{"id":11398,"date":"2026-09-30T17:24:36","date_gmt":"2026-09-30T17:24:36","guid":{"rendered":"http:\/\/french.arabpsychology.com\/scales\/spouse-sobriety-influence-inventory-ssii\/"},"modified":"2026-09-30T17:24:36","modified_gmt":"2026-09-30T17:24:36","slug":"spouse-sobriety-influence-inventory-ssii","status":"publish","type":"psych_scale","link":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/?psych_scale=spouse-sobriety-influence-inventory-ssii","title":{"rendered":"Inventaire de l&rsquo;influence du conjoint sur la sobri\u00e9t\u00e9 (SSII)"},"content":{"rendered":"<h2>1. R\u00e9sum\u00e9<\/h2>\n<p>L&rsquo;<strong>Inventaire de l&rsquo;influence du conjoint sur la sobri\u00e9t\u00e9<\/strong> (en anglais, <em>Spouse Sobriety Influence Inventory<\/em> ou <strong>SSII<\/strong>), d\u00e9velopp\u00e9 initialement par Edwin J. Thomas, Marianne R. Yoshioka et Robert D. Ager au d\u00e9but des ann\u00e9es 1990 (notamment document\u00e9 dans Yoshioka et al., 1992 ; Thomas et al., 1993, 1996), constitue un instrument d&rsquo;\u00e9valuation psychom\u00e9trique de r\u00e9f\u00e9rence con\u00e7u pour mesurer de fa\u00e7on multidimensionnelle et quantitative les comportements, strat\u00e9gies et r\u00e9actions interpersonnelles d\u00e9ploy\u00e9s par les partenaires de personnes pr\u00e9sentant un <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Alcoolisme\">trouble de l&rsquo;usage de l&rsquo;alcool<\/a> non coop\u00e9ratives ou r\u00e9ticentes aux soins. Compos\u00e9 de 52 items auto-rapport\u00e9s \u00e9valuant la fr\u00e9quence des conduites adopt\u00e9es au cours des six derniers mois, le SSII se d\u00e9compose structurellement en deux grandes \u00e9chelles fonctionnelles : l&rsquo;<strong>\u00c9chelle de contr\u00f4le de la consommation<\/strong> (<em>Drink Control Scale<\/em> &#8211; DCS, regroupant 45 items) et l&rsquo;<strong>\u00c9chelle de soutien \u00e0 la sobri\u00e9t\u00e9<\/strong> (<em>Sobriety Support Scale<\/em> &#8211; SSS, regroupant 7 items sp\u00e9cifiques : items 13, 15, 16, 20, 28, 29 et 31).<\/p>\n<p>Le syst\u00e8me de r\u00e9ponse repose sur une \u00e9chelle ordinale de type <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/%C3%89chelle_de_Likert\">Likert<\/a> invers\u00e9e \u00e0 5 points s&rsquo;\u00e9tendant de 1 (\u00ab Always \u00bb \/ Toujours) \u00e0 5 (\u00ab Never \u00bb \/ Jamais). D&rsquo;un point de vue psychom\u00e9trique, l&rsquo;inventaire d\u00e9montre des indices \u00e9lev\u00e9s de <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Fid%C3%A9lit%C3%A9_(psychom%C3%A9trie)\">coh\u00e9rence interne<\/a>, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant g\u00e9n\u00e9ralement entre 0,78 et 0,91 selon les sous-\u00e9chelles et les \u00e9chantillons cliniques, ainsi qu&rsquo;une excellente validit\u00e9 de construit, de crit\u00e8re et diff\u00e9rentielle dans le cadre des approches comportementales conjugales (notamment l&rsquo;intervention unilat\u00e9rale de Thomas et l&rsquo;approche <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Community_reinforcement_and_family_training\">CRAFT<\/a>). Cet outil permet d&rsquo;identifier pr\u00e9cis\u00e9ment les dynamiques d&rsquo;interaction contre-productives (harc\u00e8lement, coercition, menaces, surveillance punitive) et de valoriser le renforcement positif des comportements sans alcool.<\/p>\n<h2>2. Mots-cl\u00e9s<\/h2>\n<p>trouble de l&rsquo;usage de l&rsquo;alcool, conjoints, th\u00e9rapie conjugale et familiale, intervention unilat\u00e9rale, contr\u00f4le de la boisson, soutien \u00e0 la sobri\u00e9t\u00e9, psychom\u00e9trie, renforcement diff\u00e9rentiel, CRAFT, cod\u00e9pendance, \u00e9valuation comportementale, dynamique maritale<\/p>\n<h2>3. Auteurs<\/h2>\n<p>L&rsquo;Inventaire de l&rsquo;influence du conjoint sur la sobri\u00e9t\u00e9 a \u00e9t\u00e9 con\u00e7u et valid\u00e9 par une \u00e9quipe de chercheurs de premier plan sp\u00e9cialis\u00e9s dans les interventions comportementales familiales appliqu\u00e9es aux d\u00e9pendances :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Edwin J. Thomas, Ph.D.<\/strong> : Professeur \u00e9m\u00e9rite en travail social et en psychologie \u00e0 la <em>School of Social Work<\/em> de l&rsquo;<a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/umich.edu\/\">Universit\u00e9 du Michigan<\/a> (Ann Arbor, \u00c9tats-Unis). Pionnier de l&rsquo;intervention unilat\u00e9rale aupr\u00e8s des familles de personnes alcoolod\u00e9pendantes r\u00e9fractaires au traitement.<\/li>\n<li><strong>Marianne R. Yoshioka, Ph.D., MSW<\/strong> : Chercheuse et professeure, affili\u00e9e notamment \u00e0 la <em>School for Social Work<\/em> du Smith College et ant\u00e9rieurement \u00e0 la <em>Columbia University School of Social Work<\/em>, reconnue pour ses travaux sur la violence conjugale, les minorit\u00e9s et les addictions au sein du couple.<\/li>\n<li><strong>Robert D. Ager, Ph.D.<\/strong> : Professeur associ\u00e9 et chercheur \u00e0 la <em>School of Social Work<\/em> de l&rsquo;<a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/tulane.edu\/\">Universit\u00e9 Tulane<\/a> (La Nouvelle-Orl\u00e9ans, Louisiane, \u00c9tats-Unis ; contact institutionnel historique : <code>ager@tulane.edu<\/code>), sp\u00e9cialiste de la m\u00e9thodologie clinique, de la mod\u00e9lisation statistique appliqu\u00e9e aux toxicomanies et de l&rsquo;analyse des processus de changement familiaux.<\/li>\n<\/ul>\n<h2>4. Objectif<\/h2>\n<p>Le <strong>Spouse Sobriety Influence Inventory<\/strong> (SSII) a \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9 pour r\u00e9pondre \u00e0 un d\u00e9fi clinique et th\u00e9orique fondamental dans le champ de l&rsquo;addictologie : la gestion de l&rsquo;entourage face aux personnes souffrant d&rsquo;un trouble li\u00e9 \u00e0 l&rsquo;usage de l&rsquo;alcool qui refusent d&rsquo;admettre leur probl\u00e8me ou de s&rsquo;engager dans un protocole th\u00e9rapeutique conventionnel. Historiquement, les conjoints et conjointes de buveurs excessifs \u00e9taient souvent d\u00e9crits \u00e0 travers des concepts flous ou pathologisants tels que la \u00ab cod\u00e9pendance \u00bb ou la facilitation inconsciente (<em>enabling<\/em>), sans qu&rsquo;il existe d&rsquo;outils empiriques standardis\u00e9s permettant d&rsquo;\u00e9valuer objectivement ce que les partenaires font r\u00e9ellement au quotidien pour tenter d&rsquo;endiguer la consommation de leur conjoint.<\/p>\n<h3>Applications cliniques<\/h3>\n<p>En pratique clinique, le SSII remplit plusieurs fonctions diagnostiques et th\u00e9rapeutiques majeures :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Cartographie comportementale pr\u00e9cise :<\/strong> Il dresse un inventaire granulaire des strat\u00e9gies d\u00e9ploy\u00e9es par le conjoint au cours des six mois \u00e9coul\u00e9s, distinguant les tentatives d&rsquo;exercice d&rsquo;un contr\u00f4le aversif (confrontations, fouilles, r\u00e9criminations, menaces, chantage affectif) des actions favorisant un environnement sans alcool et renfor\u00e7ant la sobri\u00e9t\u00e9.<\/li>\n<li><strong>Orientation de l&rsquo;intervention unilat\u00e9rale familiale :<\/strong> Dans des protocoles tels que l&rsquo;Intervention Unilat\u00e9rale Familiale (<em>Unilateral Family Therapy<\/em> &#8211; UFT) d\u00e9velopp\u00e9e par Thomas ou l&rsquo;approche <em>Community Reinforcement and Family Training<\/em> (<a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Community_reinforcement_and_family_training\">CRAFT<\/a> de Robert J. Meyers), le SSII sert de base d&rsquo;\u00e9valuation pour d\u00e9samorcer les comportements dysfonctionnels (d\u00e9nomm\u00e9s \u00ab nagging \u00bb ou harc\u00e8lement\/r\u00e9criminations) qui exacerbent l&rsquo;agressivit\u00e9 et l&rsquo;\u00e9vitement du buveur.<\/li>\n<li><strong>\u00c9ducation psycho-\u00e9motionnelle et r\u00e9duction de l&rsquo;\u00e9puisement :<\/strong> En analysant les scores aux 52 items, le th\u00e9rapeute aide le conjoint non buveur \u00e0 comprendre l&rsquo;inefficacit\u00e9 des comportements de surveillance polici\u00e8re ou de punition, tout en construisant des r\u00e9pertoires alternatifs de communication fonctionnelle et d&rsquo;autoprotection saine.<\/li>\n<li><strong>Mesure des progr\u00e8s et des rechutes relationnelles :<\/strong> L&rsquo;outil est particuli\u00e8rement sensible au changement temporel. Administr\u00e9 de fa\u00e7on r\u00e9p\u00e9t\u00e9e au fil des s\u00e9ances, il permet d&rsquo;objectiver l&rsquo;extinction progressive des tentatives de coercition inop\u00e9rantes et l&rsquo;\u00e9mergence corr\u00e9lative de comportements de soutien contingent \u00e0 l&rsquo;abstinence.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>Applications en recherche<\/h3>\n<p>Au niveau de la recherche fondamentale et appliqu\u00e9e en psychologie de la sant\u00e9 et en th\u00e9rapie syst\u00e9mique\/comportementale, le SSII permet de mod\u00e9liser les trajectoires d&rsquo;interaction dyadique. Il offre la possibilit\u00e9 d&rsquo;\u00e9tudier comment l&rsquo;att\u00e9nuation du contr\u00f4le aversif du partenaire interagit avec la motivation intrins\u00e8que au changement du patient d\u00e9pendant (stades de Prochaska et DiClemente), la diminution du nombre de verres consomm\u00e9s par jour de consommation, et l&rsquo;am\u00e9lioration de la satisfaction maritale globale.<\/p>\n<h2>5. Construit psychologique<\/h2>\n<p>Le SSII op\u00e9rationnalise le construit d&rsquo;<strong>influence maritale sur la consommation d&rsquo;alcool<\/strong> \u00e0 travers deux dimensions comportementales distinctes mais interconnect\u00e9es : l&rsquo;effort de contr\u00f4le coercitif\/aversif de la boisson et l&rsquo;offre d&rsquo;un environnement renfor\u00e7ant la sobri\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<h3>1. L&rsquo;\u00c9chelle de contr\u00f4le de la consommation (<em>Drink Control Scale<\/em> &#8211; DCS)<\/h3>\n<p>Compos\u00e9e de 45 items, cette \u00e9chelle quantifie les actions directes ou indirectes entreprises par le partenaire pour forcer, restreindre, surveiller ou punir l&rsquo;acte d&rsquo;ingestion d&rsquo;alcool. Les comportements capt\u00e9s par la DCS recouvrent plusieurs sous-domaines comportementaux et \u00e9motionnels :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Le harc\u00e8lement verbal et les r\u00e9criminations (<em>Nagging and Verbal Confrontation<\/em>) :<\/strong> Cela comprend les reproches incessants, l&rsquo;expression formelle de d\u00e9sapprobation, le fait de rappeler au buveur ses \u00e9carts ou actes honteux commis sous l&#8217;emprise de l&rsquo;alcool (items 2, 3, 4, 42).<\/li>\n<li><strong>La surveillance et l&rsquo;investigation polici\u00e8re (<em>Surveillance and Tracking<\/em>) :<\/strong> Actions visant \u00e0 contr\u00f4ler les d\u00e9placements, v\u00e9rifier l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;\u00e9bri\u00e9t\u00e9, fouiller pour trouver des bouteilles, surveiller les d\u00e9penses financi\u00e8res ou exiger des comptes d\u00e9taill\u00e9s (items 8, 9, 17, 19, 35).<\/li>\n<li><strong>La coercition sociale et la manipulation interpersonnelle :<\/strong> Man\u0153uvres consistant \u00e0 faire intervenir l&#8217;employeur, cr\u00e9er un scandale en public pour susciter de la honte, menacer d&rsquo;appeler des tiers, ou imposer la pr\u00e9sence d&rsquo;un chaperon lors des sorties (items 21, 25, 33, 34).<\/li>\n<li><strong>Le retrait affectif et les punitions relationnelles :<\/strong> Refus de parler au partenaire lorsqu&rsquo;il a bu, refus de partager le lit conjugal, privation de relations sexuelles ou de marques d&rsquo;affection, tentatives de vengeance, chantage au suicide ou menaces de divorce et d&rsquo;expulsion du domicile (items 38, 43, 44, 46, 47, 49, 50, 52).<\/li>\n<li><strong>L&rsquo;induction de culpabilit\u00e9 :<\/strong> Discours ax\u00e9s sur la souffrance des enfants, l&rsquo;atteinte \u00e0 l&rsquo;amour conjugal et la victimisation \u00e9motionnelle (items 22, 39, 40, 41, 48).<\/li>\n<\/ul>\n<p>Ces conduites, bien que motiv\u00e9es par le d\u00e9sespoir et le souhait sinc\u00e8re d&rsquo;interrompre l&rsquo;intoxication, fonctionnent sur le plan op\u00e9rant comme des stimuli aversifs qui alimentent l&rsquo;\u00e9vitement, la dissimulation et l&rsquo;escalade conflictuelle chez le consommateur.<\/p>\n<h3>2. L&rsquo;\u00c9chelle de soutien \u00e0 la sobri\u00e9t\u00e9 (<em>Sobriety Support Scale<\/em> &#8211; SSS)<\/h3>\n<p>L&rsquo;\u00e9chelle SSS est constitu\u00e9e de 7 items cibl\u00e9s (items 13, 15, 16, 20, 28, 29, 31). Elle \u00e9value la capacit\u00e9 proactive du conjoint \u00e0 mettre en place un cadre de vie incompatible avec l&rsquo;alcoolisation et \u00e0 appliquer un renforcement social positif lorsque la personne ne boit pas :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Le renforcement diff\u00e9rentiel d&rsquo;autres comportements (RDA) :<\/strong> F\u00e9liciter express\u00e9ment la personne pour une r\u00e9duction de consommation ou une p\u00e9riode d&rsquo;abstinence (item 20), lui exprimer verbalement le plaisir ressenti en sa compagnie lorsqu&rsquo;elle est sobre (item 13).<\/li>\n<li><strong>L&rsquo;am\u00e9nagement \u00e9cologique sans alcool :<\/strong> Proposer ou servir des boissons non alcoolis\u00e9es (item 15), sugg\u00e9rer des sorties ou restaurants ne servant pas d&rsquo;alcool, proposer des loisirs alternatifs stimulants (items 16, 28, 29).<\/li>\n<li><strong>La facilitation de r\u00e9seaux sociaux sobres :<\/strong> Encourager l&rsquo;int\u00e9gration dans des activit\u00e9s impliquant des tiers abstinents ou mod\u00e9r\u00e9s plut\u00f4t que des partenaires d&rsquo;alcoolisation (item 31).<\/li>\n<\/ul>\n<p>Cette distinction entre contr\u00f4le aversif et soutien renfor\u00e7ant constitue le pivot th\u00e9orique qui distingue le SSII des simples questionnaires d&rsquo;\u00e9puisement conjugal.<\/p>\n<h2>6. Cadre th\u00e9orique<\/h2>\n<p>Le fondement \u00e9pist\u00e9mologique du Spouse Sobriety Influence Inventory s&rsquo;enracine dans la <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Th%C3%A9orie_du_conditionnement_op%C3%A9rant\">th\u00e9orie du conditionnement op\u00e9rant<\/a> de B.F. Skinner, appliqu\u00e9e aux syst\u00e8mes dyadiques par la th\u00e9rapie comportementale de couple (Jacobson &amp; Margolin, 1979) et le mod\u00e8le de renforcement communautaire (<em>Community Reinforcement Approach<\/em> &#8211; CRA) initialement \u00e9labor\u00e9 par Hunt et Azrin (1973).<\/p>\n<h3>L&rsquo;analyse fonctionnelle des contingences maritimes<\/h3>\n<p>Dans l&rsquo;optique comportementale, l&rsquo;alcoolod\u00e9pendance n&rsquo;est pas appr\u00e9hend\u00e9e isol\u00e9ment comme une pathologie purement intrapsychique, mais comme un comportement fermement maintenu par des contingences environnementales, sociales et physiologiques puissantes. Le partenaire intime constitue la source la plus imm\u00e9diate et constante de stimuli discriminatifs et de renforcements ou punitions. Le mod\u00e8le th\u00e9orique de Thomas et ses collaborateurs postule que :<\/p>\n<ol>\n<li><strong>Le pi\u00e8ge du renforcement n\u00e9gatif conjugal :<\/strong> Lorsque le conjoint use de r\u00e9criminations ou de menaces (DCS), le buveur ressent un \u00e9tat \u00e9motionnel aversif (culpabilit\u00e9, col\u00e8re, honte). La prise d&rsquo;alcool permet temporairement d&rsquo;\u00e9chapper \u00e0 cet \u00e9tat aversif, renfor\u00e7ant n\u00e9gativement l&rsquo;acte de boire. R\u00e9ciproquement, si le buveur interrompt momentan\u00e9ment sa consommation apr\u00e8s une sc\u00e8ne majeure, le conjoint voit son comportement coercitif renforc\u00e9 n\u00e9gativement, ce qui perp\u00e9tue le cycle interactionnel pathog\u00e8ne.<\/li>\n<li><strong>La th\u00e9orie de la coercition interpersonnelle :<\/strong> Inspir\u00e9 des travaux de Gerald Patterson sur les cycles coercitifs intrafamiliaux, le cadre th\u00e9orique du SSII d\u00e9montre que l&rsquo;accumulation de tentatives de contr\u00f4le coercitif g\u00e9n\u00e8re une contre-coercition (agressivit\u00e9 en retour, d\u00e9ni massif, isolement).<\/li>\n<li><strong>Le principe de renforcement alternatif (CRA\/CRAFT) :<\/strong> Pour modifier durablement le comportement d&rsquo;un individu r\u00e9fractaire, l&rsquo;environnement doit rendre la sobri\u00e9t\u00e9 plus gratifiante que l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;ivresse. Cela suppose l&rsquo;extinction du harc\u00e8lement improductif, l&rsquo;application de cons\u00e9quences naturelles et pr\u00e9visibles lors des \u00e9pisodes de consommation (retrait bienveillant mais ferme de l&rsquo;attention), et la d\u00e9livrance contingente et chaleureuse de renforcements positifs exclusifs lors des moments de sobri\u00e9t\u00e9 (SSS).<\/li>\n<\/ol>\n<h2>7. Validit\u00e9<\/h2>\n<p>Les propri\u00e9t\u00e9s m\u00e9trologiques du SSII ont fait l&rsquo;objet de v\u00e9rifications empiriques rigoureuses dans plusieurs \u00e9tudes de d\u00e9veloppement et de validation men\u00e9es aupr\u00e8s de couples confront\u00e9s \u00e0 un abus d&rsquo;alcool (Yoshioka et al., 1992 ; Thomas et al., 1993, 1996 ; Corcoran &amp; Fischer, 2000).<\/p>\n<h3>Validit\u00e9 de contenu et d&rsquo;apparence<\/h3>\n<p>La g\u00e9n\u00e9ration initiale des items a \u00e9t\u00e9 issue d&rsquo;une d\u00e9marche qualitative et clinique approfondie, comprenant des entretiens approfondis avec des conjoints de buveurs \u00e0 probl\u00e8mes, des observations d&rsquo;interactions de couple en laboratoire et des consultations d&rsquo;experts en th\u00e9rapie familiale des addictions. Chaque item a \u00e9t\u00e9 soigneusement calibr\u00e9 pour repr\u00e9senter un acte comportementalement mesurable, \u00e9vitant les jugements d&rsquo;intention ou les inf\u00e9rences m\u00e9taphoriques.<\/p>\n<h3>Validit\u00e9 de construit et validit\u00e9 convergente<\/h3>\n<p>La validit\u00e9 convergente a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9e par des corr\u00e9lations statistiquement significatives entre les sous-\u00e9chelles du SSII et d&rsquo;autres mesures standardis\u00e9es :<\/p>\n<ul>\n<li>Les scores \u00e9lev\u00e9s \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle DCS corr\u00e8lent positivement avec le niveau de d\u00e9tresse psychologique du conjoint mesur\u00e9 par le <em>Brief Symptom Inventory<\/em> (BSI) ou le SCL-90-R (corr\u00e9lations de l&rsquo;ordre de <em>r<\/em> = 0,40 \u00e0 0,55, <em>p<\/em> &lt; 0,001), attestant que l&rsquo;intensification des conduites de contr\u00f4le s&rsquo;accompagne d&rsquo;une d\u00e9tresse anxio-d\u00e9pressive aigu\u00eb.<\/li>\n<li>La DCS montre une corr\u00e9lation mod\u00e9r\u00e9e \u00e0 forte avec les mesures de conflits maritaux et d&rsquo;insatisfaction conjugale (comme le <em>Dyadic Adjustment Scale<\/em> &#8211; DAS, avec des corr\u00e9lations n\u00e9gatives sur la coh\u00e9sion maritale de l&rsquo;ordre de <em>r<\/em> = -0,42).<\/li>\n<li>L&rsquo;\u00e9chelle SSS est corr\u00e9l\u00e9e positivement avec les aptitudes \u00e0 la communication constructive et avec la propension du patient \u00e0 s&rsquo;engager ult\u00e9rieurement dans un parcours de soins structur\u00e9.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>Validit\u00e9 discriminante et sensibilit\u00e9 au changement<\/h3>\n<p>Le SSII d\u00e9montre une excellente validit\u00e9 discriminante, distinguant nettement les partenaires suivant un programme d&rsquo;accompagnement comportemental de ceux plac\u00e9s en liste d&rsquo;attente ou issus de groupes de contr\u00f4le non cliniques. Enfin, la sensibilit\u00e9 de l&rsquo;instrument aux effets des interventions th\u00e9rapeutiques unilat\u00e9rales a \u00e9t\u00e9 attest\u00e9e par des r\u00e9ductions statistiquement significatives des scores de DCS (diminution du harc\u00e8lement et des punitions) et une augmentation parall\u00e8le des scores de SSS au terme des protocoles d&rsquo;entra\u00eenement (Yoshioka et al., 1992).<\/p>\n<h2>8. Fid\u00e9lit\u00e9<\/h2>\n<p>L&rsquo;inventaire pr\u00e9sente des qualit\u00e9s de fid\u00e9lit\u00e9 et de pr\u00e9cision m\u00e9trologique qui satisfont pleinement aux standards de l&rsquo;<a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/www.apa.org\/\">American Psychological Association<\/a> (APA) pour les instruments d&rsquo;\u00e9valuation clinique et de recherche.<\/p>\n<h3>Coh\u00e9rence interne<\/h3>\n<p>Les analyses de consistance interne r\u00e9alis\u00e9es sur les cohortes de standardisation indiquent une fiabilit\u00e9 globale remarquable :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>\u00c9chelle compl\u00e8te (52 items) :<\/strong> Le coefficient <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Alpha_de_Cronbach\">alpha de Cronbach<\/a> global d\u00e9passe fr\u00e9quemment <strong>0,90<\/strong>, d\u00e9montrant une homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 substantielle de l&rsquo;instrument.<\/li>\n<li><strong>Drink Control Scale (DCS, 45 items) :<\/strong> Pr\u00e9sente un alpha de Cronbach oscillant de <strong>0,88 \u00e0 0,92<\/strong> selon les \u00e9tudes, traduisant une excellente stabilit\u00e9 dans la mesure du r\u00e9pertoire de contr\u00f4le aversif.<\/li>\n<li><strong>Sobriety Support Scale (SSS, 7 items) :<\/strong> En d\u00e9pit de sa concision (7 items), cette sous-\u00e9chelle conserve une coh\u00e9rence interne satisfaisante, avec des alphas g\u00e9n\u00e9ralement compris entre <strong>0,74 et 0,82<\/strong>. Les corr\u00e9lations item-total pour cette sous-\u00e9chelle se situent majoritairement entre 0,45 et 0,68.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>Stabilit\u00e9 temporelle (Fid\u00e9lit\u00e9 test-retest)<\/h3>\n<p>Dans les groupes contr\u00f4les non soumis \u00e0 une intervention active \u00e9valu\u00e9s \u00e0 un intervalle de 4 \u00e0 6 semaines, les coefficients de corr\u00e9lation test-retest (<em>r<\/em> de Pearson) atteignent des valeurs de <strong>0,78 \u00e0 0,86<\/strong> pour la DCS et de <strong>0,71 \u00e0 0,79<\/strong> pour la SSS, confirmant que sans restructuration th\u00e9rapeutique cibl\u00e9e, les sch\u00e9mas comportementaux d&rsquo;influence du conjoint demeurent remarquablement stables dans le temps.<\/p>\n<h2>9. Analyse factorielle<\/h2>\n<p>La structure factorielle sous-jacente au SSII a \u00e9t\u00e9 explor\u00e9e au moyen d&rsquo;<a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Analyse_factorielle\">analyses factorielles exploratoires<\/a> (AFE) utilisant l&rsquo;extraction par composantes principales ou factorisation en axes principaux, assortie de rotations obliques (Promax ou Oblimin) en raison de l&rsquo;interd\u00e9pendance conceptuelle des strat\u00e9gies d&rsquo;adaptation maritale.<\/p>\n<h3>Structure bipolaire principale<\/h3>\n<p>Les analyses empiriques conduites par Thomas, Yoshioka et Ager ont initialement d\u00e9gag\u00e9 deux macro-facteurs dominants expliquant une part pr\u00e9pond\u00e9rante de la variance totale :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Facteur 1 : Contr\u00f4le direct et aversif (DCS) :<\/strong> Les items refl\u00e9tant la surveillance directe, les confrontations verbales v\u00e9h\u00e9mentes, les ultimatums et les conduites de r\u00e9torsion saturent massivement sur ce facteur (saturations factorielles allant de 0,42 \u00e0 0,78). Par exemple, les items 2 (\u00ab Expressed disapproval \u00bb), 3 (\u00ab Asked the drinker to stop \u00bb), 21 (\u00ab Tried to stop by creating a scene \u00bb) et 42 (\u00ab Made sarcastic remarks \u00bb) pr\u00e9sentent des saturations particuli\u00e8rement \u00e9lev\u00e9es (&gt; 0,60).<\/li>\n<li><strong>Facteur 2 : Soutien comportemental et environnemental \u00e0 la sobri\u00e9t\u00e9 (SSS) :<\/strong> Les items 13, 15, 16, 20, 28, 29 et 31 se regroupent de mani\u00e8re robuste sur un axe factoriel ind\u00e9pendant (saturations factorielles comprises entre 0,48 et 0,76). Ces items se caract\u00e9risent par des saturations crois\u00e9es quasi nulles sur le facteur DCS, validant leur s\u00e9paration op\u00e9rationnelle.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>Sous-dimensions de second ordre<\/h3>\n<p>Certaines analyses factorielles de granularit\u00e9 fine ont identifi\u00e9 au sein de la DCS plusieurs facettes secondaires :<\/p>\n<ol>\n<li><em>Protection et d\u00e9robade mat\u00e9rielle<\/em> (cacher l&rsquo;argent, cacher l&rsquo;alcool, \u00e9loigner les objets de valeur ; items 8, 9, 17) ;<\/li>\n<li><em>Sanctions relationnelles et punitions \u00e9motionnelles<\/em> (refuser le lit conjugal, suspendre la parole, withholding sex ; items 38, 43, 44, 46, 52) ;<\/li>\n<li><em>Mobilisation de tiers et pression externe<\/em> (alerter l&#8217;employeur, les amis, la famille ; items 30, 32, 34).<\/li>\n<\/ol>\n<p>N\u00e9anmoins, l&rsquo;organisation clinique bipolaire (DCS vs. SSS) demeure la mod\u00e9lisation la plus robuste et la plus utilis\u00e9e en pratique d\u00e9cisionnelle.<\/p>\n<h2>10. Instrument de mesure<\/h2>\n<p>Le Spouse Sobriety Influence Inventory se pr\u00e9sente sous la forme d&rsquo;un auto-questionnaire standardis\u00e9 papier-crayon ou num\u00e9rique, administrable individuellement en 15 \u00e0 25 minutes.<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Population cible :<\/strong> Conjoints, partenaires intimes ou membres de la famille vivant sous le m\u00eame toit qu&rsquo;une personne pr\u00e9sentant une consommation probl\u00e9matique d&rsquo;alcool.<\/li>\n<li><strong>P\u00e9riode de r\u00e9f\u00e9rence :<\/strong> Les six derniers mois (\u00ab In the past six months, how often have you&#8230; \u00bb).<\/li>\n<li><strong>Nombre total d&rsquo;items :<\/strong> 52 \u00e9nonc\u00e9s comportementaux pr\u00e9cis.<\/li>\n<li><strong>\u00c9chelle de r\u00e9ponse :<\/strong> \u00c9chelle ordinale en 5 points avec les ancrages textuels suivants :\n<ul>\n<li><code>1<\/code> = <strong>Always<\/strong> (Toujours)<\/li>\n<li><code>2<\/code> = <strong>Frequently<\/strong> (Fr\u00e9quemment)<\/li>\n<li><code>3<\/code> = <strong>Occasionally<\/strong> (Occasionnellement)<\/li>\n<li><code>4<\/code> = <strong>Rarely<\/strong> (Rarement)<\/li>\n<li><code>5<\/code> = <strong>Never<\/strong> (Jamais)<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<li><strong>Cotation et calcul des scores :<\/strong>\n<ul>\n<li><em>Attention m\u00e9thodologique :<\/em> L&rsquo;\u00e9chelle originale emploie une m\u00e9trique invers\u00e9e o\u00f9 1 refl\u00e8te la fr\u00e9quence maximale et 5 l&rsquo;absence du comportement. En analyse clinique standardis\u00e9e, de nombreux praticiens effectuent une recotation inverse (o\u00f9 0 ou 1 = Jamais et 4 ou 5 = Toujours) pour faciliter l&rsquo;interpr\u00e9tation graphique des courbes d&rsquo;augmentation du soutien ou de r\u00e9duction du contr\u00f4le.<\/li>\n<li><strong>\u00c9chelle de soutien \u00e0 la sobri\u00e9t\u00e9 (SSS) :<\/strong> Somme ou moyenne des scores aux items <strong>13, 15, 16, 20, 28, 29 et 31<\/strong>.<\/li>\n<li><strong>\u00c9chelle de contr\u00f4le de la consommation (DCS) :<\/strong> Somme ou moyenne des <strong>45 items restants<\/strong> (items 1 \u00e0 12, 14, 17 \u00e0 19, 21 \u00e0 27, 30, 32 \u00e0 52).<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<\/ul>\n<h2>11. Permissions, Tarifs et Ann\u00e9e du test<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Ann\u00e9e de publication initiale :<\/strong> 1992-1993 (formalisation m\u00e9thodologique \u00e9tendue en 1996).<\/li>\n<li><strong>Statut des droits d&rsquo;auteur et permissions :<\/strong> Le SSII rel\u00e8ve des instruments d\u00e9velopp\u00e9s dans le cadre de recherches universitaires subventionn\u00e9es par des fonds publics (notamment le National Institute on Alcohol Abuse and Alcoholism &#8211; NIAAA). Il a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 dans des revues scientifiques et des ouvrages de r\u00e9f\u00e9rence m\u00e9thodologiques, notamment dans le compendium de Corcoran et Fischer (2000), <em>Measures for Clinical Practice: A Sourcebook<\/em>, ainsi que dans le <em>Healthy Marriages Compendium<\/em>.<\/li>\n<li><strong>Conditions d&rsquo;utilisation :<\/strong> L&rsquo;instrument peut \u00eatre utilis\u00e9 librement \u00e0 des fins de recherche acad\u00e9mique, d&rsquo;\u00e9valuation clinique non commerciale et de formation universitaire, \u00e0 condition de citer scrupuleusement les auteurs originaux (Thomas, Yoshioka, &amp; Ager). Les adaptations commerciales de grande envergure ou int\u00e9grations logicielles propri\u00e9taires requi\u00e8rent l&rsquo;accord des ayants droit.<\/li>\n<li><strong>Tarifs :<\/strong> Gratuit pour une utilisation clinique et scientifique directe.<\/li>\n<\/ul>\n<h2>12. R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<p>Les publications fondatrices et validations psychom\u00e9triques de r\u00e9f\u00e9rence du SSII comprennent :<\/p>\n<ul>\n<li>Corcoran, K., &amp; Fischer, J. (2000). <em>Measures for clinical practice: A sourcebook<\/em> (3rd ed., Vol. 1: Couples, families, and children). The Free Press.<\/li>\n<li>Hunt, G. M., &amp; Azrin, N. H. (1973). A community-reinforcement approach to alcoholism. <em>Behaviour Research and Therapy<\/em>, 11(1), 91\u2013104. <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1016\/0005-7967(73)90072-7\">https:\/\/doi.org\/10.1016\/0005-7967(73)90072-7<\/a><\/li>\n<li>Jacobson, N. S., &amp; Margolin, G. (1979). <em>Marital therapy: Strategies based on social learning and behavior exchange principles<\/em>. Brunner\/Mazel.<\/li>\n<li>Meyers, R. J., Miller, W. R., Hill, D. E., &amp; Tonigan, J. S. (1998). Community reinforcement and family training (CRAFT): Engaging unmotivated drug users in treatment. <em>Journal of Substance Abuse<\/em>, 10(3), 291\u2013308. <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1016\/S0899-3289(99)00008-0\">https:\/\/doi.org\/10.1016\/S0899-3289(99)00008-0<\/a><\/li>\n<li>Thomas, E. J., &amp; Ager, R. D. (1993). Unilateral family therapy with the uncooperative alcohol abuser. In T. J. O&rsquo;Farrell (Ed.), <em>Treating alcohol problems: Marital and family interventions<\/em> (pp. 3\u201333). Guilford Press.<\/li>\n<li>Thomas, E. J., Yoshioka, M. R., &amp; Ager, R. D. (1993). <em>Spouse Sobriety Influence Inventory (SSII)<\/em>. University of Michigan \/ Tulane University.<\/li>\n<li>Thomas, E. J., Yoshioka, M. R., &amp; Ager, R. D. (1996). Spouse enabling of alcohol abuse: Conception, assessment, and modification. <em>Journal of Substance Abuse<\/em>, 8(1), 61\u201380. <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1016\/S0899-3289(96)90145-3\">https:\/\/doi.org\/10.1016\/S0899-3289(96)90145-3<\/a><\/li>\n<li>Yoshioka, M. R., Thomas, E. J., &amp; Ager, R. D. (1992). Nagging and other drinking control efforts of spouses of uncooperative alcohol abusers: Assessment and modification. <em>Journal of Substance Abuse<\/em>, 4(3), 309\u2013318. <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1016\/0899-3289(92)90038-Z\">https:\/\/doi.org\/10.1016\/0899-3289(92)90038-Z<\/a><\/li>\n<\/ul>\n<h2>13. Questions et items du questionnaire<\/h2>\n<div class=\"wpt-scale-notice\" style=\"direction:ltr; text-align:left; background:#f8fafc; border-bottom:1px solid #e2e8f0; padding:14px 20px; font-size:13.5px; color:#475569; font-weight:500;\">\n  Voici les items originaux de l&rsquo;\u00e9chelle tels que publi\u00e9s dans les \u00e9tudes psychom\u00e9triques de r\u00e9f\u00e9rence, sans modification ni traduction, afin de pr\u00e9server la validit\u00e9 et la fid\u00e9lit\u00e9 de l&rsquo;instrument :\n<\/div>\n<div class=\"wpt-scale-items-container\" style=\"direction:ltr; text-align:left; font-family:sans-serif;\">\n<p><strong>Spouse Sobriety Influence Inventory (SSII)<\/strong><\/p>\n<p><em>In the past six months, how often have you:<\/em><\/p>\n<p><strong>Response Scale:<\/strong><br \/>\n  1 = Always<br \/>\n  2 = Frequently<br \/>\n  3 = Occasionally<br \/>\n  4 = Rarely<br \/>\n  5 = Never<\/p>\n<p><em>Subscales:<\/em><br \/>\n  <strong>Sobriety Support Scale (SSS):<\/strong> Items 13, 15, 16, 20, 28, 29, and 31.<br \/>\n  <strong>Drink Control Scale (DCS):<\/strong> The rest of the items (1-12, 14, 17-19, 21-27, 30, 32-52).<\/p>\n<ol>\n<li>Given the drinker written information about the harmful effects of alcohol (e.g., pamphlets, books)?<\/li>\n<li>Expressed disapproval of the drinking?<\/li>\n<li>Asked the drinker to stop or reduce his\/her drinking?<\/li>\n<li>Reminded the drinker of the things he\/she said or did when he\/she was drunk or had been drinking?<\/li>\n<li>Spoke to the drinker before he\/she went out in order to get him\/her to drink less or not at all in that situation?<\/li>\n<li>Encouraged the drinker to enter an alcohol treatment program, seek medical assistance, or to attend an alcohol education program?<\/li>\n<li>Sought professional help yourself about the drinking problem (e.g., went to a physician, psychologist, psychiatrist, counselor, social worker, or clergy member)?<\/li>\n<li>Hidden or threw out alcohol?<\/li>\n<li>Hidden money or the checkbook or spent all the money so there was little left for alcohol?<\/li>\n<li>Hit or tried to hurt the drinker physically to make him\/her stop drinking?<\/li>\n<li>Made a house rule that the drinker cannot drink in the house?<\/li>\n<li>Tried to get the drinker to reduce his\/her drinking while at a social function (e.g., a party, bar, or club) or to leave a social function before he\/she became drunk?<\/li>\n<li>Told the drinker that you enjoyed his\/her company when he\/she was not drinking?<\/li>\n<li>Served meals at a different time to interrupt the drinker\u2019s drinking?<\/li>\n<li>Suggested or served the drinker non-alcoholic beverages instead of alcoholic beverages?<\/li>\n<li>Suggested activities that do not involve alcohol?<\/li>\n<li>Hidden valuables or household things so that the drinker could not pawn or sell them to buy alcohol?<\/li>\n<li>Cut back on your own drinking to set a good example for the drinker?<\/li>\n<li>Questioned the drinker regarding his\/her whereabouts or how money was spent when you suspected that he\/she had been drinking?<\/li>\n<li>Praised the drinker for not drinking or for a reduction in drinking?<\/li>\n<li>Tried to stop the drinker from drinking too much by creating a scene or by attempting to make him\/her feel small or ridiculous in public?<\/li>\n<li>Shown the drinker that his\/her drinking is making you upset or ill?<\/li>\n<li>Withheld information as punishment for the drinking?<\/li>\n<li>Had arguments about problems related to the drinking?<\/li>\n<li>Requested that you or someone else accompany the drinker as a means of controlling his\/her drinking?<\/li>\n<li>Avoided entertaining to prevent the opportunities to drink?<\/li>\n<li>Prevented drinking friends form coming to the house?<\/li>\n<li>Suggested that you eat in restaurants that do not serve alcohol?<\/li>\n<li>Suggested social activities at which alcohol is not available?<\/li>\n<li>Tried to stop the drinker from drinking too much by inviting friends or relatives in?<\/li>\n<li>Tried to stop the drinker from drinking too much by getting him\/her to engage in social activities with nondrinking companions?<\/li>\n<li>Tried to stop the drinker from drinking too much by getting him\/her to reduce the number of social activities with drinking companions?<\/li>\n<li>Threatened to contact someone for help to try to stop him\/her from drinking?<\/li>\n<li>Asked his\/her employer or supervisor to step in?<\/li>\n<li>Checked his\/her whereabouts to see if he\/she was drinking?<\/li>\n<li>Tried to reduce problems or stress for the drinker so that he\/she would drink less?<\/li>\n<li>Tried to stop him\/her from drinking too much by actually getting drunk yourself?<\/li>\n<li>Refused to talk to the drinker when he\/she had been drinking?<\/li>\n<li>Said that if the drinker loved you or the children he\/she would stop drinking?<\/li>\n<li>Told the drinker that the children would lose their respect for him\/her because of the drinking?<\/li>\n<li>Told the drinker that you were hurt by the drinking or by what he\/she did when drinking?<\/li>\n<li>Made sarcastic remarks about the drinking?<\/li>\n<li>Refused to share the bed with the drinker when he\/she was drunk or had been drinking?<\/li>\n<li>Withheld sex or other forms of affection because of the drinker\u2019s drinking?<\/li>\n<li>Left home, even for part of a day, because of the drinking?<\/li>\n<li>Threatened divorce or separation if the drinker did not stop drinking?<\/li>\n<li>Demonstrated your strong feelings about his\/her drinking by threatening to kill yourself?<\/li>\n<li>Cried to reduce the drinker\u2019s drinking?<\/li>\n<li>Tried to get even because of the drinking?<\/li>\n<li>Said that the drinker must leave or kept him\/her out of the house because of his\/her drinking?<\/li>\n<li>Threatened the drinker about what you would do if he\/she continued to drink?<\/li>\n<li>Ignored the drinker to get back at him\/her when he\/she was drunk, had been drinking, or after a drinking episode?<\/li>\n<\/ol>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;Inventaire de l&rsquo;influence du conjoint sur la sobri\u00e9t\u00e9 (SSII) \u00e9value les comportements de contr\u00f4le de la consommation et de soutien \u00e0 la sobri\u00e9t\u00e9 chez les conjoints de personnes 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