Le test du dessin d’une personne, communément désigné sous l’acronyme anglophone DAP Test (Draw-A-Person Test) ou test du bonhomme en psychologie francophone, constitue l’un des instruments graphiques les plus emblématiques et les plus examinés de l’évaluation psychologique moderne. Conçu initialement pour estimer la maturité intellectuelle et cognitive chez l’enfant avant d’être réinvesti par la tradition clinique et psychanalytique en tant qu’épreuve projective de la personnalité, cet outil met en lumière la manière dont un individu traduit graphiquement sa perception de soi, son image corporelle et ses dynamiques affectives inconscientes.
Le test du dessin d’une personne (Test DAP)
1. Définition concise
Le test DAP (Draw-A-Person Test) est une épreuve psychométrique et projective consistant à demander à un sujet, enfant ou adulte, de réaliser le dessin libre d’une personne humaine sur une feuille de papier standardisée. Selon le cadre méthodologique retenu, il sert soit à évaluer le niveau d’efficience conceptuelle et de développement graphomoteur, soit à explorer les traits de personnalité, l’organisation défensive et l’intégration du schéma corporel.
Dans la perspective psychométrique développementale, la production graphique est quantifiée selon la présence, la précision et l’agencement de détails anatomiques universellement attendus à chaque stade de croissance. Dans la perspective clinique projective, la démarche postule que le sujet projette inconsciemment sur le tracé ses conflits internes, ses angoisses, ses investissements pulsionnels et ses représentations relationnelles. Cette dualité d’usage fait du DAP un carrefour épistémologique fondamental entre neuropsychologie développementale et psychopathologie clinique.
2. Étymologie et origines linguistiques
L’acronyme international « DAP » dérive de la locution verbale et nominale anglaise Draw-A-Person, littéralement « dessiner une personne ». Le verbe vieil-anglais dragan (« tirer », « traîner », ayant évolué vers l’action de tracer des lignes au moyen d’un instrument) s’associe au substantif person, issu du latin classique persona, lequel désignait primitivement le masque de théâtre antique par lequel résonnait la voix des comédiens avant de désigner l’individu, le rôle social et la subjectivité humaine.
Dans la littérature francophone, l’épreuve a d’abord été traduite et popularisée sous le nom de « test du dessin d’homme » ou « test du bonhomme », répercutant l’intitulé originel de Florence Goodenough (Draw-A-Man Test, 1926). Par la suite, l’élargissement de la consigne imposé par Karen Machover en 1949 a imposé le vocable neutre de « personne » (person), consacré en français par l’appellation générique de « test du dessin d’une figure humaine » ou « test du dessin d’une personne ».
3. Prononciation et forme grammaticale
Sur le plan phonétique, l’acronyme se prononce généralement en français en épelant les trois lettres [de.a.pe] ou en prononçant le mot selon la phonétique anglo-saxonne [dæp]. L’appellation complète se transcrit phonétiquement /tɛst dy de.sɛ̃ dyn pɛʁ.sɔn/.
Sur le plan grammatical, l’expression fonctionne comme un syntagme nominal masculin singulier (« le test DAP »). Dans les comptes rendus cliniques et les monographies scientifiques, on utilise indistinctement l’abréviation masculine « le DAP », la formule « le test du bonhomme » (au masculin singulier) ou la désignation formelle « l’épreuve du dessin de la figure humaine » (au féminin singulier). Les pluriels réguliers sont « les tests DAP » ou « les épreuves DAP ».
4. Explication conceptuelle approfondie
Le test du dessin d’une personne s’appuie sur le principe fondamental selon lequel l’acte graphique n’est jamais une simple reproduction mécanique de la réalité extérieure, mais une construction active médiatisée par les fonctions exécutives, l’intégration sensorimotrice et les processus identificatoires du sujet. Lorsque le psychologue demande à un individu de dessiner une personne sans lui fournir de modèle visuel, le sujet est contraint de puiser dans son répertoire cognitif interne et dans l’expérience intime de sa propre corporalité.
Sur le versant cognitif et développemental, l’exécution du dessin mobilise la maturation perceptivo-motrice, la coordination oculo-manuelle, la mémoire de travail et la capacité d’abstraction. L’enfant commence par le gribouillage indifférencié, progresse vers le stade du « bonhomme têtard » (où les membres s’accrochent directement à une forme céphalique circulaire), pour aboutir progressivement à un bonhomme complet, proportionné, habillé et sexué. Cette progression reflète la façon dont les schèmes mentaux s’organisent en structures logiques de plus en plus complexes.
Sur le versant projectif et psychopathologique, le dessin est appréhendé comme une extériorisation de l’image inconsciente du corps. Selon les postulats de la psychologie dynamique, le personnage tracé sur la feuille incarne le « moi » de l’examiné. La taille relative de la figure, son emplacement dans l’espace graphique, la vigueur du trait, l’omission ou la distorsion d’organes spécifiques (yeux, bouche, mains, pieds) constituent autant d’indices des mécanismes de défense, des zones de vulnérabilité narcissique, des dynamiques d’affirmation de soi ou des affects dépressifs et anxieux.
L’espace de la feuille blanche est lui-même conceptualisé comme un champ environnemental symbolique. La disposition de la silhouette (au centre, reléguée dans un coin, flottante ou solidement ancrée sur une ligne de sol) témoigne de l’ancrage dans le réel, de l’adaptation psychosociale et de l’équilibre entre exigences pulsionnelles et régulation surmoïque.
5. Évolution historique
La genèse du test s’inscrit au cœur des premières décennies du XXe siècle avec les travaux pionniers de la psychologue américaine Florence Goodenough. En 1926, Goodenough publie Measurement of Intelligence by Drawings, instaurant le « Draw-A-Man Test ». Elle conçoit cet instrument comme une mesure non verbale de l’intelligence générale chez l’enfant de 4 à 10 ans, destinée à s’affranchir des barrières linguistiques et culturelles inhérentes aux épreuves standardisées de type Binet-Simon.
Durant les années 1940 et 1950, l’essor de la psychanalyse et du mouvement des tests projectifs transforme radicalement l’usage de l’instrument. En 1949, la clinicienne Karen Machover fait paraître son ouvrage séminal, Personality Projection in the Drawing of the Human Figure. Machover introduit une innovation méthodologique déterminante : après avoir dessiné une première personne, le participant est invité à dessiner une figure du sexe opposé, puis à inventer une histoire ou à répondre à un questionnaire semi-structuré concernant les personnages créés. Elle établit un catalogue d’interprétations qualitatives liant chaque segment corporel à des conflits pulsionnels ou des traits névrotiques.
En 1963, Dale B. Harris révise et standardise de nouveau l’approche cognitive de Goodenough en publiant le Goodenough-Harris Drawing Test, qui élargit l’étalonnage et inclut la consigne de dessiner un homme, une femme et soi-même. Quelques années plus tard, en 1968, Elizabeth Koppitz propose une synthèse pragmatique avec l’échelle Human Figure Drawing (HFD), combinant une grille d’items de développement mental et une liste d’indicateurs émotionnels spécifiques validés auprès d’enfants d’âge scolaire.
À la fin du XXe siècle, face aux virulentes critiques psychométriques contestant la validité des interprétations projectives, Jack A. Naglieri développe en 1988 le système Draw a Person: A Quantitative Scoring System (DAP:QSS), fournissant des critères de cotation rigoureux, standardisés et corrélés aux échelles contemporaines d’intelligence comme le WISC.
6. Fondements théoriques
Le test DAP repose sur un substrat théorique pluriel, articulant la théorie piagétienne du développement cognitif, la théorie de l’image corporelle de Paul Schilder et la métapsychologie freudienne.
D’un point de vue développemental et constructiviste, le dessin reflète le passage de l’égocentrisme cognitif à la pensée opératoire. L’enfant ne dessine pas ce qu’il perçoit de façon rétinienne, mais ce qu’il sait de l’objet ; il s’agit d’une manifestation de la « fonction sémiotique » telle que définie par Jean Piaget. L’exactitude des connexions topologiques, l’intégration des proportions et la différenciation des détails anatomiques manifestent la structuration progressive des représentations spatiales et catégorielles.
Sur le plan psychanalytique et psychodynamique, l’épreuve mobilise le concept d’image inconsciente du corps. Machover postule que le processus de dessin suscite un phénomène projectif immédiat : les angoisses de castration, l’ambivalence liée à l’identité de genre, la culpabilité liée aux zones corporelles érogènes ou les fixations à divers stades du développement psychosexuel se transposent graphiquement. Par exemple, le traitement des mains renvoie à la sphère du contact social et de l’agressivité manipulatoire, tandis que la tête symbolise le siège du contrôle intellectuel, du moi conscient et des défenses rationnelles.
Enfin, la psychologie de la forme (Gestalt) sous-tend l’analyse structurelle globale du dessin : la force d’organisation de la silhouette, l’équilibre des volumes, l’harmonie des axes et la continuité du trait informent le praticien sur la solidité de l’enveloppe psychique du sujet et sa capacité à maintenir des frontières claires entre le monde interne et l’environnement extérieur.
7. Composantes clés, typologies et dimensions
L’analyse clinique et quantitative d’un protocole DAP examine une série de dimensions interconnectées :
- Caractéristiques graphomotrices formelles : pression du trait (appuyé, spasmodique ou imperceptible), continuité de la ligne (fluide, brisée, raturée, tremblante), vitesse d’exécution et minutie du travail.
- Structuration spatiale : emplacement de la figure sur la feuille (centrage équilibré, ancrage bas exprimant l’insécurité ou la dépression, fuite vers le haut traduisant l’imaginaire ou l’instabilité, écrasement latéral gauche/droit), taille relative de la silhouette par rapport à la page.
- Détails anatomiques essentiels : présence et articulation des structures fondamentales (tête, tronc, cou, membres supérieurs, membres inférieurs, yeux, nez, bouche, oreilles, cheveux).
- Détails accessoires et vestimentaires : vêtements, poches, boutons, cravates, ceintures, bijoux, armes, chapeaux, traduisant le degré de conformisme social, de rigidité surmoïque ou de compensation défensive.
- Différenciation sexuelle : mise en évidence des caractères sexuels secondaires (poitrine, pilosité, silhouette androïde/gynoïde), cohérence chronologique du dessin du sexe assigné et du sexe opposé.
- Dynamisme et posture : personnage rigide et statique (« de face, bras plaqués au corps »), profil défensif ou silhouette en mouvement expressif (course, danse, travail).
8. Exemples et cas illustratifs
Pour mieux comprendre la mise en œuvre pratique du DAP, deux situations cliniques distinctes mettent en exergue l’apport différentiel de l’outil selon le profil du patient.
Dans le premier cas, un enfant de 6 ans adressé pour suspicion de retard des apprentissages scolaires réalise le DAP. Le tracé montre une silhouette de type bonhomme têtard tardif, avec une absence de tronc, deux bras filiformes émergeant directement d’un cercle céphalique grossier et l’absence totale de doigts ou de cou. La cotation selon l’échelle développementale de Goodenough-Harris aboutit à un score standardisé très inférieur à la moyenne des enfants de sa classe d’âge. Ce résultat confirme un retard de la maturité visuo-spatiale et conceptuelle, justifiant un bilan neuropsychologique approfondi et un accompagnement en psychomotricité.
Dans le second cas, une adolescente de 15 ans suivie en consultation pour une symptomatologie d’anorexie mentale dessine une figure féminine d’une maigreur squelettique, aux contours tracés avec une pression excessive ayant déchiré le papier par endroits, tandis que la tête est disproportionnellement volumineuse avec des yeux hypervigilants sans pupilles. Le dessin du personnage masculin qui suit est minuscule, relégué dans un coin inférieur de la page et dépourvu de mains. L’analyse projective suggère une omnipotence du contrôle intellectuel, une angoisse massive d’intrusion corporelle et une profonde altération de l’image de soi, fournissant des leviers précieux pour la psychothérapie individuelle.
9. Mesure, cotation et évaluation
La passation du DAP obéit à un protocole standardisé : le clinicien remet au participant une feuille de format A4 blanc uni non ligné et un crayon à papier graphite de dureté moyenne (HB), accompagné d’une gomme. La consigne fondamentale est : « Dessinez une personne, aussi bien que vous le pouvez ». En contexte projectif selon Machover, dès que le premier dessin est achevé, la feuille est retirée et une nouvelle est présentée avec l’instruction : « Maintenant, dessinez une personne de l’autre sexe ».
La cotation psychométrique s’appuie sur des systèmes de critères stricts. Le système Goodenough-Harris évalue 73 items pour la figure masculine et 71 items pour la figure féminine (présence des articulations, proportions de la tête par rapport au corps, présence de narines, perspective vestimentaire, etc.). Le système Naglieri (DAP:QSS) retient quant à lui 64 critères standardisés étalonnés sur un vaste échantillon normatif représentatif, fournissant une note globale d’efficience non verbale.
L’évaluation projective, en revanche, s’intéresse aux distorsions qualitatives et aux manifestations d’angoisse durant l’exécution : commentaires spontanés du sujet, effacements répétés d’une même région corporelle, hésitations, refus initial ou verbalisations dévalorisantes (« je ne sais pas faire », « il est moche »). Le clinicien synthétise ces données au sein d’une approche holistique, sans jamais isoler un signe graphique de sa cohérence d’ensemble.
10. Applications et portée pratique
Le test du dessin d’une personne bénéficie d’une diffusion planétaire et s’applique à de multiples secteurs de la pratique psychologique :
En psychologie clinique infanto-juvénile, il constitue un brise-glace incomparable. Le dessin est une activité familière et ludique pour la majorité des enfants, ce qui réduit l’anxiété inhérente au cadre de consultation tout en offrant un premier aperçu des compétences développementales et de la sécurité affective.
En psychiatrie de l’adulte et en milieu institutionnel, le test est fréquemment employé pour repérer des indices d’atteintes psychotiques (désintégration de l’enveloppe corporelle, yeux omnivoyants, transparence bizarre des organes internes), de dépression sévère (dessins microscopiques, traits filiformes sans vigueur, omission des visages) ou d’altérations cérébrales organiques dans le cadre de bilans gériatriques évaluant le déclin praxique et démentiel.
En milieu scolaire et psychoéducatif, le DAP sert d’outil de dépistage rapide (screening) pour orienter des élèves en difficulté vers des examens psychologiques complets lorsque les représentations graphiques trahissent une immaturité praxique notable.
11. Recherche et données empiriques
L’assise scientifique du test DAP varie considérablement selon que l’on considère son volet psychométrique ou son versant projectif, comme l’ont souligné de nombreuses méta-analyses en psychométrie clinique.
Les échelles quantitatives objectives, telles que le DAP:QSS de Naglieri ou le système de Goodenough-Harris, présentent une fidélité inter-juges satisfaisante (souvent comprise entre r = 0,80 et r = 0,95) et une fidélité test-retest acceptable sur de courtes périodes. Les corrélations avec les échelles globales de quotient intellectuel (comme les échelles de Wechsler) se situent généralement dans une fourchette modérée (entre r = 0,40 et r = 0,60), démontrant que le dessin mesure une composante spécifique de l’efficience spatiale et conceptuelle plutôt qu’un facteur g unitaire.
En revanche, les études empiriques rigoureuses consacrées à la validité projective de l’approche de Machover ont soulevé des doutes substantiels. Les recherches systématiques conduites notamment par Lilienfeld, Wood et Garb (2000) ont démontré que les correspondances directes « un signe = un trait pathologique » (comme associer des yeux disproportionnés à la paranoïa, ou de grandes dents à l’agressivité sadique) échouent systématiquement à atteindre le seuil de signification statistique. Les résultats montrent que les cliniciens tendent à être victimes de corrélations illusoires lorsqu’ils interprètent ces signes de manière atomisée.
12. Considérations socioculturelles et transculturelles
Bien que le corps humain soit une constante universelle de la biologie de l’espèce, sa traduction graphique est profondément tributaire des codes culturels, de la scolarisation et des influences médiatiques. Les postulats originels de Goodenough, qui envisageait le dessin du bonhomme comme un test affranchi de toute empreinte culturelle (culture-free), ont été fermement démentis par l’anthropologie et la psychologie transculturelle.
Dans les sociétés occidentales fortement scolarisées et baignées de représentations visuelles, les enfants acquièrent des conventions stylistiques précises (stéréotypes vestimentaires, personnages issus des dessins animés ou des mangas, etc.) qui biaisent la spontanéité du tracé. À l’inverse, dans les communautés rurales ou traditionnelles où l’accès au papier et aux instruments scripteurs est restreint, un enfant tout à fait équilibré et intelligent sur le plan adaptatif peut produire des dessins d’allure archaïque, simplement par manque de familiarité avec le support bidimensionnel.
De surcroît, les normes de pudeur corporelle, les codes de parure et les représentations des rôles masculins et féminins varient d’une aire culturelle à l’autre. L’omission de certains attributs anatomiques ou vestimentaires peut traduire un respect scrupuleux des tabous locaux plutôt qu’un déficit cognitif ou une inhibition névrotique.
13. Critiques, controverses et limites
L’utilisation clinique et diagnostique du DAP a suscité des débats particulièrement passionnés au sein de la communauté scientifique :
La critique méthodologique majeure dénonce le manque de validité empirique incrémentielle des interprétations projectives. De nombreux chercheurs en psychologie clinique factuelle soutiennent que l’interprétation subjective du DAP n’ajoute aucune valeur prédictive par rapport à des inventaires standardisés de personnalité validés scientifiquement (comme le MMPI ou le BASC).
Une seconde controverse concerne le risque de surdiagnostic et de faux positifs en matière d’abus sexuels et de maltraitance infantile. Des praticiens peu formés ont parfois tenté d’identifier des traumatismes sexuels sur la simple base de détails génitaux apparents ou de ratures intempestives sur le dessin, pratique fermement condamnée par les consensus scientifiques actuels, le dessin ne pouvant en aucun cas servir de preuve médico-légale à lui seul.
Enfin, la performance au dessin est fortement contaminée par le talent artistique intrinsèque, l’intérêt spontané pour les arts plastiques et le niveau de motricité fine du sujet, variables parasites qui peuvent masquer les réelles compétences cognitives ou affectives d’un individu.
14. Termes connexes et distinctions conceptuelles
Le DAP s’inscrit au sein d’une constellation d’épreuves graphiques dont il importe de distinguer les spécificités méthodologiques :
- Test du bonhomme de Goodenough-Harris : Version strictement psychométrique et quantitative du test, orientée exclusivement vers l’évaluation du développement cognitif et non vers la personnalité.
- Test de la maison, de l’arbre et de la personne (HTP – House-Tree-Person) : Conçu par John Buck en 1948, ce test élargit l’exploration projective en associant au dessin de la personne ceux d’une maison (symbolisant la vie familiale et l’accessibilité affective) et d’un arbre (reflétant l’histoire vitale et les strates psychiques profondes).
- Test du dessin de la famille (Corman) : Épreuve projective d’origine psychanalytique où le sujet dessine une famille imaginaire, permettant d’explorer les rivalités fraternelles, les conflits œdipiens et les places identificatoires au sein du système familial.
- Test de l’arbre de Koch : Test projectif graphique ciblant spécifiquement la silhouette d’un arbre pour appréhender les traumatismes biographiques et la maturation caractérielle globale.
- DAP:SPED (Draw A Person: Screening Procedure for Emotional Disturbance) : Système standardisé développé par Naglieri, McNeish et Bardos pour quantifier les troubles émotionnels chez l’enfant au moyen d’un score actuariel normé.
15. Synthèse et points clés à retenir
Le test du dessin d’une personne demeure l’une des techniques d’évaluation les plus polyvalentes et les plus répandues en psychologie clinique et scolaire. Son pouvoir évocateur réside dans sa simplicité logistique, son économie de moyens et sa capacité à engager la personne dans une production spontanée révélatrice de son identité et de ses compétences perceptivo-motrices.
Toutefois, la rigueur déontologique impose de distinguer formellement l’utilisation des grilles de cotation cognitives standardisées — qui possèdent des qualités métrologiques avérées pour le repérage de difficultés développementales — des interprétations projectives sauvages de la personnalité, dont les postulats symboliques univoques ont été largement invalidés par la recherche contemporaine. Utilisé avec prudence, esprit critique et toujours intégré au sein d’une batterie clinique diversifiée, le test DAP demeure un instrument relationnel et clinique de premier ordre.
Références
- Goodenough, F. L. (1926). Measurement of intelligence by drawings. World Book Company.
- Harris, D. B. (1963). Children’s drawings as measures of intellectual maturity: A revision and extension of the Goodenough Draw-a-Man test. Harcourt, Brace & World.
- Koppitz, E. M. (1968). Psychological evaluation of children’s human figure drawings. Grune & Stratton.
- Lilienfeld, S. O., Wood, J. M., & Garb, H. N. (2000). The scientific status of projective techniques. Psychological Science in the Public Interest, 1(2), 27–66. https://doi.org/10.1111/1529-1006.002
- Machover, K. (1949). Personality projection in the drawing of the human figure: A method of personality investigation. Charles C Thomas.
- Naglieri, J. A. (1988). Draw a Person: A quantitative scoring system (DAP:QSS). The Psychological Corporation.