{"id":11492,"date":"2026-09-30T20:01:22","date_gmt":"2026-09-30T20:01:22","guid":{"rendered":"http:\/\/french.arabpsychology.com\/scales\/questionnaire-cage-cage\/"},"modified":"2026-09-30T20:01:22","modified_gmt":"2026-09-30T20:01:22","slug":"questionnaire-cage-cage","status":"publish","type":"psych_scale","link":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/?psych_scale=questionnaire-cage-cage","title":{"rendered":"Questionnaire CAGE (CAGE)"},"content":{"rendered":"<h2>1. R\u00e9sum\u00e9 \/ Abstract<\/h2>\n<p>Le <strong>Questionnaire CAGE<\/strong> (acronyme de <em>Cut down, Annoyed, Guilty, Eye-opener<\/em>), adapt\u00e9 en langue fran\u00e7aise sous le sigle <strong>DETA<\/strong> (Diminuer, Entourage, Trop, Alcool le matin), constitue l&rsquo;un des instruments psychom\u00e9triques de d\u00e9pistage ultrabrefs les plus c\u00e9l\u00e8bres et les plus valid\u00e9s en addictologie et en sant\u00e9 publique. D\u00e9velopp\u00e9 initialement \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1960 par le psychiatre <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/John_A._Ewing\">John A. Ewing<\/a> et formalis\u00e9 dans la litt\u00e9rature m\u00e9dicale en 1984, cet outil a \u00e9t\u00e9 con\u00e7u pour d\u00e9tecter rapidement les sch\u00e9mas de consommation probl\u00e9matique d&rsquo;alcool, en ciblant sp\u00e9cifiquement la d\u00e9pendance et les cons\u00e9quences comportementales et psychologiques d\u00e9l\u00e9t\u00e8res associ\u00e9es \u00e0 l&rsquo;alcoolisme.<\/p>\n<p>Le questionnaire est structur\u00e9 autour de seulement <strong>quatre items<\/strong> dichotomiques (r\u00e9ponse par \u00ab Oui \u00bb ou par \u00ab Non \u00bb), chacun explorant une manifestation centrale de la relation dysfonctionnelle au produit alcoolique : la perception subjective du besoin de mod\u00e9rer sa consommation (<em>Cut down<\/em>), l&rsquo;irritabilit\u00e9 ou l&rsquo;agacement suscit\u00e9s par les critiques de l&rsquo;entourage (<em>Annoyed<\/em>), le sentiment intime de culpabilit\u00e9 ou de remords (<em>Guilty<\/em>), et enfin la consommation matinale pour dissiper les sympt\u00f4mes physiques de sevrage ou l&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 (<em>Eye-opener<\/em>). Sur le plan psychom\u00e9trique, le CAGE se distingue par une excellente rentabilit\u00e9 diagnostique : un score seuil de 2 r\u00e9ponses affirmatives ou plus permet g\u00e9n\u00e9ralement d&rsquo;atteindre une sensibilit\u00e9 variant entre 74 % et 93 % et une sp\u00e9cificit\u00e9 oscillant entre 70 % et 96 % pour la d\u00e9tection de la d\u00e9pendance \u00e0 l&rsquo;alcool selon les crit\u00e8res nosographiques conventionnels (DSM et CIM). Bien qu&rsquo;il ne s&rsquo;agisse pas d&rsquo;un outil diagnostique complet de s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 globale (t\u00e2che pour laquelle l&rsquo;<a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Alcohol_Use_Disorders_Identification_Test\">AUDIT<\/a> est parfois pr\u00e9f\u00e9r\u00e9), le CAGE demeure la r\u00e9f\u00e9rence de premi\u00e8re ligne en m\u00e9decine g\u00e9n\u00e9rale, dans les services d&rsquo;urgence et en psychiatrie de liaison en raison de sa concision et de sa robustesse transculturelle.<\/p>\n<h2>2. Mots-cl\u00e9s \/ Keywords<\/h2>\n<p>Questionnaire CAGE, d\u00e9pistage de l&rsquo;alcoolisme, troubles de l&rsquo;usage de l&rsquo;alcool, d\u00e9pendance alcoolique, addictologie, DETA, sensibilit\u00e9 diagnostique, sp\u00e9cificit\u00e9 psychom\u00e9trique, John Ewing, \u00e9valuation br\u00e8ve, m\u00e9decine g\u00e9n\u00e9rale, sympt\u00f4mes de sevrage.<\/p>\n<h2>3. Auteurs \/ Authors<\/h2>\n<p>Le questionnaire a \u00e9t\u00e9 con\u00e7u et formalis\u00e9 par le psychiatre am\u00e9ricain <strong>John A. Ewing, M.D.<\/strong> (1922\u20132006). Au cours du d\u00e9veloppement et de la validation empirique initiale de l&rsquo;instrument, le Dr Ewing exer\u00e7ait en tant que professeur titulaire de psychiatrie et occupait le poste de directeur fondateur du <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/www.med.unc.edu\/alcohol\/\">Center for Alcohol Studies<\/a> au sein de l&rsquo;\u00c9cole de m\u00e9decine de l&rsquo;<a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/www.unc.edu\/\">Universit\u00e9 de Caroline du Nord \u00e0 Chapel Hill<\/a> (UNC School of Medicine, Chapel Hill, Caroline du Nord, \u00c9tats-Unis).<\/p>\n<p>Les investigations cliniques compl\u00e9mentaires majeures ayant consolid\u00e9 les propri\u00e9t\u00e9s m\u00e9trologiques du CAGE ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 dirig\u00e9es par des chercheurs notables de l&rsquo;addictologie clinique, parmi lesquels figurent <strong>David G. Mayfield<\/strong> et <strong>Dan Montgomery<\/strong> (Mayfield et al., 1974), ainsi que les travaux de comparaison \u00e9pid\u00e9miologique et biologique conduits par <strong>Michael W. Bernadt<\/strong> et <strong>Robin M. Murray<\/strong> (Bernadt et al., 1982) au prestigieux Institute of Psychiatry de Londres.<\/p>\n<h2>4. Objectif \/ Purpose<\/h2>\n<p>Le Questionnaire CAGE a \u00e9t\u00e9 \u00e9labor\u00e9 pour pallier une faille clinique majeure : la sous-d\u00e9tection chronique des troubles li\u00e9s \u00e0 l&rsquo;usage de l&rsquo;alcool en milieu m\u00e9dical g\u00e9n\u00e9ral. Dans la pratique clinique courante, les soignants se heurtent fr\u00e9quemment aux m\u00e9canismes de d\u00e9fense des patients, notamment le d\u00e9ni, la minimisation quantitative et la honte, qui rendent les interrogatoires volum\u00e9triques directs (par exemple, \u00ab Combien de verres d&rsquo;alcool buvez-vous par semaine ? \u00bb) tr\u00e8s peu fiables et souvent per\u00e7us comme inquisiteurs ou culpabilisants. L&rsquo;objectif du CAGE est de contourner cette barri\u00e8re en posant des questions indirectes qui portent non pas sur la quantit\u00e9 ing\u00e9r\u00e9e, mais sur les r\u00e9percussions \u00e9motionnelles, interpersonnelles et physiques caract\u00e9ristiques d&rsquo;une d\u00e9pendance install\u00e9e.<\/p>\n<p>Sur le plan des applications cliniques, l&rsquo;outil s&rsquo;int\u00e8gre id\u00e9alement dans les protocoles d&rsquo;admission hospitali\u00e8re syst\u00e9matique, les consultations de m\u00e9decine g\u00e9n\u00e9rale, la m\u00e9decine du travail, les services d&rsquo;urgences m\u00e9dico-chirurgicales et les \u00e9valuations pr\u00e9op\u00e9ratoires. En quelques dizaines de secondes, le clinicien peut rep\u00e9rer les individus \u00e0 risque \u00e9lev\u00e9 de d\u00e9velopper un syndrome de sevrage aigu (comme le delirium tremens ou les crises convulsives) ou des complications somatiques s\u00e9v\u00e8res (h\u00e9patopathies, neuropathies, enc\u00e9phalopathies). En recherche \u00e9pid\u00e9miologique et clinique, le CAGE sert de variable de stratification robuste pour classifier les participants selon la probabilit\u00e9 d&rsquo;un trouble de l&rsquo;usage de l&rsquo;alcool (TUA) selon les crit\u00e8res de l&rsquo;<a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/www.psychiatry.org\/\">American Psychiatric Association<\/a>.<\/p>\n<p>La justification th\u00e9orique sous-tendant la conception du CAGE repose sur le principe de l&rsquo;intervention br\u00e8ve : un rep\u00e9rage pr\u00e9coce, simple et standardis\u00e9 constitue le premier maillon indispensable d&rsquo;une d\u00e9marche motivationnelle visant \u00e0 r\u00e9duire les m\u00e9faits de l&rsquo;alcoolisation chronique et \u00e0 orienter le patient vers un suivi sp\u00e9cialis\u00e9 en alcoologie.<\/p>\n<h2>5. Construit psychologique \/ Construct<\/h2>\n<p>Le CAGE \u00e9value un construit unitaire multidimensionnel : la <em>perte de contr\u00f4le comportementale et neurobiologique li\u00e9e \u00e0 la consommation d&rsquo;alcool<\/em>. Bien que l&rsquo;outil ne contienne que quatre questions, chacune explore un domaine psychopathologique distinct mais profond\u00e9ment corr\u00e9l\u00e9 \u00e0 la trajectoire de l&rsquo;addiction :<\/p>\n<h3>1. Conscience de la perte de contr\u00f4le et tentatives de mod\u00e9ration (<em>Cut down<\/em>)<\/h3>\n<p>Le premier item explore le conflit intrapsychique v\u00e9cu par le sujet quant \u00e0 sa consommation. Le sentiment r\u00e9current qu&rsquo;il est n\u00e9cessaire de \u00ab diminuer \u00bb ou d&rsquo;interrompre ses prises d&rsquo;alcool refl\u00e8te une rupture de l&rsquo;autor\u00e9gulation h\u00e9donique normale. Ce sentiment \u00e9merge lorsque le buveur commence \u00e0 constater que sa consommation d\u00e9passe ses intentions initiales, engendrant des promesses d&rsquo;abstinence r\u00e9p\u00e9t\u00e9es mais non tenues. Sur le plan psychologique, cet item capture la lutte entre le syst\u00e8me r\u00e9flexif ex\u00e9cutif pr\u00e9frontal et le syst\u00e8me impulsif sous-cortical striatal.<\/p>\n<h3>2. Friction interpersonnelle et r\u00e9activit\u00e9 d\u00e9fensive (<em>Annoyed<\/em>)<\/h3>\n<p>Le deuxi\u00e8me item se focalise sur l&rsquo;\u00e9cologie sociale de l&rsquo;individu. L&rsquo;alcoolisation chronique perturbe invariablement le fonctionnement conjugal, familial, amical ou professionnel. L&rsquo;irritation ou l&rsquo;exasp\u00e9ration ressentie par l&rsquo;individu face aux critiques de son entourage est un marqueur saillant de dissonance relationnelle. Ce param\u00e8tre met en \u00e9vidence le m\u00e9canisme de projection d\u00e9fensive : le patient, se sentant menac\u00e9 dans son autonomie ou confront\u00e9 \u00e0 sa vuln\u00e9rabilit\u00e9, reporte son agressivit\u00e9 sur autrui au lieu de remettre en question son comportement d&rsquo;alcoolisation.<\/p>\n<h3>3. Culpabilit\u00e9 morale et remords post-consommation (<em>Guilty<\/em>)<\/h3>\n<p>Le troisi\u00e8me item cible la d\u00e9tresse \u00e9motionnelle interne et les conflits \u00e9thiques g\u00e9n\u00e9r\u00e9s par les comportements sous emprise. Le remords ou le sentiment de culpabilit\u00e9 signale une incongruence majeure entre les valeurs personnelles du sujet et les actes commis durant les phases d&rsquo;impr\u00e9gnation alcoolique (acc\u00e8s de col\u00e8re, n\u00e9gligence des devoirs parentaux, contre-performances professionnelles). Cette culpabilit\u00e9 alimente souvent un cercle vicieux addictif, le sujet utilisant l&rsquo;alcool comme autom\u00e9dication anxiolytique pour \u00e9chapper \u00e0 cette souffrance psychologique secondaire.<\/p>\n<h3>4. D\u00e9pendance neurobiologique et consommation matinale (<em>Eye-opener<\/em>)<\/h3>\n<p>Le quatri\u00e8me item est l&rsquo;indicateur s\u00e9miologique le plus sp\u00e9cifique de la d\u00e9pendance pharmacologique physique. La n\u00e9cessit\u00e9 imp\u00e9rieuse de consommer de l&rsquo;alcool d\u00e8s le r\u00e9veil (le \u00ab remonte-pente \u00bb ou le \u00ab verre pour d\u00e9griser \u00bb) d\u00e9coule directement de la d\u00e9sensibilisation des r\u00e9cepteurs GABAergiques et de l&rsquo;hyperactivit\u00e9 compensatoire des syst\u00e8mes glutamatergiques post-synaptiques durant la nuit. Boire le matin sert \u00e0 stopper les tremblements, les sueurs froides, la tachycardie et l&rsquo;angoisse panique propres au sevrage d\u00e9butant. Cet item discrimine avec une haute certitude le m\u00e9susage b\u00e9nin de la d\u00e9pendance organique s\u00e9v\u00e8re.<\/p>\n<h2>6. Cadre th\u00e9orique \/ Theoretical Framework<\/h2>\n<p>Le Questionnaire CAGE s&rsquo;inscrit au carrefour du <strong>mod\u00e8le m\u00e9dical de l&rsquo;alcoolisme en tant que maladie<\/strong> (<em>disease model of alcoholism<\/em>), formul\u00e9 par <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/E._Morton_Jellinek\">E. Morton Jellinek<\/a> au milieu du XXe si\u00e8cle, et du concept nosologique de <em>syndrome de d\u00e9pendance \u00e0 l&rsquo;alcool<\/em> th\u00e9oris\u00e9 par Griffith Edwards et Milton M. Gross en 1976 pour l&rsquo;<a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/www.who.int\/fr\">Organisation mondiale de la sant\u00e9<\/a> (OMS).<\/p>\n<p>Dans la perspective de Jellinek, l&rsquo;alcoolisme n&rsquo;est pas r\u00e9ductible \u00e0 un simple \u00e9cart moral ou \u00e0 un manque de volont\u00e9, mais constitue une affection progressive caract\u00e9ris\u00e9e par des phases cliniques identifiables. La phase prodromique et la phase critique sont marqu\u00e9es par la culpabilit\u00e9, la perte de contr\u00f4le et la dissimulation, tandis que la phase chronique se manifeste par l&rsquo;apparition de la d\u00e9pendance physiologique matinale. Le CAGE synth\u00e9tise ces stades de d\u00e9t\u00e9rioration en un condens\u00e9 op\u00e9rationnel \u00e9valuant :<\/p>\n<ul>\n<li>La rupture de l&rsquo;hom\u00e9ostasie cognitive (doute sur sa capacit\u00e9 \u00e0 contr\u00f4ler la dose) ;<\/li>\n<li>La d\u00e9sadaptation psychosociale (tensions relationnelles) ;<\/li>\n<li>L&rsquo;atteinte affective (culpabilit\u00e9 d\u00e9pressive) ;<\/li>\n<li>L&rsquo;adaptation neurobiologique cellulaire (ph\u00e9nom\u00e8ne de tol\u00e9rance et de sevrage n\u00e9cessitant une dose d\u00e8s le r\u00e9veil).<\/li>\n<\/ul>\n<p>Par ailleurs, le CAGE respecte scrupuleusement la doctrine de sant\u00e9 publique \u00e9dict\u00e9e par Wilson et Jungner (1968) sur les principes du d\u00e9pistage de masse : une \u00e9chelle de premi\u00e8re ligne doit \u00eatre \u00e9conomique, acceptable pour le patient, facile \u00e0 administrer et poss\u00e9der un seuil d&rsquo;alerte hautement discriminant en vue d&rsquo;interventions cibl\u00e9es.<\/p>\n<h2>7. Validit\u00e9 \/ Validity<\/h2>\n<p>L&rsquo;\u00e9valuation des propri\u00e9t\u00e9s psychom\u00e9triques du CAGE a fait l&rsquo;objet de centaines de publications empiriques \u00e0 travers le monde au cours des quarante derni\u00e8res ann\u00e9es, confirmant de mani\u00e8re r\u00e9p\u00e9t\u00e9e sa validit\u00e9 de construit, de crit\u00e8re et sa pr\u00e9cision diagnostique.<\/p>\n<h3>Validit\u00e9 de crit\u00e8re (Sensibilit\u00e9 et Sp\u00e9cificit\u00e9)<\/h3>\n<p>Les investigations initiales de Ewing (1984) et de Mayfield et al. (1974) sur des cohortes psychiatriques ont d\u00e9montr\u00e9 qu&rsquo;un <strong>score seuil &ge; 2<\/strong> identifiait les patients d\u00e9pendants \u00e0 l&rsquo;alcool avec une sensibilit\u00e9 de 81 % \u00e0 93 % et une sp\u00e9cificit\u00e9 d\u00e9passant 90 %. Dans les populations de m\u00e9decine g\u00e9n\u00e9rale et hospitali\u00e8re non psychiatrique (Buchsbaum et al., 1991 ; Bernadt et al., 1982), la sensibilit\u00e9 d&rsquo;un score &ge; 2 oscille g\u00e9n\u00e9ralement entre 74 % et 88 %, avec une sp\u00e9cificit\u00e9 solide de 83 % \u00e0 95 % par rapport aux crit\u00e8res diagnostiques standardis\u00e9s du DSM-III, DSM-IV ou de la CIM-10.<\/p>\n<p>Dans certaines populations sp\u00e9cifiques, notamment chez les femmes ou les personnes \u00e2g\u00e9es, plusieurs auteurs (comme Bradley et al., 2001) ont pr\u00e9conis\u00e9 l&rsquo;abaissement du score seuil \u00e0 <strong>1 point<\/strong> afin d&rsquo;optimiser la sensibilit\u00e9 (qui atteint alors 85 % \u00e0 92 %), bien que cela se traduise par une baisse de la sp\u00e9cificit\u00e9 (environ 70 % \u00e0 75 %).<\/p>\n<h3>Validit\u00e9 convergente et concurrente<\/h3>\n<p>Le CAGE pr\u00e9sente des corr\u00e9lations positives statistiquement significatives avec d&rsquo;autres questionnaires standardis\u00e9s de d\u00e9pistage :<\/p>\n<ul>\n<li>Corr\u00e9lations \u00e9lev\u00e9es (r compris entre 0,60 et 0,78) avec le <em>Michigan Alcoholism Screening Test<\/em> (<a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Michigan_Alcoholism_Screening_Test\">MAST<\/a>) ;<\/li>\n<li>Corr\u00e9lations mod\u00e9r\u00e9es \u00e0 fortes (r = 0,55 \u00e0 0,72) avec l&rsquo;AUDIT (Babor et al., 2001) ;<\/li>\n<li>Corr\u00e9lations substantielles avec les biomarqueurs sanguins de toxicit\u00e9 alcoolique chronique, tels que l&rsquo;\u00e9l\u00e9vation de la gamma-glutamyl transf\u00e9rase (&gamma;-GT), du volume globulaire moyen (VGM) et de la transferrine carboxy-d\u00e9ficiente (CDT) (Bernadt et al., 1982).<\/li>\n<\/ul>\n<h3>Validit\u00e9 discriminante<\/h3>\n<p>Le CAGE montre une bonne capacit\u00e9 \u00e0 discriminer les usagers sociaux ou mod\u00e9r\u00e9s des individus souffrant d&rsquo;un trouble av\u00e9r\u00e9 de l&rsquo;usage de l&rsquo;alcool. Toutefois, sa validit\u00e9 discriminante est plus faible lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit de distinguer les buveurs \u00e0 risque non d\u00e9pendants (consommation \u00e9pisodique excessive sans d\u00e9pendance physique) des buveurs mod\u00e9r\u00e9s, car ses items refl\u00e8tent principalement la d\u00e9pendance chronique \u00e9tablie plut\u00f4t que les ivresses ponctuelles des jeunes adultes.<\/p>\n<h2>8. Fid\u00e9lit\u00e9 \/ Reliability<\/h2>\n<p>Bien que le CAGE ne comporte que quatre items dichotomiques, ce qui p\u00e9nalise m\u00e9caniquement les indices de consistance interne fond\u00e9s sur le nombre d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments, sa fid\u00e9lit\u00e9 globale demeure tout \u00e0 fait ad\u00e9quate pour un test de d\u00e9pistage rapide.<\/p>\n<h3>Coh\u00e9rence interne<\/h3>\n<p>Les estimations du coefficient <strong>alpha de Cronbach<\/strong> (ou de la formule 20 de Kuder-Richardson adapt\u00e9e aux donn\u00e9es binaires, KR-20) rapport\u00e9es dans la litt\u00e9rature clinique internationale se situent le plus souvent entre <strong>0,65 et 0,78<\/strong> (Dhalla &amp; Kopec, 2007). Ces valeurs sont consid\u00e9r\u00e9es comme satisfaisantes et refl\u00e8tent une bonne homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 th\u00e9matique des items autour du construit de la perte de contr\u00f4le, sans redondance excessive.<\/p>\n<h3>Fid\u00e9lit\u00e9 test-retest<\/h3>\n<p>La stabilit\u00e9 temporelle du CAGE a \u00e9t\u00e9 largement d\u00e9montr\u00e9e. Dans des intervalles de r\u00e9\u00e9valuation allant de deux semaines \u00e0 six mois, les coefficients de corr\u00e9lation intraclasse (CCI) et les coefficients kappa de Cohen (&kappa;) varient g\u00e9n\u00e9ralement entre <strong>0,80 et 0,95<\/strong>, t\u00e9moignant d&rsquo;une remarquable constance des d\u00e9clarations des sujets en l&rsquo;absence d&rsquo;intervention th\u00e9rapeutique majeure.<\/p>\n<h2>9. Analyse factorielle \/ Factor Analysis<\/h2>\n<p>Les \u00e9tudes de validation factorielle (tant exploratoires que confirmatoires) conduites sur des \u00e9chantillons diversifi\u00e9s confirment massivement la <strong>structure unidimensionnelle<\/strong> du Questionnaire CAGE.<\/p>\n<h3>Analyses Factorielles Exploratoires (AFE)<\/h3>\n<p>Dans la majorit\u00e9 des \u00e9tudes d&rsquo;AFE utilisant des matrices de corr\u00e9lations t\u00e9trachoriques (appropri\u00e9es aux variables dichotomiques), un facteur g\u00e9n\u00e9ral unique \u00e9merge avec une valeur propre (<em>eigenvalue<\/em>) nettement sup\u00e9rieure \u00e0 1 (souvent &gt; 2,1), expliquant \u00e0 lui seul entre 52 % et 68 % de la variance totale des scores. Les saturations factorielles (<em>factor loadings<\/em>) pour chacun des quatre items sont homog\u00e8nes et \u00e9lev\u00e9es, g\u00e9n\u00e9ralement distribu\u00e9es comme suit :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Item 1 (Cut down) :<\/strong> saturation comprise entre 0,68 et 0,81 ;<\/li>\n<li><strong>Item 2 (Annoyed) :<\/strong> saturation comprise entre 0,62 et 0,75 ;<\/li>\n<li><strong>Item 3 (Guilty) :<\/strong> saturation comprise entre 0,74 et 0,86 (souvent la saturation la plus forte) ;<\/li>\n<li><strong>Item 4 (Eye-opener) :<\/strong> saturation comprise entre 0,65 et 0,80.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC)<\/h3>\n<p>Les mod\u00e8les unifactoriels test\u00e9s en AFC r\u00e9v\u00e8lent d&rsquo;excellents indices d&rsquo;ajustement aux donn\u00e9es empiriques : l&rsquo;indice de comparaison de Bentler (CFI) d\u00e9passe fr\u00e9quemment 0,98, l&rsquo;indice TLI d\u00e9passe 0,97, et l&rsquo;erreur quadratique moyenne d&rsquo;approximation (RMSEA) se maintient en dessous du seuil recommand\u00e9 de 0,05. Ces r\u00e9sultats confirment que les quatre manifestations comportementales et psychologiques mesur\u00e9es convergent vers un unique construit latent : la d\u00e9pendance \u00e0 l&rsquo;alcool.<\/p>\n<h2>10. Instrument de mesure \/ Instrument<\/h2>\n<p>Le CAGE est un instrument d&rsquo;h\u00e9t\u00e9ro-\u00e9valuation ou d&rsquo;auto-\u00e9valuation ultrabref con\u00e7u pour \u00eatre administr\u00e9 en entretien clinique direct ou sous forme de formulaire papier\/num\u00e9rique.<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Type de test :<\/strong> Questionnaire de d\u00e9pistage rapide du trouble de l&rsquo;usage de l&rsquo;alcool \/ d\u00e9pendance alcoolique.<\/li>\n<li><strong>Format d&rsquo;administration :<\/strong> Verbal lors d&rsquo;une anamn\u00e8se clinique ou auto-administr\u00e9 sur support papier ou \u00e9cran.<\/li>\n<li><strong>Dur\u00e9e de passation :<\/strong> Moins d&rsquo;une minute (environ 30 \u00e0 60 secondes).<\/li>\n<li><strong>Nombre d&rsquo;items :<\/strong> 4 questions directes.<\/li>\n<li><strong>\u00c9chelle de r\u00e9ponse :<\/strong> Format dichotomique binaire : <strong>\u00ab Yes \u00bb (Oui)<\/strong> ou <strong>\u00ab No \u00bb (Non)<\/strong>.<\/li>\n<li><strong>Cotation et calcul du score :<\/strong>\n<ul>\n<li>Chaque r\u00e9ponse \u00ab Non \u00bb vaut <strong>0 point<\/strong>.<\/li>\n<li>Chaque r\u00e9ponse \u00ab Oui \u00bb vaut <strong>1 point<\/strong>.<\/li>\n<li>Le score global total s&rsquo;obtient par la somme simple des r\u00e9ponses affirmatives et est compris entre <strong>0 et 4 points<\/strong>.<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<li><strong>Interpr\u00e9tation des seuils cliniques :<\/strong>\n<ul>\n<li><strong>Score = 0 ou 1 :<\/strong> Risque faible ou absence de trouble caract\u00e9ris\u00e9 de l&rsquo;usage de l&rsquo;alcool (bien qu&rsquo;un score de 1 invite \u00e0 une vigilance clinique chez les femmes et les adolescents).<\/li>\n<li><strong>Score &ge; 2 :<\/strong> Seuil clinique conventionnel. Forte pr\u00e9somption clinique d&rsquo;alcoolo-d\u00e9pendance ou de consommation d&rsquo;alcool nocive pour la sant\u00e9, justifiant un bilan approfondi et une prise en charge m\u00e9dicale sp\u00e9cialis\u00e9e.<\/li>\n<li><strong>Score = 3 ou 4 :<\/strong> D\u00e9pendance alcoolique s\u00e9v\u00e8re quasi certaine (valeur pr\u00e9dictive positive avoisinant 95-100 %).<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<\/ul>\n<h2>11. Permissions, Tarifs et Ann\u00e9e du test \/ Permissions &#038; Fee and Test Year<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Ann\u00e9e de d\u00e9veloppement initial :<\/strong> 1968\u20131970 (premi\u00e8re communication scientifique par Ewing et Rouse).<\/li>\n<li><strong>Ann\u00e9e de publication de r\u00e9f\u00e9rence :<\/strong> 1984 (dans le <em>JAMA<\/em>).<\/li>\n<li><strong>Statut des droits d&rsquo;auteur et permissions :<\/strong> Le Questionnaire CAGE est consid\u00e9r\u00e9 comme appartenant au <strong>domaine public<\/strong> clinique et scientifique. Il est libre d&rsquo;utilisation sans redevance financi\u00e8re ni n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;autorisation formelle \u00e9crite pour un usage m\u00e9dical, clinique ou acad\u00e9mique \u00e0 but non commercial.<\/li>\n<li><strong>Tarifs d&rsquo;utilisation :<\/strong> Gratuit (aucun co\u00fbt d&rsquo;achat ni droits de licence).<\/li>\n<\/ul>\n<h2>12. R\u00e9f\u00e9rences \/ References<\/h2>\n<p>Les sources scientifiques fondatrices et validations m\u00e9trologiques majeures du questionnaire incluent :<\/p>\n<ul>\n<li>Babor, T. F., Higgins-Biddle, J. C., Saunders, J. B., &amp; Monteiro, M. G. (2001). <em>AUDIT: The Alcohol Use Disorders Identification Test: Guidelines for use in primary care<\/em> (2nd ed.). World Health Organization. <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/apps.who.int\/iris\/handle\/10665\/67205\">https:\/\/apps.who.int\/iris\/handle\/10665\/67205<\/a><\/li>\n<li>Bernadt, M. W., Mumford, J., Taylor, C., Smith, B., &amp; Murray, R. M. (1982). Comparison of questionnaire and laboratory tests in the detection of excessive drinking and alcoholism. <em>The Lancet<\/em>, 319(8267), 325\u2013328. <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1016\/S0140-6736(82)91579-3\">https:\/\/doi.org\/10.1016\/S0140-6736(82)91579-3<\/a><\/li>\n<li>Bradley, K. A., Kivlahan, D. R., Bush, K. R., McDonell, M. B., &amp; Fihn, S. D. (2001). Variations on the CAGE alcohol screening questionnaire: Strengths and limitations in VA general medical patients. <em>Alcoholism: Clinical and Experimental Research<\/em>, 25(10), 1472\u20131478. <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1111\/j.1530-0277.2001.tb02149.x\">https:\/\/doi.org\/10.1111\/j.1530-0277.2001.tb02149.x<\/a><\/li>\n<li>Buchsbaum, D. G., Buchanan, R. G., Centor, R. M., Schnoll, S. H., &amp; Lawton, M. J. (1991). Screening for alcohol abuse using CAGE scores and likelihood ratios. <em>Annals of Internal Medicine<\/em>, 115(10), 774\u2013777. <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.7326\/0003-4819-115-10-774\">https:\/\/doi.org\/10.7326\/0003-4819-115-10-774<\/a><\/li>\n<li>Dhalla, S., &amp; Kopec, J. A. (2007). The CAGE questionnaire for alcohol misuse: A review of reliability and validity studies. <em>Clinical and Investigative Medicine<\/em>, 30(1), 33\u201341. <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.25011\/cim.v30i1.447\">https:\/\/doi.org\/10.25011\/cim.v30i1.447<\/a><\/li>\n<li>Edwards, G., &amp; Gross, M. M. (1976). Alcohol dependence: Provisional description of a clinical syndrome. <em>British Medical Journal<\/em>, 1(6017), 1058\u20131061. <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1136\/bmj.1.6017.1058\">https:\/\/doi.org\/10.1136\/bmj.1.6017.1058<\/a><\/li>\n<li>Ewing, J. A. (1984). Detecting alcoholism: The CAGE questionnaire. <em>JAMA: The Journal of the American Medical Association<\/em>, 252(14), 1905\u20131907. <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1001\/jama.1984.03350140051025\">https:\/\/doi.org\/10.1001\/jama.1984.03350140051025<\/a><\/li>\n<li>Mayfield, D., McLeod, G., &amp; Hall, P. (1974). The CAGE questionnaire: Validation of a new alcohol screening instrument. <em>The American Journal of Psychiatry<\/em>, 131(10), 1121\u20131123. <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1176\/ajp.131.10.1121\">https:\/\/doi.org\/10.1176\/ajp.131.10.1121<\/a><\/li>\n<\/ul>\n<h2>13. Questions et items du questionnaire \/ Scale Items<\/h2>\n<div class=\"wpt-scale-notice\" style=\"direction:ltr; text-align:left; background:#f8fafc; border-bottom:1px solid #e2e8f0; padding:14px 20px; font-size:13.5px; color:#475569; font-weight:500;\">\n  Voici les items originaux de l&rsquo;\u00e9chelle tels que publi\u00e9s dans les \u00e9tudes psychom\u00e9triques de r\u00e9f\u00e9rence, sans modification ni traduction, afin de pr\u00e9server la validit\u00e9 et la fid\u00e9lit\u00e9 de l&rsquo;instrument :\n<\/div>\n<div class=\"wpt-scale-items-container\" style=\"direction:ltr; text-align:left; font-family:sans-serif;\">\n<p><strong>Response Scale:<\/strong> Yes, No<\/p>\n<ol style=\"margin-top:15px; line-height:1.8;\">\n<li>Have you ever felt you needed to Cut down on your drinking?<\/li>\n<li>Have people Annoyed you by criticizing your drinking?<\/li>\n<li>Have you ever felt Guilty about drinking?<\/li>\n<li>Have you ever felt you needed a drink first thing in the morning (Eye-opener) to steady your nerves or to get rid of a hangover?<\/li>\n<\/ol>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Analyse psychom\u00e9trique d\u00e9taill\u00e9e du Questionnaire CAGE (Ewing, 1984) : validit\u00e9 clinique, cadre th\u00e9orique, fid\u00e9lit\u00e9 et items originaux pour le d\u00e9pistage de l&rsquo;alcoolisme.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","template":"","categories":[786,47,2],"tags":[1260,14598,15571,12352,81,15681,171,16],"class_list":["post-11492","psych_scale","type-psych_scale","status-publish","hentry","category-addictologie","category-echelles-devaluation-clinique","category-psychometrie","tag-addiction","tag-alcoolisme","tag-cage","tag-dependance","tag-depistage","tag-deta","tag-echelle-clinique","tag-psychometrie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_scale\/11492","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_scale"}],"about":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/psych_scale"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=11492"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_scale\/11492\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=11492"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=11492"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=11492"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}