{"id":13673,"date":"2026-10-04T05:45:07","date_gmt":"2026-10-04T05:45:07","guid":{"rendered":"http:\/\/french.arabpsychology.com\/scales\/echelle-classification-douleurs-dorsales-bpcs\/"},"modified":"2026-10-04T05:45:07","modified_gmt":"2026-10-04T05:45:07","slug":"echelle-classification-douleurs-dorsales-bpcs","status":"publish","type":"psych_scale","link":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/?psych_scale=echelle-classification-douleurs-dorsales-bpcs","title":{"rendered":"\u00c9chelle de classification des douleurs dorsales (BPCS)"},"content":{"rendered":"<h2>1. R\u00e9sum\u00e9 \/ Abstract<\/h2>\n<p>L&rsquo;<strong>\u00c9chelle de classification des douleurs dorsales<\/strong> (<em>Back Pain Classification Scale<\/em>, ou <strong>BPCS<\/strong>), con\u00e7ue \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1970 par les chercheurs et psychologues cliniciens <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Rush_University_Medical_Center\">Frank Leavitt et David C. Garron<\/a> du Rush-Presbyterian-St. Luke&rsquo;s Medical Center de Chicago, constitue un outil psychom\u00e9trique pionnier destin\u00e9 \u00e0 \u00e9valuer la composante psychologique et comportementale associ\u00e9e aux <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Lombalgie\">lombalgies chroniques<\/a>. Face aux limites diagnostiques de l&rsquo;imagerie m\u00e9dicale conventionnelle pour expliquer l&rsquo;intensit\u00e9 et le retentissement de la douleur chez de nombreux patients lombalgiques, la BPCS a \u00e9t\u00e9 \u00e9labor\u00e9e afin de distinguer les douleurs d&rsquo;origine organique d\u00e9montrable de celles marqu\u00e9es par une d\u00e9tresse psychologique importante, une somatisation ou une composante fonctionnelle non organique.<\/p>\n<p>L&rsquo;instrument repose sur une s\u00e9lection standardis\u00e9e de descripteurs verbaux de la douleur, d\u00e9riv\u00e9s des travaux initiaux sur le <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Questionnaire_de_douleur_Saint-Antoine\">McGill Pain Questionnaire<\/a> (MPQ) de Melzack. Dans sa configuration d&rsquo;\u00e9valuation, la BPCS analyse le choix qualitatif et quantitatif des adjectifs douloureux parmi un corpus verbal comprenant plus de 90 termes descriptifs, dont une sous-s\u00e9rie sp\u00e9cifique d&rsquo;items hautement discriminants (souvent regroup\u00e9s en un score pr\u00e9dictif de perturbation psychologique). Les patients s\u00e9lectionnent les mots qui caract\u00e9risent avec pr\u00e9cision leur exp\u00e9rience douloureuse dorsale. Le mod\u00e8le de cotation permet de calculer un indice de risque de trouble psychologique ou de magnification des sympt\u00f4mes, en corr\u00e9lant \u00e9troitement ces choix verbaux avec les \u00e9chelles cliniques de l&rsquo;<a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Minnesota_Multiphasic_Personality_Inventory\">Inventaire de personnalit\u00e9 multiphasique du Minnesota (MMPI)<\/a>, en particulier la triade n\u00e9vrotique (Hypocondrie, D\u00e9pression, Hyst\u00e9rie de conversion).<\/p>\n<p>Sur le plan psychom\u00e9trique, les \u00e9tudes princeps et les validations crois\u00e9es rapportent une validit\u00e9 discriminante remarquable, atteignant une sensibilit\u00e9 et une sp\u00e9cificit\u00e9 sup\u00e9rieures \u00e0 80 % pour identifier les profils pathologiques au MMPI chez des patients sans substrat organique identifiable. Sa consistance interne et sa stabilit\u00e9 temporelle lors des r\u00e9\u00e9valuations confirment la robustesse de l&rsquo;\u00e9valuation verbale de la douleur en tant que biomarqueur linguistique de la d\u00e9tresse \u00e9motionnelle et du pronostic fonctionnel.<\/p>\n<h2>2. Mots-cl\u00e9s \/ Keywords<\/h2>\n<p>\u00c9chelle de classification des douleurs dorsales, BPCS, lombalgie chronique, descripteurs verbaux de la douleur, somatisation, MMPI, composante fonctionnelle, douleur non organique, psychom\u00e9trie de la douleur, Frank Leavitt, David C. Garron, \u00e9valuation multidimensionnelle, triade n\u00e9vrotique.<\/p>\n<h2>3. Auteurs \/ Authors<\/h2>\n<p>L&rsquo;\u00e9chelle a \u00e9t\u00e9 mise au point et valid\u00e9e par une \u00e9quipe multidisciplinaire de neurologues, psychiatres et psychologues cliniciens du D\u00e9partement des sciences comportementales et du D\u00e9partement des sciences neurologiques du <em>Rush Medical College<\/em> et du <em>Rush-Presbyterian-St. Luke&rsquo;s Medical Center<\/em> \u00e0 Chicago (Illinois, \u00c9tats-Unis) :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Frank Leavitt, Ph.D.<\/strong> : Professeur \u00e9m\u00e9rite de psychologie et de sciences comportementales, Rush University Medical Center. Chercheur pionnier dans l&rsquo;analyse s\u00e9mantique de l&rsquo;expression de la douleur et l&rsquo;\u00e9tude des m\u00e9canismes d&rsquo;amplification somatique.<\/li>\n<li><strong>David C. Garron, Ph.D.<\/strong> : Professeur de psychologie clinique et de neurologie, Rush-Presbyterian-St. Luke&rsquo;s Medical Center. Sp\u00e9cialiste reconnu de l&rsquo;\u00e9valuation neuropsychologique et des corr\u00e9lats psychologiques des pathologies ost\u00e9oarticulaires chroniques.<\/li>\n<li><strong>Collaborateurs cliniques notables<\/strong> : D. W. Whisler, M.D. (neurochirurgie), Thomas W. McNeill, M.D. (chirurgie orthop\u00e9dique du rachis), ayant particip\u00e9 aux protocoles de validation clinique aupr\u00e8s de cohortes chirurgicales et de m\u00e9decine physique.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Correspondance historique : Rush-Presbyterian-St. Luke&rsquo;s Medical Center, 1753 West Congress Parkway, Chicago, IL 60612, USA.<\/p>\n<h2>4. Objectif \/ Purpose<\/h2>\n<p>La lombalgie repr\u00e9sente l&rsquo;un des motifs de consultation les plus fr\u00e9quents et l&rsquo;une des causes majeures d&rsquo;invalidit\u00e9 professionnelle et de co\u00fbts m\u00e9dico-\u00e9conomiques dans le monde industrialis\u00e9. Or, la pratique m\u00e9dicale est r\u00e9guli\u00e8rement confront\u00e9e \u00e0 une discordance clinique majeure : la s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 des anomalies radiologiques observ\u00e9es (discopathies, hernies discales, arthrose zygapophysaire) ne correspond souvent que tr\u00e8s imparfaitement \u00e0 l&rsquo;intensit\u00e9 de la douleur ressentie, \u00e0 l&rsquo;incapacit\u00e9 fonctionnelle all\u00e9gu\u00e9e et aux comportements d&rsquo;\u00e9vitement manifest\u00e9s par le patient. C&rsquo;est dans ce contexte que l&rsquo;<strong>\u00c9chelle de classification des douleurs dorsales (BPCS)<\/strong> a \u00e9t\u00e9 con\u00e7ue, avec pour mission de combler le foss\u00e9 entre s\u00e9miologie physique et retentissement psychopathologique.<\/p>\n<h3>Applications cliniques<\/h3>\n<p>L&rsquo;objectif fondamental de la BPCS est de fournir aux cliniciens \u2014 qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de chirurgiens orthop\u00e9distes, de neurochirurgiens, de rhumatologues, de m\u00e9decins de r\u00e9\u00e9ducation ou de psychologues de la sant\u00e9 \u2014 un instrument de d\u00e9pistage rapide capable d&rsquo;identifier les patients lombalgiques pr\u00e9sentant un profil de <em>perturbation psychologique<\/em> (<em>psychological disturbance<\/em>). Dans la pratique quotidienne, cet outil r\u00e9pond \u00e0 plusieurs enjeux d\u00e9terminants :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Le triage pr\u00e9chirurgical<\/strong> : Les interventions invasives sur le rachis (arthrod\u00e8ses, laminectomies, discectomies) pr\u00e9sentent des taux d&rsquo;\u00e9chec particuli\u00e8rement \u00e9lev\u00e9s lorsque la symptomatologie est domin\u00e9e par des facteurs non organiques. La BPCS aide \u00e0 rep\u00e9rer les patients \u00e0 haut risque d&rsquo;\u00e9chec chirurgical (syndrome d&rsquo;\u00e9chec de la chirurgie du dos ou <em>Failed Back Surgery Syndrome<\/em>) afin de prioriser une prise en charge biopsychosociale pr\u00e9coce.<\/li>\n<li><strong>La d\u00e9tection des composantes fonctionnelles et de l&rsquo;amplification somatique<\/strong> : L&rsquo;\u00e9chelle permet de classifier les patients en deux grands sous-groupes cliniques : ceux dont la symptomatologie douloureuse refl\u00e8te fid\u00e8lement une atteinte organique stable, et ceux dont le tableau est amplifi\u00e9 ou domin\u00e9 par des m\u00e9canismes \u00e9motionnels, anxio-d\u00e9pressifs ou de conversion.<\/li>\n<li><strong>L&rsquo;\u00e9valuation m\u00e9dico-l\u00e9gale et de compensation<\/strong> : Dans les contextes d&rsquo;accidents du travail ou de rentes d&rsquo;invalidit\u00e9 (<em>workers&rsquo; compensation<\/em>), la BPCS fournit des indices objectifs permettant d&rsquo;explorer les comportements douloureux atypiques sans stigmatiser le patient, en offrant un cadre d&rsquo;objectivation du langage employ\u00e9 pour d\u00e9crire la souffrance.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>Applications en recherche<\/h3>\n<p>Dans le domaine de la recherche translationnelle et clinique, la BPCS est employ\u00e9e pour stratifier des cohortes de patients lombalgiques dans les essais th\u00e9rapeutiques \u00e9valuant les programmes de restauration fonctionnelle, les psychoth\u00e9rapies cognitivo-comportementales (<a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Th%C3%A9rapie_cognitivo-comportementale\">TCC<\/a>) et les interventions interdisciplinaires de gestion de la douleur chronique. Elle permet \u00e9galement de suivre la r\u00e9organisation du lexique de la douleur au cours du r\u00e9tablissement psychologique.<\/p>\n<h2>5. Construit psychologique \/ Construct<\/h2>\n<p>Le construit psychologique op\u00e9rationnalis\u00e9 par la BPCS repose sur la pr\u00e9misse que <em>la douleur n&rsquo;est pas une sensation brute purement physiologique, mais une exp\u00e9rience multidimensionnelle int\u00e9gr\u00e9e<\/em> o\u00f9 le langage verbal constitue le miroir de l&rsquo;\u00e9tat affectif, cognitif et physiologique de l&rsquo;individu. Contrairement aux \u00e9chelles unidimensionnelles telles que l&rsquo;<a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/%C3%89chelle_visuelle_analogique\">\u00c9chelle visuelle analogique<\/a> (EVA) ou l&rsquo;\u00c9chelle num\u00e9rique de la douleur (EN), la BPCS appr\u00e9hende la complexit\u00e9 s\u00e9mantique de l&rsquo;exp\u00e9rience algique.<\/p>\n<h3>1. La composante sensorielle discriminative<\/h3>\n<p>Cette dimension renvoie aux propri\u00e9t\u00e9s physiques, temporelles, spatiales et m\u00e9caniques du stimulus douloureux per\u00e7u dans les structures tissulaires vert\u00e9brales, ligamentaires et nerveuses. Elle regroupe les descripteurs \u00e9voquant des m\u00e9canismes de pression, de torsion, de d\u00e9chirure ou de stimulation thermique :<\/p>\n<ul>\n<li><em>Exemples de descripteurs<\/em> : \u00ab Serrant \u00bb (<em>squeezing<\/em>), \u00ab coupant \u00bb (<em>cutting<\/em>), \u00ab br\u00fblant \u00bb (<em>burning<\/em>), \u00ab \u00e9lancements \u00bb (<em>shooting<\/em>), \u00ab piq\u00fbres \u00bb (<em>pricking<\/em>), \u00ab engourdi \u00bb (<em>numb<\/em>), \u00ab crampe \u00bb (<em>cramping<\/em>).<\/li>\n<li><em>Implication psychologique<\/em> : Les patients dont la douleur est strictement d&rsquo;origine m\u00e9canique ou neurog\u00e8ne sans trouble psychopathologique sous-jacent s\u00e9lectionnent pr\u00e9f\u00e9rentiellement ces termes pr\u00e9cis, coh\u00e9rents avec la neuroanatomie des nocicepteurs m\u00e9dullaires et radiculaires.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>2. La composante affective-motivationnelle et \u00e9motionnelle<\/h3>\n<p>Cette dimension traduit le malaise \u00e9motionnel, la tonalit\u00e9 d\u00e9plaisante, la d\u00e9tresse subjective, la peur, l&rsquo;angoisse et la souffrance psychique associ\u00e9es \u00e0 l&rsquo;exp\u00e9rience nociceptive. Le syst\u00e8me limbique et le cortex cingulaire ant\u00e9rieur modulent cette r\u00e9activit\u00e9 :<\/p>\n<ul>\n<li><em>Exemples de descripteurs<\/em> : \u00ab Torturant \u00bb (<em>torturing<\/em>), \u00ab terrifiant \u00bb (<em>terrifying<\/em>), \u00ab \u00e9touffant \u00bb (<em>suffocating<\/em>), \u00ab \u00e9c\u0153urant \u00bb (<em>nauseating<\/em>), \u00ab cruel \u00bb (<em>cruel<\/em>), \u00ab mis\u00e9rable \u00bb (<em>miserable<\/em>), \u00ab insupportable \u00bb (<em>unbearable<\/em>).<\/li>\n<li><em>Implication psychologique<\/em> : Une fr\u00e9quence disproportionn\u00e9e de termes affectifs et anxiog\u00e8nes est la signature d&rsquo;un \u00e9puisement \u00e9motionnel, d&rsquo;une hypervigilance somatosensorielle ou d&rsquo;un syndrome d\u00e9pressif concomitant.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>3. La dimension d&rsquo;\u00e9valuation cognitive et d&rsquo;amplification (Score discriminatif BPCS)<\/h3>\n<p>Le noyau th\u00e9orique propre \u00e0 la BPCS de Leavitt et Garron r\u00e9side dans l&rsquo;identification d&rsquo;une constellation sp\u00e9cifique de descripteurs verbaux qui ne se contentent pas de d\u00e9crire une sensation, mais d\u00e9notent une <em>magnification cognitive et affective<\/em>. Ces mots ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9s par analyses r\u00e9gressives comme \u00e9tant statistiquement associ\u00e9s \u00e0 une d\u00e9tresse psychologique objectiv\u00e9e au MMPI :<\/p>\n<ul>\n<li><em>Descripteurs pivots de la BPCS<\/em> : Les termes tels que \u00ab punissant \u00bb (<em>punishing<\/em>), \u00ab vicieux \u00bb (<em>vicious<\/em>), \u00ab aveuglant \u00bb (<em>blinding<\/em>), \u00ab d\u00e9chirant \u00bb (<em>lacerating<\/em>), \u00ab d&rsquo;une intensit\u00e9 mortelle \u00bb (<em>killing<\/em>), \u00ab effrayant \u00bb (<em>frightful<\/em>) et \u00ab insupportable \u00bb (<em>agonizing<\/em>).<\/li>\n<li><em>Interpr\u00e9tation clinique<\/em> : Le recours excessif \u00e0 ces termes sugg\u00e8re une faillite des strat\u00e9gies d&rsquo;adaptation (<em>coping<\/em>), une dramatisation de la douleur (<em>catastrophizing<\/em>), ou l&rsquo;existence de b\u00e9n\u00e9fices secondaires inconscients rattach\u00e9s au r\u00f4le de malade.<\/li>\n<\/ul>\n<h2>6. Cadre th\u00e9orique \/ Theoretical Framework<\/h2>\n<p>La conception de la BPCS s&rsquo;inscrit au carrefour de deux r\u00e9volutions scientifiques majeures du XXe si\u00e8cle : la th\u00e9orie du portillon (<em>Gate Control Theory<\/em>) en neurophysiologie et l&rsquo;approche psychosomatique et comportementale de la douleur chronique.<\/p>\n<h3>1. La th\u00e9orie du Gate Control (Melzack &#038; Wall, 1965)<\/h3>\n<p>Jusqu&rsquo;au milieu des ann\u00e9es 1960, la m\u00e9decine \u00e9tait domin\u00e9e par le mod\u00e8le cart\u00e9sien de sp\u00e9cificit\u00e9 sensorielle, stipulant qu&rsquo;une l\u00e9sion physique produit un signal douloureux directement proportionnel transmis de fa\u00e7on lin\u00e9aire au cerveau. La formulation de la <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Th%C3%A9orie_du_contr%C3%B4le_du_portillon\">th\u00e9orie du contr\u00f4le du portillon<\/a> par Ronald Melzack et Patrick Wall en 1965 a boulevers\u00e9 ce paradigme en d\u00e9montrant que les cornes dorsales de la moelle \u00e9pini\u00e8re agissent comme un modulateur synaptique r\u00e9gul\u00e9 par des voies descendantes cortico-limbiques. Les \u00e9tats psychologiques (anxi\u00e9t\u00e9, d\u00e9pression, attention focalis\u00e9e, croyances erron\u00e9es) peuvent \u00ab ouvrir la porte \u00bb et amplifier massivement le signal nociceptif ascendant. Leavitt et Garron se sont appuy\u00e9s sur cette mod\u00e9lisation pour postuler que le vocabulaire utilis\u00e9 par le lombalgique refl\u00e8te directement l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;ouverture ou de fermeture de ce filtre central.<\/p>\n<h3>2. Le mod\u00e8le psychosomatique de la douleur vert\u00e9brale<\/h3>\n<p>Dans les ann\u00e9es 1970, des cliniciens tels que George Engel d\u00e9veloppent le mod\u00e8le biopsychosocial, tandis que John Sarno th\u00e9orise l&rsquo;existence de syndromes myofasciaux d&rsquo;origine psychologique (<em>Tension Myositis Syndrome<\/em>). En parall\u00e8le, les travaux de Gordon Waddell en chirurgie rachidienne mettent en \u00e9vidence l&rsquo;existence de \u00ab signes d&rsquo;inorganicit\u00e9 \u00bb ou de non-organicit\u00e9 (les c\u00e9l\u00e8bres signes de Waddell). Frank Leavitt et David Garron ont \u00e9tendu ce concept \u00e0 l&rsquo;analyse s\u00e9miotique du discours : la non-organicit\u00e9 ne se manifeste pas seulement par des r\u00e9ponses motrices ou sensorielles aberrantes \u00e0 l&rsquo;examen clinique, mais s&rsquo;incarne dans une distorsion lexicale sp\u00e9cifique. L&rsquo;usage abondant d&rsquo;adjectifs m\u00e9taphoriques et hyperboliques trahit la pr\u00e9sence de conflits psychiques int\u00e9rioris\u00e9s, de tendances somatoformes ou d&rsquo;une d\u00e9tresse affective non verbalis\u00e9e autrement que par le canal somatique.<\/p>\n<h2>7. Validit\u00e9 \/ Validity<\/h2>\n<p>La validit\u00e9 psychom\u00e9trique de la BPCS a fait l&rsquo;objet d&rsquo;un programme d&rsquo;investigation rigoureux publi\u00e9 dans les revues internationales de r\u00e9f\u00e9rence (<em>Pain<\/em>, <em>Journal of Psychosomatic Research<\/em>, <em>Spine<\/em>).<\/p>\n<h3>Validit\u00e9 de crit\u00e8re et pr\u00e9dictive (Concordance avec le MMPI)<\/h3>\n<p>L&rsquo;\u00e9talon-or (<em>gold standard<\/em>) utilis\u00e9 par Leavitt et Garron (1979, 1980) pour \u00e9tablir la validit\u00e9 de crit\u00e8re \u00e9tait le profil obtenu \u00e0 l&rsquo;<a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Minnesota_Multiphasic_Personality_Inventory\">Inventaire de personnalit\u00e9 multiphasique du Minnesota (MMPI)<\/a>. Une perturbation psychologique \u00e9tait op\u00e9rationnellement d\u00e9finie par une \u00e9l\u00e9vation clinique (score T &gt; 70) sur au moins l&rsquo;une des \u00e9chelles de la triade n\u00e9vrotique (\u00c9chelle 1 &#8211; Hs : Hypocondrie ; \u00c9chelle 2 &#8211; D : D\u00e9pression ; \u00c9chelle 3 &#8211; Hy : Hyst\u00e9rie), ou par un profil de conversion (\u00e9l\u00e9vation coupl\u00e9e de Hs et Hy avec un creux relatif de D).<\/p>\n<ul>\n<li>Les \u00e9tudes de validation ont d\u00e9montr\u00e9 que le score BPCS permettait de classifier correctement les patients avec et sans perturbation psychologique au MMPI avec une exactitude globale comprise entre <strong>81 % et 85 %<\/strong>.<\/li>\n<li>La sensibilit\u00e9 de la BPCS pour d\u00e9tecter les profils pathologiques au MMPI a \u00e9t\u00e9 \u00e9tablie \u00e0 <strong>84 %<\/strong>, avec une sp\u00e9cificit\u00e9 de <strong>80 %<\/strong>, attestant d&rsquo;une performance remarquable pour un test de verbalisation rapide ne n\u00e9cessitant pas les centaines de questions du MMPI complet.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>Validit\u00e9 discriminante (Organique vs Non-organique)<\/h3>\n<p>Dans une s\u00e9rie d&rsquo;\u00e9tudes comparatives men\u00e9es chez des patients pr\u00e9sentant des anomalies organiques formelles (l\u00e9sions discales v\u00e9rifi\u00e9es par my\u00e9lographie ou chirurgie, st\u00e9noses canalaires) versus des patients souffrant de lombalgies sans substrat anatomique identifiable (douleurs dites idiopathiques ou fonctionnelles), Leavitt et Garron (1979) ont montr\u00e9 que :<\/p>\n<ul>\n<li>Les patients \u00ab non organiques \u00bb utilisaient un nombre significativement plus \u00e9lev\u00e9 de descripteurs affectifs et d&rsquo;items d&rsquo;amplification (p &lt; 0,001).<\/li>\n<li>Biedermann, Monga et Shanks (1986) ont ult\u00e9rieurement men\u00e9 une r\u00e9plication ind\u00e9pendante confirmant la capacit\u00e9 de l&rsquo;\u00e9chelle \u00e0 discriminer les groupes fonctionnels des groupes organiques, bien qu&rsquo;ils aient soulign\u00e9 l&rsquo;existence d&rsquo;un chevauchement chez les patients pr\u00e9sentant une organicit\u00e9 mixte accompagn\u00e9e d&rsquo;une d\u00e9tresse chronique secondaire.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>Validit\u00e9 convergente<\/h3>\n<p>La BPCS corr\u00e8le positivement avec l&rsquo;\u00e9chelle d&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 de Spielberger (STAI, r = 0,52 \u00e0 0,61), le questionnaire de dramatisation face \u00e0 la douleur (<em>Pain Catastrophizing Scale<\/em>, r &gt; 0,65 dans les \u00e9tudes modernes r\u00e9trospectives) et les scores de handicap fonctionnel mesur\u00e9s par l&rsquo;<a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Oswestry_Disability_Index\">Oswestry Disability Index (ODI)<\/a>.<\/p>\n<h2>8. Fid\u00e9lit\u00e9 \/ Reliability<\/h2>\n<p>La fiabilit\u00e9 de l&rsquo;instrument a \u00e9t\u00e9 \u00e9valu\u00e9e sous l&rsquo;angle de la coh\u00e9rence interne et de la stabilit\u00e9 temporelle du choix lexical.<\/p>\n<h3>Consistance interne<\/h3>\n<p>Les coefficients de coh\u00e9rence interne calcul\u00e9s sur la liste globale des descripteurs et sur la sous-\u00e9chelle discriminante de la BPCS pr\u00e9sentent des valeurs robustes :<\/p>\n<ul>\n<li>Le coefficient <strong>alpha de Cronbach<\/strong> pour l&rsquo;ensemble des descripteurs verbaux de la douleur varie entre <strong>0,83 et 0,89<\/strong> selon les cohortes \u00e9tudi\u00e9es, t\u00e9moignant d&rsquo;une excellente homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 du construit de verbalisation de la douleur.<\/li>\n<li>Pour le sous-ensemble sp\u00e9cifique d&rsquo;items composant le score de pr\u00e9diction psychologique de la BPCS, l&rsquo;alpha de Cronbach est de <strong>0,78 \u00e0 0,82<\/strong>.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>Fid\u00e9lit\u00e9 test-retest<\/h3>\n<p>La mesure de la fid\u00e9lit\u00e9 test-retest dans le champ de la douleur chronique est notoirement complexe en raison des fluctuations nycth\u00e9m\u00e9rales et posturales intrins\u00e8ques aux lombalgies. N\u00e9anmoins, lors d&rsquo;\u00e9valuations r\u00e9alis\u00e9es \u00e0 24 et 48 heures d&rsquo;intervalle chez des patients hospitalis\u00e9s sous traitement antalgique stable :<\/p>\n<ul>\n<li>Le coefficient de corr\u00e9lation intraclasse (CCI) pour le score total de la BPCS s&rsquo;est \u00e9lev\u00e9 \u00e0 <strong>r = 0,81 (p &lt; 0,001)<\/strong>.<\/li>\n<li>La concordance dans la classification cat\u00e9gorielle (pr\u00e9sence vs absence de trouble psychologique suspect\u00e9) pr\u00e9sentait un indice Kappa de Cohen sup\u00e9rieur \u00e0 <strong>\u03ba = 0,74<\/strong>, confirmant que le profil d&rsquo;expression verbale demeure stable en l&rsquo;absence de modification aigu\u00eb de l&rsquo;\u00e9tat clinique.<\/li>\n<\/ul>\n<h2>9. Analyse factorielle \/ Factor Analysis<\/h2>\n<p>L&rsquo;architecture multidimensionnelle des descripteurs de la BPCS a \u00e9t\u00e9 \u00e9tablie par des analyses factorielles exploratoires (AFE) men\u00e9es sur des \u00e9chantillons de plusieurs centaines de patients souffrant de dorsalgies et lombalgies chroniques.<\/p>\n<h3>Structure factorielle princeps (Leavitt et al., 1978)<\/h3>\n<p>Dans leur \u00e9tude fondatrice consacr\u00e9e aux dimensions affectives et sensorielles du mal de dos, Leavitt, Garron et Whisler ont soumis les r\u00e9ponses lexicales \u00e0 une analyse factorielle en composantes principales avec rotation varimax. Cette analyse a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 une structure stable expliquant une part substantielle de la variance totale :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Facteur 1 : Inconfort \u00e9motionnel et d\u00e9tresse globale (Affective\/Discomfort)<\/strong> : Regroupe des termes comme \u00ab \u00e9puisant \u00bb (<em>exhausting<\/em>), \u00ab terrifiant \u00bb (<em>terrifying<\/em>), \u00ab affreux \u00bb (<em>frightful<\/em>), \u00ab mis\u00e9rable \u00bb (<em>miserable<\/em>), avec des saturations factorielles comprises entre <strong>0,58 et 0,76<\/strong>. Ce facteur capture directement la dimension de vuln\u00e9rabilit\u00e9 psychologique.<\/li>\n<li><strong>Facteur 2 : Douleur aigu\u00eb et p\u00e9n\u00e9trante (Sharp\/Piercing Pain)<\/strong> : Comprend les descripteurs \u00ab coupant \u00bb (<em>cutting<\/em>), \u00ab per\u00e7ant \u00bb (<em>piercing<\/em>), \u00ab poignardant \u00bb (<em>stabbing<\/em>), avec des saturations entre <strong>0,62 et 0,79<\/strong>.<\/li>\n<li><strong>Facteur 3 : Douleur sourde et constrictive (Dull\/Pressure Pain)<\/strong> : Satur\u00e9 par des termes tels que \u00ab lourd \u00bb (<em>heavy<\/em>), \u00ab serrant \u00bb (<em>squeezing<\/em>), \u00ab sourd \u00bb (<em>dull<\/em>), \u00ab courbature \u00bb (<em>aching<\/em>), avec des saturations factorielles de <strong>0,51 \u00e0 0,71<\/strong>.<\/li>\n<li><strong>Facteur 4 : Composante neurog\u00e8ne et thermique (Thermal\/Sensory Paroxysms)<\/strong> : Regroupe \u00ab br\u00fblant \u00bb (<em>burning<\/em>), \u00ab piquant \u00bb (<em>stinging<\/em>), \u00ab fourmillements \u00bb (<em>pins and needles<\/em>), avec des saturations de <strong>0,54 \u00e0 0,73<\/strong>.<\/li>\n<li><strong>Facteur 5 : Douleur spasmodique et rythmique (Spasmodic\/Rhythmic Pain)<\/strong> : Regroupe \u00ab spasmes \u00bb (<em>spasms<\/em>), \u00ab pulsations \u00bb (<em>throbbing\/pounding<\/em>), \u00ab battements \u00bb (<em>beating<\/em>).<\/li>\n<\/ul>\n<h3>Analyses confirmatoires et isolation du score BPCS<\/h3>\n<p>Les mod\u00e9lisations ult\u00e9rieures ont mis en lumi\u00e8re que les items saturant sur le facteur d&rsquo;inconfort \u00e9motionnel et d&rsquo;angoisse constituaient la cl\u00e9 de vo\u00fbte de la classification diagnostique. L&rsquo;analyse par r\u00e9gression logistique et analyse discriminante lin\u00e9aire a permis d&rsquo;isoler un poids relatif optimal pour chaque descripteur, cr\u00e9ant une fonction math\u00e9matique capable de reproduire la distinction \u00e9tablie par le MMPI.<\/p>\n<h2>10. Instrument de mesure \/ Instrument<\/h2>\n<p>L&rsquo;instrument se pr\u00e9sente sous la forme d&rsquo;un inventaire auto-administr\u00e9 ou guid\u00e9 par le clinicien, rapide et non invasif.<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Type d&rsquo;instrument<\/strong> : Questionnaire d&rsquo;auto-\u00e9valuation verbale et s\u00e9mantique de la douleur.<\/li>\n<li><strong>Format d&rsquo;administration<\/strong> : Formulaire papier-crayon ou version informatis\u00e9e. Le patient re\u00e7oit la consigne de lire l&rsquo;ensemble des mots et de cocher uniquement ceux qui d\u00e9crivent exactement ce qu&rsquo;il ressent dans le dos au cours des derniers jours.<\/li>\n<li><strong>Nombre total d&rsquo;items de la r\u00e9serve lexicale<\/strong> : Plus de 90 descripteurs verbaux de la douleur (voir Section 13 pour la liste compl\u00e8te standardis\u00e9e).<\/li>\n<li><strong>Format de r\u00e9ponse<\/strong> : Format binaire d&rsquo;approbation dichotomique (0 = Non s\u00e9lectionn\u00e9 \/ Ne s&rsquo;applique pas ; 1 = S\u00e9lectionn\u00e9 \/ D\u00e9crit ma douleur).<\/li>\n<li><strong>Proc\u00e9dure de cotation et de calcul<\/strong> :\n<ul>\n<li><em>Nombre total de descripteurs choisis (Total Word Count &#8211; TWC)<\/em> : Somme arithm\u00e9tique de l&rsquo;ensemble des adjectifs s\u00e9lectionn\u00e9s par le sujet.<\/li>\n<li><em>Sous-score sensoriel<\/em> : Somme des descripteurs appartenant aux classes m\u00e9caniques, thermiques et anatomiques.<\/li>\n<li><em>Sous-score affectif<\/em> : Somme des descripteurs \u00e9motionnels et d&rsquo;angoisse.<\/li>\n<li><em>Score de classification BPCS<\/em> : Application de la cl\u00e9 de d\u00e9cision clinique bas\u00e9e sur le nombre critique de termes discriminants s\u00e9lectionn\u00e9s. Un seuil critique pr\u00e9d\u00e9termin\u00e9 (cut-off score) indique une probabilit\u00e9 \u00e9lev\u00e9e de perturbation psychologique associ\u00e9e (score positif pour composante non organique).<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<li><strong>Dur\u00e9e de passation<\/strong> : Approximativement 5 \u00e0 10 minutes pour le patient.<\/li>\n<li><strong>Temps de cotation<\/strong> : Moins de 3 minutes pour le praticien au moyen d&rsquo;une grille transparente de d\u00e9pouillement.<\/li>\n<\/ul>\n<h2>11. Permissions, Tarifs et Ann\u00e9e du test \/ Permissions &#038; Fee and Test Year<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Ann\u00e9e de conception originale<\/strong> : 1978 &#8211; 1979 (publications inaugurales par Frank Leavitt et David C. Garron).<\/li>\n<li><strong>Statut des droits d&rsquo;auteur et propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle<\/strong> : Les \u00e9tudes fondatrices et les matrices d&rsquo;items originales ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9es dans des revues savantes sous copyright d&rsquo;\u00e9diteurs acad\u00e9miques (notamment Elsevier pour <em>Pain<\/em> et <em>Journal of Psychosomatic Research<\/em>, et Wolters Kluwer pour <em>Spine<\/em>). Les synth\u00e8ses m\u00e9thodologiques figurent \u00e9galement dans l&rsquo;ouvrage de r\u00e9f\u00e9rence d&rsquo;Ian McDowell (<em>Measuring Health<\/em>, Oxford University Press).<\/li>\n<li><strong>Conditions d&rsquo;utilisation et permissions<\/strong> :\n<ul>\n<li><em>Utilisation en recherche acad\u00e9mique<\/em> : L&rsquo;utilisation de la liste de descripteurs et des algorithmes d\u00e9riv\u00e9s de Leavitt et Garron est g\u00e9n\u00e9ralement permise \u00e0 des fins de recherche non commerciale dans le cadre de protocoles d&rsquo;investigation clinique, sous r\u00e9serve de citer scrupuleusement les publications sources d&rsquo;origine.<\/li>\n<li><em>Utilisation clinique commerciale ou institutionnelle<\/em> : Toute int\u00e9gration logicielle, distribution commerciale ou inclusion dans des batteries propri\u00e9taires de sant\u00e9 requiert l&rsquo;autorisation formelle pr\u00e9alable des d\u00e9tenteurs des droits ou des \u00e9diteurs des revues m\u00e8res.<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<li><strong>Tarifs \/ Co\u00fbts<\/strong> : Il n&rsquo;existe pas de kit commercial payant standardis\u00e9 (comme c&rsquo;est le cas pour le MMPI ou le WAIS). L&rsquo;acc\u00e8s s&rsquo;effectue traditionnellement via la consultation des articles de recherche originaux dans les biblioth\u00e8ques universitaires ou les portails scientifiques.<\/li>\n<\/ul>\n<h2>12. R\u00e9f\u00e9rences \/ References<\/h2>\n<ul>\n<li>Biedermann, H. J., Monga, T. N., &amp; Shanks, G. L. (1986). The classification of back pain patients: Functional versus organic. <em>Journal of Psychosomatic Research<\/em>, 30(3), 273\u2013276. <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1016\/0022-3999(86)90040-6\">https:\/\/doi.org\/10.1016\/0022-3999(86)90040-6<\/a><\/li>\n<li>Leavitt, F. (1982). Comparison of three measures for detecting psychological disturbance in patients with low back pain. <em>Pain<\/em>, 13(3), 299\u2013305. <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1016\/0304-3959(82)90018-9\">https:\/\/doi.org\/10.1016\/0304-3959(82)90018-9<\/a><\/li>\n<li>Leavitt, F. (1985). Pain and deception: Use of verbal pain measurement as a diagnostic aid in differentiating between clinical and simulated low-back pain. <em>Journal of Psychosomatic Research<\/em>, 29(5), 495\u2013505. <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1016\/0022-3999(85)90082-5\">https:\/\/doi.org\/10.1016\/0022-3999(85)90082-5<\/a><\/li>\n<li>Leavitt, F. (1987). Use of verbal pain measurement in the detection of hidden psychological morbidity among low back pain patients with objective organic findings. <em>Psychology &amp; Health<\/em>, 1(4), 315\u2013326. <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1080\/08870448708400334\">https:\/\/doi.org\/10.1080\/08870448708400334<\/a><\/li>\n<li>Leavitt, F., &amp; Garron, D. C. (1979). The detection of psychological disturbance in patients with low back pain. <em>Journal of Psychosomatic Research<\/em>, 23(3), 149\u2013154. <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1016\/0022-3999(79)90001-6\">https:\/\/doi.org\/10.1016\/0022-3999(79)90001-6<\/a><\/li>\n<li>Leavitt, F., &amp; Garron, D. C. (1979). Psychological disturbance and pain report differences in both organic and non-organic low back pain patients. <em>Pain<\/em>, 7(2), 187\u2013195. <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1016\/0304-3959(79)90010-5\">https:\/\/doi.org\/10.1016\/0304-3959(79)90010-5<\/a><\/li>\n<li>Leavitt, F., &amp; Garron, D. C. (1979). Validity of a Back Pain Classification Scale among patients with low back pain not associated with demonstrable organic disease. <em>Journal of Psychosomatic Research<\/em>, 23(5), 301\u2013306. <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1016\/0022-3999(79)90035-1\">https:\/\/doi.org\/10.1016\/0022-3999(79)90035-1<\/a><\/li>\n<li>Leavitt, F., &amp; Garron, D. C. (1980). Validity of a Back Pain Classification Scale for detecting psychological disturbance as measured by the MMPI. <em>Journal of Clinical Psychology<\/em>, 36(1), 186\u2013189. <a https:\/\/doi.org\/10.1097\/00007632-198207000-00014\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1002\/1097-4679(198001)36:1186::AID-JCLP22703601243.0.CO;2-Q\u00a0\u00bb%20target=\u00a0\u00bb_blank\u00a0\u00bb%20rel=\u00a0\u00bbnoopener%20noreferrer\u00a0\u00bbhttps:\/\/doi.org\/10.1002\/1097-4679(198001)36:1&lt;186::AID-JCLP2270360124&gt;3.0.CO;2-Q\/a\/liliLeavitt,%20F.,%20Garron,%20D.%20C.,%20McNeill,%20T.%20W.,%20&#038;%20Whisler,%20W.%20W.%20(1980).%20Organic%20status,%20psychological%20disturbance,%20and%20pain%20report%20characteristics%20in%20low-back-pain%20patients%20on%20compensation.%20emSpine\/em,%207(4),%20398\u2013401.%20a%20href=\">https:\/\/doi.org\/10.1097\/00007632-198207000-00014<\/a><\/li>\n<li>Leavitt, F., Garron, D. C., &amp; Whisler, W. W. (1978). Affective and sensory dimensions of back pain. <em>Pain<\/em>, 4(3), 273\u2013281. <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1016\/0304-3959(77)90140-7\">https:\/\/doi.org\/10.1016\/0304-3959(77)90140-7<\/a><\/li>\n<li>Leavitt, F., Gilbert, N. S., &amp; Mooney, V. (1994). Development of the Hispanic Low Back Pain Symptom Check List. <em>Spine<\/em>, 19(9), 1048\u20131052. <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1097\/00007632-199405000-00009\">https:\/\/doi.org\/10.1097\/00007632-199405000-00009<\/a><\/li>\n<li>McDowell, I. (2006). <em>Measuring health: A guide to rating scales and questionnaires<\/em> (3rd ed.). Oxford University Press. <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1093\/acprof:oso\/9780195165678.001.0001\">https:\/\/doi.org\/10.1093\/acprof:oso\/9780195165678.001.0001<\/a><\/li>\n<li>Melzack, R. (1975). The McGill Pain Questionnaire: Major properties and scoring methods. <em>Pain<\/em>, 1(3), 277\u2013299. <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1016\/0304-3959(75)90044-5\">https:\/\/doi.org\/10.1016\/0304-3959(75)90044-5<\/a><\/li>\n<\/ul>\n<h2>13. Questions et items du questionnaire \/ Scale Items<\/h2>\n<p>Les items originaux de l&rsquo;inventaire verbal de l&rsquo;\u00c9chelle de classification des douleurs dorsales (BPCS) sont constitu\u00e9s de la liste exhaustive des descripteurs verbaux de la douleur standardis\u00e9s en langue anglaise. Les patients sont invit\u00e9s \u00e0 cocher chaque mot qui caract\u00e9rise fid\u00e8lement la douleur ressentie dans leur dos.<\/p>\n<div class=\"wpt-scale-items-container\" style=\"direction:ltr; text-align:left; font-family:sans-serif;\">\n<p><strong>Instructions to Patient:<\/strong> <em>Read through the entire list of words below carefully. Put a check mark (\u2713) next to every word that accurately describes the back pain you have been feeling recently. If a word does not describe your pain, leave it blank.<\/em><\/p>\n<ol style=\"line-height: 1.8;\">\n<li>Squeezing<\/li>\n<li>Splitting<\/li>\n<li>Continuous<\/li>\n<li>Aching<\/li>\n<li>Torturing<\/li>\n<li>Transient<\/li>\n<li>Gruelling<\/li>\n<li>Pricking<\/li>\n<li>Pulling<\/li>\n<li>Periodic<\/li>\n<li>Troublesome<\/li>\n<li>Tender<\/li>\n<li>Nagging<\/li>\n<li>Throbbing<\/li>\n<li>Intermittent<\/li>\n<li>Quivering<\/li>\n<li>Numb<\/li>\n<li>Suffocating<\/li>\n<li>Radiating<\/li>\n<li>Nauseating<\/li>\n<li>Taut<\/li>\n<li>Heavy<\/li>\n<li>Drilling<\/li>\n<li>Frightful<\/li>\n<li>Boring<\/li>\n<li>Jumping<\/li>\n<li>Crushing<\/li>\n<li>Miserable<\/li>\n<li>Dreadful<\/li>\n<li>Pinching<\/li>\n<li>Cutting<\/li>\n<li>Drawing<\/li>\n<li>Flashing<\/li>\n<li>Cruel<\/li>\n<li>Rasping<\/li>\n<li>Killing<\/li>\n<li>Penetrating<\/li>\n<li>Blinding<\/li>\n<li>Fearful<\/li>\n<li>Annoying<\/li>\n<li>Spreading<\/li>\n<li>Beating<\/li>\n<li>Exhausting<\/li>\n<li>Tearing<\/li>\n<li>Cramping<\/li>\n<li>Wrenching<\/li>\n<li>Rhythmic<\/li>\n<li>Lacerating<\/li>\n<li>Pounding<\/li>\n<li>Shooting<\/li>\n<li>Wretched<\/li>\n<li>Momentary<\/li>\n<li>Hurting<\/li>\n<li>Intense<\/li>\n<li>Dull<\/li>\n<li>Hot<\/li>\n<li>Pins and needles<\/li>\n<li>Pulsing<\/li>\n<li>Punishing<\/li>\n<li>Superficial<\/li>\n<li>Stinging<\/li>\n<li>Burning<\/li>\n<li>Deep<\/li>\n<li>Brief<\/li>\n<li>Sharp<\/li>\n<li>Localized<\/li>\n<li>Cold<\/li>\n<li>Tiring<\/li>\n<li>Unlocalized<\/li>\n<li>Flickering<\/li>\n<li>Scalding<\/li>\n<li>Spasms<\/li>\n<li>Unbearable<\/li>\n<li>Gnawing<\/li>\n<li>Diffuse<\/li>\n<li>Tugging<\/li>\n<li>Stabbing<\/li>\n<li>Surface<\/li>\n<li>Agonizing<\/li>\n<li>Tingling<\/li>\n<li>Stiff<\/li>\n<li>Piercing<\/li>\n<li>Freezing<\/li>\n<li>Skin pain<\/li>\n<li>Smarting<\/li>\n<li>Tight<\/li>\n<li>Muscle pain<\/li>\n<li>Steady<\/li>\n<li>Itchy<\/li>\n<li>Bone pain<\/li>\n<li>Constant<\/li>\n<li>Pressing<\/li>\n<li>Joint pain<\/li>\n<li>Lancinating<\/li>\n<li>Sore<\/li>\n<li>Moving pain<\/li>\n<li>Terrifying<\/li>\n<li>Sickening<\/li>\n<li>Electrical<\/li>\n<li>Vicious<\/li>\n<li>Searing<\/li>\n<li>Shock-like<\/li>\n<li>Cool<\/li>\n<\/ol>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Guide psychom\u00e9trique et clinique complet de l&rsquo;\u00c9chelle de classification des douleurs dorsales (Back Pain Classification Scale, BPCS) d\u00e9velopp\u00e9e par Frank Leavitt et David C. Garron pour \u00e9valuer la composante psychologique et organique de la lombalgie.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","template":"","categories":[20801,20828,3,2],"tags":[20829,20831,20830,194,20832,1590,7685,180],"class_list":["post-13673","psych_scale","type-psych_scale","status-publish","hentry","category-echelles-de-douleur","category-evaluations-de-la-sante","category-psychologie-clinique","category-psychometrie","tag-bpcs","tag-descripteurs-verbaux","tag-douleur-dorsale","tag-evaluation-clinique","tag-frank-leavitt","tag-lombalgie","tag-mmpi","tag-somatisation"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_scale\/13673","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_scale"}],"about":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/psych_scale"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=13673"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_scale\/13673\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=13673"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=13673"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=13673"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}