1. Résumé / Abstract
Le Questionnaire d’empathie de Toronto (Toronto Empathy Questionnaire, TEQ), conçu par R. Nathan Spreng, Margaret C. McKinnon, Raymond A. Mar et Brian Levine en 2009, est un instrument psychométrique bref composé de 16 items élaboré pour évaluer l’empathie appréhendée en tant que processus principalement émotionnel et affectif. Face à l’hétérogénéité conceptuelle et au fractionnement multidimensionnel des échelles préexistantes — telles que l’Interpersonal Reactivity Index (IRI) ou le Quotient d’Empathie (EQ) —, les concepteurs du TEQ ont procédé à une analyse factorielle des éléments communs aux principaux outils d’évaluation afin d’en extraire un facteur unitaire robuste. L’instrument mobilise une échelle de réponse ordinale de type Likert en 5 points allant de 0 (« Jamais ») à 4 (« Toujours »), comprenant une répartition équilibrée de 8 items formulés positivement et 8 items inversés, générant un score total continu compris entre 0 et 64 points.
Les investigations psychométriques initiales et transculturelles démontrent une excellente cohérence interne (coefficient alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,85 et 0,87), ainsi qu’une remarquable stabilité temporelle test-retest (r = 0,81 sur plusieurs semaines). La validité de construit est étayée par des corrélations positives robustes avec les mesures reconnues d’empathie affective, d’évaluation prosociale et de décodage émotionnel (notamment le test de lecture de l’esprit dans le regard, Reading the Mind in the Eyes Test), parallèlement à une corrélation inverse significative avec les indices de symptomatologie du spectre de l’autisme mesurés par le Autism-Spectrum Quotient (AQ). Le TEQ s’impose ainsi dans la recherche contemporaine en neurosciences cognitives et sociales, en psychologie clinique et en psychiatrie comme un instrument parcimonieux, valide et fiable pour quantifier la disposition empathique fondamentale chez l’adulte.
2. Mots-clés / Keywords
Questionnaire d’empathie de Toronto, empathie affective, évaluation psychométrique, cognition sociale, résonance émotionnelle, contagion affective, théorie de l’esprit, neurosciences sociales, compassion, comportement prosocial, validation d’échelle, unidimensionnalité.
3. Auteurs / Authors
L’échelle a été développée et validée par une équipe de chercheurs spécialisés en neurosciences cognitives, psychologie clinique et psychométrie rattachés à plusieurs institutions universitaires et hospitalières canadiennes majeures :
- R. Nathan Spreng, Ph.D. : Département de psychologie, Université McGill / Laboratoire de neurosciences cognitives, Université Cornell (actuellement professeur titulaire au Département de neurologie et de neurochirurgie, Institut et hôpital neurologiques de Montréal, Université McGill, Montréal, Québec, Canada). Courriel institutionnel : [email protected].
- Margaret C. McKinnon, Ph.D., C.Psych. : Département de psychiatrie et neurosciences comportementales, Université McMaster et Centre des sciences de la santé St. Joseph, Hamilton, Ontario, Canada ; anciennement chercheuse postdoctorale au Rotman Research Institute, Baycrest Centre, Toronto, Ontario, Canada.
- Raymond A. Mar, Ph.D. : Département de psychologie, Université York, Toronto, Ontario, Canada.
- Brian Levine, Ph.D., C.Psych. : Rotman Research Institute, Baycrest Centre pour les soins gériatriques, et départements de psychologie et de médecine (neurologie), Université de Toronto, Toronto, Ontario, Canada.
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental du Questionnaire d’empathie de Toronto réside dans l’élaboration d’un instrument de mesure bref, standardisé et homogène, capable de quantifier le cœur affectif de l’empathie humaine sans la complexité ni la redondance factorielle associées aux instruments multidimensionnels volumineux. Historiquement, l’évaluation de l’empathie a été confrontée à un problème d’hétérogénéité théorique : certains inventaires mesurent simultanément des composantes cognitives (comme la prise de perspective ou l’attribution d’états mentaux), des réactions émotionnelles vicariantes (la détresse personnelle, la sympathie) et des aptitudes de décodage non verbal. Cette dispersion conceptuelle rendait difficile l’isolation d’un facteur d’empathie pur et conduisait fréquemment à des corrélations discordantes au sein de la littérature expérimentale et clinique.
Spreng et ses collaborateurs ont cherché à résoudre cette aporie en identifiant la variance partagée sous-jacente aux différents inventaires classiques (tels que le questionnaire d’Albert Mehrabian, l’IRI de Davis, ou l’échelle d’empathie de Hogan). L’objectif du TEQ est donc de saisir l’empathie conçue comme une réponse émotionnelle vicariante fondamentale, à savoir la propension innée et adaptative d’un individu à ressentir, reconnaître et partager de manière appropriée les états affectifs d’autrui, qu’il s’agisse de détresse, de tristesse ou de joie.
Dans le domaine de la recherche fondamentale, le TEQ sert d’indice quantitatif standardisé dans les protocoles de résonance magnétique fonctionnelle (IRMf), d’électroencéphalographie (EEG) et de psychophysiologie étudiant les corrélats neuronaux de la douleur partagée, du réseau par défaut et du système des neurones miroirs. Sa brièveté (16 items) permet son inclusion aisée dans de vastes batteries de tests sans induire de fatigue cognitive chez les participants.
Sur le plan des applications cliniques, le TEQ fournit un profil rapide des déficits socio-émotionnels observables dans diverses psychopathologies et troubles neurodéveloppementaux :
- Les troubles du spectre de l’autisme (TSA) : où l’empathie cognitive et le décodage implicite peuvent être altérés tandis que la sensibilité émotionnelle peut présenter des motifs distincts ;
- Les troubles de la personnalité psychopathique et antisociale : caractérisés par un déficit spécifique de résonance affective, d’affects compassionnels et de sollicitude pour la détresse d’autrui ;
- Les pathologies neurodégénératives : en particulier la démence frontotemporale variante comportementale (bvFTD), caractérisée par une érosion précoce et marquée de la contagion émotionnelle et de la sollicitude interpersonnelle ;
- La psychothérapie et la formation des soignants : comme outil d’évaluation pré- et post-intervention pour mesurer le développement des compétences relationnelles et de l’alliance thérapeutique.
5. Construit psychologique / Construct
Le Toronto Empathy Questionnaire opérationnalise l’empathie en tant que construit psychologique unidimensionnel, orienté vers les processus émotionnels et affectifs. Contrairement aux approches fractionnant artificiellement l’empathie en compartiments étanches, le TEQ repose sur le postulat théorique et statistique qu’il existe un tronc commun fondamental régissant l’expérience empathique humaine. Cette conceptualisation regroupe plusieurs facettes interconnectées qui concourent à une réactivité affective globale cohérente :
La contagion émotionnelle et le partage vicariant des affects
Cette composante réfère à la résonance affective automatique ressentie par un observateur face à l’état émotionnel d’un tiers. Il s’agit de la capacité fondamentale du système nerveux à s’accorder affectivement (« tuning in »). Le TEQ évalue à la fois le partage des affects positifs (item 1 : excitation partagée ; item 4 : joie d’un proche) et des affects négatifs, reflétant la perméabilité émotionnelle constructive sans basculer dans la sur-activation aversive.
La sollicitude empathique et la compassion (Sympathetic Concern)
Directement dérivée des modèles motivationnels de l’empathie, cette facette désigne les sentiments de tendresse, d’intérêt et d’inquiétude bienveillante éprouvés envers les individus moins fortunés, vulnérables ou souffrants (item 6 : sentiments de sollicitude envers les personnes défavorisées ; item 16 : impulsion protectrice face à l’exploitation d’autrui). Elle s’oppose à l’indifférence affective, au mépris ou à la désactivation défensive de l’empathie (items inversés 2, 10 et 14).
La sensibilité au décodage socio-émotionnel implicite
Bien que le TEQ se focalise sur la résonance affective, il intègre la prise de conscience immédiate des signaux non verbaux manifestés par autrui, condition préalable à la réponse émotionnelle appropriée (item 8 : perception de la tristesse non verbalisée ; item 9 : accordage intuitif avec l’humeur d’autrui). Cette dimension ne relève pas de la mentalisation cognitive abstraite, mais d’une lecture perceptivo-affective rapide de l’ambiance interpersonnelle.
La motivation prosociale et l’impulsion d’aide
L’empathie émotionnelle évaluée par le TEQ est intrinsèquement liée à un vecteur motivationnel altruiste. Lorsque la souffrance d’autrui est détectée, elle engendre une impulsion comportementale orientée vers l’apaisement et le soutien (item 5 : plaisir d’aider autrui à se sentir mieux ; item 13 : pulsion irrépressible de porter assistance à une personne bouleversée). À l’inverse, l’irritation face aux larmes (item 11) ou l’évitement délibéré des confidences d’un ami (item 7) marquent un dysfonctionnement de cette dynamique prosociale.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le développement du TEQ s’inscrit au carrefour de la psychologie sociale de l’empathie et des neurosciences affectives contemporaines. Sur le plan historique, le débat autour de la définition de l’empathie a oscillé entre deux traditions théoriques majeures :
1. L’approche cognitive (Théorie de l’esprit / Perspective-Taking)
Portée initialement par des théoriciens comme Jean Piaget, George Herbert Mead, puis affinée par Robert Selman et Simon Baron-Cohen, cette perspective conçoit l’empathie comme une capacité métacognitive permettant d’adopter le cadre de référence intellectuel d’autrui, de déduire ses croyances et de comprendre ses intentions. Cette approche a souvent été mesurée par des sous-échelles de « prise de perspective ».
2. L’approche affective et vicariante
Inaugurée par des auteurs comme Edward Titchener (qui a forgé le terme empathy à partir du grec empatheia et de l’allemand Einfühlung), puis formalisée par Martin Hoffman, C. Daniel Batson et Mark Davis, cette tradition soutient que l’essence adaptative et phylogénétique de l’empathie réside dans l’expérience émotionnelle partagée. Selon le modèle de Batson, c’est l’émotion empathique (« empathic concern ») qui constitue le moteur proximal de la motivation véritablement altruiste.
Le modèle perception-action (PAM) et l’ancrage neurobiologique
Le cadre théorique mobilisé par Spreng et al. (2009) s’harmonise avec le Perception-Action Model (PAM) développé par Stephanie Preston et Frans de Waal (2002), ainsi qu’avec les travaux de Jean Decety. Selon ce paradigme biologique :
- L’observation de l’état émotionnel d’un congénère active automatiquement chez l’observateur les mêmes représentations neurales sensorimotrices et affectives (impliquant le cortex insulaire antérieur, le cortex cingulaire antérieur et le système des neurones miroirs) ;
- Ce mécanisme d’isomorphisme affectif primitif permet une compréhension viscérale et immédiate de l’autre sans passer obligatoirement par des déductions inférentielles complexes ;
- L’empathie émotionnelle sert de signal déclencheur à des comportements de soin, d’affiliation et d’inhibition des conduites agressives.
Spreng et ses collègues ont postulé que, malgré la fragmentation apparente des questionnaires d’empathie existants, ces instruments mesuraient tous, à des degrés divers, la résonance émotionnelle issue de ce système primaire. En appliquant une réduction factorielle rigoureuse, ils ont purifié le construit pour ne retenir que les manifestations comportementales et expérientielles de cette dynamique affective centrale.
7. Validité / Validity
La validité psychométrique du Questionnaire d’empathie de Toronto a fait l’objet d’évaluations rigoureuses dès son étude princeps par Spreng et al. (2009), puis à travers de multiples réplications transculturelles (notamment en versions française, italienne, portugaise, turque et coréenne).
Validité convergente
Le TEQ montre des corrélations positives, statistiquement très significatives et d’amplitude modérée à forte avec les instruments préexistants reconnus :
- Interpersonal Reactivity Index (IRI) : Le TEQ corrèle fortement avec la sous-échelle de Sollicitude Empathique (Empathic Concern, r = 0,69, p < 0,001), qui quantifie l’empathie affective orientée vers autrui. Il corrèle de manière modérée avec la sous-échelle de Prise de perspective (Perspective Taking, r = 0,40, p < 0,001), et très faiblement avec la Détresse personnelle (Personal Distress, r = 0,11), confirmant que le TEQ mesure une empathie prosociale et non une réactivité anxieuse auto-centrée.
- Empathy Quotient (EQ) : Une corrélation positive élevée a été rapportée avec l’EQ de Baron-Cohen et Wheelwright (r = 0,55 à 0,65 selon les cohortes).
- Test des yeux (Reading the Mind in the Eyes Test – RMET) : Le TEQ présente une corrélation positive significative avec la capacité à décoder les états mentaux et émotionnels complexes à partir de photographies de regards (r = 0,35, p < 0,01), démontrant son lien direct avec l’exactitude de la perception sociale.
Validité discriminante et divergente
La validité discriminante du TEQ a été vérifiée par son association négative avec des mesures de traits psychopathologiques incompatibles avec l’empathie :
- Autism-Spectrum Quotient (AQ) : Le score total au TEQ est corrélé négativement avec les traits du spectre autistique (r = -0,32, p < 0,01), reflétant les difficultés de réciprocité socio-émotionnelle typiques du phénotype autistique.
- Traits psychopathiques et machiavélisme : Des études ultérieures ont confirmé que le score au TEQ est inversement lié aux échelles de manipulation interpersonnelle, de dureté insensible (callous-unemotional traits) et d’insensibilité affective.
Validité prédictive et différences de groupe
Conformément à la littérature empirique universelle en psychologie différentielle, le TEQ démontre une excellente validité de critère en faisant ressortir systématiquement des scores significativement plus élevés chez les femmes comparativement aux hommes (différence de genre robuste avec une taille d’effet moyenne de Cohen d ≈ 0,50 à 0,70), un résultat attribué aux modulations neuroendocriniennes et aux processus de socialisation du rôle de genre.
8. Fidélité / Reliability
Les propriétés de fidélité et de précision métrologique du Questionnaire d’empathie de Toronto présentent des indices statistiques particulièrement solides :
Cohérence interne
Dans l’échantillon de dérivation et de validation initiale rapporté par Spreng et al. (2009), le coefficient alpha de Cronbach (α) s’élevait à 0,85 dans la première cohorte d’étudiants universitaires (N = 198) et à 0,87 dans une seconde cohorte indépendante (N = 217). Ces valeurs dépassent largement le seuil conventionnel de 0,70 requis en recherche et approchent le standard de 0,90 préconisé pour l’évaluation diagnostique individuelle.
Les adaptations transculturelles du TEQ rapportent des indices de consistance interne convergents :
- Version française : α = 0,81 à 0,84 ;
- Version italienne : α = 0,82 ;
- Version turque : α = 0,79 à 0,83 ;
- Version chinoise : α = 0,80.
Les corrélations item-total corrigées s’échelonnent généralement entre 0,33 et 0,64, attestant que chaque item contribue de manière positive et substantielle à la variance du score composite sans redondance excessive.
Stabilité temporelle (Test-Retest)
La fidélité test-retest a été mesurée par Spreng et al. (2009) auprès d’un sous-échantillon réévalué après un intervalle temporel de plusieurs semaines. Le coefficient de corrélation de Pearson obtenu était de r = 0,81 (p < 0,001). Ce niveau de stabilité temporelle démontre que le TEQ capture une disposition dispositionnelle (trait) durable de la personnalité, relativement imperméable aux fluctuations de l’humeur passagère.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La conception du TEQ repose entièrement sur une démarche analytique novatrice visant à isoler une dimension commune parmi une batterie étendue de mesures d’empathie.
Démarche méthodologique initiale
Dans l’étude originale (Spreng et al., 2009), les auteurs ont administré un ensemble exhaustif d’échelles d’empathie validées (incluant l’IRI, l’EQ, l’échelle de Mehrabian et Epstein, et l’échelle d’empathie de Hogan) à un échantillon normatif. Ils ont ensuite soumis la matrice de corrélation globale des items à une Analyse Factorielle Exploratoire (AFE) par la méthode des axes principaux avec rotation oblique.
L’analyse a révélé l’émergence claire d’un facteur général d’empathie dominant, expliquant la majeure partie de la variance commune. Les critères d’inclusion pour concevoir le TEQ final étaient rigoureux :
- Les items devaient présenter des saturations factorielles significatives (loadings > 0,35) sur ce facteur général ;
- Les items devaient refléter explicitement une résonance émotionnelle vicariante, une préoccupation altruiste ou une réceptivité aux signaux affectifs ;
- Une parité devait être maintenue entre formulations directes (positives) et inversées (négatives) afin de neutraliser le biais d’acquiescement.
Structure unifactorielle et Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC)
L’ensemble final de 16 items a été soumis à une Analyse Factorielle Confirmatoire (AFC). Le modèle unifactoriel s’est avéré ajusté de manière satisfaisante aux données empiriques. Les indices d’adéquation rapportés dans la littérature sont conformes aux standards méthodologiques stricts :
- Chi-deux rapporté aux degrés de liberté : $\chi^2/dl < 2,5$ ;
- CFI (Comparative Fit Index) : fréquemment compris entre 0,90 et 0,94 ;
- TLI (Tucker-Lewis Index) : supérieur à 0,90 ;
- RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) : compris entre 0,045 et 0,065 avec un intervalle de confiance à 90 % satisfaisant.
Les saturations factorielles standardisées des items oscillent majoritairement entre 0,38 et 0,68. Bien que certaines études interculturelles aient parfois exploré des structures bifactorielles mineures (séparant légèrement les items positifs des items inversés en raison d’artefacts de formulation linguistique), le modèle unifactoriel général demeure le plus parcimonieux et le mieux fondé théoriquement.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Nom complet de l’instrument : Questionnaire d’empathie de Toronto (The Toronto Empathy Questionnaire – TEQ)
- Nature de l’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique standardisé (évaluation quantitative du trait d’empathie émotionnelle)
- Format d’administration : Formulaire papier-crayon ou passation informatisée / en ligne
- Durée moyenne de passation : Environ 3 à 5 minutes
- Population cible : Adultes et grands adolescents (dès 16 ans) issus de la population générale ou clinique
- Nombre total d’items : 16 affirmations comportementales et attitudinales
- Format de réponse : Échelle ordinale de fréquence en 5 points (de 0 à 4) :
- 0 = Jamais (Never)
- 1 = Rarement (Rarely)
- 2 = Quelquefois (Sometimes)
- 3 = Souvent (Often)
- 4 = Toujours (Always)
- Procédure de cotation (Scoring) :
- Items formulés positivement (cotation directe) : Items 1, 3, 5, 6, 8, 9, 13, 16. La note attribuée correspond directement à la valeur cochée : Jamais = 0 ; Rarement = 1 ; Quelquefois = 2 ; Souvent = 3 ; Toujours = 4.
- Items formulés négativement (cotation inversée) : Items 2, 4, 7, 10, 11, 12, 14, 15. La cotation doit impérativement être inversée selon la clé suivante : Jamais = 4 ; Rarement = 3 ; Quelquefois = 2 ; Souvent = 1 ; Toujours = 0.
- Calcul du score global : Sommation arithmétique des 16 items après inversion.
- Étendue du score total : Le score total s’échelonne de 0 à 64 points.
- Interprétation clinique des scores :
- Un score plus élevé reflète une disposition empathique émotionnelle plus marquée, une plus grande sensibilité à la détresse d’autrui et une forte propension aux attitudes prosociales.
- Dans les cohortes normatives de l’étude princeps, le score moyen se situe généralement autour de 44 à 48 points (avec des moyennes typiques de ~43-45 pour les hommes et de ~47-49 pour les femmes).
- Un score inférieur à 40 points est fréquemment considéré comme révélateur d’un niveau d’empathie sous la moyenne, tandis que des scores inférieurs à 35 peuvent justifier une investigation clinique approfondie relative aux compétences relationnelles et sociocognitives.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication princeps : 2009
- Titulaires des droits moraux et scientifiques : R. Nathan Spreng, Margaret C. McKinnon, Raymond A. Mar et Brian Levine
- Conditions d’utilisation et permissions : Le TEQ relève du domaine de la recherche académique ouverte. Il est accessible gratuitement sans redevance financière pour les travaux de recherche scientifique non commerciale, les thèses universitaires et la pratique clinique individuelle. L’article original a été publié dans le Journal of Personality Assessment (Taylor & Francis).
- Tarification : Gratuit pour une utilisation académique et clinique indépendante (aucun kit propriétaire payant requis). Les chercheurs et cliniciens sont simplement tenus de citer l’article de référence princeps dans l’ensemble de leurs publications et rapports.
- Adaptations commerciales : Toute intégration au sein d’une plateforme numérique commerciale payante ou d’un processus de recrutement/sélection d’entreprise requiert l’autorisation préalable expresse des auteurs ou des ayants droit éditoriaux.
12. Références / References
- Baron-Cohen, S., & Wheelwright, S. (2004). The empathy quotient: An investigation of adults with Asperger syndrome or high functioning autism, and normal sex differences. Journal of Autism and Developmental Disorders, 34(2), 163–175. https://doi.org/10.1023/b:jadd.0000022607.19833.00
- Batson, C. D. (2011). Altruism in humans. Oxford University Press. https://doi.org/10.1093/acprof:oso/9780195341065.001.0001
- Davis, M. H. (1983). Measuring individual differences in empathy: Evidence for a multidimensional approach. Journal of Personality and Social Psychology, 44(1), 113–126. https://doi.org/10.1037/0022-3514.44.1.113
- Decety, J., & Jackson, P. L. (2004). The functional architecture of human empathy. Behavioral and Cognitive Neuroscience Reviews, 3(2), 71–100. https://doi.org/10.1177/1534582304267187
- Preston, S. D., & de Waal, F. B. (2002). Empathy: Its ultimate and proximate bases. Behavioral and Brain Sciences, 25(1), 1–20. https://doi.org/10.1017/s0140525x02000018
- Spreng, R. N., McKinnon, M. C., Mar, R. A., & Levine, B. (2009). The Toronto Empathy Questionnaire: Scale development and initial validation of a factor-analytic solution to multiple empathy measures. Journal of Personality Assessment, 91(1), 62–71. https://doi.org/10.1080/00223890802484381
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Instructions to respondents:
Below is a list of statements. Please read each statement carefully and rate how frequently you feel or act in the manner described. Circle your answer on the response form. There are no right or wrong answers or trick questions. Please answer each question as honestly as you can.
Response format (5-point frequency scale):
0 = Never
1 = Rarely
2 = Sometimes
3 = Often
4 = Always
- When someone else is feeling excited, I tend to get excited too.
- Other people’s misfortunes do not disturb me a great deal.
- It upsets me to see someone being treated disrespectfully.
- I remain unaffected when someone close to me is happy.
- I enjoy making other people feel better.
- I have tender, concerned feelings for people less fortunate, than me.
- When a friend starts to talk about hisher problems, I try to steer the conversation to something else.
- I can tell when others are sad even when they do not say anything.
- I find that I am « in tune » with other people’s moods.
- I do not feel sympathy for people who cause their own serious illnesses.
- I become irritated when someone cries.
- I am not really interested in how other people feel.
- I get a strong urge to help when I see someone who is upset.
- When I see someone being treated unfairly, I do not feel very much pity for them.
- I find it silly for people to cry out of happiness.
- When I see someone being taken advantage of, I feel kind of protective towards them.