{"id":10377,"date":"2026-09-24T02:17:36","date_gmt":"2026-09-24T02:17:36","guid":{"rendered":"http:\/\/french.arabpsychology.com\/scales\/echelle-de-severite-de-la-fatigue\/"},"modified":"2026-09-24T02:17:36","modified_gmt":"2026-09-24T02:17:36","slug":"echelle-de-severite-de-la-fatigue","status":"publish","type":"psych_scale","link":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/?psych_scale=echelle-de-severite-de-la-fatigue","title":{"rendered":"\u00c9chelle de s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 de la fatigue"},"content":{"rendered":"<h2>1. R\u00e9sum\u00e9<\/h2>\n<p>L&rsquo;<strong>\u00c9chelle de s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 de la fatigue<\/strong> (couramment d\u00e9sign\u00e9e sous l&rsquo;acronyme <em>Fatigue Severity Scale<\/em> ou <em>FSS<\/em>) constitue l&rsquo;un des instruments psychom\u00e9triques d&rsquo;auto-\u00e9valuation les plus valid\u00e9s et largement employ\u00e9s dans la recherche biom\u00e9dicale et la pratique clinique neurologique contemporaine. D\u00e9velopp\u00e9e initialement par <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/pubmed.ncbi.nlm.nih.gov\/2779999\/\">Lauren B. Krupp et ses collaborateurs en 1989<\/a>, la FSS a \u00e9t\u00e9 con\u00e7ue pour surmonter les limites inh\u00e9rentes \u00e0 l&rsquo;\u00e9valuation unidimensionnelle de l&rsquo;asth\u00e9nie en quantifiant non seulement la s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 subjective de l&rsquo;\u00e9puisement, mais particuli\u00e8rement son retentissement fonctionnel, comportemental et psychosocial sur les activit\u00e9s de la vie quotidienne.<\/p>\n<p>L&rsquo;instrument est compos\u00e9 de <strong>9 items<\/strong> formul\u00e9s de fa\u00e7on affirmative, explorant l&rsquo;interaction de la fatigue avec la motivation, l&rsquo;activit\u00e9 physique, l&rsquo;accomplissement des responsabilit\u00e9s familiales et professionnelles, ainsi que son statut global en tant que sympt\u00f4me invalidant. Chaque \u00e9nonc\u00e9 est cot\u00e9 au moyen d&rsquo;une <strong>\u00e9chelle de type Likert en 7 points<\/strong>, allant de 1 (\u00ab Pas du tout d&rsquo;accord \u00bb \/ <em>Strongly disagree<\/em>) \u00e0 7 (\u00ab Tout \u00e0 fait d&rsquo;accord \u00bb \/ <em>Strongly agree<\/em>). Le score global correspond traditionnellement \u00e0 la moyenne arithm\u00e9tique des 9 items, oscillant entre 1 et 7, o\u00f9 un score moyen sup\u00e9rieur ou \u00e9gal \u00e0 4,0 signe conventionnellement la pr\u00e9sence d&rsquo;une fatigue cliniquement significative.<\/p>\n<p>Sur le plan m\u00e9trologique, l&rsquo;\u00e9chelle pr\u00e9sente une consistance interne robuste (avec un coefficient alpha de Cronbach g\u00e9n\u00e9ralement compris entre 0,88 et 0,95) et une fid\u00e9lit\u00e9 test-retest \u00e9lev\u00e9e (coefficients de corr\u00e9lation intraclasse souvent sup\u00e9rieurs \u00e0 0,80). Sa validit\u00e9 convergente est \u00e9tay\u00e9e par de fortes corr\u00e9lations avec les \u00e9chelles visuelles analogiques de fatigue et les sous-\u00e9chelles de vitalit\u00e9 d&rsquo;instruments g\u00e9n\u00e9riques comme le SF-36, tandis que sa validit\u00e9 discriminante permet de dissocier efficacement la fatigue primaire li\u00e9e \u00e0 des pathologies neuro-immunologiques (telles que la scl\u00e9rose en plaques ou le lupus \u00e9ryth\u00e9mateux diss\u00e9min\u00e9) des affects d\u00e9pressifs majeurs.<\/p>\n<h2>2. Mots-cl\u00e9s<\/h2>\n<p>\u00c9chelle de s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 de la fatigue, Fatigue Severity Scale, FSS, psychom\u00e9trie, scl\u00e9rose en plaques, lupus \u00e9ryth\u00e9mateux diss\u00e9min\u00e9, asth\u00e9nie pathologique, \u00e9valuation clinique, fid\u00e9lit\u00e9 test-retest, validit\u00e9 de construit.<\/p>\n<h2>3. Auteurs<\/h2>\n<p>L&rsquo;\u00e9chelle a \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9e par une \u00e9quipe pluridisciplinaire de neurologues, psychologues et immunologistes cliniciens :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Lauren B. Krupp, MD<\/strong> : Professeure de neurologie et de p\u00e9diatrie, directrice du centre de scl\u00e9rose en plaques de l&rsquo;Universit\u00e9 de New York (NYU Langone Health), pionni\u00e8re de l&rsquo;\u00e9tude quantitative de la fatigue neuro-immunologique.<\/li>\n<li><strong>Nicholas G. LaRocca, PhD<\/strong> : Psychologue clinicien et chercheur en neuropsychologie, affili\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque au Department of Neurology du Stony Brook University Medical Center, New York, et ult\u00e9rieurement directeur de la National Multiple Sclerosis Society.<\/li>\n<li><strong>John Muir-Nash, MS<\/strong> : Biostatisticien et chercheur en sant\u00e9 publique, Department of Neurology, School of Medicine, State University of New York at Stony Brook.<\/li>\n<li><strong>Alfred D. Steinberg, MD<\/strong> : Immunologiste clinicien renomm\u00e9 au National Institute of Arthritis and Musculoskeletal and Skin Diseases (NIAMS), National Institutes of Health (NIH), Bethesda, Maryland.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Les adaptations transculturelles ult\u00e9rieures incluent notamment les travaux de validation n\u00e9erlandaise conduits par <strong>M. B. Rietberg, E. E. H. van Wegen et G. Kwakkel (2010)<\/strong>, ainsi que les versions francophones valid\u00e9es par <strong>J. Pouchot et ses collaborateurs (2008)<\/strong> au sein d&rsquo;institutions hospitalo-universitaires fran\u00e7aises.<\/p>\n<h2>4. Objectif<\/h2>\n<p>La fatigue est l&rsquo;un des sympt\u00f4mes les plus fr\u00e9quemment rapport\u00e9s et les plus invalidants au cours des affections chroniques, notamment dans la <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Scl%C3%A9rose_en_plaques\">scl\u00e9rose en plaques<\/a> (SEP), le <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Lupus_%C3%A9ryth%C3%A9mateux_dyss%C3%A9min%C3%A9\">lupus \u00e9ryth\u00e9mateux diss\u00e9min\u00e9<\/a> (LED), la maladie de Parkinson, le syndrome de fatigue chronique (enc\u00e9phalomy\u00e9lite myalgique) et les syndromes post-accident vasculaire c\u00e9r\u00e9bral. Toutefois, en raison de son caract\u00e8re intrins\u00e8quement subjectif et multidimensionnel, la fatigue a longtemps \u00e9chapp\u00e9 \u00e0 une mesure standardis\u00e9e rigoureuse. L&rsquo;objectif premier de la <em>Fatigue Severity Scale<\/em> est de fournir une m\u00e9trique br\u00e8ve, standardis\u00e9e et sensible \u00e0 l&rsquo;impact fonctionnel global de la fatigue per\u00e7ue au cours de la semaine \u00e9coul\u00e9e.<\/p>\n<p>Contrairement aux questionnaires physiologiques mesurant la fatigabilit\u00e9 musculaire p\u00e9riph\u00e9rique (\u00e9puisement de la force contractile mesur\u00e9 par dynamom\u00e9trie), la FSS a \u00e9t\u00e9 con\u00e7ue pour saisir la \u00ab fatigue centrale \u00bb ou per\u00e7ue, d\u00e9finie comme une sensation d&rsquo;\u00e9puisement persistant, envahissant, non proportionn\u00e9 \u00e0 l&rsquo;effort fourni et non soulag\u00e9 par le repos ordinaire. L&rsquo;outil cherche sp\u00e9cifiquement \u00e0 :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Diff\u00e9rencier l&rsquo;asth\u00e9nie physiologique de la fatigue pathologique :<\/strong> \u00c9tablir un seuil clinique normatif s\u00e9parant les variations normales de tonus \u00e9nerg\u00e9tique des \u00e9tats morbides alt\u00e9rant l&rsquo;autonomie.<\/li>\n<li><strong>Diss\u00e9quer le retentissement dans les domaines cl\u00e9s de l&rsquo;existence :<\/strong> \u00c9valuer les perturbations caus\u00e9es par la fatigue sur les capacit\u00e9s physiques, la motivation intrins\u00e8que, les obligations professionnelles, familiales et les interactions sociales.<\/li>\n<li><strong>Servir de crit\u00e8re de jugement dans les essais cliniques :<\/strong> Offrir une \u00e9chelle quantitative sensible aux interventions pharmacologiques (ex. amantadine, modafinil), r\u00e9\u00e9ducatives (programmes d&rsquo;entra\u00eenement a\u00e9robie, ergoth\u00e9rapie) et psychologiques (th\u00e9rapies cognitivo-comportementales de la fatigue).<\/li>\n<li><strong>Am\u00e9liorer la communication patient-soignant :<\/strong> Permettre aux cliniciens de valider objectivement un sympt\u00f4me invisible souvent per\u00e7u \u00e0 tort par l&rsquo;entourage comme un manque de volont\u00e9 ou une simple manifestation d\u00e9pressive.<\/li>\n<\/ul>\n<h2>5. Construit psychologique<\/h2>\n<p>Le construit mesur\u00e9 par la FSS est l&rsquo;<strong>impact invalidant de la s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 de la fatigue<\/strong> sur le fonctionnement adaptatif de l&rsquo;individu. Bien que souvent consid\u00e9r\u00e9e sur le plan clinique comme unidimensionnelle, l&rsquo;architecture conceptuelle de l&rsquo;\u00e9chelle englobe plusieurs facettes intriqu\u00e9es du ph\u00e9nom\u00e8ne de fatigue :<\/p>\n<h3>Impact physique et endurance fonctionnelle<\/h3>\n<p>La fatigue pathologique ne se limite pas \u00e0 une sensation d&rsquo;endormissement ou de somnolence diurne (lesquelles rel\u00e8vent d&rsquo;entit\u00e9s distinctes telles que mesur\u00e9es par l&rsquo;\u00e9chelle de somnolence d&rsquo;Epworth). Elle induit une intol\u00e9rance pr\u00e9coce \u00e0 l&rsquo;effort. Les items 2, 4 et 6 ciblent explicitement la relation directe entre la d\u00e9pense \u00e9nerg\u00e9tique physique et l&rsquo;apparition de l&rsquo;\u00e9puisement, ainsi que l&rsquo;incapacit\u00e9 qui en r\u00e9sulte \u00e0 maintenir un fonctionnement physique continu. Par exemple, un patient atteint de scl\u00e9rose en plaques peut rapporter une faiblesse motrice transitoire majeure induite par l&rsquo;activit\u00e9 ou la chaleur (ph\u00e9nom\u00e8ne d&rsquo;Uhthoff), se traduisant par des scores maximaux \u00e0 ces \u00e9nonc\u00e9s.<\/p>\n<h3>Impact motivationnel et cognitif<\/h3>\n<p>L&rsquo;item 1 explore la dimension psychologique de la fatigue : la diminution de la motivation \u00e0 initier ou poursuivre des activit\u00e9s dirig\u00e9es vers un but. L&rsquo;interaction entre l&rsquo;\u00e9puisement central et les circuits de r\u00e9compense striataux est reconnue comme un vecteur cl\u00e9 de l&rsquo;aboulie ou de l&rsquo;hypo-motivation observ\u00e9e chez les patients chroniques. La FSS \u00e9value comment cette baisse \u00e9nerg\u00e9tique entrave le dynamisme comportemental ind\u00e9pendamment de l&rsquo;anh\u00e9donie d\u00e9pressive pure.<\/p>\n<h3>Interf\u00e9rence avec les r\u00f4les socioprofessionnels et familiaux<\/h3>\n<p>Les items 5, 7 et 9 mesurent le degr\u00e9 auquel la fatigue perturbe l&rsquo;ex\u00e9cution des devoirs professionnels, parentaux et communautaires. La s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 d&rsquo;un sympt\u00f4me m\u00e9dical s&rsquo;appr\u00e9cie fondamentalement \u00e0 l&rsquo;aune de la rupture qu&rsquo;il cr\u00e9e dans la participation sociale. L&rsquo;individu \u00e9value si la fatigue constitue un obstacle r\u00e9current limitant la productivit\u00e9, for\u00e7ant l&rsquo;absent\u00e9isme ou alt\u00e9rant la disponibilit\u00e9 affective et relationnelle au sein de la cellule familiale.<\/p>\n<h3>Hi\u00e9rarchisation globale de l&rsquo;invalidit\u00e9<\/h3>\n<p>L&rsquo;item 8 op\u00e8re une m\u00e9ta-\u00e9valuation subjective cruciale en demandant au r\u00e9pondant si la fatigue figure parmi ses trois sympt\u00f4mes les plus invalidants. Cette hi\u00e9rarchisation pond\u00e8re la perception globale du patient face \u00e0 d&rsquo;autres manifestations potentiellement concomitantes telles que les douleurs chroniques, la spasticit\u00e9 ou les troubles de l&rsquo;\u00e9quilibre.<\/p>\n<h2>6. Cadre th\u00e9orique<\/h2>\n<p>L&rsquo;\u00e9laboration de la Fatigue Severity Scale s&rsquo;ancre dans le <strong>mod\u00e8le biopsychosocial de la maladie chronique<\/strong> (<a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Biopsychosocial_model\">Engel, 1977<\/a>) et dans les mod\u00e8les neurobiologiques de la fatigue centrale d\u00e9velopp\u00e9s au cours des ann\u00e9es 1980 et 1990.<\/p>\n<p>D&rsquo;un point de vue neuropsychologique, la fatigue centrale r\u00e9sulte d&rsquo;une perturbation des boucles cortico-sous-corticales reliant les ganglions de la base, le thalamus et le cortex pr\u00e9frontal ventrom\u00e9dian, fr\u00e9quemment modul\u00e9e par une inflammation neuro-immune de bas grade (s\u00e9cr\u00e9tion de cytokines pro-inflammatoires telles que l&rsquo;IL-1\u03b2, l&rsquo;IL-6 et le TNF-\u03b1). Krupp et ses coll\u00e8gues ont postul\u00e9 que cette perturbation centrale modifie le co\u00fbt subjectif de l&rsquo;effort : le cerveau du patient calcule de mani\u00e8re erron\u00e9e un rapport co\u00fbt\/b\u00e9n\u00e9fice disproportionn\u00e9 pour toute t\u00e2che motrice ou cognitive, engendrant un sentiment de contrainte insurmontable.<\/p>\n<p>Sur le versant cognitif et comportemental, le cadre th\u00e9orique s&rsquo;appuie sur le <strong>mod\u00e8le de l&rsquo;interf\u00e9rence fonctionnelle<\/strong>. Selon cette approche, la s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 clinique d&rsquo;un \u00e9tat somatique n&rsquo;est pas lin\u00e9airement r\u00e9ductible aux l\u00e9sions anatomiques ou aux anomalies s\u00e9rologiques, mais r\u00e9side dans la boucle de r\u00e9troaction n\u00e9gative entre le ressenti d&rsquo;\u00e9puisement, l&rsquo;\u00e9vitement comportemental compensatoire, le d\u00e9conditionnement physique secondaire et l&rsquo;alt\u00e9ration du sentiment d&rsquo;auto-efficacit\u00e9 (<a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Self-efficacy\">Bandura, 1977<\/a>). La FSS s&rsquo;articule donc comme une \u00e9chelle d&rsquo;\u00e9valuation de la limitation des activit\u00e9s et de la restriction de participation, en parfaite r\u00e9sonance avec la Classification internationale du fonctionnement, du handicap et de la sant\u00e9 (CIF) de l&rsquo;Organisation mondiale de la sant\u00e9.<\/p>\n<h2>7. Validit\u00e9<\/h2>\n<p>Les propri\u00e9t\u00e9s de validit\u00e9 de la FSS ont \u00e9t\u00e9 document\u00e9es dans une multitude de cohortes cliniques \u00e0 travers le monde :<\/p>\n<h3>Validit\u00e9 de construit et validit\u00e9 discriminante<\/h3>\n<p>Dans l&rsquo;\u00e9tude princeps de Krupp et al. (1989), la FSS a d\u00e9montr\u00e9 une remarquable capacit\u00e9 \u00e0 discriminer les populations cliniques des t\u00e9moins sains. Le score moyen chez les sujets sains \u00e9tait de 2,3 \u00b1 0,7, alors qu&rsquo;il atteignait 4,6 \u00b1 1,5 chez les patients atteints de scl\u00e9rose en plaques et 4,7 \u00b1 1,5 chez ceux atteints de lupus \u00e9ryth\u00e9mateux diss\u00e9min\u00e9 (p &lt; 0,001). Des analyses de courbes ROC (<em>Receiver Operating Characteristic<\/em>) indiquent qu&rsquo;un score seuil de 4,0 maximise la sensibilit\u00e9 (environ 80-85 %) et la sp\u00e9cificit\u00e9 (environ 85-90 %) pour identifier une fatigue cliniquement invalidante.<\/p>\n<p>De plus, la FSS a d\u00e9montr\u00e9 une validit\u00e9 discriminante vis-\u00e0-vis de la d\u00e9pression : bien que la fatigue et la d\u00e9pression pr\u00e9sentent une comorbidit\u00e9 fr\u00e9quente, les corr\u00e9lations entre la FSS et l&rsquo;inventaire de d\u00e9pression de Beck (BDI) restent mod\u00e9r\u00e9es (typiquement r = 0,35 \u00e0 0,50), confirmant que l&rsquo;outil ne se contente pas de mesurer un affect n\u00e9gatif g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9, mais isole bien le construit de fatigue.<\/p>\n<h3>Validit\u00e9 convergente<\/h3>\n<p>La validit\u00e9 convergente a \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9e par des corr\u00e9lations fortes et statistiquement significatives avec d&rsquo;autres mesures de fatigue reconnues :<\/p>\n<ul>\n<li>\u00c9chelle Visuelle Analogique de la fatigue (EVA fatigue) : r = 0,68 \u00e0 0,81 (Krupp et al., 1989 ; Pouchot et al., 2008).<\/li>\n<li>Sous-\u00e9chelle \u00ab Vitalit\u00e9 \u00bb du questionnaire SF-36 : corr\u00e9lation n\u00e9gative robuste comprise entre r = -0,60 et r = -0,75.<\/li>\n<li>\u00c9chelle modifi\u00e9e d&rsquo;impact de la fatigue (<em>Modified Fatigue Impact Scale<\/em>, MFIS) : r = 0,70 \u00e0 0,85.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>Sensibilit\u00e9 au changement<\/h3>\n<p>L&rsquo;instrument poss\u00e8de une sensibilit\u00e9 \u00e9prouv\u00e9e aux variations cliniques sous traitement. Dans des essais randomis\u00e9s contr\u00f4l\u00e9s \u00e9valuant l&rsquo;efficacit\u00e9 de psychostimulants ou d&rsquo;exercices structur\u00e9s d&rsquo;a\u00e9robie chez des patients atteints de SEP ou de s\u00e9quelles post-AVC, la FSS a mis en \u00e9vidence des r\u00e9ductions statistiquement significatives de ses scores, avec des tailles d&rsquo;effet (d de Cohen) variant de 0,40 \u00e0 0,75.<\/p>\n<h2>8. Fid\u00e9lit\u00e9<\/h2>\n<p>La fid\u00e9lit\u00e9 m\u00e9trologique de la FSS est caract\u00e9ris\u00e9e par une excellente stabilit\u00e9 temporelle et une forte homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 interne :<\/p>\n<h3>Consistance interne<\/h3>\n<p>Le coefficient alpha de Cronbach (\u03b1) de la FSS a \u00e9t\u00e9 calcul\u00e9 dans divers contextes pathologiques et linguistiques :<\/p>\n<ul>\n<li>Cohorte princeps de scl\u00e9rose en plaques et LED (Krupp et al., 1989) : <strong>\u03b1 = 0,88<\/strong>.<\/li>\n<li>Validation fran\u00e7aise en population g\u00e9n\u00e9rale et m\u00e9dicale (Pouchot et al., 2008) : <strong>\u03b1 = 0,89<\/strong>.<\/li>\n<li>Cohorte n\u00e9erlandaise post-AVC et SEP (Rietberg et al., 2010) : <strong>\u03b1 = 0,93<\/strong>.<\/li>\n<li>Maladie de Parkinson (Herlofson &amp; Larsen, 2002) : <strong>\u03b1 = 0,93<\/strong>.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Ces valeurs d\u00e9passent largement le seuil standard de 0,70 pr\u00e9conis\u00e9 pour la recherche de groupe et atteignent le seuil d&rsquo;exigence de 0,90 requis pour la prise de d\u00e9cision clinique individuelle.<\/p>\n<h3>Fid\u00e9lit\u00e9 test-retest<\/h3>\n<p>L&rsquo;\u00e9valuation de la stabilit\u00e9 temporelle chez des patients stables \u00e0 des intervalles de 7 \u00e0 14 jours d\u00e9montre une fiabilit\u00e9 remarquable. Le coefficient de corr\u00e9lation intraclasse (CCI) oscille syst\u00e9matiquement entre <strong>0,82 et 0,93<\/strong>, attestant que les scores ne fluctuent pas de mani\u00e8re al\u00e9atoire en l&rsquo;absence de modification de l&rsquo;\u00e9tat clinique. Le changement minimal d\u00e9tectable (<em>Minimal Detectable Change<\/em>, MDC) au niveau de confiance de 95 % est g\u00e9n\u00e9ralement estim\u00e9 entre 0,7 et 1,1 point sur l&rsquo;\u00e9chelle moyenne de 7 points.<\/p>\n<h2>9. Analyse factorielle<\/h2>\n<p>La dimensionnalit\u00e9 factorielle de la Fatigue Severity Scale a fait l&rsquo;objet de multiples investigations par analyses factorielles exploratoires (AFE), analyses factorielles confirmatoires (AFC) et mod\u00e9lisation de la r\u00e9ponse \u00e0 l&rsquo;item (th\u00e9orie de Rasch).<\/p>\n<h3>Structure unifactorielle d&rsquo;origine<\/h3>\n<p>L&rsquo;analyse factorielle exploratoire originale men\u00e9e par Krupp et al. (1989) a identifi\u00e9 un facteur unique dominant expluant plus de 55 % de la variance totale, sur lequel les 9 items saturaient de fa\u00e7on substantielle (saturations factorielles sup\u00e9rieures \u00e0 0,50). Cette unidimensionnalit\u00e9 apparente a soutenu l&rsquo;usage universel d&rsquo;un score moyen global unique pour r\u00e9sumer l&rsquo;\u00e9preuve.<\/p>\n<h3>Controverses m\u00e9trologiques et analyses de Rasch<\/h3>\n<p>Des recherches contemporaines (notamment Mills et al., 2009 ; Lerdal et al., 2005) utilisant l&rsquo;analyse de Rasch ont toutefois mis en lumi\u00e8re certaines limites de l&rsquo;\u00e9chelle \u00e0 9 items. Les items 1 (\u00ab Ma motivation est plus basse lorsque je suis fatigu\u00e9 \u00bb) et 2 (\u00ab L&rsquo;exercice physique d\u00e9clenche ma fatigue \u00bb) affichent fr\u00e9quemment un ajustement imparfait (<em>misfit<\/em> statistique) au mod\u00e8le unidimensionnel strict. L&rsquo;item 1 s&rsquo;av\u00e8re davantage reli\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat psychologique qu&rsquo;\u00e0 la s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 brute de l&rsquo;asth\u00e9nie, tandis que l&rsquo;item 2 peut susciter des r\u00e9ponses paradoxales chez des patients tr\u00e8s s\u00e9v\u00e8rement alit\u00e9s ou totalement inactifs qui ne s&rsquo;exposent plus \u00e0 l&rsquo;effort physique.<\/p>\n<p>Certains auteurs ont ainsi propos\u00e9 une version abr\u00e9g\u00e9e \u00e0 7 items (FSS-7, \u00e9liminant les items 1 et 2), d\u00e9montrant des propri\u00e9t\u00e9s d&rsquo;invariance et de lin\u00e9arit\u00e9 am\u00e9lior\u00e9es selon les crit\u00e8res de Rasch. N\u00e9anmoins, dans la pratique clinique internationale et la majorit\u00e9 des protocoles de recherche, la version int\u00e9grale \u00e0 9 items demeure le standard pr\u00e9dominant pour pr\u00e9server la comparabilit\u00e9 historique des donn\u00e9es.<\/p>\n<h2>10. Instrument de mesure<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Type de test :<\/strong> Auto-questionnaire psychom\u00e9trique standardis\u00e9 (<em>Patient-Reported Outcome Measure<\/em> &#8211; PROM).<\/li>\n<li><strong>Format d&rsquo;administration :<\/strong> Papier-crayon ou formulaire \u00e9lectronique informatis\u00e9 (auto-passation en 3 \u00e0 5 minutes).<\/li>\n<li><strong>Nombre d&rsquo;items :<\/strong> 9 \u00e9nonc\u00e9s formul\u00e9s affirmativement.<\/li>\n<li><strong>\u00c9chelle de r\u00e9ponse :<\/strong> \u00c9chelle de type Likert en 7 points (1 = Pas du tout d&rsquo;accord \/ <em>Strongly disagree<\/em> \u00e0 7 = Tout \u00e0 fait d&rsquo;accord \/ <em>Strongly agree<\/em>).<\/li>\n<li><strong>P\u00e9riode de r\u00e9f\u00e9rence :<\/strong> Les 7 derniers jours \u00e9coul\u00e9s.<\/li>\n<li><strong>Calcul du score :<\/strong>\n<ul>\n<li>Le score global de la FSS est calcul\u00e9 comme la <strong>moyenne arithm\u00e9tique<\/strong> de l&rsquo;ensemble des 9 items (somme brute des items divis\u00e9e par 9). Le score r\u00e9sultant s&rsquo;\u00e9chelonne de 1,0 \u00e0 7,0.<\/li>\n<li><em>Variante alternative :<\/em> Certains chercheurs emploient la somme brute cumul\u00e9e (variant de 9 \u00e0 63).<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<li><strong>Interpr\u00e9tation clinique standard :<\/strong>\n<ul>\n<li><strong>Score moyen &lt; 4,0 :<\/strong> Absence de fatigue pathologique cliniquement significative (valeurs proches des t\u00e9moins sains non fatigu\u00e9s).<\/li>\n<li><strong>Score moyen \u2265 4,0 :<\/strong> Pr\u00e9sence d&rsquo;une fatigue cliniquement significative et handicapante requ\u00e9rant une \u00e9valuation diagnostique ou th\u00e9rapeutique.<\/li>\n<li><strong>Score moyen \u2265 5,0 :<\/strong> Fatigue s\u00e9v\u00e8re \u00e0 majeure, avec un retentissement critique sur l&rsquo;autonomie au quotidien.<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<\/ul>\n<h2>11. Permissions, Tarifs et Ann\u00e9e du test<\/h2>\n<p>L&rsquo;\u00e9chelle a \u00e9t\u00e9 initialement publi\u00e9e en <strong>1989<\/strong> dans les <em>Archives of Neurology<\/em>. Elle rel\u00e8ve du domaine de la recherche acad\u00e9mique clinique et ne n\u00e9cessite g\u00e9n\u00e9ralement pas de redevance financi\u00e8re commerciale (licence libre de droits pour la pratique clinique et la recherche acad\u00e9mique non marchande), sous r\u00e9serve de citer scrupuleusement la publication princeps de Krupp et al. (1989).<\/p>\n<p>Les concepteurs n&rsquo;ont pas impos\u00e9 de restrictions d&rsquo;acc\u00e8s restrictives afin de faciliter son impl\u00e9mentation universelle en neurologie. Toutefois, son utilisation dans le cadre d&rsquo;essais cliniques sponsoris\u00e9s par l&rsquo;industrie pharmaceutique ou sur des plateformes logicielles propri\u00e9taires peut \u00eatre soumise \u00e0 des formalit\u00e9s d&rsquo;autorisation institutionnelle aupr\u00e8s des titulaires de droits de l&rsquo;article original (American Medical Association \/ JAMA Network).<\/p>\n<h2>12. R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<ul>\n<li>Engel, G. L. (1977). The need for a new medical model: A challenge for biomedicine. <em>Science<\/em>, 196(4286), 129\u2013136. <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1126\/science.847460\">https:\/\/doi.org\/10.1126\/science.847460<\/a><\/li>\n<li>Herlofson, K., &amp; Larsen, J. P. (2002). Measuring fatigue in patients with Parkinson&rsquo;s disease &#8211; the Fatigue Severity Scale. <em>European Journal of Neurology<\/em>, 9(6), 595\u2013600. <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1046\/j.1468-1331.2002.00444.x\">https:\/\/doi.org\/10.1046\/j.1468-1331.2002.00444.x<\/a><\/li>\n<li>Krupp, L. B., LaRocca, N. G., Muir-Nash, J., &amp; Steinberg, A. D. (1989). The Fatigue Severity Scale: Application to patients with multiple sclerosis and systemic lupus erythematosus. <em>Archives of Neurology<\/em>, 46(10), 1121\u20131123. <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1001\/archneur.1989.00520460115022\">https:\/\/doi.org\/10.1001\/archneur.1989.00520460115022<\/a><\/li>\n<li>Lerdal, A., Kottorp, A., Gay, C. L., Aouizerat, B. E., Portillo, C. J., &amp; Lee, K. A. (2005). A Rasch analysis of the Fatigue Severity Scale in a diverse sample of people living with HIV\/AIDS. <em>Journal of Nursing Measurement<\/em>, 13(3), 173\u2013186. <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1891\/jnum.13.3.173\">https:\/\/doi.org\/10.1891\/jnum.13.3.173<\/a><\/li>\n<li>Mills, R. J., Young, C. A., Pallant, J. F., &amp; Tennant, A. (2009). Rasch analysis of the Fatigue Severity Scale in multiple sclerosis. <em>Multiple Sclerosis Journal<\/em>, 15(1), 81\u201387. <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1177\/1352458508096215\">https:\/\/doi.org\/10.1177\/1352458508096215<\/a><\/li>\n<li>Pouchot, J., Kherani, R. B., Brant, R., Lacaille, D., Lehman, A. J., Ensworth, S., Kopec, J., &amp; Esdaile, J. M. (2008). Determination of the minimal clinically important difference for seven fatigue measures in rheumatoid arthritis. <em>The Journal of Rheumatology<\/em>, 35(7), 1276\u20131284.<\/li>\n<li>Rietberg, M. B., van Wegen, E. E. H., &amp; Kwakkel, G. (2010). Measuring fatigue in patients with multiple sclerosis: Reproducibility, responsiveness and concurrent validity of three Dutch fatigue questionnaires. <em>Disability and Rehabilitation<\/em>, 32(22), 1870\u20131876. <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.3109\/09638281003734441\">https:\/\/doi.org\/10.3109\/09638281003734441<\/a><\/li>\n<\/ul>\n<h2>13. Questions et items du questionnaire<\/h2>\n<div class=\"wpt-scale-notice\" style=\"direction:ltr; text-align:left; background:#f8fafc; border-bottom:1px solid #e2e8f0; padding:14px 20px; font-size:13.5px; color:#475569; font-weight:500;\">\n  Voici les items originaux de l&rsquo;\u00e9chelle tels que publi\u00e9s dans les \u00e9tudes psychom\u00e9triques de r\u00e9f\u00e9rence, sans modification ni traduction, afin de pr\u00e9server la validit\u00e9 et la fid\u00e9lit\u00e9 de l&rsquo;instrument :\n<\/div>\n<div class=\"wpt-scale-items-container\" style=\"direction:ltr; text-align:left; font-family:sans-serif;\">\n<p><strong>Instructions:<\/strong> Please read each statement and circle a number from 1 to 7, depending on how much you agree or disagree with the statement during the past week.<\/p>\n<p><strong>Response format:<\/strong> 7-point Likert scale (1 = Strongly disagree to 7 = Strongly agree)<\/p>\n<ol style=\"margin-left: 20px; padding-left: 10px;\">\n<li style=\"margin-bottom: 12px;\">My motivation is lower when I am fatigued.<\/li>\n<li style=\"margin-bottom: 12px;\">Exercise brings on my fatigue.<\/li>\n<li style=\"margin-bottom: 12px;\">I am easily fatigued.<\/li>\n<li style=\"margin-bottom: 12px;\">Fatigue interferes with my physical functioning.<\/li>\n<li style=\"margin-bottom: 12px;\">Fatigue causes frequent problems for me.<\/li>\n<li style=\"margin-bottom: 12px;\">My fatigue prevents sustained physical functioning.<\/li>\n<li style=\"margin-bottom: 12px;\">Fatigue interferes with carrying out certain duties and responsibilities.<\/li>\n<li style=\"margin-bottom: 12px;\">Fatigue is among my three most disabling symptoms.<\/li>\n<li style=\"margin-bottom: 12px;\">Fatigue interferes with my work, family, or social life.<\/li>\n<\/ol>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Revue psychom\u00e9trique exhaustive de l&rsquo;\u00c9chelle de s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 de la fatigue (Fatigue Severity Scale, FSS) : validit\u00e9 de construit, consistance interne, structure factorielle et cotation clinique.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","template":"","categories":[408,1045,2],"tags":[194,172,12518,10614,16,50],"class_list":["post-10377","psych_scale","type-psych_scale","status-publish","hentry","category-evaluations-cliniques","category-neurologie","category-psychometrie","tag-evaluation-clinique","tag-fatigue","tag-fatigue-severity-scale","tag-fss","tag-psychometrie","tag-sclerose-en-plaques"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_scale\/10377","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_scale"}],"about":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/psych_scale"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=10377"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/psych_scale\/10377\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=10377"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=10377"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/french.arabpsychology.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=10377"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}