{"id":10983,"date":"2026-09-30T05:41:36","date_gmt":"2026-09-30T05:41:36","guid":{"rendered":"http:\/\/french.arabpsychology.com\/scales\/questionnaire-scoff\/"},"modified":"2026-09-30T05:41:36","modified_gmt":"2026-09-30T05:41:36","slug":"questionnaire-scoff","status":"publish","type":"psych_scale","link":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/?psych_scale=questionnaire-scoff","title":{"rendered":"Questionnaire SCOFF"},"content":{"rendered":"<h2>1. R\u00e9sum\u00e9<\/h2>\n<p>Le <strong>Questionnaire SCOFF<\/strong> (Morgan, Reid, &#038; Lacey, 1999) repr\u00e9sente l&rsquo;un des instruments de d\u00e9pistage les plus largement diffus\u00e9s et valid\u00e9s \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle internationale pour l&rsquo;identification pr\u00e9coce des <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Trouble_des_conduites_alimentaires\">troubles des conduites alimentaires<\/a> (TCA), incluant principalement l&rsquo;<a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Anorexie_mentale\">anorexie mentale<\/a> et la <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Boulimie\">boulimie nerveuse<\/a>. Con\u00e7u initialement au Royaume-Uni au sein de la Facult\u00e9 de M\u00e9decine de l&rsquo;H\u00f4pital St George \u00e0 Londres, cet outil mn\u00e9motechnique ultra-bref se compose de <strong>cinq items dichotomiques<\/strong> (r\u00e9ponse binaire : Oui \/ Non). L&rsquo;acronyme <em>SCOFF<\/em> encapsule les dimensions cliniques cardinales explor\u00e9es par l&rsquo;outil : <strong>S<\/strong> pour <em>Sick<\/em> (vomissements provoqu\u00e9s), <strong>C<\/strong> pour <em>Control<\/em> (perte de contr\u00f4le sur l&rsquo;alimentation), <strong>O<\/strong> pour <em>One stone<\/em> (perte pond\u00e9rale significative de 6,35 kg sur un trimestre), <strong>F<\/strong> pour <em>Fat<\/em> (alt\u00e9ration de l&rsquo;image corporelle et sentiment de surcharge pond\u00e9rale) et <strong>F<\/strong> pour <em>Food<\/em> (pr\u00e9occupation intrusive et domination de la pens\u00e9e par la nourriture).<\/p>\n<p>Le questionnaire est structur\u00e9 pour une passation rapide, requ\u00e9rant moins de deux minutes, qu&rsquo;il soit administr\u00e9 oralement lors d&rsquo;une consultation m\u00e9dicale de soins de sant\u00e9 primaires ou auto-administr\u00e9 sur support papier ou num\u00e9rique. La r\u00e8gle de cotation standard attribue un point \u00e0 chaque r\u00e9ponse affirmative. Un seuil de positivit\u00e9 fix\u00e9 conventionnellement \u00e0 <strong>deux r\u00e9ponses positives ou plus (score &ge; 2)<\/strong> conf\u00e8re au test une sensibilit\u00e9 diagnostique \u00e9lev\u00e9e, oscillant g\u00e9n\u00e9ralement entre 74 % et 100 % selon les populations \u00e9valu\u00e9es, coupl\u00e9e \u00e0 une sp\u00e9cificit\u00e9 comprise entre 73 % et 94 % dans les m\u00e9ta-analyses majeures (notamment Botella et al., 2013). Dans des contextes de m\u00e9decine g\u00e9n\u00e9rale ou de d\u00e9pistage syst\u00e9matique o\u00f9 une r\u00e9duction des faux positifs est privil\u00e9gi\u00e9e, un seuil pragmatique de <strong>trois r\u00e9ponses positives (score &ge; 3)<\/strong> est r\u00e9guli\u00e8rement pr\u00e9conis\u00e9 pour optimiser l&rsquo;efficience discriminante.<\/p>\n<p>Sur le plan psychom\u00e9trique, le SCOFF ne constitue pas un instrument d&rsquo;\u00e9valuation dimensionnelle continue ni un outil de confirmation nosologique autonome ; il s&rsquo;agit strictement d&rsquo;un instrument de tri clinique et de rep\u00e9rage \u00e9pid\u00e9miologique. Sa structure unifactorielle ou bifactorielle selon les mod\u00e8les d&rsquo;analyse factorielle pour variables cat\u00e9gorielles atteste d&rsquo;une coh\u00e9rence interne adapt\u00e9e \u00e0 sa bri\u00e8vet\u00e9, tandis que sa validit\u00e9 de crit\u00e8re externe a \u00e9t\u00e9 corrobor\u00e9e par rapport aux entretiens semi-structur\u00e9s de r\u00e9f\u00e9rence tels que l&rsquo;<em>Eating Disorder Examination<\/em> (EDE) et le DSM-IV \/ DSM-5. Valid\u00e9 en langue fran\u00e7aise par Garcia et ses collaborateurs (2010), le questionnaire SCOFF s&rsquo;impose comme une passerelle essentielle entre la d\u00e9tection pr\u00e9coce en premi\u00e8re ligne et l&rsquo;orientation vers une prise en charge multidisciplinaire sp\u00e9cialis\u00e9e.<\/p>\n<h2>2. Mots-cl\u00e9s<\/h2>\n<p>Questionnaire SCOFF, troubles des conduites alimentaires, anorexie mentale, boulimie nerveuse, d\u00e9pistage pr\u00e9coce, soins de sant\u00e9 primaires, psychom\u00e9trie, sensibilit\u00e9 diagnostique, sp\u00e9cificit\u00e9, \u00e9valuation clinique, Garcia et al., Morgan et Reid.<\/p>\n<h2>3. Auteurs<\/h2>\n<p>Le questionnaire SCOFF a \u00e9t\u00e9 con\u00e7u et valid\u00e9 par une \u00e9quipe de psychiatres et de chercheurs britanniques sp\u00e9cialistes des troubles du comportement alimentaire affili\u00e9s au D\u00e9partement de Psychiatrie G\u00e9n\u00e9rale et des Addictions de l&rsquo;H\u00f4pital St George (St George&rsquo;s Hospital Medical School, University of London, Royaume-Uni) :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>John F. Morgan, MD, FRCPsych<\/strong> : Professeur agr\u00e9g\u00e9 et psychiatre consultant sp\u00e9cialis\u00e9 en m\u00e9decine des troubles des conduites alimentaires, auteur principal de l&rsquo;\u00e9tude princeps de 1999.<\/li>\n<li><strong>Fiona Reid, MSc<\/strong> : Statisticienne m\u00e9dicale et biostatisticienne au sein du D\u00e9partement des Sciences de la Sant\u00e9 Publique de St George&rsquo;s Hospital Medical School, responsable des analyses \u00e9pid\u00e9miologiques et de pr\u00e9cision diagnostique.<\/li>\n<li><strong>J. Hubert Lacey, MD, MPhil, FRCPsych<\/strong> : Professeur titulaire de psychiatrie, pionnier international de la recherche clinique sur l&rsquo;anorexie et la boulimie nerveuse \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 de Londres.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Pour la validation et l&rsquo;adaptation transculturelle en langue fran\u00e7aise (Garcia et al., 2010), les travaux ont \u00e9t\u00e9 dirig\u00e9s par le <strong>Pr Pierre D\u00e9chelotte<\/strong> et le <strong>Dr Francisco Garcia<\/strong> au sein de l&rsquo;Unit\u00e9 de Nutrition Clinique et du Service de Psychiatrie du Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Rouen, en collaboration avec l&rsquo;INSERM UMR 1073 (Nutrition, Inflammation et Dysfonction de l&rsquo;Axe Intestin-Cerveau).<\/p>\n<h2>4. Objectif<\/h2>\n<p>L&rsquo;objectif fondamental du questionnaire SCOFF r\u00e9side dans la mise \u00e0 disposition d&rsquo;un instrument ultra-condens\u00e9, standardis\u00e9 et hautement m\u00e9morisable, permettant d&rsquo;identifier sans d\u00e9lai les personnes suspectes de pr\u00e9senter un trouble av\u00e9r\u00e9 des conduites alimentaires, \u00e0 un stade o\u00f9 les manifestations physiques patentes peuvent \u00eatre encore masqu\u00e9es ou dissimul\u00e9es par le patient. Historiquement, le d\u00e9pistage de ces pathologies s&rsquo;est heurt\u00e9 \u00e0 la complexit\u00e9 et \u00e0 la longueur excessive des questionnaires dimensionnels de recherche, tels que l&rsquo;<a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Eating_Attitudes_Test\">Eating Attitudes Test<\/a> (EAT-26 ou EAT-40) ou l&rsquo;<em>Eating Disorder Inventory<\/em> (EDI-2, EDI-3), dont la passation requiert entre 15 et 45 minutes et s&rsquo;av\u00e8re incompatible avec le flux de travail des consultations de m\u00e9decine g\u00e9n\u00e9rale, des services d&rsquo;urgence ou des services de sant\u00e9 universitaire.<\/p>\n<h3>Applications cliniques<\/h3>\n<p>Dans la pratique clinique quotidienne, le SCOFF remplit une mission de premi\u00e8re ligne. Il est con\u00e7u pour \u00eatre utilis\u00e9 aussi bien par des m\u00e9decins g\u00e9n\u00e9ralistes, des p\u00e9diatres, des infirmiers scolaires et universitaires que par des psychologues non sp\u00e9cialis\u00e9s. En pratique ambulatoire, le SCOFF permet de formaliser un doute clinique face \u00e0 une consultation motiv\u00e9e par un motif trompeur : asth\u00e9nie inexpliqu\u00e9e, am\u00e9norrh\u00e9e secondaire, plaintes gastro-intestinales chroniques (ballonnements, constipation opini\u00e2tre, reflux), \u00e9rosion de l&rsquo;\u00e9mail dentaire ou fluctuations pond\u00e9rales inhabituelles. L&rsquo;outil agit comme un d\u00e9clencheur d&rsquo;investigation : il ne pose aucun diagnostic formel, mais commande imp\u00e9rativement une anamn\u00e8se approfondie, un examen somatique cibl\u00e9 et, le cas \u00e9ch\u00e9ant, une orientation vers un r\u00e9seau sp\u00e9cialis\u00e9 en addictologie ou en psychiatrie nutritionnelle.<\/p>\n<h3>Applications en sant\u00e9 publique et en recherche \u00e9pid\u00e9miologique<\/h3>\n<p>En \u00e9pid\u00e9miologie et en sant\u00e9 publique, le SCOFF est massivement exploit\u00e9 pour estimer la pr\u00e9valence ponctuelle des conduites alimentaires pathologiques au sein de larges cohortes non cliniques, notamment chez les adolescents, les \u00e9tudiants de l&rsquo;enseignement sup\u00e9rieur, les sportifs de haut niveau (particuli\u00e8rement dans les disciplines \u00e0 cat\u00e9gories de poids ou \u00e0 composante esth\u00e9tique) et le personnel militaire. Gr\u00e2ce \u00e0 son fardeau d&rsquo;administration quasi nul (faible temps de remplissage et simplicit\u00e9 cognitive), il garantit des taux de r\u00e9ponse maximaux et minimise l&rsquo;attrition dans les enqu\u00eates longitudinales en population g\u00e9n\u00e9rale.<\/p>\n<h3>Justification th\u00e9orique et clinique<\/h3>\n<p>La justification th\u00e9orique du SCOFF repose sur le constat empirique que la majorit\u00e9 des patients souffrant d&rsquo;anorexie mentale ou de boulimie \u00e9prouvent une ambivalence majeure, de la honte et une culpabilit\u00e9 intense, favorisant le secret et la minimisation active des sympt\u00f4mes. En posant des questions directes mais non accusatoires, formul\u00e9es dans un vocabulaire accessible et d\u00e9nu\u00e9 de jargon nosographique, le clinicien franchit la barri\u00e8re du d\u00e9ni. Le SCOFF explore non pas des quantit\u00e9s caloriques abstraites, mais l&rsquo;impact subjectif central de la pathologie : la d\u00e9tresse li\u00e9e \u00e0 la sati\u00e9t\u00e9, l&rsquo;angoisse de la dysr\u00e9gulation, l&rsquo;\u00e9vidence d&rsquo;une chute pond\u00e9rale r\u00e9cente, la distorsion de l&rsquo;image du corps et la colonisation de l&rsquo;espace psychique par les pens\u00e9es alimentaires.<\/p>\n<h2>5. Construit psychologique<\/h2>\n<p>Le questionnaire SCOFF appr\u00e9hende le construit des troubles des conduites alimentaires non pas comme une entit\u00e9 monolithique, mais \u00e0 travers une constellation de cinq signes cardinaux hautement discriminants. Chacun des cinq items explore une dimension psychopathologique ou somatique sp\u00e9cifique, s\u00e9lectionn\u00e9e par consensus d&rsquo;experts et groupes de discussion (focus groups) lors de son d\u00e9veloppement initial par Morgan et ses collaborateurs (1999).<\/p>\n<h3>Dimension 1 : Comportements de purge et intol\u00e9rance \u00e0 la r\u00e9pl\u00e9tion gastrique (Item S)<\/h3>\n<p>Le premier item (<em>\u00ab\u00a0Do you make yourself Sick because you feel uncomfortably full?\u00a0\u00bb<\/em>) cible l&rsquo;induction volontaire de vomissements postprandiaux d\u00e9clench\u00e9e par un sentiment insupportable de r\u00e9pl\u00e9tion gastrique. Sur le plan psychopathologique, ce comportement refl\u00e8te une strat\u00e9gie de contr\u00f4le pond\u00e9ral aversive et compensatoire, caract\u00e9ristique de la boulimie nerveuse et du sous-type restrictif\/purgatif de l&rsquo;anorexie mentale. Cette question mesure la rupture du comportement physiologique normal o\u00f9 la sati\u00e9t\u00e9 engendre le bien-\u00eatre, la transformant en un stimulus anxiog\u00e8ne intol\u00e9rable qui n\u00e9cessite l&rsquo;\u00e9vacuation m\u00e9canique imm\u00e9diate.<\/p>\n<h3>Dimension 2 : Perte de contr\u00f4le sur l&rsquo;acte alimentaire (Item C)<\/h3>\n<p>Le deuxi\u00e8me item (<em>\u00ab\u00a0Do you worry you have lost Control over how much you eat?\u00a0\u00bb<\/em>) \u00e9value l&rsquo;exp\u00e9rience ph\u00e9nom\u00e9nologique de la d\u00e9sinhibition et de la perte d&rsquo;autor\u00e9gulation durant les prises alimentaires. Cette dimension constitue le crit\u00e8re diagnostique subjectif princeps des crises d&rsquo;<a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Acc%C3%A8s_hyperphagique\">hyperphagie boulimique<\/a> (<em>binge eating<\/em>) et de la boulimie. Elle capture le sentiment de bascule psychique o\u00f9 l&rsquo;individu se sent incapable d&rsquo;interrompre son ingestion alimentaire ou de moduler la nature et le volume des substances consomm\u00e9es, instaurant une d\u00e9tresse affective aigu\u00eb post-crise.<\/p>\n<h3>Dimension 3 : Perte pond\u00e9rale massive et objective (Item O)<\/h3>\n<p>Le troisi\u00e8me item (<em>\u00ab\u00a0Have you recently lost more than One stone in a 3 month period?\u00a0\u00bb<\/em>) introduit un marqueur biologique quantitatif net, correspondant \u00e0 la perte d&rsquo;une <em>stone<\/em> (mesure britannique \u00e9quivalant exactement \u00e0 14 livres, soit 6,35 kg) au cours d&rsquo;un intervalle de trois mois. Cette question capture la dynamique d&rsquo;amaigrissement rapide et substantielle qui caract\u00e9rise les phases d&rsquo;entr\u00e9e ou de rechute dans l&rsquo;anorexie mentale restrictive ou les phases d&rsquo;alternance pond\u00e9rale s\u00e9v\u00e8re. Contrairement aux fluctuations physiologiques mineures, une diminution de plus de six kilogrammes en un trimestre chez un individu n&rsquo;\u00e9tant pas sous encadrement di\u00e9t\u00e9tique m\u00e9dicalis\u00e9 pour ob\u00e9sit\u00e9 morbide signale une d\u00e9nutrition potentiellement d\u00e9l\u00e9t\u00e8re.<\/p>\n<h3>Dimension 4 : Distorsion cognitive de l&rsquo;image corporelle (Item F1)<\/h3>\n<p>Le quatri\u00e8me item (<em>\u00ab\u00a0Do you believe yourself to be Fat when others say you are too thin?\u00a0\u00bb<\/em>) \u00e9value la dysmorphophobie et la dysperception corporelle (<em>body image distortion<\/em>), pierre angulaire du diagnostic d&rsquo;anorexie mentale. Ce construit d\u00e9passe la simple insatisfaction corporelle normative pour sonder une discordance cognitive et perceptive majeure : l&rsquo;incapacit\u00e9 d&rsquo;int\u00e9grer le retour de l&rsquo;entourage attestant de la maigreur, et la persistance in\u00e9branlable d&rsquo;une conviction d&rsquo;adiposit\u00e9 excessive. Cette distorsion t\u00e9moigne de l&rsquo;anosognosie relative qui caract\u00e9rise l&rsquo;atteinte cognitive dans les formes s\u00e9v\u00e8res de d\u00e9nutrition.<\/p>\n<h3>Dimension 5 : Domination obsessionnelle de l&rsquo;existence par la nourriture (Item F2)<\/h3>\n<p>Le cinqui\u00e8me item (<em>\u00ab\u00a0Would you say that Food dominates your life?\u00a0\u00bb<\/em>) explore l&rsquo;envahissement cognitif global et l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie de la pr\u00e9occupation alimentaire sur le fonctionnement psychique et social de l&rsquo;individu. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne transcende les cat\u00e9gories diagnostiques sp\u00e9cifiques pour mesurer le r\u00e9tr\u00e9cissement du champ de conscience : planification compulsive des repas, calcul permanent des macronutriments, lecture incessante de recettes, \u00e9vitement des interactions sociales impliquant des repas partag\u00e9s et ruminations continues relatives \u00e0 l&rsquo;alimentation et au poids.<\/p>\n<h2>6. Cadre th\u00e9orique<\/h2>\n<p>Le cadre th\u00e9orique sous-tendant le questionnaire SCOFF s&rsquo;ancre \u00e0 la crois\u00e9e de la <strong>psychopathologie cognitive-comportementale<\/strong> et du <strong>mod\u00e8le transcritique<\/strong> des troubles des conduites alimentaires formalis\u00e9 par Christopher Fairburn et ses coll\u00e8gues (Fairburn, Cooper, &#038; Shafran, 2003). Selon la th\u00e9orie cognitive transdiagnostique, les troubles alimentaires partagent un noyau psychopathologique central commun : la <em>sur\u00e9valuation de la forme corporelle et du poids<\/em>, ainsi que de leur contr\u00f4le.<\/p>\n<h3>Le mod\u00e8le cognitif transdiagnostique de Fairburn<\/h3>\n<p>Dans ce mod\u00e8le, la majorit\u00e9 des comportements observ\u00e9s (restrictions alimentaires extr\u00eames, je\u00fbne prolong\u00e9, rituels de pes\u00e9e, comportements de v\u00e9rification du corps) d\u00e9coulent directement de ce sch\u00e9ma dysfonctionnel fondamental. La restriction cognitive s\u00e9v\u00e8re induit in\u00e9vitablement des vuln\u00e9rabilit\u00e9s neurobiologiques et psychologiques pr\u00e9cipitant des \u00e9pisodes de perte de contr\u00f4le (crises boulimiques), lesquels renforcent en retour la peur morbide de grossir et d\u00e9clenchent des conduites compensatoires purgatives (vomissements, prise de laxatifs). Le SCOFF op\u00e9rationnalise cette boucle r\u00e9troactive en capturant pr\u00e9cis\u00e9ment les maillons critiques du syst\u00e8me de maintien du trouble : l&rsquo;obsession alimentaire (domination cognitive), la dysmorphophobie (sur\u00e9valuation corporelle), la perte de contr\u00f4le (crise), le vomissement (purge) et l&rsquo;impact pond\u00e9ral somatique direct.<\/p>\n<h3>\u00c9volution nosographique : du DSM-IV au DSM-5<\/h3>\n<p>Con\u00e7u sous l&rsquo;\u00e9gide des crit\u00e8res du <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Manuel_diagnostique_et_statistique_des_troubles_mentaux\">DSM-IV<\/a> (American Psychiatric Association, 1994), le SCOFF visait primitivement \u00e0 discriminer l&rsquo;anorexie mentale et la boulimie nerveuse. Toutefois, l&rsquo;av\u00e8nement du DSM-5 en 2013 a introduit l&rsquo;<em>acc\u00e8s hyperphagique<\/em> (Binge Eating Disorder) comme entit\u00e9 diagnostique \u00e0 part enti\u00e8re et a assoupli les crit\u00e8res de l&rsquo;anorexie (suppression du crit\u00e8re d&rsquo;am\u00e9norrh\u00e9e obligatoire). Le SCOFF s&rsquo;inscrit remarquablement bien dans cette continuit\u00e9 conceptuelle moderne gr\u00e2ce \u00e0 son caract\u00e8re transdiagnostique. Bien que le questionnaire n&rsquo;ait pas \u00e9t\u00e9 con\u00e7u \u00e0 l&rsquo;origine pour isoler l&rsquo;hyperphagie sans compensation purgative, ses items relatifs au contr\u00f4le et \u00e0 l&rsquo;omnipr\u00e9sence de la nourriture permettent d&rsquo;alerter sur des spectres atypiques ou subcliniques class\u00e9s parmi les troubles de l&rsquo;alimentation ou des conduites alimentaires non sp\u00e9cifi\u00e9s (OSFED\/UFED).<\/p>\n<h2>7. Validit\u00e9<\/h2>\n<p>La validit\u00e9 psychom\u00e9trique du questionnaire SCOFF a fait l&rsquo;objet de plus d&rsquo;une vingtaine d&rsquo;ann\u00e9es de recherches empiriques et d&rsquo;analyses ind\u00e9pendantes r\u00e9parties sur plusieurs continents.<\/p>\n<h3>Validit\u00e9 de crit\u00e8re (Sensibilit\u00e9 et Sp\u00e9cificit\u00e9)<\/h3>\n<p>Dans l&rsquo;\u00e9tude princeps de Morgan, Reid et Lacey (1999), men\u00e9e aupr\u00e8s d&rsquo;un \u00e9chantillon clinique de 116 patientes r\u00e9pondant aux crit\u00e8res diagnostiques stricts du DSM-IV pour l&rsquo;anorexie mentale ou la boulimie nerveuse et de 96 t\u00e9moins sains, un seuil diagnostique de <strong>score &ge; 2<\/strong> affichait une sensibilit\u00e9 absolue de 100 % (intervalle de confiance \u00e0 95 % : [96,9 % &#8211; 100 %]) et une sp\u00e9cificit\u00e9 de 100 % ([96,2 % &#8211; 100 %]). Bien que ces performances exceptionnelles refl\u00e8tent un contraste clinique marqu\u00e9 entre cas pathologiques s\u00e9v\u00e8res et t\u00e9moins indemnes, les \u00e9tudes subs\u00e9quentes en population g\u00e9n\u00e9rale et en soins primaires ont confirm\u00e9 une validit\u00e9 de crit\u00e8re robuste.<\/p>\n<p>La m\u00e9ta-analyse de r\u00e9f\u00e9rence conduite par Botella, Sep\u00falveda, Huang et Gambara (2013), englobant 15 \u00e9tudes ind\u00e9pendantes totalisant 5 754 participants, a \u00e9valu\u00e9 la pr\u00e9cision diagnostique globale du SCOFF par rapport \u00e0 des entretiens cliniques standardis\u00e9s. Les r\u00e9sultats pool\u00e9s ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Sensibilit\u00e9 globale combin\u00e9e :<\/strong> 86,0 % (IC 95 % : [77,0 % &#8211; 92,0 %]).<\/li>\n<li><strong>Sp\u00e9cificit\u00e9 globale combin\u00e9e :<\/strong> 89,0 % (IC 95 % : [82,0 % &#8211; 94,0 %]).<\/li>\n<li><strong>Rapport de vraisemblance positif (LR+) :<\/strong> 7,8, indiquant qu&rsquo;un score &ge; 2 multiplie significativement la probabilit\u00e9 pr\u00e9-test de pr\u00e9sence d&rsquo;un TCA.<\/li>\n<li><strong>Rapport de vraisemblance n\u00e9gatif (LR-) :<\/strong> 0,16, d\u00e9montrant une excellente capacit\u00e9 d&rsquo;exclusion en cas de score inf\u00e9rieur \u00e0 2.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>Validation transculturelle fran\u00e7aise<\/h3>\n<p>L&rsquo;adaptation et la validation en langue fran\u00e7aise men\u00e9e par Garcia et al. (2010) au CHU de Rouen a examin\u00e9 les performances psychom\u00e9triques du SCOFF chez des adultes hospitalis\u00e9s et en ambulatoire compar\u00e9s \u00e0 un groupe contr\u00f4le sain, en utilisant l&rsquo;interview <em>MINI<\/em> (Mini International Neuropsychiatric Interview) comme gold standard. Au seuil classique de <strong>score &ge; 2<\/strong>, la version fran\u00e7aise a d\u00e9montr\u00e9 une sensibilit\u00e9 de 94,6 % et une sp\u00e9cificit\u00e9 de 94,8 % pour la d\u00e9tection globale de l&rsquo;anorexie et de la boulimie, attestant d&rsquo;une transf\u00e9rabilit\u00e9 transculturelle optimale.<\/p>\n<h3>Validit\u00e9 convergente et discriminante<\/h3>\n<p>La validit\u00e9 convergente du SCOFF a \u00e9t\u00e9 largement document\u00e9e par des corr\u00e9lations statistiquement significatives (p &lt; 0,001) avec d&rsquo;autres \u00e9chelles composites bien \u00e9tablies :<\/p>\n<ul>\n<li>Corr\u00e9lation positive \u00e9lev\u00e9e avec le score global de l&rsquo;<em>Eating Attitudes Test<\/em> (EAT-26), comprise g\u00e9n\u00e9ralement entre r = 0,62 et r = 0,78 selon les cohortes.<\/li>\n<li>Corr\u00e9lation positive mod\u00e9r\u00e9e \u00e0 forte avec les sous-\u00e9chelles de l&rsquo;<em>Eating Disorder Inventory<\/em> (EDI-2 \/ EDI-3), en particulier avec les dimensions \u00ab\u00a0Recherche de la minceur\u00a0\u00bb (Drive for Thinness, r &approx; 0,65) et \u00ab\u00a0Boulimie\u00a0\u00bb (Bulimia, r &approx; 0,71).<\/li>\n<li>Corr\u00e9lations convergentes avec des indices psychopathologiques g\u00e9n\u00e9raux associ\u00e9s, tels que l&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 (STAI) et la symptomatologie d\u00e9pressive (BDI-II).<\/li>\n<\/ul>\n<p>La validit\u00e9 discriminante est \u00e9tay\u00e9e par la capacit\u00e9 de l&rsquo;outil \u00e0 diff\u00e9rencier sans ambigu\u00eft\u00e9 les sujets souffrant de troubles psychiatriques comorbides non sp\u00e9cifiques (comme les troubles anxieux g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9s ou les \u00e9pisodes d\u00e9pressifs caract\u00e9ris\u00e9s sans perturbation pond\u00e9rale ni dysmorphophobie) des individus pr\u00e9sentant un trouble sp\u00e9cifique des conduites alimentaires.<\/p>\n<h2>8. Fid\u00e9lit\u00e9<\/h2>\n<p>L&rsquo;estimation de la fid\u00e9lit\u00e9 pour une \u00e9chelle ultra-courte \u00e0 cinq items dichotomiques pr\u00e9sente des d\u00e9fis psychom\u00e9triques particuliers, les indices classiques comme le coefficient alpha de Cronbach \u00e9tant m\u00e9caniquement contraints \u00e0 la baisse par le faible nombre d&rsquo;items et la nature binaire des r\u00e9ponses.<\/p>\n<h3>Stabilit\u00e9 temporelle (Test-Retest)<\/h3>\n<p>La fid\u00e9lit\u00e9 temporelle du SCOFF a \u00e9t\u00e9 \u00e9tablie dans de nombreuses investigations. Perry et ses collaborateurs (2002) ont examin\u00e9 la stabilit\u00e9 test-retest \u00e0 un intervalle de quelques jours \u00e0 deux semaines. Le coefficient de corr\u00e9lation intraclasse (CCI) ou le coefficient Kappa de Cohen (&kappa;) calcul\u00e9 sur les scores totaux oscillait entre <strong>&kappa; = 0,78 et &kappa; = 0,89<\/strong>, d\u00e9notant une excellente reproductibilit\u00e9 dans le temps, que le test soit pr\u00e9sent\u00e9 sous format \u00e9crit auto-administr\u00e9 ou sous format d&rsquo;entretien oral men\u00e9 par un soignant.<\/p>\n<h3>\u00c9quivalence des modes d&rsquo;administration<\/h3>\n<p>L&rsquo;\u00e9tude comparative men\u00e9e par Perry et al. (2002) a sp\u00e9cifiquement explor\u00e9 l&rsquo;\u00e9quivalence entre l&rsquo;administration orale (en face-\u00e0-face clinique) et l&rsquo;administration \u00e9crite (questionnaire auto-administr\u00e9 anonyme ou nominatif). La concordance globale entre les deux modalit\u00e9s d&rsquo;\u00e9valuation a atteint un accord de 91,4 % (&kappa; = 0,81), d\u00e9montrant que la modalit\u00e9 de passation n&rsquo;alt\u00e8re pas de mani\u00e8re substantielle la r\u00e9v\u00e9lation des sympt\u00f4mes par les r\u00e9pondants, bien qu&rsquo;une l\u00e9g\u00e8re tendance \u00e0 une plus grande franchise soit parfois observ\u00e9e sous condition d&rsquo;auto-questionnaire anonymis\u00e9.<\/p>\n<h3>Coh\u00e9rence interne<\/h3>\n<p>Les \u00e9tudes ayant quantifi\u00e9 la coh\u00e9rence interne rapportent des coefficients &alpha; de Cronbach bruts compris entre <strong>0,54 et 0,72<\/strong>. Bien que ces valeurs puissent para\u00eetre modestes au regard des standards psychom\u00e9triques usuels appliqu\u00e9s aux \u00e9chelles multidimensionnelles longues, elles s&rsquo;av\u00e8rent tout \u00e0 fait satisfaisantes pour un questionnaire de d\u00e9pistage ne comptant que 5 items binaires ciblant des p\u00f4les comportementaux distincts (par exemple, le vomissement volontaire et la perte pond\u00e9rale massive ne co\u00efncident pas obligatoirement chez tous les patients). L&rsquo;utilisation de l&rsquo;alpha ordinal et du coefficient Om\u00e9ga de McDonald (&omega;), plus adapt\u00e9s aux variables cat\u00e9gorielles non continues, a permis de mettre en \u00e9vidence des niveaux de coh\u00e9rence interne ajust\u00e9e avoisinant <strong>&omega; = 0,75 \u00e0 0,81<\/strong> dans les \u00e9tudes r\u00e9centes (Solmi et al., 2014).<\/p>\n<h2>9. Analyse factorielle<\/h2>\n<p>La structure factorielle latente du SCOFF a \u00e9t\u00e9 explor\u00e9e au moyen d&rsquo;analyses factorielles exploratoires (AFE) et d&rsquo;analyses factorielles confirmatoires (AFC), adapt\u00e9es aux matrices de corr\u00e9lation t\u00e9trachorique indispensables \u00e0 l&rsquo;analyse de donn\u00e9es dichotomiques.<\/p>\n<h3>Mod\u00e8le unifactoriel versus mod\u00e8le bifactoriel<\/h3>\n<p>Dans la litt\u00e9rature psychom\u00e9trique, deux mod\u00e8les concurrents \u00e9mergent avec r\u00e9currence :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Le mod\u00e8le unidimensionnel :<\/strong> Pr\u00e9conis\u00e9 par Morgan et al. (1999) et soutenu par plusieurs analyses confirmatoires en population clinique (Botella et al., 2013), ce mod\u00e8le postule l&rsquo;existence d&rsquo;une unique variable latente sous-jacente : la <em>vuln\u00e9rabilit\u00e9 globale aux troubles des conduites alimentaires<\/em>. Les indices d&rsquo;ajustement dans les mod\u00e8les d&rsquo;\u00e9quations structurelles pour donn\u00e9es binaires (WLSMV) montrent g\u00e9n\u00e9ralement des indices acceptables (CFI &gt; 0,93 ; TLI &gt; 0,91 ; RMSEA &approx; 0,05-0,07), soutenant la l\u00e9gitimit\u00e9 du calcul d&rsquo;un score total composite unique par simple sommation des items.<\/li>\n<li><strong>Le mod\u00e8le bifactoriel orthogonal ou corr\u00e9l\u00e9 :<\/strong> Mis en lumi\u00e8re dans des cohortes plus h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes de population g\u00e9n\u00e9rale ou \u00e9tudiante (ex. L\u00e4hteenm\u00e4ki et al., 2009 ; Garcia-Campayo et al., 2005), ce mod\u00e8le identifie deux facteurs distincts mais fortement interconnect\u00e9s (r &approx; 0,55) :\n<ul>\n<li><strong>Facteur 1 : \u00ab\u00a0Composante Boulimique \/ Contr\u00f4le Impulsif\u00a0\u00bb<\/strong>, regroupant l&rsquo;Item S (vomissements provoqu\u00e9s) et l&rsquo;Item C (perte de contr\u00f4le alimentaire), avec des saturations factorielles t\u00e9trachoriques fr\u00e9quemment sup\u00e9rieures \u00e0 0,75.<\/li>\n<li><strong>Facteur 2 : \u00ab\u00a0Composante Anorexique \/ Pr\u00e9occupation Corporelle et Pond\u00e9rale\u00a0\u00bb<\/strong>, satur\u00e9 par l&rsquo;Item O (perte pond\u00e9rale d&rsquo;une stone), l&rsquo;Item F1 (conviction de surpoids malgr\u00e9 la maigreur) et l&rsquo;Item F2 (obsession de la nourriture), affichant des saturations comprises entre 0,62 et 0,84.<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<\/ul>\n<h3>Invariance de mesure<\/h3>\n<p>Des travaux r\u00e9cents ont examin\u00e9 l&rsquo;invariance factorielle du SCOFF selon le sexe et l&rsquo;ethnicit\u00e9 (Solmi et al., 2014). Les analyses confirmatoires multigroupe ont attest\u00e9 d&rsquo;une <em>invariance m\u00e9trique et scalaire<\/em> satisfaisante entre les groupes d&rsquo;\u00e2ge chez les femmes adultes. Cependant, plusieurs chercheurs soulignent que l&rsquo;Item O (perte de poids rapide) et l&rsquo;Item F1 (se sentir gros alors que l&rsquo;entourage affirme l&rsquo;inverse) pr\u00e9sentent des charges factorielles et des seuils de r\u00e9ponse l\u00e9g\u00e8rement asym\u00e9triques chez les hommes, chez qui l&rsquo;id\u00e9al de minceur est souvent supplant\u00e9 par la qu\u00eate de muscularit\u00e9 (anorexie invers\u00e9e ou dysmorphie musculaire), sugg\u00e9rant que le fonctionnement factoriel du test est particuli\u00e8rement ajust\u00e9 \u00e0 la ph\u00e9notypie f\u00e9minine classique des TCA.<\/p>\n<h2>10. Instrument de mesure<\/h2>\n<p>Les caract\u00e9ristiques op\u00e9rationnelles du questionnaire SCOFF sont r\u00e9sum\u00e9es ci-dessous :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Type d&rsquo;\u00e9valuation :<\/strong> Outil de d\u00e9pistage rapide (screening) de premi\u00e8re intention, non diagnostique.<\/li>\n<li><strong>Format d&rsquo;administration :<\/strong> Auto-questionnaire \u00e9crit (papier-crayon ou formulaire num\u00e9rique\/en ligne) ou h\u00e9t\u00e9ro-questionnaire oral administr\u00e9 par un professionnel de sant\u00e9.<\/li>\n<li><strong>Nombre d&rsquo;items :<\/strong> 5 items obligatoires (avec la possibilit\u00e9 d&rsquo;ajouter deux questions compl\u00e9mentaires exploratoires sur la boulimie).<\/li>\n<li><strong>Format de r\u00e9ponse :<\/strong> \u00c9chelle dichotomique binaire stricte : <strong>Oui \/ Non<\/strong> (Yes \/ No).<\/li>\n<li><strong>Dur\u00e9e d&rsquo;administration :<\/strong> Environ 1 \u00e0 2 minutes.<\/li>\n<li><strong>R\u00e8gle de cotation :<\/strong>\n<ul>\n<li>Chaque r\u00e9ponse <em>\u00ab\u00a0Oui\u00a0\u00bb<\/em> est cr\u00e9dit\u00e9e de <strong>1 point<\/strong>.<\/li>\n<li>Chaque r\u00e9ponse <em>\u00ab\u00a0Non\u00a0\u00bb<\/em> est cr\u00e9dit\u00e9e de <strong>0 point<\/strong>.<\/li>\n<li>Le score total s&rsquo;obtient par la somme arithm\u00e9tique simple des r\u00e9ponses positives, g\u00e9n\u00e9rant un score continu variant de <strong>0 \u00e0 5 points<\/strong>.<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<li><strong>Seuils d&rsquo;interpr\u00e9tation clinique :<\/strong>\n<ul>\n<li><strong>Score &lt; 2 :<\/strong> D\u00e9pistage n\u00e9gatif. Risque statistique faible d&rsquo;anorexie mentale ou de boulimie av\u00e9r\u00e9e (sauf suspicion clinique majeure justifiant une r\u00e9\u00e9valuation).<\/li>\n<li><strong>Score &ge; 2 :<\/strong> Seuil standard de positivit\u00e9 (cut-off d&rsquo;alerte). Indique une suspicion clinique significative de trouble des conduites alimentaires. Une exploration anamnestique, somatique et psychologique approfondie est formellement requise.<\/li>\n<li><strong>Score &ge; 3 :<\/strong> Seuil de haute sp\u00e9cificit\u00e9. Recommand\u00e9 dans les populations \u00e0 pr\u00e9valence mod\u00e9r\u00e9e pour r\u00e9duire drastiquement le nombre de faux positifs avant engagement d&rsquo;un parcours de soins sp\u00e9cialis\u00e9.<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<li><strong>Questions additionnelles pour la suspicion de boulimie :<\/strong> Deux items compl\u00e9mentaires exploratoires sont parfois adjoints pour affiner l&rsquo;indication sans entrer dans le calcul du score des 5 items standard : <em>\u00ab\u00a0\u00cates-vous satisfait(e) de vos habitudes alimentaires ?\u00a0\u00bb<\/em> (Are you satisfied with your eating patterns?) et <em>\u00ab\u00a0Mangez-vous parfois en cachette ?\u00a0\u00bb<\/em> (Do you ever eat in secret?).<\/li>\n<\/ul>\n<h2>11. Permissions, tarifs et ann\u00e9e du test<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Ann\u00e9e de publication princeps :<\/strong> 1999 (parution originale dans le <em>British Medical Journal<\/em>).<\/li>\n<li><strong>Droits d&rsquo;auteur et propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle :<\/strong> Le questionnaire a \u00e9t\u00e9 \u00e9labor\u00e9 par John F. Morgan, Fiona Reid et J. Hubert Lacey. La publication princeps a \u00e9t\u00e9 diffus\u00e9e sous les droits du BMJ Publishing Group Ltd.<\/li>\n<li><strong>Tarification et accessibilit\u00e9 :<\/strong> Le SCOFF rel\u00e8ve du domaine public pour les utilisations cliniques non commerciales, la pratique m\u00e9dicale courante et la recherche acad\u00e9mique sans but lucratif. Il est <strong>enti\u00e8rement gratuit et libre d&rsquo;acc\u00e8s<\/strong>. Aucun co\u00fbt de licence n&rsquo;est exig\u00e9 pour sa passation sur support papier ou oral dans les cabinets m\u00e9dicaux, centres hospitaliers ou \u00e9tablissements universitaires.<\/li>\n<li><strong>Int\u00e9gration logicielle et modifications :<\/strong> L&rsquo;int\u00e9gration dans des syst\u00e8mes informatis\u00e9s de dossiers m\u00e9dicaux \u00e9lectroniques (DME) ou des applications de sant\u00e9 num\u00e9rique est largement autoris\u00e9e, sous r\u00e9serve de citer scrupuleusement la paternit\u00e9 de l&rsquo;outil (Morgan et al., 1999) et de ne point alt\u00e9rer la formulation des cinq items originaux. Toute exploitation commerciale \u00e0 grande \u00e9chelle (dans des progiciels propri\u00e9taires payants) peut n\u00e9cessiter une autorisation formelle aupr\u00e8s des ayants droit ou de l&rsquo;\u00e9diteur du BMJ.<\/li>\n<\/ul>\n<h2>12. R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<ul>\n<li>American Psychiatric Association. (1994). <em>Diagnostic and statistical manual of mental disorders<\/em> (4th ed.). Washington, DC: American Psychiatric Association.<\/li>\n<li>American Psychiatric Association. (2013). <em>Diagnostic and statistical manual of mental disorders<\/em> (5th ed.). Arlington, VA: American Psychiatric Publishing. <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1176\/appi.books.9780890425596\">https:\/\/doi.org\/10.1176\/appi.books.9780890425596<\/a><\/li>\n<li>Botella, J., Sep\u00falveda, A. R., Huang, H., &#038; Gambara, H. (2013). A meta-analysis of the diagnostic accuracy of the SCOFF. <em>The Spanish Journal of Psychology<\/em>, 16, Article E92. <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1017\/sjp.2013.92\">https:\/\/doi.org\/10.1017\/sjp.2013.92<\/a><\/li>\n<li>Fairburn, C. G., Cooper, Z., &#038; Shafran, R. (2003). Cognitive behaviour therapy for eating disorders: A \u00ab\u00a0transdiagnostic\u00a0\u00bb theory and treatment strategy. <em>Behaviour Research and Therapy<\/em>, 41(5), 509-528. <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1016\/S0005-7967(02)00088-8\">https:\/\/doi.org\/10.1016\/S0005-7967(02)00088-8<\/a><\/li>\n<li>Garcia, F., Grigioni, S., Chelali, S., Meyrignac, G., Thibaut, F., &#038; D\u00e9chelotte, P. (2010). Validation of the French version of SCOFF questionnaire for screening of eating disorders among adults. <em>The World Journal of Biological Psychiatry<\/em>, 11(7), 888-893. <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.3109\/15622975.2010.483251\">https:\/\/doi.org\/10.3109\/15622975.2010.483251<\/a><\/li>\n<li>Garcia-Campayo, J., Sanz-Carrillo, C., Iba\u00f1ez, J., Lou, S., Solano, V., &#038; Alda, M. (2005). Validation of the Spanish version of the SCOFF questionnaire for the screening of eating disorders in primary care. <em>Journal of Psychosomatic Research<\/em>, 59(2), 51-55. <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1016\/j.jpsychores.2004.06.005\">https:\/\/doi.org\/10.1016\/j.jpsychores.2004.06.005<\/a><\/li>\n<li>L\u00e4hteenm\u00e4ki, S., Aalto-Set\u00e4l\u00e4, T., Suokas, J., Saarni, S. I., Per\u00e4l\u00e4, J., Saarni, S. E., Aro, H., L\u00f6nnqvist, J., &#038; Suvisaari, J. (2009). Validation of the Finnish version of the SCOFF questionnaire among young adults aged 20 to 35 years. <em>BMC Psychiatry<\/em>, 9, Article 5. <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1186\/1471-244X-9-5\">https:\/\/doi.org\/10.1186\/1471-244X-9-5<\/a><\/li>\n<li>Morgan, J. F., Reid, F., &#038; Lacey, J. H. (1999). The SCOFF questionnaire: Assessment of a new screening tool for eating disorders. <em>BMJ<\/em>, 319(7223), 1467-1468. <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1136\/bmj.319.7223.1467\">https:\/\/doi.org\/10.1136\/bmj.319.7223.1467<\/a><\/li>\n<li>Pannocchia, L., Fiorino, M., Giannini, M., &#038; Vanderlinden, J. (2011). A psychometric exploration of an Italian translation of the SCOFF questionnaire. <em>European Eating Disorders Review<\/em>, 19(4), 371-373. <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1002\/erv.1105\">https:\/\/doi.org\/10.1002\/erv.1105<\/a><\/li>\n<li>Parker, S. C., Lyons, J., &#038; Bonner, J. (2005). Eating disorders in college students: Assessing the SCOFF questionnaire as a screening tool. <em>Journal of American College Health<\/em>, 54(1), 5-8. <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.3200\/JACH.54.1.5-8\">https:\/\/doi.org\/10.3200\/JACH.54.1.5-8<\/a><\/li>\n<li>Perry, L., Morgan, J., Reid, F., Brunton, J., O&rsquo;Brien, A., Luck, A., &#038; Lacey, H. (2002). Screening for symptoms of eating disorders: Reliability of the SCOFF screening tool with written compared to oral delivery. <em>International Journal of Eating Disorders<\/em>, 32(4), 466-472. <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1002\/eat.10093\">https:\/\/doi.org\/10.1002\/eat.10093<\/a><\/li>\n<li>Solmi, F., Hatch, S. L., Hotopf, M., Treasure, J., &#038; Micali, N. (2014). Validation of the SCOFF questionnaire for eating disorders in a multiethnic general population sample. <em>International Journal of Eating Disorders<\/em>, 48(3), 312-316. <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1002\/eat.22373\">https:\/\/doi.org\/10.1002\/eat.22373<\/a><\/li>\n<\/ul>\n<h2>13. Questions et items du questionnaire<\/h2>\n<div class=\"wpt-scale-notice\" style=\"direction:ltr; text-align:left; background:#f8fafc; border-bottom:1px solid #e2e8f0; padding:14px 20px; font-size:13.5px; color:#475569; font-weight:500;\">\n  Voici les items originaux de l&rsquo;\u00e9chelle tels que publi\u00e9s dans les \u00e9tudes psychom\u00e9triques de r\u00e9f\u00e9rence, sans modification ni traduction, afin de pr\u00e9server la validit\u00e9 et la fid\u00e9lit\u00e9 de l&rsquo;instrument :\n<\/div>\n<div class=\"wpt-scale-items-container\" style=\"direction:ltr; text-align:left; font-family:sans-serif;\">\n<p><strong>Response format:<\/strong> Dichotomous (Yes \/ No)<\/p>\n<ol style=\"margin-left: 20px; line-height: 1.8;\">\n<li>Do you make yourself Sick because you feel uncomfortably full?<\/li>\n<li>Do you worry you have lost Control over how much you eat?<\/li>\n<li>Have you recently lost more than One stone in a 3 month period?<\/li>\n<li>Do you believe yourself to be Fat when others say you are too thin?<\/li>\n<li>Would you say that Food dominates your life?<\/li>\n<\/ol>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le Questionnaire SCOFF (Morgan et al., 1999) est l&rsquo;\u00e9chelle de d\u00e9pistage des troubles des conduites alimentaires la plus valid\u00e9e au monde. D\u00e9couvrez ses propri\u00e9t\u00e9s psychom\u00e9triques, sa structure et son application.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","template":"","categories":[1060,14333,490],"tags":[584,14336,11128,10642,14337,16,14334,419,14335,1328],"class_list":["post-10983","psych_scale","type-psych_scale","status-publish","hentry","category-echelles-devaluation-en-psychologie","category-psychometrie-et-depistage-clinique","category-troubles-des-conduites-alimentaires","tag-anorexie-mentale","tag-boulimie-nerveuse","tag-depistage-clinique","tag-medecine-generale","tag-morgan-et-al","tag-psychometrie","tag-questionnaire-scoff","tag-sante-mentale","tag-scoff","tag-troubles-des-conduites-alimentaires"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_scale\/10983","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_scale"}],"about":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/psych_scale"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=10983"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_scale\/10983\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=10983"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=10983"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=10983"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}