{"id":1344,"date":"2026-09-04T17:28:16","date_gmt":"2026-09-04T17:28:16","guid":{"rendered":"http:\/\/french.arabpsychology.com\/statistics\/comment-realiser-test-tendance-mann-kendall-dans-r\/"},"modified":"2026-09-04T17:28:19","modified_gmt":"2026-09-04T17:28:19","slug":"comment-realiser-test-tendance-mann-kendall-dans-r","status":"publish","type":"psych_stat","link":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/?psych_stat=comment-realiser-test-tendance-mann-kendall-dans-r","title":{"rendered":"Comment r\u00e9aliser un test de tendance de Mann-Kendall dans R"},"content":{"rendered":"<p>L&rsquo;analyse des s\u00e9ries temporelles constitue l&rsquo;un des piliers m\u00e9thodologiques les plus cruciaux de la recherche empirique moderne, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de mesurer le r\u00e9chauffement climatique, de suivre la d\u00e9gradation d&rsquo;\u00e9cosyst\u00e8mes ou d&rsquo;\u00e9valuer les trajectoires d&rsquo;\u00e9volution symptomatique au sein de protocoles longitudinaux en sciences comportementales. Dans de nombreuses configurations d&rsquo;observation r\u00e9p\u00e9t\u00e9e, les donn\u00e9es recueillies s&rsquo;\u00e9cartent drastiquement des postulats id\u00e9alis\u00e9s de la mod\u00e9lisation statistique classique. L&rsquo;asym\u00e9trie marqu\u00e9e des distributions empiriques, la pr\u00e9sence quasi syst\u00e9matique de valeurs aberrantes r\u00e9sultant d&rsquo;erreurs de mesure ou de fluctuations idiosyncratiques, ainsi que la nature non lin\u00e9aire des ph\u00e9nom\u00e8nes dynamiques rendent l&rsquo;application aveugle des r\u00e9gressions param\u00e9triques particuli\u00e8rement risqu\u00e9e et source de conclusions fallacieuses.<\/p>\n<p>Face \u00e0 ces contraintes, les m\u00e9thodes non param\u00e9triques fond\u00e9es sur l&rsquo;ordonnancement des rangs offrent une robustesse analytique exceptionnelle. Parmi ces outils, le test de tendance de Mann-Kendall s&rsquo;est impos\u00e9 au fil des d\u00e9cennies comme la proc\u00e9dure de r\u00e9f\u00e9rence pour d\u00e9tecter l&rsquo;existence d&rsquo;une \u00e9volution temporelle monotone, ascendante ou descendante, sans n\u00e9cessiter la moindre pr\u00e9somption quant \u00e0 la distribution sous-jacente des r\u00e9sidus ou \u00e0 la lin\u00e9arit\u00e9 stricte du ph\u00e9nom\u00e8ne \u00e9tudi\u00e9. Con\u00e7u initialement \u00e0 l&rsquo;intersection des travaux de Henry Mann et de Maurice Kendall, ce test permet d&rsquo;inf\u00e9rer avec une grande rigueur probabiliste si les valeurs d&rsquo;une variable tendent globalement \u00e0 cro\u00eetre ou \u00e0 d\u00e9cro\u00eetre au cours du temps, ind\u00e9pendamment de la trajectoire fonctionnelle exacte emprunt\u00e9e par la s\u00e9rie.<\/p>\n<p>Le pr\u00e9sent guide propose une exploration exhaustive, th\u00e9orique et appliqu\u00e9e de la mise en \u0153uvre du test de Mann-Kendall au sein de l&rsquo;environnement de calcul statistique <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/www.r-project.org\/\">R<\/a>. De la formalisation math\u00e9matique de la statistique de test \u00e0 l&rsquo;ajustement syst\u00e9matique face aux liaisons d&rsquo;ex \u00e6quo, en passant par l&rsquo;estimation non param\u00e9trique de l&rsquo;amplitude du changement via la pente de Theil-Sen, le traitement de l&rsquo;autocorr\u00e9lation s\u00e9rielle et les sp\u00e9cificit\u00e9s des designs intra-individuels, cet article d\u00e9taille chaque \u00e9tape m\u00e9thodologique n\u00e9cessaire \u00e0 une publication acad\u00e9mique irr\u00e9prochable. L&rsquo;objectif est d&rsquo;outiller les chercheurs, analystes et biostatisticiens avec un corpus conceptuel solide et des proc\u00e9dures logicielles imm\u00e9diatement op\u00e9rationnelles pour diss\u00e9quer les dynamiques longitudinales les plus complexes.<\/p>\n<h2>1. Introduction th\u00e9orique au test de tendance de Mann-Kendall<\/h2>\n<p>L&rsquo;analyse inf\u00e9rentielle des donn\u00e9es s\u00e9quentielles requiert un cadre formel capable de distinguer une v\u00e9ritable d\u00e9rive temporelle d\u00e9terministe d&rsquo;une simple variation stochastique. Le test de Mann-Kendall r\u00e9pond pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 cette exigence en \u00e9valuant la monotonicit\u00e9 d&rsquo;une s\u00e9rie chronologique sans imposer de contraintes de normalit\u00e9.<\/p>\n<h3>1.1 D\u00e9finition et origines du test statistique<\/h3>\n<p>Le test de Mann-Kendall tire ses origines historiques des contributions conjointes de deux statisticiens majeurs du vingti\u00e8me si\u00e8cle. C&rsquo;est en 1945 que Henry Mann propose un test non param\u00e9trique sp\u00e9cifiquement con\u00e7u pour \u00e9prouver l&rsquo;absence de tendance au sein d&rsquo;une suite chronologique d&rsquo;observations ind\u00e9pendantes, en adaptant le concept de rang \u00e0 la dynamique s\u00e9quentielle. Quelques d\u00e9cennies plus tard, en 1975, le statisticien britannique Maurice Kendall formalise l&rsquo;usage syst\u00e9matique de son c\u00e9l\u00e8bre coefficient de corr\u00e9lation par rangs, le tau de Kendall, pour tester formellement les tendances temporelles dans son ouvrage de r\u00e9f\u00e9rence sur les m\u00e9thodes de classement. La fusion m\u00e9thodologique de ces avanc\u00e9es a donn\u00e9 naissance \u00e0 ce que la litt\u00e9rature scientifique internationale d\u00e9signe commun\u00e9ment sous le vocable de test de tendance de Mann-Kendall.<\/p>\n<p>Sur le plan fondamental, ce test appartient \u00e0 la famille des statistiques non param\u00e9triques ou libres de distribution (<em>distribution-free<\/em>). Contrairement aux mod\u00e8les de r\u00e9gression lin\u00e9aire par les moindres carr\u00e9s ordinaires (OLS), le test de Mann-Kendall ne repose aucunement sur le postulat d&rsquo;une distribution gaussienne des erreurs ou d&rsquo;une homosc\u00e9dasticit\u00e9 constante sur l&rsquo;axe du temps. Cette caract\u00e9ristique lui conf\u00e8re une immunit\u00e9 intrins\u00e8que face aux d\u00e9viations de la normalit\u00e9, fr\u00e9quemment rencontr\u00e9es lors de l&rsquo;\u00e9tude de ph\u00e9nom\u00e8nes physiques, biologiques ou psychologiques complexes.<\/p>\n<p>D&rsquo;un point de vue \u00e9pist\u00e9mologique, il convient de distinguer avec nettet\u00e9 la d\u00e9marche de r\u00e9gression param\u00e9trique de celle d&rsquo;un test bas\u00e9 sur les rangs. Alors que la r\u00e9gression tente d&rsquo;ajuster une fonction math\u00e9matique explicite aux donn\u00e9es brutes en minimisant une somme de carr\u00e9s d&rsquo;\u00e9carts g\u00e9om\u00e9triques, le test de Mann-Kendall examine uniquement l&rsquo;ordre ordinal chronologique des observations. Il ne s&rsquo;int\u00e9resse nullement \u00e0 l&rsquo;ampleur m\u00e9trique exacte des sauts entre deux instants cons\u00e9cutifs, mais exclusivement au sens relatif de l&rsquo;\u00e9volution. Cette propri\u00e9t\u00e9 traduit le concept de monotonicit\u00e9 : une trajectoire est dite strictement monotone croissante si, pour toute paire d&rsquo;instants temporels <em>t<\/em> et <em>t&rsquo;<\/em> tels que <em>t &lt; t&rsquo;<\/em>, la valeur observ\u00e9e \u00e0 <em>t&rsquo;<\/em> est sup\u00e9rieure ou \u00e9gale \u00e0 celle observ\u00e9e \u00e0 <em>t<\/em>, sans pour autant que l&rsquo;accroissement annuel, journalier ou hebdomadaire soit contraint \u00e0 la lin\u00e9arit\u00e9.<\/p>\n<h3>1.2 Objectifs analytiques et formalisation des hypoth\u00e8ses<\/h3>\n<p>La finalit\u00e9 premi\u00e8re du test de Mann-Kendall est d&rsquo;apporter une r\u00e9ponse probabiliste rigoureuse \u00e0 une question empirique directe : les donn\u00e9es observ\u00e9es manifestent-elles une tendance temporelle directionnelle syst\u00e9matique au-del\u00e0 de ce que le simple hasard de l&rsquo;\u00e9chantillonnage pourrait produire ? Pour r\u00e9pondre \u00e0 cette interrogation, le cadre du test d&rsquo;hypoth\u00e8se statistique nulle est mobilis\u00e9 de mani\u00e8re formelle. L&rsquo;hypoth\u00e8se nulle, canoniquement not\u00e9e <em>H0<\/em>, postule que les observations de la s\u00e9rie chronologique sont ind\u00e9pendantes et identiquement distribu\u00e9es selon une variable al\u00e9atoire continue. En des termes plus concrets, <em>H0<\/em> affirme l&rsquo;absence absolue de tendance monotone au sein de la s\u00e9rie : l&rsquo;ordre temporel des donn\u00e9es est arbitraire et interchangeable.<\/p>\n<p>\u00c0 l&rsquo;oppos\u00e9, l&rsquo;hypoth\u00e8se alternative, not\u00e9e <em>HA<\/em> (ou parfois <em>H1<\/em>), formule l&rsquo;existence d&rsquo;une tendance monotone significative sur l&rsquo;intervalle temporel sous \u00e9tude. Selon la formulation retenue par le chercheur, cette hypoth\u00e8se peut \u00eatre bilat\u00e9rale ou unilat\u00e9rale. Dans le cas bilat\u00e9ral classique, <em>HA<\/em> pose que les donn\u00e9es suivent soit une tendance monotone ascendante, soit une tendance monotone descendante. Dans un cadre unilat\u00e9ral orient\u00e9 par une hypoth\u00e8se th\u00e9orique pr\u00e9alable (par exemple, l&rsquo;hypoth\u00e8se d&rsquo;une d\u00e9gradation cognitive irr\u00e9versible ou d&rsquo;un r\u00e9chauffement thermique document\u00e9), <em>HA<\/em> sp\u00e9cifie la direction exclusive de la pente attendue.<\/p>\n<p>La prise de d\u00e9cision repose traditionnellement sur la comparaison de la probabilit\u00e9 critique calcul\u00e9e (la <em>p<\/em>-valeur) \u00e0 des seuils conventionnels de significativit\u00e9 statistique pr\u00e9\u00e9tablis, g\u00e9n\u00e9ralement fix\u00e9s \u00e0 &alpha; = 0,10 pour les analyses exploratoires, &alpha; = 0,05 pour le standard acad\u00e9mique classique, et &alpha; = 0,01 pour les protocoles requ\u00e9rant un niveau \u00e9lev\u00e9 de conservatisme d\u00e9cisionnel. Si la <em>p<\/em>-valeur se situe strictement en de\u00e7\u00e0 du seuil &alpha; retenu, l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle est rejet\u00e9e en faveur de <em>HA<\/em>. Dans le contexte d&rsquo;observations r\u00e9p\u00e9t\u00e9es et d&rsquo;\u00e9tudes longitudinales, le rejet de <em>H0<\/em> fournit une preuve statistique formelle qu&rsquo;un processus syst\u00e9matique d&rsquo;\u00e9volution temporelle sous-tend la variable mesur\u00e9e, \u00e9cartant l&rsquo;hypoth\u00e8se d&rsquo;un bruit blanc purement stochastique.<\/p>\n<h3>1.3 Avantages du test pour les s\u00e9ries temporelles<\/h3>\n<p>L&rsquo;engouement universel pour le test de Mann-Kendall dans des disciplines aussi diverses que l&rsquo;<a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/www.nature.com\/articles\/sdata2018214\">hydrologie environnementale<\/a>, la m\u00e9t\u00e9orologie, l&rsquo;\u00e9conom\u00e9trie et les neurosciences comportementales repose sur un ensemble d&rsquo;atouts m\u00e9thodologiques remarquables. Le premier d&rsquo;entre eux r\u00e9side dans sa robustesse exceptionnelle face aux valeurs aberrantes (<em>outliers<\/em>). Dans une s\u00e9rie chronologique continue, un artefact instrumental, une crise aigu\u00eb transitoire chez un patient ou un \u00e9v\u00e9nement climatique extr\u00eame peuvent g\u00e9n\u00e9rer des observations s&rsquo;\u00e9cartant de trois ou quatre \u00e9carts-types de la moyenne empirique. Dans une r\u00e9gression lin\u00e9aire classique, de telles anomalies exercent un effet de levier disproportionn\u00e9 sur l&rsquo;estimation des moindres carr\u00e9s, faussant radicalement l&rsquo;estimation de la pente. Dans le cadre de Mann-Kendall, une valeur extr\u00eame n&rsquo;est \u00e9valu\u00e9e que par son rang relatif par rapport aux autres mesures, neutralisant instantan\u00e9ment toute contamination de la statistique globale.<\/p>\n<p>Le second avantage r\u00e9side dans son insensibilit\u00e9 quasi totale aux distributions fortement asym\u00e9triques. De nombreuses variables psychologiques ou biologiques pr\u00e9sentent des distributions exponentielles, log-normales ou tronqu\u00e9es au plancher en raison d&rsquo;effets de seuil inh\u00e9rents aux \u00e9chelles de mesure. Alors que ces caract\u00e9ristiques n\u00e9cessitent des transformations math\u00e9matiques complexes et souvent arbitraires (telles que les fonctions logarithmiques ou de Box-Cox) pour satisfaire aux crit\u00e8res des mod\u00e8les param\u00e9triques, le test de Mann-Kendall traite les donn\u00e9es brutes sans alt\u00e9ration pr\u00e9alable de l&rsquo;\u00e9chelle m\u00e9trique d&rsquo;origine.<\/p>\n<p>Cette invariance d&rsquo;\u00e9chelle d\u00e9coule directement de la nature ordinale des rangs. Par ailleurs, la statistique de test pr\u00e9sente une remarquable applicabilit\u00e9 tant aux \u00e9chantillons restreints (s\u00e9ries de dix \u00e0 vingt points dans des designs longitudinaux intensifs) qu&rsquo;aux ensembles massifs de m\u00e9gadonn\u00e9es recueillies par capteurs continus. Enfin, le test tol\u00e8re intrins\u00e8quement la pr\u00e9sence de donn\u00e9es manquantes al\u00e9atoires, un atout pr\u00e9cieux dans les \u00e9tudes sur le vivant o\u00f9 les ruptures de protocole sont courantes.<\/p>\n<h2>2. Fondements math\u00e9matiques et calcul de la statistique S<\/h2>\n<p>Pour impl\u00e9menter le test avec rigueur et interpr\u00e9ter ad\u00e9quatement les sorties fournies par les logiciels statistiques, une d\u00e9construction minutieuse des m\u00e9canismes math\u00e9matiques qui r\u00e9gissent l&rsquo;\u00e9laboration de la statistique <em>S<\/em> s&rsquo;av\u00e8re indispensable.<\/p>\n<h3>2.1 Calcul de la statistique S et fonction signe<\/h3>\n<p>Le noyau op\u00e9rationnel du test de Mann-Kendall repose sur l&rsquo;\u00e9valuation comparative de toutes les paires temporelles d&rsquo;observations possibles au sein d&rsquo;une s\u00e9rie chronologique <em>X = (x_1, x_2, &#8230;, x_n)<\/em> comprenant <em>n<\/em> points de mesure successifs. L&rsquo;algorithme proc\u00e8de de mani\u00e8re s\u00e9quentielle en confrontant chaque observation <em>x_k<\/em> \u00e0 l&rsquo;ensemble des observations ult\u00e9rieures <em>x_j<\/em>, o\u00f9 l&rsquo;indice temporel satisfait la condition stricte <em>j &gt; k<\/em>. Cette d\u00e9marche it\u00e9rative g\u00e9n\u00e8re un nombre total de comparaisons binaires d\u00e9termin\u00e9 par la formule combinatoire classique :<\/p>\n<p style=\"text-align: center;font-style: italic;font-weight: bold\">Nombre total de paires = n(n &#8211; 1) \/ 2<\/p>\n<p>Pour chaque paire form\u00e9e par <em>(x_j, x_k)<\/em> avec <em>j &gt; k<\/em>, le test applique la fonction signe canonique, not\u00e9e <em>sign(x_j &#8211; x_k)<\/em>, qui est formellement d\u00e9finie par la structure par morceaux suivante :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>sign(x_j &#8211; x_k) = +1<\/strong> si la diff\u00e9rence <em>x_j &#8211; x_k &gt; 0<\/em> (l&rsquo;observation ult\u00e9rieure est sup\u00e9rieure \u00e0 l&rsquo;observation ant\u00e9rieure, traduisant une augmentation locale) ;<\/li>\n<li><strong>sign(x_j &#8211; x_k) = 0<\/strong> si la diff\u00e9rence <em>x_j &#8211; x_k = 0<\/em> (les deux observations sont parfaitement identiques, constituant une situation d&rsquo;ex \u00e6quo temporelle) ;<\/li>\n<li><strong>sign(x_j &#8211; x_k) = -1<\/strong> si la diff\u00e9rence <em>x_j &#8211; x_k &lt; 0<\/em> (l&rsquo;observation ult\u00e9rieure est inf\u00e9rieure \u00e0 l&rsquo;observation ant\u00e9rieure, traduisant une diminution locale).<\/li>\n<\/ul>\n<p>La statistique brute de Mann-Kendall, universellement d\u00e9sign\u00e9e par la lettre <em>S<\/em>, est obtenue en effectuant la double sommation de ces signes sur l&rsquo;ensemble des paires valides :<\/p>\n<p style=\"text-align: center;font-style: italic;font-weight: bold\">S = &sum;<sub>k=1<\/sub><sup>n-1<\/sup> &sum;<sub>j=k+1<\/sub><sup>n<\/sup> sign(x_j &#8211; x_k)<\/p>\n<p>L&rsquo;interpr\u00e9tation de la statistique <em>S<\/em> est conceptuellement intuitive : une valeur positive \u00e9lev\u00e9e de <em>S<\/em> indique qu&rsquo;une \u00e9crasante majorit\u00e9 de comparaisons temporelles se soldent par un accroissement, attestant d&rsquo;une trajectoire ascendante globale. R\u00e9ciproquement, une valeur n\u00e9gative substantielle de <em>S<\/em> traduit la pr\u00e9dominance d&rsquo;\u00e9volutions \u00e0 la baisse. Lorsque les augmentations et les diminutions s&rsquo;\u00e9quilibrent parfaitement le long de la s\u00e9rie, la statistique <em>S<\/em> oscille autour de z\u00e9ro, corroborant l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle d&rsquo;absence de tendance.<\/p>\n<h3>2.2 Variance de S et ajustement pour les ex \u00e6quo (ties)<\/h3>\n<p>Pour d\u00e9terminer si la valeur observ\u00e9e de la statistique <em>S<\/em> s&rsquo;\u00e9carte significativement de z\u00e9ro au regard des lois de la probabilit\u00e9, il est n\u00e9cessaire de conna\u00eetre sa distribution d&rsquo;\u00e9chantillonnage th\u00e9orique sous l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle <em>H0<\/em>. Sous <em>H0<\/em>, l&rsquo;esp\u00e9rance math\u00e9matique de <em>S<\/em> est rigoureusement nulle : <em>E(S) = 0<\/em>. Dans l&rsquo;hypoth\u00e8se id\u00e9ale o\u00f9 l&rsquo;ensemble des <em>n<\/em> observations de la s\u00e9rie chronologique sont distinctes (absence totale d&rsquo;ex \u00e6quo), Kendall a d\u00e9montr\u00e9 que la variance th\u00e9orique de <em>S<\/em> est donn\u00e9e par l&rsquo;\u00e9quation :<\/p>\n<p style=\"text-align: center;font-style: italic;font-weight: bold\">Var(S) = [n(n &#8211; 1)(2n + 5)] \/ 18<\/p>\n<p>Cependant, dans la r\u00e9alit\u00e9 empirique du traitement des donn\u00e9es, en particulier lorsque les instruments de mesure poss\u00e8dent une pr\u00e9cision finie ou lorsque les scores sont issus d&rsquo;\u00e9chelles d&rsquo;\u00e9valuation discr\u00e8tes (telles que les \u00e9chelles de Likert), la pr\u00e9sence de valeurs r\u00e9p\u00e9t\u00e9es identiques (nomm\u00e9es <em>ties<\/em> ou ex \u00e6quo) est quasi in\u00e9vitable. L&rsquo;occurrence d&rsquo;ex \u00e6quo a pour cons\u00e9quence directe de r\u00e9duire l&rsquo;information disponible et d&rsquo;alt\u00e9rer la variabilit\u00e9 intrins\u00e8que de la statistique <em>S<\/em>. Omettre de corriger la variance pour tenir compte des ex \u00e6quo conduirait \u00e0 sous-estimer la variance r\u00e9elle, gonflant artificiellement le risque de commettre une erreur de type I (rejet \u00e0 tort de l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle).<\/p>\n<p>Pour pr\u00e9venir cette d\u00e9rive, une formule de variance ajust\u00e9e a \u00e9t\u00e9 \u00e9tablie. Soit <em>g<\/em> le nombre total de groupes distincts de valeurs ex \u00e6quo au sein de la s\u00e9rie, et soit <em>t_p<\/em> le nombre d&rsquo;observations redondantes pr\u00e9sentes dans le <em>p<\/em>-i\u00e8me groupe. La formulation de la variance corrig\u00e9e s&rsquo;\u00e9crit alors :<\/p>\n<p style=\"text-align: center;font-style: italic;font-weight: bold\">Var(S) = [ n(n &#8211; 1)(2n + 5) &#8211; &sum;<sub>p=1<\/sub><sup>g<\/sup> t_p(t_p &#8211; 1)(2t_p + 5) ] \/ 18<\/p>\n<p>Cette correction retranche syst\u00e9matiquement la part de dispersion imputable aux blocs d&rsquo;\u00e9galit\u00e9s. D\u00e8s lors que la taille d&rsquo;\u00e9chantillon <em>n<\/em> est sup\u00e9rieure \u00e0 10, la th\u00e9orie statistique \u00e9tablit que la distribution d&rsquo;\u00e9chantillonnage de la statistique <em>S<\/em> converge de mani\u00e8re asymptotique vers une loi normale avec une excellente pr\u00e9cision, autorisant l&rsquo;usage des approximations gaussiennes standardis\u00e9es.<\/p>\n<h3>2.3 Statistique standardis\u00e9e Z et corr\u00e9lation tau de Kendall<\/h3>\n<p>D\u00e8s lors que la taille de l&rsquo;\u00e9chantillon franchit le seuil conventionnel de dix observations (<em>n &gt; 10<\/em>), la normalisation de la statistique <em>S<\/em> permet d&rsquo;obtenir une variable normale centr\u00e9e r\u00e9duite, conventionnellement d\u00e9sign\u00e9e par la lettre <em>Z<\/em>. Afin de compenser le passage d&rsquo;une distribution discr\u00e8te (puisque <em>S<\/em> ne prend que des valeurs enti\u00e8res) \u00e0 une loi normale continue, une correction de continuit\u00e9 empirique de &plusmn;1 est syst\u00e9matiquement int\u00e9gr\u00e9e au calcul :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Z = (S &#8211; 1) \/ &radic;(Var(S))<\/strong> lorsque <em>S &gt; 0<\/em> ;<\/li>\n<li><strong>Z = 0<\/strong> lorsque <em>S = 0<\/em> ;<\/li>\n<li><strong>Z = (S + 1) \/ &radic;(Var(S))<\/strong> lorsque <em>S &lt; 0<\/em>.<\/li>\n<\/ul>\n<p>La valeur de la statistique standardis\u00e9e <em>Z<\/em> permet de d\u00e9duire directement la <em>p<\/em>-valeur bilat\u00e9rale en interrogeant la fonction de r\u00e9partition cumulative d&rsquo;une loi normale standard <em>&Phi;(z)<\/em>. La probabilit\u00e9 associ\u00e9e est ainsi calcul\u00e9e selon l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 :<\/p>\n<p style=\"text-align: center;font-style: italic;font-weight: bold\">p = 2 [ 1 &#8211; &Phi;(|Z|) ]<\/p>\n<p>Parall\u00e8lement \u00e0 la statistique <em>Z<\/em>, le test fournit une mesure standardis\u00e9e d&rsquo;association chronologique ind\u00e9pendante du nombre total de points de mesure : le coefficient <strong>tau (&tau;) de Kendall<\/strong>. Ce coefficient quantifie la force et la direction de la corr\u00e9lation de rang entre la variable temporelle (le temps index\u00e9 de 1 \u00e0 <em>n<\/em>) et les observations mesur\u00e9es. En l&rsquo;absence d&rsquo;ex \u00e6quo, il s&rsquo;exprime simplement comme le ratio entre la statistique <em>S<\/em> et le nombre total de paires :<\/p>\n<p style=\"text-align: center;font-style: italic;font-weight: bold\">&tau; = S \/ [ n(n &#8211; 1) \/ 2 ]<\/p>\n<p>En pr\u00e9sence d&rsquo;ex \u00e6quo, des ajustements similaires \u00e0 la formulation du tau-b de Kendall sont employ\u00e9s au d\u00e9nominateur. Le tau de Kendall prend invariablement ses valeurs dans l&rsquo;intervalle ferm\u00e9 [-1 ; +1]. Une valeur de &tau; = +1 caract\u00e9rise une trajectoire rigoureusement monotone croissante, &tau; = -1 d\u00e9signe une chute continue parfaite, et &tau; = 0 refl\u00e8te l&rsquo;orthogonalit\u00e9 totale entre le temps et les fluctuations du signal mesur\u00e9.<\/p>\n<h2>3. Applications en psychologie quantitative et sciences comportementales<\/h2>\n<p>Bien que traditionnellement pl\u00e9biscit\u00e9 par les g\u00e9osciences, le test de Mann-Kendall s&rsquo;av\u00e8re particuli\u00e8rement f\u00e9cond au sein de la <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/www.apa.org\/pubs\/journals\/met\">psychologie quantitative<\/a> et des sciences cliniques du comportement, o\u00f9 les donn\u00e9es longitudinales sont soumises \u00e0 d&rsquo;intenses perturbations de mesure.<\/p>\n<h3>3.1 Suivi longitudinal des processus cognitifs et psychopathologiques<\/h3>\n<p>Dans le domaine de la neuropsychologie clinique et du vieillissement, l&rsquo;investigation du d\u00e9clin cognitif progressif impose des d\u00e9fis m\u00e9thodologiques consid\u00e9rables. Le suivi de cohortes g\u00e9riatriques au moyen de batteries standardis\u00e9es (telles que le MMSE ou l&rsquo;\u00e9valuation cognitive de Montr\u00e9al) engendre des s\u00e9ries temporelles marqu\u00e9es par une grande h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 inter-individuelle et des fluctuations journali\u00e8res li\u00e9es \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat de fatigue ou au sommeil. Le test de Mann-Kendall permet d&rsquo;\u00e9tablir formellement la pr\u00e9sence d&rsquo;une d\u00e9t\u00e9rioration progressive des fonctions mn\u00e9siques ou ex\u00e9cutives chez un individu, sans postuler que cette d\u00e9gradation suit un rythme lin\u00e9aire constant, capturant ainsi des phases de stabilisation transitoires au sein d&rsquo;une dynamique globale de d\u00e9clin.<\/p>\n<p>De fa\u00e7on analogue, l&rsquo;\u00e9valuation de l&rsquo;efficacit\u00e9 d&rsquo;interventions psychoth\u00e9rapeutiques cibl\u00e9es sur les troubles d\u00e9pressifs majeurs ou l&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e requiert des outils statistiques capables de valider une trajectoire de r\u00e9mission. Dans les protocoles cliniques contemporains, les scores issus d&rsquo;\u00e9chelles auto-rapport\u00e9es (telles que l&rsquo;inventaire de d\u00e9pression de Beck ou le GAD-7) pr\u00e9sentent fr\u00e9quemment une forte r\u00e9sistance au changement initial, suivie d&rsquo;une am\u00e9lioration abrupte. L&rsquo;approche de Mann-Kendall d\u00e9tecte parfaitement cette tendance th\u00e9rapeutique descendante globale sans \u00eatre mise en \u00e9chec par l&rsquo;absence de proportionnalit\u00e9 temporelle des gains cliniques.<\/p>\n<p>L&rsquo;essor des m\u00e9thodologies d&rsquo;\u00e9valuation \u00e9cologique momentan\u00e9e (<em>Ecological Momentary Assessment<\/em> ou EMA) a d\u00e9multipli\u00e9 la collecte de donn\u00e9es en temps r\u00e9el via des smartphones. L&rsquo;analyse des dynamiques affectives quotidiennes et des tendances d&rsquo;\u00e9puisement professionnel (<em>burnout<\/em>) chez les soignants b\u00e9n\u00e9ficie grandement de cette analyse non param\u00e9trique, isolant les trajectoires de d\u00e9gradation du bien-\u00eatre psychologique au milieu du bruit circonstanciel de la vie quotidienne.<\/p>\n<h3>3.2 Ad\u00e9quation aux designs intra-individuels (N-of-1)<\/h3>\n<p>Les protocoles de recherche exp\u00e9rimentale \u00e0 cas unique, couramment d\u00e9sign\u00e9s sous le terme de <em>designs N-of-1<\/em> ou \u00e9tudes intra-individuelles intensives, constituent un standard m\u00e9thodologique d&rsquo;excellence en m\u00e9decine personnalis\u00e9e et en psychoth\u00e9rapie comportementale. Ces dispositifs consistent \u00e0 suivre un unique patient de mani\u00e8re longitudinale \u00e0 haute fr\u00e9quence (quotidiennement, voire plusieurs fois par jour) \u00e0 travers diff\u00e9rentes phases d&rsquo;intervention (sch\u00e9mas de type AB, ABA ou ABAB). L&rsquo;analyse de ces s\u00e9ries chronologiques individuelles pose un probl\u00e8me \u00e9pineux aux approches inf\u00e9rentielles traditionnelles, car l&rsquo;effectif <em>N<\/em> est r\u00e9duit \u00e0 l&rsquo;unit\u00e9, interdisant le recours \u00e0 la variance inter-sujets habituelle.<\/p>\n<p>Le test de Mann-Kendall s&rsquo;adapte de mani\u00e8re optimale \u00e0 ces configurations gr\u00e2ce \u00e0 sa validit\u00e9 intrins\u00e8que sur des s\u00e9ries chronologiques r\u00e9p\u00e9t\u00e9es \u00e0 haute fr\u00e9quence centr\u00e9es sur un seul syst\u00e8me comportemental. Dans de telles s\u00e9ries, les \u00e9tats affectifs, le niveau de douleur per\u00e7ue ou la fr\u00e9quence de comportements compulsifs ne se plient jamais \u00e0 une distribution gaussienne th\u00e9orique. Les \u00e9chelles de mesure auto-rapport\u00e9es cr\u00e9ent in\u00e9vitablement des distributions asym\u00e9triques, satur\u00e9es de planchers ou de plafonds.<\/p>\n<p>De surcro\u00eet, le comportement humain est caract\u00e9ris\u00e9 par des \u00e9pisodes d&rsquo;instabilit\u00e9 temporaire, o\u00f9 des \u00e9v\u00e9nements de vie ponctuels induisent des variations extr\u00eames mais passag\u00e8res. La r\u00e9silience algorithmique du test de Mann-Kendall vis-\u00e0-vis des valeurs transitoires emp\u00eache ces perturbations accidentelles d&rsquo;invalider le diagnostic statistique. Il devient ainsi possible d&rsquo;attester scientifiquement l&rsquo;existence d&rsquo;une trajectoire de changement th\u00e9rapeutique individuel au cours d&rsquo;une phase de traitement, offrant une base probante tangible aux praticiens de la sant\u00e9 mentale pour r\u00e9ajuster ou valider leurs protocoles cliniques.<\/p>\n<h3>3.3 Comparaison avec les mod\u00e8les mixtes et r\u00e9gressions longitudinales<\/h3>\n<p>Dans l&rsquo;arsenal contemporain de l&rsquo;analyse longitudinale, les mod\u00e8les lin\u00e9aires \u00e0 effets mixtes (LMM) et les mod\u00e8les de courbes de croissance latente occupent une place pr\u00e9pond\u00e9rante. Ces cadres mod\u00e9lisateurs puissants permettent d&rsquo;estimer simultan\u00e9ment des trajectoires moyennes de groupe (effets fixes) et des variations inter-individuelles autour de ces tendances (effets al\u00e9atoires). N\u00e9anmoins, cette sophistication s&rsquo;accompagne d&rsquo;un co\u00fbt m\u00e9thodologique non n\u00e9gligeable : une vuln\u00e9rabilit\u00e9 accrue aux violations de postulats structuraux fondamentaux. Lorsque les r\u00e9sidus longitudinaux violent l&rsquo;hypoth\u00e8se de normalit\u00e9, pr\u00e9sentent une h\u00e9t\u00e9rosc\u00e9dasticit\u00e9 s\u00e9v\u00e8re ou lorsque le nombre d&rsquo;observations r\u00e9p\u00e9t\u00e9es par sujet est restreint, les estimateurs du maximum de vraisemblance peuvent subir des biais d&rsquo;estimation critiques.<\/p>\n<p>Le test de tendance de Mann-Kendall se positionne comme un outil d&rsquo;une remarquable compl\u00e9mentarit\u00e9 face aux architectures de mod\u00e9lisation complexe. Dans une d\u00e9marche analytique rigoureuse, il constitue une phase de validation non param\u00e9trique initiale indispensable. Sa sensibilit\u00e9 nulle aux sp\u00e9cifications erron\u00e9es de formes fonctionnelles polynomiales lui conf\u00e8re un avantage d\u00e9cisif sur la r\u00e9gression lin\u00e9aire standard : si une trajectoire comportementale adopte une forme sigmo\u00efdale, exponentielle ou logarithmique, un mod\u00e8le lin\u00e9aire simple conclura fr\u00e9quemment \u00e0 l&rsquo;absence de tendance lin\u00e9aire ou produira un ajustement artificiel, tandis que le test de Mann-Kendall identifiera avec exactitude la nature monotone du processus sous-jacent.<\/p>\n<p>Sur le plan didactique et m\u00e9thodologique, l&rsquo;insertion du test de Mann-Kendall dans la phase exploratoire d&rsquo;une recherche longitudinale offre une vue \u00e9pur\u00e9e des dynamiques en jeu, permettant d&rsquo;\u00e9prouver la robustesse des r\u00e9sultats avant d&rsquo;engager des param\u00e9trisations lourdes dont la convergence math\u00e9matique demeure parfois fragile.<\/p>\n<h2>4. Configuration de l&rsquo;environnement de calcul statistique R<\/h2>\n<p>L&rsquo;impl\u00e9mentation op\u00e9rationnelle du test de Mann-Kendall requiert la mise en place d&rsquo;un environnement computationnel stable sous le logiciel R, reposant sur une s\u00e9lection rigoureuse de librairies sp\u00e9cialis\u00e9es h\u00e9berg\u00e9es sur le r\u00e9seau officiel <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/cran.r-project.org\/\">CRAN (Comprehensive R Archive Network)<\/a>.<\/p>\n<h3>4.1 Installation et chargement des packages sp\u00e9cialis\u00e9s<\/h3>\n<p>Bien que les routines de calcul matriciel de base de R permettent th\u00e9oriquement de programmer le test manuellement, le recours \u00e0 des biblioth\u00e8ques logicielles valid\u00e9es par la communaut\u00e9 scientifique garantit l&rsquo;exactitude des calculs, la gestion automatique des ex \u00e6quo et une optimisation des temps d&rsquo;ex\u00e9cution. Deux biblioth\u00e8ques phares se distinguent pour l&rsquo;ex\u00e9cution des tests de tendance : le package <em>Kendall<\/em>, d\u00e9velopp\u00e9 originellement par A.I. McLeod, qui constitue l&rsquo;impl\u00e9mentation de r\u00e9f\u00e9rence classique, et le package <em>trend<\/em>, con\u00e7u par Thorsten Pohlert, qui offre une suite exhaustive de variantes non param\u00e9triques modernes incluant les ajustements pour s\u00e9ries autocorr\u00e9l\u00e9es.<\/p>\n<p>L&rsquo;installation de ces biblioth\u00e8ques s&rsquo;effectue directement depuis la console R en ex\u00e9cutant les instructions de t\u00e9l\u00e9chargement standardis\u00e9es. Il est judicieux d&rsquo;adjoindre \u00e0 ces outils des packages fondamentaux d&rsquo;ing\u00e9nierie des donn\u00e9es issus de l&rsquo;\u00e9cosyst\u00e8me <em>tidyverse<\/em>, \u00e0 savoir <em>dplyr<\/em> et <em>tibble<\/em>, afin de faciliter les manipulations pr\u00e9alables des s\u00e9ries chronologiques.<\/p>\n<p>L&rsquo;environnement analytique se pr\u00e9pare typiquement en appelant les commandes suivantes :<\/p>\n<p><code>install.packages(c(\"Kendall\", \"trend\", \"dplyr\", \"tibble\"))<\/code><br \/>\n<code>library(Kendall)<\/code><br \/>\n<code>library(trend)<\/code><br \/>\n<code>library(dplyr)<\/code><br \/>\n<code>library(tibble)<\/code><\/p>\n<p>Il est imp\u00e9ratif de veiller \u00e0 la compatibilit\u00e9 des versions de R et des packages de calcul afin d&rsquo;assurer la stricte reproductibilit\u00e9 des calculs inf\u00e9rentiels. Une bonne pratique de laboratoire consiste \u00e0 documenter l&rsquo;\u00e9tat exact de la session via la fonction <code>sessionInfo()<\/code> dans les comptes rendus d&rsquo;analyse.<\/p>\n<h3>4.2 Pr\u00e9sentation des fonctions centrales : MannKendall() vs mk.test()<\/h3>\n<p>Les praticiens de R sont fr\u00e9quemment confront\u00e9s \u00e0 l&rsquo;arbitrage entre la fonction <code>MannKendall()<\/code> du package <em>Kendall<\/em> et la fonction <code>mk.test()<\/code> du package <em>trend<\/em>. Bien que les deux commandes reposent sur la m\u00eame th\u00e9orie probabiliste fondamentale, leur conception structurelle et la nature de leurs sorties informatiques pr\u00e9sentent des singularit\u00e9s notables qu&rsquo;il convient de ma\u00eetriser pour faire un choix \u00e9clair\u00e9.<\/p>\n<p>La fonction <code>MannKendall()<\/code> prend en argument d&rsquo;entr\u00e9e un vecteur num\u00e9rique ou un objet formel de s\u00e9rie chronologique (<code>ts<\/code>). Sa signature syntaxique s&rsquo;av\u00e8re minimale, son ex\u00e9cution \u00e9tant condens\u00e9e sous la forme <code>MannKendall(x)<\/code>. L&rsquo;objet retourn\u00e9 est une liste de classe S3 nomm\u00e9e <code>Kendall<\/code>, contenant le coefficient tau, la <em>p<\/em>-valeur bilat\u00e9rale exacte ou approch\u00e9e, le score <em>S<\/em>, le d\u00e9nominateur de variance, ainsi que la valeur de la statistique standardis\u00e9e. Sa force r\u00e9side dans sa robustesse historique et son int\u00e9gration transparente avec la fonction <code>SeasonalMannKendall()<\/code> con\u00e7ue par le m\u00eame auteur.<\/p>\n<p>D&rsquo;un autre c\u00f4t\u00e9, la fonction <code>mk.test()<\/code> issue de la biblioth\u00e8que <em>trend<\/em> adopte une formalisation plus proche des standards contemporains de la mod\u00e9lisation statistique dans R. Elle s&rsquo;invoque sous la syntaxe :<\/p>\n<p><code>mk.test(x, alternative = c(\"two.sided\", \"greater\", \"less\"), continuity = TRUE)<\/code><\/p>\n<p>Cette impl\u00e9mentation pr\u00e9sente l&rsquo;avantage majeur de permettre un contr\u00f4le explicite sur la directionnalit\u00e9 de l&rsquo;hypoth\u00e8se alternative (param\u00e8tre <code>alternative<\/code>) et d&rsquo;autoriser l&rsquo;activation ou la d\u00e9sactivation de la correction de continuit\u00e9 (param\u00e8tre <code>continuity<\/code>). L&rsquo;objet r\u00e9sultant appartient \u00e0 la classe canonique <code>htest<\/code>, commune \u00e0 tous les tests statistiques natifs de R (tels que <code>t.test<\/code> ou <code>cor.test<\/code>), facilitant l&rsquo;extraction programmatique des param\u00e8tres par des packages de formatage comme <em>broom<\/em>. Le tableau comparatif suivant synth\u00e9tise les propri\u00e9t\u00e9s respectives de ces deux fonctions :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Package Kendall (MannKendall) :<\/strong> Sortie de classe <code>Kendall<\/code> ; syntaxe minimale ; ax\u00e9 sur l&rsquo;approche de McLeod ; int\u00e8gre directement les structures de s\u00e9ries saisonni\u00e8res unifi\u00e9es ; pas de param\u00e9trage direct d&rsquo;hypoth\u00e8se unilat\u00e9rale en argument.<\/li>\n<li><strong>Package trend (mk.test) :<\/strong> Sortie de classe standard <code>htest<\/code> ; compatibilit\u00e9 totale avec les fonctions g\u00e9n\u00e9riques d&rsquo;extraction de R ; gestion fine de la correction de continuit\u00e9 ; param\u00e9trage unilat\u00e9ral explicite ; int\u00e9gration dans une suite compl\u00e8te de tests de d\u00e9tection de points de rupture.<\/li>\n<\/ul>\n<h2>5. Structuration et pr\u00e9traitement des donn\u00e9es temporelles<\/h2>\n<p>Une ex\u00e9cution fiable du test de Mann-Kendall exige que les donn\u00e9es brutes soient convenablement format\u00e9es, diagnostiqu\u00e9es et explor\u00e9es. Une s\u00e9rie chronologique d\u00e9sordonn\u00e9e ou mal index\u00e9e conduit in\u00e9luctablement \u00e0 des d\u00e9ductions erron\u00e9es.<\/p>\n<h3>5.1 Conversion des donn\u00e9es en objets chronologiques<\/h3>\n<p>L&rsquo;un des \u00e9cueils les plus fr\u00e9quents r\u00e9side dans la manipulation de vecteurs num\u00e9riques bruts d\u00e9pourvus d&rsquo;index temporel explicite. Bien que les fonctions du test acceptent un simple vecteur ordonn\u00e9, la conversion pr\u00e9alable de la variable en un objet formel de classe <code>ts<\/code> (<em>Time Series<\/em>) garantit que les algorithmes internes reconnaissent sans ambigu\u00eft\u00e9 la p\u00e9riodicit\u00e9 et l&rsquo;intervalle d&rsquo;\u00e9chantillonnage de la s\u00e9quence.<\/p>\n<p>La transformation d&rsquo;un vecteur sous R s&rsquo;op\u00e8re via la fonction native <code>ts()<\/code>. Cette derni\u00e8re requiert la sp\u00e9cification rigoureuse de la fr\u00e9quence des relev\u00e9s (argument <code>frequency<\/code>) ainsi que de l&rsquo;instant temporel d&rsquo;initiation de la collecte (argument <code>start<\/code>). Par exemple, pour structurer une s\u00e9rie longitudinale mensuelle d\u00e9marrant en janvier 2018 :<\/p>\n<p><code>serie_ts &lt;- ts(vecteur_donnees, start = c(2018, 1), frequency = 12)<\/code><\/p>\n<p>Dans le cas d&rsquo;une fr\u00e9quence annuelle, l&rsquo;argument est d\u00e9fini par <code>frequency = 1<\/code>, tandis qu&rsquo;une collecte journali\u00e8re peut adopter <code>frequency = 365<\/code> ou <code>frequency = 7<\/code> selon que l&rsquo;analyse porte sur les cycles annuels ou les rythmes hebdomadaires. L&rsquo;attribution correcte de ces m\u00e9tadonn\u00e9es chronologiques est fondamentale : elle permet aux fonctions sp\u00e9cialis\u00e9es d&rsquo;ajuster automatiquement les fen\u00eatres de comparaison et pr\u00e9pare les donn\u00e9es pour d&rsquo;\u00e9ventuelles extensions saisonni\u00e8res ult\u00e9rieures. Avant toute d\u00e9marche inf\u00e9rentielle, la coh\u00e9rence de l&rsquo;indexation doit \u00eatre v\u00e9rifi\u00e9e \u00e0 l&rsquo;aide des fonctions <code>time(serie_ts)<\/code>, <code>start(serie_ts)<\/code> et <code>end(serie_ts)<\/code>.<\/p>\n<h3>5.2 Gestion des donn\u00e9es manquantes et espacements irr\u00e9guliers<\/h3>\n<p>Les s\u00e9ries longitudinales r\u00e9elles comportent tr\u00e8s fr\u00e9quemment des donn\u00e9es manquantes (not\u00e9es <code>NA<\/code> dans l&rsquo;\u00e9cosyst\u00e8me R). La pr\u00e9sence d&rsquo;un <code>NA<\/code> au sein d&rsquo;une s\u00e9rie chronologique pose un d\u00e9fi math\u00e9matique pour le calcul combinatoire de la statistique <em>S<\/em>. Par d\u00e9faut, la plupart des impl\u00e9mentations de Mann-Kendall stoppent le calcul ou retournent une erreur bloquante si des valeurs manquantes sont rencontr\u00e9es sans instruction de filtrage explicite.<\/p>\n<p>Il existe deux strat\u00e9gies distinctes pour traiter cette probl\u00e9matique :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>L&rsquo;omission par paire ou par liste :<\/strong> Lorsque les donn\u00e9es manquantes sont r\u00e9parties de fa\u00e7on totalement al\u00e9atoire (m\u00e9canisme MCAR, <em>Missing Completely at Random<\/em>), il est possible de supprimer purement et simplement les observations manquantes en amont via la fonction <code>na.omit()<\/code>. Les algorithmes de rang comparent alors les paires d&rsquo;observations restantes en se fondant sur leur ordre s\u00e9quentiel r\u00e9siduel. Il convient toutefois de noter que cette approche modifie m\u00e9caniquement la valeur de <em>n<\/em> et biaise potentiellement la variance de <em>S<\/em> si les absences de mesure correspondent \u00e0 des blocs temporels prolong\u00e9s.<\/li>\n<li><strong>L&rsquo;imputation temporelle non param\u00e9trique :<\/strong> Lorsque la r\u00e9gularit\u00e9 du pas temporel est cruciale pour l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 de l&rsquo;interpr\u00e9tation th\u00e9orique, des techniques d&rsquo;imputation adapt\u00e9es peuvent \u00eatre d\u00e9ploy\u00e9es. L&rsquo;interpolation lin\u00e9aire locale (via le package <em>zoo<\/em> et la commande <code>na.approx()<\/code>) ou la m\u00e9thode de la derni\u00e8re observation report\u00e9e (LOCF, <em>Last Observation Carried Forward<\/em>) sont parfois utilis\u00e9es. N\u00e9anmoins, l&rsquo;imputation de valeurs r\u00e9p\u00e9t\u00e9es augmente artificiellement le nombre d&rsquo;ex \u00e6quo au sein de la s\u00e9rie, ce qui active les termes de correction de la variance et peut alt\u00e9rer artificiellement la significativit\u00e9 du test. Le chercheur veillera donc \u00e0 minimiser les imputations et \u00e0 privil\u00e9gier l&rsquo;omission rigoureuse lorsqu&rsquo;aucune certitude sur le profil d&rsquo;absence n&rsquo;est acquise.<\/li>\n<\/ul>\n<p>En pr\u00e9sence de pas temporels intrins\u00e8quement irr\u00e9guliers (observations men\u00e9es \u00e0 des intervalles variant de quelques jours \u00e0 plusieurs semaines), il est formellement d\u00e9conseill\u00e9 d&rsquo;appliquer le test de Mann-Kendall classique sans une r\u00e9gularisation pr\u00e9alable du r\u00e9seau temporel ou le recours \u00e0 des adaptations sp\u00e9cifiques pour s\u00e9ries continues irr\u00e9guli\u00e8res.<\/p>\n<h3>5.3 Exploration descriptive et inspection visuelle pr\u00e9alable<\/h3>\n<p>Avant d&rsquo;engager le moindre calcul inf\u00e9rentiel formel, l&rsquo;examen visuel attentif de la s\u00e9rie temporelle constitue une prescription m\u00e9thodologique incontournable. Se fier aveugl\u00e9ment \u00e0 une <em>p<\/em>-valeur sans visualiser le signal expose l&rsquo;analyste \u00e0 de lourdes erreurs d&rsquo;interpr\u00e9tation, notamment en cas de trajectoires non monotones en forme de cloche ou de rupture structurelle brutale.<\/p>\n<p>Le trac\u00e9 graphique initial peut \u00eatre r\u00e9alis\u00e9 au moyen des fonctions graphiques de base via l&rsquo;instruction <code>plot(serie_ts)<\/code>, ou plus avantageusement via la biblioth\u00e8que <em>ggplot2<\/em>, qui autorise une stratification graphique fine. Cette repr\u00e9sentation temporelle doit s&rsquo;accompagner d&rsquo;un calcul rigoureux des param\u00e8tres de dispersion non param\u00e9triques : la m\u00e9diane empirique et l&rsquo;\u00e9cart interquartile (IQR), qui remplacent avantageusement la moyenne et l&rsquo;\u00e9cart-type pour les s\u00e9ries sujettes aux asym\u00e9tries de distribution.<\/p>\n<figure class=\"wpt-preserved-image\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/french.arabpsychology.com\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/mannKendall1.png\" alt=\"Time series plot with smooth line\" \/><figcaption>Time series plot with smooth line<\/figcaption><\/figure>\n<p>L&rsquo;inspection visuelle d\u00e9taill\u00e9e poursuit plusieurs objectifs critiques :<\/p>\n<ul>\n<li>Identifier les points de rupture \u00e9vidents o\u00f9 le comportement de la s\u00e9rie change drastiquement de niveau moyen ou de variance ;<\/li>\n<li>D\u00e9celer les valeurs extr\u00eames aberrantes isol\u00e9es afin de v\u00e9rifier si elles refl\u00e8tent des erreurs mat\u00e9rielles de saisie ou des r\u00e9alit\u00e9s ph\u00e9nom\u00e9nologiques ;<\/li>\n<li>\u00c9valuer grossi\u00e8rement si la tendance sous-jacente pr\u00e9sente un profil globalement monotone ou si elle subit des inversions p\u00e9riodiques complexes.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Cette confrontation visuelle initiale apporte la justification empirique n\u00e9cessaire au choix du test de Mann-Kendall : si la trajectoire semble pr\u00e9senter une d\u00e9rive persistante mais non strictement lin\u00e9aire, l&rsquo;orientation vers un test non param\u00e9trique fond\u00e9 sur les rangs se trouve pleinement l\u00e9gitim\u00e9e sur le plan scientifique.<\/p>\n<h2>6. Ex\u00e9cution pas \u00e0 pas du test de Mann-Kendall dans R<\/h2>\n<p>Afin de concr\u00e9tiser l&rsquo;application de cette m\u00e9thodologie, nous allons parcourir l&rsquo;impl\u00e9mentation pratique du test \u00e0 travers plusieurs sc\u00e9narios d&rsquo;analyse, allant d&rsquo;un jeu de donn\u00e9es historique de r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 des cohortes comportementales simul\u00e9es.<\/p>\n<h3>6.1 Application sur le jeu de donn\u00e9es de r\u00e9f\u00e9rence PrecipGL<\/h3>\n<p>Le package <em>Kendall<\/em> met \u00e0 disposition de la communaut\u00e9 un jeu de donn\u00e9es chronologique historique particuli\u00e8rement document\u00e9 : <code>PrecipGL<\/code>. Cette s\u00e9rie correspond aux mesures annuelles moyennes de pr\u00e9cipitations enregistr\u00e9es sur l&rsquo;ensemble du bassin des Grands Lacs nord-am\u00e9ricains sur une p\u00e9riode continue s&rsquo;\u00e9talant de 1900 \u00e0 1986, repr\u00e9sentant un ensemble de 87 observations chronologiques s\u00e9quentielles.<\/p>\n<p>Pour proc\u00e9der \u00e0 l&rsquo;analyse de cette s\u00e9rie historique, le chercheur charge la biblioth\u00e8que et applique directement la fonction de test :<\/p>\n<p><code>library(Kendall)<\/code><br \/>\n<code>data(PrecipGL)<\/code><br \/>\n<code>resultat_precip &lt;- MannKendall(PrecipGL)<\/code><br \/>\n<code>summary(resultat_precip)<\/code><\/p>\n<p>L&rsquo;ex\u00e9cution de la commande produit une sortie console structur\u00e9e pr\u00e9sentant les statistiques fondamentales :<\/p>\n<p><code>tau = 0.231, 2-sided pvalue =0.0035546<\/code><\/p>\n<p>L&rsquo;examen des indicateurs bruts r\u00e9v\u00e8le imm\u00e9diatement deux \u00e9l\u00e9ments fondamentaux : le tau de Kendall affiche une valeur positive non n\u00e9gligeable de 0,231, tandis que la <em>p<\/em>-valeur bilat\u00e9rale se chiffre \u00e0 0,00355. Cette probabilit\u00e9 \u00e9tant tr\u00e8s largement inf\u00e9rieure au seuil de significativit\u00e9 conventionnel de &alpha; = 0,01, l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle <em>H0<\/em> d&rsquo;absence de tendance est cat\u00e9goriquement rejet\u00e9e. L&rsquo;analyste conclut avec un degr\u00e9 de confiance probabiliste \u00e9lev\u00e9 \u00e0 l&rsquo;existence d&rsquo;une tendance monotone ascendante des pr\u00e9cipitations au cours du vingti\u00e8me si\u00e8cle sur cette zone g\u00e9ographique. Cet exemple illustre la concision op\u00e9rationnelle du test sur une s\u00e9rie chronologique empirique r\u00e9elle.<\/p>\n<h3>6.2 Impl\u00e9mentation sur un jeu de donn\u00e9es psychologiques simul\u00e9<\/h3>\n<p>Afin d&rsquo;ancrer la d\u00e9marche dans le champ des sciences comportementales, consid\u00e9rons la simulation d&rsquo;un protocole de suivi d&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 longitudinale. Imaginons une cohorte de patients engag\u00e9s dans un programme d&rsquo;accompagnement th\u00e9rapeutique intensif sur une dur\u00e9e de 60 semaines (<em>n = 60<\/em>). Le score d&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 global est mesur\u00e9 chaque semaine \u00e0 l&rsquo;aide d&rsquo;une \u00e9chelle psychom\u00e9trique born\u00e9e de 0 \u00e0 100. Nous souhaitons introduire de mani\u00e8re contr\u00f4l\u00e9e une d\u00e9rive d\u00e9croissante monotone, temp\u00e9r\u00e9e par un bruit stochastique h\u00e9t\u00e9rosc\u00e9dastique et quelques valeurs extr\u00eames mimant des rechutes \u00e9motionnelles transitoires.<\/p>\n<p>Le script de g\u00e9n\u00e9ration sous R s&rsquo;\u00e9labore de la mani\u00e8re suivante :<\/p>\n<p><code>set.seed(2023)<\/code><br \/>\n<code>semaines &lt;- 1:60<\/code><br \/>\n<code>composante_tendance &lt;- 70 - 0.35 * semaines<\/code><br \/>\n<code>bruit_aleatoire &lt;- rnorm(60, mean = 0, sd = 4.5)<\/code><br \/>\n<code>scores_anxiete &lt;- composante_tendance + bruit_aleatoire<\/code><br \/>\n<code>scores_anxiete[15] &lt;- scores_anxiete[15] + 18<\/code><br \/>\n<code>scores_anxiete[42] &lt;- scores_anxiete[42] + 15<\/code><br \/>\n<code>serie_anxiete &lt;- ts(scores_anxiete, start = 1, frequency = 1)<\/code><\/p>\n<p>Nous appliquons ensuite la fonction <code>mk.test()<\/code> issue de la biblioth\u00e8que <em>trend<\/em> sur cette s\u00e9rie clinique simul\u00e9e :<\/p>\n<p><code>library(trend)<\/code><br \/>\n<code>test_anxiete &lt;- mk.test(serie_anxiete, alternative = \"two.sided\")<\/code><br \/>\n<code>print(test_anxiete)<\/code><\/p>\n<p>L&rsquo;affichage console renvoie les r\u00e9sultats suivants :<\/p>\n<p><code>Mann-Kendall trend test<\/code><br \/>\n<code>data:  serie_anxiete<\/code><br \/>\n<code>z = -6.421, n = 60, p-value = 1.354e-10<\/code><br \/>\n<code>alternative hypothesis: true S is not equal to 0<\/code><br \/>\n<code>sample estimates:<\/code><br \/>\n<code>     tau       Score         Var <\/code><br \/>\n<code>-0.56271 -996.00000 24040.66667 <\/code><\/p>\n<p>La statistique standardis\u00e9e <em>z<\/em> s&rsquo;\u00e9tablit \u00e0 -6,421, g\u00e9n\u00e9rant une <em>p<\/em>-valeur infinit\u00e9simale de l&rsquo;ordre de 10<sup>-10<\/sup>, tandis que le tau de Kendall ressort \u00e0 -0,563. L&rsquo;analyse confirme la pr\u00e9sence d&rsquo;une r\u00e9duction hautement significative des scores d&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 au fil des semaines. En d\u00e9pit de l&rsquo;injection intentionnelle de deux pics de rechute prononc\u00e9s aux semaines 15 et 42, le test de Mann-Kendall a isol\u00e9 avec une robustesse exemplaire la tendance th\u00e9rapeutique de fond, attestant de son ad\u00e9quation aux contextes de suivi clinique.<\/p>\n<h3>6.3 Automatisation du test sur variables multiples avec purrr<\/h3>\n<p>Dans les dispositifs de recherche contemporains, les protocoles longitudinaux n&rsquo;enregistrent que tr\u00e8s rarement une unique variable isol\u00e9e. Les chercheurs \u00e9valuent couramment une batterie multidimensionnelle de scores (par exemple : anxi\u00e9t\u00e9, d\u00e9pression, fatigue cognitive, qualit\u00e9 de vie per\u00e7ue, variabilit\u00e9 de la fr\u00e9quence cardiaque). R\u00e9p\u00e9ter manuellement l&rsquo;ex\u00e9cution du test sur chaque variable repr\u00e9sente une perte de temps m\u00e9thodologique et une source majeure d&rsquo;erreurs de manipulation.<\/p>\n<p>L&rsquo;utilisation combin\u00e9e des structures de manipulation de donn\u00e9es du package <em>tibble<\/em> et des outils de programmation fonctionnelle du package <em>purrr<\/em> (ou de la fonction vectoris\u00e9e native <code>lapply()<\/code>) permet d&rsquo;automatiser l&rsquo;extraction des statistiques sur plusieurs colonnes en quelques lignes d&rsquo;instructions \u00e9l\u00e9gantes :<\/p>\n<p><code>library(purrr)<\/code><br \/>\n<code>library(dplyr)<\/code><br \/>\n<code>library(trend)<\/code><br \/>\n<code>set.seed(42)<\/code><br \/>\n<code>matrice_clinique &lt;- tibble(<\/code><br \/>\n<code>  temps = 1:50,<\/code><br \/>\n<code>  depression = 40 - 0.2 * temps + rnorm(50, 0, 3),<\/code><br \/>\n<code>  fatigue = 20 + 0.15 * temps + rnorm(50, 0, 2),<\/code><br \/>\n<code>  vigilance = rnorm(50, 50, 5)<\/code><br \/>\n<code>)<\/code><\/p>\n<p>Pour ex\u00e9cuter le test de Mann-Kendall sur l&rsquo;ensemble des colonnes psychom\u00e9triques sans toucher \u00e0 la colonne temporelle, nous utilisons la syntaxe suivante :<\/p>\n<p><code>resultats_multiples &lt;- matrice_clinique %&gt;%<\/code><br \/>\n<code>  select(-temps) %&gt;%<\/code><br \/>\n<code>  map_df(~{<\/code><br \/>\n<code>    res &lt;- mk.test(.x)<\/code><br \/>\n<code>    tibble(<\/code><br \/>\n<code>      tau = unname(res$estimates[\"tau\"]),<\/code><br \/>\n<code>      statistique_z = unname(res$statistic),<\/code><br \/>\n<code>      p_valeur = res$p.value<\/code><br \/>\n<code>    )<\/code><br \/>\n<code>  }, .id = \"echelle_mesure\") %&gt;%<\/code><br \/>\n<code>  mutate(p_ajustee_fdr = p.adjust(p_valeur, method = \"BH\"))<\/code><\/p>\n<p>Ce script extrait instantan\u00e9ment le coefficient tau, la valeur <em>Z<\/em> et la <em>p<\/em>-valeur pour chaque \u00e9chelle de mesure, tout en appliquant une correction syst\u00e9matique pour comparaisons multiples selon le protocole de <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/www.jstor.org\/stable\/2346101\">Benjamini-Hochberg (FDR)<\/a> via l&rsquo;instruction <code>p.adjust()<\/code>. Le data frame r\u00e9sultant offre un r\u00e9capitulatif tabulaire directement diffusable en publication acad\u00e9mique.<\/p>\n<h2>7. Analyse approfondie et interpr\u00e9tation des sorties statistiques<\/h2>\n<p>L&rsquo;obtention des valeurs num\u00e9riques issues du moteur de calcul R ne constitue que la premi\u00e8re moiti\u00e9 du travail analytique. L&rsquo;\u00e9valuation experte des m\u00e9triques produites requiert un d\u00e9codage probabiliste et conceptuel particuli\u00e8rement rigoureux.<\/p>\n<h3>7.1 D\u00e9codage de la p-valeur et prise de d\u00e9cision statistique<\/h3>\n<p>La probabilit\u00e9 critique (<em>p<\/em>-valeur) d\u00e9livr\u00e9e par les fonctions <code>MannKendall()<\/code> ou <code>mk.test()<\/code> correspond \u00e0 la probabilit\u00e9 d&rsquo;obtenir une valeur de la statistique <em>S<\/em> (ou <em>Z<\/em> standardis\u00e9e) au moins aussi \u00e9loign\u00e9e de z\u00e9ro que celle observ\u00e9e au sein de l&rsquo;\u00e9chantillon, sous la condition formelle stricte que l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle <em>H0<\/em> d&rsquo;absence de tendance soit vraie. Une erreur conceptuelle courante consiste \u00e0 interpr\u00e9ter cette probabilit\u00e9 comme la probabilit\u00e9 que l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle soit exacte en elle-m\u00eame, ou comme une mesure directe de l&rsquo;amplitude du changement comportemental.<\/p>\n<p>Une <em>p<\/em>-valeur infinit\u00e9simale (par exemple <em>p &lt; 0,001<\/em>) ne signifie nullement que l&rsquo;amplitude du changement est cliniquement majeure ou ph\u00e9nom\u00e9nologiquement substantielle. Dans des s\u00e9ries temporelles longues comprenant plusieurs centaines de points, une d\u00e9rive infime, imperceptible dans la pratique et totalement d\u00e9pourvue de port\u00e9e clinique, peut produire une <em>p<\/em>-valeur extr\u00eamement faible en raison de la surpuissance statistique du test. \u00c0 l&rsquo;inverse, au sein d&rsquo;une s\u00e9rie tr\u00e8s courte (<em>n = 12<\/em>), une tendance clinique prononc\u00e9e peut \u00e9chouer \u00e0 franchir le seuil fatidique de &alpha; = 0,05 par manque m\u00e9canique de puissance inf\u00e9rentielle.<\/p>\n<p>Le chercheur veillera donc \u00e0 dissocier la significativit\u00e9 statistique (rejet probabiliste de <em>H0<\/em>) de la significativit\u00e9 clinique ou mat\u00e9rielle du ph\u00e9nom\u00e8ne. La prise de d\u00e9cision doit syst\u00e9matiquement reposer sur le couplage explicite de la <em>p<\/em>-valeur avec la taille d&rsquo;effet mesur\u00e9e par le tau de Kendall et l&rsquo;\u00e9valuation m\u00e9trique de l&rsquo;ampleur du changement.<\/p>\n<h3>7.2 \u00c9valuation de la force d&rsquo;association via le Tau de Kendall<\/h3>\n<p>Le coefficient tau de Kendall constitue la taille d&rsquo;effet non param\u00e9trique standardis\u00e9e du test de tendance. Son signe alg\u00e9brique informe imm\u00e9diatement sur l&rsquo;orientation vectorielle du processus : un tau positif traduit une monotonicit\u00e9 ascendante, tandis qu&rsquo;un tau n\u00e9gatif documente une d\u00e9croissance au fil du temps. Cependant, la qualification de la magnitude empirique de ce coefficient n\u00e9cessite des rep\u00e8res d&rsquo;\u00e9chelle clairs.<\/p>\n<p>Bien que Jacob Cohen ait formalis\u00e9 des seuils de r\u00e9f\u00e9rence pour le coefficient de corr\u00e9lation produit-moment de Pearson (<em>r<\/em>), les propri\u00e9t\u00e9s combinatoires du tau de Kendall imposent une grille d&rsquo;\u00e9valuation distincte. Les valeurs num\u00e9riques absolues du tau de Kendall sont structurellement inf\u00e9rieures \u00e0 celles du <em>r<\/em> de Pearson ou du <em>rho<\/em> de Spearman pour un m\u00eame degr\u00e9 de d\u00e9pendance empirique sous-jacent. En r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, la relation de conversion asymptotique entre le tau de Kendall et le rho de Spearman sur donn\u00e9es bivari\u00e9es normales s&rsquo;\u00e9tablit selon la formule empirique :<\/p>\n<p style=\"text-align: center;font-style: italic;font-weight: bold\">&rho; &asymp; 1.5 &times; &tau;<\/p>\n<p>Dans la litt\u00e9rature m\u00e9thodologique en sciences du comportement, les conventions d&rsquo;interpr\u00e9tation pour la valeur absolue de tau s&rsquo;articulent g\u00e9n\u00e9ralement comme suit :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>|&tau;| &lt; 0,10 :<\/strong> Tendance n\u00e9gligeable ou triviale, m\u00eame si la significativit\u00e9 statistique est atteinte sur un \u00e9chantillon massif ;<\/li>\n<li><strong>0,10 &le; |&tau;| &lt; 0,30 :<\/strong> Tendance faible mais identifiable ;<\/li>\n<li><strong>0,30 &le; |&tau;| &lt; 0,50 :<\/strong> Tendance d&rsquo;ampleur mod\u00e9r\u00e9e, refl\u00e9tant une dynamique temporelle bien \u00e9tablie ;<\/li>\n<li><strong>|&tau;| &ge; 0,50 :<\/strong> Tendance forte \u00e0 tr\u00e8s forte, signalant un processus directionnel pr\u00e9dominant sur le bruit stochastique.<\/li>\n<\/ul>\n<p>La formulation des conclusions d&rsquo;une \u00e9tude longitudinale se doit de mentionner explicitement la valeur num\u00e9rique de tau afin de permettre les comparaisons m\u00e9ta-analytiques ult\u00e9rieures.<\/p>\n<h3>7.3 Examen de la statistique S et de sa variance empirique<\/h3>\n<p>Pour parfaire l&rsquo;audit m\u00e9thodologique des r\u00e9sultats fournis par la console R, le chercheur doit examiner l&rsquo;ad\u00e9quation interne de la statistique brute <em>S<\/em> et du d\u00e9nominateur de variance calcul\u00e9. La valeur brute de <em>S<\/em> traduit le bilan arithm\u00e9tique net des paires concordantes et discordantes. Si le nombre total de paires est <em>N_p = n(n &#8211; 1) \/ 2<\/em>, la valeur absolue de <em>S<\/em> ne peut th\u00e9oriquement exc\u00e9der ce plafond combinatoire. Une divergence arithm\u00e9tique sur ce point r\u00e9v\u00e9lerait une alt\u00e9ration de l&rsquo;indexation des donn\u00e9es ou une corruption du vecteur d&rsquo;entr\u00e9e.<\/p>\n<p>L&rsquo;inspection de la variance corrig\u00e9e permet de quantifier l&rsquo;impact exact des ex \u00e6quo sur la sensibilit\u00e9 du test. Si la s\u00e9rie analys\u00e9e comporte un nombre massif de mesures identiques (comme c&rsquo;est le cas lors de l&rsquo;utilisation d&rsquo;\u00e9chelles de Likert restreintes \u00e0 4 points), la sommation correctrice <em>&sum; t_p(t_p &#8211; 1)(2t_p + 5)<\/em> prend une ampleur consid\u00e9rable, comprimant la variance th\u00e9orique. Dans ces circonstances particuli\u00e8res, la statistique standardis\u00e9e <em>Z<\/em> subit un ajustement protecteur majeur.<\/p>\n<p>Enfin, lorsque la s\u00e9rie chronologique est caract\u00e9ris\u00e9e par un effectif tr\u00e8s restreint (<em>n &lt; 10<\/em>), l&rsquo;approximation normale sous-tendant le calcul de <em>Z<\/em> perd sa validit\u00e9 probabiliste. Il convient dans ce cas de s&rsquo;assurer que la fonction logicielle utilis\u00e9e bascule vers le calcul exact de la distribution des permutations combinatoires. Le package <em>Kendall<\/em> r\u00e9alise automatiquement cette transition vers la distribution exacte pour les petits \u00e9chantillons, \u00e9vitant ainsi le recours injustifi\u00e9 \u00e0 l&rsquo;approximation par la loi normale standard.<\/p>\n<h2>8. Estimation de l&rsquo;ampleur du changement : La pente de Sen<\/h2>\n<p>Si le test de Mann-Kendall \u00e9tablit avec une grande rigueur l&rsquo;existence statistique d&rsquo;une tendance monotone, il pr\u00e9sente une limite fonctionnelle intrins\u00e8que : il ne fournit aucune quantification m\u00e9trique du taux d&rsquo;\u00e9volution par unit\u00e9 de temps. Pour quantifier cette magnitude, le test doit imp\u00e9rativement \u00eatre coupl\u00e9 \u00e0 l&rsquo;estimateur de pente de Theil-Sen.<\/p>\n<h3>8.1 Fondement th\u00e9orique de l&rsquo;estimateur de pente de Theil-Sen<\/h3>\n<p>L&rsquo;estimateur de pente de Theil-Sen, introduit originellement par Henri Theil en 1950 et \u00e9tendu par Pranab Kumar Sen en 1968, constitue le pendant non param\u00e9trique id\u00e9al de la pente de r\u00e9gression par les moindres carr\u00e9s. Tandis que la r\u00e9gression classique calcule la pente minimisant la somme des carr\u00e9s des r\u00e9sidus verticaux \u2014 une op\u00e9ration g\u00e9om\u00e9trique extr\u00eamement sensible aux points extr\u00eames \u2014, la m\u00e9thode de Theil-Sen adopte une approche m\u00e9diane hautement robuste.<\/p>\n<p>L&rsquo;algorithme \u00e9value l&rsquo;ensemble des pentes lin\u00e9aires individuelles pouvant \u00eatre trac\u00e9es entre toutes les paires temporelles d&rsquo;observations distinctes. Pour chaque paire <em>(x_j, x_k)<\/em> mesur\u00e9e aux instants <em>j<\/em> et <em>k<\/em> (avec <em>j &gt; k<\/em>), le taux d&rsquo;accroissement local <em>Q_i<\/em> est calcul\u00e9 par le ratio \u00e9l\u00e9mentaire :<\/p>\n<p style=\"text-align: center;font-style: italic;font-weight: bold\">Q_i = (x_j &#8211; x_k) \/ (j &#8211; k)<\/p>\n<p>Pour une s\u00e9rie chronologique comprenant <em>n<\/em> points, cet algorithme produit un ensemble de <em>N&rsquo; = n(n &#8211; 1) \/ 2<\/em> pentes \u00e9l\u00e9mentaires. L&rsquo;estimateur de pente de Theil-Sen, not\u00e9 &beta;, est formellement d\u00e9fini comme la valeur m\u00e9diane de cette distribution combinatoire de pentes :<\/p>\n<p style=\"text-align: center;font-style: italic;font-weight: bold\">&beta; = M\u00e9diane { Q_1, Q_2, &#8230;, Q_N&rsquo; }<\/p>\n<p>Cette approche m\u00e9diane conf\u00e8re \u00e0 la pente de Sen un point de rupture (<em>breakdown point<\/em>) remarquable de 29,3 %, ce qui signifie que pr\u00e8s d&rsquo;un tiers des observations peuvent \u00eatre arbitrairement corrompues ou aberrantes sans que l&rsquo;estimation de la pente globale ne soit d\u00e9stabilis\u00e9e. Cette propri\u00e9t\u00e9 en fait l&rsquo;outil le plus robuste pour quantifier la dynamique temporelle d&rsquo;une s\u00e9rie continue.<\/p>\n<h3>8.2 Calcul de la pente de Sen dans R avec le package trend<\/h3>\n<p>L&rsquo;estimation logicielle de la pente de Sen et de ses intervalles de confiance s&rsquo;op\u00e8re de mani\u00e8re simple au moyen de la biblioth\u00e8que <em>trend<\/em> via la commande <code>sens.slope()<\/code>. Cette fonction impl\u00e9mente le calcul exact des pentes combinatoires et d\u00e9rive les bornes de confiance par la m\u00e9thode non param\u00e9trique de Gilbert.<\/p>\n<p>Appliquons cette commande sur notre s\u00e9rie simul\u00e9e d&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 longitudinale cr\u00e9\u00e9e au paragraphe pr\u00e9c\u00e9dent :<\/p>\n<p><code>library(trend)<\/code><br \/>\n<code>pente_anxiete &lt;- sens.slope(serie_anxiete, conf.level = 0.95)<\/code><br \/>\n<code>print(pente_anxiete)<\/code><\/p>\n<p>La sortie console d\u00e9taill\u00e9e affiche le bloc d&rsquo;informations suivant :<\/p>\n<p><code>Sen's slope<\/code><br \/>\n<code>data:  serie_anxiete<\/code><br \/>\n<code>z = -6.421, n = 60, p-value = 1.354e-10<\/code><br \/>\n<code>alternative hypothesis: true z is not equal to 0<\/code><br \/>\n<code>95 percent confidence interval:<\/code><br \/>\n<code> -0.4285714 -0.2745098<\/code><br \/>\n<code>sample estimates:<\/code><br \/>\n<code>Sen's slope <\/code><br \/>\n<code> -0.3548387 <\/code><\/p>\n<p>L&rsquo;analyse des estimations d&rsquo;\u00e9chantillonnage r\u00e9v\u00e8le que la pente m\u00e9diane estim\u00e9e s&rsquo;\u00e9tablit \u00e0 -0,355 point d&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 par semaine. Cette estimation non param\u00e9trique retrouve remarquablement le param\u00e8tre th\u00e9orique initial introduit dans notre code de simulation (-0,350), en d\u00e9pit des deux perturbations extr\u00eames ins\u00e9r\u00e9es dans la s\u00e9rie. L&rsquo;intervalle de confiance \u00e0 95 % s&rsquo;\u00e9tend strictement de -0,429 \u00e0 -0,275, confirmant que l&rsquo;amplitude de l&rsquo;am\u00e9lioration clinique hebdomadaire est significativement comprise dans ces bornes m\u00e9triques.<\/p>\n<h3>8.3 Combinaison syst\u00e9matique de Mann-Kendall et Theil-Sen<\/h3>\n<p>L&rsquo;excellence m\u00e9thodologique en analyse longitudinale impose de ne jamais dissocier le test de significativit\u00e9 de Mann-Kendall de l&rsquo;estimation de pente de Theil-Sen. Ces deux proc\u00e9dures statistiques s&rsquo;articulent dans une relation de compl\u00e9mentarit\u00e9 absolue. Le test de Mann-Kendall d\u00e9termine si l&rsquo;hypoth\u00e8se d&rsquo;une d\u00e9rive temporelle stochastique peut \u00eatre formellement rejet\u00e9e, tandis que la pente de Sen traduit cette d\u00e9rive en une unit\u00e9 de changement directement intelligible pour les cliniciens, les d\u00e9cideurs ou les exp\u00e9rimentateurs.<\/p>\n<p>Deux configurations discordantes exigent une vigilance analytique aigu\u00eb :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Tendance statistiquement significative mais d&rsquo;ampleur triviale :<\/strong> Dans les s\u00e9ries \u00e0 tr\u00e8s grand effectif (par exemple, des enregistrements continus de capteurs physiologiques sur plusieurs mois comprenant <em>n = 10 000<\/em> mesures), la fonction <code>mk.test()<\/code> peut retourner une <em>p<\/em>-valeur de <em>p &lt; 0,0001<\/em> alors que la pente de Sen calcul\u00e9e est infinit\u00e9simale (par exemple, un gain de 0,0001 unit\u00e9 par jour). Conclure \u00e0 une \u00e9volution majeure sur la foi exclusive de la <em>p<\/em>-valeur constituerait une grave m\u00e9prise d&rsquo;interpr\u00e9tation.<\/li>\n<li><strong>Forte pente de Sen non significative :<\/strong> Sur une s\u00e9rie tr\u00e8s courte (<em>n = 8<\/em>) soumise \u00e0 une forte variance, la pente m\u00e9diane peut indiquer une baisse spectaculaire du score clinique, mais le test de Mann-Kendall peut afficher une valeur <em>p = 0,12<\/em> en raison du manque de puissance statistique. Dans cette situation, le chercheur ne peut affirmer l&rsquo;existence d&rsquo;une tendance reproductible, mais doit documenter cette observation pour de futures r\u00e9plications \u00e0 plus grand effectif.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Le reporting scientifique conjoint de ces deux outils garantit ainsi une transparence inf\u00e9rentielle totale, conforme aux normes acad\u00e9miques internationales les plus rigoureuses.<\/p>\n<h2>9. Prise en compte de l&rsquo;autocorr\u00e9lation temporelle s\u00e9rielle<\/h2>\n<p>Le test de Mann-Kendall classique repose sur un postulat th\u00e9orique central souvent m\u00e9connu : l&rsquo;ind\u00e9pendance mutuelle des r\u00e9sidus stochastiques le long de la s\u00e9rie. Lorsque ce postulat est viol\u00e9 en raison de la pr\u00e9sence d&rsquo;une d\u00e9pendance s\u00e9rielle, le comportement probabiliste du test est profond\u00e9ment alt\u00e9r\u00e9.<\/p>\n<h3>9.1 Impact d\u00e9vastateur de l&rsquo;autocorr\u00e9lation sur l&rsquo;erreur de type I<\/h3>\n<p>Dans la quasi-totalit\u00e9 des s\u00e9ries chronologiques observationnelles en sciences humaines, climatiques ou biom\u00e9dicales, les mesures successives sont intimement corr\u00e9l\u00e9es entre elles. Une valeur \u00e9lev\u00e9e \u00e0 l&rsquo;instant <em>t<\/em> tend naturellement \u00e0 \u00eatre suivie d&rsquo;une valeur \u00e9lev\u00e9e \u00e0 l&rsquo;instant <em>t + 1<\/em> : c&rsquo;est le ph\u00e9nom\u00e8ne d&rsquo;autocorr\u00e9lation s\u00e9rielle positive (processus de m\u00e9moire courte, souvent mod\u00e9lis\u00e9 par un terme autor\u00e9gressif de type AR(1)).<\/p>\n<p>L&rsquo;existence d&rsquo;une autocorr\u00e9lation positive affecte de mani\u00e8re d\u00e9sastreuse les performances du test de Mann-Kendall conventionnel. D&rsquo;un point de vue math\u00e9matique, la pr\u00e9sence d&rsquo;une m\u00e9moire s\u00e9rielle r\u00e9duit le nombre effectif de degr\u00e9s de libert\u00e9 ind\u00e9pendants de la s\u00e9rie. Cependant, la formule classique de <em>Var(S)<\/em> ignore totalement cette d\u00e9pendance et surestime syst\u00e9matiquement la quantit\u00e9 d&rsquo;information ind\u00e9pendante apport\u00e9e par chaque nouveau point de mesure.<\/p>\n<p>En cons\u00e9quence directe, le d\u00e9nominateur de variance th\u00e9orique <em>Var(S)<\/em> est largement sous-estim\u00e9 par rapport \u00e0 sa dispersion empirique r\u00e9elle. Cette sous-\u00e9valuation a pour effet math\u00e9matique de gonfler artificiellement la statistique standardis\u00e9e <em>Z<\/em>, comprimant de fa\u00e7on ill\u00e9gitime la <em>p<\/em>-valeur calcul\u00e9e. Le test conclut ainsi fr\u00e9quemment \u00e0 l&rsquo;existence d&rsquo;une tendance hautement significative alors que la s\u00e9rie n&rsquo;est en r\u00e9alit\u00e9 qu&rsquo;un processus purement stationnaire mais autocorr\u00e9l\u00e9 (faux positif). Des \u00e9tudes par simulations de Monte-Carlo ont d\u00e9montr\u00e9 qu&rsquo;en pr\u00e9sence d&rsquo;un coefficient d&rsquo;autocorr\u00e9lation d&rsquo;ordre 1 mod\u00e9r\u00e9 (&rho;_1 = 0,4), le taux effectif d&rsquo;erreur de type I d&rsquo;un test de Mann-Kendall param\u00e9tr\u00e9 au seuil nominal &alpha; = 0,05 peut atteindre 30 % \u00e0 40 %, d\u00e9truisant toute validit\u00e9 inf\u00e9rentielle.<\/p>\n<p>Il est donc imp\u00e9ratif de diagnostiquer formellement la d\u00e9pendance s\u00e9rielle au pr\u00e9alable en tra\u00e7ant la fonction d&rsquo;autocorr\u00e9lation (ACF) via la commande <code>acf()<\/code> et en ex\u00e9cutant un test formel d&rsquo;autonomie des r\u00e9sidus, tel que le <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1093\/biomet\/65.2.297\">test de Ljung-Box<\/a> via l&rsquo;instruction <code>Box.test(serie, type = \"Ljung-Box\")<\/code>.<\/p>\n<h3>9.2 Tests de Mann-Kendall modifi\u00e9s (Approches Hamed &amp; Rao et Yue &amp; Wang)<\/h3>\n<p>Pour neutraliser l&rsquo;inflation de l&rsquo;erreur de type I sans renoncer au cadre non param\u00e9trique, plusieurs statisticiens ont d\u00e9velopp\u00e9 des formulations math\u00e9matiques modifi\u00e9es de la variance de <em>S<\/em>. Deux contributions th\u00e9oriques majeures dominent la litt\u00e9rature internationale : la m\u00e9thode de Hamed et Rao (1998) et la correction de Yue et Wang (2004).<\/p>\n<p>L&rsquo;approche de Hamed et Rao propose d&rsquo;int\u00e9grer un facteur de correction multiplicatif <em>n \/ n*<\/em> (o\u00f9 <em>n*<\/em> repr\u00e9sente la taille effective d&rsquo;\u00e9chantillon) calcul\u00e9 \u00e0 partir des coefficients d&rsquo;autocorr\u00e9lation significatifs des rangs des observations. La variance th\u00e9orique est recalcul\u00e9e selon la formulation :<\/p>\n<p style=\"text-align: center;font-style: italic;font-weight: bold\">Var*(S) = Var(S) &times; [ 1 + (2 \/ (n(n &#8211; 1)(n &#8211; 2))) &sum;<sub>i=1<\/sub><sup>n-1<\/sup> (n &#8211; i)(n &#8211; i &#8211; 1)(n &#8211; i &#8211; 2) &rho;*_i ]<\/p>\n<p>o\u00f9 <em>&rho;*_i<\/em> d\u00e9signe la corr\u00e9lation de rang au d\u00e9calage temporel <em>i<\/em>. En r\u00e9\u00e9valuant \u00e0 la hausse la variance de <em>S<\/em>, le test restaure le taux nominal d&rsquo;erreur de type I \u00e0 son seuil th\u00e9orique de 5 %.<\/p>\n<p>La variante de Yue et Wang (2004) affine ce concept en prenant en compte l&rsquo;interaction directe entre la pente d\u00e9terministe sous-jacente et la structure de corr\u00e9lation s\u00e9rielle. Le package sp\u00e9cialis\u00e9 <em>modifiedmk<\/em> met \u00e0 la disposition des utilisateurs de R ces fonctions avanc\u00e9es. L&rsquo;instruction s&rsquo;ex\u00e9cute ais\u00e9ment :<\/p>\n<p><code>install.packages(\"modifiedmk\")<\/code><br \/>\n<code>library(modifiedmk)<\/code><br \/>\n<code>resultat_modifie &lt;- mmky(serie_anxiete)<\/code><br \/>\n<code>print(resultat_modifie)<\/code><\/p>\n<p>La commande <code>mmky()<\/code> applique l&rsquo;ajustement de Hamed et Rao tout en op\u00e9rant une extraction pr\u00e9alable de la tendance, offrant une garantie inf\u00e9rentielle de premier ordre lorsque la s\u00e9rie chronologique pr\u00e9sente des d\u00e9pendances s\u00e9rielles av\u00e9r\u00e9es.<\/p>\n<h3>9.3 Technique de pr\u00e9-blanchiment (Pre-whitening)<\/h3>\n<p>Une d\u00e9marche alternative fondamentale pour immuniser le test contre l&rsquo;autocorr\u00e9lation consiste \u00e0 purifier la s\u00e9rie chronologique avant de lui appliquer le test de rang : c&rsquo;est la technique dite de \u00ab pr\u00e9-blanchiment \u00bb (<em>pre-whitening<\/em>). L&rsquo;objectif du pr\u00e9-blanchiment classique est d&rsquo;estimer le coefficient autor\u00e9gressif d&rsquo;ordre 1 (&phi;) par les moindres carr\u00e9s, puis de d\u00e9duire une s\u00e9rie r\u00e9siduelle purifi\u00e9e <em>Y_t<\/em> selon l&rsquo;\u00e9quation :<\/p>\n<p style=\"text-align: center;font-style: italic;font-weight: bold\">Y_t = X_t &#8211; &phi; &times; X<sub>t-1<\/sub><\/p>\n<p>Toutefois, le pr\u00e9-blanchiment classique souffre d&rsquo;un d\u00e9faut m\u00e9thodologique critique document\u00e9 par Sheng Yue et ses collaborateurs au d\u00e9but des ann\u00e9es 2000 : si une tendance d\u00e9terministe r\u00e9elle coexiste avec l&rsquo;autocorr\u00e9lation, l&rsquo;estimation simple de &phi; est contamin\u00e9e par la pente de la tendance, ce qui conduit le pr\u00e9-blanchiment \u00e0 supprimer par inadvertance une partie substantielle de la v\u00e9ritable tendance sous-jacente. Cette sur-correction provoque une chute dramatique de la puissance statistique du test (erreur de type II accrue).<\/p>\n<p>Pour r\u00e9soudre ce dilemme, la proc\u00e9dure de **Trend-Free Pre-Whitening (TFPW)** a \u00e9t\u00e9 formalis\u00e9e. Son d\u00e9roulement algorithmique s&rsquo;op\u00e8re en quatre \u00e9tapes s\u00e9quentielles rigoureuses :<\/p>\n<ul>\n<li>Calcul de la pente de Sen (&beta;) sur la s\u00e9rie brute ;<\/li>\n<li>D\u00e9tendance de la s\u00e9rie originale en soustrayant la composante monotone : <em>X&rsquo;_t = X_t &#8211; &beta; &times; t<\/em> ;<\/li>\n<li>Estimation du coefficient d&rsquo;autocorr\u00e9lation autor\u00e9gressif &phi; sur la s\u00e9rie d\u00e9nu\u00e9e de tendance <em>X&rsquo;_t<\/em>, suivie du calcul des r\u00e9sidus blanchis : <em>Y&rsquo;_t = X&rsquo;_t &#8211; &phi; &times; X&rsquo;<sub>t-1<\/sub><\/em> ;<\/li>\n<li>R\u00e9injection de la tendance originale dans les r\u00e9sidus blanchis : <em>Y*_t = Y&rsquo;_t + &beta; &times; t<\/em>.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Le test de Mann-Kendall classique est ensuite appliqu\u00e9 sur la s\u00e9rie finale reconstitu\u00e9e <em>Y*_t<\/em>. Cette proc\u00e9dure prot\u00e8ge int\u00e9gralement le taux d&rsquo;erreur de type I tout en pr\u00e9servant la puissance d&rsquo;identification de la tendance r\u00e9elle. Elle est directement accessible dans R via la commande <code>tfpwmk()<\/code> du package <em>modifiedmk<\/em>.<\/p>\n<h2>10. Variations p\u00e9riodiques : Le test saisonnier de Mann-Kendall<\/h2>\n<p>L&rsquo;existence de dynamiques p\u00e9riodiques r\u00e9currentes constitue un \u00e9cueil fr\u00e9quent lors du traitement de s\u00e9ries chronologiques. Des fluctuations intra-annuelles cycliques peuvent ais\u00e9ment masquer une d\u00e9rive s\u00e9culaire ou, au contraire, faire \u00e9merger une tendance artificielle trompeuse.<\/p>\n<h3>10.1 Fondements de l&rsquo;approche de Hirsch, Slack et Smith<\/h3>\n<p>Pour surmonter l&rsquo;interf\u00e9rence des variations saisonni\u00e8res dans les s\u00e9ries hydrologiques et environnementales, Robert M. Hirsch, James R. Slack et Richard A. Smith ont formalis\u00e9 en 1982 une extension majeure : le **test saisonnier de Mann-Kendall** (<em>Seasonal Mann-Kendall Test<\/em>). Leur d\u00e9marche repose sur un principe d&rsquo;invariance saisonni\u00e8re : au lieu de confronter indiff\u00e9remment des observations issues de saisons distinctes, l&rsquo;analyse d\u00e9compose la s\u00e9rie temporelle en un ensemble de sous-s\u00e9ries chronologiques \u00e9tanches, chacune correspondant \u00e0 une p\u00e9riode ou saison sp\u00e9cifique de l&rsquo;ann\u00e9e.<\/p>\n<p>Supposons une s\u00e9rie chronologique mesur\u00e9e mensuellement sur <em>K<\/em> ann\u00e9es (le cycle p\u00e9riodique comporte donc <em>m = 12<\/em> saisons distinctes). L&rsquo;algorithme de Hirsch et de ses coll\u00e8gues partitionne l&rsquo;\u00e9chantillon global en 12 sous-s\u00e9ries temporelles ind\u00e9pendantes : la sous-s\u00e9rie des mois de janvier, la sous-s\u00e9rie des mois de f\u00e9vrier, et ainsi de suite jusqu&rsquo;\u00e0 d\u00e9cembre. Pour chaque saison individuelle <em>g<\/em> (allant de 1 \u00e0 <em>m<\/em>), la statistique brute de Mann-Kendall <em>S_g<\/em> ainsi que sa variance <em>Var(S_g)<\/em> sont calcul\u00e9es de mani\u00e8re rigoureusement autonome en comparant exclusivement les mois de janvier entre eux \u00e0 travers les <em>K<\/em> ann\u00e9es successives.<\/p>\n<p>La statistique saisonni\u00e8re globale, not\u00e9e <em>S_total<\/em>, est ensuite obtenue par la sommation lin\u00e9aire des statistiques partielles :<\/p>\n<p style=\"text-align: center;font-style: italic;font-weight: bold\">S_total = &sum;<sub>g=1<\/sub><sup>m<\/sup> S_g<\/p>\n<p>Sous l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle d&rsquo;ind\u00e9pendance mutuelle des diff\u00e9rentes saisons, la variance totale combin\u00e9e \u00e9quivaut simplement \u00e0 la somme des variances individuelles :<\/p>\n<p style=\"text-align: center;font-style: italic;font-weight: bold\">Var(S_total) = &sum;<sub>g=1<\/sub><sup>m<\/sup> Var(S_g)<\/p>\n<p>La statistique standardis\u00e9e saisonni\u00e8re <em>Z_saisonnier<\/em> est ensuite d\u00e9duite par l&rsquo;application classique de la correction de continuit\u00e9. Cette proc\u00e9dure \u00e9l\u00e9gante neutralise totalement l&rsquo;influence des cycles saisonniers r\u00e9guliers, isolant avec une nettet\u00e9 remarquable la v\u00e9ritable trajectoire inter-annuelle.<\/p>\n<h3>10.2 Utilisation de SeasonalMannKendall() dans R<\/h3>\n<p>L&rsquo;impl\u00e9mentation du test saisonnier sous R est assur\u00e9e avec une efficacit\u00e9 remarquable par le package <em>Kendall<\/em> au moyen de la fonction sp\u00e9cialis\u00e9e <code>SeasonalMannKendall()<\/code>. La condition pr\u00e9alable absolue \u00e0 son ex\u00e9cution r\u00e9side dans le formatage de la s\u00e9rie d&rsquo;entr\u00e9e : celle-ci doit imp\u00e9rativement \u00eatre instanci\u00e9e sous la forme d&rsquo;un objet <code>ts<\/code> dont l&rsquo;argument <code>frequency<\/code> correspond au nombre exact de divisions du cycle p\u00e9riodique (par exemple, <code>frequency = 12<\/code> pour des donn\u00e9es mensuelles, ou <code>frequency = 4<\/code> pour des donn\u00e9es trimestrielles).<\/p>\n<p>\u00c0 titre d&rsquo;illustration clinique, consid\u00e9rons le suivi longitudinal sur 10 ans (120 mois) d&rsquo;une population de patients atteints de trouble affectif saisonnier (TAS), o\u00f9 les scores de d\u00e9pression subissent des pics r\u00e9guliers en p\u00e9riode hivernale. Nous souhaitons v\u00e9rifier si, au-del\u00e0 de ces oscillations saisonni\u00e8res massives, une intervention communautaire pluriannuelle a induit une baisse monotone de long terme.<\/p>\n<p>Le code d&rsquo;impl\u00e9mentation sous R s&rsquo;articule comme suit :<\/p>\n<p><code>library(Kendall)<\/code><br \/>\n<code>set.seed(123)<\/code><br \/>\n<code>temps_mois &lt;- 1:120<\/code><br \/>\n<code>composante_saison &lt;- 10 * sin(2 * pi * temps_mois \/ 12)<\/code><br \/>\n<code>derive_long_terme &lt;- -0.08 * temps_mois<\/code><br \/>\n<code>bruit &lt;- rnorm(120, 0, 2)<\/code><br \/>\n<code>scores_depressifs &lt;- 30 + composante_saison + derive_long_terme + bruit<\/code><br \/>\n<code>serie_saisonniere &lt;- ts(scores_depressifs, start = c(2013, 1), frequency = 12)<\/code><br \/>\n<code>test_saisonnier &lt;- SeasonalMannKendall(serie_saisonniere)<\/code><br \/>\n<code>summary(test_saisonnier)<\/code><\/p>\n<p>L&rsquo;ex\u00e9cution de l&rsquo;analyse g\u00e9n\u00e8re une synth\u00e8se console pr\u00e9cisant le score saisonnier cumul\u00e9, le tau global et la probabilit\u00e9 critique bilat\u00e9rale :<\/p>\n<p><code>tau = -0.384, 2-sided pvalue = 1.842e-07<\/code><\/p>\n<p>Le test saisonnier de Mann-Kendall extrait la tendance de long terme avec une clart\u00e9 indiscutable (<em>p &lt; 0,001<\/em> ; &tau; = -0,384), d\u00e9montrant que la pathologie d\u00e9cline au fil des ann\u00e9es, alors m\u00eame que l&rsquo;application d&rsquo;un test de Mann-Kendall simple non saisonnier aurait \u00e9t\u00e9 lourdement perturb\u00e9e par les cycles sinuso\u00efdaux annuels r\u00e9currents.<\/p>\n<h3>10.3 Test d&rsquo;homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 de tendance entre les saisons<\/h3>\n<p>L&rsquo;agr\u00e9gation des statistiques partielles <em>S_g<\/em> au sein d&rsquo;un score saisonnier unique repose sur un postulat structural fondamental : l&rsquo;homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 de la direction de la tendance \u00e0 travers l&rsquo;ensemble des saisons. Le chercheur postule implicitement que le ph\u00e9nom\u00e8ne \u00e9volue dans le m\u00eame sens en hiver, au printemps, en \u00e9t\u00e9 et en automne.<\/p>\n<p>Cependant, des situations empiriques complexes peuvent violer cette pr\u00e9misse. Dans certaines dynamiques climatiques ou psychopathologiques, une variable peut manifester une forte tendance haussi\u00e8re durant une saison donn\u00e9e (par exemple, une aggravation des rechutes anxieuses au printemps) tout en affichant une r\u00e9gression marqu\u00e9e durant une autre saison (une am\u00e9lioration clinique en \u00e9t\u00e9). Dans une telle configuration d&rsquo;h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 directionnelle, les valeurs positives de <em>S_g<\/em> associ\u00e9es aux saisons printani\u00e8res vont math\u00e9matiquement compenser et annuler les valeurs n\u00e9gatives associ\u00e9es aux saisons estivales lors de la sommation globale. Le test saisonnier de Mann-Kendall retournera alors un <em>S_total<\/em> proche de z\u00e9ro et conclura erron\u00e9ment \u00e0 l&rsquo;absence de tendance, occultant des dynamiques saisonni\u00e8res majeures.<\/p>\n<p>Pour pr\u00e9venir cette d\u00e9rive analytique, il est imp\u00e9ratif de mettre en \u0153uvre le test d&rsquo;homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 de van Belle et Hughes (1984). Cette m\u00e9thode \u00e9value formellement, au moyen d&rsquo;une distribution du chi-deux (&chi;&sup2;), si les statistiques <em>S_g<\/em> des diff\u00e9rentes sous-s\u00e9ries s&rsquo;\u00e9cartent statistiquement d&rsquo;une direction commune. Le package <em>trend<\/em> permet d&rsquo;effectuer cette v\u00e9rification diagnostique via la fonction <code>sea.sens.slope()<\/code> et ses routines associ\u00e9es. Si l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle d&rsquo;homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 saisonni\u00e8re est rejet\u00e9e, l&rsquo;analyste doit renoncer \u00e0 agr\u00e9ger la s\u00e9rie en une m\u00e9trique globale unique et pr\u00e9senter obligatoirement un compte rendu individualis\u00e9 des tendances calcul\u00e9es saison par saison.<\/p>\n<h2>11. Visualisation graphique avanc\u00e9e des r\u00e9sultats sous R<\/h2>\n<p>Une d\u00e9marche scientifique rigoureuse ne saurait s&rsquo;achever sur la seule production de chiffres tabulaires. La communication claire des dynamiques temporelles observ\u00e9es requiert une mise en forme graphique \u00e9l\u00e9gante et p\u00e9dagogique respectant les standards \u00e9ditoriaux internationaux.<\/p>\n<h3>11.1 Repr\u00e9sentation graphique fondamentale avec ggplot2<\/h3>\n<p>Le package <em>ggplot2<\/em>, composante phare du <em>tidyverse<\/em> d\u00e9velopp\u00e9e par Hadley Wickham, constitue le moteur graphique de r\u00e9f\u00e9rence sous R. Sa syntaxe repose sur la grammaire formelle des graphiques (<em>Grammar of Graphics<\/em>), permettant de superposer de multiples couches de donn\u00e9es g\u00e9om\u00e9triques, esth\u00e9tiques et statistiques.<\/p>\n<p>Pour visualiser la trajectoire temporelle de mani\u00e8re optimale, la premi\u00e8re \u00e9tape consiste \u00e0 convertir la s\u00e9rie chronologique en une structure de tableau de donn\u00e9es rectangulaire propre (<em>tidy data frame<\/em>). Une fois le tableau structur\u00e9, nous cr\u00e9ons un trac\u00e9 combinant les observations discr\u00e8tes (<code>geom_point()<\/code>) et la trajectoire chronologique s\u00e9quentielle (<code>geom_line()<\/code>), enrichie par un lissage local non param\u00e9trique (LOESS) \u00e0 titre d&rsquo;exploration visuelle initiale :<\/p>\n<p><code>library(ggplot2)<\/code><br \/>\n<code>df_graph &lt;- data.frame(<\/code><br \/>\n<code>  Temps = as.numeric(time(serie_anxiete)),<\/code><br \/>\n<code>  Score = as.numeric(serie_anxiete)<\/code><br \/>\n<code>)<\/code><br \/>\n<code>p_base &lt;- ggplot(df_graph, aes(x = Temps, y = Score)) +<\/code><br \/>\n<code>  geom_point(color = \"#2c3e50\", alpha = 0.7, size = 2.5) +<\/code><br \/>\n<code>  geom_line(color = \"#7f8c8d\", linetype = \"solid\", linewidth = 0.6) +<\/code><br \/>\n<code>  geom_smooth(method = \"loess\", color = \"#e74c3c\", fill = \"#fadbd8\", se = TRUE, linewidth = 0.8) +<\/code><br \/>\n<code>  labs(<\/code><br \/>\n<code>    title = \"Trajectoire longitudinale du score d'anxiu00e9tu00e9\",<\/code><br \/>\n<code>    subtitle = \"Points d'observation hebdomadaires et lissage non paramu00e9trique LOESS\",<\/code><br \/>\n<code>    x = \"Semaines de suivi clinique\",<\/code><br \/>\n<code>    y = \"Score psychomu00e9trique (0 - 100)\"<\/code><br \/>\n<code>  ) +<\/code><br \/>\n<code>  theme_classic(base_size = 12) +<\/code><br \/>\n<code>  theme(<\/code><br \/>\n<code>    plot.title =\u5143\u7d20_text(face = \"bold\", size = 14),<\/code><br \/>\n<code>    axis.title = element_text(face = \"bold\")<\/code><br \/>\n<code>  )<\/code><br \/>\n<code>print(p_base)<\/code><\/p>\n<p>Cette premi\u00e8re couche graphique permet de confronter la rigidit\u00e9 th\u00e9orique des mod\u00e8les statistiques \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 mouvante des observations empiriques, mettant imm\u00e9diatement en \u00e9vidence les inflexions de la courbe.<\/p>\n<h3>11.2 Superposition de la droite de pente de Theil-Sen<\/h3>\n<p>Bien que le lissage LOESS soit pr\u00e9cieux pour appr\u00e9cier la forme g\u00e9n\u00e9rale de la courbe, l&rsquo;illustration formelle des conclusions du test de Mann-Kendall exige la superposition de la droite de pente robuste de Theil-Sen calcul\u00e9e pr\u00e9c\u00e9demment.<\/p>\n<p>Pour tracer rigoureusement cette droite m\u00e9diane non param\u00e9trique, il est n\u00e9cessaire de calculer son ordonn\u00e9e \u00e0 l&rsquo;origine robuste (&alpha;_Sen), cette derni\u00e8re n&rsquo;\u00e9tant pas fournie directement par les moindres carr\u00e9s. Selon la formalisation de Conover (1980), l&rsquo;ordonn\u00e9e \u00e0 l&rsquo;origine de Sen est d\u00e9finie comme la m\u00e9diane empirique des \u00e9carts entre les observations et la pente de Sen multipli\u00e9e par le temps :<\/p>\n<p style=\"text-align: center;font-style: italic;font-weight: bold\">&alpha;_Sen = M\u00e9diane { x_t &#8211; &beta;_Sen &times; t }<\/p>\n<p>L&rsquo;extraction informatique et le trac\u00e9 g\u00e9om\u00e9trique sous <em>ggplot2<\/em> s&rsquo;op\u00e8rent par le script suivant :<\/p>\n<p><code>pente_estimee &lt;- as.numeric(pente_anxiete$estimates)<\/code><br \/>\n<code>ordonnee_origine &lt;- median(df_graph<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"Score - pente_estimee * df_graph\">$Score - pente_estimee * df_graph$<\/span>Temps)<\/code><br \/>\n<code>p_sen &lt;- ggplot(df_graph, aes(x = Temps, y = Score)) +<\/code><br \/>\n<code>  geom_point(color = \"#34495e\", size = 2) +<\/code><br \/>\n<code>  geom_line(color = \"#bdc3c7\", alpha = 0.6) +<\/code><br \/>\n<code>  geom_abline(<\/code><br \/>\n<code>    intercept = ordonnee_origine,<\/code><br \/>\n<code>    slope = pente_estimee,<\/code><br \/>\n<code>    color = \"#2980b9\",<\/code><br \/>\n<code>    linewidth = 1.2,<\/code><br \/>\n<code>    linetype = \"dashed\"<\/code><br \/>\n<code>  ) +<\/code><br \/>\n<code>  geom_smooth(method = \"lm\", color = \"#c0392b\", se = FALSE, linewidth = 0.8) +<\/code><br \/>\n<code>  labs(<\/code><br \/>\n<code>    title = \"Ajustement non paramu00e9trique de Theil-Sen vs Ru00e9gression OLS\",<\/code><br \/>\n<code>    subtitle = \"Droite bleue discontinue : Pente de Sen | Droite rouge : Moindres carru00e9s classiques\",<\/code><br \/>\n<code>    x = \"Temps (Semaines)\",<\/code><br \/>\n<code>    y = \"Score d'anxiu00e9tu00e9\"<\/code><br \/>\n<code>  ) +<\/code><br \/>\n<code>  theme_minimal(base_size = 12)<\/code><br \/>\n<code>print(p_sen)<\/code><\/p>\n<p>Ce graphique met visuellement en exergue la divergence classique entre l&rsquo;ajustement OLS classique (perturb\u00e9 par les deux valeurs extr\u00eames aux semaines 15 et 42) et la trajectoire de Theil-Sen, qui traverse avec une justesse imperturbable le c\u0153ur de la distribution empirique.<\/p>\n<h3>11.3 G\u00e9n\u00e9ration de graphiques diagnostiques pour les publications<\/h3>\n<p>Pour r\u00e9pondre aux exigences \u00e9ditoriales des revues acad\u00e9miques de premier rang, les illustrations graphiques doivent int\u00e9grer dynamiquement les param\u00e8tres statistiques formels sous forme d&rsquo;annotations textuelles et proposer des panneaux composites r\u00e9unissant la trajectoire longitudinale et l&rsquo;analyse diagnostique des r\u00e9sidus.<\/p>\n<p>L&rsquo;utilisation de la biblioth\u00e8que <em>patchwork<\/em> permet de combiner en une seule figure exportable le trac\u00e9 principal et le corr\u00e9logramme ACF diagnostiquant l&rsquo;autocorr\u00e9lation :<\/p>\n<p><code>install.packages(\"patchwork\")<\/code><br \/>\n<code>library(patchwork)<\/code><br \/>\n<code>label_stats &lt;- paste0(<\/code><br \/>\n<code>  \"Mann-Kendall : u03c4 = \", round(test_anxiete$estimates[\"tau\"], 3), \"n\",<\/code><br \/>\n<code>  \"p-valeur &lt; 0.001n&quot;,<\/code><br \/>\n<code>  \"Pente de Sen = \", round(pente_estimee, 3), \" \/ sem.\"<\/code><br \/>\n<code>)<\/code><br \/>\n<code>p1 &lt;- p_sen +<\/code><br \/>\n<code>  annotate(<\/code><br \/>\n<code>    \"label\", x = 40, y = 70, label = label_stats,<\/code><br \/>\n<code>    fill = \"#ecf0f1\", size = 3.5, fontface = \"italic\"<\/code><br \/>\n<code>  )<\/code><br \/>\n<code>residus_sen &lt;- df_graph<span class=\"arabpsy-math-inline\" data-latex=\"Score - (ordonnee_origine + pente_estimee * df_graph\">$Score - (ordonnee_origine + pente_estimee * df_graph$<\/span>Temps)<\/code><br \/>\n<code>p2 &lt;- ggplot(data.frame(x = 1:20, y = acf(residus_sen, plot = FALSE, lag.max = 20)$acf[-1]), aes(x = x, y = y)) +<\/code><br \/>\n<code>  geom_segment(aes(xend = x, yend = 0), color = \"#2c3e50\") +<\/code><br \/>\n<code>  geom_hline(yintercept = c(-1.96\/sqrt(60), 1.96\/sqrt(60)), linetype = \"dotted\", color = \"#e74c3c\") +<\/code><br \/>\n<code>  labs(title = \"ACF des ru00e9sidus\", x = \"Du00e9calage (Lag)\", y = \"Autocorru00e9lation\") +<\/code><br \/>\n<code>  theme_minimal(base_size = 10)<\/code><br \/>\n<code>figure_finale &lt;- p1 \/ p2 + plot_layout(heights = c(2, 1))<\/code><br \/>\n<code>ggsave(\"figure_1_diagnostique.pdf\", figure_finale, width = 8, height = 7, dpi = 300)<\/code><\/p>\n<p>Le fichier vectoriel ainsi g\u00e9n\u00e9r\u00e9 garantit une lisibilit\u00e9 irr\u00e9prochable tant \u00e0 l&rsquo;\u00e9cran qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;impression matricielle haute r\u00e9solution (TIFF 300 DPI ou PDF vectoriel conforme aux normes des \u00e9diteurs).<\/p>\n<h2>12. Bonnes pratiques m\u00e9thodologiques, pi\u00e8ges courants et limites<\/h2>\n<p>En d\u00e9pit de sa remarquable polyvalence, le test de Mann-Kendall ne constitue pas une panac\u00e9e universelle exempte de contraintes. L&rsquo;analyste doit en ma\u00eetriser les zones d&rsquo;ombre pour pr\u00e9venir toute faille d&rsquo;inf\u00e9rence.<\/p>\n<h3>12.1 Sensibilit\u00e9 \u00e0 la taille d&rsquo;\u00e9chantillon et puissance statistique<\/h3>\n<p>L&rsquo;un des \u00e9cueils majeurs r\u00e9side dans la sous-estimation du risque d&rsquo;erreur de type II au sein des s\u00e9ries courtes. Bien que le test puisse math\u00e9matiquement \u00eatre calcul\u00e9 d\u00e8s <em>n = 4<\/em>, sa puissance statistique \u2014 c&rsquo;est-\u00e0-dire sa capacit\u00e9 probabiliste \u00e0 rejeter l&rsquo;hypoth\u00e8se nulle lorsqu&rsquo;une v\u00e9ritable tendance monotone existe \u2014 est notoirement faible pour les \u00e9chantillons dont la taille est inf\u00e9rieure \u00e0 15 ou 20 observations.<\/p>\n<p>Dans une cohorte courte (par exemple, <em>n = 12<\/em>), la pr\u00e9sence d&rsquo;un bruit de mesure mod\u00e9r\u00e9 suffit \u00e0 faire basculer la <em>p<\/em>-valeur au-del\u00e0 du seuil classique de 0,05, conduisant le chercheur \u00e0 affirmer \u00e0 tort l&rsquo;absence d&rsquo;effet. R\u00e9ciproquement, sur des s\u00e9ries massives issues d&rsquo;enregistrements continus par capteurs biom\u00e9triques (<em>n &gt; 5 000<\/em>), le test atteint un degr\u00e9 d&rsquo;hyper-sensibilit\u00e9 tel que la moindre fluctuation stochastique locale induit une significativit\u00e9 statistique extr\u00eame (<em>p &lt; 10<sup>-15<\/sup><\/em>), sans la moindre pertinence pratique.<\/p>\n<p>Avant de lancer un protocole longitudinal, il est recommand\u00e9 de mener des calculs de puissance statistique a priori \u00e0 l&rsquo;aide de simulations sous R, en mod\u00e9lisant le ratio signal\/bruit anticip\u00e9. En r\u00e8gle empirique g\u00e9n\u00e9rale, une s\u00e9rie temporelle comportant un minimum de 30 points de mesure r\u00e9guliers constitue le standard recommand\u00e9 pour garantir une puissance nominale satisfaisante (&ge; 0,80) face \u00e0 des tailles d&rsquo;effet mod\u00e9r\u00e9es (&tau; &asymp; 0,30).<\/p>\n<h3>12.2 Incapacit\u00e9 \u00e0 d\u00e9tecter les tendances non monotones<\/h3>\n<p>Une limitation m\u00e9thodologique fondamentale du test de Mann-Kendall r\u00e9side dans sa c\u00e9cit\u00e9 structurelle face aux \u00e9volutions non monotones. Par construction algorithmique, le test additionne les signes des diff\u00e9rences chronologiques. Si un ph\u00e9nom\u00e8ne biologique ou psychologique pr\u00e9sente une \u00e9volution en \u00ab U \u00bb invers\u00e9 (par exemple, un pic de stress aigu au cours d&rsquo;un \u00e9v\u00e9nement traumatique, suivi d&rsquo;un retour progressif \u00e0 la ligne de base), les incr\u00e9ments positifs enregistr\u00e9s lors de la phase ascendante initiale vont \u00eatre arithm\u00e9tiquement compens\u00e9s et neutralis\u00e9s par les d\u00e9cr\u00e9ments n\u00e9gatifs de la phase descendante ult\u00e9rieure.<\/p>\n<p>Dans cette configuration, la statistique <em>S<\/em> s&rsquo;annulera presque parfaitement, g\u00e9n\u00e9rant un tau proche de z\u00e9ro et une <em>p<\/em>-valeur tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9e. Conclure \u00e0 l&rsquo;absence de dynamique temporelle sur la base de ce r\u00e9sultat constituerait une grave erreur d&rsquo;analyse, masquant une r\u00e9ponse comportementale hautement significative mais non directionnelle.<\/p>\n<p>Pour parer \u00e0 cette limite intrins\u00e8que, l&rsquo;analyste doit imp\u00e9rativement associer le test de Mann-Kendall \u00e0 des tests compl\u00e9mentaires de d\u00e9tection de points de rupture stochastiques, tels que le <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/www.jstor.org\/stable\/2346729\">test non param\u00e9trique de Pettitt<\/a> (disponible via <code>pettitt.test()<\/code> dans le package <em>trend<\/em>) ou recourir aux mod\u00e8les additifs g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9s (GAM) qui permettent d&rsquo;ajuster des fonctions non lin\u00e9aires flexibles par splines p\u00e9nalis\u00e9es.<\/p>\n<h3>12.3 Standardisation du reporting acad\u00e9mique selon les normes APA<\/h3>\n<p>La communication des conclusions statistiques au sein des revues savantes internationales impose une formalisation standardis\u00e9e, transparente et reproductible, align\u00e9e sur les prescriptions de l&rsquo;American Psychological Association (normes APA 7e \u00e9dition). Trop souvent, les manuscrits se bornent \u00e0 mentionner une <em>p<\/em>-valeur sans expliciter les param\u00e8tres non param\u00e9triques essentiels.<\/p>\n<p>Un compte rendu conforme aux standards de publication acad\u00e9mique doit syst\u00e9matiquement inclure :<\/p>\n<ul>\n<li>La justification explicite du recours \u00e0 une m\u00e9thode non param\u00e9trique (mise en \u00e9vidence de l&rsquo;asym\u00e9trie distributionnelle ou pr\u00e9sence de valeurs extr\u00eames) ;<\/li>\n<li>La taille exacte de l&rsquo;\u00e9chantillon temporel effectif (<em>n<\/em>) ;<\/li>\n<li>La valeur num\u00e9rique de la statistique standardis\u00e9e <em>Z<\/em> et de la statistique brute <em>S<\/em> ;<\/li>\n<li>Le coefficient de corr\u00e9lation tau (&tau;) de Kendall comme mesure standardis\u00e9e de taille d&rsquo;effet ;<\/li>\n<li>La <em>p<\/em>-valeur exacte bilat\u00e9rale (ou unilat\u00e9rale le cas \u00e9ch\u00e9ant) ;<\/li>\n<li>L&rsquo;estimation de la pente de Sen accompagn\u00e9e de son intervalle de confiance \u00e0 95 % ;<\/li>\n<li>Le statut diagnostique de l&rsquo;autocorr\u00e9lation s\u00e9rielle et, le cas \u00e9ch\u00e9ant, le type de correction apport\u00e9.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Un mod\u00e8le de r\u00e9daction textuelle standardis\u00e9 peut \u00eatre formul\u00e9 de la mani\u00e8re suivante :<\/p>\n<p><em>\u00ab Une analyse de tendance non param\u00e9trique de Mann-Kendall a \u00e9t\u00e9 conduite afin d&rsquo;\u00e9valuer l&rsquo;\u00e9volution des scores d&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 au cours des 60 semaines de suivi clinique. En raison de violations av\u00e9r\u00e9es de la normalit\u00e9 des r\u00e9sidus et de la pr\u00e9sence d&rsquo;outliers transitoires, cette m\u00e9thode bas\u00e9e sur les rangs a \u00e9t\u00e9 privil\u00e9gi\u00e9e par rapport \u00e0 une r\u00e9gression lin\u00e9aire standard. Les r\u00e9sultats indiquent une tendance monotone descendante hautement significative, S = -996,00, Z = -6,42, p &lt; 0,001, &tau; = -0,563. L&rsquo;estimation non param\u00e9trique de la pente de Theil-Sen documente une r\u00e9duction m\u00e9diane des scores de 0,355 point par semaine (IC \u00e0 95 % [-0,429 ; -0,275]). L&rsquo;analyse diagnostique des r\u00e9sidus n&rsquo;a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 aucune autocorr\u00e9lation r\u00e9siduelle significative au d\u00e9calage d&rsquo;ordre 1 (r = 0,08, p = 0,54). Les scripts R et les donn\u00e9es d&rsquo;analyse sont d\u00e9pos\u00e9s en libre acc\u00e8s sur le r\u00e9pertoire institutionnel aux fins de reproductibilit\u00e9 computationnelle. \u00bb<\/em><\/p>\n<p>Cette rigueur de restitution narrative assure une transmissibilit\u00e9 optimale des r\u00e9sultats au sein de la communaut\u00e9 scientifique internationale.<\/p>\n<h2>R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<ul>\n<li>Benjamini, Y., &amp; Hochberg, Y. (1995). Controlling the false discovery rate: A practical and powerful approach to multiple testing. <em>Journal of the Royal Statistical Society: Series B (Methodological)<\/em>, 57(1), 289\u2013300. <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1111\/j.2517-6161.1995.tb02031.x\">https:\/\/doi.org\/10.1111\/j.2517-6161.1995.tb02031.x<\/a><\/li>\n<li>Conover, W. J. (1980). <em>Practical nonparametric statistics<\/em> (2nd ed.). John Wiley &amp; Sons.<\/li>\n<li>Hamed, K. H., &amp; Rao, A. R. (1998). A modified Mann-Kendall trend test for autocorrelated data. <em>Journal of Hydrology<\/em>, 204(1\u20134), 182\u2013196. <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1016\/S0022-1694(97)00125-X\">https:\/\/doi.org\/10.1016\/S0022-1694(97)00125-X<\/a><\/li>\n<li>Hirsch, R. M., Slack, J. R., &amp; Smith, R. A. (1982). Techniques of trend analysis for monthly water quality data. <em>Water Resources Research<\/em>, 18(1), 107\u2013121. <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1029\/WR018i001p00107\">https:\/\/doi.org\/10.1029\/WR018i001p00107<\/a><\/li>\n<li>Kendall, M. G. (1975). <em>Rank correlation methods<\/em> (4th ed.). Charles Griffin.<\/li>\n<li>Ljung, G. M., &amp; Box, G. E. P. (1978). On a measure of lack of fit in time series models. <em>Biometrika<\/em>, 65(2), 297\u2013303. <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1093\/biomet\/65.2.297\">https:\/\/doi.org\/10.1093\/biomet\/65.2.297<\/a><\/li>\n<li>Mann, H. B. (1945). Nonparametric tests against trend. <em>Econometrica<\/em>, 13(3), 245\u2013259. <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.2307\/1907187\">https:\/\/doi.org\/10.2307\/1907187<\/a><\/li>\n<li>McLeod, A. I. (2011). <em>Kendall: Kendall rank correlation and Mann-Kendall trend test<\/em> (R package version 2.2). <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/CRAN.R-project.org\/package=Kendall\">https:\/\/CRAN.R-project.org\/package=Kendall<\/a><\/li>\n<li>Pettitt, A. N. (1979). A non-parametric approach to the change-point problem. <em>Applied Statistics<\/em>, 28(2), 126\u2013135. <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.2307\/2346729\">https:\/\/doi.org\/10.2307\/2346729<\/a><\/li>\n<li>Pohlert, T. (2020). <em>trend: Non-parametric trend tests and change-point detection<\/em> (R package version 1.1.4). <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/CRAN.R-project.org\/package=trend\">https:\/\/CRAN.R-project.org\/package=trend<\/a><\/li>\n<li>Sen, P. K. (1968). Estimates of the regression coefficient based on Kendall&rsquo;s tau. <em>Journal of the American Statistical Association<\/em>, 63(324), 1379\u20131389. <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1080\/01621459.1968.10480934\">https:\/\/doi.org\/10.1080\/01621459.1968.10480934<\/a><\/li>\n<li>Theil, H. (1950). A rank-invariant method of linear and polynomial regression analysis. <em>Nederlandse Akademie van Wetenschappen, Proceedings<\/em>, 53, 386\u2013392, 521\u2013525, 1397\u20131412.<\/li>\n<li>van Belle, G., &amp; Hughes, J. P. (1984). Nonparametric tests for trend in water quality. <em>Water Resources Research<\/em>, 20(1), 127\u2013136. <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1029\/WR020i001p00127\">https:\/\/doi.org\/10.1029\/WR020i001p00127<\/a><\/li>\n<li>Yue, S., Pilon, P., Phinney, B., &amp; Cavadias, G. (2002). The influence of autocorrelation on the ability to detect trend in hydrological series. <em>Hydrological Processes<\/em>, 16(9), 1807\u20131829. <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1002\/hyp.1095\">https:\/\/doi.org\/10.1002\/hyp.1095<\/a><\/li>\n<li>Yue, S., &amp; Wang, C. (2004). The Mann-Kendall test modified by effective sample size to detect trend in serially correlated hydrological series. <em>Water Resources Management<\/em>, 18(3), 201\u2013218. <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1023\/B:WARM.0000043140.61082.60\">https:\/\/doi.org\/10.1023\/B:WARM.0000043140.61082.60<\/a><\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Guide acad\u00e9mique complet pour ma\u00eetriser et ex\u00e9cuter le test non param\u00e9trique de tendance de Mann-Kendall dans R, appliqu\u00e9 aux s\u00e9ries temporelles.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","template":"","categories":[1829,2193,2169],"tags":[2957,2956,1911,2217,2955],"class_list":["post-1344","psych_stat","type-psych_stat","status-publish","hentry","category-methodologie-statistique","category-programmation-r","category-psychologie-quantitative","tag-pente-de-sen","tag-programmation-r","tag-series-temporelles","tag-statistiques-non-parametriques","tag-test-de-mann-kendall"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_stat\/1344","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_stat"}],"about":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/psych_stat"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1344"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_stat\/1344\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1344"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1344"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1344"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}