interpr\u00e9tation du test de Dunn doit \u00eatre formul\u00e9e en termes de <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Stochastic_dominance\">dominance stochastique<\/a>. La dominance stochastique \u00e9tablit qu&rsquo;un groupe pr\u00e9sente une probabilit\u00e9 syst\u00e9matiquement sup\u00e9rieure \u00e0 celle d&rsquo;un autre groupe de g\u00e9n\u00e9rer une valeur arbitrairement \u00e9lev\u00e9e lors d&rsquo;un tirage au sort individuel.<\/p>\n<h2>3. Principes math\u00e9matiques et formulation statistique du test de Dunn<\/h2>\n<h3>3.1 Calcul de la statistique standardis\u00e9e z<\/h3>\n<p>La statistique fondamentale du test de Dunn repose sur l&rsquo;\u00e9valuation de l&rsquo;\u00e9cart standardis\u00e9 entre les rangs moyens de deux groupes distincts, conditionnellement au classement conjoint total op\u00e9r\u00e9 sur les <em>k<\/em> groupes. Soit <em>R_i<\/em> la somme des rangs assign\u00e9s aux observations du groupe <em>i<\/em>, et <em>n_i<\/em> l&rsquo;effectif associ\u00e9 \u00e0 ce groupe. Le rang moyen empirique du groupe <em>i<\/em> est donn\u00e9 par l&rsquo;expression math\u00e9matique \u00e9l\u00e9mentaire :<\/p>\n<p><em>R_bar_i = R_i \/ n_i<\/em><\/p>\n<p>Consid\u00e9rons \u00e0 pr\u00e9sent la comparaison sp\u00e9cifique entre deux groupes exp\u00e9rimentaux index\u00e9s par <em>i<\/em> et <em>j<\/em> (avec <em>i<\/em> distinct de <em>j<\/em>). La quantit\u00e9 d&rsquo;int\u00e9r\u00eat primaire r\u00e9side dans la diff\u00e9rence arithm\u00e9tique simple observ\u00e9e entre leurs rangs moyens respectifs :<\/p>\n<p><em>Delta_R_ij = R_bar_i &#8211; R_bar_j<\/em><\/p>\n<p>Afin de transformer cette diff\u00e9rence brute en une m\u00e9trique d&rsquo;inf\u00e9rence exploitable, Dunn normalise cette quantit\u00e9 en la divisant par l&rsquo;erreur type th\u00e9orique de la diff\u00e9rence des rangs moyens sous l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle. Cette op\u00e9ration engendre une statistique de test standardis\u00e9e, usuellement d\u00e9not\u00e9e <em>z_ij<\/em> ou <em>Q<\/em> selon les conventions de notation acad\u00e9miques :<\/p>\n<p><em>z_ij = (R_bar_i &#8211; R_bar_j) \/ sigma_ij<\/em><\/p>\n<p>En vertu du th\u00e9or\u00e8me central limite et des propri\u00e9t\u00e9s combinatoires du reclassement conjoint de Wilcoxon et Kruskal-Wallis, la distribution d&rsquo;\u00e9chantillonnage de cette quantit\u00e9 <em>z_ij<\/em> converge de mani\u00e8re asymptotique vers la <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Loi_normale\">loi normale standard<\/a> centr\u00e9e et r\u00e9duite <em>N(0, 1)<\/em> lorsque la taille globale de l&rsquo;\u00e9chantillon <em>N<\/em> tend vers l&rsquo;infini. Cette convergence autorise l&rsquo;usage des quantiles gaussiens pour \u00e9valuer la significativit\u00e9 statistique.<\/p>\n<h3>3.2 Formule de l&rsquo;erreur type et correction pour ex-aequo<\/h3>\n<p>L&rsquo;expression de l&rsquo;erreur type <em>sigma_ij<\/em> refl\u00e8te la variance th\u00e9orique sous-jacente des rangs d&rsquo;un \u00e9chantillon tir\u00e9 sans remise parmi une population finie de taille <em>N<\/em>. En l&rsquo;absence totale de valeurs ex-aequo (c&rsquo;est-\u00e0-dire si l&rsquo;ensemble des <em>N<\/em> observations sont strictement distinctes et uniques), la variance conjointe th\u00e9orique des rangs est fonction exclusive de la taille d&rsquo;\u00e9chantillon globale. L&rsquo;erreur type est alors rigoureusement formul\u00e9e ainsi :<\/p>\n<p><em>sigma_ij = sqrt( [ (N * (N + 1)) \/ 12 ] * [ (1 \/ n_i) + (1 \/ n_j) ] )<\/em><\/p>\n<p>Le terme <em>(N * (N + 1)) \/ 12<\/em> repr\u00e9sente la variance intrins\u00e8que d&rsquo;une distribution uniforme discr\u00e8te des entiers de 1 \u00e0 <em>N<\/em>. Cependant, dans les donn\u00e9es empiriques r\u00e9elles \u2014 tout particuli\u00e8rement dans le cadre d&rsquo;instruments psychom\u00e9triques \u00e0 \u00e9chelle discr\u00e8te \u2014, des valeurs identiques surviennent fr\u00e9quemment entre plusieurs sujets. L&rsquo;attribution d&rsquo;un rang moyen \u00e0 ces observations conjointes r\u00e9duit artificiellement la variance globale des rangs attribu\u00e9s.<\/p>\n<p>Pour neutraliser ce biais et restaurer la validit\u00e9 de l&rsquo;erreur de Type I, Dunn a incorpor\u00e9 un coefficient r\u00e9ducteur fond\u00e9 sur les sommes de rangs li\u00e9s. Soit <em>g<\/em> le nombre total de groupes de valeurs ex-aequo distincts, et <em>t_m<\/em> le nombre d&rsquo;observations li\u00e9es composant le <em>m<\/em>-i\u00e8me groupe de n\u0153uds. La formule de l&rsquo;erreur type corrig\u00e9e pour la pr\u00e9sence d&rsquo;ex-aequo prend la forme analytique suivante :<\/p>\n<p><em>sigma_ij_corrig\u00e9 = sqrt( [ (N * (N + 1)) \/ 12 &#8211; sum(t_m^3 &#8211; t_m) \/ (12 * (N &#8211; 1)) ] * [ (1 \/ n_i) + (1 \/ n_j) ] )<\/em><\/p>\n<p>L&rsquo;introduction de ce terme correctif au sein du d\u00e9nominateur diminue l\u00e9g\u00e8rement la valeur de l&rsquo;erreur type, augmentant ainsi de mani\u00e8re proportionn\u00e9e la valeur absolue de la statistique standardis\u00e9e <em>z_ij<\/em>. Cette correction emp\u00eache une perte artificielle de puissance statistique lorsque les donn\u00e9es comportent une abondance de valeurs redondantes.<\/p>\n<h3>3.3 Formalisation des hypoth\u00e8ses nulle et alternative<\/h3>\n<p>La d\u00e9limitation des zones de rejet exige une formalisation math\u00e9matique rigoureuse de l&rsquo;espace des hypoth\u00e8ses soumises \u00e0 v\u00e9rification. Pour chaque paire sp\u00e9cifique comparant la modalit\u00e9 <em>i<\/em> \u00e0 la modalit\u00e9 <em>j<\/em>, l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle locale (<em>H0_ij<\/em>) stipule l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 stochastique des distributions parentes d&rsquo;o\u00f9 sont extraits les \u00e9chantillons :<\/p>\n<p><em>H0_ij : F_i(x) = F_j(x) pour tout x r\u00e9el<\/em><\/p>\n<p>o\u00f9 <em>F_i<\/em> et <em>F_j<\/em> d\u00e9signent respectivement les fonctions de r\u00e9partition cumul\u00e9e des populations sous-jacentes. Dans la plupart des contextes de recherche fondamentale et appliqu\u00e9e, le test est formul\u00e9 de mani\u00e8re bilat\u00e9rale (<em>two-tailed<\/em>). L&rsquo;hypoth\u00e8se alternative correspondante (<em>H1_ij<\/em>) postule la non-\u00e9quivalence des fonctions de distribution :<\/p>\n<p><em>H1_ij : F_i(x) != F_j(x) pour au moins une valeur de x<\/em><\/p>\n<p>Lorsque des consid\u00e9rations th\u00e9oriques hautement \u00e9tay\u00e9es permettent d&rsquo;anticiper la direction pr\u00e9cise de la sup\u00e9riorit\u00e9 d&rsquo;un traitement sur un autre (par exemple dans le cas de l&rsquo;\u00e9valuation d&rsquo;un principe th\u00e9rapeutique actif contre un placebo inerte), une formulation unilat\u00e9rale peut \u00eatre adopt\u00e9e (<em>H1 : F_i(x) &gt; F_j(x)<\/em> ou <em>H1 : F_i(x) &lt; F_j(x)<\/em>). La r\u00e8gle de d\u00e9cision statistique repose sur la comparaison de la statistique observ\u00e9e <em>z_ij<\/em> \u00e0 un quantile critique de la distribution normale <em>z_alpha<\/em> d\u00e9pendant du seuil d&rsquo;ajustement retenu pour compenser le risque global d&rsquo;erreur.<\/p>\n<h2>4. Contr\u00f4le de l&rsquo;inflation de l&rsquo;erreur de Type I et m\u00e9thodes d&rsquo;ajustement<\/h2>\n<h3>4.1 Le ph\u00e9nom\u00e8ne du Family-Wise Error Rate (FWER)<\/h3>\n<p>L&rsquo;\u00e9valuation simultan\u00e9e d&rsquo;un ensemble de conjectures statistiques expose le processus d\u00e9cisionnel au pi\u00e8ge classique de l&rsquo;inflation du risque global d&rsquo;erreur de premi\u00e8re esp\u00e8ce, universellement d\u00e9sign\u00e9 sous l&rsquo;acronyme de <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Family-wise_error_rate\">Family-Wise Error Rate<\/a> (FWER). Le FWER se d\u00e9finit formellement comme la probabilit\u00e9 d&rsquo;obtenir au moins un rejet \u00e0 tort de l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle (faux positif) parmi la famille compl\u00e8te des <em>c<\/em> tests statistiques conduits sur le jeu de donn\u00e9es.<\/p>\n<p>Si l&rsquo;on postule l&rsquo;ind\u00e9pendance statistique stricte entre <em>c<\/em> tests \u00e9l\u00e9mentaires distincts men\u00e9s chacun \u00e0 un seuil nominal <em>alpha<\/em> (conventionnellement fix\u00e9 \u00e0 0,05), la probabilit\u00e9 cumulative de commettre au moins une erreur de Type I au cours de la proc\u00e9dure conjointe s&rsquo;exprime par la relation math\u00e9matique :<\/p>\n<p><em>alpha_global = 1 &#8211; (1 &#8211; alpha)^c<\/em><\/p>\n<p>Pour un design exp\u00e9rimental modeste comprenant 4 groupes ind\u00e9pendants, le nombre de comparaisons bilat\u00e9rales possibles s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve \u00e0 <em>4 * 3 \/ 2 = 6<\/em> paires. En l&rsquo;absence totale de contr\u00f4le statistique, le risque d&rsquo;erreur global atteint :<\/p>\n<p><em>alpha_global = 1 &#8211; (1 &#8211; 0,05)^6 = 1 &#8211; (0,95)^6 = 1 &#8211; 0,7351 = 0,2649<\/em> (soit plus de 26 %)<\/p>\n<p>Ce niveau de risque compromet gravement la validit\u00e9 des conclusions empiriques. Si l&rsquo;on pousse l&rsquo;exp\u00e9rience \u00e0 6 groupes (15 comparaisons), le taux de fausse alerte franchit le cap alarmant des 53 %, ce qui signifie qu&rsquo;il devient plus probable d&rsquo;identifier faussement un effet imaginaire que d&rsquo;aboutir \u00e0 un ensemble de d\u00e9cisions int\u00e8gres. Cette instabilit\u00e9 statistique a \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9e comme l&rsquo;un des d\u00e9terminants majeurs de la crise de la r\u00e9plicabilit\u00e9 qui frappe les sciences empiriques contemporaines, soulignant l&rsquo;obligation d\u00e9ontologique de calibrer rigoureusement les seuils de d\u00e9cision.<\/p>\n<h3>4.2 La proc\u00e9dure classique de Bonferroni<\/h3>\n<p>La solution historiquement privil\u00e9gi\u00e9e par Olive Jean Dunn pour juguler cette inflation probabiliste repose sur l&rsquo;in\u00e9galit\u00e9 de Boole-Bonferroni. Cette approche proc\u00e8de \u00e0 une division uniforme et invariante du seuil nominal <em>alpha<\/em> par le nombre total de comparaisons d&rsquo;int\u00e9r\u00eat conduites au sein de la famille exp\u00e9rimentale :<\/p>\n<p><em>alpha_ajust\u00e9 = alpha \/ c<\/em><\/p>\n<p>Alternativement, et de fa\u00e7on \u00e9quivalente dans la pratique des logiciels contemporains, la correction peut s&rsquo;appliquer directement sur la probabilit\u00e9 calcul\u00e9e (<em>p-valeur<\/em> brute), en multipliant celle-ci par le coefficient <em>c<\/em> :<\/p>\n<p><em>p_ajust\u00e9e = min(1, c * p_brute)<\/em><\/p>\n<p>La proc\u00e9dure de Bonferroni offre une garantie absolue de contr\u00f4le du FWER sous n&rsquo;importe quelle structure de d\u00e9pendance stochastique unissant les statistiques de test. Cette propri\u00e9t\u00e9 d&rsquo;invariance universelle constitue son atout majeur. N\u00e9anmoins, cette robustesse se paie au prix d&rsquo;un hyperconservatisme m\u00e9thodologique s\u00e9v\u00e8re. En r\u00e9partissant le risque d&rsquo;erreur de mani\u00e8re uniforme sans tenir compte des corr\u00e9lations structurelles entre les tests conjoints, Bonferroni abaisse le seuil de significativit\u00e9 \u00e0 des niveaux excessivement restrictifs d\u00e8s que <em>c<\/em> augmente.<\/p>\n<p>Cet \u00e9cueil entra\u00eene une d\u00e9gradation dramatique de la puissance statistique (<em>1 &#8211; beta<\/em>), augmentant de fa\u00e7on drastique la probabilit\u00e9 de commettre une erreur de Type II (omettre d&rsquo;identifier une diff\u00e9rence r\u00e9elle dans la population). En pratique, la correction classique de Bonferroni ne doit \u00eatre pr\u00e9conis\u00e9e que dans les protocoles impliquant un contingent restreint de contrastes (par exemple 3 ou 4 comparaisons cibl\u00e9es) ou lorsque le co\u00fbt th\u00e9orique d&rsquo;un faux positif s&rsquo;av\u00e8re absolument prohibitif.<\/p>\n<h3>4.3 Approches alternatives : Holm, Sidak et Benjamini-Hochberg<\/h3>\n<p>Face \u00e0 l&rsquo;intransigeance paralysante de la m\u00e9thode de Bonferroni simple, la litt\u00e9rature m\u00e9thodologique moderne privil\u00e9gie des alternatives algorithmiques capables de pr\u00e9server la puissance d&rsquo;analyse tout en circonscrivant scrupuleusement l&rsquo;erreur globale. Parmi celles-ci, la proc\u00e9dure s\u00e9quentielle descendante d\u00e9velopp\u00e9e par Sture Holm en 1979 (dite de Holm-Bonferroni) s&rsquo;est impos\u00e9e comme le standard d&rsquo;excellence pour le FWER.<\/p>\n<p>L&rsquo;algorithme de Holm op\u00e8re par \u00e9tapes successives apr\u00e8s avoir class\u00e9 les <em>c<\/em> p-valeurs brutes dans un ordre strictement croissant : <em>p_(1) &lt;= p_(2) &lt;= &#8230; &lt;= p_(c)<\/em>. Chaque probabilit\u00e9 ordonn\u00e9e est compar\u00e9e s\u00e9quentiellement \u00e0 un seuil dynamique d\u00e9gressif :<\/p>\n<p><em>alpha_k = alpha \/ (c &#8211; k + 1)<\/em><\/p>\n<p>o\u00f9 <em>k<\/em> repr\u00e9sente l&rsquo;indice de l&rsquo;\u00e9tape courante. D\u00e8s qu&rsquo;une valeur <em>p_(k)<\/em> \u00e9choue \u00e0 franchir le seuil critique <em>alpha_k<\/em>, le processus s&rsquo;interrompt d\u00e9finitivement, et toutes les hypoth\u00e8ses restantes sont d\u00e9clar\u00e9es non significatives. La m\u00e9thode de Holm domine uniform\u00e9ment la proc\u00e9dure de Bonferroni car elle contr\u00f4le le FWER avec la m\u00eame exactitude math\u00e9matique tout en offrant une puissance statistique syst\u00e9matiquement sup\u00e9rieure.<\/p>\n<p>La correction de \u0160id\u00e1k (1967), quant \u00e0 elle, repose sur une mod\u00e9lisation multiplicative sous l&rsquo;hypoth\u00e8se de variables ind\u00e9pendantes, appliquant le seuil <em>1 &#8211; (1 &#8211; alpha)^(1\/c)<\/em>, ce qui procure un gain infinit\u00e9simal par rapport \u00e0 Bonferroni sans en modifier l&rsquo;essence structurelle.<\/p>\n<p>Enfin, dans les contextes exploratoires \u00e0 haut d\u00e9bit ou lorsque les hypoth\u00e8ses de recherche tol\u00e8rent une marge de d\u00e9viation contr\u00f4l\u00e9e, le basculement vers le contr\u00f4le du taux de fausses d\u00e9couvertes (<a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/False_discovery_rate\">False Discovery Rate<\/a> ou FDR), mod\u00e9lis\u00e9 par Yoav Benjamini et Yosef Hochberg en 1995, offre une souplesse remarquable. La proc\u00e9dure de Benjamini-Hochberg ne vise pas \u00e0 emp\u00eacher l&rsquo;\u00e9mergence du moindre faux positif, mais garantit que la proportion moyenne d&rsquo;erreurs parmi l&rsquo;ensemble total des tests d\u00e9clar\u00e9s significatifs demeure inf\u00e9rieure \u00e0 un seuil pr\u00e9d\u00e9termin\u00e9 <em>q<\/em> (habituellement 0,05). Cette strat\u00e9gie est fortement recommand\u00e9e dans les criblages psychologiques exploratoires ou les \u00e9tudes ph\u00e9notypiques \u00e9tendues.<\/p>\n<h2>5. Conditions d&rsquo;application et robustesse du test en psychologie<\/h2>\n<h3>5.1 Nature des donn\u00e9es et plan d&rsquo;\u00e9chantillonnage<\/h3>\n<p>La validit\u00e9 des conclusions tir\u00e9es de l&rsquo;ex\u00e9cution d&rsquo;un test de Dunn repose sur le respect scrupuleux d&rsquo;un ensemble de contraintes architecturales inh\u00e9rentes \u00e0 la mod\u00e9lisation statistique. En premier lieu, la variable ind\u00e9pendante (ou facteur de classification) doit \u00eatre de nature cat\u00e9gorielle et subdivis\u00e9e en au moins trois modalit\u00e9s mutuellement exclusives. Le plan d&rsquo;\u00e9chantillonnage doit obligatoirement \u00eatre un plan \u00e0 groupes ind\u00e9pendants (entre-sujets), ce qui exclut cat\u00e9goriquement l&rsquo;application directe du test de Dunn conventionnel \u00e0 des mesures r\u00e9p\u00e9t\u00e9es ou des plans intra-sujets (ces derniers requ\u00e9rant le test de Friedman assorti de comparaisons post-hoc adapt\u00e9es telles que la proc\u00e9dure de Conover ou le test de Nemenyi).<\/p>\n<p>En second lieu, la variable d\u00e9pendante doit \u00eatre mesur\u00e9e sur une \u00e9chelle au moins ordinale. Cette condition est particuli\u00e8rement favorable aux sciences du comportement o\u00f9 les inventaires cliniques g\u00e9n\u00e8rent des rangements quantitatifs sans que l&rsquo;on puisse math\u00e9matiquement prouver l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 des intervalles s\u00e9parant chaque \u00e9chelon de cotation. Le test de Dunn accepte indiff\u00e9remment des variables num\u00e9riques continues asym\u00e9triques ou des variables discr\u00e8tes \u00e0 granularit\u00e9 fine.<\/p>\n<p>Enfin, le postulat fondamental le plus intransigeant r\u00e9side dans l&rsquo;ind\u00e9pendance mutuelle stricte de l&rsquo;ensemble des observations. La s\u00e9lection d&rsquo;un individu dans un groupe ou la valeur prise par sa mesure ne doit exercer aucune influence stochastique sur la s\u00e9lection ou les scores des autres participants. Toute violation de l&rsquo;ind\u00e9pendance \u2014 comme le regroupement spatial de patients par centres hospitaliers ou le recrutement de fratries sans contr\u00f4le al\u00e9atoire \u2014 fausse radicalement la distribution des rangs et rend inapplicables les lois limites asymptotiques r\u00e9gissant l&rsquo;erreur type conjointe.<\/p>\n<h3>5.2 Forme des distributions et interpr\u00e9tation des m\u00e9dianes<\/h3>\n<p>L&rsquo;\u00e9valuation des profils distributionnels empiriques repr\u00e9sente une \u00e9tape d&rsquo;un grand raffinement analytique lors de l&rsquo;usage des m\u00e9thodes non param\u00e9triques. Si le test de Dunn est formellement libre de distribution (il ne pr\u00e9suppose pas la gaussianit\u00e9), sa s\u00e9mantique inf\u00e9rentielle d\u00e9pend intimement de la morphologie compar\u00e9e des densit\u00e9s de probabilit\u00e9 de chaque sous-population.<\/p>\n<p>Deux situations distinctes se pr\u00e9sentent au statisticien :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Cas de formes distributionnelles similaires :<\/strong> Si l&rsquo;inspection visuelle (via des histogrammes de densit\u00e9, des diagrammes en bo\u00eete ou des trac\u00e9s de type violon) confirme que les variances et les asym\u00e9tries sont approximativement superposables entre les groupes, le test de Dunn se comporte comme une comparaison robuste des m\u00e9dianes. L&rsquo;\u00e9cart entre les rangs moyens traduit alors directement un d\u00e9placement horizontal de la m\u00e9diane de la population.<\/li>\n<li><strong>Cas de formes distributionnelles h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes :<\/strong> Si les distributions pr\u00e9sentent des motifs de dissym\u00e9trie divergents, des \u00e9talements asym\u00e9triques ou des h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9s de variance prononc\u00e9es, le test de Dunn conserve toute sa validit\u00e9 math\u00e9matique, mais son interpr\u00e9tation ne peut en aucun cas \u00eatre restreinte \u00e0 une comparaison de m\u00e9dianes. Il est alors rigoureusement obligatoire d&rsquo;interpr\u00e9ter le test en termes d&rsquo;in\u00e9galit\u00e9s de rangs moyens ou de dominance stochastique globale (la tendance probabiliste des observations d&rsquo;un groupe \u00e0 \u00eatre syst\u00e9matiquement sup\u00e9rieures ou inf\u00e9rieures \u00e0 celles d&rsquo;un autre groupe).<\/li>\n<\/ul>\n<p>L&rsquo;analyste avis\u00e9 en psychologie doit syst\u00e9matiquement accompagner la publication des r\u00e9sultats du test de Dunn par la divulgation explicite de ces indicateurs morphologiques afin de ne pas induire en erreur le lecteur sur la nature pr\u00e9cise de la divergence mise au jour.<\/p>\n<h3>5.3 Sensibilit\u00e9 aux petits effectifs et donn\u00e9es d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9es<\/h3>\n<p>Sur le plan math\u00e9matique pur, la normalisation asymptotique de la statistique standardis\u00e9e <em>z<\/em> s&rsquo;appuie sur la loi de grands nombres et le th\u00e9or\u00e8me central limite. Par cons\u00e9quent, la question de la performance du test de Dunn face \u00e0 des \u00e9chantillons de dimensions restreintes constitue une pr\u00e9occupation m\u00e9thodologique centrale. Des \u00e9tudes de simulation de type Monte Carlo indiquent que la convergence vers la distribution gaussienne unitaire reste remarquablement stable d\u00e8s lors que la taille totale de l&rsquo;\u00e9chantillon <em>N<\/em> d\u00e9passe une vingtaine d&rsquo;individus et que chaque modalit\u00e9 exp\u00e9rimentale comporte au minimum 5 \u00e0 6 sujets.<\/p>\n<p>Lorsque les tailles d&rsquo;\u00e9chantillons chutent en de\u00e7\u00e0 de ces seuils critiques (par exemple dans le cadre d&rsquo;\u00e9tudes pilotes de pharmacologie comportementale o\u00f9 chaque condition n&rsquo;aligne que 3 ou 4 r\u00e9plicats), l&rsquo;utilisation des valeurs critiques de la loi normale standard induit un l\u00e9ger biais lib\u00e9ral. Dans ces configurations marginales, le recours \u00e0 des distributions exactes par permutation combinatoire est th\u00e9oriquement pr\u00e9f\u00e9rable, bien que le calcul exact devienne exponentiellement lourd sur le plan combinatoire.<\/p>\n<p>Concernant le probl\u00e8me des d\u00e9s\u00e9quilibres d&rsquo;effectifs entre les groupes (<em>unbalanced designs<\/em>), le test de Dunn se distingue par une robustesse exceptionnelle. Contrairement \u00e0 certaines m\u00e9thodes post-hoc param\u00e9triques qui souffrent lourdement de l&rsquo;h\u00e9t\u00e9rosc\u00e9dasticit\u00e9 combin\u00e9e \u00e0 des effectifs in\u00e9gaux, la formule de l&rsquo;erreur type <em>sigma_ij<\/em> pond\u00e8re express\u00e9ment les fractions <em>1 \/ n_i<\/em> et <em>1 \/ n_j<\/em>. Le test compense automatiquement le manque de pr\u00e9cision inh\u00e9rent aux sous-groupes clairsem\u00e9s en \u00e9largissant l&rsquo;erreur type du contraste concern\u00e9, \u00e9vitant ainsi l&rsquo;inflation non contr\u00f4l\u00e9e des rejets aberrants.<\/p>\n<h2>6. Protocole m\u00e9thodologique : D\u00e9roulement pas \u00e0 pas de l&rsquo;analyse<\/h2>\n<h3>6.1 \u00c9tape 1 : Rangement global et agr\u00e9gation des donn\u00e9es<\/h3>\n<p>Le d\u00e9clenchement formel de la proc\u00e9dure analytique d\u00e9bute par le rassemblement exhaustif des donn\u00e9es brutes issues des <em>k<\/em> groupes au sein d&rsquo;un vecteur unique de dimension <em>N<\/em>. L&rsquo;exp\u00e9rimentateur fait abstraction compl\u00e8te, \u00e0 ce stade, des \u00e9tiquettes de traitement et classe l&rsquo;ensemble des scores par ordre de grandeur croissant.<\/p>\n<p>Chaque observation re\u00e7oit un num\u00e9ro d&rsquo;ordre s\u00e9quentiel d\u00e9butant \u00e0 1 pour la valeur minimale jusqu&rsquo;\u00e0 <em>N<\/em> pour la valeur maximale. Lorsque plusieurs observations partagent une valeur num\u00e9rique identique, la proc\u00e9dure impose imp\u00e9rativement de leur attribuer le rang moyen des positions qu&rsquo;elles auraient occup\u00e9es si elles avaient \u00e9t\u00e9 distinctes. Par exemple, si trois sujets obtiennent le score identique de 42 points et occupent potentiellement les positions s\u00e9quentielles 8, 9 et 10, le rang \u00e9quitablement conf\u00e9r\u00e9 \u00e0 chacun d&rsquo;entre eux correspond \u00e0 :<\/p>\n<p><em>Rang = (8 + 9 + 10) \/ 3 = 27 \/ 3 = 9<\/em><\/p>\n<p>Une fois cette \u00e9tape de cotation achev\u00e9e, les donn\u00e9es sont \u00e0 nouveau ventil\u00e9es dans leurs groupes exp\u00e9rimentaux respectifs. L&rsquo;analyste proc\u00e8de alors au calcul de la somme des rangs par groupe (d\u00e9not\u00e9e <em>R_i<\/em>), puis \u00e0 l&rsquo;obtention des rangs moyens <em>R_bar_i = R_i \/ n_i<\/em>. La validit\u00e9 arithm\u00e9tique de cette premi\u00e8re \u00e9tape peut \u00eatre v\u00e9rifi\u00e9e par la propri\u00e9t\u00e9 suivante : la somme de tous les <em>R_i<\/em> doit \u00eatre exactement \u00e9gale \u00e0 <em>N * (N + 1) \/ 2<\/em>.<\/p>\n<h3>6.2 \u00c9tape 2 : Calcul des \u00e9carts de rangs moyens et des variances<\/h3>\n<p>La deuxi\u00e8me phase op\u00e9ratoire consiste \u00e0 construire la matrice diff\u00e9rentielle des contrastes bilat\u00e9raux. Pour chaque couple ordonn\u00e9 d&rsquo;\u00e9chantillons <em>(i, j)<\/em> avec <em>i &lt; j<\/em>, l&rsquo;exp\u00e9rimentateur extrait l&rsquo;\u00e9cart absolu ou relatif des rangs moyens :<\/p>\n<p><em>Delta_R_ij = R_bar_i &#8211; R_bar_j<\/em><\/p>\n<p>Simultan\u00e9ment, l&rsquo;analyste proc\u00e8de \u00e0 l&rsquo;\u00e9valuation du terme d&rsquo;ajustement pour valeurs ex-aequo. Il r\u00e9pertorie chaque grappe de n\u0153uds distributionnels, en d\u00e9nombre les occurrences <em>t_m<\/em>, et calcule la quantit\u00e9 corrective globale :<\/p>\n<p><em>C_noeuds = sum(t_m^3 &#8211; t_m) \/ (12 * (N &#8211; 1))<\/em><\/p>\n<p>L&rsquo;erreur type conjointe <em>sigma_ij<\/em> propre \u00e0 chaque contraste binaire est alors extraite selon la formule compl\u00e8te int\u00e9grant les effectifs sp\u00e9cifiques des deux groupes consid\u00e9r\u00e9s. Enfin, la division de l&rsquo;\u00e9cart arithm\u00e9tique par cette marge d&rsquo;erreur standard produit la matrice compl\u00e8te des statistiques <em>z_ij<\/em> standardis\u00e9es de Dunn.<\/p>\n<h3>6.3 \u00c9tape 3 : D\u00e9rivation des probabilit\u00e9s et application des corrections<\/h3>\n<p>La derni\u00e8re \u00e9tape op\u00e9ratoire est consacr\u00e9e au passage des grandeurs d&rsquo;\u00e9cart standardis\u00e9es aux probabilit\u00e9s critiques associ\u00e9es. Pour chaque valeur <em>z_ij<\/em> calcul\u00e9e, la probabilit\u00e9 unilat\u00e9rale sous la courbe de la distribution normale standard est obtenue \u00e0 l&rsquo;aide de la fonction de r\u00e9partition cumulative <em>Phi(z)<\/em> :<\/p>\n<p><em>p_unilat\u00e9rale = 1 &#8211; Phi(|z_ij|)<\/em><\/p>\n<p>Pour un test bilat\u00e9ral sym\u00e9trique standard, la valeur de probabilit\u00e9 brute (<em>two-tailed unadjusted p-value<\/em>) correspond au doublement de cette surface :<\/p>\n<p><em>p_brute_ij = 2 * [1 &#8211; Phi(|z_ij|)]<\/em><\/p>\n<p>\u00c0 ce stade, aucune inf\u00e9rence ne peut \u00eatre prononc\u00e9e sur la base de ces <em>p-valeurs<\/em> brutes sous peine de violer le contr\u00f4le du FWER. L&rsquo;algorithme de correction arr\u00eat\u00e9 au pr\u00e9alable dans le protocole de recherche (proc\u00e9dure s\u00e9quentielle de Holm ou de Bonferroni classique) est alors appliqu\u00e9 \u00e0 la famille compl\u00e8te des <em>c = k(k &#8211; 1) \/ 2<\/em> valeurs <em>p_brute_ij<\/em>. Les probabilit\u00e9s ajust\u00e9es finales <em>p_ajust\u00e9e_ij<\/em> sont ensuite directement confront\u00e9es au seuil nominal pr\u00e9d\u00e9fini (<em>alpha = 0,05<\/em>). Tout contraste dont la valeur <em>p<\/em> corrig\u00e9e demeure strictement inf\u00e9rieure \u00e0 0,05 atteste d&rsquo;une diff\u00e9rence stochastiquement significative entre les deux populations compar\u00e9es.<\/p>\n<h2>7. \u00c9tude de cas empirique en psychologie clinique et cognitive<\/h2>\n<h3>7.1 Contexte exp\u00e9rimental et mod\u00e9lisation des variables<\/h3>\n<p>Afin d&rsquo;illustrer la m\u00e9canique op\u00e9ratoire du test de Dunn par un exemple clinique concret, consid\u00e9rons un essai comparatif randomis\u00e9 men\u00e9 au sein d&rsquo;un service de psychopathologie hospitali\u00e8re. L&rsquo;investigation porte sur l&rsquo;\u00e9valuation de l&rsquo;efficacit\u00e9 comparative de trois strat\u00e9gies th\u00e9rapeutiques visant la r\u00e9duction des manifestations anxieuses chez des adultes souffrant d&rsquo;un Trouble Panique avec Agoraphobie s\u00e9v\u00e8re.<\/p>\n<p>Le protocole exp\u00e9rimental r\u00e9partit al\u00e9atoirement un \u00e9chantillon de <em>N = 24<\/em> patients au sein de trois bras d&rsquo;intervention distincts d&rsquo;effectifs \u00e9quilibr\u00e9s (<em>n = 8<\/em> participants par condition) :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Groupe 1 (TCC) :<\/strong> Th\u00e9rapie Cognitive et Comportementale focalis\u00e9e sur l&rsquo;exposition int\u00e9roceptive gradu\u00e9e et la restructuration cognitive.<\/li>\n<li><strong>Groupe 2 (MBSR) :<\/strong> Programme de R\u00e9duction du Stress Bas\u00e9e sur la Pleine Conscience (<em>Mindfulness-Based Stress Reduction<\/em>) centr\u00e9 sur la m\u00e9ditation attentionnelle.<\/li>\n<li><strong>Groupe 3 (Liste d&rsquo;attente \/ T\u00e9moin) :<\/strong> Condition de contr\u00f4le dans laquelle les patients b\u00e9n\u00e9ficient d&rsquo;un soutien psychologique non directif sans entra\u00eenement technique structur\u00e9.<\/li>\n<\/ul>\n<p>La variable d\u00e9pendante est constitu\u00e9e par le score composite mesur\u00e9 sur une \u00e9chelle psychom\u00e9trique standardis\u00e9e d&rsquo;\u00e9vitement agoraphobique (\u00e9chelonn\u00e9e de 0 \u00e0 100 points) au terme de 12 semaines de prise en charge. En raison de seuils planchers chez certains patients r\u00e9pondeurs et de blocages anxieux majeurs chez d&rsquo;autres, les distributions empiriques collect\u00e9es manifestent une asym\u00e9trie positive s\u00e9v\u00e8re et des variances in\u00e9gales, rendant caduque toute hypoth\u00e8se de distribution gaussienne.<\/p>\n<h3>7.2 R\u00e9sultats de l&rsquo;analyse omnibus pr\u00e9alable<\/h3>\n<p>Les donn\u00e9es brutes relev\u00e9es pour chaque groupe au terme des 12 semaines se pr\u00e9sentent comme suit :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>TCC (Groupe 1) :<\/strong> 14, 18, 19, 22, 25, 29, 34, 40<\/li>\n<li><strong>MBSR (Groupe 2) :<\/strong> 24, 28, 31, 36, 42, 45, 51, 58<\/li>\n<li><strong>T\u00e9moin (Groupe 3) :<\/strong> 48, 53, 56, 62, 65, 71, 74, 82<\/li>\n<\/ul>\n<p>La premi\u00e8re phase d&rsquo;analyse impose la v\u00e9rification omnibus par le test de Kruskal-Wallis. L&rsquo;agr\u00e9gation et le classement conjoint des 24 scores de l&rsquo;\u00e9chantillon conf\u00e8rent les rangs suivants :<\/p>\n<ul>\n<li>Groupe 1 (TCC) : rangs attribu\u00e9s = [1, 2, 3, 4, 6, 8, 10, 12]. Somme des rangs <em>R_1 = 46<\/em>. Rang moyen <em>R_bar_1 = 46 \/ 8 = 5,75<\/em>.<\/li>\n<li>Groupe 2 (MBSR) : rangs attribu\u00e9s = [5, 7, 9, 11, 13, 14, 16, 19]. Somme des rangs <em>R_2 = 94<\/em>. Rang moyen <em>R_bar_2 = 94 \/ 8 = 11,75<\/em>.<\/li>\n<li>Groupe 3 (T\u00e9moin) : rangs attribu\u00e9s = [15, 17, 18, 20, 21, 22, 23, 24]. Somme des rangs <em>R_3 = 160<\/em>. Rang moyen <em>R_bar_3 = 160 \/ 8 = 20,00<\/em>.<\/li>\n<\/ul>\n<p>V\u00e9rification de la somme globale : <em>46 + 94 + 160 = 300<\/em>. Formule th\u00e9orique : <em>24 * 25 \/ 2 = 300<\/em>. La balance arithm\u00e9tique est parfaite. En appliquant la formule de la statistique <em>H<\/em> de Kruskal-Wallis :<\/p>\n<p><em>H = [ 12 \/ (N * (N + 1)) ] * sum(R_i^2 \/ n_i) &#8211; 3 * (N + 1)<\/em><\/p>\n<p><em>H = [ 12 \/ (24 * 25) ] * [ (46^2 \/ 8) + (94^2 \/ 8) + (160^2 \/ 8) ] &#8211; 3 * 25<\/em><\/p>\n<p><em>H = [ 12 \/ 600 ] * [ 264,5 + 1104,5 + 3200,0 ] &#8211; 75<\/em><\/p>\n<p><em>H = 0,02 * 4569 &#8211; 75 = 91,38 &#8211; 75 = 16,38<\/em><\/p>\n<p>Avec <em>k &#8211; 1 = 3 &#8211; 1 = 2<\/em> degr\u00e9s de libert\u00e9, la probabilit\u00e9 critique asymptotique associ\u00e9e \u00e0 une valeur de Chi-deux de 16,38 est <em>p = 0,00028<\/em>. L&rsquo;effet omnibus \u00e9tant hautement significatif (<em>p &lt; 0,001<\/em>), l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle globale d&rsquo;\u00e9quivalence des trois traitements est r\u00e9fut\u00e9e. Le passage aux comparaisons multiples post-hoc par le test de Dunn est donc pleinement l\u00e9gitim\u00e9.<\/p>\n<h3>7.3 Application manuelle d\u00e9taill\u00e9e du test de Dunn<\/h3>\n<p>Dans ce jeu de donn\u00e9es, aucune valeur n&rsquo;\u00e9tant ex-aequo, la formule canonique sans terme r\u00e9ducteur s&rsquo;applique pour le calcul de l&rsquo;erreur type. Les effectifs \u00e9tant parfaitement \u00e9quilibr\u00e9s (<em>n_1 = n_2 = n_3 = 8<\/em>), l&rsquo;erreur type <em>sigma<\/em> est invariante pour l&rsquo;ensemble des trois comparaisons par paires :<\/p>\n<p><em>sigma = sqrt( [ (N * (N + 1)) \/ 12 ] * [ (1 \/ 8) + (1 \/ 8) ] )<\/em><\/p>\n<p><em>sigma = sqrt( [ (24 * 25) \/ 12 ] * [ 2 \/ 8 ] ) = sqrt( [ 600 \/ 12 ] * 0,25 ) = sqrt( 50 * 0,25 ) = sqrt( 12,5 ) approx 3,5355<\/em><\/p>\n<p>Proc\u00e9dons d\u00e9sormais \u00e0 l&rsquo;estimation des statistiques <em>z<\/em> et des probabilit\u00e9s pour chaque contraste :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Comparaison 1 : TCC versus MBSR (Groupe 1 vs Groupe 2)<\/strong><br \/>\n    <em>Delta_R_12 = |5,75 &#8211; 11,75| = 6,00<\/em><br \/>\n    <em>z_12 = 6,00 \/ 3,5355 = 1,697<\/em><br \/>\n    La probabilit\u00e9 bilat\u00e9rale issue de la table de la loi normale est <em>p_brute = 2 * (1 &#8211; Phi(1,697)) = 0,0897<\/em>.<\/li>\n<li><strong>Comparaison 2 : MBSR versus T\u00e9moin (Groupe 2 vs Groupe 3)<\/strong><br \/>\n    <em>Delta_R_23 = |11,75 &#8211; 20,00| = 8,25<\/em><br \/>\n    <em>z_23 = 8,25 \/ 3,5355 = 2,333<\/em><br \/>\n    La probabilit\u00e9 bilat\u00e9rale correspondante est <em>p_brute = 2 * (1 &#8211; Phi(2,333)) = 0,0196<\/em>.<\/li>\n<li><strong>Comparaison 3 : TCC versus T\u00e9moin (Groupe 1 vs Groupe 3)<\/strong><br \/>\n    <em>Delta_R_13 = |5,75 &#8211; 20,00| = 14,25<\/em><br \/>\n    <em>z_13 = 14,25 \/ 3,5355 = 4,031<\/em><br \/>\n    La probabilit\u00e9 bilat\u00e9rale associ\u00e9e est <em>p_brute = 2 * (1 &#8211; Phi(4,031)) = 0,000055<\/em> (soit <em>p &lt; 0,0001<\/em>).<\/li>\n<\/ul>\n<p>Appliquons \u00e0 pr\u00e9sent la m\u00e9thode s\u00e9quentielle de Holm pour ajuster les probabilit\u00e9s sur les <em>c = 3<\/em> comparaisons ordonn\u00e9es de la plus petite \u00e0 la plus grande :<\/p>\n<ol>\n<li>Contraste TCC vs T\u00e9moin : <em>p_brute = 0,000055<\/em>. Le seuil de d\u00e9cision est <em>0,05 \/ (3 &#8211; 1 + 1) = 0,05 \/ 3 = 0,0167<\/em>. Comme <em>0,000055 &lt; 0,0167<\/em>, le contraste est statistiquement hautement significatif (<em>p_ajust\u00e9e = 0,000055 * 3 = 0,000165<\/em>).<\/li>\n<li>Contraste MBSR vs T\u00e9moin : <em>p_brute = 0,0196<\/em>. Le seuil de d\u00e9cision suivant est <em>0,05 \/ (3 &#8211; 2 + 1) = 0,05 \/ 2 = 0,0250<\/em>. Comme <em>0,0196 &lt; 0,0250<\/em>, le contraste est \u00e9galement significatif au seuil conventionnel (<em>p_ajust\u00e9e = 0,0196 * 2 = 0,0392<\/em>).<\/li>\n<li>Contraste TCC vs MBSR : <em>p_brute = 0,0897<\/em>. Le seuil de d\u00e9cision final est <em>0,05 \/ (3 &#8211; 3 + 1) = 0,05 \/ 1 = 0,0500<\/em>. Comme <em>0,0897 &gt; 0,0500<\/em>, ce contraste n&rsquo;atteint pas le seuil de significativit\u00e9 statistique (<em>p_ajust\u00e9e = 0,0897 * 1 = 0,0897<\/em>).<\/li>\n<\/ol>\n<p>Sur le plan de l&rsquo;interpr\u00e9tation clinique, l&rsquo;analyse r\u00e9v\u00e8le avec rigueur que les deux approches actives (TCC et MBSR) induisent une diminution stochastiquement significative des conduites d&rsquo;\u00e9vitement agoraphobique par rapport au groupe t\u00e9moin en liste d&rsquo;attente. En revanche, les donn\u00e9es recueillies ne permettent pas de conclure \u00e0 une sup\u00e9riorit\u00e9 statistique formelle de la TCC sur le programme MBSR \u00e0 ce stade de l&rsquo;investigation clinique.<\/p>\n<h2>8. Impl\u00e9mentation informatique avanc\u00e9e avec le langage R<\/h2>\n<h3>8.1 Utilisation du package d\u00e9di\u00e9 &lsquo;dunn.test&rsquo;<\/h3>\n<p>Au sein de l&rsquo;environnement de programmation statistique R, le package sp\u00e9cialis\u00e9 <code>dunn.test<\/code> d\u00e9velopp\u00e9 par Alexis Dinno constitue l&rsquo;une des impl\u00e9mentations les plus r\u00e9put\u00e9es et fid\u00e8les \u00e0 la formulation analytique originelle d&rsquo;Olive Jean Dunn. Disponible sur le d\u00e9p\u00f4t officiel du <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/cran.r-project.org\/\">CRAN<\/a>, cette biblioth\u00e8que a \u00e9t\u00e9 optimis\u00e9e pour int\u00e9grer d&rsquo;office la correction des valeurs ex-aequo ainsi qu&rsquo;une large palette d&rsquo;ajustements probabilistes simultan\u00e9s.<\/p>\n<p>L&rsquo;appel de la fonction principale s&rsquo;effectue au travers de la syntaxe vectorielle standard :<\/p>\n<p><code>dunn.test(x = scores, g = groupes, method = \"holm\")<\/code><\/p>\n<p>L&rsquo;argument <code>method<\/code> accepte diverses directives param\u00e9triques telles que <code>\"bonferroni\"<\/code>, <code>\"holm\"<\/code>, <code>\"bh\"<\/code> (Benjamini-Hochberg), <code>\"sidak\"<\/code> ou <code>\"none\"<\/code> si l&rsquo;on souhaite inspecter les p-valeurs brutes non ajust\u00e9es. L&rsquo;argument bool\u00e9en <code>kw = TRUE<\/code> permet d&rsquo;afficher conjointement dans la console les r\u00e9sultats complets du test omnibus de Kruskal-Wallis en amont de la matrice post-hoc.<\/p>\n<p>La sortie g\u00e9n\u00e9r\u00e9e dans la console R structure les r\u00e9sultats sous la forme d&rsquo;un tableau triangulaire lisible comprenant les statistiques <em>z<\/em> calcul\u00e9es pour chaque paire, suivies de la probabilit\u00e9 ajust\u00e9e correspondante. Cette fonction pr\u00e9sente \u00e9galement l&rsquo;int\u00e9r\u00eat p\u00e9dagogique d&rsquo;indiquer explicitement dans sa sortie le nombre total de liens d\u00e9tect\u00e9s au sein du vecteur de donn\u00e9es et le coefficient correcteur appliqu\u00e9 \u00e0 la variance.<\/p>\n<h3>8.2 Int\u00e9gration au sein de l&rsquo;\u00e9cosyst\u00e8me Tidyverse et rstatix<\/h3>\n<p>Pour les praticiens travaillant selon les canons contemporains de la programmation fonctionnelle et de la science des donn\u00e9es sous R, l&rsquo;inclusion du test de Dunn dans les cha\u00eenes de traitement (\u00ab pipelines \u00bb) articul\u00e9es autour du m\u00e9tapackage <code>tidyverse<\/code> repr\u00e9sente un atout op\u00e9rationnel majeur. Le package <code>rstatix<\/code>, d\u00e9velopp\u00e9 par Alboukadel Kassambara, propose une enveloppe particuli\u00e8rement ergonomique parfaitement compatible avec les structures d&rsquo;objets tabulaires <code>tibble<\/code>.<\/p>\n<p>La fonction <code>dunn_test()<\/code> s&rsquo;ex\u00e9cute \u00e0 l&rsquo;aide de l&rsquo;op\u00e9rateur de tuyau (pipe) :<\/p>\n<p><code>resultats &lt;- donnees %&gt;% dunn_test(score ~ groupe, p.adjust.method = \"holm\")<\/code><\/p>\n<p>Cette approche moderne renvoie directement un tableau de donn\u00e9es structur\u00e9 o\u00f9 chaque ligne repr\u00e9sente une comparaison sp\u00e9cifique par paire. La table inclut nativement les colonnes d\u00e9signant les deux groupes mis en regard (<code>group1<\/code>, <code>group2<\/code>), les effectifs respectifs (<code>n1<\/code>, <code>n2<\/code>), la statistique d&rsquo;\u00e9cart standardis\u00e9 (<code>statistic<\/code>), la p-valeur brute (<code>p<\/code>) et la p-valeur ajust\u00e9e (<code>p.adj<\/code>), compl\u00e9t\u00e9es par les symboles de significativit\u00e9 conventionnels (<code>p.adj.signif<\/code>).<\/p>\n<p>Un autre b\u00e9n\u00e9fice d\u00e9terminant de cette int\u00e9gration r\u00e9side dans la possibilit\u00e9 de coupler imm\u00e9diatement le test post-hoc \u00e0 la fonction <code>kruskal_effsize()<\/code> de <code>rstatix<\/code>. Cette commande permet de quantifier l&rsquo;amplitude de l&rsquo;effet omnibus par le biais de l&rsquo;\u00eata-carr\u00e9 bas\u00e9 sur le rang (<em>eta2[H]<\/em>), offrant ainsi une synth\u00e8se m\u00e9trologique exhaustive requise par les comit\u00e9s de lecture des revues internationales de premier rang.<\/p>\n<h3>8.3 Visualisation graphique des comparaisons significatives<\/h3>\n<p>La communication scientifique moderne exige une restitution graphique fluide et imm\u00e9diatement compr\u00e9hensible des r\u00e9sultats inf\u00e9rentiels. L&rsquo;articulation entre les packages <code>ggplot2<\/code> et <code>ggpubr<\/code> offre une passerelle directe pour superposer les contrastes post-hoc de Dunn sur des visualisations distributionnelles \u00e9l\u00e9gantes.<\/p>\n<p>La pratique recommand\u00e9e consiste \u00e0 construire un diagramme combinant un trac\u00e9 en bo\u00eete \u00e0 moustaches (<em>boxplot<\/em>) avec une dispersion int\u00e9grale des points individuels (<em>jitter<\/em>) afin de pr\u00e9server la visibilit\u00e9 de la morphologie non gaussienne des distributions empiriques :<\/p>\n<p><code>p &lt;- ggboxplot(donnees, x = \"groupe\", y = \"score\", color = \"groupe\", palette = \"jco\", add = \"jitter\")<\/code><\/p>\n<p>La table d&rsquo;inf\u00e9rence issue de la fonction <code>dunn_test()<\/code> peut alors \u00eatre format\u00e9e pour alimenter la fonction <code>stat_pvalue_manual()<\/code>. Cette m\u00e9thode permet de dessiner automatiquement au-dessus des bo\u00eetes de dispersion les crochets horizontaux de comparaison reliant les paires de groupes significatives, accompagn\u00e9s des ast\u00e9risques de significativit\u00e9 ou de la valeur num\u00e9rique exacte de <em>p_ajust\u00e9e<\/em> :<\/p>\n<p><code>p + stat_pvalue_manual(resultats, label = \"p.adj.signif\", y.position = c(75, 85, 95))<\/code><\/p>\n<p>Cette visualisation synth\u00e9tique permet au lecteur d&rsquo;appr\u00e9hender d&rsquo;un seul regard \u00e0 la fois la dispersion empirique ordinale, le d\u00e9calage de localisation entre les conditions exp\u00e9rimentales et le verdict des d\u00e9cisions statistiques apr\u00e8s contr\u00f4le de l&rsquo;erreur globale.<\/p>\n<h2>9. Application avec Python, SPSS et JASP<\/h2>\n<h3>9.1 Ex\u00e9cution sous Python avec Scikit-posthocs<\/h3>\n<p>Dans l&rsquo;\u00e9cosyst\u00e8me Python orient\u00e9 vers la science des donn\u00e9es et l&rsquo;apprentissage automatique, l&rsquo;analyse statistique non param\u00e9trique s&rsquo;appuie sur la compl\u00e9mentarit\u00e9 entre la biblioth\u00e8que scientifique <code>scipy.stats<\/code> et le package sp\u00e9cialis\u00e9 <code>scikit-posthocs<\/code>. Alors que le module <code>scipy.stats.kruskal()<\/code> permet d&rsquo;ex\u00e9cuter l&rsquo;analyse omnibus pr\u00e9liminaire, <code>scikit-posthocs<\/code> comble le vide laiss\u00e9 par la biblioth\u00e8que standard en fournissant les fonctions post-hoc d\u00e9di\u00e9es.<\/p>\n<p>La fonction <code>posthoc_dunn()<\/code> s&rsquo;applique directement sur un tableau de donn\u00e9es structur\u00e9 sous forme de DataFrame <code>pandas<\/code> :<\/p>\n<p><code>import scikit_posthocs as sp<br \/>matrice_p = sp.posthoc_dunn(df, val_col='score', group_col='groupe', p_adjust='holm')<\/code><\/p>\n<p>Cette impl\u00e9mentation retourne une matrice sym\u00e9trique contenant l&rsquo;ensemble des p-valeurs ajust\u00e9es croisant toutes les modalit\u00e9s de la variable d&rsquo;int\u00e9r\u00eat. Pour enrichir la restitution visuelle de ces matrices parfois complexes \u00e0 interpr\u00e9ter dans le cadre de designs multigroupes \u00e9tendus, <code>scikit-posthocs<\/code> fournit la fonction graphique <code>sp.sign_plot(matrice_p)<\/code>.<\/p>\n<p>Cette commande g\u00e9n\u00e8re une carte thermique d&rsquo;intervalles (<em>heatmap<\/em>) repr\u00e9sentant par un code couleur bicolore distinct les contrastes statistiquement significatifs face aux contrastes non significatifs. L&rsquo;int\u00e9gration de ces outils au sein d&rsquo;environnements interactifs tels que Jupyter Notebooks ou Google Colab garantit un flux de travail transparent, reproductible et document\u00e9 pour l&rsquo;ensemble du protocole d&rsquo;analyse.<\/p>\n<h3>9.2 Navigation et param\u00e9trage dans IBM SPSS Statistics<\/h3>\n<p>Dans le logiciel propri\u00e9taire <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/www.ibm.com\/fr-fr\/products\/spss-statistics\">IBM SPSS Statistics<\/a>, le test de Dunn est int\u00e9gr\u00e9 de mani\u00e8re native au sein de la nouvelle architecture modulaire des tests non param\u00e9triques pour \u00e9chantillons ind\u00e9pendants (introduite \u00e0 partir de la version 18 et perfectionn\u00e9e dans les versions ult\u00e9rieures).<\/p>\n<p>Pour d\u00e9clencher la proc\u00e9dure au sein de l&rsquo;interface graphique standard, la navigation logicielle s&rsquo;organise selon le parcours suivant :<\/p>\n<ol>\n<li>D\u00e9rouler le menu principal : <em>Analyse &gt; Tests non param\u00e9triques &gt; \u00c9chantillons ind\u00e9pendants<\/em>.<\/li>\n<li>Dans l&rsquo;onglet <em>Champs<\/em>, basculer la variable quantitative d\u00e9pendante dans l&rsquo;encadr\u00e9 <em>Champs de test<\/em>, puis assigner le facteur cat\u00e9goriel dans l&rsquo;encadr\u00e9 <em>Groupes<\/em>.<\/li>\n<li>Dans l&rsquo;onglet <em>Param\u00e8tres<\/em>, cocher la case d&rsquo;option <em>Personnaliser les tests<\/em>, puis s\u00e9lectionner sp\u00e9cifiquement l&rsquo;analyse univari\u00e9e <em>ANOVA \u00e0 un facteur de Kruskal-Wallis (\u00e9chantillons <em>k<\/em>)<\/em>.<\/li>\n<li>Dans le menu d\u00e9roulant sous-jacent consacr\u00e9 aux comparaisons multiples, s\u00e9lectionner l&rsquo;option <em>Toutes par paires<\/em>.<\/li>\n<\/ol>\n<p>Dans ses fen\u00eatres de visualisation interactive (<em>Model Viewer<\/em>), SPSS g\u00e9n\u00e8re automatiquement l&rsquo;analyse post-hoc de Dunn d\u00e8s lors que le test global de Kruskal-Wallis est significatif. Le logiciel produit un tableau exhaustif pr\u00e9sentant les \u00e9carts de rangs moyens bruts, l&rsquo;erreur type, la statistique standardis\u00e9e <em>z<\/em>, la p-valeur brute et la p-valeur ajust\u00e9e par la m\u00e9thode s\u00e9quentielle de Bonferroni. SPSS fournit en outre un diagramme de dispersion des rangs moyens reliant visuellement les groupes par des lignes color\u00e9es dont l&rsquo;\u00e9paisseur mat\u00e9rialise la significativit\u00e9 du contraste.<\/p>\n<h3>9.3 Approche interactive dans JASP et Jamovi<\/h3>\n<p>L&rsquo;essor des logiciels statistiques libres et ouverts \u00e0 interface graphique moderne, tels que <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/jasp-stats.org\/\">JASP<\/a> (soutenu par l&rsquo;Universit\u00e9 d&rsquo;Amsterdam) et Jamovi, a r\u00e9volutionn\u00e9 l&rsquo;accessibilit\u00e9 des analyses statistiques rigoureuses pour les \u00e9tudiants et chercheurs en sciences humaines. Ces deux plateformes ont pour point commun d&rsquo;int\u00e9grer une liaison dynamique directe entre les r\u00e9glages d&rsquo;options et l&rsquo;affichage des sorties au format acad\u00e9mique standardis\u00e9.<\/p>\n<p>Dans JASP, l&rsquo;utilisateur s\u00e9lectionne le module <em>ANOVA &gt; ANOVA non param\u00e9trique (Test de Kruskal-Wallis)<\/em>. Apr\u00e8s avoir gliss\u00e9 les variables d&rsquo;int\u00e9r\u00eat dans les champs respectifs, une case \u00e0 cocher sp\u00e9cifique intitul\u00e9e <em>Comparaisons de Dunn (Dunn&rsquo;s post-hoc test)<\/em> devient accessible. L&rsquo;interface offre alors un choix direct entre plusieurs modes de r\u00e9gulation de l&rsquo;erreur : Bonferroni, Holm ou aucune correction.<\/p>\n<p>L&rsquo;un des avantages consid\u00e9rables de JASP et Jamovi r\u00e9side dans la pr\u00e9sentation instantan\u00e9e des r\u00e9sultats au sein d&rsquo;un tableau directement typographi\u00e9 selon les normes de l&rsquo;American Psychological Association (normes APA 7e \u00e9dition). Ce tableau fournit les statistiques de test, le rang moyen de chaque modalit\u00e9, les degr\u00e9s de libert\u00e9, ainsi que les probabilit\u00e9s exactes pr\u00eates \u00e0 \u00eatre export\u00e9es par copier-coller dans un traitement de texte, limitant radicalement le risque d&rsquo;erreur de saisie manuelle lors de la r\u00e9daction d&rsquo;un manuscrit scientifique.<\/p>\n<h2>10. Analyse comparative : Dunn versus alternatives non param\u00e9triques<\/h2>\n<h3>10.1 Test de Dunn versus tests de Wilcoxon-Mann-Whitney r\u00e9p\u00e9t\u00e9s<\/h3>\n<p>Une pratique m\u00e9thodologique erron\u00e9e encore trop fr\u00e9quemment observ\u00e9e dans la litt\u00e9rature biom\u00e9dicale et psychologique consiste \u00e0 contourner le test de Dunn en effectuant une cascade de tests de Wilcoxon-Mann-Whitney distincts sur chaque sous-paire de groupes, assortis ensuite d&rsquo;une correction de Bonferroni. Cette approche \u00ab bricol\u00e9e \u00bb proc\u00e8de d&rsquo;une incompr\u00e9hension profonde des propri\u00e9t\u00e9s alg\u00e9briques de l&rsquo;inf\u00e9rence bas\u00e9e sur les rangs.<\/p>\n<p>La diff\u00e9rence fondamentale entre les deux strat\u00e9gies r\u00e9side dans l&rsquo;espace de d\u00e9finition des rangs :<\/p>\n<ul>\n<li>Le <strong>test de Wilcoxon-Mann-Whitney r\u00e9p\u00e9t\u00e9<\/strong> proc\u00e8de \u00e0 un reclassement isol\u00e9 des observations des deux seuls groupes consid\u00e9r\u00e9s lors de chaque test binaire. L&rsquo;ensemble des sujets appartenant aux <em>k &#8211; 2<\/em> autres modalit\u00e9s exp\u00e9rimentales est enti\u00e8rement exclu de l&rsquo;\u00e9chantillon de calcul. Ce faisant, l&rsquo;information contextuelle globale apport\u00e9e par l&rsquo;ensemble du dispositif exp\u00e9rimental est d\u00e9truite.<\/li>\n<li>Le <strong>test de Dunn<\/strong>, quant \u00e0 lui, conserve rigoureusement le rang conjoint unifi\u00e9 <em>R<\/em> attribu\u00e9 \u00e0 chaque observation au sein de la cohorte totale des <em>N<\/em> participants lors du test de Kruskal-Wallis pr\u00e9alable. La variance du d\u00e9nominateur int\u00e8gre donc la dispersion globale de l&rsquo;ensemble des groupes d&rsquo;\u00e9tude.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Cette divergence conceptuelle entra\u00eene des r\u00e9percussions concr\u00e8tes. La r\u00e9p\u00e9tition de tests de Mann-Whitney isol\u00e9s produit des estimateurs de variance instables qui varient anarchiquement d&rsquo;une paire \u00e0 l&rsquo;autre en ignorant le niveau de bruit global. De surcro\u00eet, elle peut g\u00e9n\u00e9rer des contradictions logiques majeures : un contraste peut \u00eatre d\u00e9clar\u00e9 significatif en sous-\u00e9chantillon isol\u00e9 tout en \u00e9tant totalement contredit par la structure omnibus globale. Le test de Dunn garantit une coh\u00e9rence interne parfaite entre le test pr\u00e9liminaire de Kruskal-Wallis et les contrastes locaux, ce qui en fait le seul prolongement post-hoc math\u00e9matiquement irr\u00e9prochable.<\/p>\n<h3>10.2 Comparaison avec la proc\u00e9dure de Conover-Iman<\/h3>\n<p>Une alternative non param\u00e9trique majeure au test de Dunn a \u00e9t\u00e9 th\u00e9oris\u00e9e par W. J. Conover et Ronald L. Iman en 1979. La m\u00e9thode de Conover-Iman repose sur un principe diff\u00e9rent : elle propose d&rsquo;appliquer la logique du test post-hoc param\u00e9trique LSD (<em>Least Significant Difference<\/em>) de Fisher directement sur les rangs conjoints issus de l&rsquo;\u00e9tape de Kruskal-Wallis.<\/p>\n<p>Sur le plan math\u00e9matique, alors que la statistique de Dunn est standardis\u00e9e sous la forme d&rsquo;un score <em>z<\/em> distribu\u00e9 asymptotiquement selon une loi normale centr\u00e9e r\u00e9duite, la statistique de Conover-Iman \u00e9value l&rsquo;\u00e9cart entre rangs moyens \u00e0 l&rsquo;aide d&rsquo;une statistique de type <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Test_de_Student\">Student<\/a> <em>t<\/em> comportant <em>N &#8211; k<\/em> degr\u00e9s de libert\u00e9. La variance r\u00e9siduelle au d\u00e9nominateur est directement d\u00e9riv\u00e9e de la somme des carr\u00e9s r\u00e9siduelle des rangs calcul\u00e9e sur l&rsquo;ensemble de l&rsquo;\u00e9chantillon.<\/p>\n<p>En termes de performance statistique compar\u00e9e, la proc\u00e9dure de Conover-Iman fait preuve d&rsquo;une puissance statistique empirique marginalement sup\u00e9rieure \u00e0 celle du test de Dunn dans de nombreux sc\u00e9narios de simulation. Cette puissance accrue d\u00e9coule de l&rsquo;usage des degr\u00e9s de libert\u00e9 de l&rsquo;analyse globale. N\u00e9anmoins, cet avantage s&rsquo;accompagne d&rsquo;une sensibilit\u00e9 plus forte aux l\u00e9g\u00e8res violations de l&rsquo;homosc\u00e9dasticit\u00e9 des rangs. Le test de Dunn demeure plus conservateur et offre une robustesse sup\u00e9rieure lorsque les effectifs par groupe sont mod\u00e9r\u00e9ment h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes.<\/p>\n<h3>10.3 Crit\u00e8res de s\u00e9lection statistique selon les caract\u00e9ristiques des donn\u00e9es<\/h3>\n<p>Face \u00e0 la panoplie des proc\u00e9dures post-hoc non param\u00e9triques disponibles, le chercheur doit fonder son choix sur des crit\u00e8res m\u00e9thodologiques objectifs et reproductibles. Le tableau suivant synth\u00e9tise les recommandations de s\u00e9lection en fonction des caract\u00e9ristiques structurelles du jeu de donn\u00e9es :<\/p>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Caract\u00e9ristique des donn\u00e9es<\/th>\n<th>Proc\u00e9dure recommand\u00e9e<\/th>\n<th>Justification statistique<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Pr\u00e9sence massive d&rsquo;observations ex-aequo (donn\u00e9es ordinales discr\u00e8tes, Likert courte)<\/td>\n<td><strong>Test de Dunn<\/strong> avec correction pour ex-aequo<\/td>\n<td>Ajustement explicite du d\u00e9nominateur neutralisant le biais d&rsquo;\u00e9crasement de variance.<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Tailles de groupes fortement in\u00e9gales (<em>unbalanced designs<\/em>)<\/td>\n<td><strong>Test de Dunn<\/strong><\/td>\n<td>Pond\u00e9ration individualis\u00e9e des effectifs <em>1\/n_i + 1\/n_j<\/em> dans l&rsquo;erreur type.<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>\u00c9chantillons continus avec variances de rangs homog\u00e8nes et besoin de puissance<\/td>\n<td><strong>Proc\u00e9dure de Conover-Iman<\/strong><\/td>\n<td>Exploitation optimale des <em>N &#8211; k<\/em> degr\u00e9s de libert\u00e9 r\u00e9siduels.<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Plan exp\u00e9rimental \u00e0 mesures r\u00e9p\u00e9t\u00e9es (intra-sujets, apr\u00e8s test de Friedman)<\/td>\n<td><strong>Test de Nemenyi<\/strong> ou <strong>Wilcoxon appari\u00e9 ajust\u00e9<\/strong><\/td>\n<td>Le test de Dunn standard est strictement invalide pour les observations d\u00e9pendantes.<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>La r\u00e8gle empirique dominante commande ainsi de privil\u00e9gier syst\u00e9matiquement le test de Dunn d\u00e8s lors que la structure d&rsquo;\u00e9chantillonnage s&rsquo;\u00e9loigne de l&rsquo;id\u00e9al th\u00e9orique \u00e9quilibr\u00e9 et sans ex-aequo.<\/p>\n<h2>11. Rapport des r\u00e9sultats et normes de pr\u00e9sentation acad\u00e9mique (APA)<\/h2>\n<h3>11.1 Formulation textuelle selon la 7e \u00e9dition des normes APA<\/h3>\n<p>La restitution \u00e9ditoriale des r\u00e9sultats d&rsquo;une analyse statistique doit se conformer aux prescriptions m\u00e9thodologiques de l&rsquo;<a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/apastyle.apa.org\/\">American Psychological Association<\/a> (APA 7e \u00e9dition). La formulation textuelle doit imp\u00e9rativement articuler l&rsquo;exposition s\u00e9quentielle du test omnibus de Kruskal-Wallis, la justification explicite du post-hoc retenu, le type de correction alpha adopt\u00e9, ainsi que les grandeurs descriptives et inf\u00e9rentielles de chaque comparaison binaire.<\/p>\n<p>Les indicateurs descriptifs prioritaires en analyse non param\u00e9trique sont la m\u00e9diane (<em>Mdn<\/em>) coupl\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9cart interquartile (<em>IQR<\/em>), compl\u00e9t\u00e9s express\u00e9ment par le rang moyen de chaque modalit\u00e9. Il convient de proscrire la pr\u00e9sentation exclusive des moyennes arithm\u00e9tiques et des \u00e9carts-types, ces m\u00e9triques \u00e9tant contradictoires avec le recours \u00e0 une inf\u00e9rence sur les rangs.<\/p>\n<p>Un mod\u00e8le de r\u00e9daction acad\u00e9mique standardis\u00e9e peut \u00eatre formul\u00e9 ainsi dans la section R\u00e9sultats d&rsquo;un manuscrit :<\/p>\n<p><em>\u00ab Une analyse de variance non param\u00e9trique de Kruskal-Wallis \u00e0 un facteur a \u00e9t\u00e9 conduite afin d&rsquo;\u00e9valuer l&rsquo;impact des approches th\u00e9rapeutiques sur les scores d&rsquo;\u00e9vitement agoraphobique. L&rsquo;analyse r\u00e9v\u00e8le une divergence stochastique globale hautement significative entre les trois groupes exp\u00e9rimentaux, H(2) = 16,38, p &lt; ,001, avec une taille d&rsquo;effet mod\u00e9r\u00e9ment \u00e9lev\u00e9e, eta2[H] = 0,68. Des comparaisons multiples post-hoc ont \u00e9t\u00e9 subs\u00e9quemment r\u00e9alis\u00e9es au moyen du test de Dunn avec ajustement du taux d&rsquo;erreur par la proc\u00e9dure descendante de Holm. Les analyses par paires d\u00e9montrent que les patients ayant suivi la TCC (Mdn = 20,50, IQR = 9,25, rang moyen = 5,75) pr\u00e9sentent des scores d&rsquo;\u00e9vitement significativement plus faibles que les sujets du groupe t\u00e9moin (Mdn = 63,50, IQR = 18,00, rang moyen = 20,00), z = 4,03, p_ajust\u00e9e &lt; ,001. De m\u00eame, les participants du protocole MBSR (Mdn = 39,00, IQR = 17,25, rang moyen = 11,75) manifestent une r\u00e9duction d&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 significativement sup\u00e9rieure aux t\u00e9moins, z = 2,33, p_ajust\u00e9e = ,039. En revanche, aucune diff\u00e9rence statistiquement significative n&rsquo;a pu \u00eatre mise en \u00e9vidence entre la TCC et le protocole MBSR apr\u00e8s contr\u00f4le du FWER, z = 1,70, p_ajust\u00e9e = ,090. \u00bb<\/em><\/p>\n<h3>11.2 Conception de tableaux r\u00e9capitulatifs pour publications<\/h3>\n<p>Lorsque le dispositif exp\u00e9rimental incorpore un nombre \u00e9lev\u00e9 de modalit\u00e9s (par exemple 4, 5 conditions ou plus), l&rsquo;\u00e9num\u00e9ration textuelle de l&rsquo;ensemble des contrastes devient lourde pour le lecteur. L&rsquo;insertion d&rsquo;un tableau synth\u00e9tique au format APA s&rsquo;av\u00e8re alors la solution de communication la plus professionnelle.<\/p>\n<p>Un tableau acad\u00e9mique rigoureux pour le test de Dunn doit structurer l&rsquo;information selon les axes suivants :<\/p>\n<ul>\n<li>\u00c9num\u00e9rer en lignes les groupes exp\u00e9rimentaux avec leurs effectifs <em>n<\/em> respectifs.<\/li>\n<li>Fournir les indicateurs statistiques descriptifs ordinaux complets : M\u00e9diane, 1er quartile (Q1), 3e quartile (Q3), ainsi que le Rang Moyen (<em>Mean Rank<\/em>).<\/li>\n<li>Faire figurer une matrice triangulaire des statistiques de test <em>z<\/em> et de leurs probabilit\u00e9s ajust\u00e9es associ\u00e9es en pr\u00e9cisant la m\u00e9thode sous le tableau.<\/li>\n<li>Utiliser la convention typographique des lettres en exposant (<em>compact letter display<\/em>) : les groupes partageant une m\u00eame lettre en indice ne diff\u00e8rent pas de mani\u00e8re statistiquement significative au seuil alpha retenu.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Cette organisation visuelle condense en un espace \u00e9ditorial restreint l&rsquo;int\u00e9gralit\u00e9 de l&rsquo;information math\u00e9matique, facilitant le travail d&rsquo;\u00e9valuation des relecteurs (<em>peer-reviewers<\/em>) et des m\u00e9ta-analystes.<\/p>\n<h3>11.3 Transparence m\u00e9thodologique et pratiques de science ouverte<\/h3>\n<p>L&rsquo;av\u00e8nement des standards de la <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/www.cos.io\/\">Science Ouverte<\/a> (<em>Open Science<\/em>) engage les chercheurs \u00e0 d\u00e9passer la simple exposition des r\u00e9sultats finaux pour garantir la reproductibilit\u00e9 int\u00e9grale de leurs calculs statistiques. Dans le cadre de l&rsquo;application du test de Dunn, la transparence m\u00e9thodologique exige de documenter pr\u00e9cis\u00e9ment plusieurs d\u00e9cisions d&rsquo;analyse souvent n\u00e9glig\u00e9es :<\/p>\n<ul>\n<li>D\u00e9poser sur un registre public de type OSF (<em>Open Science Framework<\/em>) le script int\u00e9gral de l&rsquo;analyse informatique (code R ou Python nettoy\u00e9 et comment\u00e9) permettant de recalculer exactement les statistiques <em>z<\/em> et les corrections appliqu\u00e9es \u00e0 partir des donn\u00e9es brutes anonymis\u00e9es.<\/li>\n<li>Justifier explicitement dans la section M\u00e9thode les motifs du recours \u00e0 l&rsquo;inf\u00e9rence non param\u00e9trique : pr\u00e9senter les tests de normalit\u00e9 formels (Shapiro-Wilk) ou la justification th\u00e9orique li\u00e9e \u00e0 la nature intrins\u00e8quement ordinale de l&rsquo;instrument d&rsquo;\u00e9valuation.<\/li>\n<li>Mentionner sans ambigu\u00eft\u00e9 si le protocole d&rsquo;analyse a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9-enregistr\u00e9 (<em>preregistered<\/em>), notamment le choix de la proc\u00e9dure de correction pour comparaisons multiples (par exemple d\u00e9cision pr\u00e9alable de privil\u00e9gier Holm plut\u00f4t que Bonferroni).<\/li>\n<\/ul>\n<p>Cette rigueur d\u00e9ontologique pr\u00e9munit la recherche contre les soup\u00e7ons de \u00ab p-hacking \u00bb ou de manipulation s\u00e9lective des m\u00e9thodes d&rsquo;ajustement visant \u00e0 faire franchir artificiellement le seuil de significativit\u00e9 \u00e0 un contraste d&rsquo;int\u00e9r\u00eat.<\/p>\n<h2>12. Erreurs courantes, pi\u00e8ges m\u00e9thodologiques et bonnes pratiques<\/h2>\n<h3>12.1 La confusion entre rangs moyens et m\u00e9dianes brutes<\/h3>\n<p>Le pi\u00e8ge conceptuel le plus pernicieux et le plus universellement r\u00e9pandu lors de l&rsquo;ex\u00e9cution du test de Dunn r\u00e9side dans l&rsquo;assimilation h\u00e2tive du rang moyen empirique \u00e0 la m\u00e9diane de la variable d\u00e9pendante d&rsquo;origine. Les chercheurs ont fr\u00e9quemment tendance \u00e0 inspecter les m\u00e9dianes de leurs \u00e9chantillons descriptifs, puis \u00e0 projeter directement les conclusions inf\u00e9rentielles de Dunn sur ces grandeurs ponctuelles.<\/p>\n<p>Cette inf\u00e9rence est formellement incorrecte sur le plan th\u00e9orique d\u00e8s lors que les distributions empiriques ne partagent pas rigoureusement la m\u00eame morphologie. Il est parfaitement document\u00e9 dans la litt\u00e9rature statistique que l&rsquo;ordre des rangs moyens peut diverger de l&rsquo;ordre des m\u00e9dianes brutes. Par exemple, un groupe <em>A<\/em> peut pr\u00e9senter une m\u00e9diane arithm\u00e9tique rigoureusement identique \u00e0 celle d&rsquo;un groupe <em>B<\/em>, tout en affichant un rang moyen consid\u00e9rablement plus \u00e9lev\u00e9 en raison d&rsquo;une asym\u00e9trie marqu\u00e9e caract\u00e9ris\u00e9e par un \u00e9talement des scores dans le tiers sup\u00e9rieur de la distribution.<\/p>\n<p>Pour s&rsquo;immuniser contre ce contresens m\u00e9thodologique, le chercheur doit toujours qualifier ses conclusions en pr\u00e9cisant que le test de Dunn porte sur la sup\u00e9riorit\u00e9 de la fonction de r\u00e9partition des rangs ou sur la dominance stochastique relative entre les groupes. La mention des m\u00e9dianes descriptives ne doit servir que d&rsquo;illustration de la tendance centrale ordinale, sans jamais se substituer \u00e0 la grandeur alg\u00e9brique soumise \u00e0 l&rsquo;\u00e9preuve d&rsquo;hypoth\u00e8se.<\/p>\n<h3>12.2 Ex\u00e9cution du test de Dunn sans significativit\u00e9 omnibus<\/h3>\n<p>Une d\u00e9rive pratique r\u00e9guli\u00e8rement observ\u00e9e lors de l&rsquo;exploitation de jeux de donn\u00e9es empiriques consiste \u00e0 d\u00e9clencher les comparaisons multiples par le test de Dunn alors m\u00eame que le test pr\u00e9alable de Kruskal-Wallis a \u00e9chou\u00e9 \u00e0 franchir le seuil d&rsquo;exclusion <em>alpha = 0,05<\/em>. Les investigateurs justifient parfois cette d\u00e9marche par un int\u00e9r\u00eat th\u00e9orique soutenu port\u00e9 <em>a priori<\/em> sur une paire de groupes particuli\u00e8re.<\/p>\n<p>Cette pratique constitue une infraction m\u00e9thodologique s\u00e9v\u00e8re dans le cadre de tests post-hoc classiques. Le fondement du mod\u00e8le d\u00e9cisionnel en deux \u00e9tapes (omnibus puis post-hoc) repose pr\u00e9cis\u00e9ment sur la capacit\u00e9 du test global \u00e0 faire office de filtre protecteur pr\u00e9alable contre les faux positifs. En transgressant ce principe, l&rsquo;exp\u00e9rimentateur annule la protection globale conf\u00e9r\u00e9e par la statistique <em>H<\/em> et plonge dans un processus exploratoire non r\u00e9gul\u00e9 o\u00f9 la moindre fluctuation locale peut \u00eatre promue artificiellement au rang de d\u00e9couverte scientifique.<\/p>\n<p>Si des hypoth\u00e8ses directionnelles sp\u00e9cifiques entre deux sous-groupes existent v\u00e9ritablement avant le d\u00e9but de l&rsquo;exp\u00e9rience, le chercheur doit obligatoirement abandonner le cadre des tests post-hoc exploratoires pour se placer dans le cadre formel des <em>contrastes planifi\u00e9s a priori<\/em>. Dans cette optique m\u00e9thodologique bien d\u00e9limit\u00e9e, le test omnibus peut \u00eatre omis, mais le chercheur doit assumer un cadre d&rsquo;ajustement strictement cibl\u00e9 d\u00e8s la phase de protocole.<\/p>\n<h3>12.3 Guide r\u00e9capitulatif pour la pratique de recherche<\/h3>\n<p>Pour assurer la rigueur, l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 et la reproductibilit\u00e9 des analyses inf\u00e9rentielles non param\u00e9triques, l&rsquo;arbre d\u00e9cisionnel et m\u00e9thodologique suivant r\u00e9sume le protocole optimal \u00e0 d\u00e9ployer en pratique de laboratoire :<\/p>\n<ol>\n<li><strong>Phase d&rsquo;\u00e9valuation exploratoire :<\/strong> Inspecter la variable d\u00e9pendante (\u00e9chelle ordinale ou continue non normale), \u00e9valuer la taille des effectifs par condition (<em>n &gt;= 5<\/em> recommand\u00e9) et confirmer l&rsquo;ind\u00e9pendance mutuelle absolue des observations.<\/li>\n<li><strong>Ex\u00e9cution de l&rsquo;analyse globale :<\/strong> R\u00e9aliser le test omnibus de Kruskal-Wallis sur l&rsquo;ensemble des <em>k<\/em> groupes d&rsquo;\u00e9tude. Si <em>p &gt;= 0,05<\/em>, stopper toute inf\u00e9rence ult\u00e9rieure et conclure \u00e0 l&rsquo;absence de preuve d&rsquo;h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 entre les populations.<\/li>\n<li><strong>D\u00e9clenchement du test de Dunn :<\/strong> Si <em>p &lt; 0,05<\/em> \u00e0 l&rsquo;\u00e9tape pr\u00e9c\u00e9dente, calculer les statistiques <em>z<\/em> de Dunn sur les rangs conjoints globaux en appliquant imp\u00e9rativement le coefficient de correction pour valeurs ex-aequo si des n\u0153uds existent.<\/li>\n<li><strong>S\u00e9lection de l&rsquo;ajustement FWER :<\/strong> Privil\u00e9gier syst\u00e9matiquement la proc\u00e9dure s\u00e9quentielle descendante de Holm (ou de Benjamini-Hochberg en cas de vis\u00e9e purement exploratoire \u00e0 tr\u00e8s grand nombre de comparaisons). \u00c9viter la proc\u00e9dure de Bonferroni simple afin de pr\u00e9server la puissance d&rsquo;analyse.<\/li>\n<li><strong>Interpr\u00e9tation et diffusion :<\/strong> Communiquer les rangs moyens conjointement aux m\u00e9dianes et \u00e9carts interquartiles. R\u00e9diger les conclusions en termes de dominance stochastique si les profils distributionnels des groupes diff\u00e8rent en dispersion ou en asym\u00e9trie. Respecter scrupuleusement les canons \u00e9ditoriaux de l&rsquo;APA (7e \u00e9dition) et mettre les scripts d&rsquo;analyse \u00e0 disposition de la communaut\u00e9 acad\u00e9mique.<\/li>\n<\/ol>\n<h2>R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<ul>\n<li>American Psychological Association. (2020). <em>Publication manual of the American Psychological Association<\/em> (7th ed.). <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1037\/0000165-000\">https:\/\/doi.org\/10.1037\/0000165-000<\/a><\/li>\n<li>Benjamini, Y., &amp; Hochberg, Y. (1995). Controlling the false discovery rate: A practical and powerful approach to multiple testing. <em>Journal of the Royal Statistical Society: Series B (Methodological)<\/em>, 57(1), 289\u2013300. <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1111\/j.2517-6161.1995.tb02031.x\">https:\/\/doi.org\/10.1111\/j.2517-6161.1995.tb02031.x<\/a><\/li>\n<li>Conover, W. J., &amp; Iman, R. L. (1979). <em>On multiple-comparisons procedures<\/em> (Technical Report LA-7677-MS). Los Alamos Scientific Laboratory. <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.2172\/6057803\">https:\/\/doi.org\/10.2172\/6057803<\/a><\/li>\n<li>Conover, W. J. (1999). <em>Practical nonparametric statistics<\/em> (3rd ed.). John Wiley &amp; Sons.<\/li>\n<li>Dinno, A. (2015). Nonparametric pairwise multiple comparisons in independent groups using Dunn&rsquo;s test. <em>The Stata Journal<\/em>, 15(1), 292\u2013300. <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1177\/1536867X1501500117\">https:\/\/doi.org\/10.1177\/1536867X1501500117<\/a><\/li>\n<li>Dunn, O. J. (1961). Multiple comparisons among means. <em>Journal of the American Statistical Association<\/em>, 56(293), 52\u201364. <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1080\/01621459.1961.10482090\">https:\/\/doi.org\/10.1080\/01621459.1961.10482090<\/a><\/li>\n<li>Dunn, O. J. (1964). Multiple comparisons using rank sums. <em>Technometrics<\/em>, 6(3), 241\u2013252. <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1080\/00401706.1964.10490181\">https:\/\/doi.org\/10.1080\/00401706.1964.10490181<\/a><\/li>\n<li>Holm, S. (1979). A simple sequentially rejective multiple test procedure. <em>Scandinavian Journal of Statistics<\/em>, 6(2), 65\u201370. <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/www.jstor.org\/stable\/4615733\">https:\/\/www.jstor.org\/stable\/4615733<\/a><\/li>\n<li>Kassambara, A. (2020). <em>rstatix: Pipe-Friendly Framework for Basic Statistical Tests<\/em> (R package version 0.7.0). <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/cran.r-project.org\/package=rstatix\">https:\/\/cran.r-project.org\/package=rstatix<\/a><\/li>\n<li>Kruskal, W. H., &amp; Wallis, W. A. (1952). Use of ranks in one-criterion variance analysis. <em>Journal of the American Statistical Association<\/em>, 47(260), 583\u2013621. <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1080\/01621459.1952.10483441\">https:\/\/doi.org\/10.1080\/01621459.1952.10483441<\/a><\/li>\n<li>Siegel, S., &amp; Castellan, N. J. (1988). <em>Nonparametric statistics for the behavioral sciences<\/em> (2nd ed.). McGraw-Hill.<\/li>\n<li>\u0160id\u00e1k, Z. (1967). Rectangular confidence regions for the means of multivariate normal distributions. <em>Journal of the American Statistical Association<\/em>, 62(318), 626\u2013633. <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1080\/01621459.1967.10482935\">https:\/\/doi.org\/10.1080\/01621459.1967.10482935<\/a><\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Guide complet sur le test de Dunn pour comparaisons multiples : th\u00e9orie, calculs, ajustements de p-valeurs et applications en recherche psychologique.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","template":"","categories":[1881,2,1838],"tags":[4803,2317,2172,2217,6131],"class_list":["post-4158","psych_stat","type-psych_stat","status-publish","hentry","category-methodologie-de-la-recherche","category-psychometrie","category-statistiques","tag-comparaisons-multiples","tag-kruskal-wallis","tag-psychologie-quantitative","tag-statistiques-non-parametriques","tag-test-de-dunn"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_stat\/4158","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_stat"}],"about":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/psych_stat"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4158"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_stat\/4158\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4158"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4158"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4158"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}