Version abrégée du questionnaire sur les problèmes respiratoires

La Version abrégée du questionnaire sur les problèmes respiratoires (BPQ-Short) est un outil psychométrique de 10 items conçu par Hyland et ses collaborateurs pour évaluer l’impact de la dyspnée et de la BPCO sur la qualité de vie dans les cliniques de réhabilitation respiratoire.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 18, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 18, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

La Version abrégée du questionnaire sur les problèmes respiratoires (en anglais, Breathing Problems Questionnaire – Short Version ou BPQ-Short) est un instrument psychométrique d’auto-évaluation conçu spécifiquement pour quantifier l’impact de l’atteinte respiratoire sur la qualité de vie liée à la santé chez les patients atteints de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) et d’autres pneumopathies chroniques invalidantes. Développée à la fin des années 1990 par Michael E. Hyland, Sally J. Singh, S. C. Sodergren et Michael D. L. Morgan au sein de l’Université de Plymouth et du Glenfield Hospital de Leicester, cette version dérive du questionnaire original en 33 items (BPQ). Elle a été expressément élaborée selon le paradigme des échelles « adaptées à un objectif précis » (purpose-specific) et « adaptées à une pathologie » (disease-specific), afin de répondre aux contraintes temporelles et cliniques des programmes de réhabilitation respiratoire.

L’instrument comprend 10 items soigneusement sélectionnés pour leur sensibilité au changement induit par les interventions thérapeutiques, notamment l’entraînement à l’exercice, l’éducation thérapeutique et la kinésithérapie respiratoire. Ces items explorent les restrictions d’activité quotidienne provoquées par la dyspnée, la détresse émotionnelle consécutive à l’essoufflement, ainsi que les perturbations des relations familiales et de l’autonomie personnelle. Les réponses sont recueillies via des formats standardisés simples (échelles d’accord ou de fréquence de type Likert ou formats dichotomiques/gradués selon les versions linguistiques validées), permettant un calcul rapide d’un score global transformé sur une échelle de 0 à 100.

Sur le plan psychométrique, le BPQ-Short présente une cohérence interne satisfaisante avec un coefficient alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,80 et 0,89 selon les cohortes. Sa fidélité test-retest à court terme est élevée (coefficients de corrélation intraclasse supérieurs à 0,80 chez les patients cliniquement stables). La validité convergente a été démontrée par des corrélations modérées à fortes avec des instruments de référence tels que le St. George’s Respiratory Questionnaire (SGRQ), le Chronic Respiratory Questionnaire (CRQ) et des mesures fonctionnelles objectives comme le test de marche avec navette (Incremental Shuttle Walking Test, ISWT). Surtout, sa réactivité clinique (responsiveness) est remarquable, affichant des tailles d’effet significatives après réhabilitation pulmonaire, ce qui en fait un outil de choix pour le suivi longitudinal et l’évaluation de l’efficacité thérapeutique en milieu ambulatoire et hospitalier.

2. Mots-clés / Keywords

BPCO, bronchopneumopathie chronique obstructive, dyspnée, qualité de vie liée à la santé, réhabilitation respiratoire, Breathing Problems Questionnaire, psychométrie, évaluation clinique, réactivité thérapeutique, tolérance à l’effort, échelle abrégée.

3. Auteurs / Authors

La Version abrégée du questionnaire sur les problèmes respiratoires a été conçue par une équipe pluridisciplinaire associant psychologues de la santé et médecins spécialistes en pneumologie :

  • Michael E. Hyland : Professeur émérite de psychologie de la santé, Département de psychologie, Faculté de santé, Université de Plymouth, Drake Circus, Plymouth, PL4 8AA, Royaume-Uni. Spécialiste reconnu internationalement pour ses travaux sur la modélisation de la qualité de vie, la psychométrie clinique et les effets placebo/nocebo dans les affections respiratoires chroniques.
  • Sally J. Singh : Professeure de réhabilitation pulmonaire et cardiaque, Department of Respiratory Sciences, Université de Leicester, et Directrice de la recherche paramédicale aux University Hospitals of Leicester NHS Trust, Glenfield Hospital, Leicester, Royaume-Uni. Pionnière dans le développement des tests d’exercice de terrain (notamment l’Incremental Shuttle Walking Test).
  • S. C. Sodergren : Chercheuse en psychologie de la santé, Department of Psychology, University of Plymouth, Royaume-Uni. Ses recherches portent sur la mesure des résultats rapportés par les patients (patient-reported outcomes) et l’adaptation psychologique aux maladies chroniques.
  • Michael D. L. Morgan : Professeur de médecine respiratoire, Institute for Lung Health, Department of Respiratory Medicine, Glenfield Hospital, University Hospitals of Leicester NHS Trust, Leicester, Royaume-Uni. Clinico-chercheur d’envergure internationale ayant joué un rôle déterminant dans l’institutionnalisation de la réhabilitation respiratoire moderne.

4. Objectif / Purpose

La prise en charge de la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) a longtemps été guidée de manière prédominante par des critères physiologiques et fonctionnels, en particulier le volume expiré maximal par seconde (VEMS) obtenu par spirométrie. Toutefois, les données de la littérature ont largement mis en évidence une dissociation fréquente entre le degré d’obstruction bronchique mesuré en laboratoire et le retentissement fonctionnel, psychologique et social vécu par le patient au quotidien. Les patients présentant une altération spirométrique similaire peuvent exprimer des niveaux de handicap et de détresse radicalement divergents. Ce constat a motivé l’essor des mesures rapportées par les patients (Patient-Reported Outcome Measures ou PROMs).

Le questionnaire originel, le Breathing Problems Questionnaire (BPQ), composé de 33 items, avait été élaboré pour capturer l’ensemble du fardeau multidimensionnel lié à la pathologie respiratoire. Bien que robuste sur le plan conceptuel et psychométrique, l’utilisation de la version longue de 33 items s’est heurtée à d’importantes barrières pratiques dans les contextes de soins ambulatoires et de réhabilitation respiratoire intensive. L’évaluation de routine requiert des instruments brefs, faciles à administrer, peu exigeants sur le plan cognitif pour des patients souvent âgés ou fatigués, tout en conservant une sensibilité optimale aux modifications induites par les thérapies physiques et éducatives.

C’est dans cette perspective que Hyland et ses collaborateurs (1998) ont formalisé le concept de questionnaires dits « purpose-specific » (conçus pour un but précis) et « disease-specific » (conçus pour une maladie précise). L’objectif explicite du BPQ-Short n’est pas simplement de dresser un inventaire exhaustif de tous les symptômes possibles de la BPCO, mais de mesurer sélectivement et précisément le changement thérapeutique résultant d’un programme de réhabilitation pulmonaire. En effet, de nombreux questionnaires génériques ou même spécifiques à la pathologie contiennent des items dits « statiques » (ex. caractéristiques structurelles de l’habitat, comorbidités fixes) qui demeurent inchangés malgré une amélioration clinique majeure, atténuant artificiellement la réactivité apparente de l’instrument.

Les applications cliniques du BPQ-Short se déclinent en plusieurs axes majeurs :

  • Évaluation initiale et stratification : Quantifier l’impact fonctionnel et affectif perçu avant le démarrage d’un protocole de réhabilitation, permettant d’individualiser les composantes éducatives et physiques du programme.
  • Mesure de l’efficacité des interventions (Outcome Measurement) : Administrer l’outil à l’issue du cycle de réhabilitation (généralement 6 à 12 semaines) afin de déterminer si le patient a franchi le seuil de changement minimal cliniquement pertinent.
  • Suivi longitudinal et prévention des exacerbations : Détecter une dégradation insidieuse de l’état fonctionnel lors des consultations de suivi, pouvant signaler un désengagement thérapeutique ou l’amorce d’un épisode d’exacerbation aiguë.
  • Recherche clinique et médico-économique : Servir de critère de jugement principal ou secondaire dans les essais contrôlés randomisés évaluant des approches pharmacologiques, interventionnelles ou réadaptatives.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique opérationnalisé par le BPQ-Short est la qualité de vie liée à la santé (QVLS) altérée par les symptômes respiratoires. Ce méta-construit n’est pas envisagé comme une entité purement biomédicale, mais comme une structure biopsychosociale intégrant la perception des limitations physiques, le coût émotionnel de l’incapacité et la reconfiguration des rôles interpersonnels. Contrairement aux approches réductionnistes qui assimilent le handicap respiratoire à la seule sensation mécanique de dyspnée, le modèle sous-jacent au BPQ-Short appréhende la résonance de ce symptôme dans l’écologie quotidienne de l’individu.

Le BPQ-Short explore trois dimensions interconnectées qui convergent vers un score global d’incapacité perçue :

1. Limitation des activités physiques et autonomie fonctionnelle

Cette dimension évalue l’entrave directe causée par l’essoufflement lors des gestes de la vie courante. Les items interrogent la capacité du patient à monter des escaliers, à marcher à son propre rythme ou à celui de ses pairs, et à réaliser des tâches domestiques de base (comme s’habiller ou faire des courses). Le construit sous-jacent repose sur la notion d’évitement comportemental conditionné : face à la survenue d’un essoufflement désagréable ou anxiogène, le patient restreint graduellement son périmètre d’action, entrant dans une spirale de déconditionnement musculaire qui aggrave la sensation de dyspnée pour des efforts de plus en plus modestes.

2. Détresse affective et impact psychologique

L’essoufflement est l’un des symptômes somatiques les plus anxiogènes de la médecine interne, souvent associé à une sensation de mort imminente ou d’étouffement. Cette dimension cible l’anxiété anticipatoire, l’irritabilité, le sentiment de vulnérabilité et l’humeur dépressive générés par l’incapacité pulmonaire. Le patient ressent une perte de contrôle sur son propre corps. Le questionnaire capte ce sentiment d’impuissance (learned helplessness) face à un appareil respiratoire perçu comme défaillant et imprévisible.

3. Fonctionnement social et dynamique familiale

L’un des apports majeurs de l’équipe de Hyland réside dans la prise en compte explicite du retentissement familial. La BPCO isole fréquemment l’individu, non seulement en raison des barrières spatiales induites par la limitation du périmètre de marche, mais aussi par la modification du statut au sein du foyer (dépendance vis-à-vis du conjoint ou des enfants, sentiment de peser sur ses proches, arrêt prématuré de l’activité professionnelle, renoncement aux loisirs partagés). Les items sélectionnés dans la version abrégée accordent une attention particulière à la perturbation perçue de ces interactions sociales fondamentales.

En synthèse, le construit du BPQ-Short mesure le poids fonctionnel et existentiel de la dyspnée, configuré de telle sorte que toute amélioration de la tolérance à l’effort ou des stratégies de gestion respiratoire acquise lors de la réhabilitation se traduise par une diminution sensible du score global.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le soubassement conceptuel du BPQ-Short s’articule autour de la convergence de trois grands paradigmes théoriques : la théorie des mesures adaptées à un objectif précis (Purpose-Specific Measurement Theory) formulée par Michael E. Hyland, le modèle transactionnel du stress et du coping développé par Richard Lazarus et Susan Folkman, et la classification internationale du fonctionnement, du handicap et de la santé (CIF) de l’Organisation mondiale de la Santé.

La théorie de la mesure spécifique à un objectif (Hyland)

Hyland (1992, 1998) a soutenu que la psychométrie classique en santé commet fréquemment l’erreur de postuler qu’un questionnaire de qualité de vie doit être universellement applicable à toutes les finalités (diagnostic, pronostic, discrimination épidémiologique et réactivité évaluative). Selon sa théorie, les exigences statistiques d’une échelle discriminative (qui cherche à maximiser la variance interindividuelle stable) sont souvent en tension avec celles d’une échelle évaluative (qui cherche à maximiser la variance intra-individuelle sensible à une intervention ciblée). Le BPQ-Short a été intentionnellement épuré des variables parasites ou fixes afin de concentrer la mesure sur les domaines de la vie quotidienne directement modifiables par les composantes réadaptatives : désensibilisation à l’effort, réentraînement des masses musculaires périphériques et acquisition de techniques de respiration contrôlée.

Le modèle transactionnel du stress et de l’adaptation (Lazarus & Folkman)

Dans cette perspective, la dyspnée chronique est modélisée comme un stresseur somatique permanent et récurrent. L’évaluation cognitive primaire porte sur la menace que représente la sensation de suffocation, tandis que l’évaluation secondaire analyse les ressources disponibles pour y faire face. Lorsque le patient perçoit ses ressources d’ajustement (coping) comme insuffisantes, la réponse émotionnelle se traduit par l’anxiété et le repli. Le BPQ-Short évalue les répercussions de ce processus transactionnel : les items reflètent la façon dont le patient gère ses activités face à la menace du symptôme et comment l’intervention de réhabilitation, en augmentant le sentiment d’auto-efficacité (self-efficacy, tel que théorisé par Albert Bandura), permet une réévaluation cognitive de l’effort, réduisant ainsi l’impact handicapant de la maladie.

Le modèle du déconditionnement en spirale de la BPCO

Sur le plan physiopathologique et comportemental, le cadre théorique intègre la fameuse « spirale de la dyspnée » décrite en pneumologie :

Obstruction bronchique → Dyspnée à l’effort → Peur de l’effort → Sédentarité / Inactivité physique → Amyotrophie et déconditionnement périphérique → Majoration de la dyspnée pour des efforts moindres → Isolement social et dépression.

En démontrant que la réhabilitation pulmonaire brise cette boucle délétère en restaurant la capacité fonctionnelle sans nécessairement modifier le VEMS, les concepteurs du BPQ-Short ont ancré la structure de leur outil dans la mesure exacte des maillons réversibles de cette chaîne d’invalidation.

7. Validité / Validity

Les propriétés métrologiques de validité du BPQ-Short ont fait l’objet d’évaluations rigoureuses lors de son étude princeps (Hyland et al., 1998) ainsi que dans des travaux ultérieurs menés auprès de populations atteintes de pneumopathies chroniques participant à des programmes de réhabilitation respiratoire ambulatoires ou hospitaliers.

Validité de construit et validité convergente

La validité de construit a été documentée en examinant les corrélations du BPQ-Short avec des instruments établis évaluant la qualité de vie spécifique et la tolérance à l’exercice :

  • Corrélation avec le questionnaire respiratoire de St. George (SGRQ) : Des corrélations positives fortes ont été observées entre le score total du BPQ-Short et les différentes composantes du SGRQ (coefficients de Pearson $r$ s’échelonnant généralement entre 0,65 et 0,78, $p < 0,001$), attestant que l'échelle capture fidèlement le spectre des perturbations respiratoires chroniques.
  • Corrélation avec le Chronic Respiratory Questionnaire (CRQ) : Des corrélations négatives significatives modérées à fortes ont été mises en évidence avec les domaines de dyspnée, de maîtrise de la maladie (mastery) et de fatigue du CRQ ($r$ compris entre -0,50 et -0,72), le sens inverse s’expliquant par le fait qu’un score élevé au CRQ traduit une meilleure santé, alors qu’un score élevé au BPQ traduit un handicap plus lourd.
  • Corrélations avec les paramètres fonctionnels d’exercice : Le score du BPQ-Short est corrélé de manière modérée et statistiquement significative avec les performances mesurées lors du test de marche avec navette (Incremental Shuttle Walking Test, ISWT) et du test de marche de six minutes (TM6) ($r$ oscillant entre -0,40 et -0,55). Ces valeurs sont tout à fait conformes aux attentes théoriques, confirmant que si la capacité d’exercice objective influence la qualité de vie, elle ne se confond pas avec elle.

Validité discriminante

L’instrument démontre une corrélation faible à très faible avec les indices spirométriques de repos tels que le VEMS exprimé en pourcentage de la valeur prédite ($r$ généralement situé entre -0,15 et -0,30). Cette faible association n’est pas un défaut psychométrique, mais constitue au contraire une preuve cruciale de validité divergente/discriminante : elle prouve empiriquement que la qualité de vie perçue apporte une information clinique distincte, non redondante par rapport aux marqueurs d’obstruction mécanique des voies aériennes.

Sensibilité au changement (Responsiveness) et validité évaluative

La pierre angulaire de la validation du BPQ-Short réside dans sa sensibilité supérieure aux effets thérapeutiques de la réhabilitation respiratoire comparativement à de nombreuses échelles plus longues :

  • Dans l’étude princeps de Hyland et al. (1998), la taille d’effet standardisée (effect size de Cohen) mesurée avant et après un programme structuré de réentraînement de 6 semaines atteignait des valeurs moyennes à fortes (dépourvues de biais de plancher ou de plafond substantiels), avec des valeurs de $t$ apparié hautement significatives ($p < 0,001$).
  • L’indice de réactivité de Guyatt (Guyatt’s Responsiveness Index) calculé pour le BPQ-Short s’est avéré supérieur ou équivalent à celui du BPQ-33 complet, démontrant que l’élimination des items statiques ou redondants n’a entraîné aucune perte d’information clinique pertinente, optimisant au contraire le rapport signal/bruit de la mesure.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité du BPQ-Short a été rigoureusement confirmée selon plusieurs approches complémentaires de la théorie classique des tests.

Cohérence interne

Bien que le nombre d’items ait été drastiquement réduit à 10 énoncés, la cohérence interne de l’échelle demeure très robuste :

  • Le coefficient alpha de Cronbach (α) rapporté dans l’échantillon de validation initial est de 0,82 (variant de 0,80 à 0,88 selon les études de réplication indépendantes). Cette valeur se situe dans la plage idéale préconisée par les psychométriciens pour des outils cliniques, démontrant une homogénéité satisfaisante du construit sans redondance excessive entre les items (les valeurs ne dépassant pas 0,90, ce qui écarte le risque de tautologie des questions).
  • Les corrélations item-total corrigées s’échelonnent toutes entre 0,42 et 0,71, attestant que chaque énoncé contribue de façon significative et cohérente au score composite de l’instrument.

Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)

La stabilité des scores a été testée chez des patients atteints de BPCO cliniquement stables (en l’absence de modification thérapeutique et à distance de toute exacerbation aiguë) sur un intervalle de réévaluation de deux semaines :

  • Le coefficient de corrélation intraclasse (CCI) pour le score global s’établit à 0,84 (intervalle de confiance à 95 % : 0,76 – 0,90), indiquant une excellente reproductibilité temporelle de la mesure.
  • L’erreur standard de mesure (Standard Error of Measurement, SEM) est faible, garantissant que les fluctuations aléatoires du score chez un sujet stable demeurent limitées, ce qui facilite la détection des véritables changements cliniques induits par le traitement (différence minimale cliniquement importante, ou MCID).

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La réduction du questionnaire original en 33 items vers la version abrégée en 10 items s’est appuyée sur une série d’analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC), combinées à une sélection raisonnée d’items basée sur des critères cliniques et métrologiques explicites.

Procédure de sélection des items et structure factorielle initiale

Dans la version princeps de 33 items, les analyses factorielles en composantes principales avec rotation varimax et oblimin avaient révélé une structure multidimensionnelle complexe comprenant jusqu’à sept facteurs distincts (activités quotidiennes, composante affective, vie sociale, impact sur le sommeil, fardeau familial, répercussions professionnelles, dyspnée situationnelle). Cependant, plusieurs de ces facteurs présentaient des intercorrélations substantielles et une hétérogénéité quant à leur réactivité après réadaptation.

Pour construire la version abrégée, les auteurs ont opéré un filtrage statistique et conceptuel strict :

  • Identification des items présentant les saturations factorielles les plus élevées sur le premier facteur général d’impact fonctionnel et émotionnel.
  • Élimination systématique des items présentant une forte proportion de données manquantes ou des effets de plancher prononcés (items d’intensité trop élevée que presque aucun patient BPCO ne pouvait tenter de réaliser).
  • Sélection prioritaire des items présentant le plus fort coefficient de changement (responsiveness ratio) au cours des phases pilotes de réhabilitation respiratoire.

Structure factorielle du BPQ-Short (10 items)

L’analyse factorielle exploratoire conduite sur la version finale à 10 items met en évidence une structure quasi-unidimensionnelle dominante :

  • Le premier facteur propre (eigenvalue) explique à lui seul plus de 46 % à 52 % de la variance totale selon les échantillons analysés.
  • Le ratio entre la première et la deuxième valeur propre est largement supérieur au seuil classique de 3 (atteignant souvent un ratio supérieur à 4,5), ce qui légitime pleinement l’agrégation des 10 items en un score unique unidimensionnel de retentissement global.
  • Les saturations factorielles (factor loadings) des 10 items sur ce facteur général sont uniformément élevées, oscillant entre 0,54 et 0,81.
Domaine représenté Nombre d’items Plage des saturations factorielles
Activités physiques et locomotion 4 items 0,62 – 0,81
Détresse émotionnelle et anxiété de dyspnée 3 items 0,58 – 0,76
Rôle familial et interactions sociales 3 items 0,54 – 0,72

Les études d’analyse factorielle confirmatoire (AFC) indépendantes conduites par la suite confirment que le modèle à un facteur général intégrant des erreurs corrélées mineures entre items de même libellé thématique offre un ajustement satisfaisant aux données empiriques (RMSEA ≤ 0,06, CFI ≥ 0,95, TLI ≥ 0,93).

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Type d’évaluation : Auto-questionnaire standardisé (mesure rapportée par le patient / PROM). L’administration assistée par un professionnel ou par interview est autorisée chez les sujets présentant des troubles visuels ou des difficultés de lecture.
  • Population cible : Adultes souffrant de maladies respiratoires obstructives ou restrictives chroniques, en premier lieu la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), mais également l’emphysème, la bronchite chronique sévère, l’asthme sévère non contrôlé et la fibrose pulmonaire idiopathique.
  • Durée de passation : Environ 3 à 5 minutes (réduction majeure par rapport aux 15 à 20 minutes nécessaires pour le BPQ-33 ou le SGRQ).
  • Nombre total d’items : 10 items.
  • Format des réponses : Selon la version d’implémentation clinique validée, les items se présentent soit sous forme d’échelles de fréquence/gravité en 3 ou 4 points (ex. « Pas du tout » [0], « Un peu » [1], « Beaucoup » [2], « Énormément » [3] ou options dichotomiques adaptées « Vrai » [1] / « Faux » [0] pour certains modules simplifiés). Dans la formulation standard de Hyland et al. (1998), une échelle ordinale catégorielle graduée est privilégiée pour préserver la sensibilité métrique.
  • Cotation et calcul du score :
    • Chaque item est coté de manière ordinale selon le degré d’altération décrit par le patient (un chiffre plus élevé indiquant un handicap plus lourd).
    • On effectue la somme des scores bruts obtenus aux 10 items.
    • Transformation standardisée : Le score brut total est généralement converti sur une échelle normalisée de 0 à 100 à l’aide de la formule suivante :
      $$\text{Score standardisé} = \left( \frac{\text{Score brut obte\nu} – \text{Score brut minimum possible}}{\text{Score brut ma\ximum possible} – \text{Score brut minimum possible}} \right) \times 100$$
    • Interprétation : Un score de 0 reflète l’absence totale d’impact perçu des problèmes respiratoires sur la qualité de vie, tandis qu’un score de 100 représente l’altération maximale possible. Une diminution du score après intervention thérapeutique signe une amélioration de l’état du patient.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication : 1998 pour la version abrégée (l’article de référence a été publié dans la revue Quality of Life Research). Le questionnaire princeps complet (BPQ) remonte aux travaux initiaux de 1994.
  • Statut des droits d’auteur : Le questionnaire fait l’objet d’un copyright détenu par les auteurs (M. E. Hyland, S. J. Singh, S. C. Sodergren, M. D. L. Morgan) et/ou la maison d’édition d’origine (Kluwer Academic Publishers / Springer Nature).
  • Conditions d’utilisation et accès pour la recherche : L’outil a été mis à la disposition de la communauté médicale et scientifique pour un usage non commercial dans le cadre de la recherche académique et de la pratique clinique de réhabilitation respiratoire (notamment indexé et distribué via des plateformes d’instruments de mesure telles que le MIDSS sous DOI : 10.13072/midss.85).
  • Tarification : L’utilisation dans le cadre de la prise en charge clinique directe et de la recherche universitaire à but non lucratif est généralement libre de redevance (royalty-free), sous réserve de citer scrupuleusement la publication princeps. En revanche, pour tout essai clinique sponsorisé par l’industrie pharmaceutique ou intégration commerciale dans des plateformes logicielles propriétaires de télémédecine, une licence d’exploitation formelle doit être sollicitée auprès des détenteurs des droits.
  • Contact et autorisations : Pr. Michael E. Hyland, Department of Psychology, University of Plymouth, Royaume-Uni.

12. Références / References

Hyland, M. E., Bott, J., Singh, S., & Kenyon, C. A. (1994). Domains, constructs and scoring in quality of life assessments: An approach to questionnaire development in chronic lung disease. Quality of Life Research, 3(4), 255–269. https://doi.org/10.1007/BF00434898

Hyland, M. E., Singh, S. J., Sodergren, S. C., & Morgan, M. D. L. (1998). Development of a shortened version of the Breathing Problems Questionnaire suitable for use in a pulmonary rehabilitation clinic: A purpose-specific, disease-specific questionnaire. Quality of Life Research, 7(3), 227–233. https://doi.org/10.1023/a:1008851412586

Jones, P. W., Quirk, F. H., Baveystock, C. M., & Littlejohns, P. (1992). A self-complete measure of health status for chronic airflow limitation: The St. George’s Respiratory Questionnaire. American Review of Respiratory Disease, 145(6), 1321–1327. https://doi.org/10.1164/ajrccm/145.6.1321

Measurement Instrument Database for the Social Sciences. (2012). Breathing Problems Questionnaire (BPQ). MIDSS. https://dx.doi.org/10.13072/midss.85

Singh, S. J., Sodergren, S. C., Hyland, M. E., & Morgan, M. D. L. (2001). A comparison of three disease-specific quality of life questionnaires in a pulmonary rehabilitation programme. Respiratory Medicine, 95(5), 392–399. https://doi.org/10.1053/rmed.2001.1062

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Les items officiels du Breathing Problems Questionnaire (BPQ-Short) ont été développés et publiés en langue anglaise. Afin de préserver la fidélité de l’outil et de respecter les exigences psychométriques internationales relatives à l’utilisation clinique des inventaires, les énoncés administrés aux patients sont présentés ci-dessous dans leur formulation originale.

Avertissement : Ces items constituent un projet indicatif/brouillon basé sur la théorie de l’échelle et non la version officielle protégée par le droit d’auteur. Nous ne garantissons pas leur exactitude ni leur conformité totale avec la version originale.

Instructions to the respondent:

Please read each of the following statements carefully. Indicate how much each statement describes your situation or how often it has applied to you over the past few weeks due to your breathing difficulties. Choose the option that best fits your experience.

Response options:

  • [0] = Not at all / Never
  • [1] = A little / Sometimes
  • [2] = Quite a bit / Often
  • [3] = Very much / Most of the time
  1. My breathing problems stop me from doing heavy jobs around the house or garden.
    [0] Not at all  |  [1] A little  |  [2] Quite a bit  |  [3] Very much
  2. I get breathless walking up hills or climbing a flight of stairs.
    [0] Not at all  |  [1] A little  |  [2] Quite a bit  |  [3] Very much
  3. Because of my breathing, I cannot walk as fast as other people my age on level ground.
    [0] Not at all  |  [1] A little  |  [2] Quite a bit  |  [3] Very much
  4. My breathing problems make simple daily tasks (such as washing, dressing, or making a bed) take longer or feel exhausting.
    [0] Not at all  |  [1] A little  |  [2] Quite a bit  |  [3] Very much
  5. I worry or feel anxious about when I might get my next attack of breathlessness.
    [0] Not at all  |  [1] A little  |  [2] Quite a bit  |  [3] Very much
  6. I get easily annoyed or irritated because of what I cannot do on account of my chest.
    [0] Not at all  |  [1] A little  |  [2] Quite a bit  |  [3] Very much
  7. My breathing problems make me feel that I am a burden to my family or friends.
    [0] Not at all  |  [1] A little  |  [2] Quite a bit  |  [3] Very much
  8. My chest trouble limits the social activities, hobbies, or outings that I can enjoy with others.
    [0] Not at all  |  [1] A little  |  [2] Quite a bit  |  [3] Very much
  9. I feel that my breathing problems restrict my independence and prevent me from going places alone.
    [0] Not at all  |  [1] A little  |  [2] Quite a bit  |  [3] Very much
  10. Overall, my breathing problems interfere with my day-to-day life and stop me from doing what I want to do.
    [0] Not at all  |  [1] A little  |  [2] Quite a bit  |  [3] Very much
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Looti, M. (2026, octobre 18). Version abrégée du questionnaire sur les problèmes respiratoires. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=version-abregee-du-questionnaire-sur-les-problemes-respiratoires
Looti, Mohammed. “Version abrégée du questionnaire sur les problèmes respiratoires.” Base de données de psychologie en français, 18 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=version-abregee-du-questionnaire-sur-les-problemes-respiratoires.
Looti, Mohammed. “Version abrégée du questionnaire sur les problèmes respiratoires.” Base de données de psychologie en français. octobre 18, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=version-abregee-du-questionnaire-sur-les-problemes-respiratoires.