{"id":2546,"date":"2026-09-06T18:52:10","date_gmt":"2026-09-06T18:52:10","guid":{"rendered":"http:\/\/french.arabpsychology.com\/statistics\/comment-realiser-test-u-mann-whitney-spss\/"},"modified":"2026-09-06T18:52:20","modified_gmt":"2026-09-06T18:52:20","slug":"comment-realiser-test-u-mann-whitney-spss","status":"publish","type":"psych_stat","link":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/?psych_stat=comment-realiser-test-u-mann-whitney-spss","title":{"rendered":"Comment r\u00e9aliser un test U de Mann-Whitney dans SPSS"},"content":{"rendered":"<p>Dans le domaine de l&rsquo;analyse quantitative et de la recherche empirique, le choix d&rsquo;un outil statistique appropri\u00e9 constitue une \u00e9tape charni\u00e8re d\u00e9terminant la validit\u00e9 interne et la port\u00e9e des conclusions scientifiques. Lorsque les chercheurs s&rsquo;int\u00e9ressent \u00e0 la comparaison de deux groupes ind\u00e9pendants, le r\u00e9flexe m\u00e9thodologique standard r\u00e9side fr\u00e9quemment dans l&rsquo;utilisation du test t de Student. N\u00e9anmoins, les donn\u00e9es issues de la pratique clinique, des sciences sociales, de la psychom\u00e9trie ou de la neuropsychologie violent couramment les hypoth\u00e8ses sous-jacentes \u00e0 ce mod\u00e8le param\u00e9trique classique, notamment la distribution gaussienne et l&rsquo;homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 stricte des variances. C&rsquo;est dans ce contexte pr\u00e9cis que le recours \u00e0 l&rsquo;inf\u00e9rence non param\u00e9trique s&rsquo;impose, non pas comme une solution par d\u00e9faut ou un compromis math\u00e9matique d\u00e9grad\u00e9, mais comme une d\u00e9marche m\u00e9thodologique rigoureuse et adapt\u00e9e \u00e0 la nature intrins\u00e8que des mesures comportementales.<\/p>\n<p>Le test U de Mann-Whitney s&rsquo;affirme comme le substitut non param\u00e9trique par excellence pour \u00e9valuer s&rsquo;il existe une divergence statistiquement significative entre deux populations ind\u00e9pendantes. En s&rsquo;affranchissant de la contrainte d&rsquo;une loi de distribution pr\u00e9\u00e9tablie et en op\u00e9rant une transformation des mesures continues ou discr\u00e8tes en rangs ordinaux, ce test offre une r\u00e9silience remarquable face aux asym\u00e9tries prononc\u00e9es et aux observations atypiques. L&rsquo;environnement logiciel <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/www.ibm.com\/products\/spss-statistics\">IBM SPSS Statistics<\/a> propose une suite compl\u00e8te de proc\u00e9dures computationnelles permettant d&rsquo;ex\u00e9cuter ce test, allant des interfaces graphiques traditionnelles aux modules interactifs r\u00e9cents, tout en autorisant une programmation pr\u00e9cise par lignes de commande.<\/p>\n<p>L&rsquo;objectif de cet ouvrage exhaustif est de guider pas \u00e0 pas le chercheur, l&rsquo;\u00e9tudiant avanc\u00e9 et le statisticien praticien dans la mise en \u0153uvre, l&rsquo;interpr\u00e9tation et la communication des r\u00e9sultats du test U de Mann-Whitney via SPSS. De l&rsquo;\u00e9lucidation de ses fondements formels jusqu&rsquo;\u00e0 la r\u00e9daction des synth\u00e8ses selon les directives de la 7e \u00e9dition de l&rsquo;American Psychological Association (<a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/apastyle.apa.org\">APA<\/a>), en passant par le calcul manuel des tailles d&rsquo;effet et la gestion avanc\u00e9e des rangs ex \u00e6quo, ce document apporte une couverture analytique int\u00e9grale et didactique indispensable \u00e0 une pratique scientifique irr\u00e9prochable.<\/p>\n<h2>1. Introduction et fondements th\u00e9oriques du test U de Mann-Whitney<\/h2>\n<h3>1.1 Origine conceptuelle et d\u00e9finition statistique<\/h3>\n<p>L&rsquo;histoire de la statistique non param\u00e9trique moderne a connu un tournant d\u00e9terminant au cours des ann\u00e9es 1940, p\u00e9riode marqu\u00e9e par la prise de conscience des limites structurelles impos\u00e9es par les mod\u00e8les de Student et de Fisher. En 1945, le statisticien et chimiste am\u00e9ricain <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Frank_Wilcoxon\">Frank Wilcoxon<\/a> introduisit une approche r\u00e9volutionnaire reposant sur le classement par rangs pour comparer deux groupes ind\u00e9pendants ou appari\u00e9s. Quelques ann\u00e9es plus tard, en 1947, Henry Mann et Donald Whitney enrichirent et formalis\u00e8rent cette m\u00e9thodologie dans leur article princeps publi\u00e9 dans les <em>Annals of Mathematical Statistics<\/em>, proposant une statistique explicite not\u00e9e <em>U<\/em>, capable de traiter des effectifs d&rsquo;\u00e9chantillons in\u00e9gaux tout en \u00e9tablissant les lois de probabilit\u00e9 exactes associ\u00e9es \u00e0 cette m\u00e9trique. Bien que la litt\u00e9rature scientifique oscille parfois entre les termes de test de Wilcoxon pour \u00e9chantillons ind\u00e9pendants, test de Mann-Whitney, ou test de la somme des rangs de Wilcoxon-Mann-Whitney (WMW), ces appellations renvoient fondamentalement \u00e0 une m\u00eame famille conceptuelle et math\u00e9matique.<\/p>\n<p>D&rsquo;un point de vue structural, le test U de Mann-Whitney se caract\u00e9rise par sa nature non param\u00e9trique : il ne postule aucune forme g\u00e9om\u00e9trique sp\u00e9cifique quant \u00e0 la distribution sous-jacente de la population m\u00e8re, contrairement au test t qui pr\u00e9suppose une distribution normale de moyenne et d&rsquo;\u00e9cart-type d\u00e9termin\u00e9s. Le principe op\u00e9rationnel consiste \u00e0 neutraliser les propri\u00e9t\u00e9s m\u00e9triques absolues des donn\u00e9es quantitatives brutes en les convertissant en rangs ordinaux croissants au sein d&rsquo;une s\u00e9rie combin\u00e9e. Cette conversion transforme un probl\u00e8me d&rsquo;estimation param\u00e9trique ponctuelle en une analyse combinatoire de probabilit\u00e9s de positionnement. Le test \u00e9value formellement l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle (<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"H_0\">$H_0$<\/span>) selon laquelle la probabilit\u00e9 qu&rsquo;un individu tir\u00e9 au hasard dans la premi\u00e8re population obtienne un score sup\u00e9rieur \u00e0 un individu tir\u00e9 au hasard dans la seconde population est strictement \u00e9gale \u00e0 la probabilit\u00e9 inverse, c&rsquo;est-\u00e0-dire <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"P(X &gt; Y) = P(Y &gt; X) = 0.5\">$P(X &gt; Y) = P(Y &gt; X) = 0.5$<\/span>.<\/p>\n<p>Par cons\u00e9quent, le test U s&rsquo;affirme comme une alternative de premier plan au test t pour \u00e9chantillons ind\u00e9pendants lorsque les donn\u00e9es brutes pr\u00e9sentent des violations patentes des conditions de normalit\u00e9 univari\u00e9e ou lorsqu&rsquo;elles sont recueillies par le biais d&rsquo;outils d&rsquo;\u00e9valuation ordinales. Au lieu de mesurer un \u00e9cart standardis\u00e9 entre deux moyennes arithm\u00e9tiques, l&rsquo;algorithme teste l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 stochastique des deux distributions observ\u00e9es. Il neutralise de facto l&rsquo;influence disproportionn\u00e9e des valeurs extr\u00eames qui tendent \u00e0 fausser le calcul de la moyenne et de la variance dans les mod\u00e8les de distribution classiques, offrant ainsi une robustesse statistique substantielle aux analystes confront\u00e9s \u00e0 des distributions hautement asym\u00e9triques.<\/p>\n<h3>1.2 Logique math\u00e9matique sous-jacente au calcul de U<\/h3>\n<p>La m\u00e9canique computationnelle de la statistique <em>U<\/em> repose sur un protocole \u00e9l\u00e9gant d&rsquo;ordonnancement conjoint. Consid\u00e9rons deux \u00e9chantillons ind\u00e9pendants de tailles respectives <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"n_1\">$n_1$<\/span> et <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"n_2\">$n_2$<\/span>. L&rsquo;ensemble de ces <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"N = n_1 + n_2\">$N = n_1 + n_2$<\/span> observations est r\u00e9uni au sein d&rsquo;un vecteur unique, puis ordonn\u00e9 par ordre strictement croissant, de la valeur la plus faible \u00e0 la plus \u00e9lev\u00e9e. Chaque score individuel se voit attribuer un rang num\u00e9rique ordinal d\u00e9butant \u00e0 1 pour la plus petite observation et se terminant \u00e0 <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"N\">$N$<\/span> pour la plus grande. Dans le sc\u00e9nario id\u00e9al o\u00f9 aucune observation n&rsquo;est rigoureusement identique \u00e0 une autre (absence d&rsquo;ex \u00e6quo), la somme totale des rangs allou\u00e9s \u00e0 l&rsquo;ensemble du corpus combin\u00e9 est invariante et correspond rigoureusement \u00e0 l&rsquo;entier <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"\\frac{N(N + 1)}{2}\">$\\frac{N(N + 1)}{2}$<\/span>.<\/p>\n<p>Une fois cet \u00e9tiquetage op\u00e9r\u00e9, la proc\u00e9dure proc\u00e8de \u00e0 la dissociation des donn\u00e9es afin de sommer les rangs propres \u00e0 chacun des groupes d&rsquo;appartenance. Soient <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"R_1\">$R_1$<\/span> la somme des rangs du premier groupe et <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"R_2\">$R_2$<\/span> la somme des rangs du second groupe. Les statistiques <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"U_1\">$U_1$<\/span> et <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"U_2\">$U_2$<\/span> sont alors calcul\u00e9es selon les identit\u00e9s alg\u00e9briques suivantes :<\/p>\n<p><span class=\"arabpsy-math-display\" data-latex=\"U_1 = n_1 n_2 + \\frac{n_1(n_1 + 1)}{2} - R_1\">$$U_1 = n_1 n_2 + \\frac{n_1(n_1 + 1)}{2} &#8211; R_1$$<\/span><\/p>\n<p><span class=\"arabpsy-math-display\" data-latex=\"U_2 = n_1 n_2 + \\frac{n_2(n_2 + 1)}{2} - R_2\">$$U_2 = n_1 n_2 + \\frac{n_2(n_2 + 1)}{2} &#8211; R_2$$<\/span><\/p>\n<p>Ces deux quantit\u00e9s v\u00e9rifient la relation d&rsquo;interd\u00e9pendance structurelle <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"U_1 + U_2 = n_1 n_2\">$U_1 + U_2 = n_1 n_2$<\/span>. La m\u00e9trique <em>U<\/em> adopt\u00e9e par convention statistique comme base de l&rsquo;inf\u00e9rence correspond \u00e0 la valeur minimale observ\u00e9e, soit <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"U = \\min(U_1, U_2)\">$U = \\min(U_1, U_2)$<\/span>. Cette valeur quantifierait en r\u00e9alit\u00e9 le nombre de fois o\u00f9 une observation issue d&rsquo;un groupe donn\u00e9 devance une observation issue de l&rsquo;autre groupe lors de toutes les comparaisons par paires envisageables entre les <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"n_1 \\times n_2\">$n_1 \\times n_2$<\/span> combinaisons possibles.<\/p>\n<p>Dans la r\u00e9alit\u00e9 exp\u00e9rimentale, la survenue d&rsquo;observations pr\u00e9sentant exactement la m\u00eame magnitude num\u00e9rique est fr\u00e9quente. Le protocole math\u00e9matique traite ces ex \u00e6quo en leur attribuant le rang moyen qu&rsquo;ils auraient occup\u00e9 s&rsquo;ils avaient \u00e9t\u00e9 distincts. Par exemple, si deux observations se partagent les positions ordinales 5 et 6, le rang moyen 5,5 leur est conjointement affect\u00e9. Cet ajustement num\u00e9rique, bien qu&rsquo;\u00e9l\u00e9mentaire, a une r\u00e9percussion sur la variance globale de la distribution de la somme des rangs. Lorsque les rangs li\u00e9s sont nombreux, une correction algorithmique est syst\u00e9matiquement appliqu\u00e9e au calcul du d\u00e9nominateur lors de l&rsquo;approximation normale, assurant que l&rsquo;erreur de type I reste strictement contr\u00f4l\u00e9e sous le seuil nominal pr\u00e9d\u00e9fini.<\/p>\n<h3>1.3 Pertinence m\u00e9thodologique en psychologie et sciences du comportement<\/h3>\n<p>Les protocoles de recherche en psychologie, psychiatrie exp\u00e9rimentale et sciences de l&rsquo;\u00e9ducation recourent massivement \u00e0 des dispositifs psychom\u00e9triques g\u00e9n\u00e9rant des donn\u00e9es qui heurtent les postulats des statistiques param\u00e9triques. C&rsquo;est typiquement le cas des inventaires standardis\u00e9s reposant sur des \u00e9chelles de type Likert en 5 ou 7 points (mesurant l&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9, la d\u00e9pression, la motivation intrins\u00e8que ou la satisfaction au travail). D&rsquo;un point de vue strictement \u00e9pist\u00e9mologique et m\u00e9trologique, les graduations d&rsquo;une \u00e9chelle ordinale n&rsquo;offrent aucune garantie quant \u00e0 l&rsquo;\u00e9quidistance des intervalles cognitifs subjectifs s\u00e9parant les \u00e9chelons cons\u00e9cutifs. Assimiler arbitrairement un format ordinal \u00e0 une \u00e9chelle d&rsquo;intervalles constants via une moyenne constitue une approximation souvent d\u00e9cri\u00e9e. Le test U de Mann-Whitney, en op\u00e9rant exclusivement sur l&rsquo;ordre relatif des rangs, respecte fid\u00e8lement les propri\u00e9t\u00e9s math\u00e9matiques intrins\u00e8ques de ces variables sans distorsion artificielle de l&rsquo;espace de mesure.<\/p>\n<p>En outre, les disciplines comme la neuropsychologie clinique, la p\u00e9dopsychiatrie ou les neurosciences translationnelles sont perp\u00e9tuellement confront\u00e9es \u00e0 la probl\u00e9matique des effectifs restreints. Recruter des cohortes de patients atteints d&rsquo;amn\u00e9sie ant\u00e9rograde focale, de traumatismes cr\u00e2niens sp\u00e9cifiques ou d&rsquo;affections neurod\u00e9veloppementales rares contraint fr\u00e9quemment le chercheur \u00e0 composer avec des groupes limit\u00e9s \u00e0 8, 10 ou 15 sujets. \u00c0 ces niveaux d&rsquo;\u00e9chantillonnage, le th\u00e9or\u00e8me central limite ne peut exercer son action stabilisatrice, et v\u00e9rifier formellement la normalit\u00e9 d&rsquo;une distribution via des tests comme celui de Shapiro-Wilk s&rsquo;av\u00e8re souvent peu probant en raison d&rsquo;un manque criant de puissance statistique. Le test U pr\u00e9sente l&rsquo;immense avantage de conserver une puissance statistique exemplaire face aux micro-\u00e9chantillons, tout en permettant le calcul d&rsquo;une probabilit\u00e9 exacte par permutation combinatoire sans solliciter d&rsquo;hypoth\u00e8se de normalit\u00e9 th\u00e9orique.<\/p>\n<p>Enfin, les sciences comportementales se heurtent couramment \u00e0 la pr\u00e9sence de valeurs extr\u00eames irr\u00e9ductibles mais parfaitement l\u00e9gitimes sur le plan clinique. Qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de temps de latence cognitive, de dur\u00e9es de focalisation attentionnelle ou de marqueurs biologiques salivaires (comme le cortisol), ces distributions sont naturellement biais\u00e9es positivement, affichant des queues de distribution prononc\u00e9es. Dans une analyse param\u00e9trique, une seule valeur hautement d\u00e9viante peut gonfler artificiellement la moyenne et sur\u00e9valuer la variance r\u00e9siduelle, occultant un effet r\u00e9el (erreur de type II) ou g\u00e9n\u00e9rant un faux positif (erreur de type I). Gr\u00e2ce \u00e0 la condensation des grandeurs m\u00e9triques au sein de bornes ordinales ferm\u00e9es ($1$ \u00e0 <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"N\">$N$<\/span>), le test U de Mann-Whitney neutralise ce biais de contamination scalaire, garantissant une pr\u00e9servation irr\u00e9prochable de la validit\u00e9 interne des inf\u00e9rences men\u00e9es.<\/p>\n<h2>2. Conditions d&rsquo;application et postulats m\u00e9thodologiques<\/h2>\n<h3>2.1 \u00c9chelle de mesure et ind\u00e9pendance des observations<\/h3>\n<p>L&rsquo;utilisation l\u00e9gitime du test U de Mann-Whitney n\u00e9cessite la satisfaction pr\u00e9alable d&rsquo;un socle d&rsquo;exigences m\u00e9thodologiques fondamentales. Le premier postulat concerne l&rsquo;\u00e9chelle de mesure de la variable d\u00e9pendante (variable \u00e0 expliquer). Celle-ci doit imp\u00e9rativement poss\u00e9der un niveau m\u00e9trologique au moins ordinal, ou se situer sur une \u00e9chelle d&rsquo;intervalles ou de rapports (continue). La propri\u00e9t\u00e9 ordinale garantit que les observations peuvent \u00eatre hi\u00e9rarchis\u00e9es de mani\u00e8re transitive et univoque : pour deux observations quelconques <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"A\">$A$<\/span> et <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"B\">$B$<\/span>, il doit toujours \u00eatre possible de trancher avec certitude si <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"A &gt; B\">$A &gt; B$<\/span>, <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"A &lt; B\">$A &lt; B$<\/span>, ou <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"A = B\">$A = B$<\/span>. Une variable cat\u00e9gorielle purement nominale (telle que l&#039;orientation politique, le secteur g\u00e9ographique ou la modalit\u00e9 linguistique) ne remplit pas ce crit\u00e8re et rel\u00e8ve exclusivement des m\u00e9thodes du Chi-carr\u00e9 ou des mod\u00e8les log-lin\u00e9aires.<\/p>\n<p>Le deuxi\u00e8me pr\u00e9requis r\u00e9side dans la configuration structurale de la variable ind\u00e9pendante (facteur de regroupement). Cette variable doit obligatoirement \u00eatre dichotomique, d\u00e9finissant exactement deux sous-populations distinctes, mutuellement exclusives et exhaustives au sein du plan d&rsquo;\u00e9chantillonnage (par exemple : Groupe Traitement versus Groupe T\u00e9moin ; Patients diagnostiqu\u00e9s versus Sujets sains). Si la recherche implique l&rsquo;\u00e9valuation simultan\u00e9e de trois groupes ou davantage, le statisticien devra r\u00e9orienter sa d\u00e9marche vers le test de <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Kruskal%E2%80%93Wallis_one-way_analysis_of_variance\">Kruskal-Wallis<\/a>, \u00e9quivalent non param\u00e9trique de l&rsquo;ANOVA unidirectionnelle.<\/p>\n<p>Enfin, le principe d&rsquo;ind\u00e9pendance mutuelle des observations constitue le verrou conceptuel le plus intransigeant. Chaque participant ne doit contribuer qu&rsquo;une seule et unique fois \u00e0 la base de donn\u00e9es, et l&rsquo;assignation d&rsquo;un individu au groupe exp\u00e9rimental ne doit en aucun cas corr\u00e9ler, influencer ou d\u00e9terminer la s\u00e9lection d&rsquo;un individu dans le groupe t\u00e9moin. L&rsquo;ind\u00e9pendance intra-groupe et inter-groupes implique l&rsquo;exclusion formelle de tous les sch\u00e9mas \u00e0 mesures r\u00e9p\u00e9t\u00e9es, des conceptions longitudinales (avant\/apr\u00e8s intervention) ou des designs impliquant un appariement par paires (matching par \u00e2ge ou quotient intellectuel). L&rsquo;application fautive du test U \u00e0 des donn\u00e9es appari\u00e9es constitue une d\u00e9rive courante qui d\u00e9nature la variance d&rsquo;\u00e9chantillonnage ; de tels protocoles n\u00e9cessitent imp\u00e9rativement le recours au test des rangs sign\u00e9s de Wilcoxon.<\/p>\n<h3>2.2 Forme des distributions et hypoth\u00e8ses test\u00e9es<\/h3>\n<p>L&rsquo;une des ambigu\u00eft\u00e9s les plus r\u00e9pandues dans la litt\u00e9rature appliqu\u00e9e r\u00e9side dans la confusion entre l&rsquo;\u00e9valuation d&rsquo;un d\u00e9calage de m\u00e9dianes et l&rsquo;\u00e9valuation d&rsquo;une dominance stochastique globale. Le test U de Mann-Whitney est fondamentalement un test de dominance stochastique : il examine si la distribution cumul\u00e9e d&rsquo;une population surpasse celle d&rsquo;une autre sur l&rsquo;axe continu de la variable d&rsquo;int\u00e9r\u00eat. Par cons\u00e9quent, affirmer d&#8217;embl\u00e9e que le test de Mann-Whitney \u00ab compare les m\u00e9dianes de deux groupes \u00bb constitue un raccourci math\u00e9matique inexact qui ne s&rsquo;av\u00e8re recevable que sous une condition g\u00e9om\u00e9trique tr\u00e8s stricte : la similitude parfaite de la morphologie des distributions.<\/p>\n<p>Pour que le test U puisse \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9 formellement comme un test d&rsquo;\u00e9galit\u00e9 des m\u00e9dianes pures, les distributions des deux groupes doivent pr\u00e9senter des formes substantiellement identiques en termes d&rsquo;asym\u00e9trie (skewness) et d&rsquo;aplatissement (kurtosis), diff\u00e9rant uniquement par un param\u00e8tre de translation (shift parameter). Si les histogrammes des deux cohortes affichent une m\u00eame inclinaison vers la droite avec un \u00e9talement de variance \u00e9quivalent, tout rejet significatif de l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle pourra l\u00e9gitimement \u00eatre traduit par la d\u00e9claration : \u00ab la m\u00e9diane du groupe exp\u00e9rimental est significativement sup\u00e9rieure \u00e0 celle du groupe t\u00e9moin \u00bb.<\/p>\n<p>En revanche, si les deux groupes exhibent des configurations distributives totalement discordantes \u2014 par exemple, une cohorte fortement bimodale et une cohorte univari\u00e9e sym\u00e9trique, ou des dispersions de variance massives (h\u00e9t\u00e9rosc\u00e9dasticit\u00e9) \u2014, la statistique de test conserve toute son op\u00e9rabilit\u00e9 math\u00e9matique, mais son interpr\u00e9tation change d&rsquo;ancrage \u00e9pist\u00e9mique. Le test n&rsquo;\u00e9value plus une diff\u00e9rence de m\u00e9dianes, mais une diff\u00e9rence globale dans la r\u00e9partition des rangs. L&rsquo;inf\u00e9rence doit alors s&rsquo;\u00e9noncer en termes de distribution stochastique relative : les sujets du groupe <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"A\">$A$<\/span> ont tendance \u00e0 obtenir des scores syst\u00e9matiquement plus \u00e9lev\u00e9s que les sujets du groupe <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"B\">$B$<\/span>. L&rsquo;analyse rigoureuse requiert donc une inspection visuelle pr\u00e9alable des courbes de densit\u00e9 ou des bo\u00eetes \u00e0 moustaches avant de choisir les termes de la conclusion analytique.<\/p>\n<h3>2.3 Consid\u00e9rations sur la taille d&rsquo;\u00e9chantillon<\/h3>\n<p>Le comportement asymptotique du test U de Mann-Whitney varie consid\u00e9rablement selon le volume d&rsquo;observations mobilis\u00e9 par l&rsquo;\u00e9tude. Pour les micro-\u00e9chantillons (typiquement lorsque chaque groupe comprend moins de 20 \u00e0 30 unit\u00e9s statistiques, soit <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"n_1, n_2 &lt; 20\">$n_1, n_2 &lt; 20$<\/span>), la distribution th\u00e9orique de la statistique <em>U<\/em> ne peut \u00eatre assimil\u00e9e sans risque d&rsquo;erreur \u00e0 une courbe de Gauss. Dans ce contexte, l&rsquo;inf\u00e9rence doit reposer exclusivement sur le calcul de la probabilit\u00e9 exacte combinatoire (exact p-value), qui consiste \u00e0 calculer exhaustivement toutes les permutations possibles d&rsquo;attribution des rangs observ\u00e9s afin de situer la statistique observ\u00e9e au sein de cette distribution exacte discr\u00e8te. Les logiciels statistiques modernes comme SPSS int\u00e8grent des algorithmes perfectionn\u00e9s permettant d&rsquo;obtenir cette p-valeur exacte par \u00e9num\u00e9ration compl\u00e8te ou par des m\u00e9thodes de Monte Carlo lorsque la combinatoire d\u00e9passe les capacit\u00e9s mat\u00e9rielles instantan\u00e9es.<\/p>\n<p>D\u00e8s lors que la taille des \u00e9chantillons cro\u00eet et franchit le seuil approximatif de 20 observations par sous-cohorte, la distribution d&rsquo;\u00e9chantillonnage de la statistique <em>U<\/em> converge \u00e0 une vitesse spectaculaire vers une distribution normale continue, en vertu des propri\u00e9t\u00e9s asymptotiques du th\u00e9or\u00e8me central limite. La moyenne attendue <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"\\mu_U\">$\\mu_U$<\/span> et la variance th\u00e9orique <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"\\sigma_U^2\">$\\sigma_U^2$<\/span> sous l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle sont explicitement donn\u00e9es par les formules :<\/p>\n<p><span class=\"arabpsy-math-display\" data-latex=\"\\mu_U = \\frac{n_1 n_2}{2}\">$$\\mu_U = \\frac{n_1 n_2}{2}$$<\/span><\/p>\n<p><span class=\"arabpsy-math-display\" data-latex=\"\\sigma_U = \\sqrt{\\frac{n_1 n_2 (n_1 + n_2 + 1)}{12}}\">$$\\sigma_U = \\sqrt{\\frac{n_1 n_2 (n_1 + n_2 + 1)}{12}}$$<\/span><\/p>\n<p>Cette convergence autorise la standardisation de la m\u00e9trique en un score normalis\u00e9 <em>Z<\/em> (<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"Z = \\frac{U - \\mu_U}{\\sigma_U}\">$Z = \\frac{U &#8211; \\mu_U}{\\sigma_U}$<\/span>), dont la significativit\u00e9 bilat\u00e9rale s&rsquo;extrait directement de la table de la loi normale standard. Enfin, le test U manifeste une remarquable robustesse m\u00e9thodologique face aux d\u00e9s\u00e9quilibres d&rsquo;effectifs (designs non orthogonaux). Contrairement \u00e0 certains mod\u00e8les param\u00e9triques dont la robustesse \u00e0 l&rsquo;h\u00e9t\u00e9rosc\u00e9dasticit\u00e9 s&rsquo;effondre lorsque le rapport des tailles d&rsquo;\u00e9chantillons exc\u00e8de un ratio de 1 \u00e0 2, le test de Mann-Whitney conserve un contr\u00f4le nominal fiable du taux d&rsquo;erreur de premi\u00e8re esp\u00e8ce, m\u00eame lorsqu&rsquo;une cohorte comprend dix fois plus d&rsquo;observations que l&rsquo;autre, bien que la puissance globale soit alors brid\u00e9e par la taille du plus petit contingent.<\/p>\n<h2>3. Pr\u00e9paration et structuration de la base de donn\u00e9es dans SPSS<\/h2>\n<h3>3.1 Configuration des variables dans la vue des variables<\/h3>\n<p>La r\u00e9ussite d&rsquo;un traitement quantitatif dans l&rsquo;environnement SPSS d\u00e9coule d&rsquo;un param\u00e9trage rigoureux de la matrice d\u00e8s la phase pr\u00e9paratoire. Dans l&rsquo;onglet \u00ab Affichage des variables \u00bb (Variable View) de SPSS, la construction de l&rsquo;architecture de donn\u00e9es pour le test U de Mann-Whitney exige la cr\u00e9ation et l&rsquo;ajustement m\u00e9ticuleux d&rsquo;au moins deux colonnes fondamentales : la variable d&rsquo;int\u00e9r\u00eat d\u00e9pendante et la variable de contraste ind\u00e9pendante.<\/p>\n<p>Pour la variable d\u00e9pendante (par exemple, un score clinique d&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 ou un temps de r\u00e9ponse en millisecondes), le praticien doit d\u00e9finir un intitul\u00e9 univoque dans la colonne \u00ab Nom \u00bb (sans espaces ni caract\u00e8res typographiques interdits) et renseigner un libell\u00e9 clair dans la colonne \u00ab Libell\u00e9 \u00bb (Label), facilitant la lisibilit\u00e9 future des tableaux de sortie. La colonne \u00ab Type \u00bb doit obligatoirement \u00eatre configur\u00e9e sur <em>Num\u00e9rique<\/em> (Numeric), m\u00eame si les donn\u00e9es sous-jacentes repr\u00e9sentent des cat\u00e9gories ordinales encod\u00e9es sous forme d&rsquo;entiers. Le param\u00e8tre crucial r\u00e9side dans la colonne \u00ab Mesure \u00bb (Measure) : il convient d&rsquo;indiquer explicitement soit <em>\u00c9chelle<\/em> (Scale) pour des m\u00e9triques continues, soit <em>Ordinale<\/em> (Ordinal) pour des \u00e9chelles d&rsquo;\u00e9valuation gradu\u00e9es. Bien que l&rsquo;algorithme sous-jacent tol\u00e8re un \u00e9tiquetage imparfait, cette rigueur garantit la compatibilit\u00e9 avec les modules r\u00e9cents d&rsquo;inf\u00e9rence non param\u00e9trique de SPSS qui filtrent automatiquement les variables en fonction de leur niveau de mesure.<\/p>\n<p>Pour la variable ind\u00e9pendante, il s&rsquo;agit d&rsquo;une variable nominale dichotomique. Apr\u00e8s avoir sp\u00e9cifi\u00e9 son intitul\u00e9 (par exemple, \u00ab Groupe_Traitement \u00bb), l&rsquo;utilisateur doit imp\u00e9rativement configurer le champ \u00ab Valeurs \u00bb (Values). Cette \u00e9tape consiste \u00e0 associer formellement des \u00e9tiquettes s\u00e9mantiques aux codes num\u00e9riques arbitraires qui seront saisis dans la feuille de donn\u00e9es. Une structuration standard associera par exemple la valeur num\u00e9rique 0 au libell\u00e9 \u00ab Groupe Contr\u00f4le \u00bb et la valeur num\u00e9rique 1 au libell\u00e9 \u00ab Groupe Exp\u00e9rimental \u00bb. Enfin, la colonne \u00ab Manquant \u00bb (Missing) doit \u00eatre param\u00e9tr\u00e9e pour d\u00e9finir les valeurs r\u00e9serv\u00e9es aux donn\u00e9es absentes ou non applicables (par exemple, coder syst\u00e9matiquement -99 ou 999), \u00e9vitant que ces sentinelles ne soient trait\u00e9es par m\u00e9garde comme des grandeurs quantitatives r\u00e9elles lors de la phase de conversion en rangs.<\/p>\n<figure class=\"wpt-preserved-image\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/french.arabpsychology.com\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/twoSampSPSS1.png\" alt=\"\" \/><\/figure>\n<h3>3.2 Saisie et organisation du format de donn\u00e9es long<\/h3>\n<p>L&rsquo;organisation syntaxique des enregistrements dans SPSS ob\u00e9it strictement \u00e0 la structure matricielle dite \u00ab format long \u00bb ou disposition univari\u00e9e par sujet. Chaque ligne horizontale du tableur (\u00ab Affichage des donn\u00e9es \u00bb \/ Data View) repr\u00e9sente une entit\u00e9 d&rsquo;\u00e9chantillonnage unique et indivisible (un participant, un patient, un animal d&rsquo;exp\u00e9rience), tandis que les colonnes verticales accueillent les variables mesur\u00e9es ou assign\u00e9es. Il est imp\u00e9ratif d&rsquo;\u00e9viter l&rsquo;erreur commune aux d\u00e9butants consistant \u00e0 ouvrir deux colonnes distinctes pour loger les scores des deux groupes (par exemple une colonne \u00ab Score_Groupe_A \u00bb et une colonne \u00ab Score_Groupe_B \u00bb), format qui correspond aux analyses pour \u00e9chantillons appari\u00e9s.<\/p>\n<p>Dans la configuration requise, tous les scores de la variable d\u00e9pendante sont cons\u00e9cutivement enregistr\u00e9s au sein d&rsquo;une seule et m\u00eame colonne. Une colonne adjacente re\u00e7oit le code binaire standardis\u00e9 (0 ou 1, 1 ou 2) sp\u00e9cifiant l&rsquo;appartenance de chaque sujet \u00e0 sa condition exp\u00e9rimentale respective. Avant d&rsquo;engager toute computation inf\u00e9rentielle, un audit de salubrit\u00e9 de la base s&rsquo;impose : il convient d&rsquo;ex\u00e9cuter un tri croissant puis d\u00e9croissant sur les variables pour d\u00e9celer d&rsquo;\u00e9ventuelles coquilles de frappe (par exemple l&rsquo;introduction accidentelle d&rsquo;une valeur 11 pour une modalit\u00e9 cod\u00e9e 1, ou un score clinique de 550 sur une \u00e9chelle born\u00e9e \u00e0 50) et de v\u00e9rifier l&rsquo;absence d&rsquo;enregistrements dupliqu\u00e9s via la proc\u00e9dure <em>Donn\u00e9es &gt; Identifier les observations en double<\/em>.<\/p>\n<h2>4. V\u00e9rification pr\u00e9liminaire des postulats sous SPSS<\/h2>\n<h3>4.1 \u00c9valuation formelle de la non-normalit\u00e9<\/h3>\n<p>La d\u00e9cision m\u00e9thodologique d&rsquo;opter pour le test U de Mann-Whitney plut\u00f4t que pour un test t de Student pour \u00e9chantillons ind\u00e9pendants n\u00e9cessite une justification quantitative transparente. Il convient donc de documenter rigoureusement la violation de l&rsquo;hypoth\u00e8se de normalit\u00e9 univari\u00e9e au sein de chacun des deux groupes d&rsquo;\u00e9tude pris isol\u00e9ment. Dans SPSS, cette v\u00e9rification s&rsquo;op\u00e8re de mani\u00e8re privil\u00e9gi\u00e9e via la proc\u00e9dure int\u00e9gr\u00e9e <em>Explorer<\/em>, accessible en suivant le chemin de commande suivant : <em>Analyser &gt; Statistiques descriptives &gt; Explorer<\/em>.<\/p>\n<p>Dans la bo\u00eete de dialogue contextuelle, la variable d\u00e9pendante doit \u00eatre introduite dans le champ \u00ab Liste des variables \u00e0 traiter \u00bb (Dependent List), tandis que la variable ind\u00e9pendante cat\u00e9gorielle est positionn\u00e9e dans le champ \u00ab Facteur \u00bb (Factor List). En cliquant sur l&rsquo;onglet lat\u00e9ral \u00ab Graphiques \u00bb (Plots), l&rsquo;analyste doit imp\u00e9rativement cocher la case intitul\u00e9e \u00ab Graphiques de normalit\u00e9 avec tests \u00bb (Normality plots with tests). La validation de cette proc\u00e9dure g\u00e9n\u00e8re deux tests d&rsquo;hypoth\u00e8se formels : le test de Kolmogorov-Smirnov (assorti de la correction de significativit\u00e9 de Lilliefors) et le test de Shapiro-Wilk.<\/p>\n<p>Dans la communaut\u00e9 statistique et psychom\u00e9trique, le test de Shapiro-Wilk fait figure d&rsquo;\u00e9talon d&rsquo;excellence en raison de sa puissance sup\u00e9rieure face \u00e0 un tr\u00e8s large spectre d&rsquo;asym\u00e9tries. Si la valeur de significativit\u00e9 statistique (<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"p\">$p$<\/span>) associ\u00e9e au coefficient de Shapiro-Wilk est inf\u00e9rieure au seuil alpha conventionnel de 0,05 pour l&rsquo;un ou l&rsquo;autre des sous-groupes (voire les deux), l&rsquo;hypoth\u00e8se de normalit\u00e9 gaussienne est officiellement rejet\u00e9e. Cette r\u00e9futation formelle, combin\u00e9e \u00e0 l&rsquo;analyse des indices d&rsquo;asym\u00e9trie (skewness) et d&rsquo;aplatissement (kurtosis) \u2014 consid\u00e9r\u00e9s comme critiques lorsque leur ratio standardis\u00e9 exc\u00e8de <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"\\pm 1,96\">$\\pm 1,96$<\/span> \u2014, constitue le socle probatoire incontestable l\u00e9gitimant l&rsquo;abandon des statistiques param\u00e9triques et l&rsquo;adoption pleine et enti\u00e8re du test U de Mann-Whitney.<\/p>\n<h3>4.2 Inspection graphique des distributions<\/h3>\n<p>La seule lecture des indicateurs d&rsquo;inf\u00e9rence num\u00e9rique (tels que la p-valeur de Shapiro-Wilk) ne saurait dispenser le chercheur d&rsquo;un examen visuel approfondi de la g\u00e9om\u00e9trie de ses distributions empiriques. Cet examen qualitatif permet simultan\u00e9ment d&rsquo;appr\u00e9cier la morphologie des s\u00e9ries pour d\u00e9terminer si l&rsquo;inf\u00e9rence portera sur les m\u00e9dianes ou sur la dominance stochastique, et de d\u00e9celer d&rsquo;\u00e9ventuels points extr\u00eames aberrants (outliers).<\/p>\n<p>L&rsquo;interface de SPSS met \u00e0 disposition plusieurs dispositifs graphiques compl\u00e9mentaires \u00e0 travers le menu <em>Graphes &gt; G\u00e9n\u00e9rateur de graphiques<\/em> (Chart Builder) ou via les raccourcis de la proc\u00e9dure <em>Explorer<\/em> :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Les histogrammes juxtapos\u00e9s avec courbe de Gauss superpos\u00e9e :<\/strong> Ils permettent d&rsquo;\u00e9valuer visuellement la d\u00e9viation de la distribution par rapport \u00e0 la courbe en cloche th\u00e9orique, r\u00e9v\u00e9lant la pr\u00e9sence de queues \u00e9tir\u00e9es unilat\u00e9ralement, de distributions bimodales ou d&rsquo;un \u00e9crasement massif vers le plancher de l&rsquo;\u00e9chelle (effet plancher) ou vers son plafond (effet plafond).<\/li>\n<li><strong>Les diagrammes quantile-quantile (Q-Q plots) :<\/strong> Ces graphiques confrontent les quantiles observ\u00e9s des donn\u00e9es empiriques aux quantiles th\u00e9oriques attendus sous une loi normale. Tout d\u00e9crochage syst\u00e9matique des points en dehors de la ligne diagonale de r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 45 degr\u00e9s signale une non-normalit\u00e9, les configurations en \u00ab S \u00bb d\u00e9notant des queues lourdes ou l\u00e9g\u00e8res, et les concavit\u00e9s r\u00e9v\u00e9lant de l&rsquo;asym\u00e9trie directionnelle.<\/li>\n<li><strong>Les bo\u00eetes \u00e0 moustaches (boxplots) bivari\u00e9es :<\/strong> Elles sont essentielles car elles synth\u00e9tisent sur un m\u00eame plan la m\u00e9diane (trait central horizontal), l&rsquo;intervalle interquartile (hauteur du rectangle englobant 50 % des donn\u00e9es centrales) et les valeurs suspectes. SPSS \u00e9tiquette automatiquement par un cercle les observations distantes de plus de 1,5 fois l&rsquo;\u00e9cart interquartile (outliers mod\u00e9r\u00e9s) et par une ast\u00e9risque celles distantes de plus de 3 fois cet \u00e9cart (valeurs extr\u00eames s\u00e9v\u00e8res).<\/li>\n<\/ul>\n<p>La mise en \u00e9vidence d&rsquo;observations atypiques s\u00e9v\u00e8res confirme l&rsquo;inad\u00e9quation du test t classique, dont l&rsquo;estimation de la moyenne et de l&rsquo;\u00e9cart-type est lourdement compromise par ces extrema. En revanche, le test U de Mann-Whitney, en substituant aux grandeurs m\u00e9triques des rangs monotones, absorbe ces valeurs discordantes sans d\u00e9saxer artificiellement le test statistique, consolidant ainsi la cr\u00e9dibilit\u00e9 des inf\u00e9rences produites.<\/p>\n<h2>5. Proc\u00e9dure \u00e9tape par \u00e9tape via les bo\u00eetes de dialogue h\u00e9rit\u00e9es<\/h2>\n<h3>5.1 Acc\u00e8s au menu des tests non param\u00e9triques classiques<\/h3>\n<p>Bien qu&rsquo;IBM SPSS Statistics propose depuis ses versions r\u00e9centes une interface remani\u00e9e pour les proc\u00e9dures non param\u00e9triques, la voie dite des \u00ab Bo\u00eetes de dialogue h\u00e9rit\u00e9es \u00bb (Legacy Dialogs) demeure la modalit\u00e9 la plus pris\u00e9e par les universitaires et les professionnels pour sa clart\u00e9, son efficience op\u00e9rationnelle et la lisibilit\u00e9 imm\u00e9diate de ses param\u00e8tres. Pour enclencher cette proc\u00e9dure, naviguez au sein de la barre de menus sup\u00e9rieure selon le cheminement arborescent suivant :<\/p>\n<p><em>Analyser &gt; Tests non param\u00e9triques &gt; Bo\u00eetes de dialogue h\u00e9rit\u00e9es &gt; 2 \u00e9chantillons ind\u00e9pendants&#8230;<\/em><\/p>\n<p>Dans la terminologie anglaise standard du logiciel, la s\u00e9quence \u00e9quivalente correspond \u00e0 :<\/p>\n<p><em>Analyze &gt; Nonparametric Tests &gt; Legacy Dialogs &gt; 2 Independent Samples&#8230;<\/em><\/p>\n<p>L&rsquo;activation de cette commande ouvre instantan\u00e9ment la bo\u00eete de dialogue principale intitul\u00e9e \u00ab Tests pour deux \u00e9chantillons ind\u00e9pendants \u00bb. Cette fen\u00eatre graphique synth\u00e9tise l&rsquo;ensemble des assignations structurales requises pour param\u00e9trer le test U sans dispersion visuelle superflue.<\/p>\n<figure class=\"wpt-preserved-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/french.arabpsychology.com\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/mannSPSS1.png\" alt=\"\" \/><\/figure>\n<h3>5.2 Param\u00e9trage des variables et des groupes<\/h3>\n<p>D\u00e8s l&rsquo;ouverture de l&rsquo;interface graphique d\u00e9di\u00e9e, la structure de param\u00e9trage s&rsquo;articule autour de champs s\u00e9lectifs rigoureux :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>S\u00e9lection de la variable d\u00e9pendante :<\/strong> Dans la liste alphab\u00e9tique des variables r\u00e9pertori\u00e9es dans le panneau gauche, rep\u00e9rez votre variable quantitative ou ordinale d&rsquo;int\u00e9r\u00eat, puis cliquez sur la fl\u00e8che contextuelle pointant vers la bo\u00eete centrale libell\u00e9e \u00ab Liste des variables de test \u00bb (Test Variable List). Il est parfaitement possible d&rsquo;y introduire plusieurs variables d\u00e9pendantes simultan\u00e9ment si votre protocole requiert une s\u00e9rie de comparaisons successives sur les m\u00eames cohortes.<\/li>\n<li><strong>Assignation de la variable de contraste :<\/strong> Localisez ensuite votre variable de classification binaire et transf\u00e9rez-la au sein du champ inf\u00e9rieur intitul\u00e9 \u00ab Variable de regroupement \u00bb (Grouping Variable).<\/li>\n<li><strong>D\u00e9finition des codes num\u00e9riques de groupe :<\/strong> Imm\u00e9diatement sous le champ de la variable de regroupement, le bouton de commande \u00ab D\u00e9finir groupes&#8230; \u00bb (Define Groups) s&rsquo;active. Un clic sur ce bouton fait surgir une sous-fen\u00eatre imp\u00e9rative. Vous devez y renseigner avec exactitude les valeurs num\u00e9riques conventionnelles utilis\u00e9es lors de la saisie des donn\u00e9es pour identifier vos deux groupes dans la base matricielle. Par exemple, si vous avez encod\u00e9 vos conditions sous les valeurs 1 et 2, tapez respectivement <code>1<\/code> dans la case \u00ab Groupe 1 \u00bb et <code>2<\/code> dans la case \u00ab Groupe 2 \u00bb. Validez en cliquant sur \u00ab Poursuivre \u00bb (Continue).<\/li>\n<li><strong>S\u00e9lection du mod\u00e8le de test :<\/strong> Dans l&rsquo;encadr\u00e9 inf\u00e9rieur nomm\u00e9 \u00ab Type de test \u00bb (Test Type), veillez \u00e0 ce que la case \u00e0 cocher \u00ab Mann-Whitney U \u00bb soit explicitement s\u00e9lectionn\u00e9e (elle est coch\u00e9e par d\u00e9faut dans la vaste majorit\u00e9 des installations de base d&rsquo;IBM SPSS). Laissez d\u00e9coch\u00e9es les autres alternatives telles que le test de Mo\u00efse (Moses extreme reactions), le test de Kolmogorov-Smirnov pour 2 \u00e9chantillons ou le test des suites de Wald-Wolfowitz, \u00e0 moins d&rsquo;objectifs analytiques sp\u00e9cifiques.<\/li>\n<\/ul>\n<figure class=\"wpt-preserved-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/french.arabpsychology.com\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/mannSPSS2.png\" alt=\"Mann Whitney U test in SPSS\" \/><figcaption>Mann Whitney U test in SPSS<\/figcaption><\/figure>\n<h3>5.3 Configuration des options statistiques avanc\u00e9es<\/h3>\n<p>Avant d&rsquo;ex\u00e9cuter la computation, l&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 deux modules d&rsquo;ajustement avanc\u00e9s est vivement pr\u00e9conis\u00e9 pour enrichir la finesse des livrables : les boutons \u00ab Options&#8230; \u00bb et \u00ab Exact&#8230; \u00bb situ\u00e9s sur le flanc droit de la bo\u00eete principale.<\/p>\n<p>En cliquant sur le bouton <strong>\u00ab Options&#8230; \u00bb<\/strong>, l&rsquo;utilisateur a la possibilit\u00e9 de cocher l&rsquo;instruction \u00ab Descriptives \u00bb et surtout \u00ab Quartiles \u00bb. L&rsquo;activation des quartiles est une pr\u00e9caution de premi\u00e8re importance en statistique non param\u00e9trique, car elle ordonne \u00e0 SPSS d&rsquo;\u00e9diter automatiquement les 25e, 50e (m\u00e9diane) et 75e centiles pour les variables analys\u00e9es, fournissant les m\u00e9triques descriptives indispensables \u00e0 la restitution finale du manuscrit scientifique. Le sous-menu g\u00e8re \u00e9galement le traitement des donn\u00e9es manquantes : choisissez par d\u00e9faut \u00ab Exclure les observations au cas par cas \u00bb (Exclude cases test-by-test).<\/p>\n<p>En sollicitant le bouton <strong>\u00ab Exact&#8230; \u00bb<\/strong>, le didacticiel computationnel offre un choix fondamental entre trois m\u00e9thodologies d&rsquo;\u00e9valuation de la probabilit\u00e9 critique (<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"p\">$p$<\/span>) :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Asymptotique uniquement (Asymptotic only) :<\/strong> S\u00e9lectionn\u00e9e par d\u00e9faut, cette m\u00e9thode calibre la p-valeur sur l&rsquo;approximation normale standard (<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"Z\">$Z$<\/span>). Elle s&rsquo;av\u00e8re parfaitement l\u00e9gitime d\u00e8s lors que les tailles d&rsquo;\u00e9chantillon d\u00e9passent 30 \u00e0 40 observations par cellule.<\/li>\n<li><strong>\u00c9chantillonnage de Monte Carlo (Monte Carlo) :<\/strong> Cette modalit\u00e9 estime la probabilit\u00e9 exacte en simulant de mani\u00e8re r\u00e9p\u00e9t\u00e9e un nombre massif de tirages al\u00e9atoires (par exemple 10 000 ou 100 000 permutations) \u00e0 travers la distribution de r\u00e9f\u00e9rence. Elle est particuli\u00e8rement utile pour les bases de donn\u00e9es volumineuses o\u00f9 l&rsquo;algorithme exact exhaustif saturerait la m\u00e9moire vive du processeur.<\/li>\n<li><strong>Exact (Exact) :<\/strong> Cette m\u00e9thode calcule la distribution combinatoire exhaustive de toutes les permutations envisageables des rangs pour les effectifs observ\u00e9s. C&rsquo;est le choix obligatoire et incontournable en pr\u00e9sence de micro-\u00e9chantillons (moins de 20 cas par groupe) ou lorsqu&rsquo;un nombre substantiel d&rsquo;\u00e9galit\u00e9s (ex \u00e6quo) fragilise l&rsquo;estimation asymptotique. SPSS applique un plafond temporel par d\u00e9faut (60 secondes) pour \u00e9viter les blocages computationnels lors de calculs combinatoires trop lourds.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Apr\u00e8s avoir s\u00e9lectionn\u00e9 les options appropri\u00e9es, validez successivement par \u00ab Poursuivre \u00bb, puis terminez l&rsquo;op\u00e9ration en cliquant soit sur \u00ab Coller \u00bb (Paste) pour injecter les lignes de commande dans la fen\u00eatre de syntaxe, soit sur \u00ab OK \u00bb pour lancer l&rsquo;ex\u00e9cution imm\u00e9diate du traitement.<\/p>\n<h2>6. Proc\u00e9dure alternative via l&rsquo;interface moderne des tests non param\u00e9triques<\/h2>\n<h3>6.1 Configuration du module NPTESTS<\/h3>\n<p>Depuis la version 18 d&rsquo;IBM SPSS, les d\u00e9veloppeurs ont int\u00e9gr\u00e9 une architecture analytique modernis\u00e9e accessible via la syntaxe native <code>NPTESTS<\/code>. Cette approche unifi\u00e9e r\u00e9organise l&rsquo;acc\u00e8s aux \u00e9preuves d&rsquo;inf\u00e9rence non param\u00e9trique en adoptant une mod\u00e9lisation dynamique orient\u00e9e objet. Pour initier cette proc\u00e9dure, suivez le cheminement :<\/p>\n<p><em>Analyser &gt; Tests non param\u00e9triques &gt; \u00c9chantillons ind\u00e9pendants&#8230;<\/em><\/p>\n<p>L&rsquo;interface graphique qui s&rsquo;affiche rompt radicalement avec l&rsquo;ergonomie classique et s&rsquo;articule autour de trois onglets transversaux successifs : <em>Objectif<\/em> (Objective), <em>Champs<\/em> (Fields), et <em>Param\u00e8tres<\/em> (Settings).<\/p>\n<p>Dans le premier onglet, intitul\u00e9 <strong>\u00ab Objectif \u00bb<\/strong>, le syst\u00e8me propose par d\u00e9faut l&rsquo;option \u00ab Comparer automatiquement les donn\u00e9es aux groupes \u00bb (Automatically compare data to groups). Bien que cette automatisation puisse sembler attrayante, il est fortement d\u00e9conseill\u00e9 de d\u00e9l\u00e9guer la s\u00e9lection statistique au logiciel, ce dernier choisissant arbitrairement le mod\u00e8le en fonction d&rsquo;heuristiques pr\u00e9d\u00e9finies. Il convient imp\u00e9rativement de cocher la seconde option : <strong>\u00ab Analyse personnalis\u00e9e \u00bb (Customize analysis)<\/strong>, garantissant \u00e0 l&rsquo;exp\u00e9rimentateur le contr\u00f4le total des m\u00e9thodes de calcul mobilis\u00e9es.<\/p>\n<p>Basculez ensuite sur l&rsquo;onglet central <strong>\u00ab Champs \u00bb<\/strong>. Celui-ci pr\u00e9sente deux conteneurs principaux : le champ \u00ab Cibles \u00bb (Test Fields) dans lequel vous devez ins\u00e9rer votre variable d\u00e9pendante quantitative ou ordinale, et le champ \u00ab Groupes \u00bb (Groups) o\u00f9 doit \u00eatre gliss\u00e9e la variable de regroupement binaire. L&rsquo;interface moderne analyse automatiquement les propri\u00e9t\u00e9s des m\u00e9tadonn\u00e9es d\u00e9clar\u00e9es dans la matrice et interdira le placement d&rsquo;une variable si ses niveaux d&rsquo;\u00e9chelle sont contradictoires.<\/p>\n<h3>6.2 Personnalisation des param\u00e8tres de test dans NPTESTS<\/h3>\n<p>L&rsquo;\u00e9tape d\u00e9cisive de cette interface moderne se d\u00e9roule au sein du troisi\u00e8me onglet, <strong>\u00ab Param\u00e8tres \u00bb<\/strong>. Sur la colonne de gauche \u00e9num\u00e9rant les familles de r\u00e9glages, s\u00e9lectionnez l&rsquo;entr\u00e9e \u00ab Choisir les tests \u00bb (Choose Tests). Activez ensuite le bouton radio <strong>\u00ab Personnaliser les tests \u00bb (Customize tests)<\/strong>.<\/p>\n<p>Parmi l&rsquo;\u00e9ventail des \u00e9preuves propos\u00e9es pour deux \u00e9chantillons, cochez express\u00e9ment : <strong>\u00ab Test de Mann-Whitney \u00e0 2 \u00e9chantillons (comparer les distributions) \u00bb<\/strong> (Mann-Whitney U (2 samples)). Juste en dessous, vous pouvez \u00e9galement observer l&rsquo;option pour le test de la m\u00e9diane de Mood de Wilcoxon, mais celle-ci poss\u00e8de une puissance statistique nettement inf\u00e9rieure face \u00e0 la majorit\u00e9 des sc\u00e9narios exp\u00e9rimentaux.<\/p>\n<p>Dans la colonne lat\u00e9rale gauche, vous pouvez affiner des options compl\u00e9mentaires hautement sp\u00e9cialis\u00e9es :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Options de test (Test Options) :<\/strong> Vous y fixez le seuil de signification alpha (par d\u00e9faut <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"\\alpha = 0,05\">$\\alpha = 0,05$<\/span>) ainsi que l&rsquo;intervalle de confiance souhait\u00e9 pour les estimations d\u00e9riv\u00e9es (typiquement 95 %).<\/li>\n<li><strong>M\u00e9thode de calcul de la p-valeur :<\/strong> Vous pouvez y forcer le basculement entre la m\u00e9thode asymptotique, l&rsquo;approximation stochastique de Monte Carlo ou l&rsquo;algorithme exact combinatoire.<\/li>\n<\/ul>\n<p>L&rsquo;int\u00e9r\u00eat fondamental du module moderne r\u00e9side dans le format de sortie g\u00e9n\u00e9r\u00e9 dans le visualiseur de r\u00e9sultats. Au lieu des tableaux tabulaires traditionnels statiques, SPSS produit une vue r\u00e9capitulative dynamique (\u00ab Visualiseur de mod\u00e8les \u00bb ou Model Viewer). Un double-clic sur le tableau sommaire interactif ouvre une fen\u00eatre d&rsquo;exploration d\u00e9di\u00e9e, exhibant simultan\u00e9ment le tableau des rangs, les histogrammes superpos\u00e9s interactifs des deux groupes d&rsquo;\u00e9chantillonnage, la statistique de test standardis\u00e9e, et une d\u00e9cision de test explicite (\u00ab Rejeter l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle \u00bb ou \u00ab Conserver l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle \u00bb).<\/p>\n<h2>7. Syntaxe SPSS pour automatiser et reproduire l&rsquo;analyse<\/h2>\n<h3>7.1 Structure de la commande NPAR TESTS<\/h3>\n<p>Dans un contexte de professionnalisation de la recherche scientifique et de renforcement des standards de r\u00e9plicabilit\u00e9 computationnelle, l&rsquo;utilisation interactive des menus d\u00e9roulants pr\u00e9sente des limites pratiques \u00e9videntes. La ma\u00eetrise de la programmation par la syntaxe SPSS constitue un atout pr\u00e9cieux pour tout statisticien. La commande classique pour orchestrer le test de Mann-Whitney repose sur le module <code>NPAR TESTS<\/code>.<\/p>\n<p>Le bloc de code fondamental se d\u00e9cline sous la forme canonique suivante :<\/p>\n<pre>NPAR TESTS\n  \/M-W= ScoreAnxiete BY ConditionGroup(0 1)\n  \/STATISTICS=DESCRIPTIVES QUARTILES\n  \/METHOD=EXACT.\n<\/pre>\n<p>L&rsquo;explication d\u00e9taill\u00e9e de cette s\u00e9quence syntaxique \u00e9claire les op\u00e9rations internes ex\u00e9cut\u00e9es par le moteur statistique :<\/p>\n<ul>\n<li><code>NPAR TESTS<\/code> : D\u00e9clare l&rsquo;initialisation du processeur de traitement des tests non param\u00e9triques au sein du noyau SPSS.<\/li>\n<li><code>\/M-W= ScoreAnxiete BY ConditionGroup(0 1)<\/code> : Cette sous-commande sp\u00e9cifie l&rsquo;\u00e9preuve de Mann-Whitney via l&rsquo;op\u00e9rateur mn\u00e9monique <code>\/M-W<\/code>. Elle d\u00e9signe la variable d\u00e9pendante (ici <em>ScoreAnxiete<\/em>) conditionn\u00e9e par le mot-cl\u00e9 d&rsquo;assignation <code>BY<\/code> \u00e0 la variable de regroupement (ici <em>ConditionGroup<\/em>). La parenth\u00e8se terminale <code>(0 1)<\/code> est fondamentale : elle indique formellement au compilateur quels sont les deux codes num\u00e9riques sp\u00e9cifiques qui d\u00e9limitent les groupes \u00e0 comparer dans le fichier.<\/li>\n<li><code>\/STATISTICS=DESCRIPTIVES QUARTILES<\/code> : Ordonne la g\u00e9n\u00e9ration conjointe des tableaux de statistiques descriptives \u00e9l\u00e9mentaires (moyennes, \u00e9carts-types, minima, maxima) et des quantiles (25e, 50e m\u00e9diane, 75e centile), n\u00e9cessaires \u00e0 la restitution des dispersions non param\u00e9triques.<\/li>\n<li><code>\/METHOD=EXACT<\/code> : Sp\u00e9cifie au processeur d&rsquo;abandonner l&rsquo;approximation asymptotique standard pour ex\u00e9cuter l&rsquo;algorithme combinatoire exact des permutations de rangs. Si les effectifs \u00e9taient massifs, cette ligne pourrait \u00eatre simplement omise ou remplac\u00e9e par <code>\/METHOD=ASYMPTOTIC<\/code>.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>7.2 Bonnes pratiques de reproductibilit\u00e9 scientifique<\/h3>\n<p>L&rsquo;int\u00e9gration de la syntaxe SPSS dans le flux de travail de la recherche s&rsquo;inscrit au c\u0153ur des exigences du mouvement pour la Science Ouverte (Open Science). La sauvegarde syst\u00e9matique des op\u00e9rations analytiques dans un fichier de syntaxe d\u00e9di\u00e9 portant l&rsquo;extension <code>.sps<\/code> offre une tra\u00e7abilit\u00e9 int\u00e9grale, prot\u00e9geant l&rsquo;exp\u00e9rimentateur contre les erreurs de manipulation graphique et garantissant la r\u00e9plicabilit\u00e9 parfaite des analyses lors d&rsquo;un audit de r\u00e9vision par les pairs (peer-review).<\/p>\n<p>Pour assurer une maintenabilit\u00e9 optimale de vos scripts d&rsquo;analyse, appliquez les directives professionnelles suivantes :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Documentation et m\u00e9tadonn\u00e9es internes :<\/strong> Annotez syst\u00e9matiquement votre code \u00e0 l&rsquo;aide d&rsquo;ast\u00e9risques de commentaires (<code>* Votre commentaire ici.<\/code>). Documentez la date de r\u00e9alisation, l&rsquo;auteur de l&rsquo;analyse, l&rsquo;hypoth\u00e8se op\u00e9rationnelle test\u00e9e et les justifications empiriques ayant conduit au rejet du test param\u00e9trique.<\/li>\n<li><strong>Automatisation s\u00e9quentielle multivariable :<\/strong> Si votre protocole comporte plusieurs indicateurs d\u00e9pendants, la commande autorise l&rsquo;\u00e9num\u00e9ration successive de multiples variables au sein de la m\u00eame ligne de syntaxe, d\u00e9clenchant l&rsquo;it\u00e9ration automatique des calculs :<br \/>\n  <code>\/M-W= TempsReaction_T1 MemoireTravail_Score Inhibition_Erreurs BY Condition(1 2)<\/code>.<\/li>\n<li><strong>Exportation et interop\u00e9rabilit\u00e9 des flux de travail :<\/strong> SPSS permet d&rsquo;exporter directement les r\u00e9sultats issus de la syntaxe vers des formats textuels ou tabulaires standardis\u00e9s (HTML, XML, CSV ou documents Microsoft Word) via l&rsquo;instruction <code>OUTPUT EXPORT<\/code>. Cette automatisation limite les ressaisies manuelles de donn\u00e9es, sources fr\u00e9quentes d&rsquo;erreurs typographiques dans les publications scientifiques.<\/li>\n<\/ul>\n<h2>8. Interpr\u00e9tation statistique approfondie des r\u00e9sultats<\/h2>\n<h3>8.1 Analyse du tableau des rangs<\/h3>\n<p>Lors de la validation de la proc\u00e9dure du test U de Mann-Whitney dans SPSS, le premier tableau g\u00e9n\u00e9r\u00e9 dans la fen\u00eatre de sortie s&rsquo;intitule conventionnellement <strong>\u00ab Rangs \u00bb (Ranks)<\/strong>. Bien que succinct, ce tableau contient les informations centrales qui structurent l&rsquo;ensemble de la logique du test.<\/p>\n<p>Ce tableau pr\u00e9sente, pour chacun des deux groupes d&rsquo;\u00e9chantillonnage, quatre informations fondamentales :<\/p>\n<ol>\n<li>L&rsquo;intitul\u00e9 et le libell\u00e9 de la condition d&rsquo;appartenance (variable de regroupement).<\/li>\n<li>L&rsquo;effectif valide (<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"N\">$N$<\/span>) d&rsquo;observations effectivement incluses dans l&rsquo;analyse apr\u00e8s \u00e9viction des valeurs manquantes.<\/li>\n<li>Le <strong>rang moyen (Mean Rank)<\/strong>.<\/li>\n<li>La <strong>somme des rangs (Sum of Ranks)<\/strong>.<\/li>\n<\/ol>\n<p>Le rang moyen correspond \u00e0 la moyenne arithm\u00e9tique des rangs ordinaux attribu\u00e9s aux individus composant ce groupe sp\u00e9cifique lors de la proc\u00e9dure de classement conjoint initial ($1$ \u00e0 <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"N_{total}\">$N_{total}$<\/span>). C&rsquo;est le rang moyen qui r\u00e9v\u00e8le l&rsquo;orientation globale ou la direction de l&rsquo;effet. Le groupe affichant le rang moyen le plus \u00e9lev\u00e9 est celui dont les observations ont tendance \u00e0 se concentrer vers les valeurs les plus fortes de l&rsquo;\u00e9chelle de mesure.<\/p>\n<p>Une pr\u00e9caution interpr\u00e9tative fondamentale s&rsquo;impose ici : <strong>le rang moyen ne doit en aucun cas \u00eatre confondu avec la moyenne arithm\u00e9tique brute des donn\u00e9es initiales<\/strong>. La moyenne brute op\u00e8re sur les grandeurs d&rsquo;\u00e9chelle originelles et subit l&rsquo;influence des valeurs aberrantes, tandis que le rang moyen op\u00e8re dans un univers ordinal normalis\u00e9. La somme des rangs, quant \u00e0 elle, repr\u00e9sente la valeur <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"R_i\">$R_i$<\/span> directement inject\u00e9e dans les \u00e9quations computationnelles fondamentales du mod\u00e8le pour calculer la statistique de test finale.<\/p>\n<figure class=\"wpt-preserved-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/french.arabpsychology.com\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/mannSPSS3.png\" alt=\"Output of Mann-Whitney U Test in SPSS\" \/><figcaption>Output of Mann-Whitney U Test in SPSS<\/figcaption><\/figure>\n<h3>8.2 D\u00e9codage des statistiques de test<\/h3>\n<p>Le second tableau fondamental produit par SPSS porte l&rsquo;intitul\u00e9 <strong>\u00ab Statistiques de test \u00bb (Test Statistics)<\/strong>. C&rsquo;est dans ce cadre compact que sont concentr\u00e9s les indices quantitatifs permettant de statuer sur le rejet ou la conservation de l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle.<\/p>\n<p>Ce tableau d\u00e9taille successivement :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Mann-Whitney U :<\/strong> C&rsquo;est la valeur quantitative minimale <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"U\">$U$<\/span> extraite des deux calculs combinatoires. Plus cette valeur s&rsquo;approche de z\u00e9ro, plus la s\u00e9paration entre les deux groupes est marqu\u00e9e, traduisant une divergence stochastique majeure entre les populations.<\/li>\n<li><strong>Wilcoxon W :<\/strong> Cette ligne rapporte la somme des rangs (<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"R\">$R$<\/span>) du groupe ayant obtenu la somme minimale de rangs dans le calcul. La statistique <em>W<\/em> est strictement \u00e9quivalente sur le plan inf\u00e9rentiel \u00e0 <em>U<\/em>, les deux indices \u00e9tant li\u00e9s par une relation affine pr\u00e9visible.<\/li>\n<li><strong>Z :<\/strong> Il s&rsquo;agit de la valeur du score standardis\u00e9 calcul\u00e9 par approximation de la loi normale. Un score <em>Z<\/em> n\u00e9gatif indique simplement la position relative calcul\u00e9e par SPSS en fonction de l&rsquo;ordre d&rsquo;entr\u00e9e des groupes dans la syntaxe. En valeur absolue, un <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"|Z| ge 1,96\">$|Z| ge 1,96$<\/span> signale classiquement un r\u00e9sultat statistiquement significatif au seuil standard de 5 % sous une hypoth\u00e8se bilat\u00e9rale.<\/li>\n<li><strong>Signification asymptotique (bilat\u00e9rale) [Asymp. Sig. (2-tailed)] :<\/strong> C&rsquo;est la p-valeur estim\u00e9e par la projection du score <em>Z<\/em> sur la loi normale standard centr\u00e9e r\u00e9duite. Si cette valeur est inf\u00e9rieure au seuil alpha fix\u00e9 en amont (<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"\\alpha = 0,05\">$\\alpha = 0,05$<\/span>), le chercheur rejette l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle d&rsquo;\u00e9galit\u00e9 des distributions au profit de l&rsquo;hypoth\u00e8se alternative.<\/li>\n<li><strong>Signification exacte (bilat\u00e9rale ou unilat\u00e9rale) [Exact Sig.] :<\/strong> Cette ligne n&rsquo;appara\u00eet que si l&rsquo;utilisateur a sollicit\u00e9 le calcul exact. Elle d\u00e9livre la probabilit\u00e9 combinatoire r\u00e9elle sans recours \u00e0 l&rsquo;approximation gaussienne. Si votre hypoth\u00e8se de recherche initiale \u00e9tait strictement directionnelle (par exemple : \u00ab le traitement innovant am\u00e9liore unilat\u00e9ralement la performance cognitive \u00bb), la p-valeur unilat\u00e9rale (1-tailed) correspond exactement \u00e0 la moiti\u00e9 de la valeur bilat\u00e9rale indiqu\u00e9e.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>8.3 Impact des rangs ex \u00e6quo sur la significativit\u00e9<\/h3>\n<p>Dans les applications r\u00e9elles des sciences humaines, la pr\u00e9sence de valeurs strictement identiques (rangs li\u00e9s ou ex \u00e6quo) au sein du corpus de donn\u00e9es constitue la r\u00e8gle plut\u00f4t que l&rsquo;exception, particuli\u00e8rement en pr\u00e9sence de variables ordinales courtes. La survenue massive de liens exerce un impact direct sur la structure de variance de la statistique de test en r\u00e9duisant artificiellement la variabilit\u00e9 interne du classement ordonn\u00e9 conjoint.<\/p>\n<p>Pour neutraliser ce ph\u00e9nom\u00e8ne de tassement artificiel, le compilateur d&rsquo;IBM SPSS incorpore automatiquement un facteur correctif d&rsquo;ajustement polynomial au calcul du d\u00e9nominateur du score standardis\u00e9 <em>Z<\/em>. La formule de la variance th\u00e9orique corrig\u00e9e pour les liens s&rsquo;\u00e9crit de la fa\u00e7on suivante :<\/p>\n<p><span class=\"arabpsy-math-display\" data-latex=\"\\sigma_{U(corr)}^2 = \\frac{n_1 n_2}{12} \\left( (n_1 + n_2 + 1) - \\frac{\\sum_{i=1}^k (t_i^3 - t_i)}{(n_1 + n_2)(n_1 + n_2 - 1)} \\right)\">$$\\sigma_{U(corr)}^2 = \\frac{n_1 n_2}{12} \\left( (n_1 + n_2 + 1) &#8211; \\frac{\\sum_{i=1}^k (t_i^3 &#8211; t_i)}{(n_1 + n_2)(n_1 + n_2 &#8211; 1)} \\right)$$<\/span><\/p>\n<p>Dans cette formulation, <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"k\">$k$<\/span> repr\u00e9sente le nombre total de groupes de valeurs ex \u00e6quo distincts dans la matrice globale, et <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"t_i\">$t_i$<\/span> symbolise le nombre sp\u00e9cifique d&rsquo;observations composant le <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"i\">$i$<\/span>-\u00e8me groupe de liens. L&rsquo;application de ce facteur r\u00e9ducteur diminue la variance d&rsquo;\u00e9chantillonnage, ce qui a pour effet direct d&rsquo;accro\u00eetre l\u00e9g\u00e8rement la magnitude absolue du score standardis\u00e9 <em>Z<\/em>, produisant ainsi une p-valeur asymptotique corrig\u00e9e marginalement plus faible (plus lib\u00e9rale) que la p-valeur brute non corrig\u00e9e.<\/p>\n<p>Toutefois, si l&rsquo;\u00e9chelle de mesure initiale est d&rsquo;une granularit\u00e9 extr\u00eamement pauvre \u2014 par exemple une \u00e9chelle d&rsquo;appr\u00e9ciation limit\u00e9e \u00e0 3 \u00e9chelons seulement \u2014 la proportion d&rsquo;ex \u00e6quo peut atteindre des seuils critiques exc\u00e9dant 40 \u00e0 50 % de l&rsquo;\u00e9chantillon. Dans une telle situation de concentration discr\u00e8te extr\u00eame, la correction math\u00e9matique normale peut perdre de sa fiabilit\u00e9 structurelle. Il devient alors indispensable d&rsquo;exiger de SPSS le calcul de la <em>Signification exacte<\/em> par permutation, seule approche capable de cartographier la combinatoire discr\u00e8te sans distorsion asymptotique induite par les \u00e9galit\u00e9s de rangs.<\/p>\n<h2>9. Calcul et interpr\u00e9tation de la taille d&rsquo;effet<\/h2>\n<h3>9.1 Calcul du coefficient r de Rosenthal<\/h3>\n<p>L&rsquo;inf\u00e9rence statistique contemporaine s&rsquo;accorde sur le constat qu&rsquo;une p-valeur isol\u00e9e est incapable de renseigner ad\u00e9quatement sur la magnitude ou la port\u00e9e pragmatique d&rsquo;un ph\u00e9nom\u00e8ne exp\u00e9rimental. La p-valeur demeure intrins\u00e8quement d\u00e9pendante de la puissance statistique et donc du volume de l&rsquo;\u00e9chantillon mobilis\u00e9 : un effet minuscule et cliniquement insignifiant acquiert une significativit\u00e9 statistique \u00e9clatante au sein d&rsquo;un \u00e9chantillon massif de 5 000 participants. Il est donc scientifiquement obligatoire de rapporter un indice standardis\u00e9 mesurant la taille d&rsquo;effet (effect size).<\/p>\n<p>Dans le cadre du test U de Mann-Whitney, l&rsquo;indice d&rsquo;estimation standard le plus largement sollicit\u00e9 au sein des revues scientifiques internationales est le coefficient de corr\u00e9lation <strong><span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"r\">$r$<\/span> de Rosenthal<\/strong> (\u00e9galement assimilable \u00e0 une corr\u00e9lation de rangs). Bien qu&rsquo;IBM SPSS n&rsquo;\u00e9dite pas directement cette m\u00e9trique au sein de son tableau r\u00e9capitulatif classique, son calcul manuel ou via les commandes de transformation s&rsquo;av\u00e8re direct \u00e0 partir du score standardis\u00e9 <em>Z<\/em> rapport\u00e9 par le logiciel. La formule s&rsquo;\u00e9nonce ainsi :<\/p>\n<p><span class=\"arabpsy-math-display\" data-latex=\"r = \\frac{|Z|}{\\sqrt{N}}\">$$r = \\frac{|Z|}{\\sqrt{N}}$$<\/span><\/p>\n<p>Dans cette \u00e9quation formelle, <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"|Z|\">$|Z|$<\/span> d\u00e9signe la valeur absolue du score standardis\u00e9 normalis\u00e9 rapport\u00e9 dans le tableau \u00ab Statistiques de test \u00bb, et <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"N\">$N$<\/span> repr\u00e9sente la taille combin\u00e9e de l&rsquo;\u00e9chantillon total (<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"N = n_1 + n_2\">$N = n_1 + n_2$<\/span>), et non l&rsquo;effectif d&rsquo;un sous-groupe isol\u00e9.<\/p>\n<p>Pour appr\u00e9cier quantitativement l&rsquo;amplitude de l&rsquo;effet obtenu, les chercheurs s&rsquo;appuient g\u00e9n\u00e9ralement sur les balises de r\u00e9f\u00e9rence propos\u00e9es par le psychom\u00e9tricien <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Jacob_Cohen_(statistician)\">Jacob Cohen<\/a> pour les coefficients de corr\u00e9lation :<\/p>\n<ul>\n<li><span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"r \\approx 0,10\">$r \\approx 0,10$<\/span> : Effet de faible magnitude (taille d&rsquo;effet modeste).<\/li>\n<li><span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"r \\approx 0,30\">$r \\approx 0,30$<\/span> : Effet d&rsquo;amplitude interm\u00e9diaire (taille d&rsquo;effet mod\u00e9r\u00e9e).<\/li>\n<li><span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"r ge 0,50\">$r ge 0,50$<\/span> : Effet d&rsquo;amplitude majeure (forte taille d&rsquo;effet).<\/li>\n<\/ul>\n<p>Il importe toutefois de souligner une limite m\u00e9thodologique de cet indice : le coefficient <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"r\">$r$<\/span> de Rosenthal h\u00e9rite de la sensibilit\u00e9 asymptotique du score <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"Z\">$Z$<\/span>. Lorsque les distributions pr\u00e9sentent des formes excessivement \u00e9loign\u00e9es du profil gaussien ou que la proportion d&rsquo;\u00e9galit\u00e9s est tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9e, le calcul peut subir de l\u00e9g\u00e8res distorsions d&rsquo;estimation.<\/p>\n<h3>9.2 Mesures alternatives de la force de l&rsquo;effet<\/h3>\n<p>Face aux limites du coefficient <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"r\">$r$<\/span>, plusieurs m\u00e9triques compl\u00e9mentaires issues de la mod\u00e9lisation statistique moderne permettent de documenter la robustesse d&rsquo;un effet non param\u00e9trique de mani\u00e8re plus intuitive :<\/p>\n<p><strong>1. Le coefficient de corr\u00e9lation de rang-bis\u00e9rial (<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"r_{rb}\">$r_{rb}$<\/span>) :<\/strong> Cet indicateur quantifie la proportion diff\u00e9rentielle de paires concordantes versus discordantes entre les deux groupes. Il s&rsquo;exprime par une relation alg\u00e9brique directe \u00e0 partir de la statistique <em>U<\/em> et du produit des effectifs :<\/p>\n<p><span class=\"arabpsy-math-display\" data-latex=\"r_{rb} = 1 - \\frac{2U}{n_1 n_2}\">$$r_{rb} = 1 &#8211; \\frac{2U}{n_1 n_2}$$<\/span><\/p>\n<p>Cet indice oscille rigoureusement dans l&rsquo;intervalle born\u00e9 <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"[-1 ; +1]\">$[-1 ; +1]$<\/span>. Une valeur de 0 indique une absence absolue de dominance entre les groupes, tandis qu&rsquo;une valeur de <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"+1\">$+1$<\/span> ou <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"-1\">$-1$<\/span> refl\u00e8te une s\u00e9paration sans aucun chevauchement des deux distributions ordinales.<\/p>\n<p><strong>2. La probabilit\u00e9 de sup\u00e9riorit\u00e9 (Common Language Effect Size &#8211; CLES) :<\/strong> \u00c9galement d\u00e9sign\u00e9e sous l&rsquo;appellation d&rsquo;indice d&rsquo;aire sous la courbe ROC (<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"AUC\">$AUC$<\/span>), cette m\u00e9trique se d\u00e9finit par la formule \u00e9l\u00e9mentaire :<\/p>\n<p><span class=\"arabpsy-math-display\" data-latex=\"CLES = \\frac{U_1}{n_1 n_2} \\quad \\text{ou} \\quad CLES = 1 - \\frac{U}{n_1 n_2}\">$$CLES = \\frac{U_1}{n_1 n_2} \\quad \\text{ou} \\quad CLES = 1 &#8211; \\frac{U}{n_1 n_2}$$<\/span><\/p>\n<p>Elle offre une lisibilit\u00e9 clinique remarquable : un <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"CLES = 0,72\">$CLES = 0,72$<\/span> signifie concr\u00e8tement qu&rsquo;en tirant au hasard un individu issu de la cohorte exp\u00e9rimentale et un individu issu de la cohorte t\u00e9moin, il y a exactement 72 % de chances que le sujet trait\u00e9 pr\u00e9sente un score plus favorable que le sujet t\u00e9moin.<\/p>\n<p><strong>3. L&rsquo;estimateur de d\u00e9calage de Hodges-Lehmann :<\/strong> Disponible au sein des sorties algorithmiques avanc\u00e9es de SPSS, cet indicateur non param\u00e9trique estime la m\u00e9diane de toutes les diff\u00e9rences possibles calcul\u00e9es par paires entre les observations du groupe 1 et celles du groupe 2. Il fournit une estimation non biais\u00e9e du d\u00e9calage de positionnement (shift) exprim\u00e9e directement dans l&rsquo;unit\u00e9 de mesure native de la variable \u00e9tudi\u00e9e, assortie de son propre intervalle de confiance \u00e0 95 %.<\/p>\n<h2>10. R\u00e9daction acad\u00e9mique des r\u00e9sultats selon les normes APA<\/h2>\n<h3>10.1 Directives formelles de la 7e \u00e9dition des normes APA<\/h3>\n<p>La communication scientifique rigoureuse d&rsquo;un test non param\u00e9trique r\u00e9pond \u00e0 des normes typographiques et formelles standardis\u00e9es \u00e9dict\u00e9es par l&rsquo;American Psychological Association (<a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/apastyle.apa.org\">Publication Manual of the APA, 7th edition<\/a>). Le protocole de r\u00e9daction impose de consigner un faisceau d&rsquo;indicateurs complet permettant aux lecteurs d&rsquo;\u00e9valuer simultan\u00e9ment la directionnalit\u00e9 de l&rsquo;effet, sa significativit\u00e9 stochastique, la dispersion empirique des mesures et la taille d&rsquo;effet standardis\u00e9e.<\/p>\n<p>Les r\u00e8gles typographiques fondamentales de l&rsquo;APA exigent la mise en italique des symboles statistiques latins repr\u00e9sentant des m\u00e9triques d&rsquo;\u00e9chantillonnage : la lettre <em>U<\/em> d\u00e9signant la statistique de Mann-Whitney, la lettre <em>Z<\/em> pour l&rsquo;approximation normale standardis\u00e9e, la lettre <em>N<\/em> ou <em>n<\/em> pour les effectifs d&rsquo;\u00e9chantillons, la lettre <em>p<\/em> pour la valeur de significativit\u00e9 critique, et la lettre <em>r<\/em> pour la taille de l&rsquo;effet. En revanche, les abr\u00e9viations d&rsquo;indicateurs ordinaux ou les op\u00e9rateurs math\u00e9matiques (tels que Mdn pour la m\u00e9diane ou IQR pour l&rsquo;\u00e9cart interquartile) demeurent en caract\u00e8res romains classiques.<\/p>\n<p>Contrairement aux tests param\u00e9triques o\u00f9 le compte-rendu s&rsquo;articule autour du couple moyenne\/\u00e9cart-type (<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"M\">$M$<\/span> et <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"SD\">$SD$<\/span>), un test U doit imp\u00e9rativement rapporter des indicateurs de tendance centrale non param\u00e9triques. Les normes APA 7 pr\u00e9conisent de mentionner conjointement pour chaque cohorte :<\/p>\n<ul>\n<li>La <strong>m\u00e9diane (<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"Mdn\">$Mdn$<\/span>)<\/strong> et <strong>l&rsquo;\u00e9cart interquartile (<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"IQR\">$IQR$<\/span>)<\/strong> de chaque groupe.<\/li>\n<li>Le <strong>rang moyen (Mean Rank)<\/strong>, qui informe sur l&rsquo;axe r\u00e9el du classement ordonn\u00e9.<\/li>\n<li>La valeur absolue exacte de la statistique de test <strong><em>U<\/em><\/strong>.<\/li>\n<li>Le score standardis\u00e9 normalis\u00e9 <strong><em>Z<\/em><\/strong> (avec son signe directionnel ou en valeur absolue).<\/li>\n<li>La valeur pr\u00e9cise de <strong><em>p<\/em><\/strong> rapport\u00e9e \u00e0 trois d\u00e9cimales (ex. : <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"p = 0,024\">$p = 0,024$<\/span>). Les formulations obsol\u00e8tes de type \u00ab <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"p &lt; 0,05\">$p &lt; 0,05$<\/span> \u00bb sont formellement proscrites, sauf si la valeur calcul\u00e9e est inf\u00e9rieure \u00e0 0,001, auquel cas elle doit \u00eatre not\u00e9e <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"p &lt; 0,001\">$p &lt; 0,001$<\/span> sans jamais \u00e9crire \u00ab <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"p = 0,000\">$p = 0,000$<\/span> \u00bb.<\/li>\n<li>L&rsquo;indice standardis\u00e9 de la <strong>taille de l&rsquo;effet<\/strong> (<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"r\">$r$<\/span>, <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"r_{rb}\">$r_{rb}$<\/span> ou <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"CLES\">$CLES$<\/span>).<\/li>\n<\/ul>\n<h3>10.2 Mod\u00e8les de r\u00e9daction textuelle pour articles empiriques<\/h3>\n<p>Pour illustrer la mise en \u0153uvre pratique de ces directives de publication, voici deux gabarits de r\u00e9daction acad\u00e9mique standardis\u00e9s adapt\u00e9s aux r\u00e9sultats significatifs et non significatifs.<\/p>\n<p><strong>Mod\u00e8le pour un r\u00e9sultat statistiquement significatif :<\/strong><\/p>\n<p>\u00ab Un test U de Mann-Whitney pour \u00e9chantillons ind\u00e9pendants a \u00e9t\u00e9 conduit afin de d\u00e9terminer s&rsquo;il existait une diff\u00e9rence significative d&rsquo;efficacit\u00e9 per\u00e7ue entre le protocole de psychoth\u00e9rapie cognitive assist\u00e9e par le num\u00e9rique (<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"n = 24\">$n = 24$<\/span>) et la prise en charge clinique conventionnelle (<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"n = 26\">$n = 26$<\/span>). L&rsquo;examen visuel des distributions a confirm\u00e9 une morphologie d&rsquo;asym\u00e9trie similaire entre les deux conditions. Les r\u00e9sultats r\u00e9v\u00e8lent que les scores d&rsquo;efficacit\u00e9 per\u00e7ue \u00e9taient significativement plus \u00e9lev\u00e9s chez les patients ayant b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 du protocole num\u00e9rique (<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"Mdn = 48,50\">$Mdn = 48,50$<\/span> ; <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"IQR = 9,25\">$IQR = 9,25$<\/span> ; rang moyen = 31,75) comparativement aux patients sous prise en charge conventionnelle (<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"Mdn = 39,00\">$Mdn = 39,00$<\/span> ; <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"IQR = 11,50\">$IQR = 11,50$<\/span> ; rang moyen = 19,73), <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"U = 162,00\">$U = 162,00$<\/span>, <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"Z = -2,78\">$Z = -2,78$<\/span>, <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"p = 0,005\">$p = 0,005$<\/span>, avec une taille d&rsquo;effet mod\u00e9r\u00e9e selon les crit\u00e8res de Cohen, <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"r = 0,39\">$r = 0,39$<\/span>. \u00bb<\/p>\n<p><strong>Mod\u00e8le pour un r\u00e9sultat non significatif :<\/strong><\/p>\n<p>\u00ab Une analyse non param\u00e9trique via le test U de Mann-Whitney a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e pour \u00e9valuer l&rsquo;impact d&rsquo;une privation partielle de sommeil sur le taux d&rsquo;erreurs commises lors d&rsquo;une t\u00e2che de vigilance attentionnelle continue, en comparant un groupe priv\u00e9 de sommeil (<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"n = 15\">$n = 15$<\/span>) \u00e0 un groupe t\u00e9moin repos\u00e9 (<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"n = 15\">$n = 15$<\/span>). L&rsquo;analyse ne met en \u00e9vidence aucune diff\u00e9rence statistiquement significative entre le groupe priv\u00e9 de sommeil (<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"Mdn = 12,00\">$Mdn = 12,00$<\/span> ; <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"IQR = 5,00\">$IQR = 5,00$<\/span> ; rang moyen = 16,87) et le groupe t\u00e9moin (<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"Mdn = 10,00\">$Mdn = 10,00$<\/span> ; <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"IQR = 4,00\">$IQR = 4,00$<\/span> ; rang moyen = 14,13), <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"U = 92,00\">$U = 92,00$<\/span>, <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"Z = 0,86\">$Z = 0,86$<\/span>, <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"p = 0,392\">$p = 0,392$<\/span>, la magnitude de l&rsquo;effet observ\u00e9 demeurant n\u00e9gligeable, <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"r = 0,16\">$r = 0,16$<\/span>. \u00bb<\/p>\n<p>Lorsque plusieurs variables d\u00e9pendantes sont examin\u00e9es simultan\u00e9ment au sein d&rsquo;une m\u00eame \u00e9tude, il est pr\u00e9f\u00e9rable d&rsquo;ordonner ces livrables au sein d&rsquo;un tableau r\u00e9capitulatif synth\u00e9tique con\u00e7u selon les r\u00e8gles typographiques APA, \u00e9liminant les quadrillages verticaux et pr\u00e9sentant pour chaque variable les m\u00e9dianes, \u00e9carts interquartiles, rangs moyens par cohorte, la statistique <em>U<\/em>, la valeur <em>Z<\/em>, le seuil <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"p\">$p$<\/span> exact et la taille d&rsquo;effet <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"r\">$r$<\/span>.<\/p>\n<h2>11. Diagnostic des erreurs fr\u00e9quentes et gestion des cas limites<\/h2>\n<h3>11.1 Confusions conceptuelles et m\u00e9thodologiques courantes<\/h3>\n<p>La mise en pratique du test U de Mann-Whitney s&rsquo;accompagne d&rsquo;un corpus d&rsquo;erreurs r\u00e9currentes dans la recherche empirique qu&rsquo;il convient d&rsquo;identifier et de corriger :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>L&rsquo;affirmation fallacieuse d&rsquo;une divergence de m\u00e9dianes sans homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 de distribution :<\/strong> C&rsquo;est sans doute l&rsquo;\u00e9cueil le plus ubiquitaire. Nombre de chercheurs concluent h\u00e2tivement : \u00ab la m\u00e9diane du groupe 1 est significativement sup\u00e9rieure \u00e0 celle du groupe 2 \u00bb sur la seule base d&rsquo;une p-valeur de Mann-Whitney inf\u00e9rieure \u00e0 0,05. Or, si les distributions des deux groupes ont des profils de dissym\u00e9trie divergents, les m\u00e9dianes peuvent \u00eatre parfaitement identiques alors m\u00eame que le test s&rsquo;av\u00e8re hautement significatif en raison de la dispersion globale des rangs. L&rsquo;analyse ne teste la stricte m\u00e9diane que si la forme des courbes est superposable par translation.<\/li>\n<li><strong>L&rsquo;application sur des \u00e9chantillons appari\u00e9s :<\/strong> L&rsquo;ex\u00e9cution d&rsquo;un test U sur des donn\u00e9es issues d&rsquo;un m\u00eame groupe \u00e9valu\u00e9 avant et apr\u00e8s th\u00e9rapie (ou sur des sujets appari\u00e9s un \u00e0 un) constitue une faute conceptuelle grave. Ce protocole ignore la covariance intra-sujet et d\u00e9value la puissance du mod\u00e8le, n\u00e9cessitant imp\u00e9rativement le recours au test des rangs sign\u00e9s de Wilcoxon.<\/li>\n<li><strong>La fixation exclusive sur la significativit\u00e9 au d\u00e9triment de l&rsquo;effet :<\/strong> Trop d&rsquo;\u00e9tudes n\u00e9gligent de rapporter l&rsquo;amplitude de l&rsquo;effet <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"r\">$r$<\/span> ou le <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"CLES\">$CLES$<\/span>, privant le lecteur de l&rsquo;information la plus critique sur le plan applicatif. Un r\u00e9sultat peut \u00eatre hautement significatif sur le plan statistique (<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"p = 0,002\">$p = 0,002$<\/span>) mais d\u00e9nu\u00e9 de tout int\u00e9r\u00eat clinique s&rsquo;il porte sur un \u00e9chantillon massif avec une taille d&rsquo;effet d\u00e9risoire (<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"r = 0,08\">$r = 0,08$<\/span>).<\/li>\n<li><strong>La confusion dans le sens de la statistique U rapport\u00e9e :<\/strong> Comme SPSS retient syst\u00e9matiquement la plus petite des deux statistiques (<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"U = \\min(U_1, U_2)\">$U = \\min(U_1, U_2)$<\/span>), des chercheurs inexp\u00e9riment\u00e9s interpr\u00e8tent parfois erron\u00e9ment une baisse de la valeur <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"U\">$U$<\/span> comme un signe de d\u00e9croissance de la variable d&rsquo;int\u00e9r\u00eat. C&rsquo;est le rang moyen qui indique la directionnalit\u00e9 de l&rsquo;effet, et non la magnitude arithm\u00e9tique de la m\u00e9trique <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"U\">$U$<\/span>.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>11.2 R\u00e9solution des situations probl\u00e9matiques<\/h3>\n<p>Face \u00e0 des configurations d&rsquo;\u00e9chantillonnage complexes, le chercheur doit adopter des arbitrages m\u00e9thodologiques calibr\u00e9s :<\/p>\n<p><strong>Que faire face \u00e0 une prolif\u00e9ration massive de rangs ex \u00e6quo ?<\/strong> Lorsque plus de la moiti\u00e9 des observations se partage une poign\u00e9e de valeurs discr\u00e8tes identiques (comme sur une \u00e9chelle ordinale \u00e0 trois modalit\u00e9s), les approximations asymptotiques standard s&rsquo;av\u00e8rent biais\u00e9es. La premi\u00e8re solution m\u00e9thodologique consiste \u00e0 exiger le calcul de la probabilit\u00e9 par permutation exacte (<em>Exact Test<\/em>) sous SPSS. Si la taille d&rsquo;\u00e9chantillon rend cette d\u00e9marche impraticable en raison de la combinatoire, il est alors pr\u00e9f\u00e9rable d&rsquo;abandonner le test U pour se tourner vers des mod\u00e8les logistiques ordinaux ou des tests bas\u00e9s sur des scores de rangs g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>Que faire en pr\u00e9sence d&rsquo;une h\u00e9t\u00e9rosc\u00e9dasticit\u00e9 majeure (variances tr\u00e8s in\u00e9gales) ?<\/strong> Lorsque les dispersions des deux groupes sont radicalement dissemblables, le test U tend \u00e0 devenir instable et perd son contr\u00f4le nominal de l&rsquo;erreur de premi\u00e8re esp\u00e8ce, devenant soit trop lib\u00e9ral, soit excessivement conservateur selon l&rsquo;attribution des tailles d&rsquo;\u00e9chantillon. Dans ce cas sp\u00e9cifique, le test U de Mann-Whitney ne doit pas \u00eatre utilis\u00e9 comme substitut universel. L&rsquo;alternative optimale consiste \u00e0 mobiliser le <strong>test de Welch<\/strong> (test t pour variances in\u00e9gales), r\u00e9put\u00e9 pour sa remarquable robustesse face \u00e0 la non-normalit\u00e9 coupl\u00e9e \u00e0 l&rsquo;h\u00e9t\u00e9rosc\u00e9dasticit\u00e9 d\u00e8s lors que les tailles d&rsquo;\u00e9chantillon ne sont pas microscopiques, ou \u00e0 recourir au test de Brunner-Munzel (test de rangs pour variances h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes).<\/p>\n<p><strong>L&rsquo;apport du r\u00e9\u00e9chantillonnage par Bootstrapping :<\/strong> Dans les versions avanc\u00e9es d&rsquo;IBM SPSS, le module de Bootstrapping permet de g\u00e9n\u00e9rer par r\u00e9\u00e9chantillonnage it\u00e9ratif (typiquement 2 000 \u00e0 5 000 r\u00e9plicats g\u00e9n\u00e9r\u00e9s avec remise) des intervalles de confiance robustes pour la m\u00e9diane ou pour la diff\u00e9rence des m\u00e9dianes, sans formuler aucune hypoth\u00e8se sur la loi de distribution sous-jacente. Cette proc\u00e9dure compl\u00e8te \u00e9l\u00e9gamment le test U en fournissant un intervalle de confiance empirique robuste pour les indicateurs de tendance centrale.<\/p>\n<h2>12. Applications pratiques et \u00e9tudes de cas en psychologie<\/h2>\n<h3>12.1 Cas clinique : Comparaison de niveaux d&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 pr\u00e9op\u00e9ratoire<\/h3>\n<p>Afin de concr\u00e9tiser l&rsquo;ensemble de ces pr\u00e9ceptes au sein d&rsquo;une d\u00e9marche empirique compl\u00e8te, consid\u00e9rons une recherche men\u00e9e en psychologie de la sant\u00e9 portant sur la r\u00e9duction de l&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 pr\u00e9op\u00e9ratoire chez des patients programm\u00e9s pour une intervention chirurgicale invasive. Le protocole exp\u00e9rimental compare deux cohortes ind\u00e9pendantes de sujets :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Groupe T\u00e9moin (<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"n_1 = 18\">$n_1 = 18$<\/span>) :<\/strong> Patients b\u00e9n\u00e9ficiant d&rsquo;une prise en charge hospitali\u00e8re standard d&rsquo;information verbale pr\u00e9op\u00e9ratoire.<\/li>\n<li><strong>Groupe Intervention (<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"n_2 = 18\">$n_2 = 18$<\/span>) :<\/strong> Patients b\u00e9n\u00e9ficiant, en compl\u00e9ment de la prise en charge standard, d&rsquo;une session immersive de r\u00e9duction du stress bas\u00e9e sur la pleine conscience (Mindfulness) guid\u00e9e par casque de r\u00e9alit\u00e9 virtuelle.<\/li>\n<\/ul>\n<p>La variable d\u00e9pendante est \u00e9valu\u00e9e une heure avant l&rsquo;entr\u00e9e en salle d&rsquo;op\u00e9ration \u00e0 l&rsquo;aide de l&rsquo;inventaire d&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 \u00e9tat-trait de Spielberger (STAI-Formule Y-1, score d&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9-\u00e9tat variant de 20 \u00e0 80). Compte tenu du caract\u00e8re discr\u00e8tement asym\u00e9trique de cette m\u00e9trique en milieu hospitalier et de l&rsquo;effectif r\u00e9duit (<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"N = 36\">$N = 36$<\/span>), le test de normalit\u00e9 de Shapiro-Wilk est r\u00e9alis\u00e9 sous SPSS. Celui-ci met en \u00e9vidence une d\u00e9viation significative par rapport \u00e0 la distribution normale au sein du groupe intervention (<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"W = 0,872\">$W = 0,872$<\/span> ; <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"p = 0,019\">$p = 0,019$<\/span>), justifiant l&rsquo;application du test U de Mann-Whitney.<\/p>\n<p>La configuration de la base dans SPSS implique la cr\u00e9ation de la variable <code>STAI_Score<\/code> (\u00c9chelle) et de la variable <code>Groupe<\/code> cod\u00e9e 1 pour le groupe t\u00e9moin et 2 pour le groupe intervention. L&rsquo;ex\u00e9cution de la proc\u00e9dure via les bo\u00eetes de dialogue h\u00e9rit\u00e9es (avec demande explicite des quartiles et du calcul exact) fournit les statistiques descriptives suivantes :<\/p>\n<ul>\n<li>Groupe T\u00e9moin : <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"Mdn = 54,50\">$Mdn = 54,50$<\/span> (<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"IQR = 11,25\">$IQR = 11,25$<\/span> ; 25e centile = 48,00 ; 75e centile = 59,25) ; Rang moyen = 23,89 ; Somme des rangs = 430,00.<\/li>\n<li>Groupe Intervention : <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"Mdn = 41,00\">$Mdn = 41,00$<\/span> (<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"IQR = 10,75\">$IQR = 10,75$<\/span> ; 25e centile = 36,00 ; 75e centile = 46,75) ; Rang moyen = 13,11 ; Somme des rangs = 236,00.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Le tableau des statistiques de test r\u00e9v\u00e8le une m\u00e9trique de Mann-Whitney <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"U = 65,00\">$U = 65,00$<\/span> (<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"W = 236,00\">$W = 236,00$<\/span>). L&rsquo;approximation normale donne un score standardis\u00e9 <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"Z = -3,115\">$Z = -3,115$<\/span>. La significativit\u00e9 asymptotique bilat\u00e9rale ressort \u00e0 <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"p = 0,002\">$p = 0,002$<\/span>, confirm\u00e9e par une significativit\u00e9 combinatoire exacte <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"p_{exact} = 0,001\">$p_{exact} = 0,001$<\/span>. Le calcul manuel de la taille d&rsquo;effet selon le formalisme de Rosenthal produit :<\/p>\n<p><span class=\"arabpsy-math-display\" data-latex=\"r = \\frac{|-3,115|}{\\sqrt{36}} = \\frac{3,115}{6} \\approx 0,52\">$$r = \\frac{|-3,115|}{\\sqrt{36}} = \\frac{3,115}{6} \\approx 0,52$$<\/span><\/p>\n<p>Cette \u00e9tude d\u00e9montre de fa\u00e7on statistiquement significative et avec une taille d&rsquo;effet importante (<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"r &gt; 0,50\">$r &gt; 0,50$<\/span>) que l&rsquo;intervention immersive par pleine conscience induit une r\u00e9duction substantielle du niveau d&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 pr\u00e9op\u00e9ratoire ressenti par les patients comparativement au protocole standard. L&rsquo;inspection des courbes ayant confirm\u00e9 la stricte homologie de forme des deux distributions, la conclusion s&rsquo;\u00e9nonce l\u00e9gitimement en termes d&rsquo;abaissement significatif de la m\u00e9diane de d\u00e9tresse psychologique.<\/p>\n<h3>12.2 Cas en psychologie cognitive : Temps de r\u00e9action sous distraction<\/h3>\n<p>Une seconde application illustrative, emprunt\u00e9e au champ de la neuropsychologie cognitive du vieillissement, explore l&rsquo;impact de stimuli distracteurs auditifs sur la vitesse de traitement de l&rsquo;information au cours d&rsquo;une t\u00e2che de d\u00e9cision lexicale informatis\u00e9e chez des participants \u00e2g\u00e9s de 65 \u00e0 75 ans. Le plan de recherche compare deux groupes ind\u00e9pendants de participants :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Condition Environnement Calme (<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"n_1 = 20\">$n_1 = 20$<\/span>) :<\/strong> R\u00e9alisation de la t\u00e2che dans une cabine insonoris\u00e9e exempte de pollution sonore.<\/li>\n<li><strong>Condition Bruit de Fond (<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"n_2 = 22\">$n_2 = 22$<\/span>) :<\/strong> R\u00e9alisation de la t\u00e2che avec diffusion continue d&rsquo;un brouhaha caf\u00e9t\u00e9ria standardis\u00e9 en champ libre.<\/li>\n<\/ul>\n<p>La variable d\u00e9pendante analys\u00e9e correspond \u00e0 la m\u00e9diane individuelle des temps de r\u00e9action (en millisecondes) calcul\u00e9e exclusivement sur les essais ayant abouti \u00e0 une r\u00e9ponse correcte. Comme c&rsquo;est quasi syst\u00e9matiquement le cas avec les chronom\u00e9tries cognitives, les distributions des temps de r\u00e9action manifestent une asym\u00e9trie positive prononc\u00e9e (longue queue de distribution \u00e9tir\u00e9e vers les temps longs traduisant des d\u00e9crochages attentionnels passagers). L&rsquo;analyse exploratoire sous SPSS r\u00e9v\u00e8le des coefficients de dissym\u00e9trie (skewness) de <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"+1,65\">$+1,65$<\/span> et <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"+1,88\">$+1,88$<\/span>, et les tests de Shapiro-Wilk rejettent massivement la distribution gaussienne (<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"p &lt; 0,001\">$p &lt; 0,001$<\/span>).<\/p>\n<p>Bien que certains chercheurs soient tent\u00e9s de pratiquer une transformation logarithmique ou r\u00e9ciproque pour tenter de normaliser artificiellement la m\u00e9trique, le recours direct au test U de Mann-Whitney s&rsquo;av\u00e8re infiniment plus respectueux des grandeurs physiques r\u00e9elles et de leur interpr\u00e9tation neurobiologique. Les sorties de calcul d&rsquo;IBM SPSS mettent en \u00e9vidence les m\u00e9triques suivantes :<\/p>\n<ul>\n<li>Groupe Calme : <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"Mdn = 615,00\\text{ ms}\">$Mdn = 615,00\\text{ ms}$<\/span> (<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"IQR = 88,00\\text{ ms}\">$IQR = 88,00\\text{ ms}$<\/span>) ; Rang moyen = 16,30.<\/li>\n<li>Groupe Distraction : <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"Mdn = 742,50\\text{ ms}\">$Mdn = 742,50\\text{ ms}$<\/span> (<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"IQR = 142,50\\text{ ms}\">$IQR = 142,50\\text{ ms}$<\/span>) ; Rang moyen = 26,23.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Le test affiche une statistique de test de Mann-Whitney <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"U = 116,00\">$U = 116,00$<\/span>, assortie d&rsquo;un score standardis\u00e9 <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"Z = -2,642\">$Z = -2,642$<\/span> et d&rsquo;une valeur critique bilat\u00e9rale <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"p = 0,008\">$p = 0,008$<\/span>. La taille de l&rsquo;effet standardis\u00e9e calcul\u00e9e sur l&rsquo;\u00e9chantillon totalise <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"r = \\frac{2,642}{\\sqrt{42}} \\approx 0,41\">$r = \\frac{2,642}{\\sqrt{42}} \\approx 0,41$<\/span>, attestant d&rsquo;une magnitude interm\u00e9diaire \u00e0 \u00e9lev\u00e9e. En comparant ces livrables \u00e0 un test t de Student standard pour \u00e9chantillons ind\u00e9pendants ex\u00e9cut\u00e9 en parall\u00e8le sur les m\u00eames donn\u00e9es, on constate que ce dernier produit un score <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"t(40) = 2,12\">$t(40) = 2,12$<\/span> et une p-valeur marginale de <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"p = 0,040\">$p = 0,040$<\/span>. L&rsquo;analyse comparative illustre parfaitement la perte substantielle de puissance statistique induite par le test param\u00e9trique classique en pr\u00e9sence de fortes asym\u00e9tries positives : en gonflant la variance d&rsquo;\u00e9chantillonnage r\u00e9siduelle, les valeurs extr\u00eames \u00e9moussent la sensibilit\u00e9 du test t, alors que le test U, op\u00e9rant sur les rangs pr\u00e9serv\u00e9s, capte l&rsquo;effet cognitif sous-jacent avec une efficience et une fiabilit\u00e9 nettement sup\u00e9rieures.<\/p>\n<h3>12.3 Synth\u00e8se comparative avec les approches alternatives<\/h3>\n<p>Pour parachever l&rsquo;arsenal d&rsquo;aide \u00e0 la d\u00e9cision du chercheur, il convient d&rsquo;expliciter le positionnement du test U de Mann-Whitney vis-\u00e0-vis des autres m\u00e9thodologies d&rsquo;analyse concurrentes d\u00e9di\u00e9es aux comparaisons bivari\u00e9es d&rsquo;\u00e9chantillons ind\u00e9pendants :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Face au test de la m\u00e9diane de Mood :<\/strong> Le test de la m\u00e9diane consiste \u00e0 dichotomiser l&rsquo;ensemble des donn\u00e9es combin\u00e9es selon qu&rsquo;elles se situent au-dessus ou en dessous de la m\u00e9diane globale, puis \u00e0 tester cette table de contingence <span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"2 \\times 2\">$2 \\times 2$<\/span> via un test du Chi-carr\u00e9. Bien que conceptuellement direct, ce test poss\u00e8de une puissance statistique m\u00e9diocre comparativement au test U, car il r\u00e9duit une information ordinale continue \u00e0 une simple variable binaire grossi\u00e8re, d\u00e9truisant une quantit\u00e9 consid\u00e9rable d&rsquo;informations m\u00e9trologiques. Le test de la m\u00e9diane n&rsquo;est recommandable qu&rsquo;en pr\u00e9sence de valeurs aberrantes si gigantesques qu&rsquo;elles alt\u00e9reraient m\u00eame la validit\u00e9 des rangs.<\/li>\n<li><strong>Face aux tests de permutation exacts (tests de randomisation sur les donn\u00e9es brutes) :<\/strong> Contrairement au test U qui permute les rangs ordinaux, les tests de permutation purs op\u00e8rent des redistributions combinatoires directement sur les grandeurs m\u00e9triques r\u00e9elles. Ils constituent une alternative d&rsquo;une \u00e9l\u00e9gance absolue pour les petits effectifs lorsque la variable d\u00e9pendante est strictement continue. N\u00e9anmoins, leur mise en \u0153uvre sous SPSS demeure moins accessible et ne prot\u00e8ge pas contre l&rsquo;influence distorsive d&rsquo;un outlier s\u00e9v\u00e8re au sein d&rsquo;un tr\u00e8s petit \u00e9chantillon, \u00e9cueil que le test U neutralise structurellement par le plafonnement des rangs.<\/li>\n<li><strong>Face aux tests t robustes sur moyennes tronqu\u00e9es (test de Yuen-Welch) :<\/strong> L&rsquo;approche pr\u00e9conis\u00e9e par Rand Wilcox, reposant sur le calcul de moyennes tronqu\u00e9es (trimmed means) combin\u00e9 \u00e0 des estimations de variance de Winsor, s&rsquo;av\u00e8re particuli\u00e8rement puissante face \u00e0 des distributions mod\u00e9r\u00e9ment asym\u00e9triques et h\u00e9t\u00e9rosc\u00e9dastiques. Toutefois, ces proc\u00e9dures n\u00e9cessitent des macros logicielles compl\u00e9mentaires ou l&rsquo;usage du langage R (package WRS2) et s&rsquo;appliquent mal aux v\u00e9ritables \u00e9chelles ordinales courtes de type Likert.<\/li>\n<li><strong>Arbre d\u00e9cisionnel final pour le chercheur :<\/strong> En synth\u00e8se, le recours au test U de Mann-Whitney sous SPSS s&rsquo;impose comme le choix m\u00e9thodologique optimal lorsque les donn\u00e9es sont issues d&rsquo;\u00e9chelles de mesure intrins\u00e8quement ordinales, lorsque les distributions violent l&rsquo;hypoth\u00e8se de normalit\u00e9 univari\u00e9e sans moyen l\u00e9gitime de transformation, lorsque l&rsquo;\u00e9chantillon implique de faibles effectifs interdisant la mobilisation du th\u00e9or\u00e8me central limite, ou lorsque la pr\u00e9sence d&rsquo;observations extr\u00eames atypiques disqualifie l&rsquo;usage de la moyenne arithm\u00e9tique comme estimateur de r\u00e9f\u00e9rence de la tendance centrale.<\/li>\n<\/ul>\n<h2>R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<p>Cohen, J. (1988). <em>Statistical power analysis for the behavioral sciences<\/em> (2nd ed.). Lawrence Erlbaum Associates.<\/p>\n<p>Conover, W. J. (1999). <em>Practical nonparametric statistics<\/em> (3rd ed.). John Wiley &amp; Sons.<\/p>\n<p>Field, A. (2018). <em>Discovering statistics using IBM SPSS statistics<\/em> (5th ed.). SAGE Publications.<\/p>\n<p>Hodges, J. L., &amp; Lehmann, E. L. (1963). Estimates of location based on rank tests. <em>The Annals of Mathematical Statistics<\/em>, 34(2), 598-611. <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1214\/aoms\/1177704172\">https:\/\/doi.org\/10.1214\/aoms\/1177704172<\/a><\/p>\n<p>IBM Corporation. (2021). <em>IBM SPSS Statistics 28 Brief Guide<\/em>. IBM Corp. <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/www.ibm.com\/docs\/en\/spss-statistics\">https:\/\/www.ibm.com\/docs\/en\/spss-statistics<\/a><\/p>\n<p>Mann, H. B., &amp; Whitney, D. R. (1947). On a test of whether one of two random variables is stochastically larger than the other. <em>The Annals of Mathematical Statistics<\/em>, 18(1), 50-60. <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1214\/aoms\/1177730491\">https:\/\/doi.org\/10.1214\/aoms\/1177730491<\/a><\/p>\n<p>Rosenthal, R. (1991). <em>Meta-analytic procedures for social research<\/em> (Rev. ed.). SAGE Publications. <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.4135\/9781412984997\">https:\/\/doi.org\/10.4135\/9781412984997<\/a><\/p>\n<p>Siegel, S., &amp; Castellan, N. J. (1988). <em>Nonparametric statistics for the behavioral sciences<\/em> (2nd ed.). McGraw-Hill.<\/p>\n<p>Wilcox, R. R. (2017). <em>Introduction to robust estimation and hypothesis testing<\/em> (4th ed.). Academic Press.<\/p>\n<p>Wilcoxon, F. (1945). 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