{"id":3276,"date":"2026-10-14T18:01:01","date_gmt":"2026-10-14T18:01:01","guid":{"rendered":"http:\/\/french.arabpsychology.com\/statistics\/comment-calculer-correlation-rang-spearman-dans-r\/"},"modified":"2026-10-14T18:01:01","modified_gmt":"2026-10-14T18:01:01","slug":"comment-calculer-correlation-rang-spearman-dans-r","status":"publish","type":"psych_stat","link":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/?psych_stat=comment-calculer-correlation-rang-spearman-dans-r","title":{"rendered":"Comment calculer la corr\u00e9lation de rang de Spearman dans R"},"content":{"rendered":"<p>Dans le paysage contemporain de la recherche quantitative en psychologie, en neurosciences cognitives et en sciences du comportement, l&rsquo;\u00e9valuation des associations entre variables constitue l&rsquo;un des piliers fondamentaux de la d\u00e9marche empirique. Si le coefficient de corr\u00e9lation produit-moment de Pearson demeure l&rsquo;indice le plus fr\u00e9quemment enseign\u00e9 et appliqu\u00e9, ses exigences param\u00e9triques rigoureuses &mdash; notamment le postulat de normalit\u00e9 bivari\u00e9e et l&rsquo;hypoth\u00e8se d&rsquo;une stricte lin\u00e9arit\u00e9 &mdash; se heurtent de plein fouet \u00e0 la nature intrins\u00e8que des donn\u00e9es psychom\u00e9triques. Les chercheurs sont en effet confront\u00e9s de mani\u00e8re quasi syst\u00e9matique \u00e0 des scores issus d&rsquo;\u00e9chelles d&rsquo;\u00e9valuation ordinale, de questionnaires de type Likert, ou encore \u00e0 des temps de r\u00e9action et des indicateurs psychopathologiques dont les distributions pr\u00e9sentent de fortes asym\u00e9tries ou des valeurs atypiques. Dans de telles circonstances, l&rsquo;application aveugle de m\u00e9thodes param\u00e9triques expose l&rsquo;analyste \u00e0 des distorsions m\u00e9thodologiques s\u00e9v\u00e8res, sous-estimant la force r\u00e9elle des relations ou, \u00e0 l&rsquo;inverse, g\u00e9n\u00e9rant des associations fallacieuses.<\/p>\n<p>Face \u00e0 ces \u00e9cueils m\u00e9thodologiques, le coefficient de corr\u00e9lation de rang de Spearman, historiquement introduit par le psychologue et statisticien <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.2307\/1412159\">Charles Spearman en 1904<\/a>, s&rsquo;impose comme une alternative robuste, \u00e9l\u00e9gante et universelle. En substituant aux valeurs num\u00e9riques brutes leurs rangs statistiques respectifs, cette m\u00e9thode non param\u00e9trique s&rsquo;affranchit des contraintes distributionnelles tout en \u00e9valuant la monotonicit\u00e9 fondamentale des relations observ\u00e9es. Qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de mesurer la progression d&rsquo;un trait de personnalit\u00e9 en fonction du vieillissement, d&rsquo;analyser la corr\u00e9lation entre la s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 d&rsquo;un trouble anxieux et l&rsquo;intensit\u00e9 du stress per\u00e7u, ou d&rsquo;explorer les liens entre biomarqueurs c\u00e9r\u00e9braux et performances neuropsychologiques, le rho de Spearman offre une mod\u00e9lisation fid\u00e8le de l&rsquo;ordonnancement des individus au sein d&rsquo;une population donn\u00e9e.<\/p>\n<p>L&rsquo;environnement statistique R s&rsquo;est impos\u00e9 au fil des deux derni\u00e8res d\u00e9cennies comme la plateforme de r\u00e9f\u00e9rence internationale pour le traitement, l&rsquo;analyse et la mod\u00e9lisation des donn\u00e9es en sciences humaines et sociales. Gr\u00e2ce \u00e0 son \u00e9cosyst\u00e8me logiciel modulaire, combinant les fonctionnalit\u00e9s du noyau fondamental \u00e0 des extensions sp\u00e9cialis\u00e9es telles que psych, Hmisc, coin ou le tidyverse, R permet une flexibilit\u00e9 d&rsquo;analyse in\u00e9gal\u00e9e. Cet article propose un guide exhaustif, th\u00e9orique et computationnel, d\u00e9di\u00e9 \u00e0 l&rsquo;ex\u00e9cution, l&rsquo;interpr\u00e9tation, la visualisation et la communication du coefficient de Spearman selon les normes acad\u00e9miques internationales les plus rigoureuses. \u00c0 travers une d\u00e9marche progressive et didactique, chaque aspect du pipeline d&rsquo;analyse statistique sera minutieusement explor\u00e9 afin d&rsquo;outiller pleinement les chercheurs, doctorants et praticiens des donn\u00e9es.<\/p>\n<h2>1. Fondements th\u00e9oriques de la corr\u00e9lation de rang de Spearman en psychologie<\/h2>\n<h3>1.1 D\u00e9finition math\u00e9matique et principe du classement par rangs<\/h3>\n<p>Le coefficient de corr\u00e9lation de rang de Spearman, universellement d\u00e9sign\u00e9 par la lettre grecque <em>rho<\/em> ou sous la notation indic\u00e9e <em>r<sub>s<\/sub><\/em>, repose sur un postulat alg\u00e9brique fondamental : l&rsquo;association entre deux variables quantitatives ou ordinales peut \u00eatre fid\u00e8lement appr\u00e9hend\u00e9e en substituant \u00e0 chaque observation individuelle son rang ordinal au sein de l&rsquo;\u00e9chantillon consid\u00e9r\u00e9. Soit un \u00e9chantillon bivari\u00e9 constitu\u00e9 de <em>n<\/em> couples d&rsquo;observations not\u00e9s (<em>X<sub>i<\/sub><\/em>, <em>Y<sub>i<\/sub><\/em>), o\u00f9 l&rsquo;indice <em>i<\/em> varie de 1 \u00e0 <em>n<\/em>. Le processus de classement statistique consiste \u00e0 trier ind\u00e9pendamment les valeurs de chaque vecteur dans l&rsquo;ordre croissant, assignant ainsi \u00e0 la plus petite valeur observ\u00e9e le rang 1, \u00e0 la valeur imm\u00e9diatement sup\u00e9rieure le rang 2, et ainsi de suite jusqu&rsquo;au rang <em>n<\/em> attribu\u00e9 \u00e0 l&rsquo;observation maximale. Cette transformation non lin\u00e9aire projette l&rsquo;ensemble des donn\u00e9es brutes de l&rsquo;espace m\u00e9trique continu vers un espace ordinal discret.<\/p>\n<p>D&rsquo;un point de vue formel, le coefficient de Spearman \u00e9quivaut exactement au coefficient de corr\u00e9lation produit-moment de Pearson calcul\u00e9 non pas sur les grandeurs physiques ou psychom\u00e9triques initiales, mais sur les rangs transform\u00e9s <em>R<\/em>(<em>X<sub>i<\/sub><\/em>) et <em>R<\/em>(<em>Y<sub>i<\/sub><\/em>). Lorsque l&rsquo;ensemble des rangs est strictement constitu\u00e9 d&rsquo;entiers cons\u00e9cutifs sans pr\u00e9sence d&rsquo;\u00e9galit\u00e9s num\u00e9riques &mdash; situation th\u00e9orique id\u00e9ale qualifi\u00e9e d&rsquo;absence d&rsquo;ex &aelig;quo &mdash;, la somme des entiers et de leurs carr\u00e9s ob\u00e9it \u00e0 des identit\u00e9s alg\u00e9briques immuables. \u00c0 partir de ces identit\u00e9s, la formulation math\u00e9matique exacte se condense sous une expression \u00e9l\u00e9gante et c\u00e9l\u00e8bre, d\u00e9finie par l&rsquo;\u00e9quation suivante :<\/p>\n<p><em>r<sub>s<\/sub><\/em> = 1 &minus; [6 &times; &sum;(<em>d<sub>i<\/sub><\/em><sup>2<\/sup>)] \/ [<em>n<\/em> &times; (<em>n<\/em><sup>2<\/sup> &minus; 1)]<\/p>\n<p>Dans cette formulation canonique, le terme <em>d<sub>i<\/sub><\/em> repr\u00e9sente la diff\u00e9rence alg\u00e9brique directe observ\u00e9e entre les deux rangs assign\u00e9s au m\u00eame sujet psychologique, telle que <em>d<sub>i<\/sub><\/em> = <em>R<\/em>(<em>X<sub>i<\/sub><\/em>) &minus; <em>R<\/em>(<em>Y<sub>i<\/sub><\/em>). Si la hi\u00e9rarchie relative des participants est strictement identique sur les deux dimensions, toutes les diff\u00e9rences de rangs s&rsquo;annulent (<em>d<sub>i<\/sub><\/em> = 0 pour tout <em>i<\/em>), ce qui conduit directement \u00e0 une valeur maximale de <em>r<sub>s<\/sub><\/em> \u00e9gale \u00e0 +1, signant une parfaite concordance monotone positive. \u00c0 l&rsquo;inverse, si l&rsquo;ordre des rangs sur la seconde variable est le reflet invers\u00e9 exact de la premi\u00e8re, la somme des carr\u00e9s des \u00e9carts atteint son maximum th\u00e9orique, produisant un coefficient \u00e9gal \u00e0 &minus;1, r\u00e9v\u00e9lateur d&rsquo;une discordance monotone absolue. Enfin, lorsque les rangs sont mutuellement ind\u00e9pendants et redistribu\u00e9s de mani\u00e8re purement stochastique, la somme quadratique normalis\u00e9e converge vers l&rsquo;esp\u00e9rance math\u00e9matique de la somme, \u00e9tablissant le coefficient \u00e0 0.<\/p>\n<p>Il est fondamental de souligner que cette m\u00e9trique \u00e9value la monotonicit\u00e9 plut\u00f4t que la stricte lin\u00e9arit\u00e9 g\u00e9om\u00e9trique. Une fonction monotone croissante implique simplement que lorsque la variable <em>X<\/em> augmente, la variable <em>Y<\/em> cro\u00eet \u00e9galement ou stagne, sans qu&rsquo;il soit requis que le taux d&rsquo;accroissement unitaire soit constant sur l&rsquo;ensemble de l&rsquo;\u00e9tendue de mesure. Par cons\u00e9quent, toute transformation monotone croissante (telle qu&rsquo;une fonction logarithmique, exponentielle ou racine carr\u00e9e) appliqu\u00e9e aux variables brutes modifie profond\u00e9ment le coefficient de Pearson mais laisse le <em>rho<\/em> de Spearman rigoureusement invariant, attestant ainsi de son autonomie face aux d\u00e9formations d&rsquo;\u00e9chelle.<\/p>\n<h3>1.2 Pertinence psychom\u00e9trique des mesures non param\u00e9triques<\/h3>\n<p>L&rsquo;\u00e9valuation psychom\u00e9trique contemporaine repose massivement sur des instruments d&rsquo;auto-\u00e9valuation et des batteries d&rsquo;h\u00e9t\u00e9ro-\u00e9valuation faisant intervenir des \u00e9chelles de r\u00e9ponse gradu\u00e9es, commun\u00e9ment appel\u00e9es <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/www.jstor.org\/stable\/2267688\">\u00e9chelles de type Likert<\/a>. Ces outils d&rsquo;observation attribuent des chiffres &mdash; typiquement de 1 (pas du tout d&rsquo;accord) \u00e0 5 ou 7 (totalement d&rsquo;accord) &mdash; \u00e0 des \u00e9tats ph\u00e9nom\u00e9nologiques subjectifs. Or, le consensus m\u00e9thodologique \u00e9tabli depuis les travaux fondateurs de Stevens en th\u00e9orie des \u00e9chelles de mesure rappelle que ces donn\u00e9es poss\u00e8dent un niveau de mesure strictement ordinal : l&rsquo;ordre entre les modalit\u00e9s de r\u00e9ponse est indiscutable, mais la distance psychologique s\u00e9parant un score de 1 et 2 n&rsquo;est en aucun cas d\u00e9montrable comme \u00e9tant m\u00e9triquement \u00e9gale \u00e0 la distance s\u00e9parant un score de 4 et 5. L&rsquo;application du coefficient de Pearson sur de tels scores bruts constitue une violation formelle des fondements de la m\u00e9trologie.<\/p>\n<p>En outre, la psychopathologie quantitative et la psychologie clinique exp\u00e9rimentale sont caract\u00e9ris\u00e9es par des ph\u00e9nom\u00e8nes \u00e9pid\u00e9miologiques dont les distributions empiriques s&rsquo;\u00e9cartent drastiquement de la classique courbe en cloche de Gauss. Les inventaires mesurant les \u00e9pisodes d\u00e9pressifs majeurs (par exemple le BDI-II), la symptomatologie schizotypique ou les conduites addictives pr\u00e9sentent presque universellement une asym\u00e9trie positive prononc\u00e9e au sein de la population g\u00e9n\u00e9rale, la majorit\u00e9 des individus se concentrant sur les scores planchers tandis qu&rsquo;une minorit\u00e9 clinique forme une longue tra\u00eene vers les scores \u00e9lev\u00e9s. De telles distributions asym\u00e9triques provoquent une distorsion artificielle des variances et covariances param\u00e9triques, faussant les inf\u00e9rences de Pearson. Le <em>rho<\/em> de Spearman, en ramenant l&rsquo;analyse aux positions relatives ordonn\u00e9es, neutralise cette d\u00e9formation morphologique et restaure la repr\u00e9sentativit\u00e9 de la structure sous-jacente.<\/p>\n<p>Un autre avantage psychom\u00e9trique d\u00e9cisif r\u00e9side dans l&rsquo;insensibilit\u00e9 relative de Spearman aux valeurs aberrantes ou extr\u00eames univari\u00e9es. Dans une cohorte clinique, la pr\u00e9sence d&rsquo;un patient affichant un temps de r\u00e9ponse cognitif d\u00e9mesur\u00e9ment lent en raison d&rsquo;un moment de dissociation psychologique peut \u00e0 elle seule exercer un bras de levier disproportionn\u00e9, modifiant drastiquement le signe ou la significativit\u00e9 statistique d&rsquo;une corr\u00e9lation de Pearson. Sous l&rsquo;analyse de Spearman, cette mesure extr\u00eame ne peut pas obtenir un rang sup\u00e9rieur \u00e0 la taille totale de l&rsquo;\u00e9chantillon <em>n<\/em>. Son impact n\u00e9gatif se trouve ainsi born\u00e9 au rang le plus \u00e9lev\u00e9, pr\u00e9servant la matrice de corr\u00e9lation globale de toute surinterpr\u00e9tation dict\u00e9e par un artefact individuel.<\/p>\n<p>Enfin, dans l&rsquo;\u00e9valuation de la validit\u00e9 de construit, particuli\u00e8rement lors de la validation transculturelle d&rsquo;outils diagnostiques, les variables latentes estim\u00e9es ne manifestent que tr\u00e8s rarement des relations parfaitement lin\u00e9aires avec les crit\u00e8res externes. Les mod\u00e8les th\u00e9oriques de l&rsquo;activation \u00e9motionnelle, \u00e0 l&rsquo;instar de la c\u00e9l\u00e8bre loi de Yerkes-Dodson reliant l&rsquo;\u00e9veil cortical et la performance cognitive, d\u00e9crivent fr\u00e9quemment des relations curvilignes ou monotones satur\u00e9es. L&#8217;emploi de Spearman garantit alors aux psychom\u00e9tristes de capturer l&rsquo;essence relationnelle liant les construits psychologiques sans imposer un carcan lin\u00e9aire r\u00e9ducteur et th\u00e9oriquement injustifi\u00e9.<\/p>\n<h2>2. Diff\u00e9rences conceptuelles et empiriques entre Pearson et Spearman<\/h2>\n<h3>2.1 Relations lin\u00e9aires versus relations purement monotones<\/h3>\n<p>L&rsquo;incompr\u00e9hension des fronti\u00e8res math\u00e9matiques entre lin\u00e9arit\u00e9 et monotonicit\u00e9 constitue l&rsquo;une des erreurs conceptuelles les plus fr\u00e9quentes dans la litt\u00e9rature empirique. Une relation lin\u00e9aire stipule que pour toute variation constante de &Delta;<em>X<\/em> sur la variable ind\u00e9pendante, la variable d\u00e9pendante <em>Y<\/em> subit une modification constante &Delta;<em>Y<\/em> \u00e9gale \u00e0 &beta;&Delta;<em>X<\/em>, mat\u00e9rialisant ainsi une trajectoire strictement rectiligne au sein du plan cart\u00e9sien bivari\u00e9. \u00c0 l&rsquo;oppos\u00e9, une relation monotone impose une condition purement topologique : le signe de la d\u00e9riv\u00e9e premi\u00e8re de la fonction sous-jacente reliant <em>Y<\/em> \u00e0 <em>X<\/em> doit demeurer invariant sur l&rsquo;int\u00e9gralit\u00e9 du domaine d&rsquo;observation. Cela signifie que la fonction doit \u00eatre uniform\u00e9ment non croissante ou uniform\u00e9ment non d\u00e9croissante, sans pr\u00e9senter de points d&rsquo;inflexion o\u00f9 la trajectoire s&rsquo;inverserait.<\/p>\n<p>Cette distinction s&rsquo;illustre particuli\u00e8rement dans la mod\u00e9lisation des processus d&rsquo;apprentissage et d&rsquo;acquisition des comp\u00e9tences en psychologie cognitive. La c\u00e9l\u00e8bre courbe d&rsquo;apprentissage suit usuellement une trajectoire logarithmique ou exponentielle asymptotique : les progr\u00e8s enregistr\u00e9s lors des premiers blocs d&rsquo;essais sont spectaculaires, avant d&rsquo;atteindre un plateau de performance o\u00f9 les gains marginaux deviennent minimes. Si un chercheur calcule le coefficient de corr\u00e9lation de Pearson entre le num\u00e9ro de la session d&rsquo;entra\u00eenement et le taux de succ\u00e8s, la non-lin\u00e9arit\u00e9 fondamentale du ph\u00e9nom\u00e8ne p\u00e9nalisera artificiellement le coefficient math\u00e9matique, produisant une estimation substantiellement inf\u00e9rieure \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 du couplage comportemental. En revanche, le calcul du <em>rho<\/em> de Spearman sur ces m\u00eames trajectoires restituera une valeur de +1,00 si l&rsquo;am\u00e9lioration de la performance ne conna\u00eet aucun recul chronologique.<\/p>\n<p>Consid\u00e9rons \u00e0 titre d&rsquo;illustration m\u00e9thodologique une \u00e9tude empirique examinant l&rsquo;interaction entre le niveau d&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 pr\u00e9-comp\u00e9titive mesur\u00e9 par une \u00e9chelle subjective continue et le temps de latence motrice lors d&rsquo;une t\u00e2che d&rsquo;attention soutenue. Si l&rsquo;augmentation de l&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 s&rsquo;accompagne d&rsquo;un allongement g\u00e9om\u00e9trique ou exponentiel des latences sans aucune inversion de sens, l&rsquo;ordre hi\u00e9rarchique des participants sur l&rsquo;\u00e9chelle d&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 se superposera parfaitement \u00e0 l&rsquo;ordre de leurs latences. Alors que le <em>r<\/em> de Pearson pourrait plafonner aux alentours de 0,72 en raison de la courbure marqu\u00e9e du nuage de points, le <em>rho<\/em> de Spearman atteindra 1,00, refl\u00e9tant avec une fid\u00e9lit\u00e9 absolue la parfaite pr\u00e9dictibilit\u00e9 de l&rsquo;ordre hi\u00e9rarchique des sujets. En \u00e9liminant la composante g\u00e9om\u00e9trique au profit de la relation ordinale, Spearman mod\u00e9lise pr\u00e9cis\u00e9ment ce que le clinicien cherche \u00e0 savoir : un individu plus anxieux qu&rsquo;un autre est-il syst\u00e9matiquement plus lent ?<\/p>\n<p>Le tableau th\u00e9orique ci-dessous synth\u00e9tise les comportements compar\u00e9s des deux indices selon les configurations relationnelles rencontr\u00e9es en recherche comportementale :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Relation lin\u00e9aire parfaite :<\/strong> Les deux coefficients convergent rigoureusement vers une magnitude absolue de |<em>r<\/em>| = |<em>r<sub>s<\/sub><\/em>| = 1,00.<\/li>\n<li><strong>Relation non lin\u00e9aire strictement monotone (ex. exponentielle, logarithmique) :<\/strong> Le coefficient de Pearson subit une d\u00e9gradation notable (|<em>r<\/em>| &lt; 1,00), tandis que le <em>rho<\/em> de Spearman conserve une valeur unitaire absolue (|<em>r<sub>s<\/sub><\/em>| = 1,00).<\/li>\n<li><strong>Pr\u00e9sence d&rsquo;un outlier bivari\u00e9 congruent :<\/strong> Pearson peut subir une sur\u00e9valuation dramatique li\u00e9e \u00e0 l&rsquo;effet de levier, tandis que Spearman n&rsquo;augmente que de fa\u00e7on marginale et born\u00e9e.<\/li>\n<li><strong>Relation curvilin\u00e9aire non monotone (ex. U invers\u00e9) :<\/strong> Les deux coefficients \u00e9chouent \u00e0 capturer la relation et affichent des valeurs proches de 0, imposant le recours \u00e0 une mod\u00e9lisation polynomiale ou non param\u00e9trique segment\u00e9e.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>2.2 Sensibilit\u00e9 aux postulats de normalit\u00e9 bivari\u00e9e<\/h3>\n<p>L&rsquo;inf\u00e9rence statistique valide associ\u00e9e au coefficient de Pearson repose de mani\u00e8re irr\u00e9ductible sur le postulat que les deux variables distribu\u00e9es conjointement suivent une loi de probabilit\u00e9 normale bivari\u00e9e au sein de la population parente. Cette condition conjointe exige non seulement que chaque distribution marginale univari\u00e9e soit parfaitement sym\u00e9trique et exempte d&rsquo;exc\u00e8s de kurtosis (m\u00e9sokurtique), mais \u00e9galement que pour toute sous-population conditionnelle de la variable <em>X<\/em>, la distribution correspondante de la variable <em>Y<\/em> suive une loi gaussienne de variance homog\u00e8ne (homosc\u00e9dasticit\u00e9 bivari\u00e9e). En pratique clinique et psychologique, cette hypoth\u00e8se rel\u00e8ve d&rsquo;une fiction th\u00e9orique rarement observ\u00e9e dans les \u00e9chantillons empiriques r\u00e9els.<\/p>\n<p>L&rsquo;une des manifestations les plus destructrices pour la statistique param\u00e9trique r\u00e9side dans l&rsquo;apparition d&rsquo;effets de plancher ou de plafond. Par exemple, lorsqu&rsquo;une \u00e9chelle \u00e9valuant les id\u00e9ations suicidaires est administr\u00e9e \u00e0 une cohorte d&rsquo;\u00e9tudiants universitaires tout-venant, plus de 80 % des participants obtiennent le score minimal possible (effet plancher). La distribution bivari\u00e9e r\u00e9sultante est massivement tronqu\u00e9e \u00e0 son origine, violant de mani\u00e8re irr\u00e9versible le postulat de normalit\u00e9 bivari\u00e9e. Sous ces conditions d&rsquo;asym\u00e9trie extr\u00eame, l&rsquo;erreur standard asymptotique du <em>r<\/em> de Pearson est s\u00e9v\u00e8rement biais\u00e9e, conduisant \u00e0 des taux d&rsquo;erreur de premi\u00e8re esp\u00e8ce (rejet de l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle \u00e0 tort) totalement incontr\u00f4l\u00e9s ou, \u00e0 l&rsquo;oppos\u00e9, \u00e0 une perte drastique de puissance statistique masquant de r\u00e9elles associations cliniques.<\/p>\n<p>Le <em>rho<\/em> de Spearman, op\u00e9rant une projection par rangs, transforme n&rsquo;importe quelle morphologie distributionnelle univari\u00e9e en une distribution uniforme d&rsquo;entiers allant de 1 \u00e0 <em>n<\/em>. Cette propri\u00e9t\u00e9 r\u00e9gulatrice conf\u00e8re au coefficient une robustesse distributionnelle absolue vis-\u00e0-vis des queues de distribution \u00e9paisses (queues lourdes ou leptokurticit\u00e9). M\u00eame si la distribution parente sous-jacente est de type Cauchy, log-normale ou exponentielle n\u00e9gative, la distribution th\u00e9orique du <em>r<sub>s<\/sub><\/em> sous l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle d&rsquo;ind\u00e9pendance ne d\u00e9pend que de la taille de l&rsquo;\u00e9chantillon <em>n<\/em> et non des param\u00e8tres morphologiques de la population source.<\/p>\n<p>Pour l&rsquo;analyste de donn\u00e9es sous R, le crit\u00e8re de s\u00e9lection rationnel entre ces deux m\u00e9triques repose sur un organigramme d\u00e9cisionnel pr\u00e9cis. Si les deux variables d\u00e9montrent un niveau d&rsquo;intervalle ou de rapport formellement valid\u00e9, que les tests d&rsquo;ad\u00e9quation morphologique (tels que le test de Shapiro-Wilk) ne rejettent pas la normalit\u00e9, que les repr\u00e9sentations graphiques quantiles-quantiles (Q-Q plots) s&rsquo;alignent sur la diagonale th\u00e9orique, et que la relation appara\u00eet rigoureusement rectiligne, Pearson repr\u00e9sente l&rsquo;estimateur de variance minimale le plus efficient. D\u00e8s lors que l&rsquo;une de ces conditions s&rsquo;effondre &mdash; pr\u00e9sence de scores de Likert, rejet de la normalit\u00e9 bivari\u00e9e, d\u00e9tection de non-lin\u00e9arit\u00e9 monotone ou pr\u00e9sence d&rsquo;observations aberrantes l\u00e9gitimes &mdash;, le choix m\u00e9thodologique doit imp\u00e9rativement basculer vers le <em>rho<\/em> de Spearman.<\/p>\n<h2>3. Conditions pr\u00e9alables et v\u00e9rification des hypoth\u00e8ses dans R<\/h2>\n<h3>3.1 Nature et niveau de mesure des variables psychologiques<\/h3>\n<p>Avant d&rsquo;engager toute computation algorithmique sous R, le psychologue quantitativiste doit proc\u00e9der \u00e0 l&rsquo;audit m\u00e9thodologique formel des propri\u00e9t\u00e9s m\u00e9trologiques de ses donn\u00e9es. La premi\u00e8re condition indispensable \u00e0 la validit\u00e9 du <em>rho<\/em> de Spearman est que les deux variables analys\u00e9es se situent au minimum sur une \u00e9chelle de mesure ordinale. Cette condition implique formellement que pour toute paire d&rsquo;observations distinctes, il soit logiquement possible d&rsquo;\u00e9tablir une relation de pr\u00e9cession, de succession ou d&rsquo;\u00e9galit\u00e9 stricte. Si les donn\u00e9es se situent \u00e0 un niveau sup\u00e9rieur &mdash; \u00e9chelle d&rsquo;intervalle comme la temp\u00e9rature en degr\u00e9s Celsius ou le score de quotient intellectuel standardis\u00e9 de Wechsler, ou \u00e9chelle de rapport comme les millisecondes ou le taux de cortisol salivaire &mdash;, elles satisfont automatiquement cette condition pr\u00e9alable, la transformation en rangs op\u00e9rant alors un d\u00e9classement m\u00e9trologique volontaire et protecteur.<\/p>\n<p>La deuxi\u00e8me exigence structurelle fondamentale r\u00e9side dans l&rsquo;appariement bivari\u00e9 strict au niveau de l&rsquo;unit\u00e9 observationnelle. Chaque observation \u00e9l\u00e9mentaire <em>X<sub>i<\/sub><\/em> doit \u00eatre conceptuellement et empiriquement appari\u00e9e \u00e0 une observation unique <em>Y<sub>i<\/sub><\/em>, toutes deux \u00e9manant du m\u00eame participant, de la m\u00eame dyade exp\u00e9rimentale ou de la m\u00eame entit\u00e9 d&rsquo;\u00e9chantillonnage temporelle. Une erreur courante en m\u00e9thodologie consiste \u00e0 vouloir corr\u00e9ler des groupes ind\u00e9pendants non appari\u00e9s ou \u00e0 agr\u00e9ger des moyennes sans respecter l&rsquo;alignement individuel des vecteurs dans l&rsquo;espace des donn\u00e9es de R.<\/p>\n<p>Enfin, le troisi\u00e8me pr\u00e9requis, souvent n\u00e9glig\u00e9 mais d\u00e9terminant pour la validit\u00e9 des inf\u00e9rences probabilistes ult\u00e9rieures, concerne l&rsquo;ind\u00e9pendance statistique conditionnelle des paires d&rsquo;observations entre elles. Cela signifie que le rang obtenu par le participant <em>i<\/em> ne doit en aucun cas exercer une influence ou d\u00e9pendre du rang attribu\u00e9 au participant <em>j<\/em>. Cette hypoth\u00e8se d&rsquo;ind\u00e9pendance des erreurs est syst\u00e9matiquement mise en p\u00e9ril lors de protocoles de mesures r\u00e9p\u00e9t\u00e9es longitudinales rapproch\u00e9es dans le temps (autocorr\u00e9lation temporelle), ou lors d&rsquo;\u00e9chantillonnages en grappes o\u00f9 les sujets sont regroup\u00e9s au sein d&rsquo;unit\u00e9s hi\u00e9rarchiques communes telles que des classes scolaires ou des services hospitaliers (d\u00e9pendance intra-classe). Dans ce dernier cas de figure, l&rsquo;omission de cette structure hi\u00e9rarchique impose d&rsquo;abandonner la corr\u00e9lation simple de Spearman au profit de mod\u00e9lisations non param\u00e9triques mixtes ou de r\u00e9\u00e9chantillonnages par blocs.<\/p>\n<h3>3.2 Exploration visuelle de la monotonicit\u00e9<\/h3>\n<p>L&rsquo;exploration visuelle pr\u00e9liminaire ne constitue pas un simple pr\u00e9ambule accessoire, mais un imp\u00e9ratif diagnostique sans lequel toute interpr\u00e9tation num\u00e9rique demeure pr\u00e9caire. M\u00eame si Spearman n&rsquo;exige pas la normalit\u00e9 des distributions, il requiert formellement l&rsquo;existence d&rsquo;une monotonicit\u00e9 plausible. L&rsquo;outil d&rsquo;excellence pour valider visuellement cette hypoth\u00e8se au sein de l&rsquo;environnement R est la biblioth\u00e8que graphique ggplot2, combin\u00e9e \u00e0 des estimateurs non param\u00e9triques locaux de trajectoire.<\/p>\n<p>La strat\u00e9gie diagnostique standard repose sur la construction d&rsquo;un diagramme de dispersion bivari\u00e9 coupl\u00e9 \u00e0 une courbe de lissage par r\u00e9gression locale pond\u00e9r\u00e9e, connue sous le terme d&rsquo;ajustement LOESS (<em>Locally Estimated Scatterplot Smoothing<\/em>). L&rsquo;int\u00e9gration de la couche g\u00e9om\u00e9trique geom_point() associ\u00e9e \u00e0 geom_smooth(method = \u00ab\u00a0loess\u00a0\u00bb) permet de tracer une ligne continue flexible \u00e0 travers le nuage de points sans pr\u00e9sumer de sa forme fonctionnelle globale. L&rsquo;observation attentive de la courbe permet de certifier que la pente locale ne change jamais de signe arithm\u00e9tique sur toute l&rsquo;\u00e9tendue de l&rsquo;abscisse. Si la courbe commence par monter puis redescend de mani\u00e8re significative, la monotonicit\u00e9 est formellement viol\u00e9e, signalant \u00e0 l&rsquo;analyste que le coefficient de Spearman sera incapable de r\u00e9sumer correctement la dynamique des donn\u00e9es.<\/p>\n<p>Par ailleurs, cette exploration visuelle d\u00e9taill\u00e9e sert de r\u00e9v\u00e9lateur aux configurations aberrantes bivari\u00e9es. Un point d&rsquo;observation peut parfaitement s&rsquo;int\u00e9grer dans les limites univari\u00e9es des bo\u00eetes \u00e0 moustaches de <em>X<\/em> et de <em>Y<\/em> prises isol\u00e9ment, tout en constituant une anomalie flagrante dans l&rsquo;espace bidimensionnel conjoint &mdash; par exemple, un individu pr\u00e9sentant simultan\u00e9ment un score clinique de d\u00e9pression nul et un score de d\u00e9sespoir existentiel maximal. Enfin, le graphique permet de rep\u00e9rer instantan\u00e9ment la pr\u00e9sence de seuils psychologiques ou de saturations instrumentales se traduisant par des alignements g\u00e9om\u00e9triques horizontaux ou verticaux de points superpos\u00e9s, pr\u00e9parant le statisticien \u00e0 la gestion des rangs ex &aelig;quo.<\/p>\n<h2>4. Pr\u00e9paration de l&rsquo;environnement R et des jeux de donn\u00e9es<\/h2>\n<h3>4.1 Configuration des biblioth\u00e8ques statistiques n\u00e9cessaires<\/h3>\n<p>Pour mener \u00e0 bien une analyse rigoureuse et reproductible de la corr\u00e9lation de Spearman sous R, il est imp\u00e9ratif de configurer judicieusement l&rsquo;espace de travail en important les extensions logicielles appropri\u00e9es. Si le package stats &mdash; pr\u00e9install\u00e9 et charg\u00e9 automatiquement au d\u00e9marrage de chaque session R &mdash; contient les fonctions \u00e9l\u00e9mentaires de calcul, la recherche contemporaine exige des fonctionnalit\u00e9s \u00e9tendues pour la psychom\u00e9trie, le traitement multivari\u00e9 robuste et la visualisation avanc\u00e9e des r\u00e9sultats.<\/p>\n<p>Le socle logiciel recommand\u00e9 int\u00e8gre en premier lieu le m\u00e9ta-package tidyverse, d\u00e9velopp\u00e9 par Posit, comprenant notamment dplyr pour la manipulation fluide des donn\u00e9es tabulaires et ggplot2 pour la visualisation vectorielle de haute pr\u00e9cision. Pour les calculs sp\u00e9cifiques aux sciences humaines, le package psych, con\u00e7u et maintenu par William Revelle de la Northwestern University, est une r\u00e9f\u00e9rence incontournable offrant des sorties tabulaires compl\u00e8tes et des fonctions diagnostiques sp\u00e9cialis\u00e9es pour l&rsquo;analyse psychom\u00e9trique. En compl\u00e9ment, la biblioth\u00e8que Hmisc de Frank Harrell apporte la fonction rcorr(), incontournable pour le calcul simultan\u00e9 des matrices de coefficients et de leurs niveaux de significativit\u00e9 bivari\u00e9s associ\u00e9s.<\/p>\n<p>La reproductibilit\u00e9 computationnelle implique \u00e9galement de fixer le g\u00e9n\u00e9rateur de nombres pseudo-al\u00e9atoires au moyen de la commande fondamentale set.seed(12345), particuli\u00e8rement lorsque l&rsquo;analyste envisage le calcul d&rsquo;intervalles de confiance par bootstrap non param\u00e9trique. De surcro\u00eet, l&rsquo;optimisation des options globales d&rsquo;affichage num\u00e9rique dans la console de R via la commande options(scipen = 999, digits = 4) \u00e9vite l&rsquo;apparition de notations scientifiques exponentielles herm\u00e9tiques et stabilise l&rsquo;affichage des r\u00e9sultats \u00e0 quatre d\u00e9cimales, standard universel des revues acad\u00e9miques en psychologie.<\/p>\n<h3>4.2 Nettoyage et structuration des scores de tests psychologiques<\/h3>\n<p>L&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 de l&rsquo;analyse repose en amont sur un nettoyage m\u00e9ticuleux des donn\u00e9es brutes. Les donn\u00e9es issues des protocoles exp\u00e9rimentaux ou des plateformes de passation psychologique en ligne (telles que Qualtrics, Gorilla ou LimeSurvey) sont g\u00e9n\u00e9ralement import\u00e9es dans R \u00e0 partir de fichiers texte d\u00e9limit\u00e9s (fichiers CSV) via la fonction readr::read_csv(), ou \u00e0 partir de fichiers binaires optimis\u00e9s via readRDS(). D\u00e8s la phase d&rsquo;ingestion, un contr\u00f4le de typage s&rsquo;impose : les identifiants de participants doivent imp\u00e9rativement \u00eatre convertis en cha\u00eenes textuelles ou facteurs non ordonn\u00e9s, tandis que les items de questionnaires de type Likert doivent \u00eatre stock\u00e9s sous forme de facteurs ordonn\u00e9s (ordered factors) ou de vecteurs d&rsquo;entiers explicites.<\/p>\n<p>La manipulation des donn\u00e9es manquantes constitue une \u00e9tape critique de l&rsquo;ing\u00e9nierie des donn\u00e9es cliniques. En pr\u00e9sence de valeurs manquantes (not\u00e9es <em>NA<\/em> dans R), l&rsquo;analyste doit choisir de mani\u00e8re d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e et th\u00e9oris\u00e9e entre deux grandes strat\u00e9gies d&rsquo;exclusion lors du calcul de corr\u00e9lation. La premi\u00e8re option consiste en une suppression univari\u00e9e par paire (pairwise deletion), qui conserve pour chaque couple de variables tous les sujets disposant d&rsquo;informations valides pour ces deux dimensions sp\u00e9cifiques, maximisant ainsi la puissance statistique locale. La seconde option correspond \u00e0 la suppression par observation compl\u00e8te (listwise deletion), qui \u00e9limine d&#8217;embl\u00e9e tout participant pr\u00e9sentant une seule valeur manquante sur l&rsquo;ensemble des colonnes incluses dans l&rsquo;analyse. En psychom\u00e9trie, si les donn\u00e9es sont reconnues comme manquant de mani\u00e8re compl\u00e8tement al\u00e9atoire (MCAR), la suppression par paire est privil\u00e9gi\u00e9e, sauf si l&rsquo;analyste applique des techniques modernes d&rsquo;imputation multiple par \u00e9quations cha\u00een\u00e9es.<\/p>\n<p>Une bonne pratique de programmation consiste enfin \u00e0 standardiser rigoureusement le nom des colonnes du tableau de donn\u00e9es, en \u00e9vitant tout caract\u00e8re sp\u00e9cial, espace ou accent, et en documentant chaque variable par des m\u00e9tadonn\u00e9es claires. Cette rigueur initiale garantit une tra\u00e7abilit\u00e9 parfaite du script d&rsquo;analyse depuis l&rsquo;ingestion brute jusqu&rsquo;au rapportage finalis\u00e9 selon les crit\u00e8res de la science ouverte (Open Science).<\/p>\n<h2>5. Calcul de base du rho de Spearman entre deux vecteurs num\u00e9riques<\/h2>\n<h3>5.1 Utilisation de la fonction g\u00e9n\u00e9rique cor()<\/h3>\n<p>Au sein de l&rsquo;environnement natif de R, le point d&rsquo;entr\u00e9e le plus imm\u00e9diat pour obtenir une estimation de l&rsquo;association ordinale entre deux variables continues ou ordinales r\u00e9side dans la fonction g\u00e9n\u00e9rique cor(). Cette fonction de base requiert au minimum deux arguments vectoriels <em>x<\/em> et <em>y<\/em>, et offre un param\u00e8tre essentiel d\u00e9sign\u00e9 par method. Pour d\u00e9vier l&rsquo;algorithme de son calcul par d\u00e9faut &mdash; qui \u00e9value le <em>r<\/em> de Pearson &mdash; et forcer l&rsquo;\u00e9valuation non param\u00e9trique des rangs de Spearman, il convient de sp\u00e9cifier formellement l&rsquo;argument textuel method = \u00ab\u00a0spearman\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Sur le plan algorithmique interne, la fonction cor() applique la transformation de rang \u00e0 chaque vecteur via la fonction rank() en attribuant la moyenne des rangs disponibles en cas d&rsquo;\u00e9galit\u00e9s num\u00e9riques, puis elle injecte directement ces deux nouveaux vecteurs transform\u00e9s dans la formule standard de la covariance divis\u00e9e par le produit des \u00e9carts-types. Cette proc\u00e9dure produit un r\u00e9sultat scalaire unique, compris entre &minus;1 et +1, quantifiant la magnitude de l&rsquo;association ordinale.<\/p>\n<p>La gestion des valeurs manquantes \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de cor() impose la configuration explicite du param\u00e8tre use. Si le vecteur <em>x<\/em> ou le vecteur <em>y<\/em> comprend la moindre valeur manquante non g\u00e9r\u00e9e et que le param\u00e8tre conserve sa valeur par d\u00e9faut use = \u00ab\u00a0everything\u00a0\u00bb, R renverra immanquablement la valeur NA. Pour contourner cette interruption et r\u00e9aliser une exclusion cibl\u00e9e au niveau du couple de vecteurs, l&rsquo;analyste doit sp\u00e9cifier use = \u00ab\u00a0complete.obs\u00a0\u00bb pour une suppression globale ou use = \u00ab\u00a0pairwise.complete.obs\u00a0\u00bb pour une exclusion par paire. Bien que d&rsquo;une efficience de calcul remarquable sur des millions d&rsquo;observations, la fonction cor() souffre d&rsquo;une limite conceptuelle majeure : elle ne retourne aucun test d&rsquo;hypoth\u00e8se statistique, ne calcule aucune p-valeur et n&rsquo;affiche aucun intervalle d&rsquo;incertitude empirique.<\/p>\n<h3>5.2 Ex\u00e9cution du test d&rsquo;hypoth\u00e8se complet avec cor.test()<\/h3>\n<p>Pour franchir le cap de la simple statistique descriptive et s&rsquo;engager dans l&rsquo;inf\u00e9rence statistique formelle, le statisticien fait appel \u00e0 la fonction cor.test(), issue \u00e9galement du package de base stats. Cette fonction ex\u00e9cute un test d&rsquo;hypoth\u00e8se rigoureux \u00e9valuant l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle (<em>H<\/em><sub>0<\/sub>) selon laquelle le v\u00e9ritable param\u00e8tre <em>rho<\/em> au sein de la population parente est nul (ind\u00e9pendance ordinale), face \u00e0 l&rsquo;hypoth\u00e8se alternative (<em>H<\/em><sub>1<\/sub>) stipulant une association monotone non nulle.<\/p>\n<p>La syntaxe canonique s&rsquo;articule autour de l&rsquo;appel cor.test(x, y, method = \u00ab\u00a0spearman\u00a0\u00bb, alternative = \u00ab\u00a0two.sided\u00a0\u00bb, exact = NULL). L&rsquo;argument alternative permet de param\u00e9trer le test comme bilat\u00e9ral (par d\u00e9faut, alternative = \u00ab\u00a0two.sided\u00a0\u00bb) ou unilat\u00e9ral directionnel (alternative = \u00ab\u00a0greater\u00a0\u00bb pour postuler a priori une association monotone positive, ou alternative = \u00ab\u00a0less\u00a0\u00bb pour une relation n\u00e9gative). La formulation unilat\u00e9rale ne doit cependant \u00eatre retenue que si une justification th\u00e9orique inattaquable ou un protocole pr\u00e9-enregistr\u00e9 stipule qu&rsquo;une association dans le sens oppos\u00e9 est structurellement impossible ou d\u00e9nu\u00e9e de sens clinique.<\/p>\n<p>Un param\u00e8tre d\u00e9terminant de cor.test() est l&rsquo;argument logique exact. Par d\u00e9faut, lorsque exact = NULL, R tente d&rsquo;\u00e9valuer la distribution exacte de la statistique de Spearman par \u00e9num\u00e9ration combinatoire si la taille de l&rsquo;\u00e9chantillon <em>n<\/em> est strictement inf\u00e9rieure \u00e0 50 et qu&rsquo;aucune \u00e9galit\u00e9 de rangs n&rsquo;est d\u00e9tect\u00e9e. D\u00e8s que des ex &aelig;quo surviennent ou que <em>n<\/em> d\u00e9passe le seuil de 50, R bascule automatiquement vers une approximation asymptotique reposant sur la distribution <em>t<\/em> de Student. L&rsquo;ex\u00e9cution de cette fonction retourne un objet complexe de classe S3 nomm\u00e9 htest, contenant l&rsquo;ensemble des m\u00e9tadonn\u00e9es de l&rsquo;analyse, notamment la valeur de la statistique de test <em>S<\/em>, le nombre de degr\u00e9s de libert\u00e9 th\u00e9oriques, la p-valeur empirique, l&rsquo;estimation scalaire du <em>rho<\/em> ainsi qu&rsquo;un rappel de l&rsquo;hypoth\u00e8se alternative formul\u00e9e.<\/p>\n<h2>6. Interpr\u00e9tation statistique et psychologique des sorties R<\/h2>\n<h3>6.1 D\u00e9composition de la statistique de test S et de la p-valeur<\/h3>\n<p>L&rsquo;interpr\u00e9tation \u00e9clair\u00e9e de la sortie console g\u00e9n\u00e9r\u00e9e par cor.test() sous R n\u00e9cessite de diss\u00e9quer la m\u00e9trique fondamentale rapport\u00e9e sous le nom de statistique <em>S<\/em>. Cette derni\u00e8re ne repr\u00e9sente rien d&rsquo;autre que le num\u00e9rateur fonctionnel de la formule originelle de Spearman, c&rsquo;est-\u00e0-dire la somme directe des diff\u00e9rences de rangs au carr\u00e9 : <em>S<\/em> = &sum;(<em>R<\/em>(<em>X<sub>i<\/sub><\/em>) &minus; <em>R<\/em>(<em>Y<sub>i<\/sub><\/em>))<sup>2<\/sup>. Lorsque le couplage ordinal entre les deux variables est maximal et positif, la statistique <em>S<\/em> s&rsquo;effondre vers 0. \u00c0 l&rsquo;oppos\u00e9, lorsque le d\u00e9saccord entre les ordres est absolu (corr\u00e9lation de &minus;1), la statistique <em>S<\/em> atteint son plafond combinatoire, donn\u00e9 par l&rsquo;expression [<em>n<\/em>(<em>n<\/em><sup>2<\/sup> &minus; 1)] \/ 3. R \u00e9value ensuite la probabilit\u00e9 d&rsquo;observer par simple fluctuation d&rsquo;\u00e9chantillonnage une valeur de <em>S<\/em> aussi extr\u00eame ou plus extr\u00eame que celle calcul\u00e9e, conditionnellement \u00e0 la v\u00e9racit\u00e9 de l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle.<\/p>\n<p>La p-valeur obtenue cristallise cette probabilit\u00e9 conditionnelle. Si le niveau de risque calcul\u00e9 passe en de\u00e7\u00e0 du seuil de significativit\u00e9 nominal &alpha; conventionnellement fix\u00e9 \u00e0 0,05 dans les sciences du comportement, le chercheur est autoris\u00e9 \u00e0 rejeter l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle d&rsquo;ind\u00e9pendance monotone au profit de l&rsquo;hypoth\u00e8se alternative. Il est n\u00e9anmoins crucial de rappeler qu&rsquo;une significativit\u00e9 statistique n&rsquo;informe aucunement, \u00e0 elle seule, sur la force psychologique ou clinique de l&rsquo;effet d\u00e9couvert. Dans les cohortes \u00e9pid\u00e9miologiques volumineuses (par exemple <em>n<\/em> &gt; 5000), un coefficient <em>r<sub>s<\/sub><\/em> infime de 0,04 produira une p-valeur hautement significative (<em>p<\/em> &lt; 0,001) en raison de l&rsquo;\u00e9crasante puissance statistique de l&rsquo;\u00e9chantillon, sans que cette association infinit\u00e9simale ne rev\u00eate le moindre sens pratique.<\/p>\n<p>De plus, dans le contexte actuel de la crise de la reproductibilit\u00e9 scientifique en psychologie, la d\u00e9pendance exclusive envers la p-valeur est vigoureusement d\u00e9nonc\u00e9e par les soci\u00e9t\u00e9s savantes telles que l&rsquo;<a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/www.apa.org\">American Psychological Association<\/a>. Les chercheurs sont instamment invit\u00e9s \u00e0 interpr\u00e9ter la p-valeur conjointement avec des estimations de taille d&rsquo;effet standardis\u00e9es et des intervalles de confiance rigoureux, permettant de contextualiser la pr\u00e9cision m\u00e9trologique r\u00e9elle de l&rsquo;observation empirique.<\/p>\n<h3>6.2 \u00c9valuation de la taille d&rsquo;effet selon les conventions empiriques<\/h3>\n<p>L&rsquo;estimation ponctuelle du <em>rho<\/em> de Spearman constitue intrins\u00e8quement un indice standardis\u00e9 de la taille de l&rsquo;effet, born\u00e9 sur l&rsquo;intervalle cart\u00e9sien [&minus;1 ; +1]. Pour interpr\u00e9ter la magnitude de cette association en psychologie et en psychiatrie, les conventions historiques \u00e9tablies par <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/www.sciencedirect.com\/book\/9780121790608\/statistical-power-analysis-for-the-behavioral-sciences\">Jacob Cohen en 1988<\/a> pour le coefficient de Pearson sont tr\u00e8s largement appliqu\u00e9es par analogie directe au coefficient de Spearman. Selon la taxonomie classique de Cohen :<\/p>\n<ul>\n<li>Une corr\u00e9lation comprise entre 0,10 et 0,29 en valeur absolue refl\u00e8te une taille d&rsquo;effet <strong>faible<\/strong> (ou petite association).<\/li>\n<li>Une corr\u00e9lation comprise entre 0,30 et 0,49 indique une taille d&rsquo;effet <strong>mod\u00e9r\u00e9e<\/strong> (ou association moyenne).<\/li>\n<li>Une corr\u00e9lation \u00e9gale ou sup\u00e9rieure \u00e0 0,50 traduit une taille d&rsquo;effet <strong>forte<\/strong> (ou grande association).<\/li>\n<\/ul>\n<p>Cependant, les r\u00e9\u00e9valuations empiriques r\u00e9centes men\u00e9es par Funder et Ozer en 2019, fond\u00e9es sur la m\u00e9ta-analyse de centaines d&rsquo;\u00e9tudes en psychologie sociale et de la personnalit\u00e9, sugg\u00e8rent un \u00e9talonnage plus r\u00e9aliste. Dans ces disciplines o\u00f9 la variance des comportements humains est d\u00e9termin\u00e9e par une multitude de facteurs en interaction, une corr\u00e9lation de 0,10 est en r\u00e9alit\u00e9 typique et informative pour des pr\u00e9dictions \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle d&rsquo;une population sur le long terme ; un <em>r<sub>s<\/sub><\/em> de 0,20 pr\u00e9sente une valeur explicative substantielle, tandis qu&rsquo;un coefficient atteignant 0,30 ou plus caract\u00e9rise une association particuli\u00e8rement puissante et rarement d\u00e9pass\u00e9e dans les contextes \u00e9cologiques naturels.<\/p>\n<p>Un autre indicateur fr\u00e9quemment convoqu\u00e9 dans la litt\u00e9rature consiste \u00e0 \u00e9lever le coefficient au carr\u00e9 (<em>r<sub>s<\/sub><\/em><sup>2<\/sup>) afin d&rsquo;obtenir le coefficient de d\u00e9termination des rangs. Il convient n\u00e9anmoins d&rsquo;\u00e9mettre une mise en garde m\u00e9thodologique essentielle : le carr\u00e9 du rho de Spearman ne quantifie pas la part de variance expliqu\u00e9e sur les variables brutes mesur\u00e9es, mais strictement la proportion de variance partag\u00e9e au sein des rangs attribu\u00e9s. L&rsquo;analyste s&rsquo;abstiendra donc de formuler des affirmations trompeuses sur les \u00e9chelles d&rsquo;origine des participants, r\u00e9servant l&rsquo;interpr\u00e9tation du coefficient de d\u00e9termination \u00e0 la structure ordinale sous-jacente.<\/p>\n<h2>7. Traitement rigoureux des ex \u00e6quo (ties) dans R<\/h2>\n<h3>7.1 Origine et cons\u00e9quences des ex \u00e6quo sur le calcul<\/h3>\n<p>L&rsquo;apparition d&rsquo;observations identiques au sein d&rsquo;un m\u00eame \u00e9chantillon &mdash; ph\u00e9nom\u00e8ne universellement d\u00e9sign\u00e9 en statistique par le terme d&rsquo;ex &aelig;quo ou d&rsquo;\u00e9galit\u00e9s de rangs (<em>ties<\/em>) &mdash; constitue une caract\u00e9ristique omnipr\u00e9sente d\u00e8s lors que l&rsquo;on analyse des scores issus d&rsquo;\u00e9chelles d&rsquo;auto-\u00e9valuation psychom\u00e9triques courtes. Lorsqu&rsquo;une \u00e9chelle de satisfaction de vie ne comporte que 5 modalit\u00e9s de r\u00e9ponse et qu&rsquo;elle est administr\u00e9e \u00e0 300 r\u00e9pondants, il est math\u00e9matiquement in\u00e9vitable que des dizaines de participants se voient attribuer exactement le m\u00eame score brut. Lorsque deux ou plusieurs sujets partagent la m\u00eame valeur num\u00e9rique, ils ne peuvent \u00eatre hi\u00e9rarchis\u00e9s de mani\u00e8re univoque dans l&rsquo;ordre d&rsquo;attribution des entiers naturels.<\/p>\n<p>Pour r\u00e9soudre cette ambigu\u00eft\u00e9, la convention de classement universellement adopt\u00e9e et impl\u00e9ment\u00e9e dans la fonction rank() de R est la m\u00e9thode du rang moyen (<em>mid-ranks<\/em>). Si trois participants se partagent conjointement les rangs th\u00e9oriques 4, 5 et 6, la fonction leur attribue \u00e0 chacun la moyenne arithm\u00e9tique de ces trois positions, soit (4 + 5 + 6) \/ 3 = 5,0. Si deux participants se disputent les rangs 7 et 8, ils re\u00e7oivent chacun le rang fractionnaire 7,5. Or, l&rsquo;introduction de ces rangs fractionnaires brise l&rsquo;identit\u00e9 alg\u00e9brique sur laquelle repose la formule classique simplifi\u00e9e du <em>rho<\/em> de Spearman expos\u00e9e en section 1.1. La variance de la distribution des rangs n&rsquo;est plus constante et devient d\u00e9pendante du nombre et de l&rsquo;ampleur des groupes d&rsquo;ex &aelig;quo.<\/p>\n<p>Lorsque cor.test(x, y, method = \u00ab\u00a0spearman\u00a0\u00bb) d\u00e9tecte la moindre \u00e9galit\u00e9 de rangs dans l&rsquo;un des vecteurs, la console de R \u00e9met imm\u00e9diatement un message d&rsquo;avertissement caract\u00e9ristique : <em>\u00ab Cannot compute exact p-value with ties \u00bb<\/em> (Impossible de calculer la p-valeur exacte en pr\u00e9sence d&rsquo;ex &aelig;quo). Cet avertissement informe l&rsquo;utilisateur que l&rsquo;algorithme n&rsquo;a pas pu utiliser la distribution combinatoire finie pour d\u00e9terminer la p-valeur exacte et qu&rsquo;il a proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 un calcul asymptotique standard bas\u00e9 sur l&rsquo;approximation normale ou de Student. Bien que cette approximation soit acceptable sur les grands \u00e9chantillons, elle peut introduire un biais de significativit\u00e9 notable sur les petits effectifs cliniques (<em>n<\/em> &lt; 30).<\/p>\n<h3>7.2 Solutions m\u00e9thodologiques pour neutraliser l&rsquo;effet des ex \u00e6quo<\/h3>\n<p>Afin de traiter de mani\u00e8re scientifiquement irr\u00e9prochable les jeux de donn\u00e9es comportant un nombre \u00e9lev\u00e9 d&rsquo;ex &aelig;quo, plusieurs alternatives m\u00e9thodologiques doivent \u00eatre envisag\u00e9es par le praticien de R. La solution algorithmique la plus robuste pour obtenir des inf\u00e9rences exactes repose sur les tests de permutation conditionnels, impl\u00e9ment\u00e9s de mani\u00e8re \u00e9l\u00e9gante au sein du package sp\u00e9cialis\u00e9 <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/cran.r-project.org\/package=coin\">coin (Conditional Inference Procedures in a Permutation Framework)<\/a>.<\/p>\n<p>Gr\u00e2ce \u00e0 la fonction spearman_test() du package coin, formul\u00e9e selon la syntaxe standard y ~ x, data = mon_dataframe, R ex\u00e9cute un test de permutation exact conditionn\u00e9 pr\u00e9cis\u00e9ment sur la distribution des ex &aelig;quo observ\u00e9e dans l&rsquo;\u00e9chantillon. En sp\u00e9cifiant l&rsquo;argument distribution = \u00ab\u00a0exact\u00a0\u00bb, le package calcule l&rsquo;int\u00e9gralit\u00e9 des r\u00e9arrangements possibles des rangs r\u00e9els &mdash; y compris leurs valeurs fractionnaires &mdash; ou, pour les effectifs plus importants, simule une approximation de Monte Carlo de haute pr\u00e9cision via distribution = approximate(nresample = 10000). Cette proc\u00e9dure neutralise rigoureusement le risque d&rsquo;erreur de premi\u00e8re esp\u00e8ce sans avoir recours aux hypoth\u00e8ses asymptotiques fragiles de la fonction de base.<\/p>\n<p>Une seconde alternative m\u00e9thodologique majeure consiste \u00e0 substituer au <em>rho<\/em> de Spearman le coefficient tau-b de Kendall (<em>Kendall&rsquo;s tau-b<\/em>), accessible nativement en sp\u00e9cifiant l&rsquo;argument method = \u00ab\u00a0kendall\u00a0\u00bb au sein de la commande cor.test(). Contrairement au coefficient de Spearman, le tau-b int\u00e8gre nativement dans son d\u00e9nominateur alg\u00e9brique une correction sp\u00e9cifique et explicite pour le nombre de paires concordantes, discordantes et ex &aelig;quo li\u00e9es. De nombreux m\u00e9thodologistes, \u00e0 l&rsquo;instar de Howell ou Agresti, recommandent formellement l&rsquo;utilisation du tau-b de Kendall lorsque les variables sont issues d&rsquo;\u00e9chelles de Likert courtes ou de grilles d&rsquo;observation discr\u00e8tes, en raison de son comportement math\u00e9matique sup\u00e9rieur et de son interpr\u00e9tation probabiliste directe.<\/p>\n<h2>8. Matrices de corr\u00e9lation multivari\u00e9es et analyses multidimensionnelles<\/h2>\n<h3>8.1 Calcul de matrices compl\u00e8tes de rangs<\/h3>\n<p>Dans la grande majorit\u00e9 des recherches empiriques contemporaines en psychologie, le chercheur n&rsquo;isole pas une simple paire de variables, mais collecte des batteries multidimensionnelles d&rsquo;instruments psychom\u00e9triques ou d\u00e9compose un inventaire en une constellation de sous-\u00e9chelles corr\u00e9l\u00e9es. L&rsquo;analyse conjointe de ces instruments n\u00e9cessite la g\u00e9n\u00e9ration d&rsquo;une matrice de corr\u00e9lation multivari\u00e9e carr\u00e9e et sym\u00e9trique de dimensions <em>p<\/em> &times; <em>p<\/em>, o\u00f9 chaque cellule crois\u00e9e <em>(j, k)<\/em> contient le coefficient d&rsquo;association ordinale entre la <em>j<\/em>-i\u00e8me et la <em>k<\/em>-i\u00e8me variable.<\/p>\n<p>L&rsquo;application directe de la fonction cor() sur un data frame ou un tibble regroupant l&rsquo;int\u00e9gralit\u00e9 des scores psychologiques permet d&rsquo;obtenir instantan\u00e9ment la matrice compl\u00e8te des coefficients de rangs en configurant l&rsquo;appel comme suit : cor(mon_dataframe, method = \u00ab\u00a0spearman\u00a0\u00bb, use = \u00ab\u00a0pairwise.complete.obs\u00a0\u00bb). N\u00e9anmoins, cette fonction native de R pr\u00e9sente la limitation de ne renvoyer qu&rsquo;un tableau de coefficients scalaires, sans documenter les probabilit\u00e9s critiques (p-valeurs) associ\u00e9es \u00e0 chaque croisement bivari\u00e9. Pour franchir cette limite op\u00e9rationnelle, la communaut\u00e9 scientifique pl\u00e9biscite massivement la fonction rcorr() fournie par le package Hmisc.<\/p>\n<p>La fonction rcorr() exige en entr\u00e9e une matrice num\u00e9rique pure &mdash; n\u00e9cessitant une conversion pr\u00e9alable via as.matrix(mon_dataframe) &mdash; et prend en charge l&rsquo;argument type = \u00ab\u00a0spearman\u00a0\u00bb. L&rsquo;objet composite retourn\u00e9 par rcorr() s&rsquo;av\u00e8re particuli\u00e8rement riche et comprend trois matrices distinctes de dimensions identiques :<\/p>\n<ul>\n<li>La matrice <strong>r<\/strong> : r\u00e9capitule les coefficients de corr\u00e9lation <em>rho<\/em> de Spearman pour toutes les combinaisons bivari\u00e9es.<\/li>\n<li>La matrice <strong>n<\/strong> : consigne l&rsquo;effectif r\u00e9el des cas complets analys\u00e9s pour chaque paire sp\u00e9cifique de variables, offrant une tra\u00e7abilit\u00e9 essentielle lors de la suppression par paire.<\/li>\n<li>La matrice <strong>P<\/strong> : regroupe les p-valeurs asymptotiques exactes correspondant \u00e0 chaque test d&rsquo;ind\u00e9pendance monotone.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Cette structuration tripartite facilite consid\u00e9rablement l&rsquo;extraction automatis\u00e9e des r\u00e9sultats vers des tableaux scientifiques de format professionnel destin\u00e9s \u00e0 la diffusion acad\u00e9mique.<\/p>\n<h3>8.2 Contr\u00f4le des comparaisons multiples et ajustement des p-valeurs<\/h3>\n<p>L&rsquo;estimation simultan\u00e9e de multiples coefficients de corr\u00e9lation au sein d&rsquo;une vaste matrice soul\u00e8ve une menace statistique majeure bien document\u00e9e en \u00e9pist\u00e9mologie quantitative : l&rsquo;inflation exponentielle du taux d&rsquo;erreur par famille (<em>Family-Wise Error Rate<\/em>, ou FWER). Lorsqu&rsquo;une batterie neuropsychologique comprend seulement 10 indicateurs psychom\u00e9triques distincts, la matrice bivari\u00e9e sym\u00e9trique g\u00e9n\u00e8re un total de <em>k<\/em> = [10 &times; (10 &minus; 1)] \/ 2 = 45 tests d&rsquo;hypoth\u00e8se ind\u00e9pendants. Si le niveau de risque nominal de commettre une erreur de type I est maintenu \u00e0 &alpha; = 0,05 pour chaque test individuel, la probabilit\u00e9 globale d&rsquo;identifier faussement au moins une corr\u00e9lation statistiquement significative par pur hasard s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve selon la formule combinatoire th\u00e9orique :<\/p>\n<p>&alpha;<sub>global<\/sub> = 1 &minus; (1 &minus; 0,05)<sup>45<\/sup> &approx; 0,901<\/p>\n<p>Il y a donc plus de 90 % de probabilit\u00e9s de tirer une conclusion scientifique erron\u00e9e si aucune proc\u00e9dure de correction statistique n&rsquo;est appliqu\u00e9e. Pour juguler ce risque de faux positifs, l&rsquo;analyste sous R doit mobiliser la fonction native p.adjust(), qui prend en argument un vecteur num\u00e9rique de p-valeurs non corrig\u00e9es et applique des algorithmes de p\u00e9nalisation math\u00e9matique rigoureux via le param\u00e8tre method.<\/p>\n<p>La m\u00e9thode ultra-conservatrice historique est la correction de Bonferroni, qui divise simplement le seuil &alpha; par le nombre total de tests <em>k<\/em>. Toutefois, dans les designs corr\u00e9lationnels denses o\u00f9 les variables partagent une forte colin\u00e9arit\u00e9, Bonferroni souffre d&rsquo;un conservatisme excessif qui majore consid\u00e9rablement le risque d&rsquo;erreur de deuxi\u00e8me esp\u00e8ce (manquer de vraies associations cliniques). L&rsquo;alternative s\u00e9quentielle sup\u00e9rieure pr\u00e9conis\u00e9e est la proc\u00e9dure de Holm-Bonferroni (method = \u00ab\u00a0holm\u00a0\u00bb), qui trie les p-valeurs dans l&rsquo;ordre croissant et applique un crit\u00e8re de rejet ajust\u00e9 par palier, garantissant un contr\u00f4le rigoureux du FWER sans effondrer la puissance statistique de l&rsquo;\u00e9tude.<\/p>\n<p>Dans les contextes d&rsquo;exploration \u00e0 grande \u00e9chelle &mdash; tels que les \u00e9tudes reliant des questionnaires de personnalit\u00e9 \u00e0 des centaines de r\u00e9gions d&rsquo;int\u00e9r\u00eat en neuroimagerie fonctionnelle &mdash;, la strat\u00e9gie contemporaine dominante bascule vers le contr\u00f4le du taux de fausse d\u00e9couverte (<em>False Discovery Rate<\/em>, ou FDR). D\u00e9velopp\u00e9e par <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1111\/j.2517-6161.1995.tb02031.x\">Benjamini et Hochberg en 1995<\/a>, la m\u00e9thode sp\u00e9cifi\u00e9e par method = \u00ab\u00a0BH\u00a0\u00bb contr\u00f4le la proportion attendue de faux rejets parmi l&rsquo;ensemble des tests d\u00e9clar\u00e9s significatifs, offrant un compromis id\u00e9al entre d\u00e9couverte empirique et rigueur m\u00e9thodologique.<\/p>\n<h2>9. Visualisation avanc\u00e9e des corr\u00e9lations de rang sous R<\/h2>\n<h3>9.1 Cartographie visuelle avec le package corrplot<\/h3>\n<p>La synth\u00e8se cognitive d&rsquo;une matrice corr\u00e9lationnelle multidimensionnelle volumineuse ne peut \u00eatre pleinement appr\u00e9hend\u00e9e par la simple lecture de tableaux num\u00e9riques denses. La cartographie visuelle sous forme de matrice thermique graphique (<em>correlogram<\/em>) permet de communiquer instantan\u00e9ment l&rsquo;architecture relationnelle des donn\u00e9es. L&rsquo;extension sp\u00e9cialis\u00e9e <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/cran.r-project.org\/package=corrplot\">corrplot<\/a>, d\u00e9velopp\u00e9e par Taiyun Wei, repr\u00e9sente la r\u00e9f\u00e9rence incontournable sous R pour concevoir des visualisations \u00e9ditoriales conformes aux plus hauts standards de publication.<\/p>\n<p>La fonction corrplot() accepte directement la matrice des coefficients <em>rho<\/em> et propose une vaste panoplie de modes d&rsquo;affichage visuel configurables via le param\u00e8tre method, tels que \u00ab\u00a0circle\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0square\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0color\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0number\u00a0\u00bb. L&rsquo;une des fonctionnalit\u00e9s les plus puissantes pour l&rsquo;analyse exploratoire en psychom\u00e9trie r\u00e9side dans l&rsquo;ordonnancement automatique des variables selon leurs proximit\u00e9s factorielles ou ordinales. En param\u00e9trant order = \u00ab\u00a0hclust\u00a0\u00bb associ\u00e9 \u00e0 l&rsquo;argument hclust.method = \u00ab\u00a0ward.D2\u00a0\u00bb, corrplot proc\u00e8de \u00e0 une classification hi\u00e9rarchique ascendante non supervis\u00e9e qui r\u00e9organise la disposition des colonnes et des lignes de telle sorte que les variables fortement et positivement corr\u00e9l\u00e9es soient spatialement regroup\u00e9es en blocs visuels contigus.<\/p>\n<p>De surcro\u00eet, le package permet d&rsquo;int\u00e9grer directement la matrice des p-valeurs ajust\u00e9es calcul\u00e9e en amont, via l&rsquo;argument p.mat. En configurant insig = \u00ab\u00a0blank\u00a0\u00bb ou insig = \u00ab\u00a0cross\u00a0\u00bb, la fonction efface automatiquement ou barre d&rsquo;une croix rouge toutes les cellules corr\u00e9lationnelles dont la significativit\u00e9 n&rsquo;atteint pas le seuil critique requis, pr\u00e9servant ainsi l&rsquo;observateur d&rsquo;accorder une importance visuelle \u00e0 des artefacts non significatifs. Enfin, la s\u00e9lection d&rsquo;une palette chromatique divergente adapt\u00e9e &mdash; par exemple du bleu profond (+1) au rouge profond (&minus;1) en passant par le blanc neutre (0) &mdash; permet d&rsquo;assurer une lisibilit\u00e9 irr\u00e9prochable tout en tenant compte de l&rsquo;accessibilit\u00e9 visuelle pour les lecteurs daltoniens.<\/p>\n<h3>9.2 Repr\u00e9sentations bivari\u00e9es d\u00e9taill\u00e9es avec ggplot2 et GGally<\/h3>\n<p>Tandis que le corr\u00e9logramme synth\u00e9tise le niveau macro-statistique de l&rsquo;\u00e9tude, l&rsquo;investigation approfondie des associations entre sous-\u00e9chelles cl\u00e9s requiert une repr\u00e9sentation bivari\u00e9e \u00e0 haute r\u00e9solution int\u00e9grant la distribution marginale des scores et la morphologie exacte du nuage d&rsquo;observations. L&rsquo;extension GGally propose la fonction de haut niveau ggpairs(), qui d\u00e9ploie une matrice de dispersion multifactorielle d&rsquo;une remarquable sophistication.<\/p>\n<p>La configuration de ggpairs() permet de ventiler l&rsquo;espace graphique de mani\u00e8re tripartite : la diagonale principale affiche la distribution de densit\u00e9 liss\u00e9e univari\u00e9e de chaque score clinique ; le triangle sup\u00e9rieur accueille la valeur textuelle format\u00e9e du <em>rho<\/em> de Spearman accompagn\u00e9e d&rsquo;\u00e9toiles de significativit\u00e9 statistique ; et le triangle inf\u00e9rieur pr\u00e9sente les nuages de points bivari\u00e9s. Face \u00e0 des scores discrets pr\u00e9sentant de nombreux ex &aelig;quo superpos\u00e9s, l&rsquo;analyste doit imp\u00e9rativement param\u00e9trer la couche g\u00e9om\u00e9trique avec un l\u00e9ger bruit al\u00e9atoire de dispersion &mdash; technique connue sous le nom de sautillement ou <em>jittering<\/em> &mdash; via position = position_jitter(width = 0.2, height = 0.2). Sans cette dispersion contr\u00f4l\u00e9e, des dizaines de patients partageant les m\u00eames coordonn\u00e9es se trouvent masqu\u00e9s derri\u00e8re un point unique, trompant compl\u00e8tement l&rsquo;interpr\u00e9tation visuelle.<\/p>\n<p>Sur le plan individuel bivari\u00e9, l&rsquo;\u00e9laboration d&rsquo;une figure finale avec ggplot2 permet de superposer au nuage de points discr\u00e8tement dispers\u00e9 une courbe de r\u00e9gression non lin\u00e9aire LOESS, accompagn\u00e9e d&rsquo;un ruban d&rsquo;intervalle de confiance \u00e0 95 % semi-transparent. L&rsquo;annotation directe du coefficient <em>r<sub>s<\/sub><\/em>, de sa p-valeur exacte et de la taille d&rsquo;\u00e9chantillon au moyen de la fonction annotate(\u00ab\u00a0text\u00a0\u00bb, &#8230;) parach\u00e8ve une figure vectorielle de qualit\u00e9 mus\u00e9ale, pr\u00eate \u00e0 \u00eatre incorpor\u00e9e dans un manuscrit soumis \u00e0 une revue \u00e0 comit\u00e9 de lecture.<\/p>\n<h2>10. Estimation d&rsquo;intervalles de confiance par r\u00e9\u00e9chantillonnage bootstrap<\/h2>\n<h3>10.1 N\u00e9cessit\u00e9 du bootstrap pour les corr\u00e9lations non param\u00e9triques<\/h3>\n<p>L&rsquo;estimation ponctuelle d&rsquo;un coefficient de corr\u00e9lation, aussi m\u00e9ticuleuse soit-elle, demeure incompl\u00e8te sans l&rsquo;explicitation de sa marge d&rsquo;erreur stochastique \u00e0 travers un intervalle de confiance (IC). Pour le coefficient de Pearson, le calcul analytique d&rsquo;un IC repose de fa\u00e7on \u00e9prouv\u00e9e sur la transformation <em>z<\/em> de Fisher en tangente hyperbolique inverse : <em>z<\/em> = arctanh(<em>r<\/em>). Historiquement, de nombreux praticiens ont appliqu\u00e9 par commodit\u00e9 cette m\u00eame transformation analytique au <em>rho<\/em> de Spearman en y ins\u00e9rant une l\u00e9g\u00e8re correction de variance. Or, la recherche psychom\u00e9trique et computationnelle contemporaine a formellement d\u00e9montr\u00e9 les failles majeures de cette extrapolation analytique.<\/p>\n<p>Lorsque la taille de l&rsquo;\u00e9chantillon est restreinte (<em>n<\/em> &lt; 50) ou que la structure ordinale comporte une proportion substantielle de rangs partag\u00e9s (ex &aelig;quo), la distribution d&rsquo;\u00e9chantillonnage th\u00e9orique du <em>rho<\/em> de Spearman pr\u00e9sente une asym\u00e9trie et un kurtosis impr\u00e9visibles qui s&rsquo;\u00e9cartent violemment de la loi normale standard. L&rsquo;usage de formules analytiques param\u00e9triques produit dans ce cas des intervalles de confiance dont le taux de couverture effectif tombe fr\u00e9quemment bien en dessous du seuil nominal escompt\u00e9 de 95 %, sous-estimant dangereusement l&rsquo;incertitude r\u00e9elle des mesures.<\/p>\n<p>Pour s&rsquo;affranchir d\u00e9finitivement de tout postulat sur la distribution d&rsquo;\u00e9chantillonnage, la m\u00e9thode de r\u00e9f\u00e9rence absolue est le r\u00e9\u00e9chantillonnage non param\u00e9trique avec remise, couramment nomm\u00e9 r\u00e9\u00e9chantillonnage bootstrap (<em>bootstrap resampling<\/em>), conceptualis\u00e9 par <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1214\/aos\/1176344552\">Bradley Efron en 1979<\/a>. En consid\u00e9rant l&rsquo;\u00e9chantillon empirique observ\u00e9 comme une pseudo-population th\u00e9orique, le bootstrap g\u00e9n\u00e8re des milliers de r\u00e9pliques ind\u00e9pendantes de m\u00eame taille <em>n<\/em> en tirant au sort des paires d&rsquo;observations de mani\u00e8re al\u00e9atoire et avec remplacement. La distribution empirique des milliers de coefficients de Spearman calcul\u00e9s sur ces \u00e9chantillons r\u00e9pliqu\u00e9s fournit une mod\u00e9lisation directe, empirique et non d\u00e9form\u00e9e de la v\u00e9ritable variabilit\u00e9 d&rsquo;\u00e9chantillonnage.<\/p>\n<h3>10.2 Impl\u00e9mentation algorithmique avec le package boot<\/h3>\n<p>L&rsquo;environnement R offre une infrastructure logicielle hautement optimis\u00e9e pour l&rsquo;ex\u00e9cution d&rsquo;analyses bootstrap gr\u00e2ce au package boot, d\u00e9velopp\u00e9 originellement par Angelo Canty et Brian Ripley. La mise en &oelig;uvre d&rsquo;un bootstrap sur le <em>rho<\/em> de Spearman s&rsquo;articule autour de deux phases algorithmiques distinctes : la d\u00e9finition de la fonction statistique de rappel, puis l&rsquo;ex\u00e9cution de la simulation it\u00e9rative.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re phase impose de programmer une fonction personnalis\u00e9e prenant imp\u00e9rativement deux arguments distincts : le tableau de donn\u00e9es source (data) et un vecteur indiciel de r\u00e9\u00e9chantillonnage (indices) g\u00e9n\u00e9r\u00e9 par l&rsquo;algorithme. Cette fonction extrait le sous-ensemble de donn\u00e9es r\u00e9\u00e9chantillonn\u00e9 et \u00e9value le <em>rho<\/em> de Spearman au moyen de cor(data[indices, 1], data[indices, 2], method = \u00ab\u00a0spearman\u00a0\u00bb, use = \u00ab\u00a0complete.obs\u00a0\u00bb).<\/p>\n<p>La seconde phase consiste \u00e0 invoquer la fonction centrale boot() en renseignant le tableau de donn\u00e9es, la fonction personnalis\u00e9e d&rsquo;extraction statistique, et le nombre de simulations bootstrap requis via le param\u00e8tre R. Dans la pratique psychom\u00e9trique moderne, il est vivement recommand\u00e9 d&rsquo;ex\u00e9cuter un minimum de <em>B<\/em> = 2000 it\u00e9rations (id\u00e9alement 5000) pour stabiliser la variance asymptotique des queues de distribution.<\/p>\n<p>Une fois l&rsquo;objet bootstrap g\u00e9n\u00e9r\u00e9, l&rsquo;analyste fait appel \u00e0 la commande boot.ci() pour extraire les intervalles de confiance. Si plusieurs types d&rsquo;intervalles sont disponibles (normal, basique, centile), le choix m\u00e9thodologique de premier ordre est l&rsquo;intervalle <strong>BCa<\/strong> (<em>bias-corrected and accelerated<\/em>), obtenu en pr\u00e9cisant type = \u00ab\u00a0bca\u00a0\u00bb. L&rsquo;algorithme BCa introduit une double correction fondamentale : il ajuste le centile pour corriger le biais m\u00e9dian de la distribution r\u00e9\u00e9chantillonn\u00e9e et applique un facteur d&rsquo;acc\u00e9l\u00e9ration mesurant la d\u00e9pendance de l&rsquo;erreur standard vis-\u00e0-vis du param\u00e8tre latent. L&rsquo;intervalle de confiance \u00e0 95 % r\u00e9sultant offre la plus haute exactitude math\u00e9matique actuellement disponible dans la litt\u00e9rature statistique.<\/p>\n<h2>11. \u00c9tude de cas pratique : Analyse ordinale d&rsquo;\u00e9chelles psychologiques<\/h2>\n<h3>11.1 Pr\u00e9sentation du jeu de donn\u00e9es cliniques simul\u00e9<\/h3>\n<p>Pour ancrer ces d\u00e9veloppements th\u00e9oriques dans une r\u00e9alit\u00e9 clinique tangible, nous pr\u00e9sentons ici une \u00e9tude de cas compl\u00e8te mod\u00e9lisant une recherche men\u00e9e en psychologie de la sant\u00e9 et en m\u00e9decine psychosomatique. L&rsquo;objectif de cette \u00e9tude fictive mais \u00e9cologiquement r\u00e9aliste est d&rsquo;\u00e9valuer l&rsquo;association monotone entre le niveau de stress psychologique per\u00e7u et la d\u00e9gradation de la qualit\u00e9 subjective du sommeil chez des patients adultes consultants en centre ambulatoire de gestion du stress.<\/p>\n<p>La cohorte est constitu\u00e9e de <em>n<\/em> = 150 participants adultes cons\u00e9cutifs. Le stress per\u00e7u est op\u00e9rationnalis\u00e9 par l&rsquo;\u00e9chelle valid\u00e9e PSS-10 (<em>Perceived Stress Scale<\/em> de Cohen), dont les scores s&rsquo;\u00e9tendent th\u00e9oriquement de 0 \u00e0 40 points, g\u00e9n\u00e9rant une distribution asym\u00e9trique orient\u00e9e vers les scores mod\u00e9r\u00e9s \u00e0 s\u00e9v\u00e8res. La qualit\u00e9 du sommeil est \u00e9valu\u00e9e par une \u00e9chelle ordinale globale issue de l&rsquo;indice PSQI (<em>Pittsburgh Sleep Quality Index<\/em>), sous la forme d&rsquo;un score d&rsquo;efficience et de latence gradu\u00e9 en modalit\u00e9s discr\u00e8tes ordinales de 0 \u00e0 21, o\u00f9 un score \u00e9lev\u00e9 refl\u00e8te une pathologie s\u00e9v\u00e8re du sommeil. De surcro\u00eet, afin de refl\u00e9ter fid\u00e8lement les al\u00e9as du terrain hospitalier, une proportion contr\u00f4l\u00e9e de 4 % de donn\u00e9es manquantes distribu\u00e9es de mani\u00e8re al\u00e9atoire (MCAR) est ins\u00e9r\u00e9e dans la base, accompagn\u00e9e de nombreux ex &aelig;quo naturels sur les scores discrets du sommeil.<\/p>\n<p>Les hypoth\u00e8ses de recherche formalis\u00e9es <em>a priori<\/em> sont les suivantes :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Hypoth\u00e8se principale (H<sub>1<\/sub>) :<\/strong> Il existe une association monotone positive statistiquement significative entre la s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 du stress psychologique per\u00e7u et le score de perturbation du sommeil (un stress plus \u00e9lev\u00e9 covarie de mani\u00e8re monotone avec un sommeil plus alt\u00e9r\u00e9).<\/li>\n<li><strong>Hypoth\u00e8se nulle (H<sub>0<\/sub>) :<\/strong> Les rangs de stress per\u00e7u et les rangs de qualit\u00e9 du sommeil sont mutuellement ind\u00e9pendants au sein de la population clinique cible (<em>rho<\/em> = 0).<\/li>\n<\/ul>\n<h3>11.2 D\u00e9roulement pas \u00e0 pas du script d&rsquo;analyse complet<\/h3>\n<p>La d\u00e9marche d&rsquo;analyse sous R d\u00e9bute par la simulation rigoureuse du jeu de donn\u00e9es synth\u00e9tique, garantissant la reproductibilit\u00e9 int\u00e9grale gr\u00e2ce \u00e0 la fixation de la graine pseudo-al\u00e9atoire via set.seed(42). Le chercheur instancie un \u00e9chantillon de 150 sujets o\u00f9 la variable Stress_Score est g\u00e9n\u00e9r\u00e9e \u00e0 partir d&rsquo;une loi gamma asym\u00e9trique calibr\u00e9e pour reproduire les scores de la PSS-10, et la variable Sommeil_Score est d\u00e9riv\u00e9e par une combinaison ordinale int\u00e9grant une part de covariance monotone et un terme d&rsquo;al\u00e9a discret de Poisson.<\/p>\n<p>Le traitement analytique s&rsquo;organise selon la s\u00e9quence d&rsquo;ex\u00e9cution suivante :<\/p>\n<p><strong>\u00c9tape 1 : Inspection descriptive ordinale.<\/strong> Face \u00e0 des variables non gaussiennes, l&rsquo;analyste rejette l&rsquo;usage des moyennes et \u00e9carts-types param\u00e9triques. Il calcule les m\u00e9dianes et les \u00e9carts interquartiles (IQR) : la m\u00e9diane du stress se situe \u00e0 24,00 (IQR = 8,00) et la m\u00e9diane du sommeil s&rsquo;\u00e9tablit \u00e0 9,00 (IQR = 4,00). Les tests de Shapiro-Wilk rejettent massivement la normalit\u00e9 univari\u00e9e pour les deux distributions (<em>p<\/em> &lt; 0,001), confirmant formellement l&rsquo;interdiction de mobiliser le test de Pearson.<\/p>\n<p><strong>\u00c9tape 2 : Inf\u00e9rence bivari\u00e9e initiale et diagnostic des ex \u00e6quo.<\/strong> L&rsquo;appel de cor.test(donnees<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"Stress_Score, donnees\">$Stress_Score, donnees$<\/span>Sommeil_Score, method = \u00ab\u00a0spearman\u00a0\u00bb, use = \u00ab\u00a0pairwise.complete.obs\u00a0\u00bb) r\u00e9v\u00e8le une estimation de <em>r<sub>s<\/sub><\/em> = 0,612. La console R signale imm\u00e9diatement l&rsquo;impossibilit\u00e9 d&rsquo;\u00e9valuer la p-valeur exacte en raison des nombreux ex &aelig;quo pr\u00e9sents sur la variable discr\u00e8te du sommeil. La p-valeur asymptotique calcul\u00e9e est inf\u00e9rieure \u00e0 2,2 &times; 10<sup>&minus;16<\/sup>, attestant d&rsquo;une significativit\u00e9 extr\u00eame.<\/p>\n<p><strong>\u00c9tape 3 : Traitement exact par permutation et v\u00e9rification de sensibilit\u00e9.<\/strong> Pour valider la robustesse de l&rsquo;inf\u00e9rence face aux rangs partag\u00e9s, l&rsquo;analyste ex\u00e9cute le spearman_test() du package coin avec 10 000 r\u00e9\u00e9chantillonnages de Monte Carlo. La p-valeur empirique confirm\u00e9e demeure strictement inf\u00e9rieure \u00e0 0,0001. De surcro\u00eet, le calcul de sensibilit\u00e9 men\u00e9 avec le tau-b de Kendall retourne une estimation de &tau; = 0,468 (<em>p<\/em> &lt; 0,0001), corroborant la parfaite concordance des inf\u00e9rences ordinales.<\/p>\n<p><strong>\u00c9tape 4 : Mod\u00e9lisation de l&rsquo;intervalle de confiance bootstrap BCa.<\/strong> En mobilisant le package boot avec 2000 it\u00e9rations ind\u00e9pendantes, l&rsquo;extraction de l&rsquo;intervalle de confiance BCa \u00e0 95 % d\u00e9limite une borne inf\u00e9rieure de 0,498 et une borne sup\u00e9rieure de 0,708. Cet intervalle \u00e9troit, strictement positif et distant de z\u00e9ro, permet de conclure avec une haute certitude statistique \u00e0 l&rsquo;existence d&rsquo;une association monotone de magnitude mod\u00e9r\u00e9e \u00e0 forte dans la population clinique sous-jacente.<\/p>\n<h2>12. R\u00e9daction et int\u00e9gration des r\u00e9sultats selon les normes APA 7<\/h2>\n<h3>12.1 R\u00e8gles formelles de notation typographique et statistique<\/h3>\n<p>La diffusion des r\u00e9sultats au sein de la communaut\u00e9 scientifique internationale ob\u00e9it aux normes r\u00e9dactionnelles standardis\u00e9es \u00e9dict\u00e9es par l&rsquo;<a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/apastyle.apa.org\">American Psychological Association dans sa 7e \u00e9dition (Publication Manual of the APA, 2020)<\/a>. L&rsquo;int\u00e9gration du coefficient de corr\u00e9lation de Spearman dans le corps du texte d&rsquo;un article acad\u00e9mique requiert le strict respect d&rsquo;exigences typographiques et m\u00e9trologiques codifi\u00e9es.<\/p>\n<p>Sur le plan de la notation typographique, le coefficient de rang de Spearman est conventionnellement symbolis\u00e9 soit par la lettre latine minuscule <em>r<\/em> flanqu\u00e9e de l&rsquo;indice <em>s<\/em> en minuscule italique (<em>r<sub>s<\/sub><\/em>), soit par la lettre grecque minuscule <em>rho<\/em> en italique (&rho;). L&rsquo;usage de la notation <em>r<sub>s<\/sub><\/em> est g\u00e9n\u00e9ralement encourag\u00e9 dans les revues anglophones pour d\u00e9signer l&rsquo;estimateur \u00e9chantillonnal empirique, r\u00e9servant la lettre grecque &rho; au param\u00e8tre th\u00e9orique latent de la population. Les symboles statistiques repr\u00e9sentant des variables ou des indices (comme <em>r<sub>s<\/sub><\/em>, <em>p<\/em>, <em>N<\/em>, ou <em>S<\/em>) doivent imp\u00e9rativement \u00eatre typographi\u00e9s en caract\u00e8res italiques, tandis que les chiffres, les op\u00e9rateurs arithm\u00e9tiques, les indices textuels et les signes d&rsquo;\u00e9galit\u00e9 demeurent en caract\u00e8res romains droits.<\/p>\n<p>Concernant le formatage des valeurs num\u00e9riques, le manuel de style APA stipule que pour toute statistique dont l&rsquo;amplitude th\u00e9orique ne peut jamais exc\u00e9der l&rsquo;unit\u00e9 &mdash; ce qui est le cas des coefficients de corr\u00e9lation (born\u00e9s entre &minus;1 et +1) ainsi que des p-valeurs (born\u00e9es entre 0 et 1) &mdash;, le z\u00e9ro initial pr\u00e9c\u00e9dant la virgule ou le point d\u00e9cimal doit \u00eatre syst\u00e9matiquement omis. Ainsi, on \u00e9crira <em>r<sub>s<\/sub><\/em> = .61 et non <em>r<sub>s<\/sub><\/em> = 0.61. Les coefficients de corr\u00e9lation s&rsquo;arrondissent de mani\u00e8re standard \u00e0 deux d\u00e9cimales, tandis que les p-valeurs sont document\u00e9es avec une pr\u00e9cision de deux ou trois d\u00e9cimales (par exemple <em>p<\/em> = .024). Lorsque la probabilit\u00e9 calcul\u00e9e par R est infinit\u00e9simale (affich\u00e9e sous la forme 2.2e-16), il est rigoureusement proscrit d&rsquo;\u00e9crire <em>p<\/em> = .000, formulation math\u00e9matiquement absurde ; il convient d&rsquo;indiquer textuellement <em>p<\/em> &lt; .001.<\/p>\n<p>Enfin, le rapportage complet d&rsquo;un test de corr\u00e9lation de Spearman selon les normes APA 7 impose de consigner conjointement l&rsquo;effectif exact de l&rsquo;\u00e9chantillon entre parenth\u00e8ses imm\u00e9diatement apr\u00e8s le symbole du coefficient, suivi de la valeur scalaire de l&rsquo;indice, de l&rsquo;intervalle de confiance \u00e0 95 % entre crochets (avec ses deux bornes arrondies \u00e0 deux d\u00e9cimales), et enfin du niveau de significativit\u00e9 statistique <em>p<\/em>.<\/p>\n<h3>12.2 Exemples de paragraphes narratifs pour articles scientifiques<\/h3>\n<p>Afin de guider les auteurs dans la r\u00e9daction de la section des r\u00e9sultats de leurs manuscrits scientifiques, nous proposons ci-apr\u00e8s des mod\u00e8les textuels pr\u00e9-r\u00e9dig\u00e9s illustrant les diff\u00e9rentes configurations empiriques susceptibles d&rsquo;\u00eatre rencontr\u00e9es.<\/p>\n<p><strong>Mod\u00e8le narratif 1 : Association monotone positive statistiquement significative (d&rsquo;apr\u00e8s l&rsquo;\u00e9tude de cas du stress et du sommeil) :<\/strong><\/p>\n<p><em>\u00ab Une analyse de corr\u00e9lation de rang de Spearman a \u00e9t\u00e9 conduite afin d&rsquo;\u00e9valuer la relation monotone entre le niveau de stress per\u00e7u (PSS-10) et la d\u00e9gradation de la qualit\u00e9 du sommeil (PSQI) au sein de la cohorte clinique (N = 144 cas complets). Les distributions marginales pr\u00e9sentant une asym\u00e9trie significative et les scores de sommeil \u00e9tant mesur\u00e9s sur une \u00e9chelle ordinale comportant de nombreux ex &aelig;quo, un r\u00e9\u00e9chantillonnage bootstrap non param\u00e9trique (2 000 r\u00e9pliques) a \u00e9t\u00e9 mis en &oelig;uvre pour l&rsquo;estimation des intervalles de confiance. Les r\u00e9sultats r\u00e9v\u00e8lent une association monotone positive statistiquement significative et de forte magnitude entre les deux construits, r<sub>s<\/sub>(144) = .61, IC BCa \u00e0 95 % [.50, .71], p &lt; .001. Conform\u00e9ment \u00e0 notre hypoth\u00e8se de recherche, les patients rapportant un niveau de stress per\u00e7u plus \u00e9lev\u00e9 pr\u00e9sentent un ordonnancement hi\u00e9rarchique congruent caract\u00e9ris\u00e9 par une s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 accrue des perturbations subjectives du sommeil. \u00bb<\/em><\/p>\n<p><strong>Mod\u00e8le narratif 2 : Absence d&rsquo;association statistiquement significative :<\/strong><\/p>\n<p><em>\u00ab L&rsquo;exploration de l&rsquo;association ordinale entre l&rsquo;anciennet\u00e9 professionnelle mesur\u00e9e en ann\u00e9es et le score de satisfaction au travail \u00e9valu\u00e9 par \u00e9chelle ordinale \u00e0 5 points n&rsquo;a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 aucune relation monotone statistiquement significative au sein de l&rsquo;\u00e9chantillon analys\u00e9, r<sub>s<\/sub>(88) = &minus;.07, IC BCa \u00e0 95 % [&minus;.27, .14], p = .512. L&rsquo;hypoth\u00e8se nulle d&rsquo;ind\u00e9pendance des rangs ne peut d\u00e8s lors \u00eatre rejet\u00e9e, sugg\u00e9rant que l&rsquo;ordonnancement de la satisfaction professionnelle \u00e9volue de mani\u00e8re autonome vis-\u00e0-vis du temps d&rsquo;exercice cumul\u00e9 dans cette population. \u00bb<\/em><\/p>\n<p><strong>Mise en garde \u00e9pist\u00e9mologique contre l&rsquo;inf\u00e9rence causale abusive :<\/strong><\/p>\n<p>Il est scientifiquement capital de conclure la r\u00e9daction d&rsquo;une analyse corr\u00e9lationnelle en r\u00e9it\u00e9rant la c\u00e9l\u00e8bre maxime m\u00e9thodologique : une corr\u00e9lation, m\u00eame observ\u00e9e \u00e0 un niveau non param\u00e9trique et hautement significative (<em>p<\/em> &lt; .001), n&rsquo;implique en aucun cas une d\u00e9monstration de causalit\u00e9 directionnelle. L&rsquo;existence d&rsquo;un <em>rho<\/em> de Spearman \u00e9lev\u00e9 entre deux variables peut \u00eatre enti\u00e8rement imputable \u00e0 l&rsquo;action masqu\u00e9e d&rsquo;une troisi\u00e8me variable confondante non mesur\u00e9e (effet de tiers facteur, ou causalit\u00e9 fallacieuse), ou relever d&rsquo;une causalit\u00e9 bidirectionnelle r\u00e9ciproque. L&rsquo;\u00e9tablissement formel d&rsquo;un lien de causalit\u00e9 exige imp\u00e9rativement un plan exp\u00e9rimental avec assignation al\u00e9atoire et manipulation contr\u00f4l\u00e9e de la variable ind\u00e9pendante, ou des mod\u00e9lisations longitudinales crois\u00e9es \u00e0 d\u00e9calage temporel (<em>cross-lagged panel models<\/em>) men\u00e9es sur des vagues de recueil successives.<\/p>\n<h2>R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<p>Agresti, A. (2010). <em>Analysis of ordinal categorical data<\/em> (2e \u00e9d.). John Wiley &amp; Sons. <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1002\/9780470594001\">https:\/\/doi.org\/10.1002\/9780470594001<\/a><\/p>\n<p>American Psychological Association. (2020). <em>Publication manual of the American Psychological Association<\/em> (7e \u00e9d.). American Psychological Association. <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1037\/0000165-000\">https:\/\/doi.org\/10.1037\/0000165-000<\/a><\/p>\n<p>Benjamini, Y., &amp; Hochberg, Y. (1995). Controlling the false discovery rate: A practical and powerful approach to multiple testing. <em>Journal of the Royal Statistical Society: Series B (Methodological)<\/em>, <em>57<\/em>(1), 289&ndash;300. <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1111\/j.2517-6161.1995.tb02031.x\">https:\/\/doi.org\/10.1111\/j.2517-6161.1995.tb02031.x<\/a><\/p>\n<p>Canty, A., &amp; Ripley, B. D. (2021). <em>boot: Bootstrap R (S-Plus) Functions<\/em> (Version 1.3-28) [Logiciel informatique]. Comprehensive R Archive Network (CRAN). <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/cran.r-project.org\/package=boot\">https:\/\/cran.r-project.org\/package=boot<\/a><\/p>\n<p>Cohen, J. (1988). <em>Statistical power analysis for the behavioral sciences<\/em> (2e \u00e9d.). Lawrence Erlbaum Associates. <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.4324\/9780203771587\">https:\/\/doi.org\/10.4324\/9780203771587<\/a><\/p>\n<p>Cohen, S., Kamarck, T., &amp; Mermelstein, R. (1983). A global measure of perceived stress. <em>Journal of Health and Social Behavior<\/em>, <em>24<\/em>(4), 385&ndash;396. <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.2307\/2136404\">https:\/\/doi.org\/10.2307\/2136404<\/a><\/p>\n<p>Efron, B. (1979). Bootstrap methods: Another look at the jackknife. <em>The Annals of Statistics<\/em>, <em>7<\/em>(1), 1&ndash;26. <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1214\/aos\/1176344552\">https:\/\/doi.org\/10.1214\/aos\/1176344552<\/a><\/p>\n<p>Efron, B. (1987). Better bootstrap confidence intervals. <em>Journal of the American Statistical Association<\/em>, <em>82<\/em>(397), 171&ndash;185. <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1080\/01621459.1987.10478410\">https:\/\/doi.org\/10.1080\/01621459.1987.10478410<\/a><\/p>\n<p>Funder, D. C., &amp; Ozer, D. J. (2019). Evaluating effect size in psychological research: Sense and nonsense. <em>Advances in Methods and Practices in Psychological Science<\/em>, <em>2<\/em>(2), 156&ndash;168. <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1177\/2515245919847202\">https:\/\/doi.org\/10.1177\/2515245919847202<\/a><\/p>\n<p>Harrell, F. E., Jr. (2023). <em>Hmisc: Harrell Miscellaneous<\/em> (Version 5.1-1) [Logiciel informatique]. Comprehensive R Archive Network (CRAN). <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/cran.r-project.org\/package=Hmisc\">https:\/\/cran.r-project.org\/package=Hmisc<\/a><\/p>\n<p>Holm, S. (1979). A simple sequentially rejective multiple test procedure. <em>Scandinavian Journal of Statistics<\/em>, <em>6<\/em>(2), 65&ndash;70. <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/www.jstor.org\/stable\/4615733\">https:\/\/www.jstor.org\/stable\/4615733<\/a><\/p>\n<p>Hothorn, T., Hornik, K., van de Wiel, M. A., &amp; Zeileis, A. (2006). A Lego system for conditional inference. <em>The American Statistician<\/em>, <em>60<\/em>(3), 257&ndash;263. <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1198\/000313006X118430\">https:\/\/doi.org\/10.1198\/000313006X118430<\/a><\/p>\n<p>Kendall, M. G. (1938). A new measure of rank correlation. <em>Biometrika<\/em>, <em>30<\/em>(1\/2), 81&ndash;93. <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1093\/biomet\/30.1-2.81\">https:\/\/doi.org\/10.1093\/biomet\/30.1-2.81<\/a><\/p>\n<p>Likert, R. (1932). A technique for the measurement of attitudes. <em>Archives of Psychology<\/em>, <em>22<\/em>(140), 1&ndash;55. <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/www.jstor.org\/stable\/2267688\">https:\/\/www.jstor.org\/stable\/2267688<\/a><\/p>\n<p>R Core Team. (2023). <em>R: A language and environment for statistical computing<\/em>. R Foundation for Statistical Computing, Vienna, Austria. <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/www.R-project.org\/\">https:\/\/www.R-project.org\/<\/a><\/p>\n<p>Revelle, W. (2023). <em>psych: Procedures for Psychological, Psychometric, and Personality Research<\/em> (Version 2.3.9) [Logiciel informatique]. Comprehensive R Archive Network (CRAN). <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/cran.r-project.org\/package=psych\">https:\/\/cran.r-project.org\/package=psych<\/a><\/p>\n<p>Spearman, C. (1904). The proof and measurement of association between two things. <em>The American Journal of Psychology<\/em>, <em>15<\/em>(1), 72&ndash;101. <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.2307\/1412159\">https:\/\/doi.org\/10.2307\/1412159<\/a><\/p>\n<p>Stevens, S. S. (1946). On the theory of scales of measurement. <em>Science<\/em>, <em>103<\/em>(2684), 677&ndash;680. <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1126\/science.103.2684.677\">https:\/\/doi.org\/10.1126\/science.103.2684.677<\/a><\/p>\n<p>Wei, T., &amp; Simko, V. (2021). <em>R package &lsquo;corrplot&rsquo;: Visualization of a Correlation Matrix<\/em> (Version 0.92) [Logiciel informatique]. Comprehensive R Archive Network (CRAN). <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/cran.r-project.org\/package=corrplot\">https:\/\/cran.r-project.org\/package=corrplot<\/a><\/p>\n<p>Wickham, H., Averick, M., Bryan, J., Chang, W., McGowan, L. D., Fran\u00e7ois, R., Grolemund, G., Hayes, A., Henry, L., Hester, J., Kuhn, M., Pedersen, T. L., Miller, E., Bache, S. M., M\u00fcller, K., Ooms, J., Robinson, D., Seidel, D. P., Spinu, V., &hellip; Yutani, H. (2019). Welcome to the Tidyverse. <em>Journal of Open Source Software<\/em>, <em>4<\/em>(43), 1686. <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.21105\/joss.01686\">https:\/\/doi.org\/10.21105\/joss.01686<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Guide acad\u00e9mique complet pour calculer et interpr\u00e9ter la corr\u00e9lation de rang de Spearman dans R sur des variables ordinales et psychom\u00e9triques.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","template":"","categories":[2269,2193,1835],"tags":[5343,2245,2956,16,2217],"class_list":["post-3276","psych_stat","type-psych_stat","status-publish","hentry","category-methodes-quantitatives","category-programmation-r","category-statistiques-en-psychologie","tag-cor-test","tag-correlation-de-spearman","tag-programmation-r","tag-psychometrie","tag-statistiques-non-parametriques"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_stat\/3276","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_stat"}],"about":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/psych_stat"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3276"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_stat\/3276\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":16470,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_stat\/3276\/revisions\/16470"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3276"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3276"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3276"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}